Dreamworld de Sire Cedric

Serafina dans Critiques, Livres le 26 décembre 2009, avec 1 commentaire
Critiques

Dreamworld est un recueil de nouvelles de Sire Cédric. Il est paru pour la première fois en 2007 aux éditions Nuit d’Avril, aujourd’hui défuntes, qui avaient déjà publié son premier recueil, Déchirures, et son premier roman, Angemort. Bon, vous le savez, on a déjà lu ces deux titres précités, et on a beaucoup aimé. Dreamworld vient d’être réédité par le Pré aux Clercs, qui ont déjà édité L’enfant des cimetières du même auteur. L’occasion de découvrir ce recueil relativement ardu à trouver auparavant. Et je dois dire que je ne me suis pas faite prier !

Dreamworld de Sire Cédric

Bon entre nous, je n’aime pas vraiment la couverture de la nouvelle édition. Elle est certes bien trouvée, le visage qui donne l’impression d’étouffer annonce la couleur, mais je ne trouve pas la couverture attirante…

Donc Dreamworld c’est quoi ? C’est un recueil de neuf nouvelles. La plupart ont pour fil rouge le monde des rêves, ou plutôt des cauchemars et leur influence dans la réalité. Bon, évidemment ce n’est pas tout et on retrouve les éléments assez propre aux autres écrits de Sire Cédric, du sang, du cul, du gore, des cimetières, de l’hémoglobine, du sexe, de l’automutilation, de la différence et de l’incompréhension. Les personnages ? Des enfants qui font des cauchemars, des hommes plus ou moins mal dans leur peau, des femmes superbes et castratrices. Si vous êtes allergiques à ce genre de cocktail, vous pouvez passer votre chemin.

Alors certes, certains thèmes sont délicieusement clichés. Je ne compte plus le nombre de bracelets d’entailles relevés au fil du roman. Sauf que la force de l’auteur c’est de faire passer ses clichés en tout simplicité, sans tomber dans l’excès, même quand il force la démesure. Je ne sais pas si je suis claire.

Dreamworld de Sire Cédric

Le recueil est foncièrement moins trash que Angemort. Bon, hein, on trouve toujours la dose niveau sexe et violence, mais dans l’ensemble c’est moins poussé. Plus accessible diront certains, mais peut être plus mature aussi. En effet, sur plusieurs nouvelles j’ai beaucoup apprécié les ficelles scénaristiques, avec des fins parfois géniales, qui vous prennent à contre-pied et vous laissent sur le cul. On se fait mener en bateau,et pour de bon.

Le style est agréable,  poétique et sombre. J’apprécie le style de l’auteur, ce n’est pas nouveau. On est très vite pris dans l’histoire. Les personnages jouent aussi. Ils ne sont certes pas tous très développés, en effet, dans une nouvelle d’une vingtaine de pages, c’est assez dur. Mais ils sont attachants. Leurs histoires, souvent tristes, touchent le lecteur, et on se prend d’affection pour ces personnages qui n’ont pas toujours eu de chance. Ils sont proches de nous. Quelque soit leur age. On se retrouve dans cet adolescent qui décide de suivre sa voie, d’aller en fac, contre l’avis de ses parents, mais on se retrouve aussi dans ses enfants. On retourne à l’époque où on croyait aux monstres sous notre lit, où on croyait réellement que la route bougeait quand on ne la regardait pas.

C’est une des forces de ces nouvelles, elles nous parlent. Le monde des rêves, le passage de l’enfance à l’adolescence est particulièrement bien retranscrit. Les peurs, les doutes, l’incompréhension des adultes, on l’a tous vécu après tout.

Dreamworld de Sire CédricLe niveau est assez égal, flirtant avec le très très bon. Une seule nouvelle à mon avis se trouve être en deçà des autres, il s’agit de la dernière, Sangdragon.  Une histoire de Dragons, mais pas comme vous le pensez. Si aux premières lignes on peut croire à de l’Heroic Fantasy, ça n’en est pas. La cryptozoologie aurait pu être plus exploitée, et dans l’ensemble je pense que cette nouvelle souffre de son nombre de pages. De même Elfenblut qui est très intéressante (très Urban Fantasy d’ailleurs, j’oserais même le terme Bit-Lit car l’héroïne m’a fait pensé à Anita, non pas de tomates s’il vous plaît…) aurait mérité plus de pages.

Je vous propose de regarder de plus près quelques nouvelles qui m’ont particulierement plu :

Cauchemars

Cette nouvelle fait 70 pages, ce qui en fait la plus longue du receuil. On y suit un enfant aux yeux violets qui a la faculté de capter les rêves et de les peindre. En soit, j’ai trouvé la nouvelle  trop courte. Certains personnages, dont le policiers arrivent d’on ne sait où, et l’histoire prend parfois des raccourcis un peu trop rapides.

Ceci dit, cette nouvelle ressemble beaucoup au roman L’enfant des Cimetières sur de nombreux points : l’enfant étrange, le policier… Je pense donc qu’on pourrait voir cette nouvelle comme une première version du roman. Juste une impression, mais en tout cas, avec cette longue nouvelle, on se dit quand même que c’est dommage que les histoires de Sire Cédric ne soient pas plus longues.

Requiem

Cette nouvelle est probablement la plus poétique du recueil. On y suit l’ange du suicide et son histoire d’amour.  Quand je vous parlais de stéréotypes… Mais, c’est traité de telle manière, la romance entre l’ange et son élue est traitée avec tellement de romantisme, que je suis tombée sous le charme de cette nouvelle, de la sensualité, du sang, de la mort, bref, le cocktail ultime (haha, c’est le cas de le dire…).

Cross-Road

Il s’agit de la première nouvelle  et qui m’a laissé totalement sur les fesses à la fin. Peut être parce que je suis bon public. En tout cas, on suit deux enfants, qui croient à l’autre monde, celui des rêves, celui où les lapins ne meurent jamais. Onirique et étrange, cette nouvelle en est presque effrayante. A ne pas lire le soir. Cette nouvelle est d’ailleurs exempte de sexe et de violence, mais n’en est pas moins forte. C’est la claque en début de recueil, celle qui donne envie de dévorer le reste.

Bon, évidemment, les autres aussi sont bien, mais ces trois nouvelles m’ont particulièrement plues. Bon j’aurais aussi pu parler de Conscience qui m’a passionnée. Évidemment, vous vous doutez que je vous conseille très fort ce recueil. Plus accessible qu’un Angemort, tout aussi fort, des ficelles scénaristiques qui valent le coup, une prose riche et agréable.

Et puis, serieusement, un lapin nommé Burzum, ca vous suffit pas comme argument ?


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  • Matilda a écrit le 27 décembre 2009 à 13 h 25 min:

    Je l’avais vu en libraire, mais le prix m’avait arrêté. par contre si je le trouve d’occaz ou à la bibli je n’hésiterais pas ^^

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