Dracula l’Immortel de Dacre Stoker et Ian Holt

Serafina dans Critiques, Livres le 1 novembre 2009, avec 29 commentaires
Critiques

Vous n’avez pas pu passer à coté du phénomène Dracula l’Immortel. Ce livre est sorti le 15 octobre de manière simultanée dans tous les pays, une initiative assez rare pour être notée. Il s’agit d’une suite du célèbre chef d’œuvre de Bram Stoker, l’une des œuvres qui a fondé la mythologie vampirique avec Carmilla et Le Vampire. Et pas n’importe quel genre de suite : une suite officielle, approuvée par l’ensemble de la famille Stoker et écrite par un arrière petit neveu de l’auteur, Dacre Stoker, avec l’aide de Ian Holt, un scénariste spécialiste de Dracula. On peut supposer qu’il s’agirait la d’un gage de qualité… Mais ça ne suffit pas a ôter de la bouche le goût très intéressé de cette suite. La littérature vampirique est en plein boom, grâce en grande partie à Twilight. Et au vu de la campagne marketing énorme déployée autour de cet ouvrage, on se doute bien que ce n’est pas que pour honorer la mémoire de papy Bram.

Dracula l'Immortel de Dacre Stoker et Ian Holt

Mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuée, alors j’ai évidemment lu le bouquin. Et je m’apprête à en écrire la chronique, mais avant cela je dois vous prévenir. Je ne peux pas le faire sans spoiler l’histoire de Dracula. Je doute qu’elle vous soit inconnue vu le nombre d’adaptation, et le fait que son histoire soit limite tombée dans la culture populaire, mais je préfère prévenir… Sachez cependant que si vous n’avez jamais lu le roman, cette suite se lit de manière totalement indépendante, vu que l’introduction est un résumé de l’histoire de Stoker. Bon, j’ai trouvé le résumé un peu télescopé, mais c’est mieux que rien. Bref, synopsis ?

1912, Paris. Le belle époque, pour être plus exacte. La bande d’intrépides qui a réussi à vaincre Dracula continue sa vie, mais aucun d’entre eux n’est resté le même, tous ont été marqués par leur aventure. A la suite de meurtres particulièrement affreux et mystérieux, ils vont, peu à peu, replonger dans l’horreur qu’ils ont combattu 25 ans plus tôt.

Ouais, c’est un peu court, mais bon, difficile de faire mieux sans spoiler. Alors au final, qu’est ce qu’il en sort ? Eh bien Dracula l’Immortel est l’exemple type du parfait blockbuster avec tout ce que cela comprend. Le livre regroupe tous les éléments qui font un Thriller qui se vend par milliers, avec un soupcon de vampire pour combler les fans de Twilight. Vous remarquerez que j’ai dit Thriller qui se vend et non bon Thriller.

Dracula l'Immortel de Dacre Stoker et Ian HoltEn effet, on retrouve la tous les ingrédients qu’on peut attendre d’un thriller de nos jours : des meurtres affreux, du sexe sulfureux, des passages bien gores, des personnages dark-torturés, du mysticisme, des fausses pistes, une enquête policière, et évidemment un soupcon de révélations historiques. Oh la recette marche sans doute, mais niveau originalité, j’ai eu l’impression de lire L’Évangile selon Satan (ou n’importe quel titre du genre) avec le nom des personnages de Dracula. L’action est assez présente, et il y a suffisamment de cliffhanger pour tenir en haleine les amateurs. Mais en plus de ce manque d’originalité, il y a cette impression de trahison qui est difficile à expliquer.

Je m’explique. Le roman de Stoker est un roman écrit a l’époque victorienne, époque très puritaine. Le sexe y est seulement suggéré avec des métaphores. Cet érotisme sous-jacent fait partie des forces des romans de vampires de l’époque. Or là, on a du sexe cru, sulfureux (évidemment, on met quelques scènes lesbiennes…), on est à milles lieux du climat de Dracula, et quand on sait que Stoker pestait contre les écrivains qui parlaient de sexe crûment dans leurs livres…

Mais la sensation de voir l’œuvre de base trahie ne s’arrête pas là. Je précise, au cas ou vous ne l’auriez pas deviné, que je suis une fane de Dracula à la base, et que j’ai mes coté puriste, je le conçois. En effet, les auteurs avouent eux même dans leurs notes avoir voulu plaire au plus grand nombre. Ce qui fait que certains éléments qui sont devenus courants dans les films sur Dracula alors qu’ils n’étaient pas du tout comme cela dans le livre, ont été repris. C’est ainsi que les vampires brûlent au soleil (dans le livre, ils peuvent sortir au soleil), bon, ça c’est du détail. Mais on retrouve notamment la liaison amoureuse entre Mina et Dracula qui est présente dans le film de Coppola par exemple, on retrouve Dracula charmant et beau gosse (dans le livre original, il est décrit comme immonde) et quant à Mina, elle a gardé des séquelles de son baptême sanglant (contrairement au livre où elle a totalement guéri).

Dracula l'Immortel de Dacre Stoker et Ian HoltCes incohérences avec le récit permettront peut être de ne pas dépayser les amateurs de films, mais pour les amateurs du livre, c’est quand même de sacré changements ! Et bien sur je ne parle pas de Mina, parfaite cruche victorienne dans le roman (désolée, mais il n’y a pas d’autres mots), qui est devenue par on ne sait quel miracle, féministe, qui se travestissait en homme pour écrire, etc, bref, l’antithèse de la Mina du livre.

Je ne parle bien sur pas de la relecture du roman. Sans vous révéler trop de choses, imaginez qu’on écrive une suite à Harry Potter où on vous apprend que en fait, Dumbledore et Voldemort ce n’était qu’une seule et même personne. Non seulement vous avez l’impression de lire un mauvais délire de fan, mais en plus c’est pas cohérent du tout. Bon, bah il y a à peu près la même chose ici, qui vous laisse un sale goût.

D’un bout à l’autre le roman original est complètement dénaturé. Tout ce qui a pu être construit sur les personnages est totalement détruit, on serait dans une fic, j’emploierais le terme out of character, Dracula, Mina, Johnathan, ou même pire, Van Helsing n’ont absolument rien en commun avec les personnages de Stoker à part le nom. Alors je n’aurais aucun autre terme pour le qualifier que : Trahison. J’en viens à me demander comment cela a pu obtenir l’aval de la famille hormis avec la promesse des bénéfices et le fait que ce soit un descendant qui l’écrive. Quant à l’argument des notes de Stoker, il faut se rappeler qu’il ne s’agit pas du tout du même genre de notes qu’a pu laisser Tolkien par exemple. Ce dernier travaillait sur le Silmarillion et sur d’autres histoires, qu’il n’a juste pas eu le temps de finir, il y a donc un gros matériel à la base. Ici par contre, il n’a jamais été dit que Stoker travaillait sur une suite, il y a donc des brouillons de Dracula, quelques bribes, des versions primitives du texte. On y découvre des personnages qui ont été finalement éliminés. Ces derniers sont réintroduits, avec plus ou moins de bonheur, on pensera à Kate Reed, qui ne sert absolument à rien, à part à découvrir un cadavre et qui disparaît au bout d’un paragraphe.

Dracula The Un-Dead de Dacre Stoker et Ian Holt

S'il y a bien quelque chose que l'on ne pourra enlever au livre, c'est sa superbe couverture (ici la version anglophone, même angle, mais bien moins belle) ainsi que la qualité de l'ouvrage: très bon papier, police jolie, très beaux agencements des textes, présence de scans des notes de Bram Stoker, etc...

Alors certes, je n’ai qu’à oublier le roman de Stoker, et prendre le livre comme indépendant, et là peut-être que… Et encore, j’ai du mal avec les Thrillers qui utilisent tous la même recette. Malheureusement le style du roman est relativement plat, on regrette le style épistolaire du premier -ah, merde j’ai dit que j’oubliais le premier-. Il y a certes de nombreuses recherches historiques la derrière, et je ne le nie pas. En notera de nombreuses références au vrai Dracula, aux adaptations de Dracula, et un savant mélange d’éléments véritablement historiques qui permettent d’ancrer le récit dans son époque. Des éléments culturels sur le vrai Dracula, sur la Roumanie, ou sur d’autres personnages importants sont présents et donneront l’impression de se coucher moins bête.

Mais cela ne suffit clairement pas à compenser les lacunes et le saccage de l’oeuvre, n’ayons pas peur de le dire. Un roman qui plaira sans doute aux amateurs de Thrillers de base, mais qui va faire crisser des dents les fans de l’histoire de Stoker. Seul avantage, peut être que cela fera découvrir à certains le livre originel.


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29 commentaires, donnez votre avis !
  • Ingird a écrit le 30 novembre 1999 à 1 h 00 min:

    Merci pour cette critique, je suis soulagée de ne pas être la seule déçue de cette suite !!!
    Bram Stoker doit se retourner dans sa tombe !

    Dacre Stoker se vante d’apporter des réponses à certaines questions comme les circonstances de la rencontre de Mina et Lucy, perso ça ne m’a jamais turlupiner, et quand on apprend qu’elles se sont rencontrées ado, l’une travaillant dans le magasin de ses parents, la seconde ayant échappé à la surveillance de sa gouvernante !!! mon dieu !! quelle anecdote !! ça n’apporte absolument rien à l’intrigue, ça ne fait que rajouter des lignes donc au final des pages, et c’est la même chose pour chaque question qui taraudait tous les lecteurs de l’original, faut arrêter, ça n’a aucun intérêt

    L’auteur a dû penser également à une probable adaptation ciné (hollywoodienne évidement), avec le fameux passage où Mina saute dans une voiture (et oui !!!) pour s’échapper avec son prince !! on est en 1912, les voitures sont assez rares et voilà que Mina arrache le conducteur de son volant et pilote la voiture comme si elle avait fait ça toute sa vie, oh elle est trop forte cette Mina !! (ça m’a fait penser à « Anges et Démons » de Brown, quand le nouveau pape saute dans l’hélico pour aller faire exploser la bombe hors du Vatican, du grand n’importe quoi, à l’instar du président américain dans « Independance Day », haaaaaaaaaa, Hollywood quand tu nous tiens…)

    Dracula devient un Dexter avant l’heure, se targuant de ne tuer que les assassins et violeurs et à l’occasion il sacrifie des animaux,oh comme Louis …

    Van Helsing qui se laisse vampiriser, c’est vrai quand on frôle la crise cardiaque toutes les minutes y’à de quoi se laisser tenter …

    On pourrait continuer longtemps comme ça…

    A quand un descendant de Mary Shelley pour nous faire la suite tant attendue de Frankeinstein ?

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  • Pef a écrit le 1 novembre 2009 à 13 h 39 min:

    J’avoue ne pas avoir lu (pas encore) le Dracula de Stocker, non pas par méconnaissance de son existence et de sa réputation, mais plutôt parce qu’il ne m’attirait pas trop trop… Cependant je suis sûr qu’il ne me serait jamais venu à l’idée de commencer par cette suite qui sent à plein nez la volonté de la part de la famille Stocker de profiter de l’œuvre de leur génial aïeul. Merci de me conforter dans cette idée Séraf ! ;)

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  • Bartimeus a écrit le 1 novembre 2009 à 13 h 58 min:

    J’ai lu le résumé de Dracula et je me suis demandé si j’étais le seul à ne pas avoir interprété le roman de la même façon…

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  • aka oni a écrit le 1 novembre 2009 à 15 h 34 min:

    Bah en fin de compte ça donne surtout envie de lire l’original. Un classique de plus sur ma liste, quoi x)

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  • Vladkergan a écrit le 1 novembre 2009 à 20 h 53 min:

    Nous somme plus ou moins du même avis sur cette suite. Selon moi, si on la met en regard du roman de Bram Stoker (qui s’écrit sans c), cette suite officielle dénature en effet le texte original. Elle est stylistiquement moins intéressante (adieu le style épistolaire aux multiples facettes de Stoker, adieu l’ambiance victorienne) et plus racoleuse (le sexe y est nettement moins suggéré que chez Stoker, ce qui est un euphémisme vu les scènes que nous servent ici les auteurs).

    Ceci dit si on le lit de manière complètement distincte du Dracula original, c’est une lecture moderne, pleine de rebondissements et d’action, qui est assez bien rythmée (même si le style est sans âme).

    Ce qui me dérange le plus c’est cette insistance sur l’aspect officiel de la suite, alors que moult auteurs ont écrit des suites bien meilleures du roman de Bram (Kim Newman et son Anno Dracula en tête).

    Ma chronique ici http://blog.vampirisme.com/vampire/?583-stoker-holt-dracula-immortel

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  • Serafina a écrit le 1 novembre 2009 à 21 h 00 min:

    @Vladkergan.. Oh merde, je viens de voir que Stoker ne prend pas de c… Je ne sais pas pourquoi mais j’en étais persuadée. C’est corrigé, merci :p

    Je suis d’accord sur le fait que si on le sépare de l’oeuvre originale c’est une lecture moderne… mais sans aucune originalité. On est exactement sur le même modèle qu’un évangile selon Satan ou même un Dan Brown. Et pour moi, la recette ne prend pas. A trop suivre les codes des blockbuster actuels, ca ennuie… Donc même pris de manière indépendante, je dirais « bof ».

    @Aka oni : quoi, tu ne l’as pas lu ? Roh, tu dois y remédier.

    @Barti je t’avoue que les premières pages m’ont un peu faites tiquer aussi :/

    @Pef, Dracula ne me tentait pas du tout. Je l’ai lu « par dépit », parce que j’avais écumé la bibliotheque de ma ville. Je m’attendais a un truc vieillot, caricatural et démodé. Au final, je suis devenue fane. Donc je ne peux que t’encourager a surpasser tes préjugés ^^

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  • Vladkergan a écrit le 1 novembre 2009 à 21 h 07 min:

    @Serafina : je le trouve lisible et il y a, je dois l’avouer, certains passages qui m’ont plus, mais c’est en effet peu original, et surtout je ressent ça comme une lecture qui risque fort de ne pas marquer durablement les mémoires des lecteurs, à la différence du texte de Bram.

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  • Céline C. a écrit le 2 novembre 2009 à 11 h 30 min:

    Ouaaah, j’ai tout lu !! :mrgreen:
    plus sérieusement, j’ai pas trop suivi le battage médiatique autour de ce livre (je sais juste qu’il est sorti, que c’est une pseudo suite écrite par un descendant) mais il ne m’attire pas du tout du tout. Mais alors non quoi !
    J’ai lu quelques bribes de critiques à droite à gauche, notamment que c’était pas du tout fidèle à l’original et que ça partait en couilles…
    Ta critique ne fait que conforter cette impression, et donc je suis vraiment sure que je ne le lirais pas…

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  • Taliesin a écrit le 3 novembre 2009 à 14 h 11 min:

    Ben j’ai vu l’annonce de cette sortie y’a seulement deux ou trois jours, et j’ai d’abord cru à une blague (surtout que l’article était tellement bien écrit qu’on y parlait du « Dracula de Mary Shelley » :s ), et puis après j’ai réalisé que ce n’était pas une blague.
    Et ta critique ne fait que renforcer l’avis que j’ai tout de suite eu sans même avoir lu le livre… Une « suite » pour l’argent, et certainement pour une histoire de droits autour du nom « Dracula »…
    Par contre, je n’ai moi non plus pas lu Dracula, je l’avais emprunté à la bibliothèque il y a quelques années, et j’ai jamais pu dépasser les 20 ou 30 premières pages… :s

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  • Thalia a écrit le 5 novembre 2009 à 17 h 04 min:

    Je repasserais par ici quand j’aurais Dracula alors :)

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  • Ryuuchan a écrit le 7 novembre 2009 à 0 h 26 min:

    Pour tout dire, rien que le fait que l’auteur utilise le nom de Stocker et le mette ainsi en avant, ainsi que toute l’esbroufe qu’il y a eu autour n’étaient pas vraiment pour m’inciter à le lire. D’autant que le nom, héritier ou pas, me faisait plus l’effet d’un élément totalement marketting et rien d’autre. Bref, bon, encore du préjugé qui me laissait penser à un produit sans vraiment d’âme, mais vu ta critique, je n’étais pas loin du compte :)

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  • Jean-Noël a écrit le 9 novembre 2009 à 18 h 10 min:

    Bonjour,

    C’est sans doute la critique la plus étayée, la mieux documentée et la plus intellectuellement honnête que j’ai lue sur ce bouquin… dont je suis, soit dit en passant, le traducteur ;-)

    Pour une fois (et c’est tout à l’honneur de Serafina), on fait ENFIN le distingo entre époque victorienne et edwardienne (Belle Epoque en France), entre roman épistolaire d’époque et thriller/roman d’aventure à la sauce post-moderne, entre aficionados du livre-culte et cinéphiles abreuvés d’images hollywoodiennes. MERCI !

    Quant au « style plat », je puis vous assurer (sans me vanter et sans vouloir me dédouaner de quoi que ce soit) que j’ai fait le maximum pour donner du relief et enrichir (sans alourdir) le texte original.

    La marge de manoeuvre se révélait assez étroite, car il s’agissait d’écrire « à la manière de », en insufflant un parfum « post-victorien » voire « edwardien » sans tomber dans la caricature en accumulant, par exemple, les imparfaits du subjonctif, mais tout en gardant un champ lexical « rétro »… le tout, bien entendu, en travaillant avec des délais très courts, tout en veillant au grain concernant les incohérences, lourdeurs, anachronismes, entre autres…

    Et je salue au passage l’équipe éditoriale d’enfer de Michel Lafon (éditrices, correcteurs/trices, relecteurs/trices, préparatrice de copie). Croyez-moi, toutes les maisons d’édition ne peuvent pas se targuer d’avoir un personnel aussi performant. Au bout de bientôt 25 ans de métier, je sais de quoi je parle.

    Par ailleurs, quand j’ai signé un contrat de trad, je m’engage à le remplir le mieux possible, avec le matériau qu’on me fournit… quel que soit sa qualité… en gardant toujours à l’esprit le respect du lecteur… d’autant que je suis moi-même l’un des 1ers lecteurs du texte original.

    Pour ce qui est du marketing, du battage publicitaire, du merchandising, du bizness de l’édition américaine ou anglo-saxonne en général, chacun est évidemment libre de trouver ça plus ou moins discutable.

    Encore merci à Serafina pour son honnêteté intellectuelle. Comme quoi, la valeur n’attend pas le nombre des années… ;-)

    Bonne lecture,

    Jean-Noël Chatain

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  • Jean-Noël a écrit le 9 novembre 2009 à 18 h 28 min:

    Honte à moi pour les répétitions dans mon commentaire… GRRR!
    ERRATUM –> […] queLLe que soit sa qualité […], paragraphe 6
    Mes doigts ont dérapé sur le clavier, sorry ;-)

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  • Comte Laucdar a écrit le 16 novembre 2009 à 12 h 15 min:

    Grand admirateur du chef-d’oeuvre de Stoker, qu’Oscar Wilde qualifia de « plus grand roman du siècle », je ne peux que souscrire à la brillante analyse de Serafina. Un bon roman mais une trahison où l’arrière petit neuveu n’hésite pas à trucider son arrière grand oncle et même à manipuler l’histoire (Bram est mort après le naufrage du Titanic et non avant). Une trahison d’autant plus surprenante quand je me remémore la démarche que Dacre Stoker a revendiqué quand il a annoncé qu’il s’attaquait à l’écriture du roman (vous l’aurez compris j’attendais cette sorti depuis un bout de temps.) Une suite respectueuse de l’oeuvre originale? Faux, et c’est en ça que réside la trahison. Je ne vais pas revenir sur ce qui a déjà été dit mais j’ajouterai cependant qu’il y a dans cet ouvrage bon nombre d’erreur historiques concernant Vlad Dracula, a commencer par le nom: Vlad est le diminutif de « Vladislaus » et non de « Vladimir ». Un détail qui en dit long sur les réelles connaissances de Ian Holt présenté comme un expert! Bref, c’est un roman qui n’a pas pour but de s’adresser au public puriste mais au grand public dans une démarche commerciale visant à ce que la famille Stoker puisse se ré attribuer une pérennité sur Dracula. Afin, de nuancer mon propos j’ajouterai quand même que si on fait abstraction de ces trahisons ça reste un bon livre.
    Pour se consoler voici les réferences de deux suites « non-officielles » mais respectueuses (comme quoi pas besoin de s’appeler Stoker pour être fidèle à l’œuvre de Bram »), En premier lieu « le Retour de Dracula » de Freeda Warrington, suite directe, peu originale c’est vrai, mais fidèle à l’esprit, au style et à l’ambiance; et d’autre part « l’invitée de Dracula » de Françoise-Sylvie Pauly une suite plus ambitieuse et originale qui raccroche l’histoire vers ses origines, historique d’une part avec la légende de Vlad l’empaleur et littéraire avec l’intervention sanglante de Carmilla, la célèbre héroïne du roman de Shéridan Le Fanu, source d’inspiration de Bram Stoker.

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  • Segolene a écrit le 20 novembre 2009 à 20 h 40 min:

    J’ai étudié Dracula dans le cadre de mon mémoire de littérature anglophone et j’ai donc acheté ce livre vendu comme une suite.
    Je partage point par point votre avis Serafina, je ne vais pas répéter ce que vous avez écrit. Ce livre est bien plus qu’une mauvaise suite qui trahit l’œuvre de Stoker, c’est de surcroit un livre tout à fait médiocre.

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  • Melaquablue a écrit le 23 novembre 2009 à 10 h 36 min:

    J’ai fait plus ou moins la même conclusion ;)

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  • Vanounyme a écrit le 7 janvier 2010 à 23 h 23 min:

    Je viens à peine de le terminer et il fallait que je sache si j’étais la seule à me sentir trahie par cette « suite ».
    Indubitablement, l’auteur savait que le nom de Stoker associé à celui de Dracula ferait vendre.
    Je ne suis pas seule, me voilà rassurée !

    RépondreRépondre
  • samy a écrit le 12 janvier 2010 à 0 h 42 min:

    j ais du mal a reconaitre les personages de l oeuvre original et toujours c est fameux raport amoureux entre dracula et mina a la copola alors dans le dracula de bram stoker il ne se sert d elle que pour ses interets et elle est terifier et na que repulsion pour dracula .a ce demander s ils l ont vraiment lu les coppola diacre et compagnie.

    RépondreRépondre
  • Arked a écrit le 13 février 2010 à 0 h 58 min:

    Merci !!!!
    Il est 00h42, je viens de me forcer à terminer ce bouquin et je me demandais : « suis-je seul à trouver ce bouquin mauvais ? »
    Alors merci pour cette critique (très bien argumentée) et ces commentaires qui me réchauffent le coeur.

    Grand fan du sacro-saint chef-d’oeuvre de Bram Stoker, je me suis non seulement senti trahi mais j’ai également eu envie de déchirer et brûler ce livre un nombre incalculable de fois en le lisant…

    Sans revenir sur les points déjà abordés dans la critique ci-dessus, je tiens simplement à revenir sur le magnifique : « Quincey,I’m your father » de Dracula en fin de livre… Dracula qui au passage est passé de « pure evil » chez Stoker à soldat de Dieu ici !

    Le manque d’originalité du livre est déplorable, que ce soit dans le fait d’introduire Jack the Ripper ou le Titanic, alors que le personnage du Comte est en lui-même une belle source d’inspiration.

    Je suis également rassuré de voir que je ne suis pas le seul à ne pas avoir apprécier le film de Coppola ; je commençais sincèrement à me demander si je n’étais pas maniac quant au bouquin…

    @ Jean-Noël Châtain : je n’ai malheureusement pas lu votre traduction, ayant préféré la V.O., mais j’espère que vous avez pu corriger les quelques fautes commises pas les auteurs (fautes de français dans le texte original, ou encore l’occurence de Sarah Bernhardt qui était française et non anglaise comme écrit…)

    Encore merci, je me sens désormais moins seul…

    P.S : il y a tellement d’autres choses que j’aurais voulu dire sur ce livre, avec ses vampires super-héros qui volent et Mina qui se bat au katana tel un Beatrice Kiddo… je m’abstiens de cracher mon fiel…

    RépondreRépondre
  • yooo a écrit le 20 avril 2010 à 21 h 01 min:

    Je ne suis pas du tout d’accord avec vous tous, qui considérez ce livre comme une trahison… Le terme me parait vraiment exageré!!!!!

    RépondreRépondre
  • kikette a écrit le 20 mai 2010 à 12 h 23 min:

    trahison n’est pas trop fort parce qu’en plus il lui a mis le compte à tonton ! un plagiaire sans talent, mesquin et aigri, voilà comment il le décrit. c’est beau la famille. et pour ce qui est de ce que j’en pense en lecture indépendante : c’est une grosse daube. aucune surprise et que des invraisemblances grotesques.

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  • Ysengrin a écrit le 4 juin 2010 à 1 h 45 min:

    Je suis entierement d’accord avec la critique de Serafina…

    Je m,aurais attendu a plus de coherence avec le roman original surtout qu’ils, les auteurs, se porte comme les defenseurs du roman original qui est malheureusement galvauder a tort et à travers.

    Le style du premier ma manqué, Dracula est devenu comme dans les films un amoureux transi..

    Cela faisais des semaines que je lorgnais la très belle couverture du livre et comme je suis un fan de tout ce qui est vampire et surtout de Dracula je me languissais de l’acheter mais du au prix je ne me le procurais pas. Je l,ai toutefois recu en cadeau et l’ai dévoré mais comme Serafina le dit si bien ,, Il me reste un gout amer dans la bouche.

    Je comprend tout de fois qu’ils ont voulu donner une psychologie plus détaillé et un background plus réaliste au personnage du roman original qui baignais dans un certain flou.

    Mais pourquoi se vendre ainsi.. Une fin a la stars wars…. Une Mina adultère quand on sais tres bien que son amours pour Harker est plus fort que tout. Elle semble être le personnage de Mina dans la league des gentlemen extraordinaire… Dracula un belatre, quand il est décrit comme un monstre poilu ressemblant a un oiseaux de proies… La camaraderie qui les unissaient est disparu..

    Bientot il y aura un film hollywoodien intitulé Dracula years zero avec pressentie Sam Worthington…(le même que dans avatar, terminator,clash of the titans,,,) dans le role eponyme… Je pressens encore une mauvaise adaptation…

    RépondreRépondre
  • Talion a écrit le 6 décembre 2010 à 13 h 20 min:

    En ce qui me concerne, je ne critique pas le ton moderne du récit et des personnages (on ne peut pas écrire un roman dans le même style qu’il y a 112 ans).
    Mais je suis d’accords sur le fait que c’est une trahison de l’oeuvre originale:

    -Van Helsing qui se laisse vampiriser avec joie alors qu’il a passer sa vie à combattre les vampires.
    -Dracula qui devient une sorte de super héros 100% gentil.
    -Harker qui devient un alcoolo pathétique, etc…

    La première partie du livre m’a plu et m’a semblé très prometteuse.
    Je m’attendais à un grand dénouement hyper original (style: l’acteur Basarab qui serait possédé par son rôle de vampire, comme Bela Lugosi, et qui après s’être fait vampiriser par Bathory, serait devenu une nouvelle incarnation de Dracula).
    Mais à la fin, ça fait penser à du mauvais Saberhagen .
    Je me suis dit « tout ça pour ça… » ,dommage.

    Bref,une banale histoire de vengeance qui finie dans la facilité. Dès la première apparition de Basarab, j’ai aussitôt fait le rapprochement avec Dracula. Et l’idée du « papa » vampire est aussi éculée que stupide.
    J’ai d’ailleurs vu le truc arriver de tellement loin que je pensais vraiment que c’était une fausse piste pour égarer le lecteur, mais non…

    « Dracula, l’immortel » n’est qu’un moyen pas très subtil pour faire sortir le personnage titre du domaine public pour en restituer les droits d’exploitation à la famille Stoker.
    Une affaire de gros sous…SNIF

    PS: Et je commence à en avoir assez de voir les vampires traités comme des super héros romantiques à deux balles qui donnent envie de devenir vampire soi même (Anne Rice à suffisament exploité le filon comme ça.Revenons aux fondamentaux!!).

    RépondreRépondre
  • Queen Lullaby a écrit le 30 avril 2011 à 18 h 28 min:

    Merci d’avoir publié cette critique qui met bien des fans au parfum quand à ce livre.
    Je suis en train de le terminer, et je suis extrêmement déçue de ce que je lis. C’est du grand n’importe quoi …
    En bref, notre cher Bram demeurera inégalable et Dracula continuera à demeurer un merveilleux mystère, car ce n’est pas une suite indigne bonne uniquement à faire de l’argent sur le nom d’un excellent auteur qui modifiera en quoi que ce soit la fin glorieuse et éternelle du seul et vrai vampire honorable de notre temps.

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  • Fanélie a écrit le 26 mai 2011 à 21 h 04 min:

    Je n’aurais pas dit mieux…
    « out of character » est vraiment la sensation que j’ai eu tout le long de ma lecture (qui n’est d’ailleurs pas finie et j’hésite à terminer!)
    Moi qui avait été tellement touchée par la lecture de Dracula, je ne retrouve ici qu’un thriller décevant, mièvre, qui me fait lever les yeux au ciel toutes les 2 pages (pour les raisons que tu as évoquées et que je ne répéterai pas)

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  • JAJA a écrit le 10 juin 2011 à 9 h 37 min:

    Ce livre est tout bonnement sans aucun intérêt. Je possède l’oeuvre complète de Bran Stocker et je suis réellement navrée de ce « it’s a JOKE Bram!! »
    Même pour le « gore » c’est nul !
    Quand j’ai lu pour la première fois le roman le Dracula de Stocker j’ai dormi pendant un certain temps avec ma veilleuse allumée et ma fenêtre hermétiquement fermée. Puis j’ai vu le film de Coppola et là j’ai vraiment flippé et j’ai installé un crucifix au dessus de mon lit qui y est toujours !!!
    Sorry to you Gary Oldman! (les connaisseurs me comprennent)
    JAja

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  • JAJA a écrit le 10 juin 2011 à 10 h 09 min:

    Encore un petit coup de gueule pour dire que cette  » suite  » est réellement indigne d’un roman gothique – c’est simplement une grosse farce sanguignolante et rigolote – Rien à voir avec une « oeuvre »….Je ne peux même pas concevoir qu’un éditeur puisse publier CELA. Je suis heureuse de n’avoir déboursé que 10cents à la bibliothèque municipale pour ce ramassi de conneries ! Je frémis à l’idée que j’aurais dépensé 25 euros pour l’achat de ces balivernes .
    Maintenant je suis soulagée d’avoir « vidé mon sac »
    Bien le bonjour à vous qui peut-être allez me lire .
    JAja.

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  • angelou a écrit le 23 juin 2011 à 11 h 54 min:

    je ne vais tarder a commencer la lecture de ce livre mais au vu des critiques j’ai bien peur d’être très déçue étant donné que l’oeuvre originelle est un pur bonheur

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  • James Connors a écrit le 23 juin 2012 à 16 h 03 min:

    Je viens de le finir et je dois dire que je m’attendais sans doute à pire, certes on est loin de l’œuvre d’origine ce qui en soit est Navrant, cependant sa donne une autre sorte de chemin pour expliquer divers élément de Dracula comme le pourquoi de sa venu à Londres, même si elle est plus où moins expliqué dans Dracula. Quelque part ce récit est d’avantage pour moi un genre de suite à Dracula mon amour de Syrie James qu’a celle du premier Dracula parce que je n’ai pas souvenir que Dracula fut autant…difficile à tuer pour ne pas dire Immortellement Divin.

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