Diabolus in Musica de Céline Rosenheim

Serafina dans Critiques, Livres le 18 juin 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Dire qu’on publie un roman sur le milieu du Black Metal n’est clairement pas un argument marketing mainstream mais par contre, c’en est un du tonnerre pour appâter la Seraf’ sauvage. C’est ainsi que je me suis jetée sur Diabolus in Musica, une des nouveautés des éditions du Chat Noir, écrit par Céline Rosenheim et illustré par Mina M.. Synopsis ?

Diabolus in Musica de Céline Rosenheim

Yann est un asocial qui ressent tout un peu trop fort. Il a son projet de Black Metal solo Sjel mais joue aussi dans Totentanz un groupe de Black Médiéval inspiré par les danses macabres notamment. La scène Black a toujours attiré les haines et critiques, mais quand plusieurs groupes reçoivent des lettres anonymes de menaces et qu’une bassiste est laissée pour morte, Yann comprend que la menace est bien réelle.

L’idée est plutôt pas mal, on sent que l’auteure connait le monde du Metal et du Black car les réactions de ses héros à la lecture des lettres de menaces sont tout à fait crédibles. De même, le fait d’avoir des projets solos, la place des femmes, tout cela est plutôt crédible et on est pas face à du cliché, ça c’est positif. Le style de l’auteur est agréable et se lit aisément. L’histoire est coupée en chapitres assez courts ce qui permet un bon rythme de lecture.

Le roman est très court, 145 pages, et si vous voulez mon avis, ce n’est pas un roman mais une novella. En effet, les personnages ne sont que peu voir pas développés , on sait à peine à quoi ressemble le héros, les retournements scénaristiques ne sont pas amenés à l’avance et arrivent comme ça, quasiment sans aucune préparation. Dans l’ensemble on suit l’histoire, qui a un rythme enlevé d’ailleurs, mais on ne rentre jamais réellement dedans. Je n’ai pas vraiment pu m’attacher à Yann, pas plus qu’à Nyx la bassiste. Quand aux autres personnages, ils ne sont que survolés.

Diabolus in Musica de Céline RosenheimDe plus, si l’auteur connait effectivement bien le Black Metal, elle ne prend pas réellement la peine d’expliquer aux lecteurs non-familiers avec la mythologie du style de quoi elle parle. Je pense que la majorité des gens ne comprend pas bien pourquoi « la fameuse photo de Dead » est glauque. Je pense donc que si vous n’avez pas de connaissance du genre, vous passerez à coté de la moitié des références et c’est dommage. Moi évidemment, je connais tous les groupes cités et j’ai lu Les Seigneurs du Chaos -que je vous conseille au passage – donc j’étais dans mon élément.

Bref, je ne dirais pas que Diabolus in Musica de Céline Rosenheim était une lecture désagréable, il y a un bon potentiel, mais j’aurais préféré que l’histoire soit plus développée pour réellement rentrer dedans. Je ne suis pas certaine que j’en garderais un grand souvenir et je ne suis pas sure de vous le conseiller non plus, à moins que pour vous aussi les mots « Black Metal » soient un argument marketing.


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