Devil City, Tome 1, de Jana Oliver

Tuer un démon c'est trop facile, et si on les piégeait ?

illman dans Critiques, Livres le 18 juillet 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Devil City est une série de romans de l’auteure américaine Jana Oliver, traduit par Nenad Savid pour la parution chez Castelmore début 2012. Dans le genre de l’Urban Fantasy pour ado, Devil City peut-il tirer son épingle du jeu grâce à son premier tome ? Le synopsis apportera un premier élément de réponse.

Devil City, Tome 1, de Jana Oliver

Riley est une jeune fille qui ne rêve que d’une chose devenir, comme son père, un piégeur de démon. Mais alors qu’elle traque des petits démons en solo, des évènements étranges et surtout suspects vont se produire avec pour dénominateur commun sa personne. L’adversité va la rattraper dans cet univers dévasté et ultra-capitaliste où les complots font rage.

Je reste volontairement très vague pour ne pas griller des tournants du scénario, même si je dois avouer que certains sont plutôt téléphonés et que vous le sentirez arriver à des kilomètres, notamment l’évènement qui va constituer l’élément perturbateur de l’histoire. Malgré tout c’est suffisamment bien amené pour nous maintenir en haleine. De ce coté là le rythme est soutenu, alternant passages d’action avec les passages romances, et on va dire « drame ». Au fil des pages et avec un démarrage un peu poussif, le roman se transforme petit à petit en véritable petit page turner comme diraient certains.

Jana Oliver

Jana Oliver

Coté personnage, bon ben formatage pour adolescents oblige, on a droit a deux-trois clichés. D’abord Riley, l’héroïne, jeune fille à la sortie de l’adolescence mais qui n’a pas vraiment fini sa rébellion, campe un personnage fragile sous ses dehors de durs à cuire. Là où c’est un peu original, c’est dans sa relation à l’argent, et l’auteur se délecte de la mettre dans des situations délicates. Je ne me rappelle pas avoir déjà lu une histoire dans ce genre où un personnage se demande comment il va boucler ses fins de mois, en tout cas de manière aussi marquée. Beck, le disciple de son père, est un ancien soldat un poil alcoolo mais parfaitement fiable en cas de crises. Il est un peu tourmenté, sur-protecteur et a un comportement parfois ambigu, c’est ce qui fait l’intérêt du personnage.

Des personnages secondaires font progressivement leur entrée dans l’histoire, étoffant le panel de prétendants de la donzelle jusqu’à un potentiel quadrilatère amoureux. On trouve aussi un type de personnage très prisé de ce genre de littérature, un maître bien grincheux, franchement antipathique et évidemment sexiste avec en bonus un côté bien vulgaire. Bref on a largement quoi faire pour occuper l’héroïne dans l’histoire. Ça c’est pour le coté gentil, car coté méchant aussi c’est plutôt sympa, entre les démons tous plus velus et dangereux les uns que les autres, on retrouve les nécromanciens, des méchants intriguant qui donnent envie d’en savoir plus sur leur organisation.

Devil City, Tome 1, de Jana OliverL’univers est lui aussi plus qu’intrigant, l’auteur reste vraiment vague sur son monde. On est à mi-chemin du post-apo avec un monde en pleine récession économique couplé à la pullulation des démons sur Terre. L’église et le Vatican se sont donnés pour mission d’exterminer cette menace et paye les piégeurs pour qu’ils récupèrent les démons dont ils font je ne sais quoi. Si je devais faire un reproche à ce niveau, c’est que l’on n’a pas assez de background, pas une vue d’ensemble, je pense que ça aurait pu être intéressant, j’espère que l’auteur garde ça pour la suite.

Ce premier tome de Devil City est un beau bébé de 448 pages. C’est mon premier Castelmore et je suis plutôt content de l’édition que j’ai entre les mains. Bon par contre je ne me fais plus d’illusion sur les couvertures d’Urban Fantasy. Même si l’on atteint pas la laideur de certains Milady, celle concoctée par Noëmie Chevalier à partir de photographies est loin de taper dans l’exceptionnel.

Je suis finalement tombé dans les rets du premier tome de Devil City. Alors que je pestais contre des débuts un peu laborieux, j’ai commencé à me prendre à l’histoire de Jana Oliver pour en dévorer la fin. Il me reste à attendre la sortie de la suite… Et ça risque d’être une longue attente.


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