Désolation, le dernier vampire de Jean Vigne

L'immortalité à la française

illman dans Critiques, Livres le 23 octobre 2012, avec 2 commentaires
Critiques

Désolation, le dernier vampire de Jean Vigne est un roman post-apocalyptique mâtiné de vampires paru cette année aux éditions du Petit Caveau. Sur le quatrième de couverture, le mélange des genres paraît inhabituel et surprenant, pour ne pas dire intriguant. On commence par le synopsis pour entrevoir ce que vaut cette nouvelle parution aux dents longues.

Désolation, le dernier vampire de Jean Vigne

La fin du monde c’est pour bientôt. Un météore va percuter la planète, faisant tomber un hiver persistent sur la planète et poussant les habitant à se réfugier sous terre. C’est dans ce climat que Solange, une scientifique spécialisée dans la biochimie, va ouvrir le chemin de l’immortalité pour l’homme. Mais au rang des dommages collatéraux on trouve une autre espèce, les vampires. Leur histoire sera vue au travers des yeux du dernier représentant de son espèce.

L’intrigue se divise en deux parties qui s’entremêlent. L’enquête policière tout d’abord, qui servira de fil rouge pour le personnage vampirique du roman. L’affaire du « Vampire des Alpes » perdra le pauvre enquêteur qui s’acharnera dessus pendant de longues années. Cette enquête va le balader et par la même le lecteur, lui réservant deux-trois surprises dont une à laquelle je ne m’attendais vraiment pas, du bon donc. J’ai aussi apprécié le coté un peu « à travers les âges » du récit, les évènements se déroulent sur une centaine d’années, laissant fermenter les rancœurs et les pistes s’envoler.

Jean Vigne

Jean Vigne

L’autre partie serait ce qui a trait à  la Science-Fiction avec le scénario de fin du monde qui semble plausible, l’univers mis en place par Jean Vigne est intéressant. Il développe une nouvelle société humaine plutôt crédible rassemblée autour de dômes sous la glace et squattant d’anciens lieux souterrains, comme les catacombes de Paris. La science prend une place importante dans le récit, glorifiant le génie humain au passage. Là encore pour cette partie c’est de la bonne et mon petit cœur de fan de post-apo était tout content.

Niveau personnage et point de vue, c’est par contre un peu spécial vu qu’en plus de Jean le vampire, on va suivre une famille sur trois générations par leurs représentantes féminines. Les personnalités des différents protagonistes ne sont vraiment développées que pour deux ou trois d’entre eux, mais l’auteur y porte une attention particulière, notamment sur Virginie qu’on adorera détester. Malheureusement elle fait un peu figure d’exception, car même s’ils sont travaillé, les personnages tout aussi centraux de Solange et de Jean perdent en intensité et sont un peu écrasés par le charisme de cette première, surtout le coté vampirique de Jean.

Car il ne faut pas l’oublier, il y a vampire sous roches. Loin des vampires radoucis qu’on nous sert dans l’air du temps, il est dépeint comme un vrai prédateur jouant avec ses proies, détestant les humains mais admettant qu’il ne pourrait pas vivre sans eux. En tout cas, c’est l’impression de la première moitié du roman, après l’image est moins flatteuse, empâté et un peu molle. Le vampire est une créature complexe dont les auteurs peuvent encore renouveler un peu l’image.

Le roman se lit très bien, Jean Vigne a un style plutôt agréable. C’est peut-être un peu mou au milieu mais globalement le rythme est suffisamment rapide pour ne pas ennuyer le pauvre lecteur que je suis. Parfois entre les chapitres sont intercalées des citations de vampires du passé, permettant ainsi d’étoffer la mythologie vampirique de l’auteur.

Désolation, le dernier vampire de Jean VigneCoté édition, je suis un peu mitigé, la qualité matérielle du bouquin est plutôt bonne mais quelques petites coquilles visibles parsèment le bouquin. C’est assez anecdotique toutefois,  je laisses le bénéfice du doute. L’illustration de couverture par Fleurine Rétoré quant à elle met parfaitement dans l’ambiance du bouquin, avec sa Tour Eiffel congelée.

J’ai été agréablement surpris de la qualité globale de Désolation, le dernier vampire et finalement de son originalité, éléments qui ont fait que j’ai parcouru les quelques 240 pages du livre avec un certain plaisir. J’étais très enthousiaste à la fin, j’ai même lu les remerciements, qui est bien le truc que je ne fait jamais d’habitude. Et bonne nouvelle pour ceux qui comme moi aimeront ce roman de Jean Vigne puisqu’une suite est en route.


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • Le Chro a écrit le 25 octobre 2012 à 9 h 31 min:

    Ça a l’air bien sympa tiens. Allez hop, dans ma liste des toread.

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  • crobz a écrit le 25 octobre 2012 à 13 h 13 min:

    Oui tout commme Le Chro, je le mets dans ma liste des prochains livres à acheter :)

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