Dans les veines de Morgane Caussarieu

Serafina dans Critiques, Livres le 9 novembre 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Quand j’ai entendu parler pour la première fois de Dans les veines, il m’a fallu à peu près 2 secondes pour savoir que je voulais le lire : entre la photo de l’auteur totalement punk et la mention de Poppy Z. Brite, j’étais vendue. On y ajoute une très jolie couverture de Bastien Lecouffe-Deharme et une édition chez Mnemos, on  donc un très joli bouquin, qui nous promet du vampire, du vrai. J’entamais donc le livre avec une évidente attente, peut-être trop haute. Synopsis ?

Dans Les Veines de Morgane Caussarieu

Bordeaux est en pleine canicule. La nuit, les clubs font le plein. Et on retrouve des cadavres. Un peu trop. Un groupe apparemment sanguinaire (et aux dents longues) semble avoir élu domicile dans le coin. Au milieu de cela, Lily, gamine paumée va faire une de ses rencontres qui marquent une vie. Pendant que Baron et Brune, deux flics essaient de résoudre les crimes qui souillent la Garonne.

Un synopsis bien décousu, je l’avoue, mais c’est parce que à vrai dire, je ne sais quoi trop penser. Sans avoir un style particulièrement percutant, le roman se lit vite. Il est une bouffée d’air frais dans cette production de vampires bisounours ou méchants mais pas trop (catégorie allant d’Eric de True Blood à Edward de Twilight en passant par Jean Claude d’Anita Blake). Là non, ils sont mauvais, ils puent, ils sont camés, et vicieux. Bref, du vampire à la Poppy.

Morgane Caussarieu

Morgane Caussarieu

Morgane Caussarieu réussit à aller plus loin que l’auteur américaine justement, et certaines scènes m’ont étonnées. Je salue les éditions Mnémos pour avoir publié un contenu aussi détonnant et dérangeant par moment. Bien que j’ai eu parfois l’impression que l’auteur allait « plus loin pour aller plus loin« , on arrive à des personnages et situations très intéressantes et innovantes.

L’auteur emprunte des idées vampirique par-ci par là, et on a des vampires pour le coup assez originaux et crédibles, que cela soit JF le punk, ou l’enfant vampire, qui n’est pas pour autant un remake de Claudia d’Anne Rice. Mention spéciale à Baron, parce que ce genre de « héros », c’est quand même vachement rare, et que son traitement m’a pas mal surprise. La présence d’une bonne dose de clins d’oeils à la culture vampire des années 80 est forcément plaisante, et le traitement du milieu « golgoth » (aka les Vampyres qui se font appeler Nothing ou Morticia quoi)  m’a semblé plutôt réaliste pour ce que j’en connais.

Découpé comme un Thriller, on alterne les différents points de vue (autant vampire, que flics, que Lily) dans des chapitres de quelques pages, relativement courts. Aux premiers chapitres, je n’ai pu m’empêcher de penser à Sire Cédric : le roman est clairement ancré géographiquement, on sent que l’auteur connait le coin, et ça fait un peu thriller du terroir. On y ajoute un duo de flics, qui fait un peu penser à Vauvert et Eva de l’auteur toulousain, et bien évidemment une claire connaissance du milieu sombre (même si Sire Cedric fait des références à Burzum alors que Morgane Caussarieu préfère le Post-Punk). En soit, pourquoi pas.

Sauf que je n’ai pas retrouvé la capacité de page-turner de l’auteur su-cité. Je n’ai pas été absorbée par l’histoire, ni par le suspens, alors que je suis plutôt bon public. Il manque soit la frénésie d’un Angemort, soit l’intensité d’enquête d’un De Fièvre et de Sang. Peut être parce que c’est là le premier roman de Morgane Caussarieu.

Dans Les Veines de Morgane CaussarieuAu final, j’ai eu l’impression d’une histoire assez mal dosée, pleine de bonnes idées, mais qui n’en exploite pas assez. L’enquête est traitée trop par dessus la jambe à mon gout, et m’a semblée totalement inutile à la fin, j’aurais clairement préféré qu’on s’intéresse plus aux vampires. Malgré son découpage dynamique, j’ai trouvé que l’histoire peinait à trouver son rythme, et certains passages m’ont semblé un peu sortis de nulle part. C’est le cas de la genèse des vampires qu’on suit, qui nous est révélée dans la dernière centaine de pages, sans que l’arrivée du flash back ne me semble naturelle.

Du coup, au final, j’en attendais sans doute trop de Dans les veines. Si le style incisif, l’audace de l’auteur et les références à foison sont clairement plaisantes, tout cela ne suffit pas pour en faire un bouquin qui me marquera comme un Âmes Perdues ou un Angemort. Ce n’est pas mauvais pour autant, mais voilà, quand on nous le vend comme une héritière de Poppy, on s’attend à beaucoup, trop peut être. Enfin, je suivrais évidemment Morgane Caussarieu, car je pense qu’il y a là un bon potentiel.


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  • Lucresia a écrit le 23 décembre 2012 à 11 h 22 min:

    J’ai fini ce livre tout juste hier soir et je pense aussi que l’enquête n’est pas assez développée, la fin est baclée, jusqu’au gore inutile.

    ATTENTION SPOIL:

    C’est dommage parce que juste avant le suicide de Lily, j’aimais vraiment beaucoup ce livre, après, c’est une suite de n’importe quoi.

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