Cytheriae de Charlotte Bousquet

dabYo dans Critiques, Livres le 14 juin 2010, avec 2 commentaires
Critiques

Cytheriae est un livre écrit par Charlotte Bousquet et publié récemment par les éditions Mnémos. Ce roman se place dans le cycle de Dark Fantasy de l’auteur française, l’Archipel des Numinées, et comme les tomes peuvent se lire indépendamment, je n’ai eu aucun mal à entrer dans le second. Le premier, Archnae, était sorti l’année dernière à la même époque. Avec sa superbe couverture réalisée par Elvire De Cock, son ton résolument dark, le roman avait tout pour me plaire. Mais qu’en est il ? Synopsis.

Cytheriae de Charlotte Bousquet

Cribella quarante-neuvième année du règne de la princesse Violente Moravia. Les malheurs et meurtres se suivent et se ressemblent dans les quartiers pauvres de la capitale de la principauté de Cytheriae. Et ce sans que l’autorité ne fasse quoi que ce soit pour endiguer les souffrances du peuple. Pire, la reine est convaincue que le mécontentement croissant de la plèbe est une menace pour son pouvoir, et impose une répression de fer tout en ignorant le mal qui ronge peu à peu les racines de la ville. Il y a pourtant bien quelque chose, ou quelqu’un, qui doit en être à l’origine des épidémies et de l’augmentation des créatures maléfiques en ville…

Notre intrigue se passe donc dans une ville, Cribella, que nous ne quitterons pas durant tout le récit. Cette ville que l’on retrouve dans une époque proche de la Renaissance que nous connaissons ne peut que nous faire penser à Venise. On l’imagine aisément comme des petits quartiers séparés par des rivières et reliés par des ponts. A la différence près que cette ville se ressent comme lugubre, presque verdâtre, et la couverture ne fait qu’amplifier ce ressenti. On ne s’y sent pas en sécurité, on a limite peur de se faire attraper par des créatures monstrueuses à chaque embranchement de rue, et les éléments du romans ne sont pas là pour nous rassurer. On se retrouve en effet dans un monde où la magie existe, où les nécromanciens s’ils ne sont pas monnaie courante sont reconnus et même organisés. La police ne veille pas uniquement aux vols, mais s’occupe aussi de débarrasser les sestiers des différentes créatures démoniaques qui y rodent et prennent la vie des citoyens.

Charlotte Bousquet

Charlotte Bousquet

On suit de nombreux personnages qui habitent des sestiers différents, et travaillent dans plusieurs échoppes, que ce soit une auberge, une imprimerie, la milice, etc. On les suit chacun à tour de rôle sur des chapitres qui font tout au plus deux trois pages. Le rythme est donc assez rapide et soutenu, on passe rapidement d’une situation à une autre, sans toute fois être à chaque fois face à des clif-hangers en veux tu en voilà. C’est un très bon point car le récit en devient agréable, on en a juste ce qu’il faut. Bien entendu, parfois cela peut s’avérer frustrant, mais comme il n’y a pas de personnage qui soit en deçà des autres, ce n’est pas très grave.

Cytheriae est un roman qui marche surtout grâce à une ambiance et une histoire posée, jamais trop rapide, jamais trop lente, exactement comme il faut. Ce n’est pas tant l’intrigue qui pousse à lire mais plutôt le réel attachement que l’on éprouve pour les personnages que nous découvrons au fur et à mesure. Objectivement parlant il ne leur arrive pas grand chose, du moins aux héros, bien que l’on suive la trame d’une série d’assassinats commis dans les quartiers de la ville, et sur laquelle certains de nos personnages vont enquêter. Ensemble ou parfois séparément, et même de temps à autre de façon opposée. Le tout est vraiment rondement mené tant et si bien qu’on suit à plusieurs reprises de fausses pistes sans s’en apercevoir.

On ne nous a pas menti en citant la Dark Fantasy, car il y a de nombreux éléments du genre dans ce roman. Même si les intrigues politiques ne sont pas réellement mises en avant, on les retrouve en arrière plan avec certains personnages. De même, Charlotte Bousquet n’hésite pas à être cruelle, que ce soit avec des personnages qui ne durent que le temps d’un chapitre, ou avec ceux auxquels on s’était rapidement attachés. Un chapitre est notamment assez dur à encaisser à ce niveau, et on se retrouve vite les bras ballants. Ca n’a pas pu arriver, pas comme ça. Il va forcement y avoir une exception. Le genre de réflexion qu’on a plutôt l’habitude d’avoir en lisant un tome du Trône de Fer.

Bien entendu, s’ils font parti du même genre, les deux n’ont pas grand chose à voir que ce soit dans le déroulement ou dans l’univers et les personnages. Mais tout de même. Cytheriae nous fait dans tous les cas vivre une aventure oppressante, qui va très bien au genre et à l’univers. On a vraiment envie de connaître la suite et la fin du roman est une vraie frustration. Une frustration dans le sens positif, dans le sens où c’est plus causé par une réelle volonté d’en avoir plus, que par l’arrivée d’un clif-hanger mal choisi.

Cytheriae de Charlotte BousquetLe roman est aussi parsemé de poèmes, la plupart du temps ce sont eux qui commencent les nouveaux chapitres, mais ils sont parfois placés en plein récit, ou tout simplement à la fin, sous forme d’annexes. Ce n’est pas réellement ma soupe habituellement, mais ça colle parfaitement à cette ambiance, et renforce le côté lugubre. Le style de Charlotte Bousquet est vraiment très agréable à lire, il n’est pas simple, mais pas spécialement complexe pour autant. L’auteur ne va pas dans les figures de style inutiles, mais fourni quelque chose de plaisant. Ses personnages sont assez sombres, certains carrément déprimés voir suicidaires. C’est vraiment une touche original pour un roman de Fantasy. Les sentiments, bien qu’ils puissent être qualifiés de stéréotypés sont loin d’être superficiels. Ils sont tout simplement forts.

Au final, je n’ai pas trouvé une seule fausse note pour ce second roman du cycle. En fait, mon seul regret, c’est de ne pas avoir encore pu lire le premier tome. Et de ne pas pouvoir évoquer tous les côtés intéressants du bouquin, que ce soit l’approche du sentiment amoureux, ou même l’évocation d’une certaine fatalité, très bien retranscrite. Sûrement une de mes plus agréables lecture de cette année 2010, que je recommande vivement !


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • Fauve a écrit le 15 juin 2010 à 23 h 42 min:

    Et sa donne envie avec une telle critique on sens que tu as vraiment pris plaisir à lire ce livre !

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  • Lelf a écrit le 28 juillet 2010 à 20 h 35 min:

    Je voulais acheter Arachnae samedi mais la librairie l’avait plus. J’ai pas osé prendre celui là sans avoir lu l’autre, même si a priori ils sont indépendants.
    En tout cas merci pour la recommandation, je n’aurai de repos tant que je n’aurai pas acquis ces bouquins :p

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