Bukowski. Si ce nom n’évoque rien pour vous, peut-être une anecdote vous mettra-t-elle sur la piste ; chacun d’entre vous a probablement gâché une fois dans sa vie une soirée à voir « les 100 plus grandes anecdotes inédites », qui nous repassent les mêmes sempiternelles images, accompagnées des rires intelligents de quelque décérébré de service et, pour faire bonne mesure, d’une potiche quelconque. Bref, une des images couramment passée est celle de cet écrivain américain complètement torché chez ce brave Bernard Pivot, qui finit par quitter le plateau, bouteille à la main. Cet écrivain, c’est Bukowski. Le décor est planté.

Contes de la folie ordinaire de Bukowski

Alcoolique, jouisseur, Bukowski n’est pas exactement le genre idéal. Père alcoolique, enfance chaotique, vie de misère et imbibée d’alcool. On passera les détails de sa vie pour le moins mouvementée et les flots d’insultes alcoolisées qu’il jette à la face des auditeurs occasionnels des lectures publiques. Il reste un des plus grands écrivains américains, en tout cas unique en son genre.

Ses écrits ne sont pas moins édulcorés que sa vie. Depuis le Journal d’un vieux dégueulasse à Women, son autobiographie pour le moins suggestive, Bukowski décrit comme personne la misère, le sexe, l’alcool, et, généralement, les trois ensemble. Phrases courtes et incisives, vocabulaire fleuri, aucune complaisance. Le narrateur est la plupart du temps un alter-ego de l’auteur, généralement nommé Bukowski, d’ailleurs. Une sorte de San-Antonio avec 3 grammes d’alcool dans le sang en plus et les expressions d’argot français en moins. Bukowski enchaîne avec talent des descriptions détachées des pires atrocités.

Les Contes de la folie ordinaire ayant pour titre original Erections, Ejaculations, Exhibitions and general tales of ordinary madness, on comprendra que cette œuvre ne fait pas exception. Il s’agit d’un recueil de vingt courtes nouvelles, toutes plus infectes et géniales que les autres, toutes dérangeantes. Certaines vont jusqu’à côtoyer le fantastique (Le petit ramoneur), d’autres sont des minuscules textes « coups de poing » (Comme au bon vieux temps décrit de minuscules histoires en 2 paragraphes dans une prison sordide).

Contes de la folie ordinaire de Bukowski

Toutes accrochent dès la première phrase, fût-elle d’une vulgarité extrême (pas de chaussettes). Carnets d’un suicidé en puissance est une nouvelle sans début ni fin réels, sans queue ni tête, sans fil narratif, sans réelle histoire, et pourtant, le texte est d’une puissance redoutable, accrocheur, on n’en demande pas plus. Bukowski ne perd pas de temps à introduire ses personnages, son histoire, il tranche dans le vif. Certaines, sans avoir recours à une vulgarité excessive, réussissent, en trois pages, à donner un profond sentiment de malaise (Autant qu’on veut). Quel que soit le biais utilisé, toutes y arrivent, d’ailleurs.

Cela est pour beaucoup dû aux fins des nouvelles, fins totalement ouvertes, laissant retomber une histoire et en commençant une autre. Certaines histoires se terminent simplement sur un « Et vous, qu’auriez-vous fait ? », ou encore un simple « Mouais. » Sans pour autant donner une impression d’inachevé. Simplement, ça finit comme ça, on passe d’une histoire sordide et miséreuse à une autre, avec autant de sexe et d’alcool. Un style particulier, vous l’aurez compris, qui ne plaira peut-être pas à tous. Mais original et fort, sans aucun doute. Grand classique à avoir lu dans sa vie, les coutres histoires des Contes de la folie ordinaire constituent sans nul doute une introduction parfaite à Bukowski.

Bukowski est mort en 1994 d’une leucémie, et Wikipédia nous apprend qu’est écrite sur sa tombe l’inscription DON’T TRY.

« Dis merci à ton trou du cul. » (Bukowski, Comme au bon vieux temps)


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  • A.R a écrit le 29 août 2010 à 15 h 05 min:

    En fermant ta grande gueule de pseudo-critique haineux stupide et prétencieux…Très certainement frustré de n’etre lui,jamais accompagné.Sans autre sens créateur que celui de la destruction intellectuelle…mot devent lequel tu bave surement,et a priori accompagné par ton anus bien trop haut perché.SI tu trouve que la vie se gache dans ces rapports intences qui ont donnés naissance à cette litterature donc C B est peut etre le maitre….

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