Contes d’un Buveur d’Ether de Jean Lorrain

Serafina dans Critiques, Livres le 3 août 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Contes d’un Buveur d’Ether est, comme vous pouvez le deviner, un recueil de nouvelles. Le recueil n’est pas tout jeune, ni ses nouvelles, car en effet elles ont toutes été publiées entre 1890 et 1895 par Jean Lorrain. Ce recueil initialement publié par l’auteur existe sous plusieurs éditions, et je vais vous parler aujourd’hui de celle que j’ai lu, celle des éditions du Chat Rouge. Les recueils n’ont pas le droit à un synopsis, comme d’habitude.

Contes d'un Buveur d'Ether de Jean Lorrain

Un petit mot tout d’abord sur l’édition et le travail apporté sur le livre. Je ne connaissais pas la maison d’édition en question, c’est ce qu’on pourrait appeler une petite maison, assez confidentielle, donc difficile à dégoter en général. Ceci dit, je suis absolument tombée sous le charme du papier et de la qualité du recueil. On est ici dans un format proche de celui qu’on peut trouver chez les éditions Seuil, c’est à dire rectangulaire, très fin. Les pages sont lourdes et épaisses, le papier de la jaquette est doux, bref, on a l’impression d’avoir un petit objet d’art dans les mains. Pour moi c’est vraiment important.

Les nouvelles écrites par Jean Lorrain prennent place dans le Paris de la fin du XIXème siècle. Buveur d’éther invétéré, l’auteur se met en scène dans ses nouvelles, et décrit ses angoisses et ses rêveries éthérées. Son style est très fidèle à son époque et on ne peut pas dire être dépaysé si on a l’habitude de ses auteurs. La plupart des récits sont à la première personne, contribuant au climat horrifique, ou en tout cas angoissant désiré. Nous sommes donc dans un roman Fantastique avec une ambiance très lourde et hallucinée. On n’est pas loin de Poe, ni de Lovecraft. Si vous aimez le genre vous serez charmé. Cette ambiance à mi-chemin entre le délire, le rêve et l’horreur est directement due à l’éther.

Contes d'un Buveur d'Ether de Jean LorrainMais au delà de cela, c’est l’ambiance du Paris de la fin du XIXème qui marque. Les allées de Paris peu voire pas illuminées, les maisons ou hôtels particuliers angoissants, les soirées à la chandelle, le début du métro, la vie de bohème… Bref, c’est tout simplement fascinant et on est immédiatement transporté dans l’ambiance de la capitale mondaine et nocturne, balancé entre les clubs particuliers et le théâtre le soir. C’est encore mieux si vous connaissez un brin Paris de manière à visualiser le tout, l’ambiance.

Les nouvelles sont indépendantes dans l’absolu, mais on constate que la majorité d’entre elles mettent en scène le même personnage, toujours ami du narrateur. Ce personnage, comme je l’ai dit, n’est autre que la transposition de l’auteur dans ses romans. On peut donc y voir là une certaine autobiographie. Les nouvelles se suivent aussi chronologiquement parlant et on peut constater une certaine évolution du personnage principal, drogué et sujet aux hallucinations. Les nouvelles sont d’un niveau égal, à savoir très bon. Libre à nous d’en croire ce qu’on veut, éther ou fantôme, la réponse n’est jamais très claire, et tant mieux !

Je ne connaissais absolument pas cet auteur mais c’est une découverte qui vaut réellement le coup. Que cela soit pour l’ambiance ou pour le style je ne peux que vous conseiller le recueil. Le seul réel regret c’est qu’il soit aussi court, seulement 120 pages. Il se lit donc relativement vite, et on reste sur notre faim. Je me pencherais probablement sur cet auteur par la suite. Le titre peut être commandé sur le site des éditions du Chat Rouge ou bien dans l’une des librairies partenaires.


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