Le Come-Back du Siècle est le premier tome du comic Transmetropolitan chez Vertigo. On retrouve Ellis au scénario et Robertson au dessin. En France, on se retrouve face à six volumes qui couvrent 60 chapitres, tous traduits et édités par Panini Comics. Autant le dire tout de suite en ce qui concerne les comics, je n’ai quasiment jamais rien lu d’autres que des productions Marvel rempli de super héros, donc là où on me propose un anti-héros, j’espérais ne pas être trop désorienté. Un synopsis pour ce comics complexe sera le bienvenue.

Le Come-Back du Siècle, Transmetropolitan Tome 1, de Ellis et Robertson

Spider Jerusalem est un journaliste gonzo pour qui Vérité est le leitmotiv, même la vérité dans toute sa laideur. Le fait qu’il soit poursuivi et qu’il soit en panne d’écriture l’avait poussé à partir dans les montagnes, mais son ancien éditeur se rappelle à son bon souvenir pour lui réclamer des bouquins. Alors notre gars hirsute va retrouver l’endroit qu’il déteste le plus, la ville, avec au passage un récurage qui ne lui laissera pas un poil sur le caillou. Il repart au turbin, retrouve ses marques et se prépare à révéler de nouveaux scandales.

On est en route pour une critique de la société en bonne et due forme. Le racisme, la religion, les politiques corrompus, etc… On a le droit à un large panel des maux actuels toujours omniprésent dans le futur, même s’il ont évolué avec leur temps. Le futur que nous présente Transmetropolitan est crade, dégueulant de déviance, mais je ne peux que lui reconnaitre un penchant réaliste. Au train où vont les choses, on a affaire ici à un futur plausible, ce qui est d’autant plus flippant.

Le personnage de Spider est juste génial, ça faisait longtemps que je n’avais pas croisé un personnage qui m’accroche autant. Il est… un peu méchant, voire cruel, mais on chercherait presque à justifier sa façon d’être tellement son obsession pour la vérité et la dénonciation des saloperies qu’on nous cache lui tiennent à cœur. Il rencontrera une belle brochette de personnages, à commencer par son rédac-chef, un poil anxieux, et son assistante hystérique. Entre les abominations génétiques, les ressuscités qui sont des cryogénisés qu’on ramène à la vie, les fanatiques de tout poils, les junkies et j’en passe, on a largement de quoi faire. Sans compter le chat fumeur absolument pouilleux qui agrémente le quotidien de Spider en pissant à peu près partout où c’est possible.

Le Come-Back du Siècle, Transmetropolitan Tome 1, de Ellis et Robertson

Niveau dessin, le style se veut plutôt réaliste, je le trouve particulièrement agréable. Le character design est à la hauteur dépeignant Spider comme un grand chauve maigre, tatoué de partout, arborant des lunettes-appareil photo loufoques, dans un éternel costard noir quand il n’est pas à poils. Ses postures et ses gimmicks ne sont pas en reste, Spider est génial sous tous les angles. La couverture du chapitre 9 où Spider court à poil dans une réserve entouré de mecs velus en tartan est juste énorme. Et l’auteur s’est grave lâché niveau détails dans ses décors, ils en fourmillent littéralement. En clair, c’est un régal même si quelqu’un qui n’est pas habitué pourrait avoir du mal à s’adapter.

Le Come-Back du Siècle, Transmetropolitan Tome 1, de Ellis et RobertsonConnaissant l’éditeur, Panini Comics, je m’attendais à un travail de sagouin mais pour le coup, ça tient la route et les 266 pages couleurs du volume relié sont d’assez bonne qualité. Je trouve quand même bizarre que les couvertures originales des chapitres soient à la fin du volume et pas à leurs places respectives.

En somme, une excellente série cyberpunk qui s’annonce ici. Reste à voir si elle conserve son ton cynique et qui touche au but par la suite, mais pour l’instant, surement un must-read que j’aurai du découvrir avant. Par contre, je vous conseilles d’essayer avant d’acheter, à 29€ le volume ça pardonne pas.


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3 commentaires, donnez votre avis !
  • Ark a écrit le 19 novembre 2010 à 21 h 11 min:

    Warren Ellis s’est surtout projeté dans ce personnage de Spider Jerusalem, qui représente sa propre personnalité, son aversion pour tout ce qui l’entoure. Ça et la haute teneur en critique politique de l’ouvrage. Et c’est l’intérêt de Warren Ellis, cette capacité à s’investir à travers les histoires qu’il racomte, poser son image et son point de vue en trame de fond sur ses comics, comme on peut le voir avec le thème de la drogue sur No Hero, ou sur la guerre en Irak avec Black Summer. Ou sur les utopies avec Authority.
    Et quitte à s’intéresser aux prix, il est intéressant de remarquer que Panini, en plus d’effectuer un travail lamentable, propose des tarifs exorbitants.
    Amazon ou thebookdepository pour obtenir de la VO (c’est important, Ellis a aussi un grand talent à l’écriture) à un prix abordable (10-12€, soit le tiers du prix en France, pour une qualité en général supérieure), et garder la VF pour récompenser Milady (No Hero, Black Summer, Wolfskin entre autres).
    Et dans les TPB les couvertures sont toujours à la fin. Et Warren Ellis, pas l’inverse.

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  • illman a écrit le 20 novembre 2010 à 10 h 12 min:

    Je dois avouer que n’ayant pas eu les tomes en VO dans les mains je n’avais pas d’élément de comparaison. Je te remercie de tes précisions.
    Après c’est « correct » pour du panini comics, sachant que j’ai vu largement Pire chez eux avec un grand P (mais jamais mieux). Le problème c’est que la seule alternative, c’est la VO, c’est pas vraiment à la portée de tout le monde.

    Pour le coup tu m’as donné envie de me procurer d’autres œuvres de cet auteur (et de passer en VO pour Transmetropolitan) :)

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  • Denis E. Savine a écrit le 21 novembre 2010 à 17 h 04 min:

    Si vous aimez Warren Ellis, ne passez surtout pas à côté de Global Frequency (en comics) et surtout, surtout, de son premier roman qui vient d’être traduit en français Au Diable Vauvert et qui s’intitule « Artères souterraines » ou un privé looser plonge dans ce que l’Amérique a de plus douteux et d’abject pour une très grosse poignée de dollars que lui promet un gouvernement en perpétuelle recherche de contrôle absolu.

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