Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit

dabYo dans Critiques, Livres le 30 novembre 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Chronique du Soupir est un roman de Fantasy écrit par Mathieu Gaborit et récemment sorti aux éditions du Pré-aux-Clercs. Il s’agit du retour du jeune auteur français à l’écriture après plusieurs années d’absence, connu en particulier pour ses Chroniques des Féals sorties au début des années 2000. Je dois avouer que je n’avais jamais lu un de ses écrits, et que j’étais donc curieux de découvrir ce qu’il nous offrait dans ce nouveau roman, illustré par Didier Graffet. Synopsis.

Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit

Lilas a quitté la garde rapprochée de la Haute Fée depuis quelques années maintenant pour s’établir autour de l’ancrage de son mari et y ouvrir une auberge, où elle sert le repas et accueille tous visiteurs, nains, elfes ou sirènes. Alors qu’elle y mène une vie qu’elle trouve un peu trop paisible, elle est prise d’une soudaine angoisse qui va très vite se concrétiser: son fils Saule débarque un jour sans prévenir, proche de la mort et avec une mystérieuse jeune fille sur ses épaules. Et pour ne rien arranger, il semblerait bien qu’il soit pourchasser par les milices de la Haute Fée

Je n’avais certes pas d’apriori sur Mathieu Gaborit, mais je dois avouer que le synopsis de quatrième de couverture ne m’a pas vraiment rassuré. Vous avez pu lire le mien, cela sent les grosses ficèles habituelles des romans de Heroic Fantasy avec un(e) élu(e), des compagnons et une quête contre un être aux pouvoirs et armées infinis. Il est d’ailleurs amusant de remarquer que le fait de tenir une auberge semble être la seule occupation que les héros de Fantasy trouvent pour quitter leur ancienne vie et en tenir une plus paisible. Mais bon, l’auteur présente le roman comme une revisite du genre, alors soit.

Mathieu Gaborit

Mathieu Gaborit

Le synopsis vous en a donné la couleur, Haute Fée, ancrage et autres termes viennent là à cause de l’univers plutôt très particulier du roman. L’une des forces de Chroniques du Soupir est avant tout son univers, il est original, vaste, bien pensé et plutôt crédible. L’élément du souffle et l’histoire sur laquelle se base les restrictions du monde sont une sorte de revisite du péché originel d’une façon intéressante, certes cela surfe inévitablement sur la nature mauvaise de la race humaine, mais j’ai quand même plutôt beaucoup apprécié ce côté là. Le tout donne franchement envie d’être découvert, d’en apprendre plus sur les Fées qui peuplent les cœurs des hommes, nains et autres elfes et leur permet de vivre dans ce monde pollué.

Mais voilà, le roman est d’une taille raisonnable, environ trois cents de pages, ce qui est un bon point lorsqu’on souhaite éviter une longue série, et un mauvais lorsque l’auteur essaie d’y introduire un univers trop vaste pour y rentrer. Du coup, on a à peine le sentiment d’effleurer les possibilités, la magie de cet univers et on a franchement l’impression de passer à côté de quelque chose, de rester superficiel. Des éléments sont amenés, mais faute de place et de temps, ils sont évoqués trop brièvement pour gagner en importance. C’est d’autant plus gênant lorsque l’auteur essaie par exemple de donner de la profondeur au lien entre la fée et son hôte et qu’il n’y arrive pas.

Chronique du Soupir de Mathieu GaboritC’est pour moi le principal reproche qui est à faire à ce roman, je n’ai pas pu y rentrer. Mathieu Gaborit essaie d’étoffer le tout, de donner d’ajouter de la profondeur à l’Heroic Fantasy et pas seulement de l’héroïsme, mais le tout en allant vite, trop vite. On passe les pages et on ne s’attache pas aux personnages, on trouve ces passages trop, trop grossiers, trop voyants, trop rapides, trop dramatiques. Il est souvent difficile de ressortir de cette sensation, alors peut être suis-je tout simplement passé à côté de ce qui aurait dû me toucher, m’émouvoir. Car il est difficile d’imaginer que ce n’était pas là l’objectif de l’auteur, tant l’action si elle est soutenue manque de rythme.

Outre ce défaut qui est hélas déterminant, l’écriture est plutôt réussie, le style se lit facilement et arrive tout de même à nous emporter dans l’univers. Certaines envolées descriptives donnent cependant plus l’impression d’être des figures de style que de réelles tentatives de donner une vision à son lecteur, tant elles peuvent s’avérer difficiles à suivre.

Au final, je n’ai pas réussi à m’accrocher à l’épopée de Lilas et de sa famille. Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit si il est bien écrit, ne réussit pas ce qu’il semble vouloir faire, c’est à dire nous transporter dans cet univers passionnant et nous compter une histoire prenante et émouvante. C’est dommage, car les premiers chapitres m’avaient franchement emballé. Vous pouvez d’ailleurs les lire ici.


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • Lelf a écrit le 28 février 2012 à 10 h 27 min:

    « grossier » c’est un bon mot pour décrire effectivement.
    J’ai aussi eu cette impression d’écriture là pour faire du style plus que pour servir le récit.
    Marrant, parce qu’avant de le lire j’avais plus vu de retours positifs que négatifs et depuis ma lecture les avis mitigés semblent apparaître x)

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  • Serafina a écrit le 28 février 2012 à 10 h 55 min:

    Preuve qu’il faut toujours venir lire la chro sur iiD avant d’entamer un livre :D

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