Pandamonia est une série BD dont le premier tome, Chaos Bestial a été édité par Drugstore au début de cette année 2011 en France. Cette BD est l’œuvre de la collaboration de deux scénaristes, Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba, avec le dessinateur Vincenzo Cucca, colorisé par Mirka Andolfo. Il s’agit d’une histoire futuriste, de la Science Fiction à laquelle va être mêlée sexe et animaux, mais avant de vous en dire plus, commençons par un synopsis.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Dans un futur lointain, la décadence de l’humanité l’a poussé sur la voie de l’extinction: la libido des humains s’est envolée et la population décroît rapidement, faute d’enfants, de nouvelles pousses. Pour enrayer cette fin inéluctable, la compagnie mondiale Eros propose un médicament qui repose sur une idée simple: mêler l’ADN humain à celui d’animaux afin de faire revenir une envie bestiale de sexe. Quelques années plus tard, il faut croire que ça a marché, car le monde dans lequel vit Vanessa, femme-panda, est dominé par le sex, à tous les étages, à tous les coins de rue.

Outre les poitrines généreuses et le côté érotique de la BD, la première chose qui tape à l’œil lorsqu’on feuillette ses premières pages, c’est la qualité du dessin de Vincenzo Cucca. Son trait est précis, agréable, dynamique, bref, superbe. Cela fait tout de suite penser à une autre pointure de la BD de ces dernières années, Skydoll. Difficile en effet de pas faire le rapprochement, que ce soit dans la qualité graphique du titre, dans ses couleurs, ou encore dans son univers futuriste où l’érotisme ambiant prévaut. De même, si le dessin est de qualité, on ne peut qu’admirer le travail de Mirka Andolfo au niveau des couleurs, elles aussi tout simplement sublimes. De ce côté là, Chaos Bestial, premier tome de la série, est un vrai régal.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Malheureusement, comme bien souvent, le problème de Pandamonia ne se situe pas sur le dessin, mais bien sur le scénario et sa mise en scène. Et quel scénario ! J’ai été vraiment étonné de commencer la lecture de ce titre par une citation de… Dexter Morgan. Du Dexter Morgan de la série Dexter, ni plus, ni moins. Qu’en penser ? Je ne sais pas, peut être que c’était révélateur de ce que pouvait nous pondre les deux scénaristes, Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba. J’ai pu rencontrer un thème assez proche l’année dernière, avec Les Fables de l’Humpur de Pierre Bordage, mais le traitement était à des années lumières de celui qui va nous être fourni.

Il s’agit en effet ici d’une sorte de mixe entre de nombreuses idées. La première était sans doute qu’il fallait du sexe, beaucoup de sexe, pour vendre une BD. La deuxième, c’était la fin du monde. La troisième vient du mythe de l’héritier de Jésus, protégé par les templiers que l’on retrouve très souvent. Et enfin, la dernière et pas la moins cocasse: les pubs pour Orangina. Vous mélangez le tout, vous secouez pour que la pulpe ne reste pas en bas et vous obtenez Pandamonia. Mais vous vous en doutez bien, malgré ces tonnes de bonnes idées, quand on les donne à des gens qui citent Dexter Morgan, on se retrouve forcement avec quelque chose de pas bien folichon.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Notre héroïne Panda-femme est lesbienne, mais sans nul doute pour viser le public et l'imaginaire masculin. On appréciera les petits détails dans les décors.

On a alors droit à un scénario des plus stéréotypés, avec une élue qui doit rendre leur libido aux humains et les sauver d’une catastrophe certaine, une multi-nationale qui ferait pâlir l’URSS de Staline et une association d’activistes genre Attack dans le rôle des gentils. Bref, du cliché en veux tu en voilà, avec même un soupçon de romance totalement incompréhensible. Le scénario a beaucoup de zones d’ombre et ne semble pas réellement tenir, mais il est encore trop tôt pour jugé de ce point.

Le problème, c’est que l’incompréhension de se limite pas à ça. De nombreuses fois on ne comprend pas ce que font les héros, ni ce qu’il se passe. Il y a une réelle lacune dans la narration générale du titre. On ne comprend qu’après plusieurs lectures des mêmes passages, ce qui gène beaucoup lorsque la BD se veut justement dynamique. Et je ne parle pas de ces scènes qui ne servent strictement à rien mais ne sont là que pour augmenter le taux de sex dans la BD.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Là encore, chaque parcelle de case est utilisée au maximum.

Chaos Bestial et la série Pandamonia sont donc avant tout victimes d’un scénario qui se veut trop sérieux et mais qui ne tient pas assez la route être considéré comme tel. Une sorte de nanar géant que je me dois forcément d’assassiner en chronique.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et CuccaMais si l’on omet ce point, Pandamonia rempli complètement son rôle, une expérience visuelle superbe, avec des personnages érotiques pour ceux dont c’est le hobby. Bien qu’il ait de nombreux défauts, que ce soit dans le scénario ou dans sa mise en scène, je ne peux me résoudre à vous déconseiller de le lire. C’est joli, ça se feuillette aisément et ça n’est pas rebutant. Mais c’est tout de même dommage que le dessin de Vincenzo Cucca et la coloration de Mirka Andolfo ne soient pas utilisés à des fins plus nobles.

En attendant, il faudrait peut être expliquer aux scénaristes que panda et sex, ça fait trois.


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4 Comments, donnez votre avis !
  • Ramya a écrit le 3 août 2011 à 8 h 59 min:

    Je me suis fait pipi dessus en lisant le résumé de l’histoire, qui est d’un ridicule achevé (je me demande sincèrement comment on peut avoir ce genre d’idée).

    Personnellement, je passe mon tour sur ce genre de BD, je n’arrive pas du tout à faire abstraction d’un scénario et d’une mise en scène pauvre à l’aide de dessins superbes.

    C’est dommage que beaucoup de scénaristes ne pigent pas que même des œuvres à caractère érotique voire flirtant avec le pornographique (je ne parle pas de cette BD) ont BESOIN d’une histoire et d’un background solides pour rendre une œuvre réellement intéressante et marquante.
    Des fesses et des nichons, même bien dessinés et mis en scène, c’est aussi naze que les BD lambda sans bon scénario D:

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  • dabYo a écrit le 3 août 2011 à 13 h 31 min:

    @Ramya: ah j’ai eu du mal à l’écrire ce synopsis ! Dur dur de ne pas tout dévoiler tellement il y a à se mettre sous la dent, tu vois :D

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  • Serafina a écrit le 6 août 2011 à 20 h 58 min:

    Honnetement, je ne sais pas ce qu’a fumé le scénariste mais je pense que c’était sacrément de la bonne !

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  • otau68 a écrit le 18 décembre 2011 à 21 h 49 min:

    moi ca m’as plus…mais c’est bien trop court

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