Lire les romans policiers de Arnaldur Indridason fait partie de mes petits plaisirs, qui me replongent en Islande, dans ce pays que j’aime beaucoup. Cependant, peut être devrais-je parler au passé car malheureusement, cela fait un moment que je ne trouve plus mon compte dans ses romans. Que penser du dernier né « Ce que savait la nuit » ? On en parle après le synopsis.

Konrad est un flic à la retraite. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’ennuie. Alors quand un corps est découvert dans un glacier et réouvre un dossier criminel de plus de trente ans, le policier ne peut s’empêcher de s’en mêler.

Dans ce roman policier, on retrouve à nouveau le personnage de Konrad, le héros de la trilogie des ombres de l’auteur. Ce policier à la retraite est moins torturé que son héros précédent, Erlendur, et par là même aussi, plus fade. En effet, à la fin du roman, difficile de réellement cerner Konrad, et c’était d’ailleurs déjà le cas pour les précédents romans le mettant en scène. Et ce n’est pas l’histoire familiale dramatique à base de veuvage soudain qui rajoute du caractère au personnage.

Il faut dire que malheureusement, l’écriture d’Indridason n’est pas des plus émouvante. Le roman est très très court (350 pages environ, écrit gros), et les phrases sont simples, courtes et directes. Autant dire que des phrases du type « il est rentré, elle était morte » donnent une profondeur dramatique proche du néant absolu. De ce fait, l’histoire personnelle de Konrad m’a plus fait rire qu’autre chose, dans le sens ou elle est si peu intense, et semble obéir à une checklist. Policier solitaire ? Check. Deuil difficile ? Check. Vilaine maladie pas belle ? Check.

Soit. On lit avant tout un policier pour l’intrigue. Alors que vaut-elle ? Tout comme les précédents, difficile de cataloguer les romans d’Indridason comme des whodunit : impossible pour le lecteur de mener sa propre enquête, puisque les éléments sont révélés au fur et à mesure de l’enquête. On est donc baladé jusqu’au bout et on n’a même pas le plaisir de se dire « oui c’est sans doute machin, car il à fait truc ». On lit, et on se laisse porter. Autant dire que oui, c’est une lecture détente, plutôt pas mal dans l’absolu, qui se laisse lire sans être horripilante. Cependant, à aucun moment je n’ai ressenti d’envie de tourner rapidement les pages, le rythme reste lent et plutôt contemplatif.

Alors que reste-t-il ? Il reste l’Islande. L’héroïne des romans d’Indridason et la raison pour laquelle je les lis. On retrouve ce pays marqué par la grande crise, son climat difficile, ses histoires de famille et sa transformation sociétale d’une grande intensité. Lire Arnaldur Indridason permet de voyager dans les glaciers, dans ce pays froid mais pourtant chaleureux. Il parle de son pays avec beaucoup d’amour, et cela permet aussi de comprendre les évolutions qu’à vécu l’Islande. Mais c’est bien mince pour justifier les 350 pages laborieuses à base de personnage défini à la truelle et d’intrigue usant et abusant du Deus Ex Machina. Une lecture donc insipide, qui ne me laissera pas de souvenirs et que je déconseille.

Ce que savait la nuit de Arnaldur Indridason

Ce que savait la nuit de Arnaldur Indridason
4.4

Personnages

3/10

    Style

    5/10

      Rythme

      5/10

        Intrigue

        3/10

          Ambiance

          6/10

            Points positifs

            • - L'Islande
            • - Facile à lire

            Points négatifs

            • - Des personnages stéréotypés
            • - Une enquête qui abuse du Deus Ex-Machina
            • - Aucune tension, aucun suspens

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