Carmilla de Le Fanu Sheridan

Serafina dans Critiques, Livres le 22 janvier 2009, avec 6 commentaires
Critiques

Carmilla est un des ouvrages fondateurs du vampirisme littéraire que nous connaissons. Publié en 1871 par Sheridan, soit 26 ans avant le chef d’oeuvre de Stoker, Dracula, Carmilla met en scène pour la première fois en prose une femme vampire. Vampire qui ne se nourrit que de sang féminin. Là je suis sûre que vous sentez le coup venir. A l’époque victorienne à la fois si prude et si dépravée, le vampire avait un coté très sensuel, et très anti-conformiste. Ainsi le Vampire de Polidori corrompt-il les vierges avant de les mordre, Carmilla est, disons le honnêtement, lesbienne. Synopsis.

Carmilla de Sheridan Le Fanu

En Austrie, Laura vit avec son père dans un joli château un peu éloigné de tout. Quand par une étrange péripétie une étrangère se blesse sur leur terre, ils proposent de l’héberger le temps de sa convalescence. La jeune damoiselle, prénommée Carmilla, a tôt fait de se lier d’amitié avec Laura et leur relation devient de plus en plus intime au fur et à mesure qu’un étrange mal ravage le conté. Les habitants sont pris d’une étrange langueur avant de dépérir totalement. Il n’en faut pas plus pour que le mot vampire soit sur les lèvres des habitants.

Le récit est à la premiere personne, raconté par Laura bien des années après l’histoire. La jeune ingénue a un style très propre à l’époque (et au roman gothique en général). Le cadre est mélancolique, un peu mystique.  Un joli château, éloigné de tout, des autochtones pétris de leurs rites et de leurs superstitions, tout est réuni pour un cadre parfait aux déambulations d’un buveur de sang. Quant à la relation entre la blonde naïve et la brune voluptueuse, si elle est seulement suggérée elle en reste très sensuelle. Nul doute que cela ait crée un certain scandale dans les chaumières victoriennes. On est un peu comme dans un rève qui tourne peu à peu au cauchemar. D’ailleurs une bonne partie de l’histoire se déroule à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil.

L’histoire n’est pas très longue, une centaine de page, mais on est tout de suite pris au jeu, l’atmosphère est très bien retranscrite, ainsi que les découvertes progressives sur la véritable identité de Carmilla.  Ce personnage est d’ailleur le plus facinant du roman. A la fois morbide, languissante pour devenir tout d’un coup joviale et séduisante, elle est réellement la femme fatale faite vampire. Nul doute que le coté sensuel des vampires que nous connaissons aujourd’hui doit bien plus à Carmilla qu’à Dracula.


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6 Comments, donnez votre avis !
  • Vladkergan a écrit le 22 janvier 2009 à 21 h 06 min:

    Carmilla est en effet un ouvrage incontournable pour qui s’intéresse au mythe du vampire.

    En plus de précéder de près de 20 ans le roman de Bram Stoker, Sheridan le Fanu (encore un auteur irlandais) pose ici les bases du roman vampirique moderne : sa Carmilla est une jeune femme troublante issue de la noblesse.

    Le Fanu va ainsi plus loin que Stoker, en mettant davantage en scène les femmes que ne le fit son homologue irlandais. Car dans Carmilla, la victime comme le bourreau son en effet des femmes, même si la délivrance de Carmilla viendra d’un individu de sexe masculin. Le Fanu rattache également le mythe du vampire avec l’Europe de l’est.

    Pour qui s’intéresse aux vampires Carmilla est ainsi aussi culte par son rang de texte fondateur que par le style efficace et terriblement sensuel de l’auteur.

    Une autre chronique est accessible ici (plus axé sur le mythe du vampire) : http://blog.vampirisme.com/vampire/?50-le-fanu-joseph-sheridan-carmilla

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  • Livres lus en 2009 @ if is Dead a écrit le 1 février 2009 à 11 h 49 min:

    […] vampire de John William Polidori – Retour au Pays de Robin Hobb – H2G2 Tome 2, de Douglas Adams – Carmillia, de Sheridan le Fanu – Orgeuil et Préjugés, de Jane […]

  • Laetitia la liseuse a écrit le 4 février 2009 à 15 h 27 min:

    Je l’ai lu en janvier. j’ai vraiment l’atmosphère et la description des lieux, pas du tout lourde. Une très bonne novella. Par contre les protagonistes ne m’ont pas touché autant que je l’espérais.

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  • ABCédaire littéraire 2009 @ if is Dead a écrit le 24 mars 2009 à 16 h 13 min:

    […] De l’autre côté du miroir LU Dickens, Charles: Oliver Twist Elliot, George: Middlemarch Fanu, le, Joseph Sheridan: Carmilla Lu Goethe: Faust LU Hogg , James: The Private Memoirs and Confessions of a Justified Sinner Ibsen, […]

  • kao a écrit le 12 juillet 2009 à 5 h 31 min:

    Avec tes conneries de vampire lesbien dans ton résumé des recherches google, j’ai cliqué xD
    Mais le resumé est si allechant ( sans mauvais jdm ) que ca m’donne bien envie de le lire tiens.

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  • Taktak a écrit le 18 septembre 2009 à 4 h 26 min:

    Avec iiD on se couchera moins con ! :’D

    Dans la saison 2 de True Blood, il y a l’hotel Carmilla, je pige le clin d’œil now.

    Merci iiD \o/

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