Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Le comic où j'ai paumé la frontière entre gentils et méchants

illman dans Comic, Critiques, Livres le 16 mai 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Black Summer fait partie du triptyque sur les surhommes du scénariste Warren Ellis, qu’on ne présente plus. On retrouve au dessin Juan Jose Ryp avec lequel il collaborera plusieurs fois, notamment sur No Hero déjà chroniqué ici. C’est chez Milady Graphics en 2009 que nous est arrivé ce tome avec pour éditeur en version originale Avatar Press. Qu’en est il de cette production de mon scénariste préféré ? Direction le synopsis.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Quand on combat pour le bien, jusqu’où peut-on aller ? Il existe un groupe de défense civile composé d’êtres augmentés pour l’attaque, les Armes. Aujourd’hui, John Horus, l’un de ses membres, décide de rendre la justice en supprimant l’autorité suprême qu’il juge corrompue, il assassine le président des États-Unis. S’en suit une chasse à l’homme contre lui et ses anciens compagnons alors que les fantômes du passé ressurgissent.

On est donc face à une histoire de super-héros complexe qui dépasse le basique de la surenchère de what the fuck comme d’autres éditeurs savent le faire, Marvel par exemple. Comme à son habitude, Ellis réussit encore une fois à surprendre avec cette fable sur la justice et le bien. Fidèle à lui même, il y dénonce les maux de la société moderne sans pour autant être aussi incisif qu’il le sera dans d’autres de ces œuvres.Il lève ici des questions morales dont je suis bien loin d’avoir la réponse, et les réponses qu’apportent les différents personnages ne satisferont pas tout le monde. Et les personnages, leur passé, motivations, sont bien le point fort de Ellis.

Mettre en scène une équipe de super héros névrosés complétement addict à leur pouvoir, ou se réveillant d’un long séjour en compagnie d’une bouteille, n’est pas chose aisée. Mais Ellis va réussir à seulement mouiller les pieds dans le domaine des stéréotypes, et s’en tire plutôt très bien en centrant son récit sur une ancienne Arme, unijambiste et alcoolique mais qui cache bien son jeu et est plus complexe qu’il n’y paraît. Bien sur les autres personnages constituant cette équipe seront aussi développés, mais c’est forcément un peu succinct vu l’épaisseur du bouquin. L’auteur aura pour cela recours au traditionnel flashback pour nous en apprendre plus sur ses Armes, en gardant bien sûr quelques secrets qui feront divaguer les fans comme le destin de Laura, personnage absent mais au combien central.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp Planche

En ce qui concerne le dessin, Black Summer est antérieur à No Hero sorti la même année. C’est légèrement plus brut ici avec un niveau équivalent. Le dessin de certains personnages est un peu faibles dans certaines cases, mais rien de sérieux et ils sont loin d’être transcendants sur l’ensemble sans leur costumes, à part peut-être Tom Noir. On retrouve aussi la désagréable manie de Ryp de faire une sorte d’effet purée mousseline sur certains mouvements, c’est moche mais moins choquant que dans No Hero. L’histoire fait aussi la part belle à un déchainement de violence graphique qui fait que ce n’est pas encore pour toutes les mains, même si ça reste plutôt décent et pas trop gore par rapport à d’autres productions que j’ai vu passer ces derniers temps. Les scènes de baston sont fourmillantes mais sans être brouillonnes. Le sieur peine un petit peu sur sa mise en scène, j’ai trouvé le découpage et la dynamique de l’ensemble un peu fade, conventionnels. Les couvertures alternatives en fin de volume sont par contre de toute beauté.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp CouverturePour ce qui est de l’édition de Milady Graphics, elle est toujours très classe en softcover avec une couverture qui met tout de suite dans l’ambiance pour la suite de ses 192 pages. Au rang des ragots, une option pour une adaptation en film a été prise sur ce bouquin.

Black Summer propose peut-être l’une des plus faibles histoire scénaristiquement pour Warren Ellis, pas forcément soutenue par le dessin d’un Juan Jose Ryp pas au top. Cela n’en reste pas moins au dessus de la moyenne et j’ai pris grand plaisir à lire ce premier tome. C’est donc une valeur sûre comme la majorité du temps avec Ellis aux commandes.


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