Black-out, Blitz Tome 1, de Connie Willis

Marty, sors la deLorean !

illman dans Critiques, Livres le 18 janvier 2013, avec 8 commentaires
Critiques

Black-out de Connie Willis est une sortie d’août 2012 de Bragelonne, premier tome du diptyque Blitz. C’est un pavé de plus de 650 pages que nous permet de découvrir l’éditeur dans un genre historico-SF avec la seconde guerre mondiale en toile de fond. Le livre a eu droit à une certain battage médiatique à sa sortie et se trimbale une ribambelle de récompenses (Prix Locus, Nebula et Hugo). Le roman pour sa sortie française a été traduit par Joëlle Wintrebert. Pour la petite histoire, je me suis procuré le livre en numérique pour mon kindle pendant la seconde opération de promotion numérique Bragelonne, Opération 200k, qui s’est déroulé en septembre dernier. 0,99€ pour une sortie qui avait moins d’un mois, c’est plutôt la classe. Bref, trêve de bavardages, c’est l’heure de raconter notre histoire.

Black out de Connie Willis, Blitz Tome 1

Dans le futur, se contenter d’étudier les traces du passé est révolu pour les historiens. Quel meilleur moyen de connaitre les faits qu’en y étant ? Le voyage dans le temps est désormais possible et l’on va suivre plusieurs de ces historiens pendant une des périodes les plus sombres de l’humanité, la seconde guerre mondiale, que ce soit pendant Dunkerque, le Blitz et d’autres évènements majeurs de cette période.

Connie Willis

Connie Willis

De prime abord, c’est clair que ça ne sonne pas franchement nouveau comme idée des historiens qui voyagent dans le temps, c’est surtout le traitement et le rapport au voyage temporel qui diffère. Là où dans la plupart des livres ce genre de voyage serait marginal, issu de l’esprit d’un savant à moitié fou, ici cela fait partie intégrante de ce monde du futur et est considéré comme acquis. L’auteur ne vient pas nous assommer avec des théories temporelles alambiquées et se contente de nous livrer quelques règles au travers de points de divergence, des points importants de l’histoire, non modifiables. Ça a le mérite d’être assez simple et de ne pas  paumer le lecteur inutilement en lui laissant tout de même quelques pistes de réflexion.

Historiquement, c’est cohérent. Les lieux sont variés de la plaine cambrousse anglaise aux quartiers populaires, on retrouve bien une ambiance de guerre que j’ai jugé plutôt réaliste, s’appuyant sur le quotidien banal des civils pour une bonne part. Pour les parties dans le « présent », on ne sort pas de l’université d’Oxford qui garde un coté très mystérieux de par les descriptions plutôt chiches et l’absence de contexte actuel. Bref l’ambiance est un point fort de l’histoire.

Les personnages manquent un petit peu de profondeur du coté de nos historiens. Étant donné qu’ils ne sont pas réunis au début, ils ont chacun droit à des chapitres respectifs ce qui pour ma part a entraîné quelque mélange dans les noms. Le cast féminin est un peu trop uniforme, les personnalité ne sont pas suffisamment affirmées pour qu’on les différencie facilement. Au début en tout cas, la seconde moitié du roman étant un peu plus développée de ce coté là.

Black out de Connie Willis, Blitz Tome 1Un autre point qui m’a particulièrement fait râler à la lecture du livre, c’est l’extrême lenteur de mise en place de l’intrigue. Il faut bien plus de 300 pages pour qu’un élément vienne enfin perturber le train-train quotidien de nos historiens. Non pas que la première partie soit inintéressante, ceux qui ne connaissent pas grand chose de la seconde guerre mondiale apprendront quantité d’informations sur cette période, les autres attesteront d’un travail de recherche conséquent mais ne seront pas transcendés. Manque de bol, je suis dans la seconde catégorie. Par contre après ledit évènement, j’ai enfin accroché et le bouquin est devenu passionnant avec une fin de tome qui fait bien envie pour la suite.

Le style est clair avec beaucoup de dialogue et une mise en page aérée, sur la version liseuse en tout cas, ce qui apporte un certain confort de lecture. Au final, même si je regrette une certaine lenteur de mise en place et la faiblesse des personnages, Black-out de Connie Willis est de bonne qualité, avec une intrigue qui laisse le lecteur pensif et surtout qui le pousse à vouloir le tome suivant s’il a persévéré. Merci Bragelonne de m’avoir permis de donner à manger à mon Kindle.


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8 Comments, donnez votre avis !
  • Le Chro a écrit le 18 janvier 2013 à 9 h 41 min:

    (Attention, hors sujet de ma part, préparez vos matraques :-) )
    J’avais loupé l’opé 200k. Vu que, oh bonheur, ils remettent ça pour les 300k du 18 au 20 (ce week-end quoi), une chtite question: est-ce que les titres de l’opé 100k étaient au catalogue du 200? Pour savoir si je vais pouvoir me rattraper par rapport à celle que j’ai loupé avec celle qui arrive ^^

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  • illman a écrit le 18 janvier 2013 à 9 h 49 min:

    Il y’avait une grande partie en commun, je ne sais pas s’il y’a tout eu par contre. Pour l’opération 300k faut faire gaffe, les bouquins ne sont pas les même sur les 3 jours.

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  • Le Chro a écrit le 18 janvier 2013 à 9 h 52 min:

    Ah? C’était pas dit dans le mail que j’ai reçu, roh les vils fourbes ^^ Merci de l’info!

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  • dabYo a écrit le 18 janvier 2013 à 9 h 56 min:

    @Le Chro: il me semble qu’il y’avait bien ceux du 100k que l’on avait sélectionné

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  • illman a écrit le 18 janvier 2013 à 10 h 06 min:

    Je viens de regarder, Blackout n’est pas prévu pendant l’opération. (et le prix normal pique 13€)

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  • Le Chro a écrit le 18 janvier 2013 à 13 h 58 min:

    Euh… 13€ pour le format numérique? Tu plaisantes? (Va voir en vitesse) Oh les fêlés… Enfin bon c’est malheureusement pas la première fois depuis le peu de temps que je m’intéresse aux livres numériques que je constate qu’ils craquent leurs slips niveau prix… Franchement oser vendre un format numérique plus cher qu’un poche c’est n’importe quoi.

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  • illman a écrit le 18 janvier 2013 à 14 h 08 min:

    D’un autre coté Black-out n’est pas disponible en format poche et coûte 24€ dans son format broché. Personnellement je ne mettrai jamais autant dans un bouquin numérique mais pour quelqu’un qui ne serait pas attaché à l’objet livre, ça reste raisonnable si on a vraiment envie de le lire.

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  • Le Chro a écrit le 18 janvier 2013 à 15 h 00 min:

    Mouais… Disons que ce qui « m’indigne » c’est de faire payer autant quand ça leur coûte aussi peu. Quand il n’y a pas de support non seulement il n’y a aucun frais d’édition (papier, impression, brochage, etc.) mais en plus il n’y a pas de frais de stockage, pas de transport / livraison… Tout ce qui pourrait justifier le prix en dehors de la marge et des frais d’auteurs n’existe plus (sauf peut-être une charge d’hébergement qui ne doit pas voler bien haut).

    Après, vu que j’ai été vérifié un peu le détail des droits d’auteur, il semble bien que ce n’est pas un fixe par livre comme je le soupçonnais mais bien un pourcentage sur le prix de vente. Du coup, tant qu’il est en grand format l’auteur gagne plus sur chaque livre vendu que lorsqu’il est en format poche. Pour ne pas léser les auteurs il faut donc que le livre même numérique ait un prix de vente conséquent tant que le poche n’est pas sorti. Pour un certains nombres de raisons je soupçonne que c’est surtout du gros beurre sur les épinards éditoriaux, mais disons que ça pourrait se justifier.

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