22-11-63 de Stephen King

dabYo dans Critiques, Livres le 18 octobre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Quand on est marqué par certains livres on a très envie que d’autres le lisent, et c’est comme ça que Serafina a fini par me convaincre de me lancer dans la lecture de 22-11-63 de Stephen King. Le roman de l’auteur best-seller frôle les 1000 pages et était sorti il y a près d’un an pour l’anniversaire de l’assassinat du président Kennedy à Dallas. Tout juste édité en poche par Le Livre de Poche, il était donc temps que je me lance. Synopsis.

22-11-63 de stephen king

Jake Epping est un américain enseignant l’Anglais au lycée à la vie toute ordinaire (divorcé, ex-femme alcoolique, pas d’enfant) et ce qu’il y a de plus banal pour l’Amérique profonde. Mais voilà, c’est sans compte ce que son « pote » Al Templeton va lui faire découvrir dans l’arrière salle de son bouiboui. Car si les burgers d’Al sont si peu chers, ce n’est pas parce qu’il s’agit de viande de chat comme le veut les rumeurs, mais tout simplement parce qu’il se se fourni en viande en 1958. Et tout le monde sait que la viande était franchement moins cher en 1958.

C’est donc de retour dans le temps que le roman de Stephen King traite. La couverture, la quatrième couverture et le titre du roman ne laissent aucun doute sur l’intrigue générale du roman: comment Jake en retournant dans le passé va-t-il bien pouvoir sauver Kennedy et l’empêcher d’être assassiné par un certain Oswald. Tout un programme en effet, qui pourrait être traité de bien des manières, politique, espionnage, fantastique, on en passe des vertes et des pas mures.

Stephen King

Stephen King

Là dessus, il faut bien avouer que Stephen King a un certain côté Stephen King: c’est à travers des personnages de l’Amérique profonde que l’on va vivre toute cette aventure. Jake, le héros, évidemment, mais aussi Al, Saddie et d’autres personnages hauts en couleurs, du passé ou du présent, qui vont faire irruption dans notre histoire et qui ont souvent été marqués par une vie pas franchement facile.

A la base, je dois bien avouer que je m’attendais à une Aventure, celle avec un grand A, comme Aventure et aussi comme Action. Mais c’est sur les personnages et leur psychologie que nous allons nous concentrer. Le roman va en effet tout autant traiter de l’histoire de l’Amérique, de cet assassinat soudain et cruel, que de notre personnage principal et de ses émotions. Comment passe-t-on plusieurs années dans le passé ? Peut on se contenter d’attendre des années en se tenant à l’écart de la société de l’époque ?

En effet, si notre héros débarque autant d’années avant l’assassinat (5), ce n’est pas pour rien et Stephen King va en profiter. Pour dépeindre l’Amérique de l’époque, pour dépeindre les tragédies de la vie aussi. On va retrouver de nombreux thèmes chers à l’auteur, des motifs qu’on retrouve fréquemment dans ses romans et qui l’obsèdent. L’alcool évidemment, vous vous en doutez, les drames familiaux, les colères subites dont les traces restent indélébiles, la violence « banale » de la société en somme.

Nous allons voyager avec le personnage. A nous la découverte de l’Amérique des années 60. Je crois que je n’ai que rarement autant ressenti le dépaysement avec un livre. J’avais vraiment l’impression d’y être, bien plus qu’en regardant un film sur l’époque. J’étais avec Jake dans sa belle caisse qu’il a acheté pour une poignée de dollars américains. Je découvrais l’Amérique de la ségrégation, les esprits encore complètement opposés à l’égalité raciale, où les blancs avaient droit aux toilettes confortables tandis que les noirs devaient se contenter de la rivière.

22-11-1963

Le tout avec un fil rouge, celui du temps et une théorie: ce dernier ne souhaite pas être changé. C’est un aspect très important du roman sur lequel Jake, qui narre son aventure à la première personne, va insister à de très nombreuses reprises. Parfois un peu trop je trouve, comme si le fait de le répéter allait créer l’effet scénaristique, alors que c’est plutôt les péripéties qui devraient le s’en charger.

Au rayon des reproches, on pourra tout de même citer la fin. Car le roman est vraiment bon, et malgré qu’il ne relate qu’une vie au quasi jour le jour d’un type tout à fait banal (bon, il est dans le passé quand même), il est passionnant du début à la fin. Stephen King arrive à rythmer ses chapitres malgré une histoire qui, objectivement, ne l’est pas franchement. Elle traite de la vie de tout les jours, et pourtant, on est captivé. Il y a du coup quelques paroxysme où la tension dramatique et émotionnelle est vraiment très haute.

22-11-63 de stephen kingMais du coup, la fin, sans doute l’aspect le plus difficile à écrire, m’a vraiment laissé sur ma faim. Avec un tel déroulement, il fallait une fin d’un haut niveau et ce n’est clairement pas ce que j’ai pu lire. La fin m’a fait l’effet d’une sorte de soufflé, sans tension aucune, ce qui après plus de 900 excellentes pages est quelque peu frustrant. Dommage, vraiment, car l’auteur avait entre ses mains de nombreuses façon de terminer son roman et de mettre à son lecteur un dernier coup dans la gueule.

Avec son style agréable à lire, une intrigue de qualité qui exploite de façon intéressante les principes du voyage temporel, ce roman de Stephen King est un très long et très agréable voyage dans l’Amérique de l’époque. On est dépaysé au fil des pages, on vit au pays de l’oncle Sam pendant de très longues pages et c’est un réel plaisir. Bien que déçu par sa fin que je n’ai pas trouvée à la hauteur, 22-11-63 reste une perle que je ne regrette pas d’avoir lue, qui vous marque et que je recommande chaudement.


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