Après avoir lu Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos, et vu mon amour pour le Black Metal old school, il était logique que je regarde le film-documentaire Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell sorti en 2009 aux États-Unis, et en début d’année 2010 en international. Ce documentaire traite lui aussi des origines du Black Metal, en Norvège notamment, mais aussi des dérives plus ou moins douteuses qui ont marqué le mouvement. Les églises brulées quoi.

Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Le documentaire se centre très clairement autour de deux personnages : Fenriz de Darkthrone et  Varg Vikernes de Burzum. Ces deux figures importantes du mouvement interviennent à de nombreuses reprises dans le documentaire, et sont plutôt bien choisies pour montrer les deux visions totalement opposées du Black Metal. Le premier se clame apolitique, se consacre à sa musique et c’est tout (la clope et la binouse aussi) tandis que Varg affiche clairement des opinions politiques extrêmes.

En toute honnêteté, j’ai cependant du mal à voir réellement quelle est la cible du documentaire, pour les fans, il n’y a rien de bien nouveau. Bon, Fenriz est un gars fun et charmant, et on aime bien l’entendre parler et se foutre de tout mais ce n’est pas nouveau. On aime bien les délires de Varg mais là aussi rien de nouveau. Par contre, à l’opposé, les faits et le genre sont présentés très très succinctement, et je pense que les néophytes n’ont pas les clés pour comprendre réellement de quoi cela parle.

Fenriz dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Fenriz de Darkthrone

Le récit est lui assez décousu, à peu près aussi embrumé que l’esprit des deux protagonistes. Alors certes, on ne peut pas attendre d’un documentaire la clarté d’une encyclopédie, mais quand on compare au très bon Le metal expliqué à ma mère il n y a pas photo… On passe d’un artiste qui peint des métalleux à Varg qui nous parle de comment il aime ses cornflakes pour finir sur un squat à Oslo où Fenriz a acheté un dictaphone pour 10 couronnes …

Contrairement au roman Le Black Metal Satanique: les seigneurs du chaos, j’ai trouvé le documentaire plus orienté. En effet, il n’y a pas réellement de discours contradictoires et le reportage ne présente qu’un seul son de cloche sur pas mal de points. Alors il y a certes une petite apparition d’Abbath et Demonaz d’Immortal qui portent un regard un peu plus externe et neutre sur certains événements, amenant un autre son de cloche, mais d’une manière générale, les dires des protagonistes principaux ne sont pas contredits.  On pourra aussi reprocher le fait qu’il manque quand même pas mal de sujets et de groupes fondateurs dans sce documentaire. Les bonus du DVD compensent un peu sur ce point en proposant de plus longues interviews.

Varg Vikernes dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Varg Vikernes en prison pour le meutre de Euronymous

Cela reste cependant un document agréable à regarder pour la fane de Black Metal que je suis, avec un bon nombre de vidéos d’archives (pas d’inédits cependant), et d’époque. Outre les documents, le film se repose beaucoup sur les épaules de Fenriz qui est bien souvent drôle, mais qui parfois, nous fait part d’analyses pas bêtes du tout sur l’environnement qui a vu naitre le Black Metal, la Norvège et son confort, le comparant à l’art bourgeois et décadent de la fin du XIXème. Et bien évidemment, vous vous en doutez, la BO est juste géniale.

Au final, Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell est un documentaire sympathique si vous appréciez le genre, mais qui ne vous apprendra pas grand chose (hormis que Varg aime ses cornflakes crispy et pas Fenriz) mais qui se regarde. Si vous n’êtes pas forcément familier avec le genre et les protagonistes, c’est sans doute instructif, mais attention à bien prendre des pincettes.


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