My Boss, My Hero de Mika Omori

dabYo dans Films, Séries le 21 octobre 2015, avec 1 commentaire

Après une phase de visionnage intensif de films Bollywood nous sommes repartis sur une autre particularité géographique qui n’a rien à envier aux États-Unis, celle des Drama asiatiques. Je vous parlais de Nihonjin no Shiranai Nihongo il y a quelque temps, c’est maintenant au tour d’une autre série récente mais déjà culte: My Boss, My Hero. C’est 10 épisodes de 50 minutes diffusés en 2006 sur le réseau Nippon TV, il s’agirait d’un remake du film coréen My Boss, My Teacher, lui même séquelle d’un autre film coréen, My Boss, My Hero. Comme d’habitude, c’est incompréhensible pour les néophytes, mais heureusement on a pas eu besoin de comprendre le contexte pour l’apprécier, synopsis.

My Boss My Hero

Makio Sakaki est un yakuza de 27 ans, respecté de tous, fils du parrain des Sharp Fang, une organisation mafieuse originaire du Kansai. Il a tout pour reprendre les rennes des Sharp Fang et devenir le troisième boss de l’organisation. Mais voilà, quand on arrive pas à savoir si trente est au dessus ou en dessous de dix-sept, il peut devenir délicat de mener des négociations de prix. Exaspéré par la stupidité de son fils, son père le deuxième boss met une condition à sa succession: il doit d’abord passer un an au lycée et obtenir son bac.

Il suffit de lire le synopsis pour comprendre qu’on est là face à une histoire typiquement japonaise qui a tout du bon Shojo de derrière les fagots. Sakaki-kun a 27 ans mais va devoir se faire passer pour un lycéen normal, les yakuzas étant là bas complètement refusés par la population. Si son identité venait à être découverte, alors il n’aurait pas son diplôme, si il ne pourrait pas devenir le boss. Or si il y a bien quelque chose que veut Sakaki dans la vie, c’est de devenir le boss. Pourquoi ? Il ne sait pas trop, il est idiot ! La série utilise évidemment ce point en premier afin de se lancer et d’être drôle pour captiver son audience. Et c’est un pari réussi puisque dès le premier épisode c’est très drôle et les situations complètement absurdes qu’entrainent un yakuza camouflé dans un lycée sont géniales.

my boss my hero dance

Si Sakaki arrive en retard le matin, il est obligé de faire la danse de la bonne humeur

Forcément, Sakaki est une vraie brute dans sa vie de gangster, mais face aux petites choses de la vie, c’est encore un enfant de 10 ans qui ne sait pas toujours comment réagir. Sa maturité émotionnelle est proche du néant et on va le voir murir tout au long de la série. Mais en attendant, que faire quand on se fait racketter et qu’on ne peut pas utiliser sa vraie force sous peine de ne pas avoir son diplôme ? Comment fumer en douce ? Qu’est ce qu’un lapin et pourquoi Sakaki n’arrive-t-il pas à l’attraper ? Mais surtout: comment écrire son prénom ?

Si le Drama met l’accent sur l’aspect comique des situations -et dieu sait que c’est vraiment très réussi-, il y a derrière cela des vraies thématiques de société. La première d’entre elle est sans doute l’échec scolaire et l’exclusion sociale que cela provoque. Sakaki est un idiot, ou en tout cas, il est tellement persuadé de l’être qu’il n’arrive plus à trouver la motivation pour tenter de comprendre. Et évidemment, plutôt que de l’aider la réaction naturelle de sa classe -où il faut absolument réussir les examens pour entrer en université- va être de le railler, le ridiculiser, et jamais de l’aider. Ces moments sont très déstabilisants en tant que spectateur. Très durs aussi.

my boss my hero sakaki

La vente de pudding est sacrée !

La thématique des yakuzas est elle aussi largement traitée, on pourrait en effet croire que la série les mets en avant, il faut dire qu’ils sont bien habillés et ont l’air très cools. En tout cas, au début. On s’en doute évidemment, il y a là une petite morale qui laisse tout de même à réfléchir sur comment ils sont devenus ces rebuts de la société, obligés de régner par la violence et souvent sans autre issue. C’est plus subtil que l’échec scolaire, mais c’est bien là en fil rouge. Sans être idéaliste, My Boss, My Hero laisse bien à réfléchir sur le sujet et surtout ne va pas éviter de l’aborder. On met les pieds dans le plat avec des épisodes très durs sur le sujet où la cruauté de la vie et des situations va nous déchirer. Pour le coup, c’est bien un drame. Même si la réalité des mafieux est tout de même édulcorée.

La sauce ne prendrait certes pas si les personnages n’étaient pas aussi bien écrits, mais le jeu des acteurs est aussi là pour leur rendre hommage. On est ici loin des stéréotypes qu’on avait pu avoir concernant les Drama, Tomoya Nagase qui joue notre héros porte sur ses épaules une grande responsabilité dans la qualité du tout. Son jeu est vraiment génial, passant du comique au tragique sans difficulté. Avec ses expressions bizarres du visage, on a presque l’impression de se retrouver dans un manga. Les deux lycéens principaux sont bien joués mais aussi beaucoup plus classiques. Enfin, petit coup de cœur, le jeune yakuza qui n’a d’yeux que pour son maitre est joué par un très bon Koki Tanaka.

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A la fois drôle et dramatique, My Boss, My Hero vous prend aux tripes de très nombreuses fois. Cette série a le don de faire passer son audience du rire aux larmes en très peu de temps, avec cette boule au ventre si caractéristique des situations qui ne peuvent que se terminer mal. Parmi les 10 épisodes il n’y a pas de temps mort et on regretterait presque que cela se termine si vite. Un Drama qui ne peut d’ailleurs que plaire aux fans de Great Teacher Onizuka qui peut certes y faire penser mais ne tombera jamais dans la copie ni l’imitation.


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  • Cyrielle a écrit le 21 octobre 2015 à 10 h 25 min:

    Eh beh moi je mets tout de suite ça de côté :D En grande fane de GTO c’est impensable de ne pas regarder :D Merci pour l’article !

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    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?