Le bon, la brute et le truand par Sergio Leone

Serafina dans Critiques, Films le 1 juin 2009, avec 10 commentaires
Critiques

Après l’échec d’Impitoyable, il me fallait taper fort pour convertir dabYo au Westerns. Quoi de mieux que le meilleur Western de tous les temps pour cela ? C’est ainsi qu’après de nombreux messages subliminaux j’ai réussi à lui faire voir Le bon, la brute, et le truand.

Le bon, la brute et le truand (The good, the bad and the ugly en V.O.) est un film de Sergio Leone sorti en 1966, il s’agit du troisième épisode de la Trilogie du Dollar bien que chronologiquement parlant il se situe avant les deux autres. De toute manière la cohérence n’étant pas le point fort de cette magnifique trilogie, il n’y a pas réellement d’ordre pour les regarder.

Le bon la brute et le truand

Ce film se déroule donc dans l’ouest américain, durant la guerre de Secession. Comme vous vous en doutez, il y a trois héros: Tuco (le truand), Blondin (le bon) et Sentenza (la brute). Les trois sont à la rechercher d’un chargement d’or qui a été dérobé et serait enterré dans un cimetière. Tuco connaît le cimetière, Blondin la tombe, Sentenza lui ne connaît rien au départ mais est bien décidé à trouver l’or. Les deux ont donc besoin l’un de l’autre, mais ils ont aussi des comptes à régler (surtout Tuco envers Blondin en fait) ce qui amène une relation très tendue entre les deux personnages mais aussi ce qu’on appellerait dans les réseaux de Pétri un point de tangence. Si l’idée est intéressante, elle met quand même un certain temps à se révéler comme ligne directrice du film. La première partie est plus une présentation relativement longue des personnages et de leur relations.

Toujours est il que le trio fonctionne bien, très bien même. Il doit énormément aux acteurs il faut le reconnaître, et surtout à un certain Clint Eastwood qui interprète ici Blondin, un chasseur de prime arrogant, flegmatique et taciturne, bref absolument classe. Sentenza joue à merveille le saligaud méchant et sans scrupule, il s’agit d’un mercenaire, d’un professionnel et prêt à tout. Seul Tuco reste un peu en retrait, servant plus de faire valoir aux deux autres. Il faut dire que Blondin et Sentenza partageaient déjà la vedette dans l’épisode précédent (qui se déroule après !) Et pour quelques dollars de plus….

Bien évidemment, de bons acteurs, ce n’est rien sans une bonne réalisation. Et là nous n’avons pas de bonne réalisation, mais une excellente réalisation. Sergio Leone était un grand metteur en scène, ses personnages sont très fouillés, il n’y a au final aucun noir ou blanc, même Blondin qui apparaît au départ sans cœur, se révèle finalement plus sensible qu’on ne le croirait lorsqu’il visite un camp Nordiste. La guerre est un sujet important dans le film et les deux compères que sont Blondin et Tuco la trouvent stupide et sans but. La mise en scène de la guerre la rend stupide et sans but, ce qui est probablement le message que Leone voulait transmettre.

Le bon la brute et le truand

Malgré la gravité des sujets abordés,  l’humour est très présent. Nous sommes dans un western spaghetti, ne l’oublions pas.  Que cela soit l’absurdité de certaines scènes (telles que Tuco dans la baignoire, la piste des cigares, l’apothéose étant l’histoire du pont) ou encore les remarques acerbes de Blondin, le film n’a pas l’air de se prendre au sérieux. Les dialogues sont très forts, et même aujourd’hui, 40 ans plus tard, certaines répliques sont restées cultes : Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses !.

Et encore, je ne parle pas des plans ! Leone avait une manière de cadrer relativement particulière. Vous savez les gros plans sur les yeux devenus clichés des Westerns ? Eh bien on les lui doit. L’utilisation de la plongée et de la contre-plongée est très fréquente et permet de dynamiser des scènes qui pourtant sont totalement statiques. Évidemment, le clou de ce dynamisme n’est autre que la scène dite du trio. Cinq minutes de face à face totalement immobile, des plans de plus en plus courts et de plus en plus serrés, permettant d’arriver à une tension rarement atteinte depuis. Et évidemment le tout sur l’air de Il triello de Ennio Morricone, un des plus grand compositeur du XXème siècle qui signe ici l’une des B.O. les plus reconnaissables de sa carrière.

La musique d’Ennio Morricone a sans nul doute joué un très grand rôle dans le succès de ce film. Une ligne directrice originale et très facilement identifiable, déclinée en des tonalités aussi différentes que possibles pour coller soit à une course poursuite, soit à un passage d’espionnage, soit à une course effrénée parmi les tombes.

Le bon la brute et le truand

Au final, Le bon la brute et le truand est pour moi le meilleur Western, vous le savez. Si vous ne deviez en voir qu’un, voyez au moins celui ci. Laissez vous porter par la bande son, et par le flegme de Blondin. Pas d’effets spéciaux, pas de grosse action, non loin de là. Le film date de 1967 et pour faire exploser un pont, on le faisait vraiment exploser, pas de trucages numériques. Il en ressort un coté peut être désuet mais bien plus réaliste et simple qu’un film américain actuel. Même si il y a eu les moyens financiers, il ne faut pas oublier que les décors restent relativement simples, ils servent de support et c’est tout. Mais d’un autre coté nous sommes dans l’ouest américain, donc ça ne choque pas du tout. Les dialogues ne sont pas toujours synchros ce qui est du a de nombreuses raisons, mais majoritairement parce que le film fut tourné en beaucoup de langues. Anglais pour les acteurs principaux, Italien ou Espagnol pour les second rôles et sur le plateau on parlait français. Tout a donc été redoublé quelques mois plus tard.

Toujours est-il que le film fut un immense succès. Il généra plus de 25 millions de dollars, un résultat encore jamais égalé par un réalisateur européen. Le film est très régulièrement cité lors des rétrospectives les meilleurs films de tous les temps. Bref vous devez le voir.

Enfin, sachez que ce film fut une inspiration majeure, notamment pour Stephen King qui commença à écrire le premier volume de la Tour Sombre: le Pistolero après avoir vu Le bon, la brute et le truand. Enfin, ceci dit, son Roland n’arrive même pas à la cheville de Blondin.


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10 commentaires, donnez votre avis !
  • mili-chan a écrit le 1 juin 2009 à 11 h 48 min:

    kkkiiiaaaa *cri histérique*

    j’adorece film, je suis pasparticulièrement fan de westerna la base, mais celui la.
    J’adore, que ce soit la réalisation, l’histoire, les acteur tout
    Et puis bien sur la musique… on ne peu pas passer sur ce point… Morricone est trop fort sur celui la.

    Enfin bon j’espère juste que ton chéri a aprécié

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  • Got a écrit le 1 juin 2009 à 12 h 01 min:

    Justement sur « le meilleur » je me demande si le fait que Tuco soit à moitié là pour rien ne blesse pas un peu le film. Enfin il joue son rôle dans l’histoire quoi. Blondie (The Man with No Name) devient cette fois contrairement à « For a Few Dollars More » le personnage central, (je dirais que dans FaFDM c’est Sentenza voire partagé).
    Niveau histoire j’ai préfèré FaFDM, même si le film parait plus long à regarder au milieu quand l’action est au plus bas. La bande son, rien à redire biensûr, de Morricone (« Once upon a Time in The West », « The Professional », « Sacco & Vanzetti ») avec son main theme entrainant que tout le monde connait sans parfois savoir d’où il vient. Je garde encore une fois une préfèrence pour FaFDM et « son Sixty Second to What » (le morceau avec le carillon, objet qui tient d’après moi un grand rôle dans le film).
    Donc la meilleure trilogie de western ever.

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  • Serafina a écrit le 1 juin 2009 à 12 h 07 min:

    @Mili haaan tu as décidement des gouts teès proches des miens *_*/Sinon, oui dabYo a aimé, meme que ca l’a convaincu que le genre pouvait être bon

    @Got’, haan dabYo a a peu pres le meme avis que toi (il prefere aussi FaFDM..). Tuco ne sert que de faire valoir, mais il n’y a pas de scenes aussi « whoah’ que celle du cimetierre dans FaFDM, et puis y’a moins de Blondin aussi.
    Bon, plus serieusement, j’aime les trois, mais ma préference va au Bon, la brute et le truand.

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  • dabYo a écrit le 1 juin 2009 à 12 h 22 min:

    J’ai aimé ouais \o/

    Par contre la scène finale est aussi naze que celle d’unforgiven, vraiment ça vaut pas un clou. Même celle de FaFDM est meilleure :o

    Sinon +1 avec Got, FaFDM est vraiment le meilleur. Tucco fait vraiment vraiment trop tâche ici, alors que Sentenza est classe dans FaFDM.

    De plus y a pas mal de massage du bon la brute etc qui ne servent strictement à rien et qui ne sont vraiment pas intéressants je trouve.

    Bref un bon film, surtout parce qu’il m’a fait voir FaFDM \o/

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  • mili-chan a écrit le 1 juin 2009 à 12 h 44 min:

    @Seraph
    je me dit ça aussi depuis quelques temps
    c’est pas pour rien si je vien ici chercher des idée quand j’ai plus rien a lire
    au passage faut que tu lise le Anita Blake 5 (si c’est pas déja fait), un il ratrape bien le 4 (enfin a mon avis) deux on y retrouve larry et trois un personnage s’apelle Seraphina ça m’as bien fait rigoler… surtout que le perso risque de te plaire je pence

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  • Serafina a écrit le 1 juin 2009 à 12 h 59 min:

    …. Je crois que je vais donc revenir avec un livre de plus de ma sortie en ville cet aprem XDD (han une Seraph *_*’)

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  • Got a écrit le 1 juin 2009 à 13 h 45 min:

    @Seraf, faux. Le duel de fin de FaFDM est tout à fait époustouflante du point de vue cinéma ET sentiment, l’intervention de The Man With No Name change la donne.

    @dabYo, dans FaFDM l’avantage de Sentenza c’est son côté « old school » (point de vue Western) que j’aime particulièrement quand il tire sur The Man With No Name pour que son histoire d’embuscade parraisse plus « vraie ».

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  • Serafina a écrit le 1 juin 2009 à 13 h 48 min:

    hmmm oui mais la scene du cimetierre ce n’est pas seulement un duel a trois, c’est ce coté virevoltant au milieu des tombes tout ca. Meme si je trouve le triangle plus fort que le final de FaFDM, c’est une question de ressenti je te l’accorde.

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  • nicolasdex a écrit le 9 août 2009 à 8 h 42 min:

    Pour moi c’est le meilleur film que j’ai vu. Je ne suis pas d’accord quand tu dis que Tuco (Eli Wallach) à un rôle secondaire. Au contraire le film a été tourné « autour » de lui. Voir d’ailleurs les explication dans le bonus du DVD. Ca se voit que c’est lui le personnage central.

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  • Jeronimo a écrit le 4 août 2010 à 14 h 31 min:

    Je suis entièrement d’accord avec tout ce que vous dites *___*

    Ce film est le meilleure Western, le « gentil » pas trop gentil parfait avec Eastwood et le méchant bien méchant trop parfait, lee van Cleef (ou un nom du style)qui sont tout les deu sans aucun doute dans le top 10 des hommes avec le plus de classe au monde :D

    Si on y ajoute Ennio Morico, ca ne pouvait être qu’un chef d’oeuvre. Bref, ce film pourrait être WAS !!

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