Tout le monde se moque de moi depuis que j’ai fait une chronique d’un jeu de simulation de camions, mais tout le monde semble oublier avec quoi j’ai commencé sur ce site: Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. Un roman graphique dont on a beaucoup entendu parler il y a quelques mois, suite à la sortie du film La vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2 dont il est librement inspiré. Je reviens donc aujourd’hui à mes premiers amours en vous livrant la chronique. Synopsis.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

L’histoire se centre autour du personnage d’Adèle, une jeune fille qui va au lycée, est relativement bonne élève, qui a des amies, et des garçons qui lui tournent autour. La vie classique d’adolescente. Sauf que quelque chose cloche, mais elle ne parvient pas à mettre le doigt dessus. Un jour, alors qu’elle traverse la rue, elle croise le regard d’une jeune femme aux cheveux bleus, et à partir de cet instant, elle ne parviendra plus à penser à autre chose. Une histoire qui nous conte l’amour, la découverte, l’affirmation, et le passage à l’âge adulte.

Réalisé par Abdellatif Kechiche, il est sorti en 2013 et a reçu la Palme D’or du Festival de Cannes de cette même année. Les deux interprètes principales sont les françaises Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, il y a aussi des seconds rôles comme par exemple Jérémie Laheurte, mais très clairement, on les oublie vite et ils ne font office que de décor.

Le film se veut réaliste au possible, et ça fonctionne. Les ados parlent mal, mangent la bouche ouverte, on s’y croirait. Un peu trop même, c’est souvent assez écœurant, très vite, vous maudirez les pâtes bolognaises. Sur le papier notre histoire devait traiter de la découverte de soi, mais en pratique, le film m’a semblé être une succession de scènes qui racontent vaguement une histoire, et bourré de plans parfaitement inutiles (du genre ceux où Adèle dort), et entrecoupées assez fréquemment de scènes d’amour.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

Nombre des scènes du film m’ont laissée perplexe de leur prétendue utilité. Alors oui, si on commence à sur-analyser, elles ont quasiment toutes une utilité. Mais certaines sont plus évidentes que d’autres. Pour les besoins de la chronique, j’ai commencé par prendre des notes pendant que la lecture continuait, et j’ai fini par arrêter d’en prendre, parce que c’était parfaitement inutile. Le film en fait des caisses pour justifier son côté « on est un film sérieux nous », mais ça ne fonctionne pas. Du moins, pas sur moi.

Je voulais tout de même faire un petit point sur les scènes « d’amour », je ne peux pas en dire tout ce que je voudrais, sinon dabYo va me censurer, donc je vais rester soft. Il n’y a que 3 scènes du genre qui sont justifiées, les autres sont tout simplement gratuites. Sans rentrer dans les détails un peu sal(ac)es, ce n’est pas crédible une seule seconde. Je ne sais pas qui a chorégraphié ces scènes, mais il n’y connaissait rien en amour lesbien (Des ciseaux ? Vous êtes sérieux là?). Ça dépasse largement la frontière du dérangeant, outre l’absence de nécessité des scènes, il n’y a pas la moindre bande son, juste leurs voix à elles. Et l’une de ces scènes fait 6 min 15 (j’ai chronométré), c’est beaucoup trop. Ce qui est au départ vaguement émoustillant finit vite par nous faire nous sentir mal. J’ai même du baisser le son de peur que mes voisins puissent penser que je regardais un film pour adultes. Bref, ça devient très vite une surexposition froide et crue de fesses et de seins. C’était vraiment pas obligatoire.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

Est-ce que le film est réellement une adaptation de Le bleu est une couleur chaude ? Je dirais que non. Ce fut probablement une source d’inspiration, mais ils ont retiré l’âme de l’histoire, jusqu’au titre et aux noms de certains personnages, en passant par la fin. De toute façon dès qu’un film estampillé gay est encensé par la critique, c’est souvent une bouse infâme, je me rappelle avec douleur de Brokeback Moutain, j’ai rarement vu un film aussi chiant.

Pour finir, j’ai une petite pensée pour ceux qui ont claqué 10€ pour voir ça au cinéma. Non parce que, 3h tout de même, fallait se les enquiller. A choisir, investissez les plutôt dans Le bleu est une couleur chaude, qui lui est de qualité.


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