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…is Alive ! de Snowy Shaw

Serafina dans Critiques, Musique le 18 janvier 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Snowy Shaw est un mercenaire, un multi-instrumentaliste dont la liste de groupes avec lesquels il a collaboré est longue comme mon bras. Et pas n’importe quels groupes, entre autres, King Diamond, Mercyful Fate, Dream Evil, Dimmu Borgir, Deathstars et bien sur Therion. L’année dernière, il a fait une sorte de show dédiée à sa propre gloire où il joue sur scène un peu de tous les groupes auxquels il a participé. Le show a été enregistré et vient de sortir en album sur Spotify, iTunes, et autres services de dématérialisation. Servi par une très belle cover de All Things Rotten, une sortie physique en vinyle est envisagée, mais je n’ai pas d’informations dessus.

Plusieurs artworks de All Things Rotten sont disponible sur son DeviantArt en très bonne qualité

…is Alive ! se compose donc de 18 morceaux, le 4ème étant juste parlé, de groupes différents avec divers guests. Une sorte d’ego-trip, une rétrospective un brin arrogante, mais après tout pourquoi pas. Je dois avouer être assez perplexe sur le principe, ça fait un peu beaucoup prétentieux, mais bon le concept reste vachement original, bon pour les fangrills, et plutôt bien ficelé.

A vrai dire, au vu du nombre de groupes et des styles assez différents, je m’attendais un peu au pire. Mais en réalité, il n’en est rien, les morceaux s’enchainent très bien, des plus symphoniques aux plus physiques, les reprises de King Diamond notamment. Il n’y a pas de temps mort. L’équilibre entre ses groupes est plutôt bon comme vous pouvez le voir ci-dessous. A noter, Snowy Shaw n’a écrit, voire même participé à l’enregistrement, que très peu de ces morceaux, cependant, il les a souvent interprétées live, ce qui  justifie leur présence. Je parle ici notamment des reprises de King Diamond ou Therion.

Snowy Shaw

  1. Black Funeral (Mercyful Fate)
  2. Typhon (Therion)
  3. Book Of Heavy Metal  (Dream Evil)
  4. Introduxtion De La Ronque
  5. Whether With or Without  (Illwill)
  6. Progenies Of The Great Apocalypse (Dimmu Borgir)
  7. Blacksmith & Co (Notre Dame)
  8. Man or Mouse  (Dream Evil)
  9. The Candle (King Diamond)
  10. Bouffoon Bloody Bouffoon (Notre Dame)
  11. The Rhyme / Seeds of Hatred (Memento Mori)
  12. I Want You To Want Me (Cheap Trick Cover)
  13. The Medley
  14. The Fashionista (XXX)
  15. Eye Of The Witch (King Diamond)
  16. Sleepless Nights (King Diamond)
  17. Singh Hai (IllWill)
  18. Vlad The Impaler (Notre Dame)
  19. To Mega Therion (Therion)

J’ai particulièrement apprécié la présence de Typhon, un morceau de Therion, originellement chanté par Christofer Johnsson mais que Snowy reprend à merveille. A noter, certains morceaux joués en live n’ont pas été mis sur le CD, c’est notamment le cas de la reprise de My Generation des Who qu’il chantait avec Mats Levén et Thomas Vikstrom, sans doute pour des raisons de droits. En effet, le musicien accueille sur cet album un certain nombres de guests, notamment Andy De La Rocque (King Diamond, IllWill , etc) à la guitare, Mats Levén (Therion, Krux) au chant, ou Hal Patino (King Diamond) à la basse. C’est évidemment pour le plus grand plaisir des fans qui peuvent comme moi considérer que Mats est le meilleur chanteur de Therion.

Il faudra noter que l’album a été post-produit par l’artiste lui même, n’est édité sur aucun label, et est donc de l’auto-produit pur. Je dois dire que si je salue la performance, qui est plutôt bonne, elle explique aussi peut être pourquoi les cris du public sont si présents sur les enregistrements. Peut être que quelques intermédiaires auraient pu travailler là dessus, et donner un peu moins l’impression qu’une partie de l’album ressemble à un enregistrement assez brut.

...Is Alive de Snowy ShawUn enregistrement DVD a été effectué, et une sortie est prévue après les festivals de cet été où il compte se produire en live. Au vu de la vidéo-teaser, ça a l’air d’être un sacré show, ce qui n’est pas bien étonnant le personnage étant avant tout un vrai showman. Je dois vous avouer espérer secrètement sa présence à Clisson.

Au final, …is Alive de Snowy Shaw est un album très sympathique à écouter. On pourra être un peu déstabilisé par l’importance des cris du public, mais la plupart des enregistrements restent d’une excellente qualité. Cela dit, ce sera surement une fois en DVD que le show prendra toute son ampleur, tant l’artiste semble avoir soigné son casting, sa présentation et sa présence scénique.

Et puis, si vous n’avez jamais jeté une oreille à ses différents groupes, ou à son parcours, c’est peut être le moment de le faire.


Drugstore de No One Is innocent

illman dans Critiques, Musique le 16 décembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Drugstore est le dernier album de No One Is Innocent, un groupe français ayant fait ses armes dans les années 90 sur du Metal Fusion. Le groupe se dirigeait sur ses dernières galettes vers des sonorités plus Electro. A l’occasion de leur tournée pour leur nouvel album, je me suis procuré la dite galette.  Il n’en fallait pas plus pour que j’ouvre grand mes oreilles et vous donne mon obscur avis sur cet album.

Drugstore de No One Is innocent

Je vais vous spoiler sur mon avis final… J’ai pas trop aimé la direction dans laquelle s’engage le groupe. Le virage Electro est maintenant bien achevé et ça me fout grave les boules. A quoi ça sert d’avoir Shanka, un gratteux qui touche sévère si c’est pour lui substituer des sonorités de synthé bontempi, c’est du gâchis.

Onze pistes composent l’album. Cheri Moog ouvre l’album de manière plutôt calme avec des sons electro en arrière plan et un piano bien présent, celle là est une exception, elle est pas mal. Par contre j’ai trouvé que la voix n’était pas trop à sa place. Vient ensuite la chose dancefloor/electro de l’album, Drugs. Celle la, je l’ai détesté, que ce soit sur l’album ou en concert d’ailleurs, les musiques style boite de nuit c’est déjà pas mon truc et Drugs en rajoute une couche. Normalement ça devrait être entrainant mais Kémar, le chanteur, chante mou et les samples en boucle sont répétitifs au possible. Avec Paris, on se rapproche un tout petit peu du No One que j’aime mais il se cache encore sous une couche electro. La voix féminine qui double celle de Kémar apporte un vent de fraicheur sur l’album pour enchainer avec Le Monde Entier qui est une bonne chanson. Par contre sur les passages calme il y a une sorte de bruit de vent qui souffle, fortement agaçant. Les opposants rappelle quant à elle les anciens albums et est plutôt agréable à écouter.

Qui je suis aurait pu être un point culminant de l’album si je n’avais pas entendu la version live en premier. Alors qu’en live on a droit à du pur acoustique absolument génial, la version studio est parsemée de bruit que je qualifierais de parasites. Le morceau est calibré pour la radio et j’espère qu’il a eu droit à des diffusions. La chanson suivante est anecdotique, les chansons en anglais n’étant pas leurs plus grandes réussites. KO possède un refrain accrocheur bien qu’en anglais alors que les couplets sont en français et les paroles sont sympathiques.

Drugstore de No One Is innocent

Je passerai mon chemin sur la suivante, The Doll, les samples electro commencent à avoir raison de mon cerveau. Johnny Rotten finit de nous achever en remontant le niveau, je sais pas pourquoi je l’aime bien parce qu’elle est sacrément répétitive mais je lui trouve un certain charme. Bref je n’ai rien trouvé qui harponne la couenne sur cette album et rien qui mérite que je m’en rappelle. On va dire que c’est un album expérimental qui a un peu abusé des champignons électroniques.

Je passe rapidement sur la pseudo-polémique à propos du clip de Drugs. Je dis pseudo parce que sans aller sur le site du groupe je n’aurai jamais su qu’il y avait matière à « polémique ». Bref le clip, que l’on peut voir ici, présente une longue descente aux enfers d’au moins 4 mins d’un mec en vue subjective. Le clip est interactif vu qu’on peut choisir la drogue avec laquelle il se défonce. Il va falloir m’expliquer l’intérêt de couper la chanson pour faire la vielle interaction moisie si ce n’est que ça souligne que toute la chanson est une répétition ad nauseum du même rythme.

Drugstore de No One Is innocentCe nouvel album n’est disponible ni sur Deezer ni sur Spotify,  je trouve ça un petit peu loseux à notre époque. Concernant le CD je sais pas trop ce qui leur est passé par la tête mais la pochette est illisible, la couleur de police est marron sombre sur du noir, autant dire que c’est illisible.

Drugstore est une vraie déception et perclus de défauts pour moi, encore un bon groupe qui part en sucette. Si vous êtes fan des débuts de No One Is Innocent, lâchez l’affaire, ça ne vous plaira que moyennement. J’espère qu’ils vont arrêter les frais sinon leur prochain album ce sera un album de techno, j’ai horreur de dire du mal mais là j’ai franchement pas aimé. Par contre je suis allé les voir en concert à Tours pour la tournée de cet album et ils sont toujours aussi bon et plein d’énergie. A voir au moins une fois je pense, voire plus. Je retourne écouter leur premier album, là où il y avait de la vraie guitare.


Imaginaerum de Nightwish

Serafina dans Critiques, Musique le 7 décembre 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Après Dark Passion Play qui m’avait plutôt convaincue et l’arrivée d’Anette Olzon au chant à la place de Tarja Turunen, Nightwish aura mis 4 ans pour sortir son nouvel album, Imaginaerum. Pour ce deuxième album post-Tarja, le groupe a vu grand, et prévoit notamment de faire un film autour de cet album qui a été composé comme une bande originale. C’est donc un concept-album sorti le 30 novembre en Finlande qui vient d’arriver dans l’hexagone.

 Imaginaerum de Nightwish

La pochette reste très classique, bleue et dans la droite lignée de celle de Dark Passion Play, c’est surchargé et à la limite du kitch mais on a l’habitude. Elle est réalisée par Janne « Toxic Angel » Pitkänen à qui l’on devait celle de l’album précédent et des singles qui en ont été tirés. Il se compose de 13 morceaux pour une durée d’une heure quinze. Contrairement aux habitudes, l’album commence par une réelle introduction, parlée, totalement en finlandais qui explique probablement le concept.

Dans l’ensemble les habitués des derniers Nightwish ne seront pas dépaysés, on sent clairement la patte du claviériste-compositeur Holopainen, dans les riffs très nightwishiens, et dans la conception même des morceaux : les chœurs d’enfants sur plusieurs morceaux, les breaks symphoniques un peu chargés. Bref, c’est une suite assez logique du précédent. Cependant, contrairement à ce qu’on a pu reprocher à certains albums précédents, celui ci ne fait pas dans la facilité, et qu’on aime ou pas, il est impossible de ne pas saluer les risques pris par le groupe pour Imaginaerum, qui se transforme en un gigantesque melting-pot. Cela est probablement dû au coté concept-album: un vieil homme redevenant enfant dans un monde onirique, vivant du coup pas mal de choses, les chansons en elles même n’ont pas tant d’unité que cela. Enfin, si, mais par lot. Mais entre l’ABBA-esque Storytime, l’avant-gardiste Ghost River et la ballade celtique Turn Loose the Mermaids, il y a d’énormes gouffres.

Imaginaerum de Nightwish

Au niveau du chant, cette fois ci, les textes ont été écrits pour la voix d’Anette, de ce fait elle est beaucoup plus à l’aise sur la majorité des titres. Si on perd évidemment quelque chose avec le départ de la soprano Tarja, qu’on aime ou non, la nouvelle chanteuse fait son propre style, plus enlevé et aérien que la précédente. Elle montre d’ailleurs une sacré palette entre le coté jazzy sur Slow Love Slow, le coté très pop suédoise de Storytime, des vocaux plus agressifs, ou plus nasillards (que je n’aime pas du tout) sur Scaretale. Elle est très versatile, et sa voix a quelque chose de très expressif. Le deuxième vocaliste, Marco Hietala reste lui égal à lui même, efficace. Il en résulte des lignes de chant originales et super entrainantes notamment sur le refrain de I Want My Tears Back ou Ghost River.

Pas mal de morceaux montrent une réelle originalité, et surtout des inspirations très variées. Inspirations cabaret, avant-garde ou Burtonniennes en premier. Scaretale est une pièce de 7 minutes, extrêmement théâtrale avec son dialogue et son coté « cabinet des horreurs » aux accents cauchemardesques, qui flirte avec le burlesque et ferait penser à des groupes Steampunk, alors que Arabesque fait dans l’orientalisant symphonique avec des bouts de Ennio Morricone dedans. Nightwish montre là aussi une patte beaucoup plus Folk avec notamment de la cornemuse sur plusieurs titres, qu’on retrouvera par exemple dans le très bon Ghost River, piste assez énervée au refrain très très sympa et qui n’est pas sans rappeler Diablo Swing Orchestra. Turn Loose the Mermaids fait beaucoup penser à une ballade celtique, c’est d’ailleurs la ballade la plus réussie de l’album, à mon avis.

Imaginaerum de NightwishNightwish a toujours été un groupe qui osait le mélange des genres, et c’est encore plus le cas ici, son Metal est mélangé au symphonique, avec du folk, de l’avant garde, de la BO, et même du piano-bar. Malheureusement, avec une palette aussi large, on ne peut pas plaire à tout le monde… Personnellement, je ne supporte pas Slow Love Slow que je trouve mièvre et sans intérêt, et je zappe les passages parlés du morceau Song of Myself (long de 14 minutes, dont la moitié consiste en poèmes récités par les proches du groupe) car ils m’ennuient, tandis que Rest Calm, trop classique, m’indiffère. De même, j’ai tendance à zapper le dernier morceau, Imaginaerum, qui bien qu’il ait donné son titre au CD est en fait un résumé instrumental reprenant les main riffs des autres morceaux. Tuomas déclare l’avoir imaginé comme le générique de fin d’un film, le moment où défilent les crédits, et oui c’est exactement cela, mais ça ne m’intéresse pas vraiment.

Imaginaerum recèle cependant de réelles perles, originales, où Nightwish et particulièrement Tuomas ont osé et semblent s’être fait plaisir. Ces morceaux, Scaretale, Ghost River, Last Ride of the Day en tête, rendent magistralement bien et justifient largement l’acquisition ou en tout cas l’écoute de l’album. Le coté concept-album est ambitieux et amène malheureusement des écueils avec lui, comme pour toute BO d’ailleurs, mais qui sont relativement bien contrebalancés par de très bons morceaux. Ça me donnerait même envie qu’ils passent au Hellfest 2012.


Evanescence de Evanescence

Serafina dans Critiques, Musique le 11 octobre 2011, avec 5 commentaires
Critiques

Il y a des albums qu’on attend tellement qu’on n’y croit plus. C’est le cas avec le nouvel album des américains d’Evanescence. Cinq ans que The Open Door est sorti, cinq ans avec peu ou pas de nouvelles d’un futur album, sans parler de l’activité du groupe. Et puis début 2011, les rumeurs commencent, et puis bientôt elles se confirment. Un nouvel album sortira en Octobre.

Evanescence de Evanescence

Pour ceux qui ne connaissent pas votre servante, il faut vous dire que Fallen représente un de mes albums cultes, qu’il a une place très importante dans mon évolution musicale et que j’aime toujours autant l’écouter. Autant dire que l’album éponyme du groupe était attendu avec impatience, mais aussi avec de gros espoirs.

Et donc qu’est ce que cela donne ? J’aurais envie de dire que cela donne du Evanescence car tous les éléments y sont : du Metal gentillet aux riffs un peu faciles, du piano, une Amy Lee qui pousse ses notes sur des paroles parlant de cœur brisé. Classique. Beaucoup copié. Mais diantrement efficace.On n’écoute pas Evanescence pour du prog ou des prouesses vocales. On écoute Evanescence pour ce que c’est, des morceaux rentre dedans, un poil calibré, suffisamment darkinous, et capable de vous toucher votre petit cœur tout mou d’adolescent.

Et au cours des 12 morceaux que comporte l’album éponyme -16 dans sa version collector que je n’ai pas encore pu me procurer-, Evanescence y réussit très bien. Evanescence a un son résolument plus Rock. Dans le sens plus brute et plus basique. Vous ne trouverez pas de chœurs comme sur Whisper, vous ne trouverez pas de samples classiques sur Lacrymosa. Le groupe a laissé de coté son coté pré-symphonique, pour se concentrer sur ses mélodies et ses ambiances. C’est plus punchy et moins creepy. Je regrette le coté hanté de Fallen et des précédents. On retrouve du coup des intros un peu plus expérimentales, comme pour Sick, au couplet d’ailleurs assez ovni, mais dans l’ensemble on reste dans le classique, dans le Evanescence reconnaissable à 100km.

Amy Lee de Evanescence

Si on avait parfois reproché à The Open Door ses paroles trop terre à terre, voir trop heureuses , ce n’est pas le cas dans cet album. Bien que certains morceaux soient très positifs, ou même très portés sur la dérision, en majorité, les paroles sont tristes, avec des thèmes comme la mort (Changed, The other side), les déceptions amoureuses (My heart is broken), ou tout simplement des références oniriques (Oceans). Les lignes de chant sont dans la lignée de The Open Door avec une amplitude relative.

Bien qu’Amy Lee soit capable de chanter des notes assez hautes (la partie « opéra » de Weight of the world étant super bien tenue en live), elle « gueule » plus qu’elle ne chante. Dans le sens où techniquement ce n’est probablement pas la panacée, mais par contre il y a du sentiment derrière, enfin, c’est difficile à expliquer, mais pas de prouesses vocales en vues. Dans l’ensemble, l’album est assez inégal, les ballades sont un passage obligé mais qui m’ennuie, par contre, les morceaux plus punchy sont dans l’ensemble plutôt bons : Made of Stone, The Change ou Oceans.

Evanescence de EvanescenceL’album contient évidemment quelques ballades, comme Lost in Paradise et Swimming Home. A vrai dire, je n’ai jamais réellement aimé les ballades d’Evanescence à une exception près, et je suis sure que vous devinez laquelle. J’ai toujours tendance à trouver les balades poussives, contrairement à Immortal, mais cette dernière était composée par Ben Moody qui n’est plus dans le groupe.

Au final, j’aime bien ce nouvel Evanescence, bien plus que The Open Door, et deux ou trois morceaux pourraient même figurer dans mon top, The Change en tête. Mais je regrette le côté grandiloquent et hantée de Fallen. Evanescence est un album bien calibré, bien produit, bien rentre dedans et je pense qu’il mériterait de passer en radio.


The Unforgiving de Within Temptation

Serafina dans Critiques, Musique le 30 mars 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Within Temptation est un groupe que j’ai apprécié pendant plusieurs années. Et puis qui m’a constamment désappointée depuis The Hearth of Everything, jusqu’au très bon Black Symphony, un album live avec un orchestre que je vous avais chroniqué. Quatre années après leur dernier album studio sort The Unforgiving, un album au concept un peu surprenant pour ce qui fut un groupe de Metal Symphonique, que je rangerai aujourd’hui dans Pop-Rock. En effet, c’est un concept album, appuyé par un comic et des courts métrages.

The Unforgiving de Within Temptation

En gros, le concept tourne autour de personnes qui font des choses mauvaises, à cause de mauvaises décisions et qui sont châtiés par une espèce de force surnaturelle… Oui enfin, cela me laisse extrêmement perplexe. Je n’ai pas lu le comic et je n’ai pas vu les courts métrages. Nous nous intéresserons donc juste à l’album, sans forcément faire cas du concept (à tord peut être).

The Unforgiving se compose de 13 morceaux, dont une introduction parlée au début. Les autres pistes durent toutes à peu près 5 minutes. C’est très uniforme de ce point là, et cela annonce aussi la couleur. Within assume son coté populaire, en proposant là des titres tous calibrés pour la radio ou presque. Les compositions sont très classiques (couplet, pré refrain, refrain , etc).  Certes, le groupe n’a jamais été très fort pour prendre des risques sur la composition, mais c’est tout de même assez dommageable.

Contrairement aux albums précédents qui allaient un peu dans la surenchère symphonique, The Unforgiving est plus direct et plus rock. En soit, ce n’est pas un mal car le groupe commençait à s’auto-parodier, a tomber dans le too much. Le virage est clairement marqué, exit le metal sympho pour golgoths, et place à un groupe à l’image plus rock et à l’ambiance moins « plombée ».

The Unforgiving de Within Temptation

Parmi les 12 « vrais » morceaux on trouve 4 ballades: Fire and Ice, Lost, Stairway to the Skies et Last Dance dans une moindre mesure. On le sait, Within Temptation fait de jolies ballades, mais en faire le tiers de l’album ça a tendance à ramollir le rythme, voire à le casser. Cependant, pour tous ceux qui aiment la voix de Sharon, ces ballades sont agréables à l’écoute, symphoniques, soutenus par de jolis violons. Mention spéciale à Last Dance avec son ambiance celtique à souhait, qui n’est pas sans me rappeler un vieil album à la couverture immonde sur Mère Nature. Cette ballade est aussi la seule que j’aime de l’album.

A coté de cela, le reste de l’album se partage en morceaux radio-friendly aux refrains catchy et, tout de même, quelques vestiges de Metal. Shot in The Dark, Faster, Sinéad ou Where is the Edge font partie de la première catégorie. Refrains ultra accrocheurs, mélodies efficaces, production propre, ce sont de bons titres dans l’absolu, pas désagréable à l’écoute. Mais pas forcément des morceaux qui me marqueront.

Cependant, malgré tout, l’album contient quelques très bonnes surprises, comme In the Middle of the Night, à l’influence « speed metal » agréable, beaucoup plus rythmé et entrainant que les précédents morceaux. On notera aussi A Demon’s Fate qui est lui aussi un poil plus énervé, très Nightwishien. Sur ces morceaux, bien qu’on retrouve une composition classique, les riffs sont un poil plus acérés et les lignes de chant plus rythmées.

The Unforgiving de Within Temptation

Les paroles dans l’ensemble sont assez sombres, sans doute à cause du concept de l’album, pour cela, Sharon à délaissé les aigus qui font mal aux oreilles pour une voix plus grave, plus rock, plus cassée aussi. Le problème restant que l’on sent que la chanteuse sourit lorsqu’elle chante (manière de parler… elle chante de façon très gaie) ce qui ne colle pas forcément à l’histoire et n’amène pas les éléments nécessaires pour créer une ambiance.

Au final, The Unforgiving est album qui se laisse écouter sans trop de problèmes : la preuve je l’ai enchainé de nombreuses fois pour vous faire cette chronique. La plupart des morceaux cependant ne me laisseront pas de grand souvenir, à l’exception des 3 ou 4 que je vous ai cité.  Si l’album n’est pas à jeter, il est cependant important de l’écouter en oubliant le nom du groupe.


Bande Originale de Sucker Punch

Serafina dans Critiques, Musique le 18 mars 2011, avec 9 commentaires
Critiques

Sucker Punch est un film de Zack Snyder qui sort à la fin du mois. Il se trouve qu’il est assez attendu sur twitter, repaire des fans de comics, car effectivement le film est du même réalisateur que WatchMen. En attendant la sortie, la bande originale, elle, est déjà disponible et en écoute légale sur Spotify par exemple . L’album est composé de 9 morceaux, exclusivement des reprises qui vont être remixées pour l’occasion. Pour situer, Sucker Punch c’est l’histoire d’une jeune fille enfermée dans un asile par son beau-père, le tout dans les années 50. Elle décide de s’évader via un monde imaginaire … qui n’est pas si idyllique que cela.

Bande Originale de Sucker Punch

Les morceaux sont les suivants :

  1. « Sweet Dreams (Are Made of This) » – Emily Browning
  2. « Army of Me (Sucker Punch Remix) » – Björk featuring Skunk Anansie
  3. « White Rabbit » – Emiliana Torrini
  4. « I Want It All »/ »We Will Rock You » Mash-Up – Queen with Armageddon Aka Geddy
  5. « Search and Destroy » – Skunk Anansie
  6. « Tomorrow Never Knows » – Alison Mosshart and Carla Azar
  7. « Where Is My Mind? » – Yoav featuring Emily Browning
  8. « Asleep » – Emily Browning
  9. « Love Is the Drug » – Carla Gugino and Oscar Isaac

Alors des reprises, oui mais pas n’importe lesquelles. D’un part, on trouve certains classiques comme Sweet Dreams (are made of this) ou Where Is My Mind? totalement ré-imaginées, dans des versions à la fois plus oniriques et plus étranges. Je trouve que l’ensemble me fait beaucoup penser à Alice au pays des merveilles au niveau de l’ambiance. Les chants doux, notamment ceux d’Emilie Browning, l’héroïne du film qui chante aussi sur la BO donc, couplés à des instrumentations orientalisantes, et des paroles bien plus graves contribuent beaucoup à rappeler l’histoire de Lewis Caroll. D’ailleurs, le synopsis, avec son monde imaginaire et son background psychiatrique ne sont pas non plus sans rappeler celui d’Alice.

Je ne sais pas si Emilie Browning est chanteuse ou non, mais en tout cas, ses parties vocales sont très bien assurées et collent parfaitement à l’ambiance. Je trouve la plupart des adaptations très réussies. Army of Me de Bjork a été revue et inclut notamment des passages joués par le groupe de Rock Skunk Anansie. En fait, cette bande son serait absolument parfaite, si … il n’y avait pas le morceau 4, un mash-up de deux morceaux de Queen, I want it all et We will rock you, avec du rap par dessus le tout. Oui du rap. Alors que tout le reste de l’opus est plutôt accès pop-rock voir trip-hop, on se retrouve avec en plein milieu de l’album du rap. Non seulement je n’aime pas le rap, du tout, mais en plus je trouve que ca ne colle pas du tout aux morceaux de base de Queen.

Sucker Punch Original SoundtrackJe reste perplexe sur son utilisation dans le film, mais il est clair et net que cette reprise là aurait pu sauter. On notera aussi Emiliana Torrini, une chanteuse Islandaise que je connaissais pas du tout mais qui a une voix superbe. il y a en tout cas un vrai travail sur les reprises et une vrai unité dans le CD, du moins si on omet ce que j’appellerai le massacre de Queen.

Dans l’ensemble le tout a un tempo assez lent, mais est plutôt riche dans son atmosphère. Ce côté très onirique semble cependant contraster avec l’affiche du film, qui montre surtout du mecha et du bazooka en veux tu en voilà, mais c’est peut être trompeur. Cela reste néanmoins déroutant, vu qu’on s’attendrait plus à du AC/DC que du Björk pour un film misant autant sur le côté action.

En tout cas, cette la Bande Originale de Sucker Punch vaut le coup d’oreille. De là à dire que cela va me décider à aller voir le film, c’est un grand pas, mais effectivement, cela joue. La réponse début avril, le film sortant le 30 mars dans les salles obscures françaises.


Tear The World Down de We Are The Fallen

Serafina dans Critiques, Musique le 9 juin 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Mars 2003, un groupe obscur de Little Rock sort un album qui allait les propulser sur les devant de la scène. Cet album, c’est Fallen d’Evanescence. Du Rock un peu neo-Metallisé, avec deux trois riffs bons pour les ados et la voix d’Amy Lee sur un imaginaire gothique et darkinou à souhait. Un album qui reste à ce jour un des favoris de votre servante, qui assume d’ailleurs totalement, bien que ce soit plus par nostalgie qu’autre chose. Et puis, qui dit montée sous les projecteurs dit souvent déchirures. Et c’est ce qui arriva.

Tear The World Down de We Are The Fallen

Ben Moody un des deux fondateurs part du groupe peu de temps après. Puis Amy Lee vire le guitariste John LeCompt ce qui entraine le départ du batteur Rocky Gray. Alors qu’Amy Lee mène désormais seule la barre d’Evanescence, l’orientant vers un son beaucoup plus doux, les trois compères ruminent dans leur coin et annoncent un nouveau groupe en 2009. Ça s’appelle We Are the Fallen, et l’album vient tout juste de sortir. Que dire devant cet album ? Devant  ce nom de groupe qui semble être un pied de nez à Evanescence ? Devant  cette chanteuse Carly Smithson à la voix si… originale ?

Car Carly n’est pas inconnue des américains vu qu’elle fait partie des finalistes de l’American Idol 7 où elle s’était faite remarquer en chantant …. Bring me to life, le premier single d’un groupe qui n’est autre qu’Evanescence. Eh bien à l’écoute de l’album, le verdict est somme toute assez clair. Nous sommes face à du Evanescence période Fallen jusqu’au bout des ongles. Les chansons sont exactement sur le même genre, les riffs pseudo-lourd mais gentillets, un imaginaire darkinou et une chanteuse qui fait diantrement penser à Amy Lee. Elle coupe ses mots de la même manière, même intonation, il est même à parier qu’un non-fan ne fera aucune différence entre We Are The Fallen et Evanescence. (Approuvé et testé, dabYo a confondu).

We Are The Fallen

Alors certes, Carly a une voix plus rock, plus brute, mais honnêtement, c’est des nuances. Enfin, elle au moins, elle a l’air de chanter juste en live, c’est déjà ça. On arguera bien entendu que Ben Moody était un des deux fondateurs, qu’il a été le plus influent sur Fallen, et que de son côté, Amy Lee aurait plutôt Tori Amos dans ses influences… Mais voilà, en 7 ans, la musique de Moody n’a pas évolué d’un iota, et ce dernier n’a pas pris un seul risque ici. C’est la recette de Fallen, trait pour trait. Exemple le plus flagrant ? Bon, si il fallait réellement choisir c’est la ballade Sleep Well My Angel, tout au piano jusqu’au dernier refrain où les guitares arrivent, une ballade, qui permet de voir a quel point la voix de Carly sonne… comme Amy.

Tear The World Down de We Are The FallenMais bon, il faut le dire, recopier une recette, ça n’égale que rarement l’original. Du coup, on a l’impression d’avoir un énième Evanescence-like qui n’apporte pas grand chose de plus, car des groupes qui ont copié le genre, il y’en a eu pléthore. Bien que le style d’Evanescence ait évolué, si vous aimez Fallen, vous aimerez probablement We Are The Fallen. Musicalement, c’est à peu près la même chose, avec peut être moins d’ambiance gogoth, et des paroles moins poussées. Je sais que critiquer un groupe en faisant des comparaisons c’est pas l’idéal, mais dans le cas présent, que faire d’autre ?

Malheureusement pour We Are The Fallen, j’ai pris plusieurs années depuis ma première écoute de l’album, et mes goûts sont plus prononcés. Oui, j’aime toujours réentendre Fallen, mais plus par nostalgie qu’autre chose. Car il faut dire ce qui est, la musique que l’on nous ressert aujourd’hui n’a aucune qualité, elle est juste bien calibrée. A cela, il faut rajouter la repompe, ce qui n’était pas le cas il y a sept ans.

Dommage.


Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé Metal par ici, et ce n’est pas faute d’en écouter tous les jours. Je vais donc reprendre mes tentatives pour populariser ce genre musical trop souvent associé à de la musique barbare et vous présenter le dernier album du groupe Eluveitie. Bon, il faut avouer qu’il y avait sûrement meilleur comme sous genre du Metal que le Pagan pour vous convaincre que ce n’est pas que de la musique de brutes… Mais bon, hein, on ne choisi pas ses albums coups de cœur, et Everything remains as it never was en fait clairement parti.

Everything remains as it never was de Eluveitie

Il est rare que nous achetions des albums sans les avoir écouter à l’avance. Mais quand on est tombé sur l’édition collector du dernier Finntroll (avec dessous de bière s’il vous plaît), il fallait bien que j’ai droit à mon petit CD à l’aveuglette moi aussi. Car entre moi et Serafina, c’est la grande guerre, chacun a son poulain pour le titre de meilleur groupe de Pagan. Vous l’aurez compris, le sien est Finntroll tandis que le mien est le groupe helvète Eluiveitie (notez le moyen savant de faire remarquer qu’ils viennent de Suisse, on se croirait presque sur un site de chronique de métal où les synonymes pour dire qu’un groupe vient du nord sont tous plus douteux les uns que les autres… trêve de blabla). C’est donc sans l’avoir jamais écouter que je me suis acheté Everything remains as it never was, et bien heureusement, je n’en suis pas le moins déçu.

Eluveitie avait déjà frappé fort avec Slania, un album quasi sans défaut et que nous nous étions procuré pendant les promotions Nuclear Blast. Avec ce nouvel album, qui est plus ou moins son troisième, le groupe entreprend un léger virage. Alors que jusqu’à présent l’une des grandes différences avec les autres groupes du genre était l’utilisation d’une voix féminine autant que d’une voix masculine, Eluveitie semble avoir, du moins pour cet album, décidé de privilégier leur voix de mâle. Du coup, l’album tourne beaucoup plus vers le Death qu’à l’accoutumée, et ce n’est pas l’instrumentation rythmée et agressive qui va dire le contraire. Et ce n’est pas pour me déplaire. Les voix féminines sont toujours présentes, mais plus concentrées sur les refrains, sur lesquels le chanteur continue de faire un chant gutural. J’adore.

Everything remains as it never was de Eluveitie

Le groupe au grand complet. Vous comprendrez pourquoi ils se déplacent en bus.

Le rythme général des chansons et le côté entraînant, celui là même qui pousse les métaleux à head-banger (encore un truc qui fait barbare) est vraiment très présent dans cet album et pourra dérouter les fans de Slania. Le groupe perd là quelque peu de son identité musicale, bien que le nombre d’instruments traditionnels soit toujours aussi important. On les retrouve eux aussi en majorité dans les ponts et les couplés.

Anna Murphy de Eluveitie

Anna Murphy, pas le look qu'on attendrait d'un musicien de Metal hein ?

Mais c’est loin d’être déplaisant et cette touche très celtique est agréable à écouter. Le premier titre est sans aucun doute le plus représentatif de l’ensemble de l’album. Personnellement, cette nouvelle directive m’a plus que ravi, et la construction des morceaux m’a semblé bien assez différente des autres groupes pour qu’Eluveitie garde une identité propre.

Comme pour leur dernier album, les titres agressifs sont de temps en temps tempérés par des morceaux plus doux, le plus souvent quasi acoustiques et très agréables à écouter. A ce qu’il paraît, il fallait voir dans Slania une structure de l’ensemble des morceaux autour des quatre saisons, tandis que le concept de Everything remains as it never was est bien moins présent. N’étant pas du genre à faire attention à ce genre de choses (en deux ans d’écoute, je ne l’avais jamais remarqué…) c’est loin de me déplaire, et le côté homogène, sans réel changement de niveau, et toujours de qualité m’a plus que plu.

Un avis très positif pour cet album donc et qui annonce que du bon pour leur show au Hellfest 2010, auquel nous assisterons bien entendu !

Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, et qui serait tenté au moins de l’écouter, sachez qu’ils l’ont mis en entier à l’écoute gratuite sur leur myspace.


Opheliac de Emilie Autumn

Serafina dans Critiques, Musique le 1 mars 2010, avec 2 commentaires
Critiques

Emilie Autumn est une artiste que nous aimons beaucoup et que nous connaissons depuis un sacré bout de temps désormais. Le seul problème, c’est qu’elle est indépendante, avec tout ce que cela implique, notamment la quasi-impossibilité de trouver ses albums dans les réseaux de distribution habituels. Or, si il y a bien quelque chose que l’on apprécie, c’est d’acheter un CD, et non de le commander. C’est donc avec une grande satisfaction que nous avons fini par découvrir Opheliac, sa pièce maîtresse et son seul réel album qui ne soit pas un ensemble de morceaux de classique, dans les rayons d’un Saturn situé à … Stuttgart, en Allemagne donc. Il aura fallu traverser le Rhin pour pouvoir l’apprécier dans notre lecteur CD.

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Mais avant de parler d’Opheliac, il faut savoir que sa compositrice est une jeune violoniste de trente ans qui outre sa carrière solo, a joué pour Courtney Love ou bien tout récemment pour OTEP. Elle est styliste et possède sa propre ligne de vêtement, très inspirée de l’époque victorienne, ainsi qu’un label indépendant, Traitor Reccord. D’après elle, elle fait du Violindustrial, ce qui vous fera tout de suite comprendre que ce n’est pas des classiques de violon que contient Opheliac mais plutôt de la musique industrielle, très électro. Du coup, sachant qu’elle est styliste il n’est pas étonnant de voir un sacré travail au niveau de la présentation de l’album ainsi que de la musique. Un sacré travail même.

Emilie Autumn

C’est donc un très joli CD que l’on peut trouver, avec un booklet fourni et contenant, en plus des paroles, de nombreuses photos de la demoiselle dans des robes qu’elle qualifie souvent de Victorianindustrial. Bref, de très jolis habits qui lui donnent un aspect très décalé, qui, pour ceux qui connaissent, fera penser à la demoiselle du Joker dans Batman, hm. Ce côté décalé est d’autant plus présent avec un CD arborant fièrement une texture rayée. A ceci est ajouté un deuxième CD contenant des bonus de classiques, joués au violon, et agréables à l’écoute.

Il est difficile de qualifier la musique que l’on peut ensuite y écouter. Folle, envoutante, seraient les mots, mais il est difficile d’imaginer une musique folle. Utilisant à de nombreux moments les boites à rythmes, sur lesquels sont placés des morceaux de violons, de clavecin et des petits samples, Emilie Autumn accompagne le tout de sa voix, tantôt toute basse, tantôt criante, bref. Au sujet de sa voix, bien que la demoiselle ai appris le chant classique, je qualifierais plutôt sa voix de punk, c’est a dire qu’elle fait un peu n’importe quoi avec. Sur-saturée, doublée, criarde, nasillarde, tout y passe. On aime ou on déteste. Moi j’adore, pour la simple et bonne raison que cela colle totalement, elle ne fait pas que chanter, elle vit ses chansons. Son univers est complètement barré, et très torturé. On passe d’un extrême à l’autre, bref, amis de l’asile bonjour (à noter qu’elle a d’ailleurs tout un univers la dessus, décrivant ses morceaux comme se déroulant dans un asile victorien).

Les paroles sont torturées, sombres. Je pourrais vous dire que l’on passe de la dépression, a l’automutilation, au suicide en passant par l’abus sexuel et tant d’autres, mais je ne suis pas sure que cela vous donnerais très envie, si ? Ceci dit, les paroles sont très fortes je pense notamment a celles de Thank god I’m Pretty ou encore I want my innocence back. Mais outre le fait de bien écrire, Emilie Autumn est aussi une très bonne musicienne, au détour de la musique plus industrielle on découvre de superbes morceaux de violons ou de clavecins qui n’ont pas a rougir. Elle a de la formation classique et cela s’entend.

Emilie Autumn Opheliac

L’ambiance du disque est véritablement particulière et proche des montagnes russes, on passe de morceaux très drôles (The art of suicide, Thank God I’m Pretty) à des morceaux beaucoup plus lourds (Gothic lolita en tete !). Le deuxième disque est plus calme, comprenant notamment trois déclamations de poèmes, aux textes cependant tout aussi interessants.

Enfin, encore un sujet musique ou il m’est bien difficile de vous décrire réellement. Et sachez que cet article a été commencé par dabYo en septembre 2009 alors bon, c’est de l’accouchement dans la douleur. Pourquoi m’être motivée a le finir ? Parce que mercredi 3 mars, c’est l’unique passage de la tournée Européene d’Emilie dans notre beau pays, au cabaret sauvage, et que nous y serons. J’espère profiter de cette occasion pour acheter son livre , donc on vous reparlera d’elle !

En attendant vous pouvez découvrir, si vous ne la connaissiez pas encore, son myspace.


Aether Shanties de Abney Park

Serafina dans Critiques, Musique le 9 janvier 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Honte sur nous, nous ne faisons pas assez souvent d’articles musicaux. Je ne peux donc pas vous convertir comme il se doit à mes coups de cœur, souvent fulgurants, démesurés, et parfois carrément chelous. Mais aujourd’hui, perdons les mauvaises habitudes, et parlons d’un album sorti très récemment : Aether Shanties de Abney Park.

Aether Shanties de Abney Park

Intéressons nous d’abord au groupe. Il s’agit d’un groupe Américain, de Seattle plus précisément. Ils sont cinq, Robert Brown (dit Captain Robert) à la voix, au Darbuka, à l’accordéon et à l’harmonica, puis Kristina Erickson aux claviers, Nathaniel Johnstone à la guitare, au violon, à la mandoline et au bouzouki, Daniel Cederman à la basse et à la guitare acoustique et Jody Ellen à la voix féminine.

Ils se sont formés en 1997. Le groupe au départ évoluait dans un style plutôt gothique. Et puis, pour leur septième album, le groupe vira au Steampunk, vous savez cette mode à vapeur délicieusement rétro qui gagne en popularité outre atlantique et même  dans l’hexagone. Le groupe développe un background, des identités fictives,  bref un concept. Lost Horizons sort en 2008, et ce fut un de mes énormes coups de cœur pour l’année 2009. Autant dire que j’attendais de pied ferme Aether Shanties.

Musicalement, Abney Park, c’est de la dance, de la musique industrielle, de la musique du monde, quelques racines goths, un cocktail détonnant, bien mené, et terriblement efficace. Mais bon, le groupe ne se prend pas la tête, alors on ne va pas se prendre la tête au niveau classification: c’est du Steampunk. Certes ça n’a réellement aucun lien avec le mouvement littéraire par exemple, mais pourquoi s’en faire.

Abney ParkAether Shanties s’inscrit dans la lignée directe de Lost Horizons. Onze morceaux, relativement courts pour mes habitudes de métaleuse. La majorité des morceaux sont très dansants, avec notamment l’utilisation de l’accordéon ou des instruments folks. On retrouve le son particulier d’Abney Park, et le chant spécifique. Une voix assez basse, avec un phrasé reconnaissable entre mille. Une nouvelle chanteuse les rejoint pour cet album, il s’agit de Jody Ellen qui possède une voix assez nasillarde, et très enfantine. Je n’ai pas spécialement accroché à la première écoute, mais au final, le contraste qu’elle forme avec la voix très basse du capitaine est très intéressant et ajoute un coté décalé (non pas qu’ils en avaient besoin). Cela fait aussi penser à des groupes comme Diablo Swing Orchestra, du coup.

C’est donc la suite des Airship Pirates. Et niveau ambiance, là où le précédent invitait au voyage, celui ci est carrément plus gai, plus chantant. Bref, plus pirate. Cette joyeuse ambiance où le rhum vous délie la langue est présente tout au long de l’album. On notera plus précisément Throw them Overboard qui sonne comme une chanson à boire et Derelict qui est une reprise d’une chanson de pirate plutôt connue, vu qu’immortalisée dans le roman de Stevenson que je ne vous ferais pas l’affront de présenter. (L’île au trésor, pour les incultes)

De nombreux instruments du folkore du monde sont utilisés, et on voyage beaucoup. Normal, vu qu’on suit des baroudeurs du ciel. On trouvera des mélodies orientales ou encore des mélodies très années 20 et un petit coté cabaret sur Until the Day you die.En fait, beaucoup de variété, pour un album qu’on ne se lasse pas d’écouter et qui vous met sacrement de bonne humeur le matin.

Aether Shanties de Abney Park

Ceci dit Abney Park ce n’est pas que de la joie. Et la chanson la plus calme de l’album, Victoria, nous le rappelle bien. Outre le thème très dur, la mort de la petite Victoria Climbe, le piano et la voix magistrale ont de quoi donner la chair de poule et vous faire monter les larmes aux yeux. Le couplet est assez bouleversant (oui, je sais, je suis une petite nature).

Bref, ce groupe, c’est mon premier coup de coeur de l’année 2010, le groupe emblématique de la scene Steampunk a transformé l’essai, et j’avoue rêver d’une date à Paris. J’espere que vous aimerez vous aussi. On vous laisse leur myspace, dont les morceaux sont très bien choisis.