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Extinct de Moonspell

Serafina dans Critiques, Musique le 5 mars 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Moonspell fait partie de ces groupes cultes que nous avions déjà écouté d’une oreille mais sans qu’ils n’entrent réellement dans notre top. Et puis il y a eu ce dimanche au Hellfest 2013, où nous avons décidé d’assister au concert des portugais sous la Altar, de loin. Du moins au début, car nous avons pris une grosse claque ce jour là, et nous avons adoré le show. Nous avons par la suite exploré la discographie du groupe, notamment leur dernier Alpha Noir/Omega White que nous avions acheté à sa sortie sans trop l’écouter. Moonspell est depuis entré dans mon top personnel, j’attendais donc avec impatience leur nouvel album Extinct qui sort le 6 mars chez Napalm Records.

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La couverture est encore une fois signée Seth Siro Anton qui officie dans Septic Flesh. L’album se compose de 10 pistes donc vous trouverez les titres ci-dessous. Certaines éditions intègrent aussi 4 bonus tracks ainsi qu’un documentaire de 90 minutes. Nous n’avons pas entendu ni vu ses bonus nous ne les évoquerons pas dans cet article.

1. Breathe (Until We Are No More)
2. Extinct
3. Medusalem
4. Domina
5. The Last of Us
6. Malignia
7. Funeral Bloom
8. A Dying Breed
9. The Future Is Dark
10. La Baphomette

Si Alpha Noir et Omega White séparaient de manière assez nette les diverses influences de Moonspell, ici, on retrouve les deux facettes du groupe mixées et équilibrées. Le chant clair est relativement présent, avec la voix de crooner si caractéristique de leur chanteur. Le grunt est quasiment absent, ce qui donne un album assez accessible. Personnellement, j’adore, même si je comprend que l’on puisse trouver cela cheesy, pour la fane de Type O Negative que je suis, je ne peux qu’apprécier. Les thèmes sont très Moonspell : l’amour, mais l’amour dans la mort, un monde sombre mais pourtant pas dénué de beauté. Les paroles sont parfaitement représentées par la musique, assez sombre tout en ayant de belles éclaircies. On dirait que je présente la météo en disant ça…

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Pour le coup, l’influence gothique de Moonspell est bien plus présente que sur certains vieux albums. Difficile de ne pas penser à Sisters of Mercy en écoutant Medusalem. Medusalem est d’ailleurs un de mes titres préférés, son tempo relativement élevé, sa construction éloignée du traditionnel couplet-refrain en font un des temps fort de l’album. Le groupe a toujours eu une facette mélodique, mais pour une fois, l’orchestration utilisée est un orchestre turque et cela se ressent énormément, notamment sur le break de Breathe (Until We Are No More) et sur Medusalem.

Pour le coup, cela permet aux portugais d’avoir une réelle originalité dans le genre. La plupart des groupes qui décident d’intégrer des orchestres vont plutôt chercher des orchestrations « classiques ». Je les aime aussi, mais c’est du déjà vu. Ici l’orchestre turque a apposé sa patte sur pas mal de titres, formant une sorte de ligne directrice pour toute la première partie de l’album. La deuxième partie, dès Domina est plus proche de Omega White.

Bien sur, comme sur Omega White, on est sur des structures assez simples, en mode couplet-refrain, assez efficaces. Seul bémol, certains morceaux sont réellement trop axés sur des refrains, répétés dix fois, comme c’est le cas sur Extinct ou encore The Future is Dark qui est d’ailleurs assez faible à mon avis par rapport au reste de l’album. Domina aussi a tendance à marteler le refrain, mais le long passage instrumental et son solo compensent le classicisme qu’on aurait pu redouter. L’outro, La Baphomette est clairement la surprise de l’album, puisque c’est une valse, sans guitares …. chantée en français !  Je n’ai toujours pas décidé ce que je pensais de ce morceau ovni.

En résumé, Extinct est un album de Moonspell dans la droite lignée d’Omega White, avec des touches d’Alpha Noir. Si vous n’avez pas aimé cet album bonus, vous n’aimerez probablement pas celui-ci. Mais si comme moi c’est un de vos albums préférés, vous ne pourrez qu’aimer Extinct. Moi il tourne déjà en boucle sur mon iPhone.


Ragnarök Juletide de Raskasta Joulua

Serafina dans Actualité, Critiques, Musique le 24 décembre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Je me suis demandée ce que j’allais pouvoir faire comme article ici une veille de Noël. Mais heureusement nos amis finlandais ne sont jamais en rade de bonnes idées pour fêter Noël. La bas, ils ont un collectif qui s’appelle Rsakasta Joulua et qui réunit pléthore de stars du metal finlandais qui reprennent des chansons de Noël. Ouais, comme ça, normal. On retrouve évidemment Marco Hielata de Nightwish  et Tony Kakko de Sonata Arctica  jamais tr ès loin de ce genre d’initiatives  mais aussi Tommi Salmela  de Tarot ou Elyze Ryd d’Amaranthe.

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Ils ont déjà plusieurs albums à leur actifs, mais celui de cette année Ragnarok Juletide est le premier à contenir des chansons en anglais . C’est odnc l’occasion pour nous de découvrir ce projet qui a déja plus de dix ans et qui fait des tournées sold-out dans les pays scandinaves.

Les reprises de Noël en metal, on en connait pas mal, et j’en mets toujours pas mal dans mes playlist aux alentour de Noël. Ici, on a quand même un certain travail pour métalliser tout cela, c’est pas juste « on joue la mélodie à la gratte électrique ». C’est un projet réalisé sérieusement même si cela reste des reprises de classiques de Noël il ne faut donc pas trop en demander non plus. Au menu, on retrouve donc les reprises suivantes :

1. We Celebrate at Christmastime
2. The First Noel
3. Here on the Hay
4. Little Drummer Boy
5. The Elf
6. Christmas Is Here
7. Sylvia’s Song
8. White Christmas
9. Home for Christmas
10. A Sparrow on a Christmas Morning
11. Christmas Has Come
12. Ave Maria

Bon nombre de ces chansons ne sont pas très connues de toute manière en France. Cela reste une playlist de Noël sympathique ! La majorité sont dans un style très power ou symphonique, ce qui n’étonnera personne en voyant la liste des participants.



L’album est sur Spotify et sur Deezer, vous savez donc quoi écouter cet après midi. Si vous connaissez d’autres bons albums de chansons de Noël version métal, c’est le moment de me les donner en commentaire.


Hello Strange de Girls in Hawaii

Même joueur joue encore : un chouette album de remixes

Malicia dans Critiques, Musique le 13 décembre 2014, avec aucun commentaire
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Et voilà, le groupe belge Girls in Hawaii signe son retour fracassant avec un nouvel opus disponible depuis mi-novembre : Hello Strange. Enregistré en live lors d’un concert à Louvain-La-Neuve, le groupe s’est essayé cette fois-ci à plus d’instrumental et d’acoustique… et le pari est plutôt réussi !

girls in hawaii

C’est une première pour le groupe qui signe un album enregistré en une fois, mais surtout un album qui ne comporte que des reprises de ses précédents morceaux. Des morceaux réinterprétés, totalement changés, dont certains sont carrément sublimés malgré d’autres au bilan plus mitigé, enfin pour moi.

Une autre particularité de cet album, c’est que le groupe a carrément exploité à fond sa fibre musicale en utilisant des instruments un peu « désuets » (vibraphone, harmonium indien, contrebasse) ou d’autres plus « exotiques » : synthé, harmonica, percussions latines… Il y a une vraie recherche, un besoin d’expérimentation, qui montre bien que le groupe a misé sur la prise de risque plutôt que la facilité, ce qui s’avère carrément payant.

ZoufrisAinsi, parmi mes morceaux préférés de cet album, on retrouve Rorschach que j’aimais déjà beaucoup, Where do your tears come from (mon morceau préféré de l’EP Refuge), The Fog (LA bonne surprise) ou encore The Creek.

J’ai beaucoup aimé retrouvé des vieux morceaux comme This farm will end up in fire, Catwalk ou encore Couples on TV que j’écoutais il y a quelques années ; ou des morceaux plus récents comme Mallory’s Height et Switzerland.

Au rang des petites déceptions, j’y mettrais deux morceaux que j’ai beaucoup aimé de l’album Everest. The Spring tout d’abord, dont je préfère le côté « dépouillé » dans la version originale, qui m’évoque davantage le contexte lié au morceau (enregistré en Islande, à partir de bruits ambiants, avec des tonalités très douces-amères). Pour Misses, c’est l’inverse, j’aimais son côté très « instrumental » et cette véritable explosion de sonorités, ici, je trouve qu’il perd un peu de son intensité. D’autres ont apprécié, c’est donc plus une question de goûts qu’autre chose, je pense.

Car c’est vrai que cet album est pour moi réussi, découvrir une autre facette du groupe, des sonorités totalement inédites, croiser Girls in Hawaii là ou je ne les attendais pas, c’est une belle surprise. Pour conclure, j’ai donc envie de répondre un grand « Hello you, nice to meet you » à l’album « Hello Strange » et je suis d’ailleurs assez dégoûtée que leur tournée Hello Strange ne passe pas par Lille cette fois-ci parce que bon sang, ce que ça doit donner en live (et les concerts en Belgique pas trop éloignés de chez moi avaient lieu en semaine sinon j’aurais fait le déplacement) !


Everest de Girls in Hawaii

L'album de la renaissance

Malicia dans Critiques, Musique le 17 avril 2014, avec 2 commentaires
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Il y a quelques années, je découvrais le groupe Girls in Hawaii et je tombais sous le charme de leurs mélodies, du mélancolique Fontanelle au mélodique Summer Storm. Mais depuis, le groupe avait disparu des antennes, marqué par la disparition de Denis Wielemans, batteur et frère de l’un des membres, décédé dans un accident de voiture en 2010.

Everest de Girls in Hawaii

Puis courant 2013, c’est le retour, avec l’album Everest. Un album que je n’ai découvert que sur le tard et dont je suis tombée amoureuse. Un album marqué par le deuil, par des émotions contradictoires, par autant de choses qui évoquent en moi des sentiments que je partage depuis certains deuils qui ne sont pas passés. Cette chronique sera donc avant tout celle d’un coup de cœur et non d’une mélomane avertie, vous êtes prévenus ;)

L’album débute donc sur The Spring. Un morceau enregistré en Islande par Lionel, avant le décès de Denis. Un morceau qui évoque toute la beauté mais aussi la froideur qui peut se dégager de l’arrivée du printemps : l’hiver est passé par là, la vie s’est éteinte, elle reprend son cours, lentement, sûrement, mais ce qui est perdu ne pourra pas être retrouvé.

Girls in Hawaii

On enchaîne sur l’un des morceaux les plus émouvants du groupe qui  m’arrache toujours quelques larmes, le vif du sujet, la perte, le deuil. Le sublime Misses qui concentre tout le talent musical du groupe et son triste « There is always a fall, but it happens too soon ». Le morceau sera complété par le non moins sublime Here I belong et son touchant refrain :

From the stairs you talked right…
I don’t know, oh I don’t know
Where you’ve gone now
I belong, I still belong
To this here and now

Bien sûr, Everest, c’est aussi un album qui évoque la montagne, qui la prend pour symbole, l’impalpable, le sommet, l’inatteignable. Et c’est en évocation à cette montagne que le groupe signe deux des morceaux les plus entraînants de l’album à mon goût, Switzerland et Mallory’s Heights. Rorschach, plus urbain, restera cependant le titre qui me donne le plus envie de me trémousser sur une piste de danse jusqu’à l’aube.

Not Dead de Girls in Hawaii

Enfin, terminons par mon morceau préféré Not dead, une ballade, un morceau profond, plein de belles sonorités (que je ne sais pas définir parce que je suis une buse… no comment). Son refrain à chanter à tue-tête, I’m not dead, I’m just doing wrong. Sa dernière phrase, répétée à l’infini, à se répéter jusqu’à la fin : Until I sleep I forever walk. Une chanson qui nous rappelle que Girls in Hawaii n’est pas mort, mais en convalescence et prêt à en découdre avec l’adversité. Bon retour parmi les vivants, les mecs !


The Cosmic Escape of Admiral Masuka de Verdun

Ami du Doom et du Sludge, bonsoir

illman dans Critiques, Musique le 17 mai 2013, avec aucun commentaire
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The Cosmic Escape of Admiral Masuka c’est le nom un peu barbare du premier EP du groupe de Doom/Sludge tout droit sorti de Montpellier, Verdun soutenu par Head Records. C’est pour une durée de plus de 30 mins que les trois pistes de l’album vont nous transporter ailleurs. L’artwork de la cover a été réalisé par le chanteur, qui est aussi tatoueur pour la petite histoire. Bref si on en revenait à ma petite révélation 2012 de Doom/Sludge, dont l’EP est en écoute gratuite, où l’on trouvera aussi CD et vinyles.

The Cosmic Escape of Admiral Masuka de Verdun

Comme je le disais, l’EP est composé de trois pistes, vous allez dire que ça ne fait pas beaucoup mais je rappelle que l’on a affaire à du Doom aussi. La première piste de l’album, Sons of the Atom, culmine du haut de ses quasi treize minutes et commence déjà par nous assommer avec une intro doomesque et lancinante à souhait.

Et c’est bien parce que le disque essaye de nous raconter une histoire qu’il commence ainsi. La première phase, c’est cette apocalypse nucléaire qui se déclenche, la piste est littéralement radioactive, le tempo est lent, les riffs ultra lourds et le chant crié à la limite du plaintif ferait presque froid dans le dos. On sent que la solitude gagne sur la fin.

Il ne reste plus qu’un homme sur Terre, l’amiral Masuka, pour Last Man Standing, où on accélère un poil le mouvement, on sent une influence psyché par moment à la guitare. Ici encore on touche au canon du Doom pour une piste certes plus courte, 7 mins 30, mais on gagne en intensité. On découvre de la reverb sur la voix pour la dernière partie de la fuite dans l’espace de l’amiral sur JAXA. C’est malsain, c’est halluciné, c’est vraiment très bon.

The Cosmic Escape of Admiral Masuka de Verdun Jaune OrangeLa fin de l’histoire est tragique, vous pourrez vous en douter. Elle est retranscrite par les notes traînantes de la guitare lourdement modifiée par les effets, puis par un final à l’harmonium qui met un peu mal à l’aise. Je ne vois qu’une seule chose à faire pour que vous palpiez cette ambiance, c’est que vous vous lanciez dans son écoute.

Là où The Cosmic Escape of Admiral Masuka arrive à faire fort, c’est qu’il propose trois chansons bien différenciées qui font partir au loin toute impression de déjà entendu et de répétitivité. Cet EP est l’une de mes galettes préférée de 2012 et j’attends avec impatience leur premier album. Et puis écrire cette chronique m’a permis d’apprendre ce qu’était un harmonium et ça, ça n’a pas de prix.


Visions of the Hereafter de John 3:16

Visions of Heaven, Hell and Purgatory

illman dans Critiques, Musique le 1 mai 2013, avec aucun commentaire
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Il y a quelques mois, je chroniquais le split The Pursuit of Salvation qui voyaient à ses commandes FluiD et John 3:16. Aujourd’hui, John 3:16, né Philippe Gerber, revient ici seul pour son premier album Visions of the Hereafter, après une poignée d’EP et le split cité précédemment. Cette galette de Drone/Ambient est sorti en octobre 2012 sous l’égide d’Alrealon Musique et c’est au travers de 9 pistes que l’artiste va s’exprimer, le tout enrobé d’une pochette illustrée par William Schaff.

Visions of the Hereafter de John 3:16

John 3:16 est un vétéran de la scène, il a couru les lives en Europe au sein de la formation Heat from a DeadStar, un groupe d’Alt. Rock Garage Instrumental. Après la séparation du groupe en 2010, le sieur a fait passé son projet solo au premier plan pour se lancer dans l’effervescence du genre que je qualifierais d’Industrial Drone/Ambient Shoegaze. Ouais je sais c’est compliqué, c’est pourquoi je vais un peu détailler ma pensée.

On retrouve tous les instruments d’un groupe de rock normal : guitare, basse et batterie sont au programme mais pas pas comme vous l’entendez. Car une avalanche d’effets différents viennent agrémenter le tout et rare sont les moments où ces sons s’éclaircissent. Il y a une notion de brouillard musical qui n’est pas déplaisante, car des nappes sonores et divers effets électroniques viennent agrémenter le tout. La voix fera même quelque fois son apparition que ce soit pour un court instant de chant masculin clair, des chœurs qui se perdent dans le lointain ou une sorte de diffusion radio pendant le dernier morceau de l’album, Fall of the Damned.

Vous aurez peut-être remarqué que le nom de l’artiste est un verset de la Bible, Jean 3:16 : Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Et là le titre et le sous-titre de l’album prennent un peu de sens. Personnellement je trouve ça un peu glauque l’abondance de références à la religion mais bon, je n’en étais pas encore au bout de mes peines: les neuf titres de l’album se rapportent à ce thème. Après tout, on nous a promis le paradis, l’enfer et le purgatoire. On regrettera l’absence de progression au long de l’album sur cette thématique, on aurait pu s’attendre à une sorte d’histoire avec ce point de départ. Mais le musical n’est pas assez accroché à sa thématique pour contribuer à cet effort. Bref passons outre ce point.

Prises une par une, je trouve les pistes assez excellentes même si les plus longues (au delà de 7 mins) sont à un chouia de devenir répétitives. Certaines pistes relèvent d’une certaine puissance, à l’instar de The Inner Life of God où la batterie dont le son a été gentiment saturé fait grimper l’intensité du morceau. Là où je pense que John 3:16 a péché c’est à mélanger plusieurs genres alternativement sur sa galette. The Ninth Circle, la piste d’ouverture, est clairement Ambient, on a quelques hybrides comme Ascend of the Blessed qui lance une transition vers un pendant plus instrumentaliste.

Visions of the Hereafter de John 3:16Malheureusement ce n’est que la quatrième piste et les percussions de l’introduction de Throne of God, le second morceau, est déjà passé pour ruiner l’ambiance. L’ensemble manque donc d’homogénéité qui aurait pu être atténué par une progressivité de l’album malheureusement un peu mal maîtrisé.

Au final, Visions of the Hereafter de John 3:16 se révèle être une bonne écoute d’ambiance. Loin d’être aussi incisif que dans mes souvenirs sur son précédent effort (le split), il n’en demeure pas moins un élément de la discographie de l’artiste qui encourage à jeter une oreille à ce qu’il pourrait bien pouvoir nous pondre par la suite.


The Pursuit of Salvation de FluiD et John 3:16

Un split WTF OMG BBQ

illman dans Critiques, Musique le 19 septembre 2012, avec aucun commentaire
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The Pursuit of Salvation est un album sorti le 19 mars 2012 dans sa version vinyle et le 25 mai pour la version digitale chez Alrealon Musique. A se partager les 5 pistes de l’album, on trouve les deux artistes FluiD et John 3:16 pour un split d’Ambient du plus bel effet. Étant plutôt un adepte du Dark Ambient, je ne savais pas trop ce qu’un album qualifiait simplement d’Ambient allait pouvoir m’apporter, peut être simplement de nouveaux horizons.

The Pursuit of Salvation de FluiD et John 3:16

Le titre de l’album, The Pursuit of Salvation, est loin d’être neutre, il donne la ligne directrice de l’ensemble et sa thématique. Cela se ressent coté titres des pistes, le tout ayant une consonance très… biblique. Après, il va falloir faire preuve d’imagination pour voir le rapport avec la musique, les échos d’église dans Plague mettent sur la voie entre autres.

FluiD a la primauté de la face A du vinyle avec trois pistes. Cet artiste US originaire de Chicago est porté par son influence Hip-Hop, usant abondamment de scratch, et de l’Electro. Car oui, le son FluiD est electro, il m’arrive d’écouter de l’electro quand c’est bien fait et que c’est intéressant, et là j’ai trouvé que c’était bien le cas. Ambiance oppressante sans forcément être trop sombre, il se dégage un sentiment de malaise des pistes du sieur. Il augmente l’intensité de ses nappes avec quelques instruments, notamment un piano, mais il utilise aussi des samples de voix que ce soit pour donner un effet caverneux avec des choeurs sur Angel Pt. II ou pour donner un aspect inquiétant à des petits bouts de phrases, en les mixant mixant avec du scratch et divers effets sur The Forewarning.

The Pursuit of Salvation Side A de FluiD et John 3:16

John 3:16, vétéran du groupe Heat of a Deathstar, livre quand à lui un son plus chaleureux où se mêleront les nappes avec parfois de la guitare saturée. Mais le ton révèle une ambiance plutôt SF, sans doute pour ça que je préfère cette partie. Le son est plus aérien sur God is Light. Tout comme son comparse il sait aussi se faire inquiétant sur Toward the Red Sea.

Question packaging, l’illustration de pochette est assez étrange, je trouve qu’elle ne colle pas très bien à l’ambiance dégagée par l’album, que ce soit dans l’univers de l’un des artistes ou de l’autre. Collage stylisé représentant une créature qui rassemble un coté démon et un coté angélique, l’artwork de la pochette est réalisé par Trey Crim. Par contre elle soutient le concept, cette dualité qu’on retrouve à même du principe du split avec une vision résolument différente sur chaque face du vinyle.

The Pursuit of Salvation Side B de FluiD et John 3:16

Au final The Pursuit of Salvation n’égayera pas vos soirées d’hiver, c’est pas son genre, mais leur donnera une nouvelle consistance. L’ambiance est au rendez-vous ici, évidemment, il ne faut pas être allergique à l’electro mais bon si vous avez lu jusque là cela ne doit pas être un problème. Le tout est maîtrisé et suffisamment plaisant pour plaire à des non initiés. ifisDead, nouveau refuge de l’Ambient et du Dark Ambient.


Après ma critique de la biographie de Marc Bolan, il fallait bien que je parle de sa musique. J’ai donc choisi sur mon étagère cet album, quasi best-of composé de 2 CDs et de 45 pistes, sorti en 2005. La compilation est édité par Demon Music Group et dirigée par Dr Robert (nan mais c’est qui ce mec ?). Je peux vous assurer que c’est compliqué de trouver un CD intéressant du groupe, il faut déjà passer l’épreuve de la graphie, T.Rex, T-Rex, ou T. Rex ? J’en passe, et pas des meilleurs, ce qui rend les recherches au mieux complexes, au pire chiantes, notamment si vous utilisez Spotify. Le pire c’est que Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan n’est disponible qu’en import, même si Amazon fait que ce n’est plus un problème. Bon, si on parlait musique maintenant.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex

La compilation ressemble à une foire, il n’y a pas vraiment de cohérence dans l’ordre de titres, pas de distinction par époque par exemple. Enfin si, mais c’est plutôt léger, c’est un peu tout mélangé. On démarre le CD1 avec l’excellent 20th Century Boy, chanson que j’adore, pour enchaîner sur ses plus gros titres majoritairement tiré de l’album Tanx. Le Glam Rock est bien en route, riffs de guitare endiablés, avec la voix chevrotante et envoutante de Marc Bolan par dessus, on sent une certaine extravagance. Musicalement, c’est un peu une sorte de florilège de ses meilleurs titres, avec certains qui ont été entendus plus tard grâce à des reprises, Buick Mackane par les Guns ou encore Children of the Revolution par Scorpions pour n’en citer que deux.

Arrivé au CD2 on commence à atteindre des chansons pétries de faiblesses, avec des morceaux Pop pas terribles où Marc Bolan se laissait aller à la simplicité des refrains scandés en boucle, comme sur l’insupportable Think Zinc. On retrouve aussi la désespérément mielleuse Whatever happened to the Teenage Dream qui, même si elle n’est pas spécialement mauvaise, fait un peu tache au milieu des autres pistes. Pour remonter le niveau, des pistes plus intéressantes comme Broken-Hearted Blues tiré de Tanx, toujours lui, se baladent sur la liste. Ce deuxième CD n’est guère sorti de sa boite avec moi.

Tanx de T.Rex

Une bonne partie des titres est tirée de l'album Tanx

Ce qui peut surprendre aussi, c’est qu’il y a beaucoup de chœur sur les chansons de T.Rex, et c’est encore plus marqué sur les chansons de l’époque, où il se tournait vers la Soul et tentait de conquérir l’Amérique. C’est notamment le cas pendant la période de l’album Tanx, et sur les chansons Mad Donna et Country Honey par exemple. Ce coté systématique n’existe plus dans le Pop Rock de nos jours.

Après on peut râler plus fort sur le contenu vu qu’on ne trouve pas son premier tube, Ride a white swan. Pour l’introduire, peut être que le premier hit de Marc Bolan, ça aurait été pas mal. Mais encore, admettons. Hérésie ultime par contre, il n’y a même pas Get it On. Pour remettre les pendules à l’heure, tout ce qui date d’avant l’album The Slider, son 7ème album, n’est pas présent et je trouve ça terriblement dommage. D’un autre coté ça doit être un enfer de droits, entre les rééditions, les changements de maisons de disque, les rachats, on n’y comprend plus rien au bout d’un moment… Par exemple, pour illustrer le beau bazar, 20th Century Boy n’est présent sur aucun album original mais sur la réédition de 73 de Tanx.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex CoverPour le packaging, on donne dans le classique jewel case, avec le support pour deux CDs à l’intérieur, donc rien de bien solide. Le booklet se contente du strict minimum, deux photos, un petit texte sur Marc Bolan et la liste des pistes. Pas transcendant, heureusement qu’il n’y a pas marqué collector sur la boite. Les artworks sur les CD reprennent des photos du booklet et j’avoue avoir un faible pour le premier CD qui reprend la pochette de l’album. Le tout est inséré dans un carton pas très utile ni beau.

Au final, Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan est une compilation qui ne regroupe pas vraiment le meilleur de T.Rex, et qui ne fait pas dans l’exhaustif, c’est un dispensable. Mieux vaut se tourner vers The Essential Collection, Marc Bolan & T.Rex, ou sur un album d’époque comme Tanx, The Slider ou encore Dandy in the Underworld. Par contre brûlez, Bolan’s Zip Gun. On se quitte sur ma chanson préférée du groupe, avec des images d’archives qui vous permettra sans doute de vous faire une idée.


Les groupes dont je suis avidement l’actualité sont bien rares, pour ainsi dire inexistants. La plupart du temps, je ne suis pas assez mis au courant et je n’apprends la sortie d’un album qu’une fois ce dernier dans les bacs. Pas de chance avec Pandora’s Piñata, le nouveau Diablo Swing Orchestra, dont j’ai très tôt suivi l’actualité et que j’ai attendu pendant d’interminables mois, au fil des annonces de la page Facebook du groupe. Mais voilà, ça y est, la nouvelle galette du groupe d’Opera Jazz Metal Symphonique, casé dans le fourre-tout Avant-Garde Metal, s’est enfin laissée écouter, quelques semaines avant sa sortie. Alors, ça donne quoi ce troisième album ?

Diablo Swing Orchestra Pandora Pinata Promo

Ce qui est marrant avec les groupes qui signent un excellent premier CD, The Butcher’s Ballroom pour DSO, c’est qu’on les attend au tournant. D’abord, c’est savoir s’ils vont réussir à faire un second qui ne sera pas en demi-teinte, ensuite, c’est voir si la sauce ne va pas lasser au troisième. Bref, à chaque fois un nouveau défi, tant « faire aussi bien » qui se traduit pourtant par « faire de l’excellent » n’est pas une option. Sing Along Songs for Damned & Delirious, il faut le dire, avait largement réussi le défi. L’album était excellent, complètement délirant et entraînant.

Pour Pandora’s Piñata le groupe suédois quitte l’ambiance de la fête foraine hantée et effrayante pour des environnements un peu plus variés. On a d’un côté la Nouvelle-Orléans et le Jazz-Boogie des musiciens du coin sur l’excellente introduction Voodoo Mon Amour par exemple, un côté un peu plus enfantin avec un Black Box Messiah. La rythmique de l’album est d’ailleurs vraiment cassée par certains morceaux, et si les deux premiers morceaux de l’album donnent le ton du dansant, il faudra avouer que l’album contient quelques titres assez calmes. On pense notamment à Kelvar Sweethearts, qui troque le rythme endiablé des premiers titres avec une musique de fond sur laquelle Annlouice Loegdlund pousse la balade de façon agréable. Malheureusement, on ne pourra pas en dire autant d’Aurora, morceau lent au possible avec voix et instrumentation qui ne dénoterait pas dans une comédie musicale Disney. Si elle n’est pas forcément ratée, en admettant que ça soit votre trip, elle vient complètement casser cet album en deux.

C’est d’autant plus embêtant qu’avant cette coupure indésirable, on retrouvait un début d’album qui réussissait à renouveler les sonorités du groupe tout en gardant bien l’âme de Diablo Swing Orchestra. On avait bien entendu droit aux morceaux qui tirent pleinement partie des nombreux instruments du groupes, cordes et trompettes, comme sur Exit Strategy of a Wrecking Ball notamment, complètement DSO-esque avec ses ponts et ses coupures de rythmiques. Annlouice y laisse d’ailleurs la voix principale à Daniel Hakansson qu’on découvre là pour la première fois il me semble en lead, avec une très belle voix. Guerilla Laments n’est pas non plus en reste et donne le ton de la rythmique en tant que deuxième titre de l’album, avec son introduction à la trompette.

La voix masculine du groupe est sur cet album bien plus présente qu’elle ne l’était, du moins dans mes souvenirs, sur les autres. On la retrouve en lead sur Exit, mais aussi très présente sur Black Box Messiah ou encore Mass Rapture. Daniel quitte sa voix assez Death et grave des précédents albums pour une voix plus claire. C’est assez inhabituel, et si je devais y regretter quelque chose, c’est la quasi absence de dialogues entre les deux voix.

Mais si le groupe est au rendez-vous avec ses musicalités habituelles, coupures, trompettes, là où on ne l’attendait pas c’était dans le domaine de l’electro. Avec une rythmique bien forte et une guitare avec effets en fil rouge, Black Box Messiah est assurément le morceau qui surprend le plus. La basse s’y fait moins lourde, la contre-basse presque complètement absente et le groupe fait place, pour ses refrains, à une voix nasillarde de gosses. Tout simplement génial et déjanté. Ce morceau vaut à lui seul l’affront d’Aurora. Mais ce n’est pas tout, et on remarquera des petits arrangements par ci par là dans l’ensemble des morceaux qui donnent une patte différente à ce Pandora’s Piñata, une certaine personnalité que l’on ne connaissait pas au groupe.

Diablo Swing Orchestra Pandora's Piñata CoverEnfin, pour le final de près de 8 minutes, on retrouve Justice For Saint Mary. Le morceau commence lentement, et va même nous faire croire le pire: serait-ce un Aurora bis ? Après Annlouice, voilà-t’y pas que c’est au tour de Daniel de nous faire sa petite balade ? Les cordes se mettent doucement en fond, avec un tempo plus rapide, mais le tout prend son temps, sans pour autant être désagréable cette fois ci. Une sortie au tempo lent et musical, pourquoi pas. L’instrumentation devient plus intense, avec des cordes dissonantes qui font peu à peu monter l’aspect dérangeant du morceau. Et puis, il y a le début de cette sixième minute, suivie de la septième et de la huitième. Des minutes géniales, à l’instrumentation complètement inattendue, grandiloquente, envoutante, qui ne donne qu’une envie: repasser l’album en entier.

Que dire de ce Pandora’s Piñata si ce n’est qu’il a tourné en boucle depuis que j’ai pu le mettre dans mon lecteur ? Ce nouvel album de Diablo Swing Orchestra arrive à s’affranchir de ses deux grands frères, à donner un nouveau souffle, de nouvelles sonorités. Le temps où je n’avais que deux choix lorsque je voulais écouter un album du groupe est désormais révolu. J’en aurai trois. Et vu la qualité des deux précédentes galettes, cela veut tout dire. A dans 3 ans. Vite !


The Asylum de Instant Pyrolysis

Serafina dans Critiques, Musique le 3 avril 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Instant Pyrolysis est un projet d’Industrial Dark Ambient français. Le groupe est pour le moment composé d’une seule personne, son fondateur Valenten, qui compose et joue tout l’album, exception faite des deux featurings. Le tout premier album du projet est donc sorti au début du mois de mars et s’appelle The Asylum. Un titre qui ne vous étonnera pas si vous aviez vu le clip que je vous avais présenté il y a quelques mois.

The Asylum de Instant Pyrolysis

L’Industrial Dark Ambient n’est surement pas un genre facile d’accès, et ce n’est pas Instant Pyrolysis qui me fera mentir. Pour un auditeur néophyte, les 11 pistes de l’album durant chacune entre 3 et 8 minutes, ne sembleront qu’être du bruit. Pourtant, il n’en est rien. Comme pour Cities Last Broadcast que vous avais présenté illman, on est là dans le domaine de l’ambiance et ce n’est pas un album qu’on peut écouter comme ça, à l’arrache.

La majorité des morceaux, soyons honnêtes, c’est du Drone, un style de musique à base de bourdonnements, qui peuvent rebuter. Mais quand on prend le temps, on se rend compte des ambiances à la fois lourdes, désolées et diablement inquiétantes que génèrent les pistes. On est immédiatement happé par cet univers froid, à la limite de la désolation, et surtout très très pessimiste. La lumière, vous n’en trouverez quasiment pas dans ce CD. Les drones sont agrémentés de murmures inquiétants sur The Voices Inside.

Malgré les ajouts type murmures, bruits de chute et autres, la plupart des pistes se ressemblent fortement, et il est difficile de réellement les distinguer les unes des autres, ce qui est dommage, surtout sur un CD aussi long. L’album est en quelque sorte un album concept autour du thème des asiles et des méthodes « anciennes » de traitement des pathologies. C’est un sujet, vous le savez peut-être, qui me fascine, et je raffole d’histoires d’asiles et de ce genre d’ambiance, bien qu’évidemment on pourrait dire que c’est assez cliché.

The Asylum de Instant Pyrolysis

L’album suit la progression d’un patient, des premiers problèmes avec Early Symptoms, la première piste, au traitements de plus en plus agressifs, An Icy Bath, Electro Convulsive Therapy et enfin Lobotomy. En réalité, à moins de lire les titres et le site web, je n’aurais pas deviné moi-même qu’il s’agissait d’un concept sur les asiles. En effet, il manque pour moi la folie inhérente à ce type d’endroit. Cela m’évoque plus une terre désolée, ou un asile, mais un asile abandonné.

Je regrette cependant que la piste, à mon avis la plus forte et la plus angoissante, soit placée en deuxième position. Il s’agit de Commital qui mêle les compositions froides et dépouillées de Valenten à la voix lyrique et puissante de Marionita Paige. Le mélange est juste parfait, la voix lyrique se faisant inquiétante, lointaine et angoissante. L’ordre des pistes s’explique par le concept, mais du coup, l’album en lui même y perd. Le deuxième featuring de l’album se retrouve sur la dernière piste, Escape, où Marc Hoyland, que je ne connais point, joue des claviers. Là encore, le mélange marche du tonnerre, et les claviers très mélodiques contribuent à inquiéter l’auditeur.

The Asylum de Instant PyrolysisEn somme, The Asylum n’est pas un mauvais album, certaines pistes sont même tout bonnement géniales, Commital en tête. Cependant, entre Commital et The Escape, les pistes m’ont semblées moins intéressantes, et manquant un peu de corps. L’ambiance est là, et cet album vous plongera à souhait dans un univers désolé et sombre.

Le Drone n’est pas facile d’accès mais si vous aimez le genre, je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à ce projet français ! L’album est disponible pour 9€ sur leur site officiel. On regrettera simplement de ne pas pouvoir l’écouter sur un service de streaming, permettant une découverte plus aisée.