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Après ma critique de la biographie de Marc Bolan, il fallait bien que je parle de sa musique. J’ai donc choisi sur mon étagère cet album, quasi best-of composé de 2 CDs et de 45 pistes, sorti en 2005. La compilation est édité par Demon Music Group et dirigée par Dr Robert (nan mais c’est qui ce mec ?). Je peux vous assurer que c’est compliqué de trouver un CD intéressant du groupe, il faut déjà passer l’épreuve de la graphie, T.Rex, T-Rex, ou T. Rex ? J’en passe, et pas des meilleurs, ce qui rend les recherches au mieux complexes, au pire chiantes, notamment si vous utilisez Spotify. Le pire c’est que Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan n’est disponible qu’en import, même si Amazon fait que ce n’est plus un problème. Bon, si on parlait musique maintenant.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex

La compilation ressemble à une foire, il n’y a pas vraiment de cohérence dans l’ordre de titres, pas de distinction par époque par exemple. Enfin si, mais c’est plutôt léger, c’est un peu tout mélangé. On démarre le CD1 avec l’excellent 20th Century Boy, chanson que j’adore, pour enchaîner sur ses plus gros titres majoritairement tiré de l’album Tanx. Le Glam Rock est bien en route, riffs de guitare endiablés, avec la voix chevrotante et envoutante de Marc Bolan par dessus, on sent une certaine extravagance. Musicalement, c’est un peu une sorte de florilège de ses meilleurs titres, avec certains qui ont été entendus plus tard grâce à des reprises, Buick Mackane par les Guns ou encore Children of the Revolution par Scorpions pour n’en citer que deux.

Arrivé au CD2 on commence à atteindre des chansons pétries de faiblesses, avec des morceaux Pop pas terribles où Marc Bolan se laissait aller à la simplicité des refrains scandés en boucle, comme sur l’insupportable Think Zinc. On retrouve aussi la désespérément mielleuse Whatever happened to the Teenage Dream qui, même si elle n’est pas spécialement mauvaise, fait un peu tache au milieu des autres pistes. Pour remonter le niveau, des pistes plus intéressantes comme Broken-Hearted Blues tiré de Tanx, toujours lui, se baladent sur la liste. Ce deuxième CD n’est guère sorti de sa boite avec moi.

Tanx de T.Rex

Une bonne partie des titres est tirée de l'album Tanx

Ce qui peut surprendre aussi, c’est qu’il y a beaucoup de chœur sur les chansons de T.Rex, et c’est encore plus marqué sur les chansons de l’époque, où il se tournait vers la Soul et tentait de conquérir l’Amérique. C’est notamment le cas pendant la période de l’album Tanx, et sur les chansons Mad Donna et Country Honey par exemple. Ce coté systématique n’existe plus dans le Pop Rock de nos jours.

Après on peut râler plus fort sur le contenu vu qu’on ne trouve pas son premier tube, Ride a white swan. Pour l’introduire, peut être que le premier hit de Marc Bolan, ça aurait été pas mal. Mais encore, admettons. Hérésie ultime par contre, il n’y a même pas Get it On. Pour remettre les pendules à l’heure, tout ce qui date d’avant l’album The Slider, son 7ème album, n’est pas présent et je trouve ça terriblement dommage. D’un autre coté ça doit être un enfer de droits, entre les rééditions, les changements de maisons de disque, les rachats, on n’y comprend plus rien au bout d’un moment… Par exemple, pour illustrer le beau bazar, 20th Century Boy n’est présent sur aucun album original mais sur la réédition de 73 de Tanx.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex CoverPour le packaging, on donne dans le classique jewel case, avec le support pour deux CDs à l’intérieur, donc rien de bien solide. Le booklet se contente du strict minimum, deux photos, un petit texte sur Marc Bolan et la liste des pistes. Pas transcendant, heureusement qu’il n’y a pas marqué collector sur la boite. Les artworks sur les CD reprennent des photos du booklet et j’avoue avoir un faible pour le premier CD qui reprend la pochette de l’album. Le tout est inséré dans un carton pas très utile ni beau.

Au final, Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan est une compilation qui ne regroupe pas vraiment le meilleur de T.Rex, et qui ne fait pas dans l’exhaustif, c’est un dispensable. Mieux vaut se tourner vers The Essential Collection, Marc Bolan & T.Rex, ou sur un album d’époque comme Tanx, The Slider ou encore Dandy in the Underworld. Par contre brûlez, Bolan’s Zip Gun. On se quitte sur ma chanson préférée du groupe, avec des images d’archives qui vous permettra sans doute de vous faire une idée.


Les groupes dont je suis avidement l’actualité sont bien rares, pour ainsi dire inexistants. La plupart du temps, je ne suis pas assez mis au courant et je n’apprends la sortie d’un album qu’une fois ce dernier dans les bacs. Pas de chance avec Pandora’s Piñata, le nouveau Diablo Swing Orchestra, dont j’ai très tôt suivi l’actualité et que j’ai attendu pendant d’interminables mois, au fil des annonces de la page Facebook du groupe. Mais voilà, ça y est, la nouvelle galette du groupe d’Opera Jazz Metal Symphonique, casé dans le fourre-tout Avant-Garde Metal, s’est enfin laissée écouter, quelques semaines avant sa sortie. Alors, ça donne quoi ce troisième album ?

Diablo Swing Orchestra Pandora Pinata Promo

Ce qui est marrant avec les groupes qui signent un excellent premier CD, The Butcher’s Ballroom pour DSO, c’est qu’on les attend au tournant. D’abord, c’est savoir s’ils vont réussir à faire un second qui ne sera pas en demi-teinte, ensuite, c’est voir si la sauce ne va pas lasser au troisième. Bref, à chaque fois un nouveau défi, tant « faire aussi bien » qui se traduit pourtant par « faire de l’excellent » n’est pas une option. Sing Along Songs for Damned & Delirious, il faut le dire, avait largement réussi le défi. L’album était excellent, complètement délirant et entraînant.

Pour Pandora’s Piñata le groupe suédois quitte l’ambiance de la fête foraine hantée et effrayante pour des environnements un peu plus variés. On a d’un côté la Nouvelle-Orléans et le Jazz-Boogie des musiciens du coin sur l’excellente introduction Voodoo Mon Amour par exemple, un côté un peu plus enfantin avec un Black Box Messiah. La rythmique de l’album est d’ailleurs vraiment cassée par certains morceaux, et si les deux premiers morceaux de l’album donnent le ton du dansant, il faudra avouer que l’album contient quelques titres assez calmes. On pense notamment à Kelvar Sweethearts, qui troque le rythme endiablé des premiers titres avec une musique de fond sur laquelle Annlouice Loegdlund pousse la balade de façon agréable. Malheureusement, on ne pourra pas en dire autant d’Aurora, morceau lent au possible avec voix et instrumentation qui ne dénoterait pas dans une comédie musicale Disney. Si elle n’est pas forcément ratée, en admettant que ça soit votre trip, elle vient complètement casser cet album en deux.

C’est d’autant plus embêtant qu’avant cette coupure indésirable, on retrouvait un début d’album qui réussissait à renouveler les sonorités du groupe tout en gardant bien l’âme de Diablo Swing Orchestra. On avait bien entendu droit aux morceaux qui tirent pleinement partie des nombreux instruments du groupes, cordes et trompettes, comme sur Exit Strategy of a Wrecking Ball notamment, complètement DSO-esque avec ses ponts et ses coupures de rythmiques. Annlouice y laisse d’ailleurs la voix principale à Daniel Hakansson qu’on découvre là pour la première fois il me semble en lead, avec une très belle voix. Guerilla Laments n’est pas non plus en reste et donne le ton de la rythmique en tant que deuxième titre de l’album, avec son introduction à la trompette.

La voix masculine du groupe est sur cet album bien plus présente qu’elle ne l’était, du moins dans mes souvenirs, sur les autres. On la retrouve en lead sur Exit, mais aussi très présente sur Black Box Messiah ou encore Mass Rapture. Daniel quitte sa voix assez Death et grave des précédents albums pour une voix plus claire. C’est assez inhabituel, et si je devais y regretter quelque chose, c’est la quasi absence de dialogues entre les deux voix.

Mais si le groupe est au rendez-vous avec ses musicalités habituelles, coupures, trompettes, là où on ne l’attendait pas c’était dans le domaine de l’electro. Avec une rythmique bien forte et une guitare avec effets en fil rouge, Black Box Messiah est assurément le morceau qui surprend le plus. La basse s’y fait moins lourde, la contre-basse presque complètement absente et le groupe fait place, pour ses refrains, à une voix nasillarde de gosses. Tout simplement génial et déjanté. Ce morceau vaut à lui seul l’affront d’Aurora. Mais ce n’est pas tout, et on remarquera des petits arrangements par ci par là dans l’ensemble des morceaux qui donnent une patte différente à ce Pandora’s Piñata, une certaine personnalité que l’on ne connaissait pas au groupe.

Diablo Swing Orchestra Pandora's Piñata CoverEnfin, pour le final de près de 8 minutes, on retrouve Justice For Saint Mary. Le morceau commence lentement, et va même nous faire croire le pire: serait-ce un Aurora bis ? Après Annlouice, voilà-t’y pas que c’est au tour de Daniel de nous faire sa petite balade ? Les cordes se mettent doucement en fond, avec un tempo plus rapide, mais le tout prend son temps, sans pour autant être désagréable cette fois ci. Une sortie au tempo lent et musical, pourquoi pas. L’instrumentation devient plus intense, avec des cordes dissonantes qui font peu à peu monter l’aspect dérangeant du morceau. Et puis, il y a le début de cette sixième minute, suivie de la septième et de la huitième. Des minutes géniales, à l’instrumentation complètement inattendue, grandiloquente, envoutante, qui ne donne qu’une envie: repasser l’album en entier.

Que dire de ce Pandora’s Piñata si ce n’est qu’il a tourné en boucle depuis que j’ai pu le mettre dans mon lecteur ? Ce nouvel album de Diablo Swing Orchestra arrive à s’affranchir de ses deux grands frères, à donner un nouveau souffle, de nouvelles sonorités. Le temps où je n’avais que deux choix lorsque je voulais écouter un album du groupe est désormais révolu. J’en aurai trois. Et vu la qualité des deux précédentes galettes, cela veut tout dire. A dans 3 ans. Vite !


The Asylum de Instant Pyrolysis

Serafina dans Critiques, Musique le 3 avril 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Instant Pyrolysis est un projet d’Industrial Dark Ambient français. Le groupe est pour le moment composé d’une seule personne, son fondateur Valenten, qui compose et joue tout l’album, exception faite des deux featurings. Le tout premier album du projet est donc sorti au début du mois de mars et s’appelle The Asylum. Un titre qui ne vous étonnera pas si vous aviez vu le clip que je vous avais présenté il y a quelques mois.

The Asylum de Instant Pyrolysis

L’Industrial Dark Ambient n’est surement pas un genre facile d’accès, et ce n’est pas Instant Pyrolysis qui me fera mentir. Pour un auditeur néophyte, les 11 pistes de l’album durant chacune entre 3 et 8 minutes, ne sembleront qu’être du bruit. Pourtant, il n’en est rien. Comme pour Cities Last Broadcast que vous avais présenté illman, on est là dans le domaine de l’ambiance et ce n’est pas un album qu’on peut écouter comme ça, à l’arrache.

La majorité des morceaux, soyons honnêtes, c’est du Drone, un style de musique à base de bourdonnements, qui peuvent rebuter. Mais quand on prend le temps, on se rend compte des ambiances à la fois lourdes, désolées et diablement inquiétantes que génèrent les pistes. On est immédiatement happé par cet univers froid, à la limite de la désolation, et surtout très très pessimiste. La lumière, vous n’en trouverez quasiment pas dans ce CD. Les drones sont agrémentés de murmures inquiétants sur The Voices Inside.

Malgré les ajouts type murmures, bruits de chute et autres, la plupart des pistes se ressemblent fortement, et il est difficile de réellement les distinguer les unes des autres, ce qui est dommage, surtout sur un CD aussi long. L’album est en quelque sorte un album concept autour du thème des asiles et des méthodes « anciennes » de traitement des pathologies. C’est un sujet, vous le savez peut-être, qui me fascine, et je raffole d’histoires d’asiles et de ce genre d’ambiance, bien qu’évidemment on pourrait dire que c’est assez cliché.

The Asylum de Instant Pyrolysis

L’album suit la progression d’un patient, des premiers problèmes avec Early Symptoms, la première piste, au traitements de plus en plus agressifs, An Icy Bath, Electro Convulsive Therapy et enfin Lobotomy. En réalité, à moins de lire les titres et le site web, je n’aurais pas deviné moi-même qu’il s’agissait d’un concept sur les asiles. En effet, il manque pour moi la folie inhérente à ce type d’endroit. Cela m’évoque plus une terre désolée, ou un asile, mais un asile abandonné.

Je regrette cependant que la piste, à mon avis la plus forte et la plus angoissante, soit placée en deuxième position. Il s’agit de Commital qui mêle les compositions froides et dépouillées de Valenten à la voix lyrique et puissante de Marionita Paige. Le mélange est juste parfait, la voix lyrique se faisant inquiétante, lointaine et angoissante. L’ordre des pistes s’explique par le concept, mais du coup, l’album en lui même y perd. Le deuxième featuring de l’album se retrouve sur la dernière piste, Escape, où Marc Hoyland, que je ne connais point, joue des claviers. Là encore, le mélange marche du tonnerre, et les claviers très mélodiques contribuent à inquiéter l’auditeur.

The Asylum de Instant PyrolysisEn somme, The Asylum n’est pas un mauvais album, certaines pistes sont même tout bonnement géniales, Commital en tête. Cependant, entre Commital et The Escape, les pistes m’ont semblées moins intéressantes, et manquant un peu de corps. L’ambiance est là, et cet album vous plongera à souhait dans un univers désolé et sombre.

Le Drone n’est pas facile d’accès mais si vous aimez le genre, je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à ce projet français ! L’album est disponible pour 9€ sur leur site officiel. On regrettera simplement de ne pas pouvoir l’écouter sur un service de streaming, permettant une découverte plus aisée.


London Underground de The Artramps

Serafina dans Critiques, Musique le 31 mars 2012, avec aucun commentaire
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The Artramps est un groupe de quatre jeunes tourangeaux formé en 2007. Ce n’est pas la première fois qu’on essaie de vous faire découvrir des groupes de notre région dans nos colonnes, on vous a déjà parlé des Surgeries et d’Adrana, c’est désormais au tour du quator très influencé par le rock des années 70′s d’être présenté sur nos colonnes, à l’occasion de leur premier single.

The Artramps

La formation est comme de nombreux petits groupes avant tout un groupe de scène. Nous les avons vu à plusieurs reprises à Blois ou à la MJC de Romorantin au cours des 3 dernières années, et la progression autant au niveau du son qu’au niveau de la prestation scénique nous avait épaté. De petit groupe faisant des reprises dans leur garage, ils sont devenus ultra efficaces en live. Il était donc logique que le groupe passe au niveau supérieur et enregistre son premier single, leurs compositions envoyant plutôt bien en live, il faut le dire.

London Underground de The ArtrampsPour ce premier single, le groupe a enregistré deux titres au Tempo Loco, studio localisé à Tours, London Underground et  Speaker’s Corner’s Fools. Deux morceaux d’un peu plus de trois minutes et chantés intégralement en anglais, avec un bon petit solo en son milieu. Il faut avouer que le son est très old school, dans les riffs, dans les tonalités et dans les guitares incisives. On sent bien entendu l’influence londonienne dans les titres et les paroles mais pas que. Il faut dire que lorsqu’on est dans la mouvance du classic rock, l’Angleterre n’est jamais bien loin.

Si le groupe doit beaucoup à l’efficacité des mélodies et des riffs, le chant n’est pas en reste. Damien, leur chanteur, à une voix un peu rauque, un peu éraillée, qui colle parfaitement à leur son. Le mixage est plutôt bon, bien que la voix soit peut être un poil trop en retrait sur certains passages de London Underground. Il donne en tout cas, associé aux effets des guitares, un certain cachet usé et vieux, presque authentique de l’époque. On pourra aussi regretter parfois le ton utilisé dans certains passages, pas toujours en adéquation avec la musique. Seul reproche, les paroles sont assez difficilement compréhensibles et je regrette l’absence d’une section « paroles » sur leur site web.

Bref, ce premier single, c’est pour The Artramps du tout bon : classique, mais efficace, sans défaut majeur. C’est bien entendu un groupe que je vous encourage à écouter ou à voir si vous en avez l’occasion, le single étant disponible sur Deezer et Spotify. De notre côté, on espère bien que le groupe aura l’occasion de se développer et d’enregistrer d’autres morceaux.


Requiem for the Indifferent de Epica

Serafina dans Critiques, Musique le 13 mars 2012, avec 3 commentaires
Critiques

Après un Design Your Universe qui avait divisé la rédaction (moi je ne l’ai pas aimé, mais dabYo oui), Epica revient en ce mois de mars avec son 5ème album studio: Requiem for the Indifferrent. On y retrouve une pochette plutôt jolie, mais un peu surprenante de la part du groupe. Les premiers morceaux révélés sur le net semblaient de bonne augure, voici venu le moment d’écouter de plus près cette galette, et surtout, en entier.

Requiem for the Indifferent de Epica Promo

Dès le début, pas de surprise, une introduction instrumentale et martiale, une piste d’ouverture qui envoie et un single. Ça vous rappelle quelque chose ? Oui, c’est bien le même schéma que celui de Design Your Universe. Ceci dit, dès le début, ou plutôt dès Monopoly of Truth, on remarque l’un des changements majeurs de l’album: la mise en avant des voix et de celle de Simone surtout, qui chante assez différemment mais qui, sur CD du moins, semble avoir fait de considérables progrès, en étant plus assumée qu’auparavant. On retrouve sa voix lyrique sur pas mal des refrains, mais aussi des vocalises orientales de Requiem for the Indifferent, bien mieux maitrisés que sur un Cry for the Moon.

Je sais que ce changement divise et divisera, mais ici je dois dire que je suis plutôt convaincue, les lignes de chant sont moins linéaires et il y a plus d’amplitude. Et il faut bien le dire, les chœurs de Monopoly of Truth font sacrément penser à l’époque Consign to Oblivion. Le single déjà dévoilé, Storm The Sorrow, reste efficace et correct, sans être aussi pire qu’un Never Enough, il va à l’essentiel et se laisse écouter.

Dans l’ensemble l’accent a été mis sur la voix féminine mais c’est malheureusement au détriment des grunt de Mark Jansen, qui sont bien moins présents qu’auparavant, et surtout des guitares. Après avoir eu la part belle dans Design Your Universe, ces dernières sont cruellement absentes du mix, hormis sur quelques soli. Soli qu’on retrouve d’ailleurs plusieurs fois avec un son clair comme sur celui de Delirium, très oldschool que personnellement j’apprécie beaucoup. C’est tout de même dommage d’avoir deux guitaristes et d’entendre aussi peu les guitares…

Requiem for the Indifferent de Epica Single

A vrai dire, outre Monopoly of Truth et Storm the sorrow, qui avaient déjà été dévoilées et que j’avais donc écouté plusieurs fois, j’ai eu du mal, au début en tout cas, à entrer dans l’album. Et c’est seulement en une semaine et quelque chose comme 25 écoutes que finalement, je peux en faire la chronique. Ce qui veut dire que oui, Requiem for the Indifferent est complexe, et même trop sans doute.

Car si on omet quelques titres très directs, Storm the Sorrow, Delirium et sa ballade au piano, ou encore Guilty Demeanor, il vous faudra plusieurs écoutes pour saisir les morceaux. En effet, si Epica a toujours aimé les constructions bizarres et les contrastes importants entre les parties d’un même morceau. Cette habitude est ici poussée peut être un peu loin, et il y a parfois tellement d’éléments dans un seul morceau qu’on peine à saisir qu’il s’agit du même morceau… C’est notamment le cas sur Avalanche dont le final est bien éloigné du début, ou sur la piste titre qui comprend tellement de parties qu’on en perd complètement le fil. Ce qui est dommage, car Requiem for the Indifferent est sans doute un des meilleurs morceaux : l’utilisation des sons arabisants est bien mené, les chœurs sont beaux.

Cette complexité ne sert pas forcément l’album et étouffe un peu les compositions. Compositions sur lesquelles il faut bien dire que malheureusement, il n’y a pas énormément d’originalité. En fait, si on omet la nouvelle manière de chanter et les soli en son clair, il n’y a pas grand chose d’inédit dans cet Epica. On retrouve un peu toujours les mêmes schémas en plus complexes et les mêmes thèmes. La piste titre ne fait guère penser qu’à un ripoff de Consign to Oblivion. Oui c’est efficace et tout, mais c’est déjà vu.

Simone Simons Requiem for the Indifferent de Epica Promo

Trois morceaux font office de ballades ou de power ballade: Delirium, Guilty Demeanor et Deep Water Horizon. L’enchainement des deux dernières, juste après un break instrumental au piano Anima, a tendance à rendormir l’auditeur pourtant bien mis en jambe par le très sympathique Requiem. Sur un album de 75 minutes, ce genre de perte d’attention est fatal… Et c’est bien dommage car les derniers morceaux sont de très bonne facture : Stay the Course, d’abord, et malgré ses paroles un peu mièvres à base de Stand focused, stay strong, Stay the course. Puis le très engagé Deter The Tyrant avec son discours politique dans la plus pure tradition Epica, et Avalanche à la deuxième partie géniale à base de chœurs enlevés !

Requiem for the Indifferent de Epica CoverIl me sera impossible de vous parler de la dernière piste, Serenade of Self Destruction, qui est pourtant supposément la meilleure de l’album, car pour une raison inconnue tous les CDs (ou presque) ont été gravés avec une version de la dernière piste sans les voix ! C’est donc sur ma galette une piste instrumentale, qui ne reflète absolument pas ce qu’est réellement le morceau, disponible sur iTunes dans sa vraie version. J’ai du mal à comprendre qu’en 2012 on puisse faire une telle erreur mais…

Au final, Requiem for the Indifferent n’est pas un mauvais album une fois qu’on a pu entrer dedans. Il contient ses morceaux d’épique, ses chœurs magistraux, de jolis voix et des jolis soli. Mais malheureusement l’absence de guitares, de grunts et la complexité parfois inutiles font que l’album reste en deçà de ses prédécesseurs. Je suis curieuse cependant de voir le groupe évoluer et peut être sortir de ses carcans !


Leverage de Lyriel

Serafina dans Critiques, Musique le 7 mars 2012, avec 2 commentaires
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Lyriel est un groupe de pop Folk Metal dont nous avons ici beaucoup apprécié les deux derniers albums, Autumntales et Paranoid Circus. Ce groupe allemand propose en effet un Metal plutôt très doux, mêlé de beaucoup de nombreux instruments aux sonorités folk, qui se rapproche du folk de Blackmore’s Night plus que de celui d’Eluveitie si vous voyez le genre. Une musique plutôt atmosphérique, pas vraiment du genre à vous faire danser la polka dans un circle pit.

Photo promo de Leverage de Lyriel

Leverage est donc sorti le 15 février dernier, dans un relatif anonymat sous le label AFM Records. L’album se compose de 10 pistes pour un total de moins de 40 minutes, dont une intro When It’s Coming To An End d’une minute quarante. Je trouve cela un peu limite comme durée pour du Metal, surtout au prix d’un CD de nos jours, mais bon.

Dès la première vraie piste, Leverage on remarque que le groupe a choisi de mettre un peu plus en avant son coté Metal et ce qui va avec, la batterie, la rythmique plus agressive. On reste dans du soft évidemment, mais cette facette plus incisive et plus violente du groupe se démarque clairement de leurs productions précédentes. Auparavant les guitares étaient moins mises en avant, au profit du violon et autres violoncelles et leur rythmique bien caractéristique. Ici, les guitares attaquent tout de suite. C’est encore plus flagrant sur Voices In my Head, qui commence par des rythmiques incisives, des grunts et un violon inquiétant qui viennent soutenir un chant plus sombre et aux paroles parlant évidemment de folie mentale. Le folk par contre est presque oublié sur ces pistes.

Heureusement on retrouve ces instruments sur Partying par exemple, qui comme son nom l’indique propose un folk dansant et enlevé, ou sur The Road Not Taken, magnifique power ballad très celtique qui n’aurait pas dépareillé dans la discographie d’une Loreena Mc Keenit. A ce propos, la voix de leur chanteuse Jessica Thierjung, s’adapte parfaitement à l’exercice des ballade par sa douceur. En effet, loin des clichés du Metal à chanteuses, ce n’est pas un chant lyrique que propose Lyriel, mais un chant clair très pop, très traditionnel, pas forcément très puissant, mais efficace, faisant parfois penser à celui de Sharon Den Adel pour sa douceur. Sa voix est souple, douce et fluide. Elle contribue beaucoup à l’identité du groupe.

Thierjung Jessica de Lyriel

Le groupe chante toujours en partie en Allemand, sur deux titres de l’album, Aus der Tiefe, qui est un des morceaux les plus proches des précédents albums du groupe, et Wenn Die Engel Fallen, deuxième ballade de l’album chantée en duo avec une voix masculine pour une fois, mais qui m’a parue un peu fade.

Leverage est un album efficace et auquel il est bien difficile de reprocher grand chose, bien produit, réussi au niveau des compositions, avec un joli chant et une utilisation raisonnée des éléments folks. L’album se démarque réellement du reste de la scène Folk Metal par son orientation plus traditionnelle. Si les morceaux de Lyriel sont généralement assez prévisibles, des power ballads avec couplet doux et refrain un peu plus énervé aux paroles faciles à reprendre, le groupe sait se renouveller et on ne s’ennuie pas au cours de l’album.

Leverage de Lyriel CoverDans l’ensemble Leverage est dans la lignée des précédents albums du groupe, tout en s’affirmant un peu plus et trouvant un équilibre entre Metal et Folk qui séduira peut être un peu plus le public metaleux. Mais il ne faut pas se leurrer, le groupe a toujours un style qu’on aimera ou pas. J’ai pour le moment tendance à préferer Paranoid Circus et Autumntales, mais Leverage n’est pas un mauvais Lyriel et ce genre de musique s’apprivoise et s’apprécie plus avec la durée. Avec ses ambiances celtiques très marquées, ses lignes de chant faciles à assimiler et ses cotés sautillants, c’est un album sympathique qui s’écoute avec plaisir sans être forcément transcendant, et qui est une bonne manière de découvrir le groupe si ce n’est pas encore fait.


Neverworld’s End de Xandria

Serafina dans Critiques, Musique le 29 février 2012, avec aucun commentaire
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Après plusieurs années d’absence, Xandria a créé la surprise avec leur dernier single Valentine, tiré de Neverworld’s End, prenant un tournant radicalement plus Metal que dans leurs derniers albums. Ils prennent là à contre pied la plupart des autres groupes de Metal Symphonique, qui s’orientent peu à peu dans la pop mielleuse pleine de ballades à l’image de Within Temptation. Xandria fait l’exact chemin inverse et tape dans le lyrique, pompeux comme du Nightwish de l’époque Tarja, lourd et violent, bref du vrai Metal Symphonique. Enfin, en tout cas c’est l’impression que laissait ce premier single. Le reste est-il au même niveau ?

Neverworld's End de Xandria Promo

Il y a des groupes pour lesquels il faudrait accompagner le changement de chanteuse par un changement de nom. Et c’est le cas de Xandria, car à part sur les quelques ballades de l’album il ne reste plus rien de ce qu’a été la formation allemande pendant quatre albums. J’éviterais donc les comparaisons aux anciens opus, et considèrerais qu’il s’agit de groupes différents, car on est tellement éloigné lorsqu’on s’intéresse un minimum au genre que de telles comparaisons seraient stériles.

Manuela Kraller de Xandria

Manuela Kraller remplace Lisa Middelhauve pour ce nouvel album

Musicalement, on est très proche du Power, avec un tempo assez élevé sur tout l’album, et ce n’est pas Soul Crusher aux riffs acérés qui viendra me contredire, avec son coté symphonique surtout présent grâce à des cordes et des chœurs, majoritairement féminins, qui répondent à la voix de leur chanteuse. La batterie est étonnamment présente et mise en avant , plutôt agressive et concentrée en double pédale, comme par exemple sur The Lost Elysion, ce qui renforce le coté rentre-dedans de cet opus. Ce qu’il faut aussi avouer c’est que la production est plutôt bien foutue, aucun intrument n’est oublié, la voix n’est pas trop mise en avant, on entend bien la guitare, bref, c’est un mix équilibré, qui du coup est très efficace.

Niveau structure, la plupart des morceaux ne dépassent pas les cinq minutes, et obéissent aux standards du genre, couplets, refrains à chœurs et pont. Ceci dit, cela reste très bien dosé et sans tomber dans l’excès ou la caricature.  L’album comporte malheureusement quelques ballades à l’intérêt limité, comme The Dream Is Still Alive, à la composition sans trop d’intérêt, au chant qui n’en a pas vraiment plus, Manuela ne montant pas plus dans les aigus que dans les autres morceaux, un morceau en somme dont je me serais volontiers passée. On retrouve cependant dans ces ballades certains éléments de l’ancien Xandria comme les flutes celtiques. En parlant de flutes celtiques, on notera les violons très Folk sur Call of the Wind, qui est très agréable et n’est pas sans faire penser à du Lyriel. C’est d’ailleurs un des seuls morceaux à vraiment se démarquer justement grâce a ce coté folk.

Manuela Kraller, la chanteuse sur cet opus, n’est pas sans rappeler Tarja ou une Floor, pour le coté soprano à la voix assez sombre. Vocalement elle tient très bien la route, avec une voix agréable, des jolies notes hautes notamment sur A prophecy of World, bien tenues, et justes. Je ne sais pas si elle tient en live, mais je pense qu’elle vaut le détour, étant donné qu’elle a officié dans Haggard, formation Allemande de Metal Symphonique assez réputée. Malheureusement, sa voix reste relativement interchangeable, et je ne suis pas sure que contrairement à une Simone je saurais la reconnaitre si on ne me disait pas c’est Xandria.

Neverworld's End de Xandria Promo

Et cette impression va malheureusement valoir pour tout l’album. Neverworld’s End est un très bon opus de Metal Symphonique. Objectivement, il n’y a rien à redire. C’est efficace, c’est carré, c’est bien composé, c’est juste. Mais voilà. Ce n’est pas original. Tous les clichés du genre sont là. Bien menés et bien dosés oui, mais clichés quand même. Et si c’est quasiment irréprochable, c’est diablement fade. Je n’ai ressenti aucune émotion, aucune tension dramatique, bref, c’est plat. Cet album serait sorti en 2005, ça aurait peut être simplement été « un album à chanteuse de plus ».

Neverworld's End de Xandria CoverAlors oui, maintenant que le Metal Symphonique est une scène morte-vivante, c’est sur, cela fait plaisir de voir qu’il reste des groupes qui font autre chose que de la pop mielleuse, qu’il existe encore des groupes avec de l’orchestration, de la soprano et du power, mais c’est tout.

Pour un groupe comme Xandria qui revient d’aussi loin, Neverworld’s End est un très bon album. mais l’absence d’originalité font que cet album n’a pas su m’accrocher. Il faut dire aussi qu’il est passé après Helvetios d’Eluveitie, dont le genre n’est pas diamétralement opposé. Ceci dit, je suivrais avec attention la suite du combo maintenant qu’ils vont dans une direction que j’apprécie.


Helvetios de Eluveitie

Serafina dans Critiques, Musique le 14 février 2012, avec aucun commentaire
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Parmi les quelques disputes courantes à la rédaction, on retrouve le débat quel est le meilleur groupe de Pagan, Pagan faisant ici office de genre fourretout, allant de Finntroll à Eluveitie, en passant par Korpiklaani mais sans y inclure le Black Metal. Bref, votre servante est une fervente admiratrice de Finntroll alors que dabYo penche plus sur Eluveitie, notamment depuis leur album de 2008, Everything remains (as it never was). Ce n’est donc pas forcément avec un apriori de fangrill que j’ai débuté l’écoute de Helvetios, le nouvel opus de la formation helvète.

Helvetios de Eluveitie Promo

Ce sixième album, si l’on compte leur album acoustique qui est assez particulier, est aussi leur premier concept-album. Il parle de la Guerre des Gaules, ou du moins de moments choisis de la Guerre des Gaules. Je suppose que c’est en partie pour servir leur histoire, mais en tout cas la plupart des morceaux de ce nouvel album sont chantés en anglais, alors que les précédents étaient souvent en ancien helvète. Si ce choix a ses avantages, notamment car plus aisé à comprendre et international, il perd quand même un peu du charme d’Eluveitie… Ce n’est pas forcément une surprise, puisque le tournant était déjà largement entamé dans le précédent album.

Le coté concept-album s’illustre aussi par trois morceaux parlés : PrologueTullianum et Epilogue, ce qui explique en partie le nombre assez impressionnant de pistes au compteur, 17. Ce à quoi il faut ajouter une piste de 2 minutes totalement instrumentale, Hope. De ce fait, contrairement à ce qu’on pouvait redouter au nombre de pistes, Helvetios n’est pas trop long. Car bien que j’aime les longs albums, force est de constater que souvent les opus longs contiennent une ou deux pistes superflues. Ce n’est ici pas le cas.

Eluveitie Hellfest 2010

Chrigel Glanzmann au Hellfest 2010

La production m’est apparue de bien meilleur niveau que celle des précédents. Les instruments traditionnels ressortent mieux sans pour autant éclipser les guitares. Le mix est vraiment bien fait. Et c’est un plaisir d’écouter les deux morceaux « acoustiques » de l’album que sont Hope, et le chant traditionnel et très étonnant de Scorched Earth, qui propose une complainte en helvète, quasiment a capella avec une très forte émotion.

Vocalement parlant, la voix grave de Chrigel sonne très bien, comme toujours, mais la surprise vient d’Anna, qui devient officiellement deuxième chanteuse avec ce disque. La progression depuis les précédents opus est impressionnante, et elle est capable de tenir sans faille des morceaux comme A Rose for Epona, évoquant la déesse gauloise des chevaux (avant de devenir destrier de Link dans Zelda). Ce morceau est d’ailleurs totalement ovni, vu que pas vraiment Metal, et avec la jolie vielliste seule au chant. Le choix de le sortir comme single peut sembler un peu étrange mais nul doute que cela saura amener un nouveau public. Ceci dit, Anna ne sait pas que faire de jolies vocalises, elle sait aussi gueuler et son chant écorché est régulièrement mis en avant, notamment sur The Siege. J’avoue être un peu perplexe sur le duo de grunt/scream mais il est clair que cela apporte de la nouveauté, et même une surprise lorsqu’on est habitué du groupe.

Je dois l’avouer, cet opus risque de mettre définitivement fin à la dispute qui nous oppose à la rédac’. Je n’attendais rien de Helvetios, n’ayant pas apprécié plus que cela les deux singles. J’ai apprécié le prologue. Et puis vint Helvetios, la piste éponyme. La claque. Celle qu’Eluveitie ne m’avait jamais donnée. Le prologue embraye sur une intro ultra symphonique, épique à souhait, des chœurs sur lesquels se posent les cris d’Anna, avant de partir avec les guitares incisives habituelles du groupe. Et ça, ça représente tout l’album, ses nouveautés avec les chœurs notamment, et je ne peux que mourir d’envie de voir cette putain d’intro en live.

Helvetios de Eluveitie Promo

Si certains morceaux ne surprendront pas le moins du monde les fans, tel Meet The Ennemy, le deuxième single de l’album qui reprend plus ou moins la formule d’un Thousandfold, ou encore Home qui est du même acabit, certains morceaux signent une réelle originalité. On y trouve par exemple Neverland au refrain totalement différent de ce que faisait le groupe jusque là, Alesia au duo vocal très sympathique ou encore Havoc au tempo extrêmement enlevé et très brutal. Nul doute que ce dernier mettra à mal bien des cervicales.

Avant de conclure, précisons tout de même que si Inis Mona de l’album Slania faisait doucement sourire le public français, leur faisant entonner « dans la vallée ohoooh de danaaa« , la troisième piste de l’album, Luxtos, rappellera les bons souvenir d’un loup, d’un renard et d’une belette. Je sais, en vrai, la piste originale s’appelle la Jument de Michao, mais je ne suis pas bretonne et Manau a marqué ma jeunesse. Ceci dit, la reprise (chantée en gaulois) est extrêmement efficace et dansante à souhait, presque comme une chanson à boire de Korpiklaani, qui doit donc extrêmement bien rendre sur scène.

Helvetios de EluveitieCe nouvel Eluveitie ne renie pas ses origines, contrairement à ce que pouvait laisser sous entendre les singles. Il propose une musique plus mature, peut être sans trop de prises de risques mais diablement efficace. Ce concept-album est épique, plein d’émotions notamment via la présence du chant d’Anna, parfaitement désespéré, ce qui est pas si fréquent dans les groupes de Folk. L’ajout des chœurs, de la voix claire et de certaines rythmiques ont fait que dabYo a osé la comparaison avec Epica. Si on n’est évidemment pas dans le même genre de musique, il est vrai que le coté épique et pompeux parfois de Helvetios n’est pas sans rappeler les débuts des hollandais. Pour moi c’est leur meilleur album depuis Slania, et je ne peux qu’avoir hâte de les revoir en live.


Anachromie de Kells

Serafina dans Critiques, Musique le 27 janvier 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Après deux premiers albums plutôt bons dans leur genre, classé dans un Neo-Metal à chanteuse aux cotés d’un Lacuna Coil ou d’un Evanescence, et une réputation scénique qui n’est plus à faire, Kells sort en ce début d’année un troisième opus. Avec une sublime pochette monochrome, c’est cette fois sous le label français Season of Mist, présage de qualité s’il en est. Alors que vaut donc Anachromie, disponible depuis le 20 Janvier ?

Photo Promo de Anachromie de Kells

Contrairement aux précédents, pas d’introduction dans cet album, on arrive directement sur Bleu, dont le premier couplet est murmuré. Une entrée directe dans le vif du sujet qui va bien symboliser le reste de l’album. Après avoir été dans un premier temps catalogué de Evanescence à la francaise, puis rangé dans le rang Metal à chanteuse, Kells semble au fur et a mesure réussir à se débarrasser de cette image, proposant un Metal oui, à chanteuse, oui, mais qui lorgne plus du coté d’Angela que de Simone. Le changement qui se voyait déjà dans les concerts du groupe, leur chanteuse n’hésitant pas à se jeter dans la foule par exemple, se ressent fortement à l’écoute.

Si Virginie chante toujours très bien avec sa voix claire, de sa manière si particulière (phrases découpées un peu bizarrement, mots étirés) elle n’hésite pas non plus à hurler sur plusieurs pistes, ce qu’elle avait déjà fait sur La Sphère du précédent album en duo avec, Candice d’Eths. Qu’on aime ou pas, je ne peux que saluer cette initiative qui diffère de la production actuelle française et qui montre que les femmes dans le Metal ne servent pas qu’à faire leur princesse. Personnellement, je dois avouer que si les passages gueulés m’ont surprise, je les trouve plutôt bien amenés et réussis. Les cris font « vrai », pas forcément parfait, mais ils sont crédibles, et efficaces.

Photo Promo de Anachromie de Kells

Musicalement, on est dans la lignée de Lueurs, la patte Kells en plus énervée, plus violente, alors que Lueurs était plus atmosphérique. Plus direct, plus sombre aussi, le groupe semble prendre le contre-pied de la tendance actuelle, à savoir l’adoucissement. Les orchestrations symphoniques se font de moins en moins présentes, et à vrai dire, ce n’est pas forcément un mal. La plupart des morceaux n’en ont juste pas besoin. Emmurés avec ses cordes et ses chœurs est d’ailleurs sans doute un des morceaux que j’apprécie le moins, la faute aux orchestrations pas forcément nécessaires. Cependant, les ambiances ne sont pas en reste : boites à musiques sur Bleu, ambiances horrifiques sur Le Manège Déchanté, ambiances arabisantes sur l’Illusion d’une Aire.

Cover Anachromie de KellsLe groupe chante toujours en français, les paroles sont plus compréhensibles que précédemment mais personnellement j’ai quand même besoin du livret pour savoir de quoi tout cela parle. A noter que l’album contient les versions anglaises de deux morceaux, destinés sans doute à percer sur le marché étranger.

Au final, je ne peut que saluer ce nouvel album qu’est Anachromie. On aimera ou pas l’orientation de Kells, mais on ne peut surement pas leur reprocher de s’être vendu au grand capital. Là où la plupart des groupes s’assagissent, le combo lyonnais a choisi de prendre le contrepied et c’est tant mieux. Le groupe tournera tout d’abord en première partie de Eths au printemps, et si ils passent ensuite en solo dans la région, j’irais les revoir avec plaisir.


Dark Adrenaline de Lacuna Coil

Serafina dans Critiques, Musique le 24 janvier 2012, avec 3 commentaires
Critiques

Lacuna Coil est un groupe italien actif depuis 1994, évoluant à l’origine dans une mélange de Gothic, Rock, et Metal fort sympathique. J’ai découvert le groupe il y a bientôt une dizaine d’année à l’occasion de la sortie de Comalie, qui reste à mon avis leur meilleur album, et que j’ai tellement écouté que je le connais par cœur. Un sans faute. Et puis. Et puis Karmacode. Et puis Swallow Life. Des albums calibrés pour percer sur le marché des États-Unis, pompant des riffs Neo Metal, perdant pour moi leur âme, suivant le même chemin discutable que Within Temptation. La sortie de Dark Adrenaline n’avait pas grand chose pour m’enthousiasmer à la base, mais les interviews parlant d’un retour aux sources m’ont attirée. Alors que vaut ce Dark Adrenaline ?

Dark Adrenaline de Lacuna Coil

Tout d’abord, la couverture est assez spéciale, avec son coté médical, on pense plus à un album de Neo pouvant potentiellement annoncer le pire. D’un autre côté, la couverture de Comalies était un tournesol et celle de Swallow Life une grenade… Il existe apparemment une couverture alternative, représentant une gamine en train de pleurer en noir et blanc, plus axée darkinou . Et la différence entre ces deux couvertures augure tout l’album.

Sans parler réellement de retour aux sources, on retrouve sur ce morceau un certain nombre d’éléments qui avaient fait ma joie au moment de Comalies et In a Reverie: des lignes de chants étirées, des passages mélodiques et un peu atmosphériques, notamment sur les refrains de Kill The Light et son « I don’t know what to do » qui font furieusement penser à la belle époque, et plus précisément à Self Deception. On notera aussi l’introduction et le pont de Give Me Something More, qui n’auraient pas dépareillé sur Comalies, le refrain lui, étant bien plus Neo.

Cristina Scabbia chante toujours aussi bien avec sa voix angélique, même si elle se tire plutôt bien des passages plutôt graves. On regrettera quand même que sa voix ait un petit coté nasillard sur Upside Down. Andrea Ferro qui lui donne comme d’habitude la réplique, est supportable sans être réellement génial. Il faut dire qu’il ne l’a jamais réellement été de toute manière, mais cela démarque tout de même Lacuna Coil des autres formations du genre.

Alternative Cover de Dark Adrenaline de Lacuna Coil

La supposée couverture alternative de Dark Adrenaline

Au cours des 42 minutes, on pourra cependant reprocher une certaine linéarité, sans trop de surprise. Car oui, malgré les 12 titres, l’album est plutôt court, les morceaux ne dépassant que rarement les 4 minutes, bien calibrés pour la radio, avec des constructions très linéaires. Alors oui les refrains sont catchy, les lignes de chant maitrisées, et ça rentre un peu rapidement dans la tête, mais malheureusement trop de morceaux sont sur le même moule. On notera cependant une jolie power ballad, la seule de l’album ou presque, dans End of Time, mignonne, mais 4 fois le même refrain en 3 minutes, c’est un peu trop malheureusement. Seule exception, le final de 5 minutes, ballade doomesque en hommage à Peter Steele de Type O Negative.

Cover de Dark Adrenaline de Lacuna CoilMais si on retrouve de nombreux passages qui rappellent les débuts du groupe, les années Neo Metal ne sont pas oubliées avec un ou deux titres qui auraient clairement pu faire partie des deux albums précédents, comme I Don’t Believe In Tomorrow. Upside Down avec les riffs classiques sans réelle originalité aussi, sans parler des reprises douteuses non plus avec ce que j’appellerais un massacre de Loosing My Religion de REM. Alors certes, le morceau est totalement retravaillé, mais il est loin d’égaler l’original.

Dans l’ensemble ce Dark Adrenaline est donc un pont entre Comalies et Karmacode, sans être totalement orienté Goth ni Neo, l’équilibre entre les deux périodes du groupe semble enfin être atteint. Comme si Lacuna Coil avait enfin considéré qu’il était possible de tenter le grand public sans perdre toute sa spécificité. Sans réellement être la révélation de l’année, cet album me convainc plus que les deux précédents. Si l’époque Comalies est belle et bien terminée, cet album est reste honorable, moins « vendu » et moins mauvais que les précédents et relativement agréable à l’écoute.