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The Cosmic Escape of Admiral Masuka de Verdun

Ami du Doom et du Sludge, bonsoir

illman dans Critiques, Musique le 17 mai 2013, avec aucun commentaire
Critiques

The Cosmic Escape of Admiral Masuka c’est le nom un peu barbare du premier EP du groupe de Doom/Sludge tout droit sorti de Montpellier, Verdun soutenu par Head Records. C’est pour une durée de plus de 30 mins que les trois pistes de l’album vont nous transporter ailleurs. L’artwork de la cover a été réalisé par le chanteur, qui est aussi tatoueur pour la petite histoire. Bref si on en revenait à ma petite révélation 2012 de Doom/Sludge, dont l’EP est en écoute gratuite, où l’on trouvera aussi CD et vinyles.

The Cosmic Escape of Admiral Masuka de Verdun

Comme je le disais, l’EP est composé de trois pistes, vous allez dire que ça ne fait pas beaucoup mais je rappelle que l’on a affaire à du Doom aussi. La première piste de l’album, Sons of the Atom, culmine du haut de ses quasi treize minutes et commence déjà par nous assommer avec une intro doomesque et lancinante à souhait.

Et c’est bien parce que le disque essaye de nous raconter une histoire qu’il commence ainsi. La première phase, c’est cette apocalypse nucléaire qui se déclenche, la piste est littéralement radioactive, le tempo est lent, les riffs ultra lourds et le chant crié à la limite du plaintif ferait presque froid dans le dos. On sent que la solitude gagne sur la fin.

Il ne reste plus qu’un homme sur Terre, l’amiral Masuka, pour Last Man Standing, où on accélère un poil le mouvement, on sent une influence psyché par moment à la guitare. Ici encore on touche au canon du Doom pour une piste certes plus courte, 7 mins 30, mais on gagne en intensité. On découvre de la reverb sur la voix pour la dernière partie de la fuite dans l’espace de l’amiral sur JAXA. C’est malsain, c’est halluciné, c’est vraiment très bon.

The Cosmic Escape of Admiral Masuka de Verdun Jaune OrangeLa fin de l’histoire est tragique, vous pourrez vous en douter. Elle est retranscrite par les notes traînantes de la guitare lourdement modifiée par les effets, puis par un final à l’harmonium qui met un peu mal à l’aise. Je ne vois qu’une seule chose à faire pour que vous palpiez cette ambiance, c’est que vous vous lanciez dans son écoute.

Là où The Cosmic Escape of Admiral Masuka arrive à faire fort, c’est qu’il propose trois chansons bien différenciées qui font partir au loin toute impression de déjà entendu et de répétitivité. Cet EP est l’une de mes galettes préférée de 2012 et j’attends avec impatience leur premier album. Et puis écrire cette chronique m’a permis d’apprendre ce qu’était un harmonium et ça, ça n’a pas de prix.


Visions of the Hereafter de John 3:16

Visions of Heaven, Hell and Purgatory

illman dans Critiques, Musique le 1 mai 2013, avec aucun commentaire
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Il y a quelques mois, je chroniquais le split The Pursuit of Salvation qui voyaient à ses commandes FluiD et John 3:16. Aujourd’hui, John 3:16, né Philippe Gerber, revient ici seul pour son premier album Visions of the Hereafter, après une poignée d’EP et le split cité précédemment. Cette galette de Drone/Ambient est sorti en octobre 2012 sous l’égide d’Alrealon Musique et c’est au travers de 9 pistes que l’artiste va s’exprimer, le tout enrobé d’une pochette illustrée par William Schaff.

Visions of the Hereafter de John 3:16

John 3:16 est un vétéran de la scène, il a couru les lives en Europe au sein de la formation Heat from a DeadStar, un groupe d’Alt. Rock Garage Instrumental. Après la séparation du groupe en 2010, le sieur a fait passé son projet solo au premier plan pour se lancer dans l’effervescence du genre que je qualifierais d’Industrial Drone/Ambient Shoegaze. Ouais je sais c’est compliqué, c’est pourquoi je vais un peu détailler ma pensée.

On retrouve tous les instruments d’un groupe de rock normal : guitare, basse et batterie sont au programme mais pas pas comme vous l’entendez. Car une avalanche d’effets différents viennent agrémenter le tout et rare sont les moments où ces sons s’éclaircissent. Il y a une notion de brouillard musical qui n’est pas déplaisante, car des nappes sonores et divers effets électroniques viennent agrémenter le tout. La voix fera même quelque fois son apparition que ce soit pour un court instant de chant masculin clair, des chœurs qui se perdent dans le lointain ou une sorte de diffusion radio pendant le dernier morceau de l’album, Fall of the Damned.

Vous aurez peut-être remarqué que le nom de l’artiste est un verset de la Bible, Jean 3:16 : Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Et là le titre et le sous-titre de l’album prennent un peu de sens. Personnellement je trouve ça un peu glauque l’abondance de références à la religion mais bon, je n’en étais pas encore au bout de mes peines: les neuf titres de l’album se rapportent à ce thème. Après tout, on nous a promis le paradis, l’enfer et le purgatoire. On regrettera l’absence de progression au long de l’album sur cette thématique, on aurait pu s’attendre à une sorte d’histoire avec ce point de départ. Mais le musical n’est pas assez accroché à sa thématique pour contribuer à cet effort. Bref passons outre ce point.

Prises une par une, je trouve les pistes assez excellentes même si les plus longues (au delà de 7 mins) sont à un chouia de devenir répétitives. Certaines pistes relèvent d’une certaine puissance, à l’instar de The Inner Life of God où la batterie dont le son a été gentiment saturé fait grimper l’intensité du morceau. Là où je pense que John 3:16 a péché c’est à mélanger plusieurs genres alternativement sur sa galette. The Ninth Circle, la piste d’ouverture, est clairement Ambient, on a quelques hybrides comme Ascend of the Blessed qui lance une transition vers un pendant plus instrumentaliste.

Visions of the Hereafter de John 3:16Malheureusement ce n’est que la quatrième piste et les percussions de l’introduction de Throne of God, le second morceau, est déjà passé pour ruiner l’ambiance. L’ensemble manque donc d’homogénéité qui aurait pu être atténué par une progressivité de l’album malheureusement un peu mal maîtrisé.

Au final, Visions of the Hereafter de John 3:16 se révèle être une bonne écoute d’ambiance. Loin d’être aussi incisif que dans mes souvenirs sur son précédent effort (le split), il n’en demeure pas moins un élément de la discographie de l’artiste qui encourage à jeter une oreille à ce qu’il pourrait bien pouvoir nous pondre par la suite.


The Pursuit of Salvation de FluiD et John 3:16

Un split WTF OMG BBQ

illman dans Critiques, Musique le 19 septembre 2012, avec aucun commentaire
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The Pursuit of Salvation est un album sorti le 19 mars 2012 dans sa version vinyle et le 25 mai pour la version digitale chez Alrealon Musique. A se partager les 5 pistes de l’album, on trouve les deux artistes FluiD et John 3:16 pour un split d’Ambient du plus bel effet. Étant plutôt un adepte du Dark Ambient, je ne savais pas trop ce qu’un album qualifiait simplement d’Ambient allait pouvoir m’apporter, peut être simplement de nouveaux horizons.

The Pursuit of Salvation de FluiD et John 3:16

Le titre de l’album, The Pursuit of Salvation, est loin d’être neutre, il donne la ligne directrice de l’ensemble et sa thématique. Cela se ressent coté titres des pistes, le tout ayant une consonance très… biblique. Après, il va falloir faire preuve d’imagination pour voir le rapport avec la musique, les échos d’église dans Plague mettent sur la voie entre autres.

FluiD a la primauté de la face A du vinyle avec trois pistes. Cet artiste US originaire de Chicago est porté par son influence Hip-Hop, usant abondamment de scratch, et de l’Electro. Car oui, le son FluiD est electro, il m’arrive d’écouter de l’electro quand c’est bien fait et que c’est intéressant, et là j’ai trouvé que c’était bien le cas. Ambiance oppressante sans forcément être trop sombre, il se dégage un sentiment de malaise des pistes du sieur. Il augmente l’intensité de ses nappes avec quelques instruments, notamment un piano, mais il utilise aussi des samples de voix que ce soit pour donner un effet caverneux avec des choeurs sur Angel Pt. II ou pour donner un aspect inquiétant à des petits bouts de phrases, en les mixant mixant avec du scratch et divers effets sur The Forewarning.

The Pursuit of Salvation Side A de FluiD et John 3:16

John 3:16, vétéran du groupe Heat of a Deathstar, livre quand à lui un son plus chaleureux où se mêleront les nappes avec parfois de la guitare saturée. Mais le ton révèle une ambiance plutôt SF, sans doute pour ça que je préfère cette partie. Le son est plus aérien sur God is Light. Tout comme son comparse il sait aussi se faire inquiétant sur Toward the Red Sea.

Question packaging, l’illustration de pochette est assez étrange, je trouve qu’elle ne colle pas très bien à l’ambiance dégagée par l’album, que ce soit dans l’univers de l’un des artistes ou de l’autre. Collage stylisé représentant une créature qui rassemble un coté démon et un coté angélique, l’artwork de la pochette est réalisé par Trey Crim. Par contre elle soutient le concept, cette dualité qu’on retrouve à même du principe du split avec une vision résolument différente sur chaque face du vinyle.

The Pursuit of Salvation Side B de FluiD et John 3:16

Au final The Pursuit of Salvation n’égayera pas vos soirées d’hiver, c’est pas son genre, mais leur donnera une nouvelle consistance. L’ambiance est au rendez-vous ici, évidemment, il ne faut pas être allergique à l’electro mais bon si vous avez lu jusque là cela ne doit pas être un problème. Le tout est maîtrisé et suffisamment plaisant pour plaire à des non initiés. ifisDead, nouveau refuge de l’Ambient et du Dark Ambient.


Après ma critique de la biographie de Marc Bolan, il fallait bien que je parle de sa musique. J’ai donc choisi sur mon étagère cet album, quasi best-of composé de 2 CDs et de 45 pistes, sorti en 2005. La compilation est édité par Demon Music Group et dirigée par Dr Robert (nan mais c’est qui ce mec ?). Je peux vous assurer que c’est compliqué de trouver un CD intéressant du groupe, il faut déjà passer l’épreuve de la graphie, T.Rex, T-Rex, ou T. Rex ? J’en passe, et pas des meilleurs, ce qui rend les recherches au mieux complexes, au pire chiantes, notamment si vous utilisez Spotify. Le pire c’est que Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan n’est disponible qu’en import, même si Amazon fait que ce n’est plus un problème. Bon, si on parlait musique maintenant.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex

La compilation ressemble à une foire, il n’y a pas vraiment de cohérence dans l’ordre de titres, pas de distinction par époque par exemple. Enfin si, mais c’est plutôt léger, c’est un peu tout mélangé. On démarre le CD1 avec l’excellent 20th Century Boy, chanson que j’adore, pour enchaîner sur ses plus gros titres majoritairement tiré de l’album Tanx. Le Glam Rock est bien en route, riffs de guitare endiablés, avec la voix chevrotante et envoutante de Marc Bolan par dessus, on sent une certaine extravagance. Musicalement, c’est un peu une sorte de florilège de ses meilleurs titres, avec certains qui ont été entendus plus tard grâce à des reprises, Buick Mackane par les Guns ou encore Children of the Revolution par Scorpions pour n’en citer que deux.

Arrivé au CD2 on commence à atteindre des chansons pétries de faiblesses, avec des morceaux Pop pas terribles où Marc Bolan se laissait aller à la simplicité des refrains scandés en boucle, comme sur l’insupportable Think Zinc. On retrouve aussi la désespérément mielleuse Whatever happened to the Teenage Dream qui, même si elle n’est pas spécialement mauvaise, fait un peu tache au milieu des autres pistes. Pour remonter le niveau, des pistes plus intéressantes comme Broken-Hearted Blues tiré de Tanx, toujours lui, se baladent sur la liste. Ce deuxième CD n’est guère sorti de sa boite avec moi.

Tanx de T.Rex

Une bonne partie des titres est tirée de l'album Tanx

Ce qui peut surprendre aussi, c’est qu’il y a beaucoup de chœur sur les chansons de T.Rex, et c’est encore plus marqué sur les chansons de l’époque, où il se tournait vers la Soul et tentait de conquérir l’Amérique. C’est notamment le cas pendant la période de l’album Tanx, et sur les chansons Mad Donna et Country Honey par exemple. Ce coté systématique n’existe plus dans le Pop Rock de nos jours.

Après on peut râler plus fort sur le contenu vu qu’on ne trouve pas son premier tube, Ride a white swan. Pour l’introduire, peut être que le premier hit de Marc Bolan, ça aurait été pas mal. Mais encore, admettons. Hérésie ultime par contre, il n’y a même pas Get it On. Pour remettre les pendules à l’heure, tout ce qui date d’avant l’album The Slider, son 7ème album, n’est pas présent et je trouve ça terriblement dommage. D’un autre coté ça doit être un enfer de droits, entre les rééditions, les changements de maisons de disque, les rachats, on n’y comprend plus rien au bout d’un moment… Par exemple, pour illustrer le beau bazar, 20th Century Boy n’est présent sur aucun album original mais sur la réédition de 73 de Tanx.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex CoverPour le packaging, on donne dans le classique jewel case, avec le support pour deux CDs à l’intérieur, donc rien de bien solide. Le booklet se contente du strict minimum, deux photos, un petit texte sur Marc Bolan et la liste des pistes. Pas transcendant, heureusement qu’il n’y a pas marqué collector sur la boite. Les artworks sur les CD reprennent des photos du booklet et j’avoue avoir un faible pour le premier CD qui reprend la pochette de l’album. Le tout est inséré dans un carton pas très utile ni beau.

Au final, Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan est une compilation qui ne regroupe pas vraiment le meilleur de T.Rex, et qui ne fait pas dans l’exhaustif, c’est un dispensable. Mieux vaut se tourner vers The Essential Collection, Marc Bolan & T.Rex, ou sur un album d’époque comme Tanx, The Slider ou encore Dandy in the Underworld. Par contre brûlez, Bolan’s Zip Gun. On se quitte sur ma chanson préférée du groupe, avec des images d’archives qui vous permettra sans doute de vous faire une idée.


Les groupes dont je suis avidement l’actualité sont bien rares, pour ainsi dire inexistants. La plupart du temps, je ne suis pas assez mis au courant et je n’apprends la sortie d’un album qu’une fois ce dernier dans les bacs. Pas de chance avec Pandora’s Piñata, le nouveau Diablo Swing Orchestra, dont j’ai très tôt suivi l’actualité et que j’ai attendu pendant d’interminables mois, au fil des annonces de la page Facebook du groupe. Mais voilà, ça y est, la nouvelle galette du groupe d’Opera Jazz Metal Symphonique, casé dans le fourre-tout Avant-Garde Metal, s’est enfin laissée écouter, quelques semaines avant sa sortie. Alors, ça donne quoi ce troisième album ?

Diablo Swing Orchestra Pandora Pinata Promo

Ce qui est marrant avec les groupes qui signent un excellent premier CD, The Butcher’s Ballroom pour DSO, c’est qu’on les attend au tournant. D’abord, c’est savoir s’ils vont réussir à faire un second qui ne sera pas en demi-teinte, ensuite, c’est voir si la sauce ne va pas lasser au troisième. Bref, à chaque fois un nouveau défi, tant « faire aussi bien » qui se traduit pourtant par « faire de l’excellent » n’est pas une option. Sing Along Songs for Damned & Delirious, il faut le dire, avait largement réussi le défi. L’album était excellent, complètement délirant et entraînant.

Pour Pandora’s Piñata le groupe suédois quitte l’ambiance de la fête foraine hantée et effrayante pour des environnements un peu plus variés. On a d’un côté la Nouvelle-Orléans et le Jazz-Boogie des musiciens du coin sur l’excellente introduction Voodoo Mon Amour par exemple, un côté un peu plus enfantin avec un Black Box Messiah. La rythmique de l’album est d’ailleurs vraiment cassée par certains morceaux, et si les deux premiers morceaux de l’album donnent le ton du dansant, il faudra avouer que l’album contient quelques titres assez calmes. On pense notamment à Kelvar Sweethearts, qui troque le rythme endiablé des premiers titres avec une musique de fond sur laquelle Annlouice Loegdlund pousse la balade de façon agréable. Malheureusement, on ne pourra pas en dire autant d’Aurora, morceau lent au possible avec voix et instrumentation qui ne dénoterait pas dans une comédie musicale Disney. Si elle n’est pas forcément ratée, en admettant que ça soit votre trip, elle vient complètement casser cet album en deux.

C’est d’autant plus embêtant qu’avant cette coupure indésirable, on retrouvait un début d’album qui réussissait à renouveler les sonorités du groupe tout en gardant bien l’âme de Diablo Swing Orchestra. On avait bien entendu droit aux morceaux qui tirent pleinement partie des nombreux instruments du groupes, cordes et trompettes, comme sur Exit Strategy of a Wrecking Ball notamment, complètement DSO-esque avec ses ponts et ses coupures de rythmiques. Annlouice y laisse d’ailleurs la voix principale à Daniel Hakansson qu’on découvre là pour la première fois il me semble en lead, avec une très belle voix. Guerilla Laments n’est pas non plus en reste et donne le ton de la rythmique en tant que deuxième titre de l’album, avec son introduction à la trompette.

La voix masculine du groupe est sur cet album bien plus présente qu’elle ne l’était, du moins dans mes souvenirs, sur les autres. On la retrouve en lead sur Exit, mais aussi très présente sur Black Box Messiah ou encore Mass Rapture. Daniel quitte sa voix assez Death et grave des précédents albums pour une voix plus claire. C’est assez inhabituel, et si je devais y regretter quelque chose, c’est la quasi absence de dialogues entre les deux voix.

Mais si le groupe est au rendez-vous avec ses musicalités habituelles, coupures, trompettes, là où on ne l’attendait pas c’était dans le domaine de l’electro. Avec une rythmique bien forte et une guitare avec effets en fil rouge, Black Box Messiah est assurément le morceau qui surprend le plus. La basse s’y fait moins lourde, la contre-basse presque complètement absente et le groupe fait place, pour ses refrains, à une voix nasillarde de gosses. Tout simplement génial et déjanté. Ce morceau vaut à lui seul l’affront d’Aurora. Mais ce n’est pas tout, et on remarquera des petits arrangements par ci par là dans l’ensemble des morceaux qui donnent une patte différente à ce Pandora’s Piñata, une certaine personnalité que l’on ne connaissait pas au groupe.

Diablo Swing Orchestra Pandora's Piñata CoverEnfin, pour le final de près de 8 minutes, on retrouve Justice For Saint Mary. Le morceau commence lentement, et va même nous faire croire le pire: serait-ce un Aurora bis ? Après Annlouice, voilà-t’y pas que c’est au tour de Daniel de nous faire sa petite balade ? Les cordes se mettent doucement en fond, avec un tempo plus rapide, mais le tout prend son temps, sans pour autant être désagréable cette fois ci. Une sortie au tempo lent et musical, pourquoi pas. L’instrumentation devient plus intense, avec des cordes dissonantes qui font peu à peu monter l’aspect dérangeant du morceau. Et puis, il y a le début de cette sixième minute, suivie de la septième et de la huitième. Des minutes géniales, à l’instrumentation complètement inattendue, grandiloquente, envoutante, qui ne donne qu’une envie: repasser l’album en entier.

Que dire de ce Pandora’s Piñata si ce n’est qu’il a tourné en boucle depuis que j’ai pu le mettre dans mon lecteur ? Ce nouvel album de Diablo Swing Orchestra arrive à s’affranchir de ses deux grands frères, à donner un nouveau souffle, de nouvelles sonorités. Le temps où je n’avais que deux choix lorsque je voulais écouter un album du groupe est désormais révolu. J’en aurai trois. Et vu la qualité des deux précédentes galettes, cela veut tout dire. A dans 3 ans. Vite !


The Asylum de Instant Pyrolysis

Serafina dans Critiques, Musique le 3 avril 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Instant Pyrolysis est un projet d’Industrial Dark Ambient français. Le groupe est pour le moment composé d’une seule personne, son fondateur Valenten, qui compose et joue tout l’album, exception faite des deux featurings. Le tout premier album du projet est donc sorti au début du mois de mars et s’appelle The Asylum. Un titre qui ne vous étonnera pas si vous aviez vu le clip que je vous avais présenté il y a quelques mois.

The Asylum de Instant Pyrolysis

L’Industrial Dark Ambient n’est surement pas un genre facile d’accès, et ce n’est pas Instant Pyrolysis qui me fera mentir. Pour un auditeur néophyte, les 11 pistes de l’album durant chacune entre 3 et 8 minutes, ne sembleront qu’être du bruit. Pourtant, il n’en est rien. Comme pour Cities Last Broadcast que vous avais présenté illman, on est là dans le domaine de l’ambiance et ce n’est pas un album qu’on peut écouter comme ça, à l’arrache.

La majorité des morceaux, soyons honnêtes, c’est du Drone, un style de musique à base de bourdonnements, qui peuvent rebuter. Mais quand on prend le temps, on se rend compte des ambiances à la fois lourdes, désolées et diablement inquiétantes que génèrent les pistes. On est immédiatement happé par cet univers froid, à la limite de la désolation, et surtout très très pessimiste. La lumière, vous n’en trouverez quasiment pas dans ce CD. Les drones sont agrémentés de murmures inquiétants sur The Voices Inside.

Malgré les ajouts type murmures, bruits de chute et autres, la plupart des pistes se ressemblent fortement, et il est difficile de réellement les distinguer les unes des autres, ce qui est dommage, surtout sur un CD aussi long. L’album est en quelque sorte un album concept autour du thème des asiles et des méthodes « anciennes » de traitement des pathologies. C’est un sujet, vous le savez peut-être, qui me fascine, et je raffole d’histoires d’asiles et de ce genre d’ambiance, bien qu’évidemment on pourrait dire que c’est assez cliché.

The Asylum de Instant Pyrolysis

L’album suit la progression d’un patient, des premiers problèmes avec Early Symptoms, la première piste, au traitements de plus en plus agressifs, An Icy Bath, Electro Convulsive Therapy et enfin Lobotomy. En réalité, à moins de lire les titres et le site web, je n’aurais pas deviné moi-même qu’il s’agissait d’un concept sur les asiles. En effet, il manque pour moi la folie inhérente à ce type d’endroit. Cela m’évoque plus une terre désolée, ou un asile, mais un asile abandonné.

Je regrette cependant que la piste, à mon avis la plus forte et la plus angoissante, soit placée en deuxième position. Il s’agit de Commital qui mêle les compositions froides et dépouillées de Valenten à la voix lyrique et puissante de Marionita Paige. Le mélange est juste parfait, la voix lyrique se faisant inquiétante, lointaine et angoissante. L’ordre des pistes s’explique par le concept, mais du coup, l’album en lui même y perd. Le deuxième featuring de l’album se retrouve sur la dernière piste, Escape, où Marc Hoyland, que je ne connais point, joue des claviers. Là encore, le mélange marche du tonnerre, et les claviers très mélodiques contribuent à inquiéter l’auditeur.

The Asylum de Instant PyrolysisEn somme, The Asylum n’est pas un mauvais album, certaines pistes sont même tout bonnement géniales, Commital en tête. Cependant, entre Commital et The Escape, les pistes m’ont semblées moins intéressantes, et manquant un peu de corps. L’ambiance est là, et cet album vous plongera à souhait dans un univers désolé et sombre.

Le Drone n’est pas facile d’accès mais si vous aimez le genre, je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à ce projet français ! L’album est disponible pour 9€ sur leur site officiel. On regrettera simplement de ne pas pouvoir l’écouter sur un service de streaming, permettant une découverte plus aisée.


London Underground de The Artramps

Serafina dans Critiques, Musique le 31 mars 2012, avec aucun commentaire
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The Artramps est un groupe de quatre jeunes tourangeaux formé en 2007. Ce n’est pas la première fois qu’on essaie de vous faire découvrir des groupes de notre région dans nos colonnes, on vous a déjà parlé des Surgeries et d’Adrana, c’est désormais au tour du quator très influencé par le rock des années 70′s d’être présenté sur nos colonnes, à l’occasion de leur premier single.

The Artramps

La formation est comme de nombreux petits groupes avant tout un groupe de scène. Nous les avons vu à plusieurs reprises à Blois ou à la MJC de Romorantin au cours des 3 dernières années, et la progression autant au niveau du son qu’au niveau de la prestation scénique nous avait épaté. De petit groupe faisant des reprises dans leur garage, ils sont devenus ultra efficaces en live. Il était donc logique que le groupe passe au niveau supérieur et enregistre son premier single, leurs compositions envoyant plutôt bien en live, il faut le dire.

London Underground de The ArtrampsPour ce premier single, le groupe a enregistré deux titres au Tempo Loco, studio localisé à Tours, London Underground et  Speaker’s Corner’s Fools. Deux morceaux d’un peu plus de trois minutes et chantés intégralement en anglais, avec un bon petit solo en son milieu. Il faut avouer que le son est très old school, dans les riffs, dans les tonalités et dans les guitares incisives. On sent bien entendu l’influence londonienne dans les titres et les paroles mais pas que. Il faut dire que lorsqu’on est dans la mouvance du classic rock, l’Angleterre n’est jamais bien loin.

Si le groupe doit beaucoup à l’efficacité des mélodies et des riffs, le chant n’est pas en reste. Damien, leur chanteur, à une voix un peu rauque, un peu éraillée, qui colle parfaitement à leur son. Le mixage est plutôt bon, bien que la voix soit peut être un poil trop en retrait sur certains passages de London Underground. Il donne en tout cas, associé aux effets des guitares, un certain cachet usé et vieux, presque authentique de l’époque. On pourra aussi regretter parfois le ton utilisé dans certains passages, pas toujours en adéquation avec la musique. Seul reproche, les paroles sont assez difficilement compréhensibles et je regrette l’absence d’une section « paroles » sur leur site web.

Bref, ce premier single, c’est pour The Artramps du tout bon : classique, mais efficace, sans défaut majeur. C’est bien entendu un groupe que je vous encourage à écouter ou à voir si vous en avez l’occasion, le single étant disponible sur Deezer et Spotify. De notre côté, on espère bien que le groupe aura l’occasion de se développer et d’enregistrer d’autres morceaux.


Requiem for the Indifferent de Epica

Serafina dans Critiques, Musique le 13 mars 2012, avec 3 commentaires
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Après un Design Your Universe qui avait divisé la rédaction (moi je ne l’ai pas aimé, mais dabYo oui), Epica revient en ce mois de mars avec son 5ème album studio: Requiem for the Indifferrent. On y retrouve une pochette plutôt jolie, mais un peu surprenante de la part du groupe. Les premiers morceaux révélés sur le net semblaient de bonne augure, voici venu le moment d’écouter de plus près cette galette, et surtout, en entier.

Requiem for the Indifferent de Epica Promo

Dès le début, pas de surprise, une introduction instrumentale et martiale, une piste d’ouverture qui envoie et un single. Ça vous rappelle quelque chose ? Oui, c’est bien le même schéma que celui de Design Your Universe. Ceci dit, dès le début, ou plutôt dès Monopoly of Truth, on remarque l’un des changements majeurs de l’album: la mise en avant des voix et de celle de Simone surtout, qui chante assez différemment mais qui, sur CD du moins, semble avoir fait de considérables progrès, en étant plus assumée qu’auparavant. On retrouve sa voix lyrique sur pas mal des refrains, mais aussi des vocalises orientales de Requiem for the Indifferent, bien mieux maitrisés que sur un Cry for the Moon.

Je sais que ce changement divise et divisera, mais ici je dois dire que je suis plutôt convaincue, les lignes de chant sont moins linéaires et il y a plus d’amplitude. Et il faut bien le dire, les chœurs de Monopoly of Truth font sacrément penser à l’époque Consign to Oblivion. Le single déjà dévoilé, Storm The Sorrow, reste efficace et correct, sans être aussi pire qu’un Never Enough, il va à l’essentiel et se laisse écouter.

Dans l’ensemble l’accent a été mis sur la voix féminine mais c’est malheureusement au détriment des grunt de Mark Jansen, qui sont bien moins présents qu’auparavant, et surtout des guitares. Après avoir eu la part belle dans Design Your Universe, ces dernières sont cruellement absentes du mix, hormis sur quelques soli. Soli qu’on retrouve d’ailleurs plusieurs fois avec un son clair comme sur celui de Delirium, très oldschool que personnellement j’apprécie beaucoup. C’est tout de même dommage d’avoir deux guitaristes et d’entendre aussi peu les guitares…

Requiem for the Indifferent de Epica Single

A vrai dire, outre Monopoly of Truth et Storm the sorrow, qui avaient déjà été dévoilées et que j’avais donc écouté plusieurs fois, j’ai eu du mal, au début en tout cas, à entrer dans l’album. Et c’est seulement en une semaine et quelque chose comme 25 écoutes que finalement, je peux en faire la chronique. Ce qui veut dire que oui, Requiem for the Indifferent est complexe, et même trop sans doute.

Car si on omet quelques titres très directs, Storm the Sorrow, Delirium et sa ballade au piano, ou encore Guilty Demeanor, il vous faudra plusieurs écoutes pour saisir les morceaux. En effet, si Epica a toujours aimé les constructions bizarres et les contrastes importants entre les parties d’un même morceau. Cette habitude est ici poussée peut être un peu loin, et il y a parfois tellement d’éléments dans un seul morceau qu’on peine à saisir qu’il s’agit du même morceau… C’est notamment le cas sur Avalanche dont le final est bien éloigné du début, ou sur la piste titre qui comprend tellement de parties qu’on en perd complètement le fil. Ce qui est dommage, car Requiem for the Indifferent est sans doute un des meilleurs morceaux : l’utilisation des sons arabisants est bien mené, les chœurs sont beaux.

Cette complexité ne sert pas forcément l’album et étouffe un peu les compositions. Compositions sur lesquelles il faut bien dire que malheureusement, il n’y a pas énormément d’originalité. En fait, si on omet la nouvelle manière de chanter et les soli en son clair, il n’y a pas grand chose d’inédit dans cet Epica. On retrouve un peu toujours les mêmes schémas en plus complexes et les mêmes thèmes. La piste titre ne fait guère penser qu’à un ripoff de Consign to Oblivion. Oui c’est efficace et tout, mais c’est déjà vu.

Simone Simons Requiem for the Indifferent de Epica Promo

Trois morceaux font office de ballades ou de power ballade: Delirium, Guilty Demeanor et Deep Water Horizon. L’enchainement des deux dernières, juste après un break instrumental au piano Anima, a tendance à rendormir l’auditeur pourtant bien mis en jambe par le très sympathique Requiem. Sur un album de 75 minutes, ce genre de perte d’attention est fatal… Et c’est bien dommage car les derniers morceaux sont de très bonne facture : Stay the Course, d’abord, et malgré ses paroles un peu mièvres à base de Stand focused, stay strong, Stay the course. Puis le très engagé Deter The Tyrant avec son discours politique dans la plus pure tradition Epica, et Avalanche à la deuxième partie géniale à base de chœurs enlevés !

Requiem for the Indifferent de Epica CoverIl me sera impossible de vous parler de la dernière piste, Serenade of Self Destruction, qui est pourtant supposément la meilleure de l’album, car pour une raison inconnue tous les CDs (ou presque) ont été gravés avec une version de la dernière piste sans les voix ! C’est donc sur ma galette une piste instrumentale, qui ne reflète absolument pas ce qu’est réellement le morceau, disponible sur iTunes dans sa vraie version. J’ai du mal à comprendre qu’en 2012 on puisse faire une telle erreur mais…

Au final, Requiem for the Indifferent n’est pas un mauvais album une fois qu’on a pu entrer dedans. Il contient ses morceaux d’épique, ses chœurs magistraux, de jolis voix et des jolis soli. Mais malheureusement l’absence de guitares, de grunts et la complexité parfois inutiles font que l’album reste en deçà de ses prédécesseurs. Je suis curieuse cependant de voir le groupe évoluer et peut être sortir de ses carcans !


Leverage de Lyriel

Serafina dans Critiques, Musique le 7 mars 2012, avec 2 commentaires
Critiques

Lyriel est un groupe de pop Folk Metal dont nous avons ici beaucoup apprécié les deux derniers albums, Autumntales et Paranoid Circus. Ce groupe allemand propose en effet un Metal plutôt très doux, mêlé de beaucoup de nombreux instruments aux sonorités folk, qui se rapproche du folk de Blackmore’s Night plus que de celui d’Eluveitie si vous voyez le genre. Une musique plutôt atmosphérique, pas vraiment du genre à vous faire danser la polka dans un circle pit.

Photo promo de Leverage de Lyriel

Leverage est donc sorti le 15 février dernier, dans un relatif anonymat sous le label AFM Records. L’album se compose de 10 pistes pour un total de moins de 40 minutes, dont une intro When It’s Coming To An End d’une minute quarante. Je trouve cela un peu limite comme durée pour du Metal, surtout au prix d’un CD de nos jours, mais bon.

Dès la première vraie piste, Leverage on remarque que le groupe a choisi de mettre un peu plus en avant son coté Metal et ce qui va avec, la batterie, la rythmique plus agressive. On reste dans du soft évidemment, mais cette facette plus incisive et plus violente du groupe se démarque clairement de leurs productions précédentes. Auparavant les guitares étaient moins mises en avant, au profit du violon et autres violoncelles et leur rythmique bien caractéristique. Ici, les guitares attaquent tout de suite. C’est encore plus flagrant sur Voices In my Head, qui commence par des rythmiques incisives, des grunts et un violon inquiétant qui viennent soutenir un chant plus sombre et aux paroles parlant évidemment de folie mentale. Le folk par contre est presque oublié sur ces pistes.

Heureusement on retrouve ces instruments sur Partying par exemple, qui comme son nom l’indique propose un folk dansant et enlevé, ou sur The Road Not Taken, magnifique power ballad très celtique qui n’aurait pas dépareillé dans la discographie d’une Loreena Mc Keenit. A ce propos, la voix de leur chanteuse Jessica Thierjung, s’adapte parfaitement à l’exercice des ballade par sa douceur. En effet, loin des clichés du Metal à chanteuses, ce n’est pas un chant lyrique que propose Lyriel, mais un chant clair très pop, très traditionnel, pas forcément très puissant, mais efficace, faisant parfois penser à celui de Sharon Den Adel pour sa douceur. Sa voix est souple, douce et fluide. Elle contribue beaucoup à l’identité du groupe.

Thierjung Jessica de Lyriel

Le groupe chante toujours en partie en Allemand, sur deux titres de l’album, Aus der Tiefe, qui est un des morceaux les plus proches des précédents albums du groupe, et Wenn Die Engel Fallen, deuxième ballade de l’album chantée en duo avec une voix masculine pour une fois, mais qui m’a parue un peu fade.

Leverage est un album efficace et auquel il est bien difficile de reprocher grand chose, bien produit, réussi au niveau des compositions, avec un joli chant et une utilisation raisonnée des éléments folks. L’album se démarque réellement du reste de la scène Folk Metal par son orientation plus traditionnelle. Si les morceaux de Lyriel sont généralement assez prévisibles, des power ballads avec couplet doux et refrain un peu plus énervé aux paroles faciles à reprendre, le groupe sait se renouveller et on ne s’ennuie pas au cours de l’album.

Leverage de Lyriel CoverDans l’ensemble Leverage est dans la lignée des précédents albums du groupe, tout en s’affirmant un peu plus et trouvant un équilibre entre Metal et Folk qui séduira peut être un peu plus le public metaleux. Mais il ne faut pas se leurrer, le groupe a toujours un style qu’on aimera ou pas. J’ai pour le moment tendance à préferer Paranoid Circus et Autumntales, mais Leverage n’est pas un mauvais Lyriel et ce genre de musique s’apprivoise et s’apprécie plus avec la durée. Avec ses ambiances celtiques très marquées, ses lignes de chant faciles à assimiler et ses cotés sautillants, c’est un album sympathique qui s’écoute avec plaisir sans être forcément transcendant, et qui est une bonne manière de découvrir le groupe si ce n’est pas encore fait.


Neverworld’s End de Xandria

Serafina dans Critiques, Musique le 29 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Après plusieurs années d’absence, Xandria a créé la surprise avec leur dernier single Valentine, tiré de Neverworld’s End, prenant un tournant radicalement plus Metal que dans leurs derniers albums. Ils prennent là à contre pied la plupart des autres groupes de Metal Symphonique, qui s’orientent peu à peu dans la pop mielleuse pleine de ballades à l’image de Within Temptation. Xandria fait l’exact chemin inverse et tape dans le lyrique, pompeux comme du Nightwish de l’époque Tarja, lourd et violent, bref du vrai Metal Symphonique. Enfin, en tout cas c’est l’impression que laissait ce premier single. Le reste est-il au même niveau ?

Neverworld's End de Xandria Promo

Il y a des groupes pour lesquels il faudrait accompagner le changement de chanteuse par un changement de nom. Et c’est le cas de Xandria, car à part sur les quelques ballades de l’album il ne reste plus rien de ce qu’a été la formation allemande pendant quatre albums. J’éviterais donc les comparaisons aux anciens opus, et considèrerais qu’il s’agit de groupes différents, car on est tellement éloigné lorsqu’on s’intéresse un minimum au genre que de telles comparaisons seraient stériles.

Manuela Kraller de Xandria

Manuela Kraller remplace Lisa Middelhauve pour ce nouvel album

Musicalement, on est très proche du Power, avec un tempo assez élevé sur tout l’album, et ce n’est pas Soul Crusher aux riffs acérés qui viendra me contredire, avec son coté symphonique surtout présent grâce à des cordes et des chœurs, majoritairement féminins, qui répondent à la voix de leur chanteuse. La batterie est étonnamment présente et mise en avant , plutôt agressive et concentrée en double pédale, comme par exemple sur The Lost Elysion, ce qui renforce le coté rentre-dedans de cet opus. Ce qu’il faut aussi avouer c’est que la production est plutôt bien foutue, aucun intrument n’est oublié, la voix n’est pas trop mise en avant, on entend bien la guitare, bref, c’est un mix équilibré, qui du coup est très efficace.

Niveau structure, la plupart des morceaux ne dépassent pas les cinq minutes, et obéissent aux standards du genre, couplets, refrains à chœurs et pont. Ceci dit, cela reste très bien dosé et sans tomber dans l’excès ou la caricature.  L’album comporte malheureusement quelques ballades à l’intérêt limité, comme The Dream Is Still Alive, à la composition sans trop d’intérêt, au chant qui n’en a pas vraiment plus, Manuela ne montant pas plus dans les aigus que dans les autres morceaux, un morceau en somme dont je me serais volontiers passée. On retrouve cependant dans ces ballades certains éléments de l’ancien Xandria comme les flutes celtiques. En parlant de flutes celtiques, on notera les violons très Folk sur Call of the Wind, qui est très agréable et n’est pas sans faire penser à du Lyriel. C’est d’ailleurs un des seuls morceaux à vraiment se démarquer justement grâce a ce coté folk.

Manuela Kraller, la chanteuse sur cet opus, n’est pas sans rappeler Tarja ou une Floor, pour le coté soprano à la voix assez sombre. Vocalement elle tient très bien la route, avec une voix agréable, des jolies notes hautes notamment sur A prophecy of World, bien tenues, et justes. Je ne sais pas si elle tient en live, mais je pense qu’elle vaut le détour, étant donné qu’elle a officié dans Haggard, formation Allemande de Metal Symphonique assez réputée. Malheureusement, sa voix reste relativement interchangeable, et je ne suis pas sure que contrairement à une Simone je saurais la reconnaitre si on ne me disait pas c’est Xandria.

Neverworld's End de Xandria Promo

Et cette impression va malheureusement valoir pour tout l’album. Neverworld’s End est un très bon opus de Metal Symphonique. Objectivement, il n’y a rien à redire. C’est efficace, c’est carré, c’est bien composé, c’est juste. Mais voilà. Ce n’est pas original. Tous les clichés du genre sont là. Bien menés et bien dosés oui, mais clichés quand même. Et si c’est quasiment irréprochable, c’est diablement fade. Je n’ai ressenti aucune émotion, aucune tension dramatique, bref, c’est plat. Cet album serait sorti en 2005, ça aurait peut être simplement été « un album à chanteuse de plus ».

Neverworld's End de Xandria CoverAlors oui, maintenant que le Metal Symphonique est une scène morte-vivante, c’est sur, cela fait plaisir de voir qu’il reste des groupes qui font autre chose que de la pop mielleuse, qu’il existe encore des groupes avec de l’orchestration, de la soprano et du power, mais c’est tout.

Pour un groupe comme Xandria qui revient d’aussi loin, Neverworld’s End est un très bon album. mais l’absence d’originalité font que cet album n’a pas su m’accrocher. Il faut dire aussi qu’il est passé après Helvetios d’Eluveitie, dont le genre n’est pas diamétralement opposé. Ceci dit, je suivrais avec attention la suite du combo maintenant qu’ils vont dans une direction que j’apprécie.