Musique » Actualité
1121314 139 articles

The Darkness est un bon groupe de Hard Rock avec un chanteur qui a de l’aigu dans la voix, Justin Hawkins. Si je ressors un aussi vieux et toujours excellent morceau aujourd’hui, c’est parce qu’après s’être séparé à la suite de leur second album, que le chanteur ne soit plus en désintox, ait fini sa lubie de carrière en solo, etc… le groupe s’est reformé et prévoit un album pour début 2012. Quoi de mieux comme moment pour ressortir leur kitchissime I believe in a thing called love sur laquelle je me suis égosillé de nombreuses fois en karaoké.

Et en bonux le clip du premier single du nouvel album, Nothing’s Gonna Stop Us, toujours bien décalé et en bien meilleure qualité vidéo, il faut le dire. Il est téléchargeable gratuitement sur le site officiel du groupe ici.


Parmi les dernières sorties des éditions Camion Blanc se trouvait l’Abécédaire des musiciens en galère – et de ceux qui les voient ramer de Nicolas Muller. J’attendais la sortie de ce livre depuis son annonce. En effet, Nicolas Muller, batteur de Metal français connu sous le pseudo de Ranko, se proposait de nous montrer un peu ce qu’il y a de l’autre coté de la scène, dans les coulisses, nous entrainer dans le quotidien de milliers de musiciens. Le fait qu’il soit français et (ex-)membre de formations françaises reconnues mais loin des superstars promettait une analyse somme toute plus réaliste du quotidien de musicien que les bouquins de Nikki Sixx.

Abécédaire pour les musiciens en galère - et ceux qui les voient ramer

Le roman se découpe en plusieurs grandes thématiques, Les débuts, Les premières scènes, Le chemin vers la gloire, etc. Chacune des partie comporte donc 27 termes : définitions, anecdotes, conseils en tout genre, pour la plupart tirées de l’expérience personnelle de l’auteur, ou de personnes qu’il a côtoyé au long de sa carrière.

Nicolas Muller alias Ranko

Nicolas Muller alias Ranko

Le style tout d’abord est vif, direct, mais non dénué d’humour. En effet on rit pas mal à la lecture de ce livre, pas forcément de la manière voulue par l’auteur. Du comique de situation, de l’absurdité ou le surréalisme de certaines scènes notamment. On voit l’auteur nous expliquer par a+b quels sont les meilleurs endroits pour piquer un roupillon avant un concert (pas derrière le camion, si on en croit les récents accidents). Ce n’est pas vraiment le genre de choses que l’on trouve dans n’importe quel livre, avouons le. L’auteur écrit bien, c’est fluide, et son ton n’est ni paternaliste ni trop défaitiste.

Mais le plus important c’est le contenu. Et celui ci est excellent, vraiment. Tout d’abord, on sent la vérité, on sent l’expérience, les galères des plans foireux, les tournées éprouvantes, l’hygiène déplorable. Ce qu’on connait de loin quand on traine avec des gens du milieu, ou qu’on soupçonne quand on réfléchi deux secondes, est bien traité, sans complaisance, sans trop de partis pris. Tous ces petits détails qui font d’un métier ce qu’il est, toutes ces petites choses auxquelles on ne pense pas.

Le livre est utile pour les jeunes musiciens, car il permet d’éviter certains écueils et Nicolas Muller donne des conseils pratiques, facile à mettre en œuvre, sur des points auxquels on ne pense pas forcément quand on débute. C’est comme quand on va à son premier Hellfest, si personne ne nous le dit, on ne pense pas aux bottes de pluie, ni à se faire une robe en sac poubelle. Les situations à éviter pour avoir un line-up stable, les premiers concerts sont des chapitres truffés de bons conseils à mettre dans toutes les mains.

Abécédaire pour les musiciens en galère - et ceux qui les voient ramerMais c’est aussi un bouquin utile pour les amis, les potes qui comprennent pas toujours, ou bien les petits chroniqueurs, comme nous. Car on n’est pas dans le même monde, il y a des choses qu’on ne peut pas deviner si on ne l’a pas vécu. Et c’est passionnant, c’est parfois cru, mais c’est un bouquin à lire absolument si on s’intéresse de près ou de loin au milieu du Metal en France. L’auteur n’a pas de tabou et est très réaliste sur le marché et l’absence de reconnaissance du genre dans notre contrée. Quelque part, c’est limite déprimant, d’ailleurs.

En tout cas, cet Abécédaire des Musiciens en Galère, français, au style  agréable, bourré d’humour et de réalisme est un livre que je vous recommande plus que chaudement, quelque soit votre connaissance du milieu vous en apprendrez toujours. Et vous rigolerez aussi, beaucoup. Une excellente publication des éditions Camion Blanc.


Ce matin a été marqué par la diffusion de l’affiche définitive du Hellfest 2012 par ses organisateurs. Après deux très bonnes années 2010 et 2011, il était temps pour le festival Metal français clissonais de grandir, changer de terrain et augmenter sa capacité d’accueil. On peut dire que cela se ressent au niveau de l’affiche, puisqu’on retrouve cette année non pas quatre mais six scènes, thématiques comme bien souvent.

Hellfest 2012 Annonce

On retrouve bien entendu les grosses têtes d’affiches sur les deux MainStage, notamment pour nous King Diamond, Guns N’ Roses, Within Temptation et surtout, Mötley Crüe, et quatre autres scènes à thèmes: Altar, Temple, Warzone et Valley. Les deux premières seront programmées en alternance et on y retrouvera majoritairement du Death et du Grindcore pour la première, du Black et du Pagan sur la deuxième. Côté Warzone, c’est celle qui se rapproche le plus des premières Terrorizer Tent, avec beaucoup de Punk et de Hardcore, tandis que la Valey fera la part belle au Doom, Stoner et autres Sludge, très présents en 2011 et qui avaient bien besoin de leur propre espace.

Affiche Hellfest 2012

L'affche finale (cliquez pour l'agrandir)

De notre côté, outre les grands noms, on a déjà hâte d’assister aux performances de Lamb of God et DevilDriver, qui nous avait séduit en 2009, Moonsorrow qui était déjà passé par là en 2010, Enslaved, The Devil’s Blood, Sunn O))), Crashdïet ou encore Vulture Industries.

Bref, les groupes attendus de notre côté ne manquent pas et on sent déjà venir les dilemmes. Il ne reste plus qu’à espérer que les récents déboires de santé de Tonny Iommi ne remettent pas en cause la participation de Black Sabbath pour la clôture du festival ! On essaiera de vous faire un compte à rebours chaque dimanche, avec un morceau emblématique des principaux groupes.

Cette nouvelle édition risque en tout cas une fois encore d’être un grand moment pour notre été, on espère bien vous y voir ! N’oubliez pas de prendre vos tickets assez vite, car chaque années les pass, notamment ceux de trois jours, partent très vite !

Et vous, vous allez y voir quoi ?


My Heart is Broken de Evanescence

Serafina dans Actualité, Musique le 24 janvier 2012, avec 2 commentaires

Le groupe mené par Amy Lee vient de sortir le clip de leur deuxième single extrait de leur CD éponyme, Evanescence, sorti en septembre 2011. C’est My Heart is Broken qui a été choisi, morceau un peu plus calme que What You Want, je vous laisse découvrir le clip.



Personnellement, j’ai toujours beaucoup aimé les clips d’Evanescence, or celui ci, pas du tout. Les effets spéciaux avec la lumière apparaissent tellement gros et tellement cheap qu’ils me donnent plus envie de rire qu’autre chose… Accessoirement, je trouve le refrain surjoué et la robe jaune pas vraiment jolie. Par contre, j’apprécie beaucoup les passages au piano, avec la jolie fourrure verte (non ceci n’est pas ironique).

Non, vraiment les groupes de Metal devraient arrêter de mettre du fantastique dans leurs clips. Dommage pour Evanescence qui nous avait habitué à sacrément mieux. Décidément, entre ça et la sortie de Dark Adrenaline le nouveau Lacuna Coil, les fans de Metal à chanteuse pour ados darkinous ont de quoi se réjouir.

Et vous, appréciez vous ce clip ?


Au top des biographies de rockstars, il y a The Dirt, la biographie « sulfureuse » du plus célèbre des groupes de Metal: Mötley Crüe. Ce n’est pas moi qui le dit, mais bien le sous titre qu’a choisi le groupe de Glam Metal en question. Écrite en collaboration avec Neil Strauss, elle permet aux fans de voir le groupe à travers, entre autres, ses quatre protagonistes. Après avoir lu les Heroin Diaries de Nikki Sixx, leur leader, j’avais envie d’en savoir plus sur le groupe, notamment comment ils ont réussi à percer, et donc, en croisant cette bio traduite en France aux éditions Camion Blanc chez un bouquiniste parisien, je n’ai pas su résister.

The Dirt, confessions de Mötley Crüe, de Neil Strauss

A noter qu'après lecture du bouquin, je ne sais toujours pas qui est sur la couverture...

The Dirt part de l’enfance des quatre compères, qui ont tous eu différemment des vies de merde ou presque, pour passer par la naissance du groupe, les flottements avant d’arriver à un line-up correct, le premier album Too Fast For Love auto-produit, puis le succès, et pour enfin en arriver à la déchéance. La plongée dans l’univers des musiciens de bars du Los Angeles de l’époque est parfaitement passionnante, on croise pas mal de groupes, et ça nous donne une image de Mötley à laquelle on ne pense pas forcément. Si ils sont surtout connus pour leurs succès commerciaux et ultra radio-friendly, on oublie souvent que c’est un groupe qui a galéré pour en arriver là, qui a sorti ses premiers albums dans une indifférence presque totale.

Grâce au travail d’écriture de Neil Strauss puis de la traduction, le style est uniforme, même lorsqu’on alterne les points de vue entre les protagonistes. La première partie jusqu’au début de la déchéance est régulièrement très drôle, que cela soit les frasques de rockstar ou juste les trips de gamins paumés. Souvent, c’est du comique de situation, n’empêche que ça fait rire. La partie sur la montée du groupe est particulièrement intéressante d’ailleurs, car elle est tellement vraie, et tellement banale, comme tous ces groupes d’ado qui répètent dans un garage.

The Dirt, confessions de Mötley Crüe, de Neil Strauss

Couverture de la version originale, qui n'a sans doute pas pu être conservée pour une question de droits

Comme l’indique la préface, l’autobiographie passe assez rapidement sur les années de gloire, qui va du milieu des années 80 à la fin de ces dernières, pour une raison fort simple : ils étaient tellement sous drogues que pas grand monde n’en garde grand souvenir. Du coup, n’espérez pas découvrir comment Nikki Sixx a composé  Kickstart my Heart ou qu’est ce qui lui a fait changer les chœurs moisis de la démo pour le refrain définitif. Ces passages passent très très vite. Les membres sont plus marqués par leurs abus divers (alco, drogues, sexe) que par leur parcours musical de l’époque. A ce propos, comme vous vous en doutez, le livre est assez cru et n’est donc pas à mettre entre toutes les mains.

C’est un peu frustrant, mais cette autobiographie est du coup totalement complémentaire avec The Heroin Diaries de Nikki, qui grâce à sa forme de journal au jour le jour rentre bien plus dans le détail de la vie de groupe, on évite donc les redites. Le groupe prend le temps de se calmer au début des années 90 et là, ils commencent à réfléchir, à analyser leur musique, leurs envies d’évolution, etc. Et malheureusement commence aussi là la déchéance, car le groupe est connu pour avoir connu une grosse passe à vide dans les années 90. On regrettera cependant le côté bien pensant, le côté mea-culpa de certaines interviews, qui finissent sur des notes de « ouais j’étais con, mais en fait on s’aime bien, etc« . C’est très politiquement correct, surtout sur la fin. Alors évidemment, il y a sans doutes des raisons légales derrière tout cela, mais la deuxième partie est du coup moins intéressante que la première.

La biographie s’arrête en 2001, ce qui signifie que la réunion du groupe n’était pas encore effective et que la composition de Saints of Los Angeles leur dernier disque en date, que nous adorons ici et qui leur a permis de passer au Hellfest 2009, n’est pas évoquée.

The Dirt, confessions de Mötley Crüe, de Neil Strauss

Les plus grandes heures de Mötley Crüe

Comme pour tout Camion Blanc, l’ensemble des photos sont en noir et blanc. Je dois dire que je préfère grandement la couverture de la version anglophone, avec sa bouteille de Jack Daniel’s. Sans compter que celle ci est moitié moins chère et a des pages couleurs. Mais il faut bien financer la traduction effectuée par Camion Blanc, qui est d’ailleurs très bonne et le mérite amplement. Assurée par Yves Balandret, je n’ai pas noté de faute, ni d’orthographe ni d’autre problème au niveau du sens, ce qui en rend la lecture sacrément agréable et prenante.

The Dirt, confessions de Mötley Crüe, de Neil Strauss Malgré ces quelques défauts, The Dirt est un livre à lire pour parfaire votre culture musicale, que vous aimez ou non Mötley Crüe et leur Glam Metal, car cela permet d’avoir un regard un peu plus objectif sur ce groupe surtout connu pour ses frasques.

Du fait de la longue période couverte, on peut regretter que certains moments soient évoqués un peu rapidement, mais malgré tout pour tous les curieux de la scène de L.A. ou du Metal des années 80, je ne peux que vous le conseiller.

A noter que vous pouvez en lire une bonne partie en ligne gratuitement avec l’accord des éditions Camion Blanc sur Google Books.


MdM: Lost de Vision of Atlantis

Serafina dans Actualité, Musique le 8 janvier 2012, avec aucun commentaire

Vision of Atlantis fait partie de cette pléthore de groupes de Metal à chanteuses nés dans les années 2000. Sans être spécialement géniaux, ni original, c’était un groupe sympathique que nous avons pas mal écouté ici à l’époque. Si on vous en parle aujourd’hui, c’est que la chanteuse Nicole Bogner qui a chanté sur leurs deux premiers albums et leur démo est décédée à l’âge de 27 en ce début d’année d’une longue maladie.

Une bien triste nouvelle, donc. Le clip ci-dessous Lost est tiré de leur deuxième album Cast Away, sorti en 2004. Leur Speed/Power Metal est d’ores et déjà reconnaissable, bien que j’ai toujours eu beaucoup de mal avec la voix du chanteur. Quoiqu’il en soit RIP Nicole :( .

Connaissiez vous Vision of Atlantis ? Vous aimez ?


The Heroin Diaries, sous titré A Year in the Life of a Shattered Rock Star est un roman autobiographique de Nikki Sixx, bassiste et mastermind de Mötley Crüe, aidé sur le coup par Ian Gittins. Le bouquin regroupe les journaux que la rock star a tenu durant l’année 1987, entrecoupés d’interventions des protagonistes de l’époque regroupés pour l’occasion par Ian Gittins. On y retrouve bien sur les autres membre du groupe, mais aussi les petites amies, les managers, les agents de sécurité et d’autres membres de la scène de L. A. des années 80, notamment un certain guitariste à chapeau, qui apportent un regard plus externe aux scènes décrites dans le journal.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian Gittins

Il y a un an, vous m’auriez proposé le livre, je n’aurais sans doute pas été intéressée, Mötley Crüe est un groupe que j’aime beaucoup oui, que j’ai vu au Hellfest 2009, mais les autobiographies, je m’en méfie comme la peste. Surtout lorsqu’elles incluent des parties supposément écrites il y a des années. Il peut sembler assez étrange d’imaginer une rock star connue pour ses paroles sur le sexe et la drogue, habillé en cuir et ultra maquillé écrire dans une sorte de journal intime, mais après tout on n’est pas à une exubérance près. Je ne suis pas une douce utopiste et je suppose que pas mal des journaux ont été retravaillés et  c’est pour cela que je me méfiais, m’attendant à trouver une soupe sans intérêt.

Et puis, à force de suivre le compte de la star sur Tumblr et Twitter, je me suis rendue compte que Nikki Sixx avait l’air loin d’être con, et qu’il était en prime un vrai artiste. Vous y ajoutez une belle couverture et une édition anglaise sur papier glacé absolument magnifique, et voila, j’étais partie. Car en effet, la première chose à dire, c’est que l’objet est magnifique. Un soin particulier a été apporté aux polices, très grungy, ainsi qu’aux pages en elles même tour à tour rouges, blanches ou noires, avec des éclaboussures. Il y a aussi des petites illustrations de Paul Brown, dans un style très dark-punk, des illustrations de seringues, de junkies, etc. Bref, c’est un réel plaisir à feuilleter.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian Gittins

A ce propos, je pense que pour ce livre, il est préférable d’avoir un tant soit peu de connaissances sur l’histoire de Mötley Crüe. Si le livre est très agréable à lire, plein d’humour, etc, sans les bases, vous passerez à coté de pas mal de trucs. Le musicien ne revient absolument pas sur l’historique du groupe ou quoique ce soit, on est catapultés en 87 et vogue la galère. Il est aussi important de signaler que le roman est très cru et pourra potentiellement choquer les âmes sensibles.

Le style d’écriture est plutôt agréable. Je l’ai lu en VO, et l’écriture est fluide, la difficulté de compréhension est quant à elle un peu élevée, notamment parce qu’il utilise énormément l’argot, autour des drogues en particulier, et que je ne possédais pas ce vocabulaire. Je ne sais pas ce que vaut la traduction française, opérée par les éditions Camion Blanc, mais je pense que si vous n’avez pas forcément un bon niveau en anglais il faudra plutôt vous diriger vers celle-ci.

The Heroin Diaries de Sixx:Am

Le roman est accompagné d'un album Soundtrack du group Sixx A.M.

Le journal commence à Noël 1986 et se termine à peu près à la même époque en 1987. Et le choix de le centrer sur l’année 87 n’est pas anodin. Outre le fait que cela soit l’année de naissance de votre servante, c’est surtout celle de la sortie de l’album Girls, Girls Girls et de la tournée qui s’ensuivit, véritable succès mais aussi tournée de déchéance la plus totale au niveau éthylique. Une véritable descente aux enfers pour celui qui sera notre héros dans le livre, vu qu’il terminera avec une overdose et sera déclaré cliniquement mort avant d’être réanimé à coup d’adrénaline dans le cœur. Un mal pour un bien, car cela donnera l’excellent KickStart My Heart. De ce fait, c’est une année passionnante, et riche en péripéties. On suit le quotidien de « Rock Star », avec ses cotés pas toujours glam.

Pendant cette année, Nikki Sixx écrit régulièrement dans ses carnets qu’il appelle son journal, racontant sa vie, ses petites anecdotes, mais aussi ses (bad) trips. Car il est junkie et pas qu’un peu. L’héroïne le rend totalement paranoïaque, et il n’est pas rare qu’il passe trois jours enfermés dans un coin de sa maison car il est persuadé qu’il y a des mexicains dans la cour. La drogue cachant une dépression assez importante, l’écriture n’est pas celle de quelqu’un de sain mentalement, et sur bien des points les journaux puent l’authenticité.

On n’invente pas ce genre de choses, c’est le genre de situations mentales qui ne permettent pas de tricher. Alors oui, il y a sans doute eu du gros re-travail, mais ça m’a donné l’impression d’être face à des écrits sincères et véridiques. Et du coup pas forcément très drôles. Les passages où Nikki est au plus bas sont très sombres, très dépressifs, et vous touchent beaucoup.

Mötley Crüe

Nikki Sixx (au fond au centre) avait pas vraiment l'air de tenir un journal intime

Cependant, à coté de cela, il y a aussi le délire de la vie de rock star, notre « héros » passant d’un extrême à l’autre. Certaines situations décrites dans le livre sont proprement hallucinantes, comme quand Nikki et Tommy Lee, le batteur, shootés à mort, s’injectent du Jack Daniel’s dans les veines car il ont simplement oublié qu’on pouvait « boire », ou ses remarques sur l’absence totale de douche depuis trois semaines, la liste des fringues qu’il emporte en tournée (en tout et pour tout, un pantalon en cuir), etc. Les passages sont involontairement drôles mais quand même, il m’est arrivé de rire à plusieurs reprises. Du coup, on alterne entre rires et dépression, sans temps mort.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian GittinsAu final, j’ai adoré The Heroin Diaries. Les moments de dépression me parlent énormément, les passages drôles m’ont beaucoup fait rire, un humour absurde mais je suis bon public. Cela permet aussi de donner un éclairage différent sur ce grand groupe de rock et ses relations avec les autres groupes de l’époque, Guns N’ Roses notamment. Le fait de faire intervenir 20 ans après les protagonistes permet aussi d’avoir un avis un peu plus objectif. Il s’agit évidemment d’une bio à prendre avec des pincettes , mais extrêmement intéressante et passionnante.

Si vous aimez un tant soit peu Mötley Crüe, je vous recommande chaudement ce roman dont la traduction a été publiée par Camion Blanc au début de l’année.


Black Metal Satanique : Les Seigneurs du Chaos est une étude de Michael Moynihan et Didrik Soderlind parue en 1998 en langue anglaise, puis révisée en 2003 avec ajout de matériel et corrections. Elle a été traduite en français par Sylvia Rochonnat et éditée par la maison Camion Noir. Il s’agit d’une plongée dans le monde du Black Metal, et des exactions qui lui ont été associées, comme les incendies d’églises ou les meurtres dans les années 90. A l’aide de documents d’époques et d’interviews des protagonistes, les auteurs proposent une vision d’ensemble de ce milieu si particulier.

Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos de Moynihan et Soderlind

Vous devez probablement le savoir si vous nous suivez, le Black Metal fait partie de mes péchés mignons, péché souvent incompris et méprisé par mon entourage direct (les autres membres de la rédaction notamment) au même titre que mon amour du Doom. Soit. Toujours est-il que je connaissais relativement bien l’histoire du mouvement et les groupes majeur du genre. Je pense que s’il est plus agréable d’avoir une petite connaissance de ce style avant de lire le document, cela ne sera pas un gros handicap si ce n’est pas le cas, tant que vous connaissez un minimum le Metal.

En effet, la première partie du roman propose un historique du genre musical, des influences fondatrices, jusqu’aux premiers albums enregistrés dans des caves, en passant par l’influence d’Euronymous sur la scène norvégienne, et par les scandales qui ont suivi la montée en puissance du genre. En effet, le Black Metal est né en Norvège, pays riche, au niveau de vie enviable, où les jeunes en quête de sensations fortes ont crée cette musique violente, crade et aux influences sulfureuses. Cette première partie est plutôt bien faite et instructive, et ce même en en connaissant les grandes lignes. Seul point noir, il y a un certain nombre de fautes d’orthographe, notamment au niveau des noms propres. Je ne sais pas si c’est lié à la traduction ou non.

Burzum Church Tour 92

On peut lire sur cette affiche d'époque "Coming soon to a church near you, Burzum tour '92"

Le document est un mélange entre études et analyses de la part des auteurs, mais aussi d’interviews des protagonistes de l’époque. Les interviews ont soit été réalisées pour le livre, soit été extraites de magasines ou de fanzine de l’époque. En effet, un certain nombre des protagonistes impliqués à dans le mouvement sont décédés depuis, on pense évidemment à Euronymous et à Death.

A ce sujet, les interviews ne sont pas censurées, ni pondérées, il convient donc de prendre du recul et de comparer les différentes interviews des personnes – qui ont des versions différentes souvent – pour se faire sa propre idée.  Il est important de noter que malgré les opinions très discutables de Moynihan, j’ai eu l’impression que le document était assez neutre et si je n’avais pas lu sa biographie dans un autre bouquin, je n’aurais jamais deviné son orientation extrémiste.

Cela dit, il faut dire que certains propos peuvent choquer par leur racisme, leur homophobie ou tout simplement leur haine. Si ces paroles reflètent sans aucun doute les pensées des personnes interviewées, elles ne doivent pas être prises au pied de la lettre, et il faut garder en tête qu’il s’agit là d’une étude. Personnellement j’ai apprécié le fait justement qu’il n’y ai pas de censure, ni de jugement, laissant chacun libre de comparer ce que disent les différentes sources. Bref, l’analyse n’est pas totalement pré-mâchée et sur certains points, les auteurs évitent soigneusement de s’engager.

Comme je le disais, le tout est illustré avec des photos d’époque, mais aussi de flyers et affiches. Certains des flyers sont très drôles, comme ce Burzum Tour. Bien que s’intéressant majoritairement à la « grande époque du Black », celle des églises profanées quoi, le livre traite aussi de l’évolution du mouvement, et du passage du satanisme adolescent à des revendications plus païennes. Les derniers chapitres sont consacrés au Black Metal dans les autres pays d’Europe, notamment l’Allemagne, l’Angleterre et la France.

Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos de Moynihan et SoderlindLe document était aussi mon premier bouquin de chez Camion Noir, sorte de pendant documentaire de Camion Blanc, éditeur connu et respecté pour ses biographies musicales. Force est de constater qu’ils font ici un très bon travail, même pour un prix relativement élevé. Le papier est de bonne qualité, le texte aéré et les photos en noir et blanc bien imprimées.

Au final, Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos est un livre documentaire très intéressant, avec de nombreux témoignages, et sans trop de parti-pris. Les auteurs sont assez neutres, nous fournissent de très nombreuses informations qui vont permettre au lecteur de mieux comprendre ce mouvement, et surtout de se forger sa propre opinion sur les légendes du Black Metal. Il est évidemment un peu dommage que le document ne soit pas complètement à jour, mais avec les rajouts de 2003, on reste tout de même assez proche de la scène actuelle. Je ne peux que vous le recommander très chaudement si vous vous intéressez à cette musique de près ou de loin.


MdM#31: War On Terror de MaYaN

Serafina dans Actualité, Musique le 14 août 2011, avec 2 commentaires

MaYaN est un super groupe, composé de membres d’Epica et d’After Forever entre autres. Le projet, initié par Mark Jansen a sorti son premier album il y a quelques semaines déjà, et il faut dire que l’accueil critique n’était pas au rendez-vous. Malheureusement, comme beaucoup de super-groupes, musicalement ce n’est pas à la hauteur et leur Death Metal Symphonique était plutôt insipide. On connaissait le compositeur principal d’Epica pour son côté engagé, et sur l’album de MaYaN figure War On Terror, un titre qui comme prévu parle de guerre. Le clip aussi.

Il y aurait énormément à dire sur le clip, car si la musique est banale, tirant dans le mauvais sans être inécoutable, le clip lui est un ramassis des pires clichés possibles. Les soldats, ils sont méchants, ils clopent et ils violent les pauvres irakiennes. A coté, MaYaN joue dans le désert, observé et menacé par un hélico. Deux hélicos ça coutait trop cher. Je peux comprendre qu’on soit contre la guerre, mais de la à faire un truc aussi conventionnel que ce clip, cette scène de viol aussi pathétique qu’inutile et ces clichés sur les militaires, j’ai du mal…

Sinon, on vous a dit qu’on trouvait ça mauvais ?


Cette semaine le Morceau du Moment sera un poil inhabituel. Vous ne devez pas être passés à côté de l’information, Amy Winehouse a été retrouvée morte dans son appartement Londonien hier, le 23 Juillet 2011. Bien que nous ne soyons pas forcément adeptes de ses compositions, nous ne pouvons pas ignorer qu’elle avait du talent, et avons décidé de lui rendre un petit hommage alors qu’elle vient de rejoindre le triste club des 27.

Mais pas n’importe quel hommage, restons un peu dans le Metal et apprécions cette reprise qu’avaient fait les américains de Ministry de son titre Rehab, qui est aussi sans aucun doute le plus connu. Ce cover figure sur leur album Every Day is Halloween, pour lequel le groupe a réuni certaines de leurs très nombreuses reprises de grands titres. Et où Amy Winehouse était de loin la plus jeune artiste. Pour la version originale, c’est par ici. Repose en paix.