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En ce deuxième jour du Download Festival Paris 2016, la météo n’est clairement pas au beau fixe et les nuages ont rejoint la fête. C’est donc sous un ciel très nuageux que les festivaliers se dirigent vers l’hippodrome de Longchamp. L’herbe verte d’hier sous un grand soleil risque bien de faire place à un début de boue dégueulasse si les prévisions météo se confirment dans les heures qui suivent.

Download Festival Paris 2016

Aujourd’hui la tête d’affiche principale est Korn et comparativement avec Iron Maiden on peut sans trop se tromper dire que l’attrait n’est pas le même. Les hordes de fans de la bande à Eddy ont déserté, et bien que le groupe américain ait eu son heure de grand succès en étant là au début du Nu Metal, ils sont bien moins nombreux à être encore là pour venir les voir jouer en concert. De notre côté, Serafina est complètement fane et c’est principalement pour BabyMetal que nous avons fait le déplacement.

Ce deuxième jour est du coup beaucoup plus fluide que le premier, les navettes à la Porte Maillot sont fréquentes et loin d’être bondées. C’est simple, on aura à peine le temps d’arriver au niveau de la sortie de la station de métro qu’on prendra directement le bus direction hippodrome de Longchamp. Les files d’attentes pour rentrées sont courtes, le cashless est redevenu accessible, bref, c’est tout bénéf.

On arrive alors que Shinedown commence son set sous la tente. Un groupe que je ne connais pas et dont je n’avais pas pris la peine de découvrir la discographie, une erreur car au final leur musique est très accessible et sympa en live. Les premiers morceaux font l’effet d’un Interpol mélangé à des touches plus heavy ce qui donne des titres assez rentre dedans au final. Pour un premier groupe sur une petite scène il y a beaucoup de monde, bonne découverte en somme.

Apocalyptica au Download Festival Paris 2016

Les années passent et s’il y a bien quelque chose qui reste constante, ce sont les prestations du groupe aux cellos le plus populaire de la sphère Metal: décevantes. Avec un répertoire d’excellents titres qui envoient bien en live, notamment sur les albums Cult et Reflections, la setlist reste à chaque fois désespérément décevante.

Apocalyptica au Download Festival Paris 2016

Ça démarrait pourtant très bien et très fort avec trois morceaux complètement instrumentaux, qui a complètement subjugué la foule malgré le début des averses tant redoutées. Le son des contre basses est rentre dedans et ça tombe bien puisque c’est en général ce que les métaleux viennent chercher. De quoi en tout cas bien commencer cette deuxième journée.

Sauf que voilà, Apocalyptica souhaite être plus qu’un groupe d’instrumentistes avec quelques guests pour la voix, et pour nous le faire comprendre le groupe continue de s’efforcer à faire des morceaux tout ce qu’il y a de plus standard. Si on ne les voyait pas derrière leur contre basse, on ne verrait au final aucune différence. Ces morceaux là sont généralement plutôt mauvais et auront réussi à me sortir complètement de l’ambiance du live. Dommage.

On fait une petite pause au bar à vin pendant que Mass Hysteria s’époumone puis que Saxxon délivre un métal qui ne nous excite guère.

The Struts au Download Festival Paris 2016

Le prochain groupe sera un groupe de Glam Rock cette fois ci, avec The Struts qui passe sous la petite tente. J’étais persuadé d’avoir écouté ce groupe étant plus jeune, jusqu’à ce que je me rappelle qu’il s’agissait de The Rakes. Contrairement à BlackRain hier qui penche vers le Metal, ici on est face à quatre anglais qui font du rock de manière complètement assumée. Ça permet au Download de conserver son étiquette de festival assez cosmopolite. Ils en sont à à peine quatre ans de carrière et ont fait l’ouverture des Stones. Mais en assistant à leur show, on comprend très vite pourquoi.

The Struts au Download Festival Paris 2016

C’est un véritable mélange d’influences, avec des instrumentations et façons de chanter qui peuvent tantôt faire penser à du Queen, tantôt avec des chansons « sing along » de quelques groupes de Glam des années 70. Le tout est accompagné de très bons riffs et d’un chanteur qui a tout de la rockstar à l’aise sur scène. Vêtu d’une veste aux goûts criards, portant une mini robe sur son pantalon à l’esthétique tout aussi douteuse, il saute dans tous les sens et invective le public à tout va.

Ce dernier est très vite pris au jeu car les morceaux sont très faciles d’accès, avec des refrains qui rentrent dans la tête et qui se chantent très facilement. En deuxième partie de set, et sans doute parce que la discographie du groupe est assez petite, le chanteur va user et abuser de cette popularité pour gagner un maximum de temps. Dommage là dessus mais on ne leur en voudra pas trop.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

BabyMetal au Download Paris 2016

Dire que BabyMetal était le groupe que j’attendais le plus de ce Download Paris 2016 serait un euphémisme: objectivement je ne venais que pour lui et cette exclusivité du festival est clairement ce qui m’a poussé à m’y intéresser. Autant dire que j’étais tout fou fou en attendant cette arrivée qui s’annonçait prometteuse. Fer de lance d’une culture japonaise qui nous est vraiment inconnue et saugrenue, ce groupe est caractéristique de ce que le Japon peut fournir de bizarre. Trois jeune filles qui chantent façon Pop pour adolescente sur de la musique Metal aux riffs acérés, le tout en exécutant des chorégraphies le reste du temps. Bizarre.

Et l’attente fut longue. Très longue. Au bout de dix minutes, elle prend fin avec une vidéo d’introduction parodiant Star Wars façon BabyMetal sauveurs de l’univers. La hype est totale ! Les musiciens entrent sur scène ! Et… plus rien! Pas de musique, rien, ils repartent et le public est livré à lui même pendant près de 20 minutes sans la moindre prise de parole de la part de l’organisation. Des problèmes techniques on en a vu un paquet, des annulations aussi, mais 30 minutes de retard sans aucune intervention, jamais. Heureusement pour calmer la foule les caméramans se jouent des cosplays et des travers du public métaleux, ce qui rendra l’attente moins difficile.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

Le set finira par enfin démarrer avec plus de trente minutes de retard, ce qui nous laissera donc le temps d’avoir cinq petits morceaux du groupe dont un se fera sans micro pour deux des trois chanteuses. Une honte sans aucun doute et une grande frustration pour ma part, difficile d’apprécier le set avec ce type de conditions. Bref, oublions quelque peu ces problèmes pour nous concentrer sur la prestation en elle-même, bien que le tout ait déjà été gâché.

Les trois adolescentes débarquent donc dans leur habits d’écolières metal et sautent dans tous les sens pour faire leurs chorégraphies. C’est vraiment très impressionnant, très dynamique, bien qu’un poil déconcertant car très décorélé du reste des musiciens qui n’interagissent pas du tout avec elles. C’est là dessus pour moi un point faible de la prestation du groupe, où on a l’impression d’avoir un orchestre devant qui trois jeunes filles font leur propre spectacle, comme s’il manquait une âme à tout cela. Mais ceci est sans doute en partie dû à la culture de leur pays, où les interactions qu’on a l’habitude de voir sur la scène Metal ne sont pas du tout naturelle pour eux. Un choc des cultures certain.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

Si c’est un poil bizarre de ce côté et qu’on peut trouver ça carrément hors sujet, les chorégraphies sont tout de même très en phase avec la musique et vraiment calées sur le rythme. C’est très impressionnant à quel point cela donne vie à la musique du groupe, à quel point cela doit être physique pour elles aussi. Dotées de micros-casques, les deux plus jeunes sont en charge des chœurs et des chants accompagnants, tandis que la chanteuse principale cumule les deux: souvent dans les chœurs, souvent dans la chorégraphie, et avec un vrai micro pour assurer le chant en solo. Malgré l’effort physique, elle chante plutôt très bien et réussi à faire passer le plein d’émotion qu’un morceau comme Karate contient. Une très belle performance vu le temps, les conditions, et ses propres efforts physiques.

Au final, ce sera une grande déception pour moi, mais qui confirmera mon envie d’aller les voir en vrai. C’est pour ma part en trainant des pieds et inconsolable qu’on ira voir Amon Amarth de loin. Les vikings venus du grand Nord ont mis les bouchées doubles et la scène est tout simplement superbe.

Korn au Download Festival Paris 2016

Dire que nous attendions Korn serait enjoliver la réalité. Si c’est moi, Serafina, qui rédige cette partie, c’est parce que je trépignais alors que dabYo était au mieux indifférent voir blasé. Il faut dire que depuis la claque magistrale que Korn m’avait mise au Sonisphère 2013, nous avons vu le groupe californien 3 fois, et je n’ai jamais été déçue. Ici, ils débarquent au Download avec une setlist en mode « Best Of » et un show d’une heure trente. Seuls quelques morceaux du dernier album Paradigm Shift seront joués et j’ai envie de dire, tant mieux.

Comme toujours avec Korn, pas de grand dispositif scénique ou quoi, le groupe a bien sur sorti le micro désigné par H. Giger mais ce sera tout. Je pourrais copier coller la review que j’ai fait au Sonisphère 2013. Korn, en live, c’est quelque chose. Le groupe est gonflé d’énergie et envoie du lourd dès l’entrée en scène magistrale sur Right Now, qui a le mérite de mettre tout le monde d’accord. Comme toujours Jonathan Davis est possédé, alterne entre les voix claires et hurlées, déborde de charisme et vit ses textes ce qui le rend assez fascinant. Head, Munky et Fieldy occupent la scène, dreads et looks douteux de sortie.

Download Festival Paris 2016

Qu’on aime ou pas Korn, difficile de critiquer leur présence scénique. Il n’ont pas besoin de supers effets derrière pour réussir à faire bouger le public. Évidemment, c’est aussi des morceaux cultes, que la foule connait par cœur, chantant du début à la fin. L’accueil est monumental sur des tubes comme Right Now, Here To Stay ou le final sur Freak on a Leash.

Le groupe ayant un set assez long, il ne nous épargnera malheureusement pas le solo de batterie de Ray Luzier, mais qui enchaine avec Blind alors je le pardonne. Dans la setlist, on notera aussi le surprenant Another Brick in the Wall que je n’avais jamais vu en live, et qui clôt le set, avant les rappels. La communication avec le public est assez rodée et pas énorme, mais Jonathan Davis n’a même pas besoin de demander pour que le Download en folie hurle a sa place les refrains.

Encore une fois, je ressortirais d’un concert de Korn, le sourire aux lèvres, les cervicales un poil douloureuses, et certaine de retourner les voir la prochaine fois qu’ils passeront. Ça tombe bien, c’est dans une semaine à Clisson.


L’année dernière le Hellfest annonçait la création d’une marque séparée pour partir à la conquête d’autres pays en Europe avec leur expertise d’organisation de festival de musique extrême, mais cette année c’est un géant qui a fait la marche inverse en s’implantant en plein Paris: Live Nation et son Download Festival. Un festival calé une semaine avant le sus-cité, avec des groupes de la même trempe et carrément plus facile d’accès. C’est donc très curieux que nous nous y sommes rendus, munis de nos pass presses mais sans la possibilité de faire des photos de qualité malheureusement puisque nous n’avions pas de pass Photo.

Download Festival Paris 2016

On se rend à l’hippodrome de Longchamp via les navettes mises à dispositions par le festival depuis la porte Maillot, en collaboration avec la RATP. C’est le premier jour et nous voulons assister au premier groupe, c’est donc parmi une foule de métaleux que nous faisons la queue pour atteindre la dite navette, environ 20 minutes d’attente ce qui est somme toute largement acceptable. Le trajet dure moins de 10 minutes, un peu entassés certes, et nous voilà déjà sur le site, reste la deuxième épreuve du feu: celle de pouvoir rentrer. Les files sont interminables et assez mal organisées pour ce premier jour, il faudra compter une bonne heure d’attente pour obtenir son bracelet et fouler la pelouse du festival.

Download Festival Paris 2016Des tracas habituels sur les premiers jours d’un festival, encore plus quand c’est la première année que ce dernier est organisé. Gageons qu’il s’agit là plus d’un problème de jeunesse que de quelque chose qui arrivera au fil des années, d’autant plus qu’a priori, cette année un problème technique (d’accès internet d’après les bruits) à augmenté le problème. Au final, beaucoup de queue certes, et un départ avec 15 minutes de retard pour le premier groupe, ce qui aurait pu être largement pire. Le système de cashless marche, quand on a compris comment s’en servir et qu’on a réussi à aller au bout de la queue pour ceux ne l’ayant pas préchargé. Place à la musique.

On rentre sur le site alors que We Came as Roman a déjà commencé. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé mais le public est déjà bien au rendez-vous, on assistera aux derniers morceaux sans plus de motivation.

The Wild Lies au Download Festival Paris 2016

On découvre la petite scène de ce Download située juste à côté de la MainStage, simplement nommée Stage 3, on aurait pu trouver mieux. Bien plus petite, on dirait presque un mini hangar dans une zone industrielle désaffectée, elle accueille pour commencer 5 londoniens à l’allure entre dandy et métaleux. Ça donne une bande de crasseux propres sur eux qui vont nous livrer un Hard Rock assez groovy.

The Wild Lies au Download Festival Paris

Le public est clairsemé certes mais il réagit bien aux sollicitations du groupe. Il faut dire que celui ci est assez énergique et a la communication facile. Mais voilà, en terme de musique le groupe manque tout de même de manière rentre dedans et si ça n’était pas désagréable, ils n’ont pas réussi à me conquérir. Des bons riffs mais trop peu exploités, pas de mélodie entraînante ni d’air qui rentre dans la tête.

Avatar au Download Festival Paris 2016

On profite du passage de Gojira sur la scène principale pour faire le tour du festival et découvrir les différentes installations. On retrouve un coin sympa de barbiers et autres tatoueurs où les gens peuvent se faire prendre en photos, puis les différents stands de nourriture. Le market de merch est malheureusement assez limité, il faut dire que le Download UK a lieu en même temps et qu’un paquet de revendeurs ont plutôt dû le privilégier.

Avatar au Download Festival Paris

Le groupe qui nous intéresse vraiment ce jour là s’appelle Avatar, une découverte complètement au hasard au gré d’une chronique dithyrambique sur leur précédent album dont la couverture m’avait intrigué. La dite galette avait tout du guilty pleasure avec des morceaux pour adolescents entraînants, sans pour autant tomber dans le core si populaire. Bref, une sorte de Death Métal mélodique et accessible, aux relents entraînants qui nous avaient convaincus.

Les suédois viennent défendre leur nouvel album et débarquent comme à l’accoutumée grimés en hommes de cirque. À mi chemin entre le clown qui fait peur et le dompteur de lion. Mais le chanteur, fait quant à lui carrément peur et a adopté toutes les mimiques qu’on pourrait associer à un tel personnage. Il saute dans tous les sens, se plie en deux pendant qu’il chante, joue de la canne dans tous les sens, fait des marches militaires tout seul… Il est en soit super dynamique et donne vraiment un aspect théâtral à la prestation du groupe, faisant passer les autres musiciens pour de simples figurants. On peut dire qu’il porte le show sur ses épaules, un peu comme pouvait le faire Carach Angren au Hellfest 2015.

C’est en tout cas très rafraichissant et permet de vraiment entrer dans un set très dynamique même quand on en connait pas les morceaux. Le set commence sur un morceau qui m’était assez difficile d’accès, puis enchaîne sur du plus connu aux riffs dévastateurs qu’est Hail the Apocalypse, morceau éponyme de l’avant dernier album. C’est un vrai mélange entre des riffs assez Death, du théâtral dans le chant et surtout cet aspect fou fou qui prend toute son ampleur en live, « All flesh is equal when burnt » comme qui dirait.

Avatar au Download Festival Paris

Le groupe n’est pas bon uniquement pour faire de la musique fofolle et sait aussi donner dans la balade, une balade qui oscille entre le carrément glauque et la grande tristesse avec Bloody Angel, un titre qui s’avère être génial en live. Ils ont en tout cas réussi à me captiver du début à la fin du set et m’ont clairement convaincu à retourner les voir lorsqu’ils passeront en salle. Une heure de très bon niveau.

Blackrain au Download Festival Paris 2016

On retourne sur la troisième et petite scène avec Blackrain qui viennent de sortir leur cinquième album, premier depuis leur passage décrié dans la télé réalité de M6. Pendant que Anthrax déverse son Thrash, les français nous offrent donc du Glam tantôt Métal, et parfois beaucoup plus rock’n’roll qu’auparavant.

Et je dois avouer qu’après la pêche d’Avatar j’ai eu un poil de mal à rentrer dans le set de Blackrain avec deux premiers morceaux peut être un peu trop mous, en tout cas sans réelle accroche pour le public.

Les choses s’arrangent avec Eat you alive, un morceau de leur nouvel album qui a le mérite d’emporter le public avec sa phrase d’accroche répétée à outrance. C’est un mécanisme un brin simplet mais qui marche même en entendant le morceau pour la première fois. On se retrouve à l’entonner avec le groupe et c’est bien là une des caractéristiques d’un Glam réussi. Le titre est accompagné d’un sample bien connu de fête foraine qui donne une nouvelle profondeur au groupe, les morceaux du nouvel album semble d’ailleurs souvent accompagnés par ce type de sample et il sera donc temps d’y jeter une oreille.

Blackrain au Download Festival Paris

Scéniquement parlant j’ai trouvé le groupe assez léger malheureusement, peut être un peu trop stéréotypé. Finalement les interactions sont assez limitées, le chanteur ne m’a pas semblé à l’aise sur scène, comme une certaine gêne. C’est dommage car certains morceaux sont vraiment taillés pour et je m’attendais à ce que l’ambiance prenne plus.

La suite du set est du même acabit avec beaucoup de morceaux assez entraînants. Finalement, c’est réellement la fin de Overlead qui fera décoller l’ambiance avec son super passage final. Manque de chance, les anglais d’Iron Maiden joue moins de dix minutes après et le public va se dilapider.

Ghost au Download Festival Paris 2016

Bien qu’on adore écouter Iron Maiden, le groupe ne fait pas franchement partie de ceux qu’on aime aller voir en live. Mais le bon côté c’est qu’on y passe toujours un bon moment et que la prestation des anglais est comme toujours au rendez-vous, scéniquement et musicalement, on en a largement pour son argent. Mais le vrai groupe que l’on attend pour le soir n’est autre que Ghost programmé en fin de soirée pour une heure de set.

Ghost c’est le groupe en pleine montée de popularité en ce moment dans la sphère Metal, qui en quelques années est passé de mega hype à déjà trop commercial. Mais voilà, ça reste plutôt efficace en concert et on aime beaucoup leur troisième album sorti un peu plus tôt. C’est donc avec une certaine déception que nous voyons l’heure tourner, 10 minutes de retard puis près de 5 minutes d’introduction à base de sample… Ça s’annonce plutôt mal non ?

Download Festival Paris Night

On apprendra en fait très rapidement que Papa Emeritus III est tout simplement malade et que sa voix ne lui permettait presque pas de faire le show. On aura donc droit à un set amputé de quelques titres un et un pape qui n’a pas pris la peine de revêtir son costume complet. Cela reste tout de même très efficace, du Ghost en sommes avec des morceaux de pop très teintée Metal, des ghouls complètement anonymes qui se baladent autour d’un pape qui cabotine à tout va.

Le show a plus du spectacle que du concert de Metal et ça semble largement satisfaire le public qui en redemande. La setlist est majoritairement composée de titre du dernier album, bien qu’elle soit du coup très courte avec huit petits morceaux qui se courent après. Sans doute pas le meilleur concert de Ghost, mais assurément de quoi gagner de nouveaux fans parmi ceux qui ne les avaient jamais vus. Malgré les problèmes vocaux de Papa Emeritus – qui le conduiront à annuler le concert prévu le lendemain- le set est rondement mené.

Et c’est sur ces mauvaises intentions que se clôt cette première journée du Download Festival Paris 2016. On prendra les navettes de la RATP pour retourner porte Maillot en moins de 20 minutes trajet entre la scène et le bus compris, ce qui est somme toute très raisonnable malgré l’affluence.


Nattesferd de Kvelertak

dabYo dans Critiques, Musique le 5 juin 2016, avec 3 commentaires
Critiques

Parfois il est bon d’être complètement superficiel et de s’attacher aux couvertures de roman et autres disques. C’est comme ça que j’ai découvert le groupe norvégien Kvelertak: la couverture de leur premier album éponyme était réalisée par John Baizley, grand artiste et aussi leadeur du groupe Baroness. Derrière cette jolie couverture se cachaient 11 titres au son brut de fonderie, dont la force et l’agressivité vous en mettaient plein la gueule. J’aurai pu passer à autre chose, mais la cymbale répétitive de Blodtørst avait attiré mon attention. C’est comme ça que je finirai par prendre une énorme claque, plaçant Kvelertak comme mon groupe favori. Le temps est passé, mon amour quasi inconditionnel a grandi, et voilà qu’ils viennent tout juste de sortir leur troisième album, Nattesferd.

Nattesferd de Kvelertak

Quand votre groupe favori sort son nouvel album, l’attente est forcément très haute et les déconvenues toujours prêtes à venir frapper à la porte, voir à rentrer par la fenêtre. Je dois avouer que c’est clairement ce qu’il s’est passé avec cette troisième galette dont le single 1985 est sorti bien en avance. 1985 se voulait être une sorte de mélange entre le rock psyché des 70″ et le metal progressif façon Kverletak: plutôt lancinant pour le premier et relativement répétitif. L’alchimie des deux peut prendre pour les gens n’aimant pas le Kvelertak habituel (illman aime, confirmant une fois de plus que cette personne n’a aucun goût !), mais pour les autres c’est clairement la douche froide et cela a cristallisé mes attentes de l’album. Un virage à 180° ?

On démarre avec Dendrofil for Yggdrasil qui commence comme toutes les intro d’un album Kvelertak avec une montée progressive de son saturé pour vous en mettre plein la gueule au bout de 30 secondes. Voilà qui n’est pas sans rassurer: 1985 est peut être mou, mais le groupe sait encore recycler sa recette. Ce morceau est une introduction très classique pour le groupe, agressive à souhait mais elle dénote d’une certaine mélancolie que l’on va retrouver un peu partout dans l’album. En effet, Nattesferd s’avère être un album beaucoup moins rentre dedans que les deux précédents. La force y est, l’agressivité aussi, mais il s’en dégage une forte impression de mélancolie qui me fait beaucoup penser à Ordsmedar Av Rang de leur premier album. Puissant, fort, brutal mais aussi très triste. Mélancolie, nostalgie, maitrise sont pour moi les maitres mots de cette troisième galette.

Kvelertak Nattesferd Promo

Après un 1985 qui passe beaucoup mieux dans un album qu’en tant que single, mais qui reste tout de même très mou, on enchaîne avec le titre éponyme. Nattesferd est juste le mélange génial entre ce son plus doux et nostalgique du nouvel album tout en conservant l’agressivité habituelle du groupe. Avec son tempo sur vitaminé, ses riffs et longs ponts menant vers des solos prenants, il s’agit clairement d’un de mes titres préférés qui rendra vraiment bien en live. La claque est vraiment forte quand on vient de passer par les 5 minutes 33 de 1985. On enchaine avec Svartmesse qui pourrait presque être sur un album de The Devil’s Blood ou encore Jess and the Ancient Ones tant la rythmique est psychédélique et convient parfaitement à l’ambiance. Mais là où le dernier groupe a un son assez chaud d’habitude, on retrouve ici la froideur du nord, comme s’il y avait un filtre hivernal. Par dessus l’orientation clairement 70″ de l’instrumentation vient se poser la voix agressive du chanteur, très punk pour le coup avec des cœurs de temps en temps. Un très bon mélange, bien mieux dosé que celui de 1985 qui vient prouver que Kvelertak a su trouver le bon mélange sans perdre son identité.

Bronsegud est beaucoup plus punk rock que ce qu’on a l’habitude d’entendre au début et aura plus de mal à rentrer dans le moule. Le tempo et la rythmique sont assurés par des Oi ! bien placé qui viennent donner un petit coup de fouet à l’écoute. Rentre dedans et durant moins de trois minutes, on retrouve tout de même ce côté psyché sur les guitares et une basse très présente. Un titre qui sera une fois de plus génial en live. On repart sur du plus lancinant avec Ondskapens Galakse qui là m’a clairement fait penser à un ancien titre, Evig Vandrar, mais le départ assez lent persiste jusqu’à la fin, une ambiance assez nostalgique qui finalement aurait fait une très bonne fin d’album.

La suite vient avec Berserkr et cette habitude de Kverlertak de faire de longs morceaux progressif sur la base de quelques riffs. Là encore, le son est froid mais aussi très mélancolique. Si l’introduction du chant est assez difficile au bout d’une minute, les nombreux changements de rythmiques sont vraiment bien amenés et la dernière minute trente s’avère géniale avec un quasi solo de chant. Cette dernière partie d’album est comme d’habitude purement progressive et on enchaîne avec Heksebrann dont la progression s’étale sur 9 minutes, cool ! Une petite touche de psyché là encore, le froid nordique aussi mais surtout des riffs géniaux, de ce qu’on chante dans la voiture, tout du long, sans jamais s’arrêter. On termine sur Nekrodamus, tradition des albums du groupe qui contient chacun son Nekroquelquechose. Rythmique lente et psyché, elle vient clore l’album avec cohérence.

Nattesferd de KvelertakJ’avais déjà du mal à présenter Kvelertak et leur style de musique clairement particulier. Ce n’est pas du Punk, surement pas du Black malgré certains passages, ni du Stoner, ni quoi que ce soit de directement compréhensible. C’est une sorte de melting pot dont l’élément principal est cette capacité à faire des morceaux prenants à partir de quelques riffs de guitare bien sentis. Nattesferd a un rythme certes plus lent que les précédents, mais il était temps pour le groupe de faire une transition et on peut dire qu’après deux premiers albums quasi identiques, on retrouve ici une nette évolution.

J’aurai eu de longues semaines de doutes au gré des morceaux qui ont leaké et dont l’écoute indépendamment a sans doute précipité ce sentiment mitigé. Comme si le groupe avait pu perdre son âme et accoucher d’une galette à l’image de 1985. Mais c’était là sans compter sur les norvégiens et leur album qui a tout de suite su me rassurer: Kvelertak n’a pas juste eu un coup de pot avec ses deux premiers albums. Ce n’était pas la production de Kurt Ballou qui avait fait de ce groupe cette bouffée d’air frais sur les deux albums précédents, mais bien les musiciens qui réussissent ici à livrer une excellente transition. Nattesferd est là pour confirmer que Kvelertak est avec nous pour durer, continuer de nous sortir des putains de morceaux.


Concours : Remportez vos places pour le samedi au Download !

10x2 places à gagner

Serafina dans Musique le 3 juin 2016, avec aucun commentaire

L’autre jour, on vous partageait le running order du Download Festival de Paris qui aura lieu du 10 au 12 Juin à l’hippodrome de Longchamp. Nous, nous y allons surtout surtout pour le samedi, même si nous ferons aussi le vendredi. Pour une raison très simple : il y’a Baby Metal qui passe et c’est la seule occasion de les voir en France cet été. On ne peut pas louper cela. Bon, en prime, il y’a aussi Korn, Amon Amarth ou encore Apocalyptica.

Download Festival France 2016

Vous avez envie de voir ce beau monde vous aussi ? Ca tombe bien, l’équipe du Download nous a proposé de mettre en jeu 10×2 places pour la journée du samedi. Ces billets sont au format électronique. Alors évidemment, on a accepté, d’autant plus qu’a 49€ la place c’est tout de même un beau cadeau qu’on vous fait.

Pour jouer, il vous suffit de nous dire en commentaire quel est le groupe que vous attendez le plus ce samedi !

Le concours dure jusqu’à lundi 22h00 et les gagnants seront contactés mardi. Vous pouvez augmenter vos chances de gagner des manières suivantes :

  • Nous suivre sur facebook ou twitter : 1 chance de plus
  • Partager ce concours sur facebook ou sur twitter : 1 chance de plus.

J’espère que ce concours vous fait plaisir (nous oui !). On se revoit là-bas ?


L’arrivée du Download Festival dans sa version parisienne a été annoncée en grande pompe en fin d’année dernière et a cristallisé les attentes sur son affiche. Il faut dire que cet évènement organisé par Live Nation dans un paquet de pays européen a en général des affiches avec de très grands noms, et que le festival était annoncé sur une date en pleine confrontation avec le Hellfest: une semaine avant, rien de moins. Le temps est passé, les affiches de chacun se sont affinées et il ne restait plus qu’un gros manque pour le Download: son running order.

Download Festival France 2016

On se retrouve donc avec trois scènes différentes, le Main Stage et deux autres stages qui vont alterner. En général, il y a une scène jouant toute seule puis un créneau avec deux autres en parallèle. Rien de bien étonnant donc, le festival a un nombre de groupes plus restreint de par son emplacement en pleine capitale parisienne. On ne peut pas avoir tous les avantages non plus. L’avantage, c’est qu’en dehors de quelques groupes en début de journée, la plupart jouent au minimum 45 minutes, voire une heure: génial !

C’est ainsi qu’on pourra apprécier une heure de show des japonais de BABYMETAL, un des groupes qui nous a le plus poussé à rejoindre Paris pour ces quelques jours ! Ce sera le même cas pour Avatar par exemple ou encore Blackrain. Alors évidemment, le festival n’est pas 100% Metal et il y aura quelques groupes moins intéressés pour ceux ne jurant que par la musique extrême. Ce n’est pas mon cas, ça tombe bien ! Le Download Festival France 2016 aura lieu les 10, 11 et 12 juin prochain au Hippodrome de Longchamp.

Running Order Download Festival France 2016


Il n’y a pas qu’au Hellfest que l’on peut découvrir de très bons groupes, parfois ça arrive tout près de chez vous dans un petit festival régional. C’est ce qu’il s’est passé quand Fleshgod Apocalypse est passé au M-Fest 2015 en Touraine près de chez nous. Le Death Metal n’est généralement pas ma tasse mais quand c’est mélangé à des aspects de Symphonique, là je signe tout de suite. Ces italiens sont chez Nuclear Blast depuis leur album de 2013 et leur dernier opus vient tout juste de sortir, King, qu’ils viendront donc défendre au prochain Hellfest 2016.

Il assez difficile de situer Fleshgod Apocalypse dans le paysage musical du Death Metal, leur musique ayant une forte connotation gothique qui ne va du tout à cette scène. Le plus proche et connu étant sans doute les grecs de Septicflesh qui nous servent eux aussi du death grandiloquent. Les deux groupes partagent une musique très martiale, mais quand les grecs donnent l’impression de lever des armées de terreurs, Fleshgod Apocalypse nous offrent plutôt une fenêtre sur un mélange entre la brutalité du metal et le romantisme des cours européennes du XVIIème siècle. Un XVIIIème siècle où les créatures de la nuit vivent dans la luxure et à l’insu des humains. Si la série d’Anne Rice avait une bande son Metal, elle serait surement faite par Fleshgod Apocalypse.

Une voix de soprano qui fait irruption de temps à autre, des gros riffs de guitare martiaux et répétitifs, avec de temps à autre quelques ponts au piano accompagné par des violons. Voilà sans doute la recette du groupe italien qui nous la sert avec une maîtrise rarement égalé. Tout comme pour Septicflesh on ne peut qu’être en admiration devant l’équilibrage de ces éléments.

Sur scène aussi cette ambiance est présente, les membres du groupes étant maquillés tout en blanc avec les chemises à jabots qui vont bien. Une retranscription de leur imagerie très réussie qui donne une superbe ambiance à leurs concerts. Ils nous en avaient clairement mis plein la vue dans la salle du M-Fest et on ne peut que les attendre avec impatience sous la Temple.


Je ne sais plus bien pourquoi je me suis mis à écouter Mantar, mais le groupe a été associé de près ou de loin à Kvelertak et il s’est donc retrouvé sur mon lecteur. Mantar est un groupe allemand programmé sur la Warzone de ce Hellfest 2016, avec un côté Punk bien lourd puisque c’est un mélange au Black et au Doom Metal avec tout ce qui caractérise la haine du premier et le pachydermisme du second. Un duo de punks qui font du Doom et qui sont associés (à tort ou à raison) à Kvelertak, voilà qui ne peut que me plaire.

Lourde la musique de White Nights l’est carrément, le tempo est lent à souhait avec une batterie à la caisse lente, répétitive et appuyée. La voix du chanteur et guitariste Hanno Klärhardt a l’air de sortir des tréfonds de l’enfer, le son de la guitare est crade et à la connotation très Black Metal. Et j’aime, évidemment, ce côté crade tout en étant horriblement rythmique grâce aux influences Punk. Le son du titre donne vraiment l’impression de venir tout droit d’une cave de gamins de la Norvège, la haine du chant est palpable, la froideur de la musique et de ses nappes aussi. Bien loin des aspects joyeux de Kvelertak et on pourra guère les comparer au final.

Mantar Metal BandLeur premier album Death by Burning est sorti chez Svart Records en 2014 et vaut clairement le détour. La musique est vraiment très brute, grasse et parfois proche de l’inaudible, il faut aimer mais j’avoue espérer que le prochain album sera un peu mieux poli. Celui ci est prévu pour mi avril 2016, les premiers extraits sont déjà disponibles (ici, ici et , avec des extraits de chaque titre), il sortira chez Nuclear Blast. Le son reste brut bien qu’un peu plus clair.

Mais voilà, on se demande quand même comment le groupe a pu atterrir sur la Warzone tant le casting semble complètement correspondre à une matinée sous la Valley voire Temple un petit dimanche vers 13h. Mystère. Avec Mantar, Kvelertak et Converge, il semblerait que cette année s’annonce comme être la plus warzonnée de tous nos Hellfest.


Chaque année est rythmée par les mêmes dates, la première annonce du Hellfest, l’affiche complète et enfin, le running order ! C’est l’heure de voir l’affiche de ce Hellfest 2016 être enfin dévoilée complètement avec l’annonce des trente derniers groupes attendus. Avec près de 160 groupes, il est difficile de ne pas y avoir d’ores et déjà une bonne petite liste de groupes à aller voir, et il nous reste encore quatre bons mois pour découvrir ceux que l’on ne connaissait pas encore.

Hellfest 2016

Bien que ce ne soit pas franchement ce que l’on préfère, parlons d’abord des têtes d’affiches qui se produiront sur les deux MainStages. Avec Rammstein qui vient enfin à Clisson, les grands noms qui ne seront pas encore venus fouler la scène du Hellfest se font de plus en plus rares. Je ne suis pas forcément super intéressé par le groupe, mais ça reste quelque chose à avoir vu, autant en profiter. The Offspring est un autre gros nom qui n’était jamais venu et que je serai bien content d’aller voir en festival. Le retour de Within Temptation, Korn et Dropkick Murphys ne pourra que ravir Serafina. De mon côté, c’est vraiment le retour de Blind Guardian après presque 10 ans d’absence à Clisson qui me rempli de joie, je n’ai jamais eu l’occasion de voir les allemands !

Hellfest 2016On restera tout de même perplexe sur l’énième retour de Black Sabbath et Korn qui donnent l’impression de voir la même affiche depuis trois-quatre années maintenant… On nous promet une tournée d’adieu pour Sabbath, et Korn ne revient pas nous faire le même show, mouais.

Chose étonnante, l’Altar propose un dimanche soir assez inhabituel avec trois groupes qui sont loin des clichés du Death: Paradise Lost et sa musique dépressive qui on l’espère jouera de son dernier album, Katatonia à l’ambiance tout aussi lugubre, et enfin, Grand Magus qui est bien plus Power que les autres. Bizarre.

Côté Temple -qui représente généralement la tente que nous aimons le plus- on retrouve comme d’habitude une ribambelle de groupes qui nous bottent carrément, les noms habituels comme Korpiklaani, Primordial ou encore Enslaved et Taake. Mais aussi deux ou trois beaucoup moins connus et qui font plaisir: les italiens de Fleshgod Apocalypse et leur Death Metal Symphonique, le Metal Gothique des allemands de The Vision Bleak ou encore le Viking Metal de Skálmöld qui a accompagné notre roadtrip sur les côtes islandaises.

Cette année encore on finira quelques fois sous la Valley pour quelques groupes de Stoner/Doom, avec Kadavar ou encore Torche évidemment. Mais tout cela n’est pas grand chose sur l’échelle de Richter des annonces de Hellfest, puisqu’à nouveau, un groupe nous fera aller devant la Warzone: Kvelertak et leur putain de Black’n’Roll melting pot qui défonce ! Vivement ! Un autre y parviendra aussi, Mantar, un groupe allemand qui a du Kvelertak en lui. Vivement Juin !


Ce janvier 2015 s’annonçait bien rempli de concerts pour nous avec Fields of the Nephilim (qui a malheureusement annulé sa prestation), Therion qui ramenait Luciferian Light Orchestra et une semaine après Tribulation pour la première fois headliner en France. Ils étaient eux aussi bien accompagnés par un groupe rétro et non des moindres, Grave Pleasures, le nouveau nom de Beastmilk. Deux groupes de l’affiche du Hellfest 2015 qui nous y avaient foutu une belle baffe. C’est donc avec un gros enthousiasme que nous nous rendions au Glazart en ce mardi 26/10 où le périphérique était sous les assauts de la grève des taxis et de leurs jets de pneus.

tribulation paris galzart 2016

Il faut croire que les parisiens avaient peur de cette manifestation puisque nous n’avons jamais atteint si vite le Glazart que ce jour là. Une première bonne nouvelle pour nous, la seconde étant que la salle n’avait qu’une vingtaine de minutes de retard. Une information à noter tant nous étions habitués à l’heure de retard avec cette salle, le comble ayant eu lieu pour le passage d’Hanzel und Gretyl l’année dernière.

Vampire au Glazart

La soirée commence avec les suédois de Vampire que je ne connaissais pas vraiment et qui n’ont pas une discographie bien longue pour le moment. Je ne les ai jamais écoutés, je ne savais pas à quoi m’attendre et je ne sais pas si j’étais fou, mais leur arrivée s’est vu accompagnée d’une odeur d’ail. Bon, vu le nom du groupe, je suppose que c’était volontaire. On est face à un Death Metal assez agressif à l’ambiance très particulière, j’avais vraiment l’impression d’y entendre de la musique à laquelle il ne manque pas grand chose pour que j’apprécie. N’aimant pas vraiment le Death, ce sont plutôt leurs influences malsaines et les petites notes de Thrash qui pourraient me conquérir.

Grave Pleasures au Glazart

Après ce petit apéritif et une petite pause, on enchaîne sur l’entrée avec les finlandais de Grave Pleasures. C’est la troisième fois que nous allons les voir sur scène, ils avaient ouvert pour In Solitude au Glazart justement, et au Hellfest 2015 évidemment. Le groupe vient défendre son deuxième album dont l’accueil a été plus mitigé que pour l’énorme Climax. Il faut avouer qu’ici on y trouve moins notre compte que pour le premier album, peut être moins rentre dedans et plus exigent en terme d’écoutes. En tout cas, on ne doit pas être les seuls car quand le chanteur demandera au public de choisir entre un nouveau et un ancien morceau, l’hésitation ne sera pas bien longue.

Cela dit, les morceaux de Dreamcrash passent plutôt très bien en live. Sur certains titres la batterie est vraiment omniprésente et marque le rythme certes, mais l’équilibre entre guitares et batterie/basse est complètement inversé. Les riffs de guitare ne faisant qu’office de fond sonore tandis que la mélodie est vraiment marquée par la batterie et la basse. C’est génial dans ces moments là, on regrettera juste une ou deux balades qui viennent quelque peu plomber l’énergie dégager par le groupe. Très à l’aise sur scène, la bande en envoie le reste du temps et on passera un très bon moment en leur compagnie.

Tribulation au Glazart

Tribulation Glazart Paris 2016

Quand les spots se rallument sur la scène, c’est un gros nuage de fumée que la lumière verte éclaire. Une ambiance très particulière où les musiciens jouent sans qu’on puisse vraiment les voir. Drôle d’ironie que d’aller à un show pour voir de la musique jouée en live sans voir les musiciens. Mais voilà, ça met tout de suite dans l’ambiance et ce n’est pas la longue introduction tout bonnement géniale que Tribulation joue qui va briser l’ambiance. Je ne saurai pas dire s’il s’agit bien de Ultra Silvam mais finalement le titre importe peu, l’important c’est qu’on y retrouve là tout l’art du groupe: un savant mélange entre des riffs agressifs, une mélodie envoutante le tout saupoudré par je ne sais quoi d’occulte. Génial.

C’est après cette superbe introduction instrumentale que le leader, chanteur et bassiste du groupe fait son apparition accompagné des deux guitaristes. Les spots les illuminent et ils se sont mis sur leur 31 pour nous en donner pour notre argent. Le chanteur est charismatique, impressionnant à un point qu’on aurait presque peur de le regarder. Il n’aurait pas fait tâche dans un film d’horreur, ancien roi d’un temps oublié qui vient de se réveiller d’entre les morts et vous en veut personnellement.

Le set démarre vraiment sur Melancholia qui fait honneur à leur troisième et actuellement dernière galette, The Children of the Night. Le morceau est génial, tout comme l’album, et il prend une profondeur bien plus grande encore en live. Le groupe va jouer une dizaine de titres au total, nombreux seront ceux issus de ce dernier album, mais on notera deux morceaux beaucoup plus Death old school qui rappellent qu’avant d’avoir pris un virage satanique à la Watain, le groupe officiait dans un genre que je n’appréciais pas du tout. M’enfin, il en faut bien pour les premiers fans.

Les musiciens vont être au taquet tout le long du show, on ne pourra qu’admirer le sourire Freedent du guitariste blond, qui nous en avait déjà mis plein les yeux au Hellfest (voir photos) et qui a ici récidivé. Franchement, un zico déguisé en vampire qui vous fixe pendant tout le concert en souriant à pleine dents genre le chat du Cheshire, ça a de quoi retourner les tripes.

Je ne sais pas si c’était un problème d’agenda, mais je n’aurai même pas eu le temps de m’apercevoir que le groupe était sortie pour son rappel. Du coup, c’est sans trop le comprendre et bien trop vite que nous sommes arrivés à la fin de ce concert qui méritait largement de braver la grève des taxis et la fermeture du périphérique pour le retour. J’ai hâte de vous revoir Tribulation !


Hanzel und Gretyl au Glazart

dabYo dans Concert, Musique le 24 décembre 2015, avec aucun commentaire

Il y a quelques années je découvrais Hanzel und Gretyl, un groupe américain qui fait de l’Indus qui tâche, très rythmique et avec des thématiques pas toujours très catholiques. Imagerie inspirée des nazis, blagues sur le troisième reich et chants en allemand, on peut dire que ça fait tâche. Évidemment, il s’agit là de pastiche et en aucun cas d’un groupe néo-nazi. Avec une telle musique, j’ai tout de suite été conquis et je n’avais qu’une hâte: les voir en live. Les années ont passé, les albums aussi, et voilà que sans crier gare, le groupe a été annoncé au Glazart par Dooweet !

Hanzel und Gretyl Glazart 2015

Et c’est une vraie affiche de qualité qui les accompagne. Le groupe américain fait la grande partie du show, mais on retrouve trois premières parties qui ne sont pas dégueu du tout. Un jeune groupe de Rock Indus avec Syndro-Sys, du Black Indus avec Pavillon Rouge et enfin, cerise sur le gâteau, le Cyber Metal de Herrschaft.

Syndro-Sys au Glazart

Synchro-Sys-au-Galzart-2015On commence par le plus jeune groupe de la soirée qui est sur le point de sortir son premier album, Corporation. Scéniquement on sent que le groupe fait des efforts pour mettre de l’ambiance dans cette froide soirée d’octobre. Dans les faits, il faut avouer que le public n’est pas encore très nombreux -malgré le retard pris par le concert- et pas très chaud non plus. Mais les artistes ne se laissent pas abattre pour autant et ça fait plaisir à voir.

Côté musique c’est un peu plus mitigé de mon côté. J’ai trouvé que malgré le style du genre, c’était assez mou en live. La voix de la chanteuse est bien posée certes mais se mêle mal à la musique, comme si ce n’était pas composé ensemble mais simplement rajouté par la suite. Le côté Corporation qu’ils essayent de mettre en avant n’est pas tant rendu que ça en live. Enfin bon, c’est un premier album et ça reste sympathique. Je leur souhaite de trouver leur équilibre.

Pavillon Rouge au Glazart

On enchaine avec Pavillon Rouge, un autre jeune groupe qui a sorti son premier album cette année. Ici place à du Black Metal Industriel qui a sa bonne dose de haine, d’agressivité et d’éléments électro. Je ne connaissais pas, j’ai écouté et j’ai pris une putain de claque. Sur album, le groupe nous en met plein la gueule, la musique est agressive mais super lisible, super bien produite, un putain de bon album en somme.

Pavillon Rouge Glazart 2015

Malheureusement sur cette date, le chanteur de la formation n’a pas plus se déplacer a été remplacé au pied levé. Son remplaçant fait plutôt bien le taff, il regarde peut être un peu trop le guitariste pour savoir quand chanter mais se débrouille assez bien et a une pêche d’enfer. Le voilà qui descend dans la fosse pour pogoter avec le public le temps de quelques ponts musicaux. Ils ont la fougue de la jeunesse et le montrent bien, ça déborde vraiment d’énergie.

Côté prestation musicale c’est par contre beaucoup plus mitigé. J’avais beau connaître pas mal de morceaux tout de même, j’ai trouvé le son horriblement brouillon. On ne pouvait distinguer quasiment aucune mélodie et c’est vraiment dommage. Ça donnait l’impression d’une bouillie musicale et seuls un ou deux morceaux comme Droge Macht Frei était vraiment reconnaissable. Était-ce un problème de balances ? C’est vrai que le Glazart n’est pas forcément réputé pour sa qualité sonore, je ne sais pas, mais j’ai été un poil déçu. Maintenant avec un tel premier album, on ne peut qu’attendre du bon pour le futur de la formation.

Herrschaft au Glazart

On continue avec du lourd cette fois, Herrschaft fait partie de cette sphère Indus française qui fait vraiment honneur au genre. Bien que j’adore ce type de musique, je ne suis pas un grand connaisseur du genre mais force est de constater que la scène française est vraiment truffée de pépite. Avec The CNK, Tantrum ou encore Punish Yourself, il y a vraiment de quoi faire.

Herrschaft Glazart 2015

Ils débarquent donc maquillés de blancs, un petit effort supplémentaire pour le chanteur, et devant trois backdrops avec le symbole du groupe. Les membres du groupes communiquent plutôt bien avec le public et mettent l’ambiance dans une fosse qui est déjà tout acquise à leur cause. Y a pas à dire, quand on a l’habitude de voir quasiment que des groupes étrangers, ça fait bizarre de voir un si bon groupe… parler français entre les morceaux.

C’est en tout cas vraiment efficace sur la plupart des morceaux, la musique et le chants passent bien avec un plutôt bon son. Pour le coup la balance du Glazart m’a semblé plutôt efficace. Je ne connais quasiment pas leur discographie, si ce n’est le dernier album Les 12 Vertiges qui sera plutôt bien représenté.

Le set fini sur une explosion de papiers paillettes sur l’avant dernier morceau, puis avec de la mousse sur le dernier, avec un effet lumineux du meilleur effet. Un très bon show en tout cas.

Hanzel und Gretyl au Glazart

Kaiser Von Loopy Galzart 2015Le problème des concerts à Paris c’est que les gens qui y vont sont souvent restreints par les transports en commun, du coup quand un set commence avec une heure de retard, ça pose un réel problème. De notre côté, avec deux heures de route en BlaBlaCar par exemple, c’était pas très bon signe. Mais bon, on est venu voir les américains, alors il a bien fallu négocier. Après une heure d’attente, les lumières s’éteignent enfin pour l’entrée en scène du duo.

Hanzel und Gretyl est un groupe à la carrière marquée par plusieurs changements assez radicaux de style musical. S’ils officiaient originellement dans une sorte d’EBM sous marihuana, leur style a changé du tout au tout avec Über Alles, où la musique est devenue beaucoup plus rythmée, tranchée, très Metal Indus. Avec leur dernier album Black Forest Metal, le groupe a pris une nouvelle orientation où la touche industrielle s’est mélangée à des influences plus Black Metal et beaucoup plus contemplatives. On reste sur du Hanzel und Gretyl, ça sent toujours largement la pastiche du nazisme, mais c’est beaucoup moins agressif et plus lent.

Le concert va commencer sur cet album avec un petit paquet de morceaux qui sont assez longs et lents en live. C’est du coup relativement dérangeant dans la mesure où il n’y a que deux musiciens avec une boite à rythme. Kaiser Von Loopy et Vas Kallas sont très charismatiques, le premier portant son masque de loup garou en jette un max. La seconde qui fait la basse et les chants nous en impose elle aussi. C’est bien, mais ça n’est pas pour autant rentre dans la gueule, ça manque d’un petit quelque chose pour passer du sympa à l’énorme.

Hanzel und Gretyl au Glazart 2015

Puis soudain Kaiser Von Loopy troque son masque de loup en métal pour son habituel casque de soldat romain (?), Overture de Über Alles est lancé et le groupe enchaîne sur l’énorme Unterstutzung 87. Musique répétitive, riff de guitare bien gras et lents, chant agressif et repris en coeur par le public, c’est comme si le concert démarrait vraiment !

Le groupe va enchainer un gros paquet de morceaux dans ce genre, très caractéristique de leur musique. On peut dire que la sauce prend, c’est juste génial en live. Les refrains étant très simple, tout le monde hurle et le Glazart prend feu, tout simplement.