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Ca faisait un petit moment que nous n’avions pas parlé de mangas ici. Il faut dire que ces derniers temps pour ma part j’ai un peu décroché du manga. La plupart des séries que je suivais depuis des années se sont terminées et à part Naruto et Detroit Metal City (dont on vous parlera prochainement), je ne suivais plus rien. Trop de choix, ça joue aussi, je ne savais pas vers quoi me tourner. Et puis Tonkam a sorti Sugar Princess une histoire réalisée par l’auteur de Parmis Eux, série que j’avais adoré.

Donc, c’est une série Shojo et les deux tomes sont sortis en même temps chez Tonkam. Ils racontent l’histoire d’une jeune fille, Maya Kurinoki, qui un jour réussit par hasard (ou presque) un double axel sous les yeux d’un entraîneur professionnel, qui décide d’en faire la nouvelle star du patinage artistique.

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Oui du patinage artistique. Là je sens la lueur de moquerie dans vos yeux. Ne mentez pas, j’ai bien vu la tête de dabYo quand je lui ai dit que c’était un manga de patins. Mais le passé nous a montré que même le Go pouvait être intéressant en manga, alors ce sport ou on saute sur glace avec des tenues à paillettes… pourquoi pas? Bon je dois aussi vous avouer que quand j’étais plus jeune, j’adorais regarder le patinage artistique à la télé. Voilà vous pouvez pouffer et essayer de caser mon coté goth avec celui qui regarde du patinage. On a tous des cotés qu’il vaudrait mieux taire. Toujours est-il que forcément, la sauce a pris plus vite. En plus entre chaque chapitre l’auteur a dessiné des patineurs qu’elle aime bien, on sent que elle aussi a regardé le patin à la télé… Et bonus pour les chauvin, il y a même des français dans ses préférés (en fait le couple Anissina – Peizerat). Oui ça n’a aucun intérêt, mais ça m’a fait sourire.

Donc et l’histoire ? Bah écoutez, c’est mièvre, c’est Shojo, c’est culcul la praline, les ficelles sont grosses. Bref ça ne vole pas spécialement haut dit comme ça. L’héroïne qui réussit du premier coup un double axel sans avoir patiné, qui se retrouve à patiner en couple avec un super bishi super froid, c’est classique. Mais c’est efficace. Car malgré tout c’est bien géré, c’est prenant. On sourit devant les péripéties de l’héroïne qui essaie tant bien que mal de concilier patin et école, et qui essaie d’être reconnue par son « partenaire » Shun (le bishi si vous n’avez pas suivi). L’humour est évidemment très présent que cela soit par la froideur ultra feinte du partenaire ou par la famille de l’héroïne et son chat.

Le design ne casse pas des briques, mais au moins on n’a pas l’impression d’avoir les mêmes personnages que dans Parmis Eux. Bien entendu le thème est le sport, et on sent réellement que l’auteur a l’air d’aimer le patinage artistique. Le trait est, comme dans sa précédente série, très épuré, très net aussi, il y a relativement peu de trames et les lignes sont harmonieuses. Le dessin est léger, donnant une atmosphère fraîche au manga. C’est pas prise de tête, c’est mignon et ça vous emporte sur la glace. On déplorera peut être l’absence d’un réel lexique expliquant les différences entre les sauts, car nul doute que pour un néophyte entre double axel et double piqué la différence soit assez obscure. Mais c’est vraiment du détail.

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Le vrai hic, vient encore une fois que la maison d’édition. Oui parce que Tonkam semble en être réduit à racler les fonds de tiroirs, apres la ré-réédition des Clamp, la parution des œuvres de jeunesse comme Les Contes Cruels de Kaori Yuki, voici qu’il nous balance des séries abandonnées ! En gros, Sugar Princess, il n’y a que deux volumes. Non pas parce que l’histoire est finie, mais parce que l’auteur l’a abandonnée. Evidemment Tonkam ne dit rien là dessus et se contente de réponses « vagues » sur son forum. On peut quand même se poser des questions sur l’intégrité de la maison et surtout sur le respect envers les lecteurs !

Publier une série abandonnée, à la limite, ok. Mais pourquoi ne pas le préciser ? Pourquoi la présenter comme une série « terminée » ? Bref, ce n’est pas la première fois (on pense aux Descendants des Ténèbres, série abandonnée aussi pour laquelle Tonkam n’a même pas pris soin d’informer les lecteurs sur le dernier tome !) et je commence à avoir une très mauvaise image de cette maison.
Enfin, cela ne gâche pas le plaisir de la lecture de ce manga qui vous mettra je n’en doute pas le sourire aux lèvres.


Catacombes de Vald

Serafina dans Livres, Présentation de Manga le 29 janvier 2009, avec 50 commentaires

Catacombes est ce qu’on appelle -à tort- un manga français. Je déteste ce terme, mais vu que c’est présenté comme cela, marketé comme cela et étiquetté comme cela, nous nous en contenterons pour la durée de cet article. Bref, c’est une nouveauté Pika, catégorié en Seinen. Pour ceux qui ne le savent pas le seinen est un type de manga généralement réservé à un public d’un certain age, souvent à cause des thèmes, du gore ou du traitement trop cru de certains passages. Ce genre comporte de superbes perles telles MPD Psycho que dabYo vous avait présenté.

Couverture du tome 1 de Catacombes

Catacombes, c’est l’histoire d’Anaë une jeune goth de 23 ans, venue à Paris pour vivre de son art : la peinture. Elle s’acoquine avec un groupe de Métal, les Katacombes et va se retrouver emmenchée dans de drôles d’histoires incluant évidemment les catacombes de Paris. Enfin, c’est ce qu’on nous promet.

Je dessine, depuis des années maintenant. Du coup, la première chose que je regarde dans un manga c’est sa qualité graphique. J’ai énormement de mal à lire un manga mal dessiné. Les erreurs me sautent aux yeux et je passe mon temps à me dire « mais ça cloche« . Et bien le problème de Catacombes, c’est que le dessin est potable mais sans plus. Les décors sont super bien realisés, très realistes, et on reconnait bien la ville de Paris, y a pas à dire. Mais les personnages… Super stéréotypés mangasses, style fade, personnages très raides. Et je ne parlerai pas des cadrages qui laissent à désirer, les gros plan sur un pendentif qu’on comprend pas pourquoi, les perspectives douteuses, et bien évidemment les moonboots pour pas avoir à dessiner les pieds.

Catacombes de Vald

Le noir est bien géré, et les trames s’intègrent assez bien, mais les visages sont inexpressifs, les personnages trop raides, les postures trop peu naturelles. Bref, j’ai passé le manga à me dire « mais non ça c’est pas bon« . Attention, je ne prétend pas mieux faire hein, loin de là. Ceci dit, mon oeil est probablement plus entrainé du coup les erreurs m’obnubilent. Quant aux scenes « clé« , elles sont brouillonnes et difficilement compréhensibles.

Mais soit. Après tout un manga ce n’est pas que le dessin. Malheureusement pour Catacombes, le scénar ne rattrape rien du tout. Superbement stéréotypé, superbement prévisible aussi. La ballade entre goths au père lachaise, l’héroine qui se fait draguer par le chef du groupe de métal, les membres du groupe qui s’autocongratulent à la fin du concert avec des bières, plein de petits détails qui au final rendent presque le truc drôle tellement c’est gros. On peut de plus s’interroger sur l’utilité de certaines scènes, celles ou l’héroïne est nue notamment. Quel interêt de la voir enfiler sa petite culotte hein ?  Hormis pour lui déchirer sauvagemment un peu plus loin. Quant au réel début d’histoire qu’on entrevoit dans les catacombes, il est trop tôt pour se prononcer dessus. Sans parler des trois pages pour détailler l’achat d’une bière…

Anaë dans Catacombes de Vald

Au final, ce n’est pas ce tome qui va donner ses lettres de noblesse au manga francais. Je salue l’initiative de Pika de publier des jeunes auteurs, bien que cela doit être interessé, ça doit leur coûter bien moins cher que d’acheter les droits d’une série au Japon et de la traduire . Mais tout de même, j’apprecierai si ils publiaient de bons mangas…


MPD Psycho est un Seinen sur lequel nous sommes tombés par hasard. Seraf’ avait lu, et trouvé totalement horrible, le premier volume à la Fnac. Horrible dans le sens gore et malsain, et non au niveau de la qualité intrinsèque du titre, d’où sa classification en temps que Seinen. Alors, lorsque nous avons vu les trois premiers tomes bradés dans une des boutiques d’occasion, ni une ni deux, au vu de la qualité graphique apparente du titre dessiné par Sho-u Tajima, scénarisé par Eiji Otsuka, j’ai décidé de prendre les trois premiers tomes, pour notre plus grand plaisir. Attention, âmes sensibles, s’abstenir.

MPD Psycho

Je vous ferai volontier un synopsis, mais j’avoue ne pas en être capable. Si MPD s’appelle MPD, ce n’est pas seulement parce que cela signifie Metropolitan Police Department, office dans laquelle notre héros a travaillé, mais aussi parce que cela peut vouloir dire Multiple Personnality Disorder. Et à partir de là, vous vous en doutez que dire plus qu’un notre héros est victime d’un trouble de la personnalité devient tout de suite compliqué. Et pourtant, la série ne se limite pas à ça puisque c’est sur un gigantesque, et très difficile à suivre, complot que notre héros va tomber. A moins qu’il n’en ai toujours fait parti…

MPD PsychoAttention, il ne s’agit pas d’un énième complot pour prendre le pouvoir dans tel pays, non. Enfin si, mais pas totalement, et c’est tant mieux. C’est en même temps là que le bas blesse. Si le titre nous présente une des plus belles plastiques que je n’ai jamais eu le plaisir de voir en manga, le scénario quant à lui, passé les six ou septs premiers volumes, devient totalement halluciné… et incompréhensible ! Le début est plutôt simple à comprendre et appréhender, les changements de personnalité du personnage principal étant très bien rendus, ce ne sera rapidement plus le cas. Le nombre de personnage à emmagasiner en mémoire devient vite énorme, et leurs noms sont tout sauf faciles à retenir. On perd vite le nord, et toute recherche de gentils ou méchants devient futile. Ils ont tous l’air gentils et méchants à la fois. Enfin, surtout méchants en fait. Et pire encore, parfois il peut y avoir un gentil et un méchant dans le même personnage. Dr Jekyll et Mr Hyde ça vous dit quelque chose ?

Toujours est il que cette confusion dans le scénario aide beaucoup à l’ambiance que cherche à nous procurer l’auteur et son dessinateur, puisque cette dernière est plus que malsaine. Bien entendu, le fait de voir le héros recevoir sa fiancé en pièces détachées par colissimo parce que ce dernier s’est trop fait remarquer par le serial-killer détraqué qu’il poursuivait, aide beaucoup. Le pire étant que cette entrée en scène du gore passe quasiment inaperçue lorsqu’on la compare au reste de la série, et il deviendra rare de lire plus de dix pages sans qu’une mise à mort n’apparaisse, qu’un bras soit découpé ou qu’une paire de globes oculaires arrachés n’apparaissent.

MPD Psycho

Le tout est bien entendu poussé par le style graphique de l’oeuvre, puisqu’il s’agit ici d’un noir et blanc complet, avec des trames discrètes, où toutes les ombres sont réellement noires, et toutes les lumières réellement blanches. Ca peut paraître idiot dit comme cela, mais la différence est plus que notable lorsque vous le comparez à un manga habituel. Le tout est imprimé par les Editions Pika sur du papier vraiment agréable à feuilleter, où la qualité est plaisante. Bizarre tout de même qu’un seul tome de Naruto fasse le double d’un tome de MPD Psycho en terme d’occupation de l’espace, alors qu’ils ont le même nombre de pages.

Bref, on finira sur une mauvaise note tout de même, 11 ans après le début de sa publication au Japon, la série n’est toujours pas terminée, et ne compte qu’onze titres. Un rendemment un peu faible donc, et une frustration d’autant plus grande lorsque l’on fini le onzième tome sur un cliffhanger tout en sachant que l’on est pas près de lire la suite ! Déjà un an et demi qu’il est sorti, ce tome 11.