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L’importance de ton regard de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 10 janvier 2011, avec aucun commentaire
Critiques

L’importance de ton regard est un recueil de nouvelles écrites par Lionel Davoust aux éditions Rivière Blanche. Il regroupe ici pas moins de dix-huit nouvelles, principalement de Science-Fiction, mais aussi avec des incursions dans le Cyberpunk et la Fantasy en passant par le Polar. J’avais envie de m’y plonger depuis la publication de son interview sur if is Dead. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai lu ce livre et que je vous en fais la critique. Vu le nombre de nouvelles présentes, il m’est impossible de vous parler de chacune d’entre elles individuellement, je me contenterais donc de faire un bilan général et de vous présenter celles qui m’ont le plus marqué.

L’importance de ton regard de Lionel Davoust

Le livre nous offre une préface et une postface signées par deux personnalités du genre, Stéphane Manfrédo, directeur de la collection jeunesse des éditions l’Atalante, et Bruce Holland Rogers que, je dois l’admettre, je ne connais pas. Stéphane Manfrédo retrace la carrière de Lionel Davoust depuis son tout début, où l’on apprend notamment qu’il était le traducteur de certaines publications de Bruce Holland Rogers, qui signe la postface donc. Postface un peu déjantée qui rend hommage à l’auteur. Chaque nouvelle est précédée d’une petite introduction de l’auteur, qui explique comment il est arrivé à l’écrire, ses inspirations, ses difficultés.

Lionel Davoust

Lionel Davoust

Au cours de la lecture, on passe parfois d’une nouvelle de quatre pages sur un inventaire à une nouvelle de Fantasy de vingt pages. Chacune possède un univers, un format différent. Cette diversité vient du fait que l’auteur a regroupé ici dix ans de travail. Il arrive à se renouveler à chaque fois, on ne s’ennuie donc presque jamais. On retrouve souvent dans les thèmes le désespoir, la lutte pour survivre, ainsi que la mort, qui est celui qui revient le plus souvent, que se soit pour y échapper, la rechercher ou même quand il est trop tard pour s’en préoccuper. On sentira aussi au cours de la lecture que Lionel Davoust se préoccupe de l’exploitation des ressources naturelles, notamment celles de la mer, car il nous offre deux nouvelles sur ce sujet.

Le style est ici agréable à lire, fluide, et se renouvelle lui aussi sans cesse. Bien qu’une ou deux nouvelles m’ont paru un peu lourdes, et moins intéressantes que les autres. La plupart sont racontées à la première personne, mais on retrouve aussi des histoires à la troisième, et même une racontée à la manière d’un conte. On suit les protagonistes dans leur vie, on ressent leurs émotions, leurs joies, leurs peines. Une fois que l’on a commencé à lire, il devient difficile de s’arrêter tellement on est pris par les aventures décrites.

Je m’arrête là pour la critique générale du livre. Il est temps que je vous parle plus en détails des nouvelles les plus marquantes. Sur les dix-huit proposées, aucune ne m’a vraiment déplu.

L’Impassible armada

Le premier texte est aussi celui que je préfère. L’auteur utilise un univers assez inhabituel en imaginaire: la piraterie. Il y mêle du Fantastique, rendant cette nouvelle unique et originale. Nous suivons donc un équipage de la marine anglaise, lancés à la poursuite de pirates, ils se retrouveront coincés, à se battre continuellement toutes les pleines lunes et à attendre bien sagement le reste du temps. On suit principalement les scènes d’action, les phases de repos étant occultées. La fin, de toute beauté, est vraiment surprenante et nous montre qu’une personne est prête à tout pour survivre.

Bataille pour un souvenir

Cette nouvelle est de la Fantasy pure. On y retrouve tous les codes du genre, une bataille sans l’ombre d’un espoir, des héros prêt à tout sacrifier. Et pourtant, ce n’est pas que leur vie qu’ils s’apprêtent à sacrifier, mais aussi leur mémoire, si bien que même si ils y survivent, ils auront tout perdu. Le sacrifice est une part importante de cette histoire, et on ne peut s’empêcher de ressentir de la tristesse pour ces combattants, si bien qu’à la fin la victoire ou la défaite n’est plus importante.

L’importance de ton regard

Je ne pouvais pas passer sur la nouvelle qui donne son titre au livre. On suit ici le déclin de la société, sa destruction lente et pourtant inévitable, par un ennemi fourbe et sans conscience qu’est le jeu en ligne. Ce court roman est un hommage aux geeks ou au contraire, une dénonciation. Je n’ai pas réussi à me décider, peut être est-ce les deux en même temps ou aucun.

L’auteur nous fait suivre plusieurs personnes, du joueur chevronné au novice qui n’y connait rien. Chaque personne va petit à petit sombrer dans la dépendance du jeu, oubliant le reste pour s’y concentrer uniquement. Si bien qu’à la fin même les plus réticents se retrouvent piégés par le jeu.

L’importance de ton regard de Lionel DavoustChacun peut trouver dans ce livre de quoi lui plaire tellement les histoires sont variées. Comme je l’ai déjà dit, j’ai seulement moins apprécié une ou deux nouvelles, ce qui est assez rare pour être souligné, vu le nombre de nouvelles. C’est aussi rare qu’un livre me fasse ressentir tant d’émotions contradictoires, car on passe de la joie à la tristesse en un instant.

Lionel Davoust nous livre ici un excellent recueil qui serait dommage de rater. On se sent transporté dans ses histoires, on s’inquiète pour ses personnages. On a plus qu’une hâte, c’est de lire le reste de ses œuvres.

Et pour en apprendre plus sur l’auteur, vous pouvez lire notre interview de Lionel Davoust, ou bien vous rendre sur son excellent blog.


Et vous, votre avis ?

Et voilà, nous y sommes ! Après vous avoir présenté ce que l’on a aimé, et ce que l’on a pas aimé, lire, voici notre œuvre préférée. Celle qu’on retiendra comme la lecture de 2010. Le meilleur du meilleur en somme, le sommet du coup de cœur ultime ! Bref, vous l’aurez compris, j’essaye de faire du blabla pour faire monter le suspens, même s’il suffit de baisser un peu les yeux pour voir de quoi il en retourne…

Rétrospective if is Dead 2010
Le top littéraire de 2010
Le flop littéraire de 2010
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2010

dabYo: Les Magiciens de Lev Grossman

Et voilà, vient la partie la plus difficile de la rétrospective de l’année, celle d’élire son livre préféré… Le problème, c’est que comme je l’ai dit, ils étaient très nombreux cette année à pouvoir obtenir le sacre. Trop nombreux, et j’ai un pincement lorsque je constate que je n’ai pas retenu l’un des deux romans de Maïa Mazaurette, que j’ai vraiment adorés.

Les Magiciens de Lev GrossmanMais mon choix s’est finalement arrêté sur Les Magiciens de Lev Grossman aux éditions l’Atalante. Ce roman m’a touché comme rarement, si on peut dire cela. L’histoire de Quentin, je ne saurai exactement dire pourquoi, m’a remué. Cette absence d’espoir et cette descente aux enfers dans le monde des merveilles est une expérience littéraire des plus prenantes. On a envie de se réveiller, de ce dire que la vie n’est pas juste ça. Et pourtant, si. Étiqueté à tord par la presse d’outre-Atlantique comme un « Harry Potter pour adultes » ou encore un « merveilleux contes de fées », c’est un livre qui marque pour bien des raisons.

J’avais lu le roman d’une traite et je ne le regrette pas. Il a certes un défaut, son début assez lent et déjà vu, mais qu’est ce que sa fin vaut le coup. C’est sans aucun doute celui dont je me rappellerai le plus, quand je regarderai 2010 dans quelques années. Une expérience à avoir, car vous ne le regretterai pas.

illman: Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

Si je ne devais retenir qu’un bouquin pour 2010, c’est bien Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky publié par les éditions l’Atalante au début de cette année.

Metro 2033 de Dmitry GlukhovskyJe ne m’attendais pas du tout à ça en ouvrant ce roman, j’ai été happé par son univers sombre et sans espoir. Doté d’un scénario haletant, de personnages énigmatiques, attachants, violents, humains, c’est sans conteste le meilleur bouquin de Science-Fiction de l’année pour moi, l’un des seuls avec World War Z que j’ai recommandé à mes amis.

La traduction de Denis E. Savine est de plus délectable et l’on attend plus qu’une seule chose: que Metro 2034 sorte sur nos étalages. Laissez vous happer par le métro moscovite, vous n’en ressortirez plus.

Serafina: Sorcières et Sortilèges par Les Enfants de Walpurgis

Cette année, mon top du top n’est pas un roman. Ce n’est même pas chez un grand éditeur. C’est un recueil de nouvelles édité par le collectif Les Enfants de Walpurgis. Si vous suivez le blog, vous savez qu’il s’agit là de Sorcières et Sortilèges que j’ai dévoré peu avant l’été.

Sorcières et Sortilèges par Les Enfants de WalpurgisPour un recueil multi-auteur, il a réussi à relever le pari fou d’offrir une qualité égale, et quelle qualité. Nous avons là des nouvelles absolument géniales pour la plupart, et surtout très variées. J’aime la sorcellerie , vous le savez peut être, et là toutes les formes y sont abordées, du vaudou à la wicca en passant par des thèmes plus habituels (moyen-âge, etc). Les auteurs, tous francophones, ont tous un style très agréable et l’ensemble est cohérent. On citera quand même ce qui pour moi est la perle du recueil, Le Miroir au Fond du Puit de Vanessa Terral mettant en scène du vaudou. Les 230 pages se dévorent.

Que ceux qui disent que les frenchies ne savent pas faire de bons écrits Fantastiques tournent leur langue dans leur bouche. Pour les autres vous pouvez acheter ce recueil seulement en ligne, via ThebookEdition, mais vraiment ne vous en privez pas. C’est la meilleure surprise de l’année.

Et vous ? Votre livre préféré de l’année 2010 ?

Bon et bien, du coup, je reviens avec mes questions à la con, mais c’était quoi pour vous, votre meilleure lecture de l’année 2010 ?


Nous voici réunis pour la deuxième partie de ce compte rendu et bilan de l’année 2010. Après vous avoir présenté les bonnes expériences niveau lecture, on va s’intéresser au sujet qui fait grincer des dents, qui déchaîne les polémiques et qui pourtant représente une part non négligeable du blog. Ce que l’on n’a pas aimé lire. On n’a pas toujours de la chance, et parfois, attirés par une belle couverture, ou maudits par un présent empoisonné, on tombe face à des livres qu’on aurait préféré ne pas lire. Si on l’avait su avant, bien entendu…

Rétrospective if is Dead 2010
Le top littéraire de 2010
Le flop littéraire de 2010
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2010

dabYo: Trône de Fer, Jirel de Joiry et Idhun

Contrairement à l’année dernière, cette année a été assez pauvre en mauvais titres et déceptions. Et pourtant, j’ai essayer de nombreux nouveaux auteurs et ne me suis pas limité aux valeurs sûres. Ai-je été changé ? Suis-je plus gentil ? Mon exigence m’a-t’elle lâché ? Aucune idée. Mais au final, voici ici plus une liste de déceptions que de mauvais romans.

Le Trône de Fer Tome 13 de George R.R. MartinMa plus grande déception n’est pas un roman, mais son absence. Le Tome 13 du Trône de Fer se fait toujours attendre et j’aurai bien aimé le lire en 2010. Les attentes portées sur ce roman augmentent chaque année et j’ai bien peur que la suite de la saga de George R.R. Martin ne soit pas à la hauteur. Non pas qu’il soit mauvais, mais que l’on ait trop attendu. Bref, espérons que le temps qu’il prend sera salutaire. Oui, je sais, je suis relou avec mon Trône de Fer, je sais.

Passons à une réelle déception, qu’est Jirel de Joiry de Catherine L. Moore. Même si je n’attendais pas spécialement quoi que ce soit de ce roman « préhistorique », j’espérais quelque chose de mieux qu’une sorte de copycat raté des héros d’Howard. Je suis en fait surtout déçu de l’image qui en ressort de la femme, alors même que le livre est écrit par une femme. Une héroïne forte, qui au final passe son temps à être victime de ce qu’on pourrait appeler des « love-hate »… Mouais, après coup, je ne suis vraiment pas convaincu. Ça reste un livre qui se lit surtout pour se situer dans l’époque.

Idhun de Laura Gallego GarciaEt pour finir un livre que j’avais oublié et que seule la liste de mes articles a pu me remémorer, je parle bien sûr d’Idhun de Laura Gallego Garcia. Le battage médiatique autour du bouquin n’aura pas su me faire oublier les nombreuses lacunes du récit, avec un scénario inintéressant au possible, des héros qui frôlent tous la Mary-sue et une lenteur insoutenable. Bref, sans aucun doute ma plus mauvaise expérience, bien loin devant Ellana ou un Chevaliers d’Emeuraude qui passeraient presque pour réussis à côté… Et pourtant, ils sont loin d’être sans défauts, bien que la série de Pierre Bottero s’améliore avec le second tome, L’Envol.

illman: Les manuscrits de Kinnereth, Terra ! et L’île de sang

Niveau bouquin pas terrible j’ai aussi donné pour cette année 2010, on peut pas avoir bon à tous les coups.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frederic DelmeulleD’un autre coté, j’ai l’impression d’être maudit, plus particulièrement avec l’éditeur Mnémos. Alors que Seraf et dabYo ont l’air de se retrouver avec de bons livre chez eux, les deux fois où j’ai tenté l’expérience ont été plutôt désastreuses. D’abord avec Les manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle et son scenario sympa desservi par un in-intérêt de lecture provoqué par le style de l’auteur. Puis Terra ! de Stefano Benni avec son scénario totalement décousu, voire incompréhensible par moment. Entre les deux, mon cœur balance pour désigner ma plus mauvaise lecture de l’année.

Heureusement sur le fil est venu L’île de sang de Darius Hinks pour les détrôner et remporter la palme. Une mauvaise blague qui fleure bon la fanfiction Warhammer vendu 4€ de trop. Son éditeur, la Bibliothèque Interdite aurait du le laisser chez nos amis d’outre-manche.

Ceux qui sauront de Pierre BordageJe finirai sur une déception plutôt que sur un mauvais, je m’attendais à beaucoup mieux de mon premier Pierre Bordage avec Ceux qui sauront. Mon destin était de trouver mon respect pour l’auteur dans un autre de ses ouvrages, Dernières nouvelles de la Terre qui fait partie de mes préférés. J’aurai pu citer aussi Le Huit de Katherine Neville, 1000 pages de rien, qui m’a bouffé un mois de ma vie.

Quatre romans moisis sur les 28 que j’ai lu en 2010, c’est un bon score, keep it going like that, même si j’ai des doutes vu certains bouquins de ma PAL.

Serafina: Merry Gentry, Le Ballet des Âmes et Ceci n’est pas un jeu

Eclat envoutant de la Lune, Merry Gentry Tome 3 de Laurell K HamiltonMalheureusement pour moi cette année j’ai surtout lu des livres assez moyens, voir parfois très mauvais. Autant vous dire que trouver des éléments à mettre dans cet article ne fut pas bien compliqué. Pour moi, y a deux types de flop : les livres sur lesquels j’avais des attentes et qui au final étaient mauvais, et ceux où je partais neutre et qui au final étaient mauvais, quand même.

Au top du flop, il y a évidemment Merry Gentry, la seconde saga de Laurell K. Hamilton qui traine en longueur et se perd en intrigues lentes, décousues et sous la ceinture. Quelques éléments m’ont bien fait rire, mais cela s’arrête là. Quel dommage, alors que j’ai adoré les premiers Anita Blake. Dans le même genre, La Vampire de Christopher Pike n’est pas mal non plus, avec son style fanfiction lycéenne, malgré de très bonnes idées.

Le Ballet des Âmes de Cécille GuillaumeAu niveau des romans pour lesquels je partais neutre, il y a bien sûr Le Ballet des Âmes de Céline Guillaume, qui malgré une jolie plume, signe là un roman douloureux, où il ne se passe pas grand chose, extrêmement prévisible, et à la moralité douteuse. Les fils scénaristiques sont très gros, et les personnages plats. Dommage encore. Les Portes de Doregon de Carina Rozenfeld, bien que moins ambitieux, mérite sa place ici, de part son intrigue déjà vue, ses personnages plats et son style oubliable.

La palme du ridicule va quant à elle à Ceci n’est pas un jeu de Walter Jon Williams, à cause de son incohérence technique dans le domaine de l’informatique, et ses boulettes monstrueuses comme « Le HTML sensible à la casse« . Heureusement qu’à coté l’intrigue est plutôt pas mal, mais cela m’a totalement empêché d’apprécier le roman.

Et vous ? Qu’est ce qui vous a déçu en 2010 ?

Du coup, encore une fois, on fait appelle à votre témoignage. Vous avez bien dû avoir votre lot de déception non ? Cette année a surement dû être meilleure ceci dit, puisque tout le monde avait lu Twilight en 2009…


Comme l’année dernière, on commence cette rétrospective de l’année 2010 par un petit florilège de livres que nous avons lus pendant l’année, qui n’y sont pas forcement sortis, mais que nous avons beaucoup appréciés. Des petits, des longs, des trop longs, des trop courts. Quelques trop bien, beaucoup de moyen, et beaucoup trop de mauvais. Mais ici nous allons essayer de nous remémorer des bons, ceux que l’on a apprécié lire. Pas forcement ceux dont on se souviendra de façon impérissable, mais assurément les meilleurs de cette année. Et l’année fut tout de même très riche en bonnes lectures !

Rétrospective if is Dead 2010
Le top littéraire de 2010
Le flop littéraire de 2010
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2010

dabYo: Les Fables de l’Humpur, Maïa Mazaurette et Cytheriae

Bien que j’ai lu moins de livres que l’année dernière, cette année 2010 a été marquée par de nombreux titres bons, et assez souvent très bons. Tellement que j’aurai presque du mal à me limiter pour en choisir qu’une poignée que j’ai aimé, alors ne parlons même pas de choisir celui que j’ai préféré…

Les Fables de l'Humpur de Pierre BordageL’année a tout d’abord été marquée par un auteur français que j’avais découvert en 2009, il s’agit de Pierre Bordage avec Les Fables de l’Humpur récemment réédité par Au Diable Vauvert. Récit de Fantasy pur et dur se transformant peu à peu en Science-Fiction, ce fut une très agréable découverte, une de ces claques dont on ne se remet que difficilement… Il aurait très bien pu être mon livre préféré de cette année.

Autre candidat à la marche suprême, candidate même et française qui plus est, Maïa Mazaurette et ses deux premiers romans d’Imaginaire. J’avais commencé l’année avec Rien ne nous survira, Le pire est avenir et j’ai terminé avec Dehors les chiens, les infidèles. Les deux m’ont autant ravi, les deux m’ont pris et ne m’ont plus relâché avant que je ne les aies fini. J’ai vraiment hâte de lire ses prochaines publication du genre.

Cytheriae de Charlotte BousquetAutre registre, mais toujours avec une jeune auteur française que j’ai découverte cette année, Cytheriae de Charlotte Bousquet aux éditions Mnémos. Je n’attendais rien de ce roman puisque je ne connaissais pas l’auteur, et j’ai été vraiment surpris. Entre une intrigue rondement menée et un côté « romantique » et « sombre » rafraichissant, cette lecture s’est avérée passionnante. L’ambiance était vraiment prenante et j’aimerai bien retourner dans son univers.

Comme l’année dernière, j’aurai aussi pu citer Johan Heliot et sa série La Quête d’Espérance qui se termine avec un univers plus intéressant que jamais. Ou encore L’ombre de Saganami de David Weber, qui était ma première incursion dans le monde de la Hard SF.

Au final, 2010 aura été une excellente année. De très bons livres dans mon top, ce qui a même relégué certaines œuvres plutôt bonnes au rang de grands oubliés. Espérons que cela continue en 2011.

illman: World War Z, l’empire ultime, Ender, l’exil

J’ai lu un peu de tout en 2010, en général, j’aime un minimum tout ce que je lis. Et dans les 28 bouquins que je me suis coltiné, j’en ai sélectionné quelque uns que j’ai vraiment apprécié et il m’en reste sous la main à descendre pour plus tard. Même si j’ai fait des petits écarts, c’était une année plutôt Science Fiction et Fantastique.

Guide de Survie en Territoire Zombie de Max BrooksWorld War Z de Max Brooks en est le parfait exemple, je ne l’ai encore chroniqué nulle part mais c’est le meilleur bouquin de Zombies qu’il m’ait été donné de lire. Le style du roman est assez particulier et l’auteur nous happe jusqu’à ce que l’on tourne la dernière page. Dans le même univers, l’auteur nous gratifiait d’un très sérieux Guide de survie en territoire Zombie, indispensable pour se préparer à l’apocalypse. Toujours cette année, et toujours dans la même veine, je noterais aussi Zombies, un horizon de cendres de Jean Pierre Andrevon que j’ai pu découvrir grâce à la plate forme e-Bélial’ et que j’ai trouvé divertissant. Vous avez les bases pour vous faire un trip à base de zombies avec ça.

L’empire Ultime de Brandon Sanderson chez Orbit a été la révélation Fantasy de l’année de mon point de vue, alliant un univers original et des personnages attachants.

Dernières Nouvelles de la Terre de Pierre BordageCôté Science Fiction, je retiendrai Ender l’exil, mon premier bouquin de Orson Scott Card, j’ai été plutôt bluffé par la qualité d’ensemble, comme si l’auteur nous dessinait un grand tableau cosmique. Dans le même genre, le recueil de nouvelles Dernières nouvelles de la Terre de Pierre Bordage valait largement le détour.

Pêle-mêle, j’aurai pu citer Le coup du cavalier de Walter Jon Williams, avec sa couverture immonde ou encore L’île des Morts de Roger Zelazny et puis aussi un Jules Verne que je n’avais pas encore lu, Le château des Carpathes.

Espérons que 2011 soit aussi rempli de bons ouvrages, pour l’instant c’est le cas, on est le 2 janvier et j’ai déjà dévoré deux romans de chez Eclipse.

Serafina: Robert Ludlum, La Laiteuse et son Chat et le Mal en la Demeure

Cette année fut beaucoup moins chargée en lecture que la précédente, vu que je n’ai lu qu’une petite cinquantaine de livres. Et malheureusement, beaucoup de très moyens, voir de mauvais. De ce fait il ne fut pas si facile de vous choisir mes pépites de l’année. Tout de même certains romans se démarquaient.

La Mémoire dans la Peau de Robert LudlumC’est le cas de la Mémoire dans la Peau de Robert Ludlum que j’ai dévoré en début d’année. Une intrigue extrêmement prenante, des retournements de situation maniés d’une main de maître… Le grand manitou de l’espionnage qu’est Ludlum signait la ma première incursion dans le roman du genre, et quelle entrée ! Je vous le conseille chaudement.

Ce fut aussi une année riche en lectures de petits éditeurs indépendants, je pense notamment aux éditions du Chat Rouge, avec La Laiteuse et son chat de Gerald Duchemin, une novella de toute beauté, d’une très grande douceur et pleine de grâce. A lire absolument. L’autre bonne surprise, c’est Stéphane Soutoul et sa novella Le mal en la demeure, une petite pépite très romanthique et très « gothique ». Un auteur à suivre de très près.

Le Mal en la Demeure de Stéphane SoutoulSi j’ai lu beaucoup de Bit-Lit cette année, une seule série mérite de figurer ici, c’est bien sur Vicki Nelson, la detective de Tanya Huff. Une série loin des clichés du genre, loin du cul-cul de certains titres.

On aurait aussi pu citer La Marque d’Alain le Bussy, L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman ou Fils de l’ombre de Juliet Marillier.

Au final, une sélection surtout Fantastique, avec un poil de Thriller. Pas de SF, peu de Fantasy, cette année ne m’ayant donné presque que de mauvais livres à lire dans ces genre… C’est dabYo et illman qui ont eu les meilleurs. Dommage.

Et vous ? Qu’avez vous aimé en 2010 ?

Du coup, on parle beaucoup de nous, blabla, mais bon, si on parlait un peu de vous ? Qu’avec vous aimé cette année ? Avez vous suivi certaines de nos recommandations ? Étaient-t’elles justes ?


Difficile d’être passé à côté d’Ultimo si vous étiez sur Paris cet automne, puisque Kaze a mis les moyens pour promouvoir l’arrivée de la série de Stan Lee en France: magazines, publicités dans le métro, tout y passait. Mais… Stan Lee vous dites ? En manga ? Mais c’est pas plutôt les comics lui ? Et bien si, mais pour d’obscures raisons une collaboration a pu avoir lieu entre le créatif de renom de Marvel et le japonais Hiroyuki Takei, notamment à l’origine de Shaman King. De ce travail commun est né Krakuri Dôji Ultimo, dit « Ultimo », une série Shonen débutée en 2009 au Japon et encore en cours de publication. Alors, que vaut cette collaboration ? Stan Lee peut il passer avec succès de la bd américaine à la japonaise ? Synopsis.

Karakuridôji Ultimo, Tome 1, de Stan Lee et Hiroyuki Takei

Au XIIème siècle, sur les terres japonaises, ont été créées deux Karakuridôji particulières. La première, incarnation du bien, et la seconde, incarnation du mal. C’est un fabriquant assez mégalo qui les a créé dans le seul but de savoir qui du Mal ou du Bien vaincra. Mais c’est à notre époque que l’histoire va réellement débuter, puisque le corps d’un des deux pantins a été découvert et réveillé par Yamato, un lycéen courageux mais pas des plus doués pour l’assiduité en cours.

Si vous connaissez Shaman King, vous devez déjà vous douter que l’on va retrouver des similitudes entre les deux œuvres. Et c’est bien le cas, puisqu’on découvre rapidement que notre héros va pouvoir se battre avec son Karakuridôji, et qu’il n’est pas le seul à le faire à notre époque. Ces marionnettes n’en sont pas vraiment, elles sont vivantes et ont leur propre personnalité, elles collaborent avec leur maître et un lien pour l’instant inconnu les lie. Difficile de ne pas penser aux fantômes qui combattent avec leur maître dans le célèbre manga de l’auteur.

Quoi qu’il en soit, c’est cet univers que le premier tome va tenter de mettre en place, en créant aussi un lien avec le passé puisque l’histoire semble se dérouler sur plusieurs époques. En effet, on retrouvera au fil de la lecture des flashbacks où les personnages du passé arborent des chara-design et des personnalités identiques. Le principe de la réincarnation des âmes est sans doute à considérer, puisque plus ou moins évoqué au long de la lecture. C’est en tout cas un univers riche que nous proposent ici Hiroyuki Takei et Stan Lee, assez loin de ce que l’on connaît habituellement de la part de l’américain, mais très proche de celui du japonais.

Karakuridôji Ultimo de Stan Lee et Hiroyuki Takei

C’est cependant là le plus gros point fort d’Ultimo, et je dirai presque, son seul. Le style des dessins est quasi identique à celui qu’on a pu voir dans Shaman King, on aime ou on aime pas. Sa finition reste cependant de très bonne facture, quoi qu’un peu simple et très typée. Il est plus ou moins reconnaissable mais loin d’être inoubliable, tant il est proche d’autres œuvres du même genre. La découpe générale est assez dynamique et l’action prenante, mais c’est plus par la narration et les dialogues que l’œuvre pêche. En effet, la plupart des dialogues sonnent plutôt creux et ne donnent pas envie d’en savoir plus, niais à souhait la plupart du temps, quand il n’est pas tout simplement ultra caricatural.

Un problème d’autant plus gênant que l’univers n’est pas très engageant à première vue. Une histoire de marionnettes avec des pouvoirs, ça fait très déjà vu. Les révélations successives que l’on nous fait, que ce soit sur les Karakuridôji ou bien sur la réincarnation des âmes font beaucoup pour un premier tome, un peu comme un Thriller qui, n’arrivant pas à démarrer grâce à sa mise en scène et ses personnages, joue la carte des révélations mystères. Comme on dit souvent, trop de mystère tue le mystère, et le manque de réponse est parfois trop frustrant pour continuer. Mais il ne s’agit que d’un premier tome, ne l’oublions pas.

Karakuridôji Ultimo, Tome 1, de Stan Lee et Hiroyuki TakeiAu final, j’ai été surpris du thème du manga, qui ne colle pas vraiment à ce que je pouvais imaginer d’un Stan Lee. C’est quelque part agréable de le voir dans un univers un peu différent des super-héros, bien que je sois loin de connaître l’ensemble de ses œuvres. Surprenant de par son univers qui pourrait s’avérer intéressant et prenant, Karakuridôji Ultimo manque pour le moment de charisme pour convaincre et les trop nombreuses erreurs font de ce premier tome quelque chose d’assez décevant. Quand les dialogues sont plats et les personnalités des différents personnages fades, seul le scénario est là pour sauver un manga. A peine dévoilé lors de ce premier tome, espérons qu’il révèle quelques surprises par la suite sans quoi l’incursion de Stan Lee dans le monde du manga risque d’être vite oubliée.

Stan Lee

Fils de l’Ombre, Tome 2, de Juliet Marillier

Serafina dans Critiques, Livres le 26 décembre 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Ce deuxième tome de Fils de l’Ombre clos le deuxième volume de la Trilogie de Septenaigue, la trilogie de Juliet Marillier commencée avec Sœur des Cygnes, qui fut lui aussi coupé en deux en France. La couverture de Benjamin Carré est, à mon avis, la moins jolie de la saga, à cause de l’incrustation douteuse des tatouages. Cependant, comme j’ai adoré les trois autres tomes et qu’on ne juge pas un bouquin à sa couverture, je ne pouvais pas résister bien longtemps et j’ai rapidement commencé ce tome. Étant donné qu’il s’agit de la deuxième partie d’un même roman, je ne ferais pas de synopsis, et vous renvoie à ma chronique du premier tome.

Fils de l’Ombre, Tome 1, de Juliet Marillier

Le premier tome finissait de manière assez abrupte et pour cause, c’est une coupe arbitraire, au milieu d’un tome. Je ne suis pas fane de cette pratique, mais heureusement les éditions l’Atalante sortent les deux parties de manières rapprochée qui nous permet ainsi d’enchainer. Je vous déconseille de trop attendre entre les deux livres, c’est dommage, car on reprend exactement là où l’on s’était arrêté.

L’intrigue évolue doucement, et l’on retrouve les personnages de la première partie. Personnellement j’ai beaucoup apprécié Liadan, bien qu’elle soit fort différente de Sorcha. En effet, Liadan est un peu trop parfaite, et très intérieure. Elle pense beaucoup, agit peu ou prudemment. Cela pourrait être une Mary Sue, mais Juliet Marillier évite cet écueil en grande partie grâce à son style très agréable. Les personnages secondaires sont loin d’être laissés en rade et on a un panel assez attachant et émouvant.

Marillier semble cependant prendre le même chemin qu’avait emprunté Marion Zimmer Bradley, avec une Fantasy très féminine, voire féministe. Les hommes n’ont pas vraiment le beau rôle dans ce roman. On est encore assez éloigné de la caricature de Bradley, mais le roman est assez nettement engagé. Ce qui en ferait une littérature plutôt dédiée aux femmes, bien que les hommes pourront apprécier et trouver à la fois bien injuste leur image.

Son Of The Shadows Juliet Marillier

Une des multiples couvertures en V.O.

Nous sommes toujours dans une sorte de fantasy celtique, même si ce tome est bien moins riche en éléments fantastiques. On est très proche d’une histoire « plausible », et ce n’en est que mieux.  Le côté conte de fées est totalement absent de l’histoire. Si le premier Sœur des Cygnes était une réécriture d’un conte de Grimm, ici on est sur une histoire, apparemment, bâtie de zéro. Et je trouve que Marillier ne s’en sort pas mal du tout, son histoire est intéressante, et elle n’a pas besoin de background typé Fantasy pour être convaincante.

Fils de l’Ombre, Tome 1, de Juliet MarillierCependant, le rythme long, les nombreux passages de réflexion, les résolutions parfois convenues pourront rebuter certains lecteurs exigeants. Dont je n’ai pas fait partie. Je me suis peut être moins attachée à Liadan, il faut dire qu’elle ne vit pas les mêmes épreuves que sa mère, mais le livre reste d’un très bon niveau.

Ce tome clôt donc la deuxième partie de la Trilogie de Septenaigue. La dernière partie, elle aussi coupée en deux, sortira logiquement l’année prochaine aux éditions l’Atalante, et aucun doute que je me jetterais dessus. Pour le moment la série semble être de bonne facture, et je ne saurais que vous la conseiller. A coup sur dans les meilleurs romans que j’ai pu lire cette année.


La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

Serafina dans Critiques, Livres le 18 décembre 2010, avec 9 commentaires
Critiques

La Vampire de Christopher Pike est une assez vieille série autour des vampires, puisque son premier tome titré La Promesse date de 1993. Il s’agit, tout comme pour Les aventures de Vicki Nelson, d’une réédition par J’ai Lu d’une série proche du courant Bit-Lit devenue introuvable. Servi par une très belle couverture violette, une sorte de photo-montage très réussi, le roman m’a tout de suite attirée. En plus, il ne fait que 180 pages, ce qui promettait une lecture rapide. Je me trompais. Mais on va d’abord commencer avec le synopsis.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

Alisa Perne est une vampire, depuis 5000 ans. Convoquée par un détective privé, elle comprend que quelqu’un la recherche, quelqu’un qui est prêt à payer très cher et qui semble en savoir long sur elle. Alisa n’a plus qu’à trouver de qui il s’agit, et régler définitivement le problème.

Je suis désolée de ce synopsis court et assez bateau, mais pourtant il résume à peu près bien le contenu du livre. L’histoire est on ne peut plus basique, et le scénario truffé d’incohérences et de facilités, avec une mention spéciale pour le « super plan » final. L’histoire n’est ici qu’une excuse pour présenter le personnage et les relations qu’elle peut entretenir, le tout dans l’objectif d’avoir des bases pour la suite de la série.  Malheureusement pour nous l’héroïne est une pétasse pimbêche insupportable.

Tout comme l’héroïne de Witchling, Alisa passe son temps à nous dire combien elle est trop belle, trop bonne, trop forte, trop douée. La narration à la premier personne la rendant parfaitement antipathique. Alors certes, c’est une vampire, certes elle est bien plus gâtée que la plupart des mortels, mais est-ce nécessaire de nous rappeler à chaque fois qu’elle a une bonne vue, une bonne ouïe et qu’elle s’y connaît en ordinateurs ? Car oui, elle s’y connaît en ordinateurs… Du coup, on a le plaisir de découvrir qu’en 1993, on pouvait trouver sur des ordinateurs domestiques des fichiers qui font 2CD-rom, et qu’on grave en 5 minutes. Mais bien sûr. J’ai fini par lire les passages informatiques à haute voix à dabYo, tellement c’est du collector. Ça vaut presque le « HTML sensible à la casse » de Ceci n’est pas un jeu.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

La couverture originale

Évidemment, le tout est servi par un style d’écriture digne d’une fanfiction lycéenne. Première personne, très simpliste. Je crois que même une fanfiction serait mieux écrite. Vous pouvez d’ailleurs en juger par vous même en vous rendant sur le site de l’éditeur pour lire le premier chapitre. De ce fait, les 50 premières pages furent une torture. J’ai même inconsciemment oublié le livre au bureau. Cependant, et c’est là la grande surprise, le livre recèle une excellente surprise. Sa vision des vampires.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher PikeEn effet, les vampires viennent dans cette histoire de la vieille Inde, de l’Inde de l’époque de Krishna. L’héroïne a en effet des flashbacks, qui reviennent sur cette période  On y découvre donc les divinités indiennes, et tout le charme de l' »Inde Mystique ». Le style s’y fait même oublier. Bien que l’idée ne soit pas du tout nouvelle, c’est rafraichissant. En effet, pour fonder le mythe du vampire, nous avons ici un démon Indien qui prend possession du « premier vampire ». Cela fait bien entendu penser aux Chroniques des Vampires de Anne Rice, dans lesquelles nous avons un démon égyptien qui prend possession du « premier vampire ». Heureusement, le coté religieux, lié à Krishna et semblant dicter les actes des vampires, est lui assez original.

Dommage que ces bonnes idées ne forment que trois chapitres dans le livre. Le reste étant totalement dispensable et inintéressant : les relations se forment en deux secondes, les intrigues sont résolues en claquant des doigts. Je lirai peut être le deux, surtout si il est court, pour voir si il y’a une évolution, mais pour le moment je ne vous conseille absolument pas cette série. Si La Vampire de Christopher Pike se révélait peut être intéressant à lire en 1993, aujourd’hui, il y a vraiment mieux à lire.


L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Serafina dans Critiques, Livres le 17 décembre 2010, avec 9 commentaires
Critiques

Dans ma très haute pile à lire se trouvait L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman que m’avait offert dabYo à Noël dernier. The graveyard book en V.O. est un roman paru en 2008, et traduit en 2009 par Valérie Le Plouhinec pour éditions Albin Michel. Il s’agit d’un roman jeunesse, en partie illustré à l’intérieur par Dave McKean et avec une très sympathique couverture de Laurent Besson. Il a reçu le prix Hugo et le prix Locus. Avec ça, on peut s’attendre au mieux. Synopsis ?

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Une nuit, le Jack décime une famille. Les parents et la fille succombent, mais un petit enfant de 2 ans parvient à s’échapper et aller jusqu’au cimetière. Cimetière où il sera adopté et surnommé Nobody Owens, Owens étant le nom de famille du couple qui l’adopte. L’enfant grandit, entre les fantômes et Silas, son « éducateur ». Relativement protégé dans son cimetière, il ignore qu’à l’extérieur, le Jack est bien décidé à terminer son travail.

Nous sommes donc en présence d’un roman jeunesse à l’ambiance très sombre dans du pur Fantastique mais surtout, aux thématiques très Burtonniennes. Il est difficile de ne pas faire le parallèle entre les deux, d’autant plus que les illustrations sont très tourmentées, « à la Burton« . Un soin tout particulier est d’ailleurs apporté au roman, de sa superbe couverture glacée aux illustrations intérieures, nous sommes vraiment en présence d’un bel objet et on ne peut que souligner le travail de l’éditeur qui signe un roman très soigné.

Comme on peut le pressentir, il s’agit d’un roman sur l’enfance, et sur la passage de l’enfance à l’age adulte. Le récit commence comme un Harry Potter, le héros découvre le monde du cimetière, les personnages… Personnages qui ne sont d’ailleurs pas en reste, bien que comme dans beaucoup de romans jeunesse, ils soient assez caricaturés. Ils sont traités avec beaucoup d’humour et on s’y attache très rapidement. Cependant, malgré le traitement jeunesse, ils sont loin d’être tous tout blanc ou tout noir, et on est a mille lieues des clichés qu’on aurait pu trouver dans le premier tome d’Ellana ou plus récemment, Doregon.

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

On retrouve un assez grand nombre d'illustration en noir et blanc de Dave McKean

Le conte prend ensuite un tournant plus initiatique, et est pétri de bonnes morales mais c’est effectué de manière assez délicate, et de ce fait cela ne devient pas agaçant pour les vieillards que nous sommes. Par bonne morale, j’entends par exemple la fois où lorsque Nobody désobéit, il lui arrive ensuite un malheur. Évidemment, certaines situations sont cousues de fil blanc, et assez « simples » notamment au niveau de leur résolution. Cependant, bien que destiné à la jeunesse, le livre est aussi un poil angoissant, notamment avec ces Jack organisés, et près à surgir à chaque coin de rue. Je pense que le coté horrifique est un point trop souvent délaissé dans la littérature jeunesse, pourtant, les plus jeunes aiment frissonner, comme en atteste le succès sans équivoque de la collection Chair de Poule. Je pense que cette peur littéraire est une bonne chose, bien que le livre puisse donner quelques cauchemars aux plus jeunes.

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil GaimanLa plume de Neil Gaiman, et sa traduction par Valérie Le Plouhinec, est toujours aussi succulente… Tout comme pour Stardust, il y a cependant de nombreuses références à la culture anglo-saxonne, bien que Nobody Owens soit beaucoup plus accessible que le livre su-cité. Mais les clins d’œils à des comptines enfantines sont intraduisibles et nécessitent des notes en bas de page. Je suppose que là, malheureusement, la barrière de la culture nous fait louper plusieurs traits d’humours. Car le bouquin n’en est pas dépourvu. Comme dans Burton, on oscille entre humour et noirceur.

Au final, ce roman de Neil Gaiman est clairement un de mes chouchous de l’année, je l’ai dévoré en un allez-retours à Paris, et je n’en suis pas déçue. Je vous le conseille sans hésiter, que vous soyez adultes, ou pour offrir cette année aux plus jeunes. Pour moi dès l’âge de 10 ans le roman peut plaire, bien qu’un poil effrayant. Et encore plus si vous aimez les contes gothiques, courrez !


Le Mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft

aka oni dans Critiques, Livres le 15 décembre 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Il fallait bien qu’à un moment ou à un autre, je finisse par suivre les conseils de lecture d’if is Dead. Ça fait maintenant environ un an et demi que les propriétaires des lieux me laissent poster mes articles et ça commençait à faire peu sérieux de ne pas suivre leurs conseils de lecture. Aussi ai-je cédé et décidé de lire du Lovecraft, éminent auteur de Fantastique que je ne perdrai pas de temps à présenter.

Le Mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft

C’est L’affaire Charles Dexter Ward qui a été chroniquée dans ces colonnes par dabYo, il y a de cela un bout de temps. Mais le livre sur lequel j’ai mis la main est un petit recueil de nouvelles, Le Mythe de Cthulhu, qui regroupe quelques-unes des plus célèbres nouvelles de l’auteur américain : L’appel de Cthulu, La tourbière hantée, Par-delà le mur du sommeil, La peur qui rôde, La couleur tombée du ciel, et enfin Celui qui chuchotait dans les ténèbres. Un joli panel et une très bonne introduction à l’univers torturé de cet auteur, surtout célèbre pour être le père de Cthulu.

Le synopsis de chacune des nouvelles serait sans doute inutile. Le thème principal est cependant à chaque fois le même, de même que la trame du récit ; un homme, cultivé et très cartésien, se retrouve, par un concours de circonstances quelconque (le narrateur tombe sur des documents laissés en testament dans Le Mythe de Cthulu, soignant au chevet d’un malade dans Par-delà le mur du sommeil, etc.) confronté à des évènements étranges, effrayants et surnaturels. Au premier abord suspicieux, il va découvrir l’ampleur du phénomène et comprend que l’humanité est entourée de forces bien plus phénoménales que ce que le commun des mortels connaît. Cette idée d’une humanité ignorante et dépassée par des forces bien plus puissantes et cachées est fortement présente dans toutes les nouvelles du recueil.

Le Mythe de Cthulhu de H.P. LovecraftLe style lui-même est assez particulier ; les phrases sont lourdes, empesées, un peu ronflantes et il faut avouer que les premières pages ne se laissent pas lire facilement. Lovecraft semble mettre un point d’honneur à rajouter le plus d’adjectifs possible et la lecture n’en est pas facilitée – l’inverse exact d’un Hemingway. Pourtant, l’auteur avait indéniablement un talent certain pour créer des atmosphères particulières. La barrière du style est la plupart du temps vite brisée tant on veut connaître la fin. Si certaines des nouvelles m’ont quelque peu déçu (je pense à La Tourbière Hantée, Par-delà le mur du sommeil et à La peur qui rôde, dont les fins ne m’ont pas vraiment plu), les autres, en revanche, sont magistrales – en particulier la dernière, Celui qui chuchotait dans les ténèbres, dont l’intrigue est amenée, développée et achevée avec brio. La fin est magistrale.

Lovecraft semblait influencé par Edgar Allan Poe, autre auteur de romans sombres (qui vécut quelques décennies avant lui), d’après ce que j’en ai lu, et effectivement, cela se ressent, non pas au niveau du style – celui de Poe était mieux maîtrisé, et de toute façon assez différent –, mais au niveau de l’atmosphère générale. Il y a indéniablement des ressemblances indéfinissables entre les ambiances développées par les deux auteurs.

Pour conclure, même si certaines des nouvelles ne sont pas fantastiques, elles restent de bonne facture et lire Lovecraft est de toute façon un bon moment. L’histoire accroche le lecteur et le pousse à continuer pour connaître le dénouement. Un auteur « classique » qui a de bonnes raisons pour l’être !


Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 13 décembre 2010, avec aucun commentaire
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Les Joueurs du Ā est le deuxième volume du Cycle du Ā de A.E. Van Vogt. Il est la suite directe du premier tome, Le mondes des Ā, chroniqué précédemment par dabYo. Traduit une première fois en français en 1956 par Boris Vian, il a ensuite été réédité dans les années 70 dans sa version définitive avec complément d’informations de l’auteur. C’est cette réédition que l’on peut retrouver depuis quelque temps dans une intégrale aux éditions J’ai Lu. Ce second tome reste dans la lignée de son prédécesseur, on est donc dans de la Science Fiction pure et dure avec une pointe de Thriller et de Space Opéra. Suite oblige, vous n’avez pas le droit à un sysopsis, sachez juste que Gilbert Gosseyn va vite se retrouver embarqué dans une guerre à l’échelle galactique à son insu, qu’il devra à tout prix arrêter.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

On se retrouve donc à voyager sur plusieurs planètes, chacune d’elles influencées de façon différente par la guerre. On retrouve bien entendu la Terre et Vénus, planète abritant la population Ā, mais aussi de nouveaux mondes, inconnus jusque là. Qui dit voyage à l’échelle galactique dit ennemis à la même échelle, tel le Disciple, personnage énigmatique capable de se déphaser de la réalité, et Enro Le Rouge, leader galactique mégalo-maniaque aperçu brièvement dans le tome précédent. Il est à noter que les méchants ne sont pas là que pour faire joli (au moins un en tout cas) et une fois leur passé révélé, on comprend vraiment comment ils sont arrivés là. Bien que leurs motivations restent basiques si l’on peut dire (fanatisme religieux, conquête du pouvoir), je ne peux m’empêcher de penser que Van Vogt essaie de faire passer un message en nous montrant comment évoluera notre civilisation si nous restons dans un système de pensée limbique ou aristotélicienne.

Le style du livre ne change pas beaucoup par rapport au précédent. Comme je le disais, nous restons dans de la Science Fiction mêlée à un Thriller, bien que le côté Space Opera soit ici plus poussé que dans le premier tome. L’impression de manipulation qui caractérisait Le monde du Ā reste et s’intensifie. Car même si Gosseyn a pris le contrôle de sa vie, ce n’est pas pour autant qu’il a toutes les réponses. Il se retrouve souvent à se demander ce qu’il doit faire.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

L’histoire est extrêmement captivante, il n’y a pas vraiment de temps mort. Cela tient en grande partie au caractère pressant de stopper la guerre. L’auteur nous tient en haleine jusqu’à la fin, et la fin arrive un peu sans prévenir, sans que l’on puisse la prévoir. Les rares phases où il ne se passe rien (souvent des voyages interstellaires) sont soit éclipsées, soit remplacées par une action sur une planète différente. Tout s’enchaine assez vite, sauf peut être le début, et encore. Le côté scientifique et technologique reste très présent dans ce tome. Les termes et les concepts restent cependant assez abordables. On ne se perd pas dans les explications et elles sont compréhensibles et s’intègrent parfaitement à l’histoire.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van VogtCôté écriture, A.E. Van Vogt continue sur la même lancée. Bien que lors de la lecture de ce second tome, je ne me suis pas vraiment senti dépaysé ou perdu par son style. Je l’ai même trouvé très agréable à lire. Peut être est ce parce que je me suis habitué à sa manière d’écrire, car j’ai lu les deux livres l’un après l’autre. L’auteur continue à nous vanter les bienfaits de la sémantique générale et nous met même des extraits de sa thèse sur le sujet. Et il faut avouer que ces petits extraits permettent au lecteur d’avoir une compréhension, bien que limitée, de la sémantique générale. Car il ne faut pas croire qu’en lisant le cycle vous deviendrez un expert en Ā, mais vous aurez une idée générale de ce que ça signifie et de ce que ça implique. De plus, l’auteur nous offre même une postface dans laquelle il revient sur sa vision d’un pays gouverné et habité par des adeptes du Ā, en grande partie pour l’approfondir.

En résumé, j’ai beaucoup aimé lire Les Joueurs du Ā, que j’ai trouvé plus accessible que le premier. La sémantique générale est mieux compréhensible grâce aux différents extraits de la thèse de Van Vogt au début de chaque chapitre. Le scénario n’a rien à envier à celui de l’opus précédent. C’est assurément une série à avoir dans sa bibliothèque, même si les débuts sont durs. En tout cas moi je vais me dépêcher de lire le dernier tome du cycle, La fin du Ā.

Ā