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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Rose-Aimée est une série de romans Jeunesse en deux tome de Béatrice Bottet sortie aux éditions du Matagot. Le roman de 500 pages est servi par une fort jolie couverture de Rolland Barthélémy. Je ne connaissais jusqu’à présent ni l’auteur ni la maison d’édition donc je partais sans aprioris. Synopsis ?

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice Bottet

San Francisco, 1851 en pleine ruée vers l’or, Martial, marin français, rencontre un bien étrange vieil homme qui lui confie une mission. Retrouver sa nièce, chanteuse dans un cabaret, et surtout son manuscrit.  Martial retourne donc en France et se rend à Paris, où il découvre le cabaret des 3 Anges Blancs et Fifi la chanteuse. Sauf que la belle n’est pas facile à approcher et on dit qu’elle porte malheur.

Tout d’abord, chapeau aux éditions du Matagot, car ils ont fait un très beau boulot sur ce roman : couverture en relief, entêtes de chapitres ornées et même dessins et croquis dans les annexes. Les pages sont épaisses et l’écriture assez grosse. C’est un très bel objet et vraiment agréable à lire.

Comme je disais, je partais sans aprioris, mais il faut bien dire que la deuxième partie du XIXème siècle fait clairement partie de mes périodes historiques préférées. Dans ce premier tome la plus grosse partie de l’action se passe à Paris, celui qui n’est pas encore Haussmanisé, assez sombre et fort pittoresque. J’ai trouvé que Béatrice Bottet réussissait particulièrement bien à retranscrire les ambiances. On entre très vite dans le roman et tout est très visuel.

J’ai aussi beaucoup aimé le solide socle historique du roman. En effet, on sent que l’auteur est calée dans le domaine et les annexes du livre apportant des précisions sur certains points historiques le montrent bien. Du coup c’est vraiment plaisant à lire et très réaliste. Le style est fluide et se lit bien.

Les relations entre les personnages, et comme vous vous en doutez, l’amour naissant entre Martial et Fifi sont brossées avec finesse et beaucoup de réalisme. Même si certains retournements sont « entendus », dans l’ensemble les personnages sont psychologiquement crédibles et il est assez facile de s’identifier à eux. C’est clairement une des grosses forces du livre, les héros sont des gens comme tout le monde avec leurs défauts et leurs qualités. On s’attache à eux, et on a du mal à les laisser à la fin de ce 1er tome.

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice BottetL’intrigue met cependant un peu de temps à réellement démarrer, et certains événements étaient prévisible 150 pages avant qu’ils n’arrivent pour de vrai. L’auteur laisse des indices parfois un peu trop gros et c’est rageant de voir les personnages s’engager sur une mauvaise voie alors qu’on sait pertinemment que cela n’aboutira pas. Ceci dit, c’est un défaut fréquent dans les romans Jeunesse, je ne lui en tiendrais donc pas trop compte. A noter que malgré le titre, le Fantastique est assez peu présent, c’est par petites touches et très bien intégré, c’est donc lisible par tous, même si ce n’est pas votre genre de prédilection.

Au final j’ai vraiment été très agréablement surprise par cette lecture de La belle qui porte malheur. Je m’attendais à un bon bouquin, mais pas à ce point. Je ne saurais que vous le recommander. La deuxième partie de Rose-Aimée, Le Marin perdu dans la brume, est déjà sortie et je vais sans nul doute bientôt la lire.


C’est Lundi, que lisez vous ? #15

Serafina dans Actualités, Livres le 29 août 2011, avec 5 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Soeur Onden, La Fraternité du Panca Tome 4, de Pierre BordageJe n’ai pas réussi à quitter le quatrième tome de La Fraternité du Panca de Pierre Bordage le temps de finir ma lecture en cours, du coup, j’ai fini cette semaine Soeur Onden. Ce tome m’a séduit, son histoire est juste belle, elle a des côtés très paganistes, et j’ai vraiment été ravi de le lire. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression que l’auteur ne prend plus de risques. C’est beau, j’adore, mais Pierre Bordage me semble jouer la corde de la facilité. J’ai hâte de lire le dernier tome de la série.

J’ai continué Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou et le dénouement de ce roman qui semble relater les méandres de la folie humaine que peuvent causer le monde moderne est vraiment prenant. Il me reste une centaine de pages.

illman

Durant cette semaine, j’ai pu finir de lire le background et les règles de Metal Adventures. L’univers décrit est plutôt sympa et au-dessus de ce à quoi je m’attendais. Pour le système de jeu, le noyau est assez simple, mais certains mécanismes de jeu comme le Metal Faktor et ses 50 dés me font redouter le pire en cours de partie. Une chronique est en cours d’écriture et vous aurez aussi un compte rendu de partie jouée par l’équipe d’iiD.

J’ai commencé à lire Enfin la nuit de Camille Leboulanger, les premières pages m’ont laissé un peu perplexe, mais cela s’améliore assez rapidement et je trouve ça vraiment sympa là où j’en suis.

Serafina

J’ai terminé le premier tome de Rage de Dents de Marika Gallman, dont il me restait 150 pages. Si le roman se révèle être très sympa et sans temps morts, je reste un peu sur ma faim. Je n’ai pas vraiment su rentrer dedans, et sur certains points j’ai plus l’impression d’être face à une longue novella qu’à un roman, on manque de « background », mais on en reparlera.

Le Cimmérien, Conan Intégrale Tome 1, de Robert E. HowardJ’ai aussi fini La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick dont les derniers chapitre sont les meilleurs: on y trouve des endroits sympa à visiter (cimetières hantés …).

Et enfin, afin de me rafraichir les idées avant d’en voir le film, j’ai entamé le 1er tome de l’intégrale Conan de Robert E. Howard aux éditions Bragelonne. J’en ai lu 100 pages, et je dois dire que j’adore, évidemment. J’avais déjà lu quelques nouvelles de Conan par ci par là, mais cette fois c’est une vraie immersion et c’est génial.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Kick-Ass de Mark Millar et John Romita Jr

Kao dans Comic, Critiques, Livres le 26 août 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Kick-Ass est une série de comics créée par le scénariste Mark Millar, illustrée par John Romita Jr, le tout mis en couleurs par Dean White. Publiée depuis avril 2008 aux États-Unis chez Marvel, le dit comic n’arrivera que très tard en France, et sous la forme de recueils de quatre chapitres (ou “issues” en V.O.), notamment grâce à la sortie dans les salles obscures d’une adaptation. C’est chez Panini Comics qu’on peut désormais les retrouver. Synopsis.

Kick-Ass et Mark Millar et John Romita Jr

Dave Lizewski est un ado de 17 ans fan de comics, qui décide un beau jour, après une énième agression, de devenir un super héros lui même, plus poussé par l’ennui de son quotidien que par réelle conviction. Après quelques séances d’entrainement au gymnase de son lycée, il se décide et se lance dans sa première « correction » de voyous. Sans trop en dire, l’issue se révèle assez dramatique… et douloureuse.

Kick-Ass part donc d’un principe de base assez simple: les super-héros dans la vraie vie, sans aucun pouvoir surnaturel, juste des humains normaux, avec un peu d’entraînement au combat. A partir de là, le scénariste place subtilement un cartel mafieux, de sombres affaires de drogue, et beaucoup de malchance. On mélange bien, et on laisse le tout dégénérer joyeusement. Et ce qui aurait pu rapidement tourner à la tempête dans un verre d’eau, est au final une vraie réussite.

Le panel de personnage est plutôt varié. Outre Dave, on retrouve son meilleur ami Todd, et l’amour-de-sa-vie-qui-ne-lui-rend-absolument-pas, Katie Deauxma. Ces deux derniers remplissent correctement leurs rôles quelque peu clichés. Katie en jeune demoiselle en détresse, et Todd en bon copain qui sert à rien. Ils ne sont pas particulièrement insipides, mais leur intérêt reste encore à prouver. Il y a bien entendu d’autres personnages, que ce soit les super-héros Big Daddy et Hit Girl, réelle trouvaille du comics, ou encore le “big bad guy” John Genovese, et sa famille qui prendra aussi part au règlement de comptes…

Hit Girl dans Kick-Ass et Mark Millar et John Romita Jr

Le style du dessin de Romita Jr est, je dois le dire, très particulier. J’ai pour ma part eu un peu du mal au début notamment sur les visages des protagonistes, leurs bouches ont un je ne sais quoi qui dérange. Mais c’est comme pour tout, les pages défilent et on finit par s’y faire. C’est je pense avant tout une histoire d’appréciation du style, car sur le plan technique, c’est très joli, les couleurs sont belles, et le trait est précis, mais cela demandera peut-être un peu d’habitude avant de pleinement apprécier. La découpe de l’action est assez classique, des cases ou des pleines pages, rarement de tentatives avant-gardistes, on suit aisément l’ordre des choses.

Kick-Ass et Mark Millar et John Romita JrSi Kick-Ass a l’air bon enfant de par son idée originale, on ne le précisera jamais assez, cette série n’est en aucun cas un comic pour enfants, ni pour âmes sensibles en règle générale. Alors que le film est déjà assez violent, dites vous bien qu’il a été édulcoré. La violence de certaines scènes est parfois dure à encaisser, d’autant qu’elle est exacerbée par son côté « réaliste ». La vulgarité ambiante, avec des f- words à tout va, n’y est pas non plus étrangère.

Je dois d’ailleurs dire que la traduction assurée par Alex Nikolavitch a fait du bon boulot de ce coté là. Il n’a pas lésiné sur le fleuri langage, et la variété de vulgarité que peut nous offrir le français est un vrai bonheur quand on a lu l’œuvre en version originale.

Au final, Kick-Ass est une série de comics que l’on peut lire même en ayant vu le film, puisque la fin n’est pas la même, et que le plaisir est complétement différent. Je vous le conseille chaudement, vous vous en doutez.


La Volonté du Dragon de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 24 août 2011, avec 2 commentaires
Critiques

La Volonté du Dragon est un roman écrit par Lionel Davoust, un auteur français que nous apprécions beaucoup sur ifisDead et que nous avions interviewé l’année dernière. C’est un court roman de Fantasy, publié en 2010 aux éditions Critic et orné d’une très belle couverture de Cyrielle Alaphilippe et parsemé de petites illustrations de Frédéric Navez. Ce texte reprend et étoffe le monde d’Evanégyre que l’on pouvait découvrir dans la nouvelle Bataille pour un souvenir du recueil L’importance de ton regard, précédemment chroniqué ici. Passons au synopsis.

La Volonté du Dragon de Lionel Davoust

Le général Vasteth, général du plus grand empire d’Evanégyre, celui d’Asreth, n’a qu’une simple mission à accomplir. Rallier le petit royaume du Qhmarr, jusque là jamais conquis. Cet étrange royaume gouverné par un enfant roi qui semble n’être qu’une marionnette et pratiquant du Lâh. Avec l’arrivée du général, la guerre semble vite inévitable, et les deux flottes vont s’affronter tandis que Vasteth et le roi disputerons un étrange jeu dont l’enjeu se confond peu à peu avec l’issue du conflit.

Le roman étant assez court, 165 pages, l’action va se dérouler assez rapidement. On alterne tout au long entre deux phases, celle de la bataille et celle du jeu, une sorte de jeu d’échecs à l’échelle cosmique que se dispute le petit Roi et notre général. Le rythme du livre change radicalement entre ces deux phases. Nous passons de la tempête de la bataille, au calme du sanctuaire dans lequel se déroule la partie. Dans les phases de bataille, nous ne suivons que les membres d’équipage de La Volonté du Dragon, vaisseau amiral de la flotte de l’empire, tandis que dans l’autre il n’y a que le général, l’enfant roi et un de ses conseillers.

La lecture de La Volonté du Dragon est donc très aisée, le style d’écriture de Lionel Davoust y est pour beaucoup. Simple et très agréable à lire, les phases d’action sont vives et bien détaillées, on ne s’y perd pas. J’avais pu entrapercevoir l’univers d’Evanégyre dans L’importance de ton regard. Bien qu’il ait pris beaucoup d’envergure, l’univers est resté très cohérent. On y retrouve les mêmes ingrédients que précédemment, même si les histoires ne sont pas reliées, enfin presque pas. Il mélange les genres du Steampunk et de la Fantasy avec brio, nous plongeant dans un univers dont on a envie d’en apprendre toujours plus.

La Volonté du Dragon de Lionel DavoustLes personnages sont plutôt réussis pour la taille du roman. Chacun a une personnalité qui lui propre, qui est souvent due à son rang. Mais il n’est pas dérangeant de voir que le général Vasteth est confiant dans ses capacités, avec la longue carrière qu’il a derrière lui. Ou que l’amiral de La Volonté du Dragon est bouffé d’orgueil, alors que les machinistes, au contraire, émettent plus de réserves et plus de peur puisqu’ils sont en première ligne. L’impression est la même pour l’autre côté, le conseiller du roi essayant de faire comprendre à l’envahisseur comme à des enfants, l’importance du Lâh, véritable philosophie du royaume. Cette philosophie est d’ailleurs au centre du livre et de la partie d’échecs car toute action réalisée durant le jeu est le reflet exact de la bataille. Les personnages influent sur son cours. Du coup la victoire revient seulement à remporter la partie. Cette diversité dans les personnages rend le tout crédible et ajoute un plus à l’histoire.

Lionel Davoust arrive avec ce livre à nous faire douter, et il est vraiment difficile durant cette lecture de prendre parti pour l’un des deux camps. Il arrive à nous faire sympathiser avec les deux, à tour de rôle, et nous fait ainsi comprendre l’intérêt des deux de défendre leurs positions. On ne retrouve plus alors le cliché du méchant envahisseur face au gentil qui doit défendre son pays, ou l’inverse. La fin est de toute beauté même si j’avoue avoir eu un peu de mal à l’assimiler et à la comprendre.

Vous l’aurez compris, La Volonté du Dragon de Lionel Davoust est un livre de Fantasy que j’ai trouvé très sympathique, avec un rythme entrainant, une histoire intéressante, et des personnages crédibles. Je ne peux que vous conseillez de le lire, ainsi que le reste des œuvres de l’auteur, tant qu’à faire.


La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVey

Serafina dans Critiques, Livres le 23 août 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Depuis que je suis lycéenne, je me fais régulièrement traiter de sataniste , en partie à cause de mon attrait certain pour les habits noirs. Plusieurs années après, je ne suis dit qu’il était temps de parfaire ma culture générale et de lire La Bible Satanique, livre fondateur de l’église de Satan, connue sous les expressions de satanisme moderne ou Laveyien.  Ça tombe bien car depuis 2006 elle est traduite en français par Sébastien Raizer et éditée chez Camion Noir, le pendant aux relents de souffre de Camion Blanc. Pas de synopsis du coup.

La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVey

Le bouquin a été écrit dans les années 70 par Anton-Szandor LaVey, et bénéficie d’une préface le remettant dans le contexte: années 70, rébellions, révolution sexuelle, etc. A vrai dire, si on ressent sur certains points -et notamment les rituels- la mode new age de l’époque, le reste est fortement intemporel. Et notamment les remarques de LaVey sur notre société, où l’on aurait presque l’impression qu’elles concernent principalement la crise de 2008. Comme quoi, l’histoire est cyclique. La Bible Satanique se découpe pour moi en deux parties plutôt distinctes: la première explique ce qu’est le Satanisme, et surtout ce qu’il n’est pas, et la seconde s’étend sur la magie satanique, les rituels, etc.

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Anton-Szandor LaVey

La première partie est celle que j’ai trouvé la plus intéressante. Elle démystifie le satanisme et le présente comme une philosophie plutôt qu’une religion. En gros, on a surtout l’impression que cela s’appelle Satanisme par provoc’ plus qu’autre chose. On retrouve clairement un certain nombre d’idées Nietzschéennes notamment. En gros, le satanisme serait une philosophie en accord avec la nature humaine profonde, clamant que les autres religions n’ont fait que censurer nos instincts. Le satanisme appelle à une indulgence (et non une compulsion) envers nos instincts primaires. Il propose un certain nombre de lignes de conduites, que cela soit au niveau du choix de ses amis, ou de sa vie sexuelle, tout en prônant le respect des autres.

En soit, on accroche ou pas, mais c’est bien présenté, bien expliqué. Malheureusement, une grosse part de cette première partie s’attache surtout à démolir les religions (judéo-chrétiennes majoritairement), démontrant à quel point ces religions sont fausses et corrompues. Je suppose que ces passages là avaient du sens en Amérique, et surtout dans les années 70, mais aujourd’hui en France où moins de la moitié de la population croit en dieu si on en croit les dernières études, c’est un peu de l’enfonçage de portes ouvertes.

Bref, on se retrouve surtout avec un essai philosophique, qui profite beaucoup de l’aide de la part des grands noms de la philo, et se révèle être pour une bonne part de la philosophie de comptoir. Il y a là à boire et à manger. Le problème c’est plutôt la deuxième partie qui se concentre sur la magie. J’ai un peu du mal à comprendre comment on peut d’abord dire que le satanisme n’est qu’une philosophie de vie, pour ensuite venir parler de rituels magiquesavec tout plein de décorum à la gloire de Satan. Pour moi il y a là un sacré manque de cohérence, et cela confirme mon impression de « comptoir où il y a à boire et à manger ».

La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVeyEnfin, les 120 dernières pages sont les clés énochiennes, des petits textes d’un paragraphe ou deux, mais entourées d’une page de présentation de 2 lignes et d’une traduction en énochien. Autant dire que c’est vite lu.

Au final, je dois dire que je ne suis pas vraiment conquise par cette lecture des écrits d’Anton-Szandor LaVey. La Bible Satanique m’apparait surtout être du vent, malgré le bon sens évident de sa première partie. Je ne suis pas sure que ça soit la grande révolution annoncée, mais si vous prévoyez d’enregistrer un album de Black Metal et que vous cherchez de l’inspiration, la deuxième partie devrait vous plaire. Bref, un livre à lire pour sa culture générale, mais c’est tout.


C’est Lundi, que lisez vous ? #14

Serafina dans Actualités, Livres le 22 août 2011, avec 6 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Cette semaine, j’ai continué ma lecture Science-Fiction du moment, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou, et je dois dire que j’aime beaucoup la tournure des évènements. Les deux histoires se sont enfin « rencontrées » et c’est à la hauteur de mes attentes.

Soeur Onden, La Fraternité du Panca Tome 4, de Pierre BordageCeci dit, comme je partais en week-end dans le sud pour voir la famille, j’ai pris un autre roman avec moi: Soeur Onden de Pierre Bordage. Il s’agit du quatrième tome de La Fraternité du Panca, une série que si vous nous suivez depuis longtemps vous devriez déjà connaître. Ce Space-Opera est toujours aussi agréable à lire, avec ses destins d’hommes et de femmes anonymes qui sont sans le savoir des éléments d’un grand engrenage à l’échelle de l’univers. Si le début m’avait donné l’impression de lire encore une fois le même schéma, je dois avouer que ce dernier est toujours aussi addictif et que l’auteur français y excelle.

Il ne me reste que deux chapitres pour chaque personnage, autant dire que j’en suis au dénouement et que je n’ai qu’une hâte: le lire.

illman

Cette semaine, j’ai principalement lu… le manuel de ma tour et de ma carte mère. Mais sinon, j’ai aussi continué ma lecture du manuel du joueur de Metal Adventures, un jeu de rôles très « pirates de l’espace » aux éditions du Matagot.

Serafina

Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika GallmanJe n’ai pas beaucoup avancé cette semaine, du fait d’un emploi du temps assez chargé.

J’ai continué Rage de dents de Marika Gallman. Ce premier tome de la série de Maeve Regan en cours de publication chez Le Petit Caveau se profile comme un bon bouquin, et qui n’a en tout cas rien à envier aux gros titres anglo-saxons.

J’ai aussi continué La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick qui est encore pire que ce que je pressentais la semaine dernière. L’auteur mélange tout et n’importe quoi autour du goth, ne parle quasiment pas de la musique (pourtant base du mouvement), et en prime la traduction est réalisée en dépit du bon sens : 23inchs deviennent 23cm (ce qui pour un tour de taille n’a aucun sens), Alienor d’Aquitaine est appelée par sa version anglaise Eleanor et j’en passe et des meilleures.

J’ai hâte d’en finir, et j’émets de gros doutes sur le travail fourni par Camion Noir pour cette édition française.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?

Cette semaine, j’ai lu le manuel de ma tour et de ma carte mère. J’ai aussi commencé à lire le manuel du joueur de Metal Adventure, un jeu de rôles très « pirates de l’espace »

Je vous avais parlé l’année dernière avec énormément d’enthousiaste de la série Vampire Kisses de Ellen Schreiber. Depuis, la série a été traduite en français et distribuée en librairie sous le label Castelmore de Bragelonne. A l’occasion de la sortie de la sortie en France du tome 2, Cercueil Blues, j’ai décidé de le relire en version française pour vous en parler. Il est sorti en 2005 en version originale et est composé d’à peine 200 pages. Nous conservons la même couverture que la version originale, et c’est tant mieux car elle est plutôt jolie. Synopsis ?

Cercueil Blues, Vampire Kisses Tome 2, de Ellen Schreiber

Alexander, le petit ami vampire de Raven, a disparu. Cette dernière décide évidemment de se lancer à sa recherche. Sa quête la mènera notamment à HipsterVille et lui permettra de mieux connaitre les lourds secrets de son vampire adoré.

Bon, pardon pour le synopsis, mais vous vous doutez bien qu’avec 200 pages et un style jeunesse, ce n’est pas forcément le roman qui a le scénario le plus recherché. En effet, plus ou moins comme dans le premier tome, l’histoire est plutôt linéaire, les intuitions de Raven souvent bonnes et on trouve un certain nombre de grosses coïncidences qui arrangent bien l’histoire. Soit. Vampire Kisses n’a jamais été très intellectuel et on le sait bien.

Cependant, là où le premier tome multipliait les références à la culture sombre, celui ci se concentre surtout sur des références à un film, imaginaire, Cercueil Blues. Dans la version originale, le film s’appelle Kissing Coffins, et je ne sais pas du tout pourquoi cela a été modifié. Je regrette d’ailleurs que le film soit imaginaire, car je l’aurais sans doute aimé. Ceci dit Raven est toujours aussi légère et agréable.

Cercueil Blues est un roman se lit très vite, il n’y a aucun temps mort. Raven n’est jamais à court d’idée et ne se décourage pas. Il faut dire que cela fait plaisir de lire une héroïne de Bit-Lit qui ne se morfond pas sur elle-même et qui ne passe pas trois plombes en monologues intérieurs. Forcément, l’effet de surprise est passé, et ce tome est d’ailleurs un peu plus classique que le premier, mais reste dans l’ensemble une lecture très agréable.

Cercueil Blues, Vampire Kisses Tome 2, de Ellen SchreiberCependant, je tiens à mettre un gros bémol sur la traduction française de Nenad Savic que j’ai trouvé assez moyenne : des mots sont traduits de manière un peu littérale et sans garder le sens (Goulish goth devient goul-goth…). Il y a une nombre assez ahurissant de répétitions : « mon amoureux gothique » doit être employé 20 fois alors que cela ne m’avait absolument pas gênée en version originale et auraient peut être dû être modifiées en français.

Au final, Cercueil Blues est surtout une excuse pour révéler l’histoire d’Alexander et les prémices de la mythologie vampirique de l’auteur. Le final du roman laisse cependant présager du meilleur pour le troisième tome. En résumé, ce tome est en deçà du premier, espérons que ça ne soit qu’une baisse de régime temporaire. Le troisième tome, Vampireville, promet d’être bien plus palpitant, il sort le mois prochain en français et j’ai quand même bien hâte de le lire.


Bien que ne m’en vantant pas beaucoup, je suis une abonnée France Loisirs depuis des années et une grande lectrice de Stephen King. Une date butoir de commande avant de recevoir une sélection minable et me voilà avec le premier roman de sa femme, Tabitha King. Avec une couverture aux couleurs flammes et un titre en lettres de feu, en regardant Calliope la voix des flammes je ne peux m’empêcher de penser à Charlie, l’un des romans de son mari. Alors synopsis ?

 Calliope la voix des flammes de Tabitha King et Michael McDowell

Nouvelle Orléans, années 60, Calliope a sept ans quand son père qu’elle adore est assassiné de manière effroyablement cruelle par deux inconnues. Pour des raisons obscures sa mère s’enfuit avec elle, laissant derrière elle son grand frère Ford et sa grand-mère. Elles vont se réfugier dans une pension de famille perdue au fond de la Floride tenue par une femme mystérieuse. Calliope qui a toujours été spéciale, commence alors à entendre des choses qu’elle seule peut saisir.

Ce premier roman de Tabitha King est une collaboration en l’honneur du défunt Michael McDowell. Connu pour ses scénarii de Beetlejuice ou L’étrange noël de monsieur Jack, il avait entamé l’écriture de ce roman avant de mourir. Tabitha a donc repris à son compte l’œuvre du monsieur pour en faire le roman que j’ai eu entre les mains. Tout laissait à supposer une bonne surprise quant au contenu donc. Malheureusement mon souhait ne s’est pas réalisé, et voici donc ma première chronique sur un roman que je n’ai pas pu terminer.

Le style de l’auteur m’a pourtant séduit dès les premières lignes. Les descriptions de la Nouvelle Orléans sont enivrantes et l’immersion est totale dans le mode de vie des États-Unis des années 60. Le talent de la dame pour l’écriture est évident. Malheureusement son approche du Fantastique est, elle, tout à fait boiteuse. Avec une première page prenante annonçant la mort du père et racontée tout du long à la première personne, l’histoire s’enlise ensuite jusqu’à devenir imbuvable.

 Calliope la voix des flammes de Tabitha King et Michael McDowellCe n’est plus Calliope la voix des flammes mais Calliope découvre la mer, Calliope aide à la maison, Calliope se coupe les cheveux… Ça ne vous rappelle rien ? L’auteur se perd dans des détails inutiles et des descriptions fumeuses de personnages qui n’auront aucun intérêt pour l’intrigue. On en vient à se demander si elle ne s’éloigne pas complètement de la trame imaginée par Michael McDowell. Là où la psychologie est très travaillée et fouillée, les péripéties sont inintéressantes, faisant perdre toute l’attention du lecteur.

C’est donc une double déception que m’a offerte Calliope. D’une part et malgré un début prometteur, je ne saurai jamais pourquoi est mort son père. Mais plus encore je regrette de ne pas avoir pu réellement profiter du talent de Tabitha King dont le style mérite pourtant d’être salué. Loin d’être mauvais, ce roman s’est avéré surtout terriblement ennuyeux et soporifique. Dommage.


Le Clos des Epices est le premier tome de LoRd oF Burger, une série de BD publiée par Glenat début 2010. Son style graphique m’a tout de suite accroché, et pour cause, puisqu’on retrouve derrière le dessin de la couverture Alessandro Barbucci qui a notamment à son actif Skydoll et W.i.t.c.h., deux grosses pointures. Mais ce n’est pas le seul grand nom du milieu, puisqu’on retrouve au scénario Scotch Arleston, qui est derrière celui l’univers de Troy. Mais avoir des grands noms ne suffit pas toujours à faire une œuvre de qualité. Synopsis.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Ambre est la fille d’un grand restaurateur, triplement étoilé au Michelin et respecté par ses pairs pour son restaurant. Si sa première passion est la sculpture de glace, elle n’hésite pas à retrousser ses manches pour aider son père lorsqu’il en a besoin. C’est ainsi qu’il lui arrive de faire la serveuse. A l’opposée, Arthur, son frère, est en froid avec son père et pour cause, puisqu’il ose travailler dans un fast-food. Mais les choses ne vont pas tourner rond et ils vont bien finir par devoir aller travailler en cuisine.

Comme vous vous en doutez, le premier point fort de LoRd oF Burger, c’est son dessin. Il faut dire qu’il y a toute une équipée derrière les graphismes de la série. Si on ressent fortement la patte de Barbucci, c’est parce qu’il assure ici la direction artistique. Mais les dessins eux, sont réalisés par Balak et Zimra. Leur travail est vraiment réussi, et c’est tout simplement un régal de parcourir les pages de l’album. Si les personnages sont superbes, les décors et environnements autour ne sont pas en reste pour autant.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Pour une fois, les scènes en ville par exemple sont plutôt réussies. Le tout brille surtout par un grand dynamisme, notamment avec des poses dynamiques et des mimiques humoristiques. Heureusement, le cadrage est à la hauteur et il est aisé de suivre l’action. Bien sûr, le dessin ne fait pas tout, et il faut dire que les couleurs mises par Andry Rakotoarisoa et Florence Torta sont elles aussi réussies. Elles sont cependant plus légère, plus proches de l’aplat, mais le tout reste superbe.

Par contre, je dois avouer que le scénario que nous offrent Scotch Arleston et Audrey Alwett m’a laissé beaucoup plus perplexe. Ce premier tome est bien entendu un tome d’introduction, vous vous en doutez, il faut donc lui laisser sa chance, mais difficile de ne pas le trouver poussif pour autant. On a l’impression qu’ils ont tenté de créer des scènes plutôt inutiles pour arriver à pondre les 56 pages nécessaires. Dommage, car du coup, on a vraiment, mais vraiment, que l’idée de base: le restaurant. On n’a ni eu le temps de découvrir les personnages, ni ce qu’il va bien pouvoir se passer par la suite.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Et pour cause, puisque la fin de l’ouvrage nous précise que nous avons là en main la moitié de l’édition originale du premier tome, enrichie. Je ne sais pas trop pour quelle raison Glénat a fait ce choix éditorial, mais je suis perplexe. C’est d’autant plus dommage que l’ouvrage est vraiment travaillé, que ce soit avec ses pages de gardes réussies, ou encore avec des petites recettes entre les chapitres.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et BarbucciAu final, Le Clos des Epices m’a laissé un arrière goût de poussif, de mi-figue, mi-raison. Le scénario a été artificiellement rallongé et cela se ressent fortement, très fortement. On a limite l’impression d’avoir lu le premier chapitre, non le premier volume, et je ne parle pas des synopsis que vous pourrez lire un peu partout sur le net qui vous racontent du coup plus de la moitié du volume.

Heureusement, la direction de Barbucci et le travail de Balak et Zimra nous en mettent plein la vue et c’est bien ça qui va me pousser à aller lire le deuxième tome, Étoiles filantes.


Black Metal Satanique : Les Seigneurs du Chaos est une étude de Michael Moynihan et Didrik Soderlind parue en 1998 en langue anglaise, puis révisée en 2003 avec ajout de matériel et corrections. Elle a été traduite en français par Sylvia Rochonnat et éditée par la maison Camion Noir. Il s’agit d’une plongée dans le monde du Black Metal, et des exactions qui lui ont été associées, comme les incendies d’églises ou les meurtres dans les années 90. A l’aide de documents d’époques et d’interviews des protagonistes, les auteurs proposent une vision d’ensemble de ce milieu si particulier.

Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos de Moynihan et Soderlind

Vous devez probablement le savoir si vous nous suivez, le Black Metal fait partie de mes péchés mignons, péché souvent incompris et méprisé par mon entourage direct (les autres membres de la rédaction notamment) au même titre que mon amour du Doom. Soit. Toujours est-il que je connaissais relativement bien l’histoire du mouvement et les groupes majeur du genre. Je pense que s’il est plus agréable d’avoir une petite connaissance de ce style avant de lire le document, cela ne sera pas un gros handicap si ce n’est pas le cas, tant que vous connaissez un minimum le Metal.

En effet, la première partie du roman propose un historique du genre musical, des influences fondatrices, jusqu’aux premiers albums enregistrés dans des caves, en passant par l’influence d’Euronymous sur la scène norvégienne, et par les scandales qui ont suivi la montée en puissance du genre. En effet, le Black Metal est né en Norvège, pays riche, au niveau de vie enviable, où les jeunes en quête de sensations fortes ont crée cette musique violente, crade et aux influences sulfureuses. Cette première partie est plutôt bien faite et instructive, et ce même en en connaissant les grandes lignes. Seul point noir, il y a un certain nombre de fautes d’orthographe, notamment au niveau des noms propres. Je ne sais pas si c’est lié à la traduction ou non.

Burzum Church Tour 92

On peut lire sur cette affiche d'époque "Coming soon to a church near you, Burzum tour '92"

Le document est un mélange entre études et analyses de la part des auteurs, mais aussi d’interviews des protagonistes de l’époque. Les interviews ont soit été réalisées pour le livre, soit été extraites de magasines ou de fanzine de l’époque. En effet, un certain nombre des protagonistes impliqués à dans le mouvement sont décédés depuis, on pense évidemment à Euronymous et à Death.

A ce sujet, les interviews ne sont pas censurées, ni pondérées, il convient donc de prendre du recul et de comparer les différentes interviews des personnes – qui ont des versions différentes souvent – pour se faire sa propre idée.  Il est important de noter que malgré les opinions très discutables de Moynihan, j’ai eu l’impression que le document était assez neutre et si je n’avais pas lu sa biographie dans un autre bouquin, je n’aurais jamais deviné son orientation extrémiste.

Cela dit, il faut dire que certains propos peuvent choquer par leur racisme, leur homophobie ou tout simplement leur haine. Si ces paroles reflètent sans aucun doute les pensées des personnes interviewées, elles ne doivent pas être prises au pied de la lettre, et il faut garder en tête qu’il s’agit là d’une étude. Personnellement j’ai apprécié le fait justement qu’il n’y ai pas de censure, ni de jugement, laissant chacun libre de comparer ce que disent les différentes sources. Bref, l’analyse n’est pas totalement pré-mâchée et sur certains points, les auteurs évitent soigneusement de s’engager.

Comme je le disais, le tout est illustré avec des photos d’époque, mais aussi de flyers et affiches. Certains des flyers sont très drôles, comme ce Burzum Tour. Bien que s’intéressant majoritairement à la « grande époque du Black », celle des églises profanées quoi, le livre traite aussi de l’évolution du mouvement, et du passage du satanisme adolescent à des revendications plus païennes. Les derniers chapitres sont consacrés au Black Metal dans les autres pays d’Europe, notamment l’Allemagne, l’Angleterre et la France.

Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos de Moynihan et SoderlindLe document était aussi mon premier bouquin de chez Camion Noir, sorte de pendant documentaire de Camion Blanc, éditeur connu et respecté pour ses biographies musicales. Force est de constater qu’ils font ici un très bon travail, même pour un prix relativement élevé. Le papier est de bonne qualité, le texte aéré et les photos en noir et blanc bien imprimées.

Au final, Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos est un livre documentaire très intéressant, avec de nombreux témoignages, et sans trop de parti-pris. Les auteurs sont assez neutres, nous fournissent de très nombreuses informations qui vont permettre au lecteur de mieux comprendre ce mouvement, et surtout de se forger sa propre opinion sur les légendes du Black Metal. Il est évidemment un peu dommage que le document ne soit pas complètement à jour, mais avec les rajouts de 2003, on reste tout de même assez proche de la scène actuelle. Je ne peux que vous le recommander très chaudement si vous vous intéressez à cette musique de près ou de loin.