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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Ici et maintenant est le premier tome de la nouvelle série de Alyson Noël, Radiance. Il s’agit en fait d’un spin off de sa série Eternels, déjà chroniquée par Serafina, qui reprend le personnage de Riley Bloom. Ne connaissant pas la série principale, ce fut pour moi l’occasion de découvrir le style de l’auteur et de me replonger dans l’univers d’un roman jeunesse. Synopsis ?

Ici et maintenant, Radiance Tome 1, de Alyson Noël

Suite à un accident de voiture, Riley Bloom, jeune fille de 12 ans, se retrouve dans « l’ici et maintenant ». Un lieu où le temps ne compte pas et est juste une succession de moments présents.  N’ayant pu suivre sa sœur dans le monde des vivants, ni ses parents dans celui des morts, elle se retrouve coincée dans l’entre-deux mondes auquel elle a bien du mal à se faire.  Après avoir retrouvé une routine familière, avec ses parents et son chien dans un quartier imaginaire ressemblant au sien, elle doit faire sa rentrée des classes. Elle y est soumise à un examen de conscience par des anges et se voit alors assignée la fonction de passeur d’âme. Elle démarre sa nouvelle carrière assistée de Bodhi, son guide, et accompagnée par son fidèle golden retriever Caramel.

En relisant mon synopsis je m’aperçois de son manque de clarté, mais je vous rassure c’est tout aussi incohérent dans le roman. On ne sait pas vraiment comment fonctionne ce monde de « l’ici et maintenant » ni qui en est l’autorité, pas plus que la raison pour laquelle Riley se trouve avec ses parents et son chien qui sont sensés, eux, être bel et bien morts et dans un autre monde. De la même manière, d’autres incohérences viennent s’ajouter tandis que la jeune fille débute son apprentissage ; ne serait-ce que cette histoire d’école qui reste très brumeuse et dont le but n’est pas franchement clair. Cependant un personnage nous promet, via Riley, que l’on comprendra en temps voulu… Espérons que ce soit dans le prochain tome parce que pour le moment, ce n’est pas encore le cas.

Ici et maintenant, Radiance Tome 1, de Alyson Noël

Couverture de la version originale, très proche mais aussi plus pertinante

L’histoire est donc simple et n’est pas sans rappeler d’autres histoires de passeurs, notamment la série télévisée Ghost Whisperer. Les caractères sont imprimés assez gros, ce qui est courant pour un livre jeunesse et les lignes sont bien aérées. Le style de Alyson Noël est léger et se lit facilement, avec une petite touche d’humour toujours présente. Tout cela rend la lecture de ce roman très rapide, peut-être même trop. Difficile de ne pas regretter un approfondissement des règles de ce monde surnaturel qui aurait pu nous éclairer un peu. L’histoire est avant tout destinée à un public jeune de pré-adolescents. En effet il sera plus facile pour de jeunes lecteurs et surtout lectrices d’apprécier le personnage de Riley. Petite peste de 12 ans, elle en présente tous les traits qui la rendront attachante : fragile sous des airs bravaches, maline, dynamique et surtout perdue dans ce nouveau monde et ses nouvelles règles. De la même manière, le sujet de la mort et de son acceptation est relativement bien abordé tout en restant drôle grâce aux réflexions de la jeune fille.

Ici et maintenant, Radiance Tome 1, de Alyson NoëlMalheureusement n’étant plus vraiment une pré adolescente, je n’ai pas pu réellement apprécier ce roman.  Beaucoup de choses m’ont paru incohérentes, les personnages m’ont semblé fades et stéréotypés, ainsi que les péripéties du trio très convenues. La couverture aux jolies couleurs bleutées ne correspond pas franchement au contenu malgré l’image d’un pont en arrière plan. Je trouve cela dommage car j’ai pourtant apprécié d’autres livres jeunesse et je pense que le potentiel de celui-ci, bien que ne traitant pas d’un sujet très original, aurait pu être bien mieux exploité.

Au final, Ici et maintenant s’avère être une lecture rapide et agréable, que je conseillerai uniquement aux fans du style de l’auteur ainsi qu’aux très jeunes lectrices.


Malédiction du Sang de Celia Rees

Serafina dans Critiques, Livres le 9 mai 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Malédiction du Sang est un roman jeunesse de Celia Rees édité aux éditions du Seuil au début de cette année avec une traduction de Anne-Judith Descombey. Celia Rees a écrit beaucoup de romans jeunesse du genre Fantastique, mais je n’en avais lu aucun avant celui-ci. Bien que servi par un titre un peu cliché et une couverture assez moyenne, voir mauvaise avec son montage assez grossier et mal fini, cela a été ma première lecture du Read-a-Thon d’Avril 2011. Synopsis ?

Malédiction du Sang de Celia Rees

Ellen est gravement malade. Une maladie du sang assez obscure qui laisse les médecins perplexes. Elle séjourne chez sa grand-mère qui habite à Londres près de l’hôpital. En convalescence, la jeune fille explore la maison et notamment le grenier où elle découvre les journaux intimes d’une aïeule, fille d’un médecin en pleine époque Victorienne.

Le roman va donc alterner entre présent et passé, et les destins parallèles des deux héroïnes. C’est un procédé assez intéressant, qui a l’avantage d’être bien mené. Les passage dans le présent sont bien écrits, Ellen est une héroïne touchante. Mais j’ai préféré les passages dans le Londres Victorien , cela ne vous étonne probablement pas, l’aïeule est une fille forte, élevée dans l’ambiance des hôpitaux populaires et entourée de superstitions. Ce découpage a évidemment un effet simple, on a tellement envie de savoir la suite que cela se lit super vite.

Le style d’écriture de Celia Rees est fluide et simple, assez quelconque. Je l’ai trouvé neutre, et agréable, cela se lit bien, pas de problèmes à signaler, mais c’est pas franchement un style marquant. L’intrigue quant à elle est assez simple, je ne vous étonnerais pas en vous disant qu’il y vampire sous coussin. En même temps avec une telle couverture difficile de vous surprendre. J’ai rapidement deviné la résolution de l’intrigue, mais pour un livre jeunesse, ça ne me gène pas, cela ravira sans doute une personne plus jeune, et ce n’est pas trop niais pour que l’adulte soit agacée. Bref, un bon équilibre.

Malédiction du Sang de Celia Rees

Bien que parlant de vampires, nous sommes plus proches de ceux à la Carmilla ou Dracula que d’un Edward de Twilight. La partie Victorienne du roman parle notamment des avancées scientifiques (et des inconnues) autour du sang humain, et des épidémies de fièvres roumaines qui ont en partie forgé le mythe. Ce retour aux origines est grandement appréciable. Par contre, je reste assez perplexe sur la dimension scientifique qui est peut être difficilement compréhensible pour le public jeune. Je pense notamment aux incompatibilités de groupes sanguin, ou de rhésus qu’une jeune lectrice de 12 ans ne comprendra peut être pas. Ceci dit, cela peut être l’occasion de l’apprendre en en parlant avec un adulte.

Malédiction du Sang de Celia ReesLe roman est fortement imprégné par la ville de Londres, comme j’y suis allée il y a peu, cela m’a fortement aidée pour m’immerger. Cependant, il y ‘a de nombreux points discutables géographiquement parlant : la grand-mère habite apparemment vers Hyde Park (et plus précisément Nothing Hill), mais en même temps en face de Highgate Cemetery… Bon les quartiers ne sont pas explicitement cités, laissant un flou, mais cela gène un peu au niveau de l’exactitude.

Au final, Malédiction du Sang de Celia Rees est une excellente surprise. Que cela soit pour les deux histoires en parallèle, ou les vampires plus « fidèles » au mythe. Évidemment, l’ambiance Victorienne est un gros plus. Je recommande ce livre, peut être plus pour un public adolescent, mais un adulte aimant les vampires saurait y trouver son compte.


L’heure de l’ange d’Anne Rice est un roman de Fantastique qui vient tout juste d’être édité en poche par J’ai Lu dans sa collection Darklight. Serafina avait déjà publié son avis l’année dernière, lors de sa sortie en grand format chez Michel Lafon. Pour une présentation complète de l’œuvre, je vous invite à vous référer à son article car je vais aller à l’essentiel : mon propre avis sur ce livre.

L'heure de l'ange de Anne Rice

Tout d’abord, grosse déception concernant l’aspect du livre. Il y avait pourtant l’essentiel, une belle image aux couleurs sombres, une belle présentation de la quatrième de couverture mais qui sont malheureusement gâchées par ce bandeau rouge affichant « par l’auteur de Entretien avec un vampire », bandeau qui ne peut être retiré. De la même manière et bien que je conçoive l’argument commercial, je trouve dommage de mettre le nom de l’auteur aussi en avant au détriment du titre de l’ouvrage.

Enfin passons, j’étais surtout intriguée par son contenu car, bien qu’ayant lu beaucoup de romans d’Anne Rice, je reste très mitigée sur son style. J’ai un peu peiné à entrer dans l’histoire, les 40 premières pages me semblant s’étirer de manière interminable. Mais je me suis accrochée (sans doute par habitude du style de l’auteur) et je ne le regrette absolument pas. Car si la première vision que l’on a de Toby peut nous sembler totalement plate, malgré son métier d’assassin, sa rencontre avec Malchiah lance réellement le début de l’histoire. Je pense personnellement qu’on aurait pu se passer de ces pages d’autant que le passé de Toby n’est expliqué qu’ensuite et qu’elles risquent de rebuter les lecteurs peu acharnés.

Une fois cette première partie passée, l’immersion a été totale dans l’univers descriptif de l’auteur. On y retrouve la Louisiane qu’elle affectionne tant et j’ai apprécié le changement d’époque et le voyage en Angleterre du moyen-âge. Comme le soulignait Serafina, on ne peut que saluer le travail de recherche et de documentation qu’a effectué l’auteur. Ne connaissant rien avant cela de cette période sombre de l’histoire anglaise, j’ai trouvé sa représentation très réaliste. Sans être engagé, les persécutions des juifs sont bien traduites et la religion prend toute son importance sur le jugement des situations à cette époque.

L'heure de l'ange de Anne Rice

Couverture de la version grande chez Michel Lafon

En lisant la deuxième partie du roman je n’ai pu m’empêcher de songer à l’atmosphère du film Le nom de la roseSean Connery campe un moine détective au moyen-âge. Alors que je trouvais le personnage principal inintéressant au début, il prend toute son importance dès l’apparition des personnages secondaires et ses interactions avec eux. On suit dès lors avec plaisir ses questionnements et ses réflexions tout en s’attachant aux mêmes choses que lui.

Étant considérée par mes confrères d’if is Dead comme « anti religion », j’avais de gros a priori sur sa place dans le roman. Les anges oui, mais selon la façon dont ils sont traités. Ici, je n’ai eu aucun problème, bien que certains passages m’aient paru longuets. Le personnage de l’ange pourrait aussi bien être un extra terrestre puisqu’on le décrit au final assez peu et on ne ressent pas l’engagement de l’auteur concernant la foi. Les croyances de chacun sont décrites avec justesse et les personnages sont intelligemment traités.

L'heure de l'ange de Anne RiceMon seul regret au final sera sans doute la fin du livre que j’ai trouvé très raccourcie et sombrant quelque peu dans la facilité. Cependant le livre se suffit à lui-même et peut se lire seul, je n’ai d’ailleurs pas l’intention d’en lire la suite au vu de la critique faite par Serafina.

En conclusion, L’heure de l’ange est une excellente lecture qui va sans doute plaire aux fans d’Anne Rice malgré la quasi absence de créatures surnaturelles auxquelles elle nous avait habitués. Une fois passé le cap des 40 pages pour les non initiés, il sera facile d’apprécier cette immersion dans le monde de Toby.


Le premier tome de L’Ennemi dans l’ombre de David Weber est sorti en Janvier 2011 chez les éditions l’Atalante. Il est titré Storm from the shadows, en un seul tome, pour ce qui est de la VO. Ce passionné d’histoire militaire et de diplomatie est réputé pour sa saga de Hard SF centrée sur son personnage de Honor Harrington. Et c’est d’un tome de cette saga dont je parles aujourd’hui. Niveau chronologie, cela se passe après L’ombre de Saganami dont dabYo vous avait fait les chroniques. Je vais tenter de vous faire le synopsis de cette œuvre complexe.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David Weber

Michelle Henke, amiral de la flotte manticorienne et proche de la reine, est faite prisonnière lors d’une bataille contre la république du Havre. Elle sera relâchée avec un message et faisant la promesse de ne plus combattre Havre. Elle est alors réaffectée dans un secteur qui est en train de devenir une poudrière. Un ennemi se lève dans l’ombre.

L’intrigue est énorme dans tout les sens du terme. Dans le sens de la qualité, on sent que David Weber a tenté de penser à tous les aspects et protagonistes impliqués dans l’histoire.  Bon, ce n’est pas non plus une histoire surprenante, on s’attend quand même à beaucoup de choses, mais plus par nos déductions personnelles que par des grosses ficelles, même si l’incident à la frontière est un peu gros.

L’univers de Honor Harrington est quant à lui juste ultra cohérent.  Par contre accrochez vous à la lecture, car à force de vouloir en faire trop, on se tape au moins deux chapitres sur des aspects techniques. Le premier chapitre pique sec à ce titre, une bataille spatiale qui part dans les explications de comment fonctionne les missiles et bourrées de chiffres, ça n’aide vraiment pas à rentrer dans un livre. Par contre d’un autre coté, les personnages profitent de cette minutie dans leurs actions, leurs dialogues. Avoir les protagonistes expliquer leurs plans devant leurs état majors aide à comprendre cette histoire complexe, et il y en a besoin. Parce qu’en plus, on a droit à des ellipses où s’intercalent des éléments d’autres romans de l’univers d’Honor Harrington, du coup même si ce n’est pas vital pour la compréhension globale, ça doit être un plus d’avoir lu quelques uns des romans de la saga. Mais là je suppute vu que c’est mon premier Weber.

Le problème c’est qu’une intrigue aussi complexe demande un nombre assez importants de personnages, de situations et donc de changements de lieux.  On a pas le temps de s’habituer aux personnages qu’on en change déjà. La seule à sortir du lot, c’est Michelle qui est à mon avis un peu fébrile dans son rôle d’amiral, même si elle prend du poil de la bête sur la fin. D’un autre coté, ça met en exergue l’étendue géographique de l’univers que l’on visite.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David Weber

Je ne pourrais pas dire quels thèmes le roman aborde, un peu trop compliqué à dégager de l’ensemble, même si la corruption semble être un point central avec toutes ces manigances. On sent néanmoins quelques sous-thèmes cachés, comme l’esclavagisme avec une pointe de bioethisme, ou encore les états policiers. Globalement, Manticore représente la liberté avec une certaine propension à l’impérialisme, Havre les gouvernements qui agissent dans l’ombre, les solariens le conservatisme et Manpower la main-mise des multinationales sur le paquet de cartes qui fausse le jeu. Bref on porte à l’univers les maux de notre bonne vieille Terre. Contrairement à ce que je laisse penser, c’est discret mais ça permet de jouer sur nos associations d’idées.

Au niveau du rythme, c’est par contre carrément  inégal. Si je devais résumer mon sentiment je découperais le bouquin en 4 parties : Mou, Intéressant, re-Mou et re-Intéressant. Le roman met environ 80 pages avant devenir intéressant et de bien poser l’histoire, et donc mettre Michelle aux commandes. Une fois que c’est fait, on se plonge dans les intrigues politiques et là ça devient passionnant. De complots en secrets, avec toutes les manipulations qui se déroulent en coulisse, on est servi de ce coté. Tout est lancé, on commence à accrocher à l’histoire, et là juste pour nous couper dans notre un élan, un chapitre technique. Il a failli m’être fatal celui là, j’arrivais plus à continuer. Bon évidemment si vous êtes fan de description de missiles ça va vous plaire, mais tout le monde n’est pas un nerd de l’armement. Derrière ce passage, l’auteur repart dans l’intrigue, moment parfait pour découper en deux tomes, tellement parfait que je croyais qu’il y avait deux tomes aussi en version originale.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David WeberContrairement à celle du Coup du Cavalier, Genkis nous offre ici une couverture plutôt pas mal, parfaitement dans le ton du roman. A noter la présence en fin de bouquin de croquis des systèmes d’armement, un plus pour l’ambiance. Avec les points que j’ai évoqué plus haut la traduction réalisée par Michel Pagel n’a pas du être une mince affaire.

Le premier tome de L’Ennemi dans l’ombre est donc un bouquin honnête qui ravira surement les gros fans de Science Fiction bien hardcore, malheureusement c’était un poil trop détaillé pour moi. Que ça ne vous refroidissent pas trop, l’univers présenté est énorme et cohérent, et ce roman a vraiment beaucoup de qualités. Je vous laisse, j’ai le tome 2 à me lire.


Le Volcryn de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 29 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Le Volcryn est une novella écrite par George R.R. Martin en 1980 et rééditée il y a peu par les éditions ActuSF avec une revisite de la traduction initiale de Odile Sabathé-Ricklin par Ayerdhal. Appréciant tout particulièrement les écrits de l’auteur, et avec sa superbe couverture de Lasth, ce titre de Science-Fiction me faisait envie depuis plusieurs mois. C’est avec un certain bonheur que j’ai profité du Read-A-Thon d’avril 2011 pour le lire. Synopsis.

Le Volcryn de George R.R. Martin

Les Volcryns sont des vaisseaux mythologiques dont la présence a été retrouvée dans la quasi totalité des coutumes humaines de la galaxie. Parfois, ils sont évoqués comme une bénédiction, alors que pour d’autres peuples, ils représentent l’annonce d’un grand malheur. Karoly d’Branin, scientifique et passionné par la découverte des Volcryns a réussi à obtenir les fonds nécessaire pour lancer une mission spatiale et aller à leur rencontre. Avec lui, huit autres scientifiques aux spécialités différentes, et un capitaine de vaisseau un peu particulier… Royd Eris.

Je n’en dirai pas plus de peur de vous spoiler. Il faut dire qu’il est très dur de parler de Le Volcryn sans évoquer l’histoire, le texte étant plutôt très court, 120 pages à tout casser, et son déroulement assez particulier. On pourrait penser qu’il va s’axer autour de la découverte des Vocyns et de cette rencontre avec une autre forme de vie. Pour être honnête, je ne m’étais pas renseigné sur le titre, et c’est ce dont j’étais persuadé. Un peu comme ce qu’on pouvait vivre en lisant une autre novella de l’auteur, Chansons pour Lya, que je ne peux que conseiller au passage. Et bien non, il n’en est rien.

Les Volcryns s’avèrent en effet être plus proche d’un prétexte pour mettre dix personnes dans un même vaisseau qu’autre chose. Ce n’est pas pour autant un mal, car le tout est amené d’une façon très habile de la part de l’auteur. Si la nouvelle a été adaptée au cinéma ce n’est pas pour rien, et si le genre du film était l’horreur, ça n’est pas dû au hasard non plus. George R.R. Martin va réussir à très vite faire monter la tension à bord de ce vaisseau grâce à des mécanismes bien utilisés et à certains personnages aux particularités intéressantes. En effet, outre notre fanatiques des Volcryns, on retrouve des spécialistes en informatique, ou encore en capacités psychiques. Et ces derniers vont très vite voir que quelque chose ne se passe pas comme il le faudrait.

Le Volcryn de George R.R. MartinL’ambiance du livre devient très vite inquiétante, on redoute à chaque page ce qu’il va bien pouvoir se passer. On a presque l’impression d’être avec les protagonistes, piégés entre quatre mur qui les protègent du vide intersidéral… Du moins, à priori. Avec une brochette de dix personnages et si peu de pages, vous vous doutez bien que l’on ne va pas spécialement s’accrocher aux personnages. Mais à vrai dire, cela importe peu. Ils ne sont pas caricaturaux et on va très vite réussir à tous les assimiler.

Si Le Volcryn n’est pas l’œuvre de George R.R. Martin qui m’aura le plus marqué, c’est sans aucun doute une lecture que je peux vous conseiller. Bien angoissant, claustrophobe à souhait, sa lecture vous ravira, avec de jolis twists tout au long de la découverte. Et franchement, pour 9€ et avec une édition aussi soignée de la part d’ActuSF, pourquoi se priver ?


Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia Briggs

Serafina dans Critiques, Livres le 27 avril 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Alpha & Omega est le nom de la seconde série de Bit-Lit de Patricia Briggs. Elle se déroule dans le même monde que sa série Mercy Thompson, que nous avons beaucoup aimé et dont vous pouvez retrouver les chroniques de dabYo. Ce tome 0 est en fait une nouvelle, parue dans un recueil US nommé On The Prowl en 2007, qui a tellement plu que cela a donné naissance à cette seconde série. Les éditions Milady viennent de la traduire et de la publier en France sous le titre Origine, avec une traduction de Éléonore Kempler. Synopsis ?

Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia Briggs

Charles, fils du Marrok des États-Unis, c’est à dire le loup-garou le plus puissant, est envoyé à Chicago pour faire le tri parmi une meute de loups garou qui semble poser problème. Pour cela, il doit rencontrer et protéger, Anna, une jeune louve maltraitée par sa meute.

Un petit point sur l’édition avant toutes choses. Les éditions Milady ont sorti le tome 1 de la série Alpha & Omega avant ce tome 0. Mais des échos que j’ai pu avoir, notamment illman, il est vraiment nécessaire de lire le 0 avant le 1, sous peine d’être totalement perdu. Et vu que c’est indispensable et que le premier tome était déjà publié, Milady publie donc le tome 0 « seul », tome de 120 pages à tout casser, à 6 euros. Ce qui est quand même un poil scandaleux ! Mais bon, money is money. En prime, la couverture de Maurizio Manzieri est plutôt très moche.

Cependant, contexte éditorial mis à part, il faut quand même dire que cette nouvelle est vraiment très bonne. Grâce à son format, on est directement projeté dans le vif du sujet. J’ai particulièrement apprécié ce point, j’ai lu ce roman dans le cadre du Read-a-Thon et du coup c’est idéal, il n’y a pas de temps mort. Patricia Briggs nous présente rapidement les deux personnages principaux, qui sont relativement fouillés pour des personnages de nouvelle. Nous avions croisé Charles dans la série Mercy, mais il est beaucoup développé ici. Je pense que la nouvelle est accessible aux néophytes, c’est à dire ceux qui n’ont pas lu Mercy Thompson, mais il y aura un certain temps d’adaptation, des termes comme Marrok, ou Alpha sont expliqués assez succinctement. L’univers tourne ici exclusivement autour des loups garous. Pas d’autres créatures surnaturelles en vue pour le moment.

Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia BriggsDe son côté, l’histoire ‘est assez basique, nouvelle oblige, mais plutôt bien menée. On s’intéresse notamment à une partie de la vie des loups garous qu’on n’avait pas vue dans Mercy, mais je ne peux pas vous en dire plus. Ce tome sert avant tout  à introduire les personnages que son Charles et Anna, ainsi que la spécificité d’Anna, qui est une louve assez spéciale, elle n’a en effet pas d’instinct de bagarre comme les autres loups. C’est une particularité très importante qui va je n’en doute pas, être réutilisée dans la série. En plus la jeune fille est attachante, car très peu sûre d’elle et toujours sur la défensive. On est assez loin de Mercy. De même, apparemment, il n’y a pas de triangles amoureux qui se profile, pour notre plus grand bonheur. Les dilemmes sentimentaux étant un des points noirs de l’autre série.

Au final, ce tome introductif Origine donne surtout envie de commencer la série. L’histoire est bien menée et directe, il n’y a que peu de tergiversations contrairement à certains tomes que l’on pouvait trouver dans l’autre série. Anna est une héroïne intéressante. Bien que se déroulant dans l’univers de Mercy Thompson, Alpha & Omega s’annonce assez différente, et j’ai déjà acheté le premier tome.


Jack Barron et l’Eternité est un roman écrit par Norman Spinrad, qui vient tout juste d’être réédité par J’ai Lu pour la cinquième fois, avec une nouvelle et superbe couverture signée Diego Tripodi. Ce roman, publié pour la première fois en 1969 aux États Unis sous le nom de Bug Jack Barron, arrive alors que Nixon vient tout juste d’accéder à la présidence du pays et que l’US Army est embourbée dans la guerre du Vietnam. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, qui est pourtant un des grands auteurs de Science-Fiction américains, et c’est donc sans apriori et sur un terrain inconnu que je me suis lancé. Synopsis.

Jack Barron et l’Éternité de Norman Spinrad

Il y a quelques années Jack Barron a troqué la faux et l’enclume de sa jeunesse pour un poste de choix à la télévision, où il anime une émission centrée autour de son personnage, Bug Jack Barron. Pendant sa diffusion, il permet à tout américain de le contacter via visiophone, et de le faire « suer » avec ses problèmes, problèmes qu’il essaiera ensuite de régler en appelant en direct les différents acteurs incriminés, que ce soit le voisin de la victime ou même le président du pays. Fort de cette « proximité », l’émission de Jack est vite devenue la plus populaire du pays et est suivie par des millions d’américains tous les mercredis, qui se délectent des paroles de l’animateur et attendent de le voir casser du « gros ». Mais ses anciens camarades ne sont pas dupes et savent bien que Jack a depuis bien longtemps oublié les petits problèmes du peuple, et baissé son froc.

Il suffit de lire le synopsis de Jack Barron et l’Eternité pour comprendre tout de suite où Norman Spinrad va nous amener. Dans un monde où les hautes sphères de la société sont corrompues jusqu’à la moelle, où la presse et les médias, supposés quatrième pouvoir, ne font qu’offrir leur service au plus offrants. Bien sûr, ils donnent dans la simili-polémique, mais le seul but est d’assoir un peu plus les décisions prises en échange de quelques liasses de dollars. Et c’est bien là où nous allons. Jack Barron est un personnage proche de ce qu’on entend ici par le « socialisme caviar ». Il a mis au placard ses anciens idéaux depuis qu’il s’est trouvé une place dans le showbiz, et s’il fait mine de se soucier du sort des américains dans ses émissions, c’est surtout pour continuer son petit bonhomme de chemin. Abandonner ses privilèges pour retourner manifester, non merci. Se mettre à dos le plus riche industriel du pays lors d’une de ses émissions ? Hors de question. Tout est question de crédibilité, baisser son froc tout en s’assurant que le public pense le contraire. Mais ce qu’il craint le plus va bien entendu arriver, à ses dépends. Que faire alors ? Baisser son froc, ok, mais à quel point ? Tenir tête ?

Les thèmes abordés par ce roman sont vraiment nombreux, même s’il se concentre avant tout sur la corruption. Chaque homme a son prix, et si vous pensez l’inverse, c’est qu’on ne vous a jamais proposé assez. C’est un peu l’idée générale du livre, pour quel montant un homme, de pouvoir ou non, est il achetable ? Quelle valeur donne-t’on à ses idéaux ? A son dégoût ? A son sens de la justice ? Vous vous en doutez, c’est une version assez fataliste de l’humanité que va nous offrir, fataliste mais aussi réaliste, quelque part.

Jack Barron et l’Éternité de Norman Spinrad

Une des anciennes couvertures du roman

Pour bien illustrer ses propos, Norman Spinrad nous offre ici un roman de pur intrigues issues de la confrontation directe entre deux personnages aux intérêts complètement opposés, mais qui sont obligés de traiter l’un avec l’autre. Le premier est donc Jack Barron, notre « héros », celui qu’on pourrait qualifier de « gentil », et on retrouve Benedict Howards de l’autre côté, industriel pourri jusqu’à la moelle qui tente de diriger le pays entier d’une main de fer, à l’aide de pots de vin bien entendu. L’un possède une audience de 100 millions d’américain, l’autre une richesse sans fin. Tout le roman va donc s’axer autour de ce combat, l’action n’est pas physique mais mental, et bien qu’il ne se passe objectivement pas « grand chose », le roman est complètement prenant, le suspens énorme. Les confrontations fréquentes entre les deux personnages sont , chacun essayant d’avoir l’autre à l’aide d’informations.

Jack Barron et l’Éternité n’est donc pas qu’une critique acerbe de la société, c’est d’abord un roman très prenant, à tel point qu’on pourrait presque le qualifier de Thriller. A peine l’avais je commencé et emmagasiné les informations indispensables qu’il était difficile de m’arrêter, je voulais savoir comment Jack allait sortir de cette confrontation. C’est un point sur lequel il faut insister car bien que ce soit de la Science Fiction très connotée Anticipation, il pourra vous ravir même si vous avez plus l’habitude de lire Jason Bourne ou Le Trône de Fer que 1984. Les enchaînements des évènements sont superbement menés.

Bien entendu, c’est d’abord en grande partie grâce à la qualité de la plume de Norman Spinrad. Très direct, son style est tout d’abord assez déroutant. Les pensées des personnages, directement intégrées dans le texte, rendent le début de la lecture assez confus. L’auteur n’est pas du genre à introduire les personnages, vous êtes là sur le tas, vous observez et c’est à vous de retenir les éléments pour comprendre les relations entre les personnages. Là dessus, c’est juste génial, on aurait presque l’impression d’être l’assistant de Jack. Un assistant omniscient certes, mais tout de même. On va aussi suivre notre « méchant », Benedict Howards, lorsque c’est intéressant pour l’histoire et le suspens. Certains de ses mouvements nous sont révélés, très bien choisis d’ailleurs, qui permette de faire monter le suspens, tandis que ceux qu’on aimerait réellement connaître nous sont cachés. Addictif.

Jack Barron et l’Éternité de Norman Spinrad

L'autre thème majeur du roman est le racisme, encore très présent à l'époque aux Etats Unis, et là aussi traité d'une manière qui aujourd'hui reste très moderne.

L’univers du roman se veut donc bien entendu réaliste et cru, que ce soit sur la politique où les activités humaines. Le sexe en faisant partie, on aura de nombreuses références voir scènes plus ou moins précises. Rien qui choque ceci. Mais bien au contraire, cela va parfaitement bien avec le côté humanité brute du roman, c’est presque indispensable. A aucun moment on a l’impression que l’auteur en abuse, il utilise juste ce qu’il faut pour bien créer son personnage de Jack, ou les autres personnages secondaires qui en découlent. Et il faut avouer que le tout est plutôt réussi.

Jack Barron et l’Éternité de Norman SpinradJack n’est d’ailleurs pas un personnage banal. C’est sans aucun doute un des personnages les plus charismatiques que l’on puisse rencontrer. Bien entendu, on l’aime parce qu’il est doué lorsqu’il s’agit de défendre son beef‘, mais aussi parce qu’il est humain, qu’il a des faiblesses, qu’il n’est pas le chevalier blanc sans défaut. Mais il n’est pas le seul à être intéressant, sa relation destructive avec Sara l’est tout autant, sinon encore plus géniale, et le personnage de Benedict Howards, le « reptile », est lui aussi réussi. Au final, il n’y a pas beaucoup plus de personnages, mais ils sont tous bien décrits, ils ont tous leur propre personnalité. Certes, il s’agit de stéréotypes, mais de stéréotypes transcendés.

Je pourrais continuer encore bien longtemps, parler aussi de la critique de la société que nous propose Norman Spinrad. Mais je pourrais tout simplement m’arrêter là. Jack Barron et l’Éternité est un livre que vous vous devez de lire. Il a beau avoir été écrit en 1969, son style n’a pas pris une seule ride, sa critique de la société n’a jamais été aussi juste. C’est un classique, et si J’ai Lu se permet de le rééditer pour la cinquième fois, ce n’est pas pour rien. Jetez vous dessus.

Jack Barron et l’Eternité pour

Le Palais Adamantin est le premier tome de la série Les Rois-Dragons écrite par Stephen Deas, qui vient tout juste d’être édité en poche par J’ai Lu. Cette série de Dark Fantasy est très jeune, le premier tome au Royaume Uni date de 2009, avec une traduction seulement 3 mois après aux éditions Pygmalion par Florence Dolisi. Pour une fois que nous ne sommes pas obligés d’attendre plusieurs années avant la parution d’un tome en France, on  ne va pas se plaindre. Pour l’instant, le tome 2 est sorti en Janvier dernier et le tome 3 ne sortira pas avant 2012 dans notre chère contrée. Passons maintenant au synopsis.

Le Palais Adamantin, Les Rois-Dragons Tome 1, de Stephen Deas

Il y de cela bien longtemps, les dragons alors maître du ciel furent asservis par les humains. Depuis, ils servent de montures et de monnaie d’échange ou de cadeaux entre les royaumes. C’est le cas de Neige, une dragonne d’un blanc immaculée, offerte par la reine Shezira en cadeau de mariage pour son futur gendre, afin de rallier son vote lors de la prochaine succession de l’Orateur, sorte d’empereur et de chef des rois dragons. Mais c’était sans compter la fuite de Neige, qui malheureusement pour tout le monde a retrouvé son libre arbitre, et une chose est sûre, elle n’est pas contente.

Je ne vous en dit pas plus car il est très difficile de rester bref. L’histoire principale est divisée en deux, et mêle complots et combats. D’un côté nous suivons les membres de plusieurs maisons nobles, où les manigances et la trahison sont monnaies courantes, et de l’autre nous suivons la vengeance de Neige. L’action est assez soutenue tout au long du livre, on ne s’ennuie pas, elle est bien dosée entre les différents chapitres.

L’univers de cette série est clairement de la Dark Fantasy. Ce volume d’introduction ne présente pas un univers où tout le monde est gentil et uni face à une menace. Non, ici la mort, la vengeance et la trahison ont leur place, et c’est ce qui rend l’ouvrage intéressant. Stephen Deas maîtrise bien ces éléments, si bien que l’on se demande sur la fin où est ce qu’il nous emmène. La magie est aussi présente, bien que pour l’instant elle n’ait qu’un rôle mineur. Peut être prendra-t’elle plus d’ampleur dans la suite. L’auteur nous la montre comme repoussante et méconnue, répugnante pour les communs des mortels. Ce n’est pas un appel aux forces de la nature ou autre qui se fait ici, mais de la magie du sang, rajoutant un élément à la noirceur du monde qu’il a créé.

Le Palais Adamantin, Les Rois-Dragons Tome 1, de Stephen Deas

Une des différentes couvertures de la version originale

Concernant les personnages, on voyage principalement avec plusieurs familles nobles, mais aussi des mercenaires. Des arbres généalogiques sont inscrits au début du roman, permettant ainsi de faire le lien entre les membres des différentes familles, ce qui n’est pas négligeable, bien que le nombre de personnes reste gérable pour que l’on puisse s’en souvenir rapidement. Malheureusement, aucun ne sort vraiment du lot. On les suit sans vraiment s’y attacher, et quand enfin on commence à ressentir de l’empathie pour ceux qui sortent un peu du lot, l’auteur semble s’amuser à ce qu’il leur arrive malheur. Mais d’un autre côté, ils ne manquent plus vraiment à l’histoire, ce qui n’est du coup pas dérangeant à moyen terme. On commence alors à se concentrer et à apprécier un peu plus les autres personnages.

Le Palais Adamantin, Les Rois-Dragons Tome 1, de Stephen DeasStephen Deas a réussi à écrire un bon livre d’introduction à une série prometteuse. Espérons qu’il continue sur sa lancée et que les complots ne laissent pas la place à de l’action pure. Bien que j’ai apprécié de lire Le Palais Adamantin, il est à remarquer qu’on ne peut s’empêcher de le comparer au Trône de Fer de Georges R.R. Martin. Les univers se ressemblent mais sont aussi différents. Peut être est ce le genre des livres, la Dark Fantasy combinée aux complots, qui veut ça, La Couronne des Sept Royaumes souffrant du même problème.

Pour conclure, je vous conseille de lire cette série prometteuse en attendant l’arrivée du prochain volume du Trône de Fer.


A l’ombre des pleurs de Cécile Guillot

Serafina dans Critiques, Livres le 15 avril 2011, avec aucun commentaire
Critiques

A l’ombre des pleurs est un recueil de nouvelles de Cécile Guillot que j’avais notamment découverte dans l’anthologie Sorcières et Sortilèges. Elle propose là son premier recueilli de 7 histoires : 6 nouvelles et une novella, le tout servi par une superbe illustration de Anna Marine. Le tout est édité par une jeune maison d’édition, les éditions Cauchemars. Comme pour tout recueil, pas de synopsis.

A l’ombre des pleurs de Cécile Guillot

Cécile Guillot propose ici 7 nouvelles, ancrées dans le monde moderne. A une exception près, les nouvelles se déroulent à notre époque dans notre monde, majoritairement en France, malgré une incursion en Jamaïque. Le style de l’auteur est très doux, mais aussi très poétique. Elle fait partie de cette génération de jeunes auteurs qui non seulement manient bien notre langue mais en plus ont une écriture fluide et se lisent aisément.

Enfin, intéressons nous plutôt aux nouvelles :

De larmes et de sang

Le roman commence directement par cette novella d’une cinquantaine de pages. On suit une jeune femme, qui a décidé de laisser tomber la pollution parisienne pour s’installer en Auvergne. Sauf que la maison qu’elle emménage ne va pas lui procurer le repos escompté, enfin, surtout son voisin. Cette novella est assez fouillée, l’histoire se développe à son rythme, et surtout se lit très bien. Les chapitres sont très courts (3-4 pages maximum) ce qui donne une certaine intensité.

Les personnages, peu nombreux, ne sont pas caricaturaux. Seul reproche: j’avoue être très perplexe sur le choix de l’avoir placé en premier. La fin de la novella est une « vrai » fin, et il est difficile d’enchainer directement sur la suite.

Roadways

La lecture continue avec cette nouvelle qui nous propose de suivre une fugueuse Lisa, qui fait la rencontre d’une jolie goth sur son chemin vers la « liberté ». Cette nouvelle, est je pense, ma préférée. J’aime particulièrement les nouvelles qui ont un twist final assez inattendu.

L’auteur nous ballade, nous intrigue, et le final est à la hauteur. Je ne vous en dis pas plus.

L’appel du loup

L’appel du loup est une nouvelle très courte, de trois pages. Elle est très onirique et très envoutante. On est probablement plus proche la d’une nouvelle à la Mélanie Fazi, le coté ennuyeux en moins.

Cœur de Crystal

Cœur de Crystal avait été publiée dans Sorcières et Sortilèges et chroniqué à cette occasion, je vous invite donc à revoir cet article… et à découvrir l’anthologie, géniale au demeurant.

La fille aux Barbelés

Cette nouvelle est l’exception dont je parlais plus haut. Nous sommes ici en plein monde « post-apo » voir Cyberpunk. Un monde parfait, où toutes les choses endommagées sont jetées. Un rebelle essaie de braver l’ordre pour récupérer la poupée abimée de sa sœur.

Malgré un sujet assez éloigné des autres nouvelles, elle s’intègre bien, notamment grâce à la douceur du style. L’univers est fascinant, et j’aimerais lire d’autres écrits sur celui-ci !

Nuits d’Obsidienne à Montego Bay

A l’ombre des pleurs de Cécile GuillotNuits d’Obsidienne à Montego Bay se déroule en Jamaïque, un couple y passe des vacances qui vont mal tourner. Cette nouvelle assez longue est totalement immergée dans la culture jamaïcaine, et la sorcellerie « traditionnelle ». Comme vous le savez c’est typiquement ce que j’adore. La sorcellerie est trop souvent délaissée au profit des vampires, et pourtant …

Liberame

Liberame clos le recueil sur une touche d’onirisme assez proche de L’appel du loup.


Chimères d’Albatre de Stéphane Soutoul

Serafina dans Critiques, Livres le 12 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Chimères d’Albatre est un recueil de nouvelles autour du vampire écrites par Stéphane Soutoul. Le livre est paru aux éditions Cauchemars en début d’année et est servi par une couverture de Cécile Guillot. Stéphane Soutoul est un auteur français que j’apprécie beaucoup, je vous avais déjà recommandé sa série aux éditions du Petit Caveau, Les Âmes Déchues. Il n’y a donc pas de synopsis vu la nature de recueil.

Chimères d’Albatre de Stéphane Soutoul

Ce recueil comporte 14 nouvelles qui traitent donc toutes du vampire, sous diverses formes et dans diverses époques. Cependant les nouvelles ont toutes comme point commun d’être très visuelles. Stéphane Soutoul a un style d’écriture qui fait que l’on visualise immédiatement les scènes. Il est très descriptif sans en faire trop. Il ne faut que peu de lignes avant de rentrer dans l’ambiance. Ambiance qui varie de notre monde moderne, à la période trouble de la seconde guerre mondiale. Point intéressant, de nombreuses nouvelles se déroulent dans des endroits bien réels : le Languedoc, Montpellier, la Lozère qui rendent plus facile l’immersion. Car on a beau lire des livres sur la Nouvelle Orléans, quand on n’y a pas été c’est pas aussi facile à imaginer que l’Auvergne. Cet ancrage dans le pays est vraiment plaisant.

Aux qualités, il faut ajouter la plume de Stéphane Soutoul. Je vous le dit à chaque fois que je chronique une de ses nouvelles, mais cet auteur a un style excellent. Un poil suranné, ce qu’il faut de torturé, avec un réel amour des mots, le lire est un vrai plaisir. C’est dans ces cas là où on se rend compte qu’une bonne maitrise de la langue est un vrai plus pour un romancier, et c’est le cas ici. On sent une vrai influence romantique, très 19ème, si vous aimez l’époque, vous aimerez les nouvelles. Et ce, malgré quelques coquilles par-ci par-la dans la deuxième partie du recueil qui rendent parfois certaines phrases difficiles à lire… Une petite sélection de mes nouvelles favorites :

Dans les bras de la mort

La particularité de cette nouvelle c’est qu’elle se déroule au beau milieu de la France occupée, commençant avec la fuite d’une femme devant une horde de SS. J’avoue que c’est avant tout ce mélange qui m’a séduite. Mais la course poursuite haletante est aussi tellement bien décrite qu’on rentre tout de suite dans le vif du sujet.

Vampire cherche victime désespérément

C’est une petite nouvelle de moins de 10 pages sur un vampire qui essaie d’utiliser les nouvelles technologies (Internet quoi) pour trouver sa proie. J’aime ce genre de nouvelles qui dépoussièrent l’image du vampire. Et en plus, c’est très drôle.

Slasher in the night

Ce dernier choix est en fait une nouvelle relativement longue avec pas loin de 50 pages. Il s’agit typiquement d’un film d’horreur, à la Blair Witch, mais écrit et avec du vampire dedans. La galerie de personnage est là, les traits sont croqués avec beaucoup de réalisme, l’histoire se déroule de manière fluide. Et du coup le style aussi se modernise. Un peu de thriller dans ce monde romantique en fait.

Chimères d’Albatre de Stéphane SoutoulBien que le mythe du vampire soit un mythe qui a été énormément exploité, l’auteur nous propose là d’excellentes surprises, avec des mélanges assez étonnants. Il n’y a pas a dire, le vampire reste un thème extrêmement vaste, et ces 14 nouvelles nous le prouvent.

Évidemment, je serais tentée de toutes les citer, mais les trois ci-dessus montrent la diversité et la richesse du recueil.

Vous l’aurez compris, Chimères d’Albatre a été une lecture très agréable, et je vous recommande chaudement cet ouvrage de Stéphane Soutoul.