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Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika Gallman

Serafina dans Critiques, Livres le 20 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Rage de Dents de Marika Gallman est un roman paru très récemment aux éditions du Petit Caveau. Donc, forcément il parle de vampires, mais pour une fois, on nous propose de la Bit-Lit. Il s’agit du premier tome de la série Maeve Regan. Joliment illustré par Fleurine et ne connaissant pas l’auteur, je suis partie sans apriori. Synopsis ?

 Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika Gallman

Maeve Regan est une jeune femme comme tant d’autres : la fac de temps à autre, des rencontres d’un soir, et un groupe d’amis. La jeune femme est orpheline et a été élevée par son grand-père, sauf qu’il semblerait que ce dernier ne lui ait pas tout dit, et lui ait caché un point important sur son géniteur…

Difficile de faire un synopsis sans vous en révéler un peu trop, en fait, et la quatrième de couverture n’y réussit pas mieux vu que les événements décrits n’arrivent qu’à la page 150, soit la moitié du livre. Comme dans beaucoup de séries et notamment de séries Bit-Lit, ce premier tome sert surtout à placer les personnages, le monde et les créatures qui vont peupler les tomes suivants. Du coup l’intrigue se résout un peu vite et facilement, la majorité de l’histoire étant autour des révélations sur le passé de l’héroïne et sur les créatures surnaturelles qui l’entourent.

La narration à la première personne est très fluide et le personnage principal, Maeve, est plutôt attachant. C’est une femme forte, et indépendante à la répartie agréable, sans tomber dans les clichés agaçants que l’on retrouve souvent. A vrai dire, c’est même un personnage très agréable, elle ne réfléchit pas pendant des plombes, pas plus qu’elle ne joue à la sainte-nitouche, c’est une fille comme les autres, une digne descendante d’une Buffy.

Le style de Marika Gallman est très direct et incisif, il y a assez peu de descriptions et l’action est menée tambour battant. Ceci est une des forces du roman, car on ne s’ennuie pas une seule seconde, mais c’est malheureusement aussi l’une des faiblesses. En effet, à l’exception de l’héroïne et du beau-gosse du roman (oui on est dans de la bit-lit, il en faut un), les personnages secondaires sont très très peu développés. Surtout au niveau des amis de Maeve en fait, ces derniers sont caractérisés par une ou deux traits de caractère… Et c’est tout.

Un autre problème qui m’a dérangé, plus personnel cette fois ci, c’est qu’on n’a aucune idée d’où est-ce que l’action se passe. L’auteur étant francophone, j’en avais déduit que c’était en France, mais les prénoms très anglo-saxon m’ont fait douter et l’endroit de l’action n’est précisé nulle part dans le roman. Ces deux points empêchent de réellement rentrer dans le récit et de le visualiser.

 Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika GallmanLes fans de Bit-Lit y retrouveront très vites leurs marques : narration à la première personne, triangle amoureux en vue et héroïne à laquelle il est plutôt aisée de s’identifier. Cependant, le traitement du vampire et des autres races est assez original, et se démarque vraiment du reste de la production.

Maeve Regan est à mon avis une des premières héroïnes de Bit-Lit francophone depuis le retour de cette littérature, et elle s’en sort vraiment bien. Son auteur a su trouver le juste équilibre entre fantastique, romance, et vie courante. A ce propos il est agréable de remarquer qu’on échappe à toute scène de cul contrairement à certains titres phares (qui a dit Anita ?).

Au final si vous aimez le genre, je ne peux que vous conseiller ce Rage de Dents. Vous y trouverez là une héroïne forte et agréable, un univers intéressant et des dialogues bien tournés. Évidemment, ce premier tome n’est pas exempt de tout reproche, mais c’est un des meilleurs début de série Bit-Lit que j’ai lu ces derniers temps, je ne peux donc que vous le conseiller.


C’est Lundi, que lisez vous ? #18

Serafina dans Actualités, Livres le 19 septembre 2011, avec 7 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Du Paganisme à Nietzsche de Nicolas WalzerCette semaine, très peu de choses de mon côté, et pour cause: Gears of War 3 a déboulé dans notre Xbox 360. Du coup, les séances lecture se sont transformées en séances de défarouillage de Lambents et autres parias. Enfin bon, tout le monde n’a pas eu cette chance dans l’équipe, aussi, je me contenterai de parler de mes lectures.

J’ai principalement continué l’essai Du paganisme à Nietzsche de Nicolas Walzer aux éditions Camion Noir. L’introduction étant terminée, on passe dans le cœur du sujet. J’ai tout de même l’impression que l’auteur privilégie énormément la tendance Black du Metal, et ce même lorsqu’il parle de domaines où les autres genres devraient être majoritaires. Préférant la branche Folk du Pagan, forcément, ça me dérange un peu.

illman

J’ai commencé Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac aux éditions Mnémos, un auteur français dont le nom est si long qu’il a fallu baisse la taille de police pour qu’il tienne sur la couverture. Pour le moment, ce bouquin de Science-Fiction est plutôt sympa.

Serafina

Cette semaine, tout comme dabYo je n’ai pas lu énormément, mon week-end ayant surtout été consacré à faire exploser du Locuste. J’ai tout de même avancé un poil le sixième tome de Merry Gentry de Laurell K. Hamilton dans la salle d’attente du médecin.

Erzsebeth Bathory de Jacques SirgentCependant, comme je partais en déplacement professionnel et que je ne me voyais pas trop lire ce bouquin devant les collègues, j’ai commencé les Contes Méphitiques, recueil parut aux éditions J’ai Lu regroupant des contes Fantastiques et horrifiques du XIXème siècle. J’ai beaucoup aimé les deux nouvelles lues.

J’ai ensuite terminé Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent qui me laisse un peu sur ma faim: le livre est trop court et le procès est trop survolé. Dommage. J’ai ensuite commencé Anthropologie du Metal extrême de Nicolas Walzer aux éditions Camion Blanc. Malheureusement, j’arrive au même constat que dabYo: cet auteur se centre énormément sur le Black, qui est mon genre préféré mais j’aurais préféré quelque chose de plus large (Death, Core…). A voir pour la suite.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est le premier roman de Ioànna Bourazopoùlou, auteur grecque, à être traduit en français. Récemment publié par les éditions Ginkgo, ce roman rattaché à la Science-Fiction a été écrit en 2007 et est arrivé sur notre pile à lire par biais de Babelio. Avec sa couverture sobre, une image d’architecture classique et des arches, presque terne, il faut avouer que le bouquin ne m’aurait pas réellement sauté aux yeux en librairie. Mais bon, vous savez ce qu’on dit sur les couvertures… Synopsis.

Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou

Il y a dix ans pour des raisons que l’on ignore encore, la mer Méditerranée a débordé et recouvert une partie de l’Europe. Des peuples entiers se sont déplacés, des nations ont disparu. Depuis, Paris est devenu le port le plus moderne du monde, et le sel violet est sorti des entrailles de la terre pour être exploité par la Compagnie des Soixante-Quinze. Multinationale dont le pouvoir sur le monde a augmenté avec son addiction au sel noir qu’elle est la seule à extraire et exploiter depuis une Colonie coupée du monde. Car cette Colonie pour ne pas altérer la qualité du sel, se doit de vivre comme au XIXème siècle, sans électricité ni modernité, complètement hors du temps.

Je dois avouer que je n’avais vraiment aucune idée du sujet du livre en l’ouvrant. La couverture n’indique rien quant à son contenu, et pour cause, puisqu’on penserait plus à quelque chose d’historique qu’à de la Science-Fiction. Il faut dire qu’on est bien loin des stéréotypes du genre, et à la décharge de son concepteur, une fois le livre lu on constate que la couverture voit plutôt juste. Nous allons vivre là une sorte de retour dans le temps. En effet, la Colonie si elle existe dans notre futur, fait vivre ses habitants comme il y a plus de cents ans. Pas d’électricité, des conditions plus que précaires et une communication qui se fait par bateau courrier… Autant dire que les ordres de la Compagnie arrivent en général bien 6 semaines après les évènements.

Mais ce n’est pas pour autant un retour dans le passé, car la façon dont sont gérés ces hommes est vraiment moderne. Enfin, moderne dans le sens où elle se rapproche de ce que l’on peut parfois entrapercevoir dans les différentes techniques de management du personnel, de ce que nous craignons que cela devienne. Qui n’a pas entendu parler des dérives d’Orange ? La Compagnie est bien pire. C’est d’ailleurs là étonnamment l’un des premiers thème de notre livre. Je dis étonnamment car encore une fois, ce n’est pas ce à quoi je m’attendais vis à vis du titre. Pour pouvoir prévoir les actions de ses employés qu’elle ne peut contrôler qu’à distance et par courrier, la Compagnie utilise tout ce qui est à sa disposition pour les manipuler: conditionnement psychologique, suppression de le propriété, règlement stricte et inhumain… Tout est bon à prendre. Attention, il est à noter que contrairement à ce qu’on peut redouter dans ce genre de romans, il ne s’agit pas d’une tribune primaire, mais plutôt extrêmement bien construite.

Le récit de Ioànna Bourazopoùlou est d’une très grande qualité. L’auteur arrive à donner vie à cette Compagnie et à son management, à ces Soixante-Quinze que l’on ne connaît pas et qui semblent réussir à prévoir les moindres faits et gestes de leurs employés. C’est très difficile à expliquer, et il faut lire le roman pour bien comprendre ce principe de Compagnie omnisciente. On retrouve dans notre histoire assez peu de personnages, outre les six ou sept principaux, les autres n’interviennent qu’en temps qu’employé. Même nos « héros » ne sont pas réellement personnifiés à ce niveau, chacun portant un pseudonyme, mais étant principalement connus pour leur fonction au sein de la Colonie: Juge Bateau, Prêtre Monténégro, etc… Cela dit, chacun d’eux a une personnalité assez bien retranscrite, on ne les confond pas et les reconnaît aisément à leur façon d’écrire.

En effet, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est presque ce qu’on pourrait appeler un roman épistolaire, nous allons en effet vivre un temps dans la colonie à travers des lettres qu’ont écrites chacun des protagonistes suite à un évènement particulier. La narration est donc faite en général à la première personne, de manière assez descriptive. Les personnages couchent sur le papier leurs émotions, ce qui nous permet de plonger avec eux dans une sorte de folie paranoïaque. Vraiment très addictive, c’est cette folie et le mystère qui en découle qui va nous pousser à dévorer les pages du roman. Une fois l’amorce faite, on n’arrive d’ailleurs plus à s’en décrocher.

Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna BourazopoùlouAutour de cette dérive dans la folie de nos cinq personnages principaux, on retrouve Books. Personnage introverti, il semble s’être coupé du monde depuis que la Mer Méditerranée a englouti les six personnes qui lui étaient chères. C’est avec lui que nous découvrons les cinq lettres, que nous les lisons, et que nous tentons de comprendre afin d’en faire part aux Soixante-Quinze. C’est avec lui que nous aurons droit à un superbe final, sorte de génie à l’état pur. Une vraie merveille.

Au final, je dois dire que ce premier roman traduit de Ioànna Bourazopoùlou m’a réellement surpris. D’abord par le thème abordé, par la façon dont ce dernier est traité, loin des sentiers battus. Puis surtout par ses personnages travaillés, cette Compagnie tentaculaire que l’on découvre avec horreur et qui nous fait froid dans le dos. Non vraiment, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est une réelle surprise que je ne peux que conseiller.


Soleil Noir de Nicholas Goodrick-Clarke

Serafina dans Critiques, Livres le 14 septembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Soleil Noir est un essai de Nicholas Goodrick-Clarke, professeur anglais spécialisé dans l’ésotérisme, publié en 2002 et traduit par les éditions Camion Noir. Avec une roue solaire sur fond noir en couverture, les initiés auront vite compris qu’il s’agit d’un livre s’intéressent au nazisme, et plus exactement aux cultes plus ou moins occultes y ayant été associés, souvent à postériori. C’est un sujet qu’il faut évoquer avec attention, et il est évident qu’il s’agit là d’une étude purement universitaire. Il arrive parfois que ces lectures soient tristement rattrapées par la réalité, et ce fut mon cas puisque les récents attentats d’Oslo ont eu lieu à ce moment là.

Soleil Noir de Goodrick-Clarke Nicholas

Dans un premier temps l’étude s’intéresse aux mouvements néo-nazis de par le monde et leurs caractéristiques propres. En effet, bien que ces groupuscules extrémistes puissent avoir des contacts, ils sont très différents suivant que l’on soit aux États-Unis, en Angleterre ou dans les pays nordiques. On peut y découvrir un historique de ces mouvements, leurs leaders, leurs discours, les divers faits notables et souvent violents (attentats, manifestations) et comment les gouvernement locaux les ont ou non tolérés. Il s’agit tout de même de résumés assez rapides, un chapitre par région géographique, et du coup, il y a énormément d’informations à assimiler en peu de pages. A ce niveau, il y a des livres qui s’y intéressent plus en détails, et qui permettent de mieux cerner ces groupuscules.

Vient ensuite la partie qui nous intéresse plus: les mythes occultes associés au nazisme. Il s’agit à la fois des mythologies occultes qui étaient là avant la montée du nazisme des années 30, et qui ont été plus ou moins réutilisées par la suite, ainsi que les mythologies apparues après la fin de la deuxième guerre mondiale. Ces doctrines occultes développent pour la plupart le mythe de la « supériorité aryenne », en y mêlant du pangermanisme et de l’ésotérisme. Les doctrines post-guerre développent aussi des excuses ou des raisons à la défaite de l’Allemagne nazie, quand cette défaite n’est carrément pas niée.

Il faut savoir que ces doctrines sont assez nombreuses, souvent assez disparates et incohérentes. On croisera donc la « société de Thulé » dont étaient membres un certain nombre de dignitaires nazis, des relents d’odinisme, la religion cathare, etc… Nicholas Goodrick-Clarke s’intéresse notamment aux doctrines développées dans la fin du XIXème siècle. Bien que très intéressants, il manque je pense une remise en situation (par rapport à l’époque, au colonialisme, etc) pour bien comprendre certains points, et notamment la fascination envers l’Inde. La lecture n’est donc pas forcément aisée pour un néophyte. Les mouvements sont nombreux, les personnalités aussi et je pense qu’un arbre généalogique des doctrines n’aurait pas été un luxe.

Soleil Noir de Goodrick-Clarke NicholasPour ce qui est des doctrines post-guerre, on y découvre des personnes voyant Hitler comme un « avatar », représentation de « Dieu » sur terre dans la mythologie indienne, mais aussi des croyances sur des bases militaires nazies en Antarctiques ou encore des ovnis lancés par des nazis.

Certaines doctrines sont clairement ancrées dans leur décennie (comme celle des ovnis par exemple) et du coup un peu surannées mais tout en restant intéressant à lire. Les doctrines plus modernes montrent l’évolution de la pensée néo-nazie et ses divers liens avec des mouvements païens comme l’Asatru.

Soleil Noir peut donc être vu comme un document catalogue, qui va permettre de comprendre certains mouvements extrémistes, ainsi que remettre les pendules à l’heure sur certaines « théories du complot » utilisées dans les œuvres cinématographiques et littéraires. En effet de nombreux livres « sensationnels » sont parus sur l’occultisme nazi, et ces derniers sont plus ou moins démontés par l’auteur, notamment pour leur ignorance crasse et leurs allégations mensongères.

Au final, cet essai de Nicholas Goodrick-Clarke est un livre intéressant qui permet notamment de faire la lumière sur les on-dits et autres rumeurs entourant la relation qu’entretenait le nazisme avec l’ésotérisme. J’aurais tendance à le recommander pour votre culture générale, mais je ne sais pas si c’est le plus abordable des écrits de l’auteur pour commencer. Son premier essai, Les racines occultes du Nazisme pourrait être un meilleur point de départ, on en reparlera sans doute ici.


Arata, Tome 1, de Yuu Watase

illman dans Critiques, Livres, Manga le 13 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Arata de Yuu Watase est un manga publié par les éditions Kurokawa et traduit par Frédéric Malet. Sept tomes sont parus à ce jour en France pour une série qui se poursuit encore au Japon avec un douzième volume. L’auteur est surtout connue pour ses Shojos, tels Ayashi no Ceres ou encore Imadoki, mais il s’agit là d’un Shonen. Avant de donner mon avis, un petit détour par le synopsis pour se mettre en jambe.

Arata, tome 1, de Yuu Watase

Arata est le descendant d’un clan qui fournit au royaume des prétendantes au trône, qui doivent donc être de sexe féminin. Cette année c’est à ce clan de fournir une princesse et manque de bol, Arata est un mec. C’est déguisé en fille qu’il va quitter son village natale pour éviter que sa grand-mère ne soit coupable d’avoir falsifié son acte de naissance. Va s’ensuivre des galères pas possible pour lui avec changements d’univers à la clé.

J’avoue, le synopsis ne donne pas forcément envie, je dirais même que les deux premiers chapitres partent carrément mal. J’ai eu peur de me retrouver face à du cross-gender, un genre que j’abhorre particulièrement et qui n’a pas un grand intérêt à mes yeux. Heureusement pour moi ce n’était que passager et l’histoire remonte en intérêt lors de l’apparition d’un « second » Arata.

En parlant des personnages, ils sont tous dans le genre effacés et plutôt stupides. Je veux bien qu’on soit dans un Shonen, mais les deux Arata ne se ressemblent pas du tout alors il va falloir m’expliquer comment les autres personnages peuvent les confondre… Après je suis tombé sur des synopsis qui parlaient d’échanges d’esprit mais c’est hautement improbable vu la manière dont c’est décrit. Je dis ça parce que c’est un élément crucial de l’histoire et que ça tient par un bout de ficelle. Ça risque d’être compliqué à rattraper dans les tomes suivants…

J’ai trouvé la narration de ce premier tome d’Arata un poil fouillie, les transitions entre les deux monde se font un peu n’importe quand et de manière un peu trop abrupte à mon gout. Ça se lit mais l’ensemble, ça ne donne pas envie de s’accrocher pour suivre et pourtant il y en aurait besoin.

Arata, tome 1, de Yuu WatasePour le dessin, c’est du Yuu Watase et c’est dans la moyenne de ce qu’elle produit d’habitude. J’aime bien le trait des personnages, plutôt soigné, avec des costumes à la hauteur. Par contre les arrière-plan sont d’un vide désespérant. La couverture est plutôt sobre et jolie, sans casser des briques.

Bref vous l’aurez compris, je déconseille vivement cette nouvelle série de Yuu Watase, à la narration et intérêt beaucoup trop chaotiques et inégaux. Les habitués du genre seront déçus, et si vous voulez commencer un Shonen, oubliez Arata, il y a à mon avis des dizaines de meilleurs choix, Fairy Tail au hasard. J’espère juste que c’est une erreur de casting et pas une tentative de capitalisation sur le nom de l’auteur, plutôt réputée.


C’est Lundi, que lisez vous ? #17

Serafina dans Actualités, Livres le 12 septembre 2011, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Le Secret des Masques, Coeur de Jade Tome 1, de Kristoff VallaJ’ai continué ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade, Le Secret des Masques de Kristoff Valla. J’en ai lu près de 100 pages et je dois avouer que je suis de plus en plus perplexe. Le titre semble avoir les mêmes défauts que le premier tome d’Ellana de Pierre Bottero et j’avoue que cela me fait peur. Je n’arrive pas à être happé par ce monde où le vocabulaire et très dense et l’action tout autant. A voir.

A côté de ça, j’ai lu les deux premiers tomes de Zombillénium d’Arthur de Pins. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une série de BD nous racontant les tribulations des employés vampires, zombies ou démons de Zombillénium, un parc d’attractions horrifique. C’est joli et surtout très drôle.

Enfin, j’ai continué l’essai Du paganisme à Nietzsche de Nicolas Walzer. J’ai enfin fini la sorte d’état de l’art, et vais pouvoir entrer dans le sujet. J’avoue avoir du mal avec le caractère universitaire du bouquin, avec une introduction qui est très dure à comprendre pour les profanes.

illman

La semaine dernière, j’ai lu Le destin des orphelins de Robert Buettner chez les éditions Eclipse, qui est la suite de Les Orphelins précédemment chroniqué ici. J’accroche totalement au style de l’auteur, ça se lit facilement et c’est excellent. J’ai aussi commencé Le Huitième Sortilège de Terry Pratchett sur la plage, je n’avais pas trop accroché au précédent mais je trouve celui-ci bien meilleur.

Serafina

Mordre le Bouclier de Justine NiogretJ’ai lu la semaine dernière Mordre le Bouclier de Justine Niogret. Le fait que je l’ai terminé en moins de cinq jours vous donne une idée d’à quel point j’ai apprécié la suite de son premier roman, Chien du Heaume. Il est différent de ce dernier, moins classique et plus introspectif, mais toujours aussi bien écrit.

J’ai donc commencé le sixième tome de Merry Gentry de Laurell K. Hamilton, dont j’ai lu une centaine de pages. Je suis assez contente car pour une fois l’histoire avance et il n’y a pas de scènes de cul. La série reprendrait-elle du poil de la bête ? Je l’espère.

J’ai aussi commencé Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent, un essai sur la célèbre comtesse publié aux éditions Camion Noir. L’essai se veut réaliste et évite de verser dans les raccourcis faciles. Pour le moment, j’en suis à la moitié, et j’aime beaucoup, mais je trouve que la première partie sur le sexisme à travers les ages a pris quand même beaucoup de place pour un sujet qui ne touche pas directement à la comtesse, bien que très intéressant.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Soeur Onden est le quatrième et avant dernier tome de La Fraternité du Panca, une série de Pierre Bordage qui oscille entre Space Opera et Fantasy. Nous suivons cette série en cours d’écriture par l’auteur français depuis 2008, et il faut dire qu’elle fait parti de nos préférées du moment. Frère Ewen nous avait directement conquis, Soeur Ynolde enchanté et Frère Kalkin confirmait qu’on était là face à une très bonne saga. La qualité est-elle toujours au rendez vous ? Se lasse-t’on de voyager dans la galaxie qui abritent les frères du Panca ? Synopsis. Sans aucun spoil, bien entendu.

Soeur Onden, La Fraternité du Panca Tome 4, de Pierre Bordage

Bent est un jeune garçon qui vit sur la planète Iox dans le système de Xantor. Comme tous les enfants de son âge, il est en pleine période de la Lust, trois années pendant lesquels la religion de sa planète l’autorisent à aller comme il veut, expérimenter et tester ses propres limites. Mais Bent ne partage pas réellement les mêmes préoccupations que les autres enfants de son âge, principalement s’accoupler dans la rue, notamment depuis qu’il a bravé l’interdit de sa religion: entrer dans le sanctuaire de Dilah et goûter au vertige du voyage dans le temps. Mais son activité n’est pas sans risque, à tout moment il risque de devenir un Spectrempre et d’errer continuellement dans l’espace temps, quand ce n’est pas simplement le risque d’être dévoré par les Orver.

Je dois avouer que dès que j’ai ouvert Soeur Onden, qui arbore sans doute la plus belle couverture de la série, j’ai tout de suite eu cette sensation agréable que l’on ressent lorsqu’on rentre enfin après un voyage trop long. Vous savez, cette impression de revenir enfin chez soi, et de s’apprêter à passer un très agréable moment, de lecture pour le coup. Pierre Bordage ne change pas ses habitudes, et ce quatrième tome s’axe sur la même structure: plusieurs « nouveaux » personnages que nous suivons par chapitres interposés, un destin qui leur est commun et de petits articles encyclopédiques en guise d’introduction à chaque changement de protagoniste. Une habitude qui nous donne un peu plus l’impression d’habiter les lieux, de faire partie de ce grand ensemble qu’est la galaxie des frères du Panca.

Les points forts de précédents tomes sont toujours là. Un univers faste, que l’on souhaite toujours découvrir un peu plus, surtout grâce à un style clair et agréable à lire, qui nous intéresse à ce que nous traversons. Comme d’habitude, le niveau est là du début à la fin, et on passe un agréable moment rien que pour ces éléments là. On va à nouveau découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux cultes, et de nouvelles populations. On pourrait s’en lasser au bout de quatre tomes, mais non, de ce côté là, il faut bien avouer que cela prend toujours. Et puis, ces articles encyclopédiques sont toujours aussi agréables.

La trame du scénario arrivant bientôt à son terme, le prochain tome étant le dernier, on en apprend aussi un peu plus sur ce qui motive le tout. La Fraternité du Panca était jusqu’alors restée bien discrète, et en découvrir un peu plus est une réelle jouissance. Le mystère, cultivé désormais depuis quatre tomes, reste presque entier, mais tout de même, on en a tout de même découvert quelques miettes. Cela peut sembler banal, et il faut avouer que ce n’est compréhensible que lorsqu’on est dedans, que l’on a goûté à cette série.

Soeur Onden, La Fraternité du Panca Tome 4, de Pierre BordageLe seul reproche que je pourrais faire à Soeur Onden, c’est que ce quatrième tome se contente d’être « juste » excellent. Mais voilà, les précédents l’étaient aussi, et ça fini par provoquer une sorte d’habitude au bout de quatre tomes. Les passages très deus ex machina sont toujours aussi forts, puissants et provoquent toujours autant l’admiration du lecteur, cette sensation que la vie est dotée d’un but, que les choses ne sont pas là que par le hasard, que le monde est Beau. Mais voilà, j’espère tout de même qu’il y en aura un peu plus pour le dénouement final, car j’ai peur d’éprouver une petite déception.

Mais cette dernière note ne change rien à mon avis: Soeur Onden est un excellent roman, bien au dessus de la mêlée. Après quatre tomes, La Fraternité du Panca est pour moi toujours une réussite, une série à la croisée de la Fantasy et du Space Opera qu’il vous faut lire. Pierre Bordage signe ici vraiment une grande saga, et je ne peux que vous inciter, voire exhorter, de la lire. Non, vraiment.


Metal Adventures – Le Manuel des Joueurs est le livre de base nécessaire pour pouvoir se plonger dans une partie du jeu de rôles des éditions du Matagot, Metal Adventures. J’initie donc aujourd’hui une chronique d’un nouveau genre sur ifisDead. Ici point question de synopsis, c’est votre maître de jeu qui inventera l’histoire qu’il fera jouer à ses joueurs. Les non-initiés trouveront peut être l’idée saugrenue, voire même traitera les dits joueurs de grands enfants, ou pire, j’en ai déjà entendu, des saletés. Je vais commencer par un petit tour d’horizon de ce que vous trouverez dans ce premier bouquin de l’univers, écrit par Arnaud Cuidet.

Metal Adventures

Notre manuel se divise en plusieurs sous-parties, je les identifierai de la manière suivantes : l’univers, ou background, les règles et enfin le matos. Ces parties ne sont pas linéaires et sont regroupés en différents items dans le sommaire. Si les textes sont d’Arnaud Cuidet, l’ensemble est parsemé d’illustrations de différents collaborateurs, la plupart d’une très bonne qualité, ce qui rend l’ouvrage agréable à la lecture.

L’univers de Metal Adventures qui nous est dépeint dans sa présentation est, je cite, de « Science-Fiction baroque et décadent ». J’avoue avoir un peu eu peur avec cette accroche, rappelant un peu trop à mon goût  l’univers de Warhammer 40k. Heureusement le spectre de Dark Heresy et consorts s’est envolé par la suite. Les humains ont colonisé la galaxie, des empires se sont levés et effondrés, entraînant avec eux les technologies les plus avancées. 30000 ans se sont écoulés depuis le début d’un nouvel âge stellaire qui aura vu naître de nouveaux organismes politiques. Ces nations stellaires se disputent l’univers en quelque sorte, avec des zones franches, les Barrens. Des espaces sans foi ni loi pour la plupart qui sont un parfait vivier pour les pirates pleins de panache que vous incarnerez. Les nations stellaires ont droit à une double page avec la description de leurs principales planètes. L’univers est plutôt riche.

Metal Adventures - Le Manuel des Joueurs

Après cette présentation assez globale de l’univers suit un passage traitant plus particulièrement des pirates. Leur origine, les principales confréries, la planète Havana et le fameux code des pirates sont ici abordés.  La mise en page change donnant aux pages l’apparence de parchemin, parfaitement dans le ton.

Les règles sont trop touffus pour être décrites ici mais le principe de base est assez simple. Déjà, pas besoin de dés à 40 faces, des dés 6 suffisent. Sur les tests, on lance un nombre de dés égal à la valeur de sa caractéristique et des compétences associées au test, on applique les modificateurs adéquats et on lance le tout. Une réussite correspond à un 4 ou plus et le joueur doit avoir autant de réussite que le degré de difficulté le requiert. Plutôt simple donc pour les habitués, après, quelques règles supplémentaires enrichissent  (et compliquent) la chose. Le Metal Faktor en est une, c’est une sorte de réserves de 50 dés que les joueurs peuvent utiliser lors d’une action, violente, dangereuse, audacieuse. Lorsque les joueurs les utilisent, ils vont dans une seconde réserve que le MJ peut retourner contre eux. Si on omet le casse tête logistique d’avoir 50 dés pour les joueurs novices, je trouve le principe excellent, ce dernier pouvant rajouter un paquet de tensions pendant les passages d’actions.

Vient ensuite la partie concernant les personnages. Vous pourrez créer vos personnages, mutants ou non, suivant l’un des six archétypes proposés. Les mécanismes proposés ne laissent pas la place au hasard et sont beaucoup moins fastidieux que dans la plupart des autres jeux du commerce, un excellent point.

Metal Adventures - Le manuel des joueurs

Une fois tout ces parties passés, on se retrouve nez à nez avec les vaisseaux, leurs règles pour les combats spatiaux et les règles de combat au sol pour vos joueurs. Là un tableau synthétique des actions possibles aurait été bienvenue mais bon, on s’en tire quand même.

La suite regroupe tout l’équipement que vous pourrez rencontrer de bases, allant des marchandises aux armes, en passant par les véhicules et les vaisseaux spatiaux. Le tout est illustré pour permettre de se faire une meilleure idée du matos. C’est assez exhaustif pour se lancer à l’aventure, mais vous n’êtes limité que par votre imagination après tout.

Chaque début de chapitre est illustré par une vignette dépeignant le capitaine pirate le plus connue de l’univers, Stella Bell. L’illustration est accompagné d’un petit texte qui nous racontera une histoire qui colle la plupart du temps avec le contenu du chapitre à venir. Initiative sympathique. Les autres dessins qui parcourent le manuel sont pour la plupart superbes et contribuent à l’univers et son identité visuelle.

Metal Adventures - Le Manuel des Joueurs

Ce manuel à destination des joueurs est bien complet. Pour un MJ aguerri, il me parait bien suffisant pour se lancer. Au niveau de la gamme on retrouve le manuel du meneur, contenant bestiaire, règles et le premier scénario d’une campagne intitulée El Barco del Sol, le traditionnel écran de jeu est de la partie, les différents suppléments apportent leur lot de nouvelles règles et la suite de la campagne. La parution de ces suppléments est jusqu’alors assez régulière, ce qui démontre un suivi assez soutenu de la part des éditions du Matagot et de son auteur, une très bonne nouvelle pour les joueurs.

Nous reparlerons de Metal Adventures très bientôt, mai j’avoue éprouver une certaine impatience à plonger mes joueurs dans le rôle de flibustiers de l’espace. L’équipe ifisDead se donne rendez vous sur le pont, Paré à l’abordage !!


C’est Lundi, que lisez vous ? #16

Serafina dans Actualités, Livres le 5 septembre 2011, avec 2 commentaires
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Ça y est, j’ai enfin terminé ma lecture de Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou. Je dois avouer que jusqu’à la dernière minute, je me demandais vraiment comment tout cela pouvait se terminer. J’avais peu que cela retombe tel un soufflet, et heureusement, on en est loin. Une fin très appréciable après cette longue descente en enfer.

Dragon de Glace de George R.R. MartinVu que j’avais une petite heure à tuer dans le train, j’ai décidé de lire Dragon de Glace de George R.R. Martin, récemment édité par les éditions ActuSF. J’avais apprécié ma lecture de Le Volcryn et notamment la qualité que nous offraient les éditions, avec une mise en page travaillée et une superbe couverture. Je dois avouer par contre avoir été surpris lorsque je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles, et non d’un roman. Mais vous vous en doutez, Martin ne fait pas partie de mes auteurs préférés pour rien. J’y reviendrai dans ma chronique.

Enfin, j’ai commencé Le Secret des Masques de Kristoff Valla. Il s’agit du premier tome de sa trilogie Coeur de Jade aux éditions du Matagot, une série de romans se déroulant dans un monde asiatique imaginaire, à destination de la jeunesse. Son style est vraiment très agréable à lire, rapide et direct. Il présente quelques défauts que l’on retrouve dans la littérature jeunesse, mais sans être dérangeant pour autant. A voir avec la suite.

Serafina

Le Lamento des Ombres des enfants de WalpurgisPuisque la dernière adaptation de Conan ne passe de toute manière plus en salle, j’ai fait une pause dans la lecture de mon intégrale des nouvelles de Howard pour lire Le Lamento des Ombres, recueil de nouvelles Fantastique aux éditions du Chat Noir par le collectif des Enfants de Walpurgis. Vous vous souvenez peut être de ce collectif qui était derrière l’excellent recueil Sorcières et Sortilèges. Encore une fois, les huit nouvelles sont excellentes et toutes très variées avec de vrais et gros coups de cœur. J’ai hâte de vous en parler plus en détail mais je peux déjà vous conseiller d’y aller les yeux fermés.

J’ai aussi lu Ian Curtis & Joy Division : l’histoire d’une vie, la biographie du chanteur de Joy Division écrite par celle qui fut la femme de son leader, Deborah Curtis. La biographie est passionnante et le destin torturé de Curtis l’est tout autant. Une très bonne surprise donc pour cette biographie éditée par Camion Blanc et dont je n’attendais rien de spécial.

Cette semaine je commence un roman des éditions Mnémos, Mordre le Bouclier de Justine Niogret. Suite de Chien du Heaume que j’avais adoré et qui a remporté quelques prix depuis.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Rose-Aimée est une série de romans Jeunesse en deux tome de Béatrice Bottet sortie aux éditions du Matagot. Le roman de 500 pages est servi par une fort jolie couverture de Rolland Barthélémy. Je ne connaissais jusqu’à présent ni l’auteur ni la maison d’édition donc je partais sans aprioris. Synopsis ?

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice Bottet

San Francisco, 1851 en pleine ruée vers l’or, Martial, marin français, rencontre un bien étrange vieil homme qui lui confie une mission. Retrouver sa nièce, chanteuse dans un cabaret, et surtout son manuscrit.  Martial retourne donc en France et se rend à Paris, où il découvre le cabaret des 3 Anges Blancs et Fifi la chanteuse. Sauf que la belle n’est pas facile à approcher et on dit qu’elle porte malheur.

Tout d’abord, chapeau aux éditions du Matagot, car ils ont fait un très beau boulot sur ce roman : couverture en relief, entêtes de chapitres ornées et même dessins et croquis dans les annexes. Les pages sont épaisses et l’écriture assez grosse. C’est un très bel objet et vraiment agréable à lire.

Comme je disais, je partais sans aprioris, mais il faut bien dire que la deuxième partie du XIXème siècle fait clairement partie de mes périodes historiques préférées. Dans ce premier tome la plus grosse partie de l’action se passe à Paris, celui qui n’est pas encore Haussmanisé, assez sombre et fort pittoresque. J’ai trouvé que Béatrice Bottet réussissait particulièrement bien à retranscrire les ambiances. On entre très vite dans le roman et tout est très visuel.

J’ai aussi beaucoup aimé le solide socle historique du roman. En effet, on sent que l’auteur est calée dans le domaine et les annexes du livre apportant des précisions sur certains points historiques le montrent bien. Du coup c’est vraiment plaisant à lire et très réaliste. Le style est fluide et se lit bien.

Les relations entre les personnages, et comme vous vous en doutez, l’amour naissant entre Martial et Fifi sont brossées avec finesse et beaucoup de réalisme. Même si certains retournements sont « entendus », dans l’ensemble les personnages sont psychologiquement crédibles et il est assez facile de s’identifier à eux. C’est clairement une des grosses forces du livre, les héros sont des gens comme tout le monde avec leurs défauts et leurs qualités. On s’attache à eux, et on a du mal à les laisser à la fin de ce 1er tome.

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice BottetL’intrigue met cependant un peu de temps à réellement démarrer, et certains événements étaient prévisible 150 pages avant qu’ils n’arrivent pour de vrai. L’auteur laisse des indices parfois un peu trop gros et c’est rageant de voir les personnages s’engager sur une mauvaise voie alors qu’on sait pertinemment que cela n’aboutira pas. Ceci dit, c’est un défaut fréquent dans les romans Jeunesse, je ne lui en tiendrais donc pas trop compte. A noter que malgré le titre, le Fantastique est assez peu présent, c’est par petites touches et très bien intégré, c’est donc lisible par tous, même si ce n’est pas votre genre de prédilection.

Au final j’ai vraiment été très agréablement surprise par cette lecture de La belle qui porte malheur. Je m’attendais à un bon bouquin, mais pas à ce point. Je ne saurais que vous le recommander. La deuxième partie de Rose-Aimée, Le Marin perdu dans la brume, est déjà sortie et je vais sans nul doute bientôt la lire.