L’Homme-Rune est le premier tome d’une série écrite par Peter V. Brett, elle s’appelle Le Cycle des Démons,et le deuxième tome serait prévu pour Avril 2010 en version originale. Là bas, il s’appelle Painted Man et est sorti en 2008, il s’agit donc tout comme Le Nom du Vent d’une publication rapide d’un cycle encore en cours d’écriture. Il vient tout juste de paraître en français aux éditions Milady, dans sa jolie couverture très connotée action, et notre contact nous a indiqué qu’il s’agissait du coup de cœur Milady de l’année. Fiou, du coup, ça fait peser une sacrée attente sur le livre tout cela. Le coup de coeur de la maison d’édition sera-t-il un de nos coups de cœurs ? La réponse après le synopsis.
- Année:2008
- Auteur:Brett Peter V.
- Editeur:Milady
- Genre:Fantasy
- Illustrateur:Coimbra Miguel
- Série:Le Cycle des Démons
- Titre:L'Homme-Rune
- Titre V.O.:Painted Man
- Tome:1
- Traducteur:Queyssi Laurent
- image_couverture:http://milady-le-blog.fantasyblog.fr/gallery/208/0910-homme-rune.jpg

Chaque nuit, les démons sortent du Cœur pour attaquer les humains, puis les dépecer et les manger. Ces derniers ont trop négligé ce danger qui avait pendant longtemps disparu, et ils ont ainsi perdu le savoir permettant de les combattre. Faute de ce savoir, ils se retranchent donc derrière la protection de Runes, dans leurs maisons, dans la peur. Arlen a été élevé comme cela, mais il n’est pas de ceux qui peuvent supporter de vivre planqués. Encore plus, quand une tragédie le met face à la lâcheté de ses pairs, il décide que ce n’est pas la vie qu’il veut. La nuit ne lui fera pas peur, car il trouvera le moyen de se battre.
Dit comme cela, on sent un peu le chemin convenu. On se dit qu’Arlen, il a un pouvoir caché, que c’est l’élu, le Libérateur et qu’il va sauver l’humanité, que c’est sa destinée, tout ça. Youpi encore un de ses romans de Fantasy grandiloquents sans originalité. Ou pas.
Je le dis souvent, il est difficile de faire une critique d’un roman qu’on a aimé, alors qu’en descendre un c’est quand même bien aisé. Au vu de la difficulté que j’éprouve à commencer cette critique, je pense que vous avez déjà une idée de la conclusion. En fait, non, ça ne sera pas une conclusion, et on ne va pas tourner autour du pot. L’Homme-Rune c’est bien. C’est même plus que bien. C’est un de ces bouquins à vous réconcilier avec la Fantasy. Quand vous avez lu tellement de mauvais titres que l’idée de se taper la quête initiatique d’un héros vous file des boutons, il suffit parfois de trouver le bon. On peut par exemple citer Le Nom du Vent, mais il est clair que l’Homme-Rune fait tout autant partie de ces bons livres. Si il y a les bases communes à de très nombreux bouquins, le traitement du récit ici est très personnel. La citation au dos du bouquin, de Charlaine Harris, est « un roman d’aventure sur la nature de l’héroïsme« , et c’est tellement vrai.
Ici, exit les destinées, les prophéties et les élus. L’auteur se centre surtout sur la peur. La peur qui paralyse les gens, celle qui les fait se terrer derrière leurs runes, et les manières qu’on peut trouver pour lutter contre cette peur et devenir un héros, même si ce terme n’est pas exactement ce que je veux dire. Les personnages sont proches de nous, ils ont la trouille comme on l’aurait. Ils ont des préoccupations comme les nôtres, et se raccrochent à ce qu’ils peuvent. Et puis dans cette masse qui pisse dans son froc, il y en a toujours une poignée qui va prendre le problème dans l’autre sens. Des personnes qui auront vécu plus profondément que les autres certains événements, et qui de manière logique vont refuser la peur.
Et c’est génial. Parce que dans le fond, on dit tous que si quelqu’un menaçait nos proches, on se battrait pour le défendre. Oui on le dit. Mais le ferait-on ? On est lâches, tous autant que nous sommes. On aimerait être ces combattants. On aimerait se dire que nous aussi. Et c’est la force du livre. Les mécanismes de l’héroïsme y sont très bien décrits, il n’y a pas de jugement. C’est nuancé, tout le monde n’est ni tout blanc ni tout noir. Même ceux qui vont se dresser n’ont pas que des qualités, loin de là.

La couverture allemande de l'Homme Rune, qui a déferlé plus ou moins sur le monde entier en moins d'un an...
Nous suivons en effet plusieurs personnages, tous très différents, mais qui ont pour point commun d’être des survivants. Ces personnages partent d’endroits et de situations différentes. Les histoires sont assez indépendantes, mais toutes représentent une certaine forme de revanche sur la vie, à des niveau très éloignés. Ces trois points de vues permettent évidemment à l’auteur de développer son univers de manière assez immersive. On est tour à tour plongé dans la grande ville ou dans le petit hameau. Il n’y a pas de complaisance avec les personnages, exit les stéréotypes, et l’histoire nous prend souvent à contre-pied.
L’auteur surfe sur des principes relativement communs, mais reussit à se les réapproprier. Que cela soit dans le traitement ou dans la mise en scene, l’oeuvre est personnelle et originale. Le monde est immersif, et le pouvoir des runes très intriguant. Je n’aurais pas de réel reproche à faire au livre, hormis le fait que le tome 2 ne soit toujours pas sorti. Le coup de Coeur de Milady releve le défi et s’avère être un très bon livre de Fantasy. A conseiller à tous, des blasés de la Fantasy aux jeunes novices découvrant à peine L’Assassin Royal. Le roman devrait tous les mettre d’accord.










C’est ainsi que ces articles encyclopédiques nous font parfois entrevoir la problématique du prochain chapitre. Souvent, ils nous aiguillent en bien, mais parfois ils nous trompent tout autant. On s’attendra ainsi à la réussite du héros face à un danger, alors qu’il y laissera des plumes, etc. La narration est organisée au tour à tour, c’est-à-dire que chaque chapitre s’articule autour d’un héros, et qu’on en change en changeant de chapitre. 




L’intrigue, comme pour les deux précédents tomes mérite son qualificatif de légère. Traitée en dépit du bon sens, évidemment Sookie est toujours au bon endroit au bon moment, évidemment elle tombe tout de suite sur pile la bonne personne qui peut l’aider, bref, en plus d’être prévisible, ça ne va pas chercher bien loin. La plupart des défauts qu’on pouvait reprocher aux autres tomes sont encore bien présents. En effet, niveau personnages secondaires c’est un peu le vide intersidéral.
Bref, on est loin de la palette de personnages d’
La première chose qu’on remarque, c’est le trait. 





