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Read-A-Thon d’Avril 2011, le bilan

Serafina dans Actualités, Livres le 9 avril 2011, avec 5 commentaires
Actualités

Nous l’avions fait en Novembre dernier, nous avons réitéré. De quoi est ce que je parle ? Du Read-A-Thon, une initiative tenant à lire d’affilée pendant 12 à 24h. Nous avions initialement prévu de participer au 24h, mais les microbes ont eu raison de nous et c’est comme la fois précédente, un Read-A-Thon de 12h de 10h à 22h que nous avons participé. Etait-ce aisé ? Qu’avons nous lu ?

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Aisé, oui , et non. Comme je l’ai dit, nous étions un peu malades, donc, de toute manière , lire est ce que nous aurions fait de toute manière. Cependant, comme dabYo qui n’a pas pour habitude  de lire rapidement à été encore plus « lent ». Comme la dernière fois, c’est deux livres qui sont passés entre ses mains.

Il a tout d’abord terminé Jack Barron et l’éternité de Norman Spinrad, dont il lui restait 350 pages. Une critique de société qui bien que publiée dans les années 70 n’a pas pris une ride, plongée dans le monde sans pitié des médias en pespective. Le roman semble lui avoir beaucoup plu, je pense donc que vous en entendrez parler très prochainement. Il a ensuite lu Le Volcryn de George R. R. Martin, un petit livre de 150 pages, qui lui aussi fut une très bonne lecture. En même temps, vu l’auteur cela ne m’étonne pas. Et pourtant ce n’est pas forcément ce à quoi il s’attendait, car nous sommes là en présence d’un croisement entre du Asimov et du King !

Enfin, pour la dernière heure, il a lu 2 nouvelles soit 40 pages de l‘anthologie Fiction tome  12 des Moutons Electriques. Dans l’ensemble , c’est 540 pages qui ont été lues, mais surtout ce ne furent que des bonnes lectures. il faut croire que pour dabYo les Read-A-Thon ce n’est que du bon !

Pour ma part, cela fut presque une orgie, car j’ai lu 1015 pages, réunies en 3 livres et demi, puis une nouvelle. Le premier livre fut Malediction du Sang de Celia Rees, un roman jeunesse mais très bien écrit et surtout qui traite du vampire de manière respectueuse. Une bonne surprise. J’ai ensuite enchainé avec une valeur sure : la novella Alpha et Omega : Les Origines de Patricia Briggs, dont j’avais adoré les Mercy Thompson, et je ne fut pas déçue. J’ai même regretté de ne pas avoir acheté la suite.

Ensuite, le plus gros des livres, et prévu de longue date ne fut autre que De Fièvre et de Sang de Sire Cédric, un thriller bourré de reférences au monde de la nuit qui, sans surprise, fut une excellente lecture, et mon vrai coup de coeur de cette session.

Enfin, ayant été séduite par Alpha et Omega j’ai décidé de rattraper mon retard dans sa série phare Mercy Thompson, avec le tome 4. Le problème c’est que l’histoire ne commence que vers la page 150 et que je n’ai eu le temps d’en lire que 178, du coup, ce fut assez long et ennuyeux, voir déprimant. Enfin dabYo m’a fait lire une des nouvelles de Fiction tome 12, mais je l’ai detestée, l’ayant trouvée trop cruelle et méchante.

Au final, ce fut encore une très bonne édition du RAT. Lire des romans d’une traite est toujours une expérience intéressante, surtout quand il s’agit de romans comme ceux de Sire Cedric, de vrais thrillers haletants qui prennent toute leur dimension en les lisant d’un traite.

Et vous, avez vous participé ?


L’Épreuve de l’Ange de Anne Rice

Serafina dans Critiques, Livres le 6 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

L’Épreuve de l’Ange est le second tome de la série des anges d’Anne Rice. Série qui ne comporte que 2 tomes à l’heure actuelle. Ce deuxième tome est sorti en 2010 aux États-Unis et vient d’être traduit par Pascal Loubet pour les éditions Michel Lafon. J’avais lu le premier tome l’année dernière plus ou moins à la même époque, que j’avais assez apprécié, je n’ai donc pas tardé à entamer le deuxième. Synopsis ?

L'épreuve de l'Ange de Anne Rice

Toby O’Dare est un ancien tueur à gage. Repenti, il travaille désormais avec Malchiah, un séraphin, et tâche d’exaucer les prières des âmes tourmentées dans ce qu’ils appellent « L’Heure de l’Ange », une Heure qui permet de voyager entre les époques, et qui l’amènera notamment à Rome en pleine renaissance.

Tout comme pour le premier tome, il faut saluer le travail des éditions Michel Lafon, qui proposent encore une fois un très beau livre, très agréable à lire, avec des petites ailes d’anges en début de chapitre, bref, un beau travail d’édition. C’est un livre qu’on prend plaisir à lire, enfin, presque. Le style et la narration restent les mêmes que dans L’heure de l’Ange : Première personne, pas mal de descriptions, un style toujours très bon.

A la lecture du synopsis, il paraît évident que la religion occupe une place centrale. C’était déjà le cas dans le premier tome, sauf que ce dernier était assez soft et n’apparaissait pas comme une propagande éhontée pour la religion. Le problème c’est que L’Épreuve de l’Ange est beaucoup plus proche de la propagande. Dieu et la religion chrétienne y sont beaucoup trop présents à mon gout. Je ne suis pas spécialement anti-religion et avoir des héros croyants ne me gêne pas, sauf quand leur foi devient le point central du livre. Car ici, c’est le cas. Dans le premier tome, la mission de Toby dans l’Heure de l’Ange occupait une part importante du roman et était plus construite comme une aventure. Là, non.

Of Love And Evil from Anne Rice

La couverture de la V.O. est beaucoup plus conotée religion

D’un bout à l’autre on suit la rédemption de Toby, sa foi, il nous rabâche l’omniprésence de Dieu, sa bonté, son amour. Et quand évidemment le roman se transforme en propagande contre les relations sexuelles hors mariages (qui viendraient « souiller » la fille qu’il aime) et en apologie de l’Église en tant qu’organisation, j’avoue que j’ai eu énormément de mal à continuer.

L’Épreuve de l’Ange n’est que cela, acclamation de Dieu, enfilage de bons préceptes conformes à la foi catholique. Alors oui il y a une petite aventure, de 60 pages sur 200, qui se passe dans la Rome de la renaissance et qui s’intéresse aux injustices faites aux juifs. Mais elle aussi tourne pas mal autour de la religion, et les mystères sont assez évidents et résolus en deux ou trois pages, ne restant plus qu’une excuse pour que Toby nous exprime son amour de Dieu. Il faut cependant dire que Anne Rice s’est pas mal renseignée sur l’époque et nous présente l’état des juifs dans la Rome de la renaissance, état que je ne connaissais pas réellement, et qui est donc assez intéressant.

Le livre est effectivement très court : 200 pages, écrit gros, il se lit très vite, mais ce peu de page est suffisant pour m’avoir agacé à de nombreuses reprises par son prosélytisme. A coté de cela, on retrouve Toby, qui est toujours fasciné par la beauté, comme a pu l’être un Lestat, mais Toby est très passif. Il est baladé d’un endroit à l’autre, au bon vouloir des anges, sans vraiment se remettre en question. Les personnages secondaires sont réduits à de simples noms, car il n’y a pas réellement assez de pages pour les développer.

L'épreuve de l'Ange de Anne RiceEn deux cents pages, notre histoire n’avance quasiment pas par rapport au premier tome qui laissait espérer d’en apprendre plus sur les anges et leurs interactions. Le livre nous laisse sur notre faim, et tous les espoirs que j’avais eu en lisant le premier tome ont été anéantis.

Au final, L’Épreuve de l’Ange me laisse une très mauvaise impression, et si sa suite parait un jour je ne pense pas que je le lirais. Enfin, il faut dire que la suite est fort compromise, vu que Anne Rice a déclaré partir de l’église catholique en 2010… Je la vois donc difficilement écrire une suite qui parle autant en bien de l’Église… Mais en tout cas, je ne vous recommande absolument pas ce livre. L’histoire est laissée bien trop de côté.


Mercy Thompson, c’est une série de Bit-Lit écrite par Patricia Briggs et que nous avons beaucoup appréciée ici, vous pouvez notamment retrouver les chroniques du premier et deuxième tome par dabYo. J’avais lu les premiers en VO avant que Milady ne les édite en France. Et fort du succès de la saga, Milady Graphics nous propose le comic tiré de la série. Il s’agit d’une histoire inédite se déroulant avant même le début de la saga des bouquins. Ce comic est paru en 2009 en VO et vient d’être édité chez nous, avec une traduction de Philippe Touboul il se compose de 126 pages couleurs. Synopsis ?

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Mercy vient d’arriver dans les Tri-cities à la recherche d’un travail d’enseignante. Malheureusement elle ne décroche pas le poste convoité, et se retrouve attaquée par des loups garous, qui endommagent gravement sa voiture, une Wolswagen. Elle se rend donc dans un garage spécialisé, tenu pour le moment par Tad, gamin de 9 ans, dont le père semble avoir quelques problèmes.

Évidemment, l’identité du garage est bien connue pour ceux qui ont lu la série. Je ne suis d’ailleurs pas certaine que le comic soit forcément intéressant pour ceux qui n’en connaissent pas l’univers. En effet, de nombreuses notions (celle de meute, de mâle alpha, etc) sont balancées sans trop d’explications.  C’est une petite histoire qui répond à pas mal d’interrogations des fans, comment Mercy a rencontré Zee, Adam et les autres, etc.

Le comic se découpe en 4 chapitres et malheureusement, le dessinateur change en plein milieu: Tsai laissant place à Woo. Je déteste vraiment les changements d’illustrateurs en plein milieu, ce qui est malheureusement fréquent dans les comics. Le trait de Tsai est de toute beauté, très net, aux perspectives superbes, avec de beaux effets de texture, son dessin est assez irréprochable. Alors certes, ses personnages féminins sont bien en chair, classique du comic, mais il y a une aisance et une fluidité.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Aisance et fluidité qui, malheureusement, ne sont pas réellement présents dans les chapitres de Woo. Bien qu’elle ait taché de conserver l’ambiance et le style du début, il y a une énorme marche de différence entre les deux, ses perspectives sont d’une manière générale foirées, les mains ne sont pas son fort, et sa colorisation est extrêmement brouillonne. Dommage du coup, car le comic devient du coup fort inégal.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia WooAu niveau de la narration, on note quelques ellipses pas évidentes, notamment celle du début de chapitre deux, et une narration assez brouillonne dans les deux derniers chapitres. Un chaos sans doute dû à la coloration chaotique de Woo, ainsi qu’à une ou deux « blagues » que je n’ai pas comprises, faute de culture ou de traduction, que sais-je. Ceci dit, dans l’ensemble cela se lit bien. Évidemment, faire face à une adaptation d’un roman qu’on a lu n’est pas chose aisée, mais ici , le design de Mercy par exemple, reprend directement  celui des couvertures des romans. Dans l’ensemble tout est assez bien respecté, sans doute grâce à l’implication de Patricia Briggs dans ce comic.

Au final, Retour Aux Sources est un prélude qui m’a surtout donné envie de continuer la saga des Mercy Thompson, car j’en ai deux en retard. D’une manière générale, le dessin de Tsai et Woo est bon, l’histoire de Daniel Lawrence aussi, et je pense que si vous aimez bien la saga vous pouvez acheter ce comic sans crainte.


No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

illman dans Comic, Critiques, Livres le 25 mars 2011, avec aucun commentaire
Critiques

No Hero est un graphic novel avec Warren Ellis au scénario et Juan Jose Ryp au dessin. Le tout sorti en 2010 chez Milady Graphics en France avec une traduction d’Eric Betsch, et Avatar Press pour la version originale. Je vous avais déjà parlé d’un comic issu du travail de Ellis, Transmetropolitan, que j’avais adoré. Est ce que c’est un essai transformé pour trouver sa place dans nos bibliothèques ? Direction le synopsis.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Les années 60 ont vu naitre un groupe de super héros, les Levellers qui deviendront par la suite la Front line. Leurs pouvoirs proviennent de drogues crées par Carrick Masterson. Mais les membres de la Front Line sont éliminés un à un, et c’est pourquoi il leur faut du sang neuf. Joshua rêve de devenir un héros et s’entraine tout les jours en pourchassant les vilains dans sa ville pour se faire remarquer. Cela va le mener dans la Front Line et le monde de la drogue FX7.

« Jusqu’où pourriez vous aller pour devenir un super-héros ? ». Le sous titre sur la couverture met déjà dans l’ambiance. Car oui, c’est bien la drogue qui leur donne leurs pouvoirs, mais cela a forcément une contre partie, qui peut être terrible. L’utilisation de drogue au grand jour, des gouvernements qui laissent faire, c’est le portrait qui va être dressé ici. Détruire et corrompre la vie d’idéalistes qui se prennent pour des héros, avant de sombrer dans la corruption à cause de cette drogue et de tout ce qu’elle implique.

Ellis sait ménager ses effets, ses scénarios sont toujours surprenants, avec des retournements de situation intelligents et inattendus. No Hero ne fait pas exception à cette règle pour nous réserver bien des surprises, que je me garderais bien de vous spoiler. Le scénariste prend toujours un malin plaisir à dénoncer tout ce qui ne va pas et ça ne se limite pas à la drogue. La corruption, les riches qui dirigent le monde, les coups montés sur-médiatisés orchestrés par des gouvernements, ces références sont plus subtils mais bien présentes, il suffit de substituer Front Line par CIA (ou un autre) pour avoir un sentiment de déjà vu sur certains points.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Niveau dessin, le sieur Ryp gère son art. Énormément de détails parsèment ses cases, et le design de ses personnages est carrément classe, mention spéciale aux Levellers des années 70. De superbes arts en doubles pages se retrouvent tout au long ce volume, mettant en scène les délire de Joshua pour la plupart, c’est donc dans un style plutôt torturé. De plus des crayonnés des persos sont aussi présents à l’arrière des couvertures de chapitres, qui sont elles aussi pas mal.

Après je pourrais comprendre que le style de l’auteur laisse un peu indifférent, je n’ai pas trouvé ça spécialement original non plus. Un détail qui me dérange dans ces dessins, très présent au début de volume, c’est le rendu des impacts. Imaginez vous couper une pomme en deux, tchac, et hop, un nuage jaune comme de la purée mousseline s’élève. C’est carrément moche et je trouve que ça gâche le dessin, dommage.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose RypUn autre reproche que je ferais concerne la violence. J’ai rien contre ça dans les comics mais le niveau de gore atteint un niveau un peu too much. L’hémoglobine gicle par hectolitres et certains passages sont carrément dérangeants, avec notamment un arrachage de colonne vertébrale accompagné de la réplique « C’est comme réussir à tirer la nappe sous les couverts« . Le tout suivi de l’attache de ladite colonne autour du bassin du bourrin pour s’en faire un « pénis vertébral ». Ahem, âme sensible s’abstenir.

Niveau édition, ça vaut son prix de 14,90€ et la couverture souple tient bon malgré les outrages qu’elle a subi avant de terminer sa course dans ma bibliothèque. Et puis sans vouloir tirer sur les ambulances avec Milady Graphics, j’ai quand même moins l’impression de me faire avoir sur la came qu’avec Panini Comics. Enfin bon j’ai un passé disons rugueux avec eux, bref…

Au final, No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp, c’est du tout bon, je ne le conseillerais pas en première lecture mais pour les autres c’est bon, vous pouvez y aller. Du bon super héros bien torturé, une histoire béton, un bon dessin, que demande le peuple.


Sans nouvelles de Gurb de Eduardo Mendoza

aka oni dans Critiques, Livres le 20 mars 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Assez peu connu en France, Eduardo Mendoza est un auteur plutôt populaire en Espagne. Né en 1943, cet auteur catalan a été traducteur et avocat avant de se mettre à l’écriture et il rencontre alors un succès critique indéniable. Mendoza est considéré comme un des auteurs les plus représentatifs du mouvement littéraire post-franquisme, dans un style qui retourne à une forme plus classique du roman. Dans ses œuvres les plus connues, on citera Le mystère de la crypte enchantée ou encore La ville des Prodiges. C’est un autre de ses romans que j’ai récemment lu : Sans nouvelles de Gurb.

Sans nouvelles de Gurb de Eduardo Mendoza

Pourtant, on n’est pas, avec ce roman, dans une structure très classique de la narration, puisqu’il est écrit comme un journal de bord, jour par jour et heure par heure. Mais d’abord, mieux vaut résumer le scénario. Ce dernier est plutôt simple : deux extra-terrestres, le narrateur, dont on ne connaîtra jamais le nom, et Gurb, atterrissent sur Terre, non loin de Barcelone (apparemment toujours très présente dans les différentes histoires de l’auteur). Ils sont sur Terre pour remplir une mission dont la nature nous est inconnue et est de toute façon très secondaire. Dans l’intention de prendre contact avec les humains –  une partie de la fameuse mission –, Gurb, qui, comme le narrateur, est une « intelligence pure », prend la forme d’un être humain, selon les recommandations de l’ordinateur de bord. C’est donc tout naturellement sous les traits de Madonna que Gurb va aller explorer Barcelone. Et ce dernier ne va rapidement plus donner aucune nouvelle, obligeant le narrateur à aller lui-même explorer la ville.

C’est certes un scénario plutôt simpliste, mais il permet évidemment de donner lieu à des situations comiques à répétition, à mesure que Gurb découvre les mœurs humaines… Il est apparemment décrit comme un roman à la fois burlesque, mais surtout comme une « satyre de la société moderne ». Pour être tout à fait honnête, d’accord pour le burlesque, mais en termes de critique de la société, on repassera. L’auteur lance des piques contre elle, mais de manière franchement peu subtile, presque naïve, bref, c’est trop gros pour prendre, avec des passages du genre : «  Je décide que l’argent ne fait pas le bonheur, je désintègre tout ce que j’ai acheté et je continue ma promenade les mains dans les poches et le cœur léger ».

Heureusement, ces petites phrases un peu ridicules n’abondent pas. Là où le roman révèle toute sa saveur, c’est dans l’humour absurde, dans le burlesque. Eduardo Mendoza sait s’y prendre pour placer Gurb dans des situations totalement improbables, à la mesure des différentes apparences humaines qu’il emprunte. D’ailleurs, au fur et à mesure que le livre avance, l’humour évolue ; d’abord gentiment moqueur, il bascule, dans la seconde moitié, dans un humour totalement absurde. Sur la fin du roman, on tombe même dans l’incohérence totale, mais l’auteur sait où il va, et malgré une utilisation peut-être un peu trop poussée du comique de répétition (quoique toujours savoureux), la quasi-totalité du roman est franchement marrante. Bon, il y a bien un petit creux assez peu inspiré vers le milieu du livre, mais pas de quoi se l’interdire.

Sans nouvelles de Gurb de Eduardo MendozaAu niveau du style d’écriture lui-même, Sans nouvelles de Gurb est donc présenté comme un journal de bord ; les phrases sont souvent courtes, assez incisives, la lecture est rapide et l’auteur ne se perd pas dans des descriptions à la Zola. Le narrateur est concis. Malgré tout, certains passages ne sont pas vraiment nécessaires et sonnent creux ; certaines réactions du narrateur ne collent pas vraiment avec sa personnalité extra-terrestre, on se demande un peu pourquoi il réagit ainsi, avant que le roman ne retrouve sa ligne directrice, quelques lignes plus bas. C’est assez dommage, ça nuit un peu au plaisir de lecture.

Sans nouvelles de Gurb est un roman est assez court (125 pages), et se lit très vite ; bref, une manière plutôt agréable d’occuper deux ou trois heures. Ce n’est certainement pas un chef-d’œuvre, mais étant donné qu’il se lit vite et qu’il est plutôt bref, il serait franchement dommage de s’en passer. Certaines parties sont quand même excellentes, complètement délirantes, et rien que pour ça, ça vaut le coup de le lire.


La Fraternité du Panca était la série qui nous avait le plus marqué en 2009, et c’est avec bonheur que j’ai enfin pu mettre mes mains sur le troisième tome, Frère Kalkin. Ce dernier est sorti en janvier de l’année dernière, mais je n’avais pas eu l’occasion de le lire. Si vous n’avez pas lu ma critique du premier tome, ni celle du deuxième, sachez qu’il s’agit d’un Space Opera en cinq volumes, actuellement en cours d’écriture par Pierre Bordage. Mêlant les ingrédients de la Science-Fiction à ceux de la Fantasy, c’est avant tout une aventure humaine qu’il vous faut absolument lire. Ce troisième tome est il à la hauteur des deux précédents ? Synopsis. Sans spoil, bien entendu.

Frère Kalkin, La Fraternité du Panca Tome 3, de Pierre Bordage

JiLi est médiasliste sur la planète NeoTierra, autrement dit, le cœur de l’univers. Elle connaît les couloirs des institutions de l’organisation du monde humain comme sa poche, et elle n’est pas peu fière des différents scoops qu’elle a pu ramener à sa chaîne de télévision tout au long de sa carrière. Et pour les obtenir, elle est prête à tout, même à abuser de son physique des plus avantageux. Mais contre toute ses attentes, son chef va lui demander de faire un reportage sur une organisation mythologique qui n’intéresse personne, et dont l’existence n’est même pas prouvée. Le tout, avec un budget illimité. Mais qui peut bien être aussi intéressé par la Fratenité du Panca ?

Il ne s’agit là que du synopsis d’une des quatre histoires que nous allons suivre, car comme pour les deux précédents tomes, la narration nous fait suivre l’aventure de plusieurs personnages, tous liés par un fil rouge invisible et inconnu. Celle de JiLi donc, personnage assez atypique par rapport à ceux que l’on a pu connaître dans la série, celle de Frère Kalkin bien entendu, bien que suivi d’assez loin, et enfin, deux autres nouveaux personnages: Vilnea et Klarel. Dès le départ, on est certain que l’ensemble des destins sont liés, et on a qu’une hâte: découvrir comment Pierre Bordage va réussir à les réunir, tout en restant cohérent et surprenant. Et le pire, c’est qu’il y arrive.

Pierre Bordage

Pierre Bordage

Les difficultés étaient pourtant cette fois ci encore plus grandes. Le nombre de personnages, et donc de destins, a été revu à la hausse pour ce troisième tome, et ce à notre plus grand plaisir. Grâce à cette pléthore de personnages, disséminés à des endroits très différents de la galaxie, l’auteur a les moyens de nous faire découvrir encore plus de mondes et d’environnement. Et encore une fois, grâce à la création de coutumes variées, il rend cette exploration complètement passionnante, tout en continuant le tissage de l’univers général de la série. Comment rester de marbre face à cette planète en guerre civile permanente ? Comment ne pas être subjugué par cette étendue de glace où la survie des hommes est mise à mal par les éléments déchaînés ?

En plus de cette exploration des différents mondes traversés par nos héros, la mythologie de l’univers continue d’être expliquées par de petites introductions devant chaque chapitre. Ces petits paragraphes vont, encore une fois, du témoignage d’un ancien ou futur héros de la série, à des textes encyclopédiques sur la géopolitique d’une planète, ou sur une de ses espèces. Des courts récits, d’une dizaine de lignes au maximum, qui permettent de mettre le doute dans le cœur du lecteur, ou de lui donner des éléments pour découvrir ce que l’auteur nous cache depuis de nombreux chapitres. Un vrai plaisir. Il devient délicieux de les lire, tant ils participent à l’ambiance générale du bouquin et à l’immersion dans cet univers si fouillé. De même, une sorte de runing-gag basé sur l’étymologie des mots est un vrai plaisir de lecture.

La plume de Pierre Bordage est toujours aussi agréable à lire, simple à comprendre, et ce même lors de phases d’actions ou de rebondissement. Le choix du déroulement des évènements est vraiment d’un très haut niveau, un des meilleures de ce que j’ai pu lire de la production actuelle. La narration des différentes histoires est aussi variées, l’auteur ne se contentant pas de la troisième personne, mais passant parfois au Je avec son personnage JiLi. Cela va bien entendu nous permettre de nous attacher un peu plus aux personnages, comme à chaque fois. Si les personnages sont assez typiques, on ne tombe jamais dans la caricature ni dans le stéréotype. J’ai vraiment adoré les suivre.

Frère Kalkin, La Fraternité du Panca Tome 3, de Pierre BordageFrère Kalkin est peut être bien le meilleur tome de La Fraternité du Panca publié à ce jour, et laisse rêveur quant à la qualité de la suite de la série. L’auteur réussit l’exploit de signer une aventure encore plus prenante que celles de Frère Ewen et Soeur Ynolde, ce qui n’était pas franchement gagné.

Si Pierre Bordage nous a complètement déprimé sur le sort de l’humanité avec Dernières nouvelles de la Terre ou encore Les Derniers Hommes, cette nouvelle série est quant à elle une bouffée d’espoir, une superbe épopée humaine qui classe La Fraternité du Panca au rang des meilleures séries de Space Opera. Lisez la, vraiment.


Boneshaker est le premier tome de la trilogie du Siècle Mécanique de Cherie Priest. Il est sorti aux éditions Eclipse dans leur collection consacrée au Steampunk. La série vient juste d’être terminée en langue originale, et on se retrouve ici avec une traduction signée Agnès Bousteau. La couverture très sobre de Jon Foster, est fidèle à la « philosophie steampunk ». Pour rappel, c’est un style qui puise son inspiration dans les vieilles histoires de Science-Fiction de Jules Verne ou encore H.G Wells. Il est principalement lié à un univers où la vapeur est la forme dominante de technologie avancée. Maintenant place au synopsis de notre roman.

Boneshaker, Le Siècle Mécanique Tome 1, de Cherie Priest

Nous sommes en 1880, Briar Wilkes vit seule avec son fils. Ils partagent une vie simple et presque paisible depuis l’accident lors duquel son mari détruisit plusieurs quartiers de Seattle à l’occasion de la mise en marche du Boneshaker, une énorme foreuse. Cette vie s’arrête le jour où son fils décide de retourner dans son ancienne maison afin de trouver des preuves de l’innocence de son père. Mais les vieux quartiers sont confinés à l’aide de murs, y maintenant ainsi un gaz mortel transformant les gens qui le respire en mort-vivants.

L’action va donc se diviser entre les deux personnages principaux, Briar et son fils Zeke. Les deux personnages sont très différents, et l’on se retrouve avec un déséquilibre au niveau de l’intérêt qu’on peut leur porter. Si bien qu’au bout d’un moment on regrette de changer de héros. L’adolescent se retrouve avec une personnalité assez plate, ainsi à chaque fois que l’action tourne autour de lui on s’ennuie un peu, attendant avec impatience de retourner voir sa mère. On en arrive même à avoir des personnages secondaires plus intéressants que lui. Mais si Zeke est un peu un personnage cliché, sa mère ne l’est pas du tout. On ressent d’une meilleure manière ses humeurs, ce qui la rend plus intéressante à suivre. Tour à tour forte et déterminée, puis totalement désemparée, ce tourbillon d’émotions contradictoires permet au lecteur de s’identifier à elle plus facilement.

Cherie Priest

Cherie Priest

Boneshaker n’est pas une énième histoire de zombies, ce qui n’est pas un mal. Les zombies n’y sont qu’une conséquence de la destruction de la ville et bien qu’ils soient présents et menaçants, ils sont plus mis en arrière plan que dans d’autres livres traitant du même sujet. L’atmosphère que dégage l’histoire est oppressante.

Le seul moyen de survivre dans les quartiers de Seattle est de se protéger avec un masque à gaz ou de se retrancher dans des zones étanches. Dès lors, la plupart des scènes du livre se déroulent à l’intérieur de bâtiments, et pendant les rares scènes extérieures, l’auteure nous fait vivre le malaise du port du masque, de la difficulté de respirer à la claustrophobie. De même chaque sortie dans les rues de la ville se finit par une course poursuite avec des morts vivants, accentuant le sentiment de malaise déjà présent grâce à l’atmosphère générale du livre.

Malheureusement, le livre a certains points négatifs qui font baisser sa qualité. Tout d’abord au niveau de l’écriture et de la narration, la chronologie est en effet difficile à suivre. L’action se divisant entre les deux personnages principaux, il arrive souvent que l’auteur nous fasse remonter un peu dans le temps sans nous le dire. On a donc l’impression que d’un coté il s’est passé plusieurs heures et que de l’autre il s’est passé seulement quelques minutes.

Boneshaker, Le Siècle Mécanique Tome 1, de Cherie PriestLe deuxième point se situe au niveau de la traduction d’Agnès Bousteau. Le volume contient en effet des erreurs de traductions qui sont gênantes car elles existent en grande quantité et sont vraiment difficiles à éviter. On peut parfois râler contre des petites fautes d’orthographe, mais quand des « un » se transforment en « hein », il est difficile de ne pas le remarquer. D’autant que du coup, on ne comprend plus réellement la phrase.

Bien qu’il recèle ces défauts, Boneshaker est loin d’être déplaisant. Il regorge d’action et l’univers steampunk amène un air frais, qui pour moi, serait dommage de rater. Je n’attendrais pas avec impatience la suite, Clementine, mais elle se retrouvera à coup sûr dans ma bibliothèque.


Sang Noir, La Vampire Tome 2, de Christopher Pike

Serafina dans Critiques, Livres le 12 mars 2011, avec 1 commentaire
Critiques

J’avais lu le premier tome de la série La Vampire de Christopher Pike il y a peu, le roman ne m’avait pas du tout convaincue malgré l’approche très originale de la mythologie vampirique. Cependant, bon nombre d’entre vous m’en ont dit du bien en commentaire, ce qui m’a convaincu de donner une seconde chance à la série et donc de lire le tome 2, nommé Sang Noir. Ce dernier ne fait que 200 pages et reprend notre histoire peu de temps après le premier. Synopsis ?

Sang Noir, La Vampire Tome 2, de Christopher Pike

Des meurtres étranges ont lieu à Los Angeles. Alisa, notre héroïne vampire est persuadée qu’il s’agit là de l’œuvre d’un vampire. Et même sans doute celle d’un vampire nouvellement crée. Elle se doit de l’arrêter et ne pourra compter pour cela que sur elle même, et ses pouvoirs bien entendu.

Le synopsis a beau être classique, il n’en est pas mauvais. La problématique du nouveau vampire incapable de se contrôler est un grand classique du genre. En fait, le problème c’est tout le reste. A commencer par le style, je ne sais si c’est la traduction ou l’original , mais les redites que nous impose Christopher Pike sont extrêmement nombreuses, par exemple le fait « qu’on ne puisse pas voir le sang sur ses vêtements noirs » est rappelé à deux reprises… à trois paragraphes d’écart. Cela rend le roman très lourd, et il devient difficile d’avancer, bien qu’il soit écrit gros et qu’il ait des chapitres courts.

Enfin, Alisa est tout bonnement insupportable. Encore plus qu’une Bella Swan et pourtant, dieu sait que cette dernière m’insupporte. Alisa est la narratrice, et c’est une « moi je », elle se met tout le temps en avant, n’a aucun défaut, est super forte, super belle, super cruelle, bref, pire qu’une Mary Sue, Alisa est je pense le pire personnage que j’ai jamais rencontré, et pourtant j’ai lu de nombreux livres avec de nombreuses têtes à claques.

Le déroulement quand à lui est simpliste. Alisa se dit que, peut-être, Telle personne est la coupable ? Bingo c’est le coupable. Il n’y a jamais de fausses pistes, tout est résolu du premier coup, il n’y a aucun échec. Du coup, l’intrigue et son déroulement n’a aucun suspens. L’héroïne n’est pas seulement super douée, elle doit avoir une sorte de 6ème sens ultra-magique.

Alors évidemment, elle ressent des sentiments, ce qui pourrait en faire un vampire attachant , mais non, les personnages secondaires sont tous survolés , ils n’ont aucun trait de personnalité. De ce fait, on se balade dans le roman sans jamais être accroché.

Sang Noir, La Vampire Tome 2, de Christopher PikeCe qui avait réellement sauvé La Promesse, le tome 1 de la série, c’était l’origine du mythe vampirique qui ici est associé à la mythologie indienne, Krishna pour être plus précise. Les références à la culture hindoue sont nombreuses et perdront peut être le néophyte. C’est un point que j’ai apprécié, mais malheureusement dans ce tome les origines hindoues sont un peu reléguées au second plan et pour cause, on connait déjà l’histoire, alors Alisa ne nous la raconte pas à nouveau.

Du coup, malgré le fait qu’il soit très court, j’ai tardé à finir Sang Noir et je dois dire que j’ai souffert. La Vampire est une série comprenant de nombreux tomes, et je pense que je vais m’arrêter là, bien que la collection que nous propose ici les éditions J’ai Lu soit très jolie et que je déteste abandonner une série en court. Il y a trop de bons livres pour finir cette série et avec un prix assez elevé, 7.20€ pour seulement 200 pages, je ne vous le conseille vraiment pas.


Les Mystères de Harper Connelly est une série écrite par Charlaine Harris, qu’on connait surtout pour La Communauté du Sud, série plus connue sous le nom de True Blood depuis son adaptation sur le petit écran. Si cette série populaire est de l’Urban Fantasy très Bit-Lit, Harper Connelly est plus du Policier savamment mélangé au Fantastique. Le premier tome, Murmures d’outre-tombe a été  publié en anglais en 2005, et J’ai Lu vient tout juste de sortir le premier tome en Français, avec une traduction de Sophie Dalle.

Murmures d'outre-tombe, Les Mystères de Harper Connelly Tome 1, de Charlaine Harris @ if is Dead

Harper Connelly gagne sa vie d’une manière un peu particulière. Depuis qu’elle a été frappée par la foudre, elle « sent » les morts. Elle est capable de retrouver un corps, et de sentir les derniers instants de vie de celui-ci. Accompagnée de son demi-frère Tolliver, elle parcourt les États-Unis au fil de ses missions. Quand elle arrive à Sarne pour retrouver le corps d’une adolescente disparue, elle est loin de se douter qu’elle va se retrouver mêler à une sombre affaire de famille.

La Communauté du Sud ne m’a jamais convaincue. J’avais un mauvais apriori sur Charlaine Harris, jusqu’à lire la nouvelle qu’elle a écrit pour l’anthologie Crimes au Clair de Lune que je vous ai présenté y a quelques jours. Et la surprise fut presque totale quand j’ai découvert que Harper Connelly était à milles lieues des aventures de Sookie Stackhouse. Ici,on a une vraie enquête, pas juste une excuse. La vie de Harper Connelly est intimement liée aux enquêtes policières bien qu’usuellement, elle se contente de retrouver le corps. Ici, le personnage est une fille assez normale, ni trop bête ni trop intelligente, avec ses failles et son pouvoir qui la rend physiquement assez faible. Si habituellement les premiers tomes sont surtout une excuse pour présenter les personnages, ici il n’en est rien. C’est une vraie histoire avec une vraie enquête. Nous sommes plus proches d’une Vicky Nelson que d’un True Blood.

Grave Sight, Harper Connelly, de Charlaine Harris

Couverture originale aux U.K.

Et ça, j’ai adoré. Sarne semble être une de ses villes mornes d’Amérique, ou tout le monde se connait et où les secrets de famille sont assez lourds. Du coup l’ambiance est tout sauf gaie. C’est oppressant, et surtout extrêmement prenant. On mène l’enquête avec Harper, et bien que cela soit un poil léger pour les amateurs de Policier, c’est assez honorable, en tout cas plus que ce qu’on a l’habitude de voir dans ce genre d’enquêtes paranormales. Le don de Harper est très intéressant, sa manière de ressentir les morts, mais du coup, ca n’est pas non plus très gai. Moi qui m’attendait à un truc léger pour la détente, je dois dire que ce ne fut pas réellement le cas.

Murmures d'outre-tombe, Les Mystères de Harper Connelly Tome 1, de Charlaine Harris @ if is DeadLe style lui par contre reste assez quelconque. Charlaine Harris a une écriture simple et direct. Pas de fioritures, et ici je trouve que cela colle. Le style est en quelque sorte effacé pour laisser place à l’histoire. Cependant, ce n’est pas pour cela que l’ambiance est absente au contraire. C’est oppressant et on est vraiment avec Harper, totalement piégée à Sarne.

Murmures d’outre-tombe est un roman de 300 pages, ce qui me semble assez idéal, pas trop long il évite l’ennui, pas trop court il permet de mettre en place les personnages et une intrigue honorable. Je ne sais pas si les tomes grossissent par la suite, mais en tout cas, Les Mystères de Harper Connelly promet le meilleur. C’est une excellente surprise qui m’a fait changer d’avis sur Charlaine Harris, et je sauterais sur le tome 2 dès que l’occasion se présentera. A noter qu’apparemment, les droits du roman ont été achetés et qu’une série télévisée en soit prévue.  Je vous conseille vraiment cette série qui est un vrai coup de cœur pour cette année 2011.


Après avoir lu le recueil de nouvelles de Mélanie Fazi, j’ai décidé d’entamer un autre recueil: Crimes au Clair de Lune. Cette fois ci, il s’agit de 20 auteurs et 20 histoires, bien que pour des raisons marketing, ce livre est exclusivement marketé sur le nom de l’auteur de True Blood, Charlaine Harris. Pas de synopsis donc, sachez seulement que le point commun de toutes ces nouvelles, c’est le crime et le surnaturel.

Crimes au Clair de Lune, recueil dirigé par Charlaine Harris

Comme toujours, on peut admirer les éditions Michel Lafon qui ont fait de ce livre un objet de toute beauté, avec une matière incroyablement douce. Nous avons donc 20 nouvelles, faisant chacune entre 10 et 20 pages. A noter que toutes sont inédites et ont été écrites expressément pour ce recueil. Bien que certaines se déroulent dans des univers déjà exploités, celle de Charlaine Harris dans l’univers de la Communauté du Sud par exemple, on n’est à aucun moment dépaysé ou laissé pour compte.

Et on retrouve là généralement tout le contraire de ce que j’avais lu avec Fazi : de vraies histoires. Ce sont de vraies nouvelles, avec une problématique et sa résolution. Certains y arrivent plus facilement que d’autres, mais j’ai trouvé l’ensemble des nouvelles très bon. Si évidemment certaines m’ont plus plu, c’est plus par goût personnel que parce qu’elles étaient meilleures. La  qualité est égale, tout comme le style. Effectivement, c’est apparemment Florence Mantran qui a traduit toutes les nouvelles, de ce fait, on assiste à une uniformisation du style. Je pense que cela doit être très diffèrent dans la version originale, car du coup, outre l’histoire, il est difficile de différencier les auteurs.

Contrairement à ce que laisse penser la couverture, le vampire n’est pas le seul représenté, on a droit aux animaux-garous, aux fantômes, aux sorciers, etc. C’est assez vague, et représente à mon avis bien tout ce que l’on peut trouver dans l’univers fascinant de la Bit-Lit. On sent que certains auteurs sont plus « policiers » et d’autres plus « fantastiques », mais dans l’ensemble , ils s’en sortent tous bien.

Crimes au Clair de Lune, recueil dirigé par Charlaine Harris

La couverture initiale de la V.F., qui fait clairement penser que ce recueil fait parti de la série La Communauté du Sud

Le recueil recèle certaines perles, comme ce fantôme d’un trader, ses e-mails de l’au-delà, des loups-garou dans les années de guerre, cette grand-mère qui voit les morts trois jours avant leur décès … Y comprit la nouvelle de Charlaine Harris. J’ai beaucoup critiqué sa série la Communauté du Sud pour être trop axé sur la romance, or elle prouve là qu’elle est tout à fait capable d’écrire des nouvelles d’action, bien plus recherchée que les aventures de notre serveuse blonde.

Autre point intéressant, les nouvelles se déroulent toutes ou presque dans notre siècle (enfin le XXème ou le XIXème), les époques sont assez variées, et plusieurs sont très ancrée dans notre génération, Facebook et autres sont monnaie courante. Un vrai plus pour l’immersion.

Crimes au Clair de Lune, recueil dirigé par Charlaine HarrisAvec ces petites nouvelles le texte se lit très rapidement. Bien qu’il n’y ai rien de réellement choquant, ne vous fiez pas à certains magasins qui le placent rayon jeunesse, il y a bien assez de maturité pour être destiné à un adulte. Et d’ailleurs au vu de certains thèmes, je pense qu’il n’a rien à faire en jeunesse.  Le roman permet de découvrir de nouveaux auteurs, je n’en connaissais aucun hormis Charlaine Harris évidemment. Je regrette simplement que la bio de chaque auteur soit située à la fin du bouquin et non avant chaque nouvelle !

Au final, Crimes au Clair de Lune est un recueil sans mauvaise surprise, d’une qualité égale, mené d’une main de maitre et plein de bonnes nouvelles. A acheter sans hésiter.