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Zombie Thérapie de Jesse Petersen

Serafina dans Critiques, Livres le 9 août 2011, avec 10 commentaires
Critiques

Zombie Thérapie est un roman de Jesse Petersen sorti il y a peu aux éditions Milady et paru en 2010 aux États-Unis, et que j’ai reçu via un partenariat avec Livraddict et Milady que je remercie au passage. Il faut dire que avec sa couverture en aplat ultra-girly de Noémie Chevalier, l’aspect à priori-second degré et « fun », c’est un roman qui me tentait énormément. Un peu de dérision dans le monde trop sérieux de la Bit-Lit ? Dans la même veine qu’un Vampire Kisses ? Synopsis.

Zombie Thérapie de Jesse Petersen

Sarah et David sont un couple au bord du divorce. Ce jour là ils se rendent chez leur thérapeute… Mais ils trouvent cette dernière en train de bouffer le couple précédent. En effet, une épidémie de zombie est apparue à Seattle, et Sarah et David vont devoir se battre pour leur vie ! Ce qui pourrait bien sauver leur couple au passage.

Typiquement, on est dans un roman qui mixe zombies et Chick-Lit. Le résumé me donnait envie, et je m’attendais à un roman absurde et plein d’humour. Le problème c’est qu’entre l’espoir du quatrième de couverture et la réalité, il y a tout un monde. Zombie Thérapie est un roman écrit à la première personne, par Sarah donc. Le style de Jesse Petersen est très simple et direct. De ce fait, le roman se lit très rapidement, j’ai à peine mis un jour pour en venir à bout. Sarah n’est pas une lumière, donc le style est à son image, simpliste avec du vocabulaire de base et des références à la pop-culture. Au passage, la traduction m’a semblée plutôt bonne, on n’est pas perdu dans les références.

L’action est là, non-stop, on passe par toutes les étapes des survies en cas d’attaque zombie : recherche d’armes, de nourriture, et autres clichés. On ne s’ennuie pas une seule seconde et les obstacles s’enchaînent les uns après les autres, ce qui fait que la lecture avance sans le moindre temps mort.

Zombie Thérapie de Jesse PetersenL’idée de base est bonne, et fun pour de la Bit-Lit. Le problème c’est que passé les premières scènes plutôt sympathiques, on arrive dans un roman on ne peut plus conventionnel, où tous les clichés des films de zombie sont respectés à la lettre, et l’auto-dérision des premières pages cède vite la place à plus de sérieux, et il faut le dire beaucoup moins de fun.

Du fait de l’action non-stop on ne peut pas dire que les personnages soient très développés, à vrai dire, j’ai trouvé les deux personnages totalement interchangeables et ils ne me marqueront pas du tout. Les situations sont prévisibles de bout en bout et souvent c’en est agaçant de deviner les trucs avant les personnages.

Au final, je ne dirais pas que Zombie Thérapie est un roman désagréable. Le roman de Jesse Petersen se lit bien, et sans prise de tête, mais il n’est pas à la hauteur de ce que j’attendais et est totalement dispensable. A lire si vous n’avez rien de mieux à lire quoi, mais vu la concurrence du moment sur le secteur de la Bit-Lit, ça m’étonnerait. A noter qu’il existe une suite, mais je ne compte pas la lire.


C’est Lundi, que lisez vous ? #12

Serafina dans Actualités, Livres le 8 août 2011, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Le retour du soleil n’a pas été bien long, c’était plutôt nuages et pluie cette semaine.

dabYo

Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna BourazopoùlouJ’ai continué (très) lentement Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou, plus par manque de temps qu’autre chose. Car conformément à ce que j’avais pu lire, ce roman m’a vraiment l’air très bon. Je n’en suis qu’aux prémisses, n’ai fait que découvrir les quelques personnages qui prennent part à l’histoire sous une forme épistolaire (et je ne sais pas si cela va continuer), mais j’adore.

On s’attache très vite aux personnages, à la situation. Si le postulat de base est difficile à avaler (le Sud de l’Europe a entièrement été englouti par la Mer Méditerranée et Rouge), on s’y fait. Je regrette vraiment d’avoir pu en lire si peu.

illman

J’ai enfin fini d’acheter et de lire le comics scénarisé par Warren Ellis, Transmetropolitan, excellent de bout en bout. A part ça, je n’ai fait que lire du manga, l’intégrale de Stratège, un manga sorti il y a un bout de temps chez Tonkam et qui est tout bonnement excellente. J’ai ressorti mes Bastard !! pour me rappeler que l’auteur savait dessiner avant, et j’ai enquillé sur les tomes 12 à 19 de Beck, un manga sur le rock que j’aime bien mais que j’avais arrêté d’acheter, j’ai recommencé et je compte finir les 15 derniers tomes le mois prochain.

Serafina

Zombie Thérapie de Jesse PetersenCette semaine a été très chargée sur le plan professionnel, du coup je n’ai pas avancé comme je l’aurais voulu. J’ai terminé Soleil Noir de Nicholas Goodrick-Clarke qui s’est révélé un ouvrage fort intéressant, mais aussi un poil catalogue, je pense que j’approfondirais certains points avec d’autres livres.

J’ai avancé un peu Rose Aimée, mais malheureusement fort peu, surtout que je l’ai oublié au bureau vendredi soir. J’ai donc commencé La Bible Satanique de Anton-Szandor LaVey, après toutes ses années à me faire appeler « wesh satan », il était temps de lire cet ouvrage, qui me laisse surtout perplexe. Il est très vigoureux envers les autres religions et semble surtout être fait de philosophie de comptoir. M’enfin, on verra, j’en suis à la moitié.

Et j’ai aussi lu Zombie Thérapie de Jesse Petersen suite à un partenariat avec Livraddict. Ce bouquin de Bit-Lit me semblait fun et plutôt second degré, en réalité il a surtout été ennuyeux, plat et sans intérêt. Mais on en reparlera.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Le Héros des Siècles est le tome final de la trilogie Fils-des-Brumes de Brandon Sanderson. Il a été publié en avril 2011 par Orbit avec une traduction de Mélanie Fazi. Les deux premiers tomes de cette saga de Fantasy, L’Empire Ultime et Le Puits de l’Ascension, m’avaient littéralement scotché. Est ce que ce dernier tome est le final épique tant attendue ou un vieux soufflé moisi qui se dégonfle au moindre vent ? Synopsis.

Le Héros des Siècles, Fils-des-Brumes Tome 3, de Brandon Sanderson

On reprend un an après les évènements du puits de l’ascension et tout va mal. La cendre tombe toujours, les koloss se baladent encore en liberté, ravageant les terres des dominats centraux, etc… Et évidemment, c’est toujours au même qu’incombe la tâche de chercher une solution. Elend, Vin et toute la clique vont avoir maille à partir avec tout ce foutoir.

Niveau scénario, on va donc tout nous dévoiler pour ce dernier tome. Et l’auteur va surtout nous démontrer qu’il est un bon planificateur, en nous ressortant un détail qu’on pensait sans importance mille pages avant. Ce souci du détail est une des raisons qui font que j’adore cette série. On retrouve les traditionnels et mystérieux extraits de textes en début de chaque chapitre, totalement à propos, ne spoilant pas et dont on découvre les tenants et aboutissant en toute fin de roman, la marque de fabrique de la série. Ces extraits permettent de renforcer encore le mystère autour du fameux Héros des Siècles, messie tant attendu. Ça aura eu le mérite de me faire gamberger, et de m’amener à une conclusion erronée qui m’a permis d’être bien surpris sur la fin du volume, que j’aurai ponctué d’un « Mais c’est bien sûr ! ».

L’importance de Vin retrouve un pied d’égalité avec celle d’Elend, reprenant peu à peu une certaines indépendance due à l’évolution de leur relation. Sanderson en profite aussi pour mettre un autre personnage sur le devant de la scène, totalement inattendu et qui va apporter un vent de fraicheur sur l’histoire, Spectre (Spoock en VO, je précise je trouvais le nom original marrant). Sazed, le terrisien, et TeeSoon, le kandra, font aussi partie du tableau avec une place centrale et des chapitres qui leur sont dédiés.

The Hero of Ages, Mistborn 3, Brandon Sanderson

L’auteur va enfin nous dévoiler les détails du dernier pouvoir allomantique dont il nous semait des indices depuis le premier tome, l’hémalurgie. En étudiant la racine de ce mot, vous reconnaitrez celle du sang qui revêt donc un aspect important dans le processus. C’est toujours avec plaisir que l’on suit les explications entourant cette magie, et tout ces détails qui sont dévoilés au fur et à mesure. Ceci dit, l’un des défauts de ce dernier tome vient justement de ces pouvoirs, car l’auteur a voulu faire encore plus, mais en partant dans la surenchère. Ça aboutit à une débauche de super pouvoirs avec les dieux qui viennent s’en mêler. Je sais que c’est absolument nécessaire à l’histoire, mais je ne peux pas m’empêcher de trouver le tout exagéré.

Mis à part ça, les combats sont toujours aussi dynamique, même si les combats allomantiques commencent à lasser, heureusement que c’est la fin. Ça se lit toujours aussi bien et Sanderson maitrise toujours autant son sujet et prouve que l’on peut écrire de la Fantasy grand public sans tomber dans le niais.

Le Héros des Siècles, Fils-des-Brumes Tome 3, de Brandon SandersonOrbit nous gratifie toujours d’une édition de qualité, avec une dernière couverture signée Chris McGrath. On retrouve les résumés des volumes précédents en début de tome, des cartes et un glossaire assez conséquent en fin, comprenant personnages et termes spécifiques à l’univers de Fils-des-Brumes, pratique si vous avez lâché la lecture un petit moment, même si je doute que cela puisse arriver.

Brandon Sanderson nous livre ainsi une exceptionnelle trilogie de Fantasy, que je n’aurais pas hésité à qualifier de mythique si l’auteur ne s’était pas autant lâché dans son tome final. Je pense tout de même que Fils-des-Brumes est une possession indispensable pour tout fan d’Heroic-Fantasy qui se respecte.


La collection Darklight de J’ai Lu a vu il y a quelques semaines l’arrivée du premier tome de la série Chasseuse de Vampires de Nalini Singh. Servi par une très belle couverture, traduit par Luce Michel et avec un titre accrocheur, Le Sang des Anges, je n’y ai pas résisté bien longtemps. Le premier tome de cette série de Bit-Lit est paru aux États-Unis en 2009 et la série en compte actuellement cinq. Synopsis ?

Le Sang des Anges, Chasseuse de Vampires Tome 1, de Nalini Singh

Elena est une chasseuse de la guilde, la meilleure. Elle chasse généralement des vampires qui se seraient enfuis. En effet, dans le monde d’Elena, les vampires sont Transformés par les Anges, en échange d’un contrat de service d’une centaine d’année. S’ils ne le respectent pas, les Anges chargent Elana de s’en occuper. Sauf que cette fois, elle n’est pas contactée par n’importe qui, mais par l’Archange de la ville de New York : Raphael. Et ce dernier n’a pas décidé de la lancer à la poursuite d’un vampire, mais d’un autre Archange.

Comme vous pouvez le voir avec ce synopsis, Chasseuse de Vampires bénéficie d’un univers très original. On n’est pas juste dans un monde où les vampires ont révélé leur existence, mais on découvre aussi que les anges y existent et qu’ils sont liés. Ceux ci sont organisés de manière hiérarchique et si on retrouve les archanges de notre culture judéo-chrétienne : Raphael, Michael (Michaela dans notre cas), on trouve aussi des anges d’origines variées. On n’est pas dans un Anne Rice pour autant, et il faut prendre les anges de manière déconnectée de la religion.

Les anges cohabitent donc avec les humains, et la société fonctionne en prenant en compte ces créatures et notamment les volontaires pour devenir vampire. Nalini Singh nous propose là un monde assez éloigné des habitudes en Bit-Lit et du coup parfaitement passionnant. La mythologie vampirique est elle aussi du coup très originale, vu que les vampires sont des Transformés volontaires par les anges.

On n’échappe pas malheureusement à la tension sexuelle entre deux personnages. C’est évidemment entre Elena et l’archange sexy mais darkinou. Je ne sais pas ce qu’il en est en version originale, mais j’ai eu l’impression que le roman était un peu trop cru à mon gout à ce niveau. Non pas pour des descriptions de scènes de sexe, car il n’y en a quasiment pas, mais pour le vocabulaire. C’est vulgaire assez inutilement. Cependant, ça va, on est loin de la dérive des derniers Anita et autres Merry Gentry.

Angels Blood, Le Sang des Anges, Chasseuse de Vampires Tome 1, de Nalini Singh

La couverture originale, moins abstraite mais plus banale

Il convient d’ailleurs de parler un peu de la traduction que j’ai trouvé vraiment mauvaise.  En effet, il y a plusieurs problèmes : d’un coté, des références à la culture américaine qui ne sont pas adaptée (titres des magasines de mode par exemple) et nous laissent un peu de coté, mais aussi des traduction un peu trop littérales : qui en France dit « elle a mis des pantalons cargo » (le mot anglais étant cargo pants …) ? De même, en version originale la série s’appelle Guild Hunter, mais a été traduit en chasseuse de vampire. On se doute bien que c’est motivé par des raisons commerciales, et ça ne dérange pas réellement, mais bon.

Le Sang des Anges, Chasseuse de Vampires Tome 1, de Nalini SinghCeci dit, la traduction est vraiment le seul point faible de ce roman de 500 pages qui se lit réellement très vite. Les personnages sont bien développés, et j’ai particulièrement apprécié Elena qui n’est pas caricaturale et dont les réactions ne semblent pas illogiques. L’action est bien menée et on ne s’ennuie pas au court de l’histoire. Les personnages secondaires sont suffisamment esquissés, mais là encore on est au début d’une série, et donc dans une optique de placement de l’histoire et des personnages. L’action et la découverte du monde sont bien dosées, et le roman est équilibré.

Chasseuse de Vampires est donc clairement une série à suivre de très près. Si mon bilan est très positif pour le moment, j’avoue que la fin me fait un peu redouter les prochains tomes. J’ai peur que l’enthousiaste du premier tome ne disparaisse pour rentrer dans un schéma plus traditionnel. A voir. Mais en tout cas, ce premier tome qu’est Le Sang des Anges peut se lire indépendamment et je vous le conseille grandement si vous en avez un peu trop marre des clichés de la Bit-Lit et que vous avez envie de lire un roman sympathique à l’univers passionnant.


Pandamonia est une série BD dont le premier tome, Chaos Bestial a été édité par Drugstore au début de cette année 2011 en France. Cette BD est l’œuvre de la collaboration de deux scénaristes, Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba, avec le dessinateur Vincenzo Cucca, colorisé par Mirka Andolfo. Il s’agit d’une histoire futuriste, de la Science Fiction à laquelle va être mêlée sexe et animaux, mais avant de vous en dire plus, commençons par un synopsis.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Dans un futur lointain, la décadence de l’humanité l’a poussé sur la voie de l’extinction: la libido des humains s’est envolée et la population décroît rapidement, faute d’enfants, de nouvelles pousses. Pour enrayer cette fin inéluctable, la compagnie mondiale Eros propose un médicament qui repose sur une idée simple: mêler l’ADN humain à celui d’animaux afin de faire revenir une envie bestiale de sexe. Quelques années plus tard, il faut croire que ça a marché, car le monde dans lequel vit Vanessa, femme-panda, est dominé par le sex, à tous les étages, à tous les coins de rue.

Outre les poitrines généreuses et le côté érotique de la BD, la première chose qui tape à l’œil lorsqu’on feuillette ses premières pages, c’est la qualité du dessin de Vincenzo Cucca. Son trait est précis, agréable, dynamique, bref, superbe. Cela fait tout de suite penser à une autre pointure de la BD de ces dernières années, Skydoll. Difficile en effet de pas faire le rapprochement, que ce soit dans la qualité graphique du titre, dans ses couleurs, ou encore dans son univers futuriste où l’érotisme ambiant prévaut. De même, si le dessin est de qualité, on ne peut qu’admirer le travail de Mirka Andolfo au niveau des couleurs, elles aussi tout simplement sublimes. De ce côté là, Chaos Bestial, premier tome de la série, est un vrai régal.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Malheureusement, comme bien souvent, le problème de Pandamonia ne se situe pas sur le dessin, mais bien sur le scénario et sa mise en scène. Et quel scénario ! J’ai été vraiment étonné de commencer la lecture de ce titre par une citation de… Dexter Morgan. Du Dexter Morgan de la série Dexter, ni plus, ni moins. Qu’en penser ? Je ne sais pas, peut être que c’était révélateur de ce que pouvait nous pondre les deux scénaristes, Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba. J’ai pu rencontrer un thème assez proche l’année dernière, avec Les Fables de l’Humpur de Pierre Bordage, mais le traitement était à des années lumières de celui qui va nous être fourni.

Il s’agit en effet ici d’une sorte de mixe entre de nombreuses idées. La première était sans doute qu’il fallait du sexe, beaucoup de sexe, pour vendre une BD. La deuxième, c’était la fin du monde. La troisième vient du mythe de l’héritier de Jésus, protégé par les templiers que l’on retrouve très souvent. Et enfin, la dernière et pas la moins cocasse: les pubs pour Orangina. Vous mélangez le tout, vous secouez pour que la pulpe ne reste pas en bas et vous obtenez Pandamonia. Mais vous vous en doutez bien, malgré ces tonnes de bonnes idées, quand on les donne à des gens qui citent Dexter Morgan, on se retrouve forcement avec quelque chose de pas bien folichon.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Notre héroïne Panda-femme est lesbienne, mais sans nul doute pour viser le public et l'imaginaire masculin. On appréciera les petits détails dans les décors.

On a alors droit à un scénario des plus stéréotypés, avec une élue qui doit rendre leur libido aux humains et les sauver d’une catastrophe certaine, une multi-nationale qui ferait pâlir l’URSS de Staline et une association d’activistes genre Attack dans le rôle des gentils. Bref, du cliché en veux tu en voilà, avec même un soupçon de romance totalement incompréhensible. Le scénario a beaucoup de zones d’ombre et ne semble pas réellement tenir, mais il est encore trop tôt pour jugé de ce point.

Le problème, c’est que l’incompréhension de se limite pas à ça. De nombreuses fois on ne comprend pas ce que font les héros, ni ce qu’il se passe. Il y a une réelle lacune dans la narration générale du titre. On ne comprend qu’après plusieurs lectures des mêmes passages, ce qui gène beaucoup lorsque la BD se veut justement dynamique. Et je ne parle pas de ces scènes qui ne servent strictement à rien mais ne sont là que pour augmenter le taux de sex dans la BD.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Là encore, chaque parcelle de case est utilisée au maximum.

Chaos Bestial et la série Pandamonia sont donc avant tout victimes d’un scénario qui se veut trop sérieux et mais qui ne tient pas assez la route être considéré comme tel. Une sorte de nanar géant que je me dois forcément d’assassiner en chronique.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et CuccaMais si l’on omet ce point, Pandamonia rempli complètement son rôle, une expérience visuelle superbe, avec des personnages érotiques pour ceux dont c’est le hobby. Bien qu’il ait de nombreux défauts, que ce soit dans le scénario ou dans sa mise en scène, je ne peux me résoudre à vous déconseiller de le lire. C’est joli, ça se feuillette aisément et ça n’est pas rebutant. Mais c’est tout de même dommage que le dessin de Vincenzo Cucca et la coloration de Mirka Andolfo ne soient pas utilisés à des fins plus nobles.

En attendant, il faudrait peut être expliquer aux scénaristes que panda et sex, ça fait trois.


Le premier tome des Mystères de Harper Connelly avait été un de mes coups de cœur du premier semestre. Moi qui n’aimait pas réellement Charlaine Harris, j’avais été conquise par ce mélange de Policier et Fantastique, simple, direct et bien mené. Je n’ai donc pas tardé à m’intéresser au Tome 2, Pièges d’outre-tombe, toujours aux éditions J’ai Lu avec une traduction de Sophie Dalle. Synopsis ?

Pièges d’outre-tombe, Harper Connelly Tome 2, de Charlaine Harris

Harper Connelly a été frappée par la foudre et depuis elle « sent » les morts. Cette fois, elle est appelée à Memphis pour faire une démonstration de son don devant une classe d’université spécialisée dans le paranormal. Sauf que son don est bien réel et va l’amener à découvrir un cadavre qui n’aurait pas du se trouver là: Tabitha une fillette disparue qu’elle avait recherché plusieurs mois auparavant.

Bien qu’étant un deuxième tome, Pièges d’outre-tombe peut se lire de manière totalement indépendante du précédent. Comme dans la plupart des séries policières, les particularités de l’inspecteur (et ici Harper, qui n’est pas réellement inspecteur en plus) sont rappelées à chaque roman et permettent à chacun de prendre la série en cours de route. De même les événements de Murmures d’outre-tombe n’ont pas réellement eu d’impact, du coup, vous ne vous sentirez pas perdus si vous le faites.

On retrouve ce qui avait fait la qualité du premier tome: des personnages assez simples, sans être caricaturaux. Bref ils sont accessibles et « normaux », peu ou pas de super-pouvoirs, certes Harper a un don mais c’est abordé de manière assez simple et sans fioriture. Le style de Charlaine Harris est très direct, et parfois un peu trop. J’ai l’impression d’avoir beaucoup de phrases à la construction ultra basique « sujet verbe complément ». C’est pas très dérangeant mais je pense qu’il pourrait y avoir matière a faire un peu mieux. A moins que cela vienne de la traduction de Sophie Dalle, mais j’en doute, car elle est bonne dans son ensemble.

Grave Surprise, Harper Connelly, Charlaine Harris

D’une manière générale, ce second tome montre que Charlaine Harris reste assez « en dehors » de ses personnages, et bien que l’on sente poindre une petite histoire d’amour sous-jacente, ce n’est pas du tout le centre du récit. De même, si on connait le passé des héros, il ne prend pas réellement une très grande place et on apprend assez peu de choses de leur vie privée.

L’intrigue elle est bien menée. Alors certes, on n’est pas dans un grand Denis Lehane mais c’est tout à fait honorable. J’ai trouvé que le tout était suffisamment complexe pour ne pas s’ennuyer et ne pas tout comprendre trop vite avant l’héroïne. Cependant, j’avoue que j’ai été perplexe sur certains points. Je pense notamment à la religion des parents de la fillette qui est beaucoup mise en avant mais qui ne sert à rien au final. Ou alors je n’ai pas compris l’implication la chose.

Pièges d’outre-tombe, Harper Connelly Tome 2, de Charlaine HarrisAu final, Pièges d’outre-tombe est dans la droite lignée du précédent tome, et inscrit pour moi Les Mystères de Harper Connelly dans les meilleures séries de cette année. C’est sans prétention, mais diablement efficace, et me fait beaucoup penser aux Vicki Nelson, un de mes coups de cœur de l’année dernière, de par son coté très proche des policiers traditionnel. La différence étant que Vicki est une fille normal qui enquête sur des faits surnaturels, alors que Harper est une fille aux pouvoirs surnaturels qui enquête sur des faits normaux.

Bref, on est bien loin des dérives de la Bit-Lit du type Merry Gentry. Je vous le recommande donc chaudement.


C’est Lundi, que lisez vous ? #11

Serafina dans Actualités, Livres le 1 août 2011, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Le retour du soleil n’a pas rimé avec lecture, cette fois, on dirait.

dabYo

Le Jeu de l'Ombre de Sire CédricJ’ai donc continué et terminé ma lecture du dernier Sire Cédric aux éditions le-Pré-aux-Clercs, Le Jeu de l’Ombre. Ce Thriller Fantastique, nouveau genre de prédilection de l’auteur, a comblé mes envies. Comme de nombreux livres du genre, il ne s’agira sans doute pas d’un roman qui marquera ma vie de lecteur, mais il n’empêche que c’était une lecture très agréable et idéale pour l’été.

J’ai ensuite commencé un roman de Science-Fiction traduit du grec, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou. Pour l’instant, je n’ai lu que les trois premiers chapitres. Il semblerait que ce soit un roman épistolaire, avec un certain nombre de protagonistes différents mais liés. Je dois avouer que si le premier chapitre m’a carrément perdu, la suite m’a beaucoup plus plu, et le style est vraiment agréable à lire.

Serafina

Soleil Noir de Nicholas Goodrick-ClarkePersonnellement, cette semaine, je n’ai fait que lire les deux romans que j’avais commencé la semaine dernière. Il me reste 40 pages de Soleil Noir de Nicholas Goodrick-Clarke, l’étude sur les mouvements néonazis, leurs idéologies plus ou moins mystiques, et les risques que cela représente. Assez complet et très intéressant.

Le premier tome de Rose-Aimée de Béatrice Bottet quant à lui s’est révélé être un roman très intéressant, captivant et bien écrit. Il ne m’en reste plus que 100 pages, et c’est vraiment très bon. Cette semaine, je compte donc les finir et je ne sais pas ce que je lirais ensuite.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Déchirures de Sire Cédric, second avis

Aya dans Critiques, Livres le 30 juillet 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Déchirures est un recueil de nouvelles fantastiques et horrifiques de l’auteur français Sire Cédric. Il s’agit là d’une réédition par Le Pré aux clercs du recueil que dabYo vous avait chroniqué il y a quelques années. Les éditions ont livré un bel ouvrage, à la présentation extérieure sobre et à l’intérieur soigné. Il se compose de 9 nouvelles qui ont été écrite par l’auteur il y a maintenant quelques années. Elles sont précédées pour certaines d’une dédicace ou d’une citation tirée de chansons ou de prières en rapport avec leur contenu. Puisqu’il s’agit d’un recueil, pas de synopsis.

Déchirures de Sire Cédric

Ce que nous livre ici Sire Cédric, c’est un recueil sombre qui nous montre toute la cruauté du monde humain et de ses travers. Satyre pour certaines, conte surréaliste pour d’autres, chaque histoire possède une forme qui lui est propre et un combat particulier. A la fin de la lecture on prend conscience de toute la justesse du choix de ce titre, Déchirures. Car qu’il agisse de celles de l’âme, du corps ou de la conscience, c’est une suite de ruptures violentes auxquelles on assiste. Le style est incisif et sans complaisance. Les thèmes abordés (viol, enfant battu, meurtre) le sont de manière percutante pour ne pas dire « trash ». Difficile de ressortir entièrement de cette lecture sans en être un peu retourné.

J’ai pour ma part lu presque toutes les nouvelles d’affilée mais cela n’a en rien gâché mon plaisir, et ce malgré des changements au niveau du style et du rythme vraiment grands. Je pense d’ailleurs que cela m’a permis de remarquer plus rapidement et de mieux apprécier la récurrence de certains personnages, qui apparaissant dans plusieurs nouvelles de manières plus ou moins importantes. J’ai choisi de vous parler de trois d’entre elles que j’ai particulièrement appréciées.

Sisters

La première nouvelle nous plonge dans l’univers de Candice, une femme fragile ayant toujours vécue dans l’ombre de sa sœur jumelle. Aussi fut-elle soulagée par sa mort un an plus tôt, mais des cauchemars l’obsèdent et la rongent, lui rappelant ce lien étrange qu’elle avait avec sa jumelle et qui semble persister.

Cette nouvelle menée comme un thriller nous fait rapidement entrer dans l’univers de l’auteur, rapidité accentuée par l’absence de chapitre qui donne à l’action plus d’intensité.

Hybrides

Déchirures de Sire Cédric On croise ici une jeune fille métisse indienne, tyrannisée par son père fanatique religieux, jusqu’à sa rencontre avec un être surnaturel qui la renvoie à ses racines. Cette nouvelle de 37 pages est sans doute celle dans laquelle j’ai le plus peiné à m’immerger.

Paradoxalement, j’ai choisi de vous la présenter car  le format d’une nouvelle permet rarement une bonne évolution après un début poussif.  Absolument pas convaincue aux premières lignes, j’ai été agréablement surprise par sa suite.  Elle s’est révélée poétique et dramatique, avec un final qui a su me charmer.

Carnage

Cette seconde et courte nouvelle de 10 pages est sans doute ma préférée du recueil. J’ai apprécié son sujet : un jeune garçon qui tente de prendre la défense  d’une jeune fille attaquée dans un bus par des skinheads. Mais j’ai surtout aimé son final et sa critique acerbe de notre société et de ses comportements égoïstes.  Je l’ai relue une seconde fois avec plaisir.

Au final le recueil Déchirures de Sire Cédric s’est révélée être une excellente lecture qui m’a donné envie de vite lire d’autres productions de cet auteur dont le style me plaît beaucoup.


Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky

illman dans Critiques, Livres le 27 juillet 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky a atteint les rayonnages français il y a quelques mois, toujours édité par l’Atalante et traduit par Denis E. Savine, que nous avons d’ailleurs interviewé il y a peu. Pour ceux qui s’en rappellent, il y a un peu plus d’un an je chroniquais Metro 2033, une véritable révélation, dans ces mêmes colonnes. Ce roman de Science Fiction post-apocalyptique se déroulant dans les sous-terrains moscovites m’avait conquis. L’impatience s’était mêlé à la fébrilité à l’annonce de ce Metro 2034. Serait il à la hauteur de son illustre ainé ? Direction le synopsis.

Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky

La station Sevastopolskaya n’a plus de nouvelle de sa caravane et sa position ne lui permet pas de rester si longtemps sans ravitaillement. Toutes les patrouilles envoyées ne sont jamais revenues. Alors que la situation empire, le chef militaire de la station ne peut qu’acquiesçait lorsque le mystérieux Brigadier apparu deux mois plus tôt décide d’embarquer un membre de la garde, Homère, pour aller enquêter. Les entrailles du métro vont alors les engloutir, ils sont en partance pour les ténèbres.

Metro 2034 n’est pas la suite directe de Metro 2033. D’ailleurs pour bien le marquer, l’histoire commence dans une station diamétralement opposée, à une année d’intervalle. On croisera bien Artyom dans le métro sans toutefois être vraiment sûr que c’est lui, son caractère parait bien différent mais les évènements qu’il a vécu y sont sans doute pour quelque chose. Mais passons, il n’est ici que de peu d’intérêt. Le personnage principal de cette nouvelle aventure est Homère qui suivra le redoutable Hunter déjà croisé dans Metro 2033, un petit groupe auquel viendra s’ajouter une jeune fille, Sacha.

Dmitry Glukhovsky

Dmitry Glukhovsky

Comme dans le tome précédent, j’ai trouvé les personnages plutôt travaillés, en se concentrant sur ce trio, Dmitry Glukhovsky se permet de considérer les autres intervenants un peu comme des cailloux sur leur route. Homère est mon personnage préféré, un vieillard, tout est relatif 60 ans dans le métro c’est vieux, en quête d’éternité dans ce réseau souterrain condamné à la damnation. Son calepin et son stylo vont devenir ses meilleures armes, et j’en viens même à me demander si ce Metro 2034 n’est pas son œuvre. Hunter représente le coté bestial du groupe, un homme en régression, il souffre, ses deux personnalités se battent constamment et c’est par lui que la violence et l’action s’exprimeront dans ce récit. Sacha quant à elle n’apporte pas vraiment une touche féminine à l’histoire, c’est plutôt son innocence et sa naïveté qui vont frapper le lecteur. Comment peut on rester comme elle dans un environnement aussi hostile et après avoir la mort dans les yeux.

Leurs trépidations ne vont pas les emmenés bien loin, on ne voit qu’une légère partie du métro, et on a un peu l’impression de tourner en rond. Comparé à l’épopée homérique d’Artyom dans Metro 2033, je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçu. L’histoire, même si elle est bien construite n’a pas réussi à autant m’accrocher que le premier tome de ce diptyque. Je sais que c’est un peu laid de comparer deux bouquins entre eux mais les points de similarité sont trop nombreux pour que je m’en empêche. Le décor, l’ambiance nous rappelle qu’on est bien dans le métro moscovite post-apocalyptique. Les ténèbres sont toujours aussi palpables mais l’effet de surprise est passé et on ressent moins de tension à suivre nos personnages arpenter les couloirs sombres.

Metro 2033 UniverseLe bestiaire quant à lui répond toujours présent. Et il est toujours aussi effrayant, effroyablement muté et difficile à dézinguer. Leur allure incertaine, la description de moult crocs et muscles saillants rajoute à l’effet d’horreur et les confrontations avec ces derniers de nos héros ne vous laisseront aucun répit jusqu’à leur dénouement. Dommage qu’il y en ait aussi peu. Les affrontements et les escarmouches, dans le chaos qui les caractérise, sont toujours aussi bien rendus. Les passages en extérieur ont quasiment disparu et le peu qui s’y déroule n’a pas la même intensité que ce à quoi  l’auteur nous avait habitué dans cet univers hostile.

La géopolitique du métro est ici exploitée de manière très succincte, c’est un peu dommage étant donné tous les efforts déployés à sa création. Dmitry Glukhovsky laisse un sacré nombre de portes ouvertes à d’autres aventures et l’on se prend à rêver en regardant les légendes des deux plans qui ornent la couverture intérieur. J’en viens à me demander, voir espérer, que l’univers étendu par d’autres auteurs atteindra nos vertes contrées.

Le rythme est plutôt soutenu et malgré mes reproches, on ne voit pas passer les 400 pages qui composent Metro 2034, la preuve je l’ai lu en une matinée sans pouvoir le lâcher. Conclusion, ça se lit très bien et la traduction de Denis E. Savine est fluide, les noms russes ne freinent en rien. Je me suis surpris à aller jeter un coup d’œil à la carte de temps en temps, pour savoir où nos héros se trouvait et suivre leur progression. C’est là que j’ai vu qu’on ne voyait pas grand chose du métro, une légère frustration.

Metro 2034 de Dmitry GlukhovskyLa couverture de Dirk Schulz reste dans la veine du premier tome, arborant du jaune à la place du rouge, sobre et efficace. Les éditions l’Atalante fournissent au passage toujours des éditions de qualité. A noter la future sortie en 2012 du jeu vidéo Metro : Last Light tiré du roman, il faudra voir ce que ça donne, le jeu tiré du premier tome étant bien agréable et flippant, malgré quelques défauts.

Au final, Metro 2034 est un bon livre de Science-Fiction, mais qui n’atteint pas l’intérêt que Metro 2033 avait suscité chez moi. Même si mon avis global peut sembler négatif, il faut se rappeler que je gardais son ainé en tête et qu’il était lui même supérieur aux productions actuelles. Metro 2034 n’en demeure pas loin un excellent choix de lecture qui peut assez facilement se lire indépendamment du précédent, je vous inviterai même à les lire dans le désordre pour en quelque sorte profiter d’une montée en puissance, créant votre propre exploration du métro moscovite.


Victimes et Bourreaux des éditions Mnémos

dabYo dans Critiques, Livres le 26 juillet 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Victimes et Bourreaux est la troisième anthologie de nouvelles du festival des Imaginales centré autour d’un thème et publié par les éditions Mnémos. L’année dernière, Serafina vous parlait de Magiciennes et Sorciers, un recueil qui nous avait permis de découvrir quelques auteurs de talent, notamment Lionel Davoust. Cette année encore l’anthologie est sous la direction de Stéphanie Nicot, et la couverture plutôt monochrome est signée Julien Delval. Recueil oblige, pas de synopsis, vous vous en doutez bien.

Victimes et Bourreaux des éditions Mnémos

Cette fois, ce sont douze auteurs français qui sont partis pour l’aventure. Vous vous en doutez, le thème est la torture, mais cette dernière ne se révèlera pas forcément être physique, elle pourra être psychologique, ou encore, avec un bourreau dont l’identité n’est pas forcément celle qui saute aux yeux au départ. Sur les douze auteurs français, je dois avouer que je n’en connaissais pas beaucoup. Si j’ai déjà été conquis par Pierre Bordage, notamment grâce à La Fraternité du Panca, et que je suis un fanboy des deux romans écrits par Maïa Mazaurrette, que j’ai plutôt aimé le roman de Charlotte Bousquet, les autres ne me disaient rien. Et c’est justement là un des intérêts de cette anthologie: outre un thème intéressant, elle permet de découvrir des auteurs qu’on ne lirait peut être pas autrement.

La Stratégie de l’Araignée de Charlotte Bousquet

Cette nouvelle se déroule dans l’univers que j’ai pu découvrir avec Cytheriae, même s’il n’est pas nécessaire d’en connaître des détails pour apprécier la nouvelle. Elle se concentre particulièrement sur la relation entre deux personnages impliqués dans une torture. Assez classique dans la tournure, elle est plutôt sympathique à lire et très bien écrite.

Qjörll l’Assassin de Michel Robert

Cette nouvelle de l’auteur français nous plonge dans un univers qui mêle chevaliers et far west. Si le début est assez difficile  à suivre, avec de nombreux personnages et non, on fini par prendre le train et vouloir connaître la suite. Dommage, tout de même, de voir venir la fin et de ne pas être surpris par ce qui est supposément un retournement de situation.

Que justice soit faite ! de Maïa Mazaurette

Dès les premières lignes on retrouve le style agressif et dérangeant de Maïa Mazaurette. Celui qui fait que ses textes sont facilement identifiables et qu’ils me plaisent. On a le droit à un thème religieux, mais là encore comme pour Dehors les chiens, les infidèles, il ne faut pas chercher de critique, juste une histoire. Un savant mélange de folie qui m’a d’ailleurs bien plu.

Qui sera le bourreau? de Pierre Bordage

On m’en avait dit beaucoup de bien, et j’attendais forcement avec impatience la nouvelle de cet auteur que j’aime tant. C’est vrai qu’elle a de très bons côtés, qu’elle est très bien écrite, mais je l’ai presque trouvée… trop longue. Pour seize pages, c’est presque un comble. L’idée de base est bonne, le traitement aussi, mais j’ai trouvé le tout un poil répétitif.

Ton visage et mon coeur de Nathalie Dau

Avec son début très classique, la nouvelle ne me bottais pas vraiment. Une histoire de guerre, de soldat déchu… Mouais. Et puis, quelques pages ont suffit pour m’embarquer dans cette histoire d’amour manqué. Je dois avouer que cette nouvelle fait partie de mes préférées, le traitement est réussi, beau.

Frères d’Armes de Jeanne-A Debats

Vient ensuite une nouvelle qui m’a laissé perplexe: l’univers y est en effet tellement vaste, complexe et avec tant de termes qui lui sont propres que comprendre la nouvelle et le texte est d’une difficulté hallucinante. C’est dommage, car ça avait l’air très intéressant, le déroulement bien trouvé. Mais voilà, on passe tellement de temps à tenter de comprendre ce qu’il s’y passe qu’on rate le récit, on passe carrément à côté. Dommage.

Désolation de Jean-Philippe Jaworski

On entend beaucoup parler de cet auteur depuis quelques temps, et cette nouvelle était mon premier avant goût. C’est là aussi la plus longue nouvelle du recueil, il y a de nombreuses descriptions de paysages, qui aident à poser l’ambiance. Mais bien que j’ai trouvé sa fin très intéressante, j’ai quand même eu l’impression qu’elle trainait un peu trop en longueur, donnant notamment un peu trouvant souvent l’impression de lire une revisite du Seigneur des Anneaux. Une revisite bien sympathique, cela dit.

Au-delà des murs de Lionel Davoust

Sans aucun doute la nouvelle qui m’a le plus plu dans ce roman, et encore plus après coup, en y repensant. L’idée sur laquelle va finir par nous amener Lionel Davoust est tout simplement géniale, et je pense m’en souvenir pendant un petit bout de temps encore. Ce qui est un bon point pour le texte court qu’est la nouvelle. A cette idée vient se greffer tout un univers autour qui donne vraiment envie. Entre Steampunk et Fantasy, j’espère bien pouvoir y retourner. La narration est elle aussi au rendez vous, bref, j’ai hâte d’en relire.

Victimes et Bourreaux des éditions MnémosJe ne vous ai parlé que de celles qui m’ont le plus marqué. Je dois avouer que j’ai trouvé les nouvelles de Sam Nell et Paul Beorn sympathiques, mais elles ne m’ont pas tant marquer que ça. Au contraire par contre, celles de Justine Niogret et Xavier Mauméjean m’ont carrément laissé perplexe. Peut être n’ai-je pas la fibre assez poétique pour être touché par les textes.

Au final, cette anthologie ne souffre pas du défaut qu’on avait pu reprocher à Magiciennes et Sorciers: les nouvelles sont pour la plupart toutes agréables à lire même sans connaître l’univers de l’auteur. Quelques exceptions certes, mais pas assez pour gâcher la lecture. Victimes et Bourreaux est sans aucun doute un des meilleurs moyens de découvrir des auteurs français qui risquent de vous plaire.