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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Comme l’année dernière, on commence cette rétrospective de l’année 2010 par un petit florilège de livres que nous avons lus pendant l’année, qui n’y sont pas forcement sortis, mais que nous avons beaucoup appréciés. Des petits, des longs, des trop longs, des trop courts. Quelques trop bien, beaucoup de moyen, et beaucoup trop de mauvais. Mais ici nous allons essayer de nous remémorer des bons, ceux que l’on a apprécié lire. Pas forcement ceux dont on se souviendra de façon impérissable, mais assurément les meilleurs de cette année. Et l’année fut tout de même très riche en bonnes lectures !

Rétrospective if is Dead 2010
Le top littéraire de 2010
Le flop littéraire de 2010
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2010

dabYo: Les Fables de l’Humpur, Maïa Mazaurette et Cytheriae

Bien que j’ai lu moins de livres que l’année dernière, cette année 2010 a été marquée par de nombreux titres bons, et assez souvent très bons. Tellement que j’aurai presque du mal à me limiter pour en choisir qu’une poignée que j’ai aimé, alors ne parlons même pas de choisir celui que j’ai préféré…

Les Fables de l'Humpur de Pierre BordageL’année a tout d’abord été marquée par un auteur français que j’avais découvert en 2009, il s’agit de Pierre Bordage avec Les Fables de l’Humpur récemment réédité par Au Diable Vauvert. Récit de Fantasy pur et dur se transformant peu à peu en Science-Fiction, ce fut une très agréable découverte, une de ces claques dont on ne se remet que difficilement… Il aurait très bien pu être mon livre préféré de cette année.

Autre candidat à la marche suprême, candidate même et française qui plus est, Maïa Mazaurette et ses deux premiers romans d’Imaginaire. J’avais commencé l’année avec Rien ne nous survira, Le pire est avenir et j’ai terminé avec Dehors les chiens, les infidèles. Les deux m’ont autant ravi, les deux m’ont pris et ne m’ont plus relâché avant que je ne les aies fini. J’ai vraiment hâte de lire ses prochaines publication du genre.

Cytheriae de Charlotte BousquetAutre registre, mais toujours avec une jeune auteur française que j’ai découverte cette année, Cytheriae de Charlotte Bousquet aux éditions Mnémos. Je n’attendais rien de ce roman puisque je ne connaissais pas l’auteur, et j’ai été vraiment surpris. Entre une intrigue rondement menée et un côté « romantique » et « sombre » rafraichissant, cette lecture s’est avérée passionnante. L’ambiance était vraiment prenante et j’aimerai bien retourner dans son univers.

Comme l’année dernière, j’aurai aussi pu citer Johan Heliot et sa série La Quête d’Espérance qui se termine avec un univers plus intéressant que jamais. Ou encore L’ombre de Saganami de David Weber, qui était ma première incursion dans le monde de la Hard SF.

Au final, 2010 aura été une excellente année. De très bons livres dans mon top, ce qui a même relégué certaines œuvres plutôt bonnes au rang de grands oubliés. Espérons que cela continue en 2011.

illman: World War Z, l’empire ultime, Ender, l’exil

J’ai lu un peu de tout en 2010, en général, j’aime un minimum tout ce que je lis. Et dans les 28 bouquins que je me suis coltiné, j’en ai sélectionné quelque uns que j’ai vraiment apprécié et il m’en reste sous la main à descendre pour plus tard. Même si j’ai fait des petits écarts, c’était une année plutôt Science Fiction et Fantastique.

Guide de Survie en Territoire Zombie de Max BrooksWorld War Z de Max Brooks en est le parfait exemple, je ne l’ai encore chroniqué nulle part mais c’est le meilleur bouquin de Zombies qu’il m’ait été donné de lire. Le style du roman est assez particulier et l’auteur nous happe jusqu’à ce que l’on tourne la dernière page. Dans le même univers, l’auteur nous gratifiait d’un très sérieux Guide de survie en territoire Zombie, indispensable pour se préparer à l’apocalypse. Toujours cette année, et toujours dans la même veine, je noterais aussi Zombies, un horizon de cendres de Jean Pierre Andrevon que j’ai pu découvrir grâce à la plate forme e-Bélial’ et que j’ai trouvé divertissant. Vous avez les bases pour vous faire un trip à base de zombies avec ça.

L’empire Ultime de Brandon Sanderson chez Orbit a été la révélation Fantasy de l’année de mon point de vue, alliant un univers original et des personnages attachants.

Dernières Nouvelles de la Terre de Pierre BordageCôté Science Fiction, je retiendrai Ender l’exil, mon premier bouquin de Orson Scott Card, j’ai été plutôt bluffé par la qualité d’ensemble, comme si l’auteur nous dessinait un grand tableau cosmique. Dans le même genre, le recueil de nouvelles Dernières nouvelles de la Terre de Pierre Bordage valait largement le détour.

Pêle-mêle, j’aurai pu citer Le coup du cavalier de Walter Jon Williams, avec sa couverture immonde ou encore L’île des Morts de Roger Zelazny et puis aussi un Jules Verne que je n’avais pas encore lu, Le château des Carpathes.

Espérons que 2011 soit aussi rempli de bons ouvrages, pour l’instant c’est le cas, on est le 2 janvier et j’ai déjà dévoré deux romans de chez Eclipse.

Serafina: Robert Ludlum, La Laiteuse et son Chat et le Mal en la Demeure

Cette année fut beaucoup moins chargée en lecture que la précédente, vu que je n’ai lu qu’une petite cinquantaine de livres. Et malheureusement, beaucoup de très moyens, voir de mauvais. De ce fait il ne fut pas si facile de vous choisir mes pépites de l’année. Tout de même certains romans se démarquaient.

La Mémoire dans la Peau de Robert LudlumC’est le cas de la Mémoire dans la Peau de Robert Ludlum que j’ai dévoré en début d’année. Une intrigue extrêmement prenante, des retournements de situation maniés d’une main de maître… Le grand manitou de l’espionnage qu’est Ludlum signait la ma première incursion dans le roman du genre, et quelle entrée ! Je vous le conseille chaudement.

Ce fut aussi une année riche en lectures de petits éditeurs indépendants, je pense notamment aux éditions du Chat Rouge, avec La Laiteuse et son chat de Gerald Duchemin, une novella de toute beauté, d’une très grande douceur et pleine de grâce. A lire absolument. L’autre bonne surprise, c’est Stéphane Soutoul et sa novella Le mal en la demeure, une petite pépite très romanthique et très « gothique ». Un auteur à suivre de très près.

Le Mal en la Demeure de Stéphane SoutoulSi j’ai lu beaucoup de Bit-Lit cette année, une seule série mérite de figurer ici, c’est bien sur Vicki Nelson, la detective de Tanya Huff. Une série loin des clichés du genre, loin du cul-cul de certains titres.

On aurait aussi pu citer La Marque d’Alain le Bussy, L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman ou Fils de l’ombre de Juliet Marillier.

Au final, une sélection surtout Fantastique, avec un poil de Thriller. Pas de SF, peu de Fantasy, cette année ne m’ayant donné presque que de mauvais livres à lire dans ces genre… C’est dabYo et illman qui ont eu les meilleurs. Dommage.

Et vous ? Qu’avez vous aimé en 2010 ?

Du coup, on parle beaucoup de nous, blabla, mais bon, si on parlait un peu de vous ? Qu’avec vous aimé cette année ? Avez vous suivi certaines de nos recommandations ? Étaient-t’elles justes ?


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Difficile d’être passé à côté d’Ultimo si vous étiez sur Paris cet automne, puisque Kaze a mis les moyens pour promouvoir l’arrivée de la série de Stan Lee en France: magazines, publicités dans le métro, tout y passait. Mais… Stan Lee vous dites ? En manga ? Mais c’est pas plutôt les comics lui ? Et bien si, mais pour d’obscures raisons une collaboration a pu avoir lieu entre le créatif de renom de Marvel et le japonais Hiroyuki Takei, notamment à l’origine de Shaman King. De ce travail commun est né Krakuri Dôji Ultimo, dit « Ultimo », une série Shonen débutée en 2009 au Japon et encore en cours de publication. Alors, que vaut cette collaboration ? Stan Lee peut il passer avec succès de la bd américaine à la japonaise ? Synopsis.

Karakuridôji Ultimo, Tome 1, de Stan Lee et Hiroyuki Takei

Au XIIème siècle, sur les terres japonaises, ont été créées deux Karakuridôji particulières. La première, incarnation du bien, et la seconde, incarnation du mal. C’est un fabriquant assez mégalo qui les a créé dans le seul but de savoir qui du Mal ou du Bien vaincra. Mais c’est à notre époque que l’histoire va réellement débuter, puisque le corps d’un des deux pantins a été découvert et réveillé par Yamato, un lycéen courageux mais pas des plus doués pour l’assiduité en cours.

Si vous connaissez Shaman King, vous devez déjà vous douter que l’on va retrouver des similitudes entre les deux œuvres. Et c’est bien le cas, puisqu’on découvre rapidement que notre héros va pouvoir se battre avec son Karakuridôji, et qu’il n’est pas le seul à le faire à notre époque. Ces marionnettes n’en sont pas vraiment, elles sont vivantes et ont leur propre personnalité, elles collaborent avec leur maître et un lien pour l’instant inconnu les lie. Difficile de ne pas penser aux fantômes qui combattent avec leur maître dans le célèbre manga de l’auteur.

Quoi qu’il en soit, c’est cet univers que le premier tome va tenter de mettre en place, en créant aussi un lien avec le passé puisque l’histoire semble se dérouler sur plusieurs époques. En effet, on retrouvera au fil de la lecture des flashbacks où les personnages du passé arborent des chara-design et des personnalités identiques. Le principe de la réincarnation des âmes est sans doute à considérer, puisque plus ou moins évoqué au long de la lecture. C’est en tout cas un univers riche que nous proposent ici Hiroyuki Takei et Stan Lee, assez loin de ce que l’on connaît habituellement de la part de l’américain, mais très proche de celui du japonais.

Karakuridôji Ultimo de Stan Lee et Hiroyuki Takei

C’est cependant là le plus gros point fort d’Ultimo, et je dirai presque, son seul. Le style des dessins est quasi identique à celui qu’on a pu voir dans Shaman King, on aime ou on aime pas. Sa finition reste cependant de très bonne facture, quoi qu’un peu simple et très typée. Il est plus ou moins reconnaissable mais loin d’être inoubliable, tant il est proche d’autres œuvres du même genre. La découpe générale est assez dynamique et l’action prenante, mais c’est plus par la narration et les dialogues que l’œuvre pêche. En effet, la plupart des dialogues sonnent plutôt creux et ne donnent pas envie d’en savoir plus, niais à souhait la plupart du temps, quand il n’est pas tout simplement ultra caricatural.

Un problème d’autant plus gênant que l’univers n’est pas très engageant à première vue. Une histoire de marionnettes avec des pouvoirs, ça fait très déjà vu. Les révélations successives que l’on nous fait, que ce soit sur les Karakuridôji ou bien sur la réincarnation des âmes font beaucoup pour un premier tome, un peu comme un Thriller qui, n’arrivant pas à démarrer grâce à sa mise en scène et ses personnages, joue la carte des révélations mystères. Comme on dit souvent, trop de mystère tue le mystère, et le manque de réponse est parfois trop frustrant pour continuer. Mais il ne s’agit que d’un premier tome, ne l’oublions pas.

Karakuridôji Ultimo, Tome 1, de Stan Lee et Hiroyuki TakeiAu final, j’ai été surpris du thème du manga, qui ne colle pas vraiment à ce que je pouvais imaginer d’un Stan Lee. C’est quelque part agréable de le voir dans un univers un peu différent des super-héros, bien que je sois loin de connaître l’ensemble de ses œuvres. Surprenant de par son univers qui pourrait s’avérer intéressant et prenant, Karakuridôji Ultimo manque pour le moment de charisme pour convaincre et les trop nombreuses erreurs font de ce premier tome quelque chose d’assez décevant. Quand les dialogues sont plats et les personnalités des différents personnages fades, seul le scénario est là pour sauver un manga. A peine dévoilé lors de ce premier tome, espérons qu’il révèle quelques surprises par la suite sans quoi l’incursion de Stan Lee dans le monde du manga risque d’être vite oubliée.

Stan Lee

Fils de l’Ombre, Tome 2, de Juliet Marillier

Serafina dans Critiques, Livres le 26 décembre 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Ce deuxième tome de Fils de l’Ombre clos le deuxième volume de la Trilogie de Septenaigue, la trilogie de Juliet Marillier commencée avec Sœur des Cygnes, qui fut lui aussi coupé en deux en France. La couverture de Benjamin Carré est, à mon avis, la moins jolie de la saga, à cause de l’incrustation douteuse des tatouages. Cependant, comme j’ai adoré les trois autres tomes et qu’on ne juge pas un bouquin à sa couverture, je ne pouvais pas résister bien longtemps et j’ai rapidement commencé ce tome. Étant donné qu’il s’agit de la deuxième partie d’un même roman, je ne ferais pas de synopsis, et vous renvoie à ma chronique du premier tome.

Fils de l’Ombre, Tome 1, de Juliet Marillier

Le premier tome finissait de manière assez abrupte et pour cause, c’est une coupe arbitraire, au milieu d’un tome. Je ne suis pas fane de cette pratique, mais heureusement les éditions l’Atalante sortent les deux parties de manières rapprochée qui nous permet ainsi d’enchainer. Je vous déconseille de trop attendre entre les deux livres, c’est dommage, car on reprend exactement là où l’on s’était arrêté.

L’intrigue évolue doucement, et l’on retrouve les personnages de la première partie. Personnellement j’ai beaucoup apprécié Liadan, bien qu’elle soit fort différente de Sorcha. En effet, Liadan est un peu trop parfaite, et très intérieure. Elle pense beaucoup, agit peu ou prudemment. Cela pourrait être une Mary Sue, mais Juliet Marillier évite cet écueil en grande partie grâce à son style très agréable. Les personnages secondaires sont loin d’être laissés en rade et on a un panel assez attachant et émouvant.

Marillier semble cependant prendre le même chemin qu’avait emprunté Marion Zimmer Bradley, avec une Fantasy très féminine, voire féministe. Les hommes n’ont pas vraiment le beau rôle dans ce roman. On est encore assez éloigné de la caricature de Bradley, mais le roman est assez nettement engagé. Ce qui en ferait une littérature plutôt dédiée aux femmes, bien que les hommes pourront apprécier et trouver à la fois bien injuste leur image.

Son Of The Shadows Juliet Marillier

Une des multiples couvertures en V.O.

Nous sommes toujours dans une sorte de fantasy celtique, même si ce tome est bien moins riche en éléments fantastiques. On est très proche d’une histoire « plausible », et ce n’en est que mieux.  Le côté conte de fées est totalement absent de l’histoire. Si le premier Sœur des Cygnes était une réécriture d’un conte de Grimm, ici on est sur une histoire, apparemment, bâtie de zéro. Et je trouve que Marillier ne s’en sort pas mal du tout, son histoire est intéressante, et elle n’a pas besoin de background typé Fantasy pour être convaincante.

Fils de l’Ombre, Tome 1, de Juliet MarillierCependant, le rythme long, les nombreux passages de réflexion, les résolutions parfois convenues pourront rebuter certains lecteurs exigeants. Dont je n’ai pas fait partie. Je me suis peut être moins attachée à Liadan, il faut dire qu’elle ne vit pas les mêmes épreuves que sa mère, mais le livre reste d’un très bon niveau.

Ce tome clôt donc la deuxième partie de la Trilogie de Septenaigue. La dernière partie, elle aussi coupée en deux, sortira logiquement l’année prochaine aux éditions l’Atalante, et aucun doute que je me jetterais dessus. Pour le moment la série semble être de bonne facture, et je ne saurais que vous la conseiller. A coup sur dans les meilleurs romans que j’ai pu lire cette année.


La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

Serafina dans Critiques, Livres le 18 décembre 2010, avec 9 commentaires
Critiques

La Vampire de Christopher Pike est une assez vieille série autour des vampires, puisque son premier tome titré La Promesse date de 1993. Il s’agit, tout comme pour Les aventures de Vicki Nelson, d’une réédition par J’ai Lu d’une série proche du courant Bit-Lit devenue introuvable. Servi par une très belle couverture violette, une sorte de photo-montage très réussi, le roman m’a tout de suite attirée. En plus, il ne fait que 180 pages, ce qui promettait une lecture rapide. Je me trompais. Mais on va d’abord commencer avec le synopsis.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

Alisa Perne est une vampire, depuis 5000 ans. Convoquée par un détective privé, elle comprend que quelqu’un la recherche, quelqu’un qui est prêt à payer très cher et qui semble en savoir long sur elle. Alisa n’a plus qu’à trouver de qui il s’agit, et régler définitivement le problème.

Je suis désolée de ce synopsis court et assez bateau, mais pourtant il résume à peu près bien le contenu du livre. L’histoire est on ne peut plus basique, et le scénario truffé d’incohérences et de facilités, avec une mention spéciale pour le « super plan » final. L’histoire n’est ici qu’une excuse pour présenter le personnage et les relations qu’elle peut entretenir, le tout dans l’objectif d’avoir des bases pour la suite de la série.  Malheureusement pour nous l’héroïne est une pétasse pimbêche insupportable.

Tout comme l’héroïne de Witchling, Alisa passe son temps à nous dire combien elle est trop belle, trop bonne, trop forte, trop douée. La narration à la premier personne la rendant parfaitement antipathique. Alors certes, c’est une vampire, certes elle est bien plus gâtée que la plupart des mortels, mais est-ce nécessaire de nous rappeler à chaque fois qu’elle a une bonne vue, une bonne ouïe et qu’elle s’y connaît en ordinateurs ? Car oui, elle s’y connaît en ordinateurs… Du coup, on a le plaisir de découvrir qu’en 1993, on pouvait trouver sur des ordinateurs domestiques des fichiers qui font 2CD-rom, et qu’on grave en 5 minutes. Mais bien sûr. J’ai fini par lire les passages informatiques à haute voix à dabYo, tellement c’est du collector. Ça vaut presque le « HTML sensible à la casse » de Ceci n’est pas un jeu.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

La couverture originale

Évidemment, le tout est servi par un style d’écriture digne d’une fanfiction lycéenne. Première personne, très simpliste. Je crois que même une fanfiction serait mieux écrite. Vous pouvez d’ailleurs en juger par vous même en vous rendant sur le site de l’éditeur pour lire le premier chapitre. De ce fait, les 50 premières pages furent une torture. J’ai même inconsciemment oublié le livre au bureau. Cependant, et c’est là la grande surprise, le livre recèle une excellente surprise. Sa vision des vampires.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher PikeEn effet, les vampires viennent dans cette histoire de la vieille Inde, de l’Inde de l’époque de Krishna. L’héroïne a en effet des flashbacks, qui reviennent sur cette période  On y découvre donc les divinités indiennes, et tout le charme de l’ »Inde Mystique ». Le style s’y fait même oublier. Bien que l’idée ne soit pas du tout nouvelle, c’est rafraichissant. En effet, pour fonder le mythe du vampire, nous avons ici un démon Indien qui prend possession du « premier vampire ». Cela fait bien entendu penser aux Chroniques des Vampires de Anne Rice, dans lesquelles nous avons un démon égyptien qui prend possession du « premier vampire ». Heureusement, le coté religieux, lié à Krishna et semblant dicter les actes des vampires, est lui assez original.

Dommage que ces bonnes idées ne forment que trois chapitres dans le livre. Le reste étant totalement dispensable et inintéressant : les relations se forment en deux secondes, les intrigues sont résolues en claquant des doigts. Je lirai peut être le deux, surtout si il est court, pour voir si il y’a une évolution, mais pour le moment je ne vous conseille absolument pas cette série. Si La Vampire de Christopher Pike se révélait peut être intéressant à lire en 1993, aujourd’hui, il y a vraiment mieux à lire.


L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Serafina dans Critiques, Livres le 17 décembre 2010, avec 9 commentaires
Critiques

Dans ma très haute pile à lire se trouvait L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman que m’avait offert dabYo à Noël dernier. The graveyard book en V.O. est un roman paru en 2008, et traduit en 2009 par Valérie Le Plouhinec pour éditions Albin Michel. Il s’agit d’un roman jeunesse, en partie illustré à l’intérieur par Dave McKean et avec une très sympathique couverture de Laurent Besson. Il a reçu le prix Hugo et le prix Locus. Avec ça, on peut s’attendre au mieux. Synopsis ?

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Une nuit, le Jack décime une famille. Les parents et la fille succombent, mais un petit enfant de 2 ans parvient à s’échapper et aller jusqu’au cimetière. Cimetière où il sera adopté et surnommé Nobody Owens, Owens étant le nom de famille du couple qui l’adopte. L’enfant grandit, entre les fantômes et Silas, son « éducateur ». Relativement protégé dans son cimetière, il ignore qu’à l’extérieur, le Jack est bien décidé à terminer son travail.

Nous sommes donc en présence d’un roman jeunesse à l’ambiance très sombre dans du pur Fantastique mais surtout, aux thématiques très Burtonniennes. Il est difficile de ne pas faire le parallèle entre les deux, d’autant plus que les illustrations sont très tourmentées, « à la Burton« . Un soin tout particulier est d’ailleurs apporté au roman, de sa superbe couverture glacée aux illustrations intérieures, nous sommes vraiment en présence d’un bel objet et on ne peut que souligner le travail de l’éditeur qui signe un roman très soigné.

Comme on peut le pressentir, il s’agit d’un roman sur l’enfance, et sur la passage de l’enfance à l’age adulte. Le récit commence comme un Harry Potter, le héros découvre le monde du cimetière, les personnages… Personnages qui ne sont d’ailleurs pas en reste, bien que comme dans beaucoup de romans jeunesse, ils soient assez caricaturés. Ils sont traités avec beaucoup d’humour et on s’y attache très rapidement. Cependant, malgré le traitement jeunesse, ils sont loin d’être tous tout blanc ou tout noir, et on est a mille lieues des clichés qu’on aurait pu trouver dans le premier tome d’Ellana ou plus récemment, Doregon.

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

On retrouve un assez grand nombre d'illustration en noir et blanc de Dave McKean

Le conte prend ensuite un tournant plus initiatique, et est pétri de bonnes morales mais c’est effectué de manière assez délicate, et de ce fait cela ne devient pas agaçant pour les vieillards que nous sommes. Par bonne morale, j’entends par exemple la fois où lorsque Nobody désobéit, il lui arrive ensuite un malheur. Évidemment, certaines situations sont cousues de fil blanc, et assez « simples » notamment au niveau de leur résolution. Cependant, bien que destiné à la jeunesse, le livre est aussi un poil angoissant, notamment avec ces Jack organisés, et près à surgir à chaque coin de rue. Je pense que le coté horrifique est un point trop souvent délaissé dans la littérature jeunesse, pourtant, les plus jeunes aiment frissonner, comme en atteste le succès sans équivoque de la collection Chair de Poule. Je pense que cette peur littéraire est une bonne chose, bien que le livre puisse donner quelques cauchemars aux plus jeunes.

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil GaimanLa plume de Neil Gaiman, et sa traduction par Valérie Le Plouhinec, est toujours aussi succulente… Tout comme pour Stardust, il y a cependant de nombreuses références à la culture anglo-saxonne, bien que Nobody Owens soit beaucoup plus accessible que le livre su-cité. Mais les clins d’œils à des comptines enfantines sont intraduisibles et nécessitent des notes en bas de page. Je suppose que là, malheureusement, la barrière de la culture nous fait louper plusieurs traits d’humours. Car le bouquin n’en est pas dépourvu. Comme dans Burton, on oscille entre humour et noirceur.

Au final, ce roman de Neil Gaiman est clairement un de mes chouchous de l’année, je l’ai dévoré en un allez-retours à Paris, et je n’en suis pas déçue. Je vous le conseille sans hésiter, que vous soyez adultes, ou pour offrir cette année aux plus jeunes. Pour moi dès l’âge de 10 ans le roman peut plaire, bien qu’un poil effrayant. Et encore plus si vous aimez les contes gothiques, courrez !


Le Mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft

aka oni dans Critiques, Livres le 15 décembre 2010, avec 3 commentaires
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Il fallait bien qu’à un moment ou à un autre, je finisse par suivre les conseils de lecture d’if is Dead. Ça fait maintenant environ un an et demi que les propriétaires des lieux me laissent poster mes articles et ça commençait à faire peu sérieux de ne pas suivre leurs conseils de lecture. Aussi ai-je cédé et décidé de lire du Lovecraft, éminent auteur de Fantastique que je ne perdrai pas de temps à présenter.

Le Mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft

C’est L’affaire Charles Dexter Ward qui a été chroniquée dans ces colonnes par dabYo, il y a de cela un bout de temps. Mais le livre sur lequel j’ai mis la main est un petit recueil de nouvelles, Le Mythe de Cthulhu, qui regroupe quelques-unes des plus célèbres nouvelles de l’auteur américain : L’appel de Cthulu, La tourbière hantée, Par-delà le mur du sommeil, La peur qui rôde, La couleur tombée du ciel, et enfin Celui qui chuchotait dans les ténèbres. Un joli panel et une très bonne introduction à l’univers torturé de cet auteur, surtout célèbre pour être le père de Cthulu.

Le synopsis de chacune des nouvelles serait sans doute inutile. Le thème principal est cependant à chaque fois le même, de même que la trame du récit ; un homme, cultivé et très cartésien, se retrouve, par un concours de circonstances quelconque (le narrateur tombe sur des documents laissés en testament dans Le Mythe de Cthulu, soignant au chevet d’un malade dans Par-delà le mur du sommeil, etc.) confronté à des évènements étranges, effrayants et surnaturels. Au premier abord suspicieux, il va découvrir l’ampleur du phénomène et comprend que l’humanité est entourée de forces bien plus phénoménales que ce que le commun des mortels connaît. Cette idée d’une humanité ignorante et dépassée par des forces bien plus puissantes et cachées est fortement présente dans toutes les nouvelles du recueil.

Le Mythe de Cthulhu de H.P. LovecraftLe style lui-même est assez particulier ; les phrases sont lourdes, empesées, un peu ronflantes et il faut avouer que les premières pages ne se laissent pas lire facilement. Lovecraft semble mettre un point d’honneur à rajouter le plus d’adjectifs possible et la lecture n’en est pas facilitée – l’inverse exact d’un Hemingway. Pourtant, l’auteur avait indéniablement un talent certain pour créer des atmosphères particulières. La barrière du style est la plupart du temps vite brisée tant on veut connaître la fin. Si certaines des nouvelles m’ont quelque peu déçu (je pense à La Tourbière Hantée, Par-delà le mur du sommeil et à La peur qui rôde, dont les fins ne m’ont pas vraiment plu), les autres, en revanche, sont magistrales – en particulier la dernière, Celui qui chuchotait dans les ténèbres, dont l’intrigue est amenée, développée et achevée avec brio. La fin est magistrale.

Lovecraft semblait influencé par Edgar Allan Poe, autre auteur de romans sombres (qui vécut quelques décennies avant lui), d’après ce que j’en ai lu, et effectivement, cela se ressent, non pas au niveau du style – celui de Poe était mieux maîtrisé, et de toute façon assez différent –, mais au niveau de l’atmosphère générale. Il y a indéniablement des ressemblances indéfinissables entre les ambiances développées par les deux auteurs.

Pour conclure, même si certaines des nouvelles ne sont pas fantastiques, elles restent de bonne facture et lire Lovecraft est de toute façon un bon moment. L’histoire accroche le lecteur et le pousse à continuer pour connaître le dénouement. Un auteur « classique » qui a de bonnes raisons pour l’être !


Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 13 décembre 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Les Joueurs du Ā est le deuxième volume du Cycle du Ā de A.E. Van Vogt. Il est la suite directe du premier tome, Le mondes des Ā, chroniqué précédemment par dabYo. Traduit une première fois en français en 1956 par Boris Vian, il a ensuite été réédité dans les années 70 dans sa version définitive avec complément d’informations de l’auteur. C’est cette réédition que l’on peut retrouver depuis quelque temps dans une intégrale aux éditions J’ai Lu. Ce second tome reste dans la lignée de son prédécesseur, on est donc dans de la Science Fiction pure et dure avec une pointe de Thriller et de Space Opéra. Suite oblige, vous n’avez pas le droit à un sysopsis, sachez juste que Gilbert Gosseyn va vite se retrouver embarqué dans une guerre à l’échelle galactique à son insu, qu’il devra à tout prix arrêter.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

On se retrouve donc à voyager sur plusieurs planètes, chacune d’elles influencées de façon différente par la guerre. On retrouve bien entendu la Terre et Vénus, planète abritant la population Ā, mais aussi de nouveaux mondes, inconnus jusque là. Qui dit voyage à l’échelle galactique dit ennemis à la même échelle, tel le Disciple, personnage énigmatique capable de se déphaser de la réalité, et Enro Le Rouge, leader galactique mégalo-maniaque aperçu brièvement dans le tome précédent. Il est à noter que les méchants ne sont pas là que pour faire joli (au moins un en tout cas) et une fois leur passé révélé, on comprend vraiment comment ils sont arrivés là. Bien que leurs motivations restent basiques si l’on peut dire (fanatisme religieux, conquête du pouvoir), je ne peux m’empêcher de penser que Van Vogt essaie de faire passer un message en nous montrant comment évoluera notre civilisation si nous restons dans un système de pensée limbique ou aristotélicienne.

Le style du livre ne change pas beaucoup par rapport au précédent. Comme je le disais, nous restons dans de la Science Fiction mêlée à un Thriller, bien que le côté Space Opera soit ici plus poussé que dans le premier tome. L’impression de manipulation qui caractérisait Le monde du Ā reste et s’intensifie. Car même si Gosseyn a pris le contrôle de sa vie, ce n’est pas pour autant qu’il a toutes les réponses. Il se retrouve souvent à se demander ce qu’il doit faire.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van Vogt

L’histoire est extrêmement captivante, il n’y a pas vraiment de temps mort. Cela tient en grande partie au caractère pressant de stopper la guerre. L’auteur nous tient en haleine jusqu’à la fin, et la fin arrive un peu sans prévenir, sans que l’on puisse la prévoir. Les rares phases où il ne se passe rien (souvent des voyages interstellaires) sont soit éclipsées, soit remplacées par une action sur une planète différente. Tout s’enchaine assez vite, sauf peut être le début, et encore. Le côté scientifique et technologique reste très présent dans ce tome. Les termes et les concepts restent cependant assez abordables. On ne se perd pas dans les explications et elles sont compréhensibles et s’intègrent parfaitement à l’histoire.

Les Joueurs du Ā, le Cycle du Ā Tome 2, de A.E. Van VogtCôté écriture, A.E. Van Vogt continue sur la même lancée. Bien que lors de la lecture de ce second tome, je ne me suis pas vraiment senti dépaysé ou perdu par son style. Je l’ai même trouvé très agréable à lire. Peut être est ce parce que je me suis habitué à sa manière d’écrire, car j’ai lu les deux livres l’un après l’autre. L’auteur continue à nous vanter les bienfaits de la sémantique générale et nous met même des extraits de sa thèse sur le sujet. Et il faut avouer que ces petits extraits permettent au lecteur d’avoir une compréhension, bien que limitée, de la sémantique générale. Car il ne faut pas croire qu’en lisant le cycle vous deviendrez un expert en Ā, mais vous aurez une idée générale de ce que ça signifie et de ce que ça implique. De plus, l’auteur nous offre même une postface dans laquelle il revient sur sa vision d’un pays gouverné et habité par des adeptes du Ā, en grande partie pour l’approfondir.

En résumé, j’ai beaucoup aimé lire Les Joueurs du Ā, que j’ai trouvé plus accessible que le premier. La sémantique générale est mieux compréhensible grâce aux différents extraits de la thèse de Van Vogt au début de chaque chapitre. Le scénario n’a rien à envier à celui de l’opus précédent. C’est assurément une série à avoir dans sa bibliothèque, même si les débuts sont durs. En tout cas moi je vais me dépêcher de lire le dernier tome du cycle, La fin du Ā.

Ā

Les Portes de Doregon est le premier tome de la saga de Doregon, écrit par Carina Rozenfeld. L’auteur française est publiée dans la collection jeunesse de l’Atalante, et son roman est enrobé d’une couverture sublime de Benjamin Carré. Il faut dire que cette couverture de toute beauté a fortement joué sur mon envie de lire le roman, d’autant que je n’avais jusqu’à présent jamais pu lire de travaux de l’auteur. Synopsis ?

Les portes de Doregon de Carina Rozenfeld

Mia est une étudiante au beaux-arts qui peint depuis toujours un monde fantastique : Doregon. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle apprend que ce monde existe réellement, qu’elle est désignée pour être le Veilleur de ce monde et que des milliers d’autres mondes existent ! Elle ne résiste pas à partager cette découverte à Josh, son amour, et Moone son frère. Sauf qu’une ombre plane sur Doregon, et en les faisant entrer dans ce monde, elle a peut être bien scellé leur destin.

Alors là, si vous êtes un tant soit peu familier du  roman jeunesse, vous redoutez un peu que l’on tombe dans le vu et re-vu. En effet, niveau cliché, on est pas loin de la totale. Le monde parallèle, le frère darkinou, les dessins qui permettent de voyager… Arg. Heureusement, le roman a quelques bonnes idées qui permettent d’adoucir tout ces clichés. En effet, en plus de voyager entre les mondes, Mia peut voyager dans les lignes du temps, et notamment changer le cours de l’histoire, même si c’est à priori interdit.

Carina Rozenfeld

Carina Rozenfeld aux Imaginales

Du coup, Les Portes de Doregon va nous proposer deux versions de l’histoire, « ce qui se passe » et « ce qui aurait du se passer« . J’ai trouvé le principe très intéressant et prometteur. Malheureusement, le tout est assez mal équilibré : on a 4 chapitres de « ce qui se passe » et plus de trente qui se centre sur « ce qui aurait du se passer« . Cette grande différence nous ferait presque oublier le principe, et je pense qu’il aurait pu être pertinent d’avoir les deux en parallèle, car je dois avouer que je n’ai pas trouvé que l’histoire de « ce qui aurait du se passer » brille d’originalité.

Malheureusement, ce n’est pas non plus les personnages qui vont relever le niveau. D’une manière générale, je les ai trouvé très plats et sans vrai relief.  Je trouve qu’il manque sérieusement de profondeurs. Je sait on est dans la littérature jeunesse, il est donc logique d’avoir des personnages aux personnalités plus lisses et moins marquées, Ewilan l’un des « best seller » du genre n’est pas mieux par exemple; mais j’ai trouvé cela dommage. Mia et Josh dont l’histoire d’amour va pourtant être très forte ne m’ont pas touchés une seule seconde, alors que vous le savez, je suis terriblement bon public.

A cela s’ajoute le style de l’auteur avec lequel j’ai eu beaucoup de mal, et ses dialogues que j’ai trouvé trop sur-joué, ça sonne tout sauf naturel. La lecture donne assez souvent des impressions de répétition, avec parfois des mots « savants » qui sont répétés à tord et à travers dans la même page, pour parler d’un objet qui finalement n’a que peu d’importance. Je pense notamment d’un passage où un synonyme pour « parquet » est utilisé cinq fois dans la même page, était-il nécessaire d’en parler tant ?

Les portes de Doregon de Carina RozenfeldAu final , j’ai beaucoup peiné à lire Les Portes de Doregon car je ne suis pas du tout rentrée dedans. L’intrigue et les univers sont assez convenus, et le principe de voyage temporel n’est que trop peu exploité. J’ai l’impression d’être passée totalement à coté et pour tout dire je me suis beaucoup ennuyée. J’ai du intercaler un autre livre au milieu pour finalement revenir finir ce premier tome de Doregon.

Le livre reste sympathique et plaira sans doute aux plus jeunes. Cependant, contrairement à Mal-Morts de Jean-Marc Ligny ou à La Quête d’Espérance de Johan Heliot, je ne pense pas qu’il soit à conseiller pour une personne plus agée ou ayant déjà beaucoup lu, dommage.


J’avais très hâte de lire Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette, et pour cause, le premier roman de cette auteur française que j’ai lu était Rien ne nous survivra. Bien que je l’ai lu en tout début de cette année 2010, il fait encore parti de mes préférés et des mieux placés pour mon coup de cœur de l’année. Mais peut on passer de la Science-Fiction limite post-apocalyptique à la Fantasy sans y laisser quelques plumes ? La provocation de Maïa Mazaurette continue-t’elle de faire mouche ? Vous répondre tout de suite gâcherait le goût du suspens, alors commençons par le synopsis de son premier roman à sortir en poche, aux éditions Folio SF.

Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette

Spérance fait parti du dernier groupe de quêteurs envoyés par l’Église pour retrouver l’Étoile du Matin. Car depuis que Galaad a été vaincu et son épée légendaire perdue, le soleil ne brille plus sur les contrées d’occident et les Ténèbres s’étendent de plus en plus, faisant de l’Anti-Pape l’homme le plus puissant du monde, et du culte de Satan celui le plus profitable. C’est ainsi que depuis 80 ans sont envoyés tous les cinq ans, cinq adolescents, livrés à eux même mais formés pour cette longue recherche. A ses côtés, Spérence peut compter sur Vaast l’espion, Lièpre la sentinelle, Cyphérien et Astasie, formée par l’Inquisition elle même.

Dès le résumé le décor est planté, c’est en terre religieuse que nous embarquons, et nos héros ont de fortes chances d’être des fanatiques. J’avoue que je redoutais au départ de tomber sur un roman qui soit un peu trop bateau, nous faisant la morale comme quoi l’Église c’est mal, etc. Et les premières pages nous le confirment presque, puisqu’on découvre un groupe d’adolescents fanatiques au plus haut point, dont les actions sont guidées uniquement par la foi et la haine des infidèles, ceux qui ne croient pas, ou qui se sont dévoués à Satan. Et pourtant, au fur à mesure, on se rend compte qu’on est face à une œuvre réellement originale, qui ne se contente pas d’utiliser des recettes vues et revues.

La première surprise, c’est sans aucun doute que Dieu n’y ait pas qu’une abstraction. Ce n’est pas qu’une foi sans argument visible. Non, Dieu se manifeste dans ce monde, monde où les miracles ne sont pas rares. Éclairs symboliques, apparitions d’Anges, illuminations, miracles, tout ce qu’on pense faux y existe bien, donnant par là même une raison d’avoir la foi, tout du moins à nos héros. C’est une notion importante, surtout lorsque le lecteur est athé, car du coup la foi de nos héros, bien qu’on puisse la juger bien trop fanatique, trouve une sorte de justification. On ne croit pas en un vide, on croit en quelque chose qui existe. Et c’est finalement là ce qu’on pourrait nommer magie de ce roman de Fantasy.

Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette

On pourrait au départ penser que Dehors les chiens, les infidèles va se révéler être une quête initiatique pour nos héros, et pourtant il n’en est rien non plus. Le roman est en fait une succession de surprises et de déconvenues qui va rendre la lecture du roman totalement addictive. J’ai fini le bouquin en deux jours pour un nombre de page somme toute respectable, 450 pages. Et ce côté court du roman est d’autant plus étonnant quand on constate que Maïa Mazaurette a réussi très rapidement à planter un décors, des forces en présence, de façon crédible, mais surtout, de vastes complots pour lesquels les auteurs utilisent habituellement plusieurs tomes.

Car son roman a plus du Trône de Fer que de n’importe quel autre roman de Fantasy, et c’est là ce qui m’a le plus plu. Elle utilise très justement le thème de la religion pour nouer des intrigues de cour, que ce soit grâce aux intérêts personnels, ou tout simplement aux différentes interprétations que font les croyants de leur religion, de leurs évangiles. A la différence près que ce coup ci, on ne suit pas uniquement des nobles, mais aussi quelques soldats à la foi inébranlable.

Dehors les chiens, les infidèles de Maïa MazauretteLe style de Maïa Mazaurette est toujours aussi agréable, et bien plus compréhensible et lié que ce que j’avais pu lire dans Rien ne nous survivra. Il est agréable à lire, l’équilibre entre les descriptions et les scènes d’action étant très bon. Tout on long de la lecture, on ne s’ennuie pas, et le roman ne souffre d’aucune lenteur qui lui soit préjudiciable. Le carton-plein ne s’arrête pas là, car elle arrive à nous attacher réellement à certains de ses personnages. En leur créant rapidement une vraie personnalité, ils ne sont donc pas fadasse, et j’avoue avoir eu de nombreux petits pincements de cœur pour Spérance, à l’histoire vraiment touchante.

Au final, Dehors les chiens, les infidèles n’est pas ce que la quatrième couverture nous promet, soit un livre qui dénonce les dérives du fondamentalisme chrétien, et c’est tant mieux ! On se retrouve à la place avec un roman prenant, haletant, envoutant, qui nous montre que les hommes sont avant tout des êtres plein de contradictions. Et ce, sans qu’à aucun moment le roman ne tombe dans la moralisation. La lecture est un savoureux mélange d’intérêt et de malaise devant des hommes pour qui la religion est la chose la plus importante, du début jusqu’à la fin. Sans aucun doute le roman qui place Maïa Mazaurette dans les auteurs français à suivre de très près.


Les Derniers Hommes de Pierre Bordage

Aya dans Critiques, Livres le 7 décembre 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Les Derniers Hommes de Pierre Bordage n’est pas, à la base, un simple roman, mais un roman-feuilleton. Il s’agit ici du feuilleton dans son intégralité, édité dans un même livre par Au Diable Vauvert pour la rentrée. Il reprend donc les six épisodes publiés entre 1999 et 2000, à savoir Le peuple de l’eau, Le cinquième ange, Les légions de l’apocalypse, Les chemins du secret, Les douze tribus et enfin Le dernier jugement. Évidemment l’ensemble donne quand même un pavé de 687 pages demandant un minimum d’enthousiasme et de curiosité. Alors synopsis ?

Les Derniers Hommes de Pierre Bordage

Dans une Europe post-apocalyptique, les survivants de la troisième guerre mondiale essaient de survivre à travers des tribus nomades. Parmi elles, se trouve le peuple aquariote qui est le seul garant de la survie des autres tribus puisqu’il trouve, achemine et troque l’eau potable. Solman, jeune boiteux malingre de 17 ans, est le donneur des aquariotes. Possédant le don de clairvoyance il est celui qui sait et qui juge. Raïma, une guérisseuse de ce peuple atteinte de transgénose (maladie due aux radiations qui provoque des mutations physiques et mentales progressives et anarchiques), va ouvrir les yeux du jeune homme sur son peuple et sur un pressentiment, une menace : l’apocalypse.

Avant ce roman je ne connaissais pas du tout l’œuvre de cet auteur aussi n’attendais-je rien de précis de cette lecture. La couverture très sobre ne laissait pas présager de quoique ce soit. D’un autre coté à la lecture du livre, et après l’avoir terminé, je peine à imaginer ce qui aurait pu être fait à la place. J’avoue cependant concernant la forme de l’œuvre avoir été un peu surprise d’apprendre qu’il s’agissait à la base d’un roman feuilleton. Contrairement à La Ligne Verte de Stephen King, le seul autre roman feuilleton que j’ai lu par le passé, il n’y a ici aucun soin de la transition, aucune entrée en matière. On plonge dedans entièrement, et de manière assez brutale. En soit ce n’est pas une gêne pour un roman mais cela me laisse penser qu’en feuilleton, la lecture devait être assez ardue. Malgré cela le style de Pierre Bordage est très agréable à lire, il maîtrise son récit tout en restant clair et ses descriptions sont surprenantes de précisions (pourtant en règle général je les survole plutôt).

Les Derniers Hommes de Pierre Bordage Librio

Le roman feuilleton était initialement disponible chez Librio, introuvable aujourd'hui

J’en viens ensuite à l’histoire. C’est sombre, c’est noueux et surtout c’est mystique. Quand on parle d’apocalypse il ne s’agit pas ici de catastrophe naturelle, mais bien de l’apocalypse au sens biblique du terme avec tout ce que ça sous entend sur le cortège d’anges et de signes annonciateurs. Alors autant je suis absolument fan de la description post apocalyptique de l’Europe qui est effrayante de réalisme, autant je n’ai pas vraiment accroché sur le coté mystique. Le fait que certains parmi les hommes possèdent des dons ne me gênait pas du tout en soit, mais le tournant qu’a ensuite pris l’histoire pour transformer Solman en un genre de sauveur des âmes n’a pas réussi à me convaincre. J’ai par ailleurs eu beaucoup de mal à accrocher avec la personnalité des personnages, pourtant bien travaillée. Le héros est au début de l’histoire bien trop raisonnable dans ses actes, ce qui certes peut s’expliquer par son don et sa position très particulière au sein de son peuple, mais qui du coup le rend un peu agaçant et peu attachant. Vu qu’on le suit quand même sur  687 pages c’est un peu dommage. Cependant le roman peut être vu comme un roman d’apprentissage, ce qui nous force à le suivre dans son acceptation physique et ce même s’il est froid. On ne peut s’empêcher de se questionner avec lui sur son don et sa place dans un peuple.

Les Derniers Hommes de Pierre BordageA coté de cet aspect très mystique de l’histoire, on ressent de manière très forte le coté anticipation de l’œuvre et tout ce que ça entraîne de questions existentielles sur l’humanité. Là où certains auteurs nous auraient laissé le bénéfice du doute quant au potentiel de l’humanité, Pierre Bordage est lui profondément pessimiste et il est difficile de ne pas se sentir déprimé par son point de vue très négatif. C’est à se demander pourquoi il a fait des survivants à la troisième guerre mondiale. Reste des questionnements très pertinents sur la place de la vérité, la place de l’écologie et de la nature dans la société moderne, la capacité d’évolution de l’homme. Dommage qu’on ne nous laisse pas choisir notre position.

Au final Les Derniers Hommes est un excellent récit, écrit par un auteur brillant mais dont l’univers particulier et les opinions tranchées peuvent dérouter. Je ne dirai pas que ce roman m’a plu mais il ne laisse pas indifférent et je pense essayer de trouver d’autre roman de cet auteur pour pouvoir me faire une opinion plus poussée. Cependant ce n’est pas une lecture facile et je ne le conseille pas à ceux qui voudraient l’essayer à la légère, comme roman de gare par exemple. Comme introduction au style d’Anticipation, il y a surement plus abordable, par contre pour les habitués que les thèmes religieux ne rebutent pas, ce roman de Pierre Bordage reste un très bon récit qui mérite largement qu’on s’y plonge.