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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

Serafina dans Critiques, Livres le 5 février 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Le cinquième tome de la série Vicki Nelson, nommé Dette de Sang, est aussi le dernier. C’est avec un petit pincement au cœur que j’ai entamé cet opus, publié pour la première fois en 1997, soit 4 ans après le tome 4. Contrairement au reste de la série qui vient tout juste d’être réédité par les éditions J’ai Lu, en format semi-poche, il s’agit là de la première publication en France du titre, avec une traduction de Patricia Lavigne. Vicki Nelson de Tanya Huff est jusqu’à présent une série qui ne m’a jamais déçu, a-t-elle réussi le sans faute ? Synopsis.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

L’histoire prend place deux ans après la fin des événements du tome précédent. Les choses ont bien changé, mais Henri se retrouve visité par un fantôme. Fantôme aux mains coupées et qui semble réclamer justice. Incapable de résoudre cela seul, il décide de contacter Vicki Nelson pour une enquête très spéciale.

Nous retrouvons là tous les protagonistes pour ce qui semble bien être un « baroud d’honneur », une dernière histoire. Ou une envie de l’auteur de retrouver ses personnages. Car au vu de l’histoire et du délai entre les tomes 4 et 5, on peut vraiment dire que la série s’est arrêtée avec le 4ème tome, et qu’il n’y avait pas forcément besoin d’une suite. Cependant pour un retour, ce tome n’est pas mauvais du tout. On retrouve tous les ingrédients des premiers, une histoire très terre à terre, si on omet le fantôme et le vampire, des personnages aux fortes personnalités.

D’ailleurs ce roman m’a fait énormément penser à Anne Rice ou à Poppy Z. Brite, pour le personnage de Tony, un jeune gars de la rue, et l’ambiance d’un été nocturne à Vancouver qui m’a fait pensé à la Nouvelle Orléans, et qui m’a donné envie d’être en été (ce qui est un sacré record pour moi). J’ai eu l’impression que le style s’était bonifié avec le temps, l’écriture de Tanya Huff rendant beaucoup mieux les ambiances.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

Couverture de la version originale, titrée Blood Debt

Malheureusement, on n’apprendra dans ce Dette de Sang pas grand chose sur les vampires, et surtout pas sur Henri. J’en reviens donc au même constat que celui que j’avais fait la dernière fois, c’est vraiment dommage que le personnage n’ai pas droit à son « spin-off » racontant son passé, car j’aurai adoré. Le roman se concentre donc sur l’enquête, qui va nous trainer dans des traffics médicaux pas très nets. Le sujet est d’actualité, vu que cela à rapport avec la difficulté de trouver une greffe, mais malheureusement reste assez peu creusé. Cette absence de profondeur en soit rend le roman vierge de tout temps mort. Ça s’enchaîne vite et bien, on est tenu en haleine tout au long des 300 pages. Le roman réussit à nous détendre, et a se faire dévorer.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya HuffL’humour est présent et malgré les thèmes abordé, le roman reste léger. Bien que j’ai adoré le lire, je reste un peu sur ma faim concernant la série Vicki Nelson d’une manière générale. Il y a un arrière-goût de trop peu, j’aurais aimé en savoir plus, que cela soit sur le mythe des vampires ou même sur les fantômes. On est vraiment dans la mode du « monster of the week » de l’époque, en bouquins, et quelque part c’est assez dommage. Un peu le même symptôme que la Saison 1 de Buffy, sortie quelques années plus tard.

Ceci dit, cela ne m’empêche pas de classer cette série dans les meilleures séries de Bit-Lit que j’aie pu lire pour sa qualité constante, son absence de temps mort et son absence d’érotisme inutile. J’espère que les autres romans de Tanya Huff sortiront, notamment la série Smoke and Shadows qui met en scène Tony.


3 avis, donnez le votre !

La deuxième longue série de Bit-Lit de Laurell K. Hamilton ne m’ayant toujours pas convaincue, j’ai entamé ce quatrième tome de Merry Gentry sans trop d’espoir. A noter la couverture, toujours faite à base de photo retouchée, est tout de même très jolie, la plus belle de la réédition par J’ai Lu de la saga à mon goût. Gentiment nommé Les Assauts de la Nuit, ce quatrième tome est encore une fois un beau pavé de 600 pages. Synopsis ?

Les Assauts de la Nuit, Merry Gentry Tome 4, de Laurell K. Hamilton

Le roman se déroule juste après le troisième tome. Toujours à la Féerie pour diverses affaires politiques, Merry se retrouve chargée d’un double meurtre : une Fey et un journaliste ont été tués à l’intérieur même du territoire féerique. Désirant faire appel à la science humaine, Merry prend contact avec la police et supervise l’enquête. Sauf qu’il semblerait que certains auraient fort intérêt à ne jamais laisser entrer les policiers.

Et là, j’avoue que j’ai été surprise. Une histoire de meurtre ? Ou plutôt, une histoire ? C’est quand même assez rare dans cette série. Et en effet, dans la première partie du pavé nous avons une vraie histoire, un meurtre, l’intervention de la police humaine, etc. J’ai beaucoup aimé cette partie que j’ai lu assez rapidement. J’ai eu, à de nombreuses reprises, l’impression d’être dans un Anita Blake: Merry a le même genre de remarques, réagit de la même manière sur les lieux de crime que l’héroïne de cette autre série. Bref que du positif, malgré tout. Il est très intéressant de voir les méthodes d’enquêtes féeriques confrontées aux méthodes purement humaines.

La magie naissante de Meredith est une nouvelle fois au centre de toutes les attentions, et on en découvre peu à peu sur la magie Sidhe, comment ils l’ont perdue, et combien elle était puissante. Je sais, je le dis à chaque fois, mais le monde imaginé par Hamilton est vraiment très fouillé et intéressant.Malheureusement, comme dans les autres tomes, la deuxième partie de l’histoire casse un peu le tout, car on revient  à nouveau à de la partie de jambe en l’air entre Merry et ses gardes. Je me vois difficilement évaluer une scène de cul, cependant, il est quand même amusant de noter que bien que soit disant sulfureux, les Sidhes sont bien légers et bien en accord avec la morale américaine. Au final, on a surtout du sexe hétéro avec deux ou trois positions et pratiques moralement acceptables pour les puritains. Ce qui rend la chose d’autant plus ennuyeuse que c’est tout le temps la même chose.

Les Assauts de la Nuit, Merry Gentry Tome 4, de Laurell K. HamiltonJe prévoyais dans le tome précédent un surnombre de personnages secondaires, et contrairement à mes suppositions, l’auteur a trouvé le moyen de se débarrasser d’un ou deux d’entre eux. En fait, au final elle semble surtout se concentrer sur les « grands favoris ». Ce n’est pas plus mal, d’autant que ces favoris sont inspirés de dieux celtiques, et que chacun raconte peu à peu son histoire.

Au final, malheureusement, l’enquête est effectivement éclipsée dès la moitié du roman, et fini par être résolue en claquant des doigts. Ca me laisse le même sentiment d’inachevé que j’ai pu avoir sur certains Anita Blake. Et pourtant  il y en a du potentiel…  Au final, à la fin du livre on se rend compte que l’on n’a pas réellement avancé dans l’histoire de Merry, ni dans les complots …

Pour conclure, j’ai l’impression de dire toujours la même chose à chaque tome: on sent le truc qui décolle, et puis non ça retombe. Et ca c’est vraiment mais alors vraiment dommage. A noter que le tome 5, Sous le Souffle de Mistral ne fait que 300 pages … et que je compte bien le lire.


Le Fléau des Morts de Z.A. Recht est un roman typé Horreur, paru en 2010 aux éditions Eclipse et traduit par Fabrice Joly. La version originale date de 2006, c’est le premier tome de la série Le Virus Morningstar, titré Plague of the dead en version originale. Cette série compte deux volumes, et il n’y en aura pas plus l’auteur étant malheureusement décédé en 2009. Quid de ce roman donc ? Synopsis.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. Recht

Un virus apparait en Afrique, il passe au début pour une percée du cannibalisme vers les zones urbaines avant de se répandre comme une sorte de rage qui a la particularité de ramener les infectés à la vie si on les dézingue. La menace, pourtant connue des services secrets américains, a été une fois de plus sous-estimée et c’est au monde entier que l’infection va se propager.

Durant le roman on va suivre deux groupes de protagonistes. L’un a pour tête de file une scientifique qui a identifié la maladie avant tout le monde. Dans ces parties, c’est au gouvernement américain que la critique s’attache: jusqu’où peut on cacher des informations au public ? Le gouvernement peut il avoir recours aux pires bassesses si c’est dans l’intérêt de la nation ? On retrouve dans cette partie des séances en cellule avec torture à la clé, ça reste soft, mais quand même. Alors même que le monde s’écroule sur ses fondations, il y a bien un truc qui ne bouge pas de ses racines, inébranlables, les institutions gouvernementales. A vrai dire, cela ne me surprendrait pas si cela se passait ainsi alors qu’une catastrophe du genre arrivait. L’autre groupe est résolument plus tourné vers l’action. C’est un groupe de soldats que l’on va suivre de la bataille de Suez jusqu’à leur retraite sur les côtes américaines.

Durant ces passages là, ça défouraille du zombie en masse et Z.A. Recht se débrouille plutôt bien pour décrire les séquences de combats. C’est fluide, compréhensible malgré un grand nombre de « figurants », et surtout haletant. Une vrai fuite en avant où la logistique, surtout son absence, est une menace à part entière. Munitions, nourritures, transports, tout devient problématique et les difficultés sont gérées efficacement par la narration de l’auteur. A tel point que l’on a peur que nos personnages vident leurres dernières cartouches au beau milieu d’une fusillade, haletant comme je l’ai dit.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. Recht

Parmi les nombreux personnages, un m’a vraiment marqué. C’est l’un des soldats, qui pour les connaisseurs, a des allures de Caporal Blutch des tuniques bleues. C’est sans doute celui qui a le comportement le plus humain de la bande, pas spécialement courageux mais un peu inconscient et totalement dépassé par les évènements, c’est celui auquel on peut le plus facilement s’identifier. Les protagonistes stéréotypés sont bien sûr présents, le général paternaliste, la journaliste fouineuse, et j’en passe. Au rang des personnages atypiques, on retrouve un garde de sécurité d’un aéroport d’Afrique qui va rejoindre le contingent de soldats et qui fait un peu renfort et mascotte. Il n’était jamais sorti d’Afrique avant et c’est un œil nouveau qui découvre le vaste monde, bien sympathique donc.  Une galerie de personnages qu’on prend plaisir à suivre dans leurs tribulations.

L’ambiance fin du monde n’est pas spécialement mise en avant, les protagonistes passant par des zones plutôt désertiques, on n’a pas le droit aux habituelles scènes de destruction urbaines à grande échelle. Ça a au moins le mérite de nous changer. Le passage sur le porte-avion s’en sort plutôt bien niveau claustrophobie, avec un huis clos assez stressant pour les participants. Les « zombies » sont aussi différents des habituels. Au lieu d’un virus qui tue et ranime ses victimes avec des pulsions cannibales, la maladie s’attaque aux vivants en une sorte de rage que la mort n’arrête pas. Ça donne des séquences plus action qu’avec des zombies classiques vu que les vivants peuvent courir.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. RechtComme je l’ai dit en introduction, Le Virus Morningstar est une série qui compte deux volumes. Les perspectives d’évolution de l’histoire laissent à penser que le prochain tome sera un road-movie à base de survie en territoire infecté. Ce qui n’est pas franchement une perspective réjouissante, je trouve, niveau histoire, mais attendons de voir ce que Z.A.Recht nous a préparé.

Bien que ce ne soit pas le meilleur roman de zombies que j’ai pu lire, Le Fléau des Morts est tout de même un bon roman, que j’ai apprécié et que je conseille. Si comme moi vous êtes dans une période ultra-Zombies, c’est idéal pour compléter votre collection. Pour ceux à qui les débordements d’héroïsme, poussant parfois au sacrifice, donne des renvois, je vous conseillerai d’éviter ce roman. De même si vous ne supportait pas l’américanisme de base.


La Fin du Ā, le Cycle de Ā Tome 3, de A.E. Van Vogt

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 29 janvier 2011, avec aucun commentaire
Critiques

La Fin du Ā est le troisième et dernier volume du Cycle de Ā de A.E Van Vogt. L’action se passe peu de temps après la fin du deuxième tome, Les joueurs du Ā. Il a été écrit en 1986, soit 28 ans après ce second tome. On reste dans de la Science Fiction et le Space Opera, deux des thèmes majeurs de la série. Mais on dans ce volume dire au revoir au côté Thriller qui caractérisait les deux tomes précédent, ce qui est bien dommage. Synopsis.

La Fin du Ā, le Cycle de Ā Tome 3, de A.E. Van Vogt

Gilbert Gosseyn, quelques semaines après avoir stoppé la guerre interstellaire menée par Enro Le Rouge, se retrouve allongé dans une capsule sans aucun souvenir de ce qu’il lui est arrivé. Cela ne veut dire qu’une seule chose, il est mort et a encore changé de corps. Ou du moins, le croit-il jusqu’à ce qu’il prenne contact avec son prédécesseur. Il se retrouve alors confronté à de nouvelles races humanoïdes ne désirant qu’une seule chose, retourner dans leur galaxie.

Gilbert va bien entendu essayer de renvoyer tout le monde chez soi, tout en essayant de comprendre comment ils sont arrivés dans la galaxie, sans se faire tuer. On en apprend plus sur les mystérieux vaisseaux rencontrés dans La Fin du Ā et sur le mystérieux Monsieur X du Monde des Ā. De nombreux points s’éclaircissent donc dans ce volume, levant ainsi le voile sur des questions soulevées dans les deux tomes précédents.

Le style du livre change légèrement dans cet opus. Certes, nous restons dans de la Science Fiction et du Space Opera, mais c’est tout. Nous ne sommes plus dans un ThrillerGosseyn doit lutter pour sa survie. Il se laisse manipuler et se contente de suivre les évènements sans tenter d’y échapper. Certes il reste intéressant de savoir comment le héros s’est retrouvé dans sa situation, mais l’impression de course et de manque de temps des volumes précédent a complètement disparu dans ce tome là. Si bien que quand il doit faire face à plusieurs problèmes, on ne ressent aucune urgence. L’histoire se retrouve de ce fait moins intéressante, alors même que les personnages principaux des tomes précédents se retrouvent tous dans celui là. La fin elle-même manque de quelque chose. On s’attend à une fin spectaculaire alors que c’est tout le contraire.

La Fin du Ā, le Cycle de Ā Tome 3, de A.E. Van Vogt

Les explications scientifiques sur le fonctionnement des technologies disparaissent, tout comme celles sur la sémantique générale. Malgré quelques rappels, l’auteur part du principe que l’on se souvient de se qui c’est passé avant. Autant pour la personne qui les lit à la suite, cela n’est pas un problème, mais pour ceux qui avaient attendu plus de 20 ans la fin du cycle, cela peut porter à préjudice.

La Fin du Ā, le Cycle de Ā Tome 3, de A.E. Van VogtVan Vogt reste fidèle à son style d’écriture et il devient de plus en plus facile de le lire au fil des livres, malgré quelques incohérences au niveau de certains noms, surtout pour le héros. Gosseyn II devient pendant un moment Gosseyn I, de même pour Gosseyn III qui devient Gosseyn II. Je ne peux pas dire si cela vient de la traduction de l’édition que j’avais ou de l’auteur lui-même, mais cela entraine une incompréhension pour le lecteur qui s’y perd. Je regrette aussi l’absence d’explications plus poussées sur la sémantique générale. L’auteur ne continue pas à nous y intéresser mais nous gratifie quand même d’un petit cours sur les postulats de base bien intéressant.

Pour conclure, malgré ses défauts, La Fin du Ā n’est pas un mauvais livre, mais son ‘histoire reste moins intéressante que les autres. On se réjouit de revoir Gilbert Gosseyn une dernière fois, et apprendre un peu plus sur les secrets de l’humanité offre un réel plus à l’histoire. Il reste assez intéressant à lire pour ceux qui ont lu le cycle, bien que les fans le trouveront surement décevant. On ne peut que regretter que l’auteur n’ait pas continué à écrire une suite afin de ne pas quitter le Cycle de Ā sur une impression aussi décevante.


Guerrière de l’américaine Marie Brennan est le premier tome du diptyque Les Deux Sœurs, une histoire de Fantasy traduite en 2010 par Thierry Arson pour les éditions Eclipse. J’ai vraiment accroché sur l’apparence du livre. Un beau format, une belle illustration de Larry Rostant et une quatrième de couverture très attractive, bref de quoi me donner envie de me plonger dedans mais qu’en est-il du contenu ? Synopsis.

Guerrière, Les Deux Sœurs Tome 1, de Marie Brennan

Mirage est une chasseuse, une guerrière issue de l’école du Feu d’Argent qui s’ennuie, enchaînant des missions inintéressantes et trop peu dangereuse à son goût. Elle finit alors par accepter un type de mission qu’elle a toujours refusé jusqu’ici, un contrat avec des sorcières. Elle doit retrouver l’assassin de l’une d’entre elles. Miryo est une jeune sorcière qui termine son apprentissage de la magie et ne connaît rien du monde extérieur. A la fin de son épreuve d’initiation, elle apprend qu’elle ne deviendra une sorcière à part entière que lorsqu’elle aura retrouvé et éliminer son double. Pour les deux jeunes femmes, la traque commence.

Une traque, de la magie, du combat, des ingrédients simples mais efficaces  qui peuvent donner d’excellentes intrigues. Ce livre s’est lu très rapidement, je suis facilement entrée dans l’histoire une fois l’action lancée et j’avais ensuite envie d’en connaître le déroulement, mais le début ne me donnait pas vraiment envie. En effet l’intrigue nous fait suivre les deux héroïnes en parallèle, bien que l’on voit beaucoup plus Mirage malgré tout, raison pour laquelle j’ai eu du mal à accrocher, le personnage étant profondément antipathique. Elle est en effet parfaite, forte, courageuse, indépendante, capable de réussir tous types de missions et madame s’ennuie car aucune de celle proposées avant n’est à sa hauteur.

Marie Brennan

Marie Brennan

J’ai souvent vu ce genre de dérive avec les personnages féminins guerriers de Fantasy qui, pour pallier à leur sexe, sont du coup totalement caricaturaux tellement leurs capacités sont sur-développées. Cependant l’arrivée dans un premier temps du personnage secondaire d’Eclipse, un autre chasseur du Feu d’Argent, et surtout la rencontre avec Miryo permettent d’oublier un peu ces traits trop appuyés. Le personnage de Miryo est lui plus nuancé ce qui la rend plus sympathique au lecteur. Quant à Eclipse, c’est le personnage masculin inintéressant et surtout inexploité dans toute sa splendeur. Il est tellement en retrait et tellement plat qu’on en vient à se demander à quoi il sert. Je suis déçue que l’auteur n’ait pas su utiliser le potentiel de ce personnage masculin qui aurait pu apporter un contrepoids non négligeable et une profondeur dans les interactions entre les deux femmes.

L’univers de cette diptyque Les Deux Sœurs, en revanche, m’a beaucoup plu. Teinté de culture asiatique avec l’utilisation de suffixes honorifiques, il est fouillé et vraiment bien construit. La hiérarchie des sorcières est tout à fait sensée dans son articulation autours des cinq éléments (terre, air, eau, feu et néant) et la différenciation en écoles des différents guerriers est elle aussi très bien amenée. Seul bémol, le glossaire des termes qui fait quand même huit pages. On peut suivre l’intrigue sans mais on perd du coup pas mal en compréhension de l’organisation de cet univers.

Guerrière, Les Deux Sœurs Tome 1, de Marie BrennanEnfin la différence de rythme de l’intrigue m’a aussi un peu déplu. Alors que la première partie (avant la rencontre des deux femmes) est relativement lente et descriptive, la suite enchaîne action et combat très vite, bien trop vite. On a presque l’impression de sauter des passages tant les choses ne sont plus expliquées, ou trop succinctement. De la même manière, et alors qu’on avait des descriptions sans intérêt notable au début, on aimerait ici avoir des détails sur certains endroits, personnages ou rites au lieu de juste les survoler. Malgré cela j’avoue avoir été surprise par le dénouement, pas tant par son originalité mais par son explication très logique. Marie Brennan n’a pas choisi la facilité et a su amener les choses sans ce côté « c’est comme ça parce que ça doit l’être » que l’on voit parfois. Je me pose désormais question sur ce que pourra contenir le tome deux, Guerrière étant un roman qui peut se suffire à lui-même.

Au final une lecture en deux teintes mais qui reste sur un versant positif, la déception venant surtout d’un sentiment de trop peu. Reste à saluer le travail des éditions Eclipse qui proposent un très beau roman dont la couverture cartonnée contient même un marque page assorti. Rien que pour ça il mériterait de figurer sur mes étagères.


Emily The Strange est un personnage bien connu des (go)goths et autres assimilés. Et pour cause, la petite fille maussade, à la base née sur un sticker, a depuis une BD et bon nombre de produits dérivés à son effigie. Ici c’est d’un livre dont nous allons parler, le premier d’une série de quatre, titré Les Jours Perdus et écrit par Rob Reger. Sorti en été 2009 aux États-Unis il est sorti il n’y a pas très longtemps ici et évidemment je l’ai lu. Synopsis ?

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob Reger

Une jeune fille se réveille sur un banc à Blackrock, amnésique. Ses seules possessions sont de quoi écrire et un lance-pierre. Fort étrange. Dans son exploration de la ville, elle va découvrir pas mal de choses étranges, tout en essayant de retrouver la mémoire, entre deux réparations de machine à café.

Je suis généralement perplexe sur ce genre de livres, typés produits dérivés, des livres autour d’un personnage déjà bien installé… Mauvais apriori qui heureusement n’a pas duré bien longtemps. Il faut reconnaitre qu’ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller côté édition chez Michel Lafon. Intégralement en noir et rouge, le livre est copieusement annoté et illustré par Emily qui tient au jour le jour (parfois même heure par heure) son journal, de peur de tout oublier. C’est un très bel objet et du coup c’est très agréable à lire. Les 250 pages se lisent bien plus vite qu’on ne le croirait.

Il faut cependant avouer que l’histoire n’est pas le point fort. Le scénario est totalement tarabiscoté, on saute du coq à l’âne, les idées saugrenues d’Emily sont toujours bonnes, etc. Et pourtant, on accroche quand même. Tout simplement car ce scénario colle totalement à l’univers de la petite fille décalée. C’est sombre, c’est un peu fou.

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob Reger

On est dans un monde à la Burton, doucement onirique, ce qui excuse un certain nombre de grosses ficelles. Je pense qu’il faut le lire pour l’ambiance, pour le monde autour et pour l’objet plutôt que pour y rechercher une histoire. Les plus jeunes pourront à la limite être intéressés par le scénario, mais je pense que pour les adultes, c’est même pas la peine d’essayer. Les adultes du coté sombre trouveront la aussi un certain nombre de références à la culture gothique.

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob RegerEn réalité le livre doit tout à l’univers et à son coté loufoque. C’est un journal intime écrit par Emily, et à travers la plus de Rob Reger, elle a énormément d’humour. De plus elle aime beaucoup les listes, qui sont généralement hilarantes à chaque fois. J’ai été très surprise par le style, certes très simple mais bourré d’humour et de fraicheur. C’est typiquement ce qui colle au personnage. Les illustrations ne sont pas forcément superbes, mais c’est là encore dans la lignée d’Emily, un peu SD, un peu Burton aussi. Tous les éléments sont là de sa satanée robe à son amour pour les chats.

Si vous aimez le personnage vous aimerez le roman, et si vous ne le connaissez pas encore c’est le moment de le découvrir. C’est un roman comme j’aimerai en lire plus souvent, c’est frais, c’est mignon, tout en étant ce qu’il faut de sombre pour ne jamais tomber dans le niais. Il y a un réel potentiel, et je vous le conseille fortement. Nul doute que je lirais la suite.


Des choses fragiles de Neil Gaiman

dabYo dans Critiques, Livres le 23 janvier 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Des choses fragiles est un recueil de nouvelles de Neil Gaiman récemment édité en version poche par J’ai Lu. J’avais découvert l’auteur américain avec De bons présages, un roman mêlant Fantastique et Humour avec brio, co-écrit avec l’éminent Terry Pratchett. C’est donc le second roman de l’auteur que je peux lire, toujours dans le même genre mais un brin plus sérieux cette fois. Difficile de rester de marbre face aux nombreuses récompenses prestigieuses qu’ont obtenu les différentes nouvelles du recueil. On n’y compte plus le nombre de prix Hugo de la nouvelle et autres prix Locus. Mais bon, est ce si bien que ça ?

Des choses fragiles de Neil Gaiman

Ce recueil démarre avec une petite introduction de l’auteur, le pourquoi du comment de ce recueil, et du choix du titre. S’enchaîne ensuite une liste d’explications qui vont nous révéler les détails qui entourent la rédaction de chacune des nouvelles du recueil, ainsi que les éventuels prix qu’elle a obtenu, ou ce qui a amené l’auteur à l’écrire. L’idée est vraiment sympathique et donne matière à mieux comprendre certains nouvelles qui ne dépassent pas les trois pages, c’est juste dommage que cela soit placé en bloc au début du roman et non devant (ou après) chacune des nouvelles, ce qui aurait évité d’avoir à faire les allers-retours.

Qu’à cela ne tienne, commence ensuite une lecture de plus de trente nouvelles, 32 pour être exacte, pour près de 450 pages, ce qui en fait un recueil somme toute très complet. On retrouve des nouvelles écrites à plusieurs périodes de la vie de Neil Gaiman, bien que ça n’en soit pas pour autant l’intégrale de son travail. Quand certaines nouvelles font près de 30 pages, d’autres n’en font qu’une moitié de page, sous forme de vers la plupart du temps. Il faut dire que le style des nouvelles est assez varié, voir parfois déroutant, avec certaines qu’il faudra lire plusieurs fois pour en comprendre l’intégralité. Et pourtant, ce sont généralement les plus courtes qui sont les plus déroutantes.

Des choses fragiles de Neil GaimanLes thèmes, s’ils restent tous autour du Fantastique, sont assez variés, mais c’est surtout l’approche de la narration qui diffère. De cet ensemble très hétérogène se dégage tout de même un certain sentiment de désespoir, de mélancolie, et ce même lorsque la nouvelle n’a pas d’émotion affichée. Bien entendu, il y a dans ce grand nombre de nouvelles certaines en dessous du niveau général, ou qui m’ont laissé assez indifférent et plus que perplexe. Le côté observateur de la misère humaine qu’ont certaines nouvelles ne m’a pas convaincu non plus, bien que pas forcément désagréable pour autant. L’enchaînement des nouvelles est assez dur, les thèmes étant très disparates, le fait de lire les explications de l’auteur entre deux nouvelles aidant à « faire le vide ».

Heureusement, le recueil peut compter sur un assez grand nombre de petites pépites, qui valent le coup d’être lues. Je vais revenir sur quelques unes.

Une étude en vert

Narrée à la première personne par un vétéran de la guerre que mène l’empire Anglais en Afghanistan, la première nouvelle du recueil pose très vite ses bases et nous met face à un personnage qui ne sera pas sans nous évoquer les grands détectives de la littérature, et pourquoi pas, un certain Sherlock Holmes.

Et pour cause puisqu’il s’agissait là pour l’auteur de mêler l’univers du détective à un autre tout aussi populaire, celui de Lovecraft. Rodolfo Martinez n’est donc pas le seul à avoir répondu à ce fantasme, et si je n’ai pas lu le roman de l’espagnol, je dois avouer que Neil Gaiman y est très bien arrivé. On mène donc l’enquête aux côtés de ce mystérieux personnage, allant d’élément en élément pour résoudre une courte enquête. Finalement, après une trente pages en sa compagnie, on est surtout déçu de ne pas continuer l’aventure à ses côtés…

La présidence d’Octobre

Cette nouvelle m’a tout de suite fait penser à ce que j’avais retenu de la critique de L’étrange vie de Nobody Owens, un autre roman de Neil Gaiman que Serafina lisait en parallèle… Et pour cause puisqu’il s’agit là de ce qui a servi, en quelque sorte, de brouillon à l’élaboration de ce roman.

On retrouve, dans une ambiance assez lourde, deux petits garçons dont les chemins vont se croiser. Le premier, vivant et fuyant sa famille, va finir par se retrouver à jouer avec le second, un petit garçon mort. Le flou artistique autour des deux personnages est savoureux, et assez onirique. La nouvelle m’a beaucoup touché, et convaincue de lire le roman qui en est issue, du coup.

Amères Moutures

Cette nouvelle que j’ai trouvée sans queue ni tête m’a beaucoup plu. Et pourtant, c’est exactement ce que je mettrais dans la case observateur de la misère humaine. Sans réel but, avec des péripéties somme toute banales, c’est de loin ma préférée. Et c’est aussi celle de Neil Gaiman, et pourtant, je ne l’ai vu citée dans aucune critique du recueil, bizarre.

La Saint Valentin d’Arlequin

Encore une nouvelle à la première personne, et encore un flou artistique autour du personnage principal de cette nouvelle. Encore une qui m’a particulièrement touché pour son côté sombre et à la fois touchant. On suit ici un Arlequin le jour de la St Valentin, qui follement amoureux n’a qu’une envie, dérober le cœur de sa bien aimée. Au sens propre du terme. Expliquer la nouvelle serait pure folie, de toute façon.

Au final je garde de ce recueil un bon souvenir. Ce n’est pas le genre de recueil que je vous conseillerai de lire d’une traite. C’est plutôt celui dont on lit quelques nouvelles de temps en temps, parce qu’on sait qu’on pourra être agréablement surpris et y passer un bon moment. Neil Gaiman m’a une fois de plus convaincu et signe avec Des choses fragiles un recueil certes inégal, mais très riche.


Terra ! de Stefano Benni

illman dans Critiques, Livres le 19 janvier 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Terra ! de Stefano Benni est un bouquin de Science-Fiction picaresque à l’italienne réédité fin 2010 en France aux éditions Mnémos. L’édition originale datant elle de 1983, avec une première parution française en 1985. Je n’étais pas très rassuré à la vue de la couverture, mais bon, je ne juge pas les bouquins à la couverture et me suis donc lancé. Peut être aurais-je dû. Synopsis.

Terra ! de Stefano Benni

Et bien, niveau synopsis, j’ai pas tout bien compris mais je vais tenter de vous expliquer. Une souris est responsable d’une guerre nucléaire, suivi d’autres qui laissèrent la Terre comme un glaçon, inhospitalière pour l’homme. Un mystérieux message d’un explorateur de l’espace fait part à l’un des gouvernements de la découverte d’une planète habitable semblable à la Terre, sans filer les coordonnées. Du coup une expédition est balancée un peu au pif dans l’espace. Dans le même temps, des ruines incas sont explorés pour sortir la Terre de sa crise énergétique.

Et encore là, je vous ai fait la version compréhensible, parce qu’il y a aussi des souris avec des noms de touches de clavier, un vaisseau spatial en forme de tête de Mickey et plein d’autres trucs placés là pour paumer le lecteur. J’ai presque rien compris à la première moitié du bouquin, et ça vient principalement du découpage de l’histoire et d’apartés disséminés au cours de la lecture. On passe d’un groupe de protagonistes à l’autre très régulièrement, protagonistes qui au passage sont super nombreux et ajoutent ainsi à la confusion. Je n’arrivais plus à savoir qui est avec qui, et les changements ne sont pas marqués suffisamment à mon goût. C’est dommage, certains personnages avaient l’air intéressants de loin.

Un autre élément du style que j’ai évoqué plus haut et que je trouve désagréable, ce sont des apartés scénaristiques qui se promènent par ci par là. Par exemple, pendant un dialogue, un des personnages va évoquer une légende, ou un autre truc du genre, et pouf, on part dessus. Une petite histoire comme ça de temps en temps, ça peut être sympa mais là c’est tout le temps. J’ai presque envie de citer Seraf sur sa chronique de Tout est sous contrôle, le bouquin de Hugh Laurie.

Terra ! de Stefano BenniJ’ai l’impression d’avoir dit beaucoup de mal mais comprenez moi, à la fin du premier chapitre j’avais la foi, il y a plein de bonnes idées qui se baladent et qui sont gâchées par la narration bazardélique. La déception a fini par laisser la place à l’agacement pendant la lecture rendant ma progression calamiteuse. Heureusement pour les pauvres lecteurs que nous sommes, l’auteur redresse la barre sur la fin pour nous offrir un final qu’on ne sentait pas venir et qui, contrairement au reste du bouquin, est extrêmement bien amené. Les seuls passages valant vraiment le coup selon moi sont ceux qui se déroulent dans les ruines incas qui sur la fin deviennent géniales.

Je pense que la narration telle qu’elle est amenée aurait plus convenu au format vidéo qu’au format papier, j’en suis même venu à penser que ça aurait pu faire un film terrible, mais bon cela m’étonnerait sévèrement. Niveau édition, la couverture est pas mal bien que clownesque et le papier est de bonne qualité. Je reste perplexe sur la 4ème de couverture, « un des plus grands écrivains contemporains italiens », qui ne donne pas envie de lire autre chose venant d’Italie si Terra ! est parmi ce qui se fait de mieux là bas.

Vous l’aurez compris, je ne conseille pas ce roman, ce n’est pas pour rien s’il était sur mon top flop 2010. J’espère que ma prochaine incursion chez Mnémos ou chez un auteur italien sera de meilleure qualité.


Il est difficile de ne pas remarquer sur une table La Grande Bible des Fées d’Edouard Brasey tant sa couverture vous saute aux yeux. D’un doré clinquant, presque aveuglant, le côté criard de cette ouvrage aux éditions Le Pré aux Clercs aurait de quoi en rebuter plus d’un. Cependant ce serait une erreur de s’arrêter à cette première impression tant le contenu est lui bien plus beau.

La Grande Bible des Fées d'Edouard Brasey

La Grande Bible des Fées se veut être une présentation complète de ces créatures mystérieuses que sont les fées et y réussit bien. Les textes se divisent en plusieurs parties appelées « livre ». On retrouve ainsi les livres des origines, les livres historiques (chroniques et légendes), les livres poétiques, le livre des prophétesses, le nouveau testament des fées, l’apocalypse des fées et enfin l’épilogue. De la naissance des fées, leurs origines étymologiques jusqu’à leur système monarchique et les différents types de fées existantes, tout est répertorié. Les références à d’autres ouvrages sont nombreuses et l’ensemble est donc très complet.

Ayant déjà lu pas mal de livres à propos des fées, tous traitant le sujet de manières très différentes, j’ai apprécié de lire ce qui est ici, au final, un condensé d’autres ouvrages sur la féérie. Cependant et bien que cet ouvrage ne soit pas le seul à le faire (pour exemple La Bible des Fées de Teresa Moorey), je peine grandement avec l’association « bible » et « fée ». A ma connaissance les fées ne sont pas supposées être chrétiennes ce qui a un peu gâché ma lecture de la deuxième partie de l’ouvrage.

Fée et Animaux d'Amandine Labarre pour La Grande Bible des Fées d'Edouard Brasey

Fée et Animaux d'Amandine Labarre

Les livres poétiques, assez ésotériques, marquent la fin de la partie encyclopédique des fées. Ils présentent un calendrier magique, une association des fées et des signes du zodiaque, ainsi qu’une série d’invocations dont l’ésotérisme fait gentiment sourire. En revanche la suite devient beaucoup plus chrétienne avec les termes de « prophétesses », « testament », « genèse » et « apocalypse ». Il ne manque pour ainsi dire que les apôtres. Il est difficile lorsqu’on est un peu documenté sur le sujet de ne pas s’agacer devant cette évangélisation massive de croyances païennes.

Ce n’est pas l’habitude de parler du fond avant de la forme mais je vais maintenant revenir sur l’aspect du livre. Comme dit précédemment la couverture dorée criarde n’est en rien représentative de la beauté du contenu. Illustrés par cinq dessinateurs de talent, les textes sont enluminés avec soin donnant à l’ensemble un cachet très particulier. A raison de presque une page d’illustration pour chaque page de texte, sans compter celles plus petites qui parsèment les chapitres, il est difficile de ne pas rester admirer ces œuvres en oubliant de lire.

La Grande Bible des Fées d'Edouard BraseyCependant il est regrettable que l’ensemble de l’ouvrage n’est pas été visuellement traité de la même manière. En effet, jusqu’à la fin des livres poétiques, les pages ont une belle couleur parchemin beige foncé et l’ensemble des illustrations restent dans des dominantes automnales rendant l’ensemble très apaisant.

Arrivé là, les pages sont bien plus claires et les couleurs deviennent bien plus vives créant une vraie démarcation et rendant l’ensemble bien moins agréable à regarder.

Au final La Grande Bible des Fées reste un magnifique livre aux illustrations superbes qu’il convient de lire avec un certain pragmatisme et dont la deuxième partie doit plutôt être lue comme une série de fictions fantaisistes. Un beau cadeau pour tout amateur de féérie.


Après un très bon neuvième tome pour la Couronne des Sept Royaumes, j’avais très hâte de commencer Le Pacte des Justes. Le dernier tome de la série de David B. Coe promettait en effet un moment de lecture très jouissif avec le dénouement des complots que l’on suivait depuis neuf tomes déjà. Le tome précédant avait déjà mis la barre haute, l’auteur a-t’il maintenu le niveau jusqu’à la dernière ligne ? Ou cette saga retombe-t’elle comme un soufflet ?

Le Pacte des Justes, la Couronne des Sept Royaumes Tome 10, de David B. Coe

Suite oblige je ne vous ferai pas de synopsis, si vous ne connaissez toujours pas la série je vous invite à consulter ma présentation de la Couronne des Sept Royaumes de David B. Coe. Il s’agissait donc là du dernier tome et donc de la fin de ma lecture de cette série que j’avais commencé il y a plus de deux ans maintenant, par un hasard des plus complets. S’il est certain que ça fait plaisir de finir, c’est aussi un peu déroutant de quitter ces personnages que l’on avait suivi tout ce temps. Mais nous n’y sommes pas encore.

Le style de l’auteur reste égal à lui même, clair, agréable à lire, il continue de nous donner les éléments que l’on pourrait avoir oublié entre deux tomes. Comme d’habitude, je reste perplexe sur cette présence parfois un peu trop importante des rappels quand on considère qu’en langue original, les tomes 9 & 10 n’en forment qu’un. Mais soit, action oblige, il ne se perd pas dans les rappels comme j’avais pu le reprocher et l’histoire avance relativement vite. De ce côté pas grand chose à reprocher d’autant que les détails de l’action sont très bien retranscrits.

De même, le scénario et les dénouements se ficèlent bien, l’auteur arrive même à utiliser la quasi totalité de ses personnages, et vu leur nombre, c’était pas aisé. Alors bien sûr, on a parfois l’impression de vivre le petit moment de machin, comme s’il s’était senti obliger de le faire réapparaître avant la fin. Mais rien qui ne soit choquant pour autant. De même, c’est avec un certain plaisir qu’on découvre encore plus en détails la magie des Qirsis, son utilisation, ses règles et ses limites. Le combat final est d’ailleurs assez surprenant et original. C’est donc du tout bon, tout du moins, pour la première partie du livre, celle du combat des deux Tisserands.

Le Pacte des Justes, la Couronne des Sept Royaumes Tome 10, de David B. Coe

Car si le début du bouquin, plus de la moitié, est quasiment sans faille, on est loin de ce constat pour la fin du livre. David B. Coe a en effet décidé de pondre un épilogue un peu plus long que ce que l’on peut avoir d’habitude, et qui n’en est pas réellement un. Il s’agit là plutôt d’une non histoire. Soyons clair, au lieu de se conclure après la fin du combat final, le roman va continuer, sans nouvelle intrigue pour autant. On va donc pouvoir voir les personnages en parler, les voir rentrer chez eux et vivre ce qu’ils y verront.

Malheureusement, cela fait un peu office de cheveux sur la soupe. Les personnages vont enfoncer des portes ouvertes et on pourra suivre des dialogues stéréotypés des plus intéressants. C’est d’autant plus dommage que le livre va obtenir une image de tout il est bien dans le meilleur des mondes si on y met chacun du sien, image à laquelle toute la série n’avait jamais collé jusqu’à maintenant. Alors certes, il restera toujours des personnages dissidents, mais ils ont été si nombreux à retourner leur veste qu’on a plus l’impression qu’ils sont là pour ne pas faire penser au pays des bisounours.

Le Pacte des Justes, la Couronne des Sept Royaumes Tome 10, de David B. CoeDu coup, c’est un final en demi teinte qu’offre David B. Coe à sa série. Excellent jusqu’à la fin du dénouement, l’auteur aurait dû s’arrêter aussitôt au lieu de nous servir un épilogue bien trop long, et très dispensable. C’est dommage et cela aurait permis de faire un final bien plus grandiloquent, qui aurait laissé au lecteur le soin d’imaginer la suite.  Cela dit, je ne regrette pas du tout d’avoir entamé la Couronne des Sept Royaumes et d’être allé jusqu’à sa fin.

Avec un scénario plutôt bien fait, des intrigues vraiment prenantes et des retournements de situation inattendu, la série est sans aucun doute à lire pour tout fan d’intrigues de cours. Idéal en attendant le tome 13 du Trône de Fer par exemple !