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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Emily The Strange est un personnage bien connu des (go)goths et autres assimilés. Et pour cause, la petite fille maussade, à la base née sur un sticker, a depuis une BD et bon nombre de produits dérivés à son effigie. Ici c’est d’un livre dont nous allons parler, le premier d’une série de quatre, titré Les Jours Perdus et écrit par Rob Reger. Sorti en été 2009 aux États-Unis il est sorti il n’y a pas très longtemps ici et évidemment je l’ai lu. Synopsis ?

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob Reger

Une jeune fille se réveille sur un banc à Blackrock, amnésique. Ses seules possessions sont de quoi écrire et un lance-pierre. Fort étrange. Dans son exploration de la ville, elle va découvrir pas mal de choses étranges, tout en essayant de retrouver la mémoire, entre deux réparations de machine à café.

Je suis généralement perplexe sur ce genre de livres, typés produits dérivés, des livres autour d’un personnage déjà bien installé… Mauvais apriori qui heureusement n’a pas duré bien longtemps. Il faut reconnaitre qu’ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller côté édition chez Michel Lafon. Intégralement en noir et rouge, le livre est copieusement annoté et illustré par Emily qui tient au jour le jour (parfois même heure par heure) son journal, de peur de tout oublier. C’est un très bel objet et du coup c’est très agréable à lire. Les 250 pages se lisent bien plus vite qu’on ne le croirait.

Il faut cependant avouer que l’histoire n’est pas le point fort. Le scénario est totalement tarabiscoté, on saute du coq à l’âne, les idées saugrenues d’Emily sont toujours bonnes, etc. Et pourtant, on accroche quand même. Tout simplement car ce scénario colle totalement à l’univers de la petite fille décalée. C’est sombre, c’est un peu fou.

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob Reger

On est dans un monde à la Burton, doucement onirique, ce qui excuse un certain nombre de grosses ficelles. Je pense qu’il faut le lire pour l’ambiance, pour le monde autour et pour l’objet plutôt que pour y rechercher une histoire. Les plus jeunes pourront à la limite être intéressés par le scénario, mais je pense que pour les adultes, c’est même pas la peine d’essayer. Les adultes du coté sombre trouveront la aussi un certain nombre de références à la culture gothique.

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob RegerEn réalité le livre doit tout à l’univers et à son coté loufoque. C’est un journal intime écrit par Emily, et à travers la plus de Rob Reger, elle a énormément d’humour. De plus elle aime beaucoup les listes, qui sont généralement hilarantes à chaque fois. J’ai été très surprise par le style, certes très simple mais bourré d’humour et de fraicheur. C’est typiquement ce qui colle au personnage. Les illustrations ne sont pas forcément superbes, mais c’est là encore dans la lignée d’Emily, un peu SD, un peu Burton aussi. Tous les éléments sont là de sa satanée robe à son amour pour les chats.

Si vous aimez le personnage vous aimerez le roman, et si vous ne le connaissez pas encore c’est le moment de le découvrir. C’est un roman comme j’aimerai en lire plus souvent, c’est frais, c’est mignon, tout en étant ce qu’il faut de sombre pour ne jamais tomber dans le niais. Il y a un réel potentiel, et je vous le conseille fortement. Nul doute que je lirais la suite.


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Des choses fragiles de Neil Gaiman

dabYo dans Critiques, Livres le 23 janvier 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Des choses fragiles est un recueil de nouvelles de Neil Gaiman récemment édité en version poche par J’ai Lu. J’avais découvert l’auteur américain avec De bons présages, un roman mêlant Fantastique et Humour avec brio, co-écrit avec l’éminent Terry Pratchett. C’est donc le second roman de l’auteur que je peux lire, toujours dans le même genre mais un brin plus sérieux cette fois. Difficile de rester de marbre face aux nombreuses récompenses prestigieuses qu’ont obtenu les différentes nouvelles du recueil. On n’y compte plus le nombre de prix Hugo de la nouvelle et autres prix Locus. Mais bon, est ce si bien que ça ?

Des choses fragiles de Neil Gaiman

Ce recueil démarre avec une petite introduction de l’auteur, le pourquoi du comment de ce recueil, et du choix du titre. S’enchaîne ensuite une liste d’explications qui vont nous révéler les détails qui entourent la rédaction de chacune des nouvelles du recueil, ainsi que les éventuels prix qu’elle a obtenu, ou ce qui a amené l’auteur à l’écrire. L’idée est vraiment sympathique et donne matière à mieux comprendre certains nouvelles qui ne dépassent pas les trois pages, c’est juste dommage que cela soit placé en bloc au début du roman et non devant (ou après) chacune des nouvelles, ce qui aurait évité d’avoir à faire les allers-retours.

Qu’à cela ne tienne, commence ensuite une lecture de plus de trente nouvelles, 32 pour être exacte, pour près de 450 pages, ce qui en fait un recueil somme toute très complet. On retrouve des nouvelles écrites à plusieurs périodes de la vie de Neil Gaiman, bien que ça n’en soit pas pour autant l’intégrale de son travail. Quand certaines nouvelles font près de 30 pages, d’autres n’en font qu’une moitié de page, sous forme de vers la plupart du temps. Il faut dire que le style des nouvelles est assez varié, voir parfois déroutant, avec certaines qu’il faudra lire plusieurs fois pour en comprendre l’intégralité. Et pourtant, ce sont généralement les plus courtes qui sont les plus déroutantes.

Des choses fragiles de Neil GaimanLes thèmes, s’ils restent tous autour du Fantastique, sont assez variés, mais c’est surtout l’approche de la narration qui diffère. De cet ensemble très hétérogène se dégage tout de même un certain sentiment de désespoir, de mélancolie, et ce même lorsque la nouvelle n’a pas d’émotion affichée. Bien entendu, il y a dans ce grand nombre de nouvelles certaines en dessous du niveau général, ou qui m’ont laissé assez indifférent et plus que perplexe. Le côté observateur de la misère humaine qu’ont certaines nouvelles ne m’a pas convaincu non plus, bien que pas forcément désagréable pour autant. L’enchaînement des nouvelles est assez dur, les thèmes étant très disparates, le fait de lire les explications de l’auteur entre deux nouvelles aidant à « faire le vide ».

Heureusement, le recueil peut compter sur un assez grand nombre de petites pépites, qui valent le coup d’être lues. Je vais revenir sur quelques unes.

Une étude en vert

Narrée à la première personne par un vétéran de la guerre que mène l’empire Anglais en Afghanistan, la première nouvelle du recueil pose très vite ses bases et nous met face à un personnage qui ne sera pas sans nous évoquer les grands détectives de la littérature, et pourquoi pas, un certain Sherlock Holmes.

Et pour cause puisqu’il s’agissait là pour l’auteur de mêler l’univers du détective à un autre tout aussi populaire, celui de Lovecraft. Rodolfo Martinez n’est donc pas le seul à avoir répondu à ce fantasme, et si je n’ai pas lu le roman de l’espagnol, je dois avouer que Neil Gaiman y est très bien arrivé. On mène donc l’enquête aux côtés de ce mystérieux personnage, allant d’élément en élément pour résoudre une courte enquête. Finalement, après une trente pages en sa compagnie, on est surtout déçu de ne pas continuer l’aventure à ses côtés…

La présidence d’Octobre

Cette nouvelle m’a tout de suite fait penser à ce que j’avais retenu de la critique de L’étrange vie de Nobody Owens, un autre roman de Neil Gaiman que Serafina lisait en parallèle… Et pour cause puisqu’il s’agit là de ce qui a servi, en quelque sorte, de brouillon à l’élaboration de ce roman.

On retrouve, dans une ambiance assez lourde, deux petits garçons dont les chemins vont se croiser. Le premier, vivant et fuyant sa famille, va finir par se retrouver à jouer avec le second, un petit garçon mort. Le flou artistique autour des deux personnages est savoureux, et assez onirique. La nouvelle m’a beaucoup touché, et convaincue de lire le roman qui en est issue, du coup.

Amères Moutures

Cette nouvelle que j’ai trouvée sans queue ni tête m’a beaucoup plu. Et pourtant, c’est exactement ce que je mettrais dans la case observateur de la misère humaine. Sans réel but, avec des péripéties somme toute banales, c’est de loin ma préférée. Et c’est aussi celle de Neil Gaiman, et pourtant, je ne l’ai vu citée dans aucune critique du recueil, bizarre.

La Saint Valentin d’Arlequin

Encore une nouvelle à la première personne, et encore un flou artistique autour du personnage principal de cette nouvelle. Encore une qui m’a particulièrement touché pour son côté sombre et à la fois touchant. On suit ici un Arlequin le jour de la St Valentin, qui follement amoureux n’a qu’une envie, dérober le cœur de sa bien aimée. Au sens propre du terme. Expliquer la nouvelle serait pure folie, de toute façon.

Au final je garde de ce recueil un bon souvenir. Ce n’est pas le genre de recueil que je vous conseillerai de lire d’une traite. C’est plutôt celui dont on lit quelques nouvelles de temps en temps, parce qu’on sait qu’on pourra être agréablement surpris et y passer un bon moment. Neil Gaiman m’a une fois de plus convaincu et signe avec Des choses fragiles un recueil certes inégal, mais très riche.


Terra ! de Stefano Benni

illman dans Critiques, Livres le 19 janvier 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Terra ! de Stefano Benni est un bouquin de Science-Fiction picaresque à l’italienne réédité fin 2010 en France aux éditions Mnémos. L’édition originale datant elle de 1983, avec une première parution française en 1985. Je n’étais pas très rassuré à la vue de la couverture, mais bon, je ne juge pas les bouquins à la couverture et me suis donc lancé. Peut être aurais-je dû. Synopsis.

Terra ! de Stefano Benni

Et bien, niveau synopsis, j’ai pas tout bien compris mais je vais tenter de vous expliquer. Une souris est responsable d’une guerre nucléaire, suivi d’autres qui laissèrent la Terre comme un glaçon, inhospitalière pour l’homme. Un mystérieux message d’un explorateur de l’espace fait part à l’un des gouvernements de la découverte d’une planète habitable semblable à la Terre, sans filer les coordonnées. Du coup une expédition est balancée un peu au pif dans l’espace. Dans le même temps, des ruines incas sont explorés pour sortir la Terre de sa crise énergétique.

Et encore là, je vous ai fait la version compréhensible, parce qu’il y a aussi des souris avec des noms de touches de clavier, un vaisseau spatial en forme de tête de Mickey et plein d’autres trucs placés là pour paumer le lecteur. J’ai presque rien compris à la première moitié du bouquin, et ça vient principalement du découpage de l’histoire et d’apartés disséminés au cours de la lecture. On passe d’un groupe de protagonistes à l’autre très régulièrement, protagonistes qui au passage sont super nombreux et ajoutent ainsi à la confusion. Je n’arrivais plus à savoir qui est avec qui, et les changements ne sont pas marqués suffisamment à mon goût. C’est dommage, certains personnages avaient l’air intéressants de loin.

Un autre élément du style que j’ai évoqué plus haut et que je trouve désagréable, ce sont des apartés scénaristiques qui se promènent par ci par là. Par exemple, pendant un dialogue, un des personnages va évoquer une légende, ou un autre truc du genre, et pouf, on part dessus. Une petite histoire comme ça de temps en temps, ça peut être sympa mais là c’est tout le temps. J’ai presque envie de citer Seraf sur sa chronique de Tout est sous contrôle, le bouquin de Hugh Laurie.

Terra ! de Stefano BenniJ’ai l’impression d’avoir dit beaucoup de mal mais comprenez moi, à la fin du premier chapitre j’avais la foi, il y a plein de bonnes idées qui se baladent et qui sont gâchées par la narration bazardélique. La déception a fini par laisser la place à l’agacement pendant la lecture rendant ma progression calamiteuse. Heureusement pour les pauvres lecteurs que nous sommes, l’auteur redresse la barre sur la fin pour nous offrir un final qu’on ne sentait pas venir et qui, contrairement au reste du bouquin, est extrêmement bien amené. Les seuls passages valant vraiment le coup selon moi sont ceux qui se déroulent dans les ruines incas qui sur la fin deviennent géniales.

Je pense que la narration telle qu’elle est amenée aurait plus convenu au format vidéo qu’au format papier, j’en suis même venu à penser que ça aurait pu faire un film terrible, mais bon cela m’étonnerait sévèrement. Niveau édition, la couverture est pas mal bien que clownesque et le papier est de bonne qualité. Je reste perplexe sur la 4ème de couverture, « un des plus grands écrivains contemporains italiens », qui ne donne pas envie de lire autre chose venant d’Italie si Terra ! est parmi ce qui se fait de mieux là bas.

Vous l’aurez compris, je ne conseille pas ce roman, ce n’est pas pour rien s’il était sur mon top flop 2010. J’espère que ma prochaine incursion chez Mnémos ou chez un auteur italien sera de meilleure qualité.


Il est difficile de ne pas remarquer sur une table La Grande Bible des Fées d’Edouard Brasey tant sa couverture vous saute aux yeux. D’un doré clinquant, presque aveuglant, le côté criard de cette ouvrage aux éditions Le Pré aux Clercs aurait de quoi en rebuter plus d’un. Cependant ce serait une erreur de s’arrêter à cette première impression tant le contenu est lui bien plus beau.

La Grande Bible des Fées d'Edouard Brasey

La Grande Bible des Fées se veut être une présentation complète de ces créatures mystérieuses que sont les fées et y réussit bien. Les textes se divisent en plusieurs parties appelées « livre ». On retrouve ainsi les livres des origines, les livres historiques (chroniques et légendes), les livres poétiques, le livre des prophétesses, le nouveau testament des fées, l’apocalypse des fées et enfin l’épilogue. De la naissance des fées, leurs origines étymologiques jusqu’à leur système monarchique et les différents types de fées existantes, tout est répertorié. Les références à d’autres ouvrages sont nombreuses et l’ensemble est donc très complet.

Ayant déjà lu pas mal de livres à propos des fées, tous traitant le sujet de manières très différentes, j’ai apprécié de lire ce qui est ici, au final, un condensé d’autres ouvrages sur la féérie. Cependant et bien que cet ouvrage ne soit pas le seul à le faire (pour exemple La Bible des Fées de Teresa Moorey), je peine grandement avec l’association « bible » et « fée ». A ma connaissance les fées ne sont pas supposées être chrétiennes ce qui a un peu gâché ma lecture de la deuxième partie de l’ouvrage.

Fée et Animaux d'Amandine Labarre pour La Grande Bible des Fées d'Edouard Brasey

Fée et Animaux d'Amandine Labarre

Les livres poétiques, assez ésotériques, marquent la fin de la partie encyclopédique des fées. Ils présentent un calendrier magique, une association des fées et des signes du zodiaque, ainsi qu’une série d’invocations dont l’ésotérisme fait gentiment sourire. En revanche la suite devient beaucoup plus chrétienne avec les termes de « prophétesses », « testament », « genèse » et « apocalypse ». Il ne manque pour ainsi dire que les apôtres. Il est difficile lorsqu’on est un peu documenté sur le sujet de ne pas s’agacer devant cette évangélisation massive de croyances païennes.

Ce n’est pas l’habitude de parler du fond avant de la forme mais je vais maintenant revenir sur l’aspect du livre. Comme dit précédemment la couverture dorée criarde n’est en rien représentative de la beauté du contenu. Illustrés par cinq dessinateurs de talent, les textes sont enluminés avec soin donnant à l’ensemble un cachet très particulier. A raison de presque une page d’illustration pour chaque page de texte, sans compter celles plus petites qui parsèment les chapitres, il est difficile de ne pas rester admirer ces œuvres en oubliant de lire.

La Grande Bible des Fées d'Edouard BraseyCependant il est regrettable que l’ensemble de l’ouvrage n’est pas été visuellement traité de la même manière. En effet, jusqu’à la fin des livres poétiques, les pages ont une belle couleur parchemin beige foncé et l’ensemble des illustrations restent dans des dominantes automnales rendant l’ensemble très apaisant.

Arrivé là, les pages sont bien plus claires et les couleurs deviennent bien plus vives créant une vraie démarcation et rendant l’ensemble bien moins agréable à regarder.

Au final La Grande Bible des Fées reste un magnifique livre aux illustrations superbes qu’il convient de lire avec un certain pragmatisme et dont la deuxième partie doit plutôt être lue comme une série de fictions fantaisistes. Un beau cadeau pour tout amateur de féérie.


Après un très bon neuvième tome pour la Couronne des Sept Royaumes, j’avais très hâte de commencer Le Pacte des Justes. Le dernier tome de la série de David B. Coe promettait en effet un moment de lecture très jouissif avec le dénouement des complots que l’on suivait depuis neuf tomes déjà. Le tome précédant avait déjà mis la barre haute, l’auteur a-t’il maintenu le niveau jusqu’à la dernière ligne ? Ou cette saga retombe-t’elle comme un soufflet ?

Le Pacte des Justes, la Couronne des Sept Royaumes Tome 10, de David B. Coe

Suite oblige je ne vous ferai pas de synopsis, si vous ne connaissez toujours pas la série je vous invite à consulter ma présentation de la Couronne des Sept Royaumes de David B. Coe. Il s’agissait donc là du dernier tome et donc de la fin de ma lecture de cette série que j’avais commencé il y a plus de deux ans maintenant, par un hasard des plus complets. S’il est certain que ça fait plaisir de finir, c’est aussi un peu déroutant de quitter ces personnages que l’on avait suivi tout ce temps. Mais nous n’y sommes pas encore.

Le style de l’auteur reste égal à lui même, clair, agréable à lire, il continue de nous donner les éléments que l’on pourrait avoir oublié entre deux tomes. Comme d’habitude, je reste perplexe sur cette présence parfois un peu trop importante des rappels quand on considère qu’en langue original, les tomes 9 & 10 n’en forment qu’un. Mais soit, action oblige, il ne se perd pas dans les rappels comme j’avais pu le reprocher et l’histoire avance relativement vite. De ce côté pas grand chose à reprocher d’autant que les détails de l’action sont très bien retranscrits.

De même, le scénario et les dénouements se ficèlent bien, l’auteur arrive même à utiliser la quasi totalité de ses personnages, et vu leur nombre, c’était pas aisé. Alors bien sûr, on a parfois l’impression de vivre le petit moment de machin, comme s’il s’était senti obliger de le faire réapparaître avant la fin. Mais rien qui ne soit choquant pour autant. De même, c’est avec un certain plaisir qu’on découvre encore plus en détails la magie des Qirsis, son utilisation, ses règles et ses limites. Le combat final est d’ailleurs assez surprenant et original. C’est donc du tout bon, tout du moins, pour la première partie du livre, celle du combat des deux Tisserands.

Le Pacte des Justes, la Couronne des Sept Royaumes Tome 10, de David B. Coe

Car si le début du bouquin, plus de la moitié, est quasiment sans faille, on est loin de ce constat pour la fin du livre. David B. Coe a en effet décidé de pondre un épilogue un peu plus long que ce que l’on peut avoir d’habitude, et qui n’en est pas réellement un. Il s’agit là plutôt d’une non histoire. Soyons clair, au lieu de se conclure après la fin du combat final, le roman va continuer, sans nouvelle intrigue pour autant. On va donc pouvoir voir les personnages en parler, les voir rentrer chez eux et vivre ce qu’ils y verront.

Malheureusement, cela fait un peu office de cheveux sur la soupe. Les personnages vont enfoncer des portes ouvertes et on pourra suivre des dialogues stéréotypés des plus intéressants. C’est d’autant plus dommage que le livre va obtenir une image de tout il est bien dans le meilleur des mondes si on y met chacun du sien, image à laquelle toute la série n’avait jamais collé jusqu’à maintenant. Alors certes, il restera toujours des personnages dissidents, mais ils ont été si nombreux à retourner leur veste qu’on a plus l’impression qu’ils sont là pour ne pas faire penser au pays des bisounours.

Le Pacte des Justes, la Couronne des Sept Royaumes Tome 10, de David B. CoeDu coup, c’est un final en demi teinte qu’offre David B. Coe à sa série. Excellent jusqu’à la fin du dénouement, l’auteur aurait dû s’arrêter aussitôt au lieu de nous servir un épilogue bien trop long, et très dispensable. C’est dommage et cela aurait permis de faire un final bien plus grandiloquent, qui aurait laissé au lecteur le soin d’imaginer la suite.  Cela dit, je ne regrette pas du tout d’avoir entamé la Couronne des Sept Royaumes et d’être allé jusqu’à sa fin.

Avec un scénario plutôt bien fait, des intrigues vraiment prenantes et des retournements de situation inattendu, la série est sans aucun doute à lire pour tout fan d’intrigues de cours. Idéal en attendant le tome 13 du Trône de Fer par exemple !


L’importance de ton regard de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 10 janvier 2011, avec aucun commentaire
Critiques

L’importance de ton regard est un recueil de nouvelles écrites par Lionel Davoust aux éditions Rivière Blanche. Il regroupe ici pas moins de dix-huit nouvelles, principalement de Science-Fiction, mais aussi avec des incursions dans le Cyberpunk et la Fantasy en passant par le Polar. J’avais envie de m’y plonger depuis la publication de son interview sur if is Dead. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai lu ce livre et que je vous en fais la critique. Vu le nombre de nouvelles présentes, il m’est impossible de vous parler de chacune d’entre elles individuellement, je me contenterais donc de faire un bilan général et de vous présenter celles qui m’ont le plus marqué.

L’importance de ton regard de Lionel Davoust

Le livre nous offre une préface et une postface signées par deux personnalités du genre, Stéphane Manfrédo, directeur de la collection jeunesse des éditions l’Atalante, et Bruce Holland Rogers que, je dois l’admettre, je ne connais pas. Stéphane Manfrédo retrace la carrière de Lionel Davoust depuis son tout début, où l’on apprend notamment qu’il était le traducteur de certaines publications de Bruce Holland Rogers, qui signe la postface donc. Postface un peu déjantée qui rend hommage à l’auteur. Chaque nouvelle est précédée d’une petite introduction de l’auteur, qui explique comment il est arrivé à l’écrire, ses inspirations, ses difficultés.

Lionel Davoust

Lionel Davoust

Au cours de la lecture, on passe parfois d’une nouvelle de quatre pages sur un inventaire à une nouvelle de Fantasy de vingt pages. Chacune possède un univers, un format différent. Cette diversité vient du fait que l’auteur a regroupé ici dix ans de travail. Il arrive à se renouveler à chaque fois, on ne s’ennuie donc presque jamais. On retrouve souvent dans les thèmes le désespoir, la lutte pour survivre, ainsi que la mort, qui est celui qui revient le plus souvent, que se soit pour y échapper, la rechercher ou même quand il est trop tard pour s’en préoccuper. On sentira aussi au cours de la lecture que Lionel Davoust se préoccupe de l’exploitation des ressources naturelles, notamment celles de la mer, car il nous offre deux nouvelles sur ce sujet.

Le style est ici agréable à lire, fluide, et se renouvelle lui aussi sans cesse. Bien qu’une ou deux nouvelles m’ont paru un peu lourdes, et moins intéressantes que les autres. La plupart sont racontées à la première personne, mais on retrouve aussi des histoires à la troisième, et même une racontée à la manière d’un conte. On suit les protagonistes dans leur vie, on ressent leurs émotions, leurs joies, leurs peines. Une fois que l’on a commencé à lire, il devient difficile de s’arrêter tellement on est pris par les aventures décrites.

Je m’arrête là pour la critique générale du livre. Il est temps que je vous parle plus en détails des nouvelles les plus marquantes. Sur les dix-huit proposées, aucune ne m’a vraiment déplu.

L’Impassible armada

Le premier texte est aussi celui que je préfère. L’auteur utilise un univers assez inhabituel en imaginaire: la piraterie. Il y mêle du Fantastique, rendant cette nouvelle unique et originale. Nous suivons donc un équipage de la marine anglaise, lancés à la poursuite de pirates, ils se retrouveront coincés, à se battre continuellement toutes les pleines lunes et à attendre bien sagement le reste du temps. On suit principalement les scènes d’action, les phases de repos étant occultées. La fin, de toute beauté, est vraiment surprenante et nous montre qu’une personne est prête à tout pour survivre.

Bataille pour un souvenir

Cette nouvelle est de la Fantasy pure. On y retrouve tous les codes du genre, une bataille sans l’ombre d’un espoir, des héros prêt à tout sacrifier. Et pourtant, ce n’est pas que leur vie qu’ils s’apprêtent à sacrifier, mais aussi leur mémoire, si bien que même si ils y survivent, ils auront tout perdu. Le sacrifice est une part importante de cette histoire, et on ne peut s’empêcher de ressentir de la tristesse pour ces combattants, si bien qu’à la fin la victoire ou la défaite n’est plus importante.

L’importance de ton regard

Je ne pouvais pas passer sur la nouvelle qui donne son titre au livre. On suit ici le déclin de la société, sa destruction lente et pourtant inévitable, par un ennemi fourbe et sans conscience qu’est le jeu en ligne. Ce court roman est un hommage aux geeks ou au contraire, une dénonciation. Je n’ai pas réussi à me décider, peut être est-ce les deux en même temps ou aucun.

L’auteur nous fait suivre plusieurs personnes, du joueur chevronné au novice qui n’y connait rien. Chaque personne va petit à petit sombrer dans la dépendance du jeu, oubliant le reste pour s’y concentrer uniquement. Si bien qu’à la fin même les plus réticents se retrouvent piégés par le jeu.

L’importance de ton regard de Lionel DavoustChacun peut trouver dans ce livre de quoi lui plaire tellement les histoires sont variées. Comme je l’ai déjà dit, j’ai seulement moins apprécié une ou deux nouvelles, ce qui est assez rare pour être souligné, vu le nombre de nouvelles. C’est aussi rare qu’un livre me fasse ressentir tant d’émotions contradictoires, car on passe de la joie à la tristesse en un instant.

Lionel Davoust nous livre ici un excellent recueil qui serait dommage de rater. On se sent transporté dans ses histoires, on s’inquiète pour ses personnages. On a plus qu’une hâte, c’est de lire le reste de ses œuvres.

Et pour en apprendre plus sur l’auteur, vous pouvez lire notre interview de Lionel Davoust, ou bien vous rendre sur son excellent blog.


Et voilà, nous y sommes ! Après vous avoir présenté ce que l’on a aimé, et ce que l’on a pas aimé, lire, voici notre œuvre préférée. Celle qu’on retiendra comme la lecture de 2010. Le meilleur du meilleur en somme, le sommet du coup de cœur ultime ! Bref, vous l’aurez compris, j’essaye de faire du blabla pour faire monter le suspens, même s’il suffit de baisser un peu les yeux pour voir de quoi il en retourne…

Rétrospective if is Dead 2010
Le top littéraire de 2010
Le flop littéraire de 2010
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2010

dabYo: Les Magiciens de Lev Grossman

Et voilà, vient la partie la plus difficile de la rétrospective de l’année, celle d’élire son livre préféré… Le problème, c’est que comme je l’ai dit, ils étaient très nombreux cette année à pouvoir obtenir le sacre. Trop nombreux, et j’ai un pincement lorsque je constate que je n’ai pas retenu l’un des deux romans de Maïa Mazaurette, que j’ai vraiment adorés.

Les Magiciens de Lev GrossmanMais mon choix s’est finalement arrêté sur Les Magiciens de Lev Grossman aux éditions l’Atalante. Ce roman m’a touché comme rarement, si on peut dire cela. L’histoire de Quentin, je ne saurai exactement dire pourquoi, m’a remué. Cette absence d’espoir et cette descente aux enfers dans le monde des merveilles est une expérience littéraire des plus prenantes. On a envie de se réveiller, de ce dire que la vie n’est pas juste ça. Et pourtant, si. Étiqueté à tord par la presse d’outre-Atlantique comme un « Harry Potter pour adultes » ou encore un « merveilleux contes de fées », c’est un livre qui marque pour bien des raisons.

J’avais lu le roman d’une traite et je ne le regrette pas. Il a certes un défaut, son début assez lent et déjà vu, mais qu’est ce que sa fin vaut le coup. C’est sans aucun doute celui dont je me rappellerai le plus, quand je regarderai 2010 dans quelques années. Une expérience à avoir, car vous ne le regretterai pas.

illman: Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

Si je ne devais retenir qu’un bouquin pour 2010, c’est bien Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky publié par les éditions l’Atalante au début de cette année.

Metro 2033 de Dmitry GlukhovskyJe ne m’attendais pas du tout à ça en ouvrant ce roman, j’ai été happé par son univers sombre et sans espoir. Doté d’un scénario haletant, de personnages énigmatiques, attachants, violents, humains, c’est sans conteste le meilleur bouquin de Science-Fiction de l’année pour moi, l’un des seuls avec World War Z que j’ai recommandé à mes amis.

La traduction de Denis E. Savine est de plus délectable et l’on attend plus qu’une seule chose: que Metro 2034 sorte sur nos étalages. Laissez vous happer par le métro moscovite, vous n’en ressortirez plus.

Serafina: Sorcières et Sortilèges par Les Enfants de Walpurgis

Cette année, mon top du top n’est pas un roman. Ce n’est même pas chez un grand éditeur. C’est un recueil de nouvelles édité par le collectif Les Enfants de Walpurgis. Si vous suivez le blog, vous savez qu’il s’agit là de Sorcières et Sortilèges que j’ai dévoré peu avant l’été.

Sorcières et Sortilèges par Les Enfants de WalpurgisPour un recueil multi-auteur, il a réussi à relever le pari fou d’offrir une qualité égale, et quelle qualité. Nous avons là des nouvelles absolument géniales pour la plupart, et surtout très variées. J’aime la sorcellerie , vous le savez peut être, et là toutes les formes y sont abordées, du vaudou à la wicca en passant par des thèmes plus habituels (moyen-âge, etc). Les auteurs, tous francophones, ont tous un style très agréable et l’ensemble est cohérent. On citera quand même ce qui pour moi est la perle du recueil, Le Miroir au Fond du Puit de Vanessa Terral mettant en scène du vaudou. Les 230 pages se dévorent.

Que ceux qui disent que les frenchies ne savent pas faire de bons écrits Fantastiques tournent leur langue dans leur bouche. Pour les autres vous pouvez acheter ce recueil seulement en ligne, via ThebookEdition, mais vraiment ne vous en privez pas. C’est la meilleure surprise de l’année.

Et vous ? Votre livre préféré de l’année 2010 ?

Bon et bien, du coup, je reviens avec mes questions à la con, mais c’était quoi pour vous, votre meilleure lecture de l’année 2010 ?


Nous voici réunis pour la deuxième partie de ce compte rendu et bilan de l’année 2010. Après vous avoir présenté les bonnes expériences niveau lecture, on va s’intéresser au sujet qui fait grincer des dents, qui déchaîne les polémiques et qui pourtant représente une part non négligeable du blog. Ce que l’on n’a pas aimé lire. On n’a pas toujours de la chance, et parfois, attirés par une belle couverture, ou maudits par un présent empoisonné, on tombe face à des livres qu’on aurait préféré ne pas lire. Si on l’avait su avant, bien entendu…

Rétrospective if is Dead 2010
Le top littéraire de 2010
Le flop littéraire de 2010
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2010

dabYo: Trône de Fer, Jirel de Joiry et Idhun

Contrairement à l’année dernière, cette année a été assez pauvre en mauvais titres et déceptions. Et pourtant, j’ai essayer de nombreux nouveaux auteurs et ne me suis pas limité aux valeurs sûres. Ai-je été changé ? Suis-je plus gentil ? Mon exigence m’a-t’elle lâché ? Aucune idée. Mais au final, voici ici plus une liste de déceptions que de mauvais romans.

Le Trône de Fer Tome 13 de George R.R. MartinMa plus grande déception n’est pas un roman, mais son absence. Le Tome 13 du Trône de Fer se fait toujours attendre et j’aurai bien aimé le lire en 2010. Les attentes portées sur ce roman augmentent chaque année et j’ai bien peur que la suite de la saga de George R.R. Martin ne soit pas à la hauteur. Non pas qu’il soit mauvais, mais que l’on ait trop attendu. Bref, espérons que le temps qu’il prend sera salutaire. Oui, je sais, je suis relou avec mon Trône de Fer, je sais.

Passons à une réelle déception, qu’est Jirel de Joiry de Catherine L. Moore. Même si je n’attendais pas spécialement quoi que ce soit de ce roman « préhistorique », j’espérais quelque chose de mieux qu’une sorte de copycat raté des héros d’Howard. Je suis en fait surtout déçu de l’image qui en ressort de la femme, alors même que le livre est écrit par une femme. Une héroïne forte, qui au final passe son temps à être victime de ce qu’on pourrait appeler des « love-hate »… Mouais, après coup, je ne suis vraiment pas convaincu. Ça reste un livre qui se lit surtout pour se situer dans l’époque.

Idhun de Laura Gallego GarciaEt pour finir un livre que j’avais oublié et que seule la liste de mes articles a pu me remémorer, je parle bien sûr d’Idhun de Laura Gallego Garcia. Le battage médiatique autour du bouquin n’aura pas su me faire oublier les nombreuses lacunes du récit, avec un scénario inintéressant au possible, des héros qui frôlent tous la Mary-sue et une lenteur insoutenable. Bref, sans aucun doute ma plus mauvaise expérience, bien loin devant Ellana ou un Chevaliers d’Emeuraude qui passeraient presque pour réussis à côté… Et pourtant, ils sont loin d’être sans défauts, bien que la série de Pierre Bottero s’améliore avec le second tome, L’Envol.

illman: Les manuscrits de Kinnereth, Terra ! et L’île de sang

Niveau bouquin pas terrible j’ai aussi donné pour cette année 2010, on peut pas avoir bon à tous les coups.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frederic DelmeulleD’un autre coté, j’ai l’impression d’être maudit, plus particulièrement avec l’éditeur Mnémos. Alors que Seraf et dabYo ont l’air de se retrouver avec de bons livre chez eux, les deux fois où j’ai tenté l’expérience ont été plutôt désastreuses. D’abord avec Les manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle et son scenario sympa desservi par un in-intérêt de lecture provoqué par le style de l’auteur. Puis Terra ! de Stefano Benni avec son scénario totalement décousu, voire incompréhensible par moment. Entre les deux, mon cœur balance pour désigner ma plus mauvaise lecture de l’année.

Heureusement sur le fil est venu L’île de sang de Darius Hinks pour les détrôner et remporter la palme. Une mauvaise blague qui fleure bon la fanfiction Warhammer vendu 4€ de trop. Son éditeur, la Bibliothèque Interdite aurait du le laisser chez nos amis d’outre-manche.

Ceux qui sauront de Pierre BordageJe finirai sur une déception plutôt que sur un mauvais, je m’attendais à beaucoup mieux de mon premier Pierre Bordage avec Ceux qui sauront. Mon destin était de trouver mon respect pour l’auteur dans un autre de ses ouvrages, Dernières nouvelles de la Terre qui fait partie de mes préférés. J’aurai pu citer aussi Le Huit de Katherine Neville, 1000 pages de rien, qui m’a bouffé un mois de ma vie.

Quatre romans moisis sur les 28 que j’ai lu en 2010, c’est un bon score, keep it going like that, même si j’ai des doutes vu certains bouquins de ma PAL.

Serafina: Merry Gentry, Le Ballet des Âmes et Ceci n’est pas un jeu

Eclat envoutant de la Lune, Merry Gentry Tome 3 de Laurell K HamiltonMalheureusement pour moi cette année j’ai surtout lu des livres assez moyens, voir parfois très mauvais. Autant vous dire que trouver des éléments à mettre dans cet article ne fut pas bien compliqué. Pour moi, y a deux types de flop : les livres sur lesquels j’avais des attentes et qui au final étaient mauvais, et ceux où je partais neutre et qui au final étaient mauvais, quand même.

Au top du flop, il y a évidemment Merry Gentry, la seconde saga de Laurell K. Hamilton qui traine en longueur et se perd en intrigues lentes, décousues et sous la ceinture. Quelques éléments m’ont bien fait rire, mais cela s’arrête là. Quel dommage, alors que j’ai adoré les premiers Anita Blake. Dans le même genre, La Vampire de Christopher Pike n’est pas mal non plus, avec son style fanfiction lycéenne, malgré de très bonnes idées.

Le Ballet des Âmes de Cécille GuillaumeAu niveau des romans pour lesquels je partais neutre, il y a bien sûr Le Ballet des Âmes de Céline Guillaume, qui malgré une jolie plume, signe là un roman douloureux, où il ne se passe pas grand chose, extrêmement prévisible, et à la moralité douteuse. Les fils scénaristiques sont très gros, et les personnages plats. Dommage encore. Les Portes de Doregon de Carina Rozenfeld, bien que moins ambitieux, mérite sa place ici, de part son intrigue déjà vue, ses personnages plats et son style oubliable.

La palme du ridicule va quant à elle à Ceci n’est pas un jeu de Walter Jon Williams, à cause de son incohérence technique dans le domaine de l’informatique, et ses boulettes monstrueuses comme « Le HTML sensible à la casse« . Heureusement qu’à coté l’intrigue est plutôt pas mal, mais cela m’a totalement empêché d’apprécier le roman.

Et vous ? Qu’est ce qui vous a déçu en 2010 ?

Du coup, encore une fois, on fait appelle à votre témoignage. Vous avez bien dû avoir votre lot de déception non ? Cette année a surement dû être meilleure ceci dit, puisque tout le monde avait lu Twilight en 2009…


Comme l’année dernière, on commence cette rétrospective de l’année 2010 par un petit florilège de livres que nous avons lus pendant l’année, qui n’y sont pas forcement sortis, mais que nous avons beaucoup appréciés. Des petits, des longs, des trop longs, des trop courts. Quelques trop bien, beaucoup de moyen, et beaucoup trop de mauvais. Mais ici nous allons essayer de nous remémorer des bons, ceux que l’on a apprécié lire. Pas forcement ceux dont on se souviendra de façon impérissable, mais assurément les meilleurs de cette année. Et l’année fut tout de même très riche en bonnes lectures !

Rétrospective if is Dead 2010
Le top littéraire de 2010
Le flop littéraire de 2010
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2010

dabYo: Les Fables de l’Humpur, Maïa Mazaurette et Cytheriae

Bien que j’ai lu moins de livres que l’année dernière, cette année 2010 a été marquée par de nombreux titres bons, et assez souvent très bons. Tellement que j’aurai presque du mal à me limiter pour en choisir qu’une poignée que j’ai aimé, alors ne parlons même pas de choisir celui que j’ai préféré…

Les Fables de l'Humpur de Pierre BordageL’année a tout d’abord été marquée par un auteur français que j’avais découvert en 2009, il s’agit de Pierre Bordage avec Les Fables de l’Humpur récemment réédité par Au Diable Vauvert. Récit de Fantasy pur et dur se transformant peu à peu en Science-Fiction, ce fut une très agréable découverte, une de ces claques dont on ne se remet que difficilement… Il aurait très bien pu être mon livre préféré de cette année.

Autre candidat à la marche suprême, candidate même et française qui plus est, Maïa Mazaurette et ses deux premiers romans d’Imaginaire. J’avais commencé l’année avec Rien ne nous survira, Le pire est avenir et j’ai terminé avec Dehors les chiens, les infidèles. Les deux m’ont autant ravi, les deux m’ont pris et ne m’ont plus relâché avant que je ne les aies fini. J’ai vraiment hâte de lire ses prochaines publication du genre.

Cytheriae de Charlotte BousquetAutre registre, mais toujours avec une jeune auteur française que j’ai découverte cette année, Cytheriae de Charlotte Bousquet aux éditions Mnémos. Je n’attendais rien de ce roman puisque je ne connaissais pas l’auteur, et j’ai été vraiment surpris. Entre une intrigue rondement menée et un côté « romantique » et « sombre » rafraichissant, cette lecture s’est avérée passionnante. L’ambiance était vraiment prenante et j’aimerai bien retourner dans son univers.

Comme l’année dernière, j’aurai aussi pu citer Johan Heliot et sa série La Quête d’Espérance qui se termine avec un univers plus intéressant que jamais. Ou encore L’ombre de Saganami de David Weber, qui était ma première incursion dans le monde de la Hard SF.

Au final, 2010 aura été une excellente année. De très bons livres dans mon top, ce qui a même relégué certaines œuvres plutôt bonnes au rang de grands oubliés. Espérons que cela continue en 2011.

illman: World War Z, l’empire ultime, Ender, l’exil

J’ai lu un peu de tout en 2010, en général, j’aime un minimum tout ce que je lis. Et dans les 28 bouquins que je me suis coltiné, j’en ai sélectionné quelque uns que j’ai vraiment apprécié et il m’en reste sous la main à descendre pour plus tard. Même si j’ai fait des petits écarts, c’était une année plutôt Science Fiction et Fantastique.

Guide de Survie en Territoire Zombie de Max BrooksWorld War Z de Max Brooks en est le parfait exemple, je ne l’ai encore chroniqué nulle part mais c’est le meilleur bouquin de Zombies qu’il m’ait été donné de lire. Le style du roman est assez particulier et l’auteur nous happe jusqu’à ce que l’on tourne la dernière page. Dans le même univers, l’auteur nous gratifiait d’un très sérieux Guide de survie en territoire Zombie, indispensable pour se préparer à l’apocalypse. Toujours cette année, et toujours dans la même veine, je noterais aussi Zombies, un horizon de cendres de Jean Pierre Andrevon que j’ai pu découvrir grâce à la plate forme e-Bélial’ et que j’ai trouvé divertissant. Vous avez les bases pour vous faire un trip à base de zombies avec ça.

L’empire Ultime de Brandon Sanderson chez Orbit a été la révélation Fantasy de l’année de mon point de vue, alliant un univers original et des personnages attachants.

Dernières Nouvelles de la Terre de Pierre BordageCôté Science Fiction, je retiendrai Ender l’exil, mon premier bouquin de Orson Scott Card, j’ai été plutôt bluffé par la qualité d’ensemble, comme si l’auteur nous dessinait un grand tableau cosmique. Dans le même genre, le recueil de nouvelles Dernières nouvelles de la Terre de Pierre Bordage valait largement le détour.

Pêle-mêle, j’aurai pu citer Le coup du cavalier de Walter Jon Williams, avec sa couverture immonde ou encore L’île des Morts de Roger Zelazny et puis aussi un Jules Verne que je n’avais pas encore lu, Le château des Carpathes.

Espérons que 2011 soit aussi rempli de bons ouvrages, pour l’instant c’est le cas, on est le 2 janvier et j’ai déjà dévoré deux romans de chez Eclipse.

Serafina: Robert Ludlum, La Laiteuse et son Chat et le Mal en la Demeure

Cette année fut beaucoup moins chargée en lecture que la précédente, vu que je n’ai lu qu’une petite cinquantaine de livres. Et malheureusement, beaucoup de très moyens, voir de mauvais. De ce fait il ne fut pas si facile de vous choisir mes pépites de l’année. Tout de même certains romans se démarquaient.

La Mémoire dans la Peau de Robert LudlumC’est le cas de la Mémoire dans la Peau de Robert Ludlum que j’ai dévoré en début d’année. Une intrigue extrêmement prenante, des retournements de situation maniés d’une main de maître… Le grand manitou de l’espionnage qu’est Ludlum signait la ma première incursion dans le roman du genre, et quelle entrée ! Je vous le conseille chaudement.

Ce fut aussi une année riche en lectures de petits éditeurs indépendants, je pense notamment aux éditions du Chat Rouge, avec La Laiteuse et son chat de Gerald Duchemin, une novella de toute beauté, d’une très grande douceur et pleine de grâce. A lire absolument. L’autre bonne surprise, c’est Stéphane Soutoul et sa novella Le mal en la demeure, une petite pépite très romanthique et très « gothique ». Un auteur à suivre de très près.

Le Mal en la Demeure de Stéphane SoutoulSi j’ai lu beaucoup de Bit-Lit cette année, une seule série mérite de figurer ici, c’est bien sur Vicki Nelson, la detective de Tanya Huff. Une série loin des clichés du genre, loin du cul-cul de certains titres.

On aurait aussi pu citer La Marque d’Alain le Bussy, L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman ou Fils de l’ombre de Juliet Marillier.

Au final, une sélection surtout Fantastique, avec un poil de Thriller. Pas de SF, peu de Fantasy, cette année ne m’ayant donné presque que de mauvais livres à lire dans ces genre… C’est dabYo et illman qui ont eu les meilleurs. Dommage.

Et vous ? Qu’avez vous aimé en 2010 ?

Du coup, on parle beaucoup de nous, blabla, mais bon, si on parlait un peu de vous ? Qu’avec vous aimé cette année ? Avez vous suivi certaines de nos recommandations ? Étaient-t’elles justes ?


Difficile d’être passé à côté d’Ultimo si vous étiez sur Paris cet automne, puisque Kaze a mis les moyens pour promouvoir l’arrivée de la série de Stan Lee en France: magazines, publicités dans le métro, tout y passait. Mais… Stan Lee vous dites ? En manga ? Mais c’est pas plutôt les comics lui ? Et bien si, mais pour d’obscures raisons une collaboration a pu avoir lieu entre le créatif de renom de Marvel et le japonais Hiroyuki Takei, notamment à l’origine de Shaman King. De ce travail commun est né Krakuri Dôji Ultimo, dit « Ultimo », une série Shonen débutée en 2009 au Japon et encore en cours de publication. Alors, que vaut cette collaboration ? Stan Lee peut il passer avec succès de la bd américaine à la japonaise ? Synopsis.

Karakuridôji Ultimo, Tome 1, de Stan Lee et Hiroyuki Takei

Au XIIème siècle, sur les terres japonaises, ont été créées deux Karakuridôji particulières. La première, incarnation du bien, et la seconde, incarnation du mal. C’est un fabriquant assez mégalo qui les a créé dans le seul but de savoir qui du Mal ou du Bien vaincra. Mais c’est à notre époque que l’histoire va réellement débuter, puisque le corps d’un des deux pantins a été découvert et réveillé par Yamato, un lycéen courageux mais pas des plus doués pour l’assiduité en cours.

Si vous connaissez Shaman King, vous devez déjà vous douter que l’on va retrouver des similitudes entre les deux œuvres. Et c’est bien le cas, puisqu’on découvre rapidement que notre héros va pouvoir se battre avec son Karakuridôji, et qu’il n’est pas le seul à le faire à notre époque. Ces marionnettes n’en sont pas vraiment, elles sont vivantes et ont leur propre personnalité, elles collaborent avec leur maître et un lien pour l’instant inconnu les lie. Difficile de ne pas penser aux fantômes qui combattent avec leur maître dans le célèbre manga de l’auteur.

Quoi qu’il en soit, c’est cet univers que le premier tome va tenter de mettre en place, en créant aussi un lien avec le passé puisque l’histoire semble se dérouler sur plusieurs époques. En effet, on retrouvera au fil de la lecture des flashbacks où les personnages du passé arborent des chara-design et des personnalités identiques. Le principe de la réincarnation des âmes est sans doute à considérer, puisque plus ou moins évoqué au long de la lecture. C’est en tout cas un univers riche que nous proposent ici Hiroyuki Takei et Stan Lee, assez loin de ce que l’on connaît habituellement de la part de l’américain, mais très proche de celui du japonais.

Karakuridôji Ultimo de Stan Lee et Hiroyuki Takei

C’est cependant là le plus gros point fort d’Ultimo, et je dirai presque, son seul. Le style des dessins est quasi identique à celui qu’on a pu voir dans Shaman King, on aime ou on aime pas. Sa finition reste cependant de très bonne facture, quoi qu’un peu simple et très typée. Il est plus ou moins reconnaissable mais loin d’être inoubliable, tant il est proche d’autres œuvres du même genre. La découpe générale est assez dynamique et l’action prenante, mais c’est plus par la narration et les dialogues que l’œuvre pêche. En effet, la plupart des dialogues sonnent plutôt creux et ne donnent pas envie d’en savoir plus, niais à souhait la plupart du temps, quand il n’est pas tout simplement ultra caricatural.

Un problème d’autant plus gênant que l’univers n’est pas très engageant à première vue. Une histoire de marionnettes avec des pouvoirs, ça fait très déjà vu. Les révélations successives que l’on nous fait, que ce soit sur les Karakuridôji ou bien sur la réincarnation des âmes font beaucoup pour un premier tome, un peu comme un Thriller qui, n’arrivant pas à démarrer grâce à sa mise en scène et ses personnages, joue la carte des révélations mystères. Comme on dit souvent, trop de mystère tue le mystère, et le manque de réponse est parfois trop frustrant pour continuer. Mais il ne s’agit que d’un premier tome, ne l’oublions pas.

Karakuridôji Ultimo, Tome 1, de Stan Lee et Hiroyuki TakeiAu final, j’ai été surpris du thème du manga, qui ne colle pas vraiment à ce que je pouvais imaginer d’un Stan Lee. C’est quelque part agréable de le voir dans un univers un peu différent des super-héros, bien que je sois loin de connaître l’ensemble de ses œuvres. Surprenant de par son univers qui pourrait s’avérer intéressant et prenant, Karakuridôji Ultimo manque pour le moment de charisme pour convaincre et les trop nombreuses erreurs font de ce premier tome quelque chose d’assez décevant. Quand les dialogues sont plats et les personnalités des différents personnages fades, seul le scénario est là pour sauver un manga. A peine dévoilé lors de ce premier tome, espérons qu’il révèle quelques surprises par la suite sans quoi l’incursion de Stan Lee dans le monde du manga risque d’être vite oubliée.

Stan Lee