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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

La Triste Histoire Des Frères Grossbart est roman de Jesse Bullington assez atypique, et surtout différent de ce que je lis d’habitude. Publié en 2009 en langue originale, il est sortie cette année aux éditions Eclipse dans leur collection Horreur, avec une traduction de Laurent Philibert-CaillatSynopsis.

La Triste Histoire Des Frères Grossbart de Jesse Bullington

Les jumeaux Manfried et Hegel sont deux membres de la famille Grossbart, famille connue pour leurs méfaits, vivants dans un petit village du saint empire germanique. Un jour ils décident de partir en Egypte, où leur grand père aurait soi-disant trouvé fortune. Après avoir réglé une petite affaire, entrainant la mort d’une famille, ils quittent leur village natal et partent sur les routes trouver leur destin, et bien plus encore.

Nous suivons donc les deux frères durant leur voyage à travers une partie de l’Europe. Dès le début on se doute qu’il ne va pas être de tout repos. Jesse Bullington nous fait traverser des paysages très différents. Ainsi nous suivrons les deux frères à travers les denses forêts et les villages enneigés de l’Allemagne, ainsi que Venise, les marais et les cités Égyptiennes. L’ambiance de chaque paysage est assez bien retranscrite, les descriptions ne sont pas vraiment nombreuses mais plantent bien le décor.

L’un des atouts de ce livre est son style. L’auteur a réussi à copier le style propre aux contes de fées, à se l’approprier. Tous les codes des contes des frères Grimm se retrouvent dans ce livre. On a ainsi une sorcière vivant dans la forêt, des démons et d’autres monstres. La seule chose qui diffère vraiment, c’est que cette fois-ci ce n’est pas une petite fille qui se perd, mais plutôt deux tueurs qui n’ont pas peur de se salir les mains.

Car en effet, bien qu’ils soient supposément les héros de ce livre, le lecteur n’arrive jamais vraiment à ressentir de l’empathie pour eux. Dès que la plus petite once de sympathie, l’auteur nous rappelle que se sont de véritables ordures. Si bien qu’à la fin on ne voit plus de réelle différence entre eux et les monstres qu’ils rencontre. On aurait presque envie de les voir échouer afin qu’ils soient punis pour le mal qu’ils ont fait. Mais les monstres sont eux aussi très violents. La sorcière mange les personnes égarées, les démons propagent la peste et d’autres atrocités sont présentes. La violence est donc omniprésente, il n’y a pas un chapitre où il n’y a pas un mort ou une bagarre. Le récit est ponctué de nombreux flashback sur les personnages secondaires qui croisent la route des jumeaux. Cela permet de leur ajouter plus de profondeur et de moins les faire passer au second plan.

La Triste Histoire Des Frères Grossbart de Jesse BullingtonComme toujours avec les éditions Eclipse, le livre est de bonne qualité. La couverture en illusion d’optique réalisée par Istvan Orosz est pour moi tout bonnement magnifique et lui ajoute un charme indéniable. Le style d’écriture est agréable à lire, les phrases ne sont pas trop longues, les descriptions sont aussi brèves mais décrivent parfaitement les paysages. Les dialogues, surtout entre les deux frères, font parfois sourire lorsqu’ils utilisent des expressions et qu’ils se trompent dans leur formulation.

Au final, La triste histoire des frères Grossbart est un livre qui m’a surpris. Le style change grandement de ce que je peux lire d’habitude, ce qui est très agréable. Cette première traduction d’un roman de Jesse Bullington mérite qu’on s’attarde dessus, d’autant plus si on cherche une forme originale pour les contes des frères Grimm.


C’est Lundi, que lisez vous ? #7

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 4 juillet 2011, avec 8 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Alors certes, ifisDead a surtout été centré sur le Hellfest 2011 cette semaine, mais cela n’a pas empêché certains de lire !

dabYo

Victimes et BourreauxCette semaine encore, j’aurai consacré une bonne partie de mon temps libre à la correction et mise en page du HellReport 2011. Du coup, je n’ai que peu avancé dans ma lecture de l’anthologie Victimes et Bourreaux aux éditions Mnémos.

J’ai d’abord pu terminer la nouvelle de Jeanne-A Débats qui m’a laissé perplexe. L’univers et l’histoire sont intéressants, mais il y a tant de termes propres à l’histoire qu’on passe son temps à essayer de comprendre ce qui s’y passe. Il est presque nécessaire de lire la nouvelle deux fois pour pouvoir l’apprécier, dommage.

Et ensuite venu celle de Jean-Philippe Jaworski. L’auteur est très apprécié depuis quelques temps, c’était mon premier avant goût. C’est là la plus longue nouvelle du roman, mais bien que j’ai trouvé sa fin très intéressante, j’ai quand même eu l’impression qu’elle trainait un peu trop en longueur. Une revisite d’une scène du SDA bien sympathique, cela dit.

Enfin, dernière de la semaine, celle de Sam Nell. Avec une narration assez chaotique, j’ai eu du mal à situer les premières pages de la nouvelle, cela dit, je l’ai tout de même assez apprécié. C’est désormais à celle de Lionel Davoust que je m’attaque.

illman

Dans la semaine qui s’est écoulée j’en ai profité pour me relire l’excellent manga de baston de Togashi, Yu Yu Hakusho. J’ai aussi bien progressé sur Le puit de l’ascencion de Sanderson. Les personnages sont de plus en plus poussés et l’intrigue de plus en plus intéressante. Bref au moins celui-ci je ne devrais pas peiner à le terminer, ce que je compte bien faire dans la semaine

LuxtExMachina

Ce week end j’ai terminé l’Aube des dragons de la série La ballade de pern. La chronique devrait arriver la semaine prochaine, mais étant chargé cette semaine, il y a peu de chances qu’elle sorte là. C’est un livre que j’ai beaucoup aimé, qui mélange un peu les genres de sciences fiction et de fantasy. Pour la suite je pense commencer La volonté du dragon de Lionel Davoust, livre se passant dans le monde d’Evanégyre si je ne me trompe pas. J’avais déjà pu lire une nouvelle dans le recueil L’importance de ton regard, et ce que j’y avais vu m’avait beaucoup plu. J’ai hâte de retrouver cet univers.

Serafina

Cette semaine, j’ai uniquement avancé le tome 1 de Chasseuse de Vampire de Nalini Singh. Il me reste 60 pages sur les 500 je pense donc finir dans les prochains jours. Aucun doute, le tome continue sur sa lancée et bien que le coté tension sexuelle se fasse ressentir sur la fin du tome on est a mille lieues des mauvais exemples de Merry Gentry. Bref, je pense que je peux vous le recommander sans trop de risques.


C’est Lundi, que lisez vous ? #6

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 27 juin 2011, avec 6 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Alors certes, ifisDead est surtout centré sur le Hellfest 2011 pour encore quelques jours, mais nous n’oublions pas nos racines de lecteurs !

dabYo

Cette semaine, entre la correction des articles sur le Hellfest et la la fin de la première saison de Game of Thrones, j’ai pu un peu avancer l’anthologie Victimes et Bourreaux aux éditions Mnémos. Oui oui, toujours elle, c’est d’ailleurs plus par manque de temps qu’autre chose.

Victimes et BourreauxJ’ai donc fini la nouvelle de Justine Niogret, qui m’a laissé plus que perplexe: je ne dois pas aimer les chevaux. Ensuite, c’était au tour de Maïa Mazaurette. On retrouve bien son style agressif et dérangeant que j’aime tant. Si vous ne connaissez pas l’auteur, je vous conseille notamment son roman tout juste sorti en poche chez Folio SF: Dehors les chiens, les infidèles.

Puis vint celle de Pierre Bordage, on m’en avait dit beaucoup de bien, c’est vrai qu’elle a de très bons côtés, mais je l’ai presque trouvée… trop longue. Pour seize pages, c’est presque un comble, mais j’ai trouvé le tout un poil répétitif. Ensuite, Nathalie Dau avec qui j’ai pu discuter aux Geekfearies d’Orléans. La nouvelle m’a beaucoup plu. Un petit côté dramatique agréable.

Là je suis entrain de lire celle de Jeanne-A Debats, et j’avoue être perplexe: est elle entrain d’étendre un univers déjà existant ? Les noms, les termes, se bousculent à chaque phrase tant et si bien qu’on doit très se rappeler et gérer une quinzaine de personnages ! Pour une nouvelle, c’est beaucoup trop, et je ne parle même pas des éléments qui gravitent autour. Dommage car ça a l’air super intéressant comme univers.

illman

J’ai rien lu cette semaine. J’ai fait mon coma post-Hellfest, en rêvant que j’étais suffisamment en forme pour continuer Le puit de l’ascension de Sanderson.

Serafina

Pour être synchro avec la fin de la première saison de la série Game of Thrones, j’ai donc terminé le tome 2 de cette saga géniale qu’est le Trône de Fer, tome 2 pour découpage français mais seulement tome 1 pour le vrai découpage. Il n’y a pas a dire, c’est absolument génial, ces premiers tomes sont d’une qualité inégalée, sauf peut être par la suite de la saga.

J’ai aussi un peu avancé dans mon Chasseuse de Vampire Tome 1 de Nalini Singh qui semble donc confirmer sa première impression de bonne Bit-Lit rafraichissante. J’espère le finir dans la semaine.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Le tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre de David Weber est la suite plus que directe du premier tome, la version originale ne comptant d’ailleurs qu’un unique volume. Toujours traduit par Michel Pagel, illustré par Genkis et disponible aux éditions l’Atalante, il s’agit d’un roman de Hard Science-Fiction se déroulant dans l’univers d’Honor Harrington. Après ma chronique sur le début du mini-cycle, vous pourrez vous doutez que je n’étais pas spécialement chaud pour entamer cette suite. Je vous ferez grâce du synopsis pour ne pas vous spoiler le tome 1.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David Weber

En commençant ce second tome, je m’attendais à ce que l’on continue sur la lancée du chapitre précédent, mais là même pas, on se retrouve avec de nouveaux personnages dans la boucle ce qui augmente encore leur nombre, au delà de la limite de ma mémoire des noms. C’est beaucoup trop foisonnant et Michelle Henke, notre fameuse amiral du Pic d’or, est loin d’avoir le rôle que lui prête le quatrième de couverture. Je vais même aller plus loin, si les personnages s’était appelé Manticore1, AmiralManticore1, Havrien1… Ça n’aurait pas fait grande différence. Le seul personnage à peu près notable, c’est Josef Byng, un taré de la flotte de guerre solarienne qui fait une nemesis parfaite pour Manticore. En clair c’est dispersé et ça amène au point suivant.

Pendant ma lecture de ce volume, j’ai enfin mis le doigt sur ce qui ne me plait pas avec cet auteur. Il fait tout trop trainer en longueur, pour moi les trois quarts des deux tomes ne servent qu’à mettre en place une guerre qui va éclater. Lorsque je suis arrivé au dernier paragraphe, je me suis dit : « Tout ça pour ça ?!? ». Vu qu’il nous laisse sur notre faim, c’est proche du cliff-hanger, de la provoc, pour acheter la suite. Au final, j’ai eu l’impression de lire une intro de 900 pages. Un parfum d’inachevé plane sur l’histoire et c’est une sensation plus que désagréable, d’autant que je suis désormais loin d’avoir envie de lire la suite.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David Weber

Alors, oui, l’univers est ultra cohérent, super fouillé et réaliste, pour de la SF j’entends, l’intrigue est extrêmement complexe mais ça ne suffit pas à faire prendre la sauce si on la raconte en prenant trop son temps. Sans compter les références à des évènements d’autres bouquins de l’honorverse qui continue à nous perdre, comme la bataille de Manticore, dont on entend vaguement parler à de nombreuses reprises et sur laquelle la seule information disponible est qu’elle a été meurtrière.

Niveau rythme, la première moitié est carrément molle et j’ai vraiment eu du mal à suivre, la faute à l’absence d’événement intéressant, vu que les personnages ont tendance à se perdre en discussions. En comparaison, la seconde partie, où le ton commence à monter entre les camps, se dévore à une vitesse folle. C’est cher payé pour 250 pages de bonne lecture.

L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David WeberLa couverture, toujours par Genkis est plutôt sympa, cela reste dans le ton du premier tome et de la série en générale, du moins chez l’Atalante. Dommage que je n’arrive pas à identifier les personnages qui l’ornent. Mon petit doigt me dit que le traducteur, Michel Pagel, a pas du trop s’amuser avec la surabondance de dialogues.

Après la lecture de ce second tome, là c’est clair, je ne vous conseille pas ce cycle de l’univers d’Honor Harrington, à part si vous êtes un fan hardcore qui veut tout savoir de cet univers. En l’occurrence, très peu pour moi, ça m’a même convaincu de faire une pause dans la SF pour me relire un peu de Fantasy. L’Ennemi dans l’ombre de David Weber est roman en deux tomes qui a certes de bons côtés, mais pour lesquels l’investissement est trop important pour véritablement valoir le coup.


C’est Lundi, que lisez vous ? #5

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 20 juin 2011, avec 6 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après un pilotage automatique d’if is Dead pendant plus de la moitié de la semaine, nous revoici. Alors, c’est Lundi, que lisons nous ?

dabYo

Cette semaine a été plutôt mouvementée, mais pas comme à l’accoutumée. Outre la lecture du futur interview de Denis E. Savine, le traducteur de Metro 2033 dont la suite vient de paraître aux éditions l’Atalante (et qu’illman attend avec impatience), et à la préparation des articles automatiques, ce qui m’a le plus occupé, c’est bel et bien la lecture d’un petit livret noir. Il ne s’agit pas de la bible, vous vous en doutez, mais du running-order du Hellfest 2011. Rien de mieux, en effet, que la relecture en boucle des descriptions de groupes pour faire passer l’ennui qui nous prend lors d’un concert de, par exemple, Doom. Ce conseil que je prodigue gratuitement marche tout aussi bien avec d’autres genres de musique, que je soupçonne être reliés de près ou de loin à Satan, comme le Sludge ou encore le Stoner. A noter tout de même qu’il ne faut pas avoir peur des fautes d’orthographe, de grammaire, ou d’accord. D’un autre côté, si vous nous lisez régulièrement, vous devez y être vacciné. Aux fautes.

Serafina

running-order-dedicacé hellfest

Cette semaine , j’ai surtout lu les programmations météo en espérant que ceux annonçant du mauvais temps mentaient (pendant la première moitié de la semaine) puis, pendant les 4 derniers jours, j’ai lu le booklet du Hellfest 2011 en long, en large et en couleurs. Descriptions des groupes, plan du festival et running order, tout y était. Cependant, les fautes d’orthographe et de syntaxe gâchaient sacrément la lecture : pas moins de 5 fautes pour les 3 phrases sur Arkona.

On ne parlera évidemment pas des mots en trop ou des mots oubliés. Dommage, car le style en devient aussi chaotique qu’un morceau de grindcore. Mon exemplaire est d’ailleurs désormais devenu culte, il a été dédicacé par le meilleur groupe de la terre et de l’univers. Et sinon, il a plu malgré tout mes efforts pour être ultra optimiste et tapper tous ceux qui parlaient de pluie.

illman

Entre deux lectures du running order du Hellfest, j’ai décidé de commencer le livre du chanteur de Bad Religion ultra diplômé, Greg Graffin pour son analyse de la population scientifique traitant de l’évolution et de leur rapport avec la déité dans Evolution and Religion. Pour l’instant c’est pas mal et je ne pensais même pas trouver ça intéressant et pourtant ça vaut son paquet de cacahouètes.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Après un quatrième tome qui m’avait laissée assez perplexe encore une fois, j’ai entamé Sous le souffle de Mistral, tome 5 de Merry Gentry, avec un poil d’appréhension. C’est toujours édité par J’ai Lu dans sa collection Darklight. Il faut le dire, s’il n’avait pas été aussi court, 300 pages alors que les précédents en faisaient le double, je pense que je ne l’aurai pas lu. Alors, du coup avec peu de pages j’espérais que l’histoire arrêterait de lambiner. Synopsis ?

Sous le souffle de Mistral, Merry Gentry Tome 5, de Laurell K. Hamilton

Merry semble de plus en plus destinée à devenir Reine des Unseelies, son retour en Faerie a fait renaitre des pouvoirs jusqu’à présent endormis. Et le Sithin qui se mourrait semble renaître à la vie. Malheureusement, ce n’est pas du goût de tout le monde, et l’entrée de Merry sur le territoire du Roi Sholto des Sluagh risque de causer bien des problèmes.

Ce cinquième tome est malheureusement servi par une couverture que je trouve beaucoup moins belle que les précédentes, et qui ne m’a pas du tout attirée. Le livre se lit assez vite, et pour cause vu qu’il est raccourci de moitié, et encore plus si on décide comme moi de sauter les scènes de cul, ce jeu de mot étant totalement involontaire. Il y a effectivement quelques chapitres entièrement consacrés à la bagatelle au début et à la fin du roman, toujours une bagatelle hétéro-normée et bien policée pour ne pas trop heurter la morale américaine. On est sulfureux mais pas trop chez Laurell K. Hamilton. Le problème c’est malheureusement que l’intrigue s’enlise, on a bien compris que Merry faisait renaitre le Sithin, mais cela fait déjà deux voire trois tomes qu’on nous en parle. Il serait peut être temps de passer à la vitesse supérieure ? Enfin, pour une fois, on ne s’ennuie pas, et il n’y a pas de passages à vide, mais malheureusement on termine Sous le souffle de Mistral sans avoir été beaucoup avancé par rapport au précédent.

Sous le souffle de Mistral, Merry Gentry Tome 5, de Laurell K. Hamilton

La couverture de la version originale n'est pas réussie elle non plus...

Si on fait omission des derniers chapitres, qui amènent eux enfin, un peu d’action matinée de mythologie pour notre plus grand plaisir. Les choses semblent commencer à bouger, et surtout , les pions commencent à se mettre en place. Dommage que cela ne soit que sur les 40 dernières pages que l’intrigue avance. On a plus l’impression d’être face à un début de roman qu’à une fin. J’ai de plus en plus l’impression que Laurell K. Hamilton tire et tire encore sur ses histoires pour faire le plus de tomes possible. Cependant, le roman a l’avantage de ne pas trop se disperser et de se lire assez facilement.

Sous le souffle de Mistral, Merry Gentry Tome 5, de Laurell K. HamiltonOn notera encore une fois pas mal de références à la mythologie celtique, et le monde inventé par Hamilton est vraiment très bon et très intéressant. Le royaume de féerie décadent qui renaît peu à peu, et les interrogations sur la mortalité des Unseelies sont des pistes sympathiques mais qui malheureusement ne sont pas exploitée, l’auteur préférant palabrer sur les organes intimes des gardes de Merry. Malgré tout, on a envie de lire la suite, encore une fois dans l’espoir que cela s’arrange…

Il n’y a à ce jour que 8 tomes de Merry Gentry de sortis, et les 3 suivants ne font que 300 pages aussi. Au vu du final, on peut clairement espérer du changement et de l’amélioration. Sous le souffle de Mistral me donne l’impression d’être une sorte de tournant entre deux arcs de la saga. Peut être à tord, on verra bien.


C’est Lundi, que lisez vous ? #4

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 13 juin 2011, avec 7 commentaires
Actualités

Pas de jour férié sur if is Dead, journée de solidarité oblige, pour preuve, voici la 4ème édition de C’est Lundi ! Alors que lisons nous ?

dabYo

Cette semaine, je n’ai quasiment pas lu, simplement quelques pages de la nouvelle de Justine Niogret du recueil des Imaginales Victimes et Bourreaux… Et j’avoue ne pas savoir quoi en penser. On verra ça dans une dizaine de pages, quand elle sera fini. Shame on me. Sinon j’ai beaucoup rit.

Serafina

Chasseuse de Vampires, Tome 1, de Nalini SinghComme je l’avais prévu, j’ai terminé le recueil Autour de Londres de Lydie Blaizot. Le recueil aura été de bonne facture tout du long. Je n’ai pas avancé dans le Trône de Fer, pourtant j’ai interêt à me botter les fesses car la série m’a rattrapée.

J’ai commencé Le Sang des Anges de Nalini Singh, premier tome de la série Chasseuse de Vampires aux éditions J’ai Lu, collection Darklight. Je suis actuellement totalement sous le charme du roman. Un début excellent (j’en suis au quart du livre), un univers super étoffé, un style agréable et une bonne intrigue. Je pressens ce roman comme un des coups de coeur de l’année. Entre Vicki Nelson et Harper Connely, le label Darklight semble définitivement être un gage de qualité.

illman

J’ai enfin achevé ma lecture du tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre, je me sens libéré. Je m’excuse par avance auprès des fans de l’auteur mais je vais dé-mon-ter ce bouquin. J’ai pu enchainer sur Le puit de l’ascension de Brandon Sanderson dont j’ai déjà chroniqué le premier tome. Ça se lit tout seul, c’est un vrai plaisir pour l’instant et même s’il fait plus de 700 pages, la chronique iiD devrait arriver rapidement pour un nouveau round de fanboyisme.

LuxtExMachina

Je viens de terminer ce week-end La triste des frères Grossbart. Vous en saurez plus surement dans la semaine. Ensuite je prévois de commencer le cycle de la ballade de Pern. Une série mêlant au départ Science Fiction et Fantasy.

Et vous ? Vous profitez de cette journée pour lire, par solidarité ?


Qui ne connaît pas le personnage d’Elric ? Tous ceux qui n’ont jamais lu de Fantasy sans doute, mais nous autres le connaissons tous. De près ou de loin, en ayant lu ou non ses aventures, il faut avouer que le personnage, au même titre qu’un Conan, fait partie de notre paysage. Elric: Les Buveurs d’Âmes marque donc le retour du personnage aux éditions Fleuve Noir. Ceci dit, pas n’importe quel retour, puisque ce n’est pas Michael Moorcock, son créateur, qui a écrit ce nouvel épisode, mais un français, Fabrice Colin, dont on vous avait déjà parlé ici avec La Malédiction d’Old Haven. Alors, retour gagnant ou simple coup marketing pour le prince torturé ? Synopsis.

Elric: Les Buveurs d’Âmes de Fabrice Colin et Michael Moorcock

Elric n’est plus que l’ombre de lui même depuis qu’il a dû mettre fin, de ses propres mains, aux jours de sa chère et tendre. Dévasté par le chagrin, rongé par les remords, il s’est juré de ne plus jamais utiliser son épée maudite, Stormbringer, qui lui a permis de commettre tant de méfaits et d’être aussi craint et respecté par ses pairs. Mais pour cela, il doit trouver le moyen de recouvrir ses forces, car son être est lié à l’épée, et sans les âmes qu’elle prend en tuant, ses forces le quittent peu à peu… Pour cela, il n’y a pas d’autre moyen que de réussir à mettre la main sur l’Anémone Noire, une fleure qui ne fleurit qu’une fois par siècle dans la mythique citée perdue de Sooz.

Si on m’avait dit que je chroniquerai un jour un tome d’Elric pour if is Dead, je crois que j’en aurai bien rigolé. Le personnage de Moorcock a beau être culte, il n’avait pas réussi à me convaincre quand j’avais tenté de lire le premier tome de la série, Elric des Dragons. J’étais donc plutôt perplexe, d’autant que ressortir le héros après toutes ces années n’était pas là pour me rassurer, comme s’il s’agissait d’une simple licence dont on pourrait faire des produits dérivés. Mais bon, je ne connaissais pas du tout Fabrice Colin, je lui ai donc laissé le bénéfice du doute.

Et côté écriture, il faut avouer que j’ai plutôt bien fait. Le début était certes chaotique, notamment par l’utilisation très marquée des termes de l’univers d’Elric. Quelque part, c’est logique, mais les noms de deux personnages principaux sont si proches que je pensais qu’ils étaient la même personne. De même, l’auteur a tendance à donner du le Menilbonéen à tord et travers, et on pense naïvement qu’il n’y a qu’un personnage qui en soit un: erreur fatale. Sans parler des Prince-Dragons, au nombre de deux eux aussi. Bref, heureusement, après trois-quatre chapitres à la compréhension assez chaotiques, on fini par prendre le bon bout.

Elric: Les Buveurs d’Âmes de Fabrice Colin et Michael Moorcock

L'artwork original de Brom est pour moi bien plus réussi que ce que rend la couverture définitive... A noter que le bouquin comporte une carte en couleur en son centre, sympathique.

Outre ce petit désagrément de narration, la plume de Fabrice Colin est très agréable à lire, parfaitement dosée entre description et action, les dialogues sont lisibles. On regrettera peut être la sur-abondance de description des remords d’Elric. Est ce là pour augmenter le nombre de pages, ou simplement pour insister ? Je ne sais pas… Dans les deux cas, c’est assez désagréable. L’auteur ayant voulu coller le plus possible aux œuvres originales, il n’est pas non plus impossible que ce soit là une erreur du genre de l’époque. Reste que le fait de choisir de coller à un style qui a ses faiblesses n’excuse pas tout.

Les Buveurs d’Âmes est un livre qui se veut complètement indépendant, il n’y a pas besoin d’avoir lu les neuf autres pour comprendre son histoire. A aucun moment je n’ai eu l’impression de passer à côté de détails importants, ou d’être largué, ce qui est carrément un bon point. Le problème, c’est aussi qu’il s’inscrit à l’intérieur même de la chronologie du cycle déjà publié, du coup, il ne peut avoir aucune incidence notoire… Vous l’aurez donc compris, l’histoire de ce nouveau tome, qu’elle soit de qualité ou non, n’aura aucun impact, comme si elle n’avait jamais eu lieu, une sorte de filer. C’est assez frustrant quelque part, mais peu étonnant puisqu’il s’agit de la reprise d’une novella initialement écrite par Moorcock, et à l’époque, c’était plutôt courant.

Elric: Les Buveurs d’Âmes de Fabrice Colin et Michael MoorcockCela dit, bien que l’histoire soit donc assez simple et malheureusement très courte, elle est plutôt rondement menée. Nous suivons ici trois points de vue différents, avec une sorte de chasse à l’homme. Du coup, l’auteur arrive à faire monter une certaine pression, puisque la cible n’est pas au courant de ce qu’il l’attend, tandis que nous, oui. On va aussi y retrouver des thèmes chers au genre, avec une jungle hostile, plutôt inquiétante même, et d’horribles monstres. Là dessus, c’est du tout bon, l’ambiance nous prend vraiment, on s’y croit et on a nous aussi l’impression d’avancer peu à peu vers des contrées sauvages et non-civilisées… Le tout nous donne envie de connaître la suite et ce qu’il va bien pouvoir s’y passer. Un tour de force d’autant plus cocasse qu’on sait pertinemment que ça n’aura aucun impact.

Au final, Elric: Les Buveurs d’Âmes est pour moi une véritable surprise. Ce n’est pas le livre du siècle, mais il a réussi à me faire passer un bon moment de lecture, là où le cycle original avait échoué. Bien qu’il ne soit pas indispensable de l’avoir lu pour se pencher sur le cycle d’Elric, c’est peut être là la meilleure façon de s’y plonger, et d’avoir un avant goût de ce qu’est l’Heroic Fantasy de l’époque, avec ses qualités et ses défauts. Une très bonne surprise.


C’est Lundi, que lisez-vous ? #3

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 6 juin 2011, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Afin d’arrêter de passer pour des asociaux, voici donc la troisième édition ! Donc, c’est lundi, que lisons-nous ?

dabYo

Anthologie Victimes et Nourreaux aux éditions MnémosCette semaine, j’ai réussi à profiter du jeudi férié pour m’avancer dans la lecture d’Elric: les Buveurs d’Âmes que j’avais bien entamé la dernière fois. Comme je le disais, aussi étonnant cela puisse être, j’ai bien aimé ma lecture. La fin, si elle confirmait mes craintes quant au côté filer du roman, n’était pas mauvaise pour autant. Une lecture qui n’est pas inoubliable, mais qui est loin de l’arnaque commerciale qu’elle semblait être initialement.

Sinon, j’ai commencé l’anthologie sortie par les éditions Mnémos pour les Imaginales et dirigée par Stéphanie Nicot: Victimes et Bourreaux. Serafina avait chroniqué celle de l’année dernière, Magiciennes et sorciers, qui l’avait plutôt déçue d’ailleurs. J’ai pu lire la première nouvelle de Charlotte Bousquet, une auteure que j’aime toujours autant et qui a été plutôt à la hauteur de la tâche, ainsi que celle de Michel Robert. Je ne connaissais pas l’auteur, je m’attendais au pire, et je suis plutôt mitigé. L’idée est bonne, mais il y a des points noirs, notamment une prévisibilité du scénario un peu trop importante à mon goût…

Serafina

Malheureusement, Fidel Gastro m’a rattrapé, et une expo le week-end ont fait que je n’ai quasiment pas lu cette semaine. Je suis donc toujours sur Autour de Londres de Lydie Blaizot qui est toujours très bon et sur le Trône de Fer. Il ne me reste qu’une cinquantaine de pages pour le premier et 150 pour le deuxième. J’espère me reprendre en main rapidement, car j’ai une PAL monstrueuse.

illman

J’ai bientôt fini le tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre de David Weber. Je vais pouvoir enchainer sur autre chose… C’est bien sur la fin, mais j’ai hâte de passer au Puit de l’Ascension, la suite de l’Empire Ultime de Brandon Sanderson aux éditions Orbit que j’avais beaucoup aimé.

LuxtExMachina

Cette semaine j’ai commencé à lire La triste histoire des frères Grossbart aux éditions Eclipse. Mélange de contes anciens à la façon des frères Grimm et de violence. C’est une lecture très bonne qui ravira les lecteurs. A ne pas mettre en les mains d’enfants, cela va sans dire.


Le Shôgun de l’Ombre de Jérôme Noirez

dabYo dans Critiques, Livres le 3 juin 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Jérôme Noirez est un auteur que j’ai découvert l’année dernière avec Le Chemin des Ombres, un excellent mélange des influences de la culture asiatique et d’Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll. Le roman m’avait envouté, aussi c’est avec enthousiasme que j’ai entamé un autre de ses romans édité en poche par J’ai Lu, Le Shôgun de l’Ombre. Il s’agit cette fois d’une enquête policière menée par l’inspecteur Ryôsaku et se déroulant dans le Japon féodal. Il s’inscrit dans le cycle de Ryôsaku, c’est le second épisode, mais il ne m’a pas semblé nécessaire d’avoir lu le premier, et je ne me suis jamais senti perdu. Synopsis ?

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme Noirez

Dans le Japon médiéval de 1490, Ryôsaku fait partie des enquêteurs chargés par le Shôgun de résoudre les crimes et maintenir la paix à Kyoto. Ce statut confère à l’ancien samouraï une indépendance qui lui permet quasiment de traiter d’égal à égal avec les hommes les plus riches et influents de la ville. Pour résoudre ses enquêtes, il compte sur trois jeunes samouraïs, Kaoru, Keiji et Sozô, à qui il espère bien inculquer quelques valeurs à grands coups de marteaux sur le crâne. Ils vont être malgré eux lancés au trousse d’un mystérieux criminel, surnommé bien vite par la population comme le Shôgun de l’Ombre.

Nous sommes là dans un roman qui va mélanger de nombreux éléments, à notre plus grand plaisir. Tout d’abord la culture japonaise, l’histoire s’y passe et s’y ancre entièrement. Bien entendu, je ne suis pas un expert de cette civilisation, ceci dit le paysage qui nous en est dépeint semble crédible, mais est surtout très intéressant. On y glane ainsi de nombreuses connaissances sur l’organisation de leur société du XIXème siècle, c’est un plus non négligeable, d’autant que le style s’y prête très bien. Certes, on a parfois l’impression que Noirez cherche à placer un peu trop des références au Japon et à son vocabulaire, mais d’un autre côté, c’est tellement agréable.

Le roman est écrit au présent, les phrases restent simples et me font clairement penser que la cible de l’auteur ne se limite pas aux adultes. Il serait parfait pour un adolescent, même très jeune. Les scènes sont aisément compréhensibles, l’humour bien qu’enfantin rend sa lecture très fluide et agréable, et le jeune garçon n’aura aucun mal à s’identifier à l’un des trois joyeux lurons que sont Kaoru, Keiji et Sozô. Cette proximité avec nos héros est un réel plus, la lecture du roman étant à la fois sérieuse et décontracté, un plaisir.

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme Noirez

Couverture de la version grand format, par Aurélien Police, qui retranscrit mieux la folie de l'enquête

Le Shôgun de l’Ombre est aussi une enquête policière, et l’auteur va beaucoup jouer sur le doute qui prend son lecteur, partagé entre le réalisme et le fantastique. Jusqu’à la fin, on va se demander si des éléments surnaturels ont, ou n’ont pas, lieu. C’est rondement mené, et donne un côté très intriguant au roman. Jérôme Noirez finira-t’il ou non par confirmer que le Shôgun de l’Ombre existe ? Un peu comme dans Le Chemin des Ombres, on va très vite avoir l’impression de faire une virée dans l’irrationnel, le surnaturel, sans pour autant être sûr que nos personnages n’hallucinent tout simplement pas. Certains moments s’ils ne font pas peur, ont une ambiance maléfique très forte. Là encore, c’est un vrai régal, et j’ai beaucoup apprécié l’initiation, le parcours vers la folie, de l’un des personnages.

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme NoirezCes derniers sont d’une manière générale assez peu développés, des sortes d’archétype qui n’ont pas de réelle personnalité. Du moins, leur personnalité n’est pas plus développée que dans un roman Jeunesse, mais ça n’en est pas forcément un point noir pour autant. De même, l’ensemble des personnages secondaires se contentent d’être leur fonction, métier. C’est d’une manière générale le seul reproche que l’on pourrait faire à ce roman: il s’agit d’un roman Jeunesse. Avec ses points forts et ses faiblesses. Personnellement, il m’a enchanté.

Au final, ce roman confirme pour moi que Jérôme Noirez est un auteur français qui manie excellemment bien sa plume. Il rempli parfaitement son rôle et vous fera passer un excellent moment en sa compagnie. Le Shôgun de l’Ombre est une lecture reposante, envoutante, légère et agréable à la fois. Dès que l’intrigue se sera lancé, vous aurez envie d’en apprendre davantage sur ce Shôgun et d’en comprendre le mystère. Un régal et une très bonne introduction à l’univers de l’auteur.