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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Dreamsongs: A RRetrospective est une anthologie des différents travaux qui ont été écrits par George R.R. Martin tout au long de sa longue carrière d’écrivain de l’Imaginaire. Pavé de près de 1200 pages, il n’est actuellement pas encore disponible en langue française, ce qui est bien dommage. Je n’ai cependant pas pu y résister lorsque j’ai vu l’ouvrage sur les étagères de The English Bookshop à Amsterdam, et me suis tout de suite lancé dans sa lecture. L’ouvrage contenant plus d’une trentaine de nouvelles, divisées en sous-catégorie et commentée par Martin himself, j’ai décidé de toute vous les chroniquer au fur et à mesure de ma lecture, qui prendra surement plusieurs mois.

Dreamsongs: A RRetrospective de George R.R. Martin

A Four-Color Fanboy est la première partie de cette anthologie, sans aucun doute celle qui est objectivement la moins bonne, mais subjectivement une des plus intéressantes. Et pour cause, il s’agit là des toutes premières nouvelles que va écrire George R.R. Martin, alors jeune adolescent fan de Super Héros et de fanzines du genre. Car oui, l’auteur a tout d’abord commencé par écrire ce qui s’appelait des « histoires écrites », en contradiction avec les histoires de comic, qui étaient elles dessinés.

Lire Martin nous raconter les dessous de cette époque que nous ne connaissons pas est vraiment passionnant. Pour cette partie, c’est même de loin son texte explicatif qui est le plus intéressant, nous introduisant son parcours à travers les divers fanzines papiers de l’époque, les rencontres lors de conventions, etc. Des éléments qui n’existent quasiment plus aujourd’hui, et que l’on a même du mal à imaginer tant Marvel, qui n’existait pas à l’époque, et autres DC Comics sont devenus des institutions. Passons donc aux nouvelles.

Only Kids Are Afraid of the Dark

Première nouvelle de ce recueil, et sans doute celle qui m’a pour le moment le moins plu, c’est une histoire de super-héros. Pour être exact, il s’agit d’une aventure de Doctor Weird, un personnage qui n’a pas été inventé par Martin, mais qui faisait parti d’un des groupes de super-héros d’un fanzine auquel il souhaitait participer.

L’histoire est simple, mais on note très clairement les influences de l’auteur et les récits de l’époque. La bataille contre Saagael the Demon Price est en effet très imprégnés du Fantastique à la Howard, bien que les caractéristiques du personnage n’étant pas de son fait, il y a forcément des éléments bizarres.

The Fortress

Cette nouvelle est sans doute la plus particulière de l’auteur que j’ai pu lire, et pour cause, puisqu’elle se base sur des faits réels. En effet, ces quelques pages vont nous parler d’une des batailles clef de l’indépendantisme finlandais, le siège de Sveaborg.

Suomenlinna Fortress (Sveaborg)

Située sur une île, la forteresse était connue jusqu'alors pour n'avoir jamais été conquise. Il faut dire qu'elle ne pouvait être réellement attaquée qu'en hiver, alors que la mer était gelée.

Si vous faites les gros yeux, c’est que comme moi, vous devez ignorer une bonne partie de l’histoire des pays nordiques, notamment sur les destinées commune de la Suède et de la Finlande aux armes avec la Russie. Cette nouvelle, superbement écrite, va vous mettre dans la peau d’un commandant de l’armée suédo-finlandaise, et nous faire regretter que George R.R. Martin ne s’attèle pas à l’écriture d’une novélisation de la révolution française.

And Death His Legacy

Tout comme pour The Fortress, cette nouvelle montre que très tôt, Martin travaillait déjà énormément ses chutes de nouvelles, et ce quelque soit le thème. Ici, c’est à la vie réelle et plus précisément, au populisme, que l’auteur s’attaque. The Prophet est un sénateur qui monte en puissance dans les sondages en jouant sur les vieux démons de la société américaine de l’époque, l’aide sociale, tandis que Maximilian de Laurier, riche homme d’affaire, vient d’apprendre qu’il a le cancer et plus grand chose à perdre.

Cette nouvelle est la première à amener une alternance des points de vue, effet très cher à Martin qu’il utilisera à de nombreuses reprises dans ses romans. C’est aussi une des seules que j’ai pu lire jusqu’alors qui est ancré dans l’époque contemporaine de l’auteur, et dans la politique.

C’est là l’ensemble des nouvelles, plutôt courtes, de cette première partie. Je dois avouer que ce début est vraiment surprenant de part sa qualité, car si Only Kids Are Afraid of the Dark est une nouvelle assez faible, les deux suivantes m’ont vraiment plu.


Puisque je suis dans ma période Camion Noir, dabYo m’a offert Ian Curtis et Joy Division: L’histoire d’une vie, la biographie de Ian Curtis écrite par sa femme, Deborah Curtis traduite en français aux éditions Camion Blanc. Pour les incultes, c’était le charismatique leader de Joy Division, initiateur de la Cold Wave et donc influence importante de la culture goth. Ian Curtis s’est suicidé, à 23 ans, à la veille de leur première tournée américaine. Cette mort en pleine gloire l’a forcément érigé en légende.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah Curtis

Si je connaissais la légende ainsi que la musique de Joy Division, à vrai dire je n’en savais pas grand chose sur l’homme. La biographie qu’a écrit sa femme s’intéresse surtout à ce dernier, à celui qui fut son mari, même si bien évidemment son histoire est indissociable de celle de son groupe. La biographie évolue chronologiquement, bien qu’on connaisse déjà la fin évidemment et est illustrée de photos d’archives en noir et blanc.

La bio évoque bien sur la scène post-punk de Manchester, mais sans entrer dans le détail, le but n’étant pas de documenter cette scène. Personnellement je ne la connais que peu, via un ou deux groupes emblématiques dont Joy Division, mais je pense que c’est un sujet sur lequel je me documenterais dans le futur.

Le roman est facile à lire , les photos bien intégrées, et on le termine très vite. En effet, les 150 dernières  pages sont exclusivement consacrées aux paroles des chansons du groupe, ainsi qu’aux paroles inutilisées laissées par Ian Curtis après sa mort, et à la discographie du groupe. Si cela est sans doute très intéressant pour les fans, bien qu’avec un accès au net trouver les paroles ne soit pas bien dur, je dois avouer que je ne les ai pas lues.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah Curtis

Image tiré de Control, l'adaptation du roman en livre par Anton Corbijn

Du coup, le récit en lui même se lit très vite. Deborah Curtis est je trouve assez objective et plusieurs années après les faits, elle a pu gagner pas mal de recul pour son écrit. Elle ne montre pas que les bons cotés du chanteur, mais pas non plus que les mauvais, ce n’est clairement pas du règlement de compte contrairement à ce qu’on aurait pu penser au vu de leur relation. La culpabilité ressentie par l’auteur est cependant assez palpable plus on s’approche de la fin.

On suit d’abord avec passion Joy Division récolter la reconnaissance et finalement des contrats, souvent grâce au culot de Ian Curtis. Et puis c’est totalement impuissant qu’on assiste peu à peu à la spirale auto-destructrice dans laquelle il va être entrainé, ses tendances suicidaires ayant toujours été présentes mais exacerbées suite à la déclaration de son épilepsie. En effet, Ian Curtis était épileptique et la fin de sa vie aura été fortement marquée par ses crises qui affecteront notamment sa présence scénique.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah CurtisJe suppose que le récit ici présent n’intéressera guère que les fans du groupe culte, mais je ne peux quand même que vous le conseiller même si ce n’est pas votre cas. Ian Curtis fait, et pas seulement pour moi, partie des légendes du rock et a été une inspiration importante pour de nombreux autres groupes par la suite. Son histoire est touchante et mérite d’être connue.

Il est à noter que ce livre a servi de base à Control, un film biographique qui retrace une bonne partie de ce qu’on peut lire dans le récit de Deborah et que je compte bientôt voir. Nous reparlerons sans doute dans un prochain article.


Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent

Serafina dans Critiques, Livres le 15 novembre 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Dans la liste des ouvrages de Camion Noir qui m’attirent, il y avait ce Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent, qui comme son nom l’indique traite de la Comtesse Bathory. Cette dernière est quasiment devenue une figure légendaire au sujet de laquelle on raconte un peu tout et, surtout, n’importe quoi. Il n’y a pas énormément de livres à son sujet qui ne soient pas soit énormément romancés, soit complètement fantasmés. Cet essai désire donc apporter un éclairage moins romancé et plus réaliste à celle qui fut appelée par tous les noms et qui, au final, n’est peut être même pas coupable.

Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent

Avant d’avancer dans la critique, je tiens tout de même à rappeler quelques informations sur le personnage historique qu’était Erzebeth Bathory. Femme du conte, à sa mort elle hérite de son domaine et de ses nombreuses terres. Quelques temps après son veuvage, elle est accusée avec quatre autres personnes de torture et des meurtres de jeunes filles. Elle sera jugée coupable et assignée à résidence dans une seule pièce de son château, jusqu’à sa mort.

Si le livre s’attarde notamment sur son enfance et son mariage, il n’y aura ni rappel de cette affaire pour éclairer les novices, ni réellement d’informations sur le procès en lui même. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, le procès n’est que rapidement évoqué et très peu de documents du-dit procès ne sont dévoilés. Ce qui rend le livre un peu incomplet pour un lecteur lambda qui chercherait ici à découvrir Erzebeth Bathory. Pour l’initié, universitaire de surcroit, cette remarque n’est pas à prendre en compte.

Jacques Sirgent s’intéresse au procès, mais plus sur ce qui tourne autour, et ne va pas clairement statuer sur la culpabilité ou non de Erzsebeth. Ce n’est pas possible compte tenu des éléments. Par contre, il va amener de nombreux faits et aussi des hypothèses qui lui semblent crédibles. De même les hypothèses fréquemment reprises dans l’imaginaire populaire sont analysées, et parfois réfutées. J’ai énormément aimé cette approche, qui permet à chacun de se faire sa propre idée sur ce personnage historique. On sent par moment la conviction personnelle de l’auteur mais il ne l’impose pas comme du roc.

Si j’ai apprécié l’approche et les nombreuses analyses très intéressantes, j’ai cependant été déçue par le contenu et par le style. Parlons de ce dernier tout d’abord, il faut l’avouer, ce n’est que rarement la panacée dans les essais. Ici, j’ai trouvé l’écriture assez confuse, avec beaucoup de répétitions. En soit, cela ne me gêne pas réellement, le vrai problème c’est que le contenu ne semble pas réellement rattraper les choses.

En effet, sur un livre de 300 à 400 pages, les 100 premières pages sont en réalité consacrées à un historique du sexisme et des violences faites au femmes. Si ce sujet est évidemment intéressant, et permet d’expliquer en partie le procès d’Erzsebeth (qui était une veuve , donc libre d’elle même et possédait de nombreuses terres), il prend une place un peu trop importante : plus du quart du livre.

Erzsebeth Bathory de Jacques SirgentLes pages suivantes vont réellement s’intéresser à Bathory, et sont parsemées de citations ou de références d’époque. Jacques Sirgent s’attarde surtout à démontrer les contradictions entre les croyances populaires qu’on attribue au personnage et ce que l’on sait de sa vie. Il semble assez évident à la lecture du livre que bon nombre de faits ont été exagérés. Cependant, pour quelqu’un qui ne connait pas bien la légende, on est parfois perdu, par exemple plusieurs paragraphes démontrent le fait que Bathory n’était probablement pas épileptique alors que j’ignorais totalement qu’on le disait d’elle. Je pense qu’un résumé de ce que la légende en a fait aurait été profitable même pour ceux qui cernent de loin le personnage.

Au final, Erzebeth Bathory de Jacques Sirgent est une lecture sympathique, assez honnête , mais qui ne traite pas assez la totalité du personnage à mon goût pour satisfaire le lecteur lambda. Pour lui, je pense qu’il aurait été intéressant de creuser plus sur le pourtour de certains détails, notamment du procès et récapituler ce qui se dit autour du personnage.


J’avais énormément aimé les deux premiers tomes des Mystères de Harper Connelly, la nouvelle série de Charlaine Harris actuellement en cours de publication en France et qui mêle des genres que j’apprécie, Bit-Lit, Fantastique et Policier. Ayant été charmée par les histoire et les personnages, je n’ai pas attendu bien longtemps avant d’entamé Frissons d’Outre-Tombe, troisième tome paru récemment chez J’ai Lu. Synopsis.

Frissons d’Outre Tombe, Harper Connelly Tome 3, de Charlaine Harris

Harper Connelly sent les morts. Après avoir été appelée par les familles de garçons récemment disparus, tout porte à penser que ces derniers ont été tués par un serial-killer. Harper se voit donc confier la mission de retrouver les corps. Sauf que le tueur en question est peut-être encore en exercice, et qu’il pourrait bien s’en prendre à elle afin de couvrir ses traces…

Pour cette troisième aventure, on plonge dans l’univers sordide des tueurs en série. Harper a l’habitude de travailler avec des morts dont les dernières minutes ne se sont pas toujours passées dans de bonnes conditions, mais ce qu’elle va découvrir est au comble de l’horreur. Du coup l’atmosphère est bien plus lourde que lors des précédents tomes. On ne tombe pas forcément dans les longues descriptions, mais c’est suffisamment présent pour le ressentir. L’atmosphère de la petite ville où elle a été appelée est dense, pesant.

L’intrigue qu’a imaginé Charlaine Harris est une fois de plus bien menée, on est vraiment très proche d’une enquête policière, et du coup Harper Connelly me fait de plus en plus penser à une autre série du genre, Vicky Nelson de Tanya Huff, qui était d’ailleurs parue dans la même collection J’ai Lu, Darklight, et avait été un de mes coups de cœur de l’an dernier. C’est un roman qu’on classerait bien dans Bit-Lit mais qui est bien plus large que cela, se concentrant plus sur son coté Policier-Fantastique qu’autre chose. Et c’est tant mieux car c’est bien plus passionnant. Les 300 pages ont été dévorées en moins de trois jours.

An Ice Cold Grave, Harper Connelly, Charlaine Harris

Alors effectivement, les relations entre les protagonistes, Harper et son « frère » Tolliver évoluent dans ce tome, exactement comme on pourrait s’y attendre, mais pour le moment cela ne prend absolument pas le pas sur l’histoire et l’intrigue du tome, qui restent au centre des préoccupations. Il n’y a pas de satané triangle amoureux et les héros ne passent pas leur temps a ressasser leurs histoires de cœur.

Frissons d’Outre Tombe, Harper Connelly Tome 3, de Charlaine HarrisComme pour la plupart des romans de Charlaine Harris que j’ai pu lire jusqu’à présent, le style est assez simpliste et très direct. L’auteur, ou sa traductrice Sophie Dalle, utilise un vocabulaire courant, et adapté au plus grand nombre. Cela ne porte pas préjudice à l’histoire mais clairement, le style n’est pas quelque chose qui me marquera.

Les Mystères de Harper Connelly continue donc, égale à elle même. C’est une lecture très distrayante, qui se révèle agréable, à l’intrigue bien menée et aux personnages attachants. Cette série est bien partie pour entrer dans mon top de l’année au vu de sa qualité générale. On évite tous les pièges de la majorité de la production actuelle et le coté Policier-Fantastique est rondement mené. Si vous n’avez pas encore fait connaissance avec Harper, n’attendez plus.


J’avais lu lors du précédent read-a-thon la novella qui sert de tome 0 à la série Alpha & Omega de Patricia Briggs. Je l’avais adorée, et du coup pour partir en Hollande j’ai emmené le premier tome dans mes bagages. Ouvrant officiellement cette seconde série de Bit-Lit se déroulant dans l’univers de Mercy Thompson, il a été publié en 2008 aux États-Unis, et cette année chez Milady, servi par une sublime couverture de Daniel Dos Santos et est traduit par Eléonore Kempler. Synopsis ?

Le Cri du Loup, Alpha & Omega Tome 1, de Patricia Briggs

Suite aux événements du tome précédent, Anne, louve depuis 3 ans part en direction de la meute du Marrok, l’alpha le plus puissant des États-Unis. En effet, son compagnon Charles doit mener à bien une mission pour son père et les talents particuliers d’Anne pourraient bien être utiles. Il semblerait qu’un loup solitaire soit à l’œuvre dans une foret voisine, tuant sans pitié.

Ce premier tome prend directement place après la novella, rendant le début du récit totalement incompréhensible si on n’a pas lu le précédent, qui a été publié par Milady… après. Cependant, l’histoire prend réellement son essor lorsque Anna se rend dans la meute du Marrok, lequel n’est autre que le père de son compagnon. C’est évidemment l’occasion de découvrir les personnages qui forment cette meute et dont on entendra sans doute parler dans les prochains tomes, bref, une introduction à l’univers. Les personnes ayant lu l’autre série de Patricia Briggs, Mercy Thompson, comprendront sans mal les clins d’œils à cette dernière, le personnage de Mercy étant évoqué plusieurs fois, mais dans l’absolu je ne pense pas qu’avoir lu l’histoire de la coyote soit une nécessité pour lire Le Cri du Loup, voire la série en elle même.

Le Cri du Loup, Alpha & Omega Tome 1, de Patricia Briggs

Tout comme Mercy Thompson, la série est en passe d'adaptation en comic.

Pour le reste, disons le tout de suite, cette série est sans aucun doute ma meilleure de Bit-Lit de l’année. Tout y est bien amené, les personnages ou bien la psychologie des héros. Je suis notamment tombée totalement fane de Asil et de son histoire, qui est profondément torturée mais tellement passionnante. C’est clairement un de mes personnages préférés de tout l’univers. Pour ce qui est des héros, si Charles et Anna sont « compagnons », ils doivent pour autant s’apprivoiser, ce qui change quand même pas mal des autres univers Bit-Lit ou l’héroïne a souvent le feu aux fesses. Ici, non, Anna blessée par son passé est loin d’être une fille accessible, et cela la rend bien plus « vraie » et plus touchante. Pour le moment, Anna est un personnage agréable, pas trop forte, pas trop faible, bref, une bonne héroïne mais qui n’a pas encore le charisme d’une Mercy.

Le Cri du Loup, Alpha & Omega Tome 1, de Patricia BriggsL’histoire permet d’en apprendre plus sur les loups-garou et notamment leurs travers, leurs accès de folie. L’histoire se centre rapidement autour de l’enquête pour trouver le loup solitaire. Et l’enquête, c’est souvent le point faible des romans de Bit-Lit car généralement très mal exploité. Ici ce n’est pas le cas, elle n’est ni trop évidente ni trop compliquée et le suspens se fait rapidement sentir. Pour tout dire j’ai totalement dévoré le roman en moins de trois jours tellement j’avais envie de connaitre la suite.

Après une introduction sympathique, Patricia Briggs entame avec ce premier tome de Alpha & Omega une série qui parait plus que prometteuse. L’univers autour des loups-garou est toujours aussi promettant et a pour avantage de ne pas être parasité par des histoires de triangles amoureux. Les personnages sont très attachants, Anna et Asil en tête. J’espère d’ailleurs vraiment qu’on reverra ce dernier dans la suite, Terrain de Chasse.


Absinthes & Démons de Ambre Dubois

dabYo dans Critiques, Livres le 5 novembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Après plusieurs romans vampiriques aux éditions du Petit Caveau qui ont su séduire Serafina, Ambre Dubois nous propose en cette rentrée un roman Fantastique un peu particulier, Absinthes & Démons aux éditions du Riez. Particulier car ce roman est en fait ce que l’on pourrait appeler un recueil de très courtes nouvelles, toutes centrées autour d’un même thème et du même personnage. Avec sa superbe couverture signée Anne-Claire Payet, c’est avec curiosité que j’ai ouvert le livre pour en lire les premières pages. Synopsis.

Absinthes & Démons de Ambre Dubois

Lord Nermeryl est un dandy excentrique sur lequel courent de nombreuses rumeurs. Mais malgré son allure particulièrement sinistre, il n’en reste pas moins un être particulièrement charmant, énigmatique et surtout captivant. Si vous êtes en possession de sa carte de visite et que des choses bizarres se passent près de vous, alors n’hésitez pas et faites appel à ses services. Il viendra au plus vite pour mener à bien votre requête, quel qu’en soit le prix. Et parfois plus, si affinités.

La première chose que l’on remarque en lisant ce roman d’Ambre Dubois, c’est à quel point l’atmosphère est fort bien retranscrit. On se retrouve tout de suite dans l’Angleterre du XIXème, dans ses châteaux particuliers où les nobles apprécient le bon thé et les bonnes manières, tandis que les bordels de la ville s’animent dès l’arrivée de la nuit et que les apparences souvent trompeuses disparaissent avec les derniers rayons du soleil. On a réellement l’impression d’être assis dans le cab aux côtés de Lord Nermeryl pour nous rendre loin de l’agitation de Londres afin d’enquêter sur de curieux évènements.

L’écriture de l’auteur est vraiment très agréable à lire. Plutôt léger, le style nous plonge bien dans l’ambiance et a une certaine fraicheur. Les phrases s’enchaînent sans que l’on ait aucun problème, j’ai beaucoup apprécié ce côté-là. Bien entendu, la découpe générale du roman, en plusieurs petites histoires renforce cette impression mais l’ensemble reste très réussi. Les ellipses au sein même d’une nouvelle sont très fréquentes, mais permettent de mettre le doute dans le cœur du lecteur, de lui laisser imaginer à sa guise ce qu’il a bien pu se passer entre deux courtes scènes. C’est aussi une manière de renforcer le caractère énigmatique de Lord Nermeryl.

Absinthes & Démons de Ambre DuboisEn effet, ce dernier dont les épaules soutiennent la totalité du roman est à la fois familier et à la fois complètement inconnu. Ambre Dubois se serre souvent des coupures dont je parlais dans la narration pour éviter de nous en dire trop de sa personne, ou de nous permettre de savoir ce qu’il va bien pouvoir penser. Bien sur, on fini par découvrir ce qu’il nous importe avant la fin du tout. C’est un point agréable, on se laisser diriger par l’auteur et on se contente d’apprécier les courtes scènes. Je dis souvent que le tout est frais et léger, et pourtant, les scènes restent tout de même très sombres, l’ensemble des sujets traités ayant souvent rapport à la mort, ou au diable.

Au final, Absinthes & Démons d’Ambre Dubois a su me séduire et me faire passer un très agréable moment en la compagnie de Lord Nermeryl. J’ai presque été frustré de le quitter « si tôt », sans savoir si je pourrais enquêter à nouveau à ses côtés dans cette Angleterre qui semble presque hors du temps. Une très bonne surprise.


Jeux d’Ombres est le premier tome de GhostWalkers, une des dernières nouvelles séries publiées par Milady. Si je suis généralement méfiante sur les sorties Bit-Lit, très nombreuses ces dernières années, cette série de Christine Feehan m’a tout de suite intéressée. Alors certes la couverture d’Anne-Claire Payet est plutôt classique, un portrait et une ville, ce qui change réellement la donne se situe le synopsis. C’est parti.

Jeux d’Ombres, Ghostwalkers Tome 1, de Christine Feehan

Peter Whitney est un scientifique qui travaille sur des sujets classés secret défense. Il mène notamment une expérience sur des soldats d’élite, sélectionnés sur le volet, afin de renforcer leurs capacités psychique. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. Des soldats meurent et finalement Peter est assassiné. Lily sa fille est parachutée sur l’expérience pour prendre la relève et identifier le problème. Ce qu’elle va découvrir pourrait bien bouleverser sa vie et celle des soldats-cobaye.

Comme vous pouvez le ressentir, le résumé fait plus penser à un Thriller technologique qu’à de la Bit-Lit comme on en a l’habitude. Une sorte de croisement entre Tom Clancy et Anita Blake en somme. Cette originalité m’a séduite et il faut le dire permet à l’ouvrage de se démarquer. En effet, on est dans un univers très scientifique, très technologique et surtout très crédible. Pas de créatures fantastiques comme des loups garou ou des vampires, non, juste des pouvoirs psychiques. Malgré tout ce n’est pas non plus d’une originalité extrême car les histoires de soldats surentrainés aux pouvoirs psychiques, depuis la Trilogie du Samedi avec entre autres The Sentinel ou Dark Angel, tout le monde y est passé. N’empêche que c’est agréable à lire et les pages s’enfilent très vite. Je n’ai pas mis une semaine à le lire malgré la taille relativement longue de ce premier tome.

Jeux d’Ombres, Ghostwalkers Tome 1, de Christine Feehan

La couverture initialement prévue

Jeux d’Ombres sert surtout à mettre en place l’univers et ce qui va être normalement la trame des prochains tomes de la série. Du coup, la première moitié du roman commence très très fort, et la deuxième moitié, elle, est beaucoup plus posée afin de préparer la suite. Pour le moment, la trame semble être assez classique, mais pas mauvaise pour autant. Le problème, car il y en a un malheureusement, ce sont les personnages. Je pense notamment à Lily et Ryland le chef des soldats. Elle est l’archétype des femmes à fortes réparties stricte mais bonnasse, et il est fort et viril. Il faut évidemment s’en douter, une romance va naître entre les deux. Et cette dernière est un peu trop prépondérante dans la deuxième partie du livre. Et comme tout va très très vite, on n’a pas le temps d’entrer dans leur histoire. On passera évidemment les scènes de sexe inutiles et trop nombreuses, bien que moins importantes que dans un Merry Gentry.

Jeux d’Ombres, Ghostwalkers Tome 1, de Christine FeehanLe style d’écriture de Christine Feehan, ici traduit par Frédéric Grut, est correct sans être transcendant. Je n’ai pas été gênée par des erreurs de vocabulaires ou quoique ce soit, mais il faut bien dire que ce n’est pas forcément un style qui marque.

Au final, il est vraiment dommage que la romance vienne gâcher le coté action et technologie du roman, car il y avait là pas mal de bons éléments pour faire de GhostWalkers une série de Bit-Lit bonne en plus d’être originale. Cependant, il est un peu tôt pour avoir un avis définitif et on sent bien que ce premier tome est là pour placer l’univers et la trame des prochains. Je pense que la série mérite d’être suivie, pour voir dans quelle direction elle s’oriente.


C’est Lundi, que lisez vous ? #23

Serafina dans Actualités, Livres le 31 octobre 2011, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

J’ai donc continué ma lecture du nouveau roman de Mathieu Gaborit, Chronique du Soupir. J’ai fini par découvrir les trois différents points de vue de l’histoire, qui vont sans doute finir par se rejoindre. Et c’est bien là tout le problème.

On a trois destins qui semblent aussi être trois personnages de races différentes, et j’ai peur de me retrouver face à une sorte de troupe, cliché de la Fantasy. D’autant que les héros nains, bien qu’il s’agisse ici d’une femme, ne m’ont jamais bien passionné.

Serafina

Frissons d’Outre-Tombe, le tome 2 des Mystères de Harper Connelly par Charlaine HarrisCette semaine, comme prévu j’ai terminé Frissons d’Outre-Tombe, le tome 2 des Mystères de Harper Connelly par Charlaine Harris. Le tome est bon jusqu’au bout et j’ai vraiment hâte de lire la suite.

J’ai aussi avancé la lecture des Larmes Rouges de Georgia Caldera, qui pour le moment confirme ma très bonne impression.

Ayant besoin d’un poche à lire dans les transports, j’ai opté pour le deuxième tome de Alpha et Omega, la série de Patricia Briggs dont je vous dirai bientôt tout le bien que j’en pense. J’en suis à plus de la moitié et j’y retrouve toutes les qualité du premier tome : des personnages fins, des histoires intéressantes et qui ne sont pas parasitées par de la romance à deux balles. A suivre !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Vampireville est le troisième tome de Vampire Kisses, une série de Bit-Lit à destination jeunesse que je vous ai déjà présenté à plusieurs reprises. Après un excellent premier tome, le deuxième m’avait un peu plus déçu, tout en restant cependant une lecture très agréable. J’ai donc enchainé sur la suite, toujours éditée par Castelmore et servi par une très jolie couverture très vampirique. Synopsis ?

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen Schreiber

Raven et Alexander fileraient le parfait amour… Si seulement Luna, l’ancienne promise d’Alexander n’était pas arrivée entre temps en ville. Celle ci, accompagnée de Jagger son frère jumeau vampirique risquerait bien de transformer en vampire des humains innocents pour s’amuser. Raven doit agir, avant que Dullsville ne se transforme peu à peu en Vampireville.

Le roman est encore une fois assez court, 200 pages à tout casser, et on retrouve à nouveau les caractéristiques des aventures de Raven : des romans rapides à lire, sans temps mort, sans trop de prétention, mais agréable à lire. En effet, comme toujours l’aventure bénéficie d’un certain nombre de « facilités », les intuitions de Raven sont souvent les bonnes. Mais le bon coté c’est que cela s’enchaine très bien sans que l’on ne s’ennuie à un seul moment.

Depuis le début, Vampire Kisses repose surtout sur ses personnages principaux : Raven et Alexander. Le problème c’est qu’ils n’évoluent pas énormément, voir pire, qu’ils perdent de leur fraicheur. En effet, les références à la culture sombre, l’une des originalités et des fraicheurs de la série, se faisaient déjà rares dans Cercueil Blues et sont quasiment introuvable dans ce troisième opus. Dommage. Raven reste cependant très attachante, avec ses rêves, ses illusions et sa bonne humeur d’adolescente.

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen Schreiber

L’ajout de deux nouveaux personnages, vampires, permet de creuser un peu plus la version du vampire d’Ellen Schreiber, toujours avec beaucoup d’humour. On reste dans le cliché, ça dort dans des cercueils, mais c’est très plaisant. Les personnages sont tous très attachants, l’auteur réussit à les rendre très caractéristiques et très marqués en très peu de pages, ce qui est à saluer. C’est très visuel et du coup, cela m’étonne de moins en moins que la série ait été adaptée en manga, car cela s’y prête tout à fait : des héros avec de fortes différences, des personnalités nuancées et beaucoup de fraîcheur.

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen SchreiberJ’ai lu la moitié du roman en version originale avant de le recommencer avec la sortie Castelmore, et cette fois ci, je dois dire que j’ai trouvé la traduction de Nenad Savic bien meilleure que pour le deuxième tome, avec moins de répétitions notamment. Cela augure donc du meilleur pour la suite. La traduction est fluide, cela se lit très bien, et je n’ai pas noté d’erreurs ou de maladresses.

Au final, Vampireville reste exactement dans le même type d’histoire que les deux tomes précédents. Cela se lit très vite, on ne s’ennuie pas. C’est une lecture qui repose, qui vous transporte dans le monde darkinou de Raven, et moi, j’aime. Si vous avez aimé les deux précédents, ruez vous sur ce troisième tome, vous ne serez absolument pas déçus.


La littérature russe du XIXème siècle est surtout connue au travers des grands noms que tout le monde a entendus: Dostoïevski, Tolstoï, GogolIvan Gontcharov (1812-1891) est quant à lui un peu moins connu en Europe, éclipsé par ses illustres collègues. Néanmoins, il est un élément majeur de cette période riche en écrivains célèbres. Fonctionnaire influent à son époque, il a écrit quelques œuvres importantes comme Frégate Pallas ou Le Ravin, mais reste avant tout connu pour son chef-d’œuvre, Oblomov, écrit en 1859.

Oblomov de Ivan Gontcharov

Ce titre est d’abord une partie intégrante de la culture russe. Roman incontournable, son personnage principal et éponyme, Ilia Ilytch Oblomov, est un véritable monument, que tout le monde connaît. Acclamé à sa sortie, y compris par Dostoïevski, qui pourtant n’appréciait pas du tout son auteur, Oblomov a toujours été reconnu comme un roman « capital » et « éblouissant », pour reprendre les qualificatifs de l’époque. Bref, un classique.

L’histoire racontée est celle d’Ilya Ilitch Oblomov (si si), petit propriétaire terrien vivant reclus à Saint-Pétersbourg. Sa particularité, c’est, non pas sa paresse, car ce n’est plus de paresse qu’il s’agit, mais son inaction absolue. De prime abord, Oblomov semble être simplement apathique. Incapable de prendre une décision simple, et a fortiori de la mettre en œuvre, le personnage finit par ne strictement rien faire, ne jamais sortir, ne jamais voyager. C’est la vie de cette véritable incarnation de la procrastination qu’on suit tout au long du roman, c’est sa vie qui constitue la trame principale de l’histoire

Mais il traite aussi des personnages qui meublent sa vie : Zakhar, son valet vulgaire, au final presque aussi paresseux que lui mais de bien plus mauvaise foi ; Stolz, son ami extrêmement actif qui tentera tout pour le faire bouger, et surtout Olga, une jeune femme très particulière, qui elle aussi tentera de « ressusciter » Oblomov, pour reprendre son expression. Et on touche là à une des grandes forces, si ce n’est la plus grande force, du roman, ses personnages. On n’a pas ici des caricatures, comme le laissent un peu supposer ces présentations extrêmement succinctes. Gontcharov est parvenu à créer des personnages extrêmement complexes, complets, profondément réels, et attachants.

Ivan Gontcharov

Ivan Gontcharov

Ce roman a ceci de particulier qu’il est assez difficile d’en résumer la trame, pour la bonne raison que l’action est presque absente, et pour cause : le casanier Oblomov n’engage jamais d’action, n’a aucune activité autre que des disputes vaudevillesques avec son valet Zakhar, dans des passages qui rappelleraient presque un certain Scapin. Bien sûr, on ne fait pas que suivre les journées monotones d’un aboulique.

Petit à petit, à mesure que l’auteur crée son atmosphère, fait défiler ses personnages principaux et secondaires (par exemple l’invisible Alexeev, dont au passage la description lapidaire et tranchante est un des meilleurs passages du livre), on commence à comprendre les réflexions profondes menées par l’auteur. Oblomov n’est pas une condamnation stupide de la paresse, c’est avant tout l’histoire d’un homme droit, honnête (« son âme est pure comme du verre », dira son ami Stolz) qui cherche son bonheur dans une vie d’un calme plat, absolument inactive, uniquement rythmée par les repas et le tic-tac d’une horloge. On comprend d’ailleurs vite que cet idéal vient de son enfance choyée dans son domaine de campagne: Oblomov ne cherche qu’à recréer cet univers libre de tout souci, de toute responsabilité. Sa paresse n’est pas vue négativement, dans une des répliques les plus fameuses de l’œuvre, Oblomov, à qui on parle travail, journées chargées, hauts fonctionnaires et plans de carrière, refuse la conversation en répétant simplement « L’Homme, montrez-moi l’Homme ! »

Au passage, l’auteur sous-entend qu’Oblomov est le résultat d’une éducation étouffante d’oisiveté, et que sa paresse n’est pas innée, dans les pages du « Songe d’Oblomov », un portrait assez puissant d’une petite noblesse russe littéralement sclérosée.

Olga est le second personnage du roman. Amoureuse d’Oblomov, elle tentera, par sa passion, de ranimer l’âme morte de celui-ci. La construction de l’histoire, le rythme, sont particulièrement soignés, on comprend que seule cette relation pourrait peut-être changer Oblomov, et l’auteur développe avec une très grande subtilité la séparation progressive des deux personnages. Chacun convoitant et planifiant un futur complètement différent, pour enfin arriver à une scène de rupture inévitable, mais racontée très puissamment.

Oblomov de Ivan Gontcharov

À ce propos, il faut parler du style particulier d’Oblomov, qui s’inscrit totalement dans la lignée des romans russes de l’époque : de longues et minutieuses descriptions des sentiments et pensées des personnages, une grande subtilité dans le développement des personnalités, de longs passages sur les réflexions intimes des personnages, qui se construisent lentement… Bref, et encore une fois, ce roman n’est clairement pas pour les amateurs d’action. En étant tout à fait objectif, on pourra y déceler quelques longueurs. Cependant, le style est uniforme, parfaitement maîtrisé et adapté à l’œuvre, et lorsqu’on considère l’ensemble du roman, on se rend compte de l’incroyable subtilité de Gontcharov. À propos de maîtrise, l’auteur sait vraiment très bien créer les atmosphères. Depuis le premier appartement étouffant et poussiéreux d’Oblomov jusqu’à son domaine idéalisé d’Oblomovka, il faut reconnaître à Gontcharov un don pour transporter le lecteur dans les lieux décrits. Et malgré ce style essentiellement descriptif et intimiste, certaines phrases ou certains passages puissants détonnent et relancent le rythme.

Ce roman a eu un tel impact sur la culture russe que le terme Oblomovisme (Oblomovchtchina), utilisé par Stolz dans le roman, a fini par rentrer dans la langue ! Il désigne une forme absolue d’apathie, de procrastination.

Oblomov de Ivan GontcharovBref, Oblomov est un livre qui fait largement honneur à son rang de classique, et surtout dont toute l’ampleur apparaît une fois la dernière page tournée. Même si l’auteur semble prendre le parti de Stolz, l’opposé d’Oblomov, le lecteur comprendra que les choix de ce dernier sont bien plus radicaux et fermes que sa mollesse le laisse paraître ; car il poursuit et trouve son idéal dans une vie qu’au fond le monde extérieur ne comprend pas, ne désire pas et n’approuve pas.

Oblomov est un personnage entier, et c’est avant tout pour cela que Stolz, qui ne supporte pas son apathie, le considère comme un ami précieux. En fin de compte, et c’est peut-être là le plus important, on ne referme pas ce livre sans plus réfléchir à Oblomov.