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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Le Secret du Vampire est le premier tome de la série Night World de L. J. Smith. Ce nom ne doit pas vous être inconnu, car c’est l’auteur de la série de livres Le journal d’un Vampire dont a été tiré une série télé nommée Vampire Diaries. Bon, vu comme la série télévisée ne nous a mais alors pas du tout emballé, je dois dire que quand j’ai reçu ce tome dans ma boite aux lettres, j’avais de gros aprioris. Entre la belle couverture, le fait que cela soit écrit par L. J. Smith (dont je n’ai rien lu, d’ailleurs: ce sont des aprioris sans aucun fondement), je me suis dit que ça allait être aussi mauvais que Twilight. Il faut cependant préciser que le livre est sorti en 1996 soit bien avant la série de Stephenie Meyer. Mais le synopsis n’aide pas trop…

Le Secret du Vampire, Night World Tome 1, L.J. Smith

Poppy vient de finir sa première au lycée. Elle vit une vie tout ce qu’il y a de plus normale, tout en étant secrètement amoureuse de James, son meilleur ami. Normale, jusqu’à ce que suite à un douloureux mal de ventre, elle passe des examens et apprenne la terrible nouvelle : elle a un cancer du pancréas, au dernier stade. Il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre tout au plus. C’est là que James lui révèle son lourd secret et lui propose de la sauver.

Alors ? Allais-je lire un énième navet ou tomber sur la perle ? Avant d’y répondre, je vais d’abord insisté que le livre est tout simplement superbe. La couverture est simple mais efficace, et surtout, la police, le travail de mise en page, tout est génial à ce niveau. On a vraiment l’impression de tenir entre ses mains un petit bijoux. Maintenant je vais répondre à ma question: il semblerait que cela soit la deuxième solution, car j’ai littéralement dévoré le livre. Il fait bien trois cents pages, mais étant écrit assez gros, il ne m’a tenu qu’une soirée tellement je ne voulais pas le lâcher et connaître à tout prix la fin.

Le Secret du Vampire, Night World Tome 1, L.J. SmithDéjà, le sujet n’est pas léger, loin de là.  La maladie de Poppy occupe une bonne partie du livre. Ce n’est pas drôle, bien que Poppy prenne plutôt bien les choses. Le thème est horriblement touchant, car je pense qu’on a tous connu des proches qui ont du faire face à cette maladie. Il n’est donc pas difficile d’entrer dans l’histoire. Comme le livre est avant tout destiné aux adolescents, les termes sont simplifiés, mais l’important est bien expliqué et permet de traiter d’un sujet de société sans tabou.

Vous avez sans doute deviné au titre du tome quel est le secret de James. Il faut dire que le livre ne joue pas forcément sur la surprise. L’auteur commence son livre très directement, je cite : En ce premier jour des vacances d’été, Poppy apprit qu’elle allait mourir. Ça, c’est fait. Le livre ne fonctionne pas au suspense, on devine très vite la fin, mais on continue à se demander comment est ce que cela peut se passer ?.

Et au final ça marche, car j’ai trouvé le livre très addictif. L’histoire est certes simpliste mais on est rapidement happé par l’histoire de Poppy et son ami. Je pense que c’est soit on accroche et on adore, soit on s’ennuie ferme. Moi j’ai vraiment accroché. On suit avec intérêt ce qui arrive aux protagonistes, et quelque part, on voudrait que cela soit vrai. Le roman est probablement plutôt destiné au public ado féminin, mais je pense qu’il est tout à fait lisible par des personnes plus âgées et ou de sexe masculin, car il n’est pas réellement dégoulinant.

Le Secret du Vampire, Night World Tome 1, L.J. Smith

La couverture anglaise

Ceux qui ont lu Vampire Diaries (ou vu) pourront repérer quelques éléments assez propres à Smith. Tout d’abord sa vision des vampires est la même apparemment, elle est restée assez cohérente avec elle même. On a quand même là encore droit au vampire canderel, c’est à dire, gentillet, qui sort le jour. Mais bon, il est quand même loin de la niaiserie d’un certain Cullen. On retrouve aussi le principe du vilain cousin/frère qui rappelle beaucoup Damon de Vampire Diaries. Le nightworld n’est pas encore très bien expliqué, on l’aperçoit tout juste. On aperçoit quelques autres races, ainsi qu’une apparente hiérarchie, mais le monde n’est pas du tout le centre de l’histoire. C’est avant tout nos héros. Cependant, je pense qu’on va en apprendre plus dans les autres tomes

Au final, un tome très sympathique, intense, une bonne introduction à une série qui comporte neuf tomes en version originale. Les personnages sont attachants, et l’histoire est sans tabou. Une très bonne surprise en fait, qui m’a donné envie de lire Le journal d’un Vampire, car du coup j’ai une bien meilleure opinion de l’auteur.


Brasyl de Ian McDonald

dabYo dans Critiques, Livres le 2 novembre 2009, avec 3 commentaires
Critiques

Brasyl est un livre de Science Fiction écrit par Ian McDonald et qui vient tout juste d’être édité par Bragelonne en France. Il est comme son nom l’indique centré pendant près de quatre cents pages sur un pays bien lointain, que nous autres européens méconnaissons la plupart du temps : le Brésil. C’est donc aussi pour nous faire découvrir cette contrée que l’auteur irlandais a décidé d’y construire son récit qui va nous mener dans plusieurs époques à la fois. Il est temps d’en parler plus en avant, bien qu’il soit difficile de décrire avec détails trois histoires sans faire de longueurs pour autant. Synopsis.

Brasyl de McDonald Ian

Brasyl est un récit qui se déroule donc sur trois des différentes époques du pays, pour lesquelles on va à chaque fois suivre un personnage. Le Père Quinn est un admoniteur Jésuite fraîchement débarqué, et en mission dans le nouveau monde de 1732 qu’est le Brésil. Il doit remettre sur le droit chemin un autre Jésuite qui semble s’être bel et bien détourné de la voie sainte. De son côté, Marcelina est une productrice d’émissions de télévision au Brésil de notre époque, plus ou moins 2006, avec tout ce qu’il contient aujourd’hui, et notamment la fracture sociale énorme. Les émissions trash, elle aime ça, et elle a trouvé un concept génial de téléréalité pour la prochaine coupe du monde de futebol. Mais pour cela, entre la coke et l’exhibitionnisme, elle doit tant bien que mal retrouver Barbosa, un ancien gardien de but de l’équipe nationale du pays qui a disparu de la circulation suite à un échec. Enfin, en 2032, à Sao Paulo, on retrouve un jeune entrepreneur qui a trouvé un bon filon pour s’extraire de la pauvreté : les joueuses de futebol siliconées en bikini. Sauf que voilà, à force de faire des rencontres pour le business et d’aider son petit frère qui a le bon chic de se foutre dans des situations pas possibles, il a fini par tomber amoureux d’une informaticienne-physicienne quantique.

Brasyl de McDonald Ian

Les éditions anglaises mettent moins en avant le côté futuriste, pour privilégier la découverte de l'Amazone

Faire un synopsis de ce livre est difficile, tout comme en parler. Il faut dire qu’il est tout d’abord très difficile à appréhender, car le style de l’auteur va droit au but sans se soucier d’introduire ses scènes. C’est même plutôt l’inverse, et il arrive souvent que la narration revienne en arrière sans prévenir, pour expliquer un paragraphe qu’on vient déjà de lire. Du coup, suivant les époques que l’on suit la compréhension est plus ou moins difficile, en fonction de la complexité et le nombre d’expressions, mots, propres. Je pense par exemple aux narrations du futur où il y a beaucoup de termes totalement inconnus puisque inventés. De même, en 2006, la tradition brésilienne est très forte et l’auteur, pour plus d’immersion, réutilise bien plus souvent les termes du pays que ce que l’on peut imaginer. Heureusement, le livre est doté d’un lexique à sa fin qui liste la plupart des termes inconnus, et leur donne une signification. La partie du passé est donc, finalement, celle qu’on appréhende le plus facilement, car on suit des européens qui vont au Brésil, ce qui les fait parler notre langue. Il n’y avait pas de technologie à l’époque, pas d’instruments dont on peut ignorer le réel sens. Il s’agit là des premières impressions de lecture, difficiles, mais qui permettent finalement assez rapidement de lire la suite.

Car je le dis tout de suite, certes difficile au début, le style de McDonald est tout bonnement excellent. Contrairement à son homologue de la mal-bouffe, il n’est pas lourd. Les trois ambiances sont parfaitement recrées, et bien qu’on puisse se demander au début ce que fait là un récit au passé dans de la Science Fiction, tout va petit à petit prendre son sens. Pourquoi trois récits ? Par quoi sont ils reliés ? Les clés des énigmes vont petit à petit être découvertes, et c’est vraiment plaisant. De même, les personnalités des protagonistes (plus ou moins six au total) sont très bien travaillées. Si elle est très vulgaire, trash, et j’en passe des bonnes et des pas mûres, Marcelina Hoffman est un personnage attendrissant. Plaisant. Son récit est celui qui m’a le plus plu, et de loin. L’un de mes personnages préférés, je ne saurais expliquer pour quoi. Un coup de cœur, tout simplement. Mais les autres ne sont pas en reste. A chaque fois les univers sont très bien détaillés, et celui du futur est tout à fait crédible. Oppressant serait le meilleur mot pour le décrire, et cette sensation est celle que l’on ressent dès les premiers instants.

Brasyl de Ian McDonaldBrasyl est un titre de Science Fiction qui porte bien son genre, car la science va y être exploitée dans chaque univers. Bien entendu, dans le futur, lorsque l’on découvre la physique quantique et tout ce petit monde, mais aussi dans le passé, en suivant un français de l’Académie de Paris, le docteur Falcon, pour qui la raison et la logique peuvent tout expliquer. Un duo plutôt original puisque son voyage sur l’Amazone va l’obliger à faire équipe avec un Père religieux. La clé de l’énigme du livre est bien entendu très scientifique, mais pas vraiment besoin d’avoir fait S pour la comprendre. Ce sont avant tout tes idées philosophiques que nous présente Ian McDonald, et sa vision de l’univers est tout à fait intéressante, avec, sous-jacente, une guerre entre deux côtés qui concerne tout l’univers, toutes les époques. Il est difficile de parler du livre sans spoiler la fin, malheureusement.

Le plaisir de lecture est en tout cas présent du début jusqu’à la fin, et en nous obligeant à alterner les époques de façon cyclique, l’auteur ne fait que nous donner envie de dévorer la suite pour que ce cliff-anger s’arrête. Car il faut bien le dire, il peut s’avérer parfois frustrant de laisser Marcelina, dont le récit va toujours à 100 à l’heure, pour repasser au père Quinn dont les aventures sont plus posées. Mais pas d’inquiétudes car à aucun moment l’un des personnages est ennuyant, et à aucun moment on n’a envie d’arrêter cette lecture. La sauce finit par monter sur les 200 dernières pages, quand les mystères se délient, pour finir par tout comprendre.

Une lecture que je ne peux que recommander à tout amateur de Science Fiction, de voyage, d’action, de récit à 100 à l’heure, et de découvertes bien entendu. A noter que le livre a été nominé pour le prix Hugo et le prix Lotus en 2008.


Dracula l’Immortel de Dacre Stoker et Ian Holt

Serafina dans Critiques, Livres le 1 novembre 2009, avec 29 commentaires
Critiques

Vous n’avez pas pu passer à coté du phénomène Dracula l’Immortel. Ce livre est sorti le 15 octobre de manière simultanée dans tous les pays, une initiative assez rare pour être notée. Il s’agit d’une suite du célèbre chef d’œuvre de Bram Stoker, l’une des œuvres qui a fondé la mythologie vampirique avec Carmilla et Le Vampire. Et pas n’importe quel genre de suite : une suite officielle, approuvée par l’ensemble de la famille Stoker et écrite par un arrière petit neveu de l’auteur, Dacre Stoker, avec l’aide de Ian Holt, un scénariste spécialiste de Dracula. On peut supposer qu’il s’agirait la d’un gage de qualité… Mais ça ne suffit pas a ôter de la bouche le goût très intéressé de cette suite. La littérature vampirique est en plein boom, grâce en grande partie à Twilight. Et au vu de la campagne marketing énorme déployée autour de cet ouvrage, on se doute bien que ce n’est pas que pour honorer la mémoire de papy Bram.

Dracula l'Immortel de Dacre Stoker et Ian Holt

Mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuée, alors j’ai évidemment lu le bouquin. Et je m’apprête à en écrire la chronique, mais avant cela je dois vous prévenir. Je ne peux pas le faire sans spoiler l’histoire de Dracula. Je doute qu’elle vous soit inconnue vu le nombre d’adaptation, et le fait que son histoire soit limite tombée dans la culture populaire, mais je préfère prévenir… Sachez cependant que si vous n’avez jamais lu le roman, cette suite se lit de manière totalement indépendante, vu que l’introduction est un résumé de l’histoire de Stoker. Bon, j’ai trouvé le résumé un peu télescopé, mais c’est mieux que rien. Bref, synopsis ?

1912, Paris. Le belle époque, pour être plus exacte. La bande d’intrépides qui a réussi à vaincre Dracula continue sa vie, mais aucun d’entre eux n’est resté le même, tous ont été marqués par leur aventure. A la suite de meurtres particulièrement affreux et mystérieux, ils vont, peu à peu, replonger dans l’horreur qu’ils ont combattu 25 ans plus tôt.

Ouais, c’est un peu court, mais bon, difficile de faire mieux sans spoiler. Alors au final, qu’est ce qu’il en sort ? Eh bien Dracula l’Immortel est l’exemple type du parfait blockbuster avec tout ce que cela comprend. Le livre regroupe tous les éléments qui font un Thriller qui se vend par milliers, avec un soupcon de vampire pour combler les fans de Twilight. Vous remarquerez que j’ai dit Thriller qui se vend et non bon Thriller.

Dracula l'Immortel de Dacre Stoker et Ian HoltEn effet, on retrouve la tous les ingrédients qu’on peut attendre d’un thriller de nos jours : des meurtres affreux, du sexe sulfureux, des passages bien gores, des personnages dark-torturés, du mysticisme, des fausses pistes, une enquête policière, et évidemment un soupcon de révélations historiques. Oh la recette marche sans doute, mais niveau originalité, j’ai eu l’impression de lire L’Évangile selon Satan (ou n’importe quel titre du genre) avec le nom des personnages de Dracula. L’action est assez présente, et il y a suffisamment de cliffhanger pour tenir en haleine les amateurs. Mais en plus de ce manque d’originalité, il y a cette impression de trahison qui est difficile à expliquer.

Je m’explique. Le roman de Stoker est un roman écrit a l’époque victorienne, époque très puritaine. Le sexe y est seulement suggéré avec des métaphores. Cet érotisme sous-jacent fait partie des forces des romans de vampires de l’époque. Or là, on a du sexe cru, sulfureux (évidemment, on met quelques scènes lesbiennes…), on est à milles lieux du climat de Dracula, et quand on sait que Stoker pestait contre les écrivains qui parlaient de sexe crûment dans leurs livres…

Mais la sensation de voir l’œuvre de base trahie ne s’arrête pas là. Je précise, au cas ou vous ne l’auriez pas deviné, que je suis une fane de Dracula à la base, et que j’ai mes coté puriste, je le conçois. En effet, les auteurs avouent eux même dans leurs notes avoir voulu plaire au plus grand nombre. Ce qui fait que certains éléments qui sont devenus courants dans les films sur Dracula alors qu’ils n’étaient pas du tout comme cela dans le livre, ont été repris. C’est ainsi que les vampires brûlent au soleil (dans le livre, ils peuvent sortir au soleil), bon, ça c’est du détail. Mais on retrouve notamment la liaison amoureuse entre Mina et Dracula qui est présente dans le film de Coppola par exemple, on retrouve Dracula charmant et beau gosse (dans le livre original, il est décrit comme immonde) et quant à Mina, elle a gardé des séquelles de son baptême sanglant (contrairement au livre où elle a totalement guéri).

Dracula l'Immortel de Dacre Stoker et Ian HoltCes incohérences avec le récit permettront peut être de ne pas dépayser les amateurs de films, mais pour les amateurs du livre, c’est quand même de sacré changements ! Et bien sur je ne parle pas de Mina, parfaite cruche victorienne dans le roman (désolée, mais il n’y a pas d’autres mots), qui est devenue par on ne sait quel miracle, féministe, qui se travestissait en homme pour écrire, etc, bref, l’antithèse de la Mina du livre.

Je ne parle bien sur pas de la relecture du roman. Sans vous révéler trop de choses, imaginez qu’on écrive une suite à Harry Potter où on vous apprend que en fait, Dumbledore et Voldemort ce n’était qu’une seule et même personne. Non seulement vous avez l’impression de lire un mauvais délire de fan, mais en plus c’est pas cohérent du tout. Bon, bah il y a à peu près la même chose ici, qui vous laisse un sale goût.

D’un bout à l’autre le roman original est complètement dénaturé. Tout ce qui a pu être construit sur les personnages est totalement détruit, on serait dans une fic, j’emploierais le terme out of character, Dracula, Mina, Johnathan, ou même pire, Van Helsing n’ont absolument rien en commun avec les personnages de Stoker à part le nom. Alors je n’aurais aucun autre terme pour le qualifier que : Trahison. J’en viens à me demander comment cela a pu obtenir l’aval de la famille hormis avec la promesse des bénéfices et le fait que ce soit un descendant qui l’écrive. Quant à l’argument des notes de Stoker, il faut se rappeler qu’il ne s’agit pas du tout du même genre de notes qu’a pu laisser Tolkien par exemple. Ce dernier travaillait sur le Silmarillion et sur d’autres histoires, qu’il n’a juste pas eu le temps de finir, il y a donc un gros matériel à la base. Ici par contre, il n’a jamais été dit que Stoker travaillait sur une suite, il y a donc des brouillons de Dracula, quelques bribes, des versions primitives du texte. On y découvre des personnages qui ont été finalement éliminés. Ces derniers sont réintroduits, avec plus ou moins de bonheur, on pensera à Kate Reed, qui ne sert absolument à rien, à part à découvrir un cadavre et qui disparaît au bout d’un paragraphe.

Dracula The Un-Dead de Dacre Stoker et Ian Holt

S'il y a bien quelque chose que l'on ne pourra enlever au livre, c'est sa superbe couverture (ici la version anglophone, même angle, mais bien moins belle) ainsi que la qualité de l'ouvrage: très bon papier, police jolie, très beaux agencements des textes, présence de scans des notes de Bram Stoker, etc...

Alors certes, je n’ai qu’à oublier le roman de Stoker, et prendre le livre comme indépendant, et là peut-être que… Et encore, j’ai du mal avec les Thrillers qui utilisent tous la même recette. Malheureusement le style du roman est relativement plat, on regrette le style épistolaire du premier -ah, merde j’ai dit que j’oubliais le premier-. Il y a certes de nombreuses recherches historiques la derrière, et je ne le nie pas. En notera de nombreuses références au vrai Dracula, aux adaptations de Dracula, et un savant mélange d’éléments véritablement historiques qui permettent d’ancrer le récit dans son époque. Des éléments culturels sur le vrai Dracula, sur la Roumanie, ou sur d’autres personnages importants sont présents et donneront l’impression de se coucher moins bête.

Mais cela ne suffit clairement pas à compenser les lacunes et le saccage de l’oeuvre, n’ayons pas peur de le dire. Un roman qui plaira sans doute aux amateurs de Thrillers de base, mais qui va faire crisser des dents les fans de l’histoire de Stoker. Seul avantage, peut être que cela fera découvrir à certains le livre originel.


Le Manoir des Immortels est le premier roman d’Ambre Dubois, il est paru en 2007 aux éditions Nuits D’avril. Ce premier tome de la série Les Soupirs de Londres s’est épuisé, et après deux années de promesses de rééditions, de reports, et compagnie, la nouvelle est tombée, Nuit d’Avril fermait ses portes, condamnant des romans à devenir des perles rares à chercher chez les bouquinistes. On pense notamment à Angemort de Sire Cédric, dont on vous a déjà parlé. Sauf que Ambre Dubois, elle a plus d’un tour dans son sac, vu qu’elle fait partie des fondateurs de la maison d’édition du Petit Caveau. Donc, au final, Le Mannoir des Immortels est réédité chez le Petit Caveau, et ça vient tout juste de sortir. Alors évidemment, au vu du synopsis, on peut se dire que c’est une bonne nouvelle. Synopsis ?

Les Soupirs de Londres, Le Mannoir des Immortels 1, de Ambre Dubois

Nous sommes à Londres à la fin du 19ème. La ville est secouée par une série de meurtres affreux. On murmure partout le nom de Jack L’éventreur. Stella est une vampire, depuis quelques quatre cents ans. Les meurtres causés par Jack risquent d’attirer l’attention sur la communauté des immortels de la ville. Tandis que certains vampires enquêtent sur les meurtres, Stella est chargée d’enquêter sur l’une des familles de la ville, qui est un peu étrange… Aucun lien apparent, mais qui sait…

Bon, alors là, évidemment, vous me connaissez, il n’en faut pas plus pour me mettre l’eau à la bouche. Certes, la couverture n’est pas très jolie, immonde même d’après mes camarades de classe. Mais vous connaissez la loi de la couverture non ?

Et bien, encore une fois, la loi de la couverture semble se réaliser. Ce premier tome de la série Les Soupirs de Londres est un excellent livre. L’atmosphère, tout d’abord est très bien retranscrite. Les ruelles sombres de Londres, un peu crades aussi, le faste des demeures victoriennes , la lourdeur des jupes, tout est là pour vous emmener dans cette ère tourmentée qu’est l’ère victorienne.

Les personnages sont assez nombreux et tous très intéressants. On découvre les vampires de Londres, organisés un peu comme dans les univers Bit-Lit, sous la responsabilité d’un Prince. Tous ont leur petits caractères. Stella, bien sur, mais aussi le ténébreux Drake, ou la légère Celeste (admirez le jeu de mot …).  Aucun n’est traité par dessus la jambe et il est impossible de ne pas s’attacher à eux.

Les Soupirs de Londres, Le Mannoir des Immortels 1, de Ambre DuboisL’enquête, enfin, les enquêtes, sont rondement menées. C’est à noter, car généralement les enquêtes dans les livres de vampire c’est plutôt un gros prétexte. Il n’est pas rare de voir les héroïnes de Bit-Lit mener des enquêtes et gérer les indices d’une façon totalement incohérente. Mais pas là. On est baladé comme dans un roman policier. On a donc droit à de nombreuses fausses pistes et à des indices plutôt bien dissimulés. On pourrait qualifier ce roman de who dunnit sans le moindre problème. La révélation finale est bien amenée et traitée à contre pied, ce qui contribue à la fraîcheur du roman.

Car en effet, si on peut y apposer un qualificatif ce serait bien celui là. Le style d’écriture est léger, vif et enjoué. Les répliques des personnages sont parfaitement naturels. Il est fréquent de voir des auteurs soigner leurs dialogues quitte à les rendre tout sauf naturels. Ici les répliques fusent sans le moindre problème. Stella est vive, elle est réellement très proche de n’importe qui. La belle hongroise ne s’est en effet pas mortifiée avec les siècles (je suis en forme moi ce soir). Il en résulte une lecture très plaisante.

Le roman fait à peu près 250 pages, qui passent très vite. Tellement que j’en viendrais presque à le relire directement tellement je l’ai apprécié. Cela faisait un moment qu’un bouquin de vampires victoriens ne m’avait pas autant plu. En parlant de vampires, la vision de l’auteur est clairement explicitée, contrairement par exemple à ce que j’avais reproché à De Notre Sang. elle est relativement personnelle et j’ai été pas mal séduite. Les vampires y sont présentés comme de puissance tous très différentes, et l’héroïne est loin d’avoir des supers pouvoirs… Le gros de ses pouvoirs viennent de sa vie de mortelle. Vie dont on sait très peu au final.

On peut en déduire de la fin que nous en apprendrons bien plus dans le deuxième tome, Le Sang d’Hécate, qui est prévu pour février aux Editions du Petit Caveau, avec une très belle couverture. Je ne saurais que vous conseiller de vous procurer ce roman, ou de vous le faire offrir à Noël, car Ambre Dubois signe là une œuvre d’une très grande qualité qui devrait plaire à tous les amateurs de vampires, d’ambiances sombres et victoriennes. D’autant que le tome peut très bien se lire tout seul et ne nécessite en aucun cas la lecture de la suite !


La Malédiction d’Old Haven de Fabrice Colin

Serafina dans Critiques, Livres le 27 octobre 2009, avec 12 commentaires
Critiques

La Malédiction d’Old Haven est un roman français de Fabrice Colin qui est sorti en 2007, en grand format chez Albin Michel au rayon livres pour adolescents. A l’époque je voulais le lire, mais bon, les grands formats ça coûte cher. Ça tombe bien, le roman vient de sortir en poche chez le Livre de Poche. Bien plus abordable. Je suis un peu déçue du choix de la couverture, la jolie illustration de l’édition grand format a été remplacée par un montage photographique très connoté Harlequin… Bon, honnêtement, je n’aurais pas eu en tête l’illu de la version jeunesse je n’aurai jamais été tentée. Donc synopsis.

La Malédiction d'Old Haven de Fabrice Colin

Mary Wickford a 17 ans, elle a été élevée à l’orphelinat par des sœurs. Maintenant devenue adulte, elle doit aller vivre par elle même. Elle part donc chercher du travail dans l’Est américain du 18ème siècle. En effet, ce roman se passe en Amérique, peu de temps après le procès de Salem. Il se trouve que la jeune fille est attirée par un joli petit village : Old Haven. Ce village lui dit quelque chose. Des décennies auparavant c’est la qu’on brûla une certaine Lisbeth Wickford.

Voila pour le synopsis. Si il y a bien un type de livre que j’aime ce sont les livres sur les sorcières. Si les vampires sont en ce moment à l’honneur je trouve qu’on n’a pas assez de sorcières. Sorcières, Amérique tourmentée dans la région de Salem, 18ème, il y a la tout les ingrédients pour me plaire. Mais qu’en est-il réellement? Eh bien je serais bien en peine de vous le dire.

Tout d’abord, j’ai été totalement perdue par le livre. Au départ je n’ai pas trouvé la narration très claire. L’auteur fait des flash-backs ou des flash-forwards sans prévenir et j’ai du relire certains passages pour comprendre. Ensuite, le monde m’a perdu. Moi en lisant le résumé et les premières pages, je pensais qu’on était dans notre monde, le contraire n’étant indiqué nulle part. Alors certes on nous parle de Gotham mais comme c’est le surnom de NY après tout, pourquoi pas. Et puis, au fur et à mesure, des petits indices nous font douter, mais on n’est fixé qu’a la page 85 à peu près. Un peu long quand même pour découvrir ce qui sera une base pour le reste du récit. Bon il y a 730 pages par là, mais c’est pas une raison.

La Malédiction d'Old Haven

Donc, en faite, c’est une Uchronie. Mais une Uchronie à la Frankia, c’est a dire que j’ai eu l’impression qu’elle ne servait à rien à part à dire j’ai mis de la Fantasy. Donc oui, il y a un trip avec des dragons, il y a des chats mécaniques et un gros vilain magicien, mais à part ça… La part de l’Uchronie n’est pas très exploitée, et je suis persuadée que faire le même roman dans notre monde n’en aurait pas été moins bien. Balancer des dragons et deux ou trois trucs, ça ne suffit pas pour moi. C’est trop léger.

Heureusement, une fois que les bases sont établies, ça va beaucoup mieux. Le récit alterne entre l’histoire de Mary et des histoires plus ancienne qu’elle lit ou qui lui sont racontées. Par le biais de ces divers narrateurs, nous pouvons donc avoir une idée plus précise du monde mais aussi des protagonistes.

L’auteur mêle savamment de nombreux pans de la culture populaire américaine dans son intrigue. Ainsi on retrouvera  de nombreuses références à Washington Irving, mais aussi à Lovecraft. Bon, évidemment, pour la fane que je suis, croiser Chtulhu ou Nyarlatoteph ça n’a pas de prix (et pour le reste …). L’auteur livre là un joli hommage aux pionniers de la littérature de l’imaginaire. Cependant, j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas à la fin des précisions sur la paternité de tel ou tel créatures, parce que je pense que le jeune public (auquel s’était destinée dans l’édition de base) puisse connaître les références, et que le livre aurait pourtant pu être une bonne introduction à l’univers Lovecraftien.

La Malédiction d'Old Haven de Fabrice ColinL’univers sombre et un poil gothique de l’Amérique du 18ème siècle est très bien rendu, et on n’a aucun mal à visualiser les scènes et lieux qu’on rencontre au cours du bouquin Et pour peu que vous appréciez l’époque, comme moi, c’est un vrai régal. On notera aussi les nombreuses références à l’épisode de Salem qui permet d’ancrer l’histoire dans la réalité. C’est un thème trop peu souvent abordé a mon goût, et d’ailleurs, si vous avez d’autres livres se passant vers la même époque dans le même coin, je prends avec plaisir.

L’intrigue quant à elle est rondement menée, pas de temps morts et les événements s’enchaînent. Tout coule de source et ne manque absolument pas de logique. Les personnages sont attachants et loin d’être manichéens. Le livre est idéal pour les adolescents et/ou jeunes adultes comme introduction à la Fantasy. On est projeté dans un monde intéressant, c’est très prenant et on s’attache aux personnages. Il y a tout les ingrédients d’un bon roman de Fantasy : de l’aventure, un poil d’amour, un monde auquel on peut se rapprocher, une héroïne a laquelle tout le monde peut s’identifier (elle n’a pas de super pouvoirs non plus…) . L’identification à l’héroïne est renforcée par le fait que ce livre est à la première personne.

Au final, un bon livre pour les débutant dans la Fantasy, qui leur permettra de découvrir de grandes références. Il est cependant probable que les lecteurs plus expérimentés tiquent un peu.


Les enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel

Serafina dans Critiques, Livres le 25 octobre 2009, avec 5 commentaires
Critiques

Les enchantements d’Ambremer est un roman français de Fantasy paru en 2004. Il est signé Pierre Pevel, dont dabYo vous avait déjà parlé dans sa critique des Ombres de Wielstadt qui s’est révélée être une bonne surprise. C’est ainsi qu’en voyant ce livre, sa jolie couverture et son résumé aux accents Steampunk, on n’a pas hésité bien longtemps.

Les Enchantements d'Ambremer de Pierre Pevel

En effet, nous voici dans le paris des années 1900, la Belle Époque. Le métro vient d’apparaitre, la Tour Eiffel aussi, et les femmes portent encore la Crinoline. Sauf que la Tour Eiffel est en bois, qu’elle scintille, que certaines femmes sont des fées ou des sorcières, et qu’accessoirement, un métro relie Paris à l’Outremonde, le monde de la magie. Ici les créatures surnaturelles (gnomes, fées, mais aussi licornes, sorciers, etc) sont pleinement acceptés par l’opinion publique et ont même pignon sur rue. C’est dans ce contexte que nous rencontrons notre héros Griffont (je ne vous citerais pas son nom complet car c’est trop long) qui va se trouver mêlé à une série de meurtres bien étranges.

Les Enchantements d'Ambremer de Pierre PevelIl s’agit donc d’une sorte d’Uchronie, qui pourrait être rapprochée du Steampunk de par son placement historique. Ces deux qualificatifs le rangeraient donc dans la Science-Fiction de droit, mais en plus c’est bourré de Fantasy, donc on dira que c’est de la Science Fantasy. A noter aussi que c’est un livre sans prétention, qui ne prétend pas être engagé ou vous apprendre à réflechir sur le monde. Non, c’est une lecture de détente, et ce n’est pas forcément un mauvais point. C’était aussi le cas pour Les Ombres de Wielstadt.

Il faut le dire, le point fort, c’est l’univers, à la fois historique et fantastique. En effet le pari était risqué, mais il est relevé haut la main. Le paris de la Belle Epoque est parfaitement retranscrit et on se plonge avec plaisir dans cette période, tout comme on se plongerait dans un Arsene Lupin. En plus c’est en France, donc c’est plus simple et on retrouve avec plaisir des lieux importants de notre belle capitale. Cependant, en plus de cela, on évite les stéréotypes de la Fantasy. Contrairement Frankia de Marcastel, les personnages ne sont pas stéréotypés, les fées ne sont pas toutes gentilles et mièvres, la magie est bien amenée, bref, on passe loin des sentiers déjà battus. L’acceptation des créatures surnaturelle semble somme toute assez naturelle et bien amenée. A noter aussi qu’on croisera aussi des personnages réels tels que Lord Dunsany ou Melies.

Les Enchantements d'Ambremer de Pierre Pevel En plus de cela le style de l’auteur est réellement agréable, allègre et proche du lecteur, la lecture est légère et enjouée. On suit très bien et il n’y a pas besoin de beaucoup de temps pour rentrer dans le roman. Les personnages sont hauts en couleurs, tout en étant suffisamment nuancés. On suit avec plaisir Griffont et ses acolytes (ou même ses ennemis) dans cette ambiance si particulière.  Bon malheureusement, l’histoire est traitée de manière un peu superficielle, le livre n’étant réellement pas gros. 300 pages à tout casser, pour nous introduire le monde, pour nous amener une enquête et pour la résoudre, c’était peut être un peu juste. Mais qu’importe de toute manière l’histoire ce n’est réellement pas le plus important, contrairement aux personnages et au monde.

L’immersion est réussie, et on reste un peu sur notre faim lorsqu’on arrive aux dernières pages. Heureusement, il y a un deuxième tome, qui apparemment se lit de manière totalement indépendante. On est du coup très proche du principe de la Bit-Lit : tomes indépendants, fantasy urbaine, mais sans le coté dégoulinant. Il y a un peu d’amour, mais sans plus, c’est vraiment survolé, et pas du tout primordial. A lire pour passer un bon moment, ou pour découvrir un univers fascinant.


Self Made Man de Poppy Z. Brite

Serafina dans Critiques, Livres le 20 octobre 2009, avec 5 commentaires
Critiques

Self Made Man est un recueil de nouvelles de Poppy Z. Brite. Il est édité au Diable Vauvert et est une de ses œuvres les plus aisées à trouver, avec son dernier roman, Alcool, vu qu’ils sont tous deux à la Fnac. Il s’agit de douze nouvelles dans le plus pur style de Brite, de la Brite des années 90 j’entends, c’est à dire, gore, sexuel, violent et décalé. On est au cœur de l’Amérique, mais l’Amérique des laissés pour compte, des perdus, des oiseaux noirs comme elle les appelle.

Self Made Man de Poppy Z. Brite

Le livre commence avec une introduction pour le moins décalée et totalement hallucinée de Peter Straub, que j’ai eu du mal à suivre, mais qui vous met tout de suite dans l’ambiance. L’ambiance un peu sale de la Nouvelle Orléans, un peu paumée, carrément barrée même par bien des aspects.  Comme les autres oeuvres de l’auter de cette époque (Corps Exquis, Ames Perdues), le livre est à déconseiller aux personnes sensibles car si les scènes de sexe ultra explicite, l’homosexualité, les déviances diverses vous dégouttent alors abandonnez toute idée de lire ce bouquin. Poppy n’est pas le genre d’écrivain à faire dans la dentelle, il faut appeler un chat un chat (et sachez que j’ai résisté à vous faire un très mauvais jeu de mot là).

Il n’y a pas de complaisance, les mots sont les mots, la vulgarité (si on peut dire) est là, car elle sied l’ambiance. Il aurait était bien étrange de lire des mots soutenus pour ce qui est décrit dans le livre. Et au contraire je trouve même que ce vocabulaire familier, voir vulgaire donne tout son charme aux nouvelles, oui c’est assez paradoxal, mais Brite réussit à faire de l’or avec les substances les plus basses. C’est malsain, c’est sombre, c’est du Brite.

Poppy Z. Brite

Poppy Z. Brite

C’est aussi ce qui fait sa force. Je n’ai jamais lu d’autre écrivain capable à ce point de déranger et de décrire des ambiances malsaines, Bukowski à coté, c’est de la limonade. Poppy Z. Brite a un talent indiscible et indéniable. C’est une des plus grandes auteurs de la littérature d’horreur, mais je préfère vous prévenir, je n’ai pas envie que vous me teniez pour responsable de la nouvelle peinture de vos toilettes.

Il s’agit la d’un recueil sans réel fil directeur. Certaines des nouvelles sont des commandes, d’autres des collaborations, certaines autres ont été rédigées pour des anthologies. Du coup, la qualité est un peu inégale. Certaines nouvelles ont un niveau en deçà des autres et des habitudes qu’on peut avoir quand on connaît l’auteur. Cependant, ça reste du Brite, c’est à dire un très bon style , une fluidité très présente. Il faut le dire certaines manquent de peps. Certaines aussi vous sembleront un peu des redites si vous avez lu le reste de sa bibliographie, je pense notamment une nouvelle très nécrophile (Self Made Man, pour la citer),qui n’est pas sans rappeler Corps Exquis, en plus soft. Cependant les amateurs retrouverons avec un grand plaisir  Trevor et Zach les deux héros de Sang d’Encre. Et puis surtout, on retrouve les deux personnages les plus emblématiques de l’auteur: Steve et Ghost, de son roman Ames Perdues , dans la nouvelle America.

Pour le reste c’est très éclectique, de la mafia de  Honk-Kong à une nouvelle sur le Tueur à la Hache (seul tueur en série de la Nouvelle Orléans), on y découvre des facettes inconnues de Brite. Ces deux histoires sont d’ailleurs à mon avis en dessous des autres, mais il faut aussi dire qu’elles sont plus softs. Bien évidemment, en plus de l’horreur, de la drogue et du sexe, l’humour n’est pas absent. Un humour assez spécial il faut le dire, mais plutôt décapant. La réplique « Jesus t’aime. Oui mais t’aime-t-il assez pour avaler ? » fait partie des meilleures tous bouquins confondus . Enfin, ça vous donne une idée de l’ambiance.

Self Made Man est un très bon moyen de découvrir Poppy Z. Brite. De vous donner une petite idée de son ambiance de son monde et de son style. Un recueil qui se dévore, sans faim. Et c’est un vrai plaisir pour le fan de se replonger dans cette ambiance si particulière qui fait la force de l’auteur.


L’épée Lige de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 18 octobre 2009, avec 5 commentaires
Critiques

L’épée Lige est la deuxième nouvelle de George R.R. Martin présente dans les Préludes au Trône de Fer. Je vous avais parlé de la première, Le Chevalier Errant, il y a quelques mois déjà, et j’ai rouvert le livre pour participer à la lecture commune du Cercle d’Atuan. Logique de toute façon, puisque j’avais prévu de patienter avec ces deux petites nouvelles jusqu’à la sortie du cinquième tome du Trône de Fer en VO, treizième tome chez nous donc. Bon, aucune nouvelle concernant cette sortie depuis lors, elle était supposément prévu pour l’automne 2009, mais je de plus en plus de doutes. Bref.

L'épée lige de George R.R. Martin

Comme d’habitude, pas de synopsis pour une nouvelle qui ne compte de toute façon qu’une petite centaine de pages. Inutile d’en révéler la moitié, bien que comme ceux qui ont lu la première peuvent s’en douter, l’Epée Lige reprend les personnages introduits dans la première nouvelle, Dunk le Grand, ainsi que l’Oeuf. L’histoire se passe quelques années plus tard, et il semblerait que Martin destine ce duo à des petites nouvelles parsemées au cours du temps, chacune présentant un peu mieux le bas monde du Trône de Fer. Comme le principe des chevaliers errants de la série le veut, nos deux personnages ont mis leur épée au service d’un seigneur qui en veut bien.

Il s’agit ici d’un tout petit seigneur et c’est donc l’occasion pour l’auteur de faire ce qu’il préfère, c’est à dire nous décrire un endroit miteux où la beauté des chevaliers, leur grandeur, toussa toussa, sont totalement inexistantes et où ils se marient au mieux avec la médiocrité ambiante. Enfin, il faudrait pour cela que les chevaliers errants soient à la base grands, beaux et forts. Bref, c’est donc le bas de la hiérarchie du monde de Westeros que Martin nous présente une fois de plus, et il faut avouer que c’est toujours agréable à lire. On a presque mal au cœur pour les pauvres paysans qui font partie de la levée d’armée, et qui ont pour seul matériel des boucliers de roseaux et une lance de bois. Aucun doute qu’ils se feront décapités au premier combat venu, et massacrer dès que les rangs tomberont. Martin étant un adepte de la mort injuste.

Contrairement à Serafina, j’ai trouvé cette deuxième nouvelle moins bonne que la première. Sans pour autant être mauvaise, la nouvelle ne parvient pas aussi bien à tirer sur la ficelle du fanatisme et les éléments qu’elle apporte pour le Trône de Fer, ou seulement les clins d’œil, sont bien moins intéressants que pour Le Chevalier Errant. Le thème principal de la nouvelle est sympathique, mais la fin m’a moins pris de court. Dommage, puisqu’il y avait bien matière à faire. Cependant, le tout reste assez original, bien qu’il traite d’un sujet que l’on voit souvent, une sorte de gouffre de Helm.

L'épée lige de George R.R. Martin

On notera quand même quelques difficultés de narration et donc de compréhension, aucune idée si cela vient de l’auteur -ce qui serait une première- ou si cela vient de la traduction, qui est plutôt bonne d’habitude. Mais il y a pas mal de passages où le récit saute du coq à l’âne sans nous en avertir, ou bien de dialogues où de nouveaux personnages parlent sans que l’on puisse se douter de leur présence. Bref, assez inhabituel.

Il ne me reste plus qu’à attendre la sortie du Trône de Fer Tome 13 désormais, à noter que la nouvelle se termine vers le Mur, et que c’est justement le Mur que nous devrions retrouver ! J’ai hâte.


Danse Mortelle de Laurell K. Hamilton

Serafina dans Critiques, Livres le 16 octobre 2009, avec 10 commentaires
Critiques

Cela faisait un petit moment que je repoussais le moment de lire Anita Blake Tome 6 : Mortelle Séduction. Il faut dire que j’avais eu des échos assez négatifs, comme quoi le roman était surtout centré sur les problèmes de cœur d’Anita (comme le Lunatic Café quoi) et ce n’est pas quelque chose que j’aime spécialement lire. Mais bon, je suis curieuse et je déteste laisser une série en plan. C’est pour cela que je vais continuer les True Blood, malgré Mortel Corps à Corps. Donc nous voici avec le tome 6. Anita est face à deux affaires. Tout d’abord un vampire végétarien, qui du coup se liquéfie et putréfie sur place, miam. Et en plus de cela, un contrat a été lancé sur la tête de notre réanimatrice préférée. Sa tête est mise à prix, très chère, et elle devient traquée. Bien sur à coté de cela elle est tiraillée entre Richard le Loup-Garou et Jean-Claude le vampire…

Mortelle Séduction de Anita Blake

J’avais peur d’être ennuyée par le triangle amoureux, mais au final non. C’est moins présent que dans le Lunatic Café par exemple. Alors certes, c’est là, mais ce n’est pas le thème principal du livre et au final cela ne m’a pas dérangée plus que cela Je ne vous spoilerai pas en vous disant que Anita choisit enfin, et qu’il ne devrait plus y avoir ce genre de triangles dans le futur. Le roman marque à ce niveau un certain tournant. Je sais que la série vire dans le cul dans les prochains tomes, et là c’est les prémices. Les premières scènes de cul (je ne dirais pas de sexe, parce que je ne trouve pas cela approprié) font leur apparition, et le sexe sale fait partie de l’atmosphère (on retrouve les loups garous qui tournent dans du porno). Je ne suis pas sure d’apprécier la direction que prend la sérié, mais il est trop tôt pour juger.

Ce triangle, et ce choix final, n’est qu’une représentation des deux aspects d’Anita. Depuis plusieurs tomes déjà, on nous fait peu à peu sentir qu’à force de se battre contre les monstres, elle en devient elle même un. Cette dualité est très intéressante, car c’est relativement rare dans les personnages de Bit-Lit. Les héroïnes y sont généralement les « gentilles », alors que là… Anita est parfois présentée comme la méchante et l’auteur ne justifie pas forcément les actes de son personnages. Richard représente le gentil, celui qui ne veut pas accepter sa bête, alors que Jean Claude représente le coté le plus sombre, celui qui a accepté sa nature. Anita va elle aussi devoir accepter sa nature ou se remettre en question. Apparemment la question de la monstruosité d’Anita est récurrente dans les prochains tomes et atteint un paroxysme au tome 9, que je meurs d’envie de lire maintenant !

Danse Mortelle, Anita Blake, de Laurell K. Hamilton

A noter que le titre en VO et en VF avant la réédition Milady était Danse Mortelle

On en apprend aussi plus sur un personnage assez énigmatique, Edward le chasseur de prime. C’est bien l’un des seuls hommes à graviter autour d’Anita qui n’ai pas envie de coucher avec elle (ouf). C’est un assassin professionnel, très sarcastique, une vision de ce que pourrait devenir Anita. Ce personnage est sans doute l’un des meilleurs de la série, énigmatique et charismatique à souhait. En tout cas il apporte un très gros plus au roman.

Le tome s’axe beaucoup autour des Loups-Garous. On en apprendre beaucoup plus sur le fonctionnement de la meute et ses particularités. Hamilton fait là du bon boulot, et nous présente une meute convaincante. Heureusement, car quelque chose me dit qu’on est loin d’en avoir fini avec elle, et le début du tome 7 me conforte dans cette idée.

De même Hamilton s’intéresse à l’aspect biologique des vampires. Il me semble que l’auteur est biologiste de formation, donc en soit cela ne m’étonne pas. Les aspects abordés sont innovants et crédibles. Je parle ici de la reproduction vampirique, qui fait partie d’une des sous intrigues de l’histoire. Cependant, j’espère que ce n’est pas pour préparer le terrain à une Anita enceinte, car la j’aurai du mal ! De même certains aspect des relations sexuelles vampiriques m’ont un peu surprises, notamment le fait que les vampires utilisent des préservatifs, oui je sais c’est un détail vraiment minime, mais ça m’a titillée… Mais bon, on peut supposer que c’est parce que l’auteur veut montrer le bon exemple à ses lectrices, pourquoi pas…

Après , oui, c’est le tome avec la scène de la baignoire, qui m’a laissée relativement de marbre (baignoire… marbre, oui non, c’est naze). Mais je ne vous en dirais pas plus, haha. Toujours est-il qu’au final, c’est un bon tome, que je ne me suis pas ennuyée, et que cela m’a donné envie de lire vite fait la suite. J’ai déja commencé le 7 qui s’appelle Offrande Brulée.


De Notre Sang de Adeline Debreuve-Theresette

Serafina dans Critiques, Livres le 14 octobre 2009, avec 14 commentaires
Critiques

De Notre Sang est la deuxième parution des éditions du Petit Caveau, la première étant Le Mauve Empire que j’avais lu et présenté il y a de ça quelques semaines. Ce livre ci est assez court 150 pages et est servie par une illustration de Anne-Claire Payet que l’on connaît notamment via son travail sur la série Anita Blake ou Kushiel. C’est donc un très beau livre glacé que nous pouvons ouvrir pour en feuilleter les pages. Et donc, qu’y-a-t-il dans ces 150 pages écrites par Adeline Debreuve-Theresette ? Synopsis.

De Notre Sang de Debreuve-Theresette

Dracula est le premier des vampires, le plus fort, le plus beau, bref c’est Dracula quoi. Mais il est la cible de nombreuses menaces et il sait que si il meurt, tous ceux qui partagent son sang périront aussi. C’est devenu sa plus grande crainte et il est prêt à tout pour trouver la solution. Une vieille prophétie va peut-être lui donner : il lui faudrait trouver une femme capable de porter son enfant.

Le roman est court, très court, tellement que je le classerais plutôt dans les longues nouvelles, sans que ce soit négatif pour autant. De ce fait, il n’est pas étonnant de voir que peu de personnages auront réellement voix au chapitre: Marie, et Dracula vont tout porter sur leurs épaules, les autres sont assez proches de l’ombre. Heureusement les deux héros sont bien travaillés et bien traités. Dracula devrait plaire à toutes celles qui aiment Lestat d’Anne RiceJean-Claude d’Hamilton ou Eric de Charlaine Harris, car ici Dracula, non content d’avoir une classe admirable, et bien évidemment beau, sardonique, sûr de lui, bref, tout ce qu’on demande au vampire de nos jours quoi. Je ne parle bien entendu pas d’Edward de Twilight, hein. Marie quant à elle est loin du cliché, ce n’est ni la nunuche de service ni la fille super forte. Elle est normale, tout simplement. Cependant on a parfois du mal à  comprendre ses réactions, ainsi que ses changements d’opinions.

Couverture de De Notre SangL’histoire démarre assez fort, alternant entre les ambiances de Transylvanie de fin du XIXème et Paris à la même époque. Évidemment, vous le savez, c’est une époque que j’apprécie particulièrement. On y retrouve toute l’ambiance à la fois sombre et chargée en crinoline qu’on est en droit d’attendre, encore plus d’un roman vampirique. L’histoire évolue sans temps mort, et on ne s’ennuie pas du tout. La progression de la relation entre Marie et Dracula est globalement bien menée, même si la fin m’a laissée perplexe, je la trouve à la fois trop abrupte et trop mignonne pour mes goûts.  Un peu un sentiment de tout ça pour ça. Ceci dit, elle a le mérite de laisser la porte ouverte a une possibilité de suite..

On regrettera l’absence totale d’explication sur la vision des vampires de l’auteur. Parce que j’ai été un peu choquée de voir que Dracula semble sortir au soleil, vu qu’il admire le coucher du soleil. Certes il boit du sang, mais je pense qu’à partir du moment où l’on s’écarte des standards communément admis (ce qui n’est jamais une mauvaise idée, hein), il est quand même nécessaire de le préciser afin de ne pas trop choquer, étonner, le lecteur. Il faut un peu tisser la toile au fur et à mesure qu’on avance pour avoir une idée de ce que sont les vampires pour l’auteur et c’est dommage.

A coté de ce problème notable, et qui peut être dérangeant, le style de l’auteur est fluide, agréable et raffiné. Pas de fautes, pas de lourdeur, c’est vraiment agréable à lire.Chaque chapitre est précédé de paroles de chansons, en anglais généralement qui permettent de se mettre dans l’ambiance .  Le roman se lit d’une traite sans difficulté aucune.

A noter enfin que l’intégralité des droits d’auteur sera reversé à la SPA. Cette initiative est à saluer, car cela n’est pas courant. Comme ça, en remplissant votre bibliothèque vous faites une bonne action. Comme pour le Mauve Empire, il n’est pas forcement aisé de trouver le livre donc je vous renvoie à cette page pour acheter De Notre Sang. Vous pouvez également consulter un extrait de De Notre Sang à cette addresse.