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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

A l’occasion de la sortie de la série télévisée Game of Thrones, j’ai décidé de relire le premier tome de la série de George R. R. Martin. Et pour fêter la sortie du cinquième tome outre Atlantique que nous attendons depuis des mois, quoi de mieux qu’en publier la chronique ? Ce premier tome a été en France découpé en deux sous les titres Le Trône de Fer et Le Donjon Rouge, puis réunifié lors de la sortie des éditions intégrales par J’ai Lu avec une superbe illustration de Marc Simonetti. Il est sorti en 1996 aux États-Unis et la première et seule traduction française date de 1998, elle est réalisée par Jean Sola. Pour les quelques perdu du fond, synopsis ?

Le Trône de Fer, Intégrale Tome 1, de George R. R. Martin

Le continent de Westeros a été unifié sous un seul roi, et actuellement c’est Robert Baratheon qui siège sur le Trône de Fer. Lorsque sa Main, sorte de premier ministre, meurt  il décide de faire appel à son ancien compagnon d’arme Lord Eddard Stark de Winterfell pour prendre la succession. Eddard doit donc quitter le nord, aller à la cour avec une partie de sa maison. Là-bas l’attendent luttes de pouvoirs, petits secrets et autres fourberies. Surtout que d’autres complots viennent de par delà les océans.

Faire le synopsis de ce premier tome, et de la série en général est incroyablement difficile et surtout incroyablement complexe. Le Trône de Fer est une série où chaque chapitre est narré du point de vue d’un des protagonistes, et des protagonistes il y en a beaucoup. On en suit plus d’une dizaine, dispersés aux quatre coins de Westeros mais aussi au delà des océans qui l’entourent. Cela peut faire peur, mais en réalité c’est une des grandes forces de ce roman.

Les personnages, très différents, permettant à chacun de trouver son préféré : on a le noble et droit Eddard, les saligauds sans foi ni loi, les jeunes filles innocentes, le bâtard paumé, bref, il y en a pour tous les goûts. Et comme tous ne sont pas intéressants en même temps, le fait que les passages « ennuyeux » ou lents soient intercalés avec des passages passionnants permettent de ne pas s’ennuyer à la lecture. C’est aussi une manière de rendre la lecture addictive, vu que chaque chapitre ou presque se termine par un cliffhanger qui, au fur et à mesure du tome, de la découverte de nouveaux éléments via d’autres personnages, devient de plus en plus insoutenable et nous force à avancer pour connaître la suite.

Le Trône de Fer, Intégrale Tome 1, de George R. R. Martin

Sortie de Game Of Thrones oblige, J'ai Lu a commencé à remplacer la superbe illustration de Marc Simonetti par des images tirées de la série... Sad.

Évidemment, à la première lecture, il n’est pas aisé de retenir qui est avec qui et autres liens entre les personnages. Je dois dire que j’avais loupé certaines informations lors de m première lecture. Heureusement on prend vite le pli et une fois assimilées les maisons et leurs liens, la lecture devient très fluide. Ce premier tome est assez long, 800 pages en intégral je crois, ce qui fait que ce n’est pas juste un tome de présentation et de placement des pions. Les 200 premières pages maximum le sont, mais c’est tout, après on rentre réellement dans l’histoire.

Et cette histoire est loin d’être simple ou manichéenne. George R. R. Martin présente là une histoire très réaliste et très nuancée, qui n’est pas sans faire penser à la saga des Rois Maudits de Maurice Druon, sauf que l’on est dans de la Fantasy. Enfin, pour ce premier tome, la magie est assez peu présente et à part pour les saisons qui durent des années, on pourrait très bien être dans un univers médiéval fictif. Le roman est donc accessible aussi aux personnes pas vraiment fanes du genre.

Cet aspect médiéval est très fortement renforcé par la traduction de Jean Sola. Le style original de George R.R. Martin est décrit comme assez sobre, voir simple, alors que la version française use (et abuse) de termes désuets ou de tournures de phrases vieillottes. Je sais que cette traduction divise les fans du Trône de Fer en France. Voir même rebute certains lecteurs, même dans nos rangs. Mais personnellement je l’aime énormément. Il est vrai que certaines traductions sont maladroites, que certaines phrases sont parfois incompréhensibles, mais malgré tout je trouve que le style désuet est une des forces du roman. C’est un argument de plus qui démarque Le Trône de Fer du reste de la Fantasy. Certains le verrons comme une trahison envers l’auteur, pas nous.

Le Trône de Fer Tome 1 de George R.R. Martin par Oliver Frot

La série des tomes individuels chez J'ai Lu été illustrée par Oliver Frot. Ici le premier tome.

Ce premier tome alterne les ambiances, un peu d’humour, du drame, de l’épique, je pense que tous ceux qui aiment les grands romans, ceux qui vous font trembler pour vos héros et vous tiennent en haleine jusqu’au bout pourront se jeter sans crainte dessus. Si il apparait au départ plus comme un bon roman sans être le chef d’œuvre qu’il est pourtant, pour moi le réel tournant se déroule vers le dernier quart du roman, avec un événement absolument inattendu qui montre à quel point la série de Martin est différente de toutes les autres.

L’auteur n’a aucune complaisance et n’obéit à aucun des schémas prédéfinis qu’on pourrait attendre. Cet événement, que les gens qui ont lu devinent fort bien, est pour moi l’un des chocs littéraires les plus forts que j’ai pu lire… avec un autre moment, se déroulant dans la même série un peu plus tard. Une scène inattendue, surréaliste et tellement incroyable qu’on passe les chapitres suivant à ce dire « non, ce n’est pas possible ». Et pourtant si. Ce genre de claques, peu de romans savent les amener et les gérer de façon cohérente, grâce à des éléments amenés intelligemment dans les pages précédentes. Le Trône de Fer est de ceux là.

Le Trône de Fer, Intégrale Tome 1, de George R. R. MartinEnfin, si la première lecture est une réelle découverte et une vraie claque, il faut bien le dire, la relecture est aussi jouissive que la première. On a beau connaitre les rebondissements, s’y préparer, on découvre de nouvelles choses et on comprend que certains événements qui se déroulent bien plus tard étaient déjà visibles à ce moment, juste là, sous notre nez.

Au final, il est bien difficile de faire une réelle chronique de ce premier tome du Trône de Fer. Je ne dirais qu’une chose, vous devez lire cette série, même si vous n’aimez pas trop la Fantasy, même si son style archaïque vous en détourne au début, et surtout si vous pensez avoir tout lu et vu dans le genre. Martin signe là un des chefs d’œuvre du genre, qui dépasse d’ailleurs les simples bornes de la Fantasy. D’autant que l’édition tant attendue des intégrales vous permet de bénéficier du découpage originel, bien mieux ficelé et beaucoup plus logique, et qu’avec la sortie prochaine du tome 13, le spectacle reprend pour notre plus grand plaisir.


C’est Lundi, que lisez vous ? #8

Serafina dans Actualités, Livres le 11 juillet 2011, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après deux semaines de Hellreport 2011, retour de la littérature sur if is Dead.

dabYo

Ça y est, j’ai enfin fini l’anthologie des éditions Mnémos pour les Imaginales, Victimes et Bourreaux. Faut dire que le retour du beau temps et des chaises pour lire au soleil a aidé. Au programme donc les trois dernières nouvelles du roman:

Victimes et BourreauxTout d’abord celle écrite par Lionel Davoust que je dois dire, j’attendais avec impatience. J’étais un des rares de l’équipe a n’avoir jamais rien lu de ses écrits, c’est désormais chose corrigée. Et je dois avouer que j’ai été plutôt charmé par la plume et l’histoire que nous offre sa nouvelle, Au-delà des murs. D’abord, parce que l’univers est intéressant, la narration aussi, l’univers et surtout l’approche de la thématique. Mais aussi et surtout parce qu’il réussit avec brio là où ses compères ont échoués: l’univers ne nous perd pas, les noms des personnages ne choquent pas, la narration est exceptionnellement claire, et la taille du texte bien choisie. Bref, je pense que c’est là ma nouvelle préférée du recueil.

Vient ensuite celle de Paul Beorn, intitulée Le Démon Mémoire. Il était difficile de passer après la précédente nouvelle, heureusement, celle ci est assez réussie. Si la nouvelle ne brille pas par son traitement du sujet, on assiste à une banale scène de torture, la narration des évènements concernés est plutôt bonne et intéressante. Une nouvelle rafraichissante en quelques sortes.

Et enfin, dernière nouvelle du roman, Mazbaleh de Xavier Mauméjean. Elle doit faire appel à des perceptions qui me sont inconnues, car elle m’a laissé complètement de marbre. Dommage, pour une fin de recueil.

illman

J’ai pas pu m’empêcher : direct après avoir fini de lire le second tome de Fils des Brumes de Brandon Sanderson, je me suis précipité en ville pour acheter le dernier tome de cette trilogie, j’en suis à un bon quart de l’histoire. Il y a un changement de ton, je trouve ça un peu en deçà des précédents pour l’instant. J’ai fini d’écrire la chronique du deuxième tome, ça ne devrait pas mettre trop longtemps à vous arriver sous les yeux.

J’ai aussi lu le premier volume du comics The Authority aux commandes de laquelle se trouve mon scénariste préféré, Warren Ellis. J’ai aussi un ou deux manga/manwha sous le coude, notamment Ares, excellent, et The Innocent, qui ne vaut principalement que par la campagne marketing qui avait accompagné sa sortie, dont vous risquez d’entendre parler sous peu sur if is Dead.

Serafina

Le Sang des Anges, Chasseuse de Vampires Tome 1 de Nalini SinghCette semaine, mon « C’est Lundi » va être chargé. En effet, j’ai terminé Le Sang des Anges, le premier tome de Chasseuse de Vampire de Nalini Singh, que j’ai beaucoup apprécié et dont la chronique devrait paraitre cette semaine. J’ai ensuite enchainé avec Deus in Machina de John Scalzi, que j’ai terminé dans la foulée, qui est un court roman (140 pages) de Science-Fiction aux éditions l’Atalante. Je dois dire que j’ai trouvé l’univers extrêmement intéressant et bien fait, je regrette cependant d’avoir eu l’impression d’être face à une critique un peu trop manichéenne de la religion.Bref, au final, un avis en demi-teinte mais j’aimerais bien relire des écrits de cet auteur.

Puisque je suis une fangrill et que le 13 janvier approche, j’ai ressorti mon septième et dernier tome de Harry Potter, Harry Potter and the Deathly Hallows, dont j’ai relu la partie correspondant au film qui sort cette semaine, les 300 dernières pages environ. Évidemment, j’ai trouvé cela extrêmement bon, extrêmement émouvant, et l’enthousiasme reste intact bien que je connaisse l’histoire par cœur. J’ai hâte de voir le film. Enfin, je commence tout juste Piège d’Outre-Tombe, le 2ème tome des Mystères de Harper Connelly par Charlaine Harris, dont j’avais adoré le premier tome, Murmures d’outre-tombe. Esperons que le tome 2 soit à la hauteur !


C’est au détour de notre boîte aux lettres que nous avons découvert l’année dernière un roman original de Science Fiction publié par les éditions l’Atalante: Métro 2033 de Dmitry Glukhovsky. Un petit pavé au synopsis bien comme on les aime, qui a tout de suite eu les faveurs de notre rédacteur illman dont vous pouvez retrouver la chronique par ici. Les romans traduits du russe ne sont pas légions en France, et encore moins au rayon Science-Fiction. nous avons donc tout de suite voulu en savoir plus en contactant son traducteur, Denis E. Savine. Et quoi de mieux que la sortie récente du second tome, Métro 2034 pour en parler ?

Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

Bonjour Denis, pourrais tu te présenter à nos lecteurs ?

Né sous un déluge de feux d’artifice par une froide nuit de novembre sous le règne du Camarade Président du Praesidium du Soviet Suprême Nikolaï Viktorovitch… non pardon, c’est la version longue… Que dire ? Essayons de procéder dans l’ordre. Instant zéro : naissance à Moscou. 6-7 ans : découverte de deux écrivains français, Jules Verne et Alexandre Dumas père. Je crois avoir préféré ce bon vieux Jules.

Quelques années plus tard : arrivée en France. Bon nombre d’années d’études plus tard, j’ai travaillé dans l’informatique, en tant que larbin (pardon employé) dans un premier temps, puis à mon propre compte. Puis j’ai été auteur jeunesse, disquaire et à présent je travaille dans un foyer qui accueille des enfants maltraités.

Sinon, je suis un gros lecteur et j’ai beaucoup pratiqué le jeu de rôle (avec l’âge les occasions se font plus rares) et le Grandeur Nature. Ah oui, j’aime aussi les chats.

Comment en es tu arrivé à la traduction de romans russes ? Quel est ton parcours, côté écriture en particulier ?

Denis E. Savine Mon parcours dans la traduction est erratique. J’y suis venu par le jeu de rôle en traduisant de l’américain des livrets de jeu pour un grandeur nature persistant. C’est à ce moment là que je me suis rendu compte que l’activité m’intéressait. Mais au sein d’une association (dont bon nombre de membres sont des fans), le niveau d’exigence n’est pas trop élevé vu que tout le monde est bénévole, ce qui ne permet pas d’évaluer réellement la qualité de son travail. Ensuite ce fut de la traduction de documents techniques dans le cadre de mon boulot en informatique, avec cette fois un niveau d’exigence plus élevé. Vu que mon poste n’était pas axé sur la traduction, mais l’ingénierie, les traductions n’étaient pas nombreuses, même si elles étaient régulières. Pour ce qui est de la traduction des romans russes, c’est l’occasion qui a fait le larron.

J’avais lu Métro 2033 pour les éditions L’Atalante afin d’en faire une fiche de lecture et un jour que nous en discutions, Mireille Rivalland (éditrice chez l’Atalante, ndlr) m’a demandé si je me sentais d’attaque pour le traduire. J’ai traduit une partie du premier chapitre pour voir si j’en étais capable et si le travail que je fournissais convenait. Visiblement, ce fut le cas.

Côté écriture, c’est une autre histoire qui a aussi commencé avec le jeu de rôle. A l’époque, comme un grand nombre de meneurs de jeux, j’écrivais mes propres scénarios. Puis est sorti le jeu Guildes, chez Multisim. Avec trois amis, nous avions monté et proposé à l’éditeur un projet de zine, intitulé Terra Incognita, et c’est à cette occasion qu’en 95 je faisais la connaissance de Stéphane Marsan (actuellement directeur éditorial chez Bragelonne, ndlr) qui venait de lancer un petite maison d’édition qui ne publiait que des auteurs français en format poche et qui s’appelait Mnémos.

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Journal de Noel de Kerbraz

C’est Stéphane qui m’avait encouragé à écrire suite à la lecture d’un ou deux de mes textes. Pourtant, ce n’est pas à cette époque que j’ai publié mes premiers bouquins, mais 7 ans plus tard. J’ai eu la chance d’être contacté par une illustratrice qui travaillait pour les éditions du Rocher sur un projet d’albums pour les 8-12 ans. C’est comme ça qu’est née la série Le Collège des Six-Trouilles composée de trois albums (signés sous le pseudonyme de Kerbraz).

Suite à cette série, l’éditeur m’a proposé de rejoindre un autre projet Grand-maman… raconte ! / Grand-père… raconte ! L’idée de cette collection était d’offrir aux adolescents des biographies de personnages célèbres dans un format moins rébarbatif que des pavés de 600 pages et un peu plus ludique. Un projet passionnant. J’avais en outre eu la chance de signer pour 5 livres à paraître sur trois ans et demi. Je devais raconter la vie de Jules Verne (si, si, ce bon vieux Jules à qui je dois en grande partie mon amour de la lecture), Molière, Léonard de Vinci, Jean de La Fontaine et Victor Hugo. Au final seuls les trois premières biographies ont vu le jour car entre temps les éditions avaient changé de mains et la nouvelle direction aimait la collection jeunesse mais pas la création française. J’avais d’autres projets sous le coude, mais j’avoue ne pas avoir été très persévérant pour essayer de les placer.

Tu as vécu de ta plumes pendant quelques années, qu’est ce que ça t’a fait de passer traducteur ? Le travail t’a-t’il semblé totalement différent ?

Leonard de Vinci, quel génie ! de KerbrazLa traduction a été pour moi l’opportunité de revenir dans le monde du livre autrement qu’en tant que simple lecteur. Parce qu’après un parcours assez éclectique (hum… éclectique… j’aime bien ce mot… mais je pense que nous en parlerons un peu plus tard) je me rends compte que c’est ça que j’aime. J’aime les livres (je dois en avoir plus de 1500 à la maison), j’aime les langues et je pense que le travail d’auteur et de traducteur sont très complémentaires.

Dans les deux cas, il y a un attachement à la formulation, au choix des mots, à la construction des phrases. En ce moment, Denis-l’auteur apprend beaucoup de Denis-le-traducteur, mais Denis-le-traducteur s’est pas mal nourri initialement de l’expérience d’écriture de Denis-l’auteur (non, non, je suis tout seul dans ma tête, c’est juste pour expliquer).

Je ne te cache pas que l’auteur a l’avantage de maîtriser son univers et ses personnages. Alors que dans une traduction, notre rôle est de nous effacer au maximum et surtout de retranscrire le texte tel qu’il est qu’on soit d’accord ou non avec les directions que prend le scénario ou les actions qu’entreprennent les personnages.

La traduction du russe vers le français a-t-elle des particularités ? Les différences culturelles t’ont-elles parfois compliqué les choses ?

Je ne pense pas qu’on puisse parler de particularités… Si, en fait, il y a une chose qui est très lourde à gérer, c’est la translittération. Il n’y en a aucune que je trouve satisfaisante, il y a celles qui piquent les yeux et celles qui écorchent les oreilles. D’ailleurs, la remarque la plus fréquente concerne les noms de stations imprononçables ; d’autant plus imprononçables qu’on a du mal à se retrouver dans toutes ces successions de consonnes.

Les différences culturelles compliquent les choses, c’est vrai. Il y a des référents qui sont différents, des images qui font sens dans une langue et qui sont difficilement transposable dans une autre. La langue véhicule la culture et l’histoire d’un pays, d’un peuple. Plus ce peuple est éloigné de nous d’un point de vue géographique, historique et culturel, plus la passerelle sera difficile à bâtir. Mais c’est aussi tout le charme, tout le défi… tout l’intérêt finalement de la traduction. A l’époque de 2033, nous avions eu un certain nombre de discussions avec Pierre Michaut (fondateur et éditeur de l’Atalante, ndlr) à propos des notes de bas de page. De son point de vue, que je partage désormais, la note dans une fiction rompt la lecture et par conséquent le rythme du texte, la tension de l’intrigue. Elle est donc a éviter au maximum. Pour cette raison seules quelques notes indispensables émaillent les bas de pages de 2033 et 2034 (pour te donner une idée, il y avait à l’origine deux à trois fois plus de notes dans 2033 que dans la version imprimée).

Sinon, petite anecdote pour illustrer les différences culturelles et les moyens de les contourner. Dans Métro 2034, Homère, un personnage enclin à l’introspection, réfléchit à sa relation au métropolitain moscovite. Il fait à un moment référence à une série de contes russes qui mettent en scène une matrone sur une montagne. Dans le texte original ça donne quelque chose comme ça : « Passe encore de tomber amoureux de la Matrone de la Montagne, mais s’amouracher de la Montagne elle-même voilà qui était étrange… » Je pense que la lecture de cette phrase dans texte aurait laissé le lecteur français perplexe, à moins de connaître les contes russes ou que dans une note je fasse un bref explicatif de la chose. J’ai préféré me demander quelle histoire ou légende était aussi populaire en France et dont la référence pour un lectorat français serait immédiate. C’est ainsi que la Matrone de la Montagne est devenue la Dame du Lac.

Les romans de Dmitry apportant leur lots de termes techniques, voire des néologismes, comment as tu fais pour les traduire ?

Bah… euh… Dicos très techniques, sites de traducteurs, recherches diverses, mails échangés avec d’autres traducteurs de ma famille (j’en ai deux, c’est très pratique)… c’est long parfois. Très long. Mais c’est une occasion en or pour se cultiver. J’adore !

On a remarqué en tout cas via ton Twitter que tu aimais bien placer quelques mots tordus… Une sorte de défis ?

Toi, tu parles de la « chromolithographie immarcescible ». Alors, il était trois heures du mat’, j’étais vanné et je m’étais promis de changer ça pour un synonyme plus courant, je parle d’immarcescible, parce que chromolithographie ça définit assez bien ce que c’est. Et en fait, je crois que j’ai oublié de tenir ma promesse. Mais les deux mots sont parfaitement français et présents dans tous les bons dictionnaires… J’essaie toujours de rester au plus près du sens et des nuances du texte original (ce qui n’empêche pas de faire des bourdes parfois), d’où l’usage de mots parfois un peu trop précis ou peu usités, mais il ne faut pas y voir un défi, non.

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Pour la petite histoire, j’ai appris le mot immarcescible en lisant un roman d’Andreï Makine.

Vu que Métro 2033 était ta première traduction, y-a-t’il eu des choses, méthodes que tu as fait différemment pour la traduction de Métro 2034 ?

Metro 2033 de Dmitry GlukhovskyOui, il y a eu une évolution entre mon travail sur 2033 et celui sur 2034. Là, comme ça, je suis incapable de te dire quoi. J’ai eu beaucoup de chance, je pense, d’avoir commencé à travailler pour L’Atalante.

Pierre m’a prodigué de précieux conseils et, comme je l’ai dit tout à l’heure, j’ai deux traducteurs dans la famille qui ont également partagé leur expérience avec moi. J’étais donc pas mal armé dès le premier roman. Cependant, je pense qu’il faut sans cesse se remettre en question et donc faire évoluer sa manière de travailler.

Ce second tome vient tout juste d’arriver chez les libraires, as tu déjà des retours de lecteur ? En es tu satisfait ?

Oui, j’ai eu deux retours, un direct, l’autre via mon blog. Ils sont très positifs tous les deux. Quant à moi… je suis un éternel insatisfait, surtout en ce qui concerne mon travail. Mais je me suis surpris à feuilleter le livre, voilà quelques jours, et m’arrêter sur des passages en me disant « Ah ? C’est moi qui ai fait ça ? ». En général, chez moi c’est bon signe. Donc, finalement, je dirais que je pense avoir fait du bon boulot et que oui, j’en suis content.

D’autres projets autour de la franchises sont ils en cours, que ce soit en Russie ou ailleurs ? Tu avais essayé l’adaptation en jeu vidéo, tiens ?

Metro 2033 UniverseLes romans dans l’univers de 2033 continuent à sortir en Russie à un rythme soutenu. Aux dernières nouvelles, plusieurs auteurs non russes avaient rejoint le projet : un britannique et un italien. Il y devrait donc y avoir une « Britannia 2033 » et une « Italia 2033« . Il avait également été question d’une adaptation en bande dessinée. Mais je n’ai plus trop de nouvelles ces derniers temps. J’avais eu quelques idées pour une « France 2033 » qui avaient intéressé Dmitry, cependant je n’ai pas eu le temps de m’y pencher sérieusement, vu qu’après 2034, j’ai enchaîné une autre traduction que je termine en ce moment.

Quant au jeu vidéo, non, je n’y ai pas joué. J’ai vu des gens y jouer, l’ambiance est très bien rendue, pour le peu que j’aie pu en voir.

Tu traduis de l’imaginaire, mais en es tu aussi un lecteur ? Comment es tu tombé dedans, quels sont tes classiques ? Tu en lis régulièrement ? En russe aussi ?

Je pars du principe qu’il est intéressant de lire de tout (enfin, si on excepte Marc Lévy, Guillaume Musso et quelques autres du même tonneau). J’ai dévoré de la Fantasy quand j’avais entre 15 et 20 ans, je dévalisais littéralement les librairies anglaises et américaines de Paris à cette époque. Puis, la proportion de SF a grandi et aujourd’hui elle représente la majeure partie des littératures de l’imaginaire que je lis. Je ne dis pas non à du Fantastique même si je suis assez difficile à contenter.

Comment suis-je tombé dedans ? Quand ma mère m’a lu 20000 lieues sous les mers à l’âge de 6-7 ans… Les classiques ? Je n’en sais rien. Tolkien, Verne, Asimov, Herbert, Shepard, Baxter, Wagner, Cook, Gibson, LeGuin, Whittemore, Verlanger, Lovecraft, Banks, Asher… Oui, j’en lis régulièrement. La quantité dépend des moments et des sorties d’autres auteurs dans d’autres genres littéraires ou des envies de se refaire des classiques de la littérature des deux derniers millénaires et demi de l’humanité. Quant à l’imaginaire en russe, non, je n’en lis pas. Je lis plutôt de la littérature dite générale… je déteste ce mot

Les étalages d’un libraire russe ressemblent-ils à ceux que l’ont peut retrouver en France dans notre domaine ? Qu’en est il de la « production » nationale du pays ? Y a t’il de grosses pointures russes de l’Imaginaire ?

Pour tout te dire, en octobre prochain, ça va faire 10 ans que pour mon plus grand regret et ma plus grande honte, je ne suis pas retourné en Russie. Mais je me suis promis d’y aller en 2012. Donc, à mon retour, je ne manquerai pas d’en faire un récit détaillé. Comme je ne lis pas trop d’imaginaire russe, je ne me tiens pas très au courant non plus. Mais tout cela va sans doute changer dans les mois qui viennent…

Quant aux pointures, il y en a une dont on a entendu parler en France il y a quelques années : Sergueï Loukianenko et sa trilogie NightWatch, par exemple. Et puis, il y a les ancêtres… Arkadi et Boris Strougatski. Je pense que la production dans le domaine littéraire est importante en Russie, il faut ensuite, mais c’est vrai partout ailleurs dans le monde, séparer le bon grain de l’ivraie.

Outre un compte Twitter, tu anime aussi Les Boulons Éclectiques, tu penses utiliser ces moyens pour parler un peu plus de ton travail, ou cela reste avant tout pour le « blogging » ? Tu lis des blogs à tes heures perdues ?

Les Boulons EclectiquesAh, les Boulons ! Et Twitter, sur lequel j’ai été bien silencieux ces derniers temps… Faut que je me rattrape… Oui, je vais parler davantage de mon travail sur les Boulons et sans doute sur Twitter, d’autant que j’ai pas mal de projets que j’aimerais voir avancer. En fait, je ne prends pas assez le temps de communiquer sur ce que je fais. Le problème vient de ce sentiment de culpabilité de se dire que le temps qu’on a consacré à un billet de blog à propos d’un projet, on aurait pu le consacrer à faire avancer le projet lui-même… C’est un serpent qui se mord la queue, mais je vais essayer d’y remédier.

Il m’arrive régulièrement de faire un tour sur quelques blogs : L’Ange du bizarre (blog de J.-P. Dionnet), Langue sauce piquante (le blog des correcteurs du Monde), Le traqueur stellaire, le vôtre aussi, celui des copains de la MLN (Mystérieuse Librairie Nantaise)… et ceux des visiteurs de mon blog qui laissent des commentaires… ou tout simplement au hasard, de lien en lien.

Merci pour toutes tes réponses, un dernier mot pour nos lecteurs ? Tes projets peut être ?

Aux lecteurs, tout d’abord, merci de votre patience et de votre persévérance de m’avoir lu jusqu’ici… c’est presque fini, promis.

Amortals de Matt ForbeckQuant aux projets… Alors, je termine en ce moment la traduction d’un roman américain, Amortals de Matt Forbeck, à paraître aux éditions L’Atalante en 2012.

Sinon, dans les choses en cours, il y a une trilogie space op pour la jeunesse dont les deux premiers tomes sont écrits, des nouvelles terminées ou encore en écriture que je vais essayer de placer de-ci de-là dans les mois qui viennent (Seb, si tu lis cette interview sache que je ne t’ai pas oublié). Dans les choses plus lointaines ou moins certaines, il y a une saga historique – qui aura pour point de départ Nantes – que nous avons imaginée avec un ami historien qui connait plutôt bien son Moyen-Âge. Et j’espère encore des traductions du russe ou de l’anglais. Bon, il y a bien deux ou trois autres projets dont je ne peux rien dire pour le moment qui viennent rallonger ma liste de choses à faire. Ah, si, il y a aussi un scénario d’un mini-GN qu’on doit écrire avec une amie depuis deux ans… et qu’on devrait mettre en chantier prochainement.

Merci avant tout de nous avoir répondu ! Et on espère bien avoir quelques informations supplémentaires sur les librairies russes après ton petit tour. En attendant, la rédaction a reçu son exemplaire de Metro 2034 il y a quelques jours, et illman va bientôt s’y mettre. On vous tient au courant pour la chronique !


La Triste Histoire Des Frères Grossbart est roman de Jesse Bullington assez atypique, et surtout différent de ce que je lis d’habitude. Publié en 2009 en langue originale, il est sortie cette année aux éditions Eclipse dans leur collection Horreur, avec une traduction de Laurent Philibert-CaillatSynopsis.

La Triste Histoire Des Frères Grossbart de Jesse Bullington

Les jumeaux Manfried et Hegel sont deux membres de la famille Grossbart, famille connue pour leurs méfaits, vivants dans un petit village du saint empire germanique. Un jour ils décident de partir en Egypte, où leur grand père aurait soi-disant trouvé fortune. Après avoir réglé une petite affaire, entrainant la mort d’une famille, ils quittent leur village natal et partent sur les routes trouver leur destin, et bien plus encore.

Nous suivons donc les deux frères durant leur voyage à travers une partie de l’Europe. Dès le début on se doute qu’il ne va pas être de tout repos. Jesse Bullington nous fait traverser des paysages très différents. Ainsi nous suivrons les deux frères à travers les denses forêts et les villages enneigés de l’Allemagne, ainsi que Venise, les marais et les cités Égyptiennes. L’ambiance de chaque paysage est assez bien retranscrite, les descriptions ne sont pas vraiment nombreuses mais plantent bien le décor.

L’un des atouts de ce livre est son style. L’auteur a réussi à copier le style propre aux contes de fées, à se l’approprier. Tous les codes des contes des frères Grimm se retrouvent dans ce livre. On a ainsi une sorcière vivant dans la forêt, des démons et d’autres monstres. La seule chose qui diffère vraiment, c’est que cette fois-ci ce n’est pas une petite fille qui se perd, mais plutôt deux tueurs qui n’ont pas peur de se salir les mains.

Car en effet, bien qu’ils soient supposément les héros de ce livre, le lecteur n’arrive jamais vraiment à ressentir de l’empathie pour eux. Dès que la plus petite once de sympathie, l’auteur nous rappelle que se sont de véritables ordures. Si bien qu’à la fin on ne voit plus de réelle différence entre eux et les monstres qu’ils rencontre. On aurait presque envie de les voir échouer afin qu’ils soient punis pour le mal qu’ils ont fait. Mais les monstres sont eux aussi très violents. La sorcière mange les personnes égarées, les démons propagent la peste et d’autres atrocités sont présentes. La violence est donc omniprésente, il n’y a pas un chapitre où il n’y a pas un mort ou une bagarre. Le récit est ponctué de nombreux flashback sur les personnages secondaires qui croisent la route des jumeaux. Cela permet de leur ajouter plus de profondeur et de moins les faire passer au second plan.

La Triste Histoire Des Frères Grossbart de Jesse BullingtonComme toujours avec les éditions Eclipse, le livre est de bonne qualité. La couverture en illusion d’optique réalisée par Istvan Orosz est pour moi tout bonnement magnifique et lui ajoute un charme indéniable. Le style d’écriture est agréable à lire, les phrases ne sont pas trop longues, les descriptions sont aussi brèves mais décrivent parfaitement les paysages. Les dialogues, surtout entre les deux frères, font parfois sourire lorsqu’ils utilisent des expressions et qu’ils se trompent dans leur formulation.

Au final, La triste histoire des frères Grossbart est un livre qui m’a surpris. Le style change grandement de ce que je peux lire d’habitude, ce qui est très agréable. Cette première traduction d’un roman de Jesse Bullington mérite qu’on s’attarde dessus, d’autant plus si on cherche une forme originale pour les contes des frères Grimm.


C’est Lundi, que lisez vous ? #7

Serafina dans Actualités, Livres le 4 juillet 2011, avec 8 commentaires
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Alors certes, ifisDead a surtout été centré sur le Hellfest 2011 cette semaine, mais cela n’a pas empêché certains de lire !

dabYo

Victimes et BourreauxCette semaine encore, j’aurai consacré une bonne partie de mon temps libre à la correction et mise en page du HellReport 2011. Du coup, je n’ai que peu avancé dans ma lecture de l’anthologie Victimes et Bourreaux aux éditions Mnémos.

J’ai d’abord pu terminer la nouvelle de Jeanne-A Débats qui m’a laissé perplexe. L’univers et l’histoire sont intéressants, mais il y a tant de termes propres à l’histoire qu’on passe son temps à essayer de comprendre ce qui s’y passe. Il est presque nécessaire de lire la nouvelle deux fois pour pouvoir l’apprécier, dommage.

Et ensuite venu celle de Jean-Philippe Jaworski. L’auteur est très apprécié depuis quelques temps, c’était mon premier avant goût. C’est là la plus longue nouvelle du roman, mais bien que j’ai trouvé sa fin très intéressante, j’ai quand même eu l’impression qu’elle trainait un peu trop en longueur. Une revisite d’une scène du SDA bien sympathique, cela dit.

Enfin, dernière de la semaine, celle de Sam Nell. Avec une narration assez chaotique, j’ai eu du mal à situer les premières pages de la nouvelle, cela dit, je l’ai tout de même assez apprécié. C’est désormais à celle de Lionel Davoust que je m’attaque.

illman

Dans la semaine qui s’est écoulée j’en ai profité pour me relire l’excellent manga de baston de Togashi, Yu Yu Hakusho. J’ai aussi bien progressé sur Le puit de l’ascencion de Sanderson. Les personnages sont de plus en plus poussés et l’intrigue de plus en plus intéressante. Bref au moins celui-ci je ne devrais pas peiner à le terminer, ce que je compte bien faire dans la semaine

LuxtExMachina

Ce week end j’ai terminé l’Aube des dragons de la série La ballade de pern. La chronique devrait arriver la semaine prochaine, mais étant chargé cette semaine, il y a peu de chances qu’elle sorte là. C’est un livre que j’ai beaucoup aimé, qui mélange un peu les genres de sciences fiction et de fantasy. Pour la suite je pense commencer La volonté du dragon de Lionel Davoust, livre se passant dans le monde d’Evanégyre si je ne me trompe pas. J’avais déjà pu lire une nouvelle dans le recueil L’importance de ton regard, et ce que j’y avais vu m’avait beaucoup plu. J’ai hâte de retrouver cet univers.

Serafina

Cette semaine, j’ai uniquement avancé le tome 1 de Chasseuse de Vampire de Nalini Singh. Il me reste 60 pages sur les 500 je pense donc finir dans les prochains jours. Aucun doute, le tome continue sur sa lancée et bien que le coté tension sexuelle se fasse ressentir sur la fin du tome on est a mille lieues des mauvais exemples de Merry Gentry. Bref, je pense que je peux vous le recommander sans trop de risques.


C’est Lundi, que lisez vous ? #6

Serafina dans Actualités, Livres le 27 juin 2011, avec 6 commentaires
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Alors certes, ifisDead est surtout centré sur le Hellfest 2011 pour encore quelques jours, mais nous n’oublions pas nos racines de lecteurs !

dabYo

Cette semaine, entre la correction des articles sur le Hellfest et la la fin de la première saison de Game of Thrones, j’ai pu un peu avancer l’anthologie Victimes et Bourreaux aux éditions Mnémos. Oui oui, toujours elle, c’est d’ailleurs plus par manque de temps qu’autre chose.

Victimes et BourreauxJ’ai donc fini la nouvelle de Justine Niogret, qui m’a laissé plus que perplexe: je ne dois pas aimer les chevaux. Ensuite, c’était au tour de Maïa Mazaurette. On retrouve bien son style agressif et dérangeant que j’aime tant. Si vous ne connaissez pas l’auteur, je vous conseille notamment son roman tout juste sorti en poche chez Folio SF: Dehors les chiens, les infidèles.

Puis vint celle de Pierre Bordage, on m’en avait dit beaucoup de bien, c’est vrai qu’elle a de très bons côtés, mais je l’ai presque trouvée… trop longue. Pour seize pages, c’est presque un comble, mais j’ai trouvé le tout un poil répétitif. Ensuite, Nathalie Dau avec qui j’ai pu discuter aux Geekfearies d’Orléans. La nouvelle m’a beaucoup plu. Un petit côté dramatique agréable.

Là je suis entrain de lire celle de Jeanne-A Debats, et j’avoue être perplexe: est elle entrain d’étendre un univers déjà existant ? Les noms, les termes, se bousculent à chaque phrase tant et si bien qu’on doit très se rappeler et gérer une quinzaine de personnages ! Pour une nouvelle, c’est beaucoup trop, et je ne parle même pas des éléments qui gravitent autour. Dommage car ça a l’air super intéressant comme univers.

illman

J’ai rien lu cette semaine. J’ai fait mon coma post-Hellfest, en rêvant que j’étais suffisamment en forme pour continuer Le puit de l’ascension de Sanderson.

Serafina

Pour être synchro avec la fin de la première saison de la série Game of Thrones, j’ai donc terminé le tome 2 de cette saga géniale qu’est le Trône de Fer, tome 2 pour découpage français mais seulement tome 1 pour le vrai découpage. Il n’y a pas a dire, c’est absolument génial, ces premiers tomes sont d’une qualité inégalée, sauf peut être par la suite de la saga.

J’ai aussi un peu avancé dans mon Chasseuse de Vampire Tome 1 de Nalini Singh qui semble donc confirmer sa première impression de bonne Bit-Lit rafraichissante. J’espère le finir dans la semaine.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Le tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre de David Weber est la suite plus que directe du premier tome, la version originale ne comptant d’ailleurs qu’un unique volume. Toujours traduit par Michel Pagel, illustré par Genkis et disponible aux éditions l’Atalante, il s’agit d’un roman de Hard Science-Fiction se déroulant dans l’univers d’Honor Harrington. Après ma chronique sur le début du mini-cycle, vous pourrez vous doutez que je n’étais pas spécialement chaud pour entamer cette suite. Je vous ferez grâce du synopsis pour ne pas vous spoiler le tome 1.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David Weber

En commençant ce second tome, je m’attendais à ce que l’on continue sur la lancée du chapitre précédent, mais là même pas, on se retrouve avec de nouveaux personnages dans la boucle ce qui augmente encore leur nombre, au delà de la limite de ma mémoire des noms. C’est beaucoup trop foisonnant et Michelle Henke, notre fameuse amiral du Pic d’or, est loin d’avoir le rôle que lui prête le quatrième de couverture. Je vais même aller plus loin, si les personnages s’était appelé Manticore1, AmiralManticore1, Havrien1… Ça n’aurait pas fait grande différence. Le seul personnage à peu près notable, c’est Josef Byng, un taré de la flotte de guerre solarienne qui fait une nemesis parfaite pour Manticore. En clair c’est dispersé et ça amène au point suivant.

Pendant ma lecture de ce volume, j’ai enfin mis le doigt sur ce qui ne me plait pas avec cet auteur. Il fait tout trop trainer en longueur, pour moi les trois quarts des deux tomes ne servent qu’à mettre en place une guerre qui va éclater. Lorsque je suis arrivé au dernier paragraphe, je me suis dit : « Tout ça pour ça ?!? ». Vu qu’il nous laisse sur notre faim, c’est proche du cliff-hanger, de la provoc, pour acheter la suite. Au final, j’ai eu l’impression de lire une intro de 900 pages. Un parfum d’inachevé plane sur l’histoire et c’est une sensation plus que désagréable, d’autant que je suis désormais loin d’avoir envie de lire la suite.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David Weber

Alors, oui, l’univers est ultra cohérent, super fouillé et réaliste, pour de la SF j’entends, l’intrigue est extrêmement complexe mais ça ne suffit pas à faire prendre la sauce si on la raconte en prenant trop son temps. Sans compter les références à des évènements d’autres bouquins de l’honorverse qui continue à nous perdre, comme la bataille de Manticore, dont on entend vaguement parler à de nombreuses reprises et sur laquelle la seule information disponible est qu’elle a été meurtrière.

Niveau rythme, la première moitié est carrément molle et j’ai vraiment eu du mal à suivre, la faute à l’absence d’événement intéressant, vu que les personnages ont tendance à se perdre en discussions. En comparaison, la seconde partie, où le ton commence à monter entre les camps, se dévore à une vitesse folle. C’est cher payé pour 250 pages de bonne lecture.

L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David WeberLa couverture, toujours par Genkis est plutôt sympa, cela reste dans le ton du premier tome et de la série en générale, du moins chez l’Atalante. Dommage que je n’arrive pas à identifier les personnages qui l’ornent. Mon petit doigt me dit que le traducteur, Michel Pagel, a pas du trop s’amuser avec la surabondance de dialogues.

Après la lecture de ce second tome, là c’est clair, je ne vous conseille pas ce cycle de l’univers d’Honor Harrington, à part si vous êtes un fan hardcore qui veut tout savoir de cet univers. En l’occurrence, très peu pour moi, ça m’a même convaincu de faire une pause dans la SF pour me relire un peu de Fantasy. L’Ennemi dans l’ombre de David Weber est roman en deux tomes qui a certes de bons côtés, mais pour lesquels l’investissement est trop important pour véritablement valoir le coup.


C’est Lundi, que lisez vous ? #5

Serafina dans Actualités, Livres le 20 juin 2011, avec 6 commentaires
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après un pilotage automatique d’if is Dead pendant plus de la moitié de la semaine, nous revoici. Alors, c’est Lundi, que lisons nous ?

dabYo

Cette semaine a été plutôt mouvementée, mais pas comme à l’accoutumée. Outre la lecture du futur interview de Denis E. Savine, le traducteur de Metro 2033 dont la suite vient de paraître aux éditions l’Atalante (et qu’illman attend avec impatience), et à la préparation des articles automatiques, ce qui m’a le plus occupé, c’est bel et bien la lecture d’un petit livret noir. Il ne s’agit pas de la bible, vous vous en doutez, mais du running-order du Hellfest 2011. Rien de mieux, en effet, que la relecture en boucle des descriptions de groupes pour faire passer l’ennui qui nous prend lors d’un concert de, par exemple, Doom. Ce conseil que je prodigue gratuitement marche tout aussi bien avec d’autres genres de musique, que je soupçonne être reliés de près ou de loin à Satan, comme le Sludge ou encore le Stoner. A noter tout de même qu’il ne faut pas avoir peur des fautes d’orthographe, de grammaire, ou d’accord. D’un autre côté, si vous nous lisez régulièrement, vous devez y être vacciné. Aux fautes.

Serafina

running-order-dedicacé hellfest

Cette semaine , j’ai surtout lu les programmations météo en espérant que ceux annonçant du mauvais temps mentaient (pendant la première moitié de la semaine) puis, pendant les 4 derniers jours, j’ai lu le booklet du Hellfest 2011 en long, en large et en couleurs. Descriptions des groupes, plan du festival et running order, tout y était. Cependant, les fautes d’orthographe et de syntaxe gâchaient sacrément la lecture : pas moins de 5 fautes pour les 3 phrases sur Arkona.

On ne parlera évidemment pas des mots en trop ou des mots oubliés. Dommage, car le style en devient aussi chaotique qu’un morceau de grindcore. Mon exemplaire est d’ailleurs désormais devenu culte, il a été dédicacé par le meilleur groupe de la terre et de l’univers. Et sinon, il a plu malgré tout mes efforts pour être ultra optimiste et tapper tous ceux qui parlaient de pluie.

illman

Entre deux lectures du running order du Hellfest, j’ai décidé de commencer le livre du chanteur de Bad Religion ultra diplômé, Greg Graffin pour son analyse de la population scientifique traitant de l’évolution et de leur rapport avec la déité dans Evolution and Religion. Pour l’instant c’est pas mal et je ne pensais même pas trouver ça intéressant et pourtant ça vaut son paquet de cacahouètes.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Après un quatrième tome qui m’avait laissée assez perplexe encore une fois, j’ai entamé Sous le souffle de Mistral, tome 5 de Merry Gentry, avec un poil d’appréhension. C’est toujours édité par J’ai Lu dans sa collection Darklight. Il faut le dire, s’il n’avait pas été aussi court, 300 pages alors que les précédents en faisaient le double, je pense que je ne l’aurai pas lu. Alors, du coup avec peu de pages j’espérais que l’histoire arrêterait de lambiner. Synopsis ?

Sous le souffle de Mistral, Merry Gentry Tome 5, de Laurell K. Hamilton

Merry semble de plus en plus destinée à devenir Reine des Unseelies, son retour en Faerie a fait renaitre des pouvoirs jusqu’à présent endormis. Et le Sithin qui se mourrait semble renaître à la vie. Malheureusement, ce n’est pas du goût de tout le monde, et l’entrée de Merry sur le territoire du Roi Sholto des Sluagh risque de causer bien des problèmes.

Ce cinquième tome est malheureusement servi par une couverture que je trouve beaucoup moins belle que les précédentes, et qui ne m’a pas du tout attirée. Le livre se lit assez vite, et pour cause vu qu’il est raccourci de moitié, et encore plus si on décide comme moi de sauter les scènes de cul, ce jeu de mot étant totalement involontaire. Il y a effectivement quelques chapitres entièrement consacrés à la bagatelle au début et à la fin du roman, toujours une bagatelle hétéro-normée et bien policée pour ne pas trop heurter la morale américaine. On est sulfureux mais pas trop chez Laurell K. Hamilton. Le problème c’est malheureusement que l’intrigue s’enlise, on a bien compris que Merry faisait renaitre le Sithin, mais cela fait déjà deux voire trois tomes qu’on nous en parle. Il serait peut être temps de passer à la vitesse supérieure ? Enfin, pour une fois, on ne s’ennuie pas, et il n’y a pas de passages à vide, mais malheureusement on termine Sous le souffle de Mistral sans avoir été beaucoup avancé par rapport au précédent.

Sous le souffle de Mistral, Merry Gentry Tome 5, de Laurell K. Hamilton

La couverture de la version originale n'est pas réussie elle non plus...

Si on fait omission des derniers chapitres, qui amènent eux enfin, un peu d’action matinée de mythologie pour notre plus grand plaisir. Les choses semblent commencer à bouger, et surtout , les pions commencent à se mettre en place. Dommage que cela ne soit que sur les 40 dernières pages que l’intrigue avance. On a plus l’impression d’être face à un début de roman qu’à une fin. J’ai de plus en plus l’impression que Laurell K. Hamilton tire et tire encore sur ses histoires pour faire le plus de tomes possible. Cependant, le roman a l’avantage de ne pas trop se disperser et de se lire assez facilement.

Sous le souffle de Mistral, Merry Gentry Tome 5, de Laurell K. HamiltonOn notera encore une fois pas mal de références à la mythologie celtique, et le monde inventé par Hamilton est vraiment très bon et très intéressant. Le royaume de féerie décadent qui renaît peu à peu, et les interrogations sur la mortalité des Unseelies sont des pistes sympathiques mais qui malheureusement ne sont pas exploitée, l’auteur préférant palabrer sur les organes intimes des gardes de Merry. Malgré tout, on a envie de lire la suite, encore une fois dans l’espoir que cela s’arrange…

Il n’y a à ce jour que 8 tomes de Merry Gentry de sortis, et les 3 suivants ne font que 300 pages aussi. Au vu du final, on peut clairement espérer du changement et de l’amélioration. Sous le souffle de Mistral me donne l’impression d’être une sorte de tournant entre deux arcs de la saga. Peut être à tord, on verra bien.


C’est Lundi, que lisez vous ? #4

Serafina dans Actualités, Livres le 13 juin 2011, avec 7 commentaires
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Pas de jour férié sur if is Dead, journée de solidarité oblige, pour preuve, voici la 4ème édition de C’est Lundi ! Alors que lisons nous ?

dabYo

Cette semaine, je n’ai quasiment pas lu, simplement quelques pages de la nouvelle de Justine Niogret du recueil des Imaginales Victimes et Bourreaux… Et j’avoue ne pas savoir quoi en penser. On verra ça dans une dizaine de pages, quand elle sera fini. Shame on me. Sinon j’ai beaucoup rit.

Serafina

Chasseuse de Vampires, Tome 1, de Nalini SinghComme je l’avais prévu, j’ai terminé le recueil Autour de Londres de Lydie Blaizot. Le recueil aura été de bonne facture tout du long. Je n’ai pas avancé dans le Trône de Fer, pourtant j’ai interêt à me botter les fesses car la série m’a rattrapée.

J’ai commencé Le Sang des Anges de Nalini Singh, premier tome de la série Chasseuse de Vampires aux éditions J’ai Lu, collection Darklight. Je suis actuellement totalement sous le charme du roman. Un début excellent (j’en suis au quart du livre), un univers super étoffé, un style agréable et une bonne intrigue. Je pressens ce roman comme un des coups de coeur de l’année. Entre Vicki Nelson et Harper Connely, le label Darklight semble définitivement être un gage de qualité.

illman

J’ai enfin achevé ma lecture du tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre, je me sens libéré. Je m’excuse par avance auprès des fans de l’auteur mais je vais dé-mon-ter ce bouquin. J’ai pu enchainer sur Le puit de l’ascension de Brandon Sanderson dont j’ai déjà chroniqué le premier tome. Ça se lit tout seul, c’est un vrai plaisir pour l’instant et même s’il fait plus de 700 pages, la chronique iiD devrait arriver rapidement pour un nouveau round de fanboyisme.

LuxtExMachina

Je viens de terminer ce week-end La triste des frères Grossbart. Vous en saurez plus surement dans la semaine. Ensuite je prévois de commencer le cycle de la ballade de Pern. Une série mêlant au départ Science Fiction et Fantasy.

Et vous ? Vous profitez de cette journée pour lire, par solidarité ?