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Lavinia de Ursula K. Le Guin

dabYo dans Critiques, Livres le 18 février 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Lavinia est un roman d’Ursula K. Le Guin qui vient tout juste de sortir aux éditions l’Atalante avec une traduction de Marie Surgers. D’apparence très soignée, le livre est orné d’une illustration de Genkis et donne une impression de livre doux et agréable. Comme je ne connaissais pas l’auteur jusqu’alors, c’est sans aucun apriori que je l’ai commencé, sachant juste qu’il était là question de l’Enéide de Virgile, un texte que je n’ai jamais lu et dont je ne connaissais que les grandes lignes. Synopsis.

Lavinia de Ursula K. Le Guin

Lavinia est la fille unique du roi du Latium et donc seule héritière de ses vastes terres ainsi que de son royaume. Bientôt en âge d’être mariée, nombreux sont les princes à parader à la table de son père afin d’obtenir sa main. Parmi eux, le beau roi Turnus, petit neveu de sa mère et donc allié à la famille de Lavinia par le sang. Plus beau que les autres, plus noble et guerrier aussi, il a tout les avantages pour ravir sa main, même celui de la popularité auprès du peuple du Latium, et pourtant, Lavinia ne peut se résoudre à l’épouser…

Je dois avouer que mon synopsis n’est peut être pas des meilleurs et augurerait presque d’une histoire à l’eau de rose. Et pourtant il n’en est rien. Bien sûr, les sentiments de l’héroïne Lavinia seront importants et évoqués tout au long de ce récit fait à la première personne, la plupart du temps, mais c’est plus vers la tragédie que s’oriente Lavinia que vers le roman Harlequin. D’ailleurs, évoquer ce type de littérature serait une insulte envers le superbe travaille d’Ursula K. Le Guin. Mais avant de rentrer dans le sujet, il faut d’abord comprendre d’où vient ce roman.

Pour ceux qui l’ignorent, l’Enéide est une épopée écrite par le poète romain Virgile, entre 29 et 19 avant J.-C, juste avant sa mort. Ça ne semble avoir aucun rapport avec notre roman et pourtant, c’est là la base. L’Enéide est un récit relatant une version alternative et fictive de la création de la Rome Antique par Enée, héros troyen déchu suite à la perte de la guerre de Troie. Dans ce récit, après un long périple sur la mer Méditerranée, il finit par arriver sur les terres latines, où il se mariera avec l’héritière du Latium et y fondera ce qui deviendra plus tard Rome. Le roman Lavinia a donc pour but de donner à vie à cette héritière, appelée Lavinia, afin que sa vie ne soit plus simplement tracée par une phrase écrite par Virgile qui, n’ayant d’yeux que pour Enée, a oublié au passage de lui fournir sentiments et caractère.

avinia de Ursula K. Le Guin

Le roman est accompagné d'une carte de l'Italie de l'époque

Mais Ursula K. Le Guin ne va pas seulement se contenter de broder quelques évènements autour de l’histoire de Virgile, bien loin de là. En effet, non content de donner un souffle au personnage Lavinia, elle va aussi lui donner conscience de notre existence. Lavinia nous parle, et apprend de la part de Virigile lui même quelle sera sa destinée. Se dresse alors des questions existentielles, existe-t’elle parce que Virgile l’a créée au détour d’une phrase, vit-t’elle réellement son destin et restera-t’il réellement quelque chose d’elle ? Bien que perdant au début, ces choix de narrations sont très bien intégrés au fil de la lecture et finissent par devenir habituels, voir agréables. Si les premières pages du roman sont difficiles à cerner, au fil et à mesure de la lecture elles prennent tout son sens et donne un aspect bien plus tragique que prévu à notre roman. Attention, ce n’est pas pour autant un aspect omniprésent du roman, bien loin de là, mais cela permet ingénieusement de faire des pauses dans le récit, des endroits pour respirer, en dehors du temps.

Je ne connais certes pas l’auteur, mais il est de notoriété qu’elle prend profite parfois de sa plume pour y faire passer des idées féministes, et Lavinia ne déroge pas à la règle. Mais on est loin du féminisme outrancier, d’autant qu’il colle beaucoup à l’époque. Lavinia n’étant « qu’une » princesse à marier, et sa fonction et utilité étant limitées à cet état. On y parle donc bien entendu du destin des « princesses », dont le seul souvenir historique sera l’union à un roi, et la dot qu’elle a pu lui apporter. La conclusion est d’ailleurs étonnamment positive.

La fin du roman étant connue, vu que l’Enéide de Virgile est respectée, ce n’est pas spécialement là la valeur ajoutée de ce roman. Mais c’est bien son déroulement, superbe, qui vous donne envie de lire la suite. Comme pour d’autres romans, ce n’est pas ce qui va se passer mais comment cela va se passer qui nous importe. Et on est complètement happé par la vie simple de cette fille latine. Ursula K. Le Guin arrive d’ailleurs à lui créer une personnalité comme on en voit rarement dans les romans de Fantasy. Loin de tout stéréotype, de tous ces personnages féminins à l’indépendance exacerbée ou alors bien trop logique, Lavinia est simplement touchante, vraie.

Lavinia de Ursula K. Le GuinBien entendu, il serait difficile d’imaginer cela possible sans le talent d’écriture de l’auteur, ainsi que de l’excellente qualité de la traduction signée Marie Surgers. Le roman, tout au long, et dès lors que l’on a cerné l’idée que le personnage peut de temps à autre nous parler, est d’une lecture des plus aisées. On se retrouve plongée dans le Latium et les divers conflits qui peuvent y avoir lieu. On y entend clairement le choc des armes en métal, et on voit les hommes suer au soleil lors du labeur de la culture de la terre. Toute l’ambiance de l’époque, que ce soit par l’organisation du royaume ou l’importance énorme des dieux y est très bien retranscrite, sans aucun faux pas, maîtrisé d’un bout à l’autre.

Je pourrais faire de nombreuses éloges supplémentaires à Lavinia, mais je me contenterai de vous conseiller sa lecture. Ce roman m’a happé du début jusqu’à la fin, rendant ma séparation avec l’héroïne déchirante. Un roman de ce début d’année 2011 qui vaut clairement le détour.


3 avis, donnez le votre !

Les Orphelins est le premier tome de la série Jason Wander de Robert Buettner, titrée L’Orphelin en France. C’est dans le genre Science-Fiction à tendance Space Opera qu’a commencé à s’aventurer l’auteur en 2008 chez Orbit, branche anglophone, en version originale. Ce sont les éditions Eclipse qui se chargent de nous en faire profiter en France grâce à la traduction de Carine Roulet. Commençons avec un petit tour du côté de l’histoire de ce roman.

Les Orphelins, Jason Wander Tome 1, de Robert Buettner

Jason a tout du petit délinquant, trainant de famille d’accueil en famille d’accueil, jusqu’au jour où un juge ne lui laisse plus le choix qu’entre la taule et l’armée. C’est à contrecœur qu’il rejoint l’infanterie, mais elle deviendra sa famille après que des extra-terrestres belliqueux aient commencé à bombarder la Terre avec des astéroïdes. Il est temps de porter la guerre chez l’ennemi.

Si ça vous rappelle Starship Troopers, vous avez bon car en effet ça y ressemble effectivement. Je parle du film, je ne me prononce pas sur le bouquin, je viens juste de le commencer. Mais ça vous mets dans le ton, il va y avoir de l’action, un petit peu de parties de jambes en l’air et de l’humour. Concernant ce dernier point, on ne peut que sourire à la description de la dégaine de nos extraterrestres, des sortes de créatures qui ressemblent à des bactéries géantes qui partent au combat affublées d’exosquelettes rigides.

Roman d’action oblige, ça défouraille sec, les scènes de bataille sont décrites de manière plutôt concises, sans s’attarder sur des détails qui nuiraient au rythme. Ces passages se lisent tout seul. Des petits bouts de romance se trimballent aussi, par ci par là, et c’est suffisamment discret et bien intégré dans le récit que je les ai à peine remarqués.

Ce qui peut frapper au départ c’est la minutie avec laquelle l’entrainement et la vie militaire sont décrits. D’un autre côté, quand on sait que l’auteur a été officier dans l’armée, c’est tout de suite beaucoup moins étonnant. Si vous êtes portés sur la chose militaire, ce détail devrait vous plaire. Par contre comme pour tout les autres points positifs de ce bouquin, j’en viens à regretter qu’ils soient si court.

Les Orphelins, Jason Wander Tome 1, de Robert Buettner

Couverture initiale de la V.O., avant qu'elle soit réédité avec la même illustration que la V.F.

En effet, Les Orphelins sent vraiment le tome d’introduction, Jason vient à peine de tourner la tête vers les étoiles, ça promets une suite bien sympa si elle parvient à rester dans le même ton et le même rythme.

Alors bon j’avoue ce n’est pas non plus un livre parfait. Les personnages sont plutôt stéréotypés, l’histoire est prévisible dans l’ensemble à quelques passages près. Mais pour une fois je m’en cognes, et ce n’est pas comme si on pouvait s’attendre à autre chose dans les productions actuelles. On a ici un auteur qui fait pareil que les autres, mais qui le fait un peu mieux, alors autant en profiter. Certains y ont vu un discours pro-guerre, je n’en suis pas convaincu et même si des passages sont peut être un peu limite, je pense que Robert Buettner n’amène cette situation guerrière que parce que c’est le dernier recours. Même si opposer aux humains des ennemis dont le but clair est l’anéantissement de toute vie sur Terre sans tenter d’entrer en contact est une facilité scénaristique pour en venir aux mains.

Les Orphelins, Jason Wander Tome 1, de Robert BuettnerPlace à mon petit laïus sur l’édition, les éditions Eclipse ont vraiment fait du bon boulot à mon goût, je suis particulièrement fan du marque page attaché à la couverture. Couverture de Calvin Chu bien sympa au passage, bien mieux que l’originale que je trouve assez hideuse. Et on nous épargne un 4eme de couverture qui aurait les chevilles qui dépassent et ça, ça fait plaisir.

Une très bonne surprise pour ma part. J’ai tellement aimé que je compte continuer la série. Si vous aimez les romans d’action et de Science Fiction, Les Orphelins est fait pour vous. Vivement la suite, Le destin de l’Orphelin, d’ores et déjà prévu aux éditions Eclipse. J’espère vous avoir donné envie de le lire parce que c’est toujours difficile d’écrire une critique sur un bouquin qui nous a conquis.


Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

illman dans Critiques, Livres, Manga le 14 février 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Summer Wars est l’adaptation en manga du film d’animation éponyme sorti en 2010 et créé par Mamoru Hosoda. Kaze s’occupe de la traduction et édition dans nos contrées, et a sorti le premier tome au mois de novembre de l’année 2010. C’est Sugimoto Iqura qui s’occupe du dessin sur cette version papier, tandis que le scénario est supervisé par Yoshiyuki Sadamoto qui s’est par ailleurs occupé du chara-design des personnages. Alors, est ce que ça vaut le coup ? Commençons par un synopsis.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

Kenji a la bosse des maths, mais comme il est un peu distrait, il va se faire éjecter des sélections pour les olympiades de maths et se retrouve à occuper son été à faire la maintenance de Oz, une sorte de réseau social mondial, mais en pire. Mais ça c’est avant que Natsuki, la fille pour laquelle il craque lui demande un service qu’il va s’empresser de vouloir lui rendre et qui va lui réserver bien des surprises.

Je vais commencer par vous parler de Oz, étant donné que c’est l’élément absolument central de l’histoire. Imaginez une sorte de Facebook où quasiment tout le monde serait inscrit et possèderait un avatar (très moche pour certains). Mais ça ne s’arrête pas là, nos avatars auraient les mêmes autorisations, pouvoirs que leur homologue humain, par exemple contrôler l’aiguillage sur les lignes de train avec le compte d’un gars de la SNCF. Dans le manga, ça marche presque nickel, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, etc… Mais c’est quand même super glauque je trouve.

Pour le scenario, on va dire que sur l’ensemble est sympa, mais certains détails sont surréalistes et collent à peu à la réalité. Par exemple, un gars qui casse de tête un mot de passe avec une clé cryptographique de 512bits. Alors ça passe bien entendu pour les néophytes, mais pas pour ceux qui s’y connaissent. Ça dessert du coup un peu ce monde fantaisiste qui se veut quand même plutôt réaliste. On rentre assez vite dans le vif du sujet, c’est sans doute dû au format original, mais je dois avouer que ne pas avoir des chapitres d’introduction à rallonge est rafraichissant.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

Niveau dessin, ben c’est du Shonen, donc les personnages sont travaillés, le chara-design est vraiment sympa mais comme d’habitude, les arrières-plans et décors font de la peine, quand il ne sont pas carrément absents. Enfin bon, c’est le genre qui veut ça. Je noterais quand même quelques cases où le dessin a du être confié à un assistant fatigué, mais bon, là je pinaille. Certains détails peuvent toutefois choquer, je me suis retrouvé à me dire « Oh mon dieu, les japonais utilisent IE7« , vu que les protagonistes accèdent à Oz par ce navigateur à plusieurs moments… C’est une fois de plus l’informaticien qui parle.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura SugimotoJe ne m’aventurerais pas à comparer le film et son adaptation, n’ayant pas encore eu l’occasion de le voir en salle ou en DVD, mais après en avoir parlé avec un ami qui l’a vu, ce serait une adaptation assez fidèle au niveau de l’histoire. Concernant l’édition, on a droit à des pages couleur comme ça à l’air de devenir un peu la norme pour les tomes 1. Kaze a fait du travail propre avec ce premier tome de Summer Wars, ça ne fera pas tâche dans les étagères.

J’ai bien aimé lire ce tome, la série n’ayant que 3 tomes en tout, ça peut être un achat sympathique et pas prise de tête. Je me laisserais bien tenter d’ailleurs.


Wollodrïn est une BD en deux parties, dont la première vient de sortir aux éditions Delcourt. Elle est dessinée par Jérôme Lereculey et on retrouve David Chauvel au scénario. Avec sa couverture et sa police, on cerne rapidement qu’il s’agit là d’une BD d’Heroic Fantasy. Effectivement c’est un genre très populaire en ce moment dans la BD Franco-Belge. A noter que bien que les auteurs n’en soient pas à leur première BD, je n’avais jamais lu quoique ce soit de l’un ou de l’autre. J’ai reçu cette BD via l’opération Masse Critique de Babelio.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et Lereculey

Condamnés à morts, un petit groupe de prisonniers se voit offrir une occasion qui ne se refuse pas : la liberté et de l’argent contre une mission. Jouant les mercenaires, les prisonniers, de races, sexes et origines différents vont devoir s’allier pour remplir une mission périlleuse qui va les mener sur le territoire Orc. Orcs qui sont entrés en guerre.

A la lecture du résumé, on peut s’attendre au pire. Effectivement, tout est très convenu. Le principe des prisonniers s’alliant pour une mission suicide, ce n’est pas ce qui manque. Mais au delà de cela, on est aussi face à la plupart des clichés de l’Heroic Fantasy.  Le groupe des mercenaires comprend évidemment, le maraudeur, le civilisé, le nain, la fille pacifiste, le gollum, etc. Tous les personnages sont stéréotypés. L’héritage de Tolkien est palpable, un peu trop à mon avis. Les personnages rentrent bien dans les schémas, le nain drôle et bourru, les orcs méchants, etc.  C’est dommage. Tout au long de l’histoire pas une seule surprise, et pas un seul élément permettant de dire que le scénariste sa mis sa patte dans la semoule. Le scénario se fond dans la masse.

Je sais qu’en 52 pages on n’a pas la possibilité de créer forcement un univers, mais ce n’est pas une raison pour reprendre à l’identique un univers déjà exploité jusqu’à la corde. La BD ne se démarque pas de la pléthore d’œuvres surfant sur le genre qui sortent chaque année. On pensera par exemple à Dwarf de Shovel.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et Lereculey

Malheureusement, il en va de même pour le dessin de Jérôme Lereculey. Si il est techniquement correct, si les perspectives sont bonnes, et l’action bien retranscrite, il n’y a aucune personnalité. C’est du dessin de BD Franco-Belge comme on en trouve 13 à la douzaine, sans  âme. Il manque soit du style pur dans le dessin, soit de l’audace niveau cadrage. Il n’y a rien à reprocher dans l’absolu, ça manque juste de peps. Les couleurs quant à elles, de Christophe Araldi et Xavier Basset, représentent pour moi le vrai point noir de l’ouvrage. Les pages sont souvent traitées de manière très uniforme. Aucun point n’est mis en valeur, elles sont uniformément sombres, ou uniformément claires, ce qui rend la lecture difficile et empêche d’enchaîner naturellement les cases.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et LereculeyAu final, la lecture n’est pas désagréable. Wollodrïn n’étant qu’en deux partie, cela veut dire qu’il est aisé d’avoir la collection, sans attendre trop longtemps (au rythme d’un tome par an, les BD souffrent souvent du problème d’attente).

Malheureusement, cette faible durée empêche de développer quoique ce soit, et contribue au coté insipide de l’œuvre.  Cela se lit sans difficulté, et à part les couleurs, il n’y a pas de défaut majeur. Cependant, la BD manque clairement d’originalité et de personnalité. Ces points font que je la considère comme une BD à lire a la bibliothèque si l’occasion se présente , mais qui ne vaut pas l’achat à 13€.


Dhampir est le premier tome de Les Nobles Morts, une série de romans écrite par Barb et J.C. Hendee. Traitant des vampires et des dhampirs, comme le titre l’indique, cette série vient tout juste de démarrer aux éditions Eclipse, avec une traduction signée Mélanie Rouger. Sa couverture, basée sur une photographie se transformant en multiple petites chauve-souris, est assez sobre mais ne m’a pas réellement convaincu. Cela dit, comme d’habitude avec les éditions Eclipse, on est face à un très joli objet. Commençons par un synopsis.

Dhampir, Les Nobles Morts Tome 1, de Barb et J.C. Hendee

Magirie est une chasseuse de vampires. Enfin, c’est ce qu’elle fait croire aux habitants superstitieux des villages dans lesquels elle se rend. Car s’ils pensent la voir combattre un vrai démon à chaque fois, c’est pourtant simplement contre son complice Lihsil, déguisé à l’aide d’une cape noire, qu’elle se bat. Mais pourquoi arrêter d’arnaquer ces gens quand ils sont assez idiots pour croire ses mises en scènes ? Après tout, s’il y a bien quelque chose dont Magirie est certaine, c’est que les vampires n’existent pas.

Dhampir est un livre dont le début m’a beaucoup surpris, et amusé. J’ai bien failli croire qu’il s’agirait là bel et bien d’une farce qui amènerait nos héros de péripéties en péripéties à force de se jouer des villageois qu’ils rencontraient. Mais la quatrième de couverture ne trompe pas, du moins pas complètement, et le roman des deux Hendee est bien celui d’une chasseuse de vampires. Du moins, d’une chasseuse en devenir.

Le roman ressemble en effet assez fortement à une sorte de quête, très Fantasy, où notre héros confronté à la réalité des choses et de son destin va d’abord passer par une longue phase de déni avant de, peut être, accepter sa lourde tâche. C’est un élément difficile à bien amener dans un roman, il nous arrive de reprocher que ce passage soit trop rapide, d’autres fois, il se révèle bien trop lent. Et quand le dosage est réussi, on ne s’en rend même pas compte. Malheureusement, dans notre cas, j’avoue que la phase de déni de Magirie, en plus d’être assez frustrante, transforme ce premier tome en gigantesque introduction. Une introduction qui va peiner à se mettre en place et pendant laquelle nous n’apprendrons finalement assez peu de de choses concrètes sur l’univers dans lequel se place notre série.

Alors il y a certes de nombreux éléments qui sont insérés, vous vous en doutez nous parlerons vampires et dhampirs, mais aussi des spectres et autres fantômes. Mais d’une manière, j’ai trouvé que cela restait somme toute assez léger. D’autant que ce sont des éléments seulement connus du lecteur: à n’en pas douter qu’ils seront répétés et appris à Magirie que plus tard dans l’aventure. L’approche reste cependant assez originale, notamment au niveau du mythe du vampire.

Dhampir, Les Nobles Morts Tome 1, de Barb et J.C. Hendee

L'une des couvertures de la version originale

Ce premier tome est centré autour des personnages principaux, Magirie et Lihsil, deux vagabonds. J’avoue ne pas avoir réussi à m’attacher à eux, leurs personnalités respectives étant assez caricaturales, bien que leur volonté commune de se « poser » et de vivre une vie honnête soit un sentiment que le lecteur partagera très vite. L’ambiance du roman se veut assez sombre, nous allons en effet suivre d’un côté les traqueurs de vampires, Magirie et Lihsil donc, et de l’autre, les traqués. Une sorte de chasse. On va ainsi faire la connaissance de trois vampires vivant ensemble et se cachant des yeux humains. Ce sont les personnages qui m’ont le plus intéressé, notamment grâce à un passé assez fouillé et très bien expliqué. Alors bien sûr, on pourra dire que ce sont encore des vampires, mais ils restent assez originaux.

Mais malgré cette tentative des auteurs de donner un air sombre et triste au roman, notamment à l’aide de ce sentiment de traqueurs/traqué, il se dégage une sorte de sensation bisounours, ce qui m’a donné assez de mal à accrocher à la course-poursuite annoncée. En effet, si du côté des vampires, les personnages sont plutôt intéressants, de l’autre côté, en plus des héros on retrouve différents protagonistes dont les personnalités sont lissées à l’extrême. Les méchants sont complètement méchants, et les gentils complètement gentils. Et les rares changements d’avis sont tellement prévisibles qu’on le sent dès la rencontre des différents personnages. Alors il y a bien un ou deux qui arrive à sortir du lot mais ça ne permet pas à la galerie de personnages de spécialement briller.

Dhampir, Les Nobles Morts Tome 1, de Barb et J.C. HendeeLe style d’écriture des deux auteurs est cependant très correct, plutôt bon même, agréable à lire et n’est pas perdant pendant les scènes de combat, ce qui est un gros plus puisque le roman en regorge. Et c’est plutôt un point positif, car cela donne une très bonne dynamique au récit, dynamique accentuée par la présence de quelques flashback assez bien placés nous racontant un peu plus en détails le passé de tel ou tel personnage. N’ayant aucune idée de la teneur de la version originale, je dirai tout de même que la traduction de Mélanie Rouger est de bonne facture et je n’y ai pas vu de bourde spéciale.

Bien que j’ai cité de nombreux défauts, Dhampir est loin d’être un bouquin déplaisant. En tant que tome d’introduction, l’œuvre de Barb et J.C. Hendee a de nombreuses lacunes, mais que ce soit pour son univers original, ou les derniers chapitres présages une suite d’un niveau bien meilleur, je pense lire la suite. Reste à voir si elle arrive à faire prendre son envol à la série ou non. Rendez vous pour le second tome, Voleur de Vie !.


Notre-Dame-aux-Écailles de Mélanie Fazi

Serafina dans Critiques, Livres le 7 février 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Mélanie Fazi est une auteure de Fantastique française et aussi traductrice. Notre-Dame-aux-Écailles, précédemment publié aux éditions Bragelonne, pour lesquelles elle travaille, vient de sortir en poche aux éditions Folio SF avec une fort belle couverture signée Bastien L. Il s’agit d’un recueil de nouvelles, ce qui explique qu’il n’y aura pas de synopsis. Le recueil est paru en 2008 mais contient des nouvelles bien antérieures, depuis 2000, certaines déjà publiées, d’autre non. Je partais avec un apriori assez neutre n’ayant jamais lu cette auteur.

Notre-Dame-aux-Écailles de Mélanie Fazi

Cependant, neutre , je n’allais pas le rester longtemps.  Le début du recueil comporte des nouvelles qu’on pourrait qualifier d’assez courtes, moins de 30 pages, qui permettent d’enchaîner et de se familiariser avec le style de l’auteure… Et ce style ne m’a pas convaincue. Car on trouve surtout de l’exercice de style : il n’y a pas d’intrigue, pas d’histoire, c’est un tableau qu’elle nous décrit. Alors certes Mélanie Fazi écrit fort bien, elle fait de nombreuses métaphores et a un style très onirique, assez doux, qui retranscrit très bien les ambiances. Mais voilà, ça n’est pas suffisant. En se bornant à décrire une petite scène, sans intrigue, il devient impossible de s’identifier, ou de s’immerger. C’est plus proche d’un poème en prose que d’une nouvelle si vous voulez mon avis. Et moi, ça m’ennuie terriblement.

Très peu de nouvelles ont réellement une histoire: Le nœud cajun, et Mardi gras par exemple sont parmi les rares que je qualifierais réellement de nouvelles. Cependant, ces nouvelles pâtissent de leur narration : l’auteur fonctionne presque toujours de la même manière: un narrateur spectateur d’une scène, flash back, puis parfois, flash forward. Le fait de n’avoir pas de ligne temporelle droite empêche d’après moi de réellement prendre part à la nouvelle, cela nous condamne à rester à l’extérieur.

Notre-Dame-aux-Écailles de Mélanie Fazi

Couverture des éditions Bragelonne, bien moins réussie.

La plupart de ses nouvelles sont à la première personne. Les narrateurs sont généralement des femmes (deux hommes sur l’ensemble des nouvelles), assez mures, dans la trentaine, mais qui intériorisent énormément. Du coup certaines nouvelles tournent bien trop à l’introspection, ses personnages pensent trop et n’agissent pas. Je ne vous parlerais pas de la morale assez discutable d’une de ses nouvelles, Les cinq soirs du lion. Du coup, on s’ennuie. C’est une jolie prose à dérouler, mais la nouvelle n’a aucune prise sur moi. Le tout est renforcé par le fait que ses narrateurs sont aux prises avec des situations bien trop extrêmes pour que l’on puisse s’y identifier: l’une a été violée gamine, l’autre a un cancer, l’autre a tué son amant…  Je ne nie pas les qualité littéraires de ce recueil, cependant, je suis face au même genre de livre que pour Le Ballet des Âmes de Céline Guillaume. Le roman plaira sans doute aux amoureux des beaux mots, mais pour  moi cela sera tout.

Notre-Dame-aux-Écailles de Mélanie FaziOn note quand même deux ou trois nouvelles qui relèvent la donne  et qui sont toutes situées à la fin: Le nœud cajun, Mardi gras et Fantômes d’épingle. Il y a là une vraie histoire, un poil d’horreur et des personnages simples. Le fait que les deux premières soient en Amérique, et narrées par des hommes doit jouer: l’auteur ne verse pas dans la « psychologie de comptoir ». Fantômes d’épingles est une nouvelle plus proche de l’horreur traditionnel, et montre clairement le potentiel de Mélanie Fazi.

Au final, Notre-Dame-aux-Écailles ne m’a pas convaincu et je ne vous le recommande donc pas. Chose bizarre vu le nombre de critiques très élogieuses que l’on peut retrouver sur Internet. Cependant, Mélanie Fazi montre dans quelques nouvelles qu’elle est capable de bien mieux et est donc un auteur français à suivre. En tout cas, je suis prête à lui redonner une chance.


Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

Serafina dans Critiques, Livres le 5 février 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Le cinquième tome de la série Vicki Nelson, nommé Dette de Sang, est aussi le dernier. C’est avec un petit pincement au cœur que j’ai entamé cet opus, publié pour la première fois en 1997, soit 4 ans après le tome 4. Contrairement au reste de la série qui vient tout juste d’être réédité par les éditions J’ai Lu, en format semi-poche, il s’agit là de la première publication en France du titre, avec une traduction de Patricia Lavigne. Vicki Nelson de Tanya Huff est jusqu’à présent une série qui ne m’a jamais déçu, a-t-elle réussi le sans faute ? Synopsis.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

L’histoire prend place deux ans après la fin des événements du tome précédent. Les choses ont bien changé, mais Henri se retrouve visité par un fantôme. Fantôme aux mains coupées et qui semble réclamer justice. Incapable de résoudre cela seul, il décide de contacter Vicki Nelson pour une enquête très spéciale.

Nous retrouvons là tous les protagonistes pour ce qui semble bien être un « baroud d’honneur », une dernière histoire. Ou une envie de l’auteur de retrouver ses personnages. Car au vu de l’histoire et du délai entre les tomes 4 et 5, on peut vraiment dire que la série s’est arrêtée avec le 4ème tome, et qu’il n’y avait pas forcément besoin d’une suite. Cependant pour un retour, ce tome n’est pas mauvais du tout. On retrouve tous les ingrédients des premiers, une histoire très terre à terre, si on omet le fantôme et le vampire, des personnages aux fortes personnalités.

D’ailleurs ce roman m’a fait énormément penser à Anne Rice ou à Poppy Z. Brite, pour le personnage de Tony, un jeune gars de la rue, et l’ambiance d’un été nocturne à Vancouver qui m’a fait pensé à la Nouvelle Orléans, et qui m’a donné envie d’être en été (ce qui est un sacré record pour moi). J’ai eu l’impression que le style s’était bonifié avec le temps, l’écriture de Tanya Huff rendant beaucoup mieux les ambiances.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

Couverture de la version originale, titrée Blood Debt

Malheureusement, on n’apprendra dans ce Dette de Sang pas grand chose sur les vampires, et surtout pas sur Henri. J’en reviens donc au même constat que celui que j’avais fait la dernière fois, c’est vraiment dommage que le personnage n’ai pas droit à son « spin-off » racontant son passé, car j’aurai adoré. Le roman se concentre donc sur l’enquête, qui va nous trainer dans des traffics médicaux pas très nets. Le sujet est d’actualité, vu que cela à rapport avec la difficulté de trouver une greffe, mais malheureusement reste assez peu creusé. Cette absence de profondeur en soit rend le roman vierge de tout temps mort. Ça s’enchaîne vite et bien, on est tenu en haleine tout au long des 300 pages. Le roman réussit à nous détendre, et a se faire dévorer.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya HuffL’humour est présent et malgré les thèmes abordé, le roman reste léger. Bien que j’ai adoré le lire, je reste un peu sur ma faim concernant la série Vicki Nelson d’une manière générale. Il y a un arrière-goût de trop peu, j’aurais aimé en savoir plus, que cela soit sur le mythe des vampires ou même sur les fantômes. On est vraiment dans la mode du « monster of the week » de l’époque, en bouquins, et quelque part c’est assez dommage. Un peu le même symptôme que la Saison 1 de Buffy, sortie quelques années plus tard.

Ceci dit, cela ne m’empêche pas de classer cette série dans les meilleures séries de Bit-Lit que j’aie pu lire pour sa qualité constante, son absence de temps mort et son absence d’érotisme inutile. J’espère que les autres romans de Tanya Huff sortiront, notamment la série Smoke and Shadows qui met en scène Tony.


La deuxième longue série de Bit-Lit de Laurell K. Hamilton ne m’ayant toujours pas convaincue, j’ai entamé ce quatrième tome de Merry Gentry sans trop d’espoir. A noter la couverture, toujours faite à base de photo retouchée, est tout de même très jolie, la plus belle de la réédition par J’ai Lu de la saga à mon goût. Gentiment nommé Les Assauts de la Nuit, ce quatrième tome est encore une fois un beau pavé de 600 pages. Synopsis ?

Les Assauts de la Nuit, Merry Gentry Tome 4, de Laurell K. Hamilton

Le roman se déroule juste après le troisième tome. Toujours à la Féerie pour diverses affaires politiques, Merry se retrouve chargée d’un double meurtre : une Fey et un journaliste ont été tués à l’intérieur même du territoire féerique. Désirant faire appel à la science humaine, Merry prend contact avec la police et supervise l’enquête. Sauf qu’il semblerait que certains auraient fort intérêt à ne jamais laisser entrer les policiers.

Et là, j’avoue que j’ai été surprise. Une histoire de meurtre ? Ou plutôt, une histoire ? C’est quand même assez rare dans cette série. Et en effet, dans la première partie du pavé nous avons une vraie histoire, un meurtre, l’intervention de la police humaine, etc. J’ai beaucoup aimé cette partie que j’ai lu assez rapidement. J’ai eu, à de nombreuses reprises, l’impression d’être dans un Anita Blake: Merry a le même genre de remarques, réagit de la même manière sur les lieux de crime que l’héroïne de cette autre série. Bref que du positif, malgré tout. Il est très intéressant de voir les méthodes d’enquêtes féeriques confrontées aux méthodes purement humaines.

La magie naissante de Meredith est une nouvelle fois au centre de toutes les attentions, et on en découvre peu à peu sur la magie Sidhe, comment ils l’ont perdue, et combien elle était puissante. Je sais, je le dis à chaque fois, mais le monde imaginé par Hamilton est vraiment très fouillé et intéressant.Malheureusement, comme dans les autres tomes, la deuxième partie de l’histoire casse un peu le tout, car on revient  à nouveau à de la partie de jambe en l’air entre Merry et ses gardes. Je me vois difficilement évaluer une scène de cul, cependant, il est quand même amusant de noter que bien que soit disant sulfureux, les Sidhes sont bien légers et bien en accord avec la morale américaine. Au final, on a surtout du sexe hétéro avec deux ou trois positions et pratiques moralement acceptables pour les puritains. Ce qui rend la chose d’autant plus ennuyeuse que c’est tout le temps la même chose.

Les Assauts de la Nuit, Merry Gentry Tome 4, de Laurell K. HamiltonJe prévoyais dans le tome précédent un surnombre de personnages secondaires, et contrairement à mes suppositions, l’auteur a trouvé le moyen de se débarrasser d’un ou deux d’entre eux. En fait, au final elle semble surtout se concentrer sur les « grands favoris ». Ce n’est pas plus mal, d’autant que ces favoris sont inspirés de dieux celtiques, et que chacun raconte peu à peu son histoire.

Au final, malheureusement, l’enquête est effectivement éclipsée dès la moitié du roman, et fini par être résolue en claquant des doigts. Ca me laisse le même sentiment d’inachevé que j’ai pu avoir sur certains Anita Blake. Et pourtant  il y en a du potentiel…  Au final, à la fin du livre on se rend compte que l’on n’a pas réellement avancé dans l’histoire de Merry, ni dans les complots …

Pour conclure, j’ai l’impression de dire toujours la même chose à chaque tome: on sent le truc qui décolle, et puis non ça retombe. Et ca c’est vraiment mais alors vraiment dommage. A noter que le tome 5, Sous le Souffle de Mistral ne fait que 300 pages … et que je compte bien le lire.


Le Fléau des Morts de Z.A. Recht est un roman typé Horreur, paru en 2010 aux éditions Eclipse et traduit par Fabrice Joly. La version originale date de 2006, c’est le premier tome de la série Le Virus Morningstar, titré Plague of the dead en version originale. Cette série compte deux volumes, et il n’y en aura pas plus l’auteur étant malheureusement décédé en 2009. Quid de ce roman donc ? Synopsis.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. Recht

Un virus apparait en Afrique, il passe au début pour une percée du cannibalisme vers les zones urbaines avant de se répandre comme une sorte de rage qui a la particularité de ramener les infectés à la vie si on les dézingue. La menace, pourtant connue des services secrets américains, a été une fois de plus sous-estimée et c’est au monde entier que l’infection va se propager.

Durant le roman on va suivre deux groupes de protagonistes. L’un a pour tête de file une scientifique qui a identifié la maladie avant tout le monde. Dans ces parties, c’est au gouvernement américain que la critique s’attache: jusqu’où peut on cacher des informations au public ? Le gouvernement peut il avoir recours aux pires bassesses si c’est dans l’intérêt de la nation ? On retrouve dans cette partie des séances en cellule avec torture à la clé, ça reste soft, mais quand même. Alors même que le monde s’écroule sur ses fondations, il y a bien un truc qui ne bouge pas de ses racines, inébranlables, les institutions gouvernementales. A vrai dire, cela ne me surprendrait pas si cela se passait ainsi alors qu’une catastrophe du genre arrivait. L’autre groupe est résolument plus tourné vers l’action. C’est un groupe de soldats que l’on va suivre de la bataille de Suez jusqu’à leur retraite sur les côtes américaines.

Durant ces passages là, ça défouraille du zombie en masse et Z.A. Recht se débrouille plutôt bien pour décrire les séquences de combats. C’est fluide, compréhensible malgré un grand nombre de « figurants », et surtout haletant. Une vrai fuite en avant où la logistique, surtout son absence, est une menace à part entière. Munitions, nourritures, transports, tout devient problématique et les difficultés sont gérées efficacement par la narration de l’auteur. A tel point que l’on a peur que nos personnages vident leurres dernières cartouches au beau milieu d’une fusillade, haletant comme je l’ai dit.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. Recht

Parmi les nombreux personnages, un m’a vraiment marqué. C’est l’un des soldats, qui pour les connaisseurs, a des allures de Caporal Blutch des tuniques bleues. C’est sans doute celui qui a le comportement le plus humain de la bande, pas spécialement courageux mais un peu inconscient et totalement dépassé par les évènements, c’est celui auquel on peut le plus facilement s’identifier. Les protagonistes stéréotypés sont bien sûr présents, le général paternaliste, la journaliste fouineuse, et j’en passe. Au rang des personnages atypiques, on retrouve un garde de sécurité d’un aéroport d’Afrique qui va rejoindre le contingent de soldats et qui fait un peu renfort et mascotte. Il n’était jamais sorti d’Afrique avant et c’est un œil nouveau qui découvre le vaste monde, bien sympathique donc.  Une galerie de personnages qu’on prend plaisir à suivre dans leurs tribulations.

L’ambiance fin du monde n’est pas spécialement mise en avant, les protagonistes passant par des zones plutôt désertiques, on n’a pas le droit aux habituelles scènes de destruction urbaines à grande échelle. Ça a au moins le mérite de nous changer. Le passage sur le porte-avion s’en sort plutôt bien niveau claustrophobie, avec un huis clos assez stressant pour les participants. Les « zombies » sont aussi différents des habituels. Au lieu d’un virus qui tue et ranime ses victimes avec des pulsions cannibales, la maladie s’attaque aux vivants en une sorte de rage que la mort n’arrête pas. Ça donne des séquences plus action qu’avec des zombies classiques vu que les vivants peuvent courir.

Le Fléau des Morts, Le Virus Morningstar Tome 1, de Z. A. RechtComme je l’ai dit en introduction, Le Virus Morningstar est une série qui compte deux volumes. Les perspectives d’évolution de l’histoire laissent à penser que le prochain tome sera un road-movie à base de survie en territoire infecté. Ce qui n’est pas franchement une perspective réjouissante, je trouve, niveau histoire, mais attendons de voir ce que Z.A.Recht nous a préparé.

Bien que ce ne soit pas le meilleur roman de zombies que j’ai pu lire, Le Fléau des Morts est tout de même un bon roman, que j’ai apprécié et que je conseille. Si comme moi vous êtes dans une période ultra-Zombies, c’est idéal pour compléter votre collection. Pour ceux à qui les débordements d’héroïsme, poussant parfois au sacrifice, donne des renvois, je vous conseillerai d’éviter ce roman. De même si vous ne supportait pas l’américanisme de base.


La Fin du Ā, le Cycle de Ā Tome 3, de A.E. Van Vogt

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 29 janvier 2011, avec aucun commentaire
Critiques

La Fin du Ā est le troisième et dernier volume du Cycle de Ā de A.E Van Vogt. L’action se passe peu de temps après la fin du deuxième tome, Les joueurs du Ā. Il a été écrit en 1986, soit 28 ans après ce second tome. On reste dans de la Science Fiction et le Space Opera, deux des thèmes majeurs de la série. Mais on dans ce volume dire au revoir au côté Thriller qui caractérisait les deux tomes précédent, ce qui est bien dommage. Synopsis.

La Fin du Ā, le Cycle de Ā Tome 3, de A.E. Van Vogt

Gilbert Gosseyn, quelques semaines après avoir stoppé la guerre interstellaire menée par Enro Le Rouge, se retrouve allongé dans une capsule sans aucun souvenir de ce qu’il lui est arrivé. Cela ne veut dire qu’une seule chose, il est mort et a encore changé de corps. Ou du moins, le croit-il jusqu’à ce qu’il prenne contact avec son prédécesseur. Il se retrouve alors confronté à de nouvelles races humanoïdes ne désirant qu’une seule chose, retourner dans leur galaxie.

Gilbert va bien entendu essayer de renvoyer tout le monde chez soi, tout en essayant de comprendre comment ils sont arrivés dans la galaxie, sans se faire tuer. On en apprend plus sur les mystérieux vaisseaux rencontrés dans La Fin du Ā et sur le mystérieux Monsieur X du Monde des Ā. De nombreux points s’éclaircissent donc dans ce volume, levant ainsi le voile sur des questions soulevées dans les deux tomes précédents.

Le style du livre change légèrement dans cet opus. Certes, nous restons dans de la Science Fiction et du Space Opera, mais c’est tout. Nous ne sommes plus dans un ThrillerGosseyn doit lutter pour sa survie. Il se laisse manipuler et se contente de suivre les évènements sans tenter d’y échapper. Certes il reste intéressant de savoir comment le héros s’est retrouvé dans sa situation, mais l’impression de course et de manque de temps des volumes précédent a complètement disparu dans ce tome là. Si bien que quand il doit faire face à plusieurs problèmes, on ne ressent aucune urgence. L’histoire se retrouve de ce fait moins intéressante, alors même que les personnages principaux des tomes précédents se retrouvent tous dans celui là. La fin elle-même manque de quelque chose. On s’attend à une fin spectaculaire alors que c’est tout le contraire.

La Fin du Ā, le Cycle de Ā Tome 3, de A.E. Van Vogt

Les explications scientifiques sur le fonctionnement des technologies disparaissent, tout comme celles sur la sémantique générale. Malgré quelques rappels, l’auteur part du principe que l’on se souvient de se qui c’est passé avant. Autant pour la personne qui les lit à la suite, cela n’est pas un problème, mais pour ceux qui avaient attendu plus de 20 ans la fin du cycle, cela peut porter à préjudice.

La Fin du Ā, le Cycle de Ā Tome 3, de A.E. Van VogtVan Vogt reste fidèle à son style d’écriture et il devient de plus en plus facile de le lire au fil des livres, malgré quelques incohérences au niveau de certains noms, surtout pour le héros. Gosseyn II devient pendant un moment Gosseyn I, de même pour Gosseyn III qui devient Gosseyn II. Je ne peux pas dire si cela vient de la traduction de l’édition que j’avais ou de l’auteur lui-même, mais cela entraine une incompréhension pour le lecteur qui s’y perd. Je regrette aussi l’absence d’explications plus poussées sur la sémantique générale. L’auteur ne continue pas à nous y intéresser mais nous gratifie quand même d’un petit cours sur les postulats de base bien intéressant.

Pour conclure, malgré ses défauts, La Fin du Ā n’est pas un mauvais livre, mais son ‘histoire reste moins intéressante que les autres. On se réjouit de revoir Gilbert Gosseyn une dernière fois, et apprendre un peu plus sur les secrets de l’humanité offre un réel plus à l’histoire. Il reste assez intéressant à lire pour ceux qui ont lu le cycle, bien que les fans le trouveront surement décevant. On ne peut que regretter que l’auteur n’ait pas continué à écrire une suite afin de ne pas quitter le Cycle de Ā sur une impression aussi décevante.