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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Enfants de la Conquête, Tome 1, de Celia S. Friedman

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 12 octobre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Enfants de la conquête est un roman écrit par Celia S. Friedman en 1986 et traduit de l’anglais par Marie Surgers. Premier tome d’une diptyque de Science-Fiction aux fortes tendance Space Opera nommée Braxi-Azea, il est coupé en deux romans dans sa version francophone. Avec une jolie couverture signée Miguel Coimbra, les deux sont sortis en août dernier aux éditions l’Atalante.

Les Enfants de la Conquête de Celia S. Friedman

Zatar est un Braxanà, arrogant, dominateur, pur produit de sa race et ne vivant que pour la gloire. Anzha lyu est quand à elle une télépathe douée mais qui ne cherche qu’à se venger du meurtrier de ses parents. La guerre menée par leur deux peuples les mènera à se rencontrer et à devenir leur plus grand ennemi.

L’auteur nous fait donc suivre deux héros appartenant aux deux factions principales, les Braxanà et les Azéens. Chaque race a une culture assez différentes, la première ne cherchant qu’à se développer au travers de la guerre tandis que la seconde semble plus posée. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont pas de points commun. Chacune des deux cultures prône un eugénisme différent, Braxanà par une pureté raciale passant par un soupçon de consanguinité, Azéa par plusieurs génération de manipulations génétiques aboutissant à l’éclosion de pouvoirs télépathiques.

On va pouvoir suivre dans ce premier tome d’Enfants de la conquête l’éclosion du conflit entre ces deux puissances par l’intermédiaire des deux personnages principaux. Leur évolution se fait l’un après l’autre. Chaque chapitre permet de suivre l’un des deux, seul la fin de ce volume voit vraiment leur chemin se croiser. De ce fait, le scénario est sans rebondissement. L’auteur ne cherche pas à nous faire suivre vraiment l’issue des combats, mais elle nous fait plutôt suivre l’évolution des deux personnages pour nous montrer comment ils en sont arrivés là. Cela apporte de la profondeur aux personnages et évite qu’ils soient creux et sans intérêt.

In Conquest Born de Celia S. Friedman

Couverture de la réédition en version originale

L’univers de ce tome reprend bien les caractéristiques du Space Opera. Bien que la guerre entre les deux clans soit passé au second voir troisième plan de l’histoire, on ressent que les répercussions toucheront un univers entier et pas seulement un pays ou une planète. Les cultures aliens très différentes sont habilement décrites, sans se plonger dans les détails, l’auteur les retranscrit parfaitement et nous fait visiter les différentes planètes de l’histoire.

Un aspect intéressant du livre est que pendant une bonne partie (environ les trois quarts), le suivi des deux personnages se fait au travers des yeux de personnage secondaires. D’un côté cela rajoute un univers plus concret avec des planètes et des mœurs différentes, mais d’un autre côté on s’attache moins aux héros.

La dualité de la narration rend très difficile de se choisir et de soutenir un camp. Même si Braxanà passe pour les méchants dans l’histoire, il est difficile de les haïr. Je n’ai pu m’empêcher d’être admiratif devant leur façon de comploter. L’auteur évite toutes scènes sanglantes et immorales qui pourraient nous faire choisir un camp, aussi bien l’un que l’autre.

Les Enfants de la Conquête de Celia S. FriedmanFinalement, le plus gros point noir du livre est sa chronologie. Il n’y a aucun calendrier, même fictif, qui pourrait aider le lecteur à s’y retrouver. On peut passer ainsi plusieurs années entre deux chapitres et ne s’en rendre compte plusieurs pages après. C’est assez gênant sachant que ça arrive plusieurs fois tout au long du livre.

J’ai été agréablement surpris par ce premier volume d’Enfants de la conquête de Celia S. Friedman. Je m’attendais, je ne sais trop pourquoi, à un livre moins abouti. Cette découpe n’étant pas prévu dans la version originale, la fin de ce premier tome n’apporte pas de conclusion satisfaisante. Espérons juste que le deuxième volume soit aussi bien que le premier et apporte une fin digne des plus grands livres du genre. C’est en tout cas bien parti.


C’est Lundi, que lisez vous ? #20

Serafina dans Actualités, Livres le 10 octobre 2011, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Dreamsongs: a RRetrospective de George R.R. MartinCette semaine, j’ai fini par décrocher de Dreamsongs de George R.R. Martin après en avoir lu les premières nouvelles de la partie Science-Fiction. Je ne l’ai pas terminé, ce premier volume de son « auto-anthologie » est bien trop dense pour être lu comme ça d’un bout à l’autre. Mais diantre qu’il est bon ! Le nombre de pépites est tout simplement hallucinant.

J’ai ensuite terminé ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade, Le Secret des Masques de Kristoff Valla. Je dois avouer que si c’est globalement correct pour de la lecture jeunesse, le roman n’a pas réussi à m’emporter. Ceci dit, l’univers est plus que sympathique.

Enfin, samedi soir, j’ai commencé pour finir le lendemain le dernier… Amélie Nothomb, Tuer le Père. C’était la première fois que je lisais un livre de cette auteur, et la première fois que je lisais un roman d’un auteur belge à succès, en fait. Je ne peux pas dire que je le regrette: je l’ai lu en un peu plus d’une heure, à tout casser. Par contre, je me demande vraiment pourquoi des gens l’adorent, en dehors du fait que ça donne l’impression d’avoir lu un livre pseudo-intelligent sans prendre trop de temps. De la psychologie de comptoir comme on les aime, ou pas.

LuxtExMachina

Léviathan: La Chute de Lionel DavoustJ’ai fini depuis un petit moment déjà le premier tome d’Enfants de la Conquête de Celia S. Friedman, un bon petit Space Opera bien sympathique dont vous aurez la chronique mercredi normalement.

Plus récemment je viens de commencer le Thriller de Lionel Davoust, Léviathan : la Chute. Je n’en suis qu’au début et c’est sans apriori que je l’ai commencé. Pour l’instant l’intrigue se met en place, les personnages dévoilent leur jeu. J’ai un peu de mal à me lancer dans sa lecture à cœur perdu, surtout par manque de temps plutôt que par autre chose. Aimant beaucoup l’auteur je doute qu’il ne soit pas fini rapidement quand même.

Serafina

The Heroin Diaries de Nikki SixxCette semaine, j’ai lu The Heroin Diaries, autobiographie partielle (centrée sur l’année 87 en faite) de Nikki Sixx connu pour être le bassiste et compositeur principal de Mötley Crüe. Sous forme de journal, on vit au jour le jour la vie de cette rockstar, paumée, héroïnomane dans une sorte de fuite en avant autodestructrice. Passionnant d’un bout à l’autre.

J’ai aussi terminé Vampire Kisses 3 de Ellen Schreiber, je l’ai préféré au deuxième tome mais on a perdu la plupart des références sombres du premier, dommage.

J’ai donc commencé La Vestale du Calix de Anne Larue, parue aux éditions l’Atalante. Ce roman d’anticipation frôle souvent avec le délire et la frénésie, ce qui n’est absolument pas pour me déplaire.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Mordre le Bouclier de Justine Niogret

Serafina dans Critiques, Livres le 7 octobre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Mordre le Bouclier est la suite de Chien du Heaume, roman de Fantasy écrit par Justine Niogret que j’avais dévoré il y a deux ans, et qui a d’ailleurs remporté le prix des Imaginales 2010. Il s’agit d’un roman aux éditions Mnémos qui est accompagné par une superbe couverture de Johann Bodin. Paru récemment , je n’ai donc pas mis longtemps à m’y atteler, le finissant en moins d’une semaine. Synopsis ?

Mordre le Bouclier de Justine Niogret

Chien du Heaume a perdu ses doigts. Depuis elle erre comme une âme en peine au Castel de Broe. Brehyr hante aussi ce château, elle aussi est une guerrière et elle a une quête. Là où Chien du Heaume désire trouver son identité, Brehyr désire se venger. Elle va emmener notre guerrière atypique à la poursuite de Heroon, chevalier qui revient des croisades.

Comme pour le précédent opus, le style de Justine Niogret est un vrai régal. Son style est fluide, son vocabulaire est cru et moyenâgeux, ce qui fait immanquablement plaisir à la fan du Trône de Fer et de sa traduction vieillotte que je suis. Elle n’est pas non plus aseptisée, c’est de la Fantasy oui, mais de la Fantasy réaliste et les blessures sont décrites sans détour. Blessures physiques ou blessures psychologiques d’ailleurs.

Justine Niogret

Justine Niogret

En effet bien que le synopsis laisse penser à de la Fantasy pleine d’action, ce tome est plutôt un voyage intérieur, c’est une quête de sens, d’identité. Le roman est beaucoup plus introspectif que le précédent, et parfois la ligne n’est pas très claire entre rêves et réalité. La quête de Chien du Heaume était une quête d’identité, mais qui était dirigée vers un but « tangible » : connaître son nom et son origine. Ici on va plus loin, à la recherche d’une identité de l’âme plus que du corps. Du coup, le coté « Fantasy réaliste » est contrebalancé par un coté très onirique, qui donne une ambiance un peu surréaliste au roman.

La foi est aussi un sujet traité de manière importante dans le roman. En effet, Heroon revient des croisades et c’est l’occasion de parler de ce fait historique, nous donnant par ailleurs une indication temporelle du roman du coup. J’ai apprécié le fait que le raisonnement sur la foi (et donc sur Dieu) ne soit pas manichéen ni réellement affirmé.

La plupart des personnages ne sont que rapidement esquissés, avec deux ou trois traits de caractères mais ces derniers suffisent à Justine Niogret pour leur donner une profondeur et une densité qui les rendent inoubliables, que cela soit Brehyr guerrière à la limite de la folie, ou Saint Roses le chevalier qui a perdu la foi à Jérusalem. Chaque personnage poursuit sa propre quête.

Mordre le Bouclier de Justine NiogretComme le précédent, le roman se termine sur un lexique de termes moyenâgeux ou techniques, expliqués avec énormément d’humour par l’auteur, qui montre là son coté plus humoristique, laissant retomber la pression. S’ensuit une postface de Jean-Philippe Jaworski, bourrée de références littéraires et d’analyse de texte et qui m’a ennuyée au delà du possible, confirmant mon impression sur cet auteur. Mais là est un autre débat.

Au final, Mordre le Bouclier est une suite plus que réussie, qui égale voir dépasse l’excellent premier tome qu’était Chien du Heaume. Si vous l’avez aimé je ne peux que vous conseiller chaudement la suite, et sinon il est grand temps de découvrir cette très bonne série de Justine Niogret, auteur française qu’il semble désormais nécessaire de suivre de près.


Après plusieurs tomes de qualité plus ou moins discutable, le tome 5 de Merry Gentry s’était avéré contre toute attente plus que prometteur. De ce fait je n’ai pas énormément tardé à entamer L’Etreinte Mortelle, tome 6 de son état, malgré une couverture bien moins attirante que d’habitude. Si vous ne connaissez pas Merry Gentry, il s’agit de la seconde série de Bit-Lit de Laurell K. Hamilton. Synopsis ?

L’Étreinte Mortelle, Merry Gentry Tome 6, de Laurell K. Hamilton

Merry est de retour à Los Angeles avec ses gardes. Ces derniers se retrouvent accusés de crime par le roi de la cour Seelie Taranis. L’accusation est bien sur fallacieuse, mais semble cacher quelque chose que Merry aimerait bien mettre au clair. Tout pourrait bien basculer lors de l’entrevue prévue entre le roi et celle-ci en présence de leurs avocats.

Ce synopsis vous semblera bien différent des précédents. Et effectivement, ce nouveau tome change beaucoup de choses. Tout d’abord, il est comme Sous le souffle de Mistral, beaucoup plus court que les premiers, moitié moins long. De plus on retourne dans un environnement urbain et dans un contexte policier, bien que ce dernier contexte ne soit pas exploité à fond. Il y a moins d’intrigue de cours et pour une fois, Merry ne passe pas son tome à découvrir ses pouvoirs.

Mais surtout, l’histoire avance plus en un tome qu’elle ne l’a fait dans les quatre derniers. Laurell K. Hamilton a décidé d’arrêter un peu les scènes de cul, il n’y en a que deux dans le tome ce qui est presque honorable pour de la Bit-Lit, et surtout elles ne prennent que trois pages, pas trois chapitres.

A Lick of Frost, Merry Gentry 6, Laurell K. Hamilton

De ce fait il y a beaucoup plus d’actions, et même d’importants retournements de situations. Cela va bien plus vite et pour notre plus grand plaisir. Les péripéties de Merry pour conquérir le trône Unseelie commencent à prendre forme. Contrairement aux précédents tomes on n’apprend pas énormément de nouvelles choses sur les royaumes Seelie et Unseelie. Je suppose du coup que les précédents tomes étaient la pour placer l’univers, mais je ne peux que déplorer le fait d’avoir mis 4 tomes pour cela, entre deux scènes de cul. Merry a acquis ses pouvoirs et le monde est suffisamment détaillé. J’ai eu l’impression que les choses sérieuses commençaient réellement et que l’on s’apprête enfin à effleurer tout le potentiel de cet univers.

L’Étreinte Mortelle, Merry Gentry Tome 6, de Laurell K. HamiltonAu final, L’étreinte Mortelle, sixième tome de la série lui donne un nouveau souffle. Pour tout vous dire j’ai réellement beaucoup aimé la fin et pour une fois j’ai vraiment hâte de lire la suite, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant.

Mais voilà, c’est quand même déjà le sixième tome, et il est peut être un peu tôt pour finalement vous conseiller de vous plonger dans la série. Elle semble cette fois réellement prendre un meilleur chemin après un très, voire trop, long passage à vide.

J’ai envie de lire la suite, et ça tombe bien, car le septième tome vient tout juste de sortir aux éditions J’ai Lu et que je compte bien le lire très rapidement.


La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick

Serafina dans Critiques, Livres le 4 octobre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Encouragée par mes deux dernières lectures aux éditions Camion Noir sur le Black Metal Satanique et Soleil Noir, j’ai décidé de me lancer dans La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick qui en prime a une jolie photo de couverture. Cet ouvrage s’intéresse à la culture alternative qu’est la culture gothique sous toutes les coutures, musique, mode, tourisme, etc.  Fane de Fields of the Nephilim et aimant le noir à lèvre et les résilles, je ne pouvais qu’être enthousiaste.

La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick

Le livre comporte 400 pages et est illustré de nombreuses photos et témoignages de « gothiques ». En effet, Nancy Kilpatrick a contacté des gothiques du monde entier pour leur demander leur avis sur les points évoqués dans le livre. On notera notamment parmi les français les photos et témoignages d’un certain Sire Cédric. Les photos sont bien choisies, et bien qu’en noir et blanc, la plupart rendent très bien.

Le problème c’est que, malheureusement, c’est à peu près les seules choses de positives que je vais pouvoir dire dans cette chronique. Que l’on soit ou non d’accord avec la définition comme quoi le « goth » est avant tout une musique et non une manière de vivre, ne consacrer qu’un dixième du livre grand maximum à la musique gothique est une première hérésie. En gros, si vous lisez ce livre pour en savoir plus sur cette culture, il vous manquera quand même l’élément principal et déclencheur du courant… Quand bien même on ne s’intéresserait qu’au look, l’émergence du look gothique du punk n’est pas vraiment expliqué, ni les relations qu’entretiennent la « scène goth » et les autres scènes alternatives (punk, metal, etc.).

Nancy Kilpatrick semble ensuite mélanger tout et n’importe quoi, faisant des parallèles entre les goth des invasions du premier millénaire et les goths d’aujourd’hui par exemple, ou parlant de l’universalité de la couleur noire comme symbole de deuil, ce qui est évidemment erroné. La caricature n’est jamais bien loin, l’auteur essayant de rassembler tous les goths sous le même courant de pensées, sensibles, âmes perdues et torturées, etc. Non seulement on va dans le cliché avec un bulldozer, mais en plus pour quiconque fréquentant suffisamment cette scène, il est clair que c’est pas du tout en phase avec la réalité (ou alors seulement avec la réalité spookie). L’auteur a voulu faire un livre assez universel pour parler du mouvement goth dans son ensemble mais n’a pas été apparemment plus loin que ses propres aprioris.

Notre Bible Gothique se perd aussi dans de nombreux méandres, parlant des plantes préférées des gothiques ou d’une cuvée de vin « vampire ». L’auteur a essayé de faire dans l’exhaustif, mais il en résulte un ouvrage déconstruit, sans réelle progression logique.

La Bible Gothique de Nancy KilpatrickA cela, il faut rajouter une traduction de Christelle Derenne extrêmement discutable et qui abouti à de nombreux non-sens. Par exemple, « inchs » est traduit par centimètres sans aucune conversion de la longueur associée, ce qui amène à des phrases comme  « le tour de taille idéal d’une jeune fille est d’un cm par année  » qui n’a plus plus aucune réalité. De même , de nombreuses fois, Nancy Kilpatrick fait référence à des personnalités (rois ou écrivains) français, et la traduction leur a gardé le nom anglais (Eleanor pour Alienor par exemple) ce qui rend la lecture assez difficile car il faut essayer de déchiffrer ce que voulait dire l’auteur à la base. Parlait-elle réellement de l’auteur français, ou d’un autre auteur ?

Alors malgré quelques sections intéressantes (comme les maisons hantées à visiter dans le monde), La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick est malheureusement un livre que je vous déconseille fortement. Si vous ne connaissez pas bien la sub-culture gothique, cela vous induira en erreur, et si vous la connaissez vous serez énervés de l’impression générale de l’ouvrage. Il ne vaut clairement pas son prix, et la traduction erratique n’aide pas réellement. Dommage.


C’est Lundi, que lisez vous ? #19

Serafina dans Critiques, Livres le 3 octobre 2011, avec 7 commentaires
Critiques

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Il n’y a pas eu de c’est Lundi la semaine dernière car nous étions à l’étranger, if is Dead était alors en mode automatique. On reprend les bonnes petites habitudes.

dabYo

L'Empire Invisible de Jérôme NoirezVu qu’il me fallait voyager léger, j’ai dû mettre de côté ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade pour ne prendre que des livres de poche. Mes choix se sont donc portés sur une première valeur sûre: La Rose Blanche, le troisième tome des Annales de la Compagnie Noire de Glen Cook. Cette série de Dark Fantasy a une fois de plus réussi à m’enchanter, et j’ai déjà hâte de lire la suite. Ah, la Dame.

Sachant que je dévorerai le bouquin en quelques jours, j’avais prévu d’en prendre un second: L’Empire Invisible de Jérôme Noirez. Assez court, deux cents pages, je l’ai tout simplement dévoré lui aussi. Cette histoire se déroulant du temps de l’esclavagisme aux États-Unis est vraiment déchirante.

Enfin, à court de lecture à Amsterdam, je suis passé dans une librairie anglaise (et superbe), pour commencer le premier tome de Dreamsongs: A RRetrospective. Il s’agit de pas moins de 600 pages de nouvelles écrites par George R.R. Martin tout au long de sa carrière d’écrivain, que nous allons revivre. Les nouvelles sont organisées en grandes catégories, chacune d’elle commence par un texte de l’auteur nous expliquant pourquoi et comment il les a écrit, et comment cela a influencé sa carrière. Juste passionnant, d’autant que dès ses premières nouvelles, l’auteur est exceptionnel.

Serafina

Pendant les deux dernières semaines, j’ai d’abord terminé Merry Gentry Tome 6 de Laurell K. Hamilton. Comme je le sentais, le tome est de loin le meilleur depuis le premier. L’histoire avance, et pour de vrai. J’ai même vraiment hâte de lire la suite.

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen SchreiberJ’ai ensuite commencé Vampire Kisses Tome 3 de Ellen Schreiber, dont je suis à la moitié. Si on retrouve avec plaisir la pétillante Raven, je dois déplorer qu’il y a de moins en moins de références à la culture sombre…

Pour mon départ en Hollande, j’ai emporté Jeux d’Ombres, premier tome de Ghostwalkers de Christine Feehan. Publié chez Milady, le roman change pas mal de la Bit-Lit traditionnelle vu qu’on se retrouve avec un thriller fantastique d’espionnage avec des bouts de romance dedans. A vrai dire, on aurait pu carrément supprimer la romance qui n’apporte rien à l’histoire, mais tout le reste est vraiment très bon.

J’ai ensuite lu le premier tome de Alpha & Omega de Patricia Briggs, dont j’avais lu le tome 0 au début d’année. Et ce premier tome fait plus que remplir ses attentes. Le roman est très bien mené, nous tiens très bien en haleine, aborde de nombreux points passionnants sur les loups garous et surtout propose une galerie de personnages très variée et bien développée. Je suis devenue réellement fane de Axis et j’espère vraiment le revoir.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Zombillénium est une série de BD française scénarisée, dessinée et colorée par Arthur de Pins. Son premier tome nommée Gretchen est la publication en grand volume de chapitres pré-publiés dans le magazine Spirou depuis 2009. J’en avais lu quelques chapitres à l’époque où Serafina y était encore abonnée, et je dois avouer que l’humour et les références m’avaient bien plu. J’ai décidé de sauter le cap à l’occasion de la sortie du second tome aux édition Dupuis. Synopsis.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Depuis plusieurs années maintenant, en pleine France profonde se dresse un parc à thème pas comme les autres, Zombillenium. Son fond de commerce, c’est de foutre la trouille à ses visiteurs. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que tout le monde n’entre pas dans la masse salariale du parc, car pour que Francis von Bloodt vous accepte, il va falloir montrer patte blanche. Enfin, ça dépend si vous êtes plutôt vampire, loup-garou, ou encore momie. Si vous connaissez les pas de danse des tubes de Michael Jackson, la direction veut bien fermer les yeux s’il vous manque un bras.

Ajoutez à ce synopsis loufoque un brin d’humour second degré bien senti et vous obtenez un cocktail très efficace pour nous fournir quelques scènes hilarantes. Et c’est justement ce que va faire l’auteur. La lecture de ce premier tome est avant tout un excellent moment où votre sourire ne va pas vous quitter, voir au pire, pour un petit rire. C’est vraiment une bouffée de bonne humeur à l’état pur, et je dois dire que j’ai été totalement convaincu. J’ai adoré les petites scènes à la con, grosses comme des camions mais qui marchent quand même, et le tout mêler à ces références que seules les campagnards peuvent comprendre. Et puis, Volcania quoi.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Ce premier tome est assez court, du coup, les personnages restent assez simples. Ils sont surtout là pour permettre les différents sketchs, mais quelque part, je dois avouer que ça ne m’a pas gêné. Difficile de ne pas fondre devant les zombies qui s’échinent à refaire des chorégraphies, ou encore devant le vampire von Bloodt. Gretch, qui semble être l’héroïne de la série est plutôt sympathique, son air blasé et enthousiaste à la fois étant rafraichissant. Elle partage ici le beau rôle avec Aurélien, nouveau venu au parc, personnage assez interchangeable mais pas désagréable pour autant.

Si l’humour et le scénario sont réussis, je dois avouer que l’identité visuelle du tout l’est tout autant. On est ici face à un dessin très moderne, il est entièrement fait à l’ordinateur à priori, et cela se ressent. Que ce soit dans les traits du dessin, très net autant dans les arrondis que dans les lignes, ou encore dans la coloration. Surtout dans la coloration même, puisque c’est plus proche des aplats que de ce qu’on retrouve dans les BD habituelles. C’est tout de même superbement bien fait, et le tout semble très léché. On pourra peut être juste reproché une absence quasi totale des décors, mais bon, l’ambiance reste tout de même très bonne.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Au final, ce premier tome de Zombillénium d’Arthur de Pins est une réelle réussite. La lecture est rapide et des plus agréables, et son seul réel défaut est qu’il se finisse vraiment trop vite. Bien entendu, il est aussi large que les autres, mais le tout est tellement réussi qu’on ne voit pas les pages défilées. Si les premières pages vous intéressent, c’est par ici. J’ai déjà acheté Ressources humaines, le deuxième tome, du coup.


Enfin la nuit de Camille Leboulanger

illman dans Critiques, Livres le 27 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Enfin la nuit de Camille Leboulanger est un roman post-apocalyptique à tendance road-moviesque édité par l’Atalante en août de cette année 2011. Camille Leboulanger est un très jeune auteur français, à peine la vingtaine, et si j’en crois sa biographie, c’est ici son deuxième ouvrage et surtout son premier roman. Synopsis.

Enfin la nuit de Camille Leboulanger

La nuit ne tombe plus, le jour rend les gens fous ou tout du moins « éteints » et la survie de la population est sur la corde raide. Thomas, un policier complètement dépassé par la situation, va partir dans une fuite en avant sans but. Sur son chemin, il va croiser une palette de personnages tous aussi hagards que lui.

Je ne peux pas vraiment en dire plus sans commencer à raconter n’importe quoi et spoiler le roman. Sous ces dehors simplistes c’est une aventure humaine qui se déroule devant nos yeux, portée par des personnages bien pensés, bien décrits, attachants. L’auteur ne mentionnera tout au long de son récit qu’à demi-mots les évènements qui se sont produits directement après que le soleil ne se soit plus couché, ce qui va contribuer au mystère de cette fin du monde, laissant libre cours à nos imaginations de lecteur.

J’ai mentionné plus haut la palette de personnage de l’histoire et elle est plutôt conséquente, Thomas va en rencontrer une bonne dizaine. Que ce soit des compagnons de route ou des paumés brutaux, ils ajoutent tous au sentiment de vide qui entoure le héros dans cet univers apocalyptique à souhait. Au passage on retiendra Sophie, une jeune femme qui n’attend plus grand chose de la vie et qui va suivre Thomas faute d’avoir autre chose à faire.

Camille Leboulanger va disperser des mirages tout au long de ce voyage devant les yeux de Thomas avant de lui ôter de vue. La vie tourmente notre héros, nous permettant de profiter d’un large éventail d’émotions, que l’on imaginera sans peine dans les yeux de notre héros. L’ambiance de Enfin la nuit est tout bonnement géniale. Le parfum de fin du monde parvient sans problème à nos narines. On imagine sans peine nos villes, villages et campagnes désertés et baignés dans une lumière jaune orangée du soleil avec notre héros les traversant.

Le style de l’auteur m’a quelque peu dérouté sur les premiers chapitres. Il fait preuve d’une certaine concision sans se perdre dans des descriptions, cela rend la narration plus fluide et plus efficace à mon goût. Assez déstabilisant quand on est habitué aux longues descriptions et aux phrases à rallonge, le tout est fichtrement bienvenu et dans un sens très rafraîchissant.

Enfin la nuit de Camille LeboulangerConcernant l’édition, l’Atalante fait comme toujours un boulot de qualité et c’est avec plaisir que je pose ce genre de livre dans ma bibliothèque. La couverture réalisée par LERAF est plutôt sobre et je la trouve belle même si je n’arrive pas à identifier ce qu’elle représente, si elle représente quelque chose.

Enfin la Nuit est un excellent roman, son seul défaut est d’être trop court avec ses 192 pages. Ceci dit, le prix est correct, 12€. J’ai tout simplement adoré et ce sera avec plaisir que je me replongerai dans l’univers de cet auteur. Un Must Have 2011 pour tout les fans de mondes post-apocalyptiques originaux, et aussi les autres.


Le Lamento des Ombres des Enfants de Walpurgis

Serafina dans Critiques, Livres le 23 septembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Le Lamento des Ombres est un recueil de nouvelles de huit auteurs différents, Les Enfants de Walpurgis aux éditions du Chat Noir. L’an dernier, le collectif nous avait proposé Sorcières et Sortilèges, un autre recueil autour de la sorcellerie. Très varié et d’excellente qualité, ce livre était directement entré dans mon top de l’année. Cette fois ci, Les Enfants de Walpurgis s’intéressent à la musique sous toutes ses formes et nous proposent donc des nouvelles sur le thème, pour 300 pages. Recueil oblige, pas de synopsis.

Le Lamento des Ombres des Enfants de Walpurgis

Avant d’analyser les nouvelles unes à unes, un petit mot sur l’objet en lui même, édité aux éditions du Chat Noir dont c’est la première publication, on a un roman imprimé sur du papier assez épais, écrit assez gros, et du coup fort agréable à lire. L’ouvrage est agréablement illustré par Cécile Guillot qui signe d’ailleurs une des nouvelles du recueil. Chaque nouvelle est précédée d’une petite biographie de l’auteur.

Maudite Sonate de Stéphane Soutoul

Certains dirons que je ne suis pas objective, mais ce n’est pas un secret j’aime énormément le style de cet auteur. Comme toujours Stéphane Soutoul signe là une très belle histoire, des protagonistes tout en nuances mis en valeur par sa plume très romantique et très empreinte du XIXème siècle. La musique est ici abordée sous l’angle d’un compositeur très doué, trop même car il a réussi à charmer la mort. L’ambiance est à la fois sombre, hantée mais terriblement empreinte de beauté. J’ai été extrêmement surprise et touchée par le final de la nouvelle qui vous prend littéralement aux tripes. Je ne pouvais pas imaginer meilleur début pour ce recueil et meilleur augure pour sa qualité.

Requiem pour un songe de Céline Guillaume

Je n’ai jamais été conquise par les écrits de Céline Guillaume, du coup je partais avec un léger apriori négatif. Cependant, force est de dire que cette très courte nouvelle de 5 pages est très charmante. On suit un violoniste immortel, comprenant petit à petit ce qui l’a amené à cet état. La plume de Céline Guillaume est peut être un peu moins alambiquée qu’elle a pu l’être précédemment, et je trouve qu’elle y gagne en clarté, tout en conservant son coté poétique.

That’s a long way to hell de Marianne Gellon

Cette nouvelle là est de très loin la plus grosse surprise de ce recueil, d’une part car je ne connaissais que peu l’auteur, mais surtout son univers est très étonnant et merveilleusement mené. On sombre dans l’Uchronie, la Science-Fiction, avec une sauce de guerre froide, pas du tout ce que j’aurais attendu dans ce recueil. On suit un groupe de rock  dans une Allemagne quasi-anéantie. Les références à la culture rock ne manquent pas, et l’univers très visuel est juste addictif. J’espère très sérieusement relire de cet auteur dans le futur. Si j’ai aimé toutes les autres nouvelles, celle ci est de loin ma favorite.

Song to the Siren de Cecile Guillot

Cécile Guillot nous plonge ici dans l’univers du Metal à voix féminine. Difficile de ne pas sentir la passion et la connaissance du sujet dans chacune des lignes de la nouvelle. Des références aux standards du genre, aux clichés associés, le connaisseur retrouvera ses marques. Et comme j’en fais partie, j’ai forcément accroché. On suit Aysun et son groupe dans l’ascension vers la gloire. Ascension qui tournera évidemment au cauchemar. L’histoire est très bien écrite entre délicatesse et mélancolie.

Les flutes enchantées de Vanessa Terral

Vanessa Terral m’avait enchantée dans le recueil de l’an dernier avec son histoire vaudou. Cette fois ci, elle s’intéresse à la magie irlandaise traditionnelle, et que dire, c’est tout aussi génial. J’admire tout particulièrement le niveau de documentation de l’auteur qui maîtrise parfaitement son sujet. Elle met en scène Helianthe, une enquêtrice spécialisée dans le paranormal, personnage récurrent apparemment, chargée d’enquêter sur de mortelles flutes. La mythologie est très intéressante, et on sent l’univers d’Helianthe très fouillé. J’ai hâte de voir l’auteur sortir un roman ou recueil consacré à cette enquêtrice pas comme les autres. J’ai malheureusement moins accroché au personnage d’Inch’allah, femme turbulente qui tente d’amener un peu d’humour… qui ne m’a pas atteint.

La Chorale du Temps d’Ambre Dubois

Il est difficile de vous parler de cette nouvelle d’Ambre Dubois, car toute sa qualité tient à son final, surprenant, inattendu et parfaitement génial. On suit un jeune homme invité à jouer de la musique pour ce qui semble être un riche excentrique. Évidemment, comme toujours avec Ambre Dubois, on a une narration limpide, des dialogues très réalistes et des héros très charismatiques. Sans trop en dire, c’est aussi une de mes nouvelles préférées du recueil.

Salve Regna Stellarum de Angelique Ferreira

Cette nouvelle est l’une des plus longues du recueil, une soixantaine de pages, on avoisine donc la novella. Cette nouvelle fait la part belle à l’Heroic Fantasy avec son héros, elfe qui préfère la musique au combat et décide de s’enfuir pour vivre son rêve. L’univers est très bien retranscrit, le coté elfique et son genre de Fantasy est une vraie originalité dans le recueil. Malheureusement, j’ai l’impression que le nombre de pages est à la fois trop et trop peu. La romance se met en place un peu rapidement, et je pense que l’auteur aurait gagné à faire plus long, ou à raccourcir certaines étapes pour mieux développer ses personnages. Cela reste une nouvelle très agréable à lire mais comparé aux précédentes, c’est celle que j’aime le moins.

La Clef Musicale de Bettina Nordet

La dernière nouvelle est elle aussi très longue. Elle met en scène une étrange amitié entre l’Ange de la Mort et un inventeur bien connu. J’ai souvent du mal avec les histoires mettant en scène des personnages connus, mais ici cela passe très bien. La nouvelle suit en réalité deux histoires séparées de plusieurs siècles, qui comme vous vous en doutez, se rejoignent. L’auteur prend le temps de développer ses personnages et sentiments, devenant très touchante par moments. L’histoire est très originale et vraiment bien trouvée. Les époques sont très bien redues, et on sent que l’auteur a un solide bagage historique. Bettina Nordet est aussi une auteur dont j’aimerais lire un roman ou un recueil.

Le Lamento des Ombres des Enfants de WalpurgisAu final, Le Lamento des Ombres est un sans faute ou presque et m’a convaincu. Le nouveau recueil des Enfants de Walpurgis tient ses promesses et bien plus encore, ce collectif semble devenir une de ces valeurs sûres que l’on peut suivre sans crainte, et je ne peux que vous encourager à vous procurer ce recueil ainsi que le précédent qui ne vous décevront pas.

Cela sera aussi l’occasion peut être de découvrir des auteurs français plus que prometteurs et dont je n’attends souvent qu’une choses: mettre les mains sur leur premier roman. Quand ils ne m’ont pas déjà conquise.


Dragon de Glace de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 21 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Après Le Volcryn, les éditions ActuSF éditent à nouveau des écrits de George R.R. Martin qui ne sont plus disponibles à la vente depuis un certain temps. Dragon de Glace est un recueil de quatre nouvelles publiées au début des années 2000 dans diverses revues françaises, Asphodale ou encore Bifrost. De genres variées, deux sont clairement de Fantasy et deux autres mêlent habilement Fantastique et Horreur, le tout est agréablement mis en page et illustré par Andrew Brase. Recueil oblige, pas de synopsis.

Dragon de Glace de George R.R. Martin

Bon je dois avouer tout d’abord que j’ai été surpris lorsque, au bout d’une cinquantaine de pages, l’histoire se terminait. Je ne lis jamais les quatrièmes de couverture, pour ne pas me spoiler, et je pensais être parti pour une histoire d’un tenant. Mais soit, ce n’est pas un réel problème, vu la qualité de ce Dragon de Glace, qui prend son nom de la première et magnifique nouvelle. On y retrouve donc quatre nouvelles, les deux premières baignent dans la Fantasy, où se côtoient dragons et loups garou, tandis que les suivantes sont beaucoup plus proche d’un Fantastique horrifique, où l’on ne sait pas vraiment si ce qu’on lit est extraordinaire ou simplement issue de la folie de nos personnages.

Ce qui lie bien entendu le plus les nouvelles, c’est l’écriture de George R.R. Martin. Le niveau est vraiment élevé, et là où Le Volcryn présentait quelques lourdeurs et répétitions, on se retrouve ici avec un niveau au moins égal, sinon plus, à ce qu’on avait entre-aperçu dans le superbe recueil Chansons pour Lya. La lecture est fluide, agréable, on ne voit pas le temps passer ni les pages défiler. Une réelle qualité à ce niveau. Passons à une revue des nouvelles.

Dragon de Glace

Donnant au recueil son titre, il s’agit d’une nouvelle se déroulant dans un monde de Fantasy où le froid fait presque partie des protagonistes. Martin nous plonge à travers une narration centrée sur le vécu d’une petite-fille dans un monde où beauté et monstruosité vont se côtoyer. La nouvelle nous happe tout de suite, et on ne peut que regretter qu’elle ne fasse qu’une cinquantaine de pages…

Dans les Contrées Perdues

Incursion dans une ville médiévale cette fois ci, loin des calmes et paisibles plaines de montagne et proche des contrées perdues, un désert où vivent des créatures de la nuit. Notre récit se déroule autour Alys la Grise, connue pour vous ramener tout ce que vous voulez si vous en payez le prix. Les problèmes surviennent en général après. Entre exploration, liberté et horreur.

L’homme en forme de poire

Cette nouvelle, qui a remporté le prix Bram Stoker, quitte la Fantasy pour un tout autre domaine, l’Horreur mêlée au Fantastique. A travers son héroïne va grandir en nous un sentiment de folie, de persécution et de paranoïa que la fin ne saura étanchée. Une fin à vous glacer le sang, vraiment.

Portrait de famille

Dans le même domaine que la précédente, cette dernière nouvelle a elle aussi remporté un prix, le prix Nebula, et il faut dire qu’elle est vraiment excellente. Là encore, Martin joue avec le lecteur et sa perception de la réalité, mais autour d’un tout autre personnage: un écrivain. Séparé du monde, de sa famille, on vit avec lui une sorte d’auto-psychanalyse où dialogues avec ses personnages fictifs vont vous permettre de découvrir l’histoire d’une vie. Vraiment prenant et angoissant.

Dragon de Glace de George R.R. MartinAu final, si le recueil s’avère être court, il faut dire que pour son prix modeste et la qualité de ses nouvelles, vous en aurez largement pour votre argent. J’ai certes trouvé que le choix des nouvelles était assez bizarre, les deux premières n’ayant rien à voir avec les secondes. Mais c’était tellement bien, que je veux bien leur pardonner ce choix là. Et puis, la qualité des ouvrages des éditions ActuSF est toujours au rendez-vous.

Dragon de Glace est un recueil idéal pour découvrir les autres facettes de la plume de George R.R. Martin, les univers sont loin du Trône de Fer, mais la qualité est au moins égale à celle de sa grande série. Et ses fans seront simplement comblés.