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Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 5 août 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Ikigami fait partie avec Freesia de la petite vague de nouveaux Seinen sortis aux éditions Kaze Manga. Je vous en avais parlé il y a quelques semaines déjà après ma lecture du premier tome qui était plutôt enthousiasmante. Avec un univers intéressant, un graphisme correct, ce manga de Motorô Mase était plein de promesses. Mais c’est plutôt habituel ce genre de chose pour un premier tome, il faut donc marquer l’essai avec le second. Ikigami deviendra-t’il un excellent Seinen ?

Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

Bon comme c’est le deuxième tome, pas de synopsis pour ne pas vous spoiler. Cependant, je vous invite à lire ma première chronique pour connaître le plot principal. En soit, il serait difficile de vous spoiler puisque l’auteur continue sur la lancée du premier tome. Pour le moment, si la trame principale existe, elle reste très discrète au profit de petites histoires racontées. Ces histoires concernent bien entendu les personnes venant de recevoir l’Ikigami, le préavis de mort pour ceux qui ne suivent pas.

Elles sont appelées épisodes et restent au nombre de deux par tome. On a le droit ici à l’histoire, tragique il va de soit, d’un jeune cadreur travaillant pour une chaîne de télévision, et celle d’un aide-soignant en maison de retraite. Les épisodes abordent plusieurs sujets de société, le dévouement envers les autres, l’amour, la drogue. Il faut avouer qu’ils sont bien racontés et qu’on s’attache assez rapidement aux personnages. C’est une des grandes qualités de Motorô Mase, et encore heureux puisqu’on ne voit les personnages que le temps d’une cinquantaine de pages. Cependant, il faut tout de même reconnaître que les personnages sont pour le moment assez similaires, on pourrait généralement les qualifier de miséreux. Avoir si cela change par la suite.

Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

Si tout comme à la lecture du premier tome, je reste assez perplexe sur le principe à long terme, je dois tout de même avouer que l’auteur reste efficace. Quand une des deux histoires me surprenait sur son déroulement et son dénouement, la deuxième me touchait et m’émouvait. De ce côté, c’est donc un carton plein pour l’auteur et on passe un agréable moment à lire ce second volume, ce qui est un très bon point.

Du coup, l’intrigue principale, si elle existe, reste pour le moment en retrait. C’est d’un côté une bonne chose puisque cela permet d’appréhender les tomes de la série presque de façon indépendante. Il n’y a donc pour le moment pas des milliers de détails à retenir pour suivre, et vous pouvez même lire les tomes dans le désordre. Finalement, ce découpage fait énormément penser à ce qu’on retrouve dans les séries policières américaine, avec une évolution des personnages et des petites histoires par ci par là.

Ikigami, Tome 2, de Motorô MaseIl ne sera pas étonnant de voir la série adaptée dans un format plus épisodique que le manga, du moins pour le moment. On sent tout de même une certaine évolution du personnage et j’attends de voir la suite. Car si pour le moment, Motorô Mase arrive à bien renouveler ses histoires, j’ai peur que l’impression de déjà vu puisse s’installer par la suite. Enfin, Ikigami ne durant que sept tomes, il est tout à fait probable que l’auteur puisse créer suffisamment d’histoires sans pour autant que cela s’essouffle.

Côté narration et dessin, le manga reste égal à lui même. Il y a d’ailleurs de très beaux passages, notamment une double page toute en niveau de gris qui est très agréable. Ikigami confirme donc son statut de bonne série avec un début encourageant. Plus qu’à voir comment l’auteur va réussir à éviter le petit train-train et la lassitude que pourrait engendrer ses histoires. Le rendez-vous pour le troisième tome est donc pris !


Blue Exorcist, Tome 1, de Kazue Kato

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 26 juillet 2010, avec 2 commentaires
Critiques

Blue Exorcist, ou Ao no Exorcist en version originale, est un manga de Kazue Kato qui m’a tapé dans l’œil lorsque j’ai vu sa superbe couverture. La série a débuté au japon en 2009 et quatre tomes sont déjà sortis au pays du soleil levant. Le premier tome vient de paraitre aux éditions Kaze Manga. Servi par une très jolie couverture, il est édité dans la collection Shonen Up. Synopsis ?

Blue Exorcist, Tome 1, de Kazue Kato

Rin est orphelin. Il a été adopté par un exorciste de renom. Sauf que ce que Rin ignore encore, c’est qu’il n’est autre que le fils du diable en personne. Et quand ce dernier décide de venir le chercher, il ne se laisse bien entendu pas faire. Il décide de devenir exorciste et pour cela va rejoindre l’académie des exorcistes: L’Académie de la Croix Vraie.

Comme je le disais, la couverture est très jolie et très dynamique. Le dessin à l’intérieur en est à la hauteur. Le trait est vivant, alternant sérieux et SD. Les visages sont dans l’ensemble beaux, et les cadrages dynamiques. Cependant, malheureusement, le style reste très commun, c’est à dire qu’il n’y a pour le moment pas réellement de personnalité. C’est proche d’un Tite Kubo mêlé à un peu de Oh Great!, mais en moins bon dans les deux cas. Bon, évidemment, comme dans tout manga du genre, on n’échappe pas aux costumes nazis, mais que voulez vous, on a l’habitude. Mention spéciale aux décors et notamment à la ville des exorcistes qui est assez impressionnante.

Blue Exorcist, Tome 1, de Kazue Kato

A ce dessin bon mais sans plus s’ajoute un scenario assez convenu lui aussi. On retrouve clairement le schéma de base, du héros, novice, qui va à l’école magique, qui n’est pas spécialement bon, qui est avec un groupe restreint de camarades. Camarades qui j’en suis sure prendront de l’importance et de la personnalité dans les prochains tomes. Pour le moment, c’est surtout des figurants, et les premiers pas de Rin dans le monde des exorcistes sont drôles, sympathiques, mais peu voir pas innovants. De plus, Rin étant fils du diable, il a évidemment une grosse réserve de pouvoir, qui va lui permettre sans doute d’être super mega bon par la suite.

Ce premier tome, comme souvent dans le manga est là pour poser les bases, notamment présenter le monde et les principes. Ici le principe est plutôt intéressant. Des exorcistes qui font des missions. Pour le moment, les missions sont plutôt des one shot, en un ou deux chapitres, et font quand même beaucoup penser à Bleach. Du moins au Bleach du début, avant qu’on n’essaye d’aller sauver Rukia. Entre exorciste et shinigami, la frontière est mince… Je pense notamment à la première mission, avec une petite fille en deuil qui m’a beaucoup fait penser à une mission d’Ichigo.

Blue Exorcist, Tome 1, de Kazue Kato

En plus d’une première page en couleur, qui malheureusement présente la même image que celle de la couverture, on notera aussi des suppléments vraiment sympathiques. Avec notamment les cartes d’identités des personnages ou entités importantes ou les croquis de recherches pour certains personnages.

Somme toute, il est difficile de réellement se prononcer sur ce premier tome de Blue Exorcist. Il y a de bonnes bases, notamment le dessin et l’univers, mais le schéma reste très classique. C’est donc un manga à suivre, pour savoir si l’évolution va se faire ou non dans le bon sens. En tout cas, pour le moment, le manga n’a rien à se reprocher et je le conseillerais chaudement a tous ceux qui aiment le Shonen dit classique, et à ceux qui n’en ont jamais lu encore.


Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 22 juillet 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Freesia est un manga de Jiro Matsumoto qui vient de se terminer sur son douzième volume au Japon. C’est un Seinen récemment édité et traduit en français par Kaze Manga, et comme j’aime beaucoup ce genre, c’est avec enthousiasme que j’ai ouvert ses premières pages qui révèlent un style graphique original et inhabituel. Mais n’en parlons pas encore, et concentrons nous sur le Synopsis.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

Hiroshi est un jeune homme qui vit dans un Japon parallèle. Son pays est en effet en pleine guerre contre une contrée croyante, et il a notamment des lois un peu particulières. L’une d’elle d’ailleurs, a carrément encadré le principe de vengeance. Un criminel a été puni, a purgé sa peine, mais vous lui en voulez encore ? Alors faites appel à un suppléant agréé, il se chargera pour vous d’éliminer votre cible à une heure précise, et avec une heure conventionnée pardi. Et si vous êtes l’accusé, vous avez bien entendu la possibilité d’engager des protecteurs, ou de compter sur le protecteur commis d’office.

Bref, vous l’aurez deviné, le manga s’articule sur cette loi qui semble être des plus débiles. Jiro Matsumoto va partir de ce postulat pour nous présenter une société qui semble être, de près comme de loin, des plus malades. Cette loi est d’autant plus présente que notre héros a réussi à dégoter un job en tant que suppléant assassin. Elle doit bien entendu vous faire penser à un simple copié-collé de celle de la justice que nous connaissons, mais où la violence est au centre de l’affaire. Et il faut dire que Freesia regorge de violence en tout genre, que ce soit sexuelle, physique ou morale.

Là dessus, c’est la patte graphique de Jiro Matsumoto qui étonne le plus et convient le mieux. Avec un style très crayonné, les dessins sont tout simplement superbes, mais gardent aussi ce côté brouillon qui rendent toutes les scènes violentes. J’ai vraiment apprécié le dessin, et c’est à n’en pas douter l’un des gros points forts du manga. Il ne faudra donc pas s’arrêter à la couverture dont le style est à la totale opposée, et surtout, bien moins joli. C’est dommage que l’auteur ne soit pas aussi à l’aise avec la couleur qu’avec le crayon.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

Entre l’histoire, le genre et le style graphique, on a donc un manga très malsain. L’ambiance est pesante, gore, et on s’attend à être choqué à chaque page. Il faut dire que l’auteur y va fort, et commence le manga avec plusieurs scènes de sexe très explicites. J’avoue que pour le scénario, cela n’apporte vraiment pas grand chose. De plus, c’est tellement poussé et détaillé qu’on ne peut même plus l’associer à du fanservice. Ces scènes mettent en général en scène des personnages qui n’ont aucun réel intérêt pour l’histoire, quand ce n’est carrément pas un viol. Cela dit, tout comme dans un Gantz, cela sert réellement à augmenter l’ambiance et la personnalité de certains personnages.

Alors on peut ne pas aimer, d’autant que certains passages sont quand même très osés, et j’avoue que leur absence ne m’aurait pas gêné. Si vous êtes totalement allergique à ce genre de scènes, la lecture de Freesia vous sera peut être difficile. Cependant j’ai tout de même trouvé que cela créait certains traits du personnage principal. En effet, ce Seinen repose aussi pour beaucoup sur les épaules de son héros, Hiroshi. Ce dernier est clairement présenté comme schizophrène, voir même inhumain. Si cela impacte beaucoup la narration du manga, où on le verra souvent parler avec des personnages imaginaires, cela justifie aussi quelque part ces scènes, car elles révèlent et mettre en exergue un autre trait de son personnage. Celui de l’indifférence totale.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

A côté de ça, le scénario est pour le moment assez vague. On ne sent pas de réelle trame sous-jacente pour l’heure, si ce n’est la découverte des origines de Hiroshi. On se doute qu’il va retrouver quelques connaissances via son travail, mais on n’en sait pas plus. Il est donc encore trop tôt pour savoir si, comme dans la plupart des Seinen, on aura droit à un énorme complot politique ou pas. De même, la guerre contre ce pays très croyant est à peine évoquée, comme si ça n’avait finalement que peu d’importance.

En tout cas, malgré le côté choquant, j’avoue avoir hâte de lire le deuxième tome de Freesia. C’est gore et malsain, mais aussi superbe, et me rappelle énormément les débuts d’une autre grande série du genre, j’ai nommé MPD Psycho. En espérant que le tome 2 sorti il y a moins d’un mois confirme l’essai.

Bref, retrouvez nous le prénom de cette personne, homme, femme, chien ou clown. Qu’on puisse passer au prochain crime photographique… Tout aussi pourri, à n’en pas douter.

Il y a un peu plus d’un mois, je vous parlais du Voyage de Kuro de Satoko Kiyuduki. Ce manga édité dans un format inhabituel par les éditions Kana m’avait en effet ravi par sa touche de légèreté et de mélancolie mélangées. Les deux premiers tomes sont sortis en même temps et c’est logiquement que je me suis mis à la lecture de ce second tome. Il garde bien entendu le même principe avec une majorité de pages en noir et blanc, entrecoupées par des pages couleurs pour les débuts de chapitres. Synopsis.

Le Voyage de Kuro, Tome 2, de Satoko Kiyuduki

Kuro continue son long et pénible voyage au travers des différentes contrées du monde. Elle est toujours accompagnée de Sen, une chauve-souris, ainsi que de deux petites filles, Sanju et Ninjuku, qui ont quelques habilités déconcertantes, comme celle de prendre la couleur des objets qu’elles touchent. Au cours de son voyage, dont nous ne connaissons ni les raisons du départ, ni la destination, Kuro rencontre des gens. Tout simplement.

Pour plus de détails concernant le scenario et son déroulement, je vous invite à lire ma critique du premier tome. Sachez seulement que Satoko Kiyuduki continue d’emprunter la même voie et ne déroge pas à la formule. Cette dernière reste bien entendu un déroutant mélange d’éléments où la chronologie est parfois difficile à suivre. On passe des fois d’un passé très lointain, à ce que l’on pourrait considérer comme le présent du roman. Ce présent n’existant peut être tout simplement pas: après tout, la narration du voyage peut très bien se résumer à des petites histoires tirées de ce même voyage, mais mises les unes à la suite des autres.

Le Voyage de Kuro, Tome 2, de Satoko KiyudukiCependant, ce côté déroutant est très agréable. C’est finalement ce qui fait l’ambiance et le charme de ce superbe manga et j’étais content de la retrouver. Les histoires qui se succèdent ne sont certes pas toutes au même niveau ni de même qualité. Parfois il s’agit de nous éclairer sur le passé de Kuro, de comprendre pourquoi elle a entrepris son voyage. C’est ce que je pressentais au premier tome et je pense que l’on en apprendra encore plus dans la suite. Parfois, c’est simplement des petites rencontres. La première histoire par exemple, parle simplement d’une petite fille malade. N’empêche que c’est raconté avec tellement d’émotions qu’elle m’a mis les larmes aux yeux. En moins d’une vingtaine de pages.

Tout ceci est bien entendu grandement aidé par le dessin de Satoko Kiyuduki. Tout comme pour le premier tome, il est d’un très haut niveau. Plutôt rond, avec de superbes trames, il sert très bien les petites histoires et produit en grande partie ce côté léger et mélancolique. On a notamment droit à un chapitre qui se passe entièrement dans la nuit et où l’effet des trames est tout simplement superbe.

Et je ne parle même pas des pages couleurs qui sont magnifiques. Rien que pour cela, l’ouvrage vaut largement son prix légèrement supérieur à la moyenne des mangas, 12€50.

Finalement, s’il fallait absolument trouver un mauvais point à ce second tome, c’est qu’il sera le dernier publié par Kana pour encore un bon bout de temps. La série est en effet mise en pause au Japon, et seuls deux tomes sont sortis. C’est frustrant car on aimerait pouvoir se plonger un peu plus dans ce superbe univers. Mais d’un autre côté, étant donné qu’il n’y a pas de tension à cause du scénario, ce n’est pas si ennuyeux que ça.

Une série qui vaut donc vraiment le coup, qui est assez courte pour rester raisonnable pour le porte monnaie.


Alice au Pays des Merveilles est partout cette année. Entre le film de Burton, la réédition des livres, sans parler des lignes de vêtements inspirés par Alice. Dans cette pléthore d’adaptation et d’hommages il est parfois difficile de séparer le bon grain de l’ivraie.  Dans quelle case se rangerait Alice au Royaume de Cœur, un manga au scénario écrit par QuinRose et aux dessins de Soumei Hoshino ? Le premier tome est paru le 8 Avril chez Ki-oon. Quatre sont déjà sortis au Japon. Synopsis ?

Alice au Royaume de Cœur, Tome 1, de QuinRose et Soumei Hoshino

Alice Lidell sommeille dans son jardin. Alors que sa sœur part chercher un jeu de cartes pour qu’elles jouent ensemble, Alice se fait kidnapper par un homme aux oreilles de lapin. La voila catapultée dans un pays des merveilles où le Chapelier Fou est un parrain de la Mafia, ou le chat de Cheschire est un bishi punk. Et bien sûr, pour couronner le tout, la guerre y fait rage !

Petite précision: au cours de cette critique, le terme Bishi sera employé plusieurs fois. Pour ceux qui ne connaissent pas, le terme vient de Bishonen (c’est-à-dire « joli garcon ») et désigne généralement un beau gosse efféminé comme on en trouve à la pelle dans les Shojo.

Comme vous l’avez compris, il s’agit d’une révision de l’œuvre de Caroll en plus déjanté, et surtout très Shojo. Nous sommes typiquement dans le cas ou six bishis se disputent une héroïne vaguement niaise. Chacun d’entre eux ayant ses caractéristiques, le punk jeune et mignon, le ténébreux bad boy, le prétentieux sur de lui… Il y en a pour tous les gouts, et les personnages sont hauts en couleurs. Bref, du Yuu Watase en puissance. Alors forcement, on aime ou pas. Moi j’aime et je ne me le cache pas. Si vous êtes allergique au genre, cependant, sachez que le manga a d’autres qualités.

Alice au Royaume de Cœur, Tome 1, de QuinRose et Soumei Hoshino

Le Lapin

Déjà c’est une adaptation très libre mais aussi novatrice. Le pays des merveilles n’est pas merveilleux et quatre clans se font la guerre. On retrouve les principes fondamentaux du livre (non sens, absurde…) et une partie du scénario du deuxième livre, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, car Alice est prise dans un « jeu » dont elle cerne encore mal les règles. Voila qui rappelle les échecs de la suite écrite par Caroll. Tous les personnages du roman sont présents ou apparaîtront sans doute tôt ou tard.

D’autre part le dessin est plutôt agréable. Notamment sur les habits ou les décors, c’est du bon niveau. La narration s’enchaîne bien et les cadrages dynamiques permettent d’entrer facilement dans l’histoire. Malheureusement, le manga souffre d’une comparaison avec l’œuvre d’une auteur qui a déjà revisité l’histoire il y a quelques années : Kaori Yuki. Et honnêtement, le chapelier fou ne tient pas la route face au délice qu’était Belial dans Angel Sanctuary par exemple. Ceci dit Soumei Hoshino est loin d’être mauvaise et son trait est agréable. Il est surtout très léger, on voit plusieurs passages de plume sur certains traits ce qui donne un coté dynamique.

En tout cas pour ce premier tome, Alice au Royaume de Cœur m’a plutôt bien séduite. Les personnages attachants et l’univers construit me donnent envie de connaître la suite, je me procurerais donc le tome 2 dans quelques temps.


Shi Ki, Tome 1, de Ono Fuyumi et Fujisaki Ryu

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 4 juin 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Shi Ki est un manga  dessiné par Fujisaki Ryu, notamment connu pour sa série Hoshin: l’investiture des Dieux, que je n’ai pas lue. Le manga est scénarisé par Ono Fuyumi et donc inspiré d’un de ses romans, elle est connue pour sa série Les 12 Royaumes.  La série est en cours au japon et comporte à l’heure actuelle dix tomes. Seul le premier vient de sortir en France, aux éditions Kaze Manga. Synopsis ?

Shi Ki, Tome 1, de Ono Fuyumi et Fujisaki Ryu

Nous nous situons dans un petit village à la campagne. Pas de train, rien, simplement cerné par les montagnes. Ce petit village de 1300 habitants semble frappé par la canicule, mais aussi par une étrange épidémie qui fait des ravages parmi les vieux et ceux qui le sont un peu moins… Reste à savoir pourquoi.

Je commence par une parenthèse, qui n’a rien a voir. Écrire un article sur un manga peu populaire est un véritable parcours du combattant. Impossible de trouver la moitié des informations que nous mettons d’habitude. Difficile donc d’en savoir plus par exemple sur le roman éponyme écrit par Ono Fuyumi.

Shi Ki, Tome 1, de Ono Fuyumi et Fujisaki RyuRevenons en à notre série. Contrairement à son nom et à la couverture plutôt douce, c’est un manga d’horreur, enfin normalement, on va voir que ça se discute dans la suite. Nous sommes clairement face à un huis-clos comme pourrait les aimer Stephen King. On nous présente un nombre hallucinant de personnages, mais je vous rassure, ils tombent tous comme des mouches les uns après les autres, alors pas de problèmes pour les retenir au final. La problématique est amenée progressivement tout au long de ce tome. On commence par une première malade, puis d’autres, puis au fil du tome cela prend des proportions assez inquiétantes et la tension monte. Le tome est évidemment un tome d’introduction qui pose les bases. Une chose est certaine: le scénario semble tenir la route et la montée progressive de la peur est bien menée.

Cependant, un gros point noir pour moi, c’est le dessin. Alors certes, la couverture est magnifique, les images couleurs aussi, pleines de couleurs, de relief, c’est un régal. Mais à l’intérieur c’est plus pareil du tout. Enfin, si, les décors sont superbes, ultra réalistes. Mais le design est très enfantin, les personnages semblent sortis d’un Shonen de base, et honnêtement je ne trouve pas cela approprié à l’ambiance. J’aurais préféré un style moins enfantin et plus réaliste que ces donzelles élancées aux grands yeux.

Le deuxième point négatif, c’est le cadrage. Tout est très carré, rien ne dépasse, les pages sont surchargées, avec souvent quatre lignes de cases, toutes très remplies, ce qui rend la lecture assez fatigante à terme. Le mouvement de caméra m’est apparu comme épileptique, c’est à dire qu’il n’y a pas de continuité entre les cases, le passage de l’une à l’autre n’est pas logique, ce qui ne rend malheureusement pas la chose agréable à lire.

Shi Ki, Tome 1, de Ono Fuyumi et Fujisaki Ryu

Cependant, la galerie de personnage est développée, et le design de certains personnages m’a beaucoup plu. Notamment la fille du château, ultra gothique évidemment, elle a tout pour me plaire, tellement que j’envisagerais d’en faire un fanart, mais je m’égare ! Ce premier tome laisse beaucoup de questions en suspens, et on peut espérer voir le cadrage s’améliorer au fil du temps. Bon pour le style, je suppose que c’est une question de goût.

Enfin, à savoir, le manga est supposément déconseillé aux moins de 14 ans, mais pour ce premier tome, c’est quand même très très light. A voir dans la suite de Shi Ki donc, à parraître le 10 juin prochain !


Cloth Road est un Shonen scénarisé par Hideyuki Kurata et dessiné par Okama, il est sorti fin avril aux éditions Kaze Manga. Avec sa couverture qui ne le montre pas sous son meilleur jour, j’avoue avoir été perplexe lors de son ouverture. Il faut dire, une couverture est très importante pour donner une première impression, et ce n’est pas les visages des deux héros, plutôt ratés, qui va la donner, cette bonne impression. Mais bon, j’ai fini par ouvrir et feuilleter les pages… Synopsis voulez vous ?

Cloth Road, Tome 1, de Hideyuki Kurata et Okama

Fergus est un orphelin élevé par son maître en couture, dont il essaye au mieux d’appliquer les techniques pour les mannequins qu’il habille lors du War King. Le War King, c’est un endroit où sont organisés des duels, parfois à mort, entre deux mannequins. Ces derniers utilisent leurs habits pour se battre, où grâce aux nanotechnologies, les différentes attaques et armures peuvent être intégrés. Malheureusement, le maître de Fergus tombe un jour malade, et pour le soigner ce dernier a besoin de remporter une grosse somme d’argent. Mais c’est sans compter sur le tempérament de fer de sa sœur jumelle, Jennifer, qui vient justement de débarquer.

Le titre commence avec quelques pages en couleurs, où là aussi la qualité n’est vraiment pas des meilleurs. Le coup de crayon manque de détails, les couleurs n’y apportent rien sinon un caractère vieillot. C’est d’autant plus dommage que dès que l’on arrive sur les pages en noir et blanc, on peut tout de suite juger de la grande qualité du dessin de Okama. Il n’est pas transcendant, mais ses dessins sont dynamiques et plutôt beaux dans l’ensemble. Le mangaka a certes un petit faible pour le fanservice, avec des poses de personnages féminins assez tendancieux, mais ça n’en devient pas gênant pour autant. On est très loin du fanservice d’un Highschool of the Dead.

Cloth Road, Tome 1, de Hideyuki Kurata et Okama

Une fois rassuré par la patte graphique du titre, c’est plus serein que j’ai entamé la lecture de cette histoire qui se déroule dans une sorte de futur très Science-Fiction. Comme dit dans le synopsis, les nanotechnologies ont tellement évoluées qu’elles ont pu fusionner avec les étoffes et la couture en général. On est plus seulement programmeur, on est couturier-programmeur. Et bien entendu, notre héros en fait partie. Vous l’aurez donc compris, Cloth Road veut bien entendu dire la route des habits, et Shonen oblige, nos deux jumeaux vont se mettre en route pour découvrir leurs origines.

L’univers de Cloth Road est au premier coup d’œil plutôt intéressant, bien qu’assez classique en somme avec de nombreux éléments à prendre en compte. Les nanotechnologies, les combats, les règles des combats, et bien entendu la répartition du monde, que l’on nous dévoile comme plus inégalitaire que jamais dès le début du premier chapitre. Soit, à ce niveau là le manga est vraiment très réussi, et les combats sont vraiment dynamiques, avec des règles intéressantes où la beauté des combattants est aussi sensé faire la différence. Original, c’est le moins qu’on puisse dire.

Cloth Road, Tome 1, de Hideyuki Kurata et OkamaCependant, le manga de Okama et Hideyuki Kurata n’est pas sans défaut. Et le principal défaut revient à la trop forte spontanéité des événements et des personnages en général. Il y a un air de faux, de non crédible. Alors certes, la découverte d’une sœur jumelle ça peut arriver à presque tout orphelin, mais celle ci est vraiment mal amené, comme un cheveux sur la soupe. Le pire étant qu’elle est surtout mal scénarisé, au niveau des plans, des dialogues, etc. De même pour la maladie du maître, ou pour la décision de partir en quête. J’ai trouvé ça un peu trop gros. A cela il faut ajouter le comportement des personnages, carrément lunatiques. Ils passent d’une émotion à une autre, d’une motivation à une autre sans lien logique.

Au final, j’avoue que ces petits défauts m’ont empêché de profiter pleinement de ce premier tome. Il reste donc à voir si c’est un défaut que l’on retrouve tout au long de la série ou non, car avec son univers original, Cloth Road pourrait se révéler être une bonne surprise.

Le titre n’est cependant pas sans rappeler une autre grande série où il y a une certaine évolution technologique qui est mise à profit pour des combats, Air Gear de Oh! Great, mais dont la qualité est tout de même supérieure. A voir pour le prochain tome, donc !


Ikigami, Tome 1, de Motorô Mase

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 11 mai 2010, avec 4 commentaires
Critiques

Ikigami est un manga de Motorô Mase, c’est sa première série qui traverse les océans jusqu’à nous et c’est à Kaze Manga que nous devons sa traduction et son édition. Je dois avouer que c’est un manga qui me fait de l’œil depuis un petit moment déjà, et vous comprendrez vite pourquoi à la lecture du synopsis. C’est donc avec enthousiasme que j’ai ouvert les premières pages de ce Seinen très bien packagé… Synopsis !

Ikigami, Préavis de Mort, Tome 1, de Motorô Mase

Fujimoto est un jeune fonctionnaire, dans son pays a été voté une loi assez particulière et dont l’impact est énorme sur la jeunesse, cette loi s’appelle Loi pour la sauvegarde de la prospérité nationale. Son concept est plutôt simple, tous les enfants du pays sont vaccinés à leur entrée à l’école. Parmi 1000 seringues du vaccin, l’une d’elle est contaminée d’un agent qui va tuer son porteur à une date précise, avant que ce dernier ait passé l’âge des 25 ans. Autrement dit, ce n’est qu’une fois passé les 25 ans qu’un jeune peut être certain de ne pas recevoir l’Ikigami… autrement appelé Préavis de Mort, un message qu’une personne portant l’agent reçoit 24 heures avant son décès.

Ikigami, Préavis de Mort, Tome 1, de Motorô MaseVous l’avez compris, notre Seinen a tout d’un manga de Science-Fiction. Au premier abord les effets de cette loi sont montrés comme très bénéfiques par son gouvernement. Son but est simplement de procurer un bonheur de vivre à ses citoyens, qu’ils deviennent reconnaissant d’être en vie et qu’ils ne se la gâchent en se plaignant à longueur de journées de petites nuisances. Il faut avouer que nous autres européens avons du mal à imaginer un tel monde, notamment les français à tendance très contestataire. Cependant au Japon la nation est mise à un très haut niveau dans les valeurs, et bien qu’ils n’aillent pas jusqu’à un tel extrémisme, l’histoire semblera bien plus réaliste pour eux.

Nous suivons donc Fujimoto, un jeune fonctionnaire dont le rôle est de délivrer leur Préavis de Mort aux jeunes qui vont mourir dans moins de 24 heures. C’est donc l’occasion pour Motorô Mase de nous dévoiler le mécanisme qui fait tourner la machine (création des vaccins, gestion de l’anonymat pour qu’on ne puisse pas deviner qui va mourir à l’avance, etc), mais aussi de raconter l’histoire des jeunes qui auront tout bonnement la malchance de mourir à cause de la loi. 1 chance sur 1000. Ça paraît peu, ça semble dérisoire, et pourtant cela doit arriver. Ce n’est pas comme à un jeu de chance où il peut arriver que personne ne gagne. Non, là c’est clairement établit, il y aura un mort. On ne sait juste pas qui. Par contre, notre fonctionnaire lui le sait, et devra rencontrer la personne pour lui remettre l’Ikigami.

Ikigami, Préavis de Mort, Tome 1, de Motorô Mase

Le style graphique de Motorô Mase est simple et efficace, mais pas exceptionnel.

La loi est faite de telle sorte que le sujet puisse vivre pleinement ses dernières vingt quatre heures et profiter pleinement du peu de temps qu’il lui reste. C’est donc ces 24 dernières heures que nous suivrons pour chaque nouveau personnage, et vous vous doutez bien qu’il y a tout un monde entre la théorie (les gens vivent 24 heures heureux), et la pratique. L’auteur se sert de ce moyen pour nous faire réfléchir sur les lois qui peuvent nous sembler toucher peu de monde au final (1 sur 1000, c’est rien), mais qui restent totalement immorales, et, d’une manière plus générale sur la docilité affichée des citoyens devant des actes aussi affreux. A ce niveau, ce n’est pas sans faire penser au sentiment patriote imposé par l’Empire du Japon pendant la deuxième guerre mondiale.

Ikigami, Préavis de Mort, Tome 1, de Motorô MaseIl est aussi difficile de ne pas voir en Ikigami une sorte de frère spirituel d’un autre manga très connu, Battle Royal. Bien que les deux proposent deux narrations totalement différentes, on repense forcement au principe de l’un en lisant l’autre. A la fin de ce premier tome, nombreuses sont cependant les questions encore en suspend. Que ce soit au niveau de la loi elle même, que de la trame que va suivre Motoro Mase. S’arrêtera-t’il à raconter l’histoire d’adolescent au triste sort, ou va-t’on se lancer dans une enquête sur les rouages de la loi, les éventuelles fraudes, etc ?

A voir donc, mais il est clair qu’Ikigami est une série que j’ai envie de découvrir plus en profondeur. Ca tombe bien, puisque six tomes sont d’ores et déjà sortis aux éditions Kaze Manga.


Le Voyage de Kuro est un manga japonais dessiné par Satoko Kiyuduki, récemment édité par les éditions Kana. Cette série ne compte pour le moment que deux tomes au Japon, qui viennent tout juste d’arriver dans les rayons des librairies françaises. Le premier tome est très bien présenté, dans un format inhabituel pour un manga, légèrement plus grand, mais surtout avec une dizaine de pages couleurs tout simplement magnifiques. Avant d’entrer dans la critique de ce manga qui relève plus du conte onirique, en fait, penchons nous sur le synopsis.

Le Voyage de Kuro, Tome 1, de Satoko Hiyuduki

Kuro est une voyageuse. Une itinérante qui traverse le pays seule avec un cerceuil sur son dos, au gré du vent et des auberges. Aux passants, elle raconte que c’est le sien, alors qu’une fois le soir venu, on s’aperçoit qu’il héberge en fait une chauve-souris. Sen y loge en compagnie de ses confrères qui ne peuvent pas se mouvoir au soleil. Kuro, est habillée de noir de la tête au pied, et ce n’est pas étonnant puisque Kuro veut dire « noir » en japonais. Tout au long de son voyage, elle va rencontrer des gens, tout simplement.

Le Voyage de Kuro, Tome 1, de Satoko HiyudukiDès qu’on lit le synopsis, on s’aperçoit ici qu’il ne va pas s’agir d’une banale histoire de quête, de destinée, etc. Enfin, si, peut être, après tout nous finirons bien par découvrir pourquoi Kuro fait elle ce voyage. Mais on comprend vite que notre manga ne s’axera pas autour d’un scénario au suspens insoutenable, mais autour des rencontres et des échanges que l’héroïne fera avec différents personnages. Et il faut dire que c’est le cas dès le début, nous n’avons pas d’introduction sur l’univers, le personnage, ou quoi que ce soit. On ne sait même pas dans quel monde on se situe, on est là, simplement, et on admire le paysage.

Car la seconde chose que l’on remarque, c’est le talent que possède Satoko Hiyuduki pour dessiner et concevoir son monde. Les quatres premières pages, en couleurs, donnent tout de suite le ton. C’est superbe, tout simplement. Le trait est doux, il n’y pas d’erreurs d’anatomie choquante, ou de personnage voir paysage qui jure. Non, tout est un ensemble homogène et agréable à l’oeil, qui donne envie de s’y plonger complètement. Le maintient des pages couleurs qui démarrent chaque chapitre y contribue fortement, bien entendu. On remercie les éditions Kana pour cela.

Outre les pages couleurs, toutes celles en noir et blanc bénéficient d’un travail méticuleux de la part de l’auteur avec notamment des trames pour jouer sur les ombres et lumières des cases. Le découpage est lui aussi très bon, bien que déroutant au début: on a l’habitude lire les mangas de droite à gauche, alors qu’il faut ici lire de haut en bas, puis se décaler vers la gauche. Je vous ai perdu ? C’est bien la preuve qu’il faut un petit temps d’adaptation.

Le Voyage de Kuro, Tome 1, de Satoko Hiyuduki

Une fois cette adaptation faite, on n’a plus aucun mal à suivre les dialogues entre les personnages, à comprendre et à se laisser aller. Bien sûr, les dialogues sont simples, ils sont eux aussi très doux, en général. Il y a bien entendu quelques personnages aux paroles plus, comment dire, méchante, mais sans pour autant que cela casse le côté doux. Cela rajoute simplement la mélancolie, un des autres sentiments forts du manga, surtout concentré autour de l’héroïne Kuro.

A côté de notre héroïne on retrouve donc Sen, une chauve souris, ainsi que deux jeunes petites filles. Bien que ce soient des personnages secondaires, ils sont eux aussi travaillés et prendre une grande place dans ce que l’on peut appeler l’histoire. Bien entendu, les caractères sont somme toute simple, mais ne demandent qu’à être appronfondi dans les prochains tomes, pour nous toucher et/ou attendrir un peu plus.

Le Voyage de Kuro, Tome 1, de Satoko HiyudukiVous l’aurez compris, le Voyage de Kuro m’a tout de suite séduit. Son ambiance, légère, mais aussi très mélancolique, voir gothique, est vraiment prenante et agréable. Ce n’est pas le genre de manga que vous lisez pour lire des récits d’actions en tout genre, mais de ceux que vous lisez pour voyager, tout simplement. J’étais triste en terminant de lire ses dernières pages, et pourtant, j’avais l’impression d’avoir à peine commencé le voyage. J’ai hâte de lire la suite.

Et si vous préférez lire une preview pour vous en faire une idée avant de l’acheter, les premières pages sont disponibles sur Kanabox.


Embalming, Tome 1, de Nobuhiro Watsuki

illman dans Critiques, Livres, Manga le 5 mai 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Embalming, Une autre histoire de Frankenstein est le nouveau manga de Nobuhiro Watsuki. Un mangaka déjà connu notamment pour son grand succès, Kenshin le Vagabond et son plutôt moyen Buso Renkin. Le premier tome est sorti au début de l’année, aux éditions Kaze Manga, anciennement Asuka. Alors que vaut le premier tome de cette nouvelle série ? Synopsis

Embalming, Une autre histoire de Frankenstein, Tome 1, de Nobuhiro Watsuki

Il y a 5 ans, une créature monstrueuse à forme humaine a fait un massacre en attaquant une diligence, ne laissant que trois survivants, deux garçons, Fury et Wraith et une jeune fille. Fury et Wraith vivront ces cinq années pour leur vengeance jusqu’au jour où il se retrouveront nez à nez avec leur fameux ennemi. Et là, ils découvriront une terrible vérité: les Frankensteins, créatures faites d’assemblages de cadavres, arpentent les terres.

Je n’avais pas d’apriori et je n’ai jamais lu le Frankenstein d’origine mais je suis un peu déçu. L’idée des Frankensteins multiples aurait pu être intéressante. Le problème, c’est qu’ils semblent pulluler, du coup ils sont bien moins intimidants et encore moins mystérieux, ils sont banals. Il faut dire qu’on nous lâche peut être un petit peu trop d’informations pour un premier tome, et on semble se diriger vers une série courte. Il y a notamment eu seulement trois tomes au Japon en deux ans de publication, ce qui semble peu.

Niveau personnages, ô surprise le héros Fury n’a pas 12-13 ans mais les 18 ans passés, ce qui est assez surprenant dans un Shonen. Son moteur, la vengeance change de d’habitude et il est un poil moins neuneu que la moyenne, choses agréables. Toujours dans le casting, on se retrouve avec un personnage assez douteux qui semble s’être trompé de manga. Une femme médecin en porte-jarretelles  qui ressemble à une prostituée et qui a l’air de faire partie des personnages principaux, j’ai trouvé ça d’un goût assez mauvais. Un personnage sort du lot et je pense qu’il sera le méchant, mais bon il manque quelque chose pour en faire un vrai méchant, il est un peu trop effacé et ses motivations ont l’air pas nettes, j’espère qu’ils en trouveront un plus charismatique pour la suite.

Embalming, Une autre histoire de Frankenstein, Tome 1, de Nobuhiro Watsuki

Venons en au cœur de ce qui fait un manga, le dessin de Nobuhiro Watsuki. Le chara-design de Fury est pas mal, encore heureux, c’est le héros, mais les autres personnages font pale figure et très quelconques à coté de lui. Les méchants Frankenstein ne sont pas mieux. Pour avoir lu et aimé Kenshin, je m’attendais à beaucoup mieux de ce coté. Les décors, si l’on se cantonnait à l’architecture, sont corrects, mais sinon c’est un peu vide, j’enfonce des portes ouvertes là vu le genre. Les scènes d’action ne sont pas trop bordéliques, à part deux trois cases, les combats sont plutôt clairs et on ne joue pas à qui est qui au milieu des lignes de vitesse.

Je ne sais pas si Kaze Manga est tout simplement fidèle aux couvertures d’origine, mais ils ont le sens de la couverture. Je suis plusieurs séries chez eux et je les trouvais déjà de bonne qualité, au vu du prix, et Enbalming suis le même chemin. A noter aussi l’illustration couleur en début de volume est bienvenue et plutôt stylée. Au rayon des bonus, entre chaque chapitres on peut trouver diverses notes de l’auteur concernant ses choix scénaristiques, de dessins, des anecdotes sur la genèse de son manga ainsi que des sortes de cahiers techniques où l’auteur fait part des  recherches qu’il a fait pour écrire sa série. C’est largement plus intéressant que ce qu’on a l’habitude de croiser dans d’autres mangas.

Embalming, Une autre histoire de Frankenstein, Tome 1, de Nobuhiro WatsukiUne petite note à part qui m’as bien fait rigoler, il faut 1,21 GigaWatts pour créer un Frankenstein. Ça ne vous rappelle pas les 2,21 GW de Retour vers le futur, hein ? (là je fais un clin d’œil)

En bref, une nouvelle série sympa, mais il faudra voir la suite pour mieux juger, parce que bon c’est toujours limite de le faire sur un premier tome. Je dois avouer que les deux dernières pages de ce volume ne laissent pas augurer du meilleur, sigh. Jetez y un coup d’œil si vous aimez les Shonens d’action.

A noter que le deuxième tome sort courant mai, on aura donc vite notre réponse.