Livres » Manga » Critiques
123 23 articles

Black Buttler, Tome 1, de Yana Toboso

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 26 novembre 2009, avec 13 commentaires
Critiques

Black Buttler est un manga de Yana Toboso appelé Kuroshitsuji en VO. 7 volumes sont parus au japon depuis Fevrier 2007, et Kana vient tout juste d’éditer le premier tome, à grand renfort de pub. J’avais lu le feuillet publicitaire avec les premières pages, et j’avais été pas mal conquise donc, quand il est sorti, je n’ai pas tardé à le lire. Il est à noter que le manga est classé en Shonen mais, nous y reviendrons plus tard, ce classement ne doit pas vous bloquer. Pour l’instant c’est autant du Shonen que God Child, donc, c’est pas du Naruto hein. Synopsis ?

Kuroshitsuji, Black Buttler de Yana Toboso

En Angleterre, à l’époque victorienne, le conte Ciel Phantomhive, 12 ans, est l’unique héritier d’une noble famille. Il vit dans un manoir avec des domestiques, dont son majordome Sebastian. Autour de ce dernier gravitent d’autres personnages, plutôt secondaires: un jardinier, un cuistot et une bonne. Sauf que Sebastian est un majordome un peu… particulier.

Il est difficile de vous en dire plus sans spoiler. Parce que ce premier tome est basiquement une introduction, comme c’est souvent le cas dans les mangas. Il ne regroupe que 3 ou 4 chapitres. Au cours de ceux ci, on nous présente rapidement la situation, et les personnages qui vont être amenés à agir, à travers de petites histoires one shot, c’est à dire, sans lien les unes avec les autres.

Kuroshitsuji, Black Buttler de Yana TobosoLa première chose qui marque, évidemment, c’est le dessin. C’est en tout point superbe. Les noirs sont ultra-maîtrises, les visages sont beaux, les décors (et les gâteaux, miam) sont juste parfaits, vraiment il n’y a rien à redire. Les scènes sont dynamiques, l’auteur inclut de nombreux SD, quant aux phases de combat, car il y en a, elles sont dynamiques, les perspectives sont poussées, et l’action est très bien retranscrite. Bref, il n’y a rien à redire, en dessin, Black Buttler c’est du très haut niveau. Il manque peut être ce petit quelque chose qui rendra le style de l’auteur absolument impossible à confondre, mais c’est vraiment chipoter.

Au niveau des personnages, je trouve pour l’instant Ciel très effacé, mais quelque chose me dit qu’il en cache pas mal. A voir avec la suite pour savoir si on aura droit à la caricature du mec dark-torturé. Sebastian est juste génial, classe, beau, efficace, bref, je l’adore. Les personnages secondaires, les domestiques, mettent pas mal de légèreté dans les situations, moi j’aime beaucoup le cuistot. J’ai pas mal ris de leurs bêtises et des efforts de Sebastian pour tout réparer. L’humour est en effet très présent, très grotesque avec les domestiques, plus cynique avec Sebastian. Ce dernier réussi même à avoir la classe en se battent avec une petite cuiller. (note de dabYo: la classe étant très relative)

Pour ce qui est de l’histoire en elle même, je suis un peu perplexe quand même… On a un petit goût de déjà vu. Je parlais de God Child tout en haut, et c’est difficile de ne pas faire la comparaison. L’ambiance est très noire, très gothique, comme dans God Child, l’époque est la même, le pays aussi, même Sebastian a un design très proche de Cain, on assiste à une forte relation entre un conte et son majordome …. Bref, pour ce premier tome, on a un peu l’impression d’être face à un plagiat éhonté.  La présence de la magie noire à la fin du tome ne fait que confirmer cette impression, mais cette fois, avec l’emprunt à d’autres mangas, Hellsing par exemple, A voir dans les prochains tomes…

Kuroshitsuji, Black Buttler de Yana Toboso

La dernière page du tome montre tout juste ce qui va être le principal plot de ce manga, donc du coup il est dur de réellement juger la série. En tout cas, je lirais le tome deux sans hésiter. A noter qu’un anime est sorti  en octobre 2008, qui a fait un tabac. Il ne passait pas un jour sans que sur deviantart je tombe sur un fanart. L’anime semble apparemment assez différent de l’histoire du manga à partir de quelques épisodes, donc, je compte aussi le regarder.


Vampire Kisses, Tome 1, de Ellen Schreiber et Rem

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 23 septembre 2009, avec 8 commentaires
Critiques

Vampire Kisses est un manga de Ellen Schreiber, qui contrairement à ce qu’on aurait pu croire, est américaine et non allemande, et de Rem. Les mangas avec deux auteurs c’est rare, et pour cause. Il ne s’agit en fait pas la réellement de deux auteurs. Ellen a écrit une série de bouquins assez populaire aux États-Unis, de la Bit-Lit, alors je pense que vous en entendrez parler encore ici. Cette série en tout cas a été assez populaire pour être adaptée en manga. Trois volumes sont sortis aux US, et Soleil vient tout juste de sortir le premier tome par chez nous. Enfin, ça fait un bon mois maintenant, mais quand j’avais écris cet article, il venait tout juste de sortir.

Vampire Kisses

Enfin, quand je vous dis que c’est une adaptation, c’est entre nous malheureusement, car ce n’est précisé nulle part dans le manga. Je trouve là encore dommage le manque de communication. Soleil ne semble dire nulle part que cela s’inspire d’une série de romans. J’ai découvert ça en cherchant sur le net des informations pour cet article. Avec sa belle couverture, et le fait que ça ne soit pas un manga japonais, il est difficile de ne pas penser à Catacombes sorti il y a quelques mois par Pika. C’est pour cela que je ne me suis pas jetée sur le manga, et je viens de lire Vampire Kisses plus par hasard que par réel intérêt. Et pourtant…

Nous suivons Raven une adolescente de 16ans, look gothique. La donzelle est fascinée par les morts vivants, et ça tombe bien car son petit ami Alexander est un vampire. Le truc c’est qu’un adorable rendez vous romantique leur fait découvrir des tombes vides ! Ah oui, j’oubliais, rendez vous romantique, je veux dire, dans un cimetière. De là s’amène une intrigue avec le méchant frérot du héros, des vampires seksy et de l’aventure. J’ai pas envie de vous en dire plus pour ne pas vous spoiler.

Raven de Vampire Kisses

Raven

Bon, là ça donne pas trop envie. Moi qui râlais des stéréotypes goth dans mon article sur Vierge Noire ! En plus on entre très vite dans l’histoire, un peu trop. C’est catapulté, en deux pages Raven nous apprend que son Alexander chéri est vampire, et pouf on part de là.

On ne sait pas comment ils se sont rencontrés, ni réellement la vision des vampires de l’auteur. Je pense qu’il est possible que cela vienne du fait que cela soit l’adaptation d’un roman. Peut être pour ne pas lourder les fans ? Ou pour directement conquérir les novices par de l’action? Je ne sais pas, mais c’est un peu perdant au départ.

Cependant… Le dessin tout d’abord est superbe. Bien sûr toutes les cases ne sont pas au même niveau mais Rem a un très beau trait, ses personnages sont beaux, il alterne les cadrages, essaie des perspectives. Au final, on arrive a un beau manga et très dynamique. Ce dernier est renforcé par la palette d’expression des personnages. Nous sommes dans un Shojo donc vive les SD à foison , les visages proprement hilarants. Oui hilarant, car j’ai énormément rit devant ce manga (toute seule dans une librairie, ahem). Les situations cocasses sont légions. Imaginez : comment doit faire une vampire pour se recoiffer ? Elle ne peut pas se voir dans le miroir !  Raven rêve souvent éveillée et elle est très drôle.

Quant à l’histoire elle même, bien qu’un peu tarabiscotée, elle se suit bien, elle est relativement intéressante, mais malheureusement parasitée par le manque de détails à propos de la vision des vampires de l’auteur, ainsi que par le manque de renseignement des protagonistes. Je pensais qu’Alexander était un vampire, mais à un moment, je me suis demandée si il n’était pas à moitié humain. Et en refermant le tome, je ne sais pas du tout.

Le manga se révèle être une très bonne surprise et m’a bien conquise. C’est frais, ça se prend pas au sérieux, c’est bien dessiné. Un Shojo idéal pour l’été.  J’ai assez hâte de lire les suivants.

Vampire Kisses de Shreiber et Rem

Enfin, sachez qu’il y a trois tomes aux US, je ne sais pas si la série est finie. Par contre, apparement, c’est parallèle aux bouquins. Je veux dire, ce n’est pas un bouquin spécifique qui a été adapté en manga, mais un scénar crée pour le manga. Quant aux romans, ils ne sont à ma connaissance pas traduits en francais. Cependant, sachez qu’il existe une édition anglaise regroupant les trois premiers tomes pour 9$ … et que j’ai déjà acheté.


BexBoy, le magazine Yaoi PWP d’Asuka

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 24 août 2009, avec 10 commentaires
Critiques

La prépublication des mangas est une pratique très ancrée au japon. En France, Shonen s’y est cassé les dents, Magnolia a tenu une année. Bref il semblerait que les essais de prépublication aient montré que ce n’était pas adapté au public. Cinq ans après Magnolia et sa prépublication de Shojo, le manga est plus que jamais bien implanté. Alors il semble logique que des éditeurs retentent l’aventure. Asuka est le premier à se lancer, et avec une formule audacieuse: un magazine de prépublication entièrement consacré au Yaoi.

Bexboy le magazine Yaoi de Asuka

Alors pour ceux qui ne sauraient pas, le Yaoi c’est un genre de mangas qui met en scène des relations entre hommes, quand c’est entre femmes on parle de Yuri. dans le genre il existe aussi le Shonen-Ai. La différence étant que le Shonen-Ai ne comporte pas de scènes sexuelles, et est destiné a un public plus jeune que le Yaoi, qui veut avoir un ton plus adulte. Le Shonen-Ai ne me dérangeant pas, et étant curieuse, j’ai acheté ce magazine. Sous blister, couverture rose moche, il porte une petite mention pour public averti, mais il était quand même à coté du dernier Naruto et avec un exemplaire en plus pour le feuilleter… Bon, là malheureusement, c’est un problème récurrent et qui est à mettre sur le dos des libraires. Les mangas parfois Hentai sont placés à la portée des premiers jeunes venus. Bon, je suis majeure et vaccinée mais quand même.

Donc me voici à lire BexBoy. Il s’agit de la prépublication de 9 titres inédits en France. 340 pages, même format que feu Magnolia, le papier quant à lui semble de bonne qualité. Les 9 titres ont pour la plupart un beau graphisme, là dessus je n’ai rien à redire.  Nous avons donc Lovely Teacher, Do you know my detective, Silent love, Yebisu Celebrities, Hey Sensei, Viewfinder, Chemistry lab, My demon and me, Whispers. Que des titres en anglais, je suppose que ça fait classe au Japon. Toujours est-il que je n’en avait jamais lu aucun. Faut dire que je ne suis pas du tout une spécialiste du Yaoi.

Bexboy le magazine Yaoi de AsukaEt apparemment c’est en gros les filles comme moi que vise Asuka : les novices en Yaoi, âgées de la 20aine. Car il faut quand même savoir que si ce sont des histoires qui mettent en scène des relations amoureuses entre hommes, le public qui lit le Yaoi est quasiment uniquement constituées de filles… Bon pour la novice, c’est un peu rapé, il n’y a aucune explication sur les termes (Yaoi, boy’s love, etc etc), ni même d’édito. Niveau maquette c’est le strict minimum. On balance les séries et basta. Bon, je dis pas qu’il faut blinder le magazine d’articles comme le faisait Magnolia, mais bon pour le premier numéro ce ne serait pas de trop à mon goût. De même pour conquérir la novice, il faut lui présenter le meilleur mais surtout le plus accessible.

Alors on commence gentiment avec une histoire de deux profs (un homo et un bourré de préjugés envers les homos). L’histoire est mignonne et bien dessinée. Elle pourrait préluder à une histoire intéressante et mignonne, car c’est le principe. La deuxieme histoire Do you know my detective est hilarante, humour typiquement Shojo, personnages dynamiques et attachants. Bon, dans les deux il n’y a pas trop trop de scenar, mais bon, c’est le début. C’est la suite qui se corse. Car les histoires suivantes semblent relever de ce qu’une fanficceuse appellerait du PWP (d’ou le titre : plot, what plot, signifiant littéralement « Scénar ? Quel scénar ? » ).

En effet, le scénario tient sur une peau de chagrin, et ne semble être qu’un prétexte aux scènes de cul, qui arrivent comme un cheveux sur la soupe. Un peu comme si au deuxième tome de Elle et lui, bah comme ça, scène de cul torride alors que les deux amoureux se sont à peine échangés trois mots auparavant. Niveau histoire d’amour, on a vu mieux. Ce n’est ni crédible, ni attachant, j’avais plutôt l’impression de lire les fantasmes de l’auteur. La palme revenant a Viewfinder, qui sous un prétexte minuscule propose 10 pages de viol sado-maso. De quoi vous faire régurgiter votre petit déjeuner. Ah oui bien sur le violé prend son pied, et sera sans doute amoureux du violeur dans le prochain tome. Le genre typique d’histoire qui me fout la gerbe.

Alors oui y’a écrit pour public averti, mais j’étais loin, très loin de m’attendre à tomber sur du Hentai. Soyons clairs, lire des scènes de sexe dans des mangas, ou des livres ne me gène pas, tant qu’elles servent à quelque chose. Ou bien quand à coté elles sont contrebalancée par une histoire du tonnerre (j’aime beaucoup Gantz, ou bien Berserk).

Là ce n’est pas le cas. C’est un ramassis de fantasmes douteux, d’histoires bancales, voir inexistantes, où les scènes de cul sont plus détaillées que le reste. En fait, on dirait que ce sont les seuls morceaux qui intéressent l’auteur. et les lectrices ? Je ne sais pas. Oh, bien sûr il y a des prétextes (l’élève amoureux de son prof qui n’ose pas lui dire, le photographe qui prend des photos compromettantes, le mec qui voit le fantôme de son compagnon), mais comme le nom l’indique ce ne sont que des prétextes. Plus on avance dans les histoires, plus le seul point d’orgue de chaque chapitre, c’est la scène de cul, quand ce n’est pas de viol, bien évidemment.

Bexboy le magazine Yaoi de Asuka

Pour voir l'avertissement faut vraiment le faire... Heureusement c'est sous blister... Si le libraire ne l'a pas enlevé.

Je ne parlerais pas de l’idéalisation de l’homosexualité, absolument pas réaliste, qui prouve si besoin en était que c’est dessiné par des hétéros (y’a des exceptions) pour des hétéros. Aucun aspect de société n’est évoqué si ce n’est dans la première histoire, où l’un des deux héros est homophobe. Si le Yaoi c’est ça, alors ce n’est pas pour moi. Les histoires n’ont aucune profondeur (par contre, l’anatomie des héros …). Sans parler du manque cruel d’originalité pour la plupart d’entre elles : trois histoires se passent dans le milieu des professeurs… Super. Excusez moi d’être naïve, et de penser que le Yaoi s’adressait à un public mature. En fait, non, il s’adresse -du moins ici- juste à un public -féminin- qui fantasme à l’idée de voir deux hommes idéalises se défoncer mutuellement s’adonner à des plaisirs charnels.

Ce magazine se révèle donc étre une énorme déception. Il donne une mauvaise image du Yaoi, me semble trop hard pour une novice (Viewfinder était clairement en trop pour moi). Alors il y aura sans doute un public, mais la communauté de fans du Yaoi de ce type me semble être trop petite pour pouvoir faire survivre ce mag. Quant aux novices, je leur souhaite bon courage.

A noter tout de même que d’après le blog de l’éditeur, il semblerait que le magazine ait beaucoup plu à la communauté du milieu, qui en profite pour taxer de frustrée quiconque ayant été choqué par certaines histoires dans les commentaires.