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Detroit Metal City de Kiminori Wakasugi

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 12 avril 2014, avec 2 commentaires
Critiques

Je ne me rappelle plus bien comment j’ai fini par découvrir Detroit Metal City. Surement grâce à illman qui dealait ses mangas alors que nous étions à la fac. Car il faut bien dire qu’avec une couverture dont le personnage principal a tout pour jouer avec Kiss ou dans un groupe de Blackened Death Metal, un titre qui ne laisse aucun doute sur son orientation, ce manga devait forcément atterrir entre nos mains. Créé par Kiminori Wakasugi, Detroit Metal City est un manga parodique et humoristique en dix tomes, tous déjà publiés en France par les éditions 12bisSynopsis.

Detroit Metal City de Kiminori Wakasugi

Alors qu’il est venu à Tokyo pour faire décoller sa carrière embryonnaire de chanteur de pop suédoise, le jeune et doux Soichi Negishi se fait embarquer de force dans un groupe de musique de Death Metal complètement satanique: Detroit Metal City ! Avec deux autres musiciens, ils sont martyrisés par leur productrice sans foi ni loi qui les fait porter des costumes, se maquiller et les oblige à faire des obscénités sur scène. Tant et si bien que derrière son masque de Johannes Krauser II, Soishi s’avère être une vraie bête de scène, conquérant les fans de Metal qui ne jurent plus que par DMC !

Cela fait très longtemps que je voulais parler de Detroit Metal City, la lecture du dernier tome que j’ai fait tarder bien trop longtemps est donc l’occasion idéale. Ce manga est tout simplement génial. Tant et si bien qu’il est vraiment difficile d’en parler sans passer pour un psychopathe. Car le mot génial n’est pas anodin, le manga est tout simplement absurde et enchaîne les scènes what-the-fuck les unes après les autres.

Detroit Metal City

C’est d’abord un manga sur le monde du metal qui a très bien compris ses codes et son attitude. Résolument second degré, complètement débile, immoral au possible, on va suivre un personnage complètement schizophrénique et victime de ses deux personnalités. Sans masque, Soichi est ce qu’on appelle couramment la bonne gentille bonne poire, trop gentil pour survivre dans ce monde sans se faire marcher dessus. Et du coup, il lui suffit d’un petit incident pour qu’il finisse par remettre son masque de Krauser II et se laisse aller aux pires obscénités. Attouchements, délires scatophiles, viol de la Tokyo Tower, rien n’est assez monstrueux pour cette bête démoniaque.

La question de la morale est du coup évidemment à prendre en compte, puisque même si le personnage est rongé par les remords, jamais son attitude n’est réellement condamnée par l’auteur. Cela dit, le second degré de ces scènes est largement suffisant pour ne pas y voir une incitation. Reste que si au début les délires de Krauser II sont hilarants, on finira quand même par se lasser un peu, les tomes pouvant paraître moins inspirés au fur et à mesure. Il faudra alors faire une pause de la lecture pour la reprendre plus tard, le plaisir revenant.

Detroit Metal City Brother

En dehors du côté délirant, le tout est vraiment très Metal. Toute une mythologie autour du groupe est créée, toujours satanique et cohérente avec ce qu’on retrouve par exemple au Hellfest. Une caricature évidement, mais une géniale, avec les détails qui tuent, les petites phrases et les références qui font forcément plaisir. Le nombre de fuck à la seconde, la quête de la guitare la plus Metal, le Death Penis, etc. Quand Krauser II répond au téléphone, c’est la déesse des enfers qui l’appelle, évidemment. Un vrai cadeau pour les fans du genre que nous sommes.

Si le scénario se perd un peu dans ses délires, au point de devenir lourd par moment, le dessin quant à lui est d’une régularité à toute épreuve. On ne peut pas le qualifier de beau, loin de là, la plupart des personnages sont souvent hideux et les détails assez peu fournis. Mais Krauser II est une tuerie et les détails Metal sont bien là, avec une mise en scène géniale, complètement démoniaque.

Detroit Metal City de Kiminori Wakasugi prouve encore une fois que la bande dessinée japonaise est remplie de perles. Il y a celles qui transforment le Go ou la cuisson de pain géniaux, et puis il y a les domaines encore plus pointus. Detroit Metal City est sans aucun doute la création centrée Metal la plus fidèle et hilarante. Et puis, l’anime est tout aussi bon, alors il n’y a aucune raison de ne pas se jeter dessus.


20th Century Boys de Naoki Urasawa

illman dans Critiques, Livres, Manga le 28 mars 2012, avec 1 commentaire
Critiques

20th Century Boys est un manga de Naoki Urasawa, une série Seinen qu’il a publié après avoir fini son autre série phare du genre, Monster. Celle-ci se déroule en 22 volumes et se termine avec un épilogue, 21st Century Boys, qui est en deux volumes. Ce changement de titre est dû à un simple changement de magazine vers la fin de la publication au Japon. Passons au synopsis de cette excellente série, spoilerless bien entendu.

Personnages de 20th Century Boys de Naoki Urasawa

On laisse son passé derrière soi, on se le remémore par bribes nostalgiques, mais il ne revient jamais vraiment. C’est tout du moins ce qu’imagine Kenji Endo dans son petit supermarché. Jusqu’au jour où une secte étrange émerge, réalisant des actions qui semblent avoir un rapport avec lui… et son passé. Surtout ces actions sont tirés d’un cahier de prédictions où Kenji et ses comparses s’amusaient à imaginer la fin de l’humanité avec leur imagination d’enfant…

Mais commençons par une petite présentation de Naoki Urasawa. Il faut savoir que cet auteur jouit d’une certaine notoriété en Europe et d’une plutôt grosse renommée au Japon, le plaçant dans les rangs des bankables, ces mangakas dont le seul nom fera vendre. Il a à son actif plusieurs séries majeurs :  Happy, Master Keaton, Monster, Pluto et la série qui nous intéresse, 20th Century Boys. Ces trois dernières sont publiées et traduites en France. Il fait aussi partie de mes mangakas préférés, bien entendu.

On ne dirait pas comme ça en lisant le synopsis, que j’ai fait le plus évasif possible, mais il y a une bonne part de Science Fiction dans l’histoire. Le scénario est plutôt complexe et va demander de s’accrocher un peu par moment, notamment à cause de flashbacks/flashforwards fréquents, mais toujours justifiés. L’histoire est assez dense et toujours en mouvement. On se retrouve avec un bon rythme accrocheur, sans accroc. Si on voulait comparer, le scénario est un poil moins complexe, à mon avis, que celui de son autre série Monster. Mais ce qu’on perd en complexité, on le gagne en force de narration et en fluidité de lecture. Là où j’avais trouvé Monster un peu laborieux, 20th Century Boys s’enchaine sans explication de deux pieds de long; et c’est tant mieux, sinon j’irai lire mes Black et Mortimer.

20th Century Boys de Naoki Urasawa Image

Comme à son habitude, l’auteur amène des antagonistes fouillés et machiavéliques à son histoire. Éléments extrêmement important dans ses histoires, ils prennent ici une encore plus grande dimension, occupant le devant de la scène internationale et mettant en place un véritable culte de la personnalité. J’ai trouvé ces méchants particulièrement savoureux.

Le style d’Urasawa est assez reconnaissable, réaliste et maitrisé. Il serait parfait pour représenter des tranches de vie. Ça ne plaira pas forcément à tout le monde, je consens qu’il faut un temps d’adaptation au début mais personnellement maintenant, j’adore. Pour la petite histoire, le titre du manga est tiré d’une chanson du groupe de rock T-Rex, pour ceux qui connaissent ça ne doit pas les rajeunir. La musique a d’ailleurs une place importante dans ce manga, notre héros ayant été guitariste et nous le rappelant tout du long.

Tout n’est pas sans défaut bien entendu, et je ferai quand même un reproche concernant les personnages. Ils sont certes reconnaissables physiquement, mais avec tous les sauts dans le temps, on a vite fait de se paumer et de se demander qui est qui, qui a fait quoi, même si parfois se poser cette question sert l’intrigue. Leur multitude n’aide pas forcément, on est submergé de noms et de personnages, dur de faire le tri. Mais bon, on va dire qu’il suffit d’augmenter le niveau d’attention qu’on porte à sa lecture pour y remédier.

20th Century Boys de Naoki Urasawa

Certains des personnages principaux étant jeunes

La série est une ode à l’enfance (ou à Alzheimer selon certains), à toute l’imagination qu’on avait et qu’on semble perdre en arrivant à l’âge adulte. On ne peut que voir les flashbacks avec une certaine nostalgie, pour peu qu’on ait vécu un peu dans la cambrousse étant enfant avec des potes. Comme quoi, on s’amuse quasiment partout de la même manière quand on est gamin.

20th Century Boys de Naoki UrasawaEn ce qui concerne l’édition, mon avis est plutôt neutre. Alors certes, Panini Comics est toujours l’un de ces éditeurs qui pratique des prix prohibitifs, mais pour une fois, l’édition est supérieure à ceux que j’ai pu voir pour d’autres de leurs titres et justifierait « presque » le prix de 8€95.

Au final, 20th Century Boys est un Seinen incontournable, culte au même titre que Monster pour certains. Je ne peux qu’exprimer ma fascination pour cette histoire qui se dévore et qui vide mon porte-monnaie au fil des tomes. Une excellente série à découvrir ou à redécouvrir. Ainsi se termine mon premier vrai article arlésienne qui aura mis plus d’un an a être écrit.


Arata, Tome 1, de Yuu Watase

illman dans Critiques, Livres, Manga le 13 septembre 2011, avec 1 commentaire
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Arata de Yuu Watase est un manga publié par les éditions Kurokawa et traduit par Frédéric Malet. Sept tomes sont parus à ce jour en France pour une série qui se poursuit encore au Japon avec un douzième volume. L’auteur est surtout connue pour ses Shojos, tels Ayashi no Ceres ou encore Imadoki, mais il s’agit là d’un Shonen. Avant de donner mon avis, un petit détour par le synopsis pour se mettre en jambe.

Arata, tome 1, de Yuu Watase

Arata est le descendant d’un clan qui fournit au royaume des prétendantes au trône, qui doivent donc être de sexe féminin. Cette année c’est à ce clan de fournir une princesse et manque de bol, Arata est un mec. C’est déguisé en fille qu’il va quitter son village natale pour éviter que sa grand-mère ne soit coupable d’avoir falsifié son acte de naissance. Va s’ensuivre des galères pas possible pour lui avec changements d’univers à la clé.

J’avoue, le synopsis ne donne pas forcément envie, je dirais même que les deux premiers chapitres partent carrément mal. J’ai eu peur de me retrouver face à du cross-gender, un genre que j’abhorre particulièrement et qui n’a pas un grand intérêt à mes yeux. Heureusement pour moi ce n’était que passager et l’histoire remonte en intérêt lors de l’apparition d’un « second » Arata.

En parlant des personnages, ils sont tous dans le genre effacés et plutôt stupides. Je veux bien qu’on soit dans un Shonen, mais les deux Arata ne se ressemblent pas du tout alors il va falloir m’expliquer comment les autres personnages peuvent les confondre… Après je suis tombé sur des synopsis qui parlaient d’échanges d’esprit mais c’est hautement improbable vu la manière dont c’est décrit. Je dis ça parce que c’est un élément crucial de l’histoire et que ça tient par un bout de ficelle. Ça risque d’être compliqué à rattraper dans les tomes suivants…

J’ai trouvé la narration de ce premier tome d’Arata un poil fouillie, les transitions entre les deux monde se font un peu n’importe quand et de manière un peu trop abrupte à mon gout. Ça se lit mais l’ensemble, ça ne donne pas envie de s’accrocher pour suivre et pourtant il y en aurait besoin.

Arata, tome 1, de Yuu WatasePour le dessin, c’est du Yuu Watase et c’est dans la moyenne de ce qu’elle produit d’habitude. J’aime bien le trait des personnages, plutôt soigné, avec des costumes à la hauteur. Par contre les arrière-plan sont d’un vide désespérant. La couverture est plutôt sobre et jolie, sans casser des briques.

Bref vous l’aurez compris, je déconseille vivement cette nouvelle série de Yuu Watase, à la narration et intérêt beaucoup trop chaotiques et inégaux. Les habitués du genre seront déçus, et si vous voulez commencer un Shonen, oubliez Arata, il y a à mon avis des dizaines de meilleurs choix, Fairy Tail au hasard. J’espère juste que c’est une erreur de casting et pas une tentative de capitalisation sur le nom de l’auteur, plutôt réputée.


Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

illman dans Critiques, Livres, Manga le 14 février 2011, avec 1 commentaire
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Summer Wars est l’adaptation en manga du film d’animation éponyme sorti en 2010 et créé par Mamoru Hosoda. Kaze s’occupe de la traduction et édition dans nos contrées, et a sorti le premier tome au mois de novembre de l’année 2010. C’est Sugimoto Iqura qui s’occupe du dessin sur cette version papier, tandis que le scénario est supervisé par Yoshiyuki Sadamoto qui s’est par ailleurs occupé du chara-design des personnages. Alors, est ce que ça vaut le coup ? Commençons par un synopsis.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

Kenji a la bosse des maths, mais comme il est un peu distrait, il va se faire éjecter des sélections pour les olympiades de maths et se retrouve à occuper son été à faire la maintenance de Oz, une sorte de réseau social mondial, mais en pire. Mais ça c’est avant que Natsuki, la fille pour laquelle il craque lui demande un service qu’il va s’empresser de vouloir lui rendre et qui va lui réserver bien des surprises.

Je vais commencer par vous parler de Oz, étant donné que c’est l’élément absolument central de l’histoire. Imaginez une sorte de Facebook où quasiment tout le monde serait inscrit et possèderait un avatar (très moche pour certains). Mais ça ne s’arrête pas là, nos avatars auraient les mêmes autorisations, pouvoirs que leur homologue humain, par exemple contrôler l’aiguillage sur les lignes de train avec le compte d’un gars de la SNCF. Dans le manga, ça marche presque nickel, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, etc… Mais c’est quand même super glauque je trouve.

Pour le scenario, on va dire que sur l’ensemble est sympa, mais certains détails sont surréalistes et collent à peu à la réalité. Par exemple, un gars qui casse de tête un mot de passe avec une clé cryptographique de 512bits. Alors ça passe bien entendu pour les néophytes, mais pas pour ceux qui s’y connaissent. Ça dessert du coup un peu ce monde fantaisiste qui se veut quand même plutôt réaliste. On rentre assez vite dans le vif du sujet, c’est sans doute dû au format original, mais je dois avouer que ne pas avoir des chapitres d’introduction à rallonge est rafraichissant.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

Niveau dessin, ben c’est du Shonen, donc les personnages sont travaillés, le chara-design est vraiment sympa mais comme d’habitude, les arrières-plans et décors font de la peine, quand il ne sont pas carrément absents. Enfin bon, c’est le genre qui veut ça. Je noterais quand même quelques cases où le dessin a du être confié à un assistant fatigué, mais bon, là je pinaille. Certains détails peuvent toutefois choquer, je me suis retrouvé à me dire « Oh mon dieu, les japonais utilisent IE7« , vu que les protagonistes accèdent à Oz par ce navigateur à plusieurs moments… C’est une fois de plus l’informaticien qui parle.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura SugimotoJe ne m’aventurerais pas à comparer le film et son adaptation, n’ayant pas encore eu l’occasion de le voir en salle ou en DVD, mais après en avoir parlé avec un ami qui l’a vu, ce serait une adaptation assez fidèle au niveau de l’histoire. Concernant l’édition, on a droit à des pages couleur comme ça à l’air de devenir un peu la norme pour les tomes 1. Kaze a fait du travail propre avec ce premier tome de Summer Wars, ça ne fera pas tâche dans les étagères.

J’ai bien aimé lire ce tome, la série n’ayant que 3 tomes en tout, ça peut être un achat sympathique et pas prise de tête. Je me laisserais bien tenter d’ailleurs.


Difficile d’être passé à côté d’Ultimo si vous étiez sur Paris cet automne, puisque Kaze a mis les moyens pour promouvoir l’arrivée de la série de Stan Lee en France: magazines, publicités dans le métro, tout y passait. Mais… Stan Lee vous dites ? En manga ? Mais c’est pas plutôt les comics lui ? Et bien si, mais pour d’obscures raisons une collaboration a pu avoir lieu entre le créatif de renom de Marvel et le japonais Hiroyuki Takei, notamment à l’origine de Shaman King. De ce travail commun est né Krakuri Dôji Ultimo, dit « Ultimo », une série Shonen débutée en 2009 au Japon et encore en cours de publication. Alors, que vaut cette collaboration ? Stan Lee peut il passer avec succès de la bd américaine à la japonaise ? Synopsis.

Karakuridôji Ultimo, Tome 1, de Stan Lee et Hiroyuki Takei

Au XIIème siècle, sur les terres japonaises, ont été créées deux Karakuridôji particulières. La première, incarnation du bien, et la seconde, incarnation du mal. C’est un fabriquant assez mégalo qui les a créé dans le seul but de savoir qui du Mal ou du Bien vaincra. Mais c’est à notre époque que l’histoire va réellement débuter, puisque le corps d’un des deux pantins a été découvert et réveillé par Yamato, un lycéen courageux mais pas des plus doués pour l’assiduité en cours.

Si vous connaissez Shaman King, vous devez déjà vous douter que l’on va retrouver des similitudes entre les deux œuvres. Et c’est bien le cas, puisqu’on découvre rapidement que notre héros va pouvoir se battre avec son Karakuridôji, et qu’il n’est pas le seul à le faire à notre époque. Ces marionnettes n’en sont pas vraiment, elles sont vivantes et ont leur propre personnalité, elles collaborent avec leur maître et un lien pour l’instant inconnu les lie. Difficile de ne pas penser aux fantômes qui combattent avec leur maître dans le célèbre manga de l’auteur.

Quoi qu’il en soit, c’est cet univers que le premier tome va tenter de mettre en place, en créant aussi un lien avec le passé puisque l’histoire semble se dérouler sur plusieurs époques. En effet, on retrouvera au fil de la lecture des flashbacks où les personnages du passé arborent des chara-design et des personnalités identiques. Le principe de la réincarnation des âmes est sans doute à considérer, puisque plus ou moins évoqué au long de la lecture. C’est en tout cas un univers riche que nous proposent ici Hiroyuki Takei et Stan Lee, assez loin de ce que l’on connaît habituellement de la part de l’américain, mais très proche de celui du japonais.

Karakuridôji Ultimo de Stan Lee et Hiroyuki Takei

C’est cependant là le plus gros point fort d’Ultimo, et je dirai presque, son seul. Le style des dessins est quasi identique à celui qu’on a pu voir dans Shaman King, on aime ou on aime pas. Sa finition reste cependant de très bonne facture, quoi qu’un peu simple et très typée. Il est plus ou moins reconnaissable mais loin d’être inoubliable, tant il est proche d’autres œuvres du même genre. La découpe générale est assez dynamique et l’action prenante, mais c’est plus par la narration et les dialogues que l’œuvre pêche. En effet, la plupart des dialogues sonnent plutôt creux et ne donnent pas envie d’en savoir plus, niais à souhait la plupart du temps, quand il n’est pas tout simplement ultra caricatural.

Un problème d’autant plus gênant que l’univers n’est pas très engageant à première vue. Une histoire de marionnettes avec des pouvoirs, ça fait très déjà vu. Les révélations successives que l’on nous fait, que ce soit sur les Karakuridôji ou bien sur la réincarnation des âmes font beaucoup pour un premier tome, un peu comme un Thriller qui, n’arrivant pas à démarrer grâce à sa mise en scène et ses personnages, joue la carte des révélations mystères. Comme on dit souvent, trop de mystère tue le mystère, et le manque de réponse est parfois trop frustrant pour continuer. Mais il ne s’agit que d’un premier tome, ne l’oublions pas.

Karakuridôji Ultimo, Tome 1, de Stan Lee et Hiroyuki TakeiAu final, j’ai été surpris du thème du manga, qui ne colle pas vraiment à ce que je pouvais imaginer d’un Stan Lee. C’est quelque part agréable de le voir dans un univers un peu différent des super-héros, bien que je sois loin de connaître l’ensemble de ses œuvres. Surprenant de par son univers qui pourrait s’avérer intéressant et prenant, Karakuridôji Ultimo manque pour le moment de charisme pour convaincre et les trop nombreuses erreurs font de ce premier tome quelque chose d’assez décevant. Quand les dialogues sont plats et les personnalités des différents personnages fades, seul le scénario est là pour sauver un manga. A peine dévoilé lors de ce premier tome, espérons qu’il révèle quelques surprises par la suite sans quoi l’incursion de Stan Lee dans le monde du manga risque d’être vite oubliée.

Stan Lee

Bakuman, Tome 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 24 octobre 2010, avec 2 commentaires
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Après un premier tome qui m’a complètement convaincue, je dois dire que j’attendais le deuxième tome de Bakuman au tournant. En effet, le début de ce manga bénéficiait de nombreuses qualités, de la fluidité de la narration au trait sublime, je vous invite d’ailleurs à en (re)lire ma chronique avant de continuer celle ci. Alors ce deuxième tome serait-il à la haute ? Le trait de Takeshi Obata est il toujours aussi beau ? Le scénario de Tsugumi Ohba toujours aussi efficace ? Synopsis.

 Bakuman, Tome 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Nous retrouvons les deux jeunes japonais Mashiro et Takagi qui désirent toujours aussi fort devenir mangaka. Et pour cela, ils s’adressent à un nom que tous les fans de manga connaissent : le Shonen Jump. C’est le début d’une escalade douloureuse et acharnée vers leur rêve, sans compter qu’un jeune prodige semble leur voler la vedette !

Comme je l’avais dit pour le premier tome, ce manga traite du manga, et nous permet ainsi de découvrir ce qu’il se passe derrière les publications. Obata et Ohba connaissent bien le Shonen Jump, vu que c’est grâce à la publication de ce magasine japonais que leur premier bébé en commun, Death Note, a vu le jour. On sent que les auteurs savent de quoi ils parlent, on découvre ainsi les coulisses du principal acteur du manga japonais. Et quelque part, c’est bien entendu aussi un hommage. On apprend comment les séries perdurent ou périclitent, ainsi que l’importance du vote des lecteurs, sorte d’épée de Damoclès moderne pour mangaka.

Sur un sujet aussi pointilleux, et somme toute technique, Bakuman se classe comme un ovni parmi les Shonen. Même si on commence à retrouver les classiques des Shonen, avec par exemple le grand méchant ou encore ce qui pourrait être considéré comme le rival, on est dans un domaine très spécifique et à mille lieux des clichés. Difficile de ne pas penser à Hikaru no Go dans ces conditions, même type de sujet, et pourtant, on retrouve exactement la même exaltation à la lecture. Il y a là ce petit quelque chose, qui permet de transformer un manga sur le Go ou sur le Manga en monument.

 Bakuman, Tome 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

J’ai trouvé les dessous du Shonen Jump absolument passionnant, et la lecture m’a happée. J’étais avec les personnages, derrière eux, à espérer que leur manga soit reçu. Peut être parce que je dessine, je ne sais pas, mais si vous avez ne serait-ce qu’un petit pied dans le milieu vous serez, je pense, absolument sous le charme. Peut être que cela en ennuiera certains.

Cependant, Bakuman a tout pour séduire les néophytes, le rythme est haletant, et les personnages attachants. Leur quête vers la victoire est intense et surtout réaliste. Évidemment, le trait de Obata y est pour beaucoup, réussissant sans aucun mal à retranscrire le coté épique de la création d’un manga ou d’une BD. Les ébauches de storyboards sont aussi passionnantes que les élaborations de stratégie d’un combat.

 Bakuman, Tome 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi ObataOn regrettera peut être un coté trop cliché avec l’arrivée du rival. On a l’impression de croiser un espèce de L 2.0. Comme si les auteurs avaient du mal à se renouveler. C’est dommage car je suis sure qu’ils en sont capables. A moins que cela soit un clin d’œil. On le verra dans les prochains tomes, car il est trop tôt pour juger.

Bakuman tome 2 m’a totalement convaincu. Il continue dans la lignée du début tout en étant plus pointu au niveau de l’industrie du manga. Un manga de passionnés pour passionnés, qui ne manquera pas de séduire tous ceux qui s’intéressent à ce domaine. J’attends avec impatience ma lecture du tome 3, toujours chez les éditions Kana, qui est sorti il y a un peu plus d’un mois.


Kasane, Tome 2, de Gou Tanabe

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 6 octobre 2010, avec aucun commentaire
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Il y a un peu plus d’un mois je vous avais parlé d’un manga de Gou Tanabe à l’ambiance très sombre et flippante, du nom de Kasane. Étant donné qu’il m’avait franchement emballé et que c’est un dyptique, je me suis mis avec enthousiasme à la lecture de ce second tome. Comme pour la première partie du récit, les éditions Kana ont bien travaillé et c’est un petit bijou que l’on a entre les mains: grand format, papier agréable au touché et superbe couverture. Mais ce second tome est il à la hauteur ? Pas de synopsis, vu que c’est une suite, pour plus de détails sur l’histoire je vous invite à lire ma première critique.

Kasane, Tome 2, de Gou Tanabe

On reprend le récit là où on l’avait quitté, et on ne tarde vraiment pas à se remettre dans l’ambiance. Cette ambiance si glauque et dérangeante qui ne nous lâchait pas dans le premier tome. Elle est là, et elle rend la lecture difficile, éprouvante, mais dans le bon sens bien entendu. Un vrai manga d’horreur, comme j’en ai rarement lus. Et pourtant, il n’y a pas de zombie et de tête décapitées à chaque page, il n’y a quasiment aucune violence, que ce soit physique ou verbale. C’est vraiment sur l’atmosphère pesante de son histoire que Gou Tanabe compte le plus.

Comme pour le premier tome, cela marche impeccablement. Il faut dire que sa manière de dessiner est tout simplement superbe, et qu’il a un trait assez horrifique. Alors certes, vous pouvez en juger par vous même sur les images, mais cela ne rend pas réellement honneur à son travail sur l’ensemble du manga. Pour ce second et dernier tome, nos personnages vont quitter quelque peu la ville, et on va ainsi pouvoir apprécier ses talents à la campagne, que ce soit avec une sombre forêt ou un marécage qui en ferait frémir Gollum. Les noirs sont toujours aussi bien maîtrisés, sans pour autant que le paysage en souffre côté profondeur.

Kasane, Tome 2, de Gou Tanabe

© 2007 Gou Tanabe/ ENTERBRAIN, INC., Tokyo.

On retrouve bien entendu les personnages que l’on avait découvert dans la première partie du récit, notamment notre héros Shinkinji, qui reste au centre de l’histoire. La personnalité de chacun reste assez évasive, mais l’auteur passe à la vitesse supérieur dans le domaine du Fantastique, ainsi que de la folie. En effet, comme je le disais pour le premier tome, on voit bien ici que l’on se trouve face à une œuvre où la folie va devenir maîtresse, et les éléments se mettent en place au fur et à mesure, pour arriver à une apothéose comme rarement.

Si l’on réagit de façon rationnelle, certains éléments font forcement tiquer. Mais bon, c’est un peu comme voir deux personnages se séparer pour chercher un troisième alors qu’ils viennent d’arriver dans un manoir plein de morts-vivants. C’est normal. A la différence près qu’ici les réactions restent vraiment crédibles. La folie ambiante est bien réalisée, bref, j’ai été convaincu et la lecture m’a vraiment happé.

Kasane, Tome 2, de Gou TanabeAu final, cette adaptation d’une vieille histoire asiatique par Gou Tanabe est pour moi un vrai chef d’oeuvre. Si vous aimez le manga, vous ne pourrez qu’aprécier la qualité de l’oeuvre, la finition, l’ambiance. Mais ça ne veut pas pour autant dire que cette lecture ne s’adresse qu’aux aficionados du genre, quelqu’un dont les goûts seront orientés vers le Fantastique, et notamment le malsain que certains écrits de Lovecraft peuvent faire ressentir, y trouveront là un bon moyen de s’aventurer dans la culture asiatique. Un de mes coups de coeur de cette année.


Kasane, Tome 1, de Gou Tanabe

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 28 août 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Avec sa couverture plutôt glauque et effrayante, Kasane est un manga qui attire facilement l’œil dans les rayons des librairies. Et il n’y a pas que l’aspect graphique de ce manga de Gou Tanabe qui sort de l’ordinaire: un format plutôt grand pour du manga, épais, et avec une couverture particulièrement agréable à feuilleter. Vous l’aurez deviné: nous avons affaire à la collection Made In des éditions Kana. Et il n’y a pas à dire, le travail de Kana sur cette diptyque d’un genre Fantastique-Horreur est de très bonne qualité. Mais le contenu est il au niveau du contenant ? Synopsis.

Kasane, Tome 1, de Gou Tanabe

Shinkichi est un jeune japonais de 21 ans, vivant à l’époque Edo. Malheureusement, suite à la fermeture de la boutique qui l’employait, il ne sait pas trop quoi faire. Cela, jusqu’au jour où son oncle lui propose de vendre du tabac pour lui dans toute la ville, en tant que marchand ambulant. C’est ainsi qu’il va faire la connaissance de Mme Toyoshiga, maîtresse de musique renommée dans la région, et surtout très exigeante avec elle même, ne laissant aucune place à une possible vie amoureuse. Lorsque sa domestique la laisse tomber, à cause de supposées apparitions, c’est vers le jeune Shinkichi qu’elle va se tourner pour la remplacer.

Kasane de Gou Tanabe Tome 1

© 2007 Gou Tanabe/ ENTERBRAIN, INC., Tokyo.

Après avoir ouvert ce superbe manga, on découvre d’abord un peu plus le style graphique de Gou Tanabe grâce à deux illustrations en couleurs. Viennent ensuite les pages en noir et blanc, et c’est vraiment à ce moment là qu’on peut apprécier son talent. En effet, son trait est plutôt très réaliste et donne un côté bluffant à l’ensemble de ses visages. Certains sont d’ailleurs splendides, et pas seulement les personnages principaux, nombreux sont les personnages secondaires qui ont reçu une attention particulière. Bien entendu, Mme Toyoshiga bénéficie d’un traitement de faveur, et puisqu’elle incarne la féminité du manga, ses traits sont superbes et représentent bien les valeurs qu’elle défend: beauté, rigueur, droiture.  Mais on peut aussi noter le visage de certains autres protagonistes que l’on revoit rarement au cours de la lecture, comme Zenroku par exemple, un simple don-juan.

Si le début du manga est d’un style plutôt contemplatif, avec des cadres observateurs, l’auteur sait tout de même y faire pour rendre certains passages très dynamiques. Les disputes avec plans serrés rendent très bien. Et ne parlons même pas de ceux qui sont là pour nous faire peur: Gou Tanabe s’y prend effectivement très bien. J’avoue sans honte qu’un certain passage m’a carrément fait peur, le genre d’angoisse qui vous prend d’un coup, et qui remonte lentement en vous glaçant le sang. Et pour ça, une seule page a suffit.

Car comme je le disais, c’est un manga Fantastique à connotation très Horreur. Attention, il ne s’agit pas d’une aventure où l’on tue des zombies à tout va, mais simplement d’une histoire au rythme lent où les éléments horrifiques arrivent les uns après les autres, sans vraiment pour autant se montrer. Sont ils réellement horribles, existent-t’ils, ou n’est ce qu’un pré-sentiment déplacé ? On sent que quelque chose va mal se passer, mais on n’arrive pas à mettre le doigt dessus. La comparaison va peut être sembler incongru, mais c’est la sensation que j’éprouvais en lisant Les Hauts de Hurlevent notamment. Du moins pour la première partie du roman. Bref, l’ambiance est très forte dans Kasane, et c’est avant tout par cette ambiance que le sentiment de malaise se créé. Il n’y a pas de débauche de gore, mais des petits éléments qui font que la moutarde monte au nez.

Kasane, Tome 1, de Gou TanabeLa lecture devient ensuite lourde, angoissante, pesante. Ce ne sont pas des défauts, au contraire. On vit réellement la lecture et c’est pour moi la plus grosse force de ce manga. Ce côté pesant est bien entendu servi par le scénario. Ce n’est pas une scénario d’une complexité affolante, au contraire, il est simple et efficace. Kasane est en fait l’adaptation manga, d’un scénario écrit par Hiroaki Takeda, qui lui même adaptait là un roman de Sanyûtei Enchô paru en 1850 sous le titre de Shinkei Kasane-Ga-Fuchi. Pour l’anecdote, une adaptation au grand écran a été réalisée par Hideo Nakata, connu pour Ring, sous le nom de Kaidan.

Au final, la lecture de ce premier tome de Kasane m’a vraiment plu. L’expérience est saisissante, et on se sent réellement frissonner. Le côté Fantastique est très bien amené, et je me pose encore des questions sur ce que j’ai pu lire. Le dessin de Gou Tanabe est tout simplement superbe, certains passages étant de loin les plus effrayant que j’ai pu lire en manga. Bref, on rajoute à cela que le manga en lui même est une vraie pièce de collection, et on a déjà hâte de lire la suite.


Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, si vous aimez les mangas, même de loin, ce sont des noms qui doivent vous parler. En effet ce sont les deux personnes à l’origine de Death Note, qui reste à ce jour un de mes mangas préférés. Obata est aussi connu pour avoir dessiné Hikaru no Go et Blue Dragon. Quant à Ohba, son identité est tenue secrète par ses éditeurs japonais. Toujours est-il qu’avec des noms pareils, on peut presque se lancer dans Bakuman les yeux fermés. Ça serait dommage, tout de même car en plus d’être beau, le scénario a de quoi donner envie. Synopsis.

Bakuman Tome 1 de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Moritaka Mashiro est un collégien comme les autres, un adolescent qui n’a pas envie de rentrer dans les rangs quoi. Devenir salaryman lui semble tellement ennuyeux. Sa passion ? Dessiner. Mais il n’est pas sur de savoir que faire de cette passion. Jusqu’à ce qu’Akito Tagaki la tête de la classe, tombe sur ses dessins et le convint de devenir mangaka. Moritaka au dessin, et Tagaki au scénario, l’aventure peut commencer.

Bakuman Tome 1 de Tsugumi Ohba et Takeshi ObataSi le synopsis ne vous botte pas, rappelez vous qu’on parle de celui qui a réussi à faire d’un manga sur le Go quelque chose de dynamique et prenant. Pour moi, dessineuse, le scénario est un pur rêve. Un manga sur le dessin. Vous en connaissez beaucoup vous ? Non. Et ça c’est la l’une des forces de Bakuman. On apprend plein de choses sur le manga, sur son univers, son matériel, ses codes. Que ce soit les plumes utilisées pour dessiner ou bien les nemus, sorte de storyboards propre au Japon. On va suivre le chemin à parcourir pour se faire éditer, dans le Shonen Jump bien entendu. Vous l’aurez compris, c’est un manga fait par des amoureux du manga, pour des amoureux du manga sur des amoureux du manga.

La passion est là dans toutes les cases. On sent que les auteurs savent de quoi ils parlent et réussissent à merveille à nous faire ressentir l’excitation de ces deux jeunes qui ont envie de faire leur manga. Évidemment, on doit beaucoup au trait de Obata. Le manga est en effet entrecoupés de pages nous montrant l’évolution de l’ébauche de Bakuman. On démarre avec les nemus de Ohba, le scénariste, puis ces mêmes nemus retravaillés par Obata, le dessinateur, et enfin, la page finale. Et là, on ne peut qu’admirer la maîtrise et le talent. Ses cadrages, ses perspectives, tout est génial.

Là où il avait réussi a nous faire vibrer avec un sujet aussi peu palpitant que le Go, l’exploit est renouvelé. Le moindre trait de plume est un coup de poing, les dialogues les plus bateau, du genre dialogue inutile au bord d’un stade à regarder des gens s’entraîner, deviennent d’un dynamisme fou. Obata n’a rien a prouvé, son trait est l’un des meilleurs de la scène manga aujourd’hui et il s’améliore de page en page.

Bakuman Tome 1 de Tsugumi Ohba et Takeshi ObataLe style est d’ailleurs beaucoup plus fin que dans Death Note ou Hikaru no Go. Visuellement, j’ai trouvé que les filles étaient assez proches des donzelles de Hiroya Oku, l’auteur du Seinen Gantz. Les personnages sont pour le moment assez classiques. Ils n’ont pas le twist d’un Light, ni le fun d’un Sai, cependant, nous n’en sommes qu’au premier tome. L’histoire prend son envol et j’ai vraiment hâte de lire la suite. Tellement que j’ai du me raisonner et ne pas la lire, pour ne pas me coucher trop tard.

Bref, Bakuman, c’est une claque. C’est un des meilleurs mangas que j’ai lu depuis longtemps. Depuis le manga qui parlait d’un certain lycéen trouvant par hasard un carnet noir, si vous voyez ce que je veux dire. Jetez vous dessus, sans aucune crainte. Bakuman vous comblera, et moi je lis la suite ce soir.


Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 5 août 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Ikigami fait partie avec Freesia de la petite vague de nouveaux Seinen sortis aux éditions Kaze Manga. Je vous en avais parlé il y a quelques semaines déjà après ma lecture du premier tome qui était plutôt enthousiasmante. Avec un univers intéressant, un graphisme correct, ce manga de Motorô Mase était plein de promesses. Mais c’est plutôt habituel ce genre de chose pour un premier tome, il faut donc marquer l’essai avec le second. Ikigami deviendra-t’il un excellent Seinen ?

Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

Bon comme c’est le deuxième tome, pas de synopsis pour ne pas vous spoiler. Cependant, je vous invite à lire ma première chronique pour connaître le plot principal. En soit, il serait difficile de vous spoiler puisque l’auteur continue sur la lancée du premier tome. Pour le moment, si la trame principale existe, elle reste très discrète au profit de petites histoires racontées. Ces histoires concernent bien entendu les personnes venant de recevoir l’Ikigami, le préavis de mort pour ceux qui ne suivent pas.

Elles sont appelées épisodes et restent au nombre de deux par tome. On a le droit ici à l’histoire, tragique il va de soit, d’un jeune cadreur travaillant pour une chaîne de télévision, et celle d’un aide-soignant en maison de retraite. Les épisodes abordent plusieurs sujets de société, le dévouement envers les autres, l’amour, la drogue. Il faut avouer qu’ils sont bien racontés et qu’on s’attache assez rapidement aux personnages. C’est une des grandes qualités de Motorô Mase, et encore heureux puisqu’on ne voit les personnages que le temps d’une cinquantaine de pages. Cependant, il faut tout de même reconnaître que les personnages sont pour le moment assez similaires, on pourrait généralement les qualifier de miséreux. Avoir si cela change par la suite.

Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

Si tout comme à la lecture du premier tome, je reste assez perplexe sur le principe à long terme, je dois tout de même avouer que l’auteur reste efficace. Quand une des deux histoires me surprenait sur son déroulement et son dénouement, la deuxième me touchait et m’émouvait. De ce côté, c’est donc un carton plein pour l’auteur et on passe un agréable moment à lire ce second volume, ce qui est un très bon point.

Du coup, l’intrigue principale, si elle existe, reste pour le moment en retrait. C’est d’un côté une bonne chose puisque cela permet d’appréhender les tomes de la série presque de façon indépendante. Il n’y a donc pour le moment pas des milliers de détails à retenir pour suivre, et vous pouvez même lire les tomes dans le désordre. Finalement, ce découpage fait énormément penser à ce qu’on retrouve dans les séries policières américaine, avec une évolution des personnages et des petites histoires par ci par là.

Ikigami, Tome 2, de Motorô MaseIl ne sera pas étonnant de voir la série adaptée dans un format plus épisodique que le manga, du moins pour le moment. On sent tout de même une certaine évolution du personnage et j’attends de voir la suite. Car si pour le moment, Motorô Mase arrive à bien renouveler ses histoires, j’ai peur que l’impression de déjà vu puisse s’installer par la suite. Enfin, Ikigami ne durant que sept tomes, il est tout à fait probable que l’auteur puisse créer suffisamment d’histoires sans pour autant que cela s’essouffle.

Côté narration et dessin, le manga reste égal à lui même. Il y a d’ailleurs de très beaux passages, notamment une double page toute en niveau de gris qui est très agréable. Ikigami confirme donc son statut de bonne série avec un début encourageant. Plus qu’à voir comment l’auteur va réussir à éviter le petit train-train et la lassitude que pourrait engendrer ses histoires. Le rendez-vous pour le troisième tome est donc pris !