Mon passage aux Joutes du Téméraire 2011 aura aussi été l’occasion de rencontrer Arnaud Cuidet, le créateur du jeu de rôles Metal Adventures dont je vous avais présenté le guide de jeu et auquel l’équipe s’était prêtée.
Extrêmement sympathique, il a bien voulu se livrer à l’exercice de l’interview, qui pour la première fois sur if is Dead va prendre la forme d’une interview audio.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Metal Adventures est un jeu de rôles publié aux éditions du Matagot dont l’univers permet aux joueurs de partir à la conquête de l’espace parmi un équipage de pirates. L’ensemble nous avait surtout surpris sur son côté facile et simple à prendre en main pour créer son personnage et lancer une première partie.
Place à l’interview.
J’en ai aussi profité pour me faire dédicacer le manuel des joueurs et pour me procurer le manuel du meneur. Ça va partir à l’aventure chez if is Dead. Je souhaite remercier Arnaud Cuidet de bien avoir voulu répondre à mes questions et Kradukman de m’avoir laissé utiliser son matériel d’enregistrement.

Mon parcours dans la traduction est erratique. J’y suis venu par le jeu de rôle en traduisant de l’américain des livrets de jeu pour un grandeur nature persistant. C’est à ce moment là que je me suis rendu compte que l’activité m’intéressait. Mais au sein d’une association (dont bon nombre de membres sont des fans), le niveau d’exigence n’est pas trop élevé vu que tout le monde est bénévole, ce qui ne permet pas d’évaluer réellement la qualité de son travail. Ensuite ce fut de la traduction de documents techniques dans le cadre de mon boulot en informatique, avec cette fois un niveau d’exigence plus élevé. Vu que mon poste n’était pas axé sur la traduction, mais l’ingénierie, les traductions n’étaient pas nombreuses, même si elles étaient régulières. Pour ce qui est de la traduction des romans russes, c’est l’occasion qui a fait le larron.
La traduction a été pour moi l’opportunité de revenir dans le monde du livre autrement qu’en tant que simple lecteur. Parce qu’après un parcours assez éclectique (hum… éclectique… j’aime bien ce mot… mais je pense que nous en parlerons un peu plus tard) je me rends compte que c’est ça que j’aime. J’aime les livres (je dois en avoir plus de 1500 à la maison), j’aime les langues et je pense que le travail d’auteur et de traducteur sont très complémentaires.
Oui, il y a eu une évolution entre mon travail sur 
Ah,
Quant aux projets… Alors, je termine en ce moment la traduction d’un roman américain, Amortals de Matt Forbeck, à paraître aux 
Oui, le dessin et la lecture ont toujours été des passions pour moi. J’avoue aussi que même si certains aspects de mon métier d’ingénieur me satisfaisaient, je ne me voyais pas vieillir (ou du moins bien vieillir) avec ce travail, usant et finalement trop peu créatif pour moi.











Une bonne partie du problème tient à mon sens d’avantage à ce que coûte un diffuseur ou un distributeur à une petite boîte. Du rôle du libraire qui, outre celui de faire découvrir des livres au public, est aussi de faire tourner sa boutique dans un contexte pas franchement folichon, et qui n’a pas forcément le temps et/ou l’envie et/ou la compétence de se rencarder sur la production de petites structures (qui n’ont quasiment aucun moyen de faire de la pub auprès de lui, ou des moyens hyper limités), et ce même si la qualité de leur production est indéniable (un coup d’œil sur les prix littéraires accordés tous les ans suffit la plupart du temps pour s’en rendre compte.)
Pour ma part, je suis très lent au début… Surtout quand j’aborde un nouvel auteur, un nouveau registre, une nouvelle série, par exemple… Ou bien quand tu dois enchaîner sur un ouvrage totalement différent du précédent. Imagine-toi qu’après
On pourrait en discuter des heures… Ça me laisse toujours perplexe quand je lis une critique qui vante la langue, le style de tel ou tel auteur que j’ai traduit… surtout si c’est un auteur que j’apprécie… On parle de mon texte, en définitive, puisque l’original est écrit dans une langue étrangère. J’ai notamment éprouvé ce sentiment (mâtiné de frustration, on va dire…) en lisant dans le Monde un jour une excellente critique de la série de polars historiques XVIIIe de Bruce Alexander, que j’ai traduits chez 10-18. À l’époque, j’ai même été confronté au cant, l’argot des voleurs/malfrats de Covent Garden (ndlr : un quartier de Londres), que je devais donc adapter en trouvant des équivalents XVIIIe français…
Inutile de préciser que je dois adapter à fond, en me mettant dans la peau d’une gamine de 13-14 ans, en vérifiant non-stop les références sur le Net, notamment pour la mode… en décollant au besoin carrément de la VO pour produire une VF qui tienne la route et puisse être lue par de jeunes ados françaises… C’est pas toujours évident, crois-moi. Mais, apparemment, ça marche bien… et même mieux de ce côté-ci de l’Atlantique… À tel point que l’auteure américaine Alexa Young est inondée de courrier de jeunes lectrices qui, parfois, font référence à des expressions que j’ai moi-même inventées, du coup ! Elle a d’ailleurs dû faire appel à mes services par e-mail pour que je lui traduise certains passages de courrier de lectrices, car elle n’a pas un niveau de français suffisant… et, bien entendu, les gamines lui écrivent en français !
La femme qui en savait trop (Skin and Bones), Tom Bale, France-Loisirs, 2008, à paraître aux Presses de la Cité
Série policière italienne contemporaine, Magdalen Nabb, 9 titres traduits, 2001 à 2006, éd. 10-18
Après avoir tant soit peu œuvré dans le commercial, histoire de tenter le coup de la reconversion, j’ai débuté dans la trad littéraire par le plus grand des hasards, en fait… en répondant à une annonce du Figaro pour les éditions Harlequin, puis j’ai enchaîné avec des nouvelles policières américaines pour le magazine Femme Actuelle… Ensuite j’ai commencé à traduire des polars aux éditions du Masque. Pour l’anecdote, j’avais passé entre-temps le concours de Contrôleur des PTT (Eh oui, c’était déjà la « crise » dans les années 80 !) et en anglais, j’ai obtenu la meilleure note de ma vie (20/20) pour une version… que j’ai dû rédiger en une vingtaine de minutes. Je me souviens que le sujet portait sur la messe « version drive-in » aux États-Unis… (Des fidèles assistaient à l’office en bagnole, comme au ciné en plein air). En fait, j’avais vu un reportage là-dessus à la TV la semaine précédente. Quand j’ai reçu mes notes, et en particulier celle de la version anglaise (les autres n’étaient pas aussi « exceptionnelles »), je me suis dit que je devais conserver cette langue dans mon travail… en l’occurrence dans celui de traducteur.
Jusqu’à présent, je n’ai jamais refusé la signature, c’est-à-dire que mon nom ne soit pas mentionné sur la page de garde ou la 4e de couv d’un ouvrage que j’avais traduit, parce que j’étais en désaccord avec l’éditeur.
Dans l’édition, un traducteur est indépendant. À ma connaissance, il n’existe pas de traducteurs salariés, contrairement aux correcteurs qui, eux, peuvent faire partie du personnel de telle ou telle boîte d’édition.
Dès lors que le bouquin est épuisé, que ton éditeur ne souhaite plus le réimprimer, tu peux fort bien récupérer tes droits pour éventuellement proposer ta trad à une autre maison d’édition.





