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Il était une fois dans le nord de Phillip Pullman

Serafina dans Critiques, Livres le 20 septembre 2008, avec aucun commentaire
Critiques

Il y’a quelques jours en allant à L’espace culturel Leclerc de la ville de Blois je suis tombée face à un petit livre broché bleu dans une matière toute douce, avec, écrit en grosses lettres, le titre de « Phillip Pullman, il était une fois dans le Nord » . Un rapide coup d’oeil à la 4ème de couverture m’apprenant qu’il s’agissait du livre racontant la rencontre entre Lee Scoresby et Iorek Byrnisson, je ne mis pas très longtemps à me décider.

Car oui, je confesse, je suis une fane absolue de la trilogie de la croisée des mondes. Mes personnages favoris de ces romans sont Serafina (étonnant ?), Lee Scoresby et Iorek. Autant vous dire que le livre ne pouvait que me tenter. Malgré le prix, 12 euros, pour le nombre de pages, une centaine, je crois que je n’ai même pas hésité une minute. Il y’a des réflexes de fan. Bon, certes, l’édition est très agréable, le coté broché en tissus tout doux c’est très beau. L’histoire est illustrée par de jolies gravures, et entrecoupée de fac-similés de documents (manuels de navigation, bon de dépôt, article de journal…) en rapport avec l’histoire. Le livre s’accompagne aussi d’un jeu de l’oie version pole-nord, format A3, rangé dans un encart sur la troisième de couverture. Bref c’est un joli petit objet, fait évidemment pour les fans, et il faut croire que cela marche.

L’histoire en elle-même tient sur quatre-vingt petites pages. La rencontre de Iorek et Lee dans une petite ville du Nord. Ce deuxième personnage est sans doute un de mes favoris tous romans confondus, et le retrouver fait un plaisir fou. Un coté baroudeur à la Yan Solo, beau parleur, baratineur, bluffeur. Bref, le type même du bad guy mais gentil quand même dont je raffole tout simplement.

Une petite ville du nord, des magouilles d’une compagnie pétrolières, et deux êtres qui n’aiment pas l’injustice. Et surtout qui ont le courage de se dresser face aux-dites magouilles. Ils travailleront main dans la patte et scellerons le début d’une belle amitié. Iorek l’ours polaire, toujours égal à lui même, un brin taciturne, calme et posé malgré sa force énorme. Une belle paire quoi.

Je ne sais pas si l’histoire a un quelconque intérêt pour quiconque n’a pas lu La croisée des mondes. En effet, il s’agit plus de retrouver nos personnages qu’autre chose, et les éléments de base du monde ne sont pas expliqués (notamment les daemon). Il est donc préférable de toute manière pour bien comprendre d’avoir lu ou du moins de connaître un minimum la trilogie.

Cela se lit forcement un peu vite. Mais j’ai tellement été contente de relire les aventures de Lee (et Hester son daemon) que j’en ai adoré la lecture. De même la fin en est réellement une, et m’aura même fait verser des larmes. Cela nous laisse quand même un peu sur notre fin. Parce que oui je n’ai pas peur de le dire, je rêve d’une trilogie consacrée aux aventures de jeunesse de Lee ou même de Serafina (ou encore mieux des deux en même temps). Peut être… Toujours est il que « The book of Dust » un autre livre sur le même univers par Pullman est en préparation. Il se passerait quelques années après la fin de la trilogie et serait d’après son auteur un « gros gros livre ».


J’aime bien les romans historiques. Donc j’avais demandé conseil autour de moi, car c’est un sujet que je ne connais pas réellement. On m’a donc conseillé L’allée du roi, de Francoise Chadernagor. Super, je le trouve à un euro chez un bouquiniste. Grosse édition, avec le dossier des sources de l’auteur et tout. Bref super quoi.

Et puis je le ramène à la maison. Mon père voit mon livre et me dit « Tiens tu lis l’Allée du roi ? J’ai essayé de le lire y’a longtemps, j’ai même pas réussi à le finir… » Ca aurait du me mettre la puce à l’oreille. Car même quand c’est mauvais, généralement mon père finit les livres. Après certes l’historique c’est pas son truc, alors sur le coup, j’ai passé outre.

L’allée du roi, ce sont en faite les mémoires de Madame de Maintenon, dernière épouse de Louis XIV. De son enfance dans les antilles, ballotée entre sa mère et sa tante à la fin de sa vie à St Cyr en passant bien évidemment par sa relation avec Louis XIV et son mariage ‘secret’.

L’auteur est extrêmement documentée. Je ne sais pas si le dossier de mon édition y est dans toutes, mais peu importe. En effet, l’auteur s’y explique sur chaque chapitre, précisant les oeuvres qu’elle a utilisé pour batir son récit (beaucoup de correspondances privées de Mme de Maintenon) et y expliques ses partis pris, ses ajouts et ses omissions volontaires. Très intéressant, même si bien sur un roman n’est qu’un roman, pour quelqu’un qui ne connait pas le personnage plus que cela c’est une excellente approche et cela donne bien plus de crédibilité à l’oeuvre. Les réferences données sont précises, ce qui permet d’avoir des ouvrages à rechercher si on désire plus d’informations sur ces personnages.

Seulement voila, à vouloir faire trop précis, trop detaillé on obtient les défauts des livres d’histoire purs sans les avantages. Car en effet, cela devient vite long, et lourd. Je suis habituée à lire beaucoup, et régulièrement des livres de cette taille, mais il faut que le style me transporte. Que je m’attache aux personnages. Alors que là non. Je n’y ai pas réussi. On n’entre jamais réellement dans l’histoire, Mme de Maintenon raconte, au passé, il n’y a donc pas cette énergie, cette immersion, que peut amener un récit au présent. Les ‘il me dit… je lui répondit que…’ deviennent vite lassant. Ajoutons à cela la mise en page sans aucune aération et on a vite l’impréssion d’étouffer, d’etre englués dans l’histoire. Ce n’est pas agréable. Ce récit au passé mettant automatiquement de la distance entre nous et l’action contée ne nous permet pas réellement de nous attacher aux personnages, hormis à l’heroïne peut-être.

Alors certes la vie de Mme de Maintenon était sans le moindre doute fourmillante, pleine de rencontres et d’anecdotes… Mais nous sommes dans un roman et non dans une biographie officielle. De telles lourdeurs, dans une biographie ‘sérieuse’, je les aurai acceptées. (Je n’entends pas par là qu’un roman ne doit pas être sérieux, non, seulement il ne doit peut être pas etre aussi exhaustif qu’un livre d’histoire…) Sauf que là, ce n’est pas une biographie. Des libertés ont été prises, des supositions sont devenues des faits, etc. Bref comme dans n’importe quel livre historique.

Du coup, lire 600 pages, quand t’as l’impression de ramer, que le style d’écriture te lourde, quand les anecdotes ne sont même plus intéressantes, on en arrive à la conclusion qu’il vaut mieux aller s’acheter une biographie. Au moins ca sera lourd, mais tu auras l’exactitude. De ce fait je confesse, c’est le premier livre que je n’ai pas terminé depuis 3 ans. (Le dernier, c’était le tome 4 des enfants de la terre). Je n’omet pas l’hypothese de le finir un jour, de grand ennui, mais pour le moment, je me range du coté de mon père.