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Hésitation (Eclipse) de Stephenie Meyer

Serafina dans Critiques, Livres le 4 février 2009, avec 3 commentaires
Critiques

Après la critique de Fascination, de Tentation, du film Twilight, il fallait bien s’attendre à ce que j’écrive sur Hésitation (Eclipse en V.O.). J’avais assez apprecié le second tome, donc j’ai continué, avec une pause de deux mois quand même, mais passons. Encore une fois je ne ferai pas le rappel de l’histoire et j’estime que vous avez lu les précédentes critiques. Nous reprenons donc nos personnages à peu pres là où le tome précédent les avaient laissés. Et nous voilà parti pour 610 pages environ.

Hésitation (Eclipse) de Stephenie Meyer

Bella s’apprête à vivre sa graduation. Je ne sais pas réellement comment le dire en français. Mais aux US la sortie du lycée et l’obtention du diplôme est une étape très importante. En effet, généralement, les jeunes partent pour l’université après, université ou on entre sur dossier et suivant la bourse des parents aussi. Cela marque réellement le début de la vie d’adulte, contrairement en France ou beaucoup de jeunes restent chez leurs parents le temps des études. Enfin, vous avez surement déja vu des films américains, la cérémonie des diplômes, le bal de promo, etc. Cette nuance est à garder en tete pour comprendre la raison pour laquelle ils en font tout un foin.

En fait, disons le crument, il ne se passe pas grand chose dans ce tome. Bien entendu il y a une pseudo petite intrigue, mais très très survolée. Le tome sert à mon avis à deux choses principalement. La première, c’est à en apprendre plus sur certains personnages secondaires (Jasper et Rosalie en tête) ou bien sêr les légendes Quileutes et la manière dont fonctionnent les Loups garous chez Meyer. En soit pourquoi pas. Après tout l’histoire de Rosalie est prenante, celle de Jasper est sympa et les loups garou, bien que cela ne soit pas très original, restent agréables à lire. Le problème c’est que sur 600 pages, c’est un peu maigre.

Ce qui nous amène donc au deuxième point. C’est l’occasion pour l’auteur de développer le triangle Edward-Bella-Jacob. Développement dont je me serais passée. En effet, cela traine en longueur, il y a tellement de petites scenes, de petits rien qu’au final, on se tappe des pages entieères de « je t’aime, toi aussi tu m’aimes, mais tu le sais pas« … Passages qui seront répétés 200 pages plus loin. Je veux bien qu’Alzheimer soit précoce mais quand même !

Edward et Bella dans Eclipse

Non n'ayez pas peur ils ne sont pas méchants ! Ah c'est pas leur méchanceté qui vous fait peur ? Dis comme ça...

Alors certes il y a des passages intéressants, même des passages sympas, et majoritairement ceux qui se rapportent au premier point. Le reste n’est que du meublage, comment tenir le plus longtemps possible quitte à endormir son lectorat. Bref, j’en garde une assez mauvaise impression. C’est aussi le tome où les préceptes mormons sont les plus présents. En effet Stephenie Meyer est mormonne, et sur certains points il est difficile de ne pas le remarquer. Soyons clair, je n’ai rien contre les mormons, et les auteurs peuvent bien avoir la religion de leur choix. Le problème c’est quand cela s’immisce dans les romans. Tout le trip à propos de l’âme de Bella qui doit être sauvée, de l’abstinence me dérange un peu. Surtout les baragouinages sur l’âme qui doit être sauvée pour l’apres vie etc. Ca fait un peu bizarre dans la bouche d’un vampire, et c’est un peu trop religieux à mon goût.

Quand on commence la lecture on se dit que l’histoire va finir dans ce tome… Eh bien non, et c’en est même, j’en ai peur, loin. J’ai l’impression que l’auteure tire un peu sur la corde de manière à remplir le plus possible et se perd en chemin. C’est lourd, c’est insipide et barbant. J’ai eu du mal à ne pas sauter les pages.

Allez un de ces quatres je lirai le final de la série Twilight, Révélation, mais quand il sera sorti en poche. 18 euros pour ça, faut pas abuser.


Orgueil et Préjugés de Jane Austen

Serafina dans Critiques, Livres le 2 février 2009, avec 14 commentaires
Critiques

Jane Austen est une auteure majeure de l’angleterre du XVIIème-XIXème siecle. Je n’avais jamais rien lu d’elle, mais la curiosité était là. Je crois qu’inconciemment, je la rapprochais des Bronte, que j’apprécie tout particulièrement. Pourtant Austen n’appartient ni au courant romantique, ni gothique. A vrai dire je ne saurais de toute manière pas la classer.

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Orgeuil et Préjugés est son roman le plus connu. Et en plus 10/18 en a sorti une édition reliée rose bonbon pour les fêtes. Et j’en suis tombée sous le charme en question au grand damn de mon fiancé qui la trouve parfaitement immonde et deparreillée sur nos étagères. Après avoir bataillé, il me l’a tout de même offerte. J’ai commencé à la lire le soir meme… Pour la finir le lendemain. Orgeuils et Préjugés, c’est l’histoire de Elizabeth Bennett, jeune fille d’une famille honorable mais peu riche, et de Darcy homme hautain et orgeuilleux. Les deux vont commencer une étrange relation où les préjugés les induiront en erreur. (d’où le titre vous l’aurez compris).

Dès le départ on est happé par le style leger, incisif d’Austen. Le pire c’est qu’il ne se passe pas grand chose, mais c’est raconté d’une telle manière qu’on est purement absorbé dans l’histoire, dans l’atmosphère. Les portraits des personnages sont excellents, en quelques phrases chacun d’eux prend du relief, et les traits principaux sont définis. Bien sûr, il y’a de la démesure, bien sûr il y’a de la caricature, c’est le but. Car c’est aussi là une peinture des moeurs de l’époque. Les deux soeurs de l’héroïne sont de parfaites coquettes, les mêmes précieuses que celles dont se raillait Molière, la mère est une dame obsedée par le rang et la condition sociale avec autant de cervelle qu’un moineau. A vrai dire, on sent que Jane devait avoir une opinion assez tranchée des femmes de son époque.

Ce sont probablement les personnages féminins qui sont les plus risibles de tout le roman. Cependant, elles sont toutes attachantes. Des écervelées, aux intriguantes. Les deux seules femmes à ne pas souffrir de l’écriture de Jane sont Elizabeth et sa soeur ainée. Les deux plus réfléchies, les favorites de leur père, et sans doute les deux soeurs sont-elles directement inspirées de Jane elle même et de sa soeur Cassandra.

orgeuil

Il serait injuste de ne pas parler du personnage le plus intéressant du roman: Mr Darcy. Formidablement hautain, il passe pour une jolie enflure pendant la première partie du roman. Etant donné que le livre est majoritairement écrit du point de vue d’Elizabeth, on a droit à toute une peinture de son ignominie. Et puis petit à petit, le portrait s’étoffe se nuance. Et là Mr Darcy apparaît comme un délicieux héros romantique, le dandy un brin rigide mais au coeur pur et constant. Fragile et tendre sous sa carapace d’orgeuil apparent, il prend tellement d’importance au fil du roman, pour nous autant que pour Elizabeth qu’il tire la couverture à lui seul. Je retiendrais mes soupirs de fangirl, mais je n’en suis pas loin, je vous assure. Ca c’est un héros. Ca c’est du charisme. (contrairement à un certain Edward si vous voyez où je veux en venir).

Certes, le livre peut vous paraître frivole. Jane Austen n’a probablement pas une portée philosophique exceptionnelle, mais elle est vraiment plaisante àlire.

A la sortie de cette lecture, j’hésite à nous faire regarder l’adaptation cinéma, voir celle télévisée (Darcy y est plus beau, et Keira Knightley n’est pas ma tasse de thé). Avez vous vu l’un des deux ? Me le conseilleriez vous ?


Retour au Pays de Robin Hobb

dabYo dans Critiques, Livres le 1 février 2009, avec 7 commentaires
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Après un avis mitigé sur le Vaisseau Magique, premier volume des Aventuriers de la Mer, je n’avais plus rien de la prolifique Robin Hobb à me remettre sous les yeux. Jusqu’à ce que je me rappelle de ce Librio moche et abimé que nous avions… Oui là, ce livre que l’on avait eu pour 50c chez un libraire, et que j’ai littéralement dévoré. Ok, je l’avoue, la chose n’était pas difficile puisque le livre fait à peine plus qu’une centaine de pages. Mais bon, ça permet à Librio d’en éditer une version à 2€, et ça fait franchement plaisir de voir de la Fantasy dans leur collection ! Plus elle devient populaire, et moins elle sera chère en occase ahah.

Retour au Pays de Robin Hobb

C’est assez marrant de chroniquer un livre de 100 pages. Pourquoi je sais pas. Bref, Retour au Pays porte plutôt mal son nom puisque tout fan de l’univers de l’Assassin Royal pourra s’attendre au retour d’un de ses personnages dans les Six Duchés, alors qu’il n’en est rien. Le livre relate des évènements qui se sont passés il y a de ça des centaines d’années avant les aventures de Fitz. Et sur le territoire où se déroule le récit des Aventuriers de la Mer, puisqu’il s’agit de la colonisation du Désert des Pluies. Bizarre de parler d’un retour au pays alors qu’il s’agit d’une colonisation de terre inconnue non ? Enfin, pour comprendre il vous faudra lire le livre.

Retour au Pays est donc une longue nouvelle écrite à la première personne sous la forme du journal intime d’une noble de Jamillia. Sympa, cette manière de faire va nous permettre de nous attacher un minimum à un personnage qui est avant tout un stéréotype de la littérature de Fantasy. Malheureusement, ce stéréotype dessert grandement un récit qui pourrait s’avérer plus qu’excellent. En effet, comme on peut s’en douter, la noble de Jamillia va vite devenir une chevronnée, oublier tous ses stéréotypes, faire des trucs de ce main, blabla, etc. Bref, j’avoue que contrairement à Céline ce changement ne m’a pas particulièrement botté du tout. Je l’ai trouvé plutôt limite, trop prévisible, bref, c’est pour moi le gros point noir du titre.

Retour au Pays de Robin Hobb

Heureusement pour nous, il y a la découverte du Désert des Pluies. Prenante, captivante et envoûtante, la découverte du bizarre mais magnifique désert est vraiment très, très bien retranscrite. Je dirai même que c’est la plus belle et immersive découverte d’un territoire que j’ai jamais pu lire. Avec le personnage, nous allons apprendre à connaître une flore et une faune particulière. Manger un lézard devient une expérience tout à fait exceptionnelle, que cela soit pour lui ou pour nous. Bien que n’y étant pas, le lecteur se sent littéralement transporté dans ces contrées sauvages. Et c’est bien là le côté le plus intéressant du personnage puisque, initialement repoussé par tout ce qui n’est pas noble, elle va nous en faire des descriptions saisissantes de détails.

Habituellement très lourd, le style de Hobb se fait exceptionnellement léger, direct et simple à appréhender et comprendre. Ce qui est un autre point positif. Même Serafina, hyper-réfractaire par rapport à l’auteur à ce niveau a été conquise. C’est dire. Bref, un très bon livre à lire, que vous ayez ou non lu du Robin Hobb jusqu’à présent.


Tentation (New Moon) de Stephenie Meyer

Serafina dans Critiques, Livres le 28 janvier 2009, avec 3 commentaires
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Vous avez probablement lu ma critique de Fascination de Stephanie Meyer, le premier tome de cette saga qu’est Twilight. Si ce n’est pas le cas, je vous conseille de le faire avant de lire la suite. Ma critique du film de Fascination peut aussi être une bonne lecture. Alors si vous me connaissez un minimum vous savez que j’ai un gros penchant masochiste. J’ai beau avoir éxecré un livre, je lirais la suite, et puis encore la suite, jusqu’à l’overdose et me dire définitivement que je n’aime pas. Bon ok, je n’ai jamais lu la suite de l’Epée de Vérité.

Hesitation - New Moon

Comment New Moon a t'il pu être traduit par Hésitation quand cela signifie littéralement Nouvelle Lune ? On se pose encore la question...

Je n’avais pas aimé Fascination. Mais ce n’était pas suffisant pour me dissuader de lire la suite. Cette série fait un tel tabac que j’avais envie de savoir pourquoi. Alors je dois tout de suite préciser que j’ai lu ce tome en VO alors que j’ai lu le premier en VF. La différence est notable, surtout au niveau fluidité de la lecture. Dans la version francaise, Bella se trouve dans le premier tome avec un vocabulaire qui ne colle pas toujours au personnage. Certes elle a une grosse culture littéraire, mais cela ne collait pas. En anglais par contre, pas de subjonctif imparfait n’importe où, non c’est fluide et simple. Déjà un bon point.

Nous reprenons où nous avons laissé Bella, et je ferais l’effort de ne pas vous spoiler. Sauf que pour une certaine raison, notre héroïne va se retrouver au fond du trou. Tellement que les chapitres (un chapitre par mois de son année scolaire) seront parfois totalement blancs pour aller avec sa vie vide. J’ai énormement aimé cette manière de narrer, et de nous mettre à la place de l’heroïne. Cette façon de faire peut vous sembler banale, et quand j’ai essayé d’expliquer à mes camarades de classe ce qu’il y avait de si excellent dans ces chapitres vides, ils m’ont un peu prise pour une folle. Peut être que vous aussi. Mais c’est une excellente immersion. Et niveau immersion je dois vous avouer quelque chose.

Je n’apprécie réellement un héros que si il correspond au mininum à mes ideaux (l’égoïsme pour Jaime, la nonchalance pour Solo par exemple) comme j’ai pu vous le dire dans ma critique du Pistolero, premier tome de la Tour Sombre. Et là, Bella correspond totalement à un de mes idéaux. Celui de l’amour unique, absolu et indefectible. Comme un roman du 19ème siecle, Bella, même seule ne repensera jamais à aimer quelqu’un autant qu’Edward.  Bella ne l’oublie pas et ne tire pas un trait sur son histoire. Bella n’a pas pour première idée de refaire sa vie, non loin de là. Et je crois que parce que je suis quelqu’un qui voit l’amour de la même manière que Bella, je me suis attachée à l’heroïne et à son histoire on ne peut plus niaise. Je me retrouvais dans ses interrogations et dans ses certitudes.

Stephanie Meyer signant des autographes

Vu le peu d'artworks sur la série, c'était Stephanie Meyer qui signe des autographes ou des images du film. Ouf hein ?

Ce n’est pas pour rien si le livre de chevet de Bella n’est autre que Les hauts de Hurlevent et que Meyer cite Jane Eyre parmi ses livres préférés. Bella est la digne descendente d’une héroine de l’époque victorienne romancée. Ce qui se voit aussi dans ses réactions parfois démesurées, et un peu folles qui peuvent rappeller celles d’une certaine Catherine. Et manque de pot j’ai adoré Les hauts de Hurlevent. Je me sens tellement plus proche d’une Bella à ce niveau que de n’importe laquelle de mes connaissances féminines qui oublieront le prétendu amour de leur vie en trois semaines. Ca peut vous sembler vraiment mince pour apprécier un livre, et je vous l’accorde.

Pourtant je crois que c’est la seule raison pour laquelle j’ai réellement apprécié ce deuxième tome. Plus que le style, plus que l’histoire, qui n’est que survolée, plus que les quelques révélations sur le monde des vampires et l’entrée réelle en scène de Jacod qui a bien plus de charisme qu’Edward, c’est cette similitude entre ma manière de penser et celle de Bella qui m’a convaincue. J’étais vraiment contente de voir Bella réagir comme cela, c’est con hein… Pourtant c’est ça. Et c’est pour cette raison que je ne prétends pas vous donner un avis objectif sur ce tome.

Depuis ce Tentation, j’ai un certain regain envers la saga. Parce que je me retrouve dedans, et je suppose que c’est ce que visait Stephenie Meyer. Tout ce que je peux dire c’est qu’elle a réussi.

Je ne sais pas si je dois vous conseiller ou non ce livre, je ne sais pas moi même si passé ce truc avec Bella j’aime le bouquin. Un avis en demi-teintes, décousu et sans conclusion. Désolée.


L’armée de l’Ombre de David B. Coe

dabYo dans Critiques, Livres le 26 janvier 2009, avec aucun commentaire
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L’armée de l’ombre, septième tome de la Couronne des Sept Royaumes en France et donc première partie de Winds of the Forelands 4, est un livre que je désirais lire depuis un bon moment. Depuis la montée d’adrénaline du sixième tome pour être exact, qui m’avait laissé sur une soif de suite assez difficile à étancher. Heureusement pour moi, ma fiancée a décidé de me l’offrir pour Noël. Mais malheureusement, ce n’est pas cette Armée de l’Ombre qui va y réussir.

L'armée de l'Ombre: la Couronne des Sept Royaumes tome 7

Le problème dans la découpe des livres anglais en petits livres de poche (en grande édition ils sont aussi coupés), c’est que cela transforme certaines introductions en titre à part entière. Malheureusement, n’importe quelle partie d’un livre n’a pas le charisme nécessaire à faire un tome à part entière, c’est le cas de ce tome. J’ai l’impression de me répéter à chacune de mes fiches, mais quel dommage que les éditeurs n’en prennent pas compte.

Après un départ assez mollasson, le titre et les intrigues qu’il met en scène ne vont jamais assez décoller pour vous scotcher. Je ne sais pas si c’est uniquement à cause du découpage, ou si la multiplication des personnages, des lieux, et des intrigues y joue aussi. Quand George R.R. Martin a déjà beaucoup de mal à faire avancer l’histoire de sa dizaine de personnages principaux dans un même royaume, il n’est pas étonnant que David B. Coe ait des difficultés à faire avancer des intrigues réparties sur quatre royaumes différents, dont nous suivons au minimum pour chacun une dizaine de personnages. Certes, il n’est pas rare de suivre plusieurs personnages à la fois, notamment au travers des actions des Ducs par exemple. Mais bon.

Le fait de ne les suivre que comme ça leur empêche par la même de devenir attachant. Plus le temps passe et plus les personnages finissent par se ressembler. On est bien loin d’une véritable variété et on a finalement l’impression de toujours finir par lire les réactions d’un même personnage, dont seul les circonstances initiales varient. Tous les personnages secondaires, notamment Capitaine d’Armée se ressemblent, ils sont tous exceptionnels, sages pour des militaires, n’aimant pas les magiciens, et chaque Duc est très fier de l’avoir à son service. Bref. De même, les traitres magiciens se ressemblent beaucoup, à deux petits stéréotypes près.

Le problème ne se posait pas jusqu’à présent, mais avec le passage sur le devant de la scène de personnages arrivés assez tardivement, ainsi que la mort des héros et, ou, traitres qui avaient pu sembler attachant au début de la série, nous arrivons à un panel de héros assez fade. Dommage, vraiment dommage.

L'armée de l'Ombre: la Couronne des Sept Royaumes tome 7

Ceci dit, lorsque l’on analyse la forme de la lutte de pouvoir de cette série, il est étonnant de constater que pour la première fois, nous avons droit à des luttes entre familles sans la moindre allusion aux mariages arrangés. Tandis que le Trône de Fer utilise beaucoup ces mariages arrangés pour mener à des alliances, il semblerait que David B. Coe ait totalement fait abstraction de ces considérations. Dans tout le livre, il n’y a aucune évocation du mariage de la progéniture, alors que cela fait d’habitude parti des préoccupations des nobles. Les enfants sont pourtant évoqués, la plupart étant perspicaces et provoquant les mêmes joies à chaque duc lorsqu’il les regarde. Bref.

L’armée de l’Ombre est en tout cas un modèle de livre sans action, où nous n’avons droit qu’à des sortes de commentaires sur les actions de roi de tel ou tel personnage. Par cela j’entends que la plupart des personnages sont là pour donner des ordres, et que nous suivons uniquement la conséquence d’avoir donné l’ordre. Il n’y a pas de moment grandiloquent comme dans le Trône de Fer, ce qui donne l’impression d’un tome finalement assez fade, bien qu’on ait tout de même envie de connaître la suite. Attention, ce point est valable pour tous les tomes de la série, sauf que c’est la première fois qu’il rend un tome fade, couplé aux précédents points faibles.

Je déconseille donc fortement de lire ce septième tome avant d’être sûr de pouvoir enchaîner avec le suivant sans attendre, sans quoi cela pourrait bien vous décourager de terminer la Couronne des Sept Royaumes qui n’est pas si géniale déjà à la base.


Carmilla de Le Fanu Sheridan

Serafina dans Critiques, Livres le 22 janvier 2009, avec 6 commentaires
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Carmilla est un des ouvrages fondateurs du vampirisme littéraire que nous connaissons. Publié en 1871 par Sheridan, soit 26 ans avant le chef d’oeuvre de Stoker, Dracula, Carmilla met en scène pour la première fois en prose une femme vampire. Vampire qui ne se nourrit que de sang féminin. Là je suis sûre que vous sentez le coup venir. A l’époque victorienne à la fois si prude et si dépravée, le vampire avait un coté très sensuel, et très anti-conformiste. Ainsi le Vampire de Polidori corrompt-il les vierges avant de les mordre, Carmilla est, disons le honnêtement, lesbienne. Synopsis.

Carmilla de Sheridan Le Fanu

En Austrie, Laura vit avec son père dans un joli château un peu éloigné de tout. Quand par une étrange péripétie une étrangère se blesse sur leur terre, ils proposent de l’héberger le temps de sa convalescence. La jeune damoiselle, prénommée Carmilla, a tôt fait de se lier d’amitié avec Laura et leur relation devient de plus en plus intime au fur et à mesure qu’un étrange mal ravage le conté. Les habitants sont pris d’une étrange langueur avant de dépérir totalement. Il n’en faut pas plus pour que le mot vampire soit sur les lèvres des habitants.

Le récit est à la premiere personne, raconté par Laura bien des années après l’histoire. La jeune ingénue a un style très propre à l’époque (et au roman gothique en général). Le cadre est mélancolique, un peu mystique.  Un joli château, éloigné de tout, des autochtones pétris de leurs rites et de leurs superstitions, tout est réuni pour un cadre parfait aux déambulations d’un buveur de sang. Quant à la relation entre la blonde naïve et la brune voluptueuse, si elle est seulement suggérée elle en reste très sensuelle. Nul doute que cela ait crée un certain scandale dans les chaumières victoriennes. On est un peu comme dans un rève qui tourne peu à peu au cauchemar. D’ailleurs une bonne partie de l’histoire se déroule à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil.

L’histoire n’est pas très longue, une centaine de page, mais on est tout de suite pris au jeu, l’atmosphère est très bien retranscrite, ainsi que les découvertes progressives sur la véritable identité de Carmilla.  Ce personnage est d’ailleur le plus facinant du roman. A la fois morbide, languissante pour devenir tout d’un coup joviale et séduisante, elle est réellement la femme fatale faite vampire. Nul doute que le coté sensuel des vampires que nous connaissons aujourd’hui doit bien plus à Carmilla qu’à Dracula.


Les Chants de la Walkyrie d’Edouard Brasey

dabYo dans Critiques, Livres le 20 janvier 2009, avec 10 commentaires
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Grâce à Céline j’ai pu profiter de l’opération Masse Critique organisée par Babelio. Le principe était simple, l’organisme envoie un livre à un bloggeur et ce dernier se doit d’en pondre la critique dans le mois qui suit sa réception. J’ai donc découvert dans ma boite aux lettres le 4 janvier dernier un exemple des Chants de la Walkyrie écrit par Edouard Brasey, un auteur français spécialisé dans les mythologies et créatures célèstes, nordiques le plus souvent. Il faut déjà que je vous confie une chose. Je crois que depuis que je ne suis plus obligé de lire des livres pour le lycée, je n’en ai pas lu un seul qui était écrit par un français.Les épaules et la plume d’Edouard Brasey seront elles assez forte pour supporter la lourde tâche de me réconcillier avec la littérature française ?

Brunehilde la Walkyrie

Les Chants de la Walkyrie commence très mal, très très mal. Un avant propos où la plupart des phrases s’étendent sur cinq à six lignes, avec des propositions ampoulées les unes après les autres à en perdre n’importe qui. Bien que j’ai tendance à le faire, j’execre souvent cette façon d’écrire. Dieu merci, le reste du récit est écrit d’une façon bien plus légère et il serait injuste de ma part de considérer le style de Brasey comme lourd. Enfin, syntaxiquement parlant.

Nous suivons le récit de Brunehilde, Walkyrie à plein temps et fille préférée d’Odin à ses heures perdes. Quedonc ? Complètement inculte en ce qui concerne la mythologie Nordique, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’aproprier la généalogie divine de cette religion païenne, fondée sur différents pilliers qui me dépassent encore. Les dieux, et même le dieu le plus puissant, ne sont en fait que des êtres qui eux aussi sont voués à mourrir tôt ou tard. Les hommes, créatures d’Odin le dieu tout puissant, peuplent la Terre du Milieu. C’est chez eux que va se passer la grande partie de notre récit, aux côtés de Brunehilde.

Voilà pour le décor, je ne saurai réellement expliqué les fondements de l’intrigue, puisqu’il faudrait pour cela expliquer pourquoi les dieux sont voués à mourrir et pourquoi Odin cherche à tout prix à survivre à travers ses créatures. Nous avons donc droit aux différents stratagèmes qu’il va mettre en place pour faire perdurer une lignée d’homme dont il est le père, du moins plus que les autres. Malheureusement pour lui, il est maudit. Nan je ne vous dirai pas pourquoi, je ne vais quand même pas raconter le livre !

Carte du monde Mythologique Nordique

J’avoue avoir eu beaucoup de mal à entrer dans le livre, et mon avis final est assez mitigé. La lecture n’était pas mauvaise, loin de là, mais de nombreux points noirs viennent entâcher un titre qui pourrait s’avérer très agréable à lire. Tout d’abord, divinités obligent, tous les personnes sont archi-stéréotypés. De même, tout est immuable et nous aurons perpetuellement droit aux mêmes scènes: Odin se fait réprimander par son épouse, Frigg, pour l’avoir trompée avec une humaine et maudit sa descendence, Loki sussure de viles paroles à Odin et lui fait croire que ce sont là ses propres pensées. Paroles qui bien entendue vourront toutes tentatives à l’échec…

Bref, on fini par se retrouver avec une sorte de cycle qui dure une centaine de pages à chaque fois. Nous avons un problème pour que l’héritier humain du dieu puisse avoir une descendance car Frigg l’a maudit. Odin cherche une solution, Loki lui sussure quelques mots à l’oreille, le dieu trouve cette idée géniale, la fait sans réfléchir. Le plan marche plus ou moins, il y a un nouvel héritier… Et le problème se pose à nouveau. A chaque fois bien sûr, Odin tombe de plus en plus bas. Bref, c’est dommage et c’est aussi ce que veut la nature divine du livre, puisque celles ci ne semblent pas pouvoir tirer profit de leur expérience ni changer le moins du monde.

Mais soit, pourquoi pas. Sauf que cela amène tout de même un problème assez majeur. Il est très difficile de s’attacher à des divinités aussi stéréotypés, et les humains, dont la durée de vie se compte en trentaines de pages, défilent trop vite les uns après les autres. On se retrouve donc au final à se cramponner au seul réel personnage que nous découvre le livre, Brunehilde. Bien que son histoire soit triste et puisse émouvoir, autant dire tout de suite que la Walkyrie n’a pas les épaules assez larges pour supporter à elle seule le livre. Et c’est bien dommage.

Les filles du Rhin et d'Odin

L’autre problème majeur, et c’est là où je voulais en venir avec la lourdeur d’Edouard Brasey, c’est vraiment la répétition. A force de trop user des synonymes, certaines pages sont totalement asphyxiantes. Je sais qu’il est important de décrire, je sais que cela est nécessaire à l’immersion. Mais tout de même, faire des descriptions aussi longues que celles de Tolkien concernant l’herbe à pipe, et ce sur les trois cents pages que compte le livre, c’est trop ! Pire, on se retrouve parfois avec des longues descriptions que l’on a déjà lues quasiment à l’identique ! Oui, après l’avoir lu trois fois vous saurez que les Walkyries sont nées de l’accouplement d’Erda et d’Odin, qu’elles sont superbes, vierges, blablablablabla. Puis qu’Odin est un dieu créateur bla bla bla bla. J’avoue, je confesse, j’ai parfois sauté des decriptions !

Puisque je parle de Tolkien, j’avoue que la ressemblance des deux récits m’a au début bloqué. Forcémment, Tolkien s’est énormément inspiré des mythologies nordiques tandis que Brasey se les approprie complètement. Mais passé les cinquantes premières pages, on fini par oublier ce sentiment. Mieux, je remercie l’auteur de m’avoir grandement éclairé sur les tenants et les aboutissants de toute la culture nordique. J’avoue avec un peu de honte ne pas avoir fait le rapprochement entre le Rhin du livre et le Rhin du continent Européen, rapprochement que j’ai par la suite fait lorsque l’auteur parle du Danube. Bref, là dessus, je ne peux qu’admirer le travail de l’auteur.

Il y a quelque chose que je ne peux oublier d’éboquer: le suspens qui fini par prendre place. On sait que tout va mal se passer, que Loki va forcemment corrompre chacune des actions d’Odin, mais on se demande comment. C’est d’autant plus frustrant que le livre ne me passionnait pas vraiment. Un peu comme si vous vouliez absolument voir la suite d’un film que vous n’appréciez pas. Bizarre non ? Est ce que cela veut dire que j’ai bien apprécié les Chants de la Walkyrie ? Je ne sais. En tout cas si j’ai bien compris, c’est ici le premier tome d’une tétralogie: La Malédiction de l’Anneau. Peut être lirais-je la suite…


Le Vampire de John William Polidori

Serafina dans Critiques, Livres le 14 janvier 2009, avec 6 commentaires
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Le Vampire de John William Polidori est la première histoire écrite en prose sur le thème des vampires. Pour votre culture générale, Polidori était le medecin particulier et assistant d’un certain Lord Byron. Un après midi de juillet 1816, Byron mit ses amis au défi: écrire une histoire Fantastique le plus rapidemment possible.

Le Vampire de John William Polidori

Une seule personne réussit dans les temps, sa femme, une certaine Mary. Byron lui, commença vaguement une histoire de vampires, mais ne la finit jamais et la donna à son médecin. C’est ce début de script qui permit à Polidori de publier en 1819 son livre, The Vampire. De son côté, Mary venait de créer ce qui devint un succès mondial : Frankestein.

Grande fane des vampires et du Fantastique en général, il fallait bien un jour ou l’autre que j’en lise le fondement moderne. C’est chose faite. L’histoire n’est pas très longue, une vingtaine de pages à tout casser. Ceci dit, au premier abord le style est vraiment très, très lourd. Des phrases à rallonge où les propositions s’enchainent sur 5 lignes: on est totalement paumé avant la fin de la phrase. Le temps d’adaptation est notable et j’ai dû relire une bonne partie de l’histoire deux fois pour y comprendre quelque chose.

On suit Aubrey un jeune riche empli d’idées romanesques et Lord Ruthwen un bien étrange personnage. Le style de Polidori est très moqueur à l’égard des idées romantiques d’Aubrey, mordant et incisif, l’état d’esprit romanesque est vite tourné en dérision. Il en va de même pour l’apparente chasteté du comportement des dames du mondes. Avant d’être une histoire Fantastique, c’est donc une critique cinglante de la societé dans laquelle écrit et vit Polidori.

Lord Ruthven de John William Polidori

L’histoire elle même est intéressante une fois le style accepté. Vu son épaisseur, on ne peut pas s’attendre à des tonnes de rebondissements, mais les scènes sont bien amenées, et le tournant final se révèle extrêmement réussi. Ceci dans le sens où l’on a beau le sentir gros comme une maison, la sauce prend, et on se retrouve comme le héros à attendre que le jour ne se termine et qu’il puisse réveler ce qu’il sait.

Véritable début du succès des vampires en proses, l’histoire pose les bases qui seront après réutilisées dans bien des histoires, notamment Dracula. Le vampire ici se nourrit de sang de jeunes vierges (qu’il a accessoirement corrompues pour l’occasion), par contre, il n’est pas encore mention de son incapacité à voyager le jour ni d’une quelconque peur de l’aïl. Il faudra que le mythe se développe avant que ces points n’entrent dans l’attirail de base des vampires.

Allez, maintenant je m’attaque à Carmilla de Sheridan le Fanu, un autre grand classique vampirique.


Le Vaisseau Magique de Robin Hobb

dabYo dans Critiques, Livres le 11 janvier 2009, avec 2 commentaires
Critiques

Robin Hobb est un auteur que j’aime beaucoup, et c’est le premier sur lequel nos avis avec Serafina divergent. Enfin, la première, puisque si vous ne le savez pas encore, ce qui m’étonnerait, Robin Hobb n’est autre qu’un pseudonyme utilisé par Megan Lindholm pour pouvoir publier de la BCF, pour Big Commercial Fantasy. De l’héroïc-fantasy-à-la-Seigneur-des-Anneaux-super-populaire en quelque sorte. En effet, il est peu courrant qu’un auteur américain publie des romans dans un genre différent de ses habitudes sans changer de pseudonyme. Pour ne pas perdre son lecteur notamment, et lui éviter de lire un genre qu’il n’apprécierai pas sans le savoir.

Le Vaisseau Magique

J’avais beaucoup apprécié, malgré ses nombreux défauts, la première trilogie (sextalogie en France) de l’Assassin Royal. J’ai donc enchaîné naturellement, quelques mois après m’être remis de sa fin mémorable, sur le premier tome des Aventuriers de la Mer, sa deuxième série basée sur le même univers. Bien que cette qualification soit tout de même vite dit.

C’est un peu comme si j’écrivais un roman se passant au Moyen Age occidental pour en faire un, à la même époque, sur l’empire Arabe. Moeurs totalement différentes, géographie qui n’est pas la même et interêts incomparables. Alors que nous avons suivi Fitz, l’Assassin Royal, sur la terre et, rarement, sur la mer dans sa bataille contre les Pirates Rouges, les Aventuriers de la Mer est un récit suivi depuis différents points de vue, faisant penser au Trône de Fer, et dont l’objectif est bien moins préci et carricaturale que celui de Fitz. De même, les coutumes de nos héros sont entièrement différentes, et c’est une toute autre civilisation que nous découvrons.

Si j’ai bien compris l’enchevêtrement des choses, il semblerait que la deuxième trilogie de l’Assassin Royal fasse référence aux évênements relatés par Les Aventuriers de la Mer. Je n’ai pour le moment pas la moindre idée de comment. Mais dans tous les cas, la nouvelle civilisation que nous présente Hobb est très intéressante, envoutante et bien appronfondie. Les personnages sont, pour ce premier tome, pas bien plus intéressants que ceux qu’on avait pu découvrir dans l’Assassin. Nous avons toujours droit à une personne qui pourrait être qualifiée d’héros, voire héroïne, et dont le caractère est assez frustrant au début. Mais les changements successifs de point de vue, et surtout de camp, sont plus qu’intéressants et permettent de compenser l’inintérêt de certains personnages.

Pour la première fois j’ai aussi pu lire la point de vue d’un bateau… Et d’un serpent de mer. Bizarre hein ? Mais intéressant, et même prennant. L’histoire se base effectivement dans un monde où la magie existe, autrement que par les manières que nous avons pu voir dans l’Assassin Royal, et où un bois, le Bois Sorcier, peut prendre vie. C’est ainsi que nous verrons qu’il existe des Vivenefs, bâteaux faits de Bois Sorcier qui sont des êtres vivants à part entière et qui, grâce à leur conscience, utilisent et naviguent sur la mer comme aucun bâteau ne peut le faire. C’est grâce à ces Vivenefs dont le prix est exhorbitant, que les premiers marchands de Terrilville font leur fortune.

Dommage que pour ce premier tome, l’aventure ne soit pas intéressante et le scénario loin d’être envoutant. Bien qu’il n’existe pas de but prévisible, ce qui est un bon point, nous n’avons pas l’envoutement que peut nous procurer la lecture d’un premier tome du Trône de Fer, ou même de celui de la Couronne des Sept Royaumes. Certes, nous voulons connaître l’avenir de quelques uns de nos héros, mais il n’est pas dit que dans quelques mois, j’aurai l’envie d’ouvrir le deuxième tome.


Le Château Noir de Glen Cook

dabYo dans Critiques, Livres le 8 janvier 2009, avec aucun commentaire
Critiques

Trois mois qu’on cherchait ce deuxième volumes des annales de Toubib dans la bonne édition. Trois mois que J’ai Lu et nos bouquinistes essayaient de nous refourguer la vieille. Mais pas question, malgré l’envie, on tenait. On n’acheterait pas une nouvelle fois un livre moche et périmé pour se retrouver avec une collection dont les couvertures ne collaient pas. Non, pas question, c’était parjure. Et puis on a été mobilisé ailleurs, à Aix en Provence, plus au Sud, pour le bien être de la Mère, et surtout son bon vouloir. Bien qu’on y soit allé en trainant les pieds, c’était pas pour rien. Elles étaient là, enfin, les récits de mon confrère seraient bientôt entre mes mains, et dans la bonne édition. On avait déjoué ces foutus plans. Restait plus qu’à débourser huit foutus euros.

Le Château Noir, Annales de la Compagnie Noire

J’ai retrouvé Toubib, neuf bonnes années s’étaient écoulées pour lui et sa clique. Du lourd apparement, faut dire, ils ont pas quitté le service de sa fiancée comme ils l’appellent. C’est la Dame pour les autres, pire que le suppôt de Satan, son mari, qu’elle a laissé derrière elle, enseveli vivant. Pendant ces neuf années la Compagnie a pourchassé du rebelle, sans cesse, sans leur laisser le moindre répis. Ils les ont massacrés à tour de bras. Et c’est pendant une nouvelle manoeuvre, routinière pour changer, que nous les avons retrouvé, à trancher en deux quelques uns de ces fous qui pensent pouvoir s’opposer à la Dame et son empire.

Diantre, que j’adore ce livre tout de même. Désolé pour cette introduction où j’essaie, avec peu de succès, d’imiter le style de Glen Cook qui est toujous aussi prenant. Le tout est vrai, ça fait plusieurs mois que j’ai lu le premier tome de la Compagnie Noire, et ça fait plusieurs mois que je cherche la nouvelle édition du tome 2 à Blois, en vain. Mais j’ai eu de la chance puisque j’ai pu le dégôter à Aix en Provence, dans ma ville natale, où nous étions pour passer Noël. Aussitôt acheté, aussitôt lu.

Le Château Noir, Annales de la Compagnie NoireOn retrouve donc les personnages plutôt attachants que nous avions découvert dans le premier tome, et ça fait carrément plaisir de relire les tribulations de Toubib, l’annalyste. Pour comprendre le principe des Annales de la Compagnie Noire, je vous invite à lire ma critique de son premier tome. Cette fois, en plus du point de vue de notre ami le médecin, nous avons le droit à celui d’un tavernier, Shed, froussard de première et protecteur de la veuve et de l’orphelin à ses heures perdues. Au début cela fait bizarre, puisque les annales de la compagnie ne peuvent être écrites que par Toubib. Puis après on comprend le subtil subterfuge qui devient effectivement très intéressant. Puisque dès que Toubib ne pourra pas prendre connaissance d’un passage de l’histoire, nous n’en saurons pas plus que lui. Cela pourrait devenir très grisant dans les prochains tomes si le héros de l’un des nouveaux points de vue devient l’un de mes personnages préférés.

J’avais critiqué le premier tome des Annales de la Compagnie Noire pour son début, très perdant. Cette critique pourrait être reconduite pour ce second tome, dont les débuts sont un peu troublants, mais dans une bien moindre mesure. Dès lors que l’on comprend que le second point de vue n’a, pour le moment, rien à voir avec la Compagnie, le tout coule de source. Le récit parle de nombreux lieux, et je crois que c’est le premier livre de Dark Fantasy qui n’est pas accompagné d’une carte: terriblement grisant. Il est en effet toujours intéressant de pouvoir situer les personnages, et surtout leur voyage, puisque ce sont de vraies tribulations que nous raconte Toubib.

Si vous avez aimé -adoré ?- le premier tome, vous pouvez donc sauter les yeux fermés. Par contre, si le style ou le genre vous a déplu, vous pouvez tout de suite oublier cette série. Moi en tout cas, j’en redemande ! A dans trois mois pour le troisième !