Parmi les dernières sorties des éditions Camion Blanc se trouvait l’Abécédaire des musiciens en galère – et de ceux qui les voient ramer de Nicolas Muller. J’attendais la sortie de ce livre depuis son annonce. En effet, Nicolas Muller, batteur de Metal français connu sous le pseudo de Ranko, se proposait de nous montrer un peu ce qu’il y a de l’autre coté de la scène, dans les coulisses, nous entrainer dans le quotidien de milliers de musiciens. Le fait qu’il soit français et (ex-)membre de formations françaises reconnues mais loin des superstars promettait une analyse somme toute plus réaliste du quotidien de musicien que les bouquins de Nikki Sixx.
Après avoir été largement conquis par l’Ombre de Saganami de David Weber, deux tomes se déroulant dans l’Univers de Honor Harrington, un gigantesque Space Opera qui mêle stratégie militaire à Hard SF, j’ai décidé d’aller plus loin. Et j’ai donc entamé le tronc principal de la série, Honor Harrington, par le bon milieu, En Mission, le 17ème et dernier tome en date aux éditions l’Atalante. Certains de l’équipe diront sans doute mer il et fou, ne partageant pas tout à fait mon enthousiasme pour cette série au déroulement posé, assez long et surtout complexe, mais qu’à cela ne tienne. Je dois déjà vous le dire, je n’ai pas regretté ma rencontre avec Honor Harrington. Synopsis.
- Auteur:Weber David
- Année:2011
- Editeur:l'Atalante
- Genre:Hard Science-Fiction, Space Opera
- Illustrateur:Genkis
- ISBN:9782841725632
- Série:Honor Harrington
- Titre:En Mission Tome 1
- Titre V.O.:Mission of Honor
- Tome:12
- Traducteur:Bury Florence
Le conflit entre la République de Havre et le Royaume de Manticore vient sans doute de passer à un stade inattendu. La supériorité militaire des sujets de sa majesté est telle qu’il semblerait bien que l’issue du conflit soit toute proche. Reste à savoir si un accord peut être trouvé entre ces deux entités néo-barbares ou si Manticore n’aura d’autre choix que de raser toutes les infrastructures de son ennemi du moment. Car le temps presse pour les manticoriens, qui risquent bien de se retrouver en guerre avec la Ligue Solarienne à cause de fâcheux évènements.
Il suffit de lire ce synopsis pour comprendre qu’on est face à du lourd, de la spatio-politique comme on peut, ou pas, l’aimer. Ne partez pas en courant, derrière ces noms quelque peu barbares se cache surtout un univers toujours aussi fascinant. Je l’avais plus ou moins découvert avec l’Ombre Saganami, mais cette histoire là se concentrait surtout sur l’histoire d’un équipage de vaisseau et un tout petit système de planètes. Dans En Mission, le spectre de l’intrigue politique et militaire, est beaucoup plus vaste, contenant grosso-modo tout l’espace délimité par l’univers d’Honor Harrington.
Et c’est passionnant. Vraiment. Les pions se mettent en place, les situations se dessinent peu à peu et on visualise l’intrigue que David Weber mets en place. La narration se fait autour de plusieurs personnages. Si le Royaume de Manticore est plus ou moins vu comme les gentils, cela ne nous empêche pas pour autant de suivre ses ennemis. Ces derniers sont en général entrevus le temps d’un chapitre, la suite de l’histoire pouvant les évoquer où les voir évoluer à travers d’autres yeux. Alors bien entendu, cela demande au lecteur une concentration assez forte, puisque chaque personnage évolue souvent dans sa propre sphère de relations, amenant là de nombreux noms de personnages.
C’est peut être là un des points faibles du roman pour ceux qui n’aiment pas les aspects complexe. Car en plus d’avoir un univers vaste, de s’étendre assez souvent sur les technologies utilisées, de proposer des intrigues difficiles à appréhender, il faut en plus faire avec des personnages que l’on n’arrive pas toujours à situer. Accepter donc de ne comprendre parfois qu’une partie pendant un moment, avant que le déclic n’ait lieu. On pourrait penser que cela vient du fait que j’entame la série en cours de route, et cela vient sans doute en partie de ça, mais pas seulement, puisque je dois avouer qu’avais déjà oublié certains personnages rencontrés dans L’Ombre de Saganami.
Ce tome en tout cas arrive particulièrement bien à créer une situation de tension intense, avec une sorte de longue montée en puissance. Très impressionnante, chaque passage est amené avec soin pour amener à une sorte de passage décisif qui ne dépareillerait pas dans un Trône de Fer par exemple. Passé les premiers chapitres d’introduction, j’ai vraiment eu du mal à me décoller du livre pour ne pas le dévorer.
Au final, cette première partie d’En Mission m’a vraiment conquis. Pour peu que vous ne soyez pas réfractaire aux situations complexes et à la Hard Science-Fiction d’une manière générale, Honor Harrington est vraiment une série à lire. Je ne conseillerai peut être pas de commencer avec ce tome, le premier pourrait tout à fait convenir, mais il est évident qu’il faut y avoir jeter un œil au travail de David Weber. Pour sa maîtrise, pour son univers cohérent, et ces situations de tension tout simplement jouissives.
Le Mal en la Demeure, premier tome du cycle des Âmes Déchues de Stéphane Soutoul avait été un de mes coups de cœurs de l’année 2010. J’avais adoré ce premier opus et de ce fait, j’étais très enthousiaste à l’idée de lire Le Sacrifice des Damnés, deuxième tome sorti il y a quelques semaines aux éditions du Petit Caveau. Illustré lui aussi par Cécile Guillot, ce roman de 180 pages ne m’a pas résisté bien longtemps. Synopsis ?
- Titre:Le Sacrifice des Damnés
- Série:Le cycle des âmes déchues
- ISBN:9782953389265
- Illustrateur:Guillot Cécile
- Genre:Fantastique
- Année:2011
- Editeur:Editions du Petit Caveau
- Auteur:Soutoul Stéphane
Paul de Lancarme revient après de longues errances au domaine familial, celui des Lancarme, chasseurs de vampires renommés. Cependant il retrouve l’endroit à feu et à sang. Pire encore, sa sœur Leonore est portée disparue. Cette dernière et son fiancé Norman ont en effet été enlevée par une organisation pas très recommandable qui a de près affaire avec des vampires.
Bien que pouvant se lire totalement indépendamment du premier tome Le Mal en la Demeure, je ne peux que vous conseiller de lire d’abord celui ci. Il s’achevait en effet sur une présentation de Leonore, et effectivement cette dernière est cette fois au centre de l’intrigue. Bien qu’étant une suite assez directe, Le Sacrifice des Damnés s’en démarque sur plusieurs points. Si le premier tome était très contemplatif, ici on a un roman beaucoup plus rythmé, notamment grâce aux alternances de points de vue qui rendent le bouquin beaucoup plus haletant.
Les atmosphères sont toujours très agréables et jolies, mais on est moins dans la langueur et le mélancolique. Le style de Stéphane Soutoul est très agréable, et là encore, se lit très bien. Même si j’ai été enchantée du style de l’auteur dès ses premières nouvelles, l’amélioration est notable, avec une écriture toujours un peu désuète, mais plus fluide à la lecture.
Passer à un tome d’action n’est souvent pas un exercice aisé, cependant Stéphane Soutoul s’en sort plutôt bien. Le rythme ne faiblit pas et du coup le roman se lit très vite. Si le premier n’avait que très peu de protagonistes, celui ci en a beaucoup plus, et la plupart sont très réussis, je pense à Paul, à Leonore, à Norman son fiancé ou à Selene notamment. Seul point noir, le personnage de Sofia qui m’a joyeusement insupporté, correspondant trop à mon gout au stéréotype de la femme trop belle, qui sait trop bien se battre mais meurtrie. Elle est beaucoup moins en nuances que les autres, dommage.
C’est aussi l’occasion de voir l’auteur préciser sa version du mythe vampirique, qui est à la fois classique et originale. Le roman sent aussi les relents de sorcellerie, de démoniste, qui ne peuvent que me réjouir. Évidemment, 180 pages c’est assez court, donc tout n’est pas creusé en profondeur. On va à l’essentiel et ne se perd pas en chemin. Les événements relatés se déroulant d’ailleurs sur un laps de temps très court.
En réalité le roman se compose de 150 pages qui constituent l’intrigue principal, puis une partie d’une trentaine de pages, qui permet de nous présenter ce qui sera sans doute le héros du prochain tome du cycle. Sans trop vous en dévoiler, je dois dire que j’ai été totalement enchantée par la tournure que semblent prendre les événements !
Encore une fois, cette publication de Stéphane Soutoul est une très bonne lecture, que je vous conseille fortement. Si vous avez aimé Le Mal en la Demeure, ou si vous aimez les vampires qui ne brillent pas au soleil, je ne peux que vous conseiller de découvrir la famille de Lancarme. Le Sacrifice des Damnés est un très agréable moment de lecture, que vous ne pourrez lâcher avant la fin.
Strange Angels est une série qui compte actuellement 5 tomes de Lili St. Crow, que vous connaîtrez peut être pour ses écrits Bit-Lit sous le nom de Lilith Saintcrow. Le premier tome, titré au nom de la série donc, est sorti en France juste avant les fêtes de fin d’années aux éditions Castelmore. Pour être honnête, la couverture ne me plaisait pas trop, un peu trop « ado », et le résumé officiel ne m’avait pas vraiment palpitée, mais j’avais eu de très bons retours de cette auteure. Elle officie cette fois dans le Young Adult. Synopsis.
- Traducteur:Guillerme Rose
- Tome:1
- Titre V.O.:Strange Angels
- Titre:Strange Angels
- Série:Strange Angels
- ISBN:9782362310379
- Illustrateur:Frost Michael, Stadnyk Gregory
- Genre:Young Adult
- Editeur:Castlemore
- Auteur:St Crow Lili
- Année:2011
Dru sillonne les États-Unis avec son père. Ce dernier a une activité un peu spéciale, vu qu’il est chasseur de vampires. Le surnaturel est donc ancré depuis longtemps dans la vie de Dru, et elle n’est pas étonnée d’avoir des prémonitions, ou autres. Sauf que ce jour là, la prémonition dramatique se réalise et elle se retrouve seule. Enfin, pas vraiment, vu qu’elle embarque avec elle un camarade de classe rebelle et goth. Entre vampires, détresse, adolescence et lycanthropes, Dru va avoir fort à faire.
Je vais commencé par un point sur l’emballage. Le résumé ne correspond pas à la réalité du livre, et en prime spoile des éléments qui ne se passent pas avant le dernier quart du livre, vous pouvez carrément vous dispenser de le lire. De plus, la citation de Richelle Mead sur la couverture parle d’une héroïne « sexy, mystérieuse et dangereuse« . Si elle est un peu mystérieuse, Dru n’est ni dangereuse, ni sexy. Surement pas sexy d’ailleurs, c’est juste une gosse de 15 ans totalement paumée. Peut être que cela change dans la suite.
D’ailleurs, le fait que Dru soit au final une fille comme les autres m’a bien plu. La couverture, bien qu’agréable à regarder, fait surtout penser à une Mary Sue, mais il n’en est rien. J’ai trouvé le traitement du personnage très réaliste et crédible. Je ne dirais pas que c’est un personnage vraiment marquant, mais elle est crédible, ce qui est un gros plus. Les autres personnages ne sont pas vraiment nombreux, mais je dois dire que j’aime beaucoup Graves, le goth trimballé malgré lui dans cette affaire.
Le surnaturel est très présent dans Strange Angels, et particulièrement dans la seconde partie du roman, où l’on va avoir beaucoup de termes peu ou pas expliqués : svetocha, djhampir, schola… Ca m’a rapidement fait penser à Vampire Academy que j’ai commencé, mais toujours pas avancé, je ne saurais donc pas me prononcer, mais je suppose que tout cela va être expliqué dans la suite.
En effet bien que cela soit le premier tome d’une série, on ne peut pas réellement dire que l’auteur prenne le temps de mettre l’univers en place. Non, on est balancé directement dans l’histoire, dans un monde qui semble établi, en tout cas pour Dru. C’est le personnage de Graves qui apprend en même temps que nous plus de choses sur ce monde, qui sert en quelque sorte d’excuses aux explications. Pour moi c’est un point plutôt positif, car au moins le rythme est élevé, sans trop de temps morts et du coup le roman se lit vite. On pourra quand même reprocher un nombre important de répétitions, notamment au niveau de ce que ressent Dru lors de ses pressentiments.
Bien qu’orienté plutôt ado, le ton est assez adulte, et ne prend pas les gens pour des neuneu, on sent que Lili St Crow a l’habitude d’écrire pour adultes. De ce fait lire ce roman à l’age adulte n’est pas réellement un problème.
Au final, je dois dire que c’est une bonne découverte. L’univers de Strange Angels semble dense, les personnages sont plutôt sympathiques et on échappe à toute Mary Sue. Il est évidemment un peu tôt pour se prononcer sur l’ensemble de la série, mais ce premier tome augure du bon, et je lirais la suite, c’est certain.
L’Anthologie Officielle des Utopiales 2011 est exactement ce que son titre laisse entendre. Ce sont donc sept auteurs qui se sont réunis autour d’un même thème cette année encore sous la bannière d’ActuSF. Quelques noms très connus ornent la couverture, qui reprend l’affiche du festival de Greg Broadmore. Parmi eux je citerai James Morrow, Lucius Shepard ou encore Roland C. Wagner. Comme de coutume, pas de synopsis pour les recueils, alors zou, direct dans l’action pour voir si la lecture de ce bouquin vaut le coup (et ses 12 euros).
- ISBN:9782917689325
- Titre:L'Anthologie Officielle des Utopiales 2011
- Illustrateur:Broadmore Greg
- Genre:Fantasy, Science-Fiction, Uchronie
- Editeur:Editions ActuSF
- Auteur:Anderson Eli, Calvo David, Holstein Eric, Merjagnan Norbert, Morrow James, Powers Tim, Shepard Lucius, Wagner Roland C, Zürcher Muriel
- Année:2011
Je parlais de thème dans l’introduction et déjà je le sentais mal. La thématique adoptée pour 2011 est la suivante: Histoire(s). Je ne pense pas qu’on aurait pu faire plus vague pour le coup et c’est pour ça que l’on se retrouve avec des nouvelles certes de qualité pour certaines mais qui n’ont pas de « cohérence » au sein du recueil. D’un autre coté ça permet de plaire à tous les goûts en tapant allègrement dans la Science-Fiction, l’Uchronie, le Fantastique et le fourre-tout, ce dernier permettant de caser tout ce qui n’est pas identifiable. Concernant les dates originelles de parution des nouvelles présentes ici, excepté celle de Shepard datant de 1987, elles sont toutes de 2010-2011, on essaye donc pas de nous refourguer du lu et relu.
Comme de coutume, un petit topo des nouvelles que j’ai trouvé les plus intéressantes.
Le train de la réalité (Fragment) de Roland C. Wagner
Cette nouvelle c’est un petit peu mon coup de cœur et mon coup de gueule du recueil. J’ai trouvé l’histoire vraiment intéressante et captivante mais la manière dont c’est écrit est vraiment déplaisante et éprouvante. Imaginez eul’ gars, qu’écrit comme ça, d’l'argot à l’écrit pendant 40 fichues pages. Ça a eu vite fait de m’agacer et j’avoue avoir eu un mal de chien à m’accrocher.
Je veux bien que le personnage qui raconte n’est pas une flèche en orthographe, mais ce n’était pas une raison pour me faire saigner les yeux. Bref, c’est une histoire de Rock’N'Roll que l’on suit ici, avec un groupe dans les années 60 qui va aller faire un tour en Algérie, faire tomber les clichés et nous dépayser.
K**l Me, I’m Famous de Eric Holstein
Alors que j’en ai entendu dire par certains que la présence d’un des cofondateurs d’ActuSF dans le recueil était déplacé, et je peux dire après lecture de sa nouvelle qu’il mérite largement sa place ici. On reste dans le milieu du rock en rajoutant un petit coté fantastique à l’affaire pour le déroulement d’une histoire sous les yeux du narrateur, critique de musique.
Dans la vingtaine de pages qui la composent, on cherchera à comprendre le fin mot de l’histoire, peut-être même qu’on trouvera des métaphore et des sens cachés là où il n’y en a pas. Une chose est sûre, la lecture de cette nouvelle a été agréable et est arrivée à point nommé derrière celle de Tim Powers, Lignes Parallèles, à laquelle je n’ai rien compris.
Salvador de Lucius Shepard
Bienvenue dans l’enfer vert du Salvador où l’on va suivre les trips hallucinés de soldats complément drogués. Voyage onirique sur le champ de bataille, on tâtonnera pour trouver la frontière entre le rêve et la réalité. Pas foncièrement axé sur l’action, cette nouvelle donne tout de même dans un rythme assez soutenu, nous faisant partager le périple de ces hommes et l’étincelle de leurs vies, fragiles comme leurs ampoules de drogues.
Je noterai aussi la nouvelle de David Calvo, Pragmata, qui aura eu le mérite de me faire marrer de par son histoire et la manière dont elle est racontée, mais chut, je ne vous spoile pas. Les nouvelles restantes ne sont pas mal non plus même si j’ai trouvé celle de James Morrow plutôt longuette et peu rythmée, et celle de Powers incompréhensible.
Mine de rien au final on se retrouve avec un bouquin qui vaut le coup d’œil. Si je regrette le manque de cohérence de l’ensemble, il serait dommage de passer à coté de certaines des nouvelles contenues dans ce recueil. Je note donc que l’Anthologie des Utopiales est un bon plan, surtout que si vous l’achetez là-bas, il y a moyen de se la faire dédicacer par les auteurs, qui étaient tous là pour les Utopiales 2011 si je ne m’abuse.
Les Tangences Divines de Franck Ferric
Les Tangences Divines est un roman de Franck Ferric sorti aux éditions du Riez à la rentrée de l’année dernière. L’auteur d’imaginaire français n’est pas inconnu de nos colonnes puisqu’il avait déjà plus que conquis Serafina avec son premier roman, La Loi du Désert, et LuxtExMachina avec son recueil de nouvelles Marches Nocturnes, récemment réédité en poche par Lokomodo. Reste à voir si la magie allait opérer de la même façon sur moi. Pour ce second roman, c’est dans les égouts que nous allons nous diriger, ceux de notre capitale Paris. Sa superbe couverture est signée Bastien Lecouffe-Deharme. Synopsis.
- Editeur:Editions du Riez
- Illustrateur:Lecouffe-Deharme Bastien
- Genre:Fantastique
- Titre:Les Tangences Divines
- ISBN:9782918719168
- Année:2011
- Auteur:Ferric Franck
Théodule est égoutier à Paris, il fait équipe avec un grand black fan de Jazz, et truc, enfin, le nouveau quoi. Sa vie n’est pas folichonne, son mariage semble battre de l’aile, mais il s’en contente plus ou moins. Se lever tôt, se crever à la tâche et au milieu de la puanteur de la capitale, rentrer pour s’endormir devant la télé, être engueulé par sa femme quand elle rentre à son tour car il n’a rien foutu de son après-midi, manger, puis s’endormir. Recommencer. Enfin, ça c’était jusqu’à ce qu’il fasse son malaise dans les égouts et découvre l’envers du décors de notre monde.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce roman, et je dois avouer que j’ai été franchement surpris. Notre histoire se déroule donc à Paris, notre héros est un égoutier, et doit sans doute être le seul égoutier dont j’ai jamais suivi les tribulations. Il faut dire que Théodule n’est pas du tout le type de personnage qui est mis en avant habituellement. Il a une vie ordinaire, pas franchement à la hauteur de ce qu’il avait pu espérer, mais bon, ça lui suffit. Il est en soit un peu n’importe qui, et le lecteur peut aisément s’y identifier, ou tout du moins, le comprendre. Bon, il a certes quelques traits de caractère particulier, notamment un certain jemenfoutisme et manque d’entrain qui peuvent parfois étonner, mais qui ne sont pas du tout déplaisant.
Le livre a un côté très terre à terre, de par son héros qu’on pourrait qualifier d’ordinaire, mais aussi et surtout avec sa narration. Faite au présent, avec des descriptions au présent et l’action au présent, les différents détails de la vie du héros prennent une grosse importance sur notre histoire. Alors oui, parfois on le suit dans le feu de l’action, mais d’autre fois, on patiente à ses côtés pendant qu’il mange sa pomme ou cherche ses clefs. Ces détails qu’on pourrait qualifier d’inutiles peuvent laisser perplexe. J’avoue que cela a été mon cas à certains moments, cela dit, ça donne un certain atmosphère au livre, une sorte de force tranquille que j’ai plutôt appréciée. On pourra malheureusement regretter l’abus du il, les répétitions qu’il procure se remarquent rapidement sur certains passages.
Notre histoire se déroule certes à Paris, mais il s’agit tout de même d’un livre de genre Fantastique, qui dans son univers m’a fait penser au roman de Terry Pratchett, Les Petits Dieux et autres Neil Gaiman. Pour ne pas révéler l’histoire ni gâcher la surprise et la découverte de l’univers, je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais c’est vraiment quelque chose de très sympathique à lire. Les idées sont plutôt originales et on peut plus ou moins les qualifier de complètement tripesque. Le tout est loufoque mais plutôt cohérent lorsqu’on se prend au jeu. Et je m’y suis largement pris, ce qui est d’autant plus agréable. L’échappée en avant de notre personnage dans un univers loufoque est d’autant plus absurde que Théodule reste affreusement terre à terre. Quand il ne pense pas à ses clefs, c’est sa femme qui occupe ses pensées. Va-t-il réussir à se faire pardonner ? Ne faudrait-il pas qu’il les laissent tous là en plan, pour reprendre sa petite vie pépère ?
Derrière l’absurde se cache aussi un grand cynisme, une critique de notre société, de notre façon de vivre. On pourra la trouver juste, facile, ou erronée, et je suppose que tout dépendra des convictions du lecteur. Cela dit, à aucun moment cela ne gâche la lecture, qu’on partage les idées ou non. Franck Ferric propose une vision posée, non manichéenne, loin de la revendication malvenue ou du roman moralisateur. Je dirai plutôt que j’en ai vu ressortir une sorte de c’est mal foutu, mais c’est la vie.
Au final, Les Tangences Divines était une lecture sympathique qui m’a pris et m’a donné envie de poursuivre ma lecture pour savoir ce qu’il allait bien pouvoir advenir de notre héros. Je regretterai simplement sa narration au présent, qui m’a parfois déçu. C’était un agréable moment passé avec Théodule, un périple agréable et surprenant dans la capitale de Paris qui nous offre là un notre Neverwhere franco-français. Un bon moyen de découvrir Franck Ferric en tout cas.
Le Chant des Psychomorphes est le premier roman de l’auteur franco-britannique Laurent Whale paru en 2006 aux éditions Rivière Blanche et réédité ici en format poche par Lokomodo. La couverture est d’Alexandre Bonvalot et donne tout de suite le ton de ce Space Opera de quelques 260 pages. On démarre comme de coutume par le synopsis de la bête.
- Editeur:Editions Lokomodo
- Genre:Space Opera
- ISBN:97823590000320
- Titre:Le Chant des Psychomorphes
- Illustrateur:Bonvalot Alexandre
- Année:2011
- Auteur:Whale Laurent
Zéar est un fonctionnaire mais pas du type qui gratte du papier derrière un bureau sur Novo-Petersbourg. Il a déjà eu l’occasion de rouler sa bosse dans la galaxie en tant que contrôleur des taxes commerciales. Alors que l’ennui et la routine semblaient néanmoins le rattraper, la rencontre avec un cafard d’ambassade, selon ses propres termes, va le plonger malgré lui dans une machination qui dépasse tout ce que l’humanité avait pu fomenter dans le passé. Maintenant fugitif, il n’a plus qu’une idée, disparaître du paysage le temps que tout ce bazar se tasse, mais le bazar ne va pas le lâcher.
Notre héros Zéar avait tout pour me plaire: désabusé, totalement déboussolé par sa fuite précipitée, il ne veut pas être un héros, il veut juste ne pas se faire tuer. Il donne un peu une impression de M. tout-le-monde en cavale, mais avec la licence de pilote, et ça aide forcément à se rapprocher du personnage. Il ne sera pas tout seul dans cette galère, un jeune homme Tingal, viendra lui tenir compagnie. Débrouillard mais encore naïf, on découvrira la galaxie à travers ses yeux qui n’avaient jamais vu l’espace avant. Ce « couple » est bien travaillé et leurs interactions ne manquent pas d’humour pour certaines, bref des personnages sympathiques.
Il y a bien sur un cast féminin, faire valoir à l’holywoodienne, elles ont tout de même un rôle et une importance non négligeable dans l’histoire. En ce qui concerne l’antagonisme dans l’affaire, des méchants sont bien de la partie, ils sont un peu effacés mais l’histoire n’avait besoin d’eux que pour les twists du scénario, et ce n’est pas plus mal vu le peu de charisme qu’ils ont.
L’intrigue a réussi à me surprendre, alors que je croyais fermement pendant tout le premier chapitre au classique complot intergalactique mettant sur le devant de la scène Zéar, l’auteur en profite pour calmer allègrement mes ardeurs dès le second chapitre, me signalant au passage que son histoire pourrait bien être plus intéressante que prévu. Nos héros crapahuteront dans un tas de lieu divers et variés, allant de la jungle urbaine à la jungle tropicale. Malgré la faible épaisseur du roman, l’auteur nous livre les clés de son univers au travers de sa géopolitique, montrant ainsi une certaine recherche pour nous proposer un environnement cohérent. Il y a juste, et ce n’est sans doute qu’une impression, que ledit univers me parait un peu petit en terme de distance.
Laurent Whale va à l’essentiel dans sa narration, on enchaîne les scènes avec fluidité. Il y a juste un passage que je n’ai pas trouvé bien clair, mais vu que cela ne nuisait pas à la compréhension globale et que cela se passait dans un relatif chaos, je vais cacher ce détail sous le tapis. Depuis tout à l’heure j’utilise des termes qui font sans doute penser au cinéma, c’est sans doute parce qu’inconsciemment, je le verrai bien adapté en film ce bouquin, ça pourrait faire du bon Space Opera de derrière les fagots.
Le Chant des Psychomophes est donc une plutôt bonne surprise pour ce début d’année, dans un genre pas forcément évident à renouveler. Laurent Whale s’en tire vraiment bien et m’a donné envie de jeter un coup d’œil à ses autres ouvrages, même si le prix de son dernier bouquin Les étoiles s’en balancent (25 €) chez Rivière Blanche m’a légèrement refroidi. Celui-ci, en poche, vaut en tout cas assurément son prix.
Le cinquième jour de Maud Tabachnik
Le cinquième jour est un roman de Maud Tabachnik sorti en 2001. A vrai dire, malgré sa couverture plutôt sympa, rien ne m’aurait dirigée vers ce livre si un collègue ne me l’avait pas conseillé et prêté, les mots « tueur cannibale » ayant le même effet que « bio de rockstar héroïnomane » chez moi. Au mépris de ma PAL plus que conséquente et des deux livres déjà entamés, je me suis jetée dessus. Synopsis ?
- Editeur:Le Livre de Poche
- ISBN:9782253182337
- Titre:Le cinquième jour
- Genre:Thriller
- Auteur:Tabachnik Maud
- Année:2001
Gloria, une jeune fille, suit un presque inconnu pour un prétendu anniversaire. Elle ne reviendra jamais. La police de New York est particulièrement impliquée sur ce cas, on ne rigole pas avec les enlèvements d’enfants. Plus tard, un prostitué est retrouvé mort et mutilé. Rien ne relie en apparence les deux victimes, et pourtant … Stan Levine est inspecteur, bon père de famille, il prend la chose à cœur et s’engage à la poursuite du tueur.
Il faut le reconnaitre , je ne lis pas énormément de Thriller, mais celui ci suit les codes du genre : chapitres courts, alternance de point de vues, suspens, cliffhangers. Ceci dit, les codes sont bien maitrisés, et du coup servent vraiment le récit. Les chapitres courts donnent un coté haletant, le fait de suivre les deux personnages fait évidemment dévorer les pages, le lecteur attendant avec impatience le moment où les deux vont se croiser.
Le style est très direct et ne fait pas dans la douceur. Contrairement à ce que son nom laisse penser, et au vu de l’endroit où se place l’intrigue, New York, Maud Tabachnik est bien française . Son écriture est très réaliste les dialogues sonnent bien, c’est vif. Si l’intrigue est évidemment au centre du roman, les personnages ne sont pas reste et sont plutôt bien crédibles.
L’atmosphère de New York est très bien retranscrite, que cela soit la chaleur en été, les quartiers ou bien les luttes de pouvoir entre hauts dignitaires, j’ai trouvé que c’était très bien fait et très immersif. Traiter d’un serial-killer cannibale avec un style aussi cru et direct pourra en choquer certains. On n’est pas au point du Corps Exquis de Poppy Z. Brite, mais tout de même je pense qu’il ne s’agit pas d’un livre à mettre dans toutes les mains. L’histoire est inspirée de celle de Albert Fish, serial-killer du début du XXème siécle, alors que Le Corps Exquis s’inspire plutôt de Jeffrey Dahmer et Denis Nilsen. L’intrigue en elle même est vraiment bien menée, haletante et sans le moindre temps mort, jusqu’au final, assez surprenant et pas du tout tel qu’on l’attend.
Bref c’est un sans faute pour ce Thriller. J’ai dévoré les 300 pages qu’il compte en deux jours. Je ne peux donc que vous le conseiller, surtout qu’il est sorti en poche aux éditions Le Livre de Poche et donc tout à fait accessible. Personnellement, j’ai bien envie de lire d’autres livres de l’auteur, notamment son Memoires d’un Bourreau qui traite de la Shoah, ou J’ai vu le diable en face au sujet des meurtres de Juarez. Une très bonne découverte, si vous ne connaissez pas cette auteur, je ne peux que vous encourager à la découvrir. A noter qu’apparemment on peut retrouver certains personnages et l’univers dans un autre de ses romans, Ne vous retournez pas.
Au top des biographies de rockstars, il y a The Dirt, la biographie « sulfureuse » du plus célèbre des groupes de Metal: Mötley Crüe. Ce n’est pas moi qui le dit, mais bien le sous titre qu’a choisi le groupe de Glam Metal en question. Écrite en collaboration avec Neil Strauss, elle permet aux fans de voir le groupe à travers, entre autres, ses quatre protagonistes. Après avoir lu les Heroin Diaries de Nikki Sixx, leur leader, j’avais envie d’en savoir plus sur le groupe, notamment comment ils ont réussi à percer, et donc, en croisant cette bio traduite en France aux éditions Camion Blanc chez un bouquiniste parisien, je n’ai pas su résister.
- Année:2007 (2001)
- Auteur:Strauss Neil
- Editeur:Camion Blanc
- Genre:Biographie
- Groupe:Mötley Crüe
- ISBN:9782910196530
- Titre:The Dirt: Confessions du groupe de rock le plus sulfureux au monde
- Titre V.O.:The Dirt: Confessions of the World's Most Notorious Rock Band
- Traducteur:Balandret Yves

A noter qu'après lecture du bouquin, je ne sais toujours pas qui est sur la couverture...
The Dirt part de l’enfance des quatre compères, qui ont tous eu différemment des vies de merde ou presque, pour passer par la naissance du groupe, les flottements avant d’arriver à un line-up correct, le premier album Too Fast For Love auto-produit, puis le succès, et pour enfin en arriver à la déchéance. La plongée dans l’univers des musiciens de bars du Los Angeles de l’époque est parfaitement passionnante, on croise pas mal de groupes, et ça nous donne une image de Mötley à laquelle on ne pense pas forcément. Si ils sont surtout connus pour leurs succès commerciaux et ultra radio-friendly, on oublie souvent que c’est un groupe qui a galéré pour en arriver là, qui a sorti ses premiers albums dans une indifférence presque totale.
Grâce au travail d’écriture de Neil Strauss puis de la traduction, le style est uniforme, même lorsqu’on alterne les points de vue entre les protagonistes. La première partie jusqu’au début de la déchéance est régulièrement très drôle, que cela soit les frasques de rockstar ou juste les trips de gamins paumés. Souvent, c’est du comique de situation, n’empêche que ça fait rire. La partie sur la montée du groupe est particulièrement intéressante d’ailleurs, car elle est tellement vraie, et tellement banale, comme tous ces groupes d’ado qui répètent dans un garage.

Couverture de la version originale, qui n'a sans doute pas pu être conservée pour une question de droits
Comme l’indique la préface, l’autobiographie passe assez rapidement sur les années de gloire, qui va du milieu des années 80 à la fin de ces dernières, pour une raison fort simple : ils étaient tellement sous drogues que pas grand monde n’en garde grand souvenir. Du coup, n’espérez pas découvrir comment Nikki Sixx a composé Kickstart my Heart ou qu’est ce qui lui a fait changer les chœurs moisis de la démo pour le refrain définitif. Ces passages passent très très vite. Les membres sont plus marqués par leurs abus divers (alco, drogues, sexe) que par leur parcours musical de l’époque. A ce propos, comme vous vous en doutez, le livre est assez cru et n’est donc pas à mettre entre toutes les mains.
C’est un peu frustrant, mais cette autobiographie est du coup totalement complémentaire avec The Heroin Diaries de Nikki, qui grâce à sa forme de journal au jour le jour rentre bien plus dans le détail de la vie de groupe, on évite donc les redites. Le groupe prend le temps de se calmer au début des années 90 et là, ils commencent à réfléchir, à analyser leur musique, leurs envies d’évolution, etc. Et malheureusement commence aussi là la déchéance, car le groupe est connu pour avoir connu une grosse passe à vide dans les années 90. On regrettera cependant le côté bien pensant, le côté mea-culpa de certaines interviews, qui finissent sur des notes de « ouais j’étais con, mais en fait on s’aime bien, etc« . C’est très politiquement correct, surtout sur la fin. Alors évidemment, il y a sans doutes des raisons légales derrière tout cela, mais la deuxième partie est du coup moins intéressante que la première.
La biographie s’arrête en 2001, ce qui signifie que la réunion du groupe n’était pas encore effective et que la composition de Saints of Los Angeles leur dernier disque en date, que nous adorons ici et qui leur a permis de passer au Hellfest 2009, n’est pas évoquée.

Les plus grandes heures de Mötley Crüe
Comme pour tout Camion Blanc, l’ensemble des photos sont en noir et blanc. Je dois dire que je préfère grandement la couverture de la version anglophone, avec sa bouteille de Jack Daniel’s. Sans compter que celle ci est moitié moins chère et a des pages couleurs. Mais il faut bien financer la traduction effectuée par Camion Blanc, qui est d’ailleurs très bonne et le mérite amplement. Assurée par Yves Balandret, je n’ai pas noté de faute, ni d’orthographe ni d’autre problème au niveau du sens, ce qui en rend la lecture sacrément agréable et prenante.
Malgré ces quelques défauts, The Dirt est un livre à lire pour parfaire votre culture musicale, que vous aimez ou non Mötley Crüe et leur Glam Metal, car cela permet d’avoir un regard un peu plus objectif sur ce groupe surtout connu pour ses frasques.
Du fait de la longue période couverte, on peut regretter que certains moments soient évoqués un peu rapidement, mais malgré tout pour tous les curieux de la scène de L.A. ou du Metal des années 80, je ne peux que vous le conseiller.
A noter que vous pouvez en lire une bonne partie en ligne gratuitement avec l’accord des éditions Camion Blanc sur Google Books.
Frey, Frey Tome 1, de Chris Wooding
Frey est un roman de Chris Wooding qui a été tout d’abord publié en grand format chez Bragelonne avant d’être réédité il y a peu chez Milady. Au format poche et donc au prix attractif pour ses 550 pages, il s’agit en fait du premier tome de la série Tales of the Ketty Jay en version originale. Servi par une très jolie illustration de Miguel Coimbra, je me suis précipitée dessus, alléchée par le côté Pirates-Science-Fiction annoncé dans son résumé. D’ailleurs synopsis ?
- Auteur:Wooding Chris
- Année:2011
- Editeur:Milady
- Genre:Pirates, Science-Fiction, Space Opera
- Illustrateur:Coimbra Miguel
- ISBN:9782811206499
- Série:Frey
- Titre:Frey
- Titre V.O.:Retribution Falls
- Tome:1
- Traducteur:Queyssi Laurent

Frey, capitaine de la Ketty Jay, est un pirate comme il se doit, mêlant binouze et affaires louches. Alors quand on lui parle d’un coup à 50 000 pièces d’or, il n’hésite pas bien longtemps avant d’entrainer son équipage disparate avec lui. Sauf que malheureusement, tout est trop beau pour être vrai et de terribles choses l’attendent.
Frey est une série qui fait forcément beaucoup penser au cador du genre, Firefly ou encore à Metal Adventures: des pirates de l’espace, un mélange entre l’univers terriblement 17ème de la piraterie, et un univers ultra futuriste de multiples planètes à la Star Wars. Si vous avez vu la série de Joss Whedon, vous retrouverez immédiatement vos marques, et pourrez donc super facilement imaginer l’univers et l’esthétique du bouquin. Un vrai régal donc, pour tous les amoureux de ces deux domaines, mais surtout très bien mené et qui fonctionne très bien. Il peut donc du coup être conseillé à des personnes qui ne sont pas forcément habitués de la Science-Fiction. Personnellement, c’est un mélange que j’adore.
Le roman est le premier d’une série qui en compte pour le moment trois, le tome 2 venant de paraître chez Bragelonne, du coup, la bonne première partie du roman sert surtout à introduire les personnages. L’univers n’est pas forcément traité en détails, on sait qu’il y a un ordre établi (des ducs) et qu’il y a eu des guerres, mais c’est tout. On est catapultés dedans, et dans l’absolu on n’a pas forcément besoin d’en savoir plus. Je suppose qu’on en apprendra davantage dans les prochains tomes, mais en réalité, les personnages sont tellement bons, qu’ils éclipsent totalement l’univers.

L’éventail des personnages est surtout composé par l’équipage de la Ketty Jay. Un équipage pour le moins bariolé, mais Chris Wooding réussit très rapidement à donner vie à ses héros. J’ai particulièrement aimé Frey, le capitaine, qui n’est pas sans rappeler Han Solo par bien des points, et Crake, démoniste et personnage torturé tout en secrets. Mais il y en a pour tous les goûts, et je serais étonnée que vous ne trouviez pas votre chouchou.
En plus de ces personnages forts et très vivants, l’auteur propose là un tome sans le moindre temps mort. En réalité, il n’y a même pas d’introduction, on est directement plongé en pleine scène d’action, sans nous présenter les personnages. C’est quelque chose qui, lorsque c’est bien mené, permet de directement entrer dans le bouquin, et là, c’est le cas. L’action est menée tambour battant, il n’y a que peu d’atermoiement, et l’équilibre entre complots et baston est très bien mené. On ne s’ennuie pas une seule seconde et du coup les 550 pages se dévorent à toute allure.
Au final, ce premier tome de Frey se suffit à lui même, l’histoire évoquée se termine à la fin et ne vous force pas à tout de suite vous précipiter sur la suite, même si au vu de la qualité de ce premier tome, je pense que vous ne tarderez pas à succomber à la suite. Je ne vois pas un seul reproche à faire à ce premier tome, pas même au niveau de la traduction de Laurent Queyssi ou au niveau de l’édition.
C’est un sans faute, Chris Wooding nous offre là un univers passionnant, un roman à la qualité constante et haletant, une galerie de personnages riche et haute en couleurs. Bref, précipitez vous dessus, vous ne serez pas déçus !




















