Livres » Critiques
12359 589 articles

La Voix du Sang, Blood Song T1 de Anthony Ryan

Serafina dans Critiques, Livres le 11 janvier 2017, avec aucun commentaire
Critiques

Blood Song est une saga de Fantasy écrite par Anthony Ryan, dont le premier tome La Voix du Sang est récemment sortie chez Milady après être passée par le grand frère Bragelonne. Ayant récemment renoué avec la fantasy, je me suis lancée dans ce gros premier tome de 850 pages avec entrain. Synopsis ?

Vaelin Al Sorna est le fils du Seigneur de Guerre du Royaume Unifié. Il aurait pu succéder a son père si il n’avait été confié dès son plus jeune âge au Sixième Ordre, une sorte d’ordre monacal de guerriers. Entraîné pendant toute sa jeunesse au maniement des armes et à la survie, il découvre rapidement qu’il est un guerrier extrêmement doué et que sa destinée semble écrite dans le sang.

blood-song-anthony-ryan

Pour être tout a fait honnête, il faut reconnaître que le pitch est pour le moins classique. Un mec qui apprend a devenir un guerrier, via un ordre super strict, qui devient un guerrier ultra badass, merci, mais c’est de la fantasy que je connais. Le pitch n’est pas original, mais cependant, j’ai été plutôt charmée par la première partie du roman qui se concentre sur l’apprentissage de Vaelin. En effet, nous découvrons ce fameux Sixième Ordre, ordre guerrier, les camarades de Vaelin, et les épreuves qui vont les attendre pour pouvoir finalement achever leur formation. Les épreuves sont variées, bien étalées dans le temps, et ménagent le suspens : ils sont envoyés seuls survivre dans la nature, passent pas des épreuves de type gladiateurs, ce n’est certes pas le truc le plus original, mais c’est bien écrit et bien construit.

Le roman alterne avec des moments au présent qui se déroulent alors que Vaelin à un certain âge et raconte son histoire avec ses flashbacks. Ce procédé, déjà vu dans d’autres monuments du genre comme Le Nom Du Vent peut ajouter du relief a l’histoire, voir une tension dramatique. Cependant, ici, j’ai trouvé que les aller-retours dans le présent était plutôt confusants, et n’amenaient pas grand chose à l’histoire. Car en effet, les événements du présent sont très très éloignés de toute la première partie, et ne commencent qu’à devenir intriguants que sur la deuxième  partie soit après 400 pages.

Blood song by Anthony RyanEt malheureusement, la deuxième partie est celle qui pèche pour moi. En effet, si la première partie est un roman d’apprentissage, on suit les aventures de Vaelin sans réellement le connaitre. Bien que le narrateur soit omniscient, nous ne comprenons que peu Vaelin, celui-ci a malheureusement peu de reliefs et de traits de personnalités. Là, après avoir fermé le roman, je suis incapable de décrire le caractère de notre héros. Il répond aux événements, et il est courageux ok, mais nous découvrons dans la deuxième partie qu’il est très pieux, ce qui a peu été abordé auparavant par exemple. De ce fait, ses décisions de guerrier m’ont parfois semblé  sortir de nulle part, sans autre fondement que servir l’intrigue. Autant le fait de voir un Vaelin « suiveur » n’était pas gênant dans la première partie où il était apprenti, autant dans la deuxième partie, cela rend l’intrigue beaucoup moins palpitante. J’ai eu du mal a saisir les enjeux et comprendre les réactions de notre héros. De même ses pouvoirs et notamment cette voix du sang qui donne le titre au roman est abordé de manière très tardive et arrive un peu comme un cheveux sous la soupe.

L’univers semble assez fouillé, et je ne doute pas que l’auteur ai tout cela très clair dans sa tête, malheureusement, beaucoup de zones restent dans l’ombre, et il est difficile de comprendre réellement les tenants et aboutissements des intrigues politiques et intrigues de pouvoir.  J’ai donc plus eu l’impression de regarder un film sur cette deuxième partie que de réellement rentrer dedans et vibrer pour les héros. De ce fait malheureusement, l’essai de la première partie ne semble pas transformé et en refermant le gros premier tome, je n’avais pas spécialement hâte de lire la suite. Bien que la fin soit ouverte, je n’avais aucune anticipation par rapport à une suite potentielle. Pourtant, je ne doute pas que les aspects peu évoqués comme la magie, à peine abordée ici, y seront plus développés.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas spécialement séduite par ce premier tome. Sans être une lecture désagréable, elle n’a pas réussi à me tenir en haleine et me donner envie de continuer plus avant avec Vaelin. Son faible développement psychologique et l’univers au final assez cliché ont eu raison de mon enthousiasme. Je vous conseillerais cette saga uniquement si vous cherchez de la fantasy de base, sans plus.

 


La Maison des Morts de Sarah Pinborough

dabYo dans Critiques, Livres le 18 décembre 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Parmi les sorties de cette fin d’année on retrouve chez Milady un très beau petit livre relié entre le grand format et le proche, et avec une tranche toute noire. Ce n’est autre que La Maison des Morts de Sarah Pinborough, tout juste traduit par Florence Moreau. Il s’agit d’un récit à la croisée des genres, entre littérature jeunesse, science fiction, horreur et histoire d’amour. Avec un aspect général aussi travaillé, la loi des belles couvertures pouvait nous laisser craindre le pire sur son contenu, mais abrégeons le suspens car il n’en est rien. Synopsis de ce très bon roman.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough

Toby tout comme les trois autres occupant du dortoir numéro 4 attend la mort avec angoisse. Il essaye de se le cacher, mais lui aussi a peur. Ils ont tous peur, les enfants de La Maison des Morts, tous malades qui sont, enfermés là en attendant que la maladie se déclenche pour disparaitre en quelques jours comme s’ils n’avaient jamais existé. Leur vie d’avant n’a plus aucun sens depuis qu’ils ont été dépistés comme porteur du gêne déficient.

Nous allons donc suivre la vie de Toby dans ce qu’ils surnomment la Maison des Morts, une sorte d’asile fermé dans lequel sont regroupés les enfants dont les tests sanguins ont révélé la mystérieuse maladie. Nous n’avons aucune idée de ce que fait cette maladie, et les enfants ne le savent pas non plus. Tout ce qu’ils en savent, c’est qu’elle se déclenche sans préavis et qu’à ce moment là, le malheureux élu fini par disparaitre en quelques jours. Pas n’importe où, au sanatorium dont personne ne revient jamais, partant sur un brancard par l’ascenseur au centre du bâtiment et emmené par des infirmières qui ne parlent jamais.

La narration est à la première personne, c’est donc les états d’âme de Toby que nous allons connaître. Ses relations avec les autres enfants de la maison, ses connaissances sur la maladie, son état d’esprit, sa vision de la mort et de l’enfer que représente la Maison. C’est un personnage attachant mais aussi très sombre, ce qui participe en grande partie à l’ambiance du roman qui est hautement dépressive. De facto, être enfermé dans un endroit pour y attendre la mort a de quoi rendre fou, mais comme il s’agit d’enfants au développement intellectuel différent, on y voit tout un panel de réactions possibles et ce côté est plutôt très bien écrit.

Le roman de Sarah Pinborough ne vise pas le réalisme absolu, mais tient franchement la route sur ces points là. Chaque enfant qu’on apprendra à connaître à travers les yeux de Toby a une personnalité, sa façon de réagir à la situation, un comportement particulier. L’histoire ressemblerait presque à un huis-clôt et le fait qu’ils soient tous enfermés, tous se sachant condamnés, fait tout de suite monter la pression pour le lecteur. On a vraiment le sentiment que tout peut exploser à tout moment, qu’il suffit d’une étincelle pour mettre le feu à l’ensemble.

Ce sentiment augmente au fil de la lecture car Toby, initialement résigné et attendant sa mort sans vraiment se permettre de vivre, est comme réveillé par l’arrivée de nouveaux résidents. Il les avait tout d’abord copieusement ignoré, eux qui viennent déranger son train train quotidien, jusqu’à ce que l’une d’eux découvre son secret. S’engage alors l’histoire de notre roman, l’histoire d’amour entre deux adolescents. On voit tout de suite le problème d’une telle histoire quand la fin en est déjà écrite pour les deux protagonistes.

La Maison des Morts de Sarah PinboroughEt c’est là où La Maison des Morts est à la fois superbe et horriblement cruel. Cette pression qui était déjà présente s’intensifie, car on a aucune envie de voir l’histoire de Toby mal se terminer. C’est une histoire d’amour que l’on entrevoit arriver mais qui est superbement bien écrite, et qui donne forcément l’espoir au lecteur de la voir se terminer d’une heureuse façon. Cette histoire de maladie est elle vraie ? N’est il pas possible de s’enfuir ? Ne gâchons pas le plaisir de la lecture, mais ces questions poussent le lecteur dans une situation assez difficile, où l’on sait que tout risque de basculer à chaque nouvelle page, page qu’on ne peut s’empêcher d’avoir envie de tourner.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough est donc une très belle lecture, celles qui du premier abord semblent anodines mais qui finissent par vous absorber tout entier jusqu’au dénouement final. Une fin plus que réussie qui marque et laissera de la lecture du roman un souvenir marquant.

 


Souvenirs Volés est une des rares traduction parue aux Editions du Chat Noir. La maison se concentre en effet surtout à publier des auteurs français mais propose aussi des traductions de romans graphiques. Ici, c’est Selina Fenech, une illustratrice Australienne dont le premier tome est traduit par Cécile Guillot. Synopsis ?

selina-fenech-souvenirs-voles-cover

Memory se réveille dans le brouillard, mais au sens figuré du terme. Elle ne sait plus qui elle est, ni ou elle est. D’ailleurs Memory n’est même pas son vrai nom mais celui dont l’a affublée une jeune fille rencontrée au détour d’un bois : Eloryn. Eloryn qui se revèle être une princesse en fuite d’un royaume dévasté.

Souvenirs Volés est un roman plutôt axé Young Adult, avec un univers de fantasy de contes de fées : des princesses, des reines mortes en couche, un vilain sorcier, un beau gosse prêt à aider ses dames, on est dans un monde enchanté. On aime ou pas, mais c’est comme ça, et là dessus le roman est bien rendu. On est dans ce lieu féerique où l’on sait que tout est possible et on se laisse porter. Il n’y a pas forcément de seconde lecture plus adulte comme dans d’autres romans du genre avec des morales complexes, là on est juste dans une aventure pleine de rebondissement qui m’a fait penser au 10ème Royaume, cette mini-série de téléfilms que j’avais adoré.

selina-fenech-souvenirs-volesEt surtout, ce roman est servi par les magnifiques illustrations de Selina Fenech réalisées au crayon qui illustrent des moments clés de l’intrigue.Nous découvrons donc les personnages sous sa mine et il faut dire qu’elle a un sacré coup de crayon. Le livre est un très bel objet et les impressions rendent justice aux dessins de l’auteur. Cela aide beaucoup à visualiser l’univers et les personnages.

La traduction réalisée par Cécile Guillot met en valeur le roman, le style est simple et lisible, nous permettant facilement de comprendre ce qu’il se passe, et croyez moi il y en a des rebondissements. C’est donc une lecture agréable et les pages se tournent sans même s’en rendre compte.

Vous l’aurez compris, c’est une lecture agréable, même si la simplicité de l’intrigue et de l’univers m’ont un peu genée, question de gout, ce n’est donc pas un coup de coeur. Par contre, si vous cherchez un cadeau pour votre jeune ado, je vous le recommande totalement.


Blasphème, Holomorphose Tome 1, de Jean Vigne

Serafina dans Critiques, Livres le 25 octobre 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Holomorphose est une saga en deux titres de Jean Vigne, aux Editions du Chat Noir. Le premier tome est sorti à cette rentrée et est servi par une jolie illustration de Mina M, qui augure d’un ton assez adulte et gore au passage. Synopsis ?

Solana est une ado, un peu goth, assez solitaire, qui vient de déménager à Grenoble. Mais depuis , elle est assaillie de rêves étranges se déroulant en Mongolie et se rend compte que des choses clochent chez elle. Il semblerait que sous le coup de la colère, elle transforme les objets les plus anodins en sorte de magma dégoulinant et brûlant. Enfin, les objets, c’est pour le moment.

holomorphose-blasphc3a8me-jean-vigne

Nous sommes face à un thriller : l’horreur entre peu à peu dans le quotidien, et va crescendo jusqu’au final, sorte de fuite en avant dans l’horreur et le gore. La montée en puissance est bien menée et ce qui au début ne semble que des événements anodins voir presque drôle deviennent rapidement de gros soucis. C’est aussi un thriller qui se passe en France et qui a deux héroïnes clairement ancrées dans la culture alternative. Bref, bon nombre d’éléments qui nous font très vite penser aux productions de Sire Cédric. Sauf que là où Sire Cédric réussit avec brio, ici, je suis plus partagée et je vais vous expliquer pourquoi.

Le problème principal pour moi fut les personnages et la manière de l’auteur de les décrire. Solana écoute du métal, mais le roman narré à la première personne, critique systématiquement la musique qu’elle écoute comparant elle même sa musique de reveil au « bruit digne d’une scierie » ou au « tapage barbare d’une bande d’orcs ». Aucun metalleux ne dirait ça de la musique qu’il écoute, sauf pour du second degré ce qui ne semble pas être le cas ici. Je passerais sur ce qui est j’espère une faute d’orthographe, faisant de Solana une auditrice de Trash Metal (et non Thrash).

Quant à Nathalie, sa pote, goth plus extrème, qui porte des plateforme New Rock elle, elle est lycéenne, est ultra obsedée par le sexe, se drogue a tout ce qui passe et est super violente. Plus cliché, tu meurs. Donc, j’ai pas trop trop aimé ces personnages qui présentent la culture alternative de manière au final plutôt négative, que cela soit voulu ou non. Etant moi même metalleuse et goth, c’est forcément des points où je suis difficile. Un autre personnage, Lola, la femme flic, est le stéréotype de la nana super forte, méga blessée par la vie, mais son personnage m’a moins gênée que les deux héroines, sans doute car il est moins proche de moi.

Le coté sexuel du roman m’a aussi pas mal dérangée, on dirait que l’auteur trouve n’importe quelle excuse pour ramener une discussion entre les deux protagonistes au cul. Je sais que les ados sont obsédés, je le sais mais cela m’a semblé forcé pour donner un coté sulfureux au livre. Comme si il fallait absolument se donner un coté adulte et que c’était la seule manière.  Une manière que j’ai trouvé lourde et maladroite. Et je vous rappelle que je me suis faite tous les Merry Gentry, donc ce n’est pas une question de puritanisme.

Bien qu’étant un thriller avec des chapitres assez court, l’intrigue prend son temps, l’auteur se répétant assez souvent et toutes les pensées des personnages étant décrites par le menu. Du coup, le rythme n’est pas enlevé, je pense que j’aurais préféré un roman avec une centaine de page en moins, car j’aime mes thrillers haletants.

Du coup, c’est plutôt dommage car ces points là m’ont empechés d’entrer dans le roman, qui pourtant a des éléments interessants. Les rêves en Mongolie (qui n’en sont pas réellement, on s’en doute) sont originaux, c’est pas un endroit que je connais et que je lis souvent, donc c’est un réel plus, d’autant que les descriptions nous transportent directement à Oulan Bator. L’ancrage régional est bien mené, et même sans connaitre Grenoble on se repère facilement et on visualise bien.

Au milieu du roman, l’intrigue bascule avec un penchant mythologique marqué et très bien fouillé. Des personnages comme Hecate ou Séléné ou Artemis font leur apparition, et leur statut mythologique est très bien intégré au thriller et à cette sorte de malédiction qui ronge Solana de l’intérieur.  Je ne l’avais pas vu venir et j’ai été surprise dans le bon sens. Je n’ai pas vu où l’auteur voulait nous emmener et quand on le comprend, on voit que des indices étaient présent depuis le début.

La fin laisse la porte ouverte au second tome, mais j’avoue ne pas être sur de le lire, car ce premier tome m’a laissée clairement mitigée. Il y’a un très bon potentiel, avec des éléments vraiment originaux que cela soit en terme de localisation ou en terme de mythologique, mais malheureusement, le problème des personnages et le manque de rythme m’a empêchée d’apprécier cette histoire.


Demain, une oasis de Ayerdhal 

Serafina dans Critiques, Livres le 28 septembre 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Demain, une oasis est un roman de Ayerdhal publié en 1992 et qui a gagné le grand prix de l’imaginaire 1993. Il est réédité cette année aux éditions Le livre de poche et cest pour moi l’occasion de découvrir ce fameux auteur français de science fiction. C’est un petit livre, de moins de 300 pages, servi par une couverture qui fait très science-fiction.  Synopsis?

demain-une-oasis-ayerdhal-petit

Notre narrateur a une formation de médecin même si il n’a fait que l’internat. Il s’est spécialisé dans la recherche sur les maladies en milieu spatial et dans les nombreuses stations qui colonisent les étoiles . Manque de pot il devient malade en apesanteur il est donc coincé sur terre ou un à un poste administratif un peu plan plan. Mais un jour il se fait kidnapper et atterrit en Afrique où on le force à soigner des mourants et la pauvreté du tiers monde. Il découvre bientôt que les membres de cette ONG particulière spécialiste du kidnapping essaie tant bien que mal de résoudre le problème du continent.

Bien qu’écrit en 1992 soit il y’a 25 ans ce roman est tellement ancré dans notre réalité qu’il aurait pu être écrit il y’a moins d’un an. C’est tellement crédible que s’en est totalement flippant. La conquête de l’espace s’est faite au détriment de l’Afrique qui meurt petit a petit, de maladies, du dérèglement climatique, du terrorisme. La description des événements qui ont marqué le début du XXIème siècle dans le roman sont tellement réalistes, montrant notamment la montée du terrorisme que le livre est toujours extrêmement parlant.

demain-une-oasis-le-lbp-ayerdhalBien que se réclamant de la science-fiction, la plupart du roman se déroule sur notre bonne vielle terre, en effet, notre héros est condamné à y rester. La technologie a bien sur évolué, mais pas tant que cela, nous sommes dans un futur assez proche, les stations spatiales sont juste plus avancées et les projets de terraformation de Mars et Venus sont désormais bien concrets. Comme traditionnellement dans ce genre, la science-fiction est une excuse pour nous faire réfléchir à notre présent et sur notre propension a fermer les yeux sur ce qu’il se passe a quelques heures d’avion de nous.

Notre héros, l’Interne n’a plus de nom, il l’a abandonné face à la misère de l’Afrique. Il est dans un poste confortable, assez planqué et aime son petit confort. Il est comme nous donc. Son absence de son, son absence de description physique nous font comprendre que cela pourrait être n’importe qui d’entre nous, qui se retrouverait catapulté face à l’horreur du monde. Nous ouvrons les yeux en même temps que lui. Avec les mêmes répulsions, les mêmes idées préconcues qui nous permettent de vivre confortablement dans nos appartements bien chauffés alors qu’a coté on meurt de faim et de maladie.

Le roman est court et est plus intéressant pour sa réflexion socio-économique que ces personnages. Comme je l’ai dit l’Interne n’a pas de nom, on ne connait que peu des autres protagonistes, qui sont tous appelés par des surnoms et trois ou quatre traits de caractères. C’est donc un roman assez dense, qu’il faut prendre le temps de lire pour appréhender tous les sujets. L’intrigue en elle même va parfois très vite, et il y’a des elipses parfois de plusieurs années. Si vous recherchez le divertissement et le repos du cerveau, ce n’est pas un roman pour vous. C’est un roman sans complaisance, qui appuie là ou ca fait mal et nous plonge face à ce qu’on se cache. Une lecture qui fait clairement refléchir et que je vous conseille.


Les Douze Rois de Sharakhaï de Bradley P. Baulieu

Sharakhaï Tome 1

Serafina dans Critiques, Livres le 12 septembre 2016, avec 1 commentaire
Critiques

Après avoir renoué avec la Fantasy avec La Voie des Rois j’ai décidé d’entamer une autre saga parlant aussi de têtes couronnées : Sharakhaï de Bradley P. Baulieu. Cette nouveauté de la rentrée chez Bragelonne est présentée comme un coup de cœur, le premier tome Les Douze Rois de Sharakhaï est servi par la très belle couverture de Marc Simonetti. Synopsis ?

Les Douzes Rois de Sharakhaï de Bradley P. Baulieu

Ceda est une combattante d’arène masquée qui vit dans les bas fonds de Sharakhaï, ville tentaculaire située au cœur du désert issue de la sédentarisation de 12 tribus du désert et dominée par 12 rois devenus immortels suite à un marché passé avec les Dieux. Ces rois gouvernent Sharakhaï d’une main de fer et n’hésitent pas à assassiner les opposants. Ce fut le cas de la mère de Ceda, exécutée 6 ans plus tôt. Depuis, la jeune femme a décidé de la venger et d’éliminer les rois.

Il fut un temps où la Fantasy à la mode était celle avec une prophétie, une élue et des orcs. Aujourd’hui, la mode est à un monde despotique, a des héros sortis des bas-fonds avec un poil de trash pour faire adulte et sombre. Merci Game of Thrones. Ici, nous avons tous les éléments pour de la fantasy classique des années 2010. Ceda évolue dans la pauvreté de Sharakhai, les rois sont présentés comme despotiques et on pressent des tensions politiques derrière.

Bradley P. Baulieu

Bradley P. Baulieu

Cependant, l’auteur reste extrêmement soft, et si en effet Ceda vit dans un quartier pauvre, elle n’a pas l’estomac vide, elle ne craint pas pour sa vie quand elle sort dans le souk, n’est pas vraiment menacée, donc sa vie est tout de même assez confortable. C’est dans l’ensemble l’un de mes premiers reproches au livre : on reste dans la moyenne. L’univers censé être tout de même sombre n’est pas poussé plus que ça, du coup, la sauce a du mal à prendre. Il en va de même pour les personnages qui ne réussissent pas à être attachants, mais ne sont pas détestables pour autant. Ceda n’est même pas une Mary Sue, Emre son compagnon d’infortune est plutôt plat et je n’ai pas réussi à cerner sa personnalité.

Dans l’ensemble, c’est un roman de 650 pages qui se lit bien, mais que j’ai trouve sans trop de reliefs à l’exception d’un : l’univers moyen oriental de Sharakhaï. Nous sommes dans une ville au cœur du désert où les gens s’habillent de Jalabiyas et autres tenues plutôt communes dans des pays comme la Syrie, on se bat au sabre, on craint les tempêtes du désert. Il est rare de voir des romans de Fantasy dans ce type d’univers. Cependant, je ne suis pas très familière des termes vestimentaires moyen-orientaux, j’aurais apprécié un lexique. L’univers et la religion sont interessant. Dans cet univers, une nuit tous les mois environ, des être étranges rôdent dans la ville et emmènent des personnes pour les offrir aux dieux. On se doute bien que l’issue n’est pas heureuse et ces nuits là, tout le monde s’enferme dans la peur, même si être choisi est un honneur. Cette ambiance est très bien retranscrite et cette nuit mystérieuse est captivante.

Les Douzes Rois de Sharakhaï de Bradley P. BaulieuJe ne sais pas trop quoi dire de ce roman, car il ne m’a fait que peu d’effet. Il est divertissant, mais le fait qu’il n’aille pas jusqu’au bout en fait un divertissement grand public qui m’a laissé un peu sur ma faim. Il y a de bons concepts, et l’intrigue se tient, bien que l’auteur utilise de nombreuses fois un Deus ex Machina pour faire avancer cette dernière et particulièrement sur la dernière partie. J’aurais préféré un roman avec plus de profondeur et des intrigues plus poussées. Le style est correct mais ne m’a pas forcément marqué, les descriptions sont cependant bien dosées.

Vous l’aurez compris, je ne conseille pas forcément ce roman, ni ne le déconseille. Si vous appréciez la Fantasy assez classique et cherchez un roman pas prise de tête et qui se passe dans un univers intéressant, c’est un roman qui vous plaira. Je ne sais pas trop si je lirais le tome suivant, peut être pour voir comment cela évolue. En tout cas, nous sommes très loin du coup de cœur affiché par la maison d’édition. Je suppose que je recherche plus dans mes romans ces derniers temps.


Anna est le premier tome de Filles des Cauchemars, un roman Young Adult paru initialement chez nous chez BlackMoon en 2014 et récemment édité en poche chez Le Livre de Poche. Ce roman écrit par l’américaine Kendare Blake abandonne sa couverture très ado pour une ambiance plus sombre et fantastique. Synopsis ?


fille-des-cauchemar-titre

Cas est un lycéen exterminateur de fantômes mais attention pas comme dans SOS Fantômes. Il y va à l’Athamé , couteau qu’il a hérité de son père. Il sillonne les  Etats-Unis à la recherche de fantômes. Cette fois-ci c’est Anna une jeune femme qui a été assassinée alors qu’elle se rendait a son bal de fin d’études et qui est maintenant liée à la maison qui l’a vue périr . Les malheureux y pénétrant y trouvent.. la mort.

fille des cauchemar kendare blakeNous sommes donc face à un héros adolescent mais qui a vite mûrit du fait de son activité on ne peut plus particulière. Cas se porte donc souvent en retrait de ses camarades de lycée qu’il sait qu’il quittera une fois sa mission terminée. Cependant, l’histoire propose aussi 3 autres personnages secondaires assez importants : Thomas le gringalet qui se révèle issu d’une famille qui côtoie de prêt le surnaturel mais aussi Carmel, une jeune fille populaire qui se révèle en avoir dans la tête et bien sur Anna la morte. Les autres personnages évoluant autour de Cas comme sa mère ou le grand-père de Thomas sont peu développés mais suffisamment crédibles.

Cas est notre narrateur et va donc nous raconter cette histoire. Je l’ai trouvé parfois un peu trop mature pour son âge, et il a tendance a prendre facilement trop de recul lors des moments d’action. Cependant, c’est un personnage agréable bien que j’aie eu du mal a cerner sa personnalités. Le personnage que j’ai particulièrement apprécié est Anna qui est en plus très visuelle, on imagine bien ses longs cheveux noirs et sa robe tachée de sang. Son destin tragique et son coté résolu la rendent attachante.

Le roman est assez court, puisqu’il ne fait que 350 pages, écrit assez gros et se déroule sur quelques semaines. Nos quelques héros vont essayer de neutraliser Anna, et devront pour cela comprendre ce qu’il s’est passé il y’a 50 ans lors de son assassinat. Les chapitres sont de longueur moyenne mais le rythme est soutenu. L’intrigue et sa résolution se tient, et j’ai apprécié que l’on évoque des magies moins connues comme l’Obeah qui est une sorcellerie des Antilles.

Vous l’aurez compris, ce n’est peut être pas la lecture de l’année, mais c’est une lecture que j’ai appréciée, loin des sentiers battus par le young adult, avec des personnages attachants et une histoire qui se laisse suivre avec plaisir. La fin est ouverte, et un deuxième tome clôt ce dyptique.


Galilée de Clive Barker

Serafina dans Actualités, Critiques, Livres le 31 juillet 2016, avec aucun commentaire
Actualités

Bragelonne continue sa republication des oeuvres de Clive Barker avec Galilée, sorti fin Juin en grand format. Le roman était auparavant paru en poche chez Pocket découpé en deux tomes, mais ici, c’est bien l’intégrale qui est proposée et qui fait près de 700 pages plutôt denses. Comme d’habitude on retrouve le code couleur des oeuvres de Clive Barker avec une couverture sombre et un titre en rouge. Synopsis ?

galilee_org8clive barker

Les Barbarossa sont une famille étrange, dont les membres vivent au coeur des marais de la Louisiane en vieillissant bien plus lentement que le reste des mortels. Maddox, fils illégitime de la lignée, entreprend de compter l’histoire de la famille ainsi que de la famille Geary, magnats du pétrole et de la finance qui dirigent de loin les Etats-Unis. En effet, les deux sont liés, et notamment via Galillée le fils prodige des Barbarrossa.

Vous aimez le Clive Barker sanglant et tourbillonnant ? Le digne avatar de ce que le Splatterpunk a pu fournir de plus giclant ? Eh bien vous ne trouverez pas votre bonheur ici. Car si c’est bien le même auteur, cette fresque est beaucoup plus soft et plus onirique que la production habituelle du Mr. Il s’agit d’une fresque familiale qui prend racine dans la guerre de secession et traverse les décénnies. Nous sommes dans l’intimité des puissants et c’est un peu comme si on vous proposait un mélange entre Les Feux de L’Amour et un roman d’horreur. Car oui, tout est là, la famille décadente, ultra riche avec sa galerie de personnages tous abimés, manipulateurs et qui vivent dans des lofts de fous en haut des gratte ciels, la drogue, le stupre et les jeux de pouvoir. Tout est donc là, dans un cadre un peu rétro, daté et tellement dans la démesure qu’au final la capacité de Clive Barker a aller toujours plus loin ne choque même pas.

galilee_orgL’horreur et le surnaturels sont présent, mais en arrière plan. Car oui, il y’a des fantômes, il y’a des forces supérieures qui ont le pouvoir de vie et de mort, mais finalement, on suit surtout l’histoire de deux familles et de quelques protagonistes. Maddox est un fils illégitime, pas très sur de lui, qui est notre narrateur et couche sur papier l’histoire de sa famille. Rachel est une vendeuse de bijoux, de basse extraction, mariée a un Geary et elle va se rendre compte que tout n’est pas si rose. Quand à Galillée, véritable pierre angulaire du roman, il est mystérieux, perdu en mer, et porte le poids des ans sur ses épaules.

Le rythme est lent, très lent, mais cela permet a Clive Barker de mettre en place sa mythologie, un peu à la manière d’une Jacqueline Carey. Notre narrateur se répète pour nous faire nous aussi accepter les mythes Barbarossa, qui deviennent les notres. Ce rythme m’a plu et m’a permit de réellement m’immerger dans l’univers du roman. Les chapitres sont relativement courts et les points de vues alternent entre Maddox, les Barbarossa, Gallilée, Rachel et d’autres personnages de la famille Geary, de ce fait, on a souvent du mal à refermer le livre car on à hâte de retrouver le personnage que l’on suivait. Malgré la taille du roman, c’est un page turner sans réellement de temps mort. Même à la fin ou tout s’accélère, le rythme reste lent et le narrateur assez détaché. C’est fascinant.31

A la fin de l’histoire, je ne dirais pas que j’ai tout compris. Certaines choses restent obscures et je suis sûre qu’il y’a beaucoup à creuser dans cette fresque. Mais cette part de mystère est aussi une qualité. Car cela donne un gout de « reviens-y ». Vous l’aurez compris, j’ai été charmée par ce gros pavé et je ne peux que vous le conseiller. Si vous aimez les saga familiales, les marais de Louisiane, les personnages mystérieux et perdus en mer, Galillée est pour vous !


J’avais lu les premiers tomes de la première série de Marika Gallman, Maeve Regan, que j’avais appréciée mais sans spécialement plus. Cependant, sa nouvelle série Les Chroniques de Hallow, sorti directement chez Bragelonne me tentait, et c’est à l’occasion de sa sortie en poche chez Milady et d’un voyage à Paris pour une opération des yeux suivi d’une convalescence loin des écrans, que je l’ai entamé. Synopsis ?

Chroniques de Hallow 1

Abby a un pouvoir. Elle a la capacité d’absorber l’énergie des gens. Entre ceci et sa formation par des as du cambriolage elle est l’Ombre, une voleuse redoutée, spécialisée dans les œuvres d’art. Mais voilà, parfois, elle a aussi des tendances cleptomane et décide de dérober le portefeuille d’un homme qui l’intrigue dans le métro. Manque de peau, il est flic, et en prime il est immunisé contre son pouvoir.

Les chroniques de Hallow commencent directement sur les chapeaux de roues. L’intrigue est très vite posée, l’héroïne est présentée et on s’y attache rapidement. Il n’y a que très peu de temps morts et pour être honnête, tout le roman est mené tambour battant. Je n’avais pas forcément énormément accroché à Maeve, l’héroïne précédente de Marika Gallman et j’avais trouvé le premier tome trop lent, ici les défauts sont corrigés. Les personnages sont immédiatement posés, Abby est une héroine toute en nuances et son frère Harrison est absolument génial.

les-chroniques-de-hallow,-tome-1---le-ballet-des-ombres---624639-250-400
Par contre, tout comme dans Maeve Regan, l’univers lui n’est pas beaucoup posé.  J’ai passé les 50 premières pages a imaginer Hallow comme Paris, en me disant qu’on était dans une capitale calquée sur la capitale française avant que l’auteure ne commence à parler d’Etats, et j’en ai déduis que c’était aux US mais ça pourrait aussi bien être au Canada. C’est quelque chose qui me gène toujours énormément pour pouvoir imaginer l’histoire dans ma tête.

On comprend petit a petit que les pouvoirs de Abby ne sont pas la par hasard et qu’elle n’est pas la seule qui ai des capacités paranormales. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, que cela soit Harrison le frérot geek – qui n’a évidemment pas ce prénom pour rien – , Christopher le flic immunisé ou encore Smith le ténébreux milliardaire. Il semble y avoir tout un univers derrière mais ce premier tome nous laisse plutôt sur notre fin et on ne fait qu’effleurer le monde dans lequel Abby évolue.

Il s’agit bien sur d’un tome d’introduction et on devine aisément sous quelle forme va se prolonger l’aventure, une forme qui me fait plutôt plaisir car il semblerait qu’on évite les clichés de la bit-lit. Sans révolutionner le genre, Marika Gallman signe la le début d’une série prometteuse, interessante, avec son univers qui semble original mais seulement effleuré. Je serais curieuse de lire la suite dès sa sortie,  car tous les ingrédients semblent réunis pour que les Chroniques de Hallow soit une très bonne histoire.

 


Le Haut Seigneur de Trudi Canavan

dabYo dans Critiques, Livres le 20 juillet 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Et nous y voilà pour le dernier volet de la Trilogie du Magicien Noir, sobrement intitulé Le Haut Seigneur de Trudi Canavan. C’est sorti en poche il y a quelques semaines chez Milady après avoir un grand succès dans le grand format il y a quelques années de cela, et j’avoue qu’après toutes ces heures passées en compagnie de Sonea et Dannyl, j’avais bien hâte de découvrir le fin mot de cette histoire. Pas de synopsis cette fois pour ne gâcher la surprise de personne, juste mes impressions sur un tome qui -j’espérais- aller clôturer la trilogie en beauté.

La Trilogie du Magicien Noir Tome 3 Le Haut Seigneur Trudi Canavan

Notre histoire se déroule toujours sur les Terres Alliées et prennent place à la guilde des magiciens qui reste le théâtre de nos aventures. Tandis que le premier tome La Guilde des Magiciens avait un rythme assez intéressant et prenant, ma lecture s’est un peu plus embourbée au milieu de La Novice, près de 800 pages où nous découvrons la vie d’apprentie de Sonea et celle d’ambassadeur de Dannyl mais sans jamais vraiment entrer dans le lard. Cela donnait l’impression de remplissage de la part de Trudi Canavan qui nous laissait entrevoir plein de mystères sans jamais oser nous donner un quelconque indice… Ou sans vraiment en faire profiter le lecteur.

Heureusement, je peux aisément dire que Le Haut Seigner est à la complète opposée de ce dernier. On retrouve un nombre de pages similaires mais c’est comme si Trudi Canavan avait tout conservé pour le sprint final. Le livre commence directement sur des révélations, sur ces quelques bribes d’informations qui auraient sans doute transformé le tome précédent en quelque chose de beaucoup plus excitant. Et puis ça s’emballe et tout continu dans une sorte de course contre la montre bien mise en place depuis le début de la série. Les évènements prennent tout leur sens, les révélations sont plaisantes et permettent de mieux entrevoir l’étendue de l’univers.

Alors on pourrait évidemment remettre en questions pas mal d’éléments, qui sont donnent l’impression qu’on est dans un monde assez parfait où les choses se déroulent bien même dans le pire des cas. Ça peut éventuellement faire tiquer mais ne choque pas pour autant, sans doute dû à la très bonne écriture de l’auteur qui rend tout ça passionnant et fait un peu oublier que certaines réactions manquent de réalisme et de profondeur.

La Trilogie du Magicien Noir Tome 3 Le Haut Seigneur Trudi CanavanOn pourra d’ailleurs argumenter sur ces qualités qui font que les révélations ne font pas too much et restent crédibles. Il y a comme on pouvait s’en douter des personnes dont la véritable nature n’est révélée qu’ici, mais c’est bien amené et ne choque pas. Alors certes, on ne tombe pas des nues et peut être qu’un peu plus de profondeur aurait été préférable, mais on évite le travers d’un paquet de romans du genre. De même, le traitement des relations entre les personnages est réussi, Sonea en elle même est réussie et devient quelqu’un à qui l’on s’attache, loin des caractères vus et revus du genre.

Au final, après un deuxième tome en demi-teinte, Le Haut Seigneur vient récompensé son lecteur pour tout ce temps passé en compagnie de Sonea sur les bancs de l’univers des magiciens. Une lecture très plaisante, qu’on dévore tant l’écriture de Trudi Canavan rend son récit prenant et addictif.