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22-11-63 de Stephen King

dabYo dans Critiques, Livres le 18 octobre 2014, avec aucun commentaire
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Quand on est marqué par certains livres on a très envie que d’autres le lisent, et c’est comme ça que Serafina a fini par me convaincre de me lancer dans la lecture de 22-11-63 de Stephen King. Le roman de l’auteur best-seller frôle les 1000 pages et était sorti il y a près d’un an pour l’anniversaire de l’assassinat du président Kennedy à Dallas. Tout juste édité en poche par Le Livre de Poche, il était donc temps que je me lance. Synopsis.

22-11-63 de stephen king

Jake Epping est un américain enseignant l’Anglais au lycée à la vie toute ordinaire (divorcé, ex-femme alcoolique, pas d’enfant) et ce qu’il y a de plus banal pour l’Amérique profonde. Mais voilà, c’est sans compte ce que son « pote » Al Templeton va lui faire découvrir dans l’arrière salle de son bouiboui. Car si les burgers d’Al sont si peu chers, ce n’est pas parce qu’il s’agit de viande de chat comme le veut les rumeurs, mais tout simplement parce qu’il se se fourni en viande en 1958. Et tout le monde sait que la viande était franchement moins cher en 1958.

C’est donc de retour dans le temps que le roman de Stephen King traite. La couverture, la quatrième couverture et le titre du roman ne laissent aucun doute sur l’intrigue générale du roman: comment Jake en retournant dans le passé va-t-il bien pouvoir sauver Kennedy et l’empêcher d’être assassiné par un certain Oswald. Tout un programme en effet, qui pourrait être traité de bien des manières, politique, espionnage, fantastique, on en passe des vertes et des pas mures.

Stephen King

Stephen King

Là dessus, il faut bien avouer que Stephen King a un certain côté Stephen King: c’est à travers des personnages de l’Amérique profonde que l’on va vivre toute cette aventure. Jake, le héros, évidemment, mais aussi Al, Saddie et d’autres personnages hauts en couleurs, du passé ou du présent, qui vont faire irruption dans notre histoire et qui ont souvent été marqués par une vie pas franchement facile.

A la base, je dois bien avouer que je m’attendais à une Aventure, celle avec un grand A, comme Aventure et aussi comme Action. Mais c’est sur les personnages et leur psychologie que nous allons nous concentrer. Le roman va en effet tout autant traiter de l’histoire de l’Amérique, de cet assassinat soudain et cruel, que de notre personnage principal et de ses émotions. Comment passe-t-on plusieurs années dans le passé ? Peut on se contenter d’attendre des années en se tenant à l’écart de la société de l’époque ?

En effet, si notre héros débarque autant d’années avant l’assassinat (5), ce n’est pas pour rien et Stephen King va en profiter. Pour dépeindre l’Amérique de l’époque, pour dépeindre les tragédies de la vie aussi. On va retrouver de nombreux thèmes chers à l’auteur, des motifs qu’on retrouve fréquemment dans ses romans et qui l’obsèdent. L’alcool évidemment, vous vous en doutez, les drames familiaux, les colères subites dont les traces restent indélébiles, la violence « banale » de la société en somme.

Nous allons voyager avec le personnage. A nous la découverte de l’Amérique des années 60. Je crois que je n’ai que rarement autant ressenti le dépaysement avec un livre. J’avais vraiment l’impression d’y être, bien plus qu’en regardant un film sur l’époque. J’étais avec Jake dans sa belle caisse qu’il a acheté pour une poignée de dollars américains. Je découvrais l’Amérique de la ségrégation, les esprits encore complètement opposés à l’égalité raciale, où les blancs avaient droit aux toilettes confortables tandis que les noirs devaient se contenter de la rivière.

22-11-1963

Le tout avec un fil rouge, celui du temps et une théorie: ce dernier ne souhaite pas être changé. C’est un aspect très important du roman sur lequel Jake, qui narre son aventure à la première personne, va insister à de très nombreuses reprises. Parfois un peu trop je trouve, comme si le fait de le répéter allait créer l’effet scénaristique, alors que c’est plutôt les péripéties qui devraient le s’en charger.

Au rayon des reproches, on pourra tout de même citer la fin. Car le roman est vraiment bon, et malgré qu’il ne relate qu’une vie au quasi jour le jour d’un type tout à fait banal (bon, il est dans le passé quand même), il est passionnant du début à la fin. Stephen King arrive à rythmer ses chapitres malgré une histoire qui, objectivement, ne l’est pas franchement. Elle traite de la vie de tout les jours, et pourtant, on est captivé. Il y a du coup quelques paroxysme où la tension dramatique et émotionnelle est vraiment très haute.

22-11-63 de stephen kingMais du coup, la fin, sans doute l’aspect le plus difficile à écrire, m’a vraiment laissé sur ma faim. Avec un tel déroulement, il fallait une fin d’un haut niveau et ce n’est clairement pas ce que j’ai pu lire. La fin m’a fait l’effet d’une sorte de soufflé, sans tension aucune, ce qui après plus de 900 excellentes pages est quelque peu frustrant. Dommage, vraiment, car l’auteur avait entre ses mains de nombreuses façon de terminer son roman et de mettre à son lecteur un dernier coup dans la gueule.

Avec son style agréable à lire, une intrigue de qualité qui exploite de façon intéressante les principes du voyage temporel, ce roman de Stephen King est un très long et très agréable voyage dans l’Amérique de l’époque. On est dépaysé au fil des pages, on vit au pays de l’oncle Sam pendant de très longues pages et c’est un réel plaisir. Bien que déçu par sa fin que je n’ai pas trouvée à la hauteur, 22-11-63 reste une perle que je ne regrette pas d’avoir lue, qui vous marque et que je recommande chaudement.


Et vous, votre avis ?

Go To Hell Tome 1 de Oxanna Hope

Serafina dans Critiques, Livres le 11 octobre 2014, avec 2 commentaires
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Oxanna Hope fait partie de ces auteurs de Bit-Lit françaises qui ont débutés dans une petite maison d’édition indépendante, ici Nergal, pour être ensuite republiée dans une grande maison. Cette fois, ce sont les éditions J’ai Lu qui ont récupéré le bébé, ceux qui ont fait la même chose avec Georgia Caldera. Du coup, j’étais plutôt intriguée par ce premier Go To Hell, le transfuge a t’il été profitable ? Synopsis.

Go To Hell de Oxanna Hope

Cassie a 18 ans et a beaucoup voyagé. Quand elle arrive au lycée dans une petite ville un peu paumée, elle ne connait personne mais se fait rapidement une réputation. Sa grande gueule et ses réactions extrêmes se font vite remarquer. En réalité, elle fuit son passé pas si « normal » et la rencontre avec son professeur de philo Damian ne va pas arranger les choses.

Bon, il faut l’avouer directement, ce premier tome de Go To Hell ne m’a absolument pas convaincu, tellement que je ne sais pas trop réellement par quoi commencer. Le moins pire est probablement le style d’Oxanna Hope: assez simple mais qui a le mérite d’être assez clair à comprendre. Le seul point noir étant l’orthographe employée pour écrire les grolles de l’héroïne : elle y porte des « docks« . On notera aussi le prologue de 4 pages qui est a peu près repris tel quel en plein milieu du roman, qui donne un peu l’impression d’une solution de facilité.

Cassie est un personnage à peu près insupportable : hautaine, qui réagit au quart de tour et qui s’en fiche un peu de blesser les gens qu’elle côtoie. On ne peut pas réellement dire que cela soit une héroïne à laquelle on s’attache. Elle cache un lourd passé, on sait qu’elle a fuit, mais à la fin du premier tome, on ne sait réellement toujours pas qui elle est – ni même ce qu’elle est – ni réellement pourquoi elle est poursuivie. Le bouquin nous laisse avec a peu près autant de questions qu’au départ. Pour les autres personnages, Damian, le prof n’agit pas du tout comme un professeur, il semble avoir une mission, mais là encore à la fin du premier tome on n’a toujours pas réellement compris ce qu’il venait faire ici.

Go To Hell de Oxanna HopeIl n’y a pas réellement d’intrigues dans ce tome, on suit l’arrivée de Cassie, et sa rencontre avec son prof et le frère de celui-ci. La première moitié du livre ne sert à peu près à rien, et ensuite une sorte d’intrigue se met en place, on sort les esprits et les méchants fantômes du chapeau. Bref, c’est comme si l’intrigue était concentrée sur les 50 dernières pages et pas du tout préparée.

Vous l’aurez compris, j’ai réellement eu du mal avec ce roman. Je ne sais pas à quel point il a été retravaillé entre la parution chez Nergal et chez J’ai Lu, mais clairement il n’est pas à la hauteur par rapport aux autres publications du même genre. On ne comprend pas réellement ce que sont les héros – sans compter que l’héroïne est à baffer – et on reste totalement sur notre faim après ce premier tome. Mais pas genre le cliffhanger qui nous donne trop envie de continuer, non, plutôt l’impression de s’être faite balader sans fil conducteur. J’ose espérer que le deuxième tome de Go To Hell relève le niveau mais je ne pense pas que je le lirais.

 

 


L’éternité dans une heure de Daniel Tammet

Serafina dans Critiques, Livres le 1 octobre 2014, avec aucun commentaire
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Je vous ai déjà chroniqué un bouquin de Daniel Tammet : le très bon Je suis né un jour bleu où l’auteur raconte sa vie d’autiste asperger. J’avais bien aimé ce livre et du coup, j’ai commencé la dernière production littéraire de l’auteur qui vient d’arriver en poche aux éditions J’ai Lu avec enthousiasme. L’éternité dans heure est une collection de petites histoires ou de petits essais sur la poésie des nombres et des mathématiques, il n’y aura donc pas de synopsis !

L'éternité dans une heure de Daniel Tammet

L’auteur aborde donc les mathématiques en les mettant en relation avec des thèmes aussi philosophiques que l’éternité, la vie, la mort, ou encore des expressions artistiques comme des auteurs connus ou l’art contemporain. Chaque petite histoire part d’une anecdote personnelle bien souvent, avant d’en tirer un rapport aux maths puis d’élargir ou de prendre des exemples parlants. Bon, l’idée n’est pas mauvaise, il s’agit de mettre les maths en application de manière ludique et compréhensive. Cela peut être une bonne méthode d’appréhender des concepts aussi abstraits que les limites, l’infini et tant d’autres. Le bouquin reste tout de même accessible, on ne s’intéresse pas tellement aux maths de haut niveau, c’est donc tout à fait lisible par un lycéen.

Et c’est peut être là le problème. D’une part, j’aime bien les maths, j’en ai fait, beaucoup. Je n’ai donc pas réellement qu’on utilise d’analogies pour m’expliquer ce que c’est qu’une suite qui tend vers 0 ou ce qu’est l’infini en maths, ou encore les probabilités et permutations d’ensembles. J’ai été donc assez hermétique aux simplifications de l’auteur et à ses efforts pour rendre ces concepts compréhensibles vu que je les comprenais déjà. Ensuite, j’ai trouvé la lecture assez difficile car les histoires sont petites et ne vont pas du tout en profondeur. Heureusement que j’ai des connaissances en mathématiques ou en japonais pour comprendre les analogies de l’auteur.  A trop survoler, on frustre les personnes qui voudraient réellement comprendre ce dont parle l’auteur. C’est sans doute très clair dans sa tête mais pour nous, il faut quand même essayer de voir où il veut nous emmener et ça c’est loin d’être clair.

L'éternité dans une heure de Daniel TammetAprès, certaines analogies m’ont semblées un peu tirées par les cheveux, comme si l’auteur voulait trouver des liens aux mathématiques où il n’y en a pas réellement ou alors très très lointaines. Je sais que les nombres régissent tout, mais à un moment, il faut pas non plus exagérer leur influence.

Bref, vous l’aurez compris, je suis plus que circonspecte sur ce bouquin qui a quelques bonnes idées mais qui me semble bien trop survolé pour m’intéresser. Peut être par contre que ceux qui ont été allergiques au maths à l’école y trouveront leur bonheur, car c’est plein d’applications concrètes. Mon problème au final, c’est peut être que je ne suis pas le public ciblé par ce bouquin.


Corvus de Paul Kearney

illman dans Critiques, Livres le 23 septembre 2014, avec aucun commentaire
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Parfois, tomber sur des bons bouquins tient simplement de la chance. Que je sois rentré dans cette librairie avec la ferme intention d’en ressortir pourvu d’un bouquin quel qu’il soit et que j’apprécie ce roman est donc un hasard. Peut-être que ce qui m’a décidé c’est la couverture de LGF Studio qui faisait Empire Romain ou bien le nom de Robert Silverberg en bas de couverture ou encore le titre énigmatique en un seul mot. Toujours est-il que je l’ai lu et que j’y ai pris plaisir, direction le synopsis pour commencer à en voir les raisons.

Corvus de Paul Kearney

Après tant d’années à vendre ses services dans les conflits du continent, Rictus n’a qu’une envie donner les rênes de ses têtes de chiens, sa troupe de mercenaire, à un autre pour pouvoir passer sa retraite de guerrier à cultiver la terre auprès de sa famille. Évidemment cela ne va pas durer alors qu’enfle la rumeur d’un jeune général nommé Corvus qui aurait déjà conquis une partie du pays.

Bon j’avoue, dis comme ça c’est loin de vendre du rêve, on dirait le pitch d’un David Gemmell bas du front. Ce en quoi c’est différent, c’est dans la manière de traiter les personnages. Ici point de grands héros légendaires qui démontent tout sur le champ de bataille mais plutôt des hommes dont la renommée est peut-être un peu exagérée. La où  l’on a souvent du mec qui va défourailler le big boss d’en face pendant les mêlées, le coté martial et discipline est extrêmement mis en avant dans Corvus. Par ce que notre troupe de mercenaires, elle est reconnue pour ne pas faillir dans ses charges, pour être inébranlable, pas pour les hauts faits d’armes d’un de ses constituants, même s’ils sont aussi aidés par des cuirasses un peu « magiques ». Il règne un esprit de corps dans la vie de ces soldats et c’est sans doute ce coté uni qui m’a plu.

Paul Kearney

Paul Kearney

Les affrontements sont de fait très plaisants à lire. D’une part la stratégie y a une grande place grâce à Corvus qui se donne tout les moyens en son pouvoir pour conquérir cet empire des Macht décadent. Comme c’est un étranger, il a apporté des manières différentes de faire la guerre dans un pays où les conflits entre les cités étaient codifiés au point d’en devenir ridicule. J’ai trouvé un coté assez jouissif à ce que son armée mette des peignées aux oisifs et prétentieux Macht. D’autre part les engagements sont extrêmement violents, ils sont bien retranscrits et on sent l’impact lorsque les forces en présences se rentrent dedans, il y’a un paquet de cadavres qui traîne dans la boue quand les épées se taisent. Une percée par-ci, une charge de cavalerie par-là, le moral des troupes vacille au cours de la bataille et entraîne une fin rapide des combats sans s’embourber dans des combats peu réalistes.

Le contexte géopolitique mis en place par Paul Kearney est aussi intéressant. Car même si l’action se passe uniquement dans cet empire composé d’un maillage de cités-états, on entend un peu parler d’autres lieux et surtout d’un autre temps. Celui où les Macht avait lancé une grande campagne dans un empire voisin et où le personnage principal Rictus s’était distingué. Tout ça mis bout à bout donne un univers cohérent inspiré principalement de l’antiquité, fait relativement rare, et plaisant à lire sans doute dû aussi à la traduction de Jean-Pierre Pugi.

Corvus de Paul KearneyL’auteur nous permet aussi de voir l’envers du décor en nous narrant les agissements d’un tribun de la capitale Macht, Karnos. La présence de ce personnage est important car elle nous délivre d’un manichéisme sommaire qui aurait pu s’installer autrement. Ce personnage est plus cérébrale que combattant et c’est haranguant la foule, fomentant des plans et en mobilisant les armées qu’on le retrouvera principalement.

Corvus a été pour moi une excellente lecture. Paul Kearney a un talent certains pour mener son récit avec concision, rapidité et justesse, quasiment pas de temps mort pendant ces presque 500 pages chez Orbit en poche. Je conseille sans problème aux amateurs de Fantasy.


J’avais dévoré le premier tome de Requiem pour Sascha de Alice Scarling il y’a quelques mois qui malgré quelques défauts était quand même une de mes meilleures lectures Bit-Lit de l’année. Je n’ai donc pas tardé à entamer le tome 2, Dies Irae, qui vient de sortir aux éditions Milady toujours. Synopsis ?

Dies Irae Requiem pour Sascha Tome 2 de Alice Scarling

Suite aux événements du tome 1, Sascha a totalement changé de vie : nouvel endroit, nouvelles relations et tant d’autres choses. Alors que son ancienne vie s’efface, elle appréhende un peu mieux le rôle qui lui est dévolu tout en découvrant ce que c’est d’avoir une famille.

Alice Scarling

Alice Scarling

Difficile de vous faire un résumé tant il est compliquer de ne pas spoiler. Ce tome est bien différent du précédent. Après un début de série se déroulant dans notre monde, voici un tome qui se déroule … en enfer, rien que cela. Alice Scarling s’est donc surtout inspirée d’élements assez religieux, qui ne sont pas sans rappeler Angel Sanctuary de Kaori Yuki pour la fangrill que je suis. On retrouve des anges, des démons, une hiérarchie, des généraux trop classes, bref, c’est assez original pour de la Bit-Lit. Très clairement, ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendait en débutant le tome 1, mais ça n’est pas plus mal ! C’est pas un domaine que j’ai beaucoup vu abordé dans la Bit-Lit, on pensera à une série de Vanessa Terral.

Si Sascha n’a pas perdu de sa superbe et si sa narration est toujours aussi agréable, on a évidemment perdu les références goth qui nous faisaient nous reconnaître dans sa vie (enfin surtout moi). Mais tant pis, Sascha est attachante, et les nouveaux personnages aussi. Ce coup ci, les loup-garous ont plus de place, là ou le précédent tome mettait plus l’accent sur les vampires.

Le plus gros défaut de Sascha, à savoir penser avec ses ovaires, est bien corrigé, elle n’est plus totalement obsédée par la chose, et apprend à maitriser ses pulsions, cela rend quand même l’intrigue beaucoup plus crédible à mon goût, elle n’a pas vraiment le temps de penser à tout cela.

Dies Irae de Alice ScarlingL’histoire est menée sans temps morts et le style d’Alice est toujours très agréable, clair avec pas mal de dialogues et donc le livre se lit réellement très vite. Ce n’est pas un livre prise de tête mais il n’est pas pour autant décérébré. Cela fait plaisir de voir un bel équilibre à ce niveau.

Vous l’aurez compris, ce deuxième tome Dies Irae me convainc encore plus que le précédent : les défauts de Sascha sont estompés et surtout, l’histoire prend une tournure que je n’aurais pas imaginée mais qui est plutôt bien trouvée et bien menée. Je suis réellement curieuse de savoir ce qui va bien pouvoir émerger du troisième tome !

 


Neachronical, tome1 : Memento Mori de Jean Vigne

Serafina dans Critiques, Livres le 5 septembre 2014, avec aucun commentaire
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Neachronical tome 1 est une des sorties de l’été aux éditions du Chat Noir. Ecrit par Jean Vigne dont illman avait beaucoup aimé Desolation, je n’ai pas tardé à commencé ce livre illustré en couverture par Mina M. Contrairement à ce que je pensais au vu du nom et de la couverture, il ne s’agit pas du tout de steampunk victorien, ne me demandez pas d’où me venait cette idée. Synopsis ?

neachronical de jean vigne

Nea se réveille au bord d’un marais, la tête en vrac. Elle se souvient bien avoir fait le mur pour rejoindre Justin et sa bande, mais c’est tout. A coup de stop, elle reussi a rentrer chez elle pour découvrir que son absence n’a pas duré une ou deux nuits mais carrément 5 ans ! 5 ans dont elle n’a aucun souvenir mais qui semblent pourtant avoir été bien éprouvants…

Nous sommes donc à priori dans du Young Adult avec une  jeune héroine un peu paumée, qui sait pas trop ce qui lui est arrivé. Bon, je dis « à priori » car en réalité il y’a pas mal de scènes gores, glauques ou dérangeantes, je ne suis donc pas sur que cela soit à lire pour les plus jeunes. On y aborde des sujets pas bien drôles comme la traite des femmes. Autant dire que malgré son premier abord assez léger, il s’agit d’un livre parfois éprouvant, même si l’auteur semble ne pas réellement se décider à aller jusqu’au bout et sauve à peu près 5 fois in extremis une de ses héroïnes du viol ce qui fait qu’après la troisième fois on n’a plus réellement peur pour elle.

 

neachronical de jean vigneLe style de Jean Vigne est relativement agréable, ça se lit aisément. Les chapitres courts et les alternances de point de vue rendent la lecture assez rapide. Par contre clairement Nea ne s’exprime pas comme une nana de 15 ou 20 ans, et j’ai bien eu du mal a comprendre ses réactions parfois un peu « too much » et qui passent d’un extrême à l’autre sans trop de remords. La nana vient de perdre 5 ans de sa vie et elle est tout de suite super sarcastique et punchy, n’hésite pas a heurter ou tuer des gens… J’ai eu beaucoup de mal à la trouver crédible. Heureusement les autres personnages dont on suit le point de vue sont moins difficile à cerner : Juliette est une gamine apeurée, et les kidnappeurs sont certes bêtes et méchants mais relativement crédibles.

On devine très rapidement pas mal de choses sur notre héroïne qui semble être un peu bizarre, bien qu’a la fin du premier tome beaucoup de choses restent en suspens notamment sur le « comment ». Le rôle de certains personnages comme le bucheron fan de Motorhead reste aussi assez flou. Je suppose qu’il faudra lire le tome deux pour éclairer ces points la.

Au final, j’avoue c’est un avis en demi teinte. Il y’a de nombreux points intéressants, comme les pouvoirs de Nea, des points intrigants, mais aussi , une héroïne que j’ai bien du mal à trouver crédible et tellement de sauvetage in extremis que je n’ai plus eu peur pour Juliette. Je ne le déconseille pas, mais je ne le conseille pas réellement non plus.


Le Bal des Schizos de Philip K. Dick

dabYo dans Critiques, Livres le 31 août 2014, avec aucun commentaire
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Je ne suis pas un gros lecteur de Philip K. Dick, je n’ai lu de ce grand homme qu’un seul bouquin, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques, du coup, je ne devrais pas avoir de gros préjugés avant d’en commencer un. Mais c’est sans compter les avis de Seraf’ qui a lu des livres géniaux -et lucides- écrits par l’auteur comme L’oeil dans le ciel, mais d’autres bien plus triptyques tels Le Maître de Haut Château. Il semblerait que la paranoïa du monsieur ait eu quelques impacts sur la logique de ses pensées et que cela se ressente dans ses écrits. Du coup, quand un de ses bouquins contient le mot schizophrène dans son titre, on est en droit de redouter le pire. Au moins étais-je prévenu avec Le Bal des Schizos. Synopsis.

Le Bal des Schizos de K Dick

Dans une petite ville des États-Unis d’Amérique, Louis Rosen et son associé Maury Rock commercialisent des orgues électroniques qui sont fabriqués et assemblés dans la petite usine de son père et son frère. Malheureusement, il faut bien avouer que bien que de qualité, les ventes d’orgues ne sont pas franchement florissantes et leurs combines loufoques pour les écouler ne suffiront bientôt plus. Mais son associé a préparé un plan en cachette avec sa fille, tout juste sortie de l’hôpital psychiatrique: rejouer la guerre de Sécession chaque année. Car tous les américains sont passionnés par la guerre de Sécession et ne pensent qu’à ça, c’est bien connu…

Nous suivons tout au long de notre histoire Louis Rosen dans une narration qui frôle très souvent la schizophrénie. S’adressant tantôt au lecteur, tantôt à lui même, tantôt aux autres protagonistes, le héros est un homme d’âge mur presque pommé et dont la santé mentale est sur la brèche tout au long de la lecture. Sauf que ce n’est pas le seul dans le monde que va nous dépeindre Philip K. Dick.

Nous allons découvrir des États-Unis d’Amérique qui m’ont semblé hors temps et complètement loufoques. Sans entrer vraiment dans les détails, il semble y avoir eu des avancés technologiques, des essais nucléaires et un tas d’autres choses que l’auteur n’explique pas mais qui ont conduit à une situation assez déstabilisante: près de 10% des ressortissants du pays finissent par être internés pour une période plus ou moins longue dans un hôpital psychiatrique. Rien d’étonnant donc à ce que notre narrateur soit complètement barré et nous emporte avec lui.

Si on pouvait au début imaginer que la petite entreprise de Rosen et ses difficultés de ventes seraient la base de l’intrigue, on fini par se rendre compte qu’il n’y a pas de réelle intrigue. Les choses se passent les unes après les autres, à la suite des péripéties loufoques que provoque la fille de son associé. Tout va en effet tourner autour de la création d’automate autonome, des « simulacres » qui vivent comme des humains mais ne sont que fait de boulons. Et quoi de mieux que prendre les héros de la guerre de Récession pour montrer leur réalisme ?

Le Bal des Schizos de K DickLà dessus Philip K. Dick va partir de dialogues délirants en dialogues délirants, avec souvent des réactions de personnages complètement improbables. Une sorte de road trip vers la schizophrénie où chacun a des réactions de plus en plus loufoques et où les situations font dans le portnawak total. On comprend à moitié, ou plutôt, on pense comprendre quelque chose sans savoir si il y a vraiment quelque chose à comprendre. Peut être est-ce trop philosophique pour moi tout simplement.

Alors que dire du Bal des Schizos de Philip K. Dick ? Eh bien… C’est difficile à résumer. Ce livre est loufoque, un grand nawak que je ne saurai juger. Ni si j’ai aimé. Ni si j’ai détesté. Il se lit assez rapidement tout en étant très fatiguant pour le cerveau. Suivre ces délires est finalement assez difficile. Vous n’êtes du coup pas bien aider. Mais bon, avec son titre, on pourra dire que c’est comme le Port Salut: c’est écrit dessus.


Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigulpi

dabYo dans Critiques, Livres le 27 août 2014, avec aucun commentaire
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Après un succès critique La Fille Automate au rayon adulte, enfin sauf chez nous, Paolo Bacigalupi a sorti en 2010 un second roman mais au rayon jeunesse cette fois. Ferrailleurs des Mers est un roman qu’on pourrait qualifier de Young Adult tout juste publié en poche par les éditions J’ai Lu, au rayon adulte par contre. Il faut dire qu’on est là vraiment à la frontière des deux mondes. Synopsis.

Ferrailleurs des Mers de Paolo Bacigalupi

Nailer fait partie d’une équipe de Légers, des gamins qui entrent dans les coques des vieux bateaux échoués sur la plage pour en extraire tout ce qui peut être sauvé, notamment les câbles de cuivre et autres métaux précieux. Léger car il faut être assez fin pour se faufiler dans les décombres sans rester coincé, et futé pour ne pas s’y perdre et mourir de faim sans trouver la sortie car seule la peinture luminescente sera là pour le guider vers l’extérieur.

Nous sommes fin XXIème siècle, la civilisation humaine s’est faite avoir par les dérèglements climatiques et la fin des ressources naturelles, les vieux pétroliers se sont échoués et il n’y a plus que les crève-la-faim pour aller dedans, récupérer les câbles et métaux qui peuvent encore être recyclés, pour espérer avoir de quoi manger le soir pour survivre.

Nailer en fait partie et nous allons suivre sa misérable vie, le suivant alors qu’il la risque chaque jour pour gagner de quoi manger. Avec quelques 14 ans, on va apprendre à le connaître et à découvrir ce que cela peut être de grandir et vivre dans un tel monde. En écrivant cette phrase, je ne peux que m’interroger sur les gamins de part le monde qui vivent exactement la même chose et m’apercevoir que futur ou non, apocalypse écologique ou non, Ferrailleurs des Mers est depuis longtemps un roman d’actualité. Mais laissons tout de même ces quelques considérations pour nous pencher sur notre livre.

Ferrailleurs des Mers de Paolo Bacigalupi

Avec le héros nous allons découvrir plusieurs personnages forts en couleurs et vraiment attachants. Il y a quelque chose dans l’écriture de Paolo Bacigalupi qui fait qu’on s’attache tout de suite aux personnages, qu’on en craint d’autres, que le tout est vivant. L’univers de Nailer prend vie tout autour de nous, et il est clairement effrayant. Le sentiment de danger permanent est vraiment bien réalisé et on a l’impression constante que tout peut arriver à tout moment, le meilleur comme le pire.

Le scénario est assez épique, il va aller de péripétie en péripétie et n’est pas sans me rappeler la série La Quête d’Espérance de Johan Heliot. Alors bien sûr, on pourrait dire qu’il est un peu trop simpliste, et je suppose que c’est bien là l’aspect le plus « Jeunesse » du roman, mais ça ne m’a pas trop choqué pour autant. Cela nous offre un roman bien rythmé où les coups du sort sont plutôt bien amenés, ne faisant jamais cheveux sur la soupe: un très bon point. Le tout a un petit côté optimiste et fleur bleu qui ne m’a pas déplu.

Ferrailleurs des Mers de Paolo BacigalupiL’univers de Ferrailleurs des Mers est vraiment bien retranscrit et passionnant. Ce côté quasi post-Apocalyptique où les grandes villes ont sombré et une partie de la civilisation avec est très bien retranscrit. On s’y croirait, ça fait vraiment froid dans le dos. Le tout est accompagné d’une écriture vraiment au poil et sans faute de traduction.

Bref, vous l’aurez compris, Ferrailleurs des Mers de Paolo Bacigalupi m’a complètement convaincu et j’ai eu la chance de pouvoir le lire en un peu moins de 24 heures. J’y ai passé un très bon moment pendant lequel j’avais vraiment du mal à décrocher de ma lecture. Sans doute la preuve d’un très bon roman.


La Confrérie de l’Invisible de Richard Taleman est le premier tome de David Cream, une série que je qualifierai d’Urban Fantastique qui vient d’arriver en mi-format aux éditions J’ai Lu. Malgré ses sonorités anglaises, Richard Taleman est un pseudonyme d’un auteur bien français, qui officie d’habitude dans le genre Thriller. Alors, a-t’il réussi sa reconversion ? Synopsis.

La Confrerie de Linvisible de Richard Taleman

David est un jeune étudiant qui s’apprête à rentrer à l’université de Californie dans une section bien particulière et dont peu connaissent l’existence: l’aile de Parapsychologie. Et pour cause, l’université est réputée pour ses scientifiques, alors y voir un aile qui accepterait et baserait le contenu de ses enseignements sur l’existence de phénomènes surnaturels et inexplicables ? Surement pas. C’est pourtant une promotion d’une cinquantaine d’élèves qui rejoint la filière cette année et dont les membres, comme David, ont bel et bien des pouvoirs paranormaux…

Vous l’aurez compris, La Confrérie de l’Invisible va donc nous introduire dans cette drôle d’école où certains peuvent échanger avec les Poltergeists, d’autres sentir le métal et enfin, certains se désincorporer. Suivre un groupe qui entre dans une école loufoque, c’est un genre que l’on retrouve vraiment fréquemment dans l’Imaginaire et que j’ai lu et relu de nombreuses fois. Franchement, ça peut donner quelque chose d’intéressant comme être totalement chiant. Les Magiciens par exemple, bien que ce soit un de mes livres préférés, est relativement raté quant à l’ambiance de son école. Harry Potter arrivera à faire rêver tout un chacun.

La Confrérie de L’invisible se situe malheureusement plutôt dans le bas du panier. Les cours ne sont franchement pas intéressants et les péripéties que l’on y entrevoit sont assez plates. En fait, c’est un peu stéréotypé et il n’y a jamais de réelle surprise. Peut être qu’il manque justement des moments où il ne se passe strictement rien d’autre que le cours pour corriger cela, je ne sais pas.

A côté de ça, l’autre point assez négatif est sans doute le côté plat de la plupart des personnages. Un gosse de riche, une bonasse pas trop sûre d’elle, et une personne handicapée stéréotypée. Je ne sais pas si stéréotype est le bon terme, mais l’auteur n’arrive pas à nous intéresser aux personnages, ce qui rend la lecture assez inintéressante de ce point de vue là. Notre héros David étant lui même complètement plat et inintéressant.

La Confrerie de Linvisible de Richard TalemanIl y aura donc de nombreuses lenteurs dans ce tome d’introduction qui est un peu trop long et lent. C’est assez bien écrit et on a pas de mal à suivre tout, mais il n’y a réellement que les cinquante dernières pages qui arrivent à donner un petit coup de boost à notre histoire. Pas de quoi casser des briques pour autant, mais suffisamment pour regretter que cela s’arrête.

La Confrérie de l’Invisible est donc un premier tome assez plat qui n’aura pas réussi à me marquer. C’est dommage car il y avait de bonnes idées derrières et on sent un certain potentiel avec ces quatre gamins qui peuvent faire beaucoup de choses. Le roman de Richard Taleman me laisse avec un sentiment de vide et d’inachevé, dommage.


Pour une raison obscure, on m’a offert pour mes 28 ans deux bouquins traitant du club des 27. C’est donc comme ça que je me suis retrouvé en possession de Le club des 27 ou la Malédiction du Rock’N’Roll de Alain-Guy Aknin et Stéphane Loisy. Je me suis dit pourquoi pas, le thème pourrait être intéressant et la couverture est plutôt pas mal avec son 27 glacé en surimpression. Malheureusement, j’ai déchanté plutôt vite.

le club des 27 ou la malediction du rock n roll

Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est le club des 27, c’est une sorte de mythologie du rock. C’est en effet un regroupement d’artistes rock et blues dont le destin s’est arrêté de manière tragique l’année de leurs 27 ans. Du coup y’en a quelques uns dont des bien connus comme Kurt Cobain et Jim Morrison. Par contre il n’y avait pas l’air d’y en avoir assez vu que l’auteur a fait du remplissages avec des artistes pop, d’autres genres plus exotiques et même des rappeurs. On en vient au gros point noir du bouquin, l’indigence de son contenu.

Hormis les très connus, la plupart des artistes n’ont droit qu’à une très minimaliste biographie. La plupart devront se contenter de 2-3 pages pendant lesquelles ont se fait balancer des faits, des dates, des albums, des chansons avec un manque cruel de contexte. Vous savez qui c’est Rodrigo Bueno ? Et bien à part son style musical et la manière dont il est mort vous n’en apprendrez pas grand chose de plus dans cet ouvrage. Du coup quel est l’intérêt de le placer dans le livre si ce n’est à des fins de remplissages. Et il est loin d’être le seul dans ce cas. Pour résumer, on apprend où il sont né, quel genre de musique ils font et avec quel groupe, leur gros hit et enfin la manière dont ils sont mort, on aurait aimé un peu plus de contenu.
le club des 27 ou la malediction du rock n rollHeureusement on sent l’auteur un peu plus impliqué sur les gros noms. Jim Morrison, Amy Winehouse, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain et Brian Jones, ceux de la couverture quoi, semblent être ceux qui s’en tirent le mieux. Mais du coup vu que ce sont les plus connus, l’amateur n’apprendra pas grand chose de nouveau. Ces parties n’en reste pas moins intéressante et pourvu de détails.

Un des trucs qui m’a un peu saoulé : Comment peut on parler de Robert Johnson sans faire ne serait-ce que mention de la légende de sa rencontre avec le diable à un carrefour ? C’était un artiste relativement majeur du siècle dernier et il n’a droit qu’à une petite partie. C’est vrai que ce n’était pas possible de faire une vraie biographie par artiste mais on en apprend trop peu. Surtout que le style de l’auteur très concis n’aide pas vraiment à ne pas sentir un certain coté mécanique dans la construction des chapitres.

Cette édition est catastrophique. Je n’ai jamais vu autant de typos dans un document qui est censé être édité par des professionnels et puis pas que des petits bouts de rien, par exemple un 9 qui se transforme en 6 dans une date. Du coup je ne félicite pas les éditions Didier Carpentier surtout quand on trouve le bouquin à 15€. Je ne conseille absolument pas ce livre.