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Corvus de Paul Kearney

illman dans Critiques, Livres le 23 septembre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Parfois, tomber sur des bons bouquins tient simplement de la chance. Que je sois rentré dans cette librairie avec la ferme intention d’en ressortir pourvu d’un bouquin quel qu’il soit et que j’apprécie ce roman est donc un hasard. Peut-être que ce qui m’a décidé c’est la couverture de LGF Studio qui faisait Empire Romain ou bien le nom de Robert Silverberg en bas de couverture ou encore le titre énigmatique en un seul mot. Toujours est-il que je l’ai lu et que j’y ai pris plaisir, direction le synopsis pour commencer à en voir les raisons.

Corvus de Paul Kearney

Après tant d’années à vendre ses services dans les conflits du continent, Rictus n’a qu’une envie donner les rênes de ses têtes de chiens, sa troupe de mercenaire, à un autre pour pouvoir passer sa retraite de guerrier à cultiver la terre auprès de sa famille. Évidemment cela ne va pas durer alors qu’enfle la rumeur d’un jeune général nommé Corvus qui aurait déjà conquis une partie du pays.

Bon j’avoue, dis comme ça c’est loin de vendre du rêve, on dirait le pitch d’un David Gemmell bas du front. Ce en quoi c’est différent, c’est dans la manière de traiter les personnages. Ici point de grands héros légendaires qui démontent tout sur le champ de bataille mais plutôt des hommes dont la renommée est peut-être un peu exagérée. La où  l’on a souvent du mec qui va défourailler le big boss d’en face pendant les mêlées, le coté martial et discipline est extrêmement mis en avant dans Corvus. Par ce que notre troupe de mercenaires, elle est reconnue pour ne pas faillir dans ses charges, pour être inébranlable, pas pour les hauts faits d’armes d’un de ses constituants, même s’ils sont aussi aidés par des cuirasses un peu « magiques ». Il règne un esprit de corps dans la vie de ces soldats et c’est sans doute ce coté uni qui m’a plu.

Paul Kearney

Paul Kearney

Les affrontements sont de fait très plaisants à lire. D’une part la stratégie y a une grande place grâce à Corvus qui se donne tout les moyens en son pouvoir pour conquérir cet empire des Macht décadent. Comme c’est un étranger, il a apporté des manières différentes de faire la guerre dans un pays où les conflits entre les cités étaient codifiés au point d’en devenir ridicule. J’ai trouvé un coté assez jouissif à ce que son armée mette des peignées aux oisifs et prétentieux Macht. D’autre part les engagements sont extrêmement violents, ils sont bien retranscrits et on sent l’impact lorsque les forces en présences se rentrent dedans, il y’a un paquet de cadavres qui traîne dans la boue quand les épées se taisent. Une percée par-ci, une charge de cavalerie par-là, le moral des troupes vacille au cours de la bataille et entraîne une fin rapide des combats sans s’embourber dans des combats peu réalistes.

Le contexte géopolitique mis en place par Paul Kearney est aussi intéressant. Car même si l’action se passe uniquement dans cet empire composé d’un maillage de cités-états, on entend un peu parler d’autres lieux et surtout d’un autre temps. Celui où les Macht avait lancé une grande campagne dans un empire voisin et où le personnage principal Rictus s’était distingué. Tout ça mis bout à bout donne un univers cohérent inspiré principalement de l’antiquité, fait relativement rare, et plaisant à lire sans doute dû aussi à la traduction de Jean-Pierre Pugi.

Corvus de Paul KearneyL’auteur nous permet aussi de voir l’envers du décor en nous narrant les agissements d’un tribun de la capitale Macht, Karnos. La présence de ce personnage est important car elle nous délivre d’un manichéisme sommaire qui aurait pu s’installer autrement. Ce personnage est plus cérébrale que combattant et c’est haranguant la foule, fomentant des plans et en mobilisant les armées qu’on le retrouvera principalement.

Corvus a été pour moi une excellente lecture. Paul Kearney a un talent certains pour mener son récit avec concision, rapidité et justesse, quasiment pas de temps mort pendant ces presque 500 pages chez Orbit en poche. Je conseille sans problème aux amateurs de Fantasy.


Et vous, votre avis ?

J’avais dévoré le premier tome de Requiem pour Sascha de Alice Scarling il y’a quelques mois qui malgré quelques défauts était quand même une de mes meilleures lectures Bit-Lit de l’année. Je n’ai donc pas tardé à entamer le tome 2, Dies Irae, qui vient de sortir aux éditions Milady toujours. Synopsis ?

Dies Irae Requiem pour Sascha Tome 2 de Alice Scarling

Suite aux événements du tome 1, Sascha a totalement changé de vie : nouvel endroit, nouvelles relations et tant d’autres choses. Alors que son ancienne vie s’efface, elle appréhende un peu mieux le rôle qui lui est dévolu tout en découvrant ce que c’est d’avoir une famille.

Alice Scarling

Alice Scarling

Difficile de vous faire un résumé tant il est compliquer de ne pas spoiler. Ce tome est bien différent du précédent. Après un début de série se déroulant dans notre monde, voici un tome qui se déroule … en enfer, rien que cela. Alice Scarling s’est donc surtout inspirée d’élements assez religieux, qui ne sont pas sans rappeler Angel Sanctuary de Kaori Yuki pour la fangrill que je suis. On retrouve des anges, des démons, une hiérarchie, des généraux trop classes, bref, c’est assez original pour de la Bit-Lit. Très clairement, ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendait en débutant le tome 1, mais ça n’est pas plus mal ! C’est pas un domaine que j’ai beaucoup vu abordé dans la Bit-Lit, on pensera à une série de Vanessa Terral.

Si Sascha n’a pas perdu de sa superbe et si sa narration est toujours aussi agréable, on a évidemment perdu les références goth qui nous faisaient nous reconnaître dans sa vie (enfin surtout moi). Mais tant pis, Sascha est attachante, et les nouveaux personnages aussi. Ce coup ci, les loup-garous ont plus de place, là ou le précédent tome mettait plus l’accent sur les vampires.

Le plus gros défaut de Sascha, à savoir penser avec ses ovaires, est bien corrigé, elle n’est plus totalement obsédée par la chose, et apprend à maitriser ses pulsions, cela rend quand même l’intrigue beaucoup plus crédible à mon goût, elle n’a pas vraiment le temps de penser à tout cela.

Dies Irae de Alice ScarlingL’histoire est menée sans temps morts et le style d’Alice est toujours très agréable, clair avec pas mal de dialogues et donc le livre se lit réellement très vite. Ce n’est pas un livre prise de tête mais il n’est pas pour autant décérébré. Cela fait plaisir de voir un bel équilibre à ce niveau.

Vous l’aurez compris, ce deuxième tome Dies Irae me convainc encore plus que le précédent : les défauts de Sascha sont estompés et surtout, l’histoire prend une tournure que je n’aurais pas imaginée mais qui est plutôt bien trouvée et bien menée. Je suis réellement curieuse de savoir ce qui va bien pouvoir émerger du troisième tome !

 


Neachronical, tome1 : Memento Mori de Jean Vigne

Serafina dans Critiques, Livres le 5 septembre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Neachronical tome 1 est une des sorties de l’été aux éditions du Chat Noir. Ecrit par Jean Vigne dont illman avait beaucoup aimé Desolation, je n’ai pas tardé à commencé ce livre illustré en couverture par Mina M. Contrairement à ce que je pensais au vu du nom et de la couverture, il ne s’agit pas du tout de steampunk victorien, ne me demandez pas d’où me venait cette idée. Synopsis ?

neachronical de jean vigne

Nea se réveille au bord d’un marais, la tête en vrac. Elle se souvient bien avoir fait le mur pour rejoindre Justin et sa bande, mais c’est tout. A coup de stop, elle reussi a rentrer chez elle pour découvrir que son absence n’a pas duré une ou deux nuits mais carrément 5 ans ! 5 ans dont elle n’a aucun souvenir mais qui semblent pourtant avoir été bien éprouvants…

Nous sommes donc à priori dans du Young Adult avec une  jeune héroine un peu paumée, qui sait pas trop ce qui lui est arrivé. Bon, je dis « à priori » car en réalité il y’a pas mal de scènes gores, glauques ou dérangeantes, je ne suis donc pas sur que cela soit à lire pour les plus jeunes. On y aborde des sujets pas bien drôles comme la traite des femmes. Autant dire que malgré son premier abord assez léger, il s’agit d’un livre parfois éprouvant, même si l’auteur semble ne pas réellement se décider à aller jusqu’au bout et sauve à peu près 5 fois in extremis une de ses héroïnes du viol ce qui fait qu’après la troisième fois on n’a plus réellement peur pour elle.

 

neachronical de jean vigneLe style de Jean Vigne est relativement agréable, ça se lit aisément. Les chapitres courts et les alternances de point de vue rendent la lecture assez rapide. Par contre clairement Nea ne s’exprime pas comme une nana de 15 ou 20 ans, et j’ai bien eu du mal a comprendre ses réactions parfois un peu « too much » et qui passent d’un extrême à l’autre sans trop de remords. La nana vient de perdre 5 ans de sa vie et elle est tout de suite super sarcastique et punchy, n’hésite pas a heurter ou tuer des gens… J’ai eu beaucoup de mal à la trouver crédible. Heureusement les autres personnages dont on suit le point de vue sont moins difficile à cerner : Juliette est une gamine apeurée, et les kidnappeurs sont certes bêtes et méchants mais relativement crédibles.

On devine très rapidement pas mal de choses sur notre héroïne qui semble être un peu bizarre, bien qu’a la fin du premier tome beaucoup de choses restent en suspens notamment sur le « comment ». Le rôle de certains personnages comme le bucheron fan de Motorhead reste aussi assez flou. Je suppose qu’il faudra lire le tome deux pour éclairer ces points la.

Au final, j’avoue c’est un avis en demi teinte. Il y’a de nombreux points intéressants, comme les pouvoirs de Nea, des points intrigants, mais aussi , une héroïne que j’ai bien du mal à trouver crédible et tellement de sauvetage in extremis que je n’ai plus eu peur pour Juliette. Je ne le déconseille pas, mais je ne le conseille pas réellement non plus.


Le Bal des Schizos de Philip K. Dick

dabYo dans Critiques, Livres le 31 août 2014, avec aucun commentaire
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Je ne suis pas un gros lecteur de Philip K. Dick, je n’ai lu de ce grand homme qu’un seul bouquin, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques, du coup, je ne devrais pas avoir de gros préjugés avant d’en commencer un. Mais c’est sans compter les avis de Seraf’ qui a lu des livres géniaux -et lucides- écrits par l’auteur comme L’oeil dans le ciel, mais d’autres bien plus triptyques tels Le Maître de Haut Château. Il semblerait que la paranoïa du monsieur ait eu quelques impacts sur la logique de ses pensées et que cela se ressente dans ses écrits. Du coup, quand un de ses bouquins contient le mot schizophrène dans son titre, on est en droit de redouter le pire. Au moins étais-je prévenu avec Le Bal des Schizos. Synopsis.

Le Bal des Schizos de K Dick

Dans une petite ville des États-Unis d’Amérique, Louis Rosen et son associé Maury Rock commercialisent des orgues électroniques qui sont fabriqués et assemblés dans la petite usine de son père et son frère. Malheureusement, il faut bien avouer que bien que de qualité, les ventes d’orgues ne sont pas franchement florissantes et leurs combines loufoques pour les écouler ne suffiront bientôt plus. Mais son associé a préparé un plan en cachette avec sa fille, tout juste sortie de l’hôpital psychiatrique: rejouer la guerre de Sécession chaque année. Car tous les américains sont passionnés par la guerre de Sécession et ne pensent qu’à ça, c’est bien connu…

Nous suivons tout au long de notre histoire Louis Rosen dans une narration qui frôle très souvent la schizophrénie. S’adressant tantôt au lecteur, tantôt à lui même, tantôt aux autres protagonistes, le héros est un homme d’âge mur presque pommé et dont la santé mentale est sur la brèche tout au long de la lecture. Sauf que ce n’est pas le seul dans le monde que va nous dépeindre Philip K. Dick.

Nous allons découvrir des États-Unis d’Amérique qui m’ont semblé hors temps et complètement loufoques. Sans entrer vraiment dans les détails, il semble y avoir eu des avancés technologiques, des essais nucléaires et un tas d’autres choses que l’auteur n’explique pas mais qui ont conduit à une situation assez déstabilisante: près de 10% des ressortissants du pays finissent par être internés pour une période plus ou moins longue dans un hôpital psychiatrique. Rien d’étonnant donc à ce que notre narrateur soit complètement barré et nous emporte avec lui.

Si on pouvait au début imaginer que la petite entreprise de Rosen et ses difficultés de ventes seraient la base de l’intrigue, on fini par se rendre compte qu’il n’y a pas de réelle intrigue. Les choses se passent les unes après les autres, à la suite des péripéties loufoques que provoque la fille de son associé. Tout va en effet tourner autour de la création d’automate autonome, des « simulacres » qui vivent comme des humains mais ne sont que fait de boulons. Et quoi de mieux que prendre les héros de la guerre de Récession pour montrer leur réalisme ?

Le Bal des Schizos de K DickLà dessus Philip K. Dick va partir de dialogues délirants en dialogues délirants, avec souvent des réactions de personnages complètement improbables. Une sorte de road trip vers la schizophrénie où chacun a des réactions de plus en plus loufoques et où les situations font dans le portnawak total. On comprend à moitié, ou plutôt, on pense comprendre quelque chose sans savoir si il y a vraiment quelque chose à comprendre. Peut être est-ce trop philosophique pour moi tout simplement.

Alors que dire du Bal des Schizos de Philip K. Dick ? Eh bien… C’est difficile à résumer. Ce livre est loufoque, un grand nawak que je ne saurai juger. Ni si j’ai aimé. Ni si j’ai détesté. Il se lit assez rapidement tout en étant très fatiguant pour le cerveau. Suivre ces délires est finalement assez difficile. Vous n’êtes du coup pas bien aider. Mais bon, avec son titre, on pourra dire que c’est comme le Port Salut: c’est écrit dessus.


Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigulpi

dabYo dans Critiques, Livres le 27 août 2014, avec aucun commentaire
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Après un succès critique La Fille Automate au rayon adulte, enfin sauf chez nous, Paolo Bacigalupi a sorti en 2010 un second roman mais au rayon jeunesse cette fois. Ferrailleurs des Mers est un roman qu’on pourrait qualifier de Young Adult tout juste publié en poche par les éditions J’ai Lu, au rayon adulte par contre. Il faut dire qu’on est là vraiment à la frontière des deux mondes. Synopsis.

Ferrailleurs des Mers de Paolo Bacigalupi

Nailer fait partie d’une équipe de Légers, des gamins qui entrent dans les coques des vieux bateaux échoués sur la plage pour en extraire tout ce qui peut être sauvé, notamment les câbles de cuivre et autres métaux précieux. Léger car il faut être assez fin pour se faufiler dans les décombres sans rester coincé, et futé pour ne pas s’y perdre et mourir de faim sans trouver la sortie car seule la peinture luminescente sera là pour le guider vers l’extérieur.

Nous sommes fin XXIème siècle, la civilisation humaine s’est faite avoir par les dérèglements climatiques et la fin des ressources naturelles, les vieux pétroliers se sont échoués et il n’y a plus que les crève-la-faim pour aller dedans, récupérer les câbles et métaux qui peuvent encore être recyclés, pour espérer avoir de quoi manger le soir pour survivre.

Nailer en fait partie et nous allons suivre sa misérable vie, le suivant alors qu’il la risque chaque jour pour gagner de quoi manger. Avec quelques 14 ans, on va apprendre à le connaître et à découvrir ce que cela peut être de grandir et vivre dans un tel monde. En écrivant cette phrase, je ne peux que m’interroger sur les gamins de part le monde qui vivent exactement la même chose et m’apercevoir que futur ou non, apocalypse écologique ou non, Ferrailleurs des Mers est depuis longtemps un roman d’actualité. Mais laissons tout de même ces quelques considérations pour nous pencher sur notre livre.

Ferrailleurs des Mers de Paolo Bacigalupi

Avec le héros nous allons découvrir plusieurs personnages forts en couleurs et vraiment attachants. Il y a quelque chose dans l’écriture de Paolo Bacigalupi qui fait qu’on s’attache tout de suite aux personnages, qu’on en craint d’autres, que le tout est vivant. L’univers de Nailer prend vie tout autour de nous, et il est clairement effrayant. Le sentiment de danger permanent est vraiment bien réalisé et on a l’impression constante que tout peut arriver à tout moment, le meilleur comme le pire.

Le scénario est assez épique, il va aller de péripétie en péripétie et n’est pas sans me rappeler la série La Quête d’Espérance de Johan Heliot. Alors bien sûr, on pourrait dire qu’il est un peu trop simpliste, et je suppose que c’est bien là l’aspect le plus « Jeunesse » du roman, mais ça ne m’a pas trop choqué pour autant. Cela nous offre un roman bien rythmé où les coups du sort sont plutôt bien amenés, ne faisant jamais cheveux sur la soupe: un très bon point. Le tout a un petit côté optimiste et fleur bleu qui ne m’a pas déplu.

Ferrailleurs des Mers de Paolo BacigalupiL’univers de Ferrailleurs des Mers est vraiment bien retranscrit et passionnant. Ce côté quasi post-Apocalyptique où les grandes villes ont sombré et une partie de la civilisation avec est très bien retranscrit. On s’y croirait, ça fait vraiment froid dans le dos. Le tout est accompagné d’une écriture vraiment au poil et sans faute de traduction.

Bref, vous l’aurez compris, Ferrailleurs des Mers de Paolo Bacigalupi m’a complètement convaincu et j’ai eu la chance de pouvoir le lire en un peu moins de 24 heures. J’y ai passé un très bon moment pendant lequel j’avais vraiment du mal à décrocher de ma lecture. Sans doute la preuve d’un très bon roman.


La Confrérie de l’Invisible de Richard Taleman est le premier tome de David Cream, une série que je qualifierai d’Urban Fantastique qui vient d’arriver en mi-format aux éditions J’ai Lu. Malgré ses sonorités anglaises, Richard Taleman est un pseudonyme d’un auteur bien français, qui officie d’habitude dans le genre Thriller. Alors, a-t’il réussi sa reconversion ? Synopsis.

La Confrerie de Linvisible de Richard Taleman

David est un jeune étudiant qui s’apprête à rentrer à l’université de Californie dans une section bien particulière et dont peu connaissent l’existence: l’aile de Parapsychologie. Et pour cause, l’université est réputée pour ses scientifiques, alors y voir un aile qui accepterait et baserait le contenu de ses enseignements sur l’existence de phénomènes surnaturels et inexplicables ? Surement pas. C’est pourtant une promotion d’une cinquantaine d’élèves qui rejoint la filière cette année et dont les membres, comme David, ont bel et bien des pouvoirs paranormaux…

Vous l’aurez compris, La Confrérie de l’Invisible va donc nous introduire dans cette drôle d’école où certains peuvent échanger avec les Poltergeists, d’autres sentir le métal et enfin, certains se désincorporer. Suivre un groupe qui entre dans une école loufoque, c’est un genre que l’on retrouve vraiment fréquemment dans l’Imaginaire et que j’ai lu et relu de nombreuses fois. Franchement, ça peut donner quelque chose d’intéressant comme être totalement chiant. Les Magiciens par exemple, bien que ce soit un de mes livres préférés, est relativement raté quant à l’ambiance de son école. Harry Potter arrivera à faire rêver tout un chacun.

La Confrérie de L’invisible se situe malheureusement plutôt dans le bas du panier. Les cours ne sont franchement pas intéressants et les péripéties que l’on y entrevoit sont assez plates. En fait, c’est un peu stéréotypé et il n’y a jamais de réelle surprise. Peut être qu’il manque justement des moments où il ne se passe strictement rien d’autre que le cours pour corriger cela, je ne sais pas.

A côté de ça, l’autre point assez négatif est sans doute le côté plat de la plupart des personnages. Un gosse de riche, une bonasse pas trop sûre d’elle, et une personne handicapée stéréotypée. Je ne sais pas si stéréotype est le bon terme, mais l’auteur n’arrive pas à nous intéresser aux personnages, ce qui rend la lecture assez inintéressante de ce point de vue là. Notre héros David étant lui même complètement plat et inintéressant.

La Confrerie de Linvisible de Richard TalemanIl y aura donc de nombreuses lenteurs dans ce tome d’introduction qui est un peu trop long et lent. C’est assez bien écrit et on a pas de mal à suivre tout, mais il n’y a réellement que les cinquante dernières pages qui arrivent à donner un petit coup de boost à notre histoire. Pas de quoi casser des briques pour autant, mais suffisamment pour regretter que cela s’arrête.

La Confrérie de l’Invisible est donc un premier tome assez plat qui n’aura pas réussi à me marquer. C’est dommage car il y avait de bonnes idées derrières et on sent un certain potentiel avec ces quatre gamins qui peuvent faire beaucoup de choses. Le roman de Richard Taleman me laisse avec un sentiment de vide et d’inachevé, dommage.


Pour une raison obscure, on m’a offert pour mes 28 ans deux bouquins traitant du club des 27. C’est donc comme ça que je me suis retrouvé en possession de Le club des 27 ou la Malédiction du Rock’N’Roll de Alain-Guy Aknin et Stéphane Loisy. Je me suis dit pourquoi pas, le thème pourrait être intéressant et la couverture est plutôt pas mal avec son 27 glacé en surimpression. Malheureusement, j’ai déchanté plutôt vite.

le club des 27 ou la malediction du rock n roll

Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est le club des 27, c’est une sorte de mythologie du rock. C’est en effet un regroupement d’artistes rock et blues dont le destin s’est arrêté de manière tragique l’année de leurs 27 ans. Du coup y’en a quelques uns dont des bien connus comme Kurt Cobain et Jim Morrison. Par contre il n’y avait pas l’air d’y en avoir assez vu que l’auteur a fait du remplissages avec des artistes pop, d’autres genres plus exotiques et même des rappeurs. On en vient au gros point noir du bouquin, l’indigence de son contenu.

Hormis les très connus, la plupart des artistes n’ont droit qu’à une très minimaliste biographie. La plupart devront se contenter de 2-3 pages pendant lesquelles ont se fait balancer des faits, des dates, des albums, des chansons avec un manque cruel de contexte. Vous savez qui c’est Rodrigo Bueno ? Et bien à part son style musical et la manière dont il est mort vous n’en apprendrez pas grand chose de plus dans cet ouvrage. Du coup quel est l’intérêt de le placer dans le livre si ce n’est à des fins de remplissages. Et il est loin d’être le seul dans ce cas. Pour résumer, on apprend où il sont né, quel genre de musique ils font et avec quel groupe, leur gros hit et enfin la manière dont ils sont mort, on aurait aimé un peu plus de contenu.
le club des 27 ou la malediction du rock n rollHeureusement on sent l’auteur un peu plus impliqué sur les gros noms. Jim Morrison, Amy Winehouse, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain et Brian Jones, ceux de la couverture quoi, semblent être ceux qui s’en tirent le mieux. Mais du coup vu que ce sont les plus connus, l’amateur n’apprendra pas grand chose de nouveau. Ces parties n’en reste pas moins intéressante et pourvu de détails.

Un des trucs qui m’a un peu saoulé : Comment peut on parler de Robert Johnson sans faire ne serait-ce que mention de la légende de sa rencontre avec le diable à un carrefour ? C’était un artiste relativement majeur du siècle dernier et il n’a droit qu’à une petite partie. C’est vrai que ce n’était pas possible de faire une vraie biographie par artiste mais on en apprend trop peu. Surtout que le style de l’auteur très concis n’aide pas vraiment à ne pas sentir un certain coté mécanique dans la construction des chapitres.

Cette édition est catastrophique. Je n’ai jamais vu autant de typos dans un document qui est censé être édité par des professionnels et puis pas que des petits bouts de rien, par exemple un 9 qui se transforme en 6 dans une date. Du coup je ne félicite pas les éditions Didier Carpentier surtout quand on trouve le bouquin à 15€. Je ne conseille absolument pas ce livre.


Hors de Portée de Georgia Caldera

Serafina dans Critiques, Livres le 4 août 2014, avec 1 commentaire
Critiques

Hors de Portée est une romance contemporaine parue au début de l’été. Oui, vous avez bien lu, de la Romance Contemporaine. Non, Malicia ne m’a pas menacée de me faire regarder les versions longues de Twilight, j’y suis allée de mon plein gré. J’ai aimé Les Larmes Rouges de Georgia Caldera, je me suis donc dit que si une personne pouvait me faire aimer la romance, c’était elle. Synopsis ?

Hors de Portee de Georgia Caldera

Scarlett est récemment revenue à Paris suite au décès de sa mère. Dans sa vie sentimentale, c’est un peu le chaos, elle n’est pas capable de s’engager. Du coup, elle travaille. Elle a lancé sa propre affaire d’architecture d’intérieure et est sur un gros contrat : la déco d’une grosse entreprise d’info à la Défense. Mais voilà, le boss, Aidan ne semble pas intéressé que par les talents professionnels de notre jeune héroine…

Georgia Caldera

Georgia Caldera

Une héroine mal dans sa peau et complexée, incapable de s’engager à cause de lourdes blessures, qui rencontre un patron plein au as, dédaigneux et totalement hors de portée. Ok, c’est bon, les ficelles on les voit là, c’est même des câbles à ce niveau. Ceci dit, c’est de la romance, du coup, il y a je suppose des codes à respecter. On échappe aux stéréotypes : Scarlett fait un 42-44, Aidan n’est pas un beau gosse musclé, au contraire il est décrit comme limite malingre, on est dans un univers pas forcément ultra glamour  : l’IT à la Défense c’est pas la Silicon Valley. Bref, les personnages sont relativement crédibles, proches de nous et donc il est relativement facile de s’y identifier.

Certaines chroniques disent avoir eu du mal à comprendre les réactions de Scarlett et/ou Aidan… Moi c’est le contraire, je les ai très bien « comprises ». Enfin, j’aurais pu faire les mêmes… J’irais pas jusqu’à dire que cela sent le vécu, mais j’ai tendance à dire que les personnes qui vivent des histoires « fortes » sont aussi relativement excessifs dans leurs réactions…

Le style est bien plus simple que dans les Larmes Rouges. Exit le style ampoulé qui sent le Anne Rice, c’est plus direct malgré quelques réminescences (!) d’expressions de la saga vampirique. On suit les pensées de Scarlett avec plaisir, c’est dynamique et dans l’ensemble cela sonne réaliste. Les scènes de sexe, élément obligé du genre, sont relativement bien écrites, pas trop aberrantes.

Hors de Portee de Georgia CalderaPar contre, je dois bien avouer que le livre ne m’a pas du tout fait rêver, ce qui est pourtant ce qu’on pourrait espérer d’une romance. Aidan est à bien des points de vue détestable. Il impose totalement ses vues à l’héroine, tellement que certaines scènes sont plutôt malsaines. On ne sait pas trop si l’héroine a envie ou si elle cède… Un peu dérangeant comme lecture. Et je parle pas que des scènes olé olé, mais même pour aller diner, pour prendre le café, Aidan « force » Scarlett et même si elle dit qu’elle apprécie, ça m’a mise mal à l’aise. L’autre défaut à mon avis est l’affaire d’Aidan à la fin, qui m’a semblée être révélée et réglée bien trop vite… Ca faisait limite too much.

A part cela, je m’attendais réellement à bien plus souffrir dans cette lecture. J’ai lu le roman en une semaine, je lisais bien 50-60 pages par soir sans voir le temps passer. C’est pas un coup de coeur, faut pas déconner, mais c’est une lecture très sympathique, qui permet de mettre le cerveau en off tout en retrouvant bon nombre de repères. J’aurais préféré un héros moins dictateur pour mes goûts ceci dit. N’empêche, si Georgia Caldera refait de la romance, je pense que j’en lirais.


J’avais lu et aimé le tome 1 de Demonica écrit par Larissa Ione… et j’ai encore plus aimé ce tome 1 des Cavaliers de l’Apocalypse. Sorti chez Bragelonne fin 2013 avec une magnifique couverture aux reflets dorés et récemment paru chez Milady au format poche, ce tome 1 nous emmène donc dans l’univers fantastique de Larissa Ione, à l’aube de l’Apocalypse. Découverte.

cavalier apocalypse ione

Dans cette saga des Cavaliers de l’Apocalypse, nous retrouvons donc quatre frères, futurs Cavaliers de l’Apocalypse si leurs sceaux venaient à être détruits. Nous avons donc Reseph (Pestilence), Arès (Guerre), Thanatos (Mort) et Limos (Famine). Élevés parmi les humains, ils ont été punis pour avoir poussé les humains à combattre les démons lorsqu’ils ont découvert leur véritable nature et sont devenus les gardiens des sceaux de l’Apocalypse.

Chaque sceau est lié à un Agimortus qui garantit sa sûreté, si le sceau se brise, la part « sombre » du Cavalier prend le dessus… et s’ils se brisent tous, c’est la fin du monde assurée. Pour briser un sceau, il faut donc s’emparer de l’Agimortus du Cavalier. Dès le début du livre, nous apprenons que le sceau de Reseph a été brisé et qu’il est donc devenu Pestilence, dont le seul objectif est de provoquer l’Apocalypse en brisant le sceau de Arès.

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Ce tome est en faite la suite directe du tome 5 de Demonica mais pas de panique si vous n’avez pas lu Demonica, le livre est tout de même accessible. Dans ce premier tome, nous suivons le point de vue de Arès, alias Guerre. Poursuivi par Pestilence, son Agimortus a jusqu’à présent été porté par des anges déchus… mais il atterrit dans le corps d’une humaine, Cara, qu’il va devoir protéger coûte que coûte. Cependant, comme vous vous en doutez, il ne va pas rester insensible au charme de la jeune fille…

Comme je vous l’ai dit, j’ai beaucoup aimé cette lecture, plus que Demonica, parfois trop porté sur le sexe. Ici, j’ai trouvé le mélange entre romance, érotisme, action et suspense très bien dosé, agréable à lire. J’ai aimé la profondeur des personnages, de Guerre et son tempérament un peu brut, à Pestilence. On retrouve à plusieurs reprises des souvenirs de Reseph qui nous permettent de comprendre quel  homme il était et même de le regretter un peu.

J’ai aimé aussi toute la mythologie associée, le sujet est traité de manière originale et très dense. Alors, bien sûr, ce n’est pas de la grande littérature mais j’ai trouvé que justement, l’auteure n’avait pas succombé aux sirènes des scènes de cul faciles et des intrigues amoureuses bien trop présences et qu’elle avait su focaliser l’attention sur l’intrigue liée aux Cavaliers, ce qui sert très bien la crédibilité de l’ensemble.

En gros, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette lecture (et même qu’à la fin, j’ai dit d’emblée à Serafina : « j’veux lire la suite, vite ! »). Je me suis vraiment passionné pour tout le travail fait autour du mythe des Cavaliers et j’ai apprécié que les intrigues amoureuses ne prennent pas le pas sur l’objectif principal de Guerre qui est de « sauver le monde » (rien que ça). J’attends de lire la suite avec impatience pour voir si elle est du même ressort !


Soleil Vert de Harry Harrison

dabYo dans Critiques, Livres le 19 juillet 2014, avec 1 commentaire
Critiques

La Science-Fiction foisonne de vieux classiques d’Anticipation tant et si bien qu’il est parfois difficile de s’y retrouver et de ne pas passer à côté de quelques perles. Avec sa collection Nouveaux Millénaires, les éditions J’ai Lu continuent d’en ressortir le meilleur tout en proposant une nouvelle traduction. Après Demain les Chiens, c’est Soleil Vert de Harry Harrison qui vient d’être rafraichi par la traduction de Sébastien Guillot. Un roman d’Anticipation adapté au cinéma qui sent autant le polar que l’apocalypse. Synopsis.

Soleil Vert de Harry Harrison

Andy Rush fait parti des policiers de New York, la ville la plus peuplée du monde qui est chaque jour le lieu d’émeutes et de trafics. Car l’eau, la nourriture et la totalité des ressources naturelles nécessaires à la vie moderne des humains sont venues à manquer. La modernité se perd peu à peu, les hommes meurent de faim et la belle ville de l’Amérique se transforme inexorablement en immense bidon ville. Le pire est sans doute à venir.

Nous allons suivre plusieurs point de vue, les chapitres en changeant régulièrement, mais celui qui nous servira d’ancre et de personnage principal est Andy Rush. Inspecteur pour la police de New York, homme désœuvré qui ne vit que pour son travail au salaire médiocre et à la reconnaissance inexistante, il a tout du héros sur lequel s’acharne la vie jusqu’à le casser complètement. Car le monde que nous découvrons est complètement apocalyptique. La machine du progrès s’est cassée en route et voilà l’humanité à la croisée des chemins, entre désespoir complet et instinct animal pour la survie. Avec Andy nous sommes au milieu de tout cela, tentant peut être vainement de conserver un sens à la vie, lui donnant une morale et veillant à ce que la justice puisse être donnée.

Make Room Make Room Harry Harrison

Dans sa version originale, le roman s’appelle Make Room! Make Room!, ce qu’on pourrait traduire par « Faites de la place ! », bien plus explicite sur les problèmes de surpopulation

A l’époque où Harry Harrison a écrit Soleil Vert, il ne fait nul doute qu’il s’agissait là d’un futur noir mais probable avec les évolutions de l’époque. Ce qu’il est amusant de constater, c’est que l’histoire se déroule en 1999. C’est donc déjà du passé pour nous, ce qui est quelque part rassurant: ses prédictions n’ont pas eu lieu. Ce qui l’est moins pour la bonne raison que les préoccupations de l’époque restent complètement d’actualité.

Soleil Vert a été écrit en 1966 et pourtant, on a l’impression que l’auteur vient tout juste d’en poser les dernières phrases sur le papier. Certes, l’informatique est la grande absente de ce futur là, mais c’est diablement crédible tout de même. Certaines thématiques abordées ne sont plus exactement les mêmes, l’une des positions les plus importantes étant celle militant pour l’avortement. Avortement qui, à quelques exceptions près et dans une lutte de tous les jours, est aujourd’hui accepté. Il n’empêche qu’en dehors de ce point qui donne un petit aspect désuet à une des parties revendicatrices du roman, le reste touche dans le mille.

Soleil Vert de Harry HarrisonLa traduction de Sébastien Guillot est plutôt de bonne qualité et on est très vite transporté dans l’univers. Un univers horriblement sombre il faut l’avouer, et il ne faut pas espérer se voir réconforter par le bouquin. L’histoire est sombre du début jusqu’à la fin, il n’y a pas de rayon de soleil à en attendre. Le ciel restera gris du début jusqu’à la fin, très percutant pour faire réfléchir le lecteur.

Avec ses 300 pages au compteur, Soleil Vert de Harry Harrison se lit vraiment très vite. Non pas uniquement parce qu’il est relativement court, mais aussi parce qu’il est diablement bien écrit, percutant et prenant. Avec son message revendicatif, auquel viennent se mêler une courte enquête policière et une apocalypse, c’est clairement un classique qu’il ne faut pas hésiter à lire. J’en garderai un souvenir fort, dans la veine d’un Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques.