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Insatiable de Meg Cabot

Serafina dans Critiques, Livres le 24 avril 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Insatiable de Meg Cabot aux éditions le Livre de Poche avait tout pour que je ne l’ouvre jamais. Un titre qui évoquait plus Harlequin qu’autre chose, une nana parfaite en robe de soirée en couverture, et un pieu. J’adore les vampires hein, mais le combo vampire, Harlequin et décolleté, j’en ai lu jusqu’à l’overdose. Et pourtant j’aurais bien eu tort de le louper, synopsis ?

Insatiable de Meg Cabot

Meena Harper a un job qui fait rêver, elle écrit des scénarios pour une série très populaire : Insatiable. Une sorte de Feux de l’Amour. Elle vit à New York et son frérot Jon crèche chez elle. Sa voisins, Mary Lou essaie de la maquer avec un cousin de son mari. Sauf que celui-ci n’est pas si mal que cela…

Je devais être particulièrement fatiguée lorsque j’ai commencé ce bouquin, car je n’ai tilté sur le nom et prénom de l’héroine qu’une fois rendue à la page 300. Pourtant, c’est gros comme le nez au milieu de la figure ! En prime, chaque chapitre commence daté et situé comme une lettre. Sérieux, je me taperais de pas avoir tilté plus tôt ! Du coup, toute l’histoire est une vague parodie du roman de Bram Stoker. Jon est le frère de Meena et est au chomage, la Garde Palpatine n’est évidemment pas sans rappeler l’organisation de Van Hellsing ! Evidemment, ses références ne vous feront sourire que si comme moi vous connaissez Dracula par coeur. J’ai lu pas mal de chroniques négatives sur Insatiable qui n’avaient pas du tout fait le lien. Il faut dire qu’il n’est pas indiqué dans le résumé.

Mais bon, au delà de ce clin d’œil, le livre est à mille lieux des histoires de Bit-Lit moisies que j’ai pu lire et c’est rafraichissant. Déjà, on est à New York, pas en Louisiane, Mina est une nana active et qui n’a -presque- aucun super pouvoir. Elle a un travail qui la ferait plutôt figurer dans Gossip Girl qu’un bouquin de vampires. C’est d’ailleurs hilarant de la voir réfléchir à ce qui pourrait être le prochain scénario de Plus Belle La Vie, avec tout ce que cela veut dire d’illogismes. Bien sur, elle râle quand ses chefs veulent lui faire intégrer des vampires dans le scénario.

Insatiable de Meg CabotLe style est enlevé et la traduction est à la hauteur, c’est bourré de références à la pop-culture, cela se lit comme du petit lait. La plume est légère, malgré quelques traductions que je n’ai pas trop comprises. Pourquoi écrire « Omondieu » et pas « Ohmondieu » par exemple… Seul autre bémol, certains personnages n’ont pas réellement de personnalité, je pense notamment à Lucien ou Alaric qui ne m’ont pas forcément convaincue en temps que personnages. Cependant, c’est bien géré, le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas du tout tout au long des 620 pages que compte ce premier tome. L’histoire est somme toute crédible, pas de Deus ex Machina ni de personnages qui acceptent trop vite l’inacceptable.

Bref, vous l’aurez compris, Insatiable de Meg Cabot est un très bon divertissement. C’est sûr, c’est pas la saga qui vous fera réfléchir sur la terre et l’univers mais c’est un bon moment, avec des personnages attachants, un rythme qui ne faiblit pas et ce qu’il faut de références. Si vous en avez marre des resucées d’Anita, c’est le moment de passer à Insatiable !


A force de faire du lobbying pour la série Kushiel de Jacqueline Carey, Serafina a fini par me convaincre de commencer son premier tome dont vous pouvez lire la chronique ici. La Marque est donc le début de cette série de Fantasy aux couvertures faisant la part belle aux courtisanes et laissant songer aux intrigues de cour. Publié tout d’abord en grand format relié chez Bragelonne, il est depuis plusieurs mois disponible en poche aux éditions Milady, synopsis ?

La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

Phèdre est l’élève de Delauney depuis que ce dernier l’a racheté à la cour des nuits pour une bouchée de pain. Car c’est bien là la seule personne qui ait eu les connaissances suffisantes pour s’apercevoir que la tache dans l’œil de Phèdre n’est pas une déformation mais un don de dieu, qui fait d’elle une descendante directe de Kushiel, une véritable anguissette. Évidemment, à 10 ans, Phèdre ne sait pas encore ce que veut dire être une anquissette.

Par où commencer la critique de ce pavé de neuf cents pages ? C’est bien difficile, tant le livre est découpé en longues phases dont l’intrigue se distingue. Il faut sans doute en premier revenir sur le personnage de Phèdre, car il est finalement assez rare de voir un livre dont le héros est une esclave, une esclave du sexe qui plus est. Phèdre nous raconte ici son histoire à la première personne des années plus tard après, notamment comment elle en est venue à devenir une esclave de la maison des plaisirs, véritable institution de la Terre d’Ange. Bon, on va vite s’apercevoir que cette condition est loin d’être son statut final puisque l’auteur nous rappellera que son maître Delauney lui offrira la possibilité de choisir. Mais nous sommes tout de même fasse à une héroïne qui se prostitue et qui a été élevée dans ce but, ce qui est rare et n’est pas sans faire penser aux geishas.

La Marque s’avère en effet être de ce côté là une sorte de melting pot entre Fantasy à l’occidentale habituelle, intrigues de cour et enfin, la tradition asiatique des geishas qui sont des femmes cultivées qui peuvent de temps à autre pratiquer la prostitution. Ce mélange est assez troublant je dois l’avouer, notamment parce que j’ai trouvé que le fait d’avoir une héroïne prostituée n’apportait finalement pas grand chose à l’intrigue générale du roman. On pourrait à la base penser qu’il s’agit pour Jacqueline Carey d’une façon de faire passer un message ou une revendication, et pourtant je n’ai vraiment pas eu l’impression que c’était le cas. Du coup, je reste totalement perplexe sur ce sujet sur lequel l’auteur insiste à de très nombreuses reprises et reste d’une « candeur » désarmante, comme si le sujet était banal… J’ai eu l’impression que l’auteur ne faisant pas de différence entre prostitution et amour libre, et c’était vraiment très dérangeant là dessus. La prostitution chez les bisounours, en somme.

La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

A côté de ça, l’ensemble du roman est de la Fantasy complètement standardisée et stéréotypée. Celle où l’on se trouve en Europe mais dont les noms des pays, des peuples, et des villes ont été légèrement modifiés pour donner l’impression d’en avoir créé un nouveau monde. Franchement, je suis perplexe pour la simple raison qu’on s’y perd tant il y a de termes propres à la série. Je ne suis vraiment pas certain que mettre autant de noms qui ne disent rien ait fait gagner en immersion. D’autant que certains sont à peine évoqués, ou se ressemblent tellement qu’ils laissent le lecteur dans un flou pas franchement artistique.

Et pourtant, avec 900 pages et toutes les explications que l’auteur nous a servi, on aurait pu s’attendre à maitriser un peu plus cet univers. La mythologie qui règne sur les terres d’Elua, pays dans lequel se déroule notre histoire, est quant à elle très bien expliquée, mais presque trop. On aura souvent les mêmes explications dans une tentative d’y faire une certaine morale. Là dessus, ça ressemble un peu aux vikings qui sont persuadés que leur destin est déjà écrit. On peut cependant saluer le fait que les Terres d’Ange prennent vraiment vie, qu’on est fasse à une civilisation qui semble bien tenir et qui est reconnaissable. L’immersion reste donc bonne de ce côté là.

Le roman peut être divisé en plusieurs grandes parties, dont la première est peut être la moins intéressante, mais qui finalement passe mieux que d’autres car il y a encore la découverte de l’univers. La plus intéressante, sans aucun doute celle qui m’a donné envie de finir le roman, dure deux bonnes centaines de pages et est vraiment passionnante. Rien que pour celle ci, je ne regrette pas de m’être lancé dans La Marque. Le problème c’est qu’après avoir mis la barre très haute et avoir proposé une histoire peu linéaire, le roman s’enfonce dans près de cinq cents pages d’une banalité mortelle.

La Marque Kushiel Tome 1 de Jacqueline Carey MiladyExit l’aspect intéressant, on dit tous bonjour à Phèdre la Marysue des Terres d’Ange. C’en est tellement cliché, tellement marysuesque que c’est dégoutant et désespérant. Dans ces cinq cents pages, Jacqueline Carey n’évite aucun des clichés et stéréotypes que l’on peut connaître aux épopées de Fantasy. On s’ennuie ferme, on roule des yeux, on se dit que non ce n’est pas possible… Quel dommage ! On atteint des sommets dans le cliché avec une fin mortellement plate et ennuyeuse.

Au final La Marque de Jacqueline Carey m’a vraiment laissé perplexe. Il y a eu un très bon moment certes, mais cela me parait être plutôt l’exception que la norme. Avec ce premier tome de Kushiel, j’ai eu l’impression de renouer avec les pires moments de la Fantasy, et c’est d’autant plus dommage qu’en dehors de cela le roman est très bien écrit. Serafina s’étant laissée tenter par le deuxième tome L’Elue qu’elle a beaucoup aimé, j’hésite tout de même à continuer malgré ce premier tome en demi teinte…


Montres Enchantées est une anthologie dirigée par Mathieu Guibé publiée en ce début d’année par les éditions du Chat Noir. Avec un titre pareil et une telle couverture, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une anthologie qui n’affiche pas sa thématique: Steampunk et horloges. On y retrouve quelques auteurs français qu’on commence à plutôt bien connaître ici de par leurs publications au Chat Noir ou au Petit Caveau comme Cécile Guillot, Vincent Tassy ou encore Marianne Stern. Recueil de nouvelles oblige, il n’y aura pas de synopsis.

Montres Enchantées

Avec ses quelques quatre cents pages, on va retrouver dans Montres Enchantées plus de quinze nouvelles des différents auteurs. Chacune est accompagnée d’un petit texte présentant l’auteur, qui permettront parfois d’appréhender un peu mieux l’histoire qui va découler.

Toutes les histoires ont donc une même thématique qu’est le Steampunk avec à chaque fois une référence au temps qui passe sous la forme d’horloges. On peut dire que les auteurs se sont bien prêtés au jeu et il est vraiment amusant de voir quelles ont été leurs idées pour arriver à tous intégrer cette notion, ces aiguilles qui tournent, dans leur récit tout en essayant d’être originaux les uns par rapport aux autres. Là dessus j’ai trouvé que l’anthologie était très réussie car l’aspect temps est vraiment bien respecté de tous sans pour autant avoir l’impression d’en lire les mêmes histoires.

Si la thématique Steampunk est imposée, on peut aussi dire que les univers des nouvelles sont souvent bien différents, mais il y a un fil conducteur qui évite de passer du coq à l’âne. Le tout fait donc corps et c’est vraiment agréable sur ce point, on a de l’originalité sans avoir des nouvelles qui n’ont rien à voir les unes par rapport aux autres. Très clairement un des points forts de cette anthologie.

Évidemment, parmi ces dix-sept nouvelles, la qualité n’est pas complètement égale que ce soit sur le point du scénario, de l’écriture, ou encore de l’immersion. Il y en a certaines qui se démarquent, sans doute celles qui ont misé sur l’aspect mélancolique du Steampunk tout en ayant réussi à captiver le lecteur jusqu’à la touche finale. Et il y en a d’autres, une en particulier, qui m’ont laissé perplexe et n’ont pas réussi à m’emmener avec eux, dommage. Mais sur l’ensemble, c’est -et de loin- le positif qui l’emporte, et j’ai fini l’anthologie sans peine.

Le Toquant de Clémence Godefroy

Cette nouvelle de Clémence Godefroy est mon premier coup de cœur de cette anthologie. On y suit deux jeunes étudiants dans l’ingénierie des automates, l’un se spécialisant dans l’apparence de ceux-ci et l’autre dans la rééducation d’automates qui sont sortis du circuit.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance, j’avais l’impression de suivre deux adulescents menant la vie de bohème dans une grande ville aux allures steampunk. Et puis, le final est des meilleurs aussi.

Tourbillon aux Trois Ponts d’or de Fabien Clavel

Peut être l’auteur le plus connu de cette anthologie, Fabien Clavel signe aussi une de celles qui est des plus passionnante. On va y suivre deux inspecteurs qui vont faire une enquête en chambre close sur la mort mystérieuse d’un ingénieur. Le personnage principal est dépeint en quelques traits mais prend tout de suite corps.

Je reviendrai de Laurent Pendarias

Quand on parle d’horloge, il fallait bien que l’aspect voyage dans le temps et les différentes problématiques qui y sont liées soient abordés par l’une des nouvelles… Mais de là à penser que ce serait fait dans une nouvelle centrée autour du philosophe Kant ! Cette nouvelle m’a bien plu, j’ai trouvé les thématiques amusantes et le récit prenant. Et puis le final est bien réussi !

Derrière les engrenages de Marie Angel

Cette nouvelle de Marie Angel a un petit côté huis-clos, anxiogène et loufoque. On y suit une petite maison réglée comme une horloge dans laquelle tout semble bizarre. Les personnages principaux ont peur que quelque chose se soient déréglé et en perdent les pédales… Assez difficile à expliquer, l’ambiance est vraiment dérangeante.

L’agonie des aiguilles de Marine Sivan

Montres EnchantéesJe suis partagé pour cette nouvelle de Marine Sivan. C’est peut être bien ma préférée car j’ai trouvé l’ambiance, l’univers Steampunk et les personnages très réussis pour une si courte nouvelle. Oui mais voilà, à côté de ça j’ai découvert le final de la nouvelle dès les premières lignes d’intrigue, autant dire qu’en tant que nouvelle il y a là une petite faiblesse… Mais bon, je lui pardonne car suivre l’histoire était tout de même génial.

Vous l’aurez compris, cette anthologie de nouvelles Steampunk m’a vraiment convaincue. Avec un nombre important de nouvelles dont la plupart sont très agréables à lire, Montres Enchantées de Mathieu Guibé se révèle être une très bonne surprise. On y passe un très bon moment de lecture avec quelques petites perles.


Hypothermie de Arnaldur Indridason

Un polar venu du froid

Serafina dans Critiques, Livres le 28 mars 2015, avec 3 commentaires
Critiques

Suite à mon voyage en Islande, j’ai lu beaucoup de romans d’Arnarldur Indridason, le maitre du polar Islandais. J’ai donc notamment lu Hypothermie, paru en 2007 et traduit en 2010 dans nos contrées. Le titre original est Harðskafi. Synopsis ?

Hypothermie

Maria est retrouvée pendue dans son chalet d’été, près de Thingvellir. Une affaire qui n’en est donc pas une, mais l’inspecteur Erlendur éprouve le besoin d’en savoir plus sur cette femme et les raisons qui l’ont poussée à mettre fin à ses jours. En parrallèle, il se repenche sur des cas vieux de 30 ans de disparitions inexpliquées.

C’est donc ma troisième lecture de cette série centrée autour de l’inspecteur Erlendur et on retrouve là pas mal de ce qui semblent être des caractéristiques de cette série. Je pense notamment au temps, il n’est pas rare de le voir enquêter sur des cold cases, et ici c’est le cas, puisque 3 affaires remontent réellement à plusieurs dizaines d’années. C’est assez interessant, et suffisamment page-turner pour que je finisse ce roman très rapidement.

hypothermie arnaldur indridasonLa société islandaise étant ce qu’elle est – comprendre toute petite – il n’est pas rare de voir plusieurs cas distincts se recouper. Cela m’aurait sans doute semblé trop gros auparavant, mais maintenant que je connais un peu le pays, ça ne me choque pas du tout. C’est tout petit comme communauté et du coup, cela permet des imbroglios qui n’auraient pas été crédibles ailleurs.

De plus, cette histoire est clairement ancrée dans son espace géographique. J’étais en Islande en le lisant, et j’ai visité plusieurs des endroits auquel Erlendur fait référence. Pour une personne ne connaissant pas le pays, par contre, c’est sans doute assez obscur et la difficulté des noms de patelins islandais n’aide pas…

Le style est relativement simple et épuré, du moins en français. Les chapitres sont courts, c’est écrit gros, et cela fait donc à tout casser 300 pages. C’est une histoire que se lit facilement. On se prête au jeu, en essayant de comprendre où l’auteur veut en venir, et si on repère les coincidences avant Erlendur ce n’est pas de beaucoup. On n’a donc pas trop le sentiment frustrant d’avoir tout compris alors que le héros est à coté de la plaque.

Les personnages sont pour la plupart brossés de manière sommaire mais suffisante. Ils ont leur personnalité et leurs caractéristiques, qui font qu’ils sont facile à imaginer. Ils sont souvent bien différents de ce qu’ils laissent paraitre au premier abord. On les découvre au fur et à mesure.

Bref, vous l’aurez compris, ce Arnardur Indridason était une bonne découverte, pour le moment, c’est mon roman préféré de la sérié, mais je n’en ai lu que trois, il y’a donc encore de la marge ! Je ne peux que vous le recommander si vous vous interessez à l’Islande, moi j’aime toujours lire des livres qui se passent dans des endroits où je vais.  Si vous ne vous interessez pas au pays, ne vous laissez pas rebuter par des noms de ville imprononçables, l’histoire derrière vaut le coup.


J’ai pour habitude de lire des séries que j’aime bien pendant mes vacances, notre départ en Islande était donc l’occasion de me remettre à La Compagnie Noire ou encore aux Annales du Disque-Monde. Une possibilité qui est devenue certitude avec la mort de Terry Pratchett le 12 mars dernier, des suites de sa maladie d’Alzheimer, au jeune âge de 66 ans. J’ai donc décidé de reprendre ma lecture des aventures du Guet, celles du flic favori de l’auteur, Sam Vimaire. Évidemment, cela fait un peu réactionnaire de lire un livre d’un auteur qui vient tout juste de nous quitter, puis d’en faire une chronique qui pourra en être négative. Mais bon, je ne sais qu’en penser. Synopsis.

Le Cinquième Éléphant, Les Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett

Sam Vimaire est le commissaire divisionnaire d’Ankh-Morpork, mais surtout un flic qui a gravi tous les échelons avant d’arriver en haut de la hiérarchie. Manque de pot, il est aussi depuis peu le Duc de la ville et le seigneur Vétérini n’oublie jamais ce détail pour lui coller une de ces foutues tâches de Diplomatie. Cette fois-ci, c’est en Überwald que Sam va devoir se rendre, avec toute la délégation qui se doit d’aller avec un diplomate, afin d’assister au couronnement du nouveau petit roi des nains. Mais évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu…

Pour ce vingt-cinquième livre des Annales du Disque-Monde, nous allons donc partir en voyage avec le flic Sam Vimaire et découvrir une fois de plus les différentes coutumes qui parsèment le disque. Cette fois il ne s’agit pas du Maghreb comme dans Va-t-en-guerre mais de l’Üverwald qui représentent plus moins les pays slaves d’Europe. De nombreux ressortissants de ce pays ont immigrés à Ankh-Morpork et se sont intégrée dans sa société multi-culturelles, des nains, des loups garou ou encore des vampires. Bref c’est très folklorique et l’on va découvrir les traditions de ces trois peuples dans leur pays, souvent proches de l’absurde et toujours très drôle, évidemment.

C’est encore une fois l’occasion pour l’auteur de faire une satyre de la société, de son problème devant les différences mais cette fois axé sur le changement. En effet, les ressortissants s’adaptent à Ankh-Morpork et quittent peu à peu la sacro-sainte tradition tandis qu’au pays, l’obscurantisme fait toujours la loi. Du coup, c’est le choc du progrès que va nous dépeindre Terry Pratchett, en mettant au centre des thématiques des dogmes qui sont présentés comme des questions de vie ou de morts par leurs pratiquants.

Le Cinquième Éléphant, Les Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett

Évidemment, tout cela sous couvert d’humour pour montrer l’absurde de la chose. Le discours qui y est tenu est dans la droite lignée de tous les autres romans de la série du Guet. Pas forcément original pour la série donc, Le Cinquième Éléphant ressemble beaucoup aux autres et on ne peut vraiment pas dire qu’il apporte grand chose aux Annales du Disque-Monde si ce n’est qu’il va permettre d’étoffer son univers et les personnages que l’on y retrouve.

Une fois de plus on va suivre Sam Vimaire dans une rocambolesque aventure qui va le faire enquêter sur un vol loufoque en situation de chambre close. Enfin, c’est le début puisque de péripéties en péripéties, il se retrouve tour à tour dans un guet-apens, évadé, en cavale, victime d’une machination. Bref une histoire qui est riche en rebondissements et tient son lecteur en haleine dans le plus pur style de la série, avec un petit côté tout est bien qui fini bien qui fait beaucoup pense aux dessins animés Disney.

Le Cinquième Éléphant, Les Annales du Disque-Monde, de Terry PratchettOn a évidement droit a de très bons dialogues et beaucoup d’humour ce qui transforme ce tome en une lecture légère et distrayante. C’est donc très drôle mais je ne l’ai pas vraiment trouvé très fin, comme si Pratchett usait une nouvelle fois des mêmes ficelles autour de ce personnage qui n’est « pas à sa place ». Les ficelles semblent donc un peu usées et j’espère que ce sera le dernier à sembler aussi éprouvé.

Je critique certes mais Le Cinquième Éléphant de Terry Pratchett reste tout de même un roman très agréable à lire et très bien écrit. Il nous tient en haleine du début jusqu’à sa fin, nous fait rire tout du long et on ne peut pas vraiment en décrocher. Mais voilà, il s’agit d’une sorte d’énième aventure rocambolesque de Sam Vimaire et le coup n’est plus aussi original qu’il a pu l’être. Un essoufflement pour un auteur fabuleux équivaut cependant à un très bon roman, et c’est bien ce que j’en ai lu.


Delirium, Tome 1, de Lauren Oliver

Serafina dans Critiques, Livres le 17 mars 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Delirium est une série Young Adult de Lauren Oliver auparavant parue dans la collection Black Moon. Elle est rééditée depuis peu au format poche chez Le Livre de Poche, ce qui m’a suffisamment motivée pour l’entamer. Synopsis ?

Delirium de Lauren Oliver

Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme une grave maladie. A 18 ans, tout le monde subit le Protocole qui guérit à tout jamais les symptômes de l’amour et marque le passage à l’âge adulte. Lena a très hâte d’y passer et de pouvoir entrer dans le monde des grands. A moins que…

Ok, c’est bon, vous avez lu le synopsis, vous avez compris l’histoire et la fin. Et comment dire, vous avez raison. C’est un livre qui obéit à peu près à tous les clichés du genre. J’ai déjà lu de la Dystopie de ce genre, que cela soit le Vent de Feu ou Uglies. En soit, cela ne me gène pas, c’est un code du genre, c’est pas un truc qu’on lit pour se triturer le cerveau plus qu’autre chose.

Cependant, qu’on devine l’histoire 40 ans à l’avance ne justifie pas des ficelles parfois très grosses. Je n’ai pas trouvé le monde crédible. Chaque chapitre est précédé de citations de soit-disant livres du gouvernement, mais là aussi, bonjour la logique. Comme si un gouvernement totalitaire allait rendre libre d’accès toutes les « idées dangereuses » accessibles en un clic. De même, on sait qu’il y a eu une sorte de catastrophe, que les villes sont enclavées mais aucune info dessus. Le monde se contente d’être là mais sans plus de relief.

Delirium de Lauren OliverHeureusement, le livre se lit bien, le style est fluide (ou du moins sa traduction). Les chapitres sont relativement courts et il n’y a pas de temps morts. Lena est le personnage principal, comme souvent dans ce genre de roman, c’est une héroïne banale, afin que chaque lecteur puisse s’identifier à elle. Les autres personnages principaux sont définis par une ou deux caractéristique mais pas plus.

J’ai l’air assez dure avec ce livre, pourtant j’ai passé un bon moment en le lisant. Rien ne m’a spécialement agacée, c’est juste que voilà, ce premier tome est très convenu. Soit vous aimez le genre et vous aimerez ce bouquin, soit c’est l’inverse. C’est une lecture divertissante, que je qualifierais de roman de plage -mais en mieux, quand même-. C’est une lecture légère, après un bouquin dense comme Kushiel par exemple, ça me plait.

Vous l’aurez compris, difficile de vous conseiller ou de vous déconseiller ce premier tome de la saga Delirium de Lauren Oliver. C’est un des nombreux bouquins de Dystopie type Young Adult. On est loin de l’originalité des précurseurs, mais ça se lit avec plaisir tout de même. Je lirai sans doute le tome 2 d’ailleurs !


La pelote d’épingles de Cécile G. Cortes

Serafina dans Critiques, Livres le 13 mars 2015, avec aucun commentaire
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La pelote d’épingles de Cécile G. Cortes avait tout pour que je ne le lise pas : une couverture pastelle, avec des références à la couture et vraiment trop girly. Mais voilà, on m’en a dit du bien, on m’a dit que c’était pas trop gnangnan et que ça se passait dans le milieu de la musique. Soit. J’ai donc donné une chance au bouquin, en me disant que au pire, je le filerais à Malicia si c’était vraiment pas mon truc. Synopsis ?

La Pelote d'épingles de Cécile G. Cortes

Violette est une fée. Elle a une mission, réunir Elizabeth, couturière, et Sevan, chanteur à midinette pour un Grand Amour. Sauf que la marraine fée va se retrouver bien dans le pétrin quand elle va se rendre compte que les deux ne sont clairement pas faits l’un pour l’autre. Et si les grandes fées s’étaient trompées ?

Okay, des fées, de la romance, du grand amour… Avec un synopsis pareil, j’éprouve le besoin d’allumer des bougies noires et de mettre une double couche de khôl. Mais j’avais dit que je laissais une chance. J’ai donc entamé le bouquin. Et j’ai été assez surprise. Car en effet, si on part d’un postulat très guimauve, au fur et à mesure que Violette découvre le monde des humains, celui dans lequel nous vivons, on comprend qu’il s’agit là d’un livre qui joue avec tous les codes des contes de fées pour mieux les briser. Ainsi, rien ne se passe comme prévu, et Violette est bien forcée de constater le décalage entre son monde rose bonbon de fée-fleur et la réalité qu’il y a à coté. C’est donc au final un livre plutôt drôle et où les bons sentiments ne sont pas forcément au centre de l’histoire.

En réalité, c’est plutôt l’histoire de Sevan, un chanteur à midinettes, qui en réalité est un rocker dans son cœur. Un peu comme si Matt Pokora jouait du Nirvana seul le soir. J’avoue, ça m’a fait marrer. L’univers qui l’entoure, comme son producteur, ses soirées VIP, me semble assez crédibles, donc à ce niveau là c’est du tout bon.

La Pelote d'épingles de Cécile G. CortesLes personnages sont décrits à assez grosses mailles, et pour moi c’est un des défauts du récit, on a 5 à 6 personnages principaux mais la plupart ne sont décrits que superficiellement. Je serais bien incapable de décrire la personnalité d’Elizabeth ou du chauffeur de Sevan qui est pourtant un personnage important. C’est dommage, car avec des personnages plus fouillés, le livre aurait sans doute eu plus d’impact.

Car en effet, La pelote d’épingles de Cécile G. Cortes est une lecture sympathique, qui m’a fait sourire à de nombreuses reprises, qui se lit très bien et relativement vite, mais voilà, c’est tout. Je ne suis pas rentré plus que ça dedans, je n’ai pas été touchée ni émue. C’est comme une lecture de plage, c’est un bon moment, mais ça n’est pas allé plus loin. Pour autant, si vous avez envie d’un truc rafraichissant et loin de clichés, là je vous le recommande.


L’Elue, Kushiel Tome 2, de Jacqueline Carey

Serafina dans Critiques, Livres le 3 mars 2015, avec 3 commentaires
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J’avais lu le premier tome de la série Kushiel l’année dernière. Ce fut un de mes coups de cœur de 2014 et je regrettais d’avoir attendu si longtemps pour le lire. Il faut dire que j’avais la version grand format reliée chez Bragelonne dans ma bibliothèque depuis genre 5 ans. Mais c’est pas pour autant que j’ai enchainé avec le tome 2, L’Elue, dont j’ai attendu sa sortie en poche chez Milady. Synopsis ?

L'Elue, Kushiel Tome 2, de Jacqueline Carey

Après les événements du premier tome Phèdre goute un repos mérité. Cependant, tout n’est pas réglé, et notamment une traitre au royaume de Terre D’Ange manque à l’appel, et elle ne semble pas décidée à laisser la Reine Ysandre sur le trône.

On retrouve donc avec plaisir le style assez ampoulé de la série Kushiel que personnellement j’adore. Il y a eu incontestablement un très bon travail de traduction car c’est chantant et élégant. Comme si cela avait toujours été écrit en français. Les personnages du premier tome reviennent pour une grande partie dans le deuxième et j’étais très heureuse de retrouver Phèdre et ses amis. Les personnages de Jacqueline Carey ont du corps et le récit à la première personne, pourtant exercice périlleux, est un réel plus. On est réellement avec Phèdre, c’est comme une amie qui nous raconte son histoire au coin du feu, avec ce qu’il faut de légèreté, de recul et d’humour.

L'Elue, Kushiel Tome 2, de Jacqueline Carey

Kushiel, malgré ses couvertures qui faisaient penser à des romans de courtisanes, c’est surtout des intrigues de cour. C’est un roman de politique, avec son lot de complots et de faux semblants. La taille conséquente du roman rendant possible le fait de développer des intrigues de grande échelle et de nous faire tourner chèvre en nous donnant des indices contradictoires. On ne peut pas dire que cela soit un roman d’action, bien qu’il y ai des moments de bravoure. L’histoire suit son rythme, parfois assez contemplatif, mais cela ne m’a jamais dérangée.  L’auteur tire parti des 900 pages, et du coup creuse d’autant plus son univers.

En effet, cette fois ci aussi, nous sortons de Terre d’Ange, mais en direction de l’Italie ou des côtes de l’adriatique. Phèdre y rencontre une cour bien différente de la sienne, et les relations géopolitiques entre les différents pays (plus ou moins inventés) sont exploités très finement, avec beaucoup de réalisme. Bien que le Fantastique soit présent à de nombreuses reprises, ce n’est pas l’élément central de l’histoire, un peu comme dans un Trône de Fer, ce sont surtout les intrigues et les jeux de pouvoirs qui nous captivent.

L'Elue, Kushiel Tome 2, de Jacqueline CareyLe roman sait être passionnant, mais aussi très émouvant quand on voit deux personnages se faire du mal sans le vouloir et se rendre compte petit à petit que ce mal n’est peut être plus réparable. Nous faire passer de l’intrigue aux larmes est une des forces du roman et cela rend encore plus vivants les personnages, cela leur donne tellement plus de relief.

Je n’arrive pas a trouver un seul défaut à ce deuxième tome de Kushiel en fait, je vous fait donc une critique absolument positive. Je ne vois pas pourquoi j’ai pu passer à coté si longtemps et pourquoi elle n’a pas déjà été adaptée en série elle aussi, il y a tellement à faire ! Je ne peux donc que vous conseiller de ne pas avoir peur du millier de page de chaque tome – à peu près – et d’entamer tout de suite cette série si ce n’est pas encore le cas. Vous ne le regretterez pas, promis.


Yellowstone de Ludovic Albar

dabYo dans Critiques, Livres le 25 février 2015, avec aucun commentaire
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Après le lancement de sa collection poche en 2013, les éditions Mnémos en ont démarré  l’année dernière une autre consacrée aux Thrillers cette fois. Une incursion dans un genre qui semble totalement différent donc, mais qui peut parfois avoir un certain lien avec l’imaginaire par la Science-Fiction comme l’avait si bien fait un autre titre de l’éditeur, Rien ne nous survivra, le pire est avenir. Parmi les titres de la collection, on retrouvait en octobre Yellowstone de Ludovic Albar, un Thriller futuriste, un brin post-Apocalyptique et annoncé comme étant écrit avec les tripes. Synopsis.

Yellowstone de L Albar

En fourrant son nez et investiguant où il ne fallait pas mettre les pieds, Frank Malissol a fini par attirer la malveillance de sa hiérarchie. On lui a alors offert un deal: la prison à vie ou une mission sous couverture, top secrète, où il devrait certes se faire passer pour un autre mais aurait tout de même une certaine liberté. Le choix ne fut pas long à faire, et le voilà de retour sur Terre pour intégrer le Département de contrôle des Zones de Paris qui semble avoir été miné par la montée du fascisme.

La première chose qui m’a frappé avec Yellowstone, c’est le ton agressif et mystérieux de sa narration. C’est conté à la première personne par Frank Malissol, qui s’adresse directement au lecteur sans franchement faire cas de ce qu’il va bien pouvoir comprendre. On a ainsi des références permanentes que, l’on s’en doute au début, devraient être comprises au fil de notre progression dans l’histoire. C’est du moins ce que je pensais en lisant les premières lignes du roman.

Le problème, c’est que plus de deux cents pages plus tard, cette désagréable impression de ne pas tout à fait saisir ce dont le héros parle continue de se faire ressentir. Je n’ai jamais eu le sentiment de maîtriser ma lecture tout au long des pages, je me suis donc retrouvé à lire près de 500 pages dans un flou permanent, comprenant l’histoire et ce que notre héros nous racontait certes, mais sans réussir à en distinguer les contours pour autant, en voir l’intérêt. Bref, j’avais comme l’impression d’être dans le coton du début jusqu’à la fin.

Et c’est là où le bât blesse car on est face à un Thriller, certes, mais cela n’exclue pas le fait de pouvoir distinguer ce qu’il se passe, d’apprécier l’histoire au moins après coup. On a pas l’occasion de le faire ni sur le moment, ni par la suite, ce qui fait qu’on lit mais sans réel intérêt, sans vraiment sentir la pression qu’essaie de mettre en place Ludovic Albar. Et dans le genre, alors qu’il dépeint un univers où le héros semble être en danger permanent, tout proche de l’apocalypse totale de l’humanité, et bien ça pêche clairement.

Yellowstone de L AlbarLes thématiques abordées par le livre sont quant à elles plutôt intéressantes, on est clairement dans le domaine de l’Anticipation. C’est un univers noir que nous dépeint l’auteur: une Europe à deux doigts du fascisme, où les tensions ethniques sont à leur paroxysme, avec une nouvelle guère mondiale qui est risque d’éclater à tout moment. Il y a de très nombreux liens avec l’année 2015 de notre pays et de l’Europe en elle même. Montée du Front Nationale, peur du terrorisme, de l’Europe, doutes… on peut dire que 6 mois après sa sortie, le livre est encore mieux placé dans son temps.

Malheureusement, ça ne suffit pas pour gommer le défaut précédent, qui est pour moi absolument catastrophique vis à vis du plaisir de lecture. On rajoute à cela des personnages principaux et secondaires assez ternes et sans réelles personnalités, auxquels on ne va pas réussir à s’accrocher. Frank Malissol est assez creux comme personnage, transparent, on ne s’y attache pas du tout… Des personnages et un roman qui se lit mais dont on ne retiendra pas de grand chose.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas réussi à apprécier ma lecture de Yellowstone de Ludovic Albar. Une thématique intéressante, une histoire qui fait vraiment écho à l’actualité et qui est encrée dans son temps, bref côté thématique on est devant de la très bonne Anticipation. Mais l’aspect histoire, les personnages et la narration manquent de précision pour vraiment captiver le lecteur. Dommage !


Agnus Dei, Requiem pour Sascha Tome 3, de Alice Scarling

Serafina dans Critiques, Livres le 13 février 2015, avec 1 commentaire
Critiques

En ce début d’année sortait Agnus Dei, le tome 3 de Requiem pour Sacha, la série de Bit-Lit créée par Alice Scarling dont j’avais dévoré les deux premiers tomes, Dies Irae et Lacrimosa. Je n’ai évidemment pas tardé à le lire et je l’ai terminé tout aussi rapidement, synopsis  – garanti sans spoiler – ?

Agnus Dei, Requiem pour Sascha Tome 3, de Alice Scarling

L’apocalypse approche, et notre Sacha se retrouve en première ligne. D’elle dépendra probablement l’avenir du monde, sauf que la demoiselle n’a plus vraiment la force de se battre après tout ce par quoi elle est passée.

Retour sur terre pour ce tome final. On retrouve avec plaisir tous les éléments qui font la qualité des premiers tomes : une histoire qui ne perd pas de temps, un style direct et plein d’humour ainsi qu’un ancrage fort dans son époque. Ce roman ne fait que 370 pages, pourtant il s’en passe des choses. Mais pas d’atermoiement plus long que nécessaire, du coup on ne s’ennuie pas une seconde et on dévore les pages notamment grâce aux nombreux dialogues. Bien que la grosse partie du roman consiste en un huis-clos assez glauque, on ne manque pas d’action. La cadence monte crescendo, jusqu’au final.

Alice Scarling

Alice Scarling

Encore une fois, Alice Scarling nous démontre sa capacité à donner corps à ses personnages en très peu de temps. Je pense notamment à Kevin, qui acquiert une personnalité et une profondeur en deux minutes. C’est vraiment un des points fort de l’auteur, ses personnages font vrais, crédibles, et on les cerne tout de suite, sans tomber dans le stéréotype pour autant.

De retour sur terre, nous retrouvons aussi de nouvelles références à notre monde. J’ai particulièrement apprécié le fait que les références sonnent juste sous la plume d’Alice Scarling. On n’a pas l’impression qu’elle fait du name-dropping, non. Quand son magicien rage parce qu’il était en plein raid sur WoW, c’est normal, tout comme le mépris de Kévin pour les vanilles qui fait naturel et pas du tout je-surfe-sur-fifty-shades. L’action se déroule à nouveau à Paris, nous retrouvons donc avec plaisir les rues pavées de la capitale.

Finir une série, ce n’est pas aisé. Surtout pas quand la série se déroule sur les chapeaux de roues depuis le début et qu’on aborde des problèmes genre qui peuvent détruire l’humanité.

Agnus Dei, Requiem pour Sascha Tome 3, de Alice ScarlingPourtant, Alice Scarling réussit plutôt bien. Le chapitre final est un peu beaucoup abrupt mais ça me fait penser à la fin de Buffy : pas d’apitoiement, pas d’épilogue happy end tout en fermant la porte doucement mais pas à clé non plus. L’histoire est close, mais nous laisse imaginer pas mal de choses. La série réussit à s’arrêter au bon moment, en conservant l’énergie des débuts.

Savoir une série finie est un argument pour la commencer, on sait à quoi on s’engage, contrairement à d’autres séries du genre encore en cours. Vous n’avez donc aucune excuse pour ne pas rencontrer Sascha et ses potes. De la Bit-Lit enlevée, bien écrite et très drôle, vraiment, j’espère revoir des livres de l’auteur prochainement, car je ne les ferais pas attendre longtemps !