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Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba

Platinum End Tome 1

Serafina dans Critiques, Livres le 10 juillet 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, l’un des duos les plus intéressants du manga, sont de retours. Lorsque nous étions au Japon à l’automne dernier, nous avions vu l’arrivée du tout premier chapitre de Platinum End dans le Jump Square. La série n’a pas mis très longtemps à arriver en France chez Kazé grâce à la popularité des auteurs. Synopsis ?

Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba

Mirai est un adolescent qui n’a plus goût à la vie. Lors de son dernier jour de collège, il se dirige vers le toit d’un immeuble avec pour objectif d’en finir. Mais il est rattrapé durant sa chute par Nessa, un Ange, qui va lui proposer des ailes et des flèches pour lui redonner goût à la vie. Paumé, Mirai accepte, le voici capable de voler mais aussi de rendre n’importe qui fou amoureux de lui pendant 33 jours.

Le synopsis peut vous sembler tordu et honnêtement il m’a un poil refroidie aussi. Mais bon, on parle de Obha et Obata à qui on doit Death Note et Bakuman alors j’ai envie de dire qu’on peut y aller les yeux fermés. Le dessin est évidemment magnifique, Obata étant un de mes auteurs préférés. C’est dynamique, les charadesigns sont recherchés et élégants, les compositions sont à tomber, je pense que je ne peux rien trouver à redire sur le dessin, c’est très lisible et extrêmement beau.

Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi OhbaAu niveau du scénario, cela va très très vite. J’ai lu Bakuman, je sais donc que les premiers chapitres décident de la vie ou de la mort d’une série, il est donc important de poser très très vite les bases et le concept. Celui-ci s’oriente rapidement vers une bataille entre le bien et le mal, un thème déjà vu dans Death Note. On a un héros lycéen, qui va devoir cacher ses pouvoirs, accompagné d’une créature surnaturelle fantasque, difficile de ne pas faire le parallèle avec Raito et Ryuuk’… Ce point me laisse un petit peu tiède, car j’ai l’impression de voir les mêmes archétypes encore et encore. Cependant, ce n’est que le tout premier tome, donc il faut attendre de voir.

Le premier tome se termine sur un gros cliffhanger et un twist assez inattendu qui a bien marché sur moi, je suis donc assez impatiente de lire la suite. C’est aussi agréable d’avoir une série parue en France si peu de temps après la parution japonaise. Le tome 2 paraitra le 24 août et je peux vous dire que je serais au rendez vous.

Si vous avez aimé Death Note et/ou Bakuman, il n’y a même pas à hésiter, allez lire Platinum End, cela augure du très bon ! A suivre cependant pour vérifier que les auteurs ne retombent pas dans leurs propres clichés.


Ombres Mouvantes, Recueil de Patricia Briggs

Serafina dans Critiques, Livres le 30 juin 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Ombres Mouvantes est un recueil de nouvelles de Patricia Briggs paru aux éditions Milady au format poche en ce mois de mai. Il se compose de 9 nouvelles. Certaines nouvelles ont été publiées dans des recueils multi-thématiques comme dans Philtres et Potions déjà paru aux éditions Milady en France.

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Ces nouvelles se déroulent toutes dans l’univers de Mercy Thompson  et son ordonnées par ordre chronologique dans l’univers mais concernent des personnages divers, parfois jamais vu dans la série ou tout juste évoqués, ainsi qu’a des époques très différente. La première nouvelle Coeur D’Argent se déroulant au début du christianisme par exemple. A part cette nouvelle et une partie de la nouvelle Benedictions de Fae toutes les nouvelles se déroulent à l’époque moderne.
mercy-thompson---ombres-mouvantes-654151Avant chaque nouvelle, un petit texte de l’auteur nous explique la génèse de la nouvelle, certaines sont issues de défis du groupe d’écriture de l’auteur, d’autres sont issues de rêves. C’est assez interessant à lire. Cette introduction nous indique aussi où la nouvelle se trouve par rapport aux tomes parus. Le texte nous prévient ainsi de ce qui est spoilé dans la nouvelle. La nouvelle avec Mercy, Le Creux et la dernière, qui est en faite une scène coupée, révèlent des éléments du tome 8 de Mercy Thompson, Failles de la Nuit.

J’ai toujours ici salué la capacité de Patricia Briggs a créer des personnages rapidement attachants et justes. On le savait dans Mercy Thompson et avec L’Alpha et l’Omega. Cependant, elle nous le prouve encore une fois sur des nouvelles sur des personnages quasiment inconnus. La plus marquante est bien sur Elyna, l’héroîne de Gray, une vampire qui retourne s’installer dans l’appartement qu’elle occupait mortelle. Cette vampire changée entre les deux guerres revient nostalgique a sa première tanière et va décider de se faire une place dans la ville. Quasiment tous les personnages sont attachants, à la limite David, le loup-garou de L’Etoile de David, est celui qui m’a le moins marquée. Cependant, malgré cela, j’ai été très émue par la fin.

Certaines nouvelles ont pour personnages principaux des personnages secondaires des romans. C’est le cas pour Coeur D’argent qui met en avant Samuel et son père, pour Loup d’Aveugle qui se centre sur Moira la sorcière aveugle et Tom son compagnon loup garou. Cette nouvelle est très intéressante car c’était un couple que j’avais beaucoup apprécié et nous découvrons là leur rencontre, on retrouve aussi Warren et Kyle dans Du Sang sur les Perles, et Ben dans Redemption. Je n’aime pas Ben, il faut dire que ce n’est pas forcément un personnage qui est présenté dans un bon angle dans la saga Mercy Thompson. La nouvelle est intéressante car elle permet de le comprendre un peu mieux, et lui donne plus de relief.

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Patricia Briggs

De plus, Redemption se déroule dans un univers d’informaticiens, et soyons honnêtes, cela m’a fait rire, car c’est très vrai. Patricia Briggs explique que son mari travaille en tant que Database Administrator, et ça se ressent. Malheureusement, la traduction française est assez désastreuse pour ce qui est du jargon informaticien (qui dit codage fixe pour hardcoded par exemple ?) j’aurais donc préféré la lire en VO. Mais c’est un reproche global que j’aurais à faire, parfois, on a du mal a comprendre ce qu’il se passe alors que je n’avais pas ce genre de soucis en lisant les Mercy Thompson en Anglais.

Ma nouvelle préférée est incontestablement Des Roses en Hiver, qui a pour héros Asil, le Maure déjà vu dans Alpha et Oméga, et Kara, une gamine changée en loup contre son gré. Asil est mon personnage préféré de tout l’univers, et je vous ai déjà parlé de lui a plusieurs reprises. C’est un personnage très fort, très cynique, désenchanté mais avec une histoire extrêmement intéressante et profonde. Ici, au contact de Kara, il se montre protecteur et pas si prêt à lâcher l’affaire. J’aime sa nonchalance mais sa détermination absolue. J’ai adoré chaque page de cette nouvelle.

Si vous n’avez jamais lu Patricia Briggs, je ne vous conseille pas ce recueil. Il est pour les fans, avant tout. Il est dispensable, mais on est super contents de retrouver nos chouchous. Certaines chroniques que j’ai lu étaient surtout contentes de voir Warren et Kyle, moi c’est Asil. Les histoires sont des nouvelles de 50 pages, donc ca reste simpliste et on n’apprend rien de révolutionnaire. Cependant, si vous aimez la saga, je ne peux que vous conseiller de lire Ombres Mouvantes, vous ne le regretterez pas.


Le Cercle d’Hécate est un recueil de nouvelles se déroulant dans l’univers de la série Fille d’Hécate écrite par Cécile Guillot. Si sa série se concentrait sur Maëlys qui découvrait ses pouvoirs, ce recueil est centré sur les personnages annexes qui entourent la protégée d’Hécate : Dorine l’herboriste, Patricia qui a des prémonitions, Jihanne la gothique qui parle aux morts, et sa demi-soeur Nolwenn. 4 auteures signent ces nouvelles : Cécile Guillot bien sûr pour 3 nouvelles, mais aussi Vanessa Terral, Anne Laure, Pascaline Nolot et Aurélie Mendoca.

Le Cercle d’Hécate des éditions du Chat Noir

De ce fait, chacune des nouvelles est liée aux autres car les personnages évoluent dans le même univer. Les nouvelles portant sur Dorine et Patricia se déroulent avant les faits relatés dans Fille d’Hécate tandis que les nouvelles sur Jihanne et Nolwenn se déroulent après. Bien que ces nouvelles tournent autour des mêmes personnages, dans le même univers social, elles sont tout de même très différentes les unes des autres. Le recueil s’ouvre avec une de Cécile Guillot, Ce qui nous Lie, déjà parue dans l’anthologie Saison Païennes ouvre tout en douceur avec Dorine la plus équilibrée des 4. Sa nouvelle est poétique et très douce, c’est une belle ouverture très paisible. La nouvelle suivante Brigid protège mon enfant de Anne Laure est très courte, les enchainements vont trop vite et au final cette nouvelle ne m’a pas marquée du tout.

Cécile Guillot

Cécile Guillot

La nouvelle de Vanessa Terral sur Jihanne nommée Palaysim se centre sur un événement vu dans les romans de Cécile Guillot, celui où Jihanne et Maëlys se « comprennent » enfin. Sauf que ce coup-ci, la scène est vue du coté de Jihanne. Malgré le fait que le style d’écriture soit agréable comme toujours, comme on a déjà vécu la scène d’un autre point de vue, je n’ai pas trouvé que cette version apportait réellement un plus. Par contre, l’histoire suivante sur Jihanne, Meutre à Rosa Bonheur de Cécile Guillot est extrêmement intéressante, puisqu’on suit Jihanne après les aventures de Fille d’Hécate, en études d’arts qui élucide une histoire un peu glauque arrivée dans son école grâce à sa faculté de parler aux morts. Cette petite histoire est bien rythmée, avec une héroïne très intéressante et un twist bien rendu. L’auteure signe une deuxième histoire sur Jihanne, Ayzit, où cette dernière retourne en Turquie, d’où elle est originaire. Cette histoire aussi est très intéressante et j’apprécie énormément le personnage qui en plus d’être goth est d’origine turque, ce qui est trop rare dans bon nombre de romans. Y’a pas de raison qu’il n’y ai que les palottes qui soient sorcières.

La nouvelle suivante la plus marquante est celle de Aurélie Mendoca sur Patricia nommée Larmes d’Ambre. C’est une nouvelle assez dense avec beaucoup d’événements, mais qui du coup est clairement trop courte par rapport à sa densité. Du coup, ça va tout de même très vite, et on a du mal à s’attacher à Patricia et son entourage. Surtout, le twist final n’a pas le même impact que si la nouvelle avait pris plus de temps pour développer ses personnages.

Le Cercle d’Hécate des éditions du Chat NoirCependant, la réelle star du roman, c’est la dernière nouvelle sur Nolwenn de Pascaline Nolot appelée Lune Cacienne. Bon, promis, je n’ai pas aimé que parce qu’elle se déroule à Orléans pendant les fêtes Johanniques même si cela a probablement joué car je suis chauvine bien sur. L’histoire de Nolwenn est celle d’une adolescente un peu paumée, qui se sent pas à la hauteur, avec un jeune garçon handicapé qui va lui faire découvrir la région et bien plus. L’histoire est assez longue, puisqu’on est sur quelque chose de genre 60 pages ce qui en fait la nouvelle la plus longue du roman. Elle prend le temps de développer son univers, l’enchainement des événements est bien fait et réaliste, et cette nouvelle, ainsi que celle sur Jihanne à son école d’art valent à elles seules ce recueil, et j’avoue que j’apprécierais encore d’autres nouvelles autour de ces personnages.

Le Cercle d’Hécate est donc un franc succès pour moi et je ne peux que vous le conseiller, que vous ayez ou pas lu Fille d’Hécate, car au final c’est assez indépendant. A part la nouvelle d’Anne Laure et celle d’Aurélie Mendoca, j’ai été happée par toutes les nouvelles qui apportent un éclairage très intéressant. Le personnage de Jihanne est particulièrement passionnant et j’adorerais un spin off plus long sur elle. C’est clairement le signe d’un univers riche et dense.


Je vous avais parlé du premier tome de Rose Morte que j’avais adoré et qui avait été un coup de cœur. Le deuxième tome avait aussi été génial, même si je ne l’ai pas chroniqué. Flétrissures, le troisième tome vient de sortir aux éditions Milady et j’ai donc rapidement sauté dessus. Il est à nouveau servi par une très jolie couverture de Magali Villeneuve. Synopsis ?

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Nous sommes au milieu du XXème siècle et tandis que les humains sont en train de se déchirer dans les tourments de la seconde guerre mondiale, les immortels essaient de faire face à leurs propres dissensions. Mais quand Artus est pris dans un guet-apens et se retrouve capturé, il se pourrait bien que les deux luttes se rejoignent.

Ce que j’ai dit dans ma chronique du premier tome reste valide au grès des tomes de cette série. Le style de Céline Landressie est particulier, parfois assez lourd, avec beaucoup de vocabulaire assez recherché. Ce n’est pas une critique dans mon cas, puisque ce style un poil pompeux m’amène à la comparer à Anne Rice qui a aussi un style très dense et qui peut en rebuter certains. Vous savez que je n’en suis pas. Au contraire, je trouve que ce style dense a l’avantage de donner un certain rythme et charme suranné à l’ouvrage.

Celine Landressie

Celine Landressie

L’autre point très important, c’est bien sûr la capacité de l’auteur à créer des personnages attachants et nuancés. Sa version des vampires est assez classique, ce sont des immortels, qui sont pour la majorité assez solitaires. Elle réussit très bien à rendre la mélancolie qui peut s’emparer de ces êtres qui ont vu les siècles défiler. C’est un traitement de la longévité des vampires qui est très crédible, et le référentiel est bien amené. Ce sont des vampires bien plus crédibles que les 3/4 de la production vampirique de ces dernières années. On est clairement dans la lignée des Chroniques des Vampires plutôt que du Twilight.

Nous retrouvons donc les personnages introduits dans les tomes précédents de la saga de Rose Morte. Le quator compose l’essentiel des personnages principaux qui ce coup-ci doit faire face à des heures assez sombres. Si ils ont traversés la Révolution Française dans le tome 2 sans trop y rentrer, ici ce n’est pas le cas et c’est d’ailleurs un point qui m’a un peu dérangée. On n’a pas l’habitude de mélanger vampire (ou même fantastique) avec les camps de concentration. C’est un mélange qui m’a mise un peu mal à l’aise. Je ne suis pas sûre que l’ajout de fantastique dans ces événements humains aussi dramatiques soit forcément nécessaire, j’aurais je pense préféré que nos héros traversent la guerre un peu à la marge comme ils l’avaient fait pour la Révolution. Voir ceux-ci entrer dans des camps et ne rien faire ou presque car ils ne se mêlent pas des affaires humaines m’a mise mal à l’aise.

rose morte 3 celine landressieEn dehors de ce point plutôt lié à l’époque, l’intrigue est rondement menée. On ne s’ennuie pas une seconde et il y a assez peu d’atermoiements, les personnages étant dans une sorte de course contre la montre. L’action est bien présente et facile à lire. J’aurais cependant apprécié une carte au début de l’ouvrage, n’étant pas forcément familière des lieux traversés, mais c’est du détail. L’auteur réussit très bien à nous faire trembler pour les personnages auxquels nous nous sommes attachés depuis plusieurs tomes.

Dans l’ensemble vous l’aurez compris, malgré le fait que l’insertion dans les camps m’ait un peu gênée, j’ai adoré ce livre, tout comme les deux précédents. Rose, Artus et leurs compagnons sont des personnages attachants, la manière d’aborder l’immortalité par l’auteur est tout à fait crédible, et surtout, l’intrigue nous tient en haleine. Si vous aimez Anne Rice, je ne peux que vous conseiller de lire Rose Morte, et vous me connaissez ce n’est pas une comparaison que je fais à la légère.


Secret Show de Clive Barker

dabYo dans Critiques, Livres le 15 juin 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Pour accompagner le retour de Clive Barker dans les rayons des librairies françaises avec Les Evangiles Ecarlates, les éditions Bragelonne republient plusieurs de ses classiques indisponibles chez nous depuis plusieurs années déjà. Parmi ces titres on retrouve Secret Show qui a pour l’occasion une nouvelle traduction de Jean-Daniel Brèque et un grand format à la couverture délicieusement connotée Horreur, avec ses teintes qui n’est pas sans rappeler les grandes heures de la collection Terreur de Pocket tout en étant bien plus moderne. Synopsis.

Secret Show de Clive Barker

Randolphe Jaffe a toujours pensé être unique et c’est sans doute dans le trou le plus perdu des États-Unis que sa grande aventure a commencé. Quand il a compris que le centre de tri du courrier perdu détenait les indices pour découvrir les grandes vérités de notre monde, il ne lui a pas fallu bien longtemps pour se décider. Et c’est un sillon de sang et de souillure qu’il va laisser comme seules traces de son chemin vers la puissance.

Wow, this escalated quickly est sans doute l’expression qui me vient le plus vite en tête lorsque je pense au début de Secret Show de Clive Barker tant l’histoire part sur les chapeaux de roues. Alors que celui-ci nous pose un cadre de travail dans un centre de tris d’une poste perdue au fin fond des États-Unis, notre personnage principal Jaffe en part dès la cinquième page, avec des éclaboussures qui ne sont pas sans laisser de traces. Et c’est là qu’il nous est donné le ton tant tout va aller très vite dès le début du roman. A peine le cadre posé que Clive Barker décide de l’exploser, en en changeant le paysage et très souvent les personnages aussi.

Car l’histoire principale n’est pas centrée autour de Jaffe, mais bien des pantins qui vont servir ses desseins vers la domination du monde. On va donc découvrir de très nombreux caractères dont on redoute souvent la destinée funèbre, il faut dire que celles-ci sont rarement réjouissantes. Là dessus on est très clairement dans le registre de l’horreur car le lecteur sait que tout peut partir très vite et à tout moment. Cela dit, ce côté d’horreur ne vient vraiment pas des détails et plus de l’ambiance dans laquelle l’auteur fait évoluer ses personnages. Il y a une sorte d’ambiance pesante, des actes violents mais rapides, sans jamais rentrer dans trop de détails. Les phrases sont souvent courtes et choques.

Les personnages principaux ont beau changer régulièrement et le tout aller très vite, il faut remarquer le talent de Clive Barker pour nous les introduire, on a très aisément l’impression de bien les connaître et depuis longtemps. Les caractères de chacun sont certes relativement stéréotypés, mais cela n’empêche pas de les apprécier très vite pour certains, ou au contraire, de très vite les détester. Des personnages hauts en couleurs donc qui ne laissent pas le lecteur indifférent, qui vont forcément le pousser à réagir. Et rien de mieux pour cultiver notre intérêt que d’avoir des personnages qui provoquent un sentiment fort, répulsion ou amour.

Secret Show de Clive BarkerSi le Jaffe se bat pour la domination du monde, c’est dans un petit endroit très clos que les scènes principales se déroulent: Palomo Grove. Cette petite ville de Californie où la canicule prend place tout l’été est une énorme zone résidentielles avec assez peu de commerces, vivant en quasi vase clôt. Cette petite ville sans histoire va devenir le théâtre d’horreurs, attisant les commérages et le jugement sur les pions du Jaffe. Un sentiment de malaise donc qui n’est pas sans faire penser aux vases clôts tant aimés de Stephen King par exemple.

Avec son ambiance glauque dans laquelle tout peut se passer -surtout le pire- et un rythme haletant qui garde son lecteur en scelle, Secret Show de Clive Barker est une véritable bouffée d’air méphitique. En quelques lignes, l’auteur pose son décors, ses personnages, captive son lecteur pour tout détruire quand celui-ci s’y sera attaché. Un très bon livre en somme.


La Novice de Trudi Canavan

dabYo dans Critiques, Livres le 10 juin 2016, avec aucun commentaire
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La publication de La Trilogie du Magicien Noir de Trudi Canavan en version poche continue chez Milady avec la sortie de La Novice. Il s’agit du deuxième tome des aventures de Sonea qui avaient commencé dans La Guilde des Magiciens, un premier tome de Fantasy certes classique mais aussi très bien écrit, ce qui avait réussi à me séduire. Un monde intéressant, des personnages sympathiques, largement de quoi me convaincre de continuer sur ma lancée. Pas de synopsis puisqu’il s’agit d’un deuxième tome et que je ne souhaite spoiler personne.

La Novice de Trudi Canavan Trilogie du Magicien Noir Tome 2

Le bouquin reprend tout de suite après la fin de La Guilde des Magiciens, on a juste un mini timeskip où vous vous en doutez, Sonea l’héroïne rejoint la guilde des magiciens pour y devenir une novice. C’est dans le titre de ce deuxième tome, difficile donc d’éviter le spoil sur l’issue du premier. De toute façon, tout le monde se doutait dès le début que tout cela était quasi certain, Sonea tenterait de devenir une magicienne à son tour et rejoindrait la guilde.

La Novice de Trudi Canavan Trilogie du Magicien Noir Tome 2

La couverture de l’édition Bragelonne

C’est donc l’occasion d’en apprendre plus sur l’apprentissage de la magie et comment les enfants des maisons qui y arrivent deviennent des magiciens. On apprend dans le premier tome que le recrutement se fait sur les capacités magiques certes, mais surtout sur l’appartenance aux maisons et à la noblesse dans le sens général. Sonea venant de la rue et n’ayant aucune richesse, le choc des classes comme on pourrait l’appeler est l’un des points centraux de la première partie du roman. Cela ne se passe jamais très bien dans ces cas là, l’injustice est palpable et Trudi Canavan arrive très bien à nous faire sentir le rejet dont Sonea est la cible.

Si j’avoue que c’est très bien écrit et que cela permet de broder autour des personnages en permettant au lecteur de s’imprégner dans la coutume injuste de la guilde, je trouve tout de même que ces passages vont être un peu trop tirés en longueur. C’est sans doute là le principal défaut de La Novice, l’univers est certes bien posé mais cela traine un peu trop, on le lit avec plaisir mais du coup le plaisir semble étalé sur une tartine beaucoup trop longue. L’impression que l’histoire avance vraiment trop lentement et que les péripéties des études de Sonea sont beaucoup trop étirées.

La Novice de Trudi Canavan Trilogie du Magicien Noir Tome 2A côté de cela on suit d’autres mages dont les histoires sont cette fois beaucoup plus intéressantes mais n’avancent pas vraiment. C’est bizarre car un tournant majeur a lieu en plein milieu de bouquin, vient redistribuer les cartes, mais on a l’impression d’avoir eu une occasion manquée. Alors qu’on y découvre vraiment un tournant majeur qui semble avoir été préparé depuis le premier tome, cela passe comme une lettre à la poste. Trudi Canavan a ici clairement manqué le coche qui aurait pu permettre de donner un vrai coup de fouet à ce deuxième tome.

Du coup, je suis malheureusement assez partagé sur La Novice de Trudi Canavan. Entendons-nous bien, il s’agit d’un roman de Fantasy très agréable à lire, dont on tourne les pages sans se poser de questions, appréciant d’y retrouver Sonea au fil de ses péripéties. Mais voilà, c’est l’impression d’avoir lu quelques six cents pages sans vraiment pouvoir en ressortir quoi que ce soit, et j’espère grandement que l’attente sera récompensé dans le dernier tome de La Trilogie du Magicien Noir.


Retour dans l’univers de la série Les Errants de Denis Labbé avec son deuxième tome Évolution sorti fin 2014. J’avais raté sa sortie à l’époque mais l’arrivée du troisième tome en fin d’année dernière était l’occasion de reprendre la lecture pour voir comment cette série Young Adult publiée par les éditions du Chat Noir avait évoluée. Et découvrir évidement la suite des aventures de nos lycéens en proie aux hordes de zombies. Synopsis sans spoil.

Évolution, Les Errants Tome 2, de Denis Labbé

L’aventure continue pour Marion et ses camarades qui vivent depuis deux semaines sur le qui-vive. Deux semaines pendant lesquelles ils doivent constamment rester sur leurs gardes pour faire face aux errants qui pourraient les surprendre à tout moment, chercher de la nourriture et de quoi se défendre. Forcément, quand on est une bande de lycéens ce ne sont pas vraiment les conditions optimales pour faire émerger des relations apaisées et sans débordement… Mais bon, Lunéville n’est plus très loin et leurs parents non plus !

En retournant sur ma chronique du premier tome Origines j’ai été surpris de voir que celle-ci avait bientôt trois ans. Je me rappelle pourtant très bien de son histoire et de ce que j’y avais aimé, et ce qui m’y avait moins plu. On reprend quasiment au même endroit, un petit timeskip de quelques jours tout au plus dans les tribulations de Marion et ses amis. Mais pas de gros flashforward et toujours le même but: rentrer pour retrouver ses parents et la civilisation. On est donc loin d’être perdu par le début de Évolution mais la narration va largement contribuer à nous remémorer le premier tome.

Et c’est là le premier défaut que j’ai trouvé à ce deuxième tome qui va trop souvent tenter de nous remémorer ce qu’il s’est passé précédemment. Que ce soit dans Origines ou même au début du livre lui même, Marion qui est la narratrice part trop souvent dans de très longs paragraphes qui font penser aux incontournables dans l’épisode précédent de certaines séries. Mais là c’est tout au long du livre. Tant et si bien que cela brise vraiment le rythme de l’histoire. Quand elle ne nous rappelle pas les précédents épisodes, elle part dans des réflexions philosophiques peu passionnantes ni crédibles. Encore, si celles-ci étaient variées pourquoi pas, mais elles sont toutes sur le même thème –on change à cause des zombies alors qu’avant on était candide et innocent-, la seule variation se trouvant dans le fait qu’elle refait la même réflexion pour chacun de ses camarades de classe qui a une personnalité un poil différente.

Ces deux points se retrouvent principalement dans la première partie du roman qui laisse une sensation de longueur vraiment très désagréable, celle de relire ad nauseam les mêmes réflexions de la part de la narratrice, nous empêchant par la même de découvrir la suite de l’histoire. Ne nous le cachons pas, cela donne un effet de remplissage.

Évolution, Les Errants Tome 2, de Denis LabbéMaintenant, le fait est que passé cette première partie du roman, l’histoire s’emballe enfin et on commence à reprendre le petit côté survival horror que nous promet l’histoire. Le ton est destiné aux adolescents et là dessus je pense que cela convient très bien. C’est assez simple mais reste efficace et on se prend tout de même au jeu. Il y a un certain côté terroir à ce post apocalyptique et je trouve ça vraiment sympa. On s’imprègne bien des paysages que les adolescents traversent, on les imagine très bien, c’est très visuel comme narration et ça, c’est un gros plus. Il manquerait juste un meilleur équilibre entre ces phases terre à terre et les réflexions de Marion. Ces pages là se lisent finalement très vite et on a donc l’impression d’avoir perdu un paquet de temps pour pas grand chose.

Je m’aperçois donc que je vais conclure pour Evolution de Denis Labbé de l’exacte même manière que pour le premier tome. L’histoire des Errants intéresse le lecteur et lui donne envie de continuer l’histoire, mais les répétitions sont désagréables et les perpétuelles digressions mélodramatiques de notre narratrice seront à deux doigts de venir à bout de l’intérêt que l’on porte au roman dans les 150 premières pages. Une fois de plus, je lirais sans doute la suite en espérant que ces gros défauts soient gommés du prochain épisode.


La Guilde des magiciens de Trudi Canavan

La Trilogie du Magicien Noir Tome 1

dabYo dans Critiques, Livres le 2 mai 2016, avec aucun commentaire
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En 2007 débarquait en France le premier bouquin d’un univers qu’on reverrait presque chaque année sur les étagères de tout libraire qui se respecte. Je doute que vous l’ayez raté tant ses couvertures sont visuelles et caractéristiques: un fond beige avec un magnifique magicien dessus. Les livres de Trudi Canavan font partie de notre environnement depuis, à chaque fois somptueusement édité par Bragelonne avec une couverture rigide et cette belle illustration. A l’époque j’avais raté le premier wagon de La Trilogie du Magicien Noir, presque 10 ans plus tard le premier tome de cet arc débarque enfin en édition poche chez Milady. Comme il s’agit du premier dans l’univers de Kyralie, c’est l’occasion d’embarquer à mon tour dans cette série qui compte déjà quatre trilogies publiées en France. Synopsis.

La Guilde des magiciens de Trudi Canavan - Trilogie du Magicien Noir Tome 1

Les inégalités sont criantes dans la ville où vit Sonea, pendant que les nobles et seigneurs de la haute vivent tranquillement à l’intérieur des murs, les bouseux comme elle triment pour survivre et vivent presque comme de bêtes. Pour couronner le tout, chaque année le Roi ordonne la Purge, un jour où la Guilde des magiciens débarque enfin chez les pauvres, non pour les soigner et les aider mais pour les chasser de leurs taudis. Évidemment ce sont les plus faibles qui trinquent les premiers. Alors qu’elle manifeste de manière musclée contre la prochaine Purge avec ses amis, un miracle se produit: elle arrive à toucher un magicien avec sa pierre qui a traversé son bouclier magique. Aurait-elle aussi des pouvoirs ?

Trudi Canavan

Trudi Canavan

Bon on pouvait difficilement vous le cacher, avec un titre comme La Guilde des magiciens, on se retrouve forcément avec quelques magiciens dans les personnages principaux et un roman qui tend évidemment vers la Fantasy. On découvre Imardin, géante ville dans laquelle vivent roi, magiciens, nobliaux mais aussi pauvres et pouilleux. Sonea fait partie de ces derniers ce qui lui a donné un tempérament et un caractère fort en chocolat. C’est pas plus mal puisque c’est elle qui va nous servir d’héroïne pour ce premier tome.

Celle-ci a découvert malgré elle et dans des circonstances relativement peu favorables qu’elle possédait des pouvoirs magiques. On se doute tout de suite que comme souvent dans les trilogies du genre, nous allons donc nous retrouver avec un premier tome relativement initiatique où le héros découvre avec le lecteur son univers et va sans doute avoir un mentor pour l’aider à le faire. Là dessus on ne peut pas dire que ce premier tome de La Trilogie du Magicien Noir soit franchement original, ça non. La question reste entière, va il le faire avec un certain intérêt sans trop tomber dans les clichés ?

Et là, aussi étonnant que ça puisse paraître compte tenu du postulat de base, c’est bien le cas. La Guilde des magiciens se lit rapidement et gagne tout de même l’intérêt de son lecteur. J’ai beau avoir lu un paquet de romans du genre, je n’ai pas été exaspéré par le déroulement des évènements, ce qui est un très bon point. Non, on n’évite pas quelques clichés et stéréotypes, l’originalité est tout relative et assez modeste, mais ça reste agréable. Sonea est plutôt bien écrite avec un comportement très crédible compte tenu de son âge et de ses origines, ce qui est plutôt agréable. Elle n’est pas là à boire les paroles de tout un chacun comme la vérité et ça c’est un point très positif et relativement neuf par rapport à d’autres. Ce côté est peut être un peu trop utilisé sur les quatre cents pages du roman, mais on le pardonnera.

La Guilde des magiciens de Trudi Canavan - Trilogie du Magicien Noir Tome 1

La couverture originelle chez Bragelonne

A côté d’elle on va suivre d’autres personnage, du petit voleur au mage expérimenté à qui on ne la fait plus. Leur développement est progressif à mesure de les suivre sur les chapitres, étant donné que leurs actions influent sur chacun. Cela permet une alternance des points de vue sympathique, d’autant qu’on va pouvoir suivre la proie et le chasseur à plusieurs reprises dans le roman. C’est un développement intéressant et différent de d’habitude pour les indispensables qui pro quoi nécessaires aux intrigues.

La Guilde des magiciens de Trudi Canavan - Trilogie du Magicien Noir Tome 1On est pas non plus dans le complot sur de nombreux tomes et cela reste de la Fantasy habituelle puisque tout va se recouper pour se terminer en fin de tome. Celle-ci n’est d’ailleurs pas vraiment exceptionnelle, et c’est peut être là où La Guilde des magiciens pêche le plus. Au final, il s’agit surtout d’une introduction, une introduction très bien écrite et fluide à la lecture, dont la traduction a été faite par Justine Niogret. Mais une introduction un peu longuette peut être, on ne s’ennuie pas mais il n’y a pas non plus le petit plus qui en ferait un livre mémorable. Plus équilibré que le premier tome de l’Assassin Royal en somme, mais plus oubliable aussi. Il n’y a rien dans le livre qui nous fera vibrer et c’est bien dommage car il ne suffit pas qu’un livre soit agréable à lire pour qu’il en devienne bien.

La Guilde des magiciens de Trudi Canavan se lit donc très facilement et tient son lecteur. On passe un bon moment à découvrir cet univers, et la plume de l’auteur australienne n’y est pas pour rien. Tout est facile d’accès, de compréhension, c’est très bien écrit en somme. De plus, les travers des tomes d’introduction sont quasiment tous évités et on ne roulera pas des yeux. Mais voilà, la copie est presque trop parfaite et plus d’enjeux sur ce premier tome lui aurait permis d’être plus qu’une longue introduction. A voir si la relance de la fin pour réellement démarrer l’intrigue de La Trilogie du Magicien Noir arrivera ou non à porter ses fruits dans le prochain épisode.


Vous le savez, Meg Corbyn c’est ma série Bit-Lit du moment. J’adore les deux premiers tomes, je vous invite d’ailleurs à lire mes chroniques de Lettres Écarlates, le tome 1, et Volée Noire, le tome 2, si vous ne connaissez pas l’univers, car je ne vais pas faire de redite. Le Tome 3 vient tout juste de sortir en France en grand format aux éditions Bragelonne. On retrouve le même type de composition en couverture que les deux précédents, et j’en profite pour dire que je préfère nettement les couvertures françaises aux couvertures originales. Synopsis ?

Gris Présages, Meg Corbyn Tome 3, de Anne Bishop

Suite aux événements des derniers tomes, les villages autour de Lakeside ont accueilli de nouvelles pensionnaires: des prophétesses de sang, totalement inexpérimentées à la vie en liberté. Meg Corbyn qui a un peu d’avance va devoir faire de son mieux pour trouver comment aider ces jeunes filles instables qui voient parfois la mort comme seule solution. En parallèle, le monde humain voit la montée d’un groupuscule extrémiste, le HAT, Les Humains Avant Tout. Une montée en puissance qui va toucher de près Monty, un des policiers amis de l’enclos, puisque son ex-femme sort désormais avec un des leaders.

Anne BishopVous l’aurez compris, tout n’est pas rose dans ce troisième tome, bien au contraire. Si le premier tome se centrait surtout sur la découverte du monde et l’arrivée de Meg dans l’Enclos, ici, nous sommes face à quelque chose de bien plus grand qui touche tout le continent et qui semble être sur le point de dégénérer. Difficile de ne pas faire le parallèle avec notre monde à nous. C’est d’ailleurs l’une des forces de la série, nous sommes certes dans un monde imaginaire, mais il n’est pas si difficile de s’y projeter.

Nous suivons donc en réalité trois différentes storylines : celle des prophétesses de sang qui cherchent à s’adapter, celle de Monty et sa famille qui passent du coup sur le devant de la scène, et la politique au niveau du pays tout entier, avec la montée du HAT. Évidemment, tout est lié, d’une façon ou d’une autre. L’équilibre est atteint, même si cela veut dire qu’on se concentre moins sur Meg et Simon, ce qui n’est pas pour me déplaire. Ils sont mignons et on sent monter potentiellement depuis le premier tome une histoire amoureuse, ce n’est clairement pas le sujet principal du bouquin et c’est tant mieux. Vous le savez je ne suis pas forcément une grande cliente de la romance, donc moins il y en a, mieux je me porte.

Gris Présages, Meg Corbyn Tome 3, de Anne BishopLes deux tomes précédentes ont introduit pas mal de nouveaux personnages que nous allons désormais suivre. J’ai lu le 2 et le 3 de manière très rapprochée, du coup je n’ai pas eu de soucis, mais si on continue sur cette lignée, il va falloir intégrer dans le pitch de début de bouquin qui contient déjà des cartes et un rappel de la mythologique, les noms et fonctions des nouveaux personnages. Il n’y a guère que les femmes qui travaillent dans l’enclos qui sont toutes un peu interchangeables, pour les autres personnes ils sont bien développés et on arrive facilement à différencier les personnages.

En dehors de ces quelques personnages manquant un peu de personnalité, je n’ai vraiment pas grand chose à reprocher à ce troisième tome de Meg Corbyn. Gris Présages continue de développer l’univers et la trame globale de la série laissant bien entrevoir la pression monter entre humains et les autres. On se retrouve avec une fin très ouverte et j’ai donc très hâte d’en découvrir la suite.

 


Volée Noire, Meg Corbyn Tome 2, de Anne Bishop

Serafina dans Critiques, Livres le 29 avril 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Le premier tome de Meg Corbyn avait été un de mes coups de cœurs, prouvant par la même occasion que bien que le marché de la Bit-Lit soit saturé, il était encore possible de trouver de bonnes sagas originales. Du coup, le deuxième tome était un peu attendu de pied ferme. Serait-il à la hauteur ? Synopsis !

banniere-volée-noire

Pour rappel, l’univers mis en place est le suivant. Le continent de Thaisia (équivalent à l’Amérique pour nous) est un territoire qui était occupé par les Autres (Loups-garous, vampires, coyotes-garous, etc. etc.) lorsque les colons sont arrivés. Sauf que les Autres ont lutté contre les humains et ont gagné. Aujourd’hui, la majorité du territoire appartient uniquement aux Autres avec des enclaves où vivent des humains. Lakeside, est une de ses villes et au cœur de celle-ci se trouve un enclos où vivent des AutresMeg vit désormais dans l’enclos de Lakeside au bureau de liaison entre les humains et les créatures fantastiques. Plusieurs villes de Thaisia sont touchées par des épidémies liées à la drogue qui rendent vulnérables les Autres. Pour le moment, rien n’est encore arrivé à Lakeside, mais le danger rôde.

meg-corbyn,-tome-2---volee-noire-379061Si le premier tome se centrait surtout autour de Meg et de son adaptation, celui-ci est plus politique puisqu’on assiste à la montée de groupuscules comme le HAT, Humains Avant Tout, qui souhaite prendre le dessus sur les Autres. Sur ce fond de climat politique délétère, les personnages évoluent et ce tome laisse une grande place aux amis humains de Meg ainsi qu’aux deux policiers déjà croisés dans le tome précédent. Anne Bishop montre ici qu’il est encore possible, en 2014, après la déferlante bit-lit, de construire un univers original, solide et qui mélange des problématiques de notre civilisation avec un vernis fantastique. Ici, évidemment, on pense de base au peuple natif-américain avec la notion de réserve, mais ici on peut aussi voir l’extrémisme qui monte.

Et c’est souvent là, la force de la bit-lit. Prendre des créatures surnaturelles, mais traiter de problèmes qui pourraient nous toucher. C’est ce que fait Patricia Briggs souvent, mais c’est le cas ici aussi, c’est pour cela que Meg Corbyn est une saga aussi passionnante. Le personnage de Meg en elle même, prophétesse du sang, ressentant le besoin de se couper jusqu’à sa mort afin d’énoncer des prophéties, est une des héroïnes de bit-lit les plus marquantes. En effet, bien que faible physiquement, et pas forcément aidée socialement, elle est tragique mais aussi attachante car elle est naïve et en connait aussi peu que nous sur le monde, du coup elle est un peu nos yeux dans cette histoire.

Volee Noire, Meg Corbyn Tome 3, de Anne BishopL’intrigue, contrairement à d’autres sagas, est bien menée, avec des indices par-ci par-là et une progression logique, exempte de Deus Ex Machina. L’aspect psychologique des personnages est bien développé, sans pour autant tomber dans le sentimentalisme. On sent évidemment les prémices d’une histoire d’amour, on est dans de la bit-lit quand même, mais rien qui ne prenne le pas sur l’histoire en elle même. L’univers est passionnant, avec de nombreuses créatures surnaturelles qui sortent des habituels vampires, loups garous et fae. On trouve notamment des ours-garous ou encore des corbeaux qui sont clairement mes créatures préférées car très drôles avec leur obsession de l’or.

Vous l’aurez compris, ce deuxième tome confirme le statut de la saga de Meg Corbyn. Elle rejoint mes sagas préférées du genre, aux cotés de Patricia Briggs. Je suis très curieuse de voir la suite. Le troisième tome est déjà sorti chez Bragelonne, donc je ne vais à priori pas tarder à m’y mettre.