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J’avais lu et aimé le tome 1 de Demonica écrit par Larissa Ione… et j’ai encore plus aimé ce tome 1 des Cavaliers de l’Apocalypse. Sorti chez Bragelonne fin 2013 avec une magnifique couverture aux reflets dorés et récemment paru chez Milady au format poche, ce tome 1 nous emmène donc dans l’univers fantastique de Larissa Ione, à l’aube de l’Apocalypse. Découverte.

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Dans cette saga des Cavaliers de l’Apocalypse, nous retrouvons donc quatre frères, futurs Cavaliers de l’Apocalypse si leurs sceaux venaient à être détruits. Nous avons donc Reseph (Pestilence), Arès (Guerre), Thanatos (Mort) et Limos (Famine). Élevés parmi les humains, ils ont été punis pour avoir poussé les humains à combattre les démons lorsqu’ils ont découvert leur véritable nature et sont devenus les gardiens des sceaux de l’Apocalypse.

Chaque sceau est lié à un Agimortus qui garantit sa sûreté, si le sceau se brise, la part « sombre » du Cavalier prend le dessus… et s’ils se brisent tous, c’est la fin du monde assurée. Pour briser un sceau, il faut donc s’emparer de l’Agimortus du Cavalier. Dès le début du livre, nous apprenons que le sceau de Reseph a été brisé et qu’il est donc devenu Pestilence, dont le seul objectif est de provoquer l’Apocalypse en brisant le sceau de Arès.

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Ce tome est en faite la suite directe du tome 5 de Demonica mais pas de panique si vous n’avez pas lu Demonica, le livre est tout de même accessible. Dans ce premier tome, nous suivons le point de vue de Arès, alias Guerre. Poursuivi par Pestilence, son Agimortus a jusqu’à présent été porté par des anges déchus… mais il atterrit dans le corps d’une humaine, Cara, qu’il va devoir protéger coûte que coûte. Cependant, comme vous vous en doutez, il ne va pas rester insensible au charme de la jeune fille…

Comme je vous l’ai dit, j’ai beaucoup aimé cette lecture, plus que Demonica, parfois trop porté sur le sexe. Ici, j’ai trouvé le mélange entre romance, érotisme, action et suspense très bien dosé, agréable à lire. J’ai aimé la profondeur des personnages, de Guerre et son tempérament un peu brut, à Pestilence. On retrouve à plusieurs reprises des souvenirs de Reseph qui nous permettent de comprendre quel  homme il était et même de le regretter un peu.

J’ai aimé aussi toute la mythologie associée, le sujet est traité de manière originale et très dense. Alors, bien sûr, ce n’est pas de la grande littérature mais j’ai trouvé que justement, l’auteure n’avait pas succombé aux sirènes des scènes de cul faciles et des intrigues amoureuses bien trop présences et qu’elle avait su focaliser l’attention sur l’intrigue liée aux Cavaliers, ce qui sert très bien la crédibilité de l’ensemble.

En gros, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette lecture (et même qu’à la fin, j’ai dit d’emblée à Serafina : « j’veux lire la suite, vite ! »). Je me suis vraiment passionné pour tout le travail fait autour du mythe des Cavaliers et j’ai apprécié que les intrigues amoureuses ne prennent pas le pas sur l’objectif principal de Guerre qui est de « sauver le monde » (rien que ça). J’attends de lire la suite avec impatience pour voir si elle est du même ressort !


Et vous, votre avis ?

Soleil Vert de Harry Harrison

dabYo dans Critiques, Livres le 19 juillet 2014, avec 1 commentaire
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La Science-Fiction foisonne de vieux classiques d’Anticipation tant et si bien qu’il est parfois difficile de s’y retrouver et de ne pas passer à côté de quelques perles. Avec sa collection Nouveaux Millénaires, les éditions J’ai Lu continuent d’en ressortir le meilleur tout en proposant une nouvelle traduction. Après Demain les Chiens, c’est Soleil Vert de Harry Harrison qui vient d’être rafraichi par la traduction de Sébastien Guillot. Un roman d’Anticipation adapté au cinéma qui sent autant le polar que l’apocalypse. Synopsis.

Soleil Vert de Harry Harrison

Andy Rush fait parti des policiers de New York, la ville la plus peuplée du monde qui est chaque jour le lieu d’émeutes et de trafics. Car l’eau, la nourriture et la totalité des ressources naturelles nécessaires à la vie moderne des humains sont venues à manquer. La modernité se perd peu à peu, les hommes meurent de faim et la belle ville de l’Amérique se transforme inexorablement en immense bidon ville. Le pire est sans doute à venir.

Nous allons suivre plusieurs point de vue, les chapitres en changeant régulièrement, mais celui qui nous servira d’ancre et de personnage principal est Andy Rush. Inspecteur pour la police de New York, homme désœuvré qui ne vit que pour son travail au salaire médiocre et à la reconnaissance inexistante, il a tout du héros sur lequel s’acharne la vie jusqu’à le casser complètement. Car le monde que nous découvrons est complètement apocalyptique. La machine du progrès s’est cassée en route et voilà l’humanité à la croisée des chemins, entre désespoir complet et instinct animal pour la survie. Avec Andy nous sommes au milieu de tout cela, tentant peut être vainement de conserver un sens à la vie, lui donnant une morale et veillant à ce que la justice puisse être donnée.

Make Room Make Room Harry Harrison

Dans sa version originale, le roman s’appelle Make Room! Make Room!, ce qu’on pourrait traduire par « Faites de la place ! », bien plus explicite sur les problèmes de surpopulation

A l’époque où Harry Harrison a écrit Soleil Vert, il ne fait nul doute qu’il s’agissait là d’un futur noir mais probable avec les évolutions de l’époque. Ce qu’il est amusant de constater, c’est que l’histoire se déroule en 1999. C’est donc déjà du passé pour nous, ce qui est quelque part rassurant: ses prédictions n’ont pas eu lieu. Ce qui l’est moins pour la bonne raison que les préoccupations de l’époque restent complètement d’actualité.

Soleil Vert a été écrit en 1966 et pourtant, on a l’impression que l’auteur vient tout juste d’en poser les dernières phrases sur le papier. Certes, l’informatique est la grande absente de ce futur là, mais c’est diablement crédible tout de même. Certaines thématiques abordées ne sont plus exactement les mêmes, l’une des positions les plus importantes étant celle militant pour l’avortement. Avortement qui, à quelques exceptions près et dans une lutte de tous les jours, est aujourd’hui accepté. Il n’empêche qu’en dehors de ce point qui donne un petit aspect désuet à une des parties revendicatrices du roman, le reste touche dans le mille.

Soleil Vert de Harry HarrisonLa traduction de Sébastien Guillot est plutôt de bonne qualité et on est très vite transporté dans l’univers. Un univers horriblement sombre il faut l’avouer, et il ne faut pas espérer se voir réconforter par le bouquin. L’histoire est sombre du début jusqu’à la fin, il n’y a pas de rayon de soleil à en attendre. Le ciel restera gris du début jusqu’à la fin, très percutant pour faire réfléchir le lecteur.

Avec ses 300 pages au compteur, Soleil Vert de Harry Harrison se lit vraiment très vite. Non pas uniquement parce qu’il est relativement court, mais aussi parce qu’il est diablement bien écrit, percutant et prenant. Avec son message revendicatif, auquel viennent se mêler une courte enquête policière et une apocalypse, c’est clairement un classique qu’il ne faut pas hésiter à lire. J’en garderai un souvenir fort, dans la veine d’un Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques.


Alexia Tarabotti est l’héroine phare de la bit-lit à vapeur, et c’est une série que je lis toujours avec beaucoup de plaisir. Après un tome 2 au final assez surprenant je n’ai donc pas trop tardé à lire le tome 3, d’autant qu’il est sorti chez Le Livre de Poche. Synopsis ?

Alexia s’est réfugiée dans sa famille suite aux événements du tome 2. Malheureusement pour elle, le bruit se répand et elle n’a d’autre choix que d’aller prendre l’air en Italie où accessoirement des spécialistes des êtres paranaturels pourraient répondre à bon nombre de ses questions.

Il est difficile de vous faire un synopsis sans vous spoiler, mais c’est je pense mission réussie. On retrouve ici évidemment tous les éléments qui font la force de la série : l’humour omniprésent, beaucoup d’auto-dérision, une héroine loin des clichés et loin de la bombasse sur qui tout le monde bave, des personnages secondaires audacieux pour le genre, comme Madame LeFoux. Bref, lire un tome du Protectorat de l’Ombrelle, c’est retrouver toute une ambiance et une qualité, on n’est pas déçu.

Ce tome n’introduit quasiment pas de nouveaux personnages. On sent que la série commence à se stabiliser et le terme du Protectorat de l’Ombrelle prend de plus en plus de sens. Du coup, l’auteur prend le temps de les creuser et on s’attache à eux, même à ceux que je n’aimais pas trop à la base.

Au niveau de l’histoire, on en apprend plus sur la condition d’Alexia, et sur la mythologie en général de la série. L’aspect technologique steampunk est aussi bien développé et moins assommant que certains passages du tome 2. Les rebondissement sont dans l’ensemble bien amenés. L’histoire par contre, et son dénouement sont comme dans les tomes précédents un peu bateau ou vite amené. On comprend certaines choses a peu près 150 pages avant que l’héroine ne fasse le lien, ce qui est gênant, surtout qu’Alexia n’est pas bête.

L’histoire alterne les chapitres en Italie avec Alexia, et les chapitres en Angleterre, plus centrés sur la meute de son mari. Cela et le découpage en chapitres assez courts fait que le roman se lit très vite et nous maintien en haleine.

Il est toujours difficile de chroniquer un troisième tome, notamment car il ne faut pas spoiler et qu’a ce niveau toute info sur l’histoire est limitée. Toujours est-il que la série continue sur sa lignée, c’est toujours un réel plaisir de retourner dans cet univers steampunk fait de convenances et de technologie étrange. La fin de l’histoire laisse augurer du meilleur pour le tome suivant, que je lirais toujours avec avidité !


Les Sorcières de North Hampton, tome 1 de Melissa De La Cruz

De la sorcière de série télé !

Serafina dans Critiques, Livres le 13 juillet 2014, avec 2 commentaires
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J’ai découvert la saga de Melissa de la Cruz Les Sorcières de North Hampton via son adaptation télevisée : Witches of East End. Ayant beaucoup apprécié la première saison de la série, j’avais très envie de lire le livre qui en était à l’origine. Cela tombe bien car la publication en poche commence tout juste chez Le Livre de Poche. Synopsis ?

Joanna Beauchamp et ses deux filles, Ingrid et Freya, vivent à North Hampton ou elles mènent en apparence une vie paisible. Ingrid est bibliothécaire, Freya est Barmaid et va bientôt se marier. Sauf que derrière les apparences, les trois femmes sont en réalité de puissantes sorcières capable de bien des prodiges. Sous le coup de la Restriction, elles n’ont cependant pas le droit d’utiliser leurs pouvoirs, sauf que des dangers commencent à les menacer.

Après avoir lu ce premier tome, j’ai un peu l’impression d’être face à un True Blood : un matériel de base avec un potentiel… totalement sous exploité dans les bouquins. Ce qui m’avait plu dans la série est plutôt absent du livre : nos héroïnes savent dès le début qu’elles sont des sorcières et qu’elles sont sous le coup de la Restriction. Certes, dans la série, leur découverte de leur nature est pas forcément super bien amenée, mais ça a le mérite de nous placer dans le même état d’incompréhension ou de doute qu’elles. Le coté tragique de leur malédiction n’est aussi que très peu présent.

Melissa De La Cruz

A part cela, comme elles se rappellent parfaitement leur vie et qui elles sont, on a des informations distillées par ci par la, mais il n’y a pas grand chose qui accroche le lecteur. C’est très dommage, car le potentiel pourtant est énorme. L’origine de nos sorcières et la mythologie autour d’elles est très originale, mais est aussi malheureusement très brouillonne. On ne comprend pas réellement ou l’auteur veut en venir, et on a un peu l’impression que cela escalade un peu rapidement. Peut être en sauront nous plus dans les prochains livres.

Dans le genre brouillon, il y’a aussi un crossover avec son autre série, Les Vampires de Manhattan, mais c’est cryptique pour quiconque n’ayant pas lu l’autre saga. C’est dommage, car l’idée d’avoir deux séries un peu liées, c’est interessant, mais si c’est pour que les lecteurs ne puissent comprendre ce qu’il se passe que si ils ont lu la partie vampire, ca m’a agacée.

Cependant, malgré ces défauts, le livre se lit relativement bien, les chapitres sont court, les situations faciles à comprendre, le style (et ou sa traduction) est limpide, sans trop d’effets de style. Cependant, si j’avais pas vu la série et vu le potentiel, je n’aurais sans doute pas continué la série, tellement j’ai peiné à trouver de quoi accrocher. Les personnages sont assez stéréotypés, seule Joanna est difficile à cerner et semble bien cacher son jeu. Bref c’est un bilan en demi-teinte pour un roman que j’attendais de lire avec impatience. Je suis un peu décue mais j’en attendais trop je pense. Par contre, je vous conseille la série télé.

 


Dead Time, Elvira Time saison 1 de Mathieu Guibé

Bienvenue à Sunnydale ... ou presque !

Serafina dans Critiques, Livres le 1 juin 2014, avec aucun commentaire
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Dead Time de Mathieu Guibé fait partie des recentes parutions des Editions du Chat Noir. Il s’agit de l’intégrale de la saison 1, c’est à dire que le bouquin a déjà été publié sous forme de feuilleton numérique. Ici, c’est donc la version imprimée, servie par les jolies illustrations d’Elodie Marze. Synopsis ?

 

Elvira est étudiante dans un lycée américain. Et accessoirement, elle tue du vampire. En effet, dans ce monde, les ampires ont deux choix : se faire enregistrer par le gouvernement ou vivre dans l’illégalité et être potentiellement executé par une freelance comme Elvira. Sauf que evidemment, tout n’est pas aussi simple.

Pour être tout à fait honnête, je n’attendais pas grand chose de ce petit livre, d’autant que dabYo n’avait pas été spécialement convaincu par le précédent roman de l’auteur Even Dead Things Feel Your Love. Et porutant, dès les premières pages, j’étais morte de rire ce qui est, nous en conviendrons plutôt un bon présage. Mathieu Guibé réussit à mélanger du cliché américain avec une héroïne à la Buffy avec beaucoup de second degré et ce de manière totalement jouissive. Nous sommes dans un roman à la première personne, celle d’Elvira évidemment, et elle est hilarante, elle a beaucoup de recul sur ce qu’elle fait et sait toujours trouver les bons mots.

Alors bien sur, les personnages sont parfois stéréotypés comme Belinda la blondasse à lunettes ou le geek surdoué en surpoids mais j’ai eu l’impression que c’était là totalement volontaire de la part de l’auteur, donc ça ne m’a pas gênée. En plus d’avoir un humour qui fait mouche, on est dans un roman truffé de réfèrences qui feront plaisir à tous ceux de ma génération. On n’est cependant pas lésé si on n’a pas les références en question dans la majorité des cas.

Du fait du format de base, a savoir de feuilleton, on n’a aucun temps morts, bien au contraire. On suit Elvira à 200 à l’heure. J’ai quasiment lu le bouquin d’une traite et à mon avis, c’est la meilleure manière de le lire (d’autant qu’il n’est pas gros). J’ai particulièrement apprécié le fait que l’auteur utilise savamment son format pour faire des ellipses qui font tellement séries télé. L’histoire est bien construite et très sympathique, jouant là encore avec bon nombre de clichés. Au passage, je ne sais pas quelles études à fait Mathieu Guibé mais il est clair qu’il est particulièrement calé en bio et cela se ressent dans l’histoire, c’est très fouillé. Pour les curieux, il est Docteur en ethologie me dit google, branche zoologique de la biologie me précise google.

Je dois avouer que c’est surtout l’ambiance et l’humour qui m’ont conquise. Bon, okay, et des personnages comme Jericho (très original et attachant) ou le sensei d’Elvira totalement barré et que je visualise comme Urahara de Bleach . J’ai aussi particulièrement apprécié l’absence de gnangnan qui gangrenise le genre tueuse-de-vampire ses derniers temps.

Bref, vous l’aurez compris à mon ton enthousiaste, c’est un coup de coeur. C’est jouissif, super drôle, avec son lot de personnages attachants ou barges, et en prime, plein de références. Si vous aimez les vampire, l’humour à la Buffy, les personnages forts et les bouquins rythmés, ne cherchez pas plus loin. Décidément, en ce moment, les Editions du Chat Noir placent la barre très haute !


Lacrimosa tome 1, Requiem pour Sascha de Alice Scarling

Un coup de vent frais sur la bit-lit

Serafina dans Critiques, Livres le 30 mai 2014, avec aucun commentaire
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Cela faisait longtemps qu’un roman de bit-lit Milady ne m’avait pas fait envie comme Lacrimosa. En effet, une série écrite par une française, une couverture pas vulgaire pour deux sous mais plutôt classe, de jolies couleurs et la promesse d’une héroïne qui décape. Autant vous dire que j’ai pas trainé pour le finir. Synopsis ?

Sascha a été élevée au couvent, du moins jusqu’à ce que des vampires viennent tuer les nonnes. Depuis, Sascha utilise ses pouvoirs pour défourailler du suceur de sang. En effet, elle est capable de prendre possession du corps des autres en les touchant. Elle espère pouvoir un jour s’occuper de ceux qui ont tué sa seule famille. Et c’est là ou le destin met Raphaël sur sa route …

Nous sommes dans un récit à la première personne, d’une nana forte et indépendante, bref, de la bit-lit tout ce qu’il y a de plus classique. Cependant, quelques petites choses distinguent Sascha de ses amies héroïnes chez Milady. Déjà elle est française. Ca peut pas sembler grand chose, mais pour un type de littérature ou l’identification à l’héroïne est importante ca change tout. Les rues de Paris qu’elle arpente, je les connais, ses références, je les connais aussi.

Y’a pas de traduction qui vient s’intercaler entre nous et l’univers. En prime, notre Sascha est relativement versée dans le monde goth/metal (elle est chanteuse dans un groupe), ce qui fait encore plus écho chez moi. Évidemment, ça ne suffit pas à faire un bon livre. Il y’a un humour omniprésent, généralement décalé et pas forcément super fin, mais qui m’a fait beaucoup rire. Elle a une bonne dose d’autocritique et ça j’adore.

Cependant, Sascha porte aussi les défauts que je reproche majoritairement au livre, a savoir sa propension a penser avec son entrejambe à des moments inappropriés , je sais pas, tu viens d’avoir un deuil d’une personne très proche, et direct t’enchaine sur comment Raphinou a un beau postérieur ? J’ai eu du mal à trouver cela crédible. Ok, Sascha a vécu des trucs pas glop, mais j’ai l’impression que certains événements pourtant vraiment lourds et tragiques glissaient sur elle sans l’impacter. Et c’est même pas de la phase de déni qui est contrebalancée plus tard, non.

Requiem pour Sascha, Lacrimosa Tome 1, de Alice Scarling
Le style d’Alice Scarling est très fluide, souvent familier, mais ça aide a voir Sascha comme la bonne pote qui nous raconte sa life. Bref, c’est ce que l’on recherche dans la bit-lit, on est dans la tête de l’héroïne. L’histoire s’enchaine bien, il n’y a pas de temps morts, d’ailleurs le roman est relativement court ( 300 pages). Je préfère cela car au moins on va droit au but. Les créatures ici présentes vont au delà du simple vampire, mais je ne vous spoilerais pas. Toujours est-il que une fois qu’on comprend ce que sont certains personnages on se dit « mais c’est bien sur ! », pourtant je n’avais pas vu le coup venir !

Bref, y’a pas à dire, cela faisait un moment que je n’avais pas lu de bit-lit qui me file un tel sourire. Je lirais avec beaucoup d’intérêt la suite (les deux autres tomes sont prévus avant la fin de l’année) ! Je suis vraiment contente de voir des auteurs francophones commencer a truster les étals de la bit-lit et je trouve que cela apporte une réelle fraicheur. Bref, si vous aimez la bit-lit, le metal, et tout ça, allez lire Lacrimosa !

 


Anno Dracula de Kim Newman

Dracula feat Jack l'Eventreur

Serafina dans Critiques, Livres le 28 mai 2014, avec 2 commentaires
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Si il y’a un livre vampirique dont on m’a beaucoup parlé et que je n’avais jamais ouvert, c’est bien Anno Dracula. Ce bouquin de Kim Newman date du début des années 90 mais a depuis été republié, notamment tout récemment chez Le Livre De Poche avec une très belle couverture. Je n’ai donc pas tardé à l’entamer.

Londres, 1888. Dracula n’a pas été vaincu par Van Hellsing. Pire, il a reussi son coup d’état, en soumettant la reine Victoria. Devenu Prince Consort, les vampires se baladent a croc découvert dans la société victorienne. Mais voila, des meurtres de prostituées vampires dans Whitechapel commencent à rendre la population un peu parano… Dans ce climat, Charles Beauregard est chargé par le Diogène’s club de retrouver celui qu’on appelle déja Scalpel d’Argent.

Aux mots « meutres de prostituées à WhiteChapel » je pense que vous avez tous pensé au fameux Jack. En effet, ce n’est pas que Dracula qui est revisité ici, mais bien a peu près toutes les légendes de l’époque victorienne : Jack l’Eventreur bien sur, mais aussi l’univers de Sherlock Holmes, on croise même Oscar Wilde et le Dr Jekyll et j’en passe. Autant dire qu’au début, cela m’a un peu fait l’impression que j’ai devant un Tarantino : tellement de réferences que je suis sure d’en louper au moins la moitié. Il y’a heureusement à la fin, une petite note de l’auteur sur les guest de chaque chapitre, mais quand même. Par contre, il est clair qu’il vaut mieux avoir lu Dracula et l’avoir de tout frais dans votre tête car il ne sera fait aucun rappel. J’ai beau avoir lu Dracula deux fois, je dois dire que j’ai été un peu perdue parfois.

Du coup, j’ai eu un peu de mal avec ce livre. Il est très bien écrit, le découpage des chapitres, l’alternance des narrateurs, tout cela est très bien géré. Les vampires sont au centre de l’oeuvre dans une version du mythe proche de celle de Stoker (les vampires peuvent sortir de jour mais pas trop, se transforment, etc), tout en y ajoutant la notion de lignée (celle du Comte étant la plus connue). Bref sur le principe, rien à redire, mais voila, j’ai eu l’impression qu’il manquait quelque chose. Peut être que les guest stars ne sont pas assez exploités ? peut être que je ne saisis pas toutes les guests aussi , je ne sais pas.

L’atmosphère est bien rendue, on s’attache aux personnages qui sont tous très facilement identifiables et pour la plupart bien exploités. Seule Kate Reed, une vampire journaliste, m’a semblée un peu sous exploitée. Ceci dit, j’ai appris que l’auteur avait utilisé cet univers pour d’autres livres, alors c’est peut être aussi pour cela.

Bref, peut être que le livre avait fait sensation à sa sortie dans les années 90, mais là, en 2014 j’ai eu un peu de mal, oui c’est sympa mais les univers alternatifs, et le melange Jack/Vampire c’est pas la première fois que je le vois alors …. Je ne regrette pas de l’avoir lu, mais je n’ai clairement pas été aussi emballée que je le pensais.


Il neige sur encelade de Olivier Moyano

Où la couverture ne fait pas le roman

Serafina dans Critiques, Livres le 24 mai 2014, avec aucun commentaire
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Il y’a des livres dont la couverture nous attire et d’autre au contraire pour lesquels la couverture nous repousse. Il neige sur Encelade faisait partie de la deuxième catégorie. Non pas que l’illustration de Mina M. soit mauvaise en soit. Mais ça me donnait l’impression d’être face a de la SF à boulon, presque aussi peu appétissant que les couvertures de la Fraternité du Panca. Mais je lui ai donné une chance et heureusement. Synopsis ?

On suit Sylvere, psychologue qui s’occupe d’enfants placés en foyer et plus précisément le cas de Steven, un pauvre bambin qui a assisté au meurtre de sa mère. il est obsédé par les dernières paroles de sa mère a propos d’un « chat qui s’allume ». Steven va prendre de plus en plus d’importance dans la vie de Sylvère, le poussant a sortir des sentiers balisés de sa petite vie routinière.

Encore une histoire de psy me direz vous ? Effectivement, l’ayant lu juste après Amulettes je me suis demandée si les éditions du Chat Noir prévoyaient de faire une collection spéciale psy (qu’il soit psychologue ou psychiatre). En vrai, c’est une coincidence, Amulettes étant sorti depuis longtemps. N’empêche que le psy est une figure interessante pour un roman fantastique : de part son métier il est en contact avec des choses qui parfois peuvent dépasser l’entendement et cela permet de surfer sur la question « est-il traumatisé ou y’a-t-il réellement quelque chose ? ». Ici c’est bien amené et le personnage de Steven est crédible. C’est difficile d’avoir un héros enfant mais l’auteur ne tombe pas dans la caricature : Steven n’est ni trop adulte ni trop enfant.

L’histoire pourrait être une banale histoire fantastique, mais prend rapidement un tournant onirique et s’apparente a une quête initiatique. On ne sait pas toujours pourquoi Sylvère va la ou il va, guidé par une force qui le dépasse sans doute. Il en ressort un coté a la fois très mélancolique et éthéré que j’ai particulièrement apprécié. Cela contraste d’autant plus avec le début très dur avec le gosse qui assiste au massacre de sa mère … Cette lecture a été une réelle surprise, je ne m’attendais pas du tout au tournant poétique qu’elle a prise et c’est pas facile de me surprendre.

C’est un livre difficile a caractériser, car l’intrigue au final est faible, on se laisse porter comme le héros. Il y’a un coté très doux, non violent. Je trouve ce roman très singulier dans toute l’offre de la maison d’édition, et c’est clairement ce que je qualifierais de pépite. He n’en attendais rien, et pourtant, cela se revèle être une de mes ballades littéraires préférées de l’année pour le moment.

Bref, je ne peux que vous le conseiller, d’autant plus qu’il n’a pas énormément de pages. C’est vraiment un roman original, et je pense qu’il ne peut que vous plaire si vous n’êtes pas contre les romans sans trop d’action.


Involution de Johan Heliot

dabYo dans Critiques, Livres le 7 mai 2014, avec aucun commentaire
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Johan Heliot est un auteur français d’imaginaire plutôt productif en ce moment, et ça tombe bien car il écrit des livres que j’aime en général. Involution qui vient de paraître dans la collection Nouveaux Millénaires des éditions J’ai Lu est un court roman qui utilise la science et les tendances actuelles du monde technologique pour nous dresser le portrait d’un Brésil dans quelques années. Bref, de la Science-Fiction au goût du jour par un auteur que j’apprécie, je ne pouvais que le lire. Synopsis.

Involution de Johan Heliot

Vincent est un ingénieur au départ pour São Paulo pour un nouveau travail chez Globo, un futur géant de l’internet qui n’a vraiment plus qu’un seul adversaire de taille: le vieux Google américain. Il va y travailler pour un riche héritier du Brésil qui a la folie des grandeurs et qui est connu pour son ambition sans pareil. Évidemment, le job est très intéressant, mais le fait que son ex-femme et sa fille habite depuis peu au Brésil n’a rien d’une coïncidence dans son vœux de s’expatrier.

On va d’abord être balancé dans un univers quelque peu futuriste, bien que pas franchement déconnant non plus.Johan Heliot évite pendant tout le roman de citer des dates, sans doute pour que son roman reste d’actualité dans quelques années, mais on pourrait dire que l’histoire ce situe pas si loin de nous. Des voitures qui roulent toute seules, des lunettes connectées et un Internet omniprésent où l’information est partout, ce n’est plus qu’une question de décennie(s). Autant dire que lorsqu’on s’y intéresse, on est pas vraiment dépaysé et le tout semble très crédible et probable.

Johan Heliot

Johan Heliot

Là où c’est un peu plus détonnant, c’est que ce monde là est soumis à des catastrophes naturelles qui nous sont aujourd’hui inconnues: les variations magnétiques. Pour ceux qui ne le savent pas, l’humanité est en effet d’après les scientifiques sous une constante épée de Damoclès (en plus du soleil qui peut exploser, des météorites, etc…): l’inversion du champ magnétique terrestre. Une inversion qui peut durer entre 1000 et 10000 ans (rien que ça) et qui nous laisserait sans protection des rayonnements du Soleil. Bref, vous l’avez compris, c’est vers l’Apocalyptique que nous entraîne Johan Heliot.

Et malheureusement, c’est aussi là que le bât blesse. Involution est avant tout concentré autour de cette problématique, et on pouvait largement imaginer un Thriller scientifique autour de cette énorme problématique. C’est en tout cas la couleur qu’annonce le roman dès le départ, avec des articles de presse scientifique alarmistes, imbriqués entre chaque chapitre d’une manière qui fait largement monter la pression. On se demande même comment les personnages du roman peuvent rester aussi calmes face à cette apocalypse à venir.

Mais il n’en sera finalement rien. La voie qu’a décidé de suivre l’auteur est clairement originale, on ne peut pas lui reprocher, mais ce sera plutôt dans son traitement que l’on restera sur la fin. Avec un énorme twist au milieu de son roman et des révélations grandiloquentes sur l’univers, le roman n’arrive pas à nous captiver. On reste totalement étranger aux personnages dont les réactions ne sont pas franchement crédibles et le traitement beaucoup trop superficiel. On reste à un niveau purement factuel où ils ne servent finalement qu’à nous permettre d’apprendre des faits. Des faits qui semblent sans conséquence du coup.

Involution de Johan HeliotC’est d’autant plus frustrant que le départ était vraiment intéressant, avec un univers cohérent et une écriture toujours au rendez-vous. Mais voilà, au final, pourquoi nous avons amené tout ça pour un traitement aussi superficiel des conséquences ? Avec une narration bas niveau qui ne concerne que des faits de haut niveau, l’auteur nous empêche de nous attacher aux personnages, et nous force à suivre quelques émotions superficielles de ses personnages.

Au final, j’ai été énormément déçu par Involution de Johan Heliot. Un début prometteur qui ne prend jamais vraiment pleine possession de son potentiel. Des personnages trop vite survolés qui nous ennuient plus qu’autre chose par la prévisibilité de leurs réactions et l’absence de profondeur. La recette est exactement la même que pour Création, un autre bouquin que j’avais lu où il partait aussi dans des explications grandiloquentes mais qui cette fois étaient mieux racontées.


Amulettes de Véronique Ajarrag

dabYo dans Critiques, Livres le 2 mai 2014, avec aucun commentaire
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Amulettes est un roman écrit par Véronique Ajarrag et paru l’année dernière aux éditions du Chat Noir qui me tentait énormément notamment car il se passe en Mésopotamie. Mais bon, diverses circonstances ont fait que je n’ai pas pu le lire immédiatement après sa sortie. Du coup, c’est avec du retard mais avec enthousiasme qu’on passe au synopsis !

Amulettes-de-Veronique-Ajarrag

Ian, psychiatre, est contactée par une patiente bien étrange, Agrippine, qui lui demande de ne s’occuper que de son cas pendant une semaine. Car la demoiselle a beaucoup à dire : elle se dit l’objet de réincarnations successives, déboutant sur des fins funestes. Le processus dans cette vie est d’ailleurs déjà enclenché…

La principale difficulté de ce roman est le nombre de récits imbriqués : on suit Ian devant passer des auditions devant le conseil de l’ordre, il commence à raconter son récit, dans lequel Agrippine va raconter sa vie ou celle de ses réincarnations. Honnêtement, par moment je ne savais plus qui était le « je » qui me racontait l’histoire. D’autant que le niveau du conseil de l’ordre n’a guère d’intérêt à mes yeux. On aurait gagné en clarté à le supprimer.

On suit donc une partie au présent, et une partie sur les histoires précédentes de notre patiente. La plus longue se déroule en Mésopotamie antique et est clairement la plus intéressante. Je ne saurais juger de la véracité de ce qui y est exposé, mais en tout cas c’est crédible, dépaysant et on s’attache à Agrippine et aux autres personnages. Les autres réincarnations sont plus survolées et dans l’ensemble pas forcément les plus passionnantes.

Amulettes-de-Veronique-AjarragJ’ai eu plus de mal avec la partie se déroulant dans le présent. J’ai eu l’impression que Ian se laissait convaincre un peu trop facilement. Il connait Agrippine depuis deux jours et est prêt à partir au bout du monde pour elle, à laisser son cabinet en vacances, à dépenser masse d’argent pour l’aider. Cela ne m’a pas semblé crédible, et encore moins pour un psychiatre. De plus ses intuitions sont un peu trop souvent justes, et le final un peu rapide pour un truc qui traine depuis 5 000 ans !

Cependant, grâce à l’alternance des époques, des récits, grâce aussi aux chapitres courts, on ne s’ennuie pas, et cela se lit très facilement et rapidement. Au final, j’ai un sentiment mitigé sur Amulettes: il y a de très bons éléments et d’autres qui me gênent réellement. J’aurais sans doute préféré que le livre soit soit plus court tout en supprimant bon nombre de péripéties du présent pas forcément utiles. Soit au contraire, vraiment plus long en développant beaucoup plus les autres vies d’Agrippine. Là, je reste un peu sur ma faim, et j’ai un sentiment de non-abouti pas forcément très agréable.