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Les Lettres Ecarlates est le premier tome des aventures de Meg Corbyn, publié chez Milady cet automne. Rien ne différencie de l’extérieur ce livre des nombreuses séries de bit-lit qui ont été publiées depuis le début du label issu des éditions Bragelonne. Pourtant, il serait dommage de passer à coté. Synopsis ?

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Humains et créatures surnaturelles cohabitent tant bien que mal. Dans certaines villes des quartiers aux accès réglementés hébergent les créatures surnaturelles. Ces réserves ont leur propre loi et elles ne sont ouvertes aux humains que pour le commerce.  C’est pourtant là que Meg qui à tout l’air d’une humaine va trouver refuge pour échapper à ses poursuivants, et va se retrouver scrutée de près par Simon le chef des loups-garous.

meg-corbyn,-tome-1---lettres--carlates-514710Voila, rien qui ne différencie là non plus cette série des autres si ce n’est le monde mis en place. En effet, l’Enclos que l’on peut un peu comparer aux réserves amérindiennes est une bonne invention et permet d’avoir à la fois notre monde habituel et un monde en dehors des règles où les Autres font la loi. L’organisation de ces diverses créatures surnaturelles est très détaillée et très bien faite. L’auteur a pensé à tout, que cela soit l’approvisionnement des produits de première nécessité, la collaboration nécessaire avec les humains ainsi que la manière de régler les problèmes internes. C’est très carré, peut être un peu trop car à de nombreuses reprises l’auteur se lance dans de longues descriptions de la réserve et de son fonctionnement. Ces passages peuvent sembler long, cependant, ils ont une utilité, ils donnent une réelle existence à cette zone. J’étais dedans avec Meg et découvrais en même temps qu’elle les eus et coutumes.

L’ambiance et l’immersion sont les maitres mots de ce premier tome. On est coincé avec Meg dans la tempête de neige, on cherche avec elle à comprendre les règles non-dites de cette réserve . C’est vraiment très réaliste. Meg est une jeune femme un peu niaise, une sorte de Sookie, l’archétype de l’héroïne de bit-lit sur bien des points avec une forte tendance à s’auto-rabaisser. La ou généralement la plupart des sagas de fantasy sont vues du coté des humains, ici on est du coté des Autres. Les humains sont présentés comme vils et souvent bien plus violents et effrayants que les loup-garous, vampires ou créatures non identifiées. C’est assez original pour le coup et j’ai apprécié cette originalité.

Anne Bishop nous balance ici toutes les créatures d’un coup, vampires, loup-garous, esprits de la nature et j’en passe et des meilleures. Sa mythologie est relativement dense et développée ce qui explique la taille plutôt importante du bouquin. Ma préférence va aux corbeaux que j’ai trouvé absolument tordants et auxquels je pouvais tout à fait m’identifier. J’ai cru lire que l’auteure était plutôt une habituée des sagas de fantasy, je trouve que cela se ressent sur la précision apporté à l’Enclos ainsi qu’aux interactions entre les peuples. La présence d’un plan de l’Enclos ajoute aussi au coté fantasy du roman.

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Les personnages sont un peu le point faible du livre. Meg est une niaise incarnée, Simon est un gros loup-garou effrayant mais protecteur, bref un archétype de loup alpha. J’ai été assez négative sur ce roman au départ à cause de ses personnages un peu trop clichés. Pourtant, je me suis attachée a eux au fil du temps. J’ai apprécié aussi le fait qu’il n’y ai pas d’histoire d’amour à la mord-moi-le-noeud. L’intrigue n’est pas traitée par dessus la jambe même si comme pour de nombreux cas de premiers tomes, elle est surtout là pour servir de support à la découverte de l’univers de la saga.

Bref, c’est un roman que j’ai lu par hasard, mais qui est une de mes meilleures découvertes bit-lit depuis un bon moment. L’univers est dense et il est facile de s’y plonger. Il me semble que le tome 2 vient de sortir, il est donc très probable que je me jette dessus dès que je le croiserais.


La série du Protectorat de l’ombrelle, je l’aime beaucoup, c’est une série à mi-chemin entre le steampunk, la bit-lit et la romance paranormale tout en ayant beaucoup d’humour. Les trois premiers tomes sont de très bonne facture et je ne pouvais donc pas résister au tome 4 qui n’est autre que l’avant dernier de la série ? Synopsis, garanti sans spoiler.

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Bien qu’étant sujette à quelques désagréments médicaux, comme elle le dit elle même, Alexia n’en remplis pas moins ses devoirs. Du coup, quand un fantôme vient la trouver pour lui faire part d’une menace contre la reine, elle décide d’enquêter et d’empêcher le pire de se produire.

Si le tome 2 et 3 se suivaient de manière très rapprochée, ici, on a un timeskip de plusieurs mois et le bouquin est assez indépendant dans l’absolu. On retrouve bien sûr des personnages des précédents tomes, et la vie de ceux-ci continue d’avancer mais l’intrigue en elle même est bien indépendante. Comme toujours plusieurs histoires se déroulent en parallèle de cette enquête principale : Lord Maccoon doit s’occuper d’un louveteau qui a bien du mal à se faire à sa nouvelle condition, un fantôme approche de la fin de son après-vie, etc. Bref, il n’y a pas de quoi s’ennuyer.

Gail Carriger

Gail Carriger

L’univers développé par Gail Carriger est toujours génial. Nous sommes dans une Angleterre victorienne et steampunk très bien construite et les inventions les plus folles y semblent logiques. Alexia est un des rares personnages féminin de ce genre de séries qui n’est pas cliché, ni physiquement ni mentalement. C’est une femme forte et qui mène réellement l’histoire, sans l’être trop justement. L’histoire ne se prend pas réellement au sérieux, l’auteure utilisant pas mal de comparaisons farfelues et pointant les manquements à l’étiquette de ses héros.  C’est toujours une lecture très légère et amusante.

Pas de grande reflexion philosophique ici, mais ça n’a jamais été le but. Le rythme est agréable, même si comme toujours l’enquête reste relativement dans le background, l’importance allant aux péripéties d’Alexia et aux découvertes qu’elle va faire. Le voile commence aussi à être levé sur le passé de bon nombre de personnages, et il était temps, puisque nous sommes tout de même à l’avant dernier tome et que certaines interrogations datent du tout premier.

Dans l’ensemble, si vous avez aimé les tomes précédents, vous aimerez celui-ci et vice versa. Ca n’est pas l’originalité même, bien que cela soit très bien construit. On reste dans le même univers avec le même humour et les personnages sont fidèles a eux même sans pour autant qu’ils s’auto-parodient. Ici, pas ou peu de nouveaux personnages, c’est donc le moment idéal pour développer l’entourage de Lady Maccoon qui est assez nombreux à force et ce pour notre plus grand plaisir.

C’est un tome que j’ai beaucoup aimé et je suis un peu triste de voir la série se terminer prochainement. Heureusement, l’auteure à écrit d’autres romans dans ce type d’univers que je lirais très probablement après le cinquième tome des aventures d’Alexia !

 


Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan Heliot

Serafina dans Critiques, Livres le 14 mai 2015, avec aucun commentaire
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Enigma est une série jeunesse écrite par Johan Heliot, un auteur qui ne vous est pas inconnu si vous lisez régulièrement nos colonnes. Ici publié par les éditions Rageot, il s’agit du premier tome d’une série orientée Thriller. Synopsis ?

Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan Heliot

Théo et Vera sont deux jumeaux. Les adolescents ont perdu leur mère et vivent avec leur père, écrivain de SF. Celui ci a l’habitude de se retirer dans les étendues sauvages des États-Unis pour écrire ses livres. Lors d’une randonnée, ils découvrent les cadavres de deux hommes qui semblaient les suivre… A partir de là, tout s’enchaine et la famille semble être prise dans un sombre engrenage.

Enigma est une série orientée Jeunesse mais on est loin des niaiseries du Young-Adult qu’on rencontre souvent. Ici, on est dans un Thriller qui a tout d’un pour adulte, si ce n’est qu’il est relativement court : 250 pages seulement, et qu’il n’y a évidemment pas de scènes sulfureuses. Mais à part ça, tous les ingrédients sont là : un style vif, une alternance de points de vues, des chapitres courts, de l’action, des rebondissements qui surprennent et une histoire menée tambour battant. Bon, peut être un peu trop tambour battant car il se passe réellement beaucoup de choses.

Évidemment, on ne pourra pas s’empêcher de trouver que les premières intuitions sont un peu trop souvent les bonnes, ou que les choses escaladent un peu rapidement. Cependant, c’est un roman jeunesse donc ce n’est pas spécialement dérangeant. J’ai trouvé le background des personnages très crédible, la profession d’auteur du père est bien rendue et sonne vraie, tout comme les deux jumeaux qui ont du apprendre très vite à être indépendants. Les héros sont bien sûr Théo et Vera, deux jumaux mais diamétralement opposés, l’une étant sportive et l’autre plutôt intellectuel. Ils forment un tandem qui fonctionne bien, se complétant et évoluant avec pas mal de naturel. J’ai apprécié le fait que pour le coup ce soit la nana qui soit sportive et physique, cela fait du bien, ce n’est pas parce qu’on fait du jeunesse qu’on doit faire dans le cliché.

Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan HeliotLe style est agréable, allant directement au sujet tout en restant très clair et facile à comprendre. On n’en attendait pas moins de Johan Héliot. On trouve ici une organisation secrète qu’on croise à priori dans pas mal d’autres romans de l’auteur, montrant qu’il construit là une sorte d’univers de romans certes indépendants en apparence mais tout de même lié. De quoi encourager les plus jeunes à la lecture des autres tomes.

Prédictions est donc un premier tome qui s’avère être une lecture très rapide pour un adulte, puisque j’ai du mettre une après midi, mais qui reste agréable. A recommander à vos jeunes ados où aux jeunes un peu plus âgés, c’est un bon roman grand public qui tire partie du genre Thriller tout en étant très facile à lire.

 


La Rivière Noire de Arnaldur Indridason

Serafina dans Critiques, Livres le 13 mai 2015, avec aucun commentaire
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Pour continuer ma lecture des Arnaldur Indridason , j’ai lu La Rivière Noire, ( Myrká en VO), un roman sorti en français en 2011. Il fait partie de la saga d’Erlendur, même si comme nous allons le voir, il est particulier sur ce point. Synopsis ?

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Erlendur est parti en vacances pour une durée indéterminée suite aux événements d’Hypotermie. Cependant, les crimes ne s’arrêtent pas, et ce coup-ci un meurtre particulièrement grave est découvert à Reykjavik. Un homme est retrouvé égorgé dans son salon, il avait en sa possession une certaine dose de Rohypnol, la drogue du viol.

Vous l’aurez compris, dans ce livre, Erlendur est totalement absent. C’est son adjointe Elinborg qui est donc l’héroïne de l’enquête. C’est un procédé que je trouve plutôt appréciable, cela permet le temps d’un livre de changer totalement de style d’enquête et de personnages. Elinborg est une mère de famille, assez agréable, et passionnée de cuisine. Elle a un style très différent d’Erlendur : elle n’est pas bougon, elle n’est pas non plus désenchantée. Cela donne un roman un peu moins noir que les précédents. Pourtant, c’est un des plus lourds au niveau de la thématique. Non seulement c’est un meurtre et non un suicide ou une disparition, et la présence du rohypnol oriente rapidement l’enquêtrice vers des cas de viol.

la riviere noire arnaldur

Bref, on est face à un cas qu’on pourrait très bien trouver dans une série américaine. La résolution elle va être typiquement Islandaise et conditionnée au fait que le coté tout petit du pays fait qu’il est possible d’inspecter par exemple la liste de toutes les admissions pour fracture dans les 6 derniers mois sur le pays. C’est marrant et en même temps réaliste, l’auteur tire partie des spécificités de son pays.

L’enquête cependant stagne un peu vers le milieu, et les passages de plusieurs pages sur la passion d’Erlinborg pour la cuisine m’ont un peu refroidie. Heureusement, le début et la fin remontent le niveau et même si on sent certaines choses avant l’enquêtrice c’est bien amené et plutôt crédible.

Comme toujours, le style est simple, assez facile à lire, les chapitres sont courts et c’est une lecture divertissante qui sait distiller suffisamment de suspens pour nous faire tourner les pages. Ce n’est pas mon roman préféré de l’auteur mais il a le mérite de changer par rapport au reste de la série. On est loin des enquêtes d’Erlendur qui sont souvent sur des cold cases et où le héros est un solitaire bougon. Cela permet aussi de mieux comprendre le personnage d’Erlinborg déjà croisé dans la série.

Bref, ce n’est pas le roman par lequel je vous conseille de commencer, mais il a son importance dans la série. De même que le suivant La Muraille de Lave, qui met en scène Sigurdur Oli pendant l’absence d’Erlendur. Cela reste une lecture sympathique mais il ne m’aura pas spécialement marqué.


Le Roi Sombre de Oren Miller

Serafina dans Critiques, Livres le 10 mai 2015, avec aucun commentaire
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Le Roi Sombre de Oren Miller est une des dernières parutions des Editions de l’Homme Sans Nom  chez qui j’avais découvert l’excellent Rose Morte. Du coup, lorsque je l’ai reçu je l’ai quasiment directement entamé, il faut dire que la jolie couverture d’Emile Denis  n’était pas innocente dans l’affaire. Synopsis ?

Le Roi Sombre de Oren Miller

Ed est un étudiant plutôt brillant, dédié à une belle carrière dans les hautes sphères de l’administration. Seulement, il se retrouve accusé d’implication dans une affaire terroriste et fini condamné à la prison à vie à Ikaros Filaki, la prison la plus dure aux confins de la galaxie. Il reste à espérer qu’il meure vite… Sauf qu’il ne meurt pas, et est bien décidé à se venger.

Avec un synopsis pareil, je parie que vous n’êtes pas capable de savoir si on est dans une fiction réaliste de nos jours ou pas, bien que la couverture vous ferait peut être penser à de la Fantasy. C’est le seul point qui m’a dérangé du roman, pendant les premières dizaines de pages, je ne savais pas du tout dans quel espace-temps se situait l’histoire. Bon, lorsque j’ai vu que la prison de notre héros nécessitait l’utilisation d’un vaisseau spatial, j’ai compris qu’on était dans de la SF, contrairement à ce que je pensais lire. Ça tombe bien, ça faisait un moment que j’avais pas lu de SF.

Oren Miller

Oren Miller

L’univers mis en place par l’auteure est plutôt classique, on retrouve nos marques si on lit des livres du genre : des planètes, des stations spatiales qui sont devenues des cités dans l’espace, avec leurs politiciens corrompus, leurs strates sociétales, bref, de la SF comme on aime quoi. Sauf qu’il n’y a pas besoin d’aimer le genre pour retomber sur nos pattes avec ce roman. C’est étonnant car je suis une vraie brune pourtant, mais je n’ai compris qu’à la page 50 que comme pour Insatiable, lu juste avant, et pour lequel j’avais aussi tilté très tard, nous étions là dans la réécriture d’un monument de la littérature.

Reprenons. Ed est accusé à tort, est envoyé dans une prison au large des terres civilisées, une prison qu’on abrège souvent en IF. Oh bah voyons, et si nous parlions d’un Château d’If et d’un Edmond Dantès ? Eh oui, c’est bien le Comte de Monte-Cristo qu’on lit en filigrane. Honte sur moi, je n’ai jamais lu l’original, mais je connais l’histoire pour avoir regardé Gankutsuou qui est un anime de SF-mécha basé sur la même histoire.

Mais Oren Miller ne fait pas que de l’hommage et son histoire a sa propre personnalité, ses propres personnages absolument tous trop classes. Je sais que c’est Jatalan le contrebandier de l’espace qui a les faveurs des critiques, mais moi je suis une fane de Ed (ou Hisham comme il se fait appeler par la suite) qui est juste absolument trop classe avec sa sagesse à toute épreuve et ses catch phrases profondes et qui transpirent le charisme par tous les pores. Hisham est tellement classe que j’ai décidé d’aller me commander une jolie édition du bouquin de Dumas pour vérifier si le vrai Edmond est aussi bishi ou pas.

Le Roi Sombre de Oren MillerBien qu’inspiré du roman de Dumas, l’intrigue est tout de même très personnelle et plutôt actuelle. En effet, il me semble avoir lu que l’auteure a fait des études de droit ce qui se ressent dans la première partie du roman et dans les passages de garde à vue. De plus, les intrigues tournent beaucoup autour du coté financier des cités-état ce qui est totalement dans l’air du temps. Notre Comte utilise en effet des montages financiers pour arriver à ses fins. Il est en prime entouré d’une sorte de hackeuse que j’ai beaucoup aimée.

Bref, vous l’aurez compris, Le Roi Sombre de Oren Miller est un réel coup de coeur, ce n’est pas qu’une réecriture c’est une aventure très bien écrite et bien adaptée avec sa propre personnalité. Comme c’est un one-shot, je ne peux que vous le recommander. Il a tout ce qu’il faut : rebondissements, panel vaste de personnages à fortes personnalités, un style agréable et un rythme à la fois haletant et posé. Décidément les éditions de L’Homme sans Nom font du sans faute avec moi en ce moment.


Insatiable de Meg Cabot

Serafina dans Critiques, Livres le 24 avril 2015, avec aucun commentaire
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Insatiable de Meg Cabot aux éditions le Livre de Poche avait tout pour que je ne l’ouvre jamais. Un titre qui évoquait plus Harlequin qu’autre chose, une nana parfaite en robe de soirée en couverture, et un pieu. J’adore les vampires hein, mais le combo vampire, Harlequin et décolleté, j’en ai lu jusqu’à l’overdose. Et pourtant j’aurais bien eu tort de le louper, synopsis ?

Insatiable de Meg Cabot

Meena Harper a un job qui fait rêver, elle écrit des scénarios pour une série très populaire : Insatiable. Une sorte de Feux de l’Amour. Elle vit à New York et son frérot Jon crèche chez elle. Sa voisins, Mary Lou essaie de la maquer avec un cousin de son mari. Sauf que celui-ci n’est pas si mal que cela…

Je devais être particulièrement fatiguée lorsque j’ai commencé ce bouquin, car je n’ai tilté sur le nom et prénom de l’héroine qu’une fois rendue à la page 300. Pourtant, c’est gros comme le nez au milieu de la figure ! En prime, chaque chapitre commence daté et situé comme une lettre. Sérieux, je me taperais de pas avoir tilté plus tôt ! Du coup, toute l’histoire est une vague parodie du roman de Bram Stoker. Jon est le frère de Meena et est au chomage, la Garde Palpatine n’est évidemment pas sans rappeler l’organisation de Van Hellsing ! Evidemment, ses références ne vous feront sourire que si comme moi vous connaissez Dracula par coeur. J’ai lu pas mal de chroniques négatives sur Insatiable qui n’avaient pas du tout fait le lien. Il faut dire qu’il n’est pas indiqué dans le résumé.

Mais bon, au delà de ce clin d’œil, le livre est à mille lieux des histoires de Bit-Lit moisies que j’ai pu lire et c’est rafraichissant. Déjà, on est à New York, pas en Louisiane, Mina est une nana active et qui n’a -presque- aucun super pouvoir. Elle a un travail qui la ferait plutôt figurer dans Gossip Girl qu’un bouquin de vampires. C’est d’ailleurs hilarant de la voir réfléchir à ce qui pourrait être le prochain scénario de Plus Belle La Vie, avec tout ce que cela veut dire d’illogismes. Bien sur, elle râle quand ses chefs veulent lui faire intégrer des vampires dans le scénario.

Insatiable de Meg CabotLe style est enlevé et la traduction est à la hauteur, c’est bourré de références à la pop-culture, cela se lit comme du petit lait. La plume est légère, malgré quelques traductions que je n’ai pas trop comprises. Pourquoi écrire « Omondieu » et pas « Ohmondieu » par exemple… Seul autre bémol, certains personnages n’ont pas réellement de personnalité, je pense notamment à Lucien ou Alaric qui ne m’ont pas forcément convaincue en temps que personnages. Cependant, c’est bien géré, le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas du tout tout au long des 620 pages que compte ce premier tome. L’histoire est somme toute crédible, pas de Deus ex Machina ni de personnages qui acceptent trop vite l’inacceptable.

Bref, vous l’aurez compris, Insatiable de Meg Cabot est un très bon divertissement. C’est sûr, c’est pas la saga qui vous fera réfléchir sur la terre et l’univers mais c’est un bon moment, avec des personnages attachants, un rythme qui ne faiblit pas et ce qu’il faut de références. Si vous en avez marre des resucées d’Anita, c’est le moment de passer à Insatiable !


A force de faire du lobbying pour la série Kushiel de Jacqueline Carey, Serafina a fini par me convaincre de commencer son premier tome dont vous pouvez lire la chronique ici. La Marque est donc le début de cette série de Fantasy aux couvertures faisant la part belle aux courtisanes et laissant songer aux intrigues de cour. Publié tout d’abord en grand format relié chez Bragelonne, il est depuis plusieurs mois disponible en poche aux éditions Milady, synopsis ?

La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

Phèdre est l’élève de Delauney depuis que ce dernier l’a racheté à la cour des nuits pour une bouchée de pain. Car c’est bien là la seule personne qui ait eu les connaissances suffisantes pour s’apercevoir que la tache dans l’œil de Phèdre n’est pas une déformation mais un don de dieu, qui fait d’elle une descendante directe de Kushiel, une véritable anguissette. Évidemment, à 10 ans, Phèdre ne sait pas encore ce que veut dire être une anquissette.

Par où commencer la critique de ce pavé de neuf cents pages ? C’est bien difficile, tant le livre est découpé en longues phases dont l’intrigue se distingue. Il faut sans doute en premier revenir sur le personnage de Phèdre, car il est finalement assez rare de voir un livre dont le héros est une esclave, une esclave du sexe qui plus est. Phèdre nous raconte ici son histoire à la première personne des années plus tard après, notamment comment elle en est venue à devenir une esclave de la maison des plaisirs, véritable institution de la Terre d’Ange. Bon, on va vite s’apercevoir que cette condition est loin d’être son statut final puisque l’auteur nous rappellera que son maître Delauney lui offrira la possibilité de choisir. Mais nous sommes tout de même fasse à une héroïne qui se prostitue et qui a été élevée dans ce but, ce qui est rare et n’est pas sans faire penser aux geishas.

La Marque s’avère en effet être de ce côté là une sorte de melting pot entre Fantasy à l’occidentale habituelle, intrigues de cour et enfin, la tradition asiatique des geishas qui sont des femmes cultivées qui peuvent de temps à autre pratiquer la prostitution. Ce mélange est assez troublant je dois l’avouer, notamment parce que j’ai trouvé que le fait d’avoir une héroïne prostituée n’apportait finalement pas grand chose à l’intrigue générale du roman. On pourrait à la base penser qu’il s’agit pour Jacqueline Carey d’une façon de faire passer un message ou une revendication, et pourtant je n’ai vraiment pas eu l’impression que c’était le cas. Du coup, je reste totalement perplexe sur ce sujet sur lequel l’auteur insiste à de très nombreuses reprises et reste d’une « candeur » désarmante, comme si le sujet était banal… J’ai eu l’impression que l’auteur ne faisant pas de différence entre prostitution et amour libre, et c’était vraiment très dérangeant là dessus. La prostitution chez les bisounours, en somme.

La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

A côté de ça, l’ensemble du roman est de la Fantasy complètement standardisée et stéréotypée. Celle où l’on se trouve en Europe mais dont les noms des pays, des peuples, et des villes ont été légèrement modifiés pour donner l’impression d’en avoir créé un nouveau monde. Franchement, je suis perplexe pour la simple raison qu’on s’y perd tant il y a de termes propres à la série. Je ne suis vraiment pas certain que mettre autant de noms qui ne disent rien ait fait gagner en immersion. D’autant que certains sont à peine évoqués, ou se ressemblent tellement qu’ils laissent le lecteur dans un flou pas franchement artistique.

Et pourtant, avec 900 pages et toutes les explications que l’auteur nous a servi, on aurait pu s’attendre à maitriser un peu plus cet univers. La mythologie qui règne sur les terres d’Elua, pays dans lequel se déroule notre histoire, est quant à elle très bien expliquée, mais presque trop. On aura souvent les mêmes explications dans une tentative d’y faire une certaine morale. Là dessus, ça ressemble un peu aux vikings qui sont persuadés que leur destin est déjà écrit. On peut cependant saluer le fait que les Terres d’Ange prennent vraiment vie, qu’on est fasse à une civilisation qui semble bien tenir et qui est reconnaissable. L’immersion reste donc bonne de ce côté là.

Le roman peut être divisé en plusieurs grandes parties, dont la première est peut être la moins intéressante, mais qui finalement passe mieux que d’autres car il y a encore la découverte de l’univers. La plus intéressante, sans aucun doute celle qui m’a donné envie de finir le roman, dure deux bonnes centaines de pages et est vraiment passionnante. Rien que pour celle ci, je ne regrette pas de m’être lancé dans La Marque. Le problème c’est qu’après avoir mis la barre très haute et avoir proposé une histoire peu linéaire, le roman s’enfonce dans près de cinq cents pages d’une banalité mortelle.

La Marque Kushiel Tome 1 de Jacqueline Carey MiladyExit l’aspect intéressant, on dit tous bonjour à Phèdre la Marysue des Terres d’Ange. C’en est tellement cliché, tellement marysuesque que c’est dégoutant et désespérant. Dans ces cinq cents pages, Jacqueline Carey n’évite aucun des clichés et stéréotypes que l’on peut connaître aux épopées de Fantasy. On s’ennuie ferme, on roule des yeux, on se dit que non ce n’est pas possible… Quel dommage ! On atteint des sommets dans le cliché avec une fin mortellement plate et ennuyeuse.

Au final La Marque de Jacqueline Carey m’a vraiment laissé perplexe. Il y a eu un très bon moment certes, mais cela me parait être plutôt l’exception que la norme. Avec ce premier tome de Kushiel, j’ai eu l’impression de renouer avec les pires moments de la Fantasy, et c’est d’autant plus dommage qu’en dehors de cela le roman est très bien écrit. Serafina s’étant laissée tenter par le deuxième tome L’Elue qu’elle a beaucoup aimé, j’hésite tout de même à continuer malgré ce premier tome en demi teinte…


Montres Enchantées est une anthologie dirigée par Mathieu Guibé publiée en ce début d’année par les éditions du Chat Noir. Avec un titre pareil et une telle couverture, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une anthologie qui n’affiche pas sa thématique: Steampunk et horloges. On y retrouve quelques auteurs français qu’on commence à plutôt bien connaître ici de par leurs publications au Chat Noir ou au Petit Caveau comme Cécile Guillot, Vincent Tassy ou encore Marianne Stern. Recueil de nouvelles oblige, il n’y aura pas de synopsis.

Montres Enchantées

Avec ses quelques quatre cents pages, on va retrouver dans Montres Enchantées plus de quinze nouvelles des différents auteurs. Chacune est accompagnée d’un petit texte présentant l’auteur, qui permettront parfois d’appréhender un peu mieux l’histoire qui va découler.

Toutes les histoires ont donc une même thématique qu’est le Steampunk avec à chaque fois une référence au temps qui passe sous la forme d’horloges. On peut dire que les auteurs se sont bien prêtés au jeu et il est vraiment amusant de voir quelles ont été leurs idées pour arriver à tous intégrer cette notion, ces aiguilles qui tournent, dans leur récit tout en essayant d’être originaux les uns par rapport aux autres. Là dessus j’ai trouvé que l’anthologie était très réussie car l’aspect temps est vraiment bien respecté de tous sans pour autant avoir l’impression d’en lire les mêmes histoires.

Si la thématique Steampunk est imposée, on peut aussi dire que les univers des nouvelles sont souvent bien différents, mais il y a un fil conducteur qui évite de passer du coq à l’âne. Le tout fait donc corps et c’est vraiment agréable sur ce point, on a de l’originalité sans avoir des nouvelles qui n’ont rien à voir les unes par rapport aux autres. Très clairement un des points forts de cette anthologie.

Évidemment, parmi ces dix-sept nouvelles, la qualité n’est pas complètement égale que ce soit sur le point du scénario, de l’écriture, ou encore de l’immersion. Il y en a certaines qui se démarquent, sans doute celles qui ont misé sur l’aspect mélancolique du Steampunk tout en ayant réussi à captiver le lecteur jusqu’à la touche finale. Et il y en a d’autres, une en particulier, qui m’ont laissé perplexe et n’ont pas réussi à m’emmener avec eux, dommage. Mais sur l’ensemble, c’est -et de loin- le positif qui l’emporte, et j’ai fini l’anthologie sans peine.

Le Toquant de Clémence Godefroy

Cette nouvelle de Clémence Godefroy est mon premier coup de cœur de cette anthologie. On y suit deux jeunes étudiants dans l’ingénierie des automates, l’un se spécialisant dans l’apparence de ceux-ci et l’autre dans la rééducation d’automates qui sont sortis du circuit.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance, j’avais l’impression de suivre deux adulescents menant la vie de bohème dans une grande ville aux allures steampunk. Et puis, le final est des meilleurs aussi.

Tourbillon aux Trois Ponts d’or de Fabien Clavel

Peut être l’auteur le plus connu de cette anthologie, Fabien Clavel signe aussi une de celles qui est des plus passionnante. On va y suivre deux inspecteurs qui vont faire une enquête en chambre close sur la mort mystérieuse d’un ingénieur. Le personnage principal est dépeint en quelques traits mais prend tout de suite corps.

Je reviendrai de Laurent Pendarias

Quand on parle d’horloge, il fallait bien que l’aspect voyage dans le temps et les différentes problématiques qui y sont liées soient abordés par l’une des nouvelles… Mais de là à penser que ce serait fait dans une nouvelle centrée autour du philosophe Kant ! Cette nouvelle m’a bien plu, j’ai trouvé les thématiques amusantes et le récit prenant. Et puis le final est bien réussi !

Derrière les engrenages de Marie Angel

Cette nouvelle de Marie Angel a un petit côté huis-clos, anxiogène et loufoque. On y suit une petite maison réglée comme une horloge dans laquelle tout semble bizarre. Les personnages principaux ont peur que quelque chose se soient déréglé et en perdent les pédales… Assez difficile à expliquer, l’ambiance est vraiment dérangeante.

L’agonie des aiguilles de Marine Sivan

Montres EnchantéesJe suis partagé pour cette nouvelle de Marine Sivan. C’est peut être bien ma préférée car j’ai trouvé l’ambiance, l’univers Steampunk et les personnages très réussis pour une si courte nouvelle. Oui mais voilà, à côté de ça j’ai découvert le final de la nouvelle dès les premières lignes d’intrigue, autant dire qu’en tant que nouvelle il y a là une petite faiblesse… Mais bon, je lui pardonne car suivre l’histoire était tout de même génial.

Vous l’aurez compris, cette anthologie de nouvelles Steampunk m’a vraiment convaincue. Avec un nombre important de nouvelles dont la plupart sont très agréables à lire, Montres Enchantées de Mathieu Guibé se révèle être une très bonne surprise. On y passe un très bon moment de lecture avec quelques petites perles.


Hypothermie de Arnaldur Indridason

Un polar venu du froid

Serafina dans Critiques, Livres le 28 mars 2015, avec 3 commentaires
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Suite à mon voyage en Islande, j’ai lu beaucoup de romans d’Arnarldur Indridason, le maitre du polar Islandais. J’ai donc notamment lu Hypothermie, paru en 2007 et traduit en 2010 dans nos contrées. Le titre original est Harðskafi. Synopsis ?

Hypothermie

Maria est retrouvée pendue dans son chalet d’été, près de Thingvellir. Une affaire qui n’en est donc pas une, mais l’inspecteur Erlendur éprouve le besoin d’en savoir plus sur cette femme et les raisons qui l’ont poussée à mettre fin à ses jours. En parrallèle, il se repenche sur des cas vieux de 30 ans de disparitions inexpliquées.

C’est donc ma troisième lecture de cette série centrée autour de l’inspecteur Erlendur et on retrouve là pas mal de ce qui semblent être des caractéristiques de cette série. Je pense notamment au temps, il n’est pas rare de le voir enquêter sur des cold cases, et ici c’est le cas, puisque 3 affaires remontent réellement à plusieurs dizaines d’années. C’est assez interessant, et suffisamment page-turner pour que je finisse ce roman très rapidement.

hypothermie arnaldur indridasonLa société islandaise étant ce qu’elle est – comprendre toute petite – il n’est pas rare de voir plusieurs cas distincts se recouper. Cela m’aurait sans doute semblé trop gros auparavant, mais maintenant que je connais un peu le pays, ça ne me choque pas du tout. C’est tout petit comme communauté et du coup, cela permet des imbroglios qui n’auraient pas été crédibles ailleurs.

De plus, cette histoire est clairement ancrée dans son espace géographique. J’étais en Islande en le lisant, et j’ai visité plusieurs des endroits auquel Erlendur fait référence. Pour une personne ne connaissant pas le pays, par contre, c’est sans doute assez obscur et la difficulté des noms de patelins islandais n’aide pas…

Le style est relativement simple et épuré, du moins en français. Les chapitres sont courts, c’est écrit gros, et cela fait donc à tout casser 300 pages. C’est une histoire que se lit facilement. On se prête au jeu, en essayant de comprendre où l’auteur veut en venir, et si on repère les coincidences avant Erlendur ce n’est pas de beaucoup. On n’a donc pas trop le sentiment frustrant d’avoir tout compris alors que le héros est à coté de la plaque.

Les personnages sont pour la plupart brossés de manière sommaire mais suffisante. Ils ont leur personnalité et leurs caractéristiques, qui font qu’ils sont facile à imaginer. Ils sont souvent bien différents de ce qu’ils laissent paraitre au premier abord. On les découvre au fur et à mesure.

Bref, vous l’aurez compris, ce Arnardur Indridason était une bonne découverte, pour le moment, c’est mon roman préféré de la sérié, mais je n’en ai lu que trois, il y’a donc encore de la marge ! Je ne peux que vous le recommander si vous vous interessez à l’Islande, moi j’aime toujours lire des livres qui se passent dans des endroits où je vais.  Si vous ne vous interessez pas au pays, ne vous laissez pas rebuter par des noms de ville imprononçables, l’histoire derrière vaut le coup.


J’ai pour habitude de lire des séries que j’aime bien pendant mes vacances, notre départ en Islande était donc l’occasion de me remettre à La Compagnie Noire ou encore aux Annales du Disque-Monde. Une possibilité qui est devenue certitude avec la mort de Terry Pratchett le 12 mars dernier, des suites de sa maladie d’Alzheimer, au jeune âge de 66 ans. J’ai donc décidé de reprendre ma lecture des aventures du Guet, celles du flic favori de l’auteur, Sam Vimaire. Évidemment, cela fait un peu réactionnaire de lire un livre d’un auteur qui vient tout juste de nous quitter, puis d’en faire une chronique qui pourra en être négative. Mais bon, je ne sais qu’en penser. Synopsis.

Le Cinquième Éléphant, Les Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett

Sam Vimaire est le commissaire divisionnaire d’Ankh-Morpork, mais surtout un flic qui a gravi tous les échelons avant d’arriver en haut de la hiérarchie. Manque de pot, il est aussi depuis peu le Duc de la ville et le seigneur Vétérini n’oublie jamais ce détail pour lui coller une de ces foutues tâches de Diplomatie. Cette fois-ci, c’est en Überwald que Sam va devoir se rendre, avec toute la délégation qui se doit d’aller avec un diplomate, afin d’assister au couronnement du nouveau petit roi des nains. Mais évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu…

Pour ce vingt-cinquième livre des Annales du Disque-Monde, nous allons donc partir en voyage avec le flic Sam Vimaire et découvrir une fois de plus les différentes coutumes qui parsèment le disque. Cette fois il ne s’agit pas du Maghreb comme dans Va-t-en-guerre mais de l’Üverwald qui représentent plus moins les pays slaves d’Europe. De nombreux ressortissants de ce pays ont immigrés à Ankh-Morpork et se sont intégrée dans sa société multi-culturelles, des nains, des loups garou ou encore des vampires. Bref c’est très folklorique et l’on va découvrir les traditions de ces trois peuples dans leur pays, souvent proches de l’absurde et toujours très drôle, évidemment.

C’est encore une fois l’occasion pour l’auteur de faire une satyre de la société, de son problème devant les différences mais cette fois axé sur le changement. En effet, les ressortissants s’adaptent à Ankh-Morpork et quittent peu à peu la sacro-sainte tradition tandis qu’au pays, l’obscurantisme fait toujours la loi. Du coup, c’est le choc du progrès que va nous dépeindre Terry Pratchett, en mettant au centre des thématiques des dogmes qui sont présentés comme des questions de vie ou de morts par leurs pratiquants.

Le Cinquième Éléphant, Les Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett

Évidemment, tout cela sous couvert d’humour pour montrer l’absurde de la chose. Le discours qui y est tenu est dans la droite lignée de tous les autres romans de la série du Guet. Pas forcément original pour la série donc, Le Cinquième Éléphant ressemble beaucoup aux autres et on ne peut vraiment pas dire qu’il apporte grand chose aux Annales du Disque-Monde si ce n’est qu’il va permettre d’étoffer son univers et les personnages que l’on y retrouve.

Une fois de plus on va suivre Sam Vimaire dans une rocambolesque aventure qui va le faire enquêter sur un vol loufoque en situation de chambre close. Enfin, c’est le début puisque de péripéties en péripéties, il se retrouve tour à tour dans un guet-apens, évadé, en cavale, victime d’une machination. Bref une histoire qui est riche en rebondissements et tient son lecteur en haleine dans le plus pur style de la série, avec un petit côté tout est bien qui fini bien qui fait beaucoup pense aux dessins animés Disney.

Le Cinquième Éléphant, Les Annales du Disque-Monde, de Terry PratchettOn a évidement droit a de très bons dialogues et beaucoup d’humour ce qui transforme ce tome en une lecture légère et distrayante. C’est donc très drôle mais je ne l’ai pas vraiment trouvé très fin, comme si Pratchett usait une nouvelle fois des mêmes ficelles autour de ce personnage qui n’est « pas à sa place ». Les ficelles semblent donc un peu usées et j’espère que ce sera le dernier à sembler aussi éprouvé.

Je critique certes mais Le Cinquième Éléphant de Terry Pratchett reste tout de même un roman très agréable à lire et très bien écrit. Il nous tient en haleine du début jusqu’à sa fin, nous fait rire tout du long et on ne peut pas vraiment en décrocher. Mais voilà, il s’agit d’une sorte d’énième aventure rocambolesque de Sam Vimaire et le coup n’est plus aussi original qu’il a pu l’être. Un essoufflement pour un auteur fabuleux équivaut cependant à un très bon roman, et c’est bien ce que j’en ai lu.