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Effroyable Porcelaine de Vincent Tassy

Ou le coup de coeur absolu et surtout inattendu.

Serafina dans Critiques, Livres le 23 juin 2017, avec aucun commentaire
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Je vous l’ai dit, on est allé au Hellfest en train, donc on avait emmené de la lecture. C’était dabYo qui avait pris Effroyable Porcelaine, un roman jeunesse de Vincent Tassy aux Editions du Chat Noir. dabYo ne lit plus beaucoup, donc c’était un roman accessible. Au final, comme j’ai fini Winter People très rapidement, c’est finalement moi qui ai lu celui-ci, avec grand plaisir bien sûr. Synopsis ?

Sybille est une collégienne, qui à la chance d’avoir une maman fane d’antiquité et très tolérante, puisqu’elle laisse volontiers la jeune fille décorer sa chambre de noir, de chauves souris empaillées, et j’en passe et des meilleures. Alors qu’elle accompagne sa maman qui a pour mission de débarasser un château abandonné pour en revendre les biens, Sybille tombe sur une magnifique poupée de porcelaine : cheveux argentés, robe de deuil noire et yeux violets perçants. Immédiatement elle en tombe folle et obtient de la garder. Sauf que depuis ce moment, des choses étranges se passent et des cauchemars un peu trop réels hantent la collégienne.

Effroyable Porcelaine est un roman jeunesse, destiné aux jeunes ados, dès 9 ans. Il met en scène une famille particulièrement rêvée, un peu a la famille Addams sans le coté glauque, la maman et son compagnon sont rock n roll et très tolérants, les tantes de l’héroine sont trop cool et y’a pas a dire quand on est ado on a envie d’une famille pareille, surtout quand le job de la mère est de fouiller les manoirs abandonnés. Autant dire que les petits lecteurs devraient vite se sentir à leur place dans cette famille à laquelle il faut aussi ajouter Philémon, le meilleur ami de Sybille, un jeune ado pas très bien intégré, rejeté pour sa différence et qui a trouvé en la jeune fille une amie fidèle. On s’attache rapidement à lui.

L’autre grand avantage de ce roman c’est qu’il est illustré par la talentueuse Mina M. Ses illustrations en noir et blanc avaient déjà fait mon bonheur dans le roman de Cécile Guillot : La Jeune Fille au Corbeau. Elles permettent de très bien visualiser l’histoire, et ont un coté Tim Burton qui ne pourra que plaire. Elles sont dispersées régulièrement dans le roman et mettent en scène les moments clés.

Et puis petit a petit, on bascule vers de l’horreur (soft, bien sûr, on est dans de la jeunesse) qui fait un peu peur, un peu comme un Chair de Poule. Le roman alterne entre présent et flashback de la propriétaire précédente de la poupée, dans la fin du XIXème siècle. On comprend rapidement qu’il s’est passé des choses pas très drôles à cette époque et que cela pourrait bien être la cause des cauchemars qui hantent notre Sybille.

Le roman est bien écrit, et le suspens est palpable. Les éléments sont distillés petit a petit jusqu’au majestueux twist final, que je n’ai pas vu venir, même en étant adulte. Et là, je me suis rappelée a quel point j’avais adoré Mlle Edwarda, la seule nouvelle que j’aie lu de Vincent Tassy dans un recueil du Petit Caveau, qui avait été un coup de coeur. De roman d’horreur jeunesse, on passe a un roman avec un message d’espoir et de tolérance très fort, sur un sujet très séreux mais traité très justement et sans tergiversations. De plus, ce retournement s’accompagne d’une jolie référence à l’univers du manga (je ne peux pas croire que le prénom soit une coincidence, on me la fait pas ! Pas à moi ! ) alors je ne peux qu’applaudir des deux mains.

Bien sûr, ce twist n’arrive pas de nulle part, car en effet, tout est préparé plus tôt dans le roman pour se retournement de situation sans que je ne m’en sois rendue compte, et il débouche vers une ode à la tolérance très forte. J’ai été très touchée par la fin du livre et pourtant je ne suis pas dans la cible d’un point de vue âge. Mais le message est universel, et c’est un livre que je ne peux que conseiller. A la base, je l’ai lu pour l’univers assez gothique qui me parlait, mais je me retrouve à vous le conseiller pour les valeurs que ce livre met en avant. Les thématiques qui pourraient sembler lourdes, mais sont traitées intelligemment, et jamais le lecteur (pourtant jeune) n’est pris de haut et n’est infantilisé. C’est un livre qui porte un beau message et qui le fait bien. Croyez moi, je ne pensais pas encore à mon âge avoir les frissons pour un bouquin marketé jeunesse. Et pourtant Vincent Tassy y a réussi. Alors bravo, sincèrement, et à vous lecteurs, jetez y un oeil, et n’oubliez jamais d’être vous même.


Winter People de Jennifer McMahon

Serafina dans Critiques, Livres le 22 juin 2017, avec aucun commentaire
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Je n’avais pas forcément prévu de lire Winter People de Jennifer McMahon. Mais il se trouve que nous avons du nous rendre au Hellfest en train, le trajet voiture étant vraiment trop long depuis notre déménagement, et que j’avais 4h30 à tuer. Hors de question d’emmener mon roman de chevet, l’excellent mais énorme tome 2 des Archives de Roschar de Brandon Sanderson. J’ai donc opté pour ce petit roman de 380 pages sorti aux éditions Le Livre de Poche. Synopsis ?

1908, Sara vit dans le Vermont, et tient plus que tout a sa petite fille Gertie. Celle-ci a cependant un grave accident et Sara est folle de désespoir. Folle de désespoir au point d’essayer de la ramener d’entre les morts. De nos jours Ruthie reviens d’une soirée arrosée avec son copain pour découvrir que sa mère manque à l’appel. Quand à Katherine, a 200km de là, elle fait le deuil de son mari, disparu dans un mystérieux accident de voiture.

3 points de vues, qui vous vous en doutez se rejoignent à un moment où l’autre, unis autour de Sara et de son journal intime « Les visiteurs de l’autre rive« . Sara a en effet consigné par écrit tout ce qu’elle a fait et cela attire évidemment les convoitises. Nous suivons donc les points de vue de manière alternée, un moyen classique mais toujours efficace pour nous faire tourner les pages. Et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est efficace, puisqu’il m’a fallu moins de 4h pour le terminer. Il faut dire qu’il est aussi écrit assez gros.

Le style est assez simple, les phrases courtes mais percutantes, et il est facile de se plonger dans l’intrigue. Et du coup quel contraste avec les thèmes abordés qui sont loin d’être simples eux : le deuil, la perte de l’être aimé, jusqu’où la douleur peut elle nous faire aller. Ces thèmes sont ceux qui transpercent le roman, et tout ceci au coeur de l’hiver. Les journées sont courtes, la neige rend tout silencieux, et quelque part, cela rend l’atmosphère assez triste et désespérée. Sans être un roman effrayant, on a quand même une ambiance assez sombre.

Le personnage de Sara, devenue folle de douleur ne m’a pas spécialement touché. On assiste à sa déchéance et on comprend avec elle qu’elle est en train de faire des conneries, mais il est trop tard pour la sauver. Je me suis par contre pas mal attachée a Ruthie, la jeune adolescente qui se retrouve sans sa mère,  à devoir gérer sa petite soeur et toute la maisonnée. J’ai aussi beaucoup apprécié son petit ami, un mécano qui fume trop d’herbe, et qui est passionné par les phénomènes surnaturels. Ce qui l’aidera bien sur a explorer la piste occulte. Le fait que le personnage soit enclin a croire des histoires de revenants est du coup assez logique et bien amené.

L’intrigue est bien menée, chaque chapitre permettant d’éclairer les autres points de vue. L’escalade de violence de la fin, qui fait plutôt virer ce roman dans du thriller m’a semblé à la lecture un peu soudaine et extrême. Cependant, en écrivant la chronique, je me rappelle que c’est un roman américain, donc en soit, le fait qu’une personne se retrouve en possession d’une arme à feu est beaucoup plus banal qu’ici. C’est sans doute pour cela que j’ai trouvé ça exagéré, le lisant dans mon prisme d’européenne.

Vous l’aurez compris, c’est un roman fantastique que j’ai beaucoup aimé, qui traite de magie, mais aussi de thèmes forts comme le deuil, et de manière très honnête. Le roman n’est pas moralisateur et nous laissera nous interroger nous même sur jusqu’où nous serions prêt à aller dans ce genre de cas. Evidemment, je vous conseille plutôt de le lire à un moment où vous allez bien, car on ne peut pas dire que cela soit le roman le plus gai que j’ai lu. Il se lit bien, il donne envie de tourner les pages, et l’intrigue est rondement menée. Une belle découverte.


La jeune fille au corbeau de Cécile Guillot et Mina M.

Un roman gothique adapté à la dyslexie

Serafina dans Critiques, Livres le 2 juin 2017, avec aucun commentaire
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La jeune fille au corbeau est un roman jeunesse de Cécile Guillot illustré par Mina M. Il s’agit d’un court roman d’une centaine de page, avec les illustrations en noir et blanc. Synopsis ?

Frances est une jeune fille un peu étrange, qui parle avec un corbeau devenu son ami. Habitant à Londres, elle a effrayé ses parents en se levant la nuit pour déclamer des prophéties qui malheureusement se réalisaient. Ils l’envoient donc dans un pensionnat au coeur de la foret. Mais elle se rend rapidement compte qu’une ambiance bizarre y règne et que des jeunes filles disparaissent sans laisser de trace …

Ce roman est publié aux éditions Miroir aux Troubles et il a la particularité d’être imprimé de manière a être plus facile à lire pour les personnes souffrant de dyslexie. En effet, il est montré que l’espacement ou l’utilisation de polices particulières permettent de faciliter la lecture lorsqu’on est atteint de ce trouble. C’est donc une excellente initiative qui permet d’enrichir le choix proposé aux enfants, et permet aussi de les réconcilier avec la lecture.

Le roman est donc écrit gros, il y’a plus d’espace et la police permet de mieux différencier les lettres comme B ou D par exemple. Il est bien sur tout a fait lisible pour les personnes n’ayant pas de soucis. Le seul soucis est sur les passages censés être en italique. L’italique étant déconseillé pour la dyslexie, les passages en italique (quand le corbeau parle) sont juste écrit plus fin et je trouve que la différence entre le texte normal et « italique ».

Le roman est indiqué aux jeunes à partir de 9 ans, mais ce n’est pas pour cela que le style en souffre. On trouve la patte de Cécile Guillot, avec un texte facile à comprendre et qui ne simplifie pas les mots à outrance , le roman est donc aussi agréable à lire quand on est plus âgé.  Le roman est très parlant visuellement, pas besoin de descriptions à outrance pour s’imaginer dans ce pensionnat pour jeune filles un peu glauque et perdu dans les ronces. Le thème du roman est bien sûr plutôt sombre et plaira aux plus inclinés du coté sombre de la force : un pensionnat perdu en foret, une jeune fille qui parle au corbeau.

Le coté gothique de ce roman est renforcé par les magnifiques illustrations de Mina M qui ont pris un style très Burtonien, a base de personnages maigres aux grands yeux noirs. Autant dire que l’atmosphère m’a tout de suite plu. L’histoire étant jeunesse, elle est bien sur plutôt simple, il y’a une intrigue, et c’est tout. Les personnages bien que rapidement amenés sont tout de même très reconnaissables et leur portrait est brossé avec beaucoup de justesse, les dessins aidant à s’y attacher.

Vous l’aurez compris, c’est un livre que je ne peux que vous conseiller si vous avez dans votre entourage un enfant attiré par les atmosphères sombres. Qu’il souffre de Dyslexie ou non, le roman se lit très bien, et l’univers onirique devrait faire fonctionner leur imagination. Les magnifiques illustrations sauront aussi le captiver. Et surtout, je ne peux qu’encourager les initiatives permettant une lecture plus accessible à tous, quelques soit les difficultés.


Cela faisait très longtemps que je me disais que je devais lire To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur en FR) mais il a fallu une conjonction de circonstance assez inattendue pour que je l’ouvre enfin. Comprendre : j’ai cassé ma kobo au japon et le choix de livres en anglais sur place était plus que limité. J’ai donc entamé ce classique de la littérature américaine. Synopsis ?

Scout est une petite fille (6 ans au début du roman) qui vit en Alabama dans les années trente, avec son grand frère Jem et leur père Atticus, avocat de profession. La douce vie de tout les jours s’écoule, les enfants inventent des jeux, des pièces, des vies aux voisins mais en filigrane, c’est la vie de la campagne américaine qui nous est décrite, avec l’horreur banale de la ségrégation raciale.

Honnêtement, je n’avais aucun apriori sur le livre, j’ai été donc contente de découvrir un roman sur l’enfance, avec une narration a la première personne effectué par une Scout adulte, qui se replonge dans ses souvenirs d’enfance. Le narrateur a donc du recul par rapport aux scènes qui sont présentées, mais sans en surjouer. Scout adulte nous éclaire sur certaines choses que la Scout de 6 ans n’avait pas pu ou su comprendre. La première partie du livre est une successions de chapitres assez indépendants, qui mettent en place nos héros, leurs jeux de jardins, leurs voisins. En effet, comme tous enfants, ils imaginent que la maison toujours fermée à coté est hantée par un voisin monstrueux, ils font des farces ou massacrent les camélias de la vieille mégère. Ils sont punis, essaient de sortir le soir, bref, des enfants. C’est juste, et qu’on soit en Alabama dans les années 30 ou à St Julien sur Cher dans les années 90, les jeux sont les mêmes, on peut totalement s’identifier.

Ces petits chapitres sont étonnamment captivants, surtout qu’on comprend petit a petit qu’il se passe des choses pas très drôles dans l’Amérique de cette époque, des choses qui pèsent plus à Atticus et a Calpurnia, la femme de ménage noire, et qui sont en filligrame. Cette critique sociale prendra son importance dans une deuxième partie moins drôle et moins innocente. La dessus le livre est très bien construit, nous emmenant de l’innocence de l’enfance à la dure réalité.

To Kill a Mockingbird est paru dans les années 60 ce qui explique son succès à l’époque, puisqu’on était en pleine lutte pour les droits civiques, mais si le roman est devenu un classique c’est pour son universalité. Ce roman a marqué durablement la littérature anglo-saxonne, et du coup, sans que je ne le comprenne beaucoup de livres que je connaissaient référencaient ce classique. Si vous vous interessez à la littérature anglo-saxonne et que vous avez une envie d’un récit un brin nostalgique, vu des yeux d’une enfant sans être candide ou débilitant ne repoussez pas plus longtemps votre lecture de To Kill a Mockingbird.

Sachez cependant, si vous envisagez la VO que le niveau est soutenu. Et contrairement à ce que la librairie japonaise disait, il vous faudra bien plus que 700 au TOIEC pour comprendre, sachant que me considérant comme fluent en anglais j’ai parfois peiné. Les dialogues sont souvent en argot, et c’est clairement pas la chose la plus aisée. Cependant, le style est agréable et ça se lit bien. Je serais bien sûr incapable de vous donner un avis sur la traduction francaise.

Et vous, avez vous lu ce classique ?

 


Sword Art Online de Reki Kawahara

Tome 001 - Aincrad

illman dans Critiques, Livres le 26 avril 2017, avec aucun commentaire
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Sword Art Online de Reki Kawahara est un Light Novel illustré par abec, publié en France par Ofelbe et traduit par Rémi Buquet. Pour contextualiser, les Light Novel sont un genre de la littérature japonaise qui vise un public de lycéens et d’étudiants, plutôt jeune adulte donc (l’âge c’est dans la tête). Ils sont caractérisés par des paragraphes courts, beaucoup de dialogues, sont courts en général (je n’ai pas encore vu au dessus de 300 pages) et sont garnis d’illustrations. Celui dont je vais parler ici est sans doute l’un des plus connus. Sword Art Online (SAO) compte 19 tomes au Japon, possède 3 séries de Light Novel dérivés, a été décliné en manga (chez Ototo), en série d’animation (Wakanim, Netflix) qui a contribué à faire connaitre la série à l’internationale en 2013, en jeux vidéos sur les consoles Sony, etc…

L’édition française comprend dans son premier tome la compilation des deux premiers ouvrages japonais, l’arc Aincrad, du nom de la forteresse de SAO. Le premier livre narre les aventures de Kirito coincé dans le jeu de réalité virtuelle Sword Art Online, un jeu de rôles de fantasy sans magie. Il est avec des milliers d’autres joueurs captifs de ce monde, leur seul espoir de regagner le monde réel est de terminer le jeu qui compte 100 étages, mais tout se complique car la mort dans le jeu signifie la mort dans le monde réel.

Le second livre est une compilation de quatre nouvelles de qualité assez inégales, voire un peu hors sujet à mon gout pour celle avec la dresseuse de monstres, mais que voulez vous, il fallait introduire masse de perso féminins pour contenter le public. C’est sympathique pour prolonger l’expérience dans l’Aincrad mais l’intérêt est assez limité vu que chronologiquement, elles se passent vaguement en intercalaire dans le livre premier. Je vais faire l’impasse sur cette partie pour la suite pour ne me concentrer que sur l’histoire principale.

L’auteur a eu l’air d’avoir le cul entre deux chaises au début, s’embêtant à expliquer des principes de MMORPG qui a mon humble avis sont connaissances communes du public visé, ce qui plombe un peu le tout début de l’aventure. Une fois ce léger écueil passé, c’est du tout bon. Ça enchaîne à fond la gomme, pendant les 250 pages de l’aventure, rares sont les temps morts qui, lorsqu’il existent, servent à développer les relations entre les deux principaux protagonistes, Kirito et Asuna. Les combats sont assez jouissifs, celui du 74 étage déchire, et la menace de mort qui plane sur les personnages malgré que ce soit un jeu rajoute de la tension à ces affrontements.

Niveau univers, c’est un monde fantasy de MMO assez générique, on trouve à peu près tout ce qui fait un MMO, avec quelques particularités propres à SAO trop peu nombreuses à mon avis. Il y’a du craft, des guildes, du farm, du grinding et surtout ce qui rajoute encore un touche de piment, les PK. Dans un jeu mortel comme SAO, on trouve des Player Killer, des chasseurs de joueurs, c’est sacrément glauque et tuer des joueurs laissera sa marque sur certains protagonistes.

Les personnages principaux sont un peu typés, entre Kirito le joueur solitaire et surpuissant et Asuna, la digne représentante des épéistes de sa guilde basant ses aptitudes sur la vitesse. Les autres personnages humains se concentre en général sur un archétype de classe de MMO, le samouraï, l’artisan, chevaliers, etc… Mais en dehors de Agil et Klein ils sortent peu du lot. Disons que l’auteur s’en garde largement sous le coude pour les tomes suivants en ce qui concerne le développement des persos, cet aspect restant encore assez light ici.

Premier Light Novel que j’ai pu avoir entre les mains, j’avais de grandes attentes suite au visionnage de l’anime, je n’ai pas été déçu. Le maître mot de cette aventure, c’est certainement efficacité. J’aime le style direct inhérent au genre avec des grands morceaux de bravoure. Je suis quelque peu devenu accroc aux Light Novels, heureusement pour moi Ofelbe est spécialisée dans le domaine et propulse sur nos rayons quasiment une dizaine de référence avec bien sûr SOA en fer de lance qui vient de voir son tome 5 (regroupant les tomes 9 & 10 japonais) sortir pour démarrer l’arc le plus long de la franchise (9 tomes japonais). Une chose est sure, je vais pouvoir continuer à suivre les aventures de Kirito pendant encore un bout de temps.


Vengeance de Fabrice Colin

Peplum Vengeance

illman dans Critiques, Livres le 11 mars 2017, avec aucun commentaire
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Vengeance est un roman de fantasy de l’auteur français Fabrice Colin paru en 2001 chez Bragelonne. Acquis il y’a bien longtemps lors d’une opération de Bragelonne sur ses ebooks, il attendait bien sagement depuis une occasion de briller. Elle s’est présenté lorsque j’étais désemparé dans un coin où la technologie est taboue (le Loir-et-Cher) et est venu me sauver de mon ennui. Mais ce bouquin a t’il remplir son rôle ?

Barkhan est un orphelin recueilli par le frère de l’empereur après le massacre de son village par les monstrueux Senthaïs, créature grotesques et terrifiantes. Malheureusement la trahison s’immisce dans les couloirs du palais et lorsqu’elle frappe, Barkhan se retrouve à fuir la capitale impériale pour sauver sa vie. Il entame une fuite en avant qui le mènera sur les rails de la vengeance.

Au niveau du style de l’histoire, pour vous faire une idée un peu plus précise, c’est une sorte de mélange entre Le Comte de Monte-Cristo de Alexandre Dumas en plus rentre dedans et  Legende de David Gemmell en moins épique. Dis comme ça j’avoue que ça ne doit pas sonner folichon mais l’auteur s’en tire plutôt bien. Je trouve juste le rythme assez déséquilibré, il se passe peu de choses pendant la première moitié, puis vient une ellipse narrative et nous voilà parti à 200 à l’heure. En plus j’ai eu la désagréable impression que des trucs vraiment sympas s’était passé pendant cette fameuse ellipse et que j’aurai bien aimé en savoir plus. C’est qu’il dure 25 ans ce trou pour nous prendre au retour à moitié pour des andouilles avec des personnages qui ont des noms différents mais qu’on capte dès le premier paragraphe qui ils sont.

En fait j’ai trouvé le roman assez frustrant parce que l’auteur balance énormément de pistes de développement mais au final n’exploite pas une grande majorité d’entre elles. Sérieux, ramener les morts à la vie et ne s’en servir que pour un personnage sans envergure c’est un peu raide. C’est ça en fait, il y’a un goût de trop peu qui ressort une fois le bouquin terminé, il en faut encore.

L’univers du roman est plutôt sympa, calqué sur notre antiquité romaine. Ce n’est pas dur d’imaginer la capitale impériale comme une sorte de Rome et l’immense désert que le héros travers comme le Sahara. Franchement il manquerait juste du combat dans une arène pour compléter le tableau. En plus les « gros » méchants, les Senthaïs, créatures démoniaques au possible ont un petit gout de Huns qui s’avance inexorablement sur l’empire. Ce ne sont pas bien sûr les uniques antagonistes, mais ce sont ceux qui représentent une menace constante pendant tout le roman, la rumeur de leur venue faisant toujours partie de préoccupations des personnages. J’ai juste eu du mal à imaginer ces bestioles avec leurs montures qui crachent de l’acide et qui nécessite au moins 5 humains pour en venir à bout, les descriptions étant un poil trop vague pour ma compréhension.

Pour l’édition ebook et contrairement à d’autres portages à ce format de cet éditeur, j’ai trouvé le texte moins charcuté et à l’exception de quelques passages où on sent que le saut de page s’est transformé en simple retour à la ligne, pas grand chose à signaler. Il est à noter qu’étant donné l’âge du roman c’est soit l’occaze soit l’ebook si vous souhaitez vous pencher sur cet ouvrage pour pas trop cher. Malgré ce que j’ai pu trouver de négatif et frustrant à l’oeuvre, j’ai dévoré les plus de 300 pages de ce roman et je pense qu’il vaut largement le coup d’œil. En attendant je vais aller voir ce que cet auteur a sorti d’autre.


Le dernier lapon de Olivier Truc

Immersion dans le grand nord

Serafina dans Critiques, Livres le 4 mars 2017, avec 2 commentaires
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Dernièrement, j’avais envie de changer un peu mes lectures, et j’ai entendu à France Inter une bonne critique de ce roman policier : Le dernier Lapon de Olivier Truc. Ce polar se passe dans le nord, mais le vrai de vrai nord, à savoir la Laponie. Et il se passe dans les premiers mois de l’année alors que la nuit règne en maitre sur ces étendues glacées. Synopsis ?

Nina et Klemet sont policiers, et plus précisément membre de la Police des Rennes. Cette brigade a pour terrain assigné la Laponie, autant suédoise, finlandaise que norvégienne. Ils sont chargés de résoudre les conflits entre éleveurs de Rennes, qui représentent l’élevage traditionnel de cette région. Généralement, ils ne traitent jamais de sujets très grave, mais aujourd’hui est différent. Tout d’abord un tambour Lapon a été volé au Musée de Kautokeino, et puis surtout un éleveur est retrouvé assassiné.

Ce roman est écrit par Olivier Truc correspondant pour Le Monde dans les pays Nordiques. Cette expérience lui permet de nous proposer un polar qui traite de la question Lapone. Les Lapons (Samis en VO) sont le peuple autochtone de la Laponie, qui ont été plutôt maltraités par les Scandinaves à priori, évangélisés, et sont aujourd’hui victimes de discriminations. Ils essaient de faire perdurer leur culture unique. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’enquête de Klemet et Nina. Klemet est lapon, alors que Nina vient du sud de la Norvège, elle est donc le regard vierge par qui nous découvrons cet univers.

J’ai trouvé le coté « documentaire » très intéressant, car je ne connaissais pas ce sujet et on sent que l’auteur s’est réellement documenté sur la question en essayant de présenter avec fidélité et respect la culture lapone. Le problème c’est que c’est à peu près la seule chose que j’ai trouvée d’interessante dans le roman. D’abord le rythme est très lent, et je n’ai pas réussi a entrer dans l’intrigue. Comme dans tout bon polar de ces dernières années, nous avons plusieurs intrigues entremêlées, des héros qui ont des parts d’ombre dans leur passé, et tout fini d’une manière ou d’une autre par ce rejoindre. Le problème c’est que beaucoup de ces intrigues secondaires m’ont semblées totalement vides d’intérêt, ne faisant pas avancer l’intrigue. Nina a vécu un événement douloureux et des flashback arrivent comme un cheveux sur la soupe sans qu’on sache pourquoi, au final, cela ne sert a rien dans l’histoire. Ca ne donne même pas forcément de personnalité à la jeune femme, puisqu’elle ne semble pas réagir en fonction. Et c’est Nina, mais c’est Klemet, mais aussi Aslak l’éleveur,

De même, il est vrai que il n’y a pas énormément de population dans ces contrées reculées mais tout de même les coincidences se font nombreuses et un peu trop tirées par les cheveux, surtout quand on parle de coincidences liées à des événements qui datent de plus de 30 ans. Du coup, j’ai trouvé ça trop facile, au bout d’un moment il n’y avait plus de mystère tellement dès qu’on parlait de quelqu’un qui avait trempé dans un truc louche y’a 30 ans, j’étais sure que c’était en rapport avec un des protagonistes.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été conquise par ce polar, je n’ai pas tourné avidement les pages pour découvrir le coupable. A la fin, je me forcais à le lire pour le finir, car il m’ennuyait. Ce roman a pourtant gagner plusieurs prix, et a eu pas mal de chroniques positives, mais il n’étais clairement pas pour moi.


Pourquoi Tokyo ? de Agathe Parmentier

Serafina dans Critiques, Livres le 10 février 2017, avec aucun commentaire
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Pourquoi Tokyo ?  est un livre paru aux éditions du Diable Vauvert, qui m’a attirée au vu de son synopsis, proche de ce que je m’apprête à faire. Il raconte en effet l’année que l’auteure Agathe Parmentier a passé au Japon, avec son visa Vacance-Travail (appelé aussi PVT).  S’installant dans la capitale, dans une chambre digne d’une étudiante, elle va enchaîner les petits boulots ce qui comporte notamment le fait de jouer un cadavre dans une émission policière ou encore devoir regarder 4h de vidéo gags. Elle nous raconte là son quotidien de Gaijin au pays du soleil levant.

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Avec un tel synopsis je ne pouvais que être fane, puisque nous nous apprêtons aussi a partir en PVT l’année prochaine. J’étais intriguée et curieuse de lire comment une autre française s’en était sortie. Si Agathe avoue ne pas parler japonais du tout, elle arrive tout de même a s’en sortir et à vivre à Tokyo avec pas grand chose de fixe. C’est rassurant. Les chapitres sont fait sous la forme de billets de blogs, racontés à la première personne. Le style de l’auteur est plutôt clair et net, facile à lire.

CVT_Pourquoi-Tokyo-_9566Et c’est malheureusement là que s’arrête tout le bien que je vais dire de ce livre puisqu’en réalité, je ne l’ai pas du tout aimé. Plusieurs raisons à cela. La première c’est que c’est comme tomber sur un blog, au détour de l’internet et non un roman construit. On reste en superficie. Chaque chapitre fait rarement plus de 4 pages, écrit assez gros, et du coup, on reste clairement sur sa faim. Aucun sujet n’est creusé, on ne comprend pas bien pourquoi l’auteure décide par exemple de passer 12h dehors dans tel ou tel quartier : est-elle en mission pour un magazine ? Pour le fun ? Les chapitres n’ont pas de lien les uns avec les autres et sont plus des scénettes de vie prises séparément. Peut-être dédié aux plus néophytes que moi il faut aussi ajouter qu’on n’apprend pas grand chose sur le japon au delà des clichés. Oui ils aiment le karaoké, la bouffe est bonne, ok… La seule originalité sera de mettre en avant les SDF japonais souvent rayés de la carte (postale).

Bref, autant le format blog est sympa pour un blog, mais pour un bouquin vendu grand format à environ 15€ c’est un poil abusé, surtout que j’ai depuis réalisé que l’intégralité ou presque des articles est en ligne sur son blog perso donc. Si le style clair de l’auteur est facile à lire, j’ai eu cependant plus de mal avec son ton. La française est blasée et n’encense pas le japon, ce qui n’est pas un mal puisque tout n’est pas rose, mais on a tout de même l’impression (probablement faussée, mais on est à l’écrit) qu’elle est très condescendante voir méprisante, ce qui n’est pas très agréable comme sensation.

Les articles étant écrits de manière assez impersonnelle, il faut dire en plus qu’on ne s’attache pas beaucoup à l’auteure, on sait a peine qui elle est et ce qu’elle fait. Cela peut être volontaire de s’effacer mais dans le cas présent ça m’a totalement empêchée de rentrer dans l’intrigue ou de ressentir quoique ce soit avec le personnage. Vous l’aurez compris, cette lecture ne fut pas très passionnante malgè le fait que j’étais pourtant le public Je ne vous recommande donc pas spécialement cette lecture.


La Voix du Sang, Blood Song T1 de Anthony Ryan

Serafina dans Critiques, Livres le 11 janvier 2017, avec aucun commentaire
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Blood Song est une saga de Fantasy écrite par Anthony Ryan, dont le premier tome La Voix du Sang est récemment sortie chez Milady après être passée par le grand frère Bragelonne. Ayant récemment renoué avec la fantasy, je me suis lancée dans ce gros premier tome de 850 pages avec entrain. Synopsis ?

Vaelin Al Sorna est le fils du Seigneur de Guerre du Royaume Unifié. Il aurait pu succéder a son père si il n’avait été confié dès son plus jeune âge au Sixième Ordre, une sorte d’ordre monacal de guerriers. Entraîné pendant toute sa jeunesse au maniement des armes et à la survie, il découvre rapidement qu’il est un guerrier extrêmement doué et que sa destinée semble écrite dans le sang.

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Pour être tout a fait honnête, il faut reconnaître que le pitch est pour le moins classique. Un mec qui apprend a devenir un guerrier, via un ordre super strict, qui devient un guerrier ultra badass, merci, mais c’est de la fantasy que je connais. Le pitch n’est pas original, mais cependant, j’ai été plutôt charmée par la première partie du roman qui se concentre sur l’apprentissage de Vaelin. En effet, nous découvrons ce fameux Sixième Ordre, ordre guerrier, les camarades de Vaelin, et les épreuves qui vont les attendre pour pouvoir finalement achever leur formation. Les épreuves sont variées, bien étalées dans le temps, et ménagent le suspens : ils sont envoyés seuls survivre dans la nature, passent pas des épreuves de type gladiateurs, ce n’est certes pas le truc le plus original, mais c’est bien écrit et bien construit.

Le roman alterne avec des moments au présent qui se déroulent alors que Vaelin à un certain âge et raconte son histoire avec ses flashbacks. Ce procédé, déjà vu dans d’autres monuments du genre comme Le Nom Du Vent peut ajouter du relief a l’histoire, voir une tension dramatique. Cependant, ici, j’ai trouvé que les aller-retours dans le présent était plutôt confusants, et n’amenaient pas grand chose à l’histoire. Car en effet, les événements du présent sont très très éloignés de toute la première partie, et ne commencent qu’à devenir intriguants que sur la deuxième  partie soit après 400 pages.

Blood song by Anthony RyanEt malheureusement, la deuxième partie est celle qui pèche pour moi. En effet, si la première partie est un roman d’apprentissage, on suit les aventures de Vaelin sans réellement le connaitre. Bien que le narrateur soit omniscient, nous ne comprenons que peu Vaelin, celui-ci a malheureusement peu de reliefs et de traits de personnalités. Là, après avoir fermé le roman, je suis incapable de décrire le caractère de notre héros. Il répond aux événements, et il est courageux ok, mais nous découvrons dans la deuxième partie qu’il est très pieux, ce qui a peu été abordé auparavant par exemple. De ce fait, ses décisions de guerrier m’ont parfois semblé  sortir de nulle part, sans autre fondement que servir l’intrigue. Autant le fait de voir un Vaelin « suiveur » n’était pas gênant dans la première partie où il était apprenti, autant dans la deuxième partie, cela rend l’intrigue beaucoup moins palpitante. J’ai eu du mal a saisir les enjeux et comprendre les réactions de notre héros. De même ses pouvoirs et notamment cette voix du sang qui donne le titre au roman est abordé de manière très tardive et arrive un peu comme un cheveux sous la soupe.

L’univers semble assez fouillé, et je ne doute pas que l’auteur ai tout cela très clair dans sa tête, malheureusement, beaucoup de zones restent dans l’ombre, et il est difficile de comprendre réellement les tenants et aboutissements des intrigues politiques et intrigues de pouvoir.  J’ai donc plus eu l’impression de regarder un film sur cette deuxième partie que de réellement rentrer dedans et vibrer pour les héros. De ce fait malheureusement, l’essai de la première partie ne semble pas transformé et en refermant le gros premier tome, je n’avais pas spécialement hâte de lire la suite. Bien que la fin soit ouverte, je n’avais aucune anticipation par rapport à une suite potentielle. Pourtant, je ne doute pas que les aspects peu évoqués comme la magie, à peine abordée ici, y seront plus développés.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas spécialement séduite par ce premier tome. Sans être une lecture désagréable, elle n’a pas réussi à me tenir en haleine et me donner envie de continuer plus avant avec Vaelin. Son faible développement psychologique et l’univers au final assez cliché ont eu raison de mon enthousiasme. Je vous conseillerais cette saga uniquement si vous cherchez de la fantasy de base, sans plus.

 


La Maison des Morts de Sarah Pinborough

dabYo dans Critiques, Livres le 18 décembre 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Parmi les sorties de cette fin d’année on retrouve chez Milady un très beau petit livre relié entre le grand format et le proche, et avec une tranche toute noire. Ce n’est autre que La Maison des Morts de Sarah Pinborough, tout juste traduit par Florence Moreau. Il s’agit d’un récit à la croisée des genres, entre littérature jeunesse, science fiction, horreur et histoire d’amour. Avec un aspect général aussi travaillé, la loi des belles couvertures pouvait nous laisser craindre le pire sur son contenu, mais abrégeons le suspens car il n’en est rien. Synopsis de ce très bon roman.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough

Toby tout comme les trois autres occupant du dortoir numéro 4 attend la mort avec angoisse. Il essaye de se le cacher, mais lui aussi a peur. Ils ont tous peur, les enfants de La Maison des Morts, tous malades qui sont, enfermés là en attendant que la maladie se déclenche pour disparaitre en quelques jours comme s’ils n’avaient jamais existé. Leur vie d’avant n’a plus aucun sens depuis qu’ils ont été dépistés comme porteur du gêne déficient.

Nous allons donc suivre la vie de Toby dans ce qu’ils surnomment la Maison des Morts, une sorte d’asile fermé dans lequel sont regroupés les enfants dont les tests sanguins ont révélé la mystérieuse maladie. Nous n’avons aucune idée de ce que fait cette maladie, et les enfants ne le savent pas non plus. Tout ce qu’ils en savent, c’est qu’elle se déclenche sans préavis et qu’à ce moment là, le malheureux élu fini par disparaitre en quelques jours. Pas n’importe où, au sanatorium dont personne ne revient jamais, partant sur un brancard par l’ascenseur au centre du bâtiment et emmené par des infirmières qui ne parlent jamais.

La narration est à la première personne, c’est donc les états d’âme de Toby que nous allons connaître. Ses relations avec les autres enfants de la maison, ses connaissances sur la maladie, son état d’esprit, sa vision de la mort et de l’enfer que représente la Maison. C’est un personnage attachant mais aussi très sombre, ce qui participe en grande partie à l’ambiance du roman qui est hautement dépressive. De facto, être enfermé dans un endroit pour y attendre la mort a de quoi rendre fou, mais comme il s’agit d’enfants au développement intellectuel différent, on y voit tout un panel de réactions possibles et ce côté est plutôt très bien écrit.

Le roman de Sarah Pinborough ne vise pas le réalisme absolu, mais tient franchement la route sur ces points là. Chaque enfant qu’on apprendra à connaître à travers les yeux de Toby a une personnalité, sa façon de réagir à la situation, un comportement particulier. L’histoire ressemblerait presque à un huis-clôt et le fait qu’ils soient tous enfermés, tous se sachant condamnés, fait tout de suite monter la pression pour le lecteur. On a vraiment le sentiment que tout peut exploser à tout moment, qu’il suffit d’une étincelle pour mettre le feu à l’ensemble.

Ce sentiment augmente au fil de la lecture car Toby, initialement résigné et attendant sa mort sans vraiment se permettre de vivre, est comme réveillé par l’arrivée de nouveaux résidents. Il les avait tout d’abord copieusement ignoré, eux qui viennent déranger son train train quotidien, jusqu’à ce que l’une d’eux découvre son secret. S’engage alors l’histoire de notre roman, l’histoire d’amour entre deux adolescents. On voit tout de suite le problème d’une telle histoire quand la fin en est déjà écrite pour les deux protagonistes.

La Maison des Morts de Sarah PinboroughEt c’est là où La Maison des Morts est à la fois superbe et horriblement cruel. Cette pression qui était déjà présente s’intensifie, car on a aucune envie de voir l’histoire de Toby mal se terminer. C’est une histoire d’amour que l’on entrevoit arriver mais qui est superbement bien écrite, et qui donne forcément l’espoir au lecteur de la voir se terminer d’une heureuse façon. Cette histoire de maladie est elle vraie ? N’est il pas possible de s’enfuir ? Ne gâchons pas le plaisir de la lecture, mais ces questions poussent le lecteur dans une situation assez difficile, où l’on sait que tout risque de basculer à chaque nouvelle page, page qu’on ne peut s’empêcher d’avoir envie de tourner.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough est donc une très belle lecture, celles qui du premier abord semblent anodines mais qui finissent par vous absorber tout entier jusqu’au dénouement final. Une fin plus que réussie qui marque et laissera de la lecture du roman un souvenir marquant.