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Pieds d’Argile de Terry Pratchett

dabYo dans Critiques, Livres le 15 mai 2013, avec aucun commentaire
Critiques

Après avoir re-goûté aux Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett avec Le Guet des Orfèvres, je n’avais qu’une hâte: y retourner. Il faut dire que l’univers du britannique est complètement passionnant et se lit si facilement qu’on a toujours envie d’en relire. J’ai donc décidé de continuer de découvrir les aventures de Vimaire avec Pieds d’Argile, troisième tome de la sous-série Le Guet. Synopsis.

Pieds d'Argile de Terry Pratchett

Deux cadavres retrouvés, deux meurtres hors-la-loi qui n’ont à priori aucun lien, si ce n’est quelques traces d’argile par terre. Heureusement, le guet et son capitaine divisionnaire Vimaire peut compter sur l’une de ses nouvelles escouades pour résoudre l’affaire: le département de la police scientifique. A sa tête, Hilare Petitcul, un nain ex-alchimiste qui n’aime pas les chansons sur l’or, ni l’or, et encore moins rechercher de l’or.

Pieds d'Argile de Marc Simonetti

Une possible couverture signée Marc Simonetti

Je dois bien avouer qu’il est assez difficile de parler des romans du Disque-Monde sans avoir l’impression de se répéter. Terry Pratchett est d’une constance à toute épreuve, que ce soit dans son style, dans l’humour ou dans la qualité et la pertinence des situations.

Avec cette nouvelle aventure, Le Guet continue d’être une série pastiche d’enquêtes policières et la résolution du double meurtre va évidemment être le centre de notre histoire, autour de laquelle vont graviter des péripéties rocambolesque. Car Vimaire semble bien être au centre d’une machination, si ce n’est même un complot ourdi contre Vétrini, le vénérable et sage patricien qui dirige la ville d’une main de fer depuis près de 10 ans.

Pieds d’Argile continue de nous dépeindre le côté loufoque et sans queue ni tête de l’organisation d’Ankh Morpork, bien loin de notre réalité et très absurde. Empêcher les gens de voler s’avère beaucoup plus difficile que de faire un permis de voler. Les meurtres sont tout ce qu’il y a de plus légal quand l’assassinat est correctement encadré par la loi, avec une mise à pris et des assassins dignes de ce nom (et fiers de leur art). C’est fait à base de petites digressions Pratchettiennes et c’est tout simplement divin, l’absurde de l’organisation de cette ville est délicieuse.

Pieds d'Argile de Terry Pratchett

A côté de ça, on continue de parler minorités et discrimination, que ce soit ethniques, sur les coutumes ou encore, sur le sexe. Il est d’ailleurs marrant que je me sois retrouvé à lire ce bouquin en pleine tempête dans la communauté geek puisqu’il s’agit d’un de ceux traitant du sexisme. Nous suivons en effet deux heroïnes qui travaillent au Guet, et qui donc subissent leur lot de remarques désobligeantes. Bien sur, on est face à du Pratchett et ces remarques nous font rire tout en relevant le problème sous-jacent. On quitte aussi le territoire des conflits raciaux pur et dur pour atterrir à ceux de l’endoctrinement des religions, Golems oblige.

Pieds d'Argile de Terry PratchettMais avant de vous conseiller de vous lancer dans la lecture, je me dois de saluer le travail titanesque et génialissime que l’auteur a fait sur ses deux policiers un peu cons mais terriblement attachants que sont Fred Côlon et Chicard. A la foi affreusement cynique et cruellement candides, ces deux soldats de la vieilles ont des dialogues qui ne peuvent que rendre justice à la qualité du travail de Patrick Couton qui assure la traduction.

Au final, Pieds d’Argile de Terry Pratchett a été une fois de plus un grand moment de lecture, le genre qui donne de quoi réfléchir tout en ayant un côté effroyablement positif. Il n’est pas le meilleur roman de la série, il n’est pas particulièrement réussi vis à vis de la qualité des œuvres de l’écrivain, mais il fait plus que le travail. Fin, drôle, bien écrit et très bien traduit, chaque page est un festival de situations absurdes mais géniales. Je dois vous avouer que je n’ai qu’une hâte, me jeter sur Va-t-en-guerre.


Je continue mon séjour parmi la collection Pandore du Pré-aux-Clercs avec La Griffe et le Sang de François Larzem, sorti un peu plus tôt dans l’année. Comme le reste de la collection, il s’agit d’un roman Young Adult, destiné à la jeunesse donc, et écrit par un auteur français. Avec une très jolie illustration de Benjamin Carré et une quatrième de couverture qui évoque le comte Dracul, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Synopsis.

La Griffe et le sang de François Larzem

Mina est une jeune tzigane qui voyage avec sa mère dans leur roulotte vers les Carpates, une terre qu’elle n’a encore jamais foulée mais pour laquelle son père ne manquait pas d’éloges… Verdoyante, paisible, il y ferait bon vivre et surtout, elles seraient enfin à l’abri de la haine et des violences dont son peuple est victime. Mais le voyage sera dur et il n’est rien de moins sûr que les Carpates répondent vraiment à leurs attentes…

François Larzem

François Larzem

Pour être honnête je dois dire que je n’étais pas forcément enthousiaste au début de ma lecture. Une réécriture jeunesse de Dracula ? Hm, ça tombe peut être mal, je viens justement de lire l’original de Bram Stoker. Une version jeunesse ? Voilà qui ne me convainc pas bien plus.

On est donc face à un roman narré à la première personne par Mina, jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche. C’est relativement classique pour le genre, mais ce n’est clairement pas le genre de narration que je préfère. Toujours est il que notre jeune Mina est donc relativement effrontée et surtout très intelligente. Une sorte de jeune effrontée qui m’a assez exaspéré, certes c’est relativement habituel pour un comportement d’aujourd’hui, mais je n’ai pas franchement trouvé que cela collait à l’époque.

Mina s’exprime en effet d’une manière relativement moderne, et on pourra du coup se poser quelques questions sur ses expressions qui ne font pas du tout gamine du XVIIIème. Du coup, on se retrouve face à des phrases qui choquent, ou qui donnent l’impression d’être incohérentes. Il y a de nombreuses références géographiques dans le roman, et du coup, parfois on se demande quand même comment cette tzigane peut trouver que cela sent l’océan alors qu’en toute logique, elle ne l’a jamais vu, cet océan.

La Griffe et le sang de François LarzemL’histoire est donc une fuite en avant de Mina et sa mère face à la cruauté du monde. Il faut bien dire qu’à ce niveau là, François Larzem met le paquet et son monde est franchement détestable, cruel, raciste. Malheureusement, c’est un peu too much et on a l’impression d’être face à l’éternel recommencement du même scénario, le tout avec un cliffhanger sur la dernière phrase du chapitre.

Ma chronique doit être un peu floue et pour cause, je n’ai pas réussi à me faire une vraie opinion de La Griffe et le Sang. J’ai trouvé que ça n’était ni un bon livre, ni un mauvais. Il est de ces livres qui sont frustrants car on sent largement le potentiel sans qu’il ne soit vraiment utilisé, pleinement maîtrisé. On ne voit pas très bien où l’auteur veut en venir, l’histoire principale est un peu légère et surtout assez grosse et prévisible. Bref, c’est dommage.


Zombie Island, Zombie Story Tome 1, de David Wellington

Mon petit Zombie

illman dans Critiques, Livres le 3 mai 2013, avec 4 commentaires
Critiques

Zombie Island est le premier tome de la trilogie Zombie Story de David Wellington, une série évidemment consacrée aux zombies. L’auteur a commencé cette série sur son site web, publiant chapitre après chapitre avant de se faire repérer par un éditeur et le de faire publier le premier tome en 2006 sous le titre Monster Island. Chez nous, c’est Milady qui s’occupe de nous l’amener sur les rayonnages depuis 2010, et pour ma part je me suis procuré l’édition numérique Kindle.

Zombie Island, Zombie Story Tome 1, de David Wellington

L’apocalypse zombie est arrivé, Dekalb est un membre américain de l’ONU qui était en poste en Afrique avec sa femme et sa fille. Maintenant il n’a plus que sa fille et se réfugie en Somalie, pays où l’on compte le plus d’armes de guerre par habitant. Mais voilà il va falloir qu’il se rendes utile pour rester et la condition c’est une expédition commando à New York pour récupérer des médicaments. Au milieu de ce bazar, son équipe va croiser quelque chose d’atypique, un zombie qui parle.

David Wellington

David Wellington

Wellingtonprend les classiques des zombies et les reprend à sa façon au lieu de bêtement se contenter de leur « mythologie » habituelle. Ici on a affaire à une sorte de super zombie, une sorte d’exception, il parle et est capable de tenir les mêmes raisonnements que lorsqu’il était vivant. Et rien que ça, ça rend l’ensemble plus sombre par moment. Imaginez être pourchassé par un être qui veut vous bouffer férocement et qui en plus vous parle pour vous amadouer avec ses manières de dandy, ou bien vous faire encore plus peur. C’est sans compter que l’auteur ne se contentera pas de ça et réserve des surprises zombiesques qui montre qu’il a cherché à nous changer du zombie classique.

Pour les gentils on est gratiné aussi, Delkab est une vraie tête à claques avec sa petite morale et son aversion des armes. Heureusement qu’il évolue au long du roman sinon ça aurait été insupportable. Il est accompagnés par un petit détachement de femmes soldats somaliennes toutes totalement embrigadées et fanatiques, bref un vrai clash des civilisations. L’auteur joue beaucoup sur ce conflit notamment par les yeux de Delkab lorsque les jeunes femmes découvre des objets atypiques pour elle mais si commun pour nous et qu’elles s’en émerveillent, ou encore par le regard méprisant que porte ces femmes au peureux et moraliste Delkab.

Zombie Island, Zombie Story Tome 1, de David WellingtonZombie Island est un page-turner, les chapitres sont assez courts histoire de maintenir un rythme de pas de charge, on alterne les points de vue de Delkab et du Zombie, et la seconde partie du livre est organisée comme un gigantesque jeu de cache cache. Ce point manque peut-être légèrement de suspense mais en ce qui concerne le reste de l’intrigue, on est plutôt bien servi. L’originalité des zombies permet aussi de garder un intérêt tout du long tant que l’on a pas découvert tout ce dont ils sont capables. Sur le fond, ce n’est qu’une quête FedEx (aller chercher un truc à un point B et le ramener au point A), mais l’auteur arrive à recourir à des péripéties qui ne tombent pas systématiquement dans le Deus Ex Machina comme certains. L’histoire reste plutôt agréable à suivre.

Le tout est traduit de l’américain par François Truchaud avec une couverture (moche) de quelqu’un qui n’est pas cité dans l’édition numérique, ni sur le site de Milady d’ailleurs (la honte peut-être ?).

Pour un premier tome de trilogie, c’est clair que j’ai trouvé ce Zombie Island efficace et qui me donne envie de continuer Zombie Story. Après j’espère que le second tome ne sera pas une resucée de ce premier tome à une échelle plus grande, même si le titre Zombie Nation me fait un poil peur.


Evil Genius est le premier tome d’une série Thriller de Catherine Jinks, Les Aventures de Cadel Piggott. Contrairement à ce qu’on pourrait penser à la vue de sa couverture en noir et blanc et des têtes démoniaques qu’elle présente, il ne s’agit pas du tout d’un roman qui surfe sur la vague des vampires. Et le synopsis de quatrième couverture est bien là pour nous le rappeler: c’est de génies que nous allons parler. Publié en poche par Le Livre de Poche à la fin de l’année dernière, la traduction est signée Karine Suhard-Guié. Synopsis ?

Evil Genius de Catherine Jinks

Quand le jeune Cadel Piggott est introduit par ses parents adoptifs au psychologue spécialisé dans les enfants à problèmes, Taddeus Roth, il ne s’attendait surement pas à ça. A quoi ? Et bien, à pouvoir librement jouer avec l’ordinateur du psychologue par exemple. Après tout, c’est bien parce qu’il s’est introduit illégalement dans le système d’informations d’une banque qu’il est ici, à suivre une thérapie pour soit-disant apprendre ce qui est le bien et le mal…

Catherine Jinks

Catherine Jinks

Les premières pages du roman m’ont assez surpris je dois bien l’avouer. Nous suivons donc un tout petit garçon qui dans les premiers chapitres s’avère être haut comme trois pommes et n’a pas encore dix ans. C’est un surdoué et il présente des capacités hors du commun, qui dépassent déjà de très nombreux adultes. La narration est à la troisième personne mais permet au lecteur de suivre le personnage dans ses interrogations, dans ses faits, dans ses réflexions. C’est assez bizarre au début, ça peut surprendre et je dois avouer que je trouvais le tout un peu grossier sur les premiers chapitres. L’étalage de ses facultés mentales paraissant un peu simple et manquant de mon point de vue de crédibilité.

Il faut dire que le sujet, celui des génies, est toujours difficile à aborder de manière crédible. Comment suivre au jour le jour un personnage aux facultés énormes sans écrire des scènes trop grosses, ou ce dernier ne comprendrait pas tout un peu trop facilement et loin de la réalité ? C’est déjà un gros problème lorsqu’on l’aborde avec des personnages comme celui de Sherlock, ça l’est encore plus quand celui ci est un enfant, et qu’il faut y introduire des mots techniques. Car en plus d’être un génie, Cadel est très doué avec l’informatique et il faudra bien que Catherine Jinks arrive à nous expliquer ce qu’il fait.

Et elle ne s’en sort pas trop mal, vraiment. Bien que Cadel soit particulièrement intelligent, l’auteur arrive à lui faire garder sa candeur et son manque d’expérience des relations humaines. C’est très bien construit là dessus, et si notre petit génie arrive à nous expliquer logiquement et froidement ce qu’il pense, il reste ignorant de la perfidie dont l’homme peut faire preuve pour arriver à ses fins. J’ai trouvé ça d’autant plus intéressant qu’en lecteur on ressent assez bien que le bonhomme est peut être bien entrain de se mettre le doigt dans l’œil…

Evil Genius de Catherine Jinks

Le contexte scientifique et donc informatique est là aussi plutôt bien retranscris, et on est loin des énormités qu’on a par exemple pu lire Ceci n’est pas un jeu. L’auteur ne part pas dans des éléments qui sont une réelle application mais se contente d’exprimer des principes et des effets. Ça lui évite d’écrire quelque chose de faux tout en restant relativement concret et compréhensible. Bref, encore quelque chose que j’ai apprécié.

Evil Genius de Catherine JinksEvil Genius a une assez longue intrigue qui met vraiment longtemps à se mettre en place, il faut dire qu’il fait près de 600 pages. Mais c’est loin d’être un problème et j’avoue que la lecture m’a complètement absorbé. Je me suis très vite attaché au personnage de Cadel, il est loin de susciter l’antipathie et on se plat à le suivre. Lorsqu’il rejoindra l’université, puisque nous allons le suivre jusque là, on rencontrera d’autres personnages hauts en couleurs et franchement sympas. Enfin, j’ai eu un gros coup de cœur pour Sonja, évidemment.

Malgré sa longueur, ce premier tome des Aventures de Cadel Piggott fut un vrai régal. J’ai lu avec plaisir les premières centaines de pages, pour finir par dévorer littéralement les deux cents dernières. Avec un premier personnage plus qu’attachant, une histoire intéressante et un aspect scientifique et technique plutôt réussi, Evil Genius est une vraie bonne surprise. Je n’ai finalement qu’une hâte: en lire la suite !


Sublimes Creatures, Tome 1, de Kami Garcia et Margaret Stohl

A lire même (surtout) si vous n'avez pas aimé le film !

Malicia dans Critiques, Livres le 24 avril 2013, avec 2 commentaires
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16 Lunes est le titre français d’un roman Jeunesse de Margaret Stohl et Kami Garcia publié il y a quelques années mais qui vient tout juste d’arriver en poche chez Le Livre de Poche. Une réédition qui ne doit rien au hasard puisque c’est à l’occasion de la sortie de son adaptation cinématographique, Sublimes Créatures, titre qui va du coup être réutilisé pour éviter les confusions. Une bonne idée qui va sûrement pousser ceux qui ont aimé le film à le lire… et qui m’a aussi donné envie ! J’avais en effet déjà entendu parler de 16 Lunes sans m’y intéresser vraiment, mais le film m’ayant laissé sur ma faim, j’étais curieuse de savoir ce qu’il en était du bouquin. Ai-je été conquise ?

Sublimes Creatures, Tome 1, de Kami Garcia et Margaret Stohl

Accrocheur, le résumé annonce la couleur d’entrée de jeu : 16 Lunes est avant tout l’histoire d’une romance entre deux adolescents, romance que le destin va venir perturber. Le début du roman est la partie la plus adolescente du livre, en quelque sorte, car le Fantastique est au second plan et l’histoire se concentre plus sur la rencontre de deux caractères que tout oppose, si ce n’est l’envie d’échapper à un destin qui semble tracé d’avance. D’un côté, Lena Duchannes, tout de noir vêtue, à la répartie acerbe et au caractère solitaire. De l’autre Ethan Wates, aux rêves de changement mais au quotidien bien ancré dans un village perdu.

Nièce de l’ermite du coin, Macon Ravenwood, la venue de Lena au lycée de Gatlin ne va pas tarder à provoquer une « chasse aux sorcières ». Avec son arrivée, des phénomènes étranges se produisent et elle s’attire vite les fougues des pestes du coin, mais aussi de leurs parents. Oui, parce qu’à Gatlin,on pourrait limite se croire en plein Moyen-Âge (ok, j’exagère): les valeurs sont traditionnelles, conservatrices, et on n’hésite pas à crier à l’hérésie au moindre comportement déviant. Intrigué, Ethan finit évidemment par aller vers ce changement que Lena incarne, et ce malgré le caractère rebelle de l’adolescente. D’autant plus que comme de par hasard, il est presque sur que c’est elle, la fille du cauchemar qui le hante.

16 Lunes de Kami Garcia et Margaret Stohl

La couverture de l’édition titrée 16 Lunes

Si la relation entre Lena et Ethan reste très pudique, elle s’intensifie lorsqu’il apprend ce qu’elle est : une Enchanteresse, sorte de sorcière, qui sera appelée à son prochain anniversaire à devenir Ténèbres ou Lumières. C’est autour de cette incertitude que va se développer l’intrigue de ce premier tome, mais aussi les obstacles à l’amour naissant entre Lena et Ethan.

Durant tout le livre, c’est Ethan qui est le narrateur. Au début, cela m’a troublée : sa maladresse est parfois attachante, à d’autres moments elle sonne faux. Cependant, elle m’a été largement plus supportable que dans le film où cette même narration casse l’aspect « héroïque » du personnage. Au fur et à mesure que l’intrigue avance et qu’elle s’enrichit, Ethan va devenir plus intéressant à lire et finalement, on ne peut plus s’en passer, à tel point que le seul passage où Lena est la narratrice m’a dérangée.

Kami Garcia et Margaret Stohl

Kami Garcia et Margaret Stohl

Les personnages sont eux aussi attachants, avec une belle galerie de protagonistes secondaires : Macon, l’oncle protecteur qui tire les ficelles dans l’ombre, Amma, qui est comme une seconde mère pour Ethan, Boo Radley un chien auquel on ne peut que s’attacher (oui c’est aussi un personnage je trouve) ou encore Ridley, une cousine ténébreuse qu’on adore détester… Le personnage qui m’a le plus touchée, et parfois émue à en avoir les larmes aux yeux (je suis sensible…) est celui qu’on ne voit jamais: la mère décédée d’Ethan, Lila. C’est fou ce qu’on ressent son absence dans le livre, à quel point sa présence rassurante manque à Ethan, elle nous rappelle aussi régulièrement la maturité dont notre héros doit faire preuve pour traverser les épreuves.

Enfin, j’ai beaucoup aimé l’univers de Sublimes Créatures: il y a à la fois un contexte historique (la Guerre de Sécession) et Fantastique (tout le fond lié aux Enchanteurs) qui se révèle au fur et à mesure de l’histoire. Au final, tout est lié à l’intrigue principale, l’appel de Lena sans que l’on s’emmêle les pinceaux : ça donne un côté plus « grand » à l’histoire. Bien sûr, il y a quelques rebondissements, rien de fulgurant, mais ils aident à relancer l’intérêt pour ce qui suit. Je trouve d’ailleurs que le livre aurait pu être parfait en adaptation série au vu de ses nombreux éléments, il y a bien trop de raccourcis qui ont été pris pour simplifier la version grand écran, au détriment de la qualité de l’histoire.

Sublimes Creatures, Tome 1, de Kami Garcia et Margaret StohlOn a beaucoup comparé Sublimes Créatures à Twilight et il est vrai que l’intrigue commence de manière similaire : une ville paumée, une rencontre qui vient bouleverser la vie de deux personnages que tout oppose, un fond Fantastique… Cependant, à mes yeux, la comparaison s’arrête là, ce premier tome de Sublimes Créatures a su bien mieux centrer l’intrigue sur une romance improbable tout en jouant d’un bon nœud d’intrigues secondaires pour produire une histoire intéressante.

Simple et parfois manichéenne certes, l’œuvre de Kami Garcia et Margaret Stohl va cependant plus loin que « mortel + créature fantastique = LOVE KEUR KEUR ».


Âmes de Verre de Anthelme Hauchecorne

Serafina dans Critiques, Livres le 23 avril 2013, avec 2 commentaires
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Anthelme Hauchecorne fait partie de ces auteurs français que je suis avec attention. J’avais été charmée par La Tour des Illusions et son recueil de nouvelles Baroque’n'Roll m’avait vraiment convaincu. Autant vous dire que quand j’ai appris qu’il sortait un nouveau roman de FantastiqueÂmes de Verre aux éditions Midgard j’étais plutôt impatiente. D’autant plus que la couverture signée Pascal Quidault est vraiment sympa. Synopsis ?

Âmes de Verre de Anthelme Hauchecorne

Les rues de Lille ne sont pas sures. Sous la morosité ambiante, sous les suicides parfois, se cachet les Streums, des êtres qu’on pourrait qualifier de démoniaques, qui parcourent notre monde à notre insu. Enfin, pas à celui de tout le monde, car ceux qui ont la Vue, les Éveillés, les voient. Et luttent contre eux. Parmi eux, un groupe organisé, La Vigie, mène son combat dans l’ombre, pour protéger les dormeurs.

C’est un gros livre : 650 pages. La mise en page est particulièrement soignée, avec des polices différentes pour certains passages, et des illustrations pleine page entre certains chapitres. Elles sont en noir et blanc, mais c’est déjà pas mal. Il n’y a pas tant de livres que ça qui en ont. C’est un semi-poche, et du coup il est très imposant, pas facile de l’emmener dans son sac.

Anthelme Hauchecorne

Anthelme Hauchecorne

On est donc dans ce qu’on appellerait volontiers de l’Urban Fantasy : un monde  caché à nos yeux, qui cohabite avec le notre. Le tout est saupoudré d’un coté assez punk et désenchanté : la Vigie vit dans des squats, avec des armes sorties de nos pires cauchemars, et il y a une ambiance assez sombre, assez glauque que Anthelme Hauchecorne arrive parfaitement à retranscrire.

L’intrigue se passe à Lille, ville que je ne connais pas encore, mais qui m’apparait comme bien retranscrite. On peut aisément imaginer la gare, le métro ou les friches industrielles. Cela aide beaucoup à entrer dans l’histoire. De même, les personnages sont crédibles : Camille la goth un peu paumée, Vincent, le prof désenchanté. Le roman est totalement ancré dans notre vie, et du coup on s’attache aisément aux personnages et à l’histoire.

Mais ce qui aide aussi, c’est le style. On retrouve la fluidité habituelle de l’auteur, les références à la culture alternative, un coté assez vindicatif contre l’ordre établi (les passages sur l’éducation nationale, ou sur les Dormeurs qui préfèrent ne rien voir), mais le tout très maitrisé. Le roman est construit comme un Thriller: des chapitres courts, une alternance de points de vues (Camille, jeune recrue de la vigie, Vincent, prof Éveillé, etc.) entrecoupée d’extraits du Codex, sorte de manuel de survie de la Vigie.

L’univers développé par Anthelme Hauchecorne emprunte des choses à la mythologie celtique: on y retrouve le Sidh, on y fête Imbolc. La vigie quant à elle est une organisation complexe, avec un lourd passif, où on parle des fondateurs partis depuis longtemps avec une once de mystère. Comme si on mélangeait Neverwhere, les celtes et genre Harry Potter (pour le coté fondateurs et « on vit tous dans un château » même si ici c’est un squat). Bref, un cocktail détonnant, mais mené d’une main de maitre, c’est super crédible, dense, bien développé et je suis rentrée dedans illico. La vigie est géniale et moi aussi je voulais y aller. Je trouve les Piliers fascinant et je meurs d’envie d’en apprendre plus sur eux, surtout quand on sait que certains ont « disparu ».

Bref, Anthelme Hauchecorne signe encore une fois un livre que j’ai adoré, et que je vous conseille à tous. C’est clairement un de mes coups de coeur de cette année, et je pense qu’il va être dur à détrôner. On y retrouve un savant mélange du quotidien, de personnages charismatiques, un univers très développé et qui donne envie d’en faire partie. C’est cohérent, c’est addictif, et j’attends de pied ferme le prochain tome. C’est un des meilleurs  bouquin de Fantastique que j’ai lu depuis longtemps !


Zombies don’t cry de Rusty Fischer

Serafina dans Critiques, Livres le 19 avril 2013, avec aucun commentaire
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Zombies don’t cry est un roman de Rusty Fischer paru il y a peu en langue anglaise et disponible en français depuis février aux éditions J’ai Lu. Catalogué dans le Young Adult, je dois dire qu’il m’a tapé dans l’œil pour sa jolie édition et sa couverture suffisamment sombre à mon goût. Synopsis ?

Zombies Don't Cry de Rusty Fischer

Maddy est une lycéenne comme tant d’autres. Pas forcément populaire, elle traine avec sa meilleure amie Hazel. Dans sa classe, on trouve de tout, mais depuis peu, il semblerait que les filles de son cours de cuisine décèdent tour à tour. Malédiction ? A moins que ces espèces de gothiques là, y soient pour quelque chose…

Au vu du titre, vous devez vous douter qu’à un moment ou un autre, on va parler des zombies. Perso, je ne suis pas fane des zombies, ou du moins de la version moderne et communément adoptée : celle de la mutation X ou Y qui conduit des hordes de zombies à attaquer nos braves héros. Le survival, j’aime guère ça qu’en jeu vidéo. Et heureusement Zombies don’t cry s’éloigne totalement de cette mouvance, pour considérer le zombie plus proche de sa version originelle (vaudou, donc) : des morts qui marchent, réveillés par une force mystérieuse. Pas d’épidémie, mais des zombies qui se fondent dans la masse, qui pour la plupart contiennent leurs pulsions. Bref, on est presque dans du vampire, sauf que ça mange de la cervelle.

Zombies don’t cry de Rusty Fischer

La version espagnole

Je suppose que les puristes du zombie n’approuveront pas ces libertés avec le mythe mais moi j’ai beaucoup aimé, et j’ai vraiment apprécié. Je trouve que ça renouvelle pas mal le genre, et le fait sortir de son stéréotype.

On est dans du Young Adult, ça se voit, les occupations de Maddy sont simples : le bal de fin d’année, avoir de bonnes notes, aller à cette fête avec ce beau gosse tout nouvellement arrivé. Sauf que c’est super léger et écrit avec un réel humour et un réel second degrés. On est dans une narration à la première personne, et Maddy est vraiment rafraichissante. Elle m’a beaucoup fait penser à Raven de Vampire Kisses, sans le coté goth évidemment.

Zombies Don't Cry de Rusty FischerLe style de Rusty Fischer est simple, rentre dedans, mais diablement efficace. J’avoue avoir beaucoup rit à lire les pensées de Maddy. C’est une vraie bouffée d’air frais, et un vrai coup de cœur. Dans l’ensemble, c’est vif et ça se lit très vite. On sent cependant qu’on est dans un tome d’introduction, vu le rythme auquel les morts s’enchainent, pour ne laisser finalement que ceux qui seront les héros de la série. Les choses se mettent en place, on découvre la vision des zombies de l’auteur, et le tout sur prétexte de bal de promo. La fin laisse penser à un réel départ, c’est donc à suivre.

Zombies don’t cry n’est peut être pas le roman du siècle, mais c’est une lecture plus que rafraichissante, qui traite de manière originale un sujet sclérosé, le tout servi par une écriture vive et espiègle. Bref, je ne peux que vous le recommander, vous passez un excellent moment en compagnie de Maddy.


La Fille-Sortilège de Marie Pavlenko

dabYo dans Critiques, Livres le 17 avril 2013, avec aucun commentaire
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Avec sa nouvelle collection Pandore, les éditions Le Pré-aux-Clercs nous offre une petite fournée de romans Young Adult écrits par des auteurs français. De quoi changer des nombreuses traductions des rayons Jeunesse. Parmi les titres, on y retrouve un titre de Fantasy, La Fille-Sortilège de Marie Pavlenko. Je dois avouer que de loin, la très jolie illustration de Benjamin Carré n’était pas sans me faire penser à un pilier du genre, Ellana. Alors, similitude justifiée ? Synopsis.

La Fille-Sortilege de Marie Pavlenko

Érine vit dans la Cité des Six, l’une des plus puissantes cités-états que compte l’Entre-Terre et qui, malgré un emplacement géographique peu enviable, le désert, arrive à tirer son épingle du jeu grâce à la magie. Partagée en six, pour les six clans, ces derniers sont spécialisés dans un certain domaine, indispensable à la vie et à l’équilibre de la cité: sourciers, éleveurs, forgerons… Grâce à l’équilibre négociés par le conseil des six, chaque habitant de la cité a tout ce qu’il lui faut pour vivre. Enfin, presque, car Érine est une orkla, une bannie des clans, et en tant que telle elle n’a droit à rien et doit survivre comme elle le peut, en paria de la Cité des Six.

Marie Pavlenko

Marie Pavlenko

Nous sommes donc face à un roman qui d’un premier abord a tout de la Fantasy Jeunesse: un univers à l’aspect moyenâgeux sur lequel est venu se greffer une mythologie propre au roman et de la magie. Cette dernière reste assez vague sur la première partie du roman, Erine ne faisait pas partie des privilégiés qui y ont été formés. Les premières pages sont relativement classiques et l’univers ne semble pas particulièrement originales, mais forcé de reconnaître que c’est agréablement bien écrit et que Marie Pavlenko arrive très vite à plonger le lecteur dans la Cité des Six. Sans être trop nombreuses, les descriptions et les scènes mettent très vite en place le décors, le désert, la chaleur étouffante.

On avance très vite dans la lecture et comme on pouvait le pressentir avec ce type de lecture, cette Cité des Six a tout du régime communiste totalitaire et est loin de s’avérer si idyllique que ça. On est donc évidemment face à un mélange de Fantasy et de Dystopie, ce qui en soit est déjà assez original puisque les romans ayant rapport à la Dystopie se passe généralement dans le futur, Uglies, ou dans des réalités alternatives. Le roman ayant vocation à être lu de tous, le traitement qui en est fait laisse plus de réflexions au lecture et se contente en quelque sorte d’apporter les grosses pierres pour que de jeunes lecteurs puissent tout de même bien voir. C’est assez bien réalisé, bien qu’on ne sorte évidement pas de quelques scènes très clichées.

La Fille-Sortilege de Marie PavlenkoPour être honnête, La Fille-Sortilège aurait presque pu me paraître idéal si l’auteur n’avait pas cédé à une sirène destructrice, celle de l’Élue. Tout commençait pourtant très bien, Érine bien qu’orkla semblait être une fille tout à fait banale de la Cité des Six, se débrouillant comme elle le pouvait d’un quotidien morose, violent, triste et sans espoir. C’est assez ironique comme phrase, je le sais, mais ce que je veux dire c’est qu’il s’agissait côté scénario de quelque chose de bien construit et qui se suffisait largement à lui même. On évitait les clichés du genre, on était face à une histoire intéressante, tout allait bien. Et d’un coup, en plein milieu du livre, pouf une méga révélation. Celle la même à laquelle on pensait naïvement avoir échappé. Vraiment dommage pour le coup.

Au final, La Fille-Sortilège de Marie Pavlenko est une lecture agréable et qui convient très bien à la collection Young Adult des éditions Le Pré aux Clercs. Bien écrit, avec un univers qui se met très vite en place et qui nous transporte tout de suite dans ses contrées arides, on ne peut pas dire que l’on s’ennuie à sa lecture. Malheureusement, difficile de ne pas être exaspéré par une révélation qui arrive un peu trop tard et qui n’apporte malheureusement pas grand chose.


Les Orphelins du Royaume est une des dernières sorties des éditions Castelmore. Premier tome de la série Grisha de Leigh Bardugo, ce roman de Fantasy plutôt axé jeunesse et à la croisé du Young Adult a eu un certain succès lors de sa sortie en langue anglaise sur les blogs. J’étais donc assez curieuse, surtout que ça faisait un moment que je n’avais pas lu de romans du genre. Et encore moins de Fantasy Jeunesse. Le roman est illustré par une jolie couverture de Noëmie Chevalier. Synopsis ?

Grisha de Leigh Bardugo

Le royaume de la Ravka est victime de la nappe noire, un brouillard dense qui a tout détruit sur son passage. Il est possible de le traverser, accompagné des magiciens du royaumes, les Grisha. Alina est une orpheline, jeune apprentie cartographe qui les accompagne lors d’une traversée. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu et qu’en voulant sauver son ami, elle révèle elle aussi des pouvoirs.

Une orpheline, des pouvoirs, une malédiction. Qui a dit cliché ? Bon, ok, ça l’est, carrément, car on se doute dès le synopsis que Alina va sauver le monde ou peu s’en faut. J’en sais rien, mais ça semble prévisible. Cependant, ça a le mérite d’annoncer tout de suite la couleur. C’est bon, on sait dans quel type d’histoire on est dès la page 50. Il faut l’accepter et faire avec. Pour une histoire de « fille-à-pouvoir-qui-va-sauver-le-monde » , il faut dire que Grisha est plutôt pas mal dans son genre.

Leigh Bardugo

Leigh Bardugo

Le monde est un monde moyenâgeux, assez rustre, et étonnamment très inspiré par la Russie. Bon nombre de mots employés sont russes (Caporalski par exemple, ou Kefta qui semble être un vêtement et non un repas chez le kebab du coin). C’est un peu déroutant, surtout que ne connaissant pas cette langue, j’ai eu un peu de mal parfois à imaginer ce que l’auteur voulais dire (le fameux Kefta notamment). Cependant, l’auteur arrive rapidement à mettre en place un univers qu’on arrive à visualiser, le château des Grisha, la fête, le cerf légendaire, etc.

Alina aurait presque tout d’une Mary-Sue, orpheline, avec des supers pouvoirs qu’elle ne contrôle pas, mais elle se révèle plutôt attachante, et ses réactions sont assez crédibles. Enfin, la plupart car à certains moments clés il ne suffira que de deux ou trois phrases pour la convaincre d’un truc méga important, un peu facile. Bref, sans être un personnage aussi fort qu’une Lyra par exemple, elle est attachante et agréable.

Grisha de Leigh BardugoL’histoire de ce premier tome se déroule sans temps mort, on comprend vite, et cela se lit très bien. Bref, c’est un très bon livre jeunesse là dessus, mais qui a le mérite de ne pas être trop naïf. Alina est assez réaliste et bon nombre de passages sont désenchantés. On n’échappera pas au trio amoureux, mais il est plutôt bien géré. Bref, j’ai aussi pris plaisir à le lire, malgré le fait que je ne sois plus vraiment dans la cible. Certains moments sont particulièrement forts et bien menés, particulièrement dans la deuxième partie du livre. J’ai vraiment dévoré la fin.

Sans être le roman du siècle, j’ai bien aimé la lecture de ce premier tome de Grisha. La série de Leigh Bardugo semble être une série jeunesse tout a fait respectable, et qui permet de passer un bon moment. On retrouve évidemment bon nombres d’éléments déjà vus, vus et revus dans le genre, mais on ne sombre pas dans la caricature. Bref, je lirais la suite avec grand plaisir !


Dernière Semaine d’un Reptile est un recueil de Franck Ferric qui vient tout juste d’être publié en format poche par les éditions du Riez. Il s’agit d’un florilège de nouvelles précédemment publiées dans des revues pour la plupart, et aux sujets plutôt variés, alternant le Fantastique avec la Science-Fiction quand on est pas carrément dans l’Horreur. Alors, après avoir conquis LuxtExMachina avec son premier recueil Marches Nocturnes, vais-je à mon tour succomber ?

Derniere Semaine d'un Reptile de Franck Ferric

Parlons d’abord un peu du recueil en lui même, car sa forme n’est pas totalement anodine. Les nouvelles ne sont pas simplement insérées les unes après les autres, mais bel et bien liées par une nouvelle maîtresse, qui va les annoncer les unes après les autres. En effet, cette dernière nous permet de suivre un homme désabusé qui écrit à ses heures perdues sur son ordinateur portable. Il tente, entre deux virées au bar et ses huit heures de travail alimentaire, de trouver un échappatoire à cette vie qui manque de sens. On retrouve ici une thématique qui semble plutôt chère à l’auteur, un sentiment désabusé que j’avais tout autant ressenti lors de ma lecture de son précédent roman, Les Tangences Divines.

Ce sentiment un peu déprimant va plutôt bien avec le recueil qui est, il faut le dire, rarement enthousiaste. Sans vraiment mettre les mots dessus, le tout est terriblement déprimant et on n’en ressort pas réellement le sourire aux lèvres, il faut l’avouer. C’est d’une manière générale plutôt bien écrit, et facile à lire, on est tout de suite pris dans cette ambiance particulière. J’ai lu le tout vraiment rapidement, les nouvelles nous prennent tour à tour, et lorsqu’on revient à l’histoire principale, on a aussi envie d’en découvrir la suite. On regrettera tout de même quelques petites bavures.

Parmi les huit nouvelles que comporte le recueil, deux m’ont particulièrement marquées:

Révolutions

Derniere Semaine d'un Reptile de Franck FerricCette nouvelle là m’a grandement fait penser à ce que j’ai pu lire dans les recueils des premiers écrits de George R.R. Martin. A croire que les vaisseaux de l’espace et leur ambiance de confinement sont propices aux courtes histoires fortes. On est donc face à une nouvelle qui mélange la SF à vaisseaux avec l’Horreur, narrée d’une manière très sympathique. Franck Ferric nous y met très vite dans l’ambiance, et on finira par en apprécier le héros jusqu’au dénouement. Un très très bon moment.

Les Pas du golem

Il s’agit ici aussi d’une nouvelle futuriste, qui va elle aussi se mêler à l’Horreur. Mais cette fois, nous suivons une sorte de survivant à une épidémie bien mystérieuse. Il y a là aussi du très bon, avec une ambiance très particulière et une manière de conter qui glace le sang. La façon qu’a l’auteur d’amener son histoire avec de l’exploration n’est pas sans faire penser aux grands anciens.

J’ai passé un très bon moment en compagnie de ce dernier reptile, je dois l’avouer. Avec des nouvelles très variées, au rythme généralement très bon, j’ai passé un très agréable moment. Il y a quelques coquilles certes, une thématique peut être un peu trop caractéristique à l’auteur, mais je ne bouderai mon plaisir pour rien au monde. Si Les Tangences Divines ne m’avait pas complètement convaincu, c’est conquis que je suis désormais.