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Countdown to Zero Day de Kim Zetter

Serafina dans Critiques, Livres le 29 août 2015, avec aucun commentaire
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Countdown to Zero Day est un livre de Kim Zetter en anglais que je me suis commandé au retour de deux jours de conférences sur l’informatique. Le rapport ? Il est simple, il s’agit d’un livre racontant l’histoire de Stuxnet, un des vers informatiques les plus connus de ces dernières années. En effet, développé en partie par la NSA dans le but de saboter les travaux nucléaires iraniens, il s’agit d’un acte de piratage politique et aux implications énormes. Pas de synopsis donc. J’avais vu une conférence sur ce sujet, je connaissais donc l’histoire mais j’avais envie d’entrer plus en profondeur dans le sujet.

Countdown to Zero Day de Kim Zetter

Le bouquin alterne histoire chronologique de la découverte, chapitres sur la géopolitique, chapitres sur la technique d’enrichissement de l’uranium et prévisions de ce que Stuxnet peut augurer sur le futur de la « cyberwar ». C’est un livre technique. C’est à dire que si vous n’avez pas de compétences en informatique, je ne suis pas sure que vous comprendrez tout. De même la partie technique de l’enrichissement d’uranium est loin d’être facile à comprendre surtout en anglais, j’ai donc eu recours à Wikipédia sur certains points. Ce n’est donc pas un livre que vous prenez quand vous êtes fatigués ou voulez une romance de plage.

Par contre, l’équilibre est là et on comprend le contexte plus que compliqué dans lequel Stuxnet a évolué ainsi que les ramifications. Le ver a été découvert par hasard sur des PC en Iran, et les compagnies privées ont rapidement pris le sujet en main, en essayant de comprendre ce qu’il se passait. Ils ne découvriront que plus tard qu’il s’agissait d’une arme gouvernementale co-développée par les USA et Israël. Stuxnet visait du matériel d’informatique industriel (des micro-contrôleurs Siemens impliqués dans les dispositifs pour enrichir l’uranium pour être exacte) en exploitant un certain nombre de failles dites zero day (des failles encore inconnues des éditeurs) dans Windows.

Countdown to Zero Day de Kim ZetterLes découvertes progressives et les investigations pour comprendre ce que ce virus vise et son mode d’exécution sont dignes d’un Thriller. Sauf que pour le coup c’est vrai. L’auteur Kim Zetter est journaliste d’investigations et a fait pas mal d’entretiens avec des personnes de VirusBlockADA, Symantec ou Kapersky qui ont participé aux investigations. Cela permet de découvrir avec eux le virus mais aussi d’avoir une idée de l’organisation de telles structures faites pour réagir en temps réel à des menaces informatiques. Et ça c’est aussi passionnant car c’est des entreprises qui ne dorment jamais.

Countdown to Zero Day de Kim Zetter est un livre que je vous conseille fortement si vous vous intéressez à la sécurité en informatique ou à la cyber-politique. C’était la première fois que je lisais ce genre de bouquin d’investigation et je dois dire que je suis plutôt contente du résultat.


Le Pensionnat de Mademoiselle Géraldine est une série jeunesse de Gail Carriger qui se passe dans le même univers que Le Protectorat de l’Ombrelle, son autre série mais pour adultes celle-ci. Le premier tome Étiquette et Espionnage est récemment paru en poche aux éditions Le Livre de Poche. Aimant l’autre série de l’auteur, je ne pouvais que débuter celle-ci. Synopsis !

Étiquette et Espionnage, Le Pensionnat de Mlle Géraldine Tome 1, de Gail Carriger

Sophronia, 14 ans, a bien du mal à être la jeune fille de bonne famille que sa mère désirerait. Elle préférait faire les 400 coups et espionner les conversations de sa génitrice cachée dans un monte-charge. Désespérée, sa mère décide de l’envoyer en pension chez Mademoiselle Geraldine dont les résultat sont, dit-on, étonnants même sur les spécimens les plus récalcitrants. Bon gré, mal gré, Sophronia prend donc la direction de cette école volante… pour y découvrir qu’il s’agit d’un pensionnat pour devenir une parfaite espionne !

Gail Carriger

Gail Carriger

Bien que situé dans le même univers que le Protectorat de l’Ombrelle, nous ne retrouvons que quelques personnages secondaires de la saga principale ici. De plus, les rivalités entre les différentes races n’y sont pas présentes. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir lu les aventures d’Alexia, on loupera peut être deux références de temps à autre mais rien de gênant.

La majorité de l’intrigue se passe dans les murs de l’école, enfin, si on peut parler de murs pour une école située dans un dirigeable évidemment. Nous retrouvons donc un schéma assez similaire à du Harry Potter, avec des élèves, une salle commune, des explorations nocturnes et autres professeurs charismatiques. Si l’idée du coup n’est pas forcément originale, elle est bien maniée, et le coté Steampunk est clairement un plus.

L’héroïne est bien sûr clichée, mais c’est un roman jeunesse, donc on est plus coulant la dessus. C’est le stéréotype de la nana un peu gauche et pas du tout distinguée mais qui fait de son mieux, de sorte que toutes les jeunes lectrices peuvent aisément s’identifier à elle. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et ont tous les traits distinctifs nécessaires pour être reconnaissables. On n’échappera pas non plus aux clichés, mais ils sont relativement discrets. L’intrigue a beau être jeunesse, elle n’est pas télescopée pour autant, au contraire. J’ai trouvé l’enquête qui sous-tend l’histoire plutôt bien trouvée même si un peu facile.

Etiquette et Espionnage Pensionnat de Mlle Geraldine Gail CarrigerLe style traduit de Gail Carriger est toujours très agréable, léger, avec ce qu’il faut d’humour et de remarques acerbes. Elle ne manque pas de traits d’esprits et c’est toujours un plaisir de la lire. C’est une lecture détente mais pas lobotomisante au contraire. Cela fait plaisir de trouver là un style léger mais pas simple pour autant.

Vous l’aurez compris, Étiquette et Espionnage est une réussite pour moi comme premier tome de série. Je ne peux que vous le conseiller si vous aimez déjà l’auteur. Si vous ne la connaissez pas, c’est un bon moyen d’aborder son univers.


Le Cycle de Majipoor est série fleuve de Robert Silverberg qui compte plusieurs trilogies et quelques romans qui viennent étoffer son univers. Dernières nouvelles de Majipoor fait partie de cette dernière catégorie de livres qui permettent à l’auteur de faire découvrir certains aspects de son gigantesque monde. C’est aussi une bonne occasion pour un lecteur novice de mettre un premier pied sur cette planète qu’est Majipoor et son histoire de plusieurs millénaires. Tout juste sorti en poche chez Le Livre de Poche, il s’agit d’un recueil de sept nouvelles, il n’y aura donc pas de synopsis.

Dernières nouvelles de Majipoor de Robert Silverberg

Sur ces sept nouvelles, quatre avaient déjà été publiées en France à diverses occasions, généralement dans des mensuels de type Bifrost ou encore Fiction. Les trois autres sont des inédites traduites pour l’occasion lors de la publication en grand format aux éditions Actu SF. L’année d’écriture avait beau énormément varier, je n’y ai pas vu de réel changement à ce niveau. Il faut dire que Dernières nouvelles de Majipoor forme une sorte d’ensemble de texte à la fois très varié mais aussi très constant dans la découverte qu’il permet de Majipoor.

Car en dehors de deux nouvelles assez centrées sur des personnages et sur la magie, à chaque fois il s’agit d’un scénario qui permet d’apprivoiser un pan de l’histoire du continent. Je ne connais pas le Cycle de Majipoor mais je pense qu’il s’agit de nouvelles qui sont là pour faire du fan service et flatter le lecteur en lui livrant des anecdotes sur des grands héros. Là dessus, on peut dire que c’est fait d’une manière très habile et qu’à aucun moment je n’ai eu l’impression d’être laissé au bord du chemin. C’est pour le coup aussi bien réussi que par exemple l’Epée Lige de George R.R. Martin et j’ai vraiment pris mon pied à découvrir cet univers.

Dernières nouvelles de Majipoor de Robert Silverberg

La nouvelle qui m’a sans doute le plus plu est Le Livre des changements qui va nous raconter comment un poète a réussi à écrire un poème… Au début, je dois avouer que je n’aurai jamais cru possible de tenir en haleine son lecteur sur plus de cinquante pages avec un tel sujet, mais il faut bien avouer que Robert Silverberg réussit ici un tour de force. C’est très prenant quasiment dès le début et on a vraiment envie de finir la nouvelle. Le plus fort étant qu’il arrive du coup à étoffer son univers avec génie.

Dernières nouvelles de Majipoor de Robert SilverbergAprès celle-ci, j’ai aussi beaucoup aimé La Tombe du Pontife Dvorn qui nous fait suivre cette fois les aventures de deux archéologues. Là encore, vous vous en doutez, c’est une manière habile de nous faire découvrir l’univers. Pour les fans, il s’agit sans doute de l’histoire qui va derrière un monument qui doit être cité dans une des sagas du cycle, pour les autres, juste une nouvelle prenante autour de l’archéologie.

Vous l’aurez donc compris, Dernières nouvelles de Majipoor de Robert Silverberg m’a plus que convaincu. Les nouvelles sont variées et bien écrites, souvent très prenantes. Bien qu’il s’agisse d’un recueil de nouvelles centrées autour de l’univers du Cycle de Majipoor, elles sont suffisamment bien écrites pour suscité l’intérêt du lecteur novice qui n’y aurait jamais mis les pieds. C’était mon cas et j’ai vraiment beaucoup aimé ma lecture.


ALTER EGO de Neil Thomas

dabYo dans Critiques, Livres le 1 août 2015, avec aucun commentaire
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ALTER EGO est un court roman écrit par Neil Thomas qu’on pourrait, avec un brin de folie certes, classer dans le Fantastique. Publié par les éditions les Alchimistes du Verbe, il est sorti il y a un peu plus d’un an et est accompagnée d’une couverture mystérieuse mêlant temps et signes astrologiques. Car c’est bien de ça que nous allons parler. Synopsis.

Alter Ego de Neil Thomas

Eric Trichet a 42 ans, vit dans la très agréable ville de Nantes où il travaille pour La Banque Postale. Bref, tout ce qu’il y a de plus banal en somme, il a une fille qui a commencé l’adolescence et une femme aimante avec qui il aime vivre. Tout pourrait aller comme dans le meilleur des mondes mais voilà qu’il fait une effroyable découverte: son signe astrologique n’est plus dans l’horoscope et tout le monde fait comme s’il n’avait jamais existé ! Il est pourtant bien sûr d’avoir été Cancer !

Le livre de Neil Thomas s’inscrit donc dans la lignée des romans qui souhaitent traiter du parcours d’un homme sain vers la folie. Pas de grands anciens comme chez Lovecraft ici, mais plutôt une sorte de cheminement dans les réflexions et les sensations d’une personne. Après avoir découvert qu’une chose qu’il avait connu et cru connaître toute sa vie n’a peut être jamais réellement existé, un homme tombe peu à peu dans la folie en ne sachant plus faire la différence entre la réalité et la sensation qu’il en a. Bref, la vérité et la croyance en quelque sorte.

Le cheminement du personnage est suivi par le lecteur directement, Eric Trichet lui racontant tout son cheminement en le couchant par écrit et en faisant donc un parcours de son histoire depuis sa découvert jusqu’au moment où il nous écrit à nous, directement. Là dessus, le style d’écriture est plutôt très simple à lire et on arrive facilement à suivre et comprendre ce qu’il se passe. Malheureusement, si la narration et l’écriture sont fluides et faciles de lecture, j’ai trouvé que l’auteur avait une fâcheuse tendance à se répéter et le personnage se retrouve à disserter sur la moindre des choses. Cela donne quelque peu l’impression de vouloir grapiller des phrases, comme s’il y avait une nécessité à ralentir la progression de l’intrigue.

Alter Ego de Neil ThomasAlors certes c’est courant de recourir aux multiples détails pour étoffer les situations et les personnages, mais là cela donne juste l’impression de relire des répétitions à chaque chapitre qui n’apporte pas franchement grand chose. C’est là pour donner l’impression que le personnage se perd dans ses propres pensées, c’est le cas certes, mais c’est aussi très ennuyeux pour le lecteur. L’impression de folie qui devrait se dégager ne prend pas vraiment, on a juste l’impression d’être face à quelqu’un de rationnel qui essaye de se bloquer dans son irrationalité. Il manque un petit quelque chose pour nous faire partir avec lui, ou au moins, penser qu’il est sincère.

ALTER EGO de Neil Thomas est donc un roman en demi teinte. Il est court certes mais se lit rapidement aussi parce que son écriture est fluide. Mais les trop nombreuses répétitions de son personnage principal le rend parfois ennuyeux, sachant que lui faire répéter plusieurs fois qu’il entre dans la folie n’en fait pas pour autant un vrai fou. Dans le même registre, on pourrait retrouver La Maison-Livre de Gérald Duchemin.


Diabolus in Musica de Céline Rosenheim

Serafina dans Critiques, Livres le 18 juin 2015, avec aucun commentaire
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Dire qu’on publie un roman sur le milieu du Black Metal n’est clairement pas un argument marketing mainstream mais par contre, c’en est un du tonnerre pour appâter la Seraf’ sauvage. C’est ainsi que je me suis jetée sur Diabolus in Musica, une des nouveautés des éditions du Chat Noir, écrit par Céline Rosenheim et illustré par Mina M.. Synopsis ?

Diabolus in Musica de Céline Rosenheim

Yann est un asocial qui ressent tout un peu trop fort. Il a son projet de Black Metal solo Sjel mais joue aussi dans Totentanz un groupe de Black Médiéval inspiré par les danses macabres notamment. La scène Black a toujours attiré les haines et critiques, mais quand plusieurs groupes reçoivent des lettres anonymes de menaces et qu’une bassiste est laissée pour morte, Yann comprend que la menace est bien réelle.

L’idée est plutôt pas mal, on sent que l’auteure connait le monde du Metal et du Black car les réactions de ses héros à la lecture des lettres de menaces sont tout à fait crédibles. De même, le fait d’avoir des projets solos, la place des femmes, tout cela est plutôt crédible et on est pas face à du cliché, ça c’est positif. Le style de l’auteur est agréable et se lit aisément. L’histoire est coupée en chapitres assez courts ce qui permet un bon rythme de lecture.

Le roman est très court, 145 pages, et si vous voulez mon avis, ce n’est pas un roman mais une novella. En effet, les personnages ne sont que peu voir pas développés , on sait à peine à quoi ressemble le héros, les retournements scénaristiques ne sont pas amenés à l’avance et arrivent comme ça, quasiment sans aucune préparation. Dans l’ensemble on suit l’histoire, qui a un rythme enlevé d’ailleurs, mais on ne rentre jamais réellement dedans. Je n’ai pas vraiment pu m’attacher à Yann, pas plus qu’à Nyx la bassiste. Quand aux autres personnages, ils ne sont que survolés.

Diabolus in Musica de Céline RosenheimDe plus, si l’auteur connait effectivement bien le Black Metal, elle ne prend pas réellement la peine d’expliquer aux lecteurs non-familiers avec la mythologie du style de quoi elle parle. Je pense que la majorité des gens ne comprend pas bien pourquoi « la fameuse photo de Dead » est glauque. Je pense donc que si vous n’avez pas de connaissance du genre, vous passerez à coté de la moitié des références et c’est dommage. Moi évidemment, je connais tous les groupes cités et j’ai lu Les Seigneurs du Chaos -que je vous conseille au passage – donc j’étais dans mon élément.

Bref, je ne dirais pas que Diabolus in Musica de Céline Rosenheim était une lecture désagréable, il y a un bon potentiel, mais j’aurais préféré que l’histoire soit plus développée pour réellement rentrer dedans. Je ne suis pas certaine que j’en garderais un grand souvenir et je ne suis pas sure de vous le conseiller non plus, à moins que pour vous aussi les mots « Black Metal » soient un argument marketing.


Les Sorcières de North Hampton, Tome 2, de Melissa de la Cruz

Le doux baiser du serpent

Serafina dans Critiques, Livres le 8 juin 2015, avec 1 commentaire
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Les Sorcières de North Hampton de Melissa de la Cruz est une série littéraire que j’ai découvert par son adaptation télévisée : Witches of East-End. J’avais lu le premier tome l’année dernière sans être réellement convaincue. Mais je n’aime pas laisser une série en plan, alors j’ai entamé le Tome 2 nommé Le doux baiser du serpent et publié par Le Livre de Poche. Synopsis ?

Le doux baiser du serpent, Les Sorcières de North Hampton, Tome 2, de Melissa De La Cruz

Freddie est revenu dans la vie des sorcières Beauchamp. Celui-ci affirme avoir été victime d’une machination, et n’accuse personne d’autre que le fiancé de Freya ! Pendant ce temps, Ingrid découvre l’amour et Joanna serait hantée. La vie n’est pas de tout repos pour les sorcières de North Hampton.

Nous retrouvons les points forts du premier tome : une excellente traduction totalement ancrée dans la culture française. Dans la version originale, la plupart des titres de chapitres font référence à des chansons populaires anglo-saxonnes. Ici cela a été traduit avec des références plus de chez nous et c’est plutôt très réussi. De même le style est naturel et on imagine aisément des filles d’aujourd’hui causer comme Freya ou Ingrid.

Le background des personnages est plus développé dans ce deuxième tome, on commence réellement à comprendre qui elles sont et ce que les filles ont pu vivre. Les mentions des procès de Salem se faisant de plus en plus nombreux. Par contre de nombreux éléments de la série télévisée ne sont pas présents dans le livre (la sœur de Joanna qui n’existe pas ou encore la malédiction des deux filles) donc nous sommes réellement sur deux matériaux totalement différents. Je pense que malgré tout, je préfère la série que je trouve plus dense. Ici dans le livre on s’occupe beaucoup de la petite vie de moldue des sorcières et leurs amourettes.

Pas mal de développements sont un peu trop simplistes et trop rapides, notamment sur la fin. De plus, le livre puise réellement pas mal dans la mythologie nordique que je ne connais pas spécialement bien et donc j’ai souvent l’impression de louper des éléments de l’histoire ou de ne pas comprendre les révélations… Pas forcément quelque chose que l’on peut complètement reprocher au roman, mais tout de même.

Le doux baiser du serpent, Les Sorcières de North Hampton, Tome 2, de Melissa De La CruzDans l’absolu je n’ai pas spécialement accroché à ma lecture, c’est une histoire sympathique mais pas spécialement mirobolante. J’ai commencé car j’aimais bien la série télé, mais ça s’est arrêté là. Par contre, il y a sur la fin de l’histoire un élément intéressant lié justement aux procès de Salem. Et de ce fait, je pense que je vais continuer à lire la série car ce point m’intrigue. Je suis très friande des affaires sur Salem alors forcément c’est du pain béni pour la fangirl.

Au final, ce deuxième tome des Sorcières de North Hampton de Melissa de la Cruz n’a toujours pas franchement réussi à m’emballer. Heureusement que ce petit point sur les sorcières de Salem me pousse à continuer, sinon je m’arrêterai sans doute. Si vous aimez la série télé, ça vaut le coup de lire le bouquin, mais sinon, ça reste dispensable.


Les Lettres Ecarlates est le premier tome des aventures de Meg Corbyn, publié chez Milady cet automne. Rien ne différencie de l’extérieur ce livre des nombreuses séries de bit-lit qui ont été publiées depuis le début du label issu des éditions Bragelonne. Pourtant, il serait dommage de passer à coté. Synopsis ?

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Humains et créatures surnaturelles cohabitent tant bien que mal. Dans certaines villes des quartiers aux accès réglementés hébergent les créatures surnaturelles. Ces réserves ont leur propre loi et elles ne sont ouvertes aux humains que pour le commerce.  C’est pourtant là que Meg qui à tout l’air d’une humaine va trouver refuge pour échapper à ses poursuivants, et va se retrouver scrutée de près par Simon le chef des loups-garous.

meg-corbyn,-tome-1---lettres--carlates-514710Voila, rien qui ne différencie là non plus cette série des autres si ce n’est le monde mis en place. En effet, l’Enclos que l’on peut un peu comparer aux réserves amérindiennes est une bonne invention et permet d’avoir à la fois notre monde habituel et un monde en dehors des règles où les Autres font la loi. L’organisation de ces diverses créatures surnaturelles est très détaillée et très bien faite. L’auteur a pensé à tout, que cela soit l’approvisionnement des produits de première nécessité, la collaboration nécessaire avec les humains ainsi que la manière de régler les problèmes internes. C’est très carré, peut être un peu trop car à de nombreuses reprises l’auteur se lance dans de longues descriptions de la réserve et de son fonctionnement. Ces passages peuvent sembler long, cependant, ils ont une utilité, ils donnent une réelle existence à cette zone. J’étais dedans avec Meg et découvrais en même temps qu’elle les eus et coutumes.

L’ambiance et l’immersion sont les maitres mots de ce premier tome. On est coincé avec Meg dans la tempête de neige, on cherche avec elle à comprendre les règles non-dites de cette réserve . C’est vraiment très réaliste. Meg est une jeune femme un peu niaise, une sorte de Sookie, l’archétype de l’héroïne de bit-lit sur bien des points avec une forte tendance à s’auto-rabaisser. La ou généralement la plupart des sagas de fantasy sont vues du coté des humains, ici on est du coté des Autres. Les humains sont présentés comme vils et souvent bien plus violents et effrayants que les loup-garous, vampires ou créatures non identifiées. C’est assez original pour le coup et j’ai apprécié cette originalité.

Anne Bishop nous balance ici toutes les créatures d’un coup, vampires, loup-garous, esprits de la nature et j’en passe et des meilleures. Sa mythologie est relativement dense et développée ce qui explique la taille plutôt importante du bouquin. Ma préférence va aux corbeaux que j’ai trouvé absolument tordants et auxquels je pouvais tout à fait m’identifier. J’ai cru lire que l’auteure était plutôt une habituée des sagas de fantasy, je trouve que cela se ressent sur la précision apporté à l’Enclos ainsi qu’aux interactions entre les peuples. La présence d’un plan de l’Enclos ajoute aussi au coté fantasy du roman.

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Les personnages sont un peu le point faible du livre. Meg est une niaise incarnée, Simon est un gros loup-garou effrayant mais protecteur, bref un archétype de loup alpha. J’ai été assez négative sur ce roman au départ à cause de ses personnages un peu trop clichés. Pourtant, je me suis attachée a eux au fil du temps. J’ai apprécié aussi le fait qu’il n’y ai pas d’histoire d’amour à la mord-moi-le-noeud. L’intrigue n’est pas traitée par dessus la jambe même si comme pour de nombreux cas de premiers tomes, elle est surtout là pour servir de support à la découverte de l’univers de la saga.

Bref, c’est un roman que j’ai lu par hasard, mais qui est une de mes meilleures découvertes bit-lit depuis un bon moment. L’univers est dense et il est facile de s’y plonger. Il me semble que le tome 2 vient de sortir, il est donc très probable que je me jette dessus dès que je le croiserais.


La série du Protectorat de l’ombrelle, je l’aime beaucoup, c’est une série à mi-chemin entre le steampunk, la bit-lit et la romance paranormale tout en ayant beaucoup d’humour. Les trois premiers tomes sont de très bonne facture et je ne pouvais donc pas résister au tome 4 qui n’est autre que l’avant dernier de la série ? Synopsis, garanti sans spoiler.

gail carriger sans honte alexia tarabotti

Bien qu’étant sujette à quelques désagréments médicaux, comme elle le dit elle même, Alexia n’en remplis pas moins ses devoirs. Du coup, quand un fantôme vient la trouver pour lui faire part d’une menace contre la reine, elle décide d’enquêter et d’empêcher le pire de se produire.

Si le tome 2 et 3 se suivaient de manière très rapprochée, ici, on a un timeskip de plusieurs mois et le bouquin est assez indépendant dans l’absolu. On retrouve bien sûr des personnages des précédents tomes, et la vie de ceux-ci continue d’avancer mais l’intrigue en elle même est bien indépendante. Comme toujours plusieurs histoires se déroulent en parallèle de cette enquête principale : Lord Maccoon doit s’occuper d’un louveteau qui a bien du mal à se faire à sa nouvelle condition, un fantôme approche de la fin de son après-vie, etc. Bref, il n’y a pas de quoi s’ennuyer.

Gail Carriger

Gail Carriger

L’univers développé par Gail Carriger est toujours génial. Nous sommes dans une Angleterre victorienne et steampunk très bien construite et les inventions les plus folles y semblent logiques. Alexia est un des rares personnages féminin de ce genre de séries qui n’est pas cliché, ni physiquement ni mentalement. C’est une femme forte et qui mène réellement l’histoire, sans l’être trop justement. L’histoire ne se prend pas réellement au sérieux, l’auteure utilisant pas mal de comparaisons farfelues et pointant les manquements à l’étiquette de ses héros.  C’est toujours une lecture très légère et amusante.

Pas de grande reflexion philosophique ici, mais ça n’a jamais été le but. Le rythme est agréable, même si comme toujours l’enquête reste relativement dans le background, l’importance allant aux péripéties d’Alexia et aux découvertes qu’elle va faire. Le voile commence aussi à être levé sur le passé de bon nombre de personnages, et il était temps, puisque nous sommes tout de même à l’avant dernier tome et que certaines interrogations datent du tout premier.

Dans l’ensemble, si vous avez aimé les tomes précédents, vous aimerez celui-ci et vice versa. Ca n’est pas l’originalité même, bien que cela soit très bien construit. On reste dans le même univers avec le même humour et les personnages sont fidèles a eux même sans pour autant qu’ils s’auto-parodient. Ici, pas ou peu de nouveaux personnages, c’est donc le moment idéal pour développer l’entourage de Lady Maccoon qui est assez nombreux à force et ce pour notre plus grand plaisir.

C’est un tome que j’ai beaucoup aimé et je suis un peu triste de voir la série se terminer prochainement. Heureusement, l’auteure à écrit d’autres romans dans ce type d’univers que je lirais très probablement après le cinquième tome des aventures d’Alexia !

 


Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan Heliot

Serafina dans Critiques, Livres le 14 mai 2015, avec aucun commentaire
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Enigma est une série jeunesse écrite par Johan Heliot, un auteur qui ne vous est pas inconnu si vous lisez régulièrement nos colonnes. Ici publié par les éditions Rageot, il s’agit du premier tome d’une série orientée Thriller. Synopsis ?

Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan Heliot

Théo et Vera sont deux jumeaux. Les adolescents ont perdu leur mère et vivent avec leur père, écrivain de SF. Celui ci a l’habitude de se retirer dans les étendues sauvages des États-Unis pour écrire ses livres. Lors d’une randonnée, ils découvrent les cadavres de deux hommes qui semblaient les suivre… A partir de là, tout s’enchaine et la famille semble être prise dans un sombre engrenage.

Enigma est une série orientée Jeunesse mais on est loin des niaiseries du Young-Adult qu’on rencontre souvent. Ici, on est dans un Thriller qui a tout d’un pour adulte, si ce n’est qu’il est relativement court : 250 pages seulement, et qu’il n’y a évidemment pas de scènes sulfureuses. Mais à part ça, tous les ingrédients sont là : un style vif, une alternance de points de vues, des chapitres courts, de l’action, des rebondissements qui surprennent et une histoire menée tambour battant. Bon, peut être un peu trop tambour battant car il se passe réellement beaucoup de choses.

Évidemment, on ne pourra pas s’empêcher de trouver que les premières intuitions sont un peu trop souvent les bonnes, ou que les choses escaladent un peu rapidement. Cependant, c’est un roman jeunesse donc ce n’est pas spécialement dérangeant. J’ai trouvé le background des personnages très crédible, la profession d’auteur du père est bien rendue et sonne vraie, tout comme les deux jumeaux qui ont du apprendre très vite à être indépendants. Les héros sont bien sûr Théo et Vera, deux jumaux mais diamétralement opposés, l’une étant sportive et l’autre plutôt intellectuel. Ils forment un tandem qui fonctionne bien, se complétant et évoluant avec pas mal de naturel. J’ai apprécié le fait que pour le coup ce soit la nana qui soit sportive et physique, cela fait du bien, ce n’est pas parce qu’on fait du jeunesse qu’on doit faire dans le cliché.

Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan HeliotLe style est agréable, allant directement au sujet tout en restant très clair et facile à comprendre. On n’en attendait pas moins de Johan Héliot. On trouve ici une organisation secrète qu’on croise à priori dans pas mal d’autres romans de l’auteur, montrant qu’il construit là une sorte d’univers de romans certes indépendants en apparence mais tout de même lié. De quoi encourager les plus jeunes à la lecture des autres tomes.

Prédictions est donc un premier tome qui s’avère être une lecture très rapide pour un adulte, puisque j’ai du mettre une après midi, mais qui reste agréable. A recommander à vos jeunes ados où aux jeunes un peu plus âgés, c’est un bon roman grand public qui tire partie du genre Thriller tout en étant très facile à lire.

 


La Rivière Noire de Arnaldur Indridason

Serafina dans Critiques, Livres le 13 mai 2015, avec aucun commentaire
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Pour continuer ma lecture des Arnaldur Indridason , j’ai lu La Rivière Noire, ( Myrká en VO), un roman sorti en français en 2011. Il fait partie de la saga d’Erlendur, même si comme nous allons le voir, il est particulier sur ce point. Synopsis ?

riviere noire arnaldur

Erlendur est parti en vacances pour une durée indéterminée suite aux événements d’Hypotermie. Cependant, les crimes ne s’arrêtent pas, et ce coup-ci un meurtre particulièrement grave est découvert à Reykjavik. Un homme est retrouvé égorgé dans son salon, il avait en sa possession une certaine dose de Rohypnol, la drogue du viol.

Vous l’aurez compris, dans ce livre, Erlendur est totalement absent. C’est son adjointe Elinborg qui est donc l’héroïne de l’enquête. C’est un procédé que je trouve plutôt appréciable, cela permet le temps d’un livre de changer totalement de style d’enquête et de personnages. Elinborg est une mère de famille, assez agréable, et passionnée de cuisine. Elle a un style très différent d’Erlendur : elle n’est pas bougon, elle n’est pas non plus désenchantée. Cela donne un roman un peu moins noir que les précédents. Pourtant, c’est un des plus lourds au niveau de la thématique. Non seulement c’est un meurtre et non un suicide ou une disparition, et la présence du rohypnol oriente rapidement l’enquêtrice vers des cas de viol.

la riviere noire arnaldur

Bref, on est face à un cas qu’on pourrait très bien trouver dans une série américaine. La résolution elle va être typiquement Islandaise et conditionnée au fait que le coté tout petit du pays fait qu’il est possible d’inspecter par exemple la liste de toutes les admissions pour fracture dans les 6 derniers mois sur le pays. C’est marrant et en même temps réaliste, l’auteur tire partie des spécificités de son pays.

L’enquête cependant stagne un peu vers le milieu, et les passages de plusieurs pages sur la passion d’Erlinborg pour la cuisine m’ont un peu refroidie. Heureusement, le début et la fin remontent le niveau et même si on sent certaines choses avant l’enquêtrice c’est bien amené et plutôt crédible.

Comme toujours, le style est simple, assez facile à lire, les chapitres sont courts et c’est une lecture divertissante qui sait distiller suffisamment de suspens pour nous faire tourner les pages. Ce n’est pas mon roman préféré de l’auteur mais il a le mérite de changer par rapport au reste de la série. On est loin des enquêtes d’Erlendur qui sont souvent sur des cold cases et où le héros est un solitaire bougon. Cela permet aussi de mieux comprendre le personnage d’Erlinborg déjà croisé dans la série.

Bref, ce n’est pas le roman par lequel je vous conseille de commencer, mais il a son importance dans la série. De même que le suivant La Muraille de Lave, qui met en scène Sigurdur Oli pendant l’absence d’Erlendur. Cela reste une lecture sympathique mais il ne m’aura pas spécialement marqué.