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Wild Cards de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 19 décembre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Wild Cards est un univers de nouvelles dirigé par George R.R. Martin depuis plus de 30 ans outre Atlantique, alors quand j’en ai découvert l’existence j’avais vraiment hâte qu’il finisse par traverser l’océan… Et voilà qui est chose faite grâce aux éditions J’ai Lu qui en publient la première anthologie dans leur collection Nouveaux Millénaires. Un petit pavé de près de 700 pages dirigé par l’auteur du Trône de Fer donc, mais dans lequel on retrouve de nombreux auteurs américains: Lewis Shiner, Walter Jon Williams ou encore Roger Zelazny. Et puis, évidemment, Martin himself. Un petit synopsis ?

Wild Cards de George RR Martin

Quand en 1946 un groupe de terroriste a menacé le gouvernement américain de relâcher un virus extraterrestre au dessus de New York s’ils n’étaient pas payé d’une très forte rançon, ils ne déconnaient clairement pas. A l’époque évidemment, rares étaient les personnes sur Terre à savoir que la menace était réelle, et la population en fit les frais. Des dizaines de milliers de morts et un virus, le xenovirus, dans la nature qui tue 90% des humains qu’il contamine. Le reste devient pour la plupart d’entre eux des difformés à vie qui n’ont plus grand chose d’humain. On les appelle les Jokers en opposition aux As, ceux qui ont eu une bonne étoile et en ont profité pour chopper des super-pouvoirs.

Entrer dans l’univers de Wild Cards est au début assez difficile. Cette première anthologie commence avec un prologue écrit par Martin et qui annonce les premières nouvelles de l’univers. Mais ce n’est pas pour autant une introduction simple d’accès notamment parce que la narration, au passé qui reste vague, est difficile à comprendre. Il faudra donc lire les nouvelles qui suivront pour finir par comprendre ce qu’il s’est passé. Le recueil est organisé en six petits groupes de nouvelles qui seront séparés par un interlude rapide à chaque fois, là aussi écrits par Martin. Ce n’est clairement pas ce que j’ai préféré dans l’anthologie.

Les nouvelles vont s’avérer être de qualité et d’intérêt assez variables. Certaines je dois avouer que j’ai eu du mal à les lire et les finir, et c’est sans doute pour cela que j’ai mis tant de temps pour finir le pavé. Le truc, c’est qu’il y a tellement de nouvelles que j’ai oublié lesquelles ne m’avaient pas particulièrement plu.



Car en dehors de ces quelques nouvelles, il faut bien avouer que le concept m’a complètement éclaté et que je me suis vite pris au jeu. Nous sommes dans un univers plus ou moins cohérent mais surtout, qui grâce à ce satané xenovirus, a vu les cartes de la vie être rejouées. Cela se ressent d’abord parce que l’histoire retrace l’Amérique du XXème siècle et certains passages clefs, l’après-guerre, la chasse aux communistes… Tout est revu façon et que se serait-il passé. C’est vraiment excellent d’autant que les impacts sont énormes.

En effet dans Wild Cards il n’est pas simplement question de super héros comme dans un univers Marvel par exemple, mais aussi de gens qui sont déformés et dont le xenovirus a complètement détruit la vie. Et ça, ça change tout car il ne s’agit pas que de chanceux, mais aussi d’affreux, de bas fonds, de pègre, de rues malfamées… On est loin de X-Men par exemple où finalement même les méchants sont des héros, des anti-héros certes, mais ils agissent de façon prévisible. Ici, c’est la loi de la jungle et Joker Town est vraiment très bien retranscrite au fil des nouvelles.

Wild Cards de George RR MartinLes nouvelles sont d’ailleurs relativement bien cohérentes les unes par rapport aux autres. On reverra quelques personnages récurrents qui font office de clin d’œil en général. Certains sont plats, je dois avouer avoir eu du mal à accrocher aux personnages des premières nouvelles. Par contre, les super héros de la suite, et notamment la Grande et Puissante Tortue qui est sans aucun doute mon héros préféré du récit.

Bref, après un démarrage un peu difficile, Wild Cards fini par prendre toute son ampleur jusqu’à vous rendre accro avec ses dernières nouvelles vraiment bien écrites. L’univers fini par prendre vie et on a l’impression d’être transporté dans une sorte de farwest où les guest stars peuvent être rencontrés à n’importe quel moment. Et puis, il y a Jokertown, la pègre, les politiciens ferreux, qui font de ces quelques nouvelles quelque chose qui a une sacrée ambiance.


Et vous, votre avis ?

Stoner Road de Julien Heylbroeck

Junkie Road Trip

illman dans Critiques, Livres le 17 décembre 2014, avec aucun commentaire
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Stoner Road de Julien Heylbroeck est un roman sorti en 2014 chez ActusSF. La couverture est illustrée par Ammo pour un résultat de fort belle facture qui saura capturer l’œil de vos invités et vous permettra de la ramener.

stoner road heylbroeck julien

Joshua Gallows est mal, et pas seulement parce qu’il est défoncé, il trace la route vers la prochaine generator party dans le désert pour retrouver sa chica Ofélia qui l’a largué. Sauf que là il va pas la retrouver sur les lieux et que son seul indice pour la retrouver c’est de partir sur les traces des groupes qui ont joué ce soir là. C’est dans sa fidèle bagnole et chargé de drogues qu’il va s’élancer sur les routes.

julien heylbroeckJ’ai eu un peu de mal à rentrer dedans comme on dit, le personnage principal ne m’a pas vraiment aidé.  Josh, appelé aussi Doc Défonce, est carrément antipathique au début du roman et il évolue dans un environnement tellement glauque que j’ai parfois posé le bouquin parce que je le ne le « sentais » pas et que je trouvé ça bazardélique. Une fois passé cette étape, une sorte de décantage s’est effectué et le récit est devenu clair pour moi. Luke Lee fait aussi partie du casting, redneck de son état dont on pourrait avoir des mauvais a-priori mais qui finalement sert de garde-fou à Josh et permet une synergie qui ramène de l’équilibre, même s’il fait penser parfois à un blaireau de la NRA. D’ailleurs la plupart des autres personnages font plutôt des apparitions anecdotiques tant qu’on a pas rencontré le big boss.

Road trip sous acide (littéralement) le roman se permet de nous réserver bien des surprises lors des pérégrinations de nos héros et nous permet de rester en haleine. Car je peux vous assurer que même si j’ai eu un mal de chien pour rentrer dedans, j’ai dévoré (pas littéralement) la fin du bouquin. Ce que j’ai aimé aussi c’est l’utilisation d’une mythologie absolument pas familière, l’Amérique centrale étant relativement peu usité dans ce domaine, avec des passages qui m’ont fait penser à du Lovecraft, c’est vous dire si c’était bien.

stoner road heylbroeck julienBien évidemment on trouve en toile de fond le genre musical du Stoner Rock. Ce n’est pas pour rien que chaque chapitre a pour nom un morceau d’un groupe de stoner et ce sans que ça paraisse prétentieux. J’en connaissais une bonne moitié mais il y’a des groupes que je ne connaissais même pas de nom. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe des generator party et donc la raison pour laquelle on appelle aussi le mouvement le desert rock, ce sera l’occasion de partir à la découverte d’un univers peu connu.

Au rang des bonus on retrouve une interview assez intéressante de l’auteur où ça parle influence, musique et des éditions TRASH dont il est le cofondateur. Chaque nom de chapitre correspond à un morceau de musique, c’est donc tout naturellement que l’auteur propose cette playlist en fin de volume, histoire de gonfler votre culture. Évidemment il y’a aussi les plus traditionnels remerciements, biographie et bibliographie. Bref des suppléments plutôt intéressant.

En fin de compte, en premier point on ne peut nier les qualités du roman et les aspects qui m’ont rebuté au début était sans doute plus dépendants de mon humeur du moment que de réels problèmes. En second on ne pourra que se réjouir d’un récit rapide et rythmé assez plaisant à lire qui me font finalement le classer dans mes lectures 2014 les plus sympathiques.


Le Roi en Jaune de Robert W. Chambers

Serafina dans Critiques, Livres le 19 novembre 2014, avec 1 commentaire
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Le Roi en Jaune est un recueil de nouvelles de la fin du XIXème siècle écrites par Robert W. Chambers. Ces nouvelles ont eu une forte influence dans la littérature anglo-saxonne, puisque Lovecraft en était fan et que certaines mythologies évoquées dans Le Roi en Jaune sont reprises dans les écrits du maitre de Providence. Il se trouve que ces nouvelles n’ont été traduites que récemment : la première traduction est de Christophe Thill et date de 2009 je crois. Le Livre de Poche édite désormais le recueil en poche, relié à l’occasion de la sortie de True Detective.

Le Roi en Jaune de Robert W Chambers

Car en effet, c’est la série qui a remis ce recueil au gout du jour, tellement qu’il est vite tombé en rupture de stock aux US. On retrouve donc dans ces nouvelles une atmosphère de fin de siècle à la fois désenchantée et bohème. Bon nombre des nouvelles se déroulent dans le Paris des artistes ou des étudiants en art – comme l’a été l’auteur-. Ces jeunes hommes déjà sensibles se retrouvent confrontés de près ou de loin à un livre fort mystérieux où il est question d’un Roi en Jaune. Un livre mystérieux, qui rend fou, et dont rien que le nom évoque des frissons, cela ne vous rappellerait rien ? Évidemment, on ne peut pas s’empêcher de penser au Necronomicon.

Ces nouvelles n’ont que peu de liens entre elles, si ce n’est ce fameux livre qui rend fou et la mythologie qu’il développe et qu’on retrouve donc dans True Detective. On y parle de Carcosa, un personnage ou une pièce en deux actes suivant la nouvelle, d’un signe jaune qui condamne son possesseur et des lacs, des villes d’Hastur et du mystère des Hyades. On ne sait pas réellement ce qu’est cette histoire, et c’est justement le fait de découvrir des nouveaux éléments et d’essayer de comprendre de quoi il s’agissait qui fait le charme du recueil. Il s’agit d’une sorte d’histoire dans l’histoire.

La première nouvelle est un peu particulière, puisqu’il s’agit d’un récit d’anticipation, se déroulant 40 ans après son écriture, soit en 1930. Un peu déroutant de lire un récit dans cet époque, mais qui n’a pas connu la première guerre mondiale ou quoique ce soit que nous connaissions. Cependant, cette nouvelle avec son ambiance assez sombre et parlant du suicide m’a fait une forte impression. Elle est glauque et sombre à souhait.

Le Roi en Jaune de Robert W ChambersPour le reste on retrouve une atmosphère majoritairement Fantastique, versant parfois dans l’Horreur ou dans le Thriller. Le recueil traite beaucoup de folie par contre et on voit petit à petit les héros basculer dans l’insanité, contempler les étoiles noires de Carcosa. Les nouvelles sont assez variées, traitant autant de romances sur Le Masque ou des nouvelles courtes avec un chat en héros.

Le style de l’auteur est assez ampoulé, et donc un peu vieillot mais il a son charme. Il est parfois à l’image des nouvelles, flirtant avec la folie. Cela renforce l’immersion dans les nouvelles, que j’ai totalement dévoré, puisque je l’ai lu en une journée. Bref que vous aimiez ou non True Detective, si vous aimez Lovecraft, vous devriez lire ce livre.


Psycho Killer de Anonyme

dabYo dans Critiques, Livres le 14 novembre 2014, avec aucun commentaire
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Psycho Killer est un Thriller tout juste publié en poche aux éditions Le Livre de Poche dont l’auteur est anonyme. Enfin, à priori pas tant que ça puisque c’est à lui que nous devons une série de Thriller assez populaire, la tétralogie du Bourbon Kid qui commençait avec Le Livre Sans Nom. Je n’en avais lu aucun, évidemment, du coup j’étais assez suspicieux. Un auteur anonyme, mouais, pourquoi ? Bref, synopsis.

Psycho Killer de Anonyme

Jack Munson est un ancien du FBI, un de ceux à qui l’on confiait généralement les missions clandestines et qui savait les mener à bien sans laisser de traces. Ce qui lui a valu d’être appelé le Fantôme, mais aussi d’avoir été mis sur le banc de touche depuis pas mal de mois déjà. Il paraîtrait que la maison a changé, que les missions clandestines ne sont plus au goût du jour. M’enfin, le problème c’est que les anciens démons finissent toujours par resurgir, il faut alors en programmer de nouvelles pour en effacer les traces. Et c’est ce qui est entrain de se passer à la paisible ville de B Movie Hell, où un tueur sanguinaire sème le chaos depuis quelques heures. Si la police le retrouve, la piste remontera forcément au FBI…

On va suivre tout un panel de personnage au long de la lecture et Jack Munson, sans doute plus récurrent que les autres, n’est pas particulièrement le héros de notre histoire pour autant. On alterne en effet les points de vue à chaque chapitre, des chapitres qui sont très courts, souvent le temps de découvrir une personne qui finira bientôt décapitée -et plus si affinité- par le serial killer qui court dans les rues de B Movie Hell. Difficile du coup de dire que l’on peut ou non s’attacher à des personnages, ils restent tous très clichés et relativement peu profonds. Vu le nombre, on pardonnera à l’auteur de ne pas être allé au plus fin dans la psychologie.

De toute façon, de fin, Psycho Killer n’a pas grand chose. On est plutôt dans le lourdingue, le gras, le gore qui tache bien, digne des films de série B et autres nanars qui se respectent. Si le village dans lequel se déroule notre histoire s’appelle B Movie Hell ce n’est clairement pas pour rien. Il y a de très nombreux clins d’oeil et autres reprises aux scènes que l’on peut retrouver dans ce genre de films, ceux d’horreur en priorité évidemment. Par son manque total de logique sur le comportement de certains personnages, par les scènes que l’auteur fait suivre à ses personnages, ou encore les façons qu’a son serial killer -fan de ce genre de films- de tuer ses cibles.

La narration du coup ne sent clairement pas bon la rose, on frôle souvent les détails sexuels et scatos. Bien que cela permette à l’auteur de dépeindre cette ambiance crade et cheap à mort, on pourra tout de même se demander si l’auteur ne va pas un peu trop à la surenchère. On a bien compris que le parrain du coin, tenancier d’une maison close, aimait bien abuser pour son plaisir personnel des filles qu’il exploite. On a pas forcément besoin de se le voir répéter tous les quatre chapitres, à chacune de ses apparitions en gros.

Psycho Killer de AnonymeA côté de cela, le scénario est tout aussi digne des films dont il s’inspire, avec un côté assez bien foutu je dois bien l’avouer. Le genre Thriller n’est pas du tout usurpé, d’abord parce qu’il est vraiment haletant à lire et qu’on est complètement absorbé par l’ambiance. Ensuite parce qu’il y a un côté conspirationniste, tout contre Jack, qui est franchement bien foutu. Alors qu’on pensait tout connaître de la situation, tout bascule lorsqu’il débarque à B Movie Hell et l’arbre qui cachait la forêt est enfin abattu. Un bon moment en perspective.

Au final, on passe un très bon moment avec Psycho Killer, un Thriller haletant qui donne envie de le finir d’une traite. Le cadre est fun, très digne de l’univers qu’il dépeint et il est complètement dépaysant là dessus. Un carton plein pour les fans du genre, avec de la tuerie absurde en veux-tu en voilà, des moments roadtripesque à mort, du jouissif en clair. Pour les autres, ce ne sera « qu’un » bon moment, mais un moment très sympathique tout de même.


Outlander est une série de Diana Gabaldon auparavant parue en France sous le titre Le Chardon et le Tartan. A l’occasion de l’adaptation en série télévisée, J’ai Lu a réédité la saga avec le découpage originel et sous son titre anglophone, du coup. Ce premier tome avait en effet été découpé en deux auparavant. Synopsis ?

Outlander de Diane Gabaldon

Claire a été infirmière pendant la seconde guerre. Elle en a vu des vertes et des pas mures, du coup, elle n’est pas mécontente de partir enfin en lune de miel avec son mari épousé juste avant la guerre. Mais voilà, se promenant dans l’Écosse autour du cercle de pierre du coin, un mini Stonehenge, elle se retrouve parachutée en … 1743 au cœur de la lutte entre écossais et anglais.

Avec un synopsis pareil, moi qui kiffe à mort les voyages temporels et les fictions historiques, j’étais très emballée par le résumé. Et tout aussi emballée par le début du livre. Claire et son mari sont des personnages vifs, érudits, qui aiment voyager. Avec la passion pour la généalogie du mari et les connaissances médicales de Claire, on est face à des personnages forts, avec des dialogues pleins d’humour et d’entrain. Claire n’est pas une héroïne neuneu et ça, ça fait plaisir.

Malheureusement, tout ce bon début se retrouve rapidement gâté lorsqu’on aborde le cœur du bouquin : le voyage dans le temps. A partir de là, on va aller de plus en plus loin dans le n’importe quoi. Déjà, la crédibilité des personnages en prend un coup. Je sais pas vous, mais moi, si je me retrouvais parachutée y a 200 ans, je serais vachement angoissée et ferait n’importe quoi pour rentrer chez moi, retrouver mon mari, l’eau courante, l’électricité. Là, notre héroïne se laisse gentiment balader, acceptant un travail au château du coin, et tissant des amitiés. Bien sûr, pour la forme, elle essaie une ou deux fois de s’enfuir, mais c’est clairement pas la priorité dans sa tête. Je passerais sur la crédibilité du grand méchant, prêt à libérer des vilains espions pour les fesses d’un beau gosse.

Le Chardon et Le Tartan de Diana Gabaldon

Et puis surtout, contrairement à ce que le résumé me laissait penser, il ne s’agit pas réellement d’un roman Fantastique, mais avant tout d’une romance historique. En réalité le fait que Claire vienne du futur n’a quasiment aucun impact, ça aurait pu être une naufragée amnésique en 1743 ça aurait été à peu près la même chose. Non, c’est surtout centré sur l’histoire d’amour entre Claire et Jamie, beau gosse en kilt de son état. Bon, déjà, je suis pas super bon public pour ce genre de choses, mais là, j’ai trouvé Jamie totalement détestable. Okay, c’est un mec de l’époque, mais il est rustre, n’hésite pas à battre sa femme quand elle lui désobéit, bref, c’est pas du tout un mec qui me ferait rêver, donc a partir de là, leur romance m’a laissé de marbre.

Outlander de Diane GabaldonAu niveau de l’histoire, j’ai parfois eu du mal à suivre les événements, ce qui est un comble car le bouquin n’est pas petit avec ses 850 pages. Les personnages changent parfois d’avis en deux pages, surtout sur la fin, tellement que je me suis demandée si dans mon ennui je n’avais pas sauté des pages. Cependant, certaines scènes sont traitées rapidement, des événements n’apportent pas grand chose à l’intrigue et on est plutôt baladé. Bon nombre d’événements n’ont au final que peu d’impact et je n’ai jamais eu peur pour les héros, faut dire qu’après être passé 4 fois à coté de la mort, la 5ème fois ne fait plus le même effet.

Bref, une histoire qui est un prétexte, une héroïne peu crédible, un beau gosse qui fout des coups de ceinture à sa nana, des scènes pas facile à suivre… Faut bien l’avouer, cette fin d’année n’est pas la plus heureuse pour moi niveau littéraire. Ce premier tome d’Outlander de Diana Gabaldon ne m’a clairement pas convaincu et je ne lirai sans doute pas sa suite.


Shining de Stephen King

dabYo dans Critiques, Livres le 21 octobre 2014, avec 1 commentaire
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Il y a des gens qui n’ont jamais lu Stephen King et j’en faisais partie pendant de nombreuses années. On est peu nombreux certes, mais ça va, on survit. Enfin, ça c’était avant que je ne me décide à lire Shining, sans doute le roman le plus populaire de l’auteur. N’ayant jamais vu le film, jamais lu de King et ne connaissant de cet auteur que le film Dreamcatcher, je n’attendais rien d’autre qu’un roman vaguement lié à l’Horreur. On peut sans doute dire que j’ai été servi. Un synopsis est il nécessaire ? Boah, faisons le.

Shining de Stephen King

Jack Torrance est un ancien enseignant, alcoolique, qui a été viré de son établissement suite à une altercation avec un élève. Sous l’emprise de l’alcool, il devient violent et sa famille en a plus que pâti. Pour se racheter, il écrit une pièce de théâtre et a trouvé un nouveau travail: gardien d’un Hôtel en haute montagne qui se retrouve complètement isolé par la neige pendant de longs mois d’hiver. Idéal donc pour venir y vivre avec sa femme Wendy et son fils Danny, et pourquoi pas enfin terminer sa pièce…

Un hôtel coupé de toute communication pendant de nombreuses semaines par la neige, un personnage alcoolique repenti sous pression, Stephen KingWhat could go wrong ? Il est évident qu’à la lecture des premières pages de ce roman, si l’auteur devait surprendre son lecteur, c’est avec un roman de 650 pages pendant lesquelles il ne se passerait aucun drame. Bon, sur le coup, vous vous doutez que je ne m’étendrais pas trop mais que cela ne vas pas forcément être le pays des bisounours, hein. On fait de l’Horreur, il va donc bien falloir que quelque chose se passe non ?

Carrie - Salems Lot - The Shining de Stephen King

J’ai bien envie d’acheter cette magnifique collection d’oeuvres de Stephen King du coup

On découvre une situation qui donne à chaque page l’impression que tout peut exploser à n’importe quel moment. C’est évidemment volontaire de l’auteur et il faut bien avouer que le saligaud se débrouille à merveille. Combien de fois on est à la limite terrorisé d’avancer dans notre lecture, on ferme les yeux de peur de voir que ça y est, tout a dérapé et le pire est arrivé. On tourne les pages motivé par cette curiosité morbide de savoir si cela va bien se terminer, tout en étant convaincu que non, ça ne va pas bien se passer.

Nos personnages occupent un hôtel mystérieux où des choses horribles se sont passées, et nous allons passer ces quelques mois d’hiver enfermé en leur compagnie. Je n’avais beau pas être au milieu du blizzard, je ressentais ce froid, cet isolement, cette terreur. L’auteur arrive vraiment à son but, celui de donner une vie au lieu, à rendre présente la malédiction qui semble l’entourer et qui nous fait comprendre que le pire est à venir. On découvre l’histoire de l’hôtel par des bribes de flashback et quelques recherches de notre héros. C’est passionnant et glaçant. J’ai encore quelques frissons à y repenser.

Shining est un roman d’Horreur à n’en pas douter, et je dois bien avouer que j’ai été horrifié. Les frissons me sont venus à de nombreuses reprises pendant ma lecture, mes poils se hérissent rien qu’en écrivant cette chronique et en me souvenant de certains passages que je lisais à la seule lumière de ma petite lampe de chevet.

Jack Torrance suscite à la fois la compassion et la colère tout au long de notre lecture. C’est un personnage qui ne laisse pas de marbre, mais qui est vraiment à double face. Son fils, que l’on va suivre de près lors de la narration parle avec son propre langage, ce qui en rend le suivi vraiment très réaliste.

Shining de Stephen KingAvec ses quelques 600 pages, c’est un long roman et Stephen King prend son temps pour construire cette ambiance. Cela peut parfois paraître un peu long mais ça va lui permettre de matérialiser l’ambiance, de faire monter petit à petit la pression. Un peu comme si l’on était devant une cocotte sur le feu, mais que cette dernière n’avait pas de quoi évacuer la pression. Le lecteur est donc là, impuissant, forcé de regarder arriver l’inévitable: l’explosion.

Shining de Stephen King est un classique d’Horreur, sans doute le roman le plus célèbre de l’auteur américain et on peut dire que son succès n’est pas usurpé. Avec de nombreux passages à vous glacer le sang, une construction méticuleuse et appliquée, l’auteur met son lecteur dans la position du spectateur impuissant avec une grande classe. A lire si ce n’est toujours pas fait.


22-11-63 de Stephen King

dabYo dans Critiques, Livres le 18 octobre 2014, avec aucun commentaire
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Quand on est marqué par certains livres on a très envie que d’autres le lisent, et c’est comme ça que Serafina a fini par me convaincre de me lancer dans la lecture de 22-11-63 de Stephen King. Le roman de l’auteur best-seller frôle les 1000 pages et était sorti il y a près d’un an pour l’anniversaire de l’assassinat du président Kennedy à Dallas. Tout juste édité en poche par Le Livre de Poche, il était donc temps que je me lance. Synopsis.

22-11-63 de stephen king

Jake Epping est un américain enseignant l’Anglais au lycée à la vie toute ordinaire (divorcé, ex-femme alcoolique, pas d’enfant) et ce qu’il y a de plus banal pour l’Amérique profonde. Mais voilà, c’est sans compte ce que son « pote » Al Templeton va lui faire découvrir dans l’arrière salle de son bouiboui. Car si les burgers d’Al sont si peu chers, ce n’est pas parce qu’il s’agit de viande de chat comme le veut les rumeurs, mais tout simplement parce qu’il se se fourni en viande en 1958. Et tout le monde sait que la viande était franchement moins cher en 1958.

C’est donc de retour dans le temps que le roman de Stephen King traite. La couverture, la quatrième couverture et le titre du roman ne laissent aucun doute sur l’intrigue générale du roman: comment Jake en retournant dans le passé va-t-il bien pouvoir sauver Kennedy et l’empêcher d’être assassiné par un certain Oswald. Tout un programme en effet, qui pourrait être traité de bien des manières, politique, espionnage, fantastique, on en passe des vertes et des pas mures.

Stephen King

Stephen King

Là dessus, il faut bien avouer que Stephen King a un certain côté Stephen King: c’est à travers des personnages de l’Amérique profonde que l’on va vivre toute cette aventure. Jake, le héros, évidemment, mais aussi Al, Saddie et d’autres personnages hauts en couleurs, du passé ou du présent, qui vont faire irruption dans notre histoire et qui ont souvent été marqués par une vie pas franchement facile.

A la base, je dois bien avouer que je m’attendais à une Aventure, celle avec un grand A, comme Aventure et aussi comme Action. Mais c’est sur les personnages et leur psychologie que nous allons nous concentrer. Le roman va en effet tout autant traiter de l’histoire de l’Amérique, de cet assassinat soudain et cruel, que de notre personnage principal et de ses émotions. Comment passe-t-on plusieurs années dans le passé ? Peut on se contenter d’attendre des années en se tenant à l’écart de la société de l’époque ?

En effet, si notre héros débarque autant d’années avant l’assassinat (5), ce n’est pas pour rien et Stephen King va en profiter. Pour dépeindre l’Amérique de l’époque, pour dépeindre les tragédies de la vie aussi. On va retrouver de nombreux thèmes chers à l’auteur, des motifs qu’on retrouve fréquemment dans ses romans et qui l’obsèdent. L’alcool évidemment, vous vous en doutez, les drames familiaux, les colères subites dont les traces restent indélébiles, la violence « banale » de la société en somme.

Nous allons voyager avec le personnage. A nous la découverte de l’Amérique des années 60. Je crois que je n’ai que rarement autant ressenti le dépaysement avec un livre. J’avais vraiment l’impression d’y être, bien plus qu’en regardant un film sur l’époque. J’étais avec Jake dans sa belle caisse qu’il a acheté pour une poignée de dollars américains. Je découvrais l’Amérique de la ségrégation, les esprits encore complètement opposés à l’égalité raciale, où les blancs avaient droit aux toilettes confortables tandis que les noirs devaient se contenter de la rivière.

22-11-1963

Le tout avec un fil rouge, celui du temps et une théorie: ce dernier ne souhaite pas être changé. C’est un aspect très important du roman sur lequel Jake, qui narre son aventure à la première personne, va insister à de très nombreuses reprises. Parfois un peu trop je trouve, comme si le fait de le répéter allait créer l’effet scénaristique, alors que c’est plutôt les péripéties qui devraient le s’en charger.

Au rayon des reproches, on pourra tout de même citer la fin. Car le roman est vraiment bon, et malgré qu’il ne relate qu’une vie au quasi jour le jour d’un type tout à fait banal (bon, il est dans le passé quand même), il est passionnant du début à la fin. Stephen King arrive à rythmer ses chapitres malgré une histoire qui, objectivement, ne l’est pas franchement. Elle traite de la vie de tout les jours, et pourtant, on est captivé. Il y a du coup quelques paroxysme où la tension dramatique et émotionnelle est vraiment très haute.

22-11-63 de stephen kingMais du coup, la fin, sans doute l’aspect le plus difficile à écrire, m’a vraiment laissé sur ma faim. Avec un tel déroulement, il fallait une fin d’un haut niveau et ce n’est clairement pas ce que j’ai pu lire. La fin m’a fait l’effet d’une sorte de soufflé, sans tension aucune, ce qui après plus de 900 excellentes pages est quelque peu frustrant. Dommage, vraiment, car l’auteur avait entre ses mains de nombreuses façon de terminer son roman et de mettre à son lecteur un dernier coup dans la gueule.

Avec son style agréable à lire, une intrigue de qualité qui exploite de façon intéressante les principes du voyage temporel, ce roman de Stephen King est un très long et très agréable voyage dans l’Amérique de l’époque. On est dépaysé au fil des pages, on vit au pays de l’oncle Sam pendant de très longues pages et c’est un réel plaisir. Bien que déçu par sa fin que je n’ai pas trouvée à la hauteur, 22-11-63 reste une perle que je ne regrette pas d’avoir lue, qui vous marque et que je recommande chaudement.


Go To Hell Tome 1 de Oxanna Hope

Serafina dans Critiques, Livres le 11 octobre 2014, avec 3 commentaires
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Oxanna Hope fait partie de ces auteurs de Bit-Lit françaises qui ont débutés dans une petite maison d’édition indépendante, ici Nergal, pour être ensuite republiée dans une grande maison. Cette fois, ce sont les éditions J’ai Lu qui ont récupéré le bébé, ceux qui ont fait la même chose avec Georgia Caldera. Du coup, j’étais plutôt intriguée par ce premier Go To Hell, le transfuge a t’il été profitable ? Synopsis.

Go To Hell de Oxanna Hope

Cassie a 18 ans et a beaucoup voyagé. Quand elle arrive au lycée dans une petite ville un peu paumée, elle ne connait personne mais se fait rapidement une réputation. Sa grande gueule et ses réactions extrêmes se font vite remarquer. En réalité, elle fuit son passé pas si « normal » et la rencontre avec son professeur de philo Damian ne va pas arranger les choses.

Bon, il faut l’avouer directement, ce premier tome de Go To Hell ne m’a absolument pas convaincu, tellement que je ne sais pas trop réellement par quoi commencer. Le moins pire est probablement le style d’Oxanna Hope: assez simple mais qui a le mérite d’être assez clair à comprendre. Le seul point noir étant l’orthographe employée pour écrire les grolles de l’héroïne : elle y porte des « docks« . On notera aussi le prologue de 4 pages qui est a peu près repris tel quel en plein milieu du roman, qui donne un peu l’impression d’une solution de facilité.

Cassie est un personnage à peu près insupportable : hautaine, qui réagit au quart de tour et qui s’en fiche un peu de blesser les gens qu’elle côtoie. On ne peut pas réellement dire que cela soit une héroïne à laquelle on s’attache. Elle cache un lourd passé, on sait qu’elle a fuit, mais à la fin du premier tome, on ne sait réellement toujours pas qui elle est – ni même ce qu’elle est – ni réellement pourquoi elle est poursuivie. Le bouquin nous laisse avec a peu près autant de questions qu’au départ. Pour les autres personnages, Damian, le prof n’agit pas du tout comme un professeur, il semble avoir une mission, mais là encore à la fin du premier tome on n’a toujours pas réellement compris ce qu’il venait faire ici.

Go To Hell de Oxanna HopeIl n’y a pas réellement d’intrigues dans ce tome, on suit l’arrivée de Cassie, et sa rencontre avec son prof et le frère de celui-ci. La première moitié du livre ne sert à peu près à rien, et ensuite une sorte d’intrigue se met en place, on sort les esprits et les méchants fantômes du chapeau. Bref, c’est comme si l’intrigue était concentrée sur les 50 dernières pages et pas du tout préparée.

Vous l’aurez compris, j’ai réellement eu du mal avec ce roman. Je ne sais pas à quel point il a été retravaillé entre la parution chez Nergal et chez J’ai Lu, mais clairement il n’est pas à la hauteur par rapport aux autres publications du même genre. On ne comprend pas réellement ce que sont les héros – sans compter que l’héroïne est à baffer – et on reste totalement sur notre faim après ce premier tome. Mais pas genre le cliffhanger qui nous donne trop envie de continuer, non, plutôt l’impression de s’être faite balader sans fil conducteur. J’ose espérer que le deuxième tome de Go To Hell relève le niveau mais je ne pense pas que je le lirais.

 

 


L’éternité dans une heure de Daniel Tammet

Serafina dans Critiques, Livres le 1 octobre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Je vous ai déjà chroniqué un bouquin de Daniel Tammet : le très bon Je suis né un jour bleu où l’auteur raconte sa vie d’autiste asperger. J’avais bien aimé ce livre et du coup, j’ai commencé la dernière production littéraire de l’auteur qui vient d’arriver en poche aux éditions J’ai Lu avec enthousiasme. L’éternité dans heure est une collection de petites histoires ou de petits essais sur la poésie des nombres et des mathématiques, il n’y aura donc pas de synopsis !

L'éternité dans une heure de Daniel Tammet

L’auteur aborde donc les mathématiques en les mettant en relation avec des thèmes aussi philosophiques que l’éternité, la vie, la mort, ou encore des expressions artistiques comme des auteurs connus ou l’art contemporain. Chaque petite histoire part d’une anecdote personnelle bien souvent, avant d’en tirer un rapport aux maths puis d’élargir ou de prendre des exemples parlants. Bon, l’idée n’est pas mauvaise, il s’agit de mettre les maths en application de manière ludique et compréhensive. Cela peut être une bonne méthode d’appréhender des concepts aussi abstraits que les limites, l’infini et tant d’autres. Le bouquin reste tout de même accessible, on ne s’intéresse pas tellement aux maths de haut niveau, c’est donc tout à fait lisible par un lycéen.

Et c’est peut être là le problème. D’une part, j’aime bien les maths, j’en ai fait, beaucoup. Je n’ai donc pas réellement qu’on utilise d’analogies pour m’expliquer ce que c’est qu’une suite qui tend vers 0 ou ce qu’est l’infini en maths, ou encore les probabilités et permutations d’ensembles. J’ai été donc assez hermétique aux simplifications de l’auteur et à ses efforts pour rendre ces concepts compréhensibles vu que je les comprenais déjà. Ensuite, j’ai trouvé la lecture assez difficile car les histoires sont petites et ne vont pas du tout en profondeur. Heureusement que j’ai des connaissances en mathématiques ou en japonais pour comprendre les analogies de l’auteur.  A trop survoler, on frustre les personnes qui voudraient réellement comprendre ce dont parle l’auteur. C’est sans doute très clair dans sa tête mais pour nous, il faut quand même essayer de voir où il veut nous emmener et ça c’est loin d’être clair.

L'éternité dans une heure de Daniel TammetAprès, certaines analogies m’ont semblées un peu tirées par les cheveux, comme si l’auteur voulait trouver des liens aux mathématiques où il n’y en a pas réellement ou alors très très lointaines. Je sais que les nombres régissent tout, mais à un moment, il faut pas non plus exagérer leur influence.

Bref, vous l’aurez compris, je suis plus que circonspecte sur ce bouquin qui a quelques bonnes idées mais qui me semble bien trop survolé pour m’intéresser. Peut être par contre que ceux qui ont été allergiques au maths à l’école y trouveront leur bonheur, car c’est plein d’applications concrètes. Mon problème au final, c’est peut être que je ne suis pas le public ciblé par ce bouquin.


Corvus de Paul Kearney

illman dans Critiques, Livres le 23 septembre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Parfois, tomber sur des bons bouquins tient simplement de la chance. Que je sois rentré dans cette librairie avec la ferme intention d’en ressortir pourvu d’un bouquin quel qu’il soit et que j’apprécie ce roman est donc un hasard. Peut-être que ce qui m’a décidé c’est la couverture de LGF Studio qui faisait Empire Romain ou bien le nom de Robert Silverberg en bas de couverture ou encore le titre énigmatique en un seul mot. Toujours est-il que je l’ai lu et que j’y ai pris plaisir, direction le synopsis pour commencer à en voir les raisons.

Corvus de Paul Kearney

Après tant d’années à vendre ses services dans les conflits du continent, Rictus n’a qu’une envie donner les rênes de ses têtes de chiens, sa troupe de mercenaire, à un autre pour pouvoir passer sa retraite de guerrier à cultiver la terre auprès de sa famille. Évidemment cela ne va pas durer alors qu’enfle la rumeur d’un jeune général nommé Corvus qui aurait déjà conquis une partie du pays.

Bon j’avoue, dis comme ça c’est loin de vendre du rêve, on dirait le pitch d’un David Gemmell bas du front. Ce en quoi c’est différent, c’est dans la manière de traiter les personnages. Ici point de grands héros légendaires qui démontent tout sur le champ de bataille mais plutôt des hommes dont la renommée est peut-être un peu exagérée. La où  l’on a souvent du mec qui va défourailler le big boss d’en face pendant les mêlées, le coté martial et discipline est extrêmement mis en avant dans Corvus. Par ce que notre troupe de mercenaires, elle est reconnue pour ne pas faillir dans ses charges, pour être inébranlable, pas pour les hauts faits d’armes d’un de ses constituants, même s’ils sont aussi aidés par des cuirasses un peu « magiques ». Il règne un esprit de corps dans la vie de ces soldats et c’est sans doute ce coté uni qui m’a plu.

Paul Kearney

Paul Kearney

Les affrontements sont de fait très plaisants à lire. D’une part la stratégie y a une grande place grâce à Corvus qui se donne tout les moyens en son pouvoir pour conquérir cet empire des Macht décadent. Comme c’est un étranger, il a apporté des manières différentes de faire la guerre dans un pays où les conflits entre les cités étaient codifiés au point d’en devenir ridicule. J’ai trouvé un coté assez jouissif à ce que son armée mette des peignées aux oisifs et prétentieux Macht. D’autre part les engagements sont extrêmement violents, ils sont bien retranscrits et on sent l’impact lorsque les forces en présences se rentrent dedans, il y’a un paquet de cadavres qui traîne dans la boue quand les épées se taisent. Une percée par-ci, une charge de cavalerie par-là, le moral des troupes vacille au cours de la bataille et entraîne une fin rapide des combats sans s’embourber dans des combats peu réalistes.

Le contexte géopolitique mis en place par Paul Kearney est aussi intéressant. Car même si l’action se passe uniquement dans cet empire composé d’un maillage de cités-états, on entend un peu parler d’autres lieux et surtout d’un autre temps. Celui où les Macht avait lancé une grande campagne dans un empire voisin et où le personnage principal Rictus s’était distingué. Tout ça mis bout à bout donne un univers cohérent inspiré principalement de l’antiquité, fait relativement rare, et plaisant à lire sans doute dû aussi à la traduction de Jean-Pierre Pugi.

Corvus de Paul KearneyL’auteur nous permet aussi de voir l’envers du décor en nous narrant les agissements d’un tribun de la capitale Macht, Karnos. La présence de ce personnage est important car elle nous délivre d’un manichéisme sommaire qui aurait pu s’installer autrement. Ce personnage est plus cérébrale que combattant et c’est haranguant la foule, fomentant des plans et en mobilisant les armées qu’on le retrouvera principalement.

Corvus a été pour moi une excellente lecture. Paul Kearney a un talent certains pour mener son récit avec concision, rapidité et justesse, quasiment pas de temps mort pendant ces presque 500 pages chez Orbit en poche. Je conseille sans problème aux amateurs de Fantasy.