• Année:2009
  • Auteur:Noël Alyson
  • Editeur:Michel Lafon
  • Genre:Bit-Lit, Romance, Jeunesse
  • Série:Eternels
  • Titre:Evermore
  • Titre V.O.:Evermore
  • Tome:1
  • Traducteur:Boischot Laurence, Cohen Sylvie

Evermore est le premier tome de la saga Eternels écrite par Alyson Noël. Ce tome a été publié pour la première fois en février 2009 en langue anglaise et est arrivé chez nous il n’y a pas si longtemps. Le titre est destiné aux adolescentes, et s’inscrit dans le courant popularisé par Twilight, cela se voit même à la couverture. Mais avant de laisser nos préjugés parler, synopsis !

Evermore, Eternels Tome 1, de Alyson Noël

Ever est une lycéenne  de 16 ans. Suite à un terrible accident de voiture, elle entend les pensée des gens, voit les morts et les auras. Tout un programme. Autant dire que la jeune fille a bien du mal à trouver le calme, se réfugiant derrière son iPod et des capuches. Mais tout change quand elle rencontre Damen, dont elle ne peut pas lire les pensées.

Bon, ok, difficile de ne pas faire le parallèle avec Twilight. On va le faire une bonne fois pour toute. Au début on suit le même schéma que celui de Fascination de Stephenie Meyer. Une fille mal dans sa peau, qui rencontre un beau gosse mystérieux, une histoire de télépathie, un contexte scolaire, et des amourettes de jeunesse. Oui, même schéma. Autant le dire tout de suite, il sera impossible de ne pas y penser dans la première partie du roman. Cependant, je vous le dis tout de suite, le roman prend à la fin une direction totalement différente, qui laisse présager du bon pour la suite.

Alyson Noël, Eternels

Alyson Noël

Ce tome est en effet un tome d’introduction, il sert à poser les personnages et le contexte. Malheureusement le début est un peu douloureux. On a l’impression que l’auteur a plein plein d’idées et ne réussit pas trop à les caser. L’héroïne qui lit les pensées, voit les morts, voit les auras, fait des rêves prémonitoires, c’était peut être un peu too much, surtout que sa capacité à voir les auras par exemple n’est pas du tout exploitée. Plus le roman avance, plus on se concentre réellement sur l’origine de ses pouvoirs, presque comme si la lecture des auras passait à la trappe. Les concepts évoqués sont plutôt intéressants, et les révélations de la fin m’ont plutôt plu. Il semblerait que l’auteur ait réussi à trouver sa ligne directrice, malgré un début qui s’éparpillait un peu.

Du coup avec sa tonne de pouvoirs, Ever joue plutôt bien le rôle de l’adolescente un peu perdue, effacée et qui se sent différente. Bref, idéale pour que quiconque ayant eu 15 ans (ou les ayant prochainement) puisse se reconnaître. Bon, malgré tout, certaines de ses réactions me restent absolument incompréhensible. Mais bon, peut être que je suis trop vieille.  Malheureusement comme souvent dans le genre, Damen le beau gosse est un peu sans saveur. Prince charmant parfait, mystérieux à souhait, il n’a pas assez de consistance pour pouvoir réellement faire date. Cependant, contrairement au roman évoqué plus haut, la pléthore de personnages secondaires vaut le coup. Que cela soit Haven la gothique en quête d’identité ou Miles l’homosexuel assumé, les personnages sont réalistes, un peu caricaturaux, mais tout à fait plausibles. Bref des gens qu’on pourrait réellement croiser au lycée et qui du coup relèvent la sauce avec humour.

Evermore, Eternels Tome 1, de Alyson NoëlLa relation entre Damen et Ever met beaucoup de temps à s’installer, et plusieurs fois le même schéma se répète (Damen fait un premier pas, Ever est contente, puis un truc bizarre arrive, Damen se barre/disparaît, Ever doute et pense qu’il ne l’aime pas). Bon, ok, une fois, mais au delà, on commence quand même à tourner en rond. Le coté Je t’aime moi non plus est un peu longuet.

Il n’y a pas énormement d’action dans ce tome, soyez prévenus. Il se lit bien, très bien meme, un peu vite certes. Le style est assez simpliste et passe partout. Ca se mange sans faim comme on dirait. Il est un peu difficile de juger sur ce premier tome, qui n’est pas désagréable pour autant. J’ai l’impression que cela va mieux se mettre en place dans le deuxième tome, qui vient de sortir en France. Cette série de Alyson Noël se révèle donc être à suivre, bien que j’ai préféré le Secret du Vampire de L.J. Smith, premier tome de la série Night World.


  • Année:2008
  • Auteur:Alcide Dario
  • Genre:Heroic Fantasy
  • Série:Farence
  • Titre:Farence: La Légende
  • Tome:1

Il y a des livres qui arrivent dans nos mains par des voies insoupçonnées. C’est le cas de Farence: La Légende, un titre écrit et auto-édité par Dario Alcide, un écrivain amateur et scénariste. Nous l’avions rencontré sur son stand à la convention Paris Manga, et y avions échangé nos adresses e-mail. C’est ainsi que six mois plus tard, j’ai fini par avoir entre mes mains son premier tome de sa saga Farance. Un livre de très belle facture pour un roman auto-édité, avec une couverture de Giuseppe Severino et le tout pour un prix très abordable. Bien moins cher que les livres de ce format dans le commerce. Synopsis voulez vous ?

Farence: La Légende de Dario Alcide

Bien des années après notre époque, alors que l’humanité avait colonisé la majeur partie de notre univers, la planète Nimir hébergeait un peuple pacifique qui vivait des jours heureux. Mais leur bonheur pris fin lorsque Cerk, un être mystérieux et semble-t’il sanguinaire, décide de s’attaquer à ce peuple et transforme leur planète en un vrai enfer. Seul face à l’ennemi, le prince Farence aux pouvoirs extraordinaires. Malheureusement, ce dernier fut vaincu et son âme scellée dans deux nouveaux nés, eux même renvoyés vers une planète inconnue pour éviter qu’ils puissent formenter une rébellion.

Vous vous en doutez tout de suite, c’est le destin de ces deux jeunes nourrissons que nous allons suivre. Nous les retrouvons au début de notre récit alors qu’ils atteignent l’age adulte, et qu’ils vont être mis au courant. Bref, si l’histoire a un côté très Fantasy, on ne peut pas ignorer le côté Science Fiction pour autant. Ère de la colonisation de l’univers, des voyages galactiques, des planètes et des différentes races d’hommes, tout y est pour que l’on puisse parler d’un Space Opera. A l’exception près qu’il n’y aura pas de réel voyage entre planètes (juste un petit transfert) et que les éléments clé du Space Opera (une guerre qui s’étend sur plusieurs planète, par exemple) ne sont pas du tout présent. Au final, Farence: La légende se classe dans la Fantasy, avec les différentes races vivantes et bien entendu une lutte entre le Bien et le Mal qui va se profiler.

Le style d’écriture de Dario Alcide est plutôt simple et direct. Bien qu’il y ait des descriptions il reste limpide et ne fait pas dans les fioritures. On fini par s’y habituer mais je dois avouer avoir eu du mal au début. Le côté épuré choque, comme si ce n’était pas juste simple mais trop simple. Il manque quelque chose qui ne permet pas à l’auteur de donner assez de vie à ses personnages et ses environnements. Tout du moins au début, puisque les pages aidant, on fini tout de même par s’habituer et s’attacher aux éléments. A noter quelques petites erreurs au niveau de la narration en elle même, qui ne m’ont pas permis de tout comprendre sans relecture.

Farence: La Légende de Dario Alcide

Le réel problème du livre est le défilement des événements et du scénario d’une manière générale. L’auteur nous présente un univers vaste et intéressant, qui pourrait presque être qualifié de mature. L’introduction nous laisse entrevoir des dizaines de planètes, de races, toutes à découvrir. Malheureusement, l’aperçu que l’on en aura pendant les trois cents pages sera somme tout très petit, ce qui donne un arrière goût de frustration. Pourquoi nous laisser entrevoir tant pour nous faire découvrir si peu ? D’autant plus que les caractéristiques présentées, l’épopée de la colonisation humaine par exemple, ne sont exploitées à aucun moment pendant le récit. C’est dommage, car cela donne au début de notre histoire un côté hors sujet.

De même, on restera avec une petite déception au niveau de la légende. Sans spoiler, je ne puis vous expliquer pourquoi, mais cette légende, cette réincarnation, laisse un goût d’inutilité, comme si elle n’était pas assez exploité et qu’elle ne changeait finalement pas grand chose. C’est vraiment dommage car là encore, le récit et l’univers présentés recèlent de qualités qui ne sont pas du tout utilisées.

S’il y a bien un côté du récit qui est lui, exploité, voir sur-exploité, c’est l’action. Comme je l’ai dit, le déroulement de notre histoire m’a quelque peu gêné, notamment par sa concentration autour du combat, et des affrontements en général. On a droit ici à un schéma au niveau du scénario qui est excellent pour les jeux vidéo, mais que je trouve bien moins intéressant pour les livres, celui de l’affrontement, de la phase d’entraînement, puis du nouvel affrontement, avec des ennemis récurrents bien entendu, de plus en plus puissants.

Farence: La Légende de Dario AlcideNos héros sont dans une quête sans fin de pouvoir, de puissance, de techniques de combat, ce qui fait finalement plus penser à un jeu vidéo comme je le disais, ou même à un manga. J’ai trouvé que cela rendait le déroulement des choses linéaire. Le fait que les combats ne soient que retranscris par l’écrit, sabre un peu leur suspens. A aucun moment je n’ai suspecté la possibilité pour les héros de mourir, et l’enchaînement de nombreux combats ne fait que renforcer cette opinion. Bon, bien entendu, ce genre de sentiment fini fatalement par donner une petite surprise, ce qui est loin d’être déplaisant !

Bref, c’est légèrement frustré que j’ai terminé Farence: La Légende, en espérant que l’auteur exploite toutes les capacités de son univers Farence pour la suite ! On a donc affaire ici à un livre qui plaira avant tout aux mordus d’action, si vous avez rêvé de tomber sur un livre de la trempe d’un Saint Seya, Dragon Ball, ou plus récemment d’un Bleach, alors c’est le livre qu’il vous faut. Sinon, il sera difficile de passer outre cette utilisation de l’action. Vous pouvez vous le procurer via Amazon ou bien les librairies partenaires de l’auteur. Enfin, je vous conseille de faire un petit saut sur le site de son auteur, Farence Corp.


  • Auteur:Jean-Chirstian Petitfils
  • Editeur:Editions Perrin

L’affaire des poisons est un livre historique rédigé par Jean-Christian Petitfils édité par les éditions Perrin, historien. Cet auteur a déjà publié plusieurs livres sont un sur l’assassinat de Henri IV. J’ai reçu ce livre grâce a l’opération Masse Critique. L’affaire des poisons est un fait divers que j’affectionne beaucoup (j’ai toujours été passionnée par la sorcellerie, alors vous comprenez…) alors quand je l’ai vu dans la liste, je n’ai pas hésité une seule seconde. Ce livre porte donc sur l’affaire des poisons, normalement, c’est connu comme histoire, mais vu qu’un de mes camarades de classe, que je ne citerais pas, a cru que je lisais un roman, je vous fais un résumé (je ne peut pas appeler ca un synopsis).

L'affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils

1679, nous sommes en plein faste du règne du roi Louis XIV. Mais sous les belles parures et les beaux châteaux, éclate une affaire policière aux ramifications effarantes. On découvre un commerce de poisons (de poudres de successions) mais aussi d’ensorcellement, de messes noires (ces messes à l’envers pratiquées sur le corps nu d’une femme), d’avortements, de sacrifices humains, bref, la totale. Les accusés sont en premier lieu des personnes du peuple, mais bientot elles citent les noms qui fâchent. Notamment celui de Mme de Montespan la maitresse en titre du roi.

Le roman se partage en deux parties (enfin, trois si on compte les annexes). La première est une exposition de l’affaire, de manière plutôt chronologique, la deuxième partie fait la part belle aux analyses et aux thèses soutenues dans le milieu historique.

La première partie ne m’a pas appris énormément de choses, étant donné que je me suis intéressée depuis longtemps à cette affaire et que je la connaissais plutôt bien. Elle est en tout cas exposée de manière simple et compréhensive. Si vous ne connaissez pas, c’est la manière idéale d’aborder cette trouble période historique. Il faut dire que l’affaire dura trois bonnes années et créa un climat de suspicion dans le royaume.

Le récit est parsemé d’extrait de sources d’époques, et l’auteur expose les faits tout en émettant les réserves qu’il faut. On sent l’importance de l’affaire monter petit a petit, passant de simple affaire d’empoisonnement à affaire d’État. Les différents protagonistes de l’histoire sont présentés a leur tour, leurs origines. On notera notamment le rôle important de La Reynie le premier des inspecteurs de police si on peut dire. Obstiné et pas dupe, le monsieur a laissé de nombreuses sources permettant aux historiens aujourd’hui de reconstituer correctement le déroulement de laffaire des Poisons.

L'affaire des poisons - Mme de Montespan

Mme de Montespan

Cette affaire mets aussi en exergue les us et coutume de l’époque. Si vous ne connaissez pas bien l’époque, nul doute que vous apprendrez des éléments intéressants sur cette époque historique. Le livre est accessible à tous, que vous soyez novice ou que vous ayez déjà une culture dans l’affaire, personne ne sera lésé. Il est évidemment passionnant de voir les trafics qui se déroulaient mais aussi les machinations et l’imagination des gens de l’époque, certes très chrétiens mais un christianisme somme toute très proche du paganisme.

L’auteur s’intéresse ensuite de manière objective à l’affaire. Il relève les erreurs qui ont rendu cette affaire si difficile à éclaircir, notamment la disparition prématurée d’une accusée d’importance, la Voisin. Entre cela, le fait que La Reynie soit passé à coté de certains éléments toute la lumière ne fut pas faite à l’époque, et la relecture par les historiens de notre siècle (ou de celui d’avant d’ailleurs) ont permis d’innocenter quelques personnes.L'affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils

L’auteur reprend des thèses soutenues par des confrères, notamment certains défenseurs de la Montespan, il les analyse, et montre quels points sont faibles et quels points sont en effet fort troublants. Ceci dit, il ne statue pas, c’est à nous de faire notre opinion si on le veut. Il avance dans le tout dernier chapitre, après être revenu sur la mort de Mlle de Fontanges, une hypothèse plausible selon lui qui expliquerait plusieurs zones d’ombres. J’ai trouvé cette partie absolument passionnante. L’auteur fait preuve de recul et a fait un travail titanesque pour retrouver des notes parfois bien antérieures à l’affaire des poisons elle même.

On notera à la fin aussi une chronologie bien utile pour se repérer entre toutes ses dates, ainsi qu’une rapide biographie des personnages impliqués dans l’affaire, ainsi que de nombreuses notes et une bibliographie complète.

J’ai trouvé cette lecture tout a fait palpitante et la fin absolument passionnante. Petitfils rend palpitante cette enquête et ses parts d’ombres. Il a un style agréable et neutre comme il se doit dans ce genre de livres. Je vous le conseille que vous connaissiez ou non cette affaire. Je me procurerais peut être son ouvrage sur l’assassinat de Henri IV, qui ce coup ci est une affaire que je ne connais que partiellement.


L’ange blond est un roman de Laurent Poujois paru le mois dernier aux éditions Mnémos. Il s’agit du premier roman « adulte » de l’auteur, qui auparavant a déjà publié deux romans jeunesse. Le roman est une uchronie. Introduit par une bien jolie couverture de Julien Delval, nous voici partis pour 300 pages en compagnie de son héroïne, Aurore Lefevre, dite L’ange Blond. Synopsis ?

L'ange Blond de Laurent Poujois

Latouche Tréville n’est pas mort à Toulon. Du coup, Napoléon ne s’est pas pris les raclées que nous connaissons. 200 ans plus tard, on s’apprête a célébrer le bicentenaire de l’empire. Le pétrole n’a jamais pris, la technologie a évolué différemment. Aurore est une ancienne légionnaire. Éducatrice de biones, maitre orchestre, elle est aussi adepte de sports extrêmes, dont elle diffuse les vidéos de manière pirate sur la toile. Rebelle, la jeune femme est pourtant recrutée pour infiltrer la fête du bicentenaire et éviter un attentat visant l’impératrice.

Poujois mets en place une histoire palpitante servie par une plume très cinématographique. Les scènes sont très visuelles, l’action (au présent, d’ailleurs, alors que le reste est au passé) est explicite, aucun mal pour se représenter la scène. Les descriptions sont pertinentes, et cela va a 100 a l’heure. Aurore n’a qu’une semaine, mais quelle semaine. Le style est fluide et maitrisé. La spontanéité d’Aurore se retrouve dans la narration, et le livre est vraiment agréable à lire. Le découpage en courts chapitres renforce cette impression de rapidité.

Associons à cela des personnages hauts en couleurs. Aurore évidemment, en premier lieu, impertinente, rebelle et surtout indépendante, la blonde est ici une véritable James Bond version fille. J’avoue qu’avec une héroïne qu’on disait très jolie, j’avais un peu peur de tomber dans du fan-service et des galipettes a tout va. Et bien non. Notre héroïne est pleine de ressource, c’est une femme d’action, elle a beau être blonde, elle ne s’en laisse pas compter. Pour tout vous dire, elle change de ses héroïnes de bit-lit que j’ai pu croiser dernièrement. Ça fait du bien de voir une héroïne qui n’a rien à envier à l’autre sexe ! J’ai aussi adoré le personnage d’Emilien, un expert de la toile, pirate sur les bords et qui a une particularité qui fait de lui un personnage original et attachant (je ne vous en dirais pas plus).

L'ange Blond de Laurent Poujois

Nous avons donc une bonne histoire, un bon style des personnages charismatiques, mais qu’en est-il de l’univers ? Car oui, quand même, l’univers est important. Et bien la, c’est du génial sur toute la ligne. L’univers est riche, foisonnant et très développé. Chaque chapitre est introduit par des extraits d’encyclopédie ou d’article pour nous permettre de mieux appréhender ce monde. Que cela soit au niveau technologique ou politique, rien n’est laissé au hasard. Les dirigeables donnent un coté un petit peu Steam qui n’est pas du tout pour me déplaire.

L'ange Blond de Laurent PoujoisJ’avoue avoir tout particulièrement été sous le charme des biones. Ces entités peuvent servir à tout, il y’a des biones d’espionnage, des biones de regie, etc. Aurore est spécialisée dans l’éducation des biones difficile (oui parce qu’ils sont conscients si on peut dire), du coup, elle en a toute une panoplie. Sur le coup, je me suis dit que moi aussi je voudrais bien des biones, ca a l’air génial. De même, les orchestrations d’Aurore sont juste des petites merveilles de narration, ca donne vraiment envie d’y être, d’en faire. Bref, l’univers technologique m’a totalement conquis, à la fois rétro et futuriste, c’est du grand art, et Poujois n’a rien a envier aux plus grands.

L’univers politique et linguistique est aussi très développé. Le monde est majoritairement régit par des empires, et l’Angleterre est le pays « hais ». Du coup, aucun anglicisme dans le roman (ou alors seulement sarcastique). Par contre, beaucoup d’allemand. Parfois traduit, parfois pas. Bon, on comprend dans l’ensemble évidemment, car c’est des phrases assez basiques.

Une suite serait déjà en préparation, et j’avoue que j’ai vraiment hâte et que je suivrais cette série et cet auteur avec attention. L’auteur est un peu touche à tout (sports extrêmes, jeux vidéos, courts métrages) mais ce coté dispersé lui permet de livrer ici un livre d’un niveau très élevé, qui ravira tous les fans de Blade Runner ou d’Uchronies napoléoniennes ! Un univers indéniablement riche, qui méritera plus de tome est le gros point fort de se roman.  Si vous appréciez la SF, n’hésitez pas a jeter un œil à ce roman, qui devrait vous plaire. Ma première grosse claque de l’année, et encore une fois, c’est un français !


  • Auteur:Ambre Dubois
  • Editeur:Editions du Petit Caveau
  • Genre:Fantastique
  • Titre:Le sang d'Hecate
  • Tome:2

Le sang d’Hécate de Ambre Dubois est le deuxième tome de la série des Soupirs de Londres qui a été commencée par le très bon Manoir des Immortels. La encore illustrée par Anne Claire Payet, qui heureusement a fait bien des progrès, le livre se compose d’à peu près 300 pages. Après un premier tome qui frappait très fort, il faut dire que j’attendais cette suite avec impatience.  Synopsis ?

Le sang d'Hecate de Ambre Dubois

L’histoire prend place peu après que nous l’ayons laissée. Au musée de Londres, une statuette a été dérobée. Le prince de Londres lance Stella sur l’enquête. En parallèle, la communauté vampirique de Londres reçoit la visite d’un émissaire de la communauté de Paris : Surach. Ce dernier vient directement suite à l’affaire traitée dans le premier tome. Deux intrigues, qui comme vous vous en doutez vont s’entremêler.

Si le premier tome avait déjà un style très agréable, il est clair que Ambre Dubois s’est encore améliorée. La lecture est fluide, les dialogues font naturels, les réparties fusent, les descriptions sont bien rendues, jamais ennuyeuses, et elle arrive très bien a retranscrire les états d’âmes des personnages. Sa manière de mener l’intrigue est toujours aussi agréable, avec de petits indices disséminés ici et la, qui s’emboitent bien a la fin, permettant de rendre crédibles les retournements de situations.

On retrouve avec plaisir les personnages et l’ambiance qui avaient fait le succès du premier tome. Le Londres Victorien est toujours aussi bien retranscrit. On se promène avec plaisir dans les ruelles pavées, on admire les toilettes. Y’a pas a dire, c’est très immersif. De plus le roman se place dans un contexte historique (le jubilé de la reine pour être exact) ce qui contribue à son réalisme. On note aussi plusieurs clins d’oeils aux romans de l’époque, je ne vous dirais pas lesquels pour ne rien vous gâcher. J’ai aussi apprécié les nombreuses références à la société occulte londonienne, car cette époque est aussi celle ou le mystique est en vogue.

Le sang d'Hecate de Ambre Dubois

Au niveau des personnages, on se centre surtout sur Stella, Drake et Rodrigue le prince de Londres. Celeste et Corwin faisant plutôt figure de figurants (haha). Les personnages évoluent, on apprend peu a peu de nouvelles choses sur Stella, l’héroïne, même si on reste un peu sur notre faim. Ce ne sont que des bribes qui nous sont dévoilée, j’espère qu’on connaitra vraiment son passé dans les prochains tomes. Malheureusement, cette évolution ne va pas que dans le bon sens. On pouvait prévoir un triangle amoureux, bon, bah, on tombe dedans. Je déteste cela, surtout quand c’est cliché a souhait. La relation Drake/Stella est un love/hate qui n’en fini pas. Une scène, ok, mais plusieurs, ca devient lourd, surtout qu’elles se déroulent toujours pareil et que ca stagne.

L’intrigue est plutôt bien menée, jusqu’à un certain point. Les fausses pistes abondent, et notre Stella ne sait plus trop ou donner de la tête. Bon, on devine certains éléments bien avant elle, il n’y a rien de plus frustrant que de la voir foncer tête baissée sur une fausse piste. Mais bon, dans l’ensemble la majorité des retournements de situations sont amenés de manière cohérente. On notera cependant un rythme inégal, la partie du milieu étant plutôt composée d’errances qui ne font pas avancer l’histoire.

Le sang d'Hecate de Ambre DuboisMais bon, la n’est pas le principal problème. Non. C’est à la fin que le bat blesse (je n’ai aucune idée de l’origine de cette expression. Est ce Bat ? Bas ?). Tout se résout en dix pages par une pirouette absolument aberrante. J’ai eu l’impression que l’auteur ne savait plus comment finir, alors pof, on fait apparaitre un personnage de nul part et pof, magie, tout est résolu. Non. On ne fait pas  un bouquin aussi bien pour le finir comme cela. Non. Ça casse la crédibilité, ça casse la montée en puissance du bouquin, ça casse tout en faite.

Je suis vraiment décue, car on sait l’auteur capable de mieux. Il était certes difficile d’enchainer après un si bon cru que celui qu’était le Manoir des Immortels, mais cette fin m’a pas mal gâché la lecture. C’est dommage, car le reste est plutôt bon.  Enfin, la suite est déjà prévue, et je la lirais évidemment, car il y’a beaucoup de bons éléments qui méritent qu’on passe outre cette fin douteuse pour pouvoir continuer a suivre les aventures de Stella.


Les Dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

illman dans Critiques, Livres le 27 février 2010, avec 2 commentaires
  • Année:1972
  • Auteur:Isaac Asimov
  • Editeur:Folio SF
  • Genre:Science-Fiction
  • Titre:Les Dieux eux-mêmes
  • Titre V.O.:The Gods themselves
  • Traducteur:Fillion Jane
Cet article est écrit par illman, étudiant en informatique de 23 ans. "Star de rock" à ses heures perdues, il profite d'if is Dead pour vous donner quelques conseils.

Ses avis et conseils peuvent donc être différents des articles habituels qui sont postés sur notre blog.

Les dieux eux-mêmes a été écrit par Isaac Asimov en 1972. Il renouait alors avec son style fétiche, la Science-Fiction. Je pense qu’il n’est nul besoin de présenter cet auteur, dans le cas contraire, wikipédia est et je vous conseille vivement de lire au moins un des ses ouvrages, Fondation ou Les Robots par exemple. L’origine de ce livre est un pari fait avec Robert Silverberg, un autre auteur du genre avec lequel il a d’ailleurs co-écrit des romans. C’est un livre indépendant, il ne fait partie d’aucun cycle, donc pas de pré-requis de lecture. Un petit synopsis s’impose.

Les Dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

Par un heureux (?!) hasard de circonstance, un radiochimiste, Hallam, est témoin du changement d’un morceau de métal banal, le tungstène, en un plutonium totalement improbable,en tout cas dans notre univers, le plutonium 186. De cette découverte découlera la création de la pompe à électrons, une ressource d’énergie inépuisable et non-polluante. Un jeune scientifique affecté à une de ces pompes va vouloir en raconter l’histoire. Mais durant ses recherches, il va lever des points d’ombre: la pompe est-elle réellement sans danger ?

Nous suivrons aussi le destin d’autres personnages, avec notamment la rencontre d’une race extraterrestre, remarquablement détaillé, un vrai monde à part bien cohérent. Je n’en dirais pas plus sur l’intrigue les concernant, c’est une merveille à découvrir. On suivra un scientifique, Denison, dans son exil sur la lune. Il ira se mêler à la communauté scientifique lunaire et découvrira leurs mœurs, bien différente de celles en cours sur Terre. Son objectif, découvrir si la pompe est dangereuse.

« Contre la stupidité… Les dieux eux-mêmes… luttent en vain« 

Les Dieux eux-mêmes de Isaac AsimovLe grand thème du livre dans une simple citation, chaque partie de la phrase représentant une partie du récit. Pourrions nous renoncer à une invention qui nous est bénéfique ? Resterions nous aveugles à ses dangers à cause de cela ? Ce roman est une lutte contre la bêtise et l’entêtement mâtiné d’un exquis nappage de Science-Fiction. Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas pour rien si cet ouvrage a remporté le prix Nebula (1972), le prix Hugo du meilleur roman et le prix Locus (1973).  Un thème fort, un univers cohérent, des personnages qui sonnent vrais (même les E.T.) et une imagination débordante de l’auteur, voilà ce que vous trouverez dans cet ouvrage.

Le vocabulaire scientifique est beaucoup employé mais ce n’est pas gênant. Comme souvent chez Asimov, il y a vulgarisation du propos scientifique et les concepts sont plutôt amenés en douceur. Et puis bon, ne pas comprendre en détails ne dérange pas pour l’histoire du moment qu’on en a compris les grandes lignes, notamment sur le fonctionnement de la pompe.

J’ai beaucoup aimé le découpage de l’histoire en trois parties, suivant le destin de personnages aux caractères bien différents. Au risque de me répéter, je tiens à re-souligner une nouvelle fois le talent d’Isaac Asimov. La deuxième partie de son roman traitant d’une race extraterrestre qu’il a créé de toutes pièces est à mille lieux de toutes celles que j’ai rencontré dans d’autres romans de Sci-Fi. Je dirais même que c’est un vent de fraîcheur et d’originalité qui nous balaye en suivant les péripéties de nos E.T. Mais voilà, un problème se pose, c’est aussi dans cette partie que l’on rencontre…

The Gods themselves, Isaac Asimov

… le point noir du livre,  l’omniprésence du sexe. Parait-il qu’Asimov avait été critiqué parce qu’il n’introduisait pas d’aliens et de sexe dans ses histoires. Pour le coup, sur ce roman l’auteur s’est lâché. Il y a des aliens, du sexe, et du sexe entre aliens… A certains moment la deuxième partie fait un peu trop Fornic’land chez les E.T. Une petite vengeance de l’auteur peut-être… Pour chipoter, je pourrais aussi dire que la première partie est un peu longuette avec ses explications scientifiques mais ce serait seulement pour ne pas passer pour un bisounours incapable de donner des points négatifs dans ses critiques (pourtant c’est cool un ours).

Il serait cependant dommage de s’arrêter à ces détails. Les dieux eux-mêmes est un excellent livre et je vous le conseille fortement, que vous soyez fan de S.F. ou non. Et d’autant plus si vous n’avez jamais gouté aux titres de l’auteur.


  • Total Tomes:4
  • Tome:1
  • Série:Les aventures de Sally Lockhart
  • Titre:La Malédiction du Rubis
  • Titre V.O.:The Ruby in the Smoke
  • Auteur:Pullman Philip
  • Editeur:Folio Junior
  • Traducteur:Esch Jean

Sally Lockhart est une série de quatre petits romans de Phillip Pullman, un auteur surtout connu pour sa célèbre trilogie A la croisée des mondes.  Sally a été publiée pour la première fois en 1985  dans la langue de Shakespeare mais n’a été traduite qu’en 2003 en France, probablement suite au succès de la trilogie pré-citée. Je ne m’étais jamais réellement intéressée à cette série, jusqu’à ce que je vois l’adaptation qu’en a réalisé la BBC, diffusée récemment sur Arte. Malgré l’actrice que je trouve très désagréable à regarder, Billie Piper de Docteur Who, l’ambiance m’a conquise, et pour cause !

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip Pullman

Le livre nous narre en effet les aventures de Sally une jeune orpheline dans l’Angleterre Victorienne, ma période historique préférée. Dans ce premier tome, nous rencontrons Sally, dont le père vient de mourir en mer, son bateau aurait coulé. Cependant elle reçoit une lettre laissant sous entendre de lourds secret, notamment sur sa naissance.

C’est le point de départ de l’histoire et je ne tiens pas à vous en dire plus. Il est important cependant de considérer ce petit livre comme ce qu’il est. Un livre pour enfant, écrit une dizaine d’année avant la série majeure de l’auteur. Il ne faut donc pas s’attendre au même niveau ni à la même complexité. Je pense que cette précision est importante pour ne pas trop en attendre de l’ouvrage.

Sally Lockhart

L'adaptation de la série à la télé

Moi, j’en attendais surtout un livre jeunesse dans une période que j’adore, donc, au final j’ai été servie.  L’ambiance victorienne est par certains cotés très bien rendue. Les ruelles pavées, les quartiers pauvres, les fumeries d’opium, tout cela contribue à marquer l’ambiance. On fait référence à de nombreux principes de l’époque et plusieurs composantes « historiques » que cela soit les asiles de nuit, les débuts de la photographie, ou encore le commerce de l’opium. Pour quiconque apprécie la période, c’est vraiment plaisant. Cependant, j’ai trouvé un peu uchronique la relation entre les personnages : en 5 minutes ils s’appellent par leur diminutif, tout le monde est assez égal. Cela me choque un peu, surtout vu les origines (assez aisées) de Sally, mais peut être est-ce voulu. Car en tout cas, Sally n’est pas une demoiselle victorienne, elle a la mentalité d’une ado d’aujourd’hui, elle est forte, indépendante, veut travailler, et apparemment tout le monde l’accepte !

Le personnage principal est un peu froid malheureusement, ce qui empêche de réellement s’y attacher. Cependant, elle ne m’a pas non plus semblée désagréable, je pense qu’elle prendra plus de relief dans les prochains tomes (qui d’ailleurs sont plus gros). Les personnages secondaire eux sont plus hauts en couleurs et j’ai trouvé qu’il y avait du bon potentiel. Par contre, les méchants sont un peu trop méchants. Je veux dire c’est assez manichéen  et c’est pas du méchant de pacotille. Un peu dommage mais malheureusement pas si rare en littérature jeunesse.

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip Pullman

Évidemment, comme le promet le titre, le mystère et l’aventure sont au rendez-vous. L’enquête en elle même est plutôt prenante, et on prend plaisir à suivre les protagonistes avancer dans leurs recherches. On en découvre plus petit à petit sur le père de Sally et on aborde des sujets assez graves. Cependant, j’ai trouvé la révélation finale un peu grosse et mal amenée. Comme si la fin avait été bâclée, c’est un peu dommage.

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip PullmanAu final, ce premier tome me semble plus être une introduction qu’autre chose. On y place le décor, et le mystère est plus un prétexte qu’autre chose, c’est une lecture agréable, mais clairement typée jeunesse. Il n’y a pas dans ce premier tome de différents niveaux de lecture comme on peut le trouver dans d’autres oeuvres de Pullman.

La série commence bien,  et augure du bon pour la suite, si le potentiel est bien exploité. Nul doute cependant que les plus jeunes adorerons. Sally Lockhart est surrement une série dont je vous reparlerai, car je compte d’ores et déjà me procurer le deuxième tome pour le lire.


  • Année:2010
  • Auteur:Khadra Yasmina
  • Editeur:Julliard
  • Titre:L'olympe des infortunes

Yasmina Khadra est un auteur francophone, d’origine algérienne, dont j’avais beaucoup entendu parler, notamment pour son livre Les hirondelles de Kaboul. Je n’avais jamais lu de ses livres, parce que je suis généralement un peu perplexe devant les succès de librairie… Cependant, lorsque j’ai vu son dernier roman, L’olympe des infortunes, en partenariat sur Livraddict, je me suis dit que c’était l’occasion idéale de donner une chance à cet auteur. Nous sommes assez loin de mes styles de prédilection, mais c’est la tout l’intérêt des partenariat : la découverte. Et puis, ça évite la crise de foie de Fantasy, synopsis.

L'olympe des infortunes de Yasmina Khadra

Cette histoire prend place sur un terrain vague, une sorte de décharge abandonnée, en marge de la société. Là vivent plusieurs SDF, ils ont établi la leur vie, loin de la ville. Organisés en petit groupes, ces personnages ont tous leurs histoires, mais il n’en parlent pas beaucoup. Est ce là le bonheur ?

Un petit mot sur le livre, aux éditions Julliard, la couverture à rabat souple est toute douce et brillante et l’illustration est sobre mais agréable. C’est  un livre assez court, 240 pages par là, et écrit plutôt gros, ce qui fait que je l’ai lu très rapidement. Il se lit sans mal.

Je n’avais absolument rien lu de cet auteur, il n’y aura donc aucune comparaison. Il parait que c’est très différent, et je veux bien les croire. Ce roman s’intéresse au monde assez particulier des SDF, dans une décharge anonyme, dans une ville anonyme, même un pays anonyme.

Yasmina Khadra

Yasmina Khadra

On ne sait pas réellement où on est, et ça n’est pas important, leur monde c’est le terrain vague, et pour nous aussi. Ce procédé permet d’accentuer l’immersion. Nous sommes coupé de tout, le livre est donc beaucoup plus universel. Et ce procédé renforce le coté conte philosophique qu’on peut ressentir sur d’autres points.

Cependant là où l’auteur fait fort, c’est qu’il ne fait pas de concessions, mais qu’il arrive pourtant à donner une dignité et une grandeur à ses personnages. Ces hommes sont alcooliques, malades, pas toujours moraux, crades, bref, ce n’est pas tout rose. Cependant, ils ont une sorte de grandeur en eux. Surtout Ach auquel je me suis énormément attachée.

Ce vieux monsieur bougon, poète et musicien dispense à Junior, un jeune SDF un peu simplet, des leçons et des morales, qui sont autant de pistes ouvertes vers la philosophie et en tout cas vers la réflexion. J’ai trouvé le roman plutôt intelligent et pas trop moraliste non plus. Cependant, il y a un peu beaucoup de références à Dieu, ça ne m’a pas vraiment gênée, mais c’est à dire. Un autre personnage m’a vraiment semblé déplacé, celui de Ben Adam, une sorte de prophète qui ne rime à rien.

Il faut dire que le roman est très très court donc, du coup tout n’est pas totalement développé et je pense que sur certains points il aurait peut être fallu plus de pages afin d’amener mieux les choses. Cependant, il s’agit là d’un petit bémol, car dans l’ensemble le livre m’a charmée. La galerie est vraiment diversifiée, et j’ai été surprise à plusieurs reprise du respect envers les personnages. Malgré tout ce qu’on nous révèle, des morpions aux diarrhée, ce n’est jamais vulgaire et jamais irrespectueux.

L'olympe des infortunes de Yasmina KhadraDe plus la plume de Khadra est très agréable. Son écriture est poétique tout en restant très légère. Beaucoup de ses figures de style sont tout simplement superbes et j’ai été conquise très rapidement. J’aime sa simplicité et sa manière de brosser des portraits très intimes tout en aisance. Il a réussi à me toucher, et la fin m’a beaucoup plu. Je  ne pensais pas que cela me prendrait autant.

A noter que je m’attendais à un livre plus moralisateur. Alors certes, il l’est un peu c’est indéniable, mais ça ne saute pas à la gorge, et c’est assez léger dans le fond. Si c’est un roman engagé alors c’est bien caché même si il est impossible d’être totalement neutre sur le sujet évidemment.

Voilà dans tous les cas une très bonne découverte. Du coup, je compte m’intéresser un peu plus à cet auteur. Il n’est pas impossible que je me procure d’autres de ses romans car le style y est vraiment très bon.


L’heure de l’ange de Anne Rice

Serafina dans Critiques, Livres le 19 février 2010, avec 9 commentaires
  • Année:2010
  • Auteur:Rice Anne
  • Editeur:Michel Lafon
  • Genre:Fantastique
  • Titre:L'heure de l'Ange
  • Titre V.O.:Angel Time
  • Traducteur:Loubet Pascal

L’heure de l’ange est le dernier roman de Anne Rice. Publié en anglais en Octobre 2009, le roman est sorti hier en français aux éditions Michel Lafon. Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter l’auteur. Elle est surtout célèbre pour ses Chroniques des Vampires qui sont mes livres cultes et Anne Rice a crée ce qui est pour moi le meilleur personnage au monde, j’ai nommé Lestat de Lioncourt. Par cette introduction, vous pouvez déjà savoir que je ne suis pas objective, que je suis une fane, que j’ai lu quinze fois les chroniques. Cependant, Rice et les vampires, c’est terminé. Après avoir rejoint définitivement l’église catholique, elle a décidé d’utiliser sa plume pour Dieu. Après deux romans sur la vie du Christ (que je n’ai pas lus) elle revient avec L’heure de l’ange qui débute une nouvelle série, Songs of the Seraphim. J’étais un petit peu perplexe… J’avais peur d’avoir à faire à de la propagande religieuse, ou à un roman affreusement engagé. Enfin, synopsis !

L'heure de l'Ange de Anne Rice

Toby est un tueur à gage. Il vit en solitaire et exécute les missions qu’on lui demande. Il est beau, anonyme, se faisant appeler Tommy, ou Lucky, en fonction de ce qui l’arrange. Il est traqué dans le monde entier, il a perdu la foi et il n’a pas de pitié pour ses victimes. Cependant, après une mission particulièrement éprouvante, il fait une rencontre assez bouleversante. En effet, il rencontre Malchiah, prétendument un ange.

Je n’ai pas envie de vous en dire plus. Sachez que le résumé de la version française vous spoil totalement, en effet les événements dont on parle commencent à la page 150… sur 270. J’ai bien fait de ne pas lire le résumé ! Donc si vous comptez le lire, gardez ceci bien en tête pour vous conserver un maximum de surprises. Ceci dit, un mot sur le livre. Comme toujours les éditions Michel Laffon nous proposent un très bel ouvrage, la couverture est superbe, sobre et classe. Une petite image (une aile d’ange) débute chaque chapitre, le papier est beau, c’est aéré. Bref, c’est toujours un plaisir de feuilleter leurs livres, et ce sont des must-have pour tout collectionneur qui se respecte.

Au niveau du style, on retrouve la Anne Rice qu’on connaît. Elle utilise la première personne du singulier, comme elle en a l’habitude. De même les descriptions sont toujours très précises, et l’immersion est très rapide. Son style est cependant plus léger qu’au début des chroniques et les longueurs sont évitées L’ambiance est évidemment très présente et il ne faut pas longtemps pour s’attacher à Toby. Toby qui par bien des cotés n’est pas sans rappeler le vampire français qui l’a rendue célèbre il y a maintenant presque une trentaine d’années. Le héros immoral mais en quête de beauté, passionné par l’architecture, la musique, fasciné par la religion, nul doute que les aficionados reprendront vite leurs marques. Tous les endroits et les époques évoquées sont irrémédiablement crédibles et ça, ça aide beaucoup. Enfin, évidemment, on retrouve la Nouvelle Orléans, un peu moins dorée que celle des vampires, mais malheureusement très réaliste (malheureusement parce que c’est pas que du beau dans cette ville, et non parce que je trouve cela dommage dans le livre hein !). Anne Rice jongle entre les époques d’une main de maître, et son talent n’est pas discutable.

Angel Time of Anne Rice

La couverture originale est exactement la même, à ceci près qu'elle présente aussi le nom de la série.

L’histoire se scinde en deux parties d’égale importance. Toute la première partie est la découverte de Toby, comprendre où il en est et pourquoi il en est là. La deuxième partie consiste en une mission bien particulière, qui nous fait découvrir une période trouble de l’histoire anglaise, celle des persécutions envers les juifs dans le XIIème siècle. Il me semble que d’autres livres sont annoncés, ce qui fait qu’il faut peut être voir ce livre comme une introduction, et ce qui explique peut être la longue partie pour découvrir Toby. Si elle est intéressante, c’est réellement la deuxième qui m’a convaincue, bien que la résolution du problème soit un peu simpliste.

On ne peut que saluer la documentation de Rice sur cette époque, sur les martyrs juifs, sur les accusations sans preuve, sur la haine et la persécution qu’ont subis les juifs. Comme je vous le disais, j’avais de gros aprioris. Mais que nenni. Si la religion joue un rôle important dans la deuxième partie, elle n’est pas aveugle et d’ailleurs la religion chrétienne est loin d’y être édulcorée. Les abus des ordres (Dominicains je crois) envers les juifs et leur violence sont décrits de manière très objective, et je n’ai pas trouvé le livre fondamentalement engagé. La religion est traitée de manière intelligente et il serait impossible de parler de Moyen Age sans parler de religion.

Évidemment, il ne faut pas attendre le niveau de Lestat le vampire. Ceci dit, le livre est très agréable et immersif. Il a balayé tous les aprioris que j’ai pu avoir quand j’en ai entendu l’annonce. Anne Rice a beau être convertie, elle n’est pas devenue aveugle pour autant. Son talent d’écrivain est là, bel et bien présent au service d’une histoire peut être un peu simpliste sur la fin, mais qui augure du meilleur pour la suite. Le thème des anges reste somme toute assez mystérieux, on n’en sait pas réellement plus sur eux, ni sur la vision qu’en a l’auteur. Je pense cependant que le prochain tome nous en dira plus. Enfin, sachez que la postface est très intéressante et que si les thèmes vous intéressent, Anne Rice a rajouté une bibliographie.

L'heure de l'Ange de Anne RiceSi vous aimez Anne Rice et que vous n’êtes pas allergique à la religion, je ne peux que vous conseiller ce roman, vous y retrouverez sa plume et un héros comme on les aime. Si vous ne connaissez pas Anne Rice, je vous conseillerais plutôt de lire les Chroniques des Vampires, mais si vous n’aimez pas les bêtes à croc, pourquoi pas celui ci ? Enfin, si vous n’aimiez pas ses autres romans, je pense que vous pouvez peut être aimer celui ci, car le style est résolument plus léger, et l’histoire peut être bien plus ancrée dans la réalité malgré la présence d’anges. Je précise aussi que bien que débutant une saga, ce tome possède une vraie fin et peut être lu de manière totalement indépendante.

Un excellent come back en France pour cet auteur dont les bouquins avaient de plus en plus de mal à traverser l’océan ces derniers temps !


  • Année:1980
  • Auteur:Ludlum Robert
  • Editeur:Le Livre de Poche
  • Genre:Espionnage, Thriller
  • Série:La Trilogie de Jason Bourne
  • Titre:La Mémoire dans la peau
  • Titre V.O.:The Bourne Identity
  • Traducteur:Rosenthal Jean

La Mémoire dans la peau est un roman d’espionnage publié en 1980. Ce roman est extrêmement estimé, et est régulièrement classé parmi les meilleurs thrillers d’espionnages anglo-saxons. Robert Ludlum a beau être un des deux auteurs fétiches de mon père, je n’en avais jusqu’à présent jamais lu. J’ai longtemps voulu en découvrir, et puis dabYo m’a offert La Mémoire dans la peau. Un beau pavé de 650 pages, sans pages blanches. Synopsis ?

La Mémoire dans la peau de Robert Ludlum

La Mémoire dans la peau c’est l’histoire d’un amnésique, repêché au large de Marseille. Il ne sait ni qui il est, ni ce qu’il fait là. Par contre, il a un microfilm dans la hanche, lui donnant l’adresse d’une banque à Zurich. Bien décidé à découvrir qui il est, il se met en route. Commence alors pour notre héros une course poursuite haletante. Car ceux qui l’ont mis à la mer sont bien décidés à achever leur travail !

Voila, pour le synopsis. Si vous êtes un habitué du cinéma, vous reconnaissez aussi le synopsis du film qui porte le même nom, avec Matt Damon qui incarne le héros. C’est d’ailleurs une adaptation très très libre, mais nous parlerons de cela dans un autre article. Toujours est-il que je ne sais pas trop par où commencer cette critique. Alors, on va pas faire dans la dentelle.

The Bourne Identity from Robert LudlumLa Mémoire dans la peau est le meilleur livre que j’ai lu depuis très longtemps. Je dirais même depuis un an et demi, car le seul livre que je place au même niveau c’est Les Noces Pourpres de Georges R. R. Martin ! Si vous suivez ce blog, vous comprenez aisément la portée de cette phrase et vous n’avez plus qu’à courir chez votre libraire pour vous procurer ce bouquin. Sinon, je vais vous expliquer pourquoi vous devriez le faire !

Tout d’abord, ce roman de Robert Ludlum immersif, on suit avec intérêt notre héros, on essaie nous même de recoller les bouts et de comprendre ce qu’il se passe grâce aux indices laissés par l’auteur. Ce dernier d’ailleurs, nous mène de fausse piste en fausse piste, et pile quand vous pensiez avoir compris, il vous montre une scène  qui vous renverse votre théorie  et vous dirige dans une autre direction. Ici aussi, nous suivons plusieurs points de vues, notre héros, mais aussi ses poursuivants. Ces différents points de vues permettent d’augmenter la tension qui règne. On assiste à la mise en place des pièges et on voit notre héros se jeter dedans !

Bref, on est tenu en haleine d’un bout à l’autre. En plus de cela, on peut dire que Ludlum est documenté. Enfin, je ne suis pas experte, mais quand il nous décrit les procédures de sécurité des banques suisses, on s’y croirait ! De même quand on découvre le formidable réseau mis en place par un terroriste, on est abasourdi devant les mécanismes en présence. Alors, certes, je suis novice en romans d’espionnage, donc, peut être que cela joue, mais on a vraiment l’impression que rien n’est laissé au hasard. De même j’ai beaucoup apprécié le coté psychologique et médical. C’est à dire les processus utilisés par le docteur qui recueille le héros pour l’aider à retrouver la mémoire, ou une intervention plus vers la fin (je ne vous en dis pas plus pour vous garder la surprise). Ludlum en tout cas est pointu sur les mécanismes d’espionnage, sur les systèmes de sécurité ou sur la psychologie, je ne peux que saluer tout cela !

Un point qui m’a un peu fait peur au début, c’est que le roman se passe à la fin des années 1970. J’avais peur de trouver la chose un peu vieillottes. Vous savez, aller fouiller dans les fiches écrites à la main, chercher la cabine téléphonique, tout cela pour une fille qui est née avec un PC et un portable (j’exagère….) ça me faisait un peu peur. Mais que nenni ! Grâce à la précision de l’auteur, on entre très vite dedans, et on oublie que maintenant, 50% de l’intrigue se déroulerait dans une seule pièce avec un PC et Google. En tout cas le roman est vraiment ancré dans son époque.

La Mémoire dans la peau de Robert Ludlum

Certaines racines remontent en effet à la guerre d’Algérie, la guerre du Viet-Nam joue un rôle important, on est dans le climat terroriste de la guerre froide, la bande à Bader est mentionnée plusieurs fois. Bref, pour quiconque ayant des notions sur l’époque, il est très facile de prendre ses marques et de retrouver l’ambiance politique assez tendue de cette décennie. En plus, la plus grosse partie du roman se passe en France, notamment à Marseille et à Paris, il est donc encore plus facile pour le lecteur Français de prendre ses marques.

On pourra peut-être reprocher la psychologie assez simpliste des personnages, nous sommes dans un roman d’action et il est vrai que les personnages surtout secondaires sont un peu simplistes, mais on ne peut pas tout avoir. En tout cas, personnelement, j’ai été absolument conquise par ce roman et cela faisait longtemps que je n’avais pas été autant happée par un titre. Je vous le conseille à tous. Et même si vous avez vus les films, rassurez vous, l’histoire est tellement différente que vous pouvez lire le livre, vous ne vous ennuirez pas ! En attendant, j’ai hâte de lire la suite, La Mort dans la peau.



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