• Année:2010
  • Auteur:Hamilton Laurell K
  • Editeur:J'ai Lu
  • Genre:Bit Lit, Erotique
  • Série:Merry Gentry
  • Titre:La Caresse de l’Aube
  • Titre V.O.:A Caress Of Twilight
  • Tome:1

Rappelez vous, il y a quelques semaines, je vous parlais du premier tome de Merry Gentry, la seconde série de Bit Lit de Laurell K. Hamilton, la mère d’Anita Blake. Peu convaincue par ce que j’avais lu, comme le tome 2 était déjà en ma possession, j’avais directement enchaîné avant même d’écrire ma chronique. Et pour cause, si je ne m’y étais pas remis directement, je n’y serai probablement jamais revenue. La Caresse de l’Aube, deuxième tome de la série, a-t’il réussi à me faire changer d’avis sur Merry Gentry ? Synopsis.

La Caresse de l’Aube, Merry Gentry Tome 2, de Laurell K. Hamilton

De retour à Los Angeles après les aventures du premier tome, la princesse Merry est contactée par la reine d’Hollywood, Maeve Reed, qui a une mission très spéciale à lui confier. En même temps, les intrigues politiques à la cours des feys vont bon train, et Merry va devoir faire face à de vieux démons (au sens propre du terme) tout en gérant sa vie privée, tout une épreuve donc.

Bon, alors le bon point de ce tome, c’est qu’on est un peu plus plongés dans l’univers des fey, très bon et intéressant au passage. Notamment, au niveau de tout ce qui est intrigue de cours. En effet, Merry appartenant aux Seelies et aux Unseelies, elle a comme qui dirait « le cul entre deux chaises ». C’est un genre que j’affectionne généralement. Le problème c’est qu’ici les intrigues politiques sont à milles lieues de ce que j’ai pu lire par le passé, avec par exemple un Trône de Fer. Ce n’est certes pas du tout le même genre, ni le même public, mais il est dur de ne pas être un poil déçu. Déjà tout tourne autour du cul, le but étant généralement de forcer Merry à coucher avec untel ou untel. Ensuite, l’envergure des intrigues est dérisoire. Elles sont faciles à percer au grand jour.

Bien que Merry ait un harem conséquent, ses beaux gardes sont relativement peu développés au niveau du caractère, de la personnalité du personnage. Par contre, au niveau du physique et de la garde robe, ça y va et on ne ratera pas un seul changement de chaussette, je vous rassure… Cette absence de relief ne contribue réellement pas à entrer dans le bain. Avec de bons personnages, il serait envisageable de s’attacher à eux et donc à la série Merry Gentry. Je vous rappelle que je lis la Communauté du Sud de Charlaine Harris juste parce qu’il y a Eric dedans.

La Caresse de l’Aube, Merry Gentry Tome 2, de Laurell K. Hamilton

Maeve est un personnage très intéressant mais malheureusement sous-exploité. En effet, sur les cinq cents pages que compte le bouquin, il y a de l’histoire dans les cent premières et dans les cent dernières, et encore, je suis gentille. Grosso modo, on se retrouve avec un vide intersidéral pendant tout le corps du bouquin, soit près de trois cents pages. Alors oui, on a de la pseudo intrigue, mais ça ne rend pas les choses intéressantes pour autant. Les scènes de sexe sont relativement soft, aucun détail réel, exit les scènes exotiques du premier tome, mais tout le temps évoquées, et tout tourne autour. Merry ne pense qu’à ça ou presque. Bref, au final, il ne se passe pas grand chose et sur la trame principale, les choses n’ont pas avancé.

La Caresse de l’Aube, Merry Gentry Tome 2, de Laurell K. HamiltonTout comme dans sa série Anita Blake, l’auteur a choisi un mécanisme plutôt banal: Merry gagne des pouvoirs à chaque tome. C’est assez prévisible et du coup, vachement superflu. On sait qu’aux dernières pages, un nouveau pouvoir va se révéler et lui permettre de vaincre. Bonjour le suspens.

Bref, un roman assez décevant. Pourtant, il y a de bonnes bases et un monde fey passionnant. Les origines de Merry, notamment son rapport avec les déesses païennes, sont intéressantes et mériteraient d’être exploitées. Je ne sais pas si c’est le cas dans les tomes suivants que j’hésite à lire du coup. Contrairement à certains livres qui m’ont déçu, j’ai tout de même envie de lire la suite. Non pas pour savoir si oui ou non Merry réussira a régner mais pour l’univers vraiment bien fait.


  • Année:2010
  • Auteur:Enge James
  • Editeur:L'Atalante
  • Genre:Dark Fantasy
  • Série:Morlock le Faiseur
  • Titre:Le Sang des Ambroses
  • Titre V.O.:Blood Of Ambrose
  • Traducteur:Surgers Marie
  • ISBN:978-2841725076

Il arrive parfois de tomber sur un bouquin et de vous apercevoir que ce n’est pas du tout ce à quoi vous vous attendiez. C’est ce qui m’est arrivé en lisant les premières pages de ce premier roman de James Enge en langue française, Le Sang des Ambroses. Pour une raison inconnue, j’étais persuadé que ce serait là de la Fantasy de base, celle sans originalité ni saveur. Et bien, on peut dire que je me suis bien fourvoyé sur le compte de ce roman récemment édité par l’Atalante et servi par une superbe couverture de Frédéric Perrin. Car Le Sang des Ambroses est de la Dark Fantasy qui s’apprécie à sa juste valeur. Synopsis.

Le Sang des Ambroses de James Enge

Il ne reste plus grand chose à Lathmar qui puisse encore garantir sa vie de souverain. Son père le roi est mort dans des circonstances pour le moins loufoques, et son oncle le Protecteur du Trône semble être bien parti pour se servir de son armée privée pour éliminer le dernier rempart entre lui et le trône: Lathmar. Seule son arrière-arrière-…-arrière-grande-mère, Ambrosia, semble encore être en mesure de le protéger. Mais accusée à raison de recourt à la sorcellerie, son destin est d’ores et déjà scellé…

Comme je le disais, mes mauvais aprioris m’ont très rapidement quitté quand j’ai lu les premières pages de ce roman de James Enge. Dès le début on commence tout de suite à se sentir dans un roman de Dark Fantasy, et les détails ne trompent pas. Intrigues politiques, sort impitoyable réservé aux gens du communs pour la lutte des pouvoirs, tout ce qui fait un bon livre du genre est là. Et plus encore, car au fil de la lecture une ressemblance avec une autre œuvre que j’apprécie énormément se fait de plus en plus ressentir: La Compagnie Noire. C’est une série que j’apprécie fortement, et ressentir le même genre de sensations était vraiment agréable. Mais la comparaison s’arrête là, car Le Sang des Ambroses est loin d’être une simple copie du chef d’œuvre de Glen Cook.

Tout d’abord, on ne suit pas le même type de personnage, puisque c’est Lathmar et les personnes qui vont l’aider dans sa lutte pour garder le pouvoir que nous allons suivre. La ressemblance est plus située au niveau des choses contre lesquelles Lathmar va avoir à combattre. Au rayon des personnages, on retrouve plusieurs protagonistes principaux. On a Morlock Ambrosius, le vrai (anti-)héro de ce livre, Ambrosia bien entendu, la femme implacable qui ne sera pas sans rappeler Cersei Lannister du Trône de Fer, un autre monument de la Dark Fantasy. Les personnages ne sont pas tous très recherchés, mais l’immortalité de certains permet à l’auteur de faire un background très intéressants pour chacun d’eux, qui je l’espère sera exploité dans les autres bouquins du cycle Morlock le Faiseur.

Le Sang des Ambroses de James Enge

La couverture V.O., loin d'être aussi belle que celle de Frédéric Perrin. On peut être chauvin pour le coup !

Ce background est un des points forts du livre, puisque le roman se situe bien après des faits présentés comme extraordinaires, et réalisés par les deux personnages sus-cités. Il faut cependant avouer que la personnalité effacée de Morlock tout au long du roman est un poil décevante. Présenté comme une vraie terreur, le personnage est un simple boute-en-train rongé par les remords et la culpabilité. C’est sympathique, mais on en attendant peut être un peu plus. De même, Ambrosia est loin d’avoir le charisme d’une Cersei Lannister.

Ce point faible n’est cependant pas pour moi un défaut, puisque je n’avais pas d’attente sur ce bouquin se révèle être une vraie bonne surprise. Le style de James Enge, ici traduit par Marie Surgers, est des plus agréable. Ca se lit bien et rapidement, la plupart des scènes sont faciles à suivre et ce même lorsque la magie prend par à l’action. Il y a en effet beaucoup de magie dans Le Sang des Ambroses et c’est d’ailleurs la spécialité de notre Morlock. Cependant, la magie n’est pas ici expliquée, et c’est là une autre ressemblance avec La Compagnie Noire. Elle existe, elle est pratiquée, et bien que l’on des brèves descriptions, on ne cherche pas à comprendre le pourquoi du comment. Ca ne m’a pas choqué, et je trouvais que ça allait bien avec le rythme du bouquin.

Car s’il y a un point qui ne fera peut être pas l’unanimité des lecteurs, c’est le rythme qu’impose James Enge. En effet, ce dernier use (et abuse ?) des elipses dans le temps, qui fait que de nombreuses partie de la chronologie ne sont pas narrée, voir parfois pas expliquées du tout. La plupart du temps, il y a une sorte de petit résumé, souvent très bien intégré au récit, mais il faut se contenter de détails. Cela pourra embêter ceux qui aiment à avoir une continuité dans le récit, personnelement ça m’a plutôt plu. C’est assez original, et finalement très courant dans le genre. Glen Cook use aussi souvent de ce procéder, et George R.R. Martin en abuse dans le Trône de Fer. Notre jeune auteur n’a peut être pas autant de talent, mais ça reste très compréhensible.

Le Sang des Ambroses de James EngeReste que le bouquin est finalement un enchaînement de moments forts en rebondissements pour la famille royale. Ca m’a plutôt plu, mais cela pourra peut être en lasser certains. Dans tous les cas, si je devais avoir une vraie déception, ce serait peut être la fin, un peu trop culcul la praline à mon goût. Quand on goûte aux horreurs narrées tout au long du livre, un happy end avec un départ sous le soleil couchant, ça fait un peu tâche.

Mais bon, c’est sans doute là un détail inhérant au genre, puisque Le Sang des Ambroses fait parti du cycle de Morlock le Faiseur, où l’on retrouve à chaque fois Morlock dans des tomes indépendants. Reste à savoir si Morlock réussira à gagner un charisme assez important au fil des tomes. J’espère que la suite sera publié aux éditions l’Atalante car je compte bien la lire, mais pour l’instant, pas de confirmation de leur part. Bien qu’il n’égale pas le génie des chef d’oeuvre de la Dark Fantasy, ce premier roman James Enge est un roman très agréable à lire, et place l’auteur dans la liste de ceux qui sont à suivre pour les prochaines années.


  • Année:2010
  • Auteur:Hamilton Laurell K
  • Editeur:J'ai Lu
  • Genre:Bit-Lit, Erotique, Urban-Fantasy
  • Série:Merry Gentry
  • Titre:Le Baiser des Ombres
  • Titre V.O.:A Kiss of Shadows
  • Tome:1

Laurell K. Hamilton ne vous est évidemment pas inconnue si vous suivez if is Dead. En effet, c’est la reine de la Bit-Lit, à savoir, la créatrice d’Anita Blake, la charismatique nécromancienne. Alors que je n’ai pas dépassé le tome 7 de cette première série, sa deuxième du genre, Merry Gentry, vient juste d’être rééditée par les éditions J’ai Lu, collection DarkLight, avec bien entendu une superbe couverture. Il ne m’en fallait pas plus pour lire ce roman écrit en 2000, et titré Le Baiser des Ombres. Synopsis ?

Le Baiser des Ombres, Merry Gentry Tome 1, de Laurell K. Hamilton

Meredith NicEssus est une princesse Sidhe, ou dans vocabulaire plus compréhensible, quelque chose de comparable aux Hauts Elfes. Elle est mi-Fey, mi-humaine et a quitté la cours il y a trois ans. Depuis, elle se fait passer pour humaine et bosse en tant que détective dans un cabinet dédié au paranormal. Sauf que, évidemment, son passé va la rattraper.

Le roman commence très bien. Notamment par le monde, que l’on sent dense et fouillé. L’outre-monde côtoie notre monde, les Sidhes sont organisés en cours, avec les Seelies et les Unseelies, la lumière et les ténèbres quoi, avec des pouvoirs et tout. Bref, c’est fouillé et Laurell K. Hamilton nous montre encore une fois qu’elle est vraiment douée pour créer des backgrounds fouillés et captivants. Nous sommes en présence d’une sorte d’Uchronie car à un point donné de l’histoire, l’outre-monde s’est révélé. On sait par exemple que les Fey ont pris part à la seconde guerre mondiale… Bref, j’espère qu’on en apprendra plus sur ce côté alternatif de l’histoire.

Les fans noteront évidemment de nombreux points communs avec Anita. Meredith est petite, travaille en tant que détective, elle est entourée par des beaux gosses, les Unseelies pourraient être vus comme des vampire au niveau de leur dangerosité ainsi que de leur beauté… Bref, un simple copié-collé ? Oui et non. Je pense que pour les fans, c’est agréable, on prend vite ses marques. Mais du coup si vous n’avez pas aimé Anita, vous n’aimerez sans doute pas Merry.

Le Baiser des Ombres, Merry Gentry Tome 1, de Laurell K. Hamilton

L’histoire par contre est d’une lenteur…  Entre Merry qui pense beaucoup -au sens propre du terme j’entends, elle réfléchit- et les pages entières sur les descriptions vestimentaires, ça en fait de la page inutile. Car oui, dès qu’un personnage entre en scène, on nous décrit son visage, ses cheveux, ses fringues, la marque de ses fringues, l’adresse de son tailleur, bref la totale. Ce penchant était déjà là dans Anita. La différence c’est que au moins Merry a de bons gouts (car les Nike et les survets d’Anita…). En soit, les descriptions sont normales pour un bouquin, mais de là à décrire toute la garde-robe de chaque personnage… Bref.

Ça ne démarre réellement qu’à la page 300, et là, on est juste abasourdie par le retournement de situation qui va servir de prétexte à la série. Mais quand je dis abasourdie, c’est dans le mauvais sens. Imaginez, on se suit une enquête, très conventionnel en soit. Et puis on découvre un espèce de complot, et une révélation, dont le seul but sera de… faire coucher l’héroïne avec tout un groupe d’homme. Et plusieurs à la fois si possible. Et bien sur elle est obligée, la pauvrette. Heureusement, comme par hasard, ils sont super beaux gosses, et doivent avoir de longs membres, des tentacules, ou se transformer en phoque pendant l’acte. Vous pensez peut être que j’exagère un peu, mais non, l’idée est là. Du délire, mais du mauvais.

Le Baiser des Ombres, Merry Gentry Tome 1, de Laurell K. HamiltonContrairement à Anita ou l’omniprésence du sexe s’établit petit à petit, avec Merry, dès le premier tome on est en plein dedans, et profond. J’avoue que je ne m’y attendais pas. Car l’héroïne a beau dire qu’elle est sexy et sensuelle, de là à s’attendre à des partouzes programmées, il y a plus d’un pas. Alors pendant 200 pages, Merry s’interroge (lequel prendre en premier, etc…), couche, et puis sur les vingt dernières pages, ça se calme. Et ça redevient un vrai roman.

Je ne sais pas trop quoi en penser, alors j’ai enchainé avec le deuxième tome, pour voir. Le monde est très intéressant, et cette idée de monde alternatif me font envie. Cependant, l’histoire n’avance peu ou pas, et les scènes de sexe trop nombreuses et sans aucune justification scénaristiques sont gênantes. A moins d’être fan des derniers Anita, pour le moment je ne vous conseille malheureusement pas la série. Peut être que le tome 2, La Caresse de l’Aube, me fera changer d’avis.


  • Année:2010
  • Auteur:Ward Rachel
  • Editeur:Michel Lafon
  • Genre:Fantastique, Romance, Jeunesse
  • Titre:Intuitions
  • Titre V.O.:Numbers
  • Tome:1
  • Traducteur:Saint-Martin Isabelle

Le Fantastique a toujours eu le vent en poupe au rayon jeunesse, mais il l’a plus que jamais dans la littérature pour adolescente depuis le tabac de Twilight. On a l’impression de se répéter, et pour cause, nombreux sont les livres à sortir chaque mois. C’est sur cette même vague que surf le roman de Rachel Ward nommé sobrement Intuitions et arborant une couverture assez jolie. Un œil, simplement, entouré de numéros… Mais que veulent bien dire ces numéros ? Et bien, pour cela, il va falloir lire le synopsis qui va suivre. Synopsis !

Intuitions de Rachel Ward

Jem est une adolescente à problèmes, presque ce qu’il y a de plus normale. Sauf que, non seulement sa mère était une droguée qui a préférée la dope à sa fille, mais en plus, elle a une sorte de don qui ne lui rend pas la vie facile. En effet, dès qu’elle plonge son regard dans celui d’un inconnu, elle ressent une sorte de numéro qu’elle peut lire. Un numéro qui indique une date. Une date qui indique, tout simplement, le jour où cette même personne mourra. Depuis qu’elle s’en est aperçue, impossible pour elle de vivre normalement, et d’oublier.

A priori, je n’étais pas la cible idéal pour ce roman récemment édité par Michel Lafon. Et j’avoue qu’après l’avoir terminé, je ne pense toujours pas l’être. Mais avant d’entrer dans le contenu, parlons de la forme. La plume de notre auteur, Rachel Ward, est plutôt simple et facile à lire. Les phrases sont courtes ce qui est bon pour la compréhension du texte. Mais l’ensemble reste tout de même assez simple, simple et efficace. Notre narrateur n’est autre que Jem, l’héroïne, et c’est à la première personne que nous allons suivre son histoire. Au présent tout ce qu’il y a de plus direct, en fait.

Rachel Ward

Rachel Ward

Le récit se déroule sur trois cents pages, écrites assez gros et avec beaucoup d’émargement. C’est organisé en 40 chapitres, ce qui assure un sorte de dynamisme à la lecture avec des chapitres rapides à lire. Et pour cause, puisque toute l’œuvre va s’articuler autour d’une sorte de course poursuite, où l’héroïne va se retrouver traquée contre son gré. Éditions Michel Lafon oblige, le livre est tout de même superbe, avec un papier agréable à feuilleter et des motifs qui nous rappellent la couverture à chaque changement de chapitre.

Là où le bât blesse un peu plus, c’est sur les personnages. Comme c’est un livre pour adolescent, notre héroïne est un peu rebelle sur les bords. Et si vous nous lisez régulièrement, vous devez savoir que lorsque c’est mal dosé, ce détail peut vite nous taper sur les nerfs. Autant le dire directement, Jem est très souvent casse-pieds. Du moins, elle reflète bien ce que l’on peut remarquer chez les adolescents, qui font de petits détails toute une montagne, et de choses plus importantes qu’un petit détail. Là dessus il n’y a pas à dire, l’héroïne risque de plaire à son lectorat. Entre son côté rebelle et fucklasocietytousdespouris, elle fait dans le populaire.

Intuitions de Rachel WardMalheureusement, lors d’une lecture d’un point de vue adulte, ce genre de détails est beaucoup plus dérangeant, et on a du mal à la suivre dans ses aventures. Aventures qui sont bien entendu causées par son mystérieux don. Il faut savoir que ce don n’est pas du tout expliqué. Il est là, c’est comme ça, mais on ne sait ni comment il vient, ni comment il part, ni comment il marche. Il y a une petite tentative, par ci par là, mais cela semble être réservé pour la suite de la série, puisque le dernier chapitre termine sur une sorte de cliff-hanger. Je vous rassure cependant, le livre a bien une fin et peut être lu sans jamais poursuivre la série.

Du coup, ai-je aimé ou non ? Et bien, c’était sympathique à lire, et je pense qu’une adolescente y trouvera autant sinon plus de plaisir qu’en lisant un Twilight. Par contre, les adultes peuvent eux passer leur chemin, il y a vraiment plus intéressant à lire dans le rayon jeunesse. Les stéréotypes sont bien trop présents et lorsqu’on a l’habitude de la lecture, si on ajoute ça à une adolescente difficile à supporter, la lecture est parfois douloureuse. A réserver aux amatrices du genre, donc.


  • Année:2010
  • Auteur:Delmeulle Frédéric
  • Editeur:Mnémos
  • Genre:Science Fiction
  • Titre:Les Manuscrits de Kinnereth
Cet article est écrit par illman, étudiant en informatique de 23 ans. "Star de rock" à ses heures perdues, il profite d'if is Dead pour vous donner quelques conseils.

Ses avis et conseils peuvent donc être différents des articles habituels qui sont postés sur notre blog.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle est un roman sorti en juin 2010 aux éditions Mnémos, c’est le deuxième tome d’un diptyque de Science Fiction de l’auteur. On m’a assuré qu’il n’était pas nécessaire d’avoir lu le premier pour comprendre celui-ci et après coup, je suis enclin à le croire. J’ai mis plutôt longtemps pour lire cette ouvrage, mais c’est parce qu’il a levé pas mal de questions. Notamment qu’est que je vais bien pouvoir en dire dans ma critique ?, qui m’a trotté dans un coin de la tête durant toute ma fin de lecture. Ce roman est-il sympathique mais moyen, ou un coup marketing-provoc raté ? Peut-être un premier élément de réponse dans le synopsis.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle

Sphinx est une chercheuse en histoire dans notre futur proche, réduite à accepter des boulots moisis pour la télé. Un jour, un inconnu débarque dans son bureau avec des manuscrits mystérieux et des révélations sur Child son ex-mari qui a disparu il y a dix ans. Ni une ni deux, elle rassemble une petite bande composé du groupe de musique du paternel de Child, ainsi que sa fille, et zou direction la Palestine où les attendent des découvertes bouleversantes.

J’ai peut être forcé le trait mais j’ai trouvé ça un peu surréaliste comme début. En même temps, vu ce qui m’attendais, ça n’aurait pas du me faire broncher. Parce que ma phrase fétiche pendant ma lecture était un fameux « mais bien sûr« . Notamment au moment de la scène de sexe réglementaire, ou bien lorsque nos héros deviennent potes avec un personnage historique hautement connu dans une certaine religion. Le thème, c’est le voyage dans le temps et les conséquences de la modification du continuum espace-temps. Enfin je crois, je n’en suis pas très sûr. La manière dont c’est amené est plutôt intéressante mais manque de détails, notamment sur le comment ce machin est arrivé là. Je regrette aussi un peu un quelques éléments inutiles à l’aventure, par exemple nos personnages sont poursuivis par des méchants en voiture. Ces derniers vont au tas et l’aventure se déroule ensuite sans encombre. Je ne les trouve pas très insistants comme méchants ou alors… Non, ça ne peut pas être ça, justifier un truc plutôt de second plan avec la révélation quatre cents pages plus loin ça me parait un poil exagéré.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle

En ce qui concerne les personnages, ils sont plutôt dans le genre effacés, l’auteur privilégiant la découverte de la Palestine au Ier siècle, très bien décrite d’ailleurs à mon avis. Je dois avouer qu’en dehors de Child et Sphinx je ne suis pas capable de citer d’autres personnages par leur nom. Il y a un râleur, un ultra religieux, une ado en rébellion, etc… Bref une panoplie assez classique individuellement mais plutôt originale à l’échelle du groupe, bien qu’ils ne laissent pas un souvenir très vivace.

L’histoire se passant dans le passé, en Palestine, on donne une part assez conséquente à la religion chrétienne, tout en la bidouillant. Judas, des messages codés dans les évangiles, Jésus dit cul bordé de nouilles, tout ça ridiculise un peu le mythe. Ce ne serait pas pour me déplaire si ça ne m’avait pas laissé un arrière goût de frustration du catéchisme.  Cependant, après avoir lu une interview de l’auteur, cela n’a pas l’air d’être le cas. Je passerai sur la révélation finale, bien originale et qui nous lance sur des réflexions sur l’humain et sa place sur la planète. Cette dimension un peu écologiste aurait sans doute gagnée à être introduite plus tôt.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric DelmeulleLa narration est faite à la première personne par notre inconnu du début. Le fait qu’il ne soit pas le personnage principal, ce rôle étant dévolu à Sphinx, dont il peut être considéré comme le sidekick, apporte une certaine fraicheur dans la vision de l’histoire. Je pense même que c’est l’élément qui m’a empêché de ranger mon intérêt pour ce livre dans ma poche. Ça se lit plutôt bien dans l’ensemble et on ne s’ennuie pas à la lecture. La couverture de Manchu est plutôt sympa mais elle crame un peu la surprise, et ça, c’est dommage.

C’est donc un roman de Frédéric Delmeulle en demi teinte, malheureusement perclu de grosses ficelles. Après une rapide recherche sur le net, je me suis rendu compte que je ne suis pas le seul à le penser. Je suis un peu déçu aussi, je m’attendais à mieux vu les bonnes critiques qu’avait reçu le premier tome. Toutefois, je lui ai trouvé un petit coté sympathique, pas forcément grand chose, mais peut être suffisant pour qu’on lui laisse sa chance.


Le Huit de Katherine Neville

illman dans Critiques, Livres le 14 août 2010, avec aucun commentaire
  • Auteur:Neville Katherine
  • Année:1988
  • Genre:Thriller
  • Titre:Le Huit
Cet article est écrit par illman, étudiant en informatique de 23 ans. "Star de rock" à ses heures perdues, il profite d'if is Dead pour vous donner quelques conseils.

Ses avis et conseils peuvent donc être différents des articles habituels qui sont postés sur notre blog.

Le Huit de Katherine Neville est un roman publié en 1988. C’est le premier de cet auteur et on se retrouve ici face à un Thriller post-moderne à tendance historico-mystico-rocambolesque contenu dans un pavé de pas loin de 1000 pages. On est jamais à l’abri de bouquin qui ne nous plaisent lorsqu’on fait un random pour sa liste de challenge ABC. Un petit synopsis pour comprendre ma douleur…

Le Huit de Katherine Neville

Un jeu d’échecs aux origines étranges avait été donné à Charlemagne par des Maures pendant son règne. Mais ce jeu semble recéler un lourd et terrible secret. Son nom, le jeu Montglane. Nous suivrons le destin de deux femmes séparés de 200 ans. Mireille, une jeune religieuse française du couvent de Montglane au moment de la révolution française, et Catherine Velis une Mary-Sue ?!? ou un manque d’inspiration, informaticienne américaine dans les années 70. Elles vont se retrouver impliquées contre leur gré dans une partie d’échecs mortel, une partie qui va les mener jusqu’à une contrée mystique, l’Algérie.

Pour la suite, on va dire que c’est « Bienvenue au pays des coïncidences coïncidence« . J’ai rarement vu ça, j’ai eu l’impression dans certains passage de lire deux fois la même chose, à une différence près, cela se passait à 200 ans d’intervalle. Et ça, sur un bouquin aussi long, c’est frustrant. Cela nous amène à un autre problème, le manque quasi total de suspense. Je ne me suis jamais senti surpris par la tournure des évènements. Seules 2 ou 3 petites révélations sont venus ponctuées pour moi la fin de ce roman.

Katherine Neville

Katherine Neville

Venons en au rythme du roman, c’est lent. La première partie des tribulations de Catherine à New York  sont d’une telle lenteur qu’inconsciemment je crois bien que j’en ai lu des pages en diagonale. Certains me rétorqueront qu’il y a de la fusillade, de la course poursuite (à pied), et je répondrais que ça ne m’a pas empêché de caler. Heureusement, une fois débarqué en Algérie, on passe de la trottinette à la décapotable et c’est tout de suite plus agréable à lire. Cela représente un bon tiers du livre, yeah de l’action, enfin. Cette partie est franchement un cran au dessus du reste du roman et est dépaysante. On  découvre une Algérie pleine de mystères et fascinante au travers des différentes ethnies qui la peuplent. A mon humble avis, c’est le meilleur passage du bouquin même s’il ne suffit pas pour rattraper le reste.

Un petit truc que je n’ai pas trop aimé au niveau des personnages, c’est qu’ils sont plutôt stéréotypés, entre par exemple, le génie de l’informatique qui ne laisse pas de trace de lui, et le russe balaise qui bosse avec  le KGB. Sans compter notre héroïne, une femme forte qui s’assume mais dont on a l’impression qu’elle est plutôt lente à la détente.

Concernant les passages pendant la révolution françaises, l’auteur se sert d’évènements réels pour introduire les éléments de son histoire qui sont  plutôt bien intégrés. Malheureusement, ces passages m’ont laissé une impression étrange, comme si ils avaient été écrits à des périodes différentes. Cela nuit à la fluidité du récit vu qu’ils sont intercalés entre chaque phase se déroulant dans les années 70.

Le Huit de Katherine NevilleMention spéciale à la partie d’échecs du russe Solarin où l’auteur a su rendre ce sport cérébral dynamique. D’ailleurs, en parlant d’échecs, qui est le thème centrale du livre quand même, on sent une très forte recherche documentaire à ce sujet avec notamment des citations de personnages célèbres et de grands maîtres à leur propos entre les chapitres. Un plus indéniable pour se plonger dans le livre, et aussi très intéressant quand on est à la recherche de phrases toutes faites pour paraître intelligent en société.

Je peux difficilement conseiller ce livre, il faut plutôt en vouloir pour le finir et à posteriori, je me serais bien passé de sa lecture. A la limite, si vous cherchez une autre vision de l’Algérie, magique et envoutante, et que vous ne vous endormez pas sur la partie se déroulant à New York, pourquoi pas. Les bons passages ne contrebalancent pas suffisamment les mous du genou pour moi. Un comble pour un Thriller en fait. M’enfin bon, c’est peut être que je suis trop habitué à lire des romans sous stéroïdes. A savoir aussi, apparemment une suite est sortie, The Fire, mais franchement vu comment celui-ci finit je ne vois pas trop de quoi elle pourrait parler, et je me vois surtout mal la lire.


  • Année:2010
  • Auteur:Noirez Jérôme
  • Editeur:J'ai Lu
  • Genre:Fantasy
  • Titre:Le Chemin des Ombres

Il est rare que nous parlions d’auteurs français, surtout lorsqu’il s’agit de livres de poches, les œuvres anglophones étant plus souvent plébiscitées en Fantasy et Science Fiction. Mais il s’agit pourtant bien d’un français ce coup ci, avec Jérôme Noirez, dont le roman Le Chemin des Ombres vient tout juste d’être édité en poche par J’ai Lu. Initialement, c’était un livre au rayon jeunesse, chez les éditions Mango. La jolie couverture de Miguel Coimbra, très japonaise, ne nous trompe pas sur la marchandise et c’est au Pays du Soleil Levant que l’auteur français va nous faire rêver. Synopsis.

Le Chemin des Ombres de Jérôme Noirez

Amaterasu est la Uji-no-kami du clan Isanami. Elle ne sait pas bien pourquoi, si ce n’est que son père l’était de son vivant et que c’est naturellement que les villageois l’ont considérée comme telle. C’est pour elle des responsabilités qu’elle ne souhaiterai pas avoir, mais cela lui permet aussi de vivre paisiblement dans son village bien aimé sans avoir à travailler. Malheureusement, le havre de paix qu’était le village va vite se transformer en cauchemars après que la reine Himiko y ait posé son regard conquérant…

Cette chronique est sans doute l’une des plus difficile à écrire, car Le Chemin des Ombres est un roman très difficile à décrire. Je dois vous le dire tout de suite, j’ai eu un vrai coup de cœur à sa lecture. Un coup de cœur qui ne s’explique pas, un coup de cœur qui ressemblerait presque comme deux gouttes d’eau à celui que j’ai eu lors de ma lecture d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll. Rien que ce titre devrait vous donner une idée de l’univers que l’on peut, plus ou moins, retrouver dans Le Chemin des Ombres. A ceci près que ce n’est pas de l’absurde joyeux et amusant que l’on retrouve, mais de l’absurde dramatique.

Et pourtant, les deux œuvres se ressemblent beaucoup. On retrouve des tortues qui parlent, des sauts dans le temps et l’espace souvent inexplicables, des chutes vers des lieux inconnus, etc. Mais Amaterasu ne va pas tomber en direction du pays des merveilles, mais plutôt vers le monde des horreurs, plus connu sous le nom de Yômi au Japon. Cependant, ce n’est pas là la conséquence d’une fuite de la réalité, mais plutôt de l’enchaînement d’évènements plus malheureux les uns que les autres ainsi que d’une recherche d’éléments appartenant au passé de la demoiselle. Je n’entrerai pas plus dans les détails pour ne pas vous spoiler plus que je ne l’ai déjà fait.

Le Chemin des Ombres de Jérôme Noirez

Nous avons donc un monde assez loufoque, dans lequel la magie, et notamment la magie noire, ainsi que les dieux, appelés Tengus, ont une grande importance. Car il faut quand même préciser que c’est là l’adaptation de Jérôme Noirez d’un mythe japonais très connu. En effet, si vous avez quelques connaissances dans les légendes asiatiques, vous avez pu reconnaître les noms de divinités de la religion shinto. L’auteur français réécrit à sa manière une partie du mythe de la création du monde. Afin d’aider le lecteur à comprendre les relations entre le récit et le mythe, on retrouve à la fin de l’ouvrage des détails ainsi qu’un lexique. Ce dernier nous révèle le pourquoi des choix des noms, et cela va des noms de Tengu (génie) à celui des divinités.

Le Chemin des Ombres de Jérôme NoirezCe scénario loufoque et cette ambiance ne sont pas uniquement dues à la réutilisation d’un mythe. Honnêtement, l’histoire que nous sert Jérome Noirez est très loin de ce que nous raconte le mythe, et c’est plutôt son imaginaire et sa plume qui l’ont créé. Car le roman est vraiment très bien écrit.

Il se lit facilement, il est souvent très poétique, et c’est un vrai plaisir pour les yeux ! Il n’y a pas de lenteur, tout est savamment bien dosé, afin que l’on puisse bien se reproduire la forêt dans laquelle vit Amaterasu, sans pour autant se perdre dans de longues descriptions. Et je ne parle même pas des passages horrifiques, qui sont très bien rendus. On en tremblerait presque.

Il est difficile de trouver des défauts au Chemin des Ombres car le titre est maîtrisé du début jusqu’à la fin. L’ambiance est vraiment prenante, pesante, et j’ai beaucoup apprécié cette lecture. Pour une première lecture des oeuvres de Jérôme Noirez, c’est une très bonne surprise. De nombreux romans de sa plume viennent d’ailleurs d’être réédité par J’ai Lu. A chaque ouverture du bouquin, quelques phrases suffisait pour me renvoyer sur le chemin qui mène au Yomi. Et je vous conseille vivement d’aller le rejoindre !


  • Auteur:Lorrain Jean
  • Année:2010
  • Editeur:Editions Le Chat Rouge
  • Genre:Fantastique
  • Titre:Contes d'un Buveur d'Ether

Contes d’un Buveur d’Ether est, comme vous pouvez le deviner, un recueil de nouvelles. Le recueil n’est pas tout jeune, ni ses nouvelles, car en effet elles ont toutes été publiées entre 1890 et 1895 par Jean Lorrain. Ce recueil initialement publié par l’auteur existe sous plusieurs éditions, et je vais vous parler aujourd’hui de celle que j’ai lu, celle des éditions du Chat Rouge. Les recueils n’ont pas le droit à un synopsis, comme d’habitude.

Contes d'un Buveur d'Ether de Jean Lorrain

Un petit mot tout d’abord sur l’édition et le travail apporté sur le livre. Je ne connaissais pas la maison d’édition en question, c’est ce qu’on pourrait appeler une petite maison, assez confidentielle, donc difficile à dégoter en général. Ceci dit, je suis absolument tombée sous le charme du papier et de la qualité du recueil. On est ici dans un format proche de celui qu’on peut trouver chez les éditions Seuil, c’est à dire rectangulaire, très fin. Les pages sont lourdes et épaisses, le papier de la jaquette est doux, bref, on a l’impression d’avoir un petit objet d’art dans les mains. Pour moi c’est vraiment important.

Les nouvelles écrites par Jean Lorrain prennent place dans le Paris de la fin du XIXème siècle. Buveur d’éther invétéré, l’auteur se met en scène dans ses nouvelles, et décrit ses angoisses et ses rêveries éthérées. Son style est très fidèle à son époque et on ne peut pas dire être dépaysé si on a l’habitude de ses auteurs. La plupart des récits sont à la première personne, contribuant au climat horrifique, ou en tout cas angoissant désiré. Nous sommes donc dans un roman Fantastique avec une ambiance très lourde et hallucinée. On n’est pas loin de Poe, ni de Lovecraft. Si vous aimez le genre vous serez charmé. Cette ambiance à mi-chemin entre le délire, le rêve et l’horreur est directement due à l’éther.

Contes d'un Buveur d'Ether de Jean LorrainMais au delà de cela, c’est l’ambiance du Paris de la fin du XIXème qui marque. Les allées de Paris peu voire pas illuminées, les maisons ou hôtels particuliers angoissants, les soirées à la chandelle, le début du métro, la vie de bohème… Bref, c’est tout simplement fascinant et on est immédiatement transporté dans l’ambiance de la capitale mondaine et nocturne, balancé entre les clubs particuliers et le théâtre le soir. C’est encore mieux si vous connaissez un brin Paris de manière à visualiser le tout, l’ambiance.

Les nouvelles sont indépendantes dans l’absolu, mais on constate que la majorité d’entre elles mettent en scène le même personnage, toujours ami du narrateur. Ce personnage, comme je l’ai dit, n’est autre que la transposition de l’auteur dans ses romans. On peut donc y voir là une certaine autobiographie. Les nouvelles se suivent aussi chronologiquement parlant et on peut constater une certaine évolution du personnage principal, drogué et sujet aux hallucinations. Les nouvelles sont d’un niveau égal, à savoir très bon. Libre à nous d’en croire ce qu’on veut, éther ou fantôme, la réponse n’est jamais très claire, et tant mieux !

Je ne connaissais absolument pas cet auteur mais c’est une découverte qui vaut réellement le coup. Que cela soit pour l’ambiance ou pour le style je ne peux que vous conseiller le recueil. Le seul réel regret c’est qu’il soit aussi court, seulement 120 pages. Il se lit donc relativement vite, et on reste sur notre faim. Je me pencherais probablement sur cet auteur par la suite. Le titre peut être commandé sur le site des éditions du Chat Rouge ou bien dans l’une des librairies partenaires.


Ceux qui sauront de Pierre Bordage

illman dans Critiques, Livres le 29 juillet 2010, avec 1 commentaire
  • Auteur:Bordage Pierre
  • Année:2010
  • Editeur:J'ai Lu
  • Genre:Science Fiction, Jeunesse, Uchronie
  • Titre:Ceux qui sauront
Cet article est écrit par illman, étudiant en informatique de 23 ans. "Star de rock" à ses heures perdues, il profite d'if is Dead pour vous donner quelques conseils.

Ses avis et conseils peuvent donc être différents des articles habituels qui sont postés sur notre blog.

Ceux qui sauront est un des derniers romans écrits par Pierre Bordage. Il est sorti en 2008 au rayon jeunesse, et a récemment été édité par J’ai Lu dans sa version poche. Je me sens un peu honteux de ne pas avoir lu d’ouvrage de cet auteur français avant mais bon, il faut un début à tout. C’était aussi la première fois que je lisais une Uchronie. C’est donc un regard neuf et frais que je vais porter sur ce roman. Synopsis.

Ceux qui sauront de Pierre Bordage

La révolution n’a pas suffit à faire tomber les têtes couronnées et les aristocrates. Il y a eu une deuxième restauration en 1882 et celle-ci a perduré. Le peuple continue d’être opprimé et l’école n’est jamais devenu ce qu’elle aurait du être à cause de l’assassinat de Jules Ferry. Quel meilleur moyen de garder le peuple à sa botte, qu’en le laissant dans son ignorance. Les révoltes éclatent au fil des ans, ne laissant qu’un sillage de sang derrière elle. On suivra le destin de deux jeunes, celui un fils d’ouvrier Jean, et celui d’une fille de bonne famille, aristocrate de par sa naissance, Clara.

Replaçons nous dans le temps, nous sommes en 2008. Imaginez la France au dix-huitième siècle, rajoutez une sorte de réseaux mondial du type internet réservé à l’élite et à ceux qui savent où chercher, quelques moyens de transports plus évolués comme la voiture et deux ou trois avions, et voilà vous avez le paysage de notre livre. C’est très industriel et on se retrouve dans un marasme de crise où l’on délocalise dans les colonies.

Ceux qui sauront de Pierre Bordage

De ce coté, c’est noir et bien réussi même si niveau technologie je suis assez surpris que cela reste aussi classique et basique, et ce même pour les riches. La misère est palpable chez le bas peuple et l’opulence indécente chez les aristocrates. L’auteur narre les arrestations, les exécutions et la violence de manière assez réalistes. On ressent une certaine cruauté chez les protagonistes. Ça m’a paru peut être un poil fort vu le lectorat qui semble être visé, soit le public adolescent.

Le thème principal du livre, outre la luttes des classes, c’est l’éducation. Sans elle, il n’y a rien. Quand elle n’est pas là, nous sommes toujours à la recherche du savoir et le savoir ici, c’est le pouvoir. Les éléments de l’intrigue tournent tous plus ou moins autour des écoles clandestines. Cependant, j’ai tout de même ressenti comme de la sous-exploitation de certains passages qui auraient pu être un poil plus fort, par exemple la mort du père d’un des personnages qui parait anecdotiques au vu de la réaction des intéressés.

Ceux qui sauront de Pierre BordageUn détail dont nous aurions malheureusement pu nous passer, c’est la romance téléphonée entre les deux adolescents, Clara et Jean. Comme vous vous en doutez depuis le début, ça se la joue à la Roméo et Juliette, mais un Roméo et Juliette un peu trop proche d’un mauvais roman à l’eau de rose, genre Nous Deux. J’ai trouvé que c’était assez niais et pas émouvant pour un sou. D’un autre côté, c’est pour adolescents, et peut être que si j’avais vu Twilight à l’époque, j’aurai trouvé ça bien moins niais.

En conclusion, c’est un roman qui plaira je pense aux adolescents en mal d’univers sombres, et qui est peut être à conseiller dans le cas d’un passage à la lecture dite pour adulte. Même si l’Uchronie est très réaliste, j’aurai cependant du mal à le recommander à un lectorat plus exigeant. Cela dit, on me souffle dans l’oreillette que Pierre Bordage a par ailleurs écrit d’autres romans de très bonne qualité, comme par exemple les Fables de l’Humpur qui aurait sans doute plus leur place sur votre table de nuit, en tout cas il est sur la mienne, et c’est là encore disponible en poche aux éditions J’ai Lu.


  • Année:2010 (1991)
  • Auteur:Huff Tanya
  • Editeur:J'ai Lu
  • Genre:Fantastique, Thriller Fantastique, Bit-Lit
  • Série:Les aventures de Vicki Nelson
  • Titre:Le Prix du Sang
  • Titre V.O.:Blood Price
  • Tome:1
  • Traducteur:Ranvoisé Patricia

Le Prix du Sang est un roman de Bit-Lit, un genre dont on a plus parlé depuis un moment et pour cause, les rayons en croulent littéralement. Cela devient donc difficile de faire un choix dès que l’on sort des sentiers battus, et surtout lorsqu’on a bon goût. Sans parler des éditeurs qui rééditent ce qui était auparavant dans leur collection à l’eau de rose sous un vernis Bit-Lit et une couverture un peu plus dark. C’est notamment le cas de la série dont je vais parler, Les aventures de Vicki Nelson de Tanya Huff, qui était précédemment publiée chez J’ai Lu pour elle. La série compte cinq tomes, plus un recueil de nouvelles et sa publication est semble-t’il terminée. Ce premier tome date de 1991 et vient juste d’être réédité par J’ai Lu, synopsis voulez vous ?

Le prix du sang, Une aventure de Vicki Nelson, Tome 1, de Tanya Huff

Vicki Nelson a démissionné de la Crim’.Elle souffre en effet d’une maladie de la vue, qui lui promet d’être aveugle sous peu. En attendant, elle a perdu sa vision périphérique et s’est mise à son compte en tant que détective privée. Jusque là, rien de bien surprenant et lorsqu’elle trouve le cadavre d’un homme à qui on a arraché la gorge, elle va être incapable de s’empêcher d’enquêter. Sauf que cette enquête va lui faire découvrir que la nuit est peuplée de créatures qu’elle n’imagine même pas.

Le premier point qui est notable, c’est que pour une fois l’héroïne est normale. C’est une humaine, sans super pouvoirs, ce n’est ni une fey (par exemple Les Soeurs de la Lune), ni une nécromancienne (ici c’est Anita Blake), ni une changeuse (et là Mercy Thompson). Non, c’est une ex-flic, handicapée qui plus est. Elle n’a aucune connaissance de la nuit. C’est la première fois que je rencontre ce genre d’héroïne et c’est vraiment agréable.  Je pense que cela est probablement dû à la date de parution du bouquin, 1991. Le courant Bit-Lit n’était même pas réellement lancé aux États-Unis, et d’ailleurs aujourd’hui je pense que le bouquin pourrait très bien être juste catalogué de Thriller Fantastique. Par contre, comme d’habitude, nous sommes face a une femme forte, une femme qui en a, ce qui est tout à fait justifié. Pour être une femme dans la crim’, il en faut.  Le personnage n’est cependant pas encore très développé mais semble prometteur.

Bien que cela fasse bientôt une vingtaine d’années que Tanya Huff ait écrit son bouquin, je vous rassure, cela ne gène en rien. Pour tout vous dire, je me suis seulement rendue compte à la page 100 que tiens, il n’y avait pas d’ordinateurs sur le bureau, qu’on utilisait les post-it pour se laisser des messages et qu’on cherchait des cabines téléphoniques. Bref, c’est tout à fait contemporain et c’est tant mieux, ça n’a quasiment pas vieillit du coup.

Blood Ties adaptation des aventures de Vicki Nelson de Tanya Huff

Une adaptation en série télévisée des aventures de Vicki Nelson a été faite en deux saisons

Le deuxième point important, c’est le vampire et tout ce qui tourne autour. Ici on a l’air d’être face à un mythe du vampire assez classique, sauf qu’il a pour particularité d’être un personnage historique. En effet, il suffit de lire la quatrième de couverture pour voir le nom de Henri Fitzroy, un homme qui a réellement existé et si vous avez des notions d’histoire vous savez sans doute qui c’est. Si ce n’est pas le cas, c’est d’autant mieux car vous aurez un bonus de découverte. Le roman comporte en effet certains flashbacks sur la vie humaine de Henri, pour mon plus grand bonheur étant donné que c’est une époque que j’apprécie énormément.

Tout comme notre héroïne, le personnage n’est pour le moment pas encore très développé, mais j’avoue m’y être assez attachée. Il n’est pas un tombeur comme un Jean Claude, en fait il me fait penser à un Robert Downey Jr quand il joue le paumé mal rasé. Faiblard mais terriblement attachant. L’histoire que l’on va suivre au long du bouquin prend place à Toronto, qui est présentée comme une ville froide et grise avec une forte population asiatique. On obtient du coup une ambiance très lourde et sombre, qui est tout à fait appropriée. Ca met dans le bain.

Le prix du sang, Une aventure de Vicki Nelson, Tome 1, de Tanya HuffL’intrigue par contre, est tout ce qu’il y a de plus conventionnel et on comprend assez vite ce qui se trame. Cependant, c’est quand même bien mieux mené que ce qu’on peut retrouver dans les autres grosses séries, comme Anita Blake ou Mercy Thompson. L’enquête ici n’est pas juste un prétexte, et heureusement. Son coté simpliste cependant, permet de présenter les personnages et le concept. Pour le moment, on ne sait pas encore trop grand chose sur l’univers des vampires, à suivre donc !

Bref, ne vous fiez pas à la couverture qui bien que jolie est terriblement clichée, et lisez Vicki Nelson. C’est de la Bit-Lit comme on aime, qui serait presque un agréable croisement entre New York 911 et des vampires. Vicki me fait terriblement penser à Faith Yokas d’ailleurs. Un bouquin qui plaira autant aux amateurs du genre qu’aux autres. Le coup de cœur Bit-Lit 2010 ? L’avenir nous le dira, mais c’est bien parti pour et j’ai déjà hâte de lire Piste Sanglante, le second tome.



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