Livres » Comic
123 21 articles

Collection DC Renaissance d’Urban Comics

Une drogue à base de super-héros

illman dans Comic, Critiques, Livres le 17 juillet 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Un tremblement a secoué l’épine dorsale du comics en France en 2011. Panini se voyait déposséder de l’exploitation sur le territoire français du catalogue d’un des éditeurs américains majeurs, DC Comics. Pour ceux à qui cela ne dit absolument rien, les icônes de l’éditeur ne sont autres que Batman, Superman ou encore Green Lantern. L’heureux acheteur n’est autre que Dargaud, qui créera pour l’occasion son label comics, Urban Comics pour lancer son offensive éditoriale sur la France dès janvier 2012, en kiosque ainsi qu’en librairie.

DC Renaissance

Cette acquisition n’est pas fortuite, elle se cale avec un des évènements majeurs de la continuité de l’univers DC, The New 52.Cet évènement est en quelque sorte une renaissance pour 52 séries de DC Comics, allant du reboot total à de petites modifications de la continuité. Ce que l’on appelle The New 52 a démarré fin mai chez nous au sein de la collection DC Renaissance, avec un prologue de trois numéros, Flashpoint.

Flashpoint : La nouvelle crise

L’univers DC est régulièrement ébranlé de crises majeures dans son multivers, permettant d’introduire de nouveaux éléments à l’univers et de renouveler un peu le lectorat. La dernière en date est Flashpoint qui a comme personnage principal Le Flash. Paru en kiosque de mars à mai, l’histoire va nous plonger dans les évènements qui vont modifier l’univers en profondeur. Première découverte pour moi, le personnage de Flash, j’avais des a-priori pas folichons sur le personnage, en quoi ce personnage qui court vite pouvait-il bien être intéressant ? J’avais tort de le sous-estimer, la cosmogonie lui ayant donné des attributs et une personnalité plutôt intéressants.

DC Comics Flashpoint

On retrouve au scénario l’illustre Geoff Johns, qui oeuvre notamment sur Green Lantern et Superman en ce moment. Pour résumer Flashpoint, Barry Allen, connu comme le Flash, se retrouve dans une réalité où il n’a plus de pouvoir, où plus rien n’est comme il l’a connu et où ses souvenirs de l’ancienne continuité sont remplacé par ceux de celle-ci. Il va devoir se trouver des alliés et retrouver ses pouvoirs pour pouvoir remettre de l’ordre dans ce bazar cosmique déplaisant.

Ces trois volumes contiennent également les mini-séries, Batman, Knight of Vengeance et Project Superman qui sont d’excellentes mini-séries se déroulant dans l’univers alternatif de Flashpoint. Malheureusement pour ceux qui l’aurait loupé en kiosque, une sortie en relié n’est pas pour l’instant prévu pour cette saga, mais cela m’étonnerait que Urban ne s’en occupe pas dans un avenir proche.

The New 52 et DC Renaissance

Les évènements de Flashpoint ont chamboulé l’univers DC. Ce sont 52 revues qui commencent ou repartent du numéro 1. Toutes n’arriveront pas en France et certaines ont déjà été annulés et remplacées outre-atlantique depuis le lancement fin 2011, le tout est reparti en diverses franchises. Si vous êtes un grand curieux et voulez tout savoir de ces sorties chez nos voisins US, vous pouvez consulter le dossier afférant à la question sur MDCU.

C’est donc fin mai qu’Urban Comics a lancé l’adaptation française, collection DC Renaissance, avec comme fer de lance ses sorties kiosque. On a droit à 3 magazines différents : DC Saga, Batman Saga et Green Lantern Saga qui couvrent 12 séries sur les 52 de cette renaissance.

1 – DC Saga

DC Saga Numero 1Ce magazine regroupe Justice League of America qui a été rebooté. Pour les novices, JLA est un regroupement des héros DC qui œuvrent pour la justice contre en général des menaces cosmiques. C’est donc l’association de héros comme Superman, Batman ou encore Wonder Woman pour ne citer que les plus connus qui vous attend ici. Le magazine fait aussi la part belle à la franchise Superman avec la série éponyme inscrite dans la continuité apparemment avec des modifications des relations entre les personnages.

Supergirl pointe aussi le bout de son nez et c’est un reboot qui s’annoncent dans les aventures de la jeunes Kara, cousine de Superman, le dessin  est franchement superbe pour ce premier arc et on attend la suite avec impatience. La dernière série du mensuel se trouve être le personnage que je mésestimais totalement, The Flash. On fait face directement aux conséquences de Flashpoint dans cette série appuyée par un dessin et une colorisation qui donnent un cachet chaleureux à ce mensuel.

2 – Batman Saga

Batman Saga Numero 1Mon magazine chouchou, avec le héros qui m’a amené chez DC, Batman en est l’attraction principale de trois des quatre sérials de la parution. Batman embraye direct avec un arc d’excellente qualité, que ce soit pour le dessin ou scénaristiquement. Mené par Scott Snyder et Greg Capullo, la menace de La cour des Hiboux tient en haleine, une seule chose à dire, vivement la suite.

Detective Comics laisse quant à lui augurer du tout bon sous l’égide de Tony Daniel avec un Joker toujours plus fou et avec un Batman toujours aussi classe, le dessin étant de qualité. Batman et Robin s’attaque à la relation difficile entre Batman et son Robin actuel, son propre fils Damian. En deçà des deux autres, le titre reste quand même de qualité.

Le magazine est clôt par Batgirl, qui fait se relever Oracle de son fauteuil roulant pour qu’elle renfile son costume. Le pitch de départ est un peu invraisemblable avec cette guérison miracle, à voir si l’histoire tient la route par la suite, le premier chapitre ne m’ayant pas convaincu.

3 – Green Lantern Saga

Pas grand chose à dire sur cette parution vu que je ne la suis pas. A noter toutefois que l’intégralité des séries de la franchise Green Lantern, au nombre de quatre, est ici présente.

L’offensive en librairie

Urban Comics ne se limite pas à ses magazines pour promouvoir sa collection Renaissance. Des éditions reliée ont aussi rejoint les rayons des librairies. On trouve d’abord les parutions des têtes de gondoles de chaque magazine, JLA, Batman et Green Lantern. Ces parutions regroupent les 7 premiers chapitres de ces sérials. Mais l’éditeur propose une couverture plus grande du catalogue et a déjà publié ou annoncé les séries suivantes : Batman Le chevalier Noir, Action Comics, Aquaman, Wonder Woman, Catwoman ou encore Batwoman pour ce qui concerne les héros tirés de franchise disons mainstream. Plus marginalement et pour le plus grand plaisir des fans, les reliés des séries plus underground Animal Man et The Swamp Thing viennent d’être annoncés pour octobre dans nos librairies préférées.

Green Lantern, Tome 1: Sinestro, de Geoff Johns

J’ai mis la main sur le Batman et le Green Lantern et c’est du tout bon, avec des petits bonus pour compléter, comme des croquis, des storyboard et les traditionnelles couvertures alternatives.

Une chose est sûre, il y a du bon dans ce cru du New 52 et Urban Comics va faire ce qu’il peut pour nous en apporter le meilleur. Ils sont bien parti au vu de ces trois derniers mois.


Supergod est le dernier volet du triptyque sur les surhommes de Waren Ellis, dont j’ai déjà chroniqué les deux autres volets, Black Summer et No Hero. Cette fois-ci point de Juan Jose Ryp au dessin, mais Garrie Gastonny que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. D’un autre coté j’ai entendu beaucoup de bien de ce volume, est-ce que mes attentes de passer un bon moment comme à chaque fois avec Ellis à la plume seront encore récompensée ? Direction le synopsis pour un premier élément de réponse.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

L’homme et la science ne font pas forcément bon ménage, surtout lorsque ces derniers cherchent à se rassurer avec un dieu voire à s’en créer un avec tout les moyens possibles. Malheureusement cela ne se passe jamais comme on le prévoit et tout va déraper et devenir hors de contrôle. Les surhommes ne suivent que leur propre ligne de conduite et vont lâcher l’enfer sur Terre. Simon Reddin, un scientifique britannique va nous conter le cheminement de l’humanité le long de la route qui mène vers l’apocalypse.

Franchement l’histoire de Supergod est excellente et Ellis s’est fait plaisir à mettre en scène notre destruction. Sans trop en révéler il a eu quelques idées bien intéressantes et surprenantes, même si bon il y a quand même un peu de déjà-vu. Une chose est sûr, le terreau était fertile pour nous pondre des passages bien glauques avec une narration plutôt sympathique. Car le seul personnage « humain » que l’on va identifier et aussi le narrateur de l’histoire, Reddin, va nous raconter comment l’humanité en est arrivé là tout au long d’une conversation téléphonique avec un collègue scientifique américain. On va donc écouter cet homme étrange assis au bord d’une Tamise en feu, qui nous révèle les évènements tel qu’il les aura perçu, par la presse, ses contacts et les services secrets. J’ai trouvé l’approche plutôt sympathique, camouflant élégamment ce qui, en extrayant tout ces artifices, est quasiment un monologue.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

Au rayon de la thématique, le mix Science – Religion, pourtant carrément assumé par la couverture, est plutôt peu développé, c’est à la fois dommage et pas plus mal, l’idée ayant déjà était usée jusqu’à la corde ailleurs. Les surhommes sont bien sûr toujours au centre du débat et les élever au rang de déité est par contre  plutôt original. En plus, ces méta-humains ont tous des particularités bien différentes et on a jamais l’impression d’être devant des ersatz de chez  Marvel ou DC. Cela révèle aussi un fort penchant des états pour la course à l’armement qui est tout à fait dérangeant, surtout si l’on compare ces surhommes à des armes atomiques et que l’on transpose, avec un peu trop de facilité, à notre monde moderne.

Ryp me manque un peu, non pas que Gastonny ne soit pas à la hauteur mais certains aspects de son art me laisse perplexe. Je trouve qu’il se lâche beaucoup trop sur les ombres, même si ça peut influer sur le coté glauque de l’histoire, et que du coup c’est plutôt en phase avec le thème. Il y a un autre domaine où le sieur se débrouille, c’est le gore et vu l’intrigue ça va saigner sec. Vous voulez voir un Chtulhu constitué de morceaux d’humains, des monceaux de cadavre et des explosions à gogo ? Vous allez être servi, une apocalypse sans ces éléments, ce ne serai pas une apocalypse. Après, certains choix de couleurs me laissent un peu de marbre, mais bon ce n’est pas du fait de Gastonny, en tout cas pas totalement, la colorisation ayant échue à Digikore Studios.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

La publication de Milady Graphics n’a toujours pas à rougir face à ses voisines dans ma bibliothèque, couverture glacée et pages bien collées. Ce point peut paraître anodin mais les comics ont une plutôt bon taux de relecture et quand je vois mes Batman de chez Panini Comics qui coûtaient bien cher et dont les pages se barrent pour certains, c’est un détail sur lequel je fais attention maintenant. Par contre, détail agaçant sur la continuité de la série, l’éditeur a changé la tête de son logo de tranche entre No Hero et ce Supergod, je ne trouve pas ça très classe.

Malgré quelques défauts, Supergod se révèle être un très bon comics avec de sérieux atouts dans sa manche. Je vous le conseille tout autant que les autres œuvres où Ellis est impliqué. Et puis, si vous cherchez une alternative aux histoires de super-héros des gros éditeurs, son triptyque comblera surement vos attentes. Vous pouvez relire mes chroniques des deux autres, Black Summer et No Hero, aux éditions Milady Graphics eux aussi.


Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Le comic où j'ai paumé la frontière entre gentils et méchants

illman dans Comic, Critiques, Livres le 16 mai 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Black Summer fait partie du triptyque sur les surhommes du scénariste Warren Ellis, qu’on ne présente plus. On retrouve au dessin Juan Jose Ryp avec lequel il collaborera plusieurs fois, notamment sur No Hero déjà chroniqué ici. C’est chez Milady Graphics en 2009 que nous est arrivé ce tome avec pour éditeur en version originale Avatar Press. Qu’en est il de cette production de mon scénariste préféré ? Direction le synopsis.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Quand on combat pour le bien, jusqu’où peut-on aller ? Il existe un groupe de défense civile composé d’êtres augmentés pour l’attaque, les Armes. Aujourd’hui, John Horus, l’un de ses membres, décide de rendre la justice en supprimant l’autorité suprême qu’il juge corrompue, il assassine le président des États-Unis. S’en suit une chasse à l’homme contre lui et ses anciens compagnons alors que les fantômes du passé ressurgissent.

On est donc face à une histoire de super-héros complexe qui dépasse le basique de la surenchère de what the fuck comme d’autres éditeurs savent le faire, Marvel par exemple. Comme à son habitude, Ellis réussit encore une fois à surprendre avec cette fable sur la justice et le bien. Fidèle à lui même, il y dénonce les maux de la société moderne sans pour autant être aussi incisif qu’il le sera dans d’autres de ces œuvres.Il lève ici des questions morales dont je suis bien loin d’avoir la réponse, et les réponses qu’apportent les différents personnages ne satisferont pas tout le monde. Et les personnages, leur passé, motivations, sont bien le point fort de Ellis.

Mettre en scène une équipe de super héros névrosés complétement addict à leur pouvoir, ou se réveillant d’un long séjour en compagnie d’une bouteille, n’est pas chose aisée. Mais Ellis va réussir à seulement mouiller les pieds dans le domaine des stéréotypes, et s’en tire plutôt très bien en centrant son récit sur une ancienne Arme, unijambiste et alcoolique mais qui cache bien son jeu et est plus complexe qu’il n’y paraît. Bien sur les autres personnages constituant cette équipe seront aussi développés, mais c’est forcément un peu succinct vu l’épaisseur du bouquin. L’auteur aura pour cela recours au traditionnel flashback pour nous en apprendre plus sur ses Armes, en gardant bien sûr quelques secrets qui feront divaguer les fans comme le destin de Laura, personnage absent mais au combien central.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp Planche

En ce qui concerne le dessin, Black Summer est antérieur à No Hero sorti la même année. C’est légèrement plus brut ici avec un niveau équivalent. Le dessin de certains personnages est un peu faibles dans certaines cases, mais rien de sérieux et ils sont loin d’être transcendants sur l’ensemble sans leur costumes, à part peut-être Tom Noir. On retrouve aussi la désagréable manie de Ryp de faire une sorte d’effet purée mousseline sur certains mouvements, c’est moche mais moins choquant que dans No Hero. L’histoire fait aussi la part belle à un déchainement de violence graphique qui fait que ce n’est pas encore pour toutes les mains, même si ça reste plutôt décent et pas trop gore par rapport à d’autres productions que j’ai vu passer ces derniers temps. Les scènes de baston sont fourmillantes mais sans être brouillonnes. Le sieur peine un petit peu sur sa mise en scène, j’ai trouvé le découpage et la dynamique de l’ensemble un peu fade, conventionnels. Les couvertures alternatives en fin de volume sont par contre de toute beauté.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp CouverturePour ce qui est de l’édition de Milady Graphics, elle est toujours très classe en softcover avec une couverture qui met tout de suite dans l’ambiance pour la suite de ses 192 pages. Au rang des ragots, une option pour une adaptation en film a été prise sur ce bouquin.

Black Summer propose peut-être l’une des plus faibles histoire scénaristiquement pour Warren Ellis, pas forcément soutenue par le dessin d’un Juan Jose Ryp pas au top. Cela n’en reste pas moins au dessus de la moyenne et j’ai pris grand plaisir à lire ce premier tome. C’est donc une valeur sûre comme la majorité du temps avec Ellis aux commandes.


Ghostopolis de Doug TenNapel

Serafina dans Comic, Critiques, Livres le 25 avril 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Ghostopolis fait partie des dernières sorties de Milady Graphics. Ce comics de 250 pages, en couleurs, dessiné et scénarisé par Doug TenNapel est paru pour la première fois dans la langue de Shakespeare en 2010. Les éditions Milady sortent ici ce comics du genre Fantastique dans une très belle édition, avec une couverture très dure et une jolie jaquette, le tout traduit par Philippe Touboul. Synopsis ?

Ghostopolis de Doug TenNapel

Garth est un jeune garçon atteint d’une maladie incurable. Frank Gallows, lui est un chasseur de fantômes, plus ou moins looseux qui fait ses missions un peu à l’arrache. En renvoyant un cheval fantôme dans l’au-delà, il y envoie Gart aussi, malencontreusement. Le garçon n’a rien à faire dans l’au-delà, et sa mère est éplorée. Il ne reste plus qu’à Frank d’aller à Ghostopolis réparer ses erreurs.

La première chose qui marque en ouvrant ce comics, c’est que le dessin n’est pas des plus transcendants. Il est très basique, la coloration est surtout constituée d’aplats de couleurs pleines, et les perspectives sont la plupart du temps absentes. Seul le design se démarque réellement, avec des personnages très vites identifiables et bien foutus, même si ils ne sont pas réellement expressifs. J’ai eu l’impression que Doug TenNapel était avant tout un scénariste. Son dessin sert l’histoire et puis c’est tout.

L’histoire est un de ces contes un peu morbides qui plaisent forcément à la darkinette que je suis. Le postulat de départ n’est pas des plus joyeux : un gamin de 10 ans, condamné par la médecine, un monde des morts, des fantômes. Bref, un univers assez sombre. Et c’est là où je regrette quelque part le dessin un peu direct, c’est que je n’ai pas trouvé de relief au monde, comme auraient pu le rendre d’autres dessinateurs.

Ghostopolis de Doug TenNapel

A travers ce conte, des questions sur la vie, la mort, les regrets, les actes manqués, sont abordés. Mais en douceur, avec plein de poésie et des petites touches d’humour bienvenues. Difficile de ne pas être fasciné par Ghostopolis, ce pays des morts où cohabitent faes, gobelins et autres chevaliers squelettes. Difficile aussi de ne pas craquer pour Cotelette, le cheval fantôme.

Du fait des thèmes abordés, c’est je pense une histoire parfaite pour les adolescents, y compris les jeunes ados, car c’est typiquement le genre de production jeunesse intelligente, qui ne prend pas les lecteurs pour des neuneus et qui quelque part, aide à grandir. L’histoire est fluide et ne tire pas en longueur.

Ghostopolis de Doug TenNapelLes scènes sont très lisibles, y compris les scènes de combat, et la lecture est aisée. Les 250 pages se lisent d’une traite, et on est rapidement pris par l’histoire. C’est un très bon page-turner, je n’ai pas pu m’arrêter avant de le terminer. Et même si c’est plein de bons sentiments, le coté macabre et un peu sombre en font une histoire que j’ai beaucoup appréciée.

Au final, malgré un dessin qui ne m’a pas réellement convaincue, Ghostopolis de Doug TenNapel se révèle être une lecture très agréable, sérieuse et un peu macabre, tout en restant fraiche. Si vous aimez ce genre d’histoires ou si vous recherchez un cadeau pour un plus jeune, je vous le conseille.


Captain Swing de Warren Ellis et Raulo Caceres

Serafina dans Comic, Critiques, Livres le 2 mars 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est un comic récemment paru en français aux éditions Milady Graphics. Jusqu’à maintenant, illman ne nous avait dit que du bien de Warren Ellis, auteur entre autres de Transmetropolitan et No Hero, lui aussi aux mêmes éditions. Alors quand j’ai vu ce one-shot du scénariste, je n’ai pas tenu bien longtemps avant de me mettre à le lire. Il faut dire que visuellement, la couverture donne envie avec son coté un peu Steampunk. Synopsis ?

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Dans le Londres pré-Victorien de 1830, Charlie est un bobby, un des premiers agents de police de la ville. Une nuit, il voit quelque chose qu’il n’était pas censé voir. Un bateau volant, mu par cette chose étrange qu’est l’électricité et mené par un capitaine révolutionnaire, Spring-heeled Jack, aussi connu sous le nom de Captain Swing.

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Les planches sont entrecoupées d'interludes narrées par Captain Swing

Le dessin de Raulo Caceres est assez particulier, tout d’abord très sombre, la plupart des planches étant dominées de très loin par le noir. Mais il est aussi très dynamique et les scènes d’actions sont réellement bien rendues. Du coup la lecture est fluide, on n’est jamais perdu. Alors certes en échange les visages ne sont pas forcément les plus beaux qu’on ait pu voir… mais le design de Captain Swing a particulièrement la classe. La coloration, réalisée par Digikore Studios, se démarque notamment sur les pages où l’électricité est présente. Ces éclairs bleus électriques sur des dominantes de noir rendent parfaitement bien.

Comme je le disais plus haut, le design de Captain Swing est particulièrement réussi. Il faut dire que la grosse partie de ce one-shot repose uniquement sur ses épaules. C’est un pirate, mais comme on les aime, au grand cœur, avec de l’honneur, et comme il fait aussi office de voix off dans les pages d’interludes, on s’attache très rapidement à ce personnage, contrairement à celui de Charlie qui est plus « passe-partout ».

Si le comic est surtout orienté vers l’action, il n’est pas creux pour autant. En effet, Captain Swing est un révolutionnaire, mais surtout un défenseur des opprimés, et ses réflexions sur le monde sont loin d’être exemptes d’intérêt. J’ai cité Steampunk dans l’introduction, mais ce n’est pas vraiment cela, vu qu’il s’agit en fait d’un steampunk à l’envers, avec l’introduction de l’électricité dans ce monde à vapeur. Bref, on nage en pleine Science-Fiction. Et le mélange est plutôt bien dosé.

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo CaceresTout d’abord parce que Warren Ellis réussi très bien a caser cette distorsion de la réalité, notamment grâce à des pages écrites au milieu de l’histoire dessinée, où Captain Swing explique un peu plus son histoire. Cela contribue à mettre en place l’histoire et surtout le contexte socio-culturel de l’époque. En effet le scénario du comic lui ne se déroule qu’en deux ou trois jours, il est donc nécessaire d’avoir recours à une « voix off » pour placer les choses dans leur contexte.

Au final Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est une lecture fort sympathique et aussi une bonne porte d’entrée dans l’univers de Warren Ellis. Avec un joli dessin, une histoire bien ficelée et un héros emblématique, je ne peut que vous le conseiller. L’univers crée au cours de ces quelques pages est très vite crédible, et c’est bien dommage que cela ne soit qu’un one-shot car il y a de quoi faire !


Sang Neuf est le premier tome de la série American Vampire, créée par Scott Snyder et mise en image par Rafael Albuquerque. Ce comic aux dents longues accueille en plus pour son premier tome Stephen King au scénario, qu’il assurera pour quatre des cinq chapitres qu’il comporte. Publié aux États-Unis par Vertigo, c’est Panini Comics qui s’occupe de sa traduction française, sortie en février de cette année 2011. Avec son superbe graphisme et son thème particulièrement en vogue, il était évident qu’il me fallait y jeter un coup d’œil. Synopsis.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et Snyder

Skinner Sweet est un voleur et hors la loi qui sévissait sur les terres du farwest américain du XIXème siècle qui finira par être attrapé par le détective James Book. Mais c’est sans compter sur ses complices, qui vont l’aider à s’évader en faisant dérailler le train qui le transférait vers une autre prison, profitant au passage pour réduire au silence les hommes de loi. Parmi les passagers, un mystérieux Percy, banquier véreux et à l’empire financier colossal, qui semble ne pas réellement apprécier la lumière du jour et qui a la fâcheuse capacité de se mouvoir même après avoir pris une dizaine de balles dans le bide.

Écrire un synopsis pour ce premier tome d’American Vampire est plutôt difficile pour une raison simple: la narration de ce premier volume est des plus chaotique. Nous allons en effet suivre le destin de plusieurs personnages sur des périodes différentes, dans l’espace et dans le temps. On découvre d’un côté la vie de Pearl Jones, une jeune américaine qui rêve de faire du cinéma à Hollywood, mais aussi celle d’un jeune poltron qui suivait le shérif là où il allait, et notamment lors de l’arrestation de Skinner Sweet. Ce dernier a utilisé cette histoire pour sortir un roman, qui est dans les années 1920 un grand classique de la littérature de genre, au même titre qu’un certain Dracula de Bram Stocker. L’écrivain lors d’un discours tenu à l’occasion de la réédition de son roman, nous retrace l’histoire de Skinner Sweet et nous apprend qu’il n’a pas inventé les détails, et que, pour lui, les vampires existent vraiment.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et Snyder

On alterne donc chapitres en 1920 à Hollywood, d’autres avec notre écrivain, et encore d’autres avec Skinner et le shérif. Si c’est vraiment addictif, notamment parce que les différentes histoires sont très prenantes et entrecoupées, il faut avouer que c’est plus que perdant. Le début de la lecture est chaotique, difficile. On se perd dans les scènes, on a du mal à situer les périodes, on ne comprend pas pourquoi l’on voit des personnages similaires à des périodes différentes. Mais dès que les éléments sont un peu assimilés, le tout roule comme sur des roulettes et est vraiment bien ficelé.

La série a un univers très Western, et bien qu’on y suit l’époque des débuts du cinéma et du Rêve Américain, le côté sans foi ni loi où tout peut arriver est très bien retranscrit. Il faut dire que la thématique des vampires tout puissants et maîtres de l’économie américaine est de ce côté là une très bonne idée. Elle est très bien intégrée, et bien qu’elle ne soit pas vraiment développée, je ne pense pas qu’elle le sera par ailleurs, ce postulat est crédible. Le monde d’alors est encore assez sauvage pour que des vampires s’y cachent sans réel problème.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et SnyderLes vampires d’American Vampire sont loin des midinettes de Twilight et il faut dire que le comic est plutôt violent. Des images sont trashs, ça s’arrache du bras et le dessinateur ne nous épargne rien. C’est aussi une partie du style graphique, qui se veut assez brut tout en étant sublime. Le style du dessin de Rafael Albuquerque m’a complètement séduit, et les mises en couleurs opérées par Dave McCaig sont vraiment superbes. Le tout alterne très souvent entre le beau, superbe voir grandiloquent, et le carrément sale, laid. Un laid travaillé bien entendu, un laid qui fait peur et révulse. On regrettera simplement que la qualité des couleurs varie, comme dans bien des comics, suivant le chapitre. M’enfin, on s’y fait.

Au final, Sang Neuf m’a convaincu, avec sa patte graphique tout d’abord et ses vampires qui n’hésiteront pas à vous laisser mort dans les caniveaux salles de Hollywood. Mais aussi par son scénario pour le moment très convaincant, aux nombreuses ellipses et à la narration prenante. Reste à savoir si le deuxième tome, Le Diable du Désert, sera transformer l’essai et faire d’American Vampire une série à suivre.


Kick-Ass de Mark Millar et John Romita Jr

Kao dans Comic, Critiques, Livres le 26 août 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Kick-Ass est une série de comics créée par le scénariste Mark Millar, illustrée par John Romita Jr, le tout mis en couleurs par Dean White. Publiée depuis avril 2008 aux États-Unis chez Marvel, le dit comic n’arrivera que très tard en France, et sous la forme de recueils de quatre chapitres (ou “issues” en V.O.), notamment grâce à la sortie dans les salles obscures d’une adaptation. C’est chez Panini Comics qu’on peut désormais les retrouver. Synopsis.

Kick-Ass et Mark Millar et John Romita Jr

Dave Lizewski est un ado de 17 ans fan de comics, qui décide un beau jour, après une énième agression, de devenir un super héros lui même, plus poussé par l’ennui de son quotidien que par réelle conviction. Après quelques séances d’entrainement au gymnase de son lycée, il se décide et se lance dans sa première « correction » de voyous. Sans trop en dire, l’issue se révèle assez dramatique… et douloureuse.

Kick-Ass part donc d’un principe de base assez simple: les super-héros dans la vraie vie, sans aucun pouvoir surnaturel, juste des humains normaux, avec un peu d’entraînement au combat. A partir de là, le scénariste place subtilement un cartel mafieux, de sombres affaires de drogue, et beaucoup de malchance. On mélange bien, et on laisse le tout dégénérer joyeusement. Et ce qui aurait pu rapidement tourner à la tempête dans un verre d’eau, est au final une vraie réussite.

Le panel de personnage est plutôt varié. Outre Dave, on retrouve son meilleur ami Todd, et l’amour-de-sa-vie-qui-ne-lui-rend-absolument-pas, Katie Deauxma. Ces deux derniers remplissent correctement leurs rôles quelque peu clichés. Katie en jeune demoiselle en détresse, et Todd en bon copain qui sert à rien. Ils ne sont pas particulièrement insipides, mais leur intérêt reste encore à prouver. Il y a bien entendu d’autres personnages, que ce soit les super-héros Big Daddy et Hit Girl, réelle trouvaille du comics, ou encore le “big bad guy” John Genovese, et sa famille qui prendra aussi part au règlement de comptes…

Hit Girl dans Kick-Ass et Mark Millar et John Romita Jr

Le style du dessin de Romita Jr est, je dois le dire, très particulier. J’ai pour ma part eu un peu du mal au début notamment sur les visages des protagonistes, leurs bouches ont un je ne sais quoi qui dérange. Mais c’est comme pour tout, les pages défilent et on finit par s’y faire. C’est je pense avant tout une histoire d’appréciation du style, car sur le plan technique, c’est très joli, les couleurs sont belles, et le trait est précis, mais cela demandera peut-être un peu d’habitude avant de pleinement apprécier. La découpe de l’action est assez classique, des cases ou des pleines pages, rarement de tentatives avant-gardistes, on suit aisément l’ordre des choses.

Kick-Ass et Mark Millar et John Romita JrSi Kick-Ass a l’air bon enfant de par son idée originale, on ne le précisera jamais assez, cette série n’est en aucun cas un comic pour enfants, ni pour âmes sensibles en règle générale. Alors que le film est déjà assez violent, dites vous bien qu’il a été édulcoré. La violence de certaines scènes est parfois dure à encaisser, d’autant qu’elle est exacerbée par son côté « réaliste ». La vulgarité ambiante, avec des f- words à tout va, n’y est pas non plus étrangère.

Je dois d’ailleurs dire que la traduction assurée par Alex Nikolavitch a fait du bon boulot de ce coté là. Il n’a pas lésiné sur le fleuri langage, et la variété de vulgarité que peut nous offrir le français est un vrai bonheur quand on a lu l’œuvre en version originale.

Au final, Kick-Ass est une série de comics que l’on peut lire même en ayant vu le film, puisque la fin n’est pas la même, et que le plaisir est complétement différent. Je vous le conseille chaudement, vous vous en doutez.


Bienvenue à Lovecraft est le titre du premier tome de Locke & Key, un comic avec des soupçons de Fantastique et d’Horreur. On retrouve derrière cette série Joe Hill au scénario, surtout connu pour être le fils de Stephen King, et au dessin Gabriel Rodriguez. Sorti en 2008, il vient tout juste d’être traduit et édité en France par Milady Graphics, il faisait d’ailleurs partie de leurs premières sorties. Si le titre accroche tout de suite, c’est sans aucun doute parce qu’il fait référence à H.P. Lovecraft. Alors, référence justifiée ou coup marketing ? Synopis.

Bienvenue à Lovecraft, Locke & Key Tome 1, de Joe Hill et Rodriguez

La famille de Tyler vivait une vie plus ou moins normale jusqu’au jour où un élève suivi par son père en tant que conseiller d’orientation ne décide de venir les assassiner. Heureusement, le jeune garçon de la famille arrive à mettre le psychopathe K.O., sans avoir pour autant la chance de sauver leur père. Choqués par l’évènement, la famille décide de quitter leur maison pour aller s’installer dans la maison familiale, isolée sur une île: Lovecraft.

Vous l’aurez donc compris avec ce synopsis, le mot Lovecraft est ici utilisé pour designer un lieu, une île et sa battisse. D’où le titre donc, Bienvenue à Lovecraft. Mais il est aussi évident que ce choix n’est pas anodin, et est une façon d’attirer le chaland, amateur du Fantastique que nous proposait H.P. Lovecraft. C’est plus ou moins comme cela que j’en suis venu à m’intéresser à Locke & Key, le fait qu’elle soit scénarisée par Joe Hill ayant bien entendu aider.

Et cette ambiance proche de celles de l’auteur culte du genre est vraiment présente, et ce très rapidement. Les premières pages mettent directement le ton, avec une impression rapide que quelque chose va mal se passer. La narration y contribue d’ailleurs, avec une chronologie alternant plusieurs temps. Celui d’après un certain évènement, ainsi que juste avant, rendant les premières pages certes assez confuses à lire, mais aussi très prenantes. Si ce début semble être malsain mais aussi très terre à terre, on va très vite s’apercevoir que Locke & Key est une série qui use des ficelles habituelles du Fantastique cher à Lovecraft: des natures démoniaques, inconnues de nos héros, qui se manifestent mais pas assez clairement pour qu’ils y croient vraiment, avançant lentement entre réalité et folie.

Bienvenue à Lovecraft, Locke & Key Tome 1, de Joe Hill et Rodriguez

Si ce premier tome est uniquement introductif, il le fait plutôt bien. Déjà, comme je le disais, l’ambiance posée est plutôt réussie, malsaine, mais toutes les ficelles qui vont être utilisées pour l’avancée du scénario sont elles aussi judicieusement placées. J’attends de voir la suite, mais le principe de clefs et de portes est plutôt bien trouvé. De même, la mise en place d’une situation où un jeune personnage est le seul à être « au courant » est très réussie, ce qui va sans aucun doute amener à une sorte de descente aux enfers incontrôlée de nos héros, ces derniers n’ayant pas le souhait d’écouter une personne jugée « faible » psychologiquement. Que du bon en somme, avec un mélange qui garantie de la tension à chaque page tournée.

Bienvenue à Lovecraft, Locke & Key Tome 1, de Joe Hill et RodriguezLe dessin de Gabriel Rodriguez est plutôt bon. Je n’ai pas vu grand chose à lui reprocher, même si il faut avouer qu’il ne va ni se démarquer par sa qualité, ni par son originalité. Le côté le plus réussi est sans nul doute les décors, mais je pense qu’on le doit avant tout au travail du coloriste, Jay Fotos. Les personnages sont corrects, leur design est somme toute banale, mais ça n’est pas là l’intérêt. De même, leur personnalité par exemples sont généralement très peu poussée. Seul un petit bonhomme sort du lot. On peut cependant souligner le fait qu’une fois le coup de la narration par flashback prise, on suit facilement l’histoire, y découvrant par la même des petits détails qui valent le détour. La découpe des cases est aisée à suivre, les scènes d’action aussi.

Au final, Bienvenue à Lovecraft est un comic plutôt très sympathique à lire, qui vous fera passer un bon moment. Je ne regrette pas d’avoir commencé la série Locke & Key, et je dois avouer que j’ai plutôt hâte de voir ce que Joe Hill a pu nous préparer. Les comics qui mêlent habilement le Fantastique et l’Horreur ne sont pas si courant en France, il serait bête de passer à côté.


Mercy Thompson, c’est une série de Bit-Lit écrite par Patricia Briggs et que nous avons beaucoup appréciée ici, vous pouvez notamment retrouver les chroniques du premier et deuxième tome par dabYo. J’avais lu les premiers en VO avant que Milady ne les édite en France. Et fort du succès de la saga, Milady Graphics nous propose le comic tiré de la série. Il s’agit d’une histoire inédite se déroulant avant même le début de la saga des bouquins. Ce comic est paru en 2009 en VO et vient d’être édité chez nous, avec une traduction de Philippe Touboul il se compose de 126 pages couleurs. Synopsis ?

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Mercy vient d’arriver dans les Tri-cities à la recherche d’un travail d’enseignante. Malheureusement elle ne décroche pas le poste convoité, et se retrouve attaquée par des loups garous, qui endommagent gravement sa voiture, une Wolswagen. Elle se rend donc dans un garage spécialisé, tenu pour le moment par Tad, gamin de 9 ans, dont le père semble avoir quelques problèmes.

Évidemment, l’identité du garage est bien connue pour ceux qui ont lu la série. Je ne suis d’ailleurs pas certaine que le comic soit forcément intéressant pour ceux qui n’en connaissent pas l’univers. En effet, de nombreuses notions (celle de meute, de mâle alpha, etc) sont balancées sans trop d’explications.  C’est une petite histoire qui répond à pas mal d’interrogations des fans, comment Mercy a rencontré Zee, Adam et les autres, etc.

Le comic se découpe en 4 chapitres et malheureusement, le dessinateur change en plein milieu: Tsai laissant place à Woo. Je déteste vraiment les changements d’illustrateurs en plein milieu, ce qui est malheureusement fréquent dans les comics. Le trait de Tsai est de toute beauté, très net, aux perspectives superbes, avec de beaux effets de texture, son dessin est assez irréprochable. Alors certes, ses personnages féminins sont bien en chair, classique du comic, mais il y a une aisance et une fluidité.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Aisance et fluidité qui, malheureusement, ne sont pas réellement présents dans les chapitres de Woo. Bien qu’elle ait taché de conserver l’ambiance et le style du début, il y a une énorme marche de différence entre les deux, ses perspectives sont d’une manière générale foirées, les mains ne sont pas son fort, et sa colorisation est extrêmement brouillonne. Dommage du coup, car le comic devient du coup fort inégal.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia WooAu niveau de la narration, on note quelques ellipses pas évidentes, notamment celle du début de chapitre deux, et une narration assez brouillonne dans les deux derniers chapitres. Un chaos sans doute dû à la coloration chaotique de Woo, ainsi qu’à une ou deux « blagues » que je n’ai pas comprises, faute de culture ou de traduction, que sais-je. Ceci dit, dans l’ensemble cela se lit bien. Évidemment, faire face à une adaptation d’un roman qu’on a lu n’est pas chose aisée, mais ici , le design de Mercy par exemple, reprend directement  celui des couvertures des romans. Dans l’ensemble tout est assez bien respecté, sans doute grâce à l’implication de Patricia Briggs dans ce comic.

Au final, Retour Aux Sources est un prélude qui m’a surtout donné envie de continuer la saga des Mercy Thompson, car j’en ai deux en retard. D’une manière générale, le dessin de Tsai et Woo est bon, l’histoire de Daniel Lawrence aussi, et je pense que si vous aimez bien la saga vous pouvez acheter ce comic sans crainte.


No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

illman dans Comic, Critiques, Livres le 25 mars 2011, avec aucun commentaire
Critiques

No Hero est un graphic novel avec Warren Ellis au scénario et Juan Jose Ryp au dessin. Le tout sorti en 2010 chez Milady Graphics en France avec une traduction d’Eric Betsch, et Avatar Press pour la version originale. Je vous avais déjà parlé d’un comic issu du travail de Ellis, Transmetropolitan, que j’avais adoré. Est ce que c’est un essai transformé pour trouver sa place dans nos bibliothèques ? Direction le synopsis.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Les années 60 ont vu naitre un groupe de super héros, les Levellers qui deviendront par la suite la Front line. Leurs pouvoirs proviennent de drogues crées par Carrick Masterson. Mais les membres de la Front Line sont éliminés un à un, et c’est pourquoi il leur faut du sang neuf. Joshua rêve de devenir un héros et s’entraine tout les jours en pourchassant les vilains dans sa ville pour se faire remarquer. Cela va le mener dans la Front Line et le monde de la drogue FX7.

« Jusqu’où pourriez vous aller pour devenir un super-héros ? ». Le sous titre sur la couverture met déjà dans l’ambiance. Car oui, c’est bien la drogue qui leur donne leurs pouvoirs, mais cela a forcément une contre partie, qui peut être terrible. L’utilisation de drogue au grand jour, des gouvernements qui laissent faire, c’est le portrait qui va être dressé ici. Détruire et corrompre la vie d’idéalistes qui se prennent pour des héros, avant de sombrer dans la corruption à cause de cette drogue et de tout ce qu’elle implique.

Ellis sait ménager ses effets, ses scénarios sont toujours surprenants, avec des retournements de situation intelligents et inattendus. No Hero ne fait pas exception à cette règle pour nous réserver bien des surprises, que je me garderais bien de vous spoiler. Le scénariste prend toujours un malin plaisir à dénoncer tout ce qui ne va pas et ça ne se limite pas à la drogue. La corruption, les riches qui dirigent le monde, les coups montés sur-médiatisés orchestrés par des gouvernements, ces références sont plus subtils mais bien présentes, il suffit de substituer Front Line par CIA (ou un autre) pour avoir un sentiment de déjà vu sur certains points.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Niveau dessin, le sieur Ryp gère son art. Énormément de détails parsèment ses cases, et le design de ses personnages est carrément classe, mention spéciale aux Levellers des années 70. De superbes arts en doubles pages se retrouvent tout au long ce volume, mettant en scène les délire de Joshua pour la plupart, c’est donc dans un style plutôt torturé. De plus des crayonnés des persos sont aussi présents à l’arrière des couvertures de chapitres, qui sont elles aussi pas mal.

Après je pourrais comprendre que le style de l’auteur laisse un peu indifférent, je n’ai pas trouvé ça spécialement original non plus. Un détail qui me dérange dans ces dessins, très présent au début de volume, c’est le rendu des impacts. Imaginez vous couper une pomme en deux, tchac, et hop, un nuage jaune comme de la purée mousseline s’élève. C’est carrément moche et je trouve que ça gâche le dessin, dommage.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose RypUn autre reproche que je ferais concerne la violence. J’ai rien contre ça dans les comics mais le niveau de gore atteint un niveau un peu too much. L’hémoglobine gicle par hectolitres et certains passages sont carrément dérangeants, avec notamment un arrachage de colonne vertébrale accompagné de la réplique « C’est comme réussir à tirer la nappe sous les couverts« . Le tout suivi de l’attache de ladite colonne autour du bassin du bourrin pour s’en faire un « pénis vertébral ». Ahem, âme sensible s’abstenir.

Niveau édition, ça vaut son prix de 14,90€ et la couverture souple tient bon malgré les outrages qu’elle a subi avant de terminer sa course dans ma bibliothèque. Et puis sans vouloir tirer sur les ambulances avec Milady Graphics, j’ai quand même moins l’impression de me faire avoir sur la came qu’avec Panini Comics. Enfin bon j’ai un passé disons rugueux avec eux, bref…

Au final, No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp, c’est du tout bon, je ne le conseillerais pas en première lecture mais pour les autres c’est bon, vous pouvez y aller. Du bon super héros bien torturé, une histoire béton, un bon dessin, que demande le peuple.