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Fièvre de Lune est un comics dans l’univers de MacKayla Lane, une série de Karen Marie Monin très populaire d’Urban Fantasy que je n’ai jamais lue publiée par les éditions J’ai Lu. J’ai embarqué le comic dans l’idée de découvrir l’univers et puis pour une lecture facile en convention. C’est là aussi publié par J’ai Lu mais dans un grand format. Synopsis ?

Fièvre de Lune

Une sinistre créature rode dans les rues de Dublin, elle arrache des éléments de visage à ses victimes. Quand elle s’attaque à une amie de Mackayla Lane, celle ci s’arme de sa Lance et ne la laissera pas s’en tirer à bon compte.

J’ai appris que le comics se déroulait entre les tomes 4 et 5 de la série. J’étais donc un peu perdue, notamment sur les termes comme Sidhe-seer, Unseelie, etc. mais comme ce sont des termes que j’avais déjà croisé dans Merry Gentry, j’ai vite pris mes marques. Le comics commence par une petite intro sur qui est Mac, et je crois que j’étais totalement abasourdie au bout de 3 pages. Y a dedans notamment une nana qui a été guérie de son addiction au sexe avec des Fae par… une overdose de sexe. Euh, what the fuck ?

Bref, la série flirte énormement sur la corde du sensuel voir sexuel, tout est bon pour voir du Mr à moitié tout nu, et tout est bon pour que Barrons flirte avec Mac. J’avoue, ce genre de truc me saoule surtout quand ça n’a pas tendance à servir l’intrigue.

Fièvre de Lune de Karen Marie Moning

L’univers en soit a l’air sympa, mais dans un comic de 184 pages il est difficile d’aller au delà de la surface. Je sens le potentiel mais ça s’arrête là. L’histoire en elle même pâtit du même problème : sympa mais vite expédiée. C’est cependant normal vu le nombre de pages, c’est le jeu pour un oneshot.

Fièvre de Lune de Karen Marie MoningLe problème, c’est que le dessin ne rattrape pas réellement le reste. Si dans l’absolu les dessins de Al Rio et Cliff Richards sont plutôt beaux, ils ne servent absolument pas l’histoire : Mac est super vulgaire ce qui est potentiellement contraire à ce qu’elle doit être dans les livres. Les héroïnes de Bit-Lit sont rarement des cagoles pareilles, elle n’a pas d’expression ou ses expressions ne sont pas adaptées à ce qu’elle dit. Quand elle s’étire on dirait qu’elle est en train de danser de manière sexy, les poses n’ont aucun sens. Bref, souvent, la case est belle mais ne colle absolument pas avec ce qu’il se passe dedans ou la tension, ou rien. La couleur elle est plutôt jolie avec de beaux volumes.

Fièvre de Lune n’est pas un comic que je recommanderais, à part aux fans de la série des fièvres, mais encore, je ne suis pas sure qu’ils adhèrent à la représentation des personnages qui ont l’air d’être très loin de ce qu’ils sont dans les livres. Cela reste un joli objet, qui regorge de bonus, comme les croquis, les fiches de personnage faites par l’auteur pour que cela colle au mieux à sa série et autres anecdotes. Je n’avais jamais lu de comics J’ai Lu mais c’est vraiment une bonne qualité niveau impression et compagnie.


1 avis, donnez le votre !

La Couronne des Ombres est le troisième tome relié d’un comic que j’avais commencé et beaucoup aimé en 2011, Locke & Key. Traduit et publié par Milady Graphics, il est scénarisé par l’écrivain d‘horreur Joe Hill, dont j’avais beaucoup apprécié Le Costume du Mort, et dessiné par Gabriel Rodriguez. Avec une volonté affichée d’être inspiré par Lovecraft, le premier tome s’appelant Bienvenue à Lovecraft, la série m’avait bien forte impression. Pour un synopsis, reportez vous à ma chronique du premier tome.

La Couronne des Ombres, Locke & Key Tome 3, de Hill et Rodriguez

Beaucoup de temps s’est écoulé depuis ma lecture du tome 2, que j’ai oublié de chroniqué par ailleurs, mais bon, il était temps que je reparle un peu de cette superbe série, d’autant que c’est Masse Critique qui m’a envoyé ce tome ci. L’histoire est complexe et mêle de nombreux personnages sur des timelines différentes. Enfin, on ne suit qu’un fil de temps dans ce tome ci, mais les références à d’autres époques sont claires et il faut donc s’en rappeler.

J’ai évidement eu du mal à me souvenir de tous les détails dans un premier temps, mais ça revient très vite. On se souvient petit à petit et surtout, c’est le malaise général de la situation qui revient au galop. Car lire Locke & Key c’est avant tout ressentir ce malaise pesant, cette atmosphère lourde où l’on sait que la vie de nos héros va pouvoir basculer d’un moment à l’autre. Et La Couronne des Ombres met cet état de fait à son paroxysme tant chaque page tournée est presque une douleur. On a peur de voir basculer la situation et le Mal l’emporter.

La Couronne des Ombres, Locke & Key Tome 3, de Hill et Rodriguez

Car contrairement aux livres, ici, le Mal a un visage et on peut le voir œuvrer au vu et su du lecteur… Mais pas des personnages. Le voir les manipuler et faire ses cachoteries tranquillement, tandis que nous seuls sommes au courant de ses vrais motivations. C’est un sentiment vraiment fort et c’est aussi lui qui va nous pousser à tourner encore et encore les pages.

L’histoire et le côté Fantastique du roman sont quant à eux complètement géniaux. On apprend dans ce troisième tome beaucoup plus de choses sur les clefs -c’est dans le titre vous vous rappelez ?- et comment elles semblent marcher. Ces dernières y sont aussi beaucoup pour l’ambiance et le mystère qui entoure cette maison. La série se déroule presque toujours à huis clos, bien qu’on ait une petite sortie marine dans ce tome ci.

Locke and Key

La fin du tome présente une explication des différentes clefs connues

Les dessins de Gabriel Rodriguez par contre ne font clairement pas partie de mes préférés. Le trait est vraiment fort et abrupte, mais quelque chose m’y gène et il manque un certain côté esthétique. Si on compare avec un American Vampire on voit tout de suite que le côté graphique manque de personnalité pour sortir du lot, et c’est bien dommage. C’est peut être aussi ce qui m’a coupé un peu dans mon élan de lecture, bien que le tome 3 n’était pas sorti à l’époque.

La Couronne des Ombres, Locke & Key Tome 3, de Hill et RodriguezAu final, La Couronne des Ombres m’a clairement redonné envie de me mettre à Locke & Key. L’aspect horrifique et la pression permanente sur la narration sont tout bonnement géniaux. Chaque page est une crainte de voir le pire arriver, et Joe Hill joue très bien avec la clef de nos nerfs.

Par contre, je ne peux laisser cette chronique sans attribuer un carton rouge à Milady Graphics qui a imprimé directement sur la couverture un logo montrant que le comic a remporté le prix Will Eisner. Le pire c’est que cette série n’est pas la seule concernée. Une honte.


Grifter de Nathan Edmonson et Rob Liefield

Récit d'un beau gachis du New 52 de DC Comics

illman dans Comic, Critiques, Livres le 14 mai 2013, avec 3 commentaires
Critiques

Grifter a fait partie des séries qui ont commencé le New 52 de l’univers DC Comics. La série aura duré de septembre 2011 à janvier 2013 pour un total de 17 issues. Cette série n’est pour le moment pas publiée en France, alors pourquoi est-ce que j’en parles ? Tout simplement parce que j’ai découvert Comixology, un site qui permet de manière légale d’acheter des comics paru aux États-Unis en édition numérique sans restriction territoriale. La série aura connu 3 scénariste et 3 dessinateurs différents avant de finalement s’interrompre faute de ventes satisfaisante. Pour une trentaine de dollars il est possible d’acquérir toute la série. Autopsie du cadavre.

Grifter

Qui est Grifter ? Il a été créé sous la plume de Jim Lee en 1992 avec la série WildCATS et faisait partie du roster de l’éditeur Wildstorm, qui a été racheté à la fin des années 90 par DC Comics et disparu aujourd’hui. Bref, Cole Cash est un ancien membre des forces spéciales qui par la force des choses est devenu un arnaqueur de talent. Mais voilà, alors qu’il sort d’une affaire louche, il est kidnappé par des aliens, les daemonites, qui tentent de prendre possession de son corps pendant 17 jours avant qu’il ne puissent s’échapper et se rendes compte qu’il a acquis certaines capacités de télékinésie et de télépathie avec ces aliens. Dans sa fuite, il tuera des humains possédés dans un avion, ce qui fera de lui, l’homme le plus recherché de l’univers.

Si vous ne le savez pas, on découpe généralement les comics par « run » c’est à dire des arcs d’histoire parus sous l’égide du même scénariste. Pour Grifter, on peut en identifier 2 conséquentes, celle de Nathan Edmonson et celle de Rob Liefield.

Run de Nathan Edmonson (Grifter #1-#8)

Grifter #9J’ai été gentil avec le synopsis parce que c’est loin d’être aussi clair dans le comics. La narration est loin d’être un point fort de la série, on galère un petit peu à comprendre le point de départ et il manque sans doute un peu de background, mais une fois lancé dans l’action, ça se laisse suivre. Car au delà du 3ème numéro, c’est une débauche d’action qui attend le lecteur avec le fil conducteur de la fuite en avant de Cole, et le tout restera cohérent jusqu’au #7. Pour son dernier numéro, Edmonson tente sans doute de relancer les ventes en partant sur un arc qui malheureusement est trop différent du précédent, il démarre sur une ellipse narrative difficilement justifiable dans la continuité.

Cafu gère le dessin sur les 3 premiers numéros et fait un travail remarquable. Le dessin est fin et c’est découpé plutôt élégamment. Ce qui ne sera pas forcément le cas de son successeur au crayon, Scott Clark. Ce dernier est clairement un cran en dessous de Cafu en terme de qualité de dessin. Ses planches sont moins impressionnantes, même si ses covers sont de qualité (celle du #16 est vraiment belle), et son découpage est vraiment trop classique pour se montrer intéressante.

Run de Rob Liefield (Grifter #9-#14 et #0)

Grifter #10Le très controversé Rob Liefield va prendre les rênes de la série pour l’emmener dans les tréfonds de l’enfer, alors même qu’il était censé redresser les ventes. Scénario sans queue ni tête avec un lien quasi inexistant avec la run précédente, il va mettre son talent WTFesque à contribution pour rendre la série ridicule (excepté pour son #0 où on sent un effort de scénario). Il va mettre en scène des dialogues idiots ou fier à bras, il fera jaillir des personnages secondaires de nulle part, la totale quoi.

Ça part donc dans tous les sens, on n’arrive pas à suivre le délire et l’on se demande s’il y a vraiment un lien entre certains numéros vu que la narration est décousue au possible. Le pompon est atteint dans le numéro Midnighter in Paris qui malgré sa description et le titre se paye le luxe de n’avoir aucune case qui se passe à Paris. Bref à la fin de son passage on contemple une zone sinistrée à laquelle on ne comprends plus rien. Mais ça aurait pu être pire, il aurait pu se charger du dessin (bon il s’est contenté d’insulter le dessinateur en charge apparemment)…

Marat Mychaels au dessin et Frank Tieri pour le scénario accompagneront le condamné pour ses deux derniers numéros, avant qu’il ne rende l’âme. Lors de cette mort programmée ils vont lui donner une fin ouverte qui permettra peut être de redémarrer un jour sur plus de cohérence.

Grifter #14

Grifter était pourtant prometteur, le début d’intrigue était un peu mal amené et expliqué mais il y avait du potentiel. Malheureusement les ventes ne suivant pas, les tentatives d’électrochocs en changeant la série d’orientation et de management n’auront servi qu’à précipiter sa mort. Bref un beau gâchis.


Tandis que le destin français de la série American Vampire était incertain suite au rachat des droits Vertigo par Urban Comics, ces derniers en ont profité pour commencer la publication du spinoff, American Vampire Legacy. Le premier tome, Sélection Naturelle, est sorti en avril 2012, un tome qu’il me fallait évidemment lire: comment résister au mélanges de la thématique nazi avec les qualités qu’impliquent la franchise et son scénarise Scott Snyder ? Vampires, nazis, si vous faisiez un bingo des mots qui buzz, American Vampire Legacy en serait sans doute premier, il ne manque guère que les zombies… Mais pourquoi bouder son plaisir ? Synopsis.

American Vampire Legacy Tome 1 de Scott Snyder et Sean Murphy

Felicia Book fait partie des agents de l’organisation secrète Les Vassaux de Vénus dont l’objectif n’est rien de moins que la lutte contre les vampires. Des vampires qui ont complètement infesté le monde des humains et que l’on retrouve à tous les niveaux. Lorsqu’ils ne sont pas aux postes clefs, ils sont suffisamment influents pour arriver tout de même à obtenir ce qu’ils veulent…

Sélection Naturelle, American Vampire Legacy Tome 1, de Snyder et MurphyJe n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler, puisque cela se passe dans l’univers d’American Vampire. On va suivre ici la jeune Felicia Book qui n’est autre qu’une des deux enquêteurs entre aperçu dans le deuxième tome, Le Diable du Désert. De par sa naissance assez trouble, elle a surtout certains pouvoirs particuliers qui en font un élément clef de son organisation. Son tempérament n’est pas ce qu’il y a de plus original, on pourrait même dire qu’elle convient bien au stéréotype de l’exclue qui se dévoue totalement à son travail.

Mais ça marche plutôt bien puisqu’on fini très vite par s’attacher à elle, une partie de la narration faite à la première personne aidant. Elle est loin de l’absence de charisme qu’on pouvait lui reprocher dans Le Diable du Désert.

Pour lui rendre la réplique, on retrouve un autre personnage du Diable du Désert, Cashel McCogan. Déjà connu du lectorat, il est beaucoup moins développé ici et reste assez stéréotypé.

Sélection Naturelle, American Vampire Legacy Tome 1, de Snyder et MurphyEn fait, cela ne gênera pas spécialement car l’histoire est une sorte de fuite en avant des deux personnages vers de lointaines contrées sous l’occupation nazie. On en parlait, et on a bien droit à ce mélange des thématiques, vampires et nazis. On se doute dès le début que les éminences du Reich n’ont rien trouvé de mieux que de faire une section spéciale vampires, ce genre de section particulièrement morbide faisant partie des standards du genre si je puis dire.

Là dessus, la série ne vise pas particulièrement l’originalité, et c’est plus par la mythologie des vampires mise en place que Scott Snyder tire son épingle du jeu. Largement entrevue dans la série principale, il continue de l’étoffer et il faut avouer qu’il est plutôt original, tout en faisant parfois penser aux Chroniques des Vampires d’Anne Rice.

Si c’est toujours Snyder aux commandes, on retrouve cette fois un autre dessinateur, Sean Murphy qui signe l’ensemble des dessins du volume, couvertures comprises. Il garde une touche qui est plus ou moins similaire à celle de Rafael Albuquerque, il faut dire que son style est plutôt proche comme en témoigne un de ses autres ouvrages,Les dossiers de Hellblazer. Un style assez brut, trash, mais pas exactement le même que celui de la série principale. J’avoue préféré le coup de crayon d’Albuquerque mais on fait largement avec, ça reste superbe.

Au final, Sélection Naturelle est un spinoff plus que bon. L’histoire peut largement se suffire à elle même et ne nécessite pas particulièrement d’être familié avec American Vampire, ce qui est quand même un bon point. Sans spoiler cette dernière, c’est peut être l’occasion de la découvrir en attendant qu’Urban Comics en republie les tomes. C’est à priori prévu pour cet été, en attendant, le deuxième tome d’American Vampire Legacy sort en mai, et vous pouvez compter sur moi pour y être.


Le Trône de Fer, A Game Of Thrones Tome 1, de Abraham, Patterson et Martin

Premier tome de l'adaptation en roman graphique du Trône de Fer

dabYo dans Comic, Critiques, Livres le 27 novembre 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Avec des romans, un jeu de plateau, un jeu de rôles, du jeu vidéo, une série télévisée… Les supports sur lesquels la série de George R.R. Martin n’est pas présente se font de plus en plus rares et les comics n’en font désormais plus partie. A Game Of Thrones, The Graphic Novel est une adaptation de Daniel Abraham illustrée par Tommy Patterson et débutée fin 2011. Le premier tome vient tout juste d’être traduit et publié par les éditions Dargaud dans sa collection BD, bien que le format soit évidemment respecté. Y a t’il encore besoin de présenter la série ?

Le Trône de Fer, A Game Of Thrones Tome 1, de Abraham, Patterson et Martin

Avant tout, il faut savoir que la première compilation des comics a été publiée au début de l’année par l’américain Bantam au grand format, couverture cartonnée et avec près de 200 pages de couleurs. C’est celle que nous nous sommes procuré, au hasard, chez les anglais de Forbidden Planet. Je ne pourrais donc pas donner d’avis sur l’édition de Dargaud ou sa traduction, celle ci est sortie le 23 novembre alors que je finissais justement d’écrire cette chronique.

Ce premier tome commence avec une longue préface de l’auteur lui même, George R.R. Martin. Adepte de la conversation avec son lecteur, elle est plutôt très intéressante surtout si vous n’avez jamais jeté un œil à Dreamsongs. On y redécouvrira son amour pour les comics, bien connu, son action dans le fanzinat de l’époque, et une longue et pertinente tribune en la faveur des comic-books. Enfin, des Graphic Novel comme le veut le marketing d’aujourd’hui. A Game Of Thrones version roman graphique est exactement la même histoire que celles des romans ou encore de la série télévisée. Mais la façon de raconter l’histoire reste différente et dépendante de son support.

Et bien évidemment, on ne peut qu’être d’accord avec cette idée. Alors certes, cela fait un peu défonçage de portes ouvertes, mais c’est toujours bon de rappeler qu’il faut parfois altérer l’histoire pour en faire un scénario adapté au médium. C’est ce qu’aurait fait Daniel Abraham pour cette adaptation, bien que je ne l’ai pas spécialement remarqué dans ce premier volume. L’histoire est plutôt très fidèle à celle des romans et l’univers est bien planté, présent et toujours aussi détaillé.

La narration ressemble à peu près à celle des livres, avec plusieurs personnages et des changements fréquents de point de vue. Évidemment, changer l’axe de narration sur ce support n’a strictement rien à voir avec la littérature, puisque nous suivons toujours les mêmes personnages graphiquement parlant. Reste qu’on retrouve ce même mélange de première et de troisième personne, tant et si bien qu’on a vraiment l’impression de suivre un personnage donné dans le comic. C’est d’autant plus marquant lorsqu’on voit par exemple Jon parler avec un Tyrion. Ils sont certes sur la même scène, nous suivons bien les deux personnages, mais on sent clairement sur qui la narration est centrée. C’est particulièrement plaisant.

Le dessin est signé Tommy Patterson et il faut avouer qu’il est plutôt bon. Les personnages sont bien détaillés et leurs expressions faciales très expressives et compréhensives. Alors certes le style n’est franchement pas original, ça ressemble à de très nombreuses autres références du genre. A mon avis, on ne verrait sans doute pas de différence avec les dessins de l’adaptation de L’Assassin Royal par exemple. Mais ça fait largement l’affaire, avec parfois des décors plutôt très détaillés. Les couleurs d’Ivan Nunes sont superbes, très computer art certes, mais quand même superbes et cela donne vraiment une certaine classe aux personnages. On regrettera peut être tout de même que les personnages soient parfois assez statiques.

A Game Of Thrones The Graphic Novel Volume One

La version originale, plutôt très jolie

Si jusqu’alors il n’y a que des bons points et de quoi ravir quiconque n’a jamais mis les pieds dans la série de George R.R. Martin, qu’en est il pour les autres? En vrai fan, la question ne se pose que rarement et on y répondra l’affirmative rien que pour le plaisir de voir l’univers du Trône de Fer illustré. Reste que le sentiment global que l’on ressent en lisant cette œuvre diffère un peu de celle du roman ou des séries. J’ai trouvé l’histoire un peu moins brutale, un peu moins crue, comme si le côté lisse du dessin empêché de bien ressentir la crasse de Westeros. C’est difficilement explicable, mais le mot aseptisé m’est tout de suite venu à l’esprit.

Le Trône de Fer, A Game Of Thrones Tome 1, de Abraham, Patterson et MartinA noter que ce premier tome chez Dargaud est bien plus abordable que la version originale, mais semble être limité à l’histoire principale. La version que j’ai pu lire est bien plus complète, avec près de 200 pages contenant notamment de nombreux bonus: premiers sketchs des personnages, explications des auteurs sur le design des personnages et des mises en scène. Dommage que ces bonus n’aient pas été conservés. D’après les images présentes sur le site de la Fnac, la préface est bien de la partie.

Ce premier tome du comic A Game of Thrones est cependant d’une très bonne facture et devrait combler la majorité des lecteurs. Si vous n’avez pas lu les romans et vous êtes contenté de la série Game Of Thrones, il est peut être le moment de sauter le cap. Et si l’univers vous plait, ce sera là une bonne occasion de re-parcourir les terres de Westeros. J’attends de pied ferme le tome 2. Les premières pages sont lisibles par ici.


The Absolute Death de Neil Gaiman

Serafina dans Comic, Critiques, Livres le 24 novembre 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Le monde du comic, je connais assez peu. J’ai surtout lu des oneshot, et pas des trucs de super héros. Aimant beaucoup Neil Gaiman et ayant adoré son Black Orchid qui se déroulait dans l’univers sombre de Batman, j’étais tentée. Par Sandman évidemment, mais l’ampleur du truc me faisait un peu peur, alors je me suis tournée vers un recueil d’un des personnages de la série : Death. Je ne la connaissais pas trop, à part de réputation. The Absolute Death en est une compilation publiée par Vertigo.

The Absolute Death de Neil Gaiman

Il compile en effet deux histoires intégrales en plusieurs chapitres : The High Cost of Living et The Time of your Life, ainsi que des petites histoires de 3 à 8 pages et des numéros de Sandman où elle apparaît. Le tout en version hardcover avec à la fin une galerie d’illustrations de Death faites par différents artistes.

Comme vous vous en doutez, Death, c’est la personnification anthropomorphique de la Mort, et cette fois ci, il n’est pas de genre masculin. C’est une jeune goth, plutôt joviale, compatissante, bienveillante, avec un coté assez maternel. On m’avait dit beaucoup de bien du personnage, mais j’étais un peu sceptique. Et pourtant. Je me suis très vite prise d’affection pour elle. Le contraste entre sa personnalité et sa fonction est saisissant et la rend terriblement attachante.

Sandman et Death

Les histoires sont assez inégales que ça soit au niveau des thèmes ou des dessins. En effet, il y a eu plusieurs dessinateurs, et dans l’ensemble je dirais que ce n’est pas forcément un recueil où les dessins et les couleurs sont belles. Ça se lit, c’est assez fluide, les cadrages sont logiques mais ce n’est pas « beau » pour autant. Death n’est pas toujours jolie (des fois son visage est vraiment douteux) mais, heureusement, le charisme qui se dégage d’elle fait oublier tous ces détails. Je dois dire que je ne pense pas avoir totalement compris les numéros de Sandman. La mythologie de la série (les Endless, Dream, etc) ne sont pas rappelés et on se sent un peu largué par moment.

Heureusement les deux grandes histoires en trois chapitre chacun sont elles totalement indépendantes et donc très plaisantes à lire. Les deux sont liées. La première part sur la base que régulièrement (chaque siècle il me semble) , la Mort prend un jour de congé et vit, vraiment. Pour mieux comprendre ce qu’elle ôte. Elle se lie d’amitié avec un jeune ado et assiste au premier concert d’une jeune chanteuse. J’ai apprécié les personnages avant tout. Death y est espiègle et tellement attachante.

Death de Neil Gaiman

La deuxième se centre plus sur une artiste obligée de rester au placard, Death y joue un rôle assez secondaire, mais le récit est extrêmement poignant, et en trois chapitres, Gaiman crée des personnages extrêmement attachants qui m’ont vraiment touchés. Cette nouvelle là vaut carrément le coup et c’est ma préférée.

Des petites histoires indépendantes, A winter’s tale se démarque particulièrement, par sa patte graphique. Un coté trad’, très fluide, presque à l’aquarelle rend l’histoire magnifique et totalement onirique. La dernière petite histoire n’est autre qu’une BD de sensibilisation contre le SIDA, où Death est aidée d’une banane.



C’est un recueil que j’ai acheté en version originale, et à l’heure de cet article il n’existe pas encore de traduction en l’état sur le marché français. Avec la reprise de Sandman et des différentes franchises Vertigo par Urban Comics, cela devrait se faire sous peu. En attendant, les deux principales histoires existent aussi chez Panini Comics en livres indépendants, Death: La vie… à quel prix! et Death: Temps fort de la vie. Mais vu la rareté des deux et la qualité de la traduction, autant attendre une réédition complète et retravaillée.

The Absolute Death de Neil GaimanThe Absolute Death est donc un recueil qui vaut surtout pour les deux histoires en trois chapitres ainsi que les petits interludes indépendants. Ils permettent au novice d’avoir une première vision de l’univers de Sandman et de découvrir ce personnage charismatique qu’est Death. Certaines histoires de cet univers sont peut être un peu plus dures d’accès au néophyte mais ça n’entame en aucun cas la qualité de ce recueil. J’ai réellement été charmée par Death, et par les deux histoires principales. C’est vraiment un personnage qui m’a plu et je comprends pourquoi elle est souvent nommée dans les meilleurs personnages de comics de tous les temps.


Après avoir été plus que conquis par le premier tome d’American Vampire, j’avais très hâte d’en lire la suite. Mais pour des raisons qui m’échappent, avec entre autres un commentaire assez négatif de vampirisme, j’ai mis de nombreux mois à m’y lancer. Alors, ce premier tome est il simplement l’exception ou la règle? Un synopsis qui va éviter les spoils bien entendu. Vous pouvez lire la critique du premier tome pour le contexte général.

American Vampire Tome 2 Le Diable du Desert Couverture

1936, Las Vegas. Cash McCogan est le chef de la police locale dans une ville où tout court à sa perte depuis le début des travaux. Et quels travaux ! Le plus grand chantier des États-Unis a pris place dans la ville pour ériger un gigantesque barrage. Et avec lui est bien évidemment arrivé les ennuis, la corruption et les ouvriers qui n’ont rien de mieux que les bars et les bordels. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg, car les vampires ne sont pas bien loin… Et les vampires américains non plus.

Encore une fois, nous allons suivre plusieurs histoires qui s’entre-mêlent. D’un côté, Las Vegas et notre chef de police Cash McCogan qui a tout d’une personne banale. Fils du shérif, il a repris son poste et tente tant bien que mal de combattre le crime et faire régner l’ordre malgré une population qui a énormément augmenté. Vous vous en doutez, les affaires vont prendre en ampleur et on va très vite se retrouver avec des vampires, l’Amérique en étant infestée.

Cash McCogan American Vampire Tome 2

Le diable du désert est très intéressant au niveau de la découverte de l’univers, car l’enquête de Cash McCogan va nous faire découvrir des forces en présence dont on ignorait tout. La vie des vampires n’est en effet pas complètement libre et une grande guerre a lieu depuis de nombreuses années. Je vous rassure, il n’y a pas de loups garou, et bien que cette guerre ne soit pas complètement originale, c’est relativement bien amené. Cela met aussi et surtout en avant les conflits entre les différentes races de vampires. Les européens ne voyant évidemment pas d’un bon œil la nouvelle lignée de Skinner Sweet.

Le second point de vue, en dehors du temps, est celui d’un personnage que l’on a rencontré dans Sang Neuf, Pearl Jones. Ce point de vue n’a vraiment aucun rapport avec le premier, bien qu’on soit plus ou moins dans la même temporalité. Surprenant au début, c’est peut être aussi la partie la plus réussie. Snyder y dépeint une narration à la quasi première personne qui évoque nostalgie et tristesse. C’est franchement percutant et bien réussi, ça m’a plus que convaincu et cela donne une autre dimension à la série. Un très beau coup.

Peal Jones American Vampire Tome 2

American Vampire reste un comic cruel et sanglant, et l’hémoglobine coule une fois de plus à flot. Nos vampires sont des sans cœur, ne se soucient pas des victimes collatérales et sont bien souvent génialement sadiques. L’ambiance aperçue sur le premier tome est entière et on conserve vraiment ce sentiment d’impunité complète pour le crime. Le schéma où les héros sont maltraités est plus ou moins conservé avec succès, ce qui est tout aussi délicieux.

American Vampire Tome 2 Le Diable du Desert CouvertureTout cela est bien évidemment en grande partie dû au travail de Rafael Albuquerque dont le coup de crayon est toujours aussi génial. Pour ce second tome, il a collaboré avec un autre talent, Mateus Santolouco, et on retrouve encore Dave McCaig aux couleurs. Alors certes, le design de certains personnages prête à la confusion, tant c’est inhabituel voire inhumain. Mais ça fait le charme de la série et améliore l’ambiance.

En bref, si vous n’avez pas encore commencé American Vampire, il est plus que temps de se jeter dessus. Les qualités sont plus qu’au rendez-vous, et c’est un sans faute. Ce mélange de Western et d’Horreur à la sauce vampirique est tout simplement génial et mérite d’être lu. L’ambiance et l’histoire sont géniales, et on en redemande dès la fin de ce second tome… C’est peut être là le seul problème, puisqu’il est quasiment certain que Panini ne pourra pas sortir le troisième tome, et qu’il faudra attendre qu’Urban Comics en reprenne l’édition. Vu la qualité, c’est une question de mois.

 


Les dossiers de Hellblazer: Mauvais sang est une mini-série d’Hellbazer dont le nom original est City of Demons. Sorti à l’origine en 2010 chez Vertigo, filiale de l’éditeur DC Comics, c’est aujourd’hui le tout nouveau Urban Comics qui s’occupe de nous proposer cette œuvre en français et en édition relié, avec une traduction de Philippe Touboul. Spencer est au scénario et Murphy est au dessin, le tout est mis en couleur par Dave Stewart. Sans doute plus connu chez nous grâce à l’adaptation cinéma pas très inspirée et titrée Constantine, je me demandais ce que cette série pouvait bien valoir en comics, c’est parti pour le synopsis.

Les dossiers de Hellblazer: Mauvais sang de Si Spencer et Sean Murphy

Alors qu’il fume tranquillement une clope devant son pub préféré, John Constantine est pris à parti par deux voyous dont il ne tarde pas à calmer les ardeurs avec ses pouvoirs. Pas de bol pour lui, il se fait faucher par une voiture quelques secondes après. Et à l’hôpital des médecins véreux ne vont pas tarder à s’apercevoir des propriétés de son sang mi-démoniaque, et donc à vouloir s’en servir d’arme biologique. Ne lui reste plus qu’à démêler cette pelote de problèmes pour aller finir sa bière au pub.

L’histoire est plutôt bien racontée, amenant son lot d’occultisme à une intrigue finalement assez simple à comprendre même si certains passages pourront échapper au lecteur la première fois. Le rythme est relevé, baladant le lecteur derrière Constantine et ses « enfants ». On regrettera un passage un peu longuet dans un bus londonien qui n’apporte pas grand chose au récit, si ce n’est de légères critiques de société et son lot de violence et d’hémoglobine. De ce coté là par contre on sera servi avec du sang qui coule à flot, par galons entiers. Torture, mutilation, j’en passe et pas des meilleurs, ce n’est bien évidemment pas à mettre en les mains des plus jeunes. Là où c’est fort et bien réalisé, c’est que je n’ai jamais trouvé que c’était excessif dans le récit.

Les dossiers de Hellblazer: Mauvais sang de Si Spencer et Sean Murphy

Bon si on parlait d’un des aspects les plus important, le dessin. C’est le domaine où le bât blesse, le style de Sean Murphy ne plaira pas à tout le monde et même si moi j’adore, je conçois aisément qu’il en rebutera plus d’un. Le trait est sec, un peu anguleux par moment, mais c’est un trait de qualité que nous sort Murphy sur ce comic. Un des aspects qui est particulièrement travaillé concerne les regards des différents personnages, le bonhomme maîtrise pour nous faire porter notre attention sur les yeux.

Pour les couleurs, on reste toujours dans des teintes très sombres pour coller à l’ambiance. Le découpage des cases est audacieux et ajoute au dynamisme de l’action, comme cette double page dessinée dans le sens de la longueur et où l’on trouve la fabuleuse réplique « Je vais vous niquer avec un bout de craie ». Par contre je dois avouer que la couverture n’est pas très engageante et c’est un peu le cas de celles de chacun des numéros compilés, à part celle du #3 qui aurait méritée d’être sélectionnée pour le relié à mon goût.



Le personnage de Constantine est particulièrement savoureux, cynique et totalement amoral. J’en ferais une icône punk si l’on me demandais mon avis. Le nez pointu, la clope au bec et avec une veste en cuir d’un très bon genre, il crapahutera dans Londres en transpirant une classe digne du bad boy qu’il est. Le personnage pourra paraître révoltant par son attitude mais il a une démarche tellement logique et réaliste qu’on peut difficilement lui en vouloir

Les dossiers de Hellblazer: Mauvais sang de Si Spencer et Sean MurphyCoté édition, on ne regrettera pas qu’Urban Comics ait pris les rênes pour les parutions DC et Vertigo, leur travail est plutôt remarquable. On y trouve notamment une préface qui va nous resituer le personnages dans la galaxie de l’éditeur, de sa création sous l’égide d’Alan Moore, le papa de The Watchmen, et tout au long du parcours qui l’ont mené à ce City of Demons. C’est plutôt agréable lorsque que l’on est loin d’être un geek du comic book d’avoir une mise en situation.

Au final, cet épisode des Dossiers de Hellblazer fait bien plus que combler mes attentes de divertissement. Le dessin est plaisant, l’intrigue plutôt bien foutue. Il ne va plus me rester à attendre qu’une seule chose, qu’Urban Comics nous sortent d’autres tomes des aventures de ce dépravé de Constantine.


Collection DC Renaissance d’Urban Comics

Une drogue à base de super-héros

illman dans Comic, Critiques, Livres le 17 juillet 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Un tremblement a secoué l’épine dorsale du comics en France en 2011. Panini se voyait déposséder de l’exploitation sur le territoire français du catalogue d’un des éditeurs américains majeurs, DC Comics. Pour ceux à qui cela ne dit absolument rien, les icônes de l’éditeur ne sont autres que Batman, Superman ou encore Green Lantern. L’heureux acheteur n’est autre que Dargaud, qui créera pour l’occasion son label comics, Urban Comics pour lancer son offensive éditoriale sur la France dès janvier 2012, en kiosque ainsi qu’en librairie.

DC Renaissance

Cette acquisition n’est pas fortuite, elle se cale avec un des évènements majeurs de la continuité de l’univers DC, The New 52.Cet évènement est en quelque sorte une renaissance pour 52 séries de DC Comics, allant du reboot total à de petites modifications de la continuité. Ce que l’on appelle The New 52 a démarré fin mai chez nous au sein de la collection DC Renaissance, avec un prologue de trois numéros, Flashpoint.

Flashpoint : La nouvelle crise

L’univers DC est régulièrement ébranlé de crises majeures dans son multivers, permettant d’introduire de nouveaux éléments à l’univers et de renouveler un peu le lectorat. La dernière en date est Flashpoint qui a comme personnage principal Le Flash. Paru en kiosque de mars à mai, l’histoire va nous plonger dans les évènements qui vont modifier l’univers en profondeur. Première découverte pour moi, le personnage de Flash, j’avais des a-priori pas folichons sur le personnage, en quoi ce personnage qui court vite pouvait-il bien être intéressant ? J’avais tort de le sous-estimer, la cosmogonie lui ayant donné des attributs et une personnalité plutôt intéressants.

DC Comics Flashpoint

On retrouve au scénario l’illustre Geoff Johns, qui oeuvre notamment sur Green Lantern et Superman en ce moment. Pour résumer Flashpoint, Barry Allen, connu comme le Flash, se retrouve dans une réalité où il n’a plus de pouvoir, où plus rien n’est comme il l’a connu et où ses souvenirs de l’ancienne continuité sont remplacé par ceux de celle-ci. Il va devoir se trouver des alliés et retrouver ses pouvoirs pour pouvoir remettre de l’ordre dans ce bazar cosmique déplaisant.

Ces trois volumes contiennent également les mini-séries, Batman, Knight of Vengeance et Project Superman qui sont d’excellentes mini-séries se déroulant dans l’univers alternatif de Flashpoint. Malheureusement pour ceux qui l’aurait loupé en kiosque, une sortie en relié n’est pas pour l’instant prévu pour cette saga, mais cela m’étonnerait que Urban ne s’en occupe pas dans un avenir proche.

The New 52 et DC Renaissance

Les évènements de Flashpoint ont chamboulé l’univers DC. Ce sont 52 revues qui commencent ou repartent du numéro 1. Toutes n’arriveront pas en France et certaines ont déjà été annulés et remplacées outre-atlantique depuis le lancement fin 2011, le tout est reparti en diverses franchises. Si vous êtes un grand curieux et voulez tout savoir de ces sorties chez nos voisins US, vous pouvez consulter le dossier afférant à la question sur MDCU.

C’est donc fin mai qu’Urban Comics a lancé l’adaptation française, collection DC Renaissance, avec comme fer de lance ses sorties kiosque. On a droit à 3 magazines différents : DC Saga, Batman Saga et Green Lantern Saga qui couvrent 12 séries sur les 52 de cette renaissance.

1 – DC Saga

DC Saga Numero 1Ce magazine regroupe Justice League of America qui a été rebooté. Pour les novices, JLA est un regroupement des héros DC qui œuvrent pour la justice contre en général des menaces cosmiques. C’est donc l’association de héros comme Superman, Batman ou encore Wonder Woman pour ne citer que les plus connus qui vous attend ici. Le magazine fait aussi la part belle à la franchise Superman avec la série éponyme inscrite dans la continuité apparemment avec des modifications des relations entre les personnages.

Supergirl pointe aussi le bout de son nez et c’est un reboot qui s’annoncent dans les aventures de la jeunes Kara, cousine de Superman, le dessin  est franchement superbe pour ce premier arc et on attend la suite avec impatience. La dernière série du mensuel se trouve être le personnage que je mésestimais totalement, The Flash. On fait face directement aux conséquences de Flashpoint dans cette série appuyée par un dessin et une colorisation qui donnent un cachet chaleureux à ce mensuel.

2 – Batman Saga

Batman Saga Numero 1Mon magazine chouchou, avec le héros qui m’a amené chez DC, Batman en est l’attraction principale de trois des quatre sérials de la parution. Batman embraye direct avec un arc d’excellente qualité, que ce soit pour le dessin ou scénaristiquement. Mené par Scott Snyder et Greg Capullo, la menace de La cour des Hiboux tient en haleine, une seule chose à dire, vivement la suite.

Detective Comics laisse quant à lui augurer du tout bon sous l’égide de Tony Daniel avec un Joker toujours plus fou et avec un Batman toujours aussi classe, le dessin étant de qualité. Batman et Robin s’attaque à la relation difficile entre Batman et son Robin actuel, son propre fils Damian. En deçà des deux autres, le titre reste quand même de qualité.

Le magazine est clôt par Batgirl, qui fait se relever Oracle de son fauteuil roulant pour qu’elle renfile son costume. Le pitch de départ est un peu invraisemblable avec cette guérison miracle, à voir si l’histoire tient la route par la suite, le premier chapitre ne m’ayant pas convaincu.

3 – Green Lantern Saga

Pas grand chose à dire sur cette parution vu que je ne la suis pas. A noter toutefois que l’intégralité des séries de la franchise Green Lantern, au nombre de quatre, est ici présente.

L’offensive en librairie

Urban Comics ne se limite pas à ses magazines pour promouvoir sa collection Renaissance. Des éditions reliée ont aussi rejoint les rayons des librairies. On trouve d’abord les parutions des têtes de gondoles de chaque magazine, JLA, Batman et Green Lantern. Ces parutions regroupent les 7 premiers chapitres de ces sérials. Mais l’éditeur propose une couverture plus grande du catalogue et a déjà publié ou annoncé les séries suivantes : Batman Le chevalier Noir, Action Comics, Aquaman, Wonder Woman, Catwoman ou encore Batwoman pour ce qui concerne les héros tirés de franchise disons mainstream. Plus marginalement et pour le plus grand plaisir des fans, les reliés des séries plus underground Animal Man et The Swamp Thing viennent d’être annoncés pour octobre dans nos librairies préférées.

Green Lantern, Tome 1: Sinestro, de Geoff Johns

J’ai mis la main sur le Batman et le Green Lantern et c’est du tout bon, avec des petits bonus pour compléter, comme des croquis, des storyboard et les traditionnelles couvertures alternatives.

Une chose est sûre, il y a du bon dans ce cru du New 52 et Urban Comics va faire ce qu’il peut pour nous en apporter le meilleur. Ils sont bien parti au vu de ces trois derniers mois.


Supergod est le dernier volet du triptyque sur les surhommes de Waren Ellis, dont j’ai déjà chroniqué les deux autres volets, Black Summer et No Hero. Cette fois-ci point de Juan Jose Ryp au dessin, mais Garrie Gastonny que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. D’un autre coté j’ai entendu beaucoup de bien de ce volume, est-ce que mes attentes de passer un bon moment comme à chaque fois avec Ellis à la plume seront encore récompensée ? Direction le synopsis pour un premier élément de réponse.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

L’homme et la science ne font pas forcément bon ménage, surtout lorsque ces derniers cherchent à se rassurer avec un dieu voire à s’en créer un avec tout les moyens possibles. Malheureusement cela ne se passe jamais comme on le prévoit et tout va déraper et devenir hors de contrôle. Les surhommes ne suivent que leur propre ligne de conduite et vont lâcher l’enfer sur Terre. Simon Reddin, un scientifique britannique va nous conter le cheminement de l’humanité le long de la route qui mène vers l’apocalypse.

Franchement l’histoire de Supergod est excellente et Ellis s’est fait plaisir à mettre en scène notre destruction. Sans trop en révéler il a eu quelques idées bien intéressantes et surprenantes, même si bon il y a quand même un peu de déjà-vu. Une chose est sûr, le terreau était fertile pour nous pondre des passages bien glauques avec une narration plutôt sympathique. Car le seul personnage « humain » que l’on va identifier et aussi le narrateur de l’histoire, Reddin, va nous raconter comment l’humanité en est arrivé là tout au long d’une conversation téléphonique avec un collègue scientifique américain. On va donc écouter cet homme étrange assis au bord d’une Tamise en feu, qui nous révèle les évènements tel qu’il les aura perçu, par la presse, ses contacts et les services secrets. J’ai trouvé l’approche plutôt sympathique, camouflant élégamment ce qui, en extrayant tout ces artifices, est quasiment un monologue.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

Au rayon de la thématique, le mix Science – Religion, pourtant carrément assumé par la couverture, est plutôt peu développé, c’est à la fois dommage et pas plus mal, l’idée ayant déjà était usée jusqu’à la corde ailleurs. Les surhommes sont bien sûr toujours au centre du débat et les élever au rang de déité est par contre  plutôt original. En plus, ces méta-humains ont tous des particularités bien différentes et on a jamais l’impression d’être devant des ersatz de chez  Marvel ou DC. Cela révèle aussi un fort penchant des états pour la course à l’armement qui est tout à fait dérangeant, surtout si l’on compare ces surhommes à des armes atomiques et que l’on transpose, avec un peu trop de facilité, à notre monde moderne.

Ryp me manque un peu, non pas que Gastonny ne soit pas à la hauteur mais certains aspects de son art me laisse perplexe. Je trouve qu’il se lâche beaucoup trop sur les ombres, même si ça peut influer sur le coté glauque de l’histoire, et que du coup c’est plutôt en phase avec le thème. Il y a un autre domaine où le sieur se débrouille, c’est le gore et vu l’intrigue ça va saigner sec. Vous voulez voir un Chtulhu constitué de morceaux d’humains, des monceaux de cadavre et des explosions à gogo ? Vous allez être servi, une apocalypse sans ces éléments, ce ne serai pas une apocalypse. Après, certains choix de couleurs me laissent un peu de marbre, mais bon ce n’est pas du fait de Gastonny, en tout cas pas totalement, la colorisation ayant échue à Digikore Studios.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

La publication de Milady Graphics n’a toujours pas à rougir face à ses voisines dans ma bibliothèque, couverture glacée et pages bien collées. Ce point peut paraître anodin mais les comics ont une plutôt bon taux de relecture et quand je vois mes Batman de chez Panini Comics qui coûtaient bien cher et dont les pages se barrent pour certains, c’est un détail sur lequel je fais attention maintenant. Par contre, détail agaçant sur la continuité de la série, l’éditeur a changé la tête de son logo de tranche entre No Hero et ce Supergod, je ne trouve pas ça très classe.

Malgré quelques défauts, Supergod se révèle être un très bon comics avec de sérieux atouts dans sa manche. Je vous le conseille tout autant que les autres œuvres où Ellis est impliqué. Et puis, si vous cherchez une alternative aux histoires de super-héros des gros éditeurs, son triptyque comblera surement vos attentes. Vous pouvez relire mes chroniques des deux autres, Black Summer et No Hero, aux éditions Milady Graphics eux aussi.