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Chaos Bestial était le premier tome de Pandamonia, une série BD éditée par Drugstore dont le dessin et les couleurs m’avaient complètement bluffé. Le deuxième tome, nommé A l’Aubre d’un Nouveau Monde, vient tout juste de sortir, j’en ai donc profité pour donner une seconde chance à la série. Pour rappel, il s’agit d’une histoire dans laquelle nous suivons une héroïne humanoïde-panda… Qui vit dans un monde futuriste où les humains se sont injecté de l’ADN d’animal pour retrouver leur libido. Oui oui, vous avez bien lu. N’hésitez pas à lire ma chronique du premier tome pour un synopsis plus détaillé.

L'Aube d'Un Nouveau Monde, Pandamonia Tome 2, de Ecuba, Lauria et Cucca

La première chose qui ressort de ce deuxième tome, c’est que les scénaristes ont enfin décidé de nous montrer pourquoi ils avaient besoin d’être deux… Bon, ça veut pas dire que le scénario est bien hein, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Cependant, il est beaucoup plus présent et mis en avant que dans Chaos Bestial. On y découvre donc des histoires sur plusieurs niveaux, le tout se complexifie et donne quelques explications sur des personnages que l’on n’avait pas du tout cerné dans le précédent tome.

Pandamonia Tome 2 Cover Aube Nouveau Monde de Ecuba Lauria CuccaCela vient compléter les zones d’ombres que j’avais souligné et explique les liens entre les personnages. Là dessus, j’avoue avoir été surpris, même si l’idée de base et les différents coups du sort sont tout sauf originaux.

Mais ça ne change pas les problèmes de stéréotypes: quand on part avec une élue qui doit sauver l’humanité mais qui n’est au courant de rien, des grandes entreprises sans aucun scrupule qui martyrisent les gens et des rebelles au grand cœur proches des anars, on ne peut pas être bien crédible. Cependant, on peut aller plus loin. On peut y rajouter une église qui veut profiter de l’occasion pour asservir l’humanité ! Eh oui,  Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba n’ont peur de rien. Mais bon, au moins, c’est un peu plus clair et compréhensible que dans le tome précédent.

Le problème, c’est que la narration du tout est vraiment très chaotique. Comme les scénaristes ont laissé le scénario de côté dans le premier tome, il y avait fort à faire. Du coup, on se retrouve avec plusieurs planches d’affilée qui ne servent qu’à l’explication, avec de longs dialogues dans d’énormes bulles inintéressantes et difficiles à assimiler. On est face à un flot de texte et on a qu’une envie: que ça s’arrête. D’autant qu’il a lieu avec des personnages que l’on avait jamais vu, dans des endroits pas forcément passionnants et complètement statiques. Un laboratoire avec les mêmes décors sur plusieurs pages, ou un sous marin. Bref, pas la panacée.

Pandamonia Tome 2 Planche Aube Nouveau Monde de Ecuba Lauria Cucca

C’est d’autant plus dommage qu’encore une fois, les dessins de Vincenzo Cucca sont simplement superbes. Il y a bien entendu des cases dont le niveau est un peu plus bas que les autres, avec des personnages somme tout très banals, comme les rhinocéros. Mais la plupart des moments importants sont superbes. Notre héroïne, humanoïde-panda, est vraiment bien dessinée, jolie. Après, le ton est très érotique, et ce avec ou sans scène de sexe d’ailleurs. Les formes sont toujours mises en avant, les habits régulièrement déchirés, histoire de quoi.

L'Aube d'Un Nouveau Monde, Pandamonia Tome 2, de Ecuba, Lauria et CuccaAprès, ce qui est clair, c’est qu’on a encore et toujours notre dose de sexe ambiant. L’histoire ayant pris le pas sur l’action sur une bonne partie de ce tome, à n’importe quelle ouverture on nous balance notre dose: tournage d’un film porno, combat sadomaso, ou soumission par le viol, tout est une bonne excuse… Du coup, on a quand même l’impression qu’il y a une réelle fracture entre ces deux parties.

Bon et du coup, que faut il penser de ce second tome ? Bonne question. On est plus complètement sur la même optique de lecture. Alors que le précédent tome était vraiment léger, celui ci s’embourbe dans des explications qui prennent des pages et rendent la lecture difficile, limite barbante.

Quel dommage quand même, car les moments légers auraient bien réussis à me convaincre. Joli dessin, situations dynamiques, c’est agréable à feuilleter. Mais si je veux bien désactiver mon cerveau le temps d’une lecture, c’est ici impossible puisqu’on nous demande de suivre de longs dialogues qu’on pourrait qualifier de compliqués. Dommage…


Et vous, votre avis ?

Zombillénium est une série de BD française scénarisée, dessinée et colorée par Arthur de Pins. Son premier tome nommée Gretchen est la publication en grand volume de chapitres pré-publiés dans le magazine Spirou depuis 2009. J’en avais lu quelques chapitres à l’époque où Serafina y était encore abonnée, et je dois avouer que l’humour et les références m’avaient bien plu. J’ai décidé de sauter le cap à l’occasion de la sortie du second tome aux édition Dupuis. Synopsis.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Depuis plusieurs années maintenant, en pleine France profonde se dresse un parc à thème pas comme les autres, Zombillenium. Son fond de commerce, c’est de foutre la trouille à ses visiteurs. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que tout le monde n’entre pas dans la masse salariale du parc, car pour que Francis von Bloodt vous accepte, il va falloir montrer patte blanche. Enfin, ça dépend si vous êtes plutôt vampire, loup-garou, ou encore momie. Si vous connaissez les pas de danse des tubes de Michael Jackson, la direction veut bien fermer les yeux s’il vous manque un bras.

Ajoutez à ce synopsis loufoque un brin d’humour second degré bien senti et vous obtenez un cocktail très efficace pour nous fournir quelques scènes hilarantes. Et c’est justement ce que va faire l’auteur. La lecture de ce premier tome est avant tout un excellent moment où votre sourire ne va pas vous quitter, voir au pire, pour un petit rire. C’est vraiment une bouffée de bonne humeur à l’état pur, et je dois dire que j’ai été totalement convaincu. J’ai adoré les petites scènes à la con, grosses comme des camions mais qui marchent quand même, et le tout mêler à ces références que seules les campagnards peuvent comprendre. Et puis, Volcania quoi.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Ce premier tome est assez court, du coup, les personnages restent assez simples. Ils sont surtout là pour permettre les différents sketchs, mais quelque part, je dois avouer que ça ne m’a pas gêné. Difficile de ne pas fondre devant les zombies qui s’échinent à refaire des chorégraphies, ou encore devant le vampire von Bloodt. Gretch, qui semble être l’héroïne de la série est plutôt sympathique, son air blasé et enthousiaste à la fois étant rafraichissant. Elle partage ici le beau rôle avec Aurélien, nouveau venu au parc, personnage assez interchangeable mais pas désagréable pour autant.

Si l’humour et le scénario sont réussis, je dois avouer que l’identité visuelle du tout l’est tout autant. On est ici face à un dessin très moderne, il est entièrement fait à l’ordinateur à priori, et cela se ressent. Que ce soit dans les traits du dessin, très net autant dans les arrondis que dans les lignes, ou encore dans la coloration. Surtout dans la coloration même, puisque c’est plus proche des aplats que de ce qu’on retrouve dans les BD habituelles. C’est tout de même superbement bien fait, et le tout semble très léché. On pourra peut être juste reproché une absence quasi totale des décors, mais bon, l’ambiance reste tout de même très bonne.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Au final, ce premier tome de Zombillénium d’Arthur de Pins est une réelle réussite. La lecture est rapide et des plus agréables, et son seul réel défaut est qu’il se finisse vraiment trop vite. Bien entendu, il est aussi large que les autres, mais le tout est tellement réussi qu’on ne voit pas les pages défilées. Si les premières pages vous intéressent, c’est par ici. J’ai déjà acheté Ressources humaines, le deuxième tome, du coup.


Le Clos des Epices est le premier tome de LoRd oF Burger, une série de BD publiée par Glenat début 2010. Son style graphique m’a tout de suite accroché, et pour cause, puisqu’on retrouve derrière le dessin de la couverture Alessandro Barbucci qui a notamment à son actif Skydoll et W.i.t.c.h., deux grosses pointures. Mais ce n’est pas le seul grand nom du milieu, puisqu’on retrouve au scénario Scotch Arleston, qui est derrière celui l’univers de Troy. Mais avoir des grands noms ne suffit pas toujours à faire une œuvre de qualité. Synopsis.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Ambre est la fille d’un grand restaurateur, triplement étoilé au Michelin et respecté par ses pairs pour son restaurant. Si sa première passion est la sculpture de glace, elle n’hésite pas à retrousser ses manches pour aider son père lorsqu’il en a besoin. C’est ainsi qu’il lui arrive de faire la serveuse. A l’opposée, Arthur, son frère, est en froid avec son père et pour cause, puisqu’il ose travailler dans un fast-food. Mais les choses ne vont pas tourner rond et ils vont bien finir par devoir aller travailler en cuisine.

Comme vous vous en doutez, le premier point fort de LoRd oF Burger, c’est son dessin. Il faut dire qu’il y a toute une équipée derrière les graphismes de la série. Si on ressent fortement la patte de Barbucci, c’est parce qu’il assure ici la direction artistique. Mais les dessins eux, sont réalisés par Balak et Zimra. Leur travail est vraiment réussi, et c’est tout simplement un régal de parcourir les pages de l’album. Si les personnages sont superbes, les décors et environnements autour ne sont pas en reste pour autant.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Pour une fois, les scènes en ville par exemple sont plutôt réussies. Le tout brille surtout par un grand dynamisme, notamment avec des poses dynamiques et des mimiques humoristiques. Heureusement, le cadrage est à la hauteur et il est aisé de suivre l’action. Bien sûr, le dessin ne fait pas tout, et il faut dire que les couleurs mises par Andry Rakotoarisoa et Florence Torta sont elles aussi réussies. Elles sont cependant plus légère, plus proches de l’aplat, mais le tout reste superbe.

Par contre, je dois avouer que le scénario que nous offrent Scotch Arleston et Audrey Alwett m’a laissé beaucoup plus perplexe. Ce premier tome est bien entendu un tome d’introduction, vous vous en doutez, il faut donc lui laisser sa chance, mais difficile de ne pas le trouver poussif pour autant. On a l’impression qu’ils ont tenté de créer des scènes plutôt inutiles pour arriver à pondre les 56 pages nécessaires. Dommage, car du coup, on a vraiment, mais vraiment, que l’idée de base: le restaurant. On n’a ni eu le temps de découvrir les personnages, ni ce qu’il va bien pouvoir se passer par la suite.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Et pour cause, puisque la fin de l’ouvrage nous précise que nous avons là en main la moitié de l’édition originale du premier tome, enrichie. Je ne sais pas trop pour quelle raison Glénat a fait ce choix éditorial, mais je suis perplexe. C’est d’autant plus dommage que l’ouvrage est vraiment travaillé, que ce soit avec ses pages de gardes réussies, ou encore avec des petites recettes entre les chapitres.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et BarbucciAu final, Le Clos des Epices m’a laissé un arrière goût de poussif, de mi-figue, mi-raison. Le scénario a été artificiellement rallongé et cela se ressent fortement, très fortement. On a limite l’impression d’avoir lu le premier chapitre, non le premier volume, et je ne parle pas des synopsis que vous pourrez lire un peu partout sur le net qui vous racontent du coup plus de la moitié du volume.

Heureusement, la direction de Barbucci et le travail de Balak et Zimra nous en mettent plein la vue et c’est bien ça qui va me pousser à aller lire le deuxième tome, Étoiles filantes.


Pandamonia est une série BD dont le premier tome, Chaos Bestial a été édité par Drugstore au début de cette année 2011 en France. Cette BD est l’œuvre de la collaboration de deux scénaristes, Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba, avec le dessinateur Vincenzo Cucca, colorisé par Mirka Andolfo. Il s’agit d’une histoire futuriste, de la Science Fiction à laquelle va être mêlée sexe et animaux, mais avant de vous en dire plus, commençons par un synopsis.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Dans un futur lointain, la décadence de l’humanité l’a poussé sur la voie de l’extinction: la libido des humains s’est envolée et la population décroît rapidement, faute d’enfants, de nouvelles pousses. Pour enrayer cette fin inéluctable, la compagnie mondiale Eros propose un médicament qui repose sur une idée simple: mêler l’ADN humain à celui d’animaux afin de faire revenir une envie bestiale de sexe. Quelques années plus tard, il faut croire que ça a marché, car le monde dans lequel vit Vanessa, femme-panda, est dominé par le sex, à tous les étages, à tous les coins de rue.

Outre les poitrines généreuses et le côté érotique de la BD, la première chose qui tape à l’œil lorsqu’on feuillette ses premières pages, c’est la qualité du dessin de Vincenzo Cucca. Son trait est précis, agréable, dynamique, bref, superbe. Cela fait tout de suite penser à une autre pointure de la BD de ces dernières années, Skydoll. Difficile en effet de pas faire le rapprochement, que ce soit dans la qualité graphique du titre, dans ses couleurs, ou encore dans son univers futuriste où l’érotisme ambiant prévaut. De même, si le dessin est de qualité, on ne peut qu’admirer le travail de Mirka Andolfo au niveau des couleurs, elles aussi tout simplement sublimes. De ce côté là, Chaos Bestial, premier tome de la série, est un vrai régal.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Malheureusement, comme bien souvent, le problème de Pandamonia ne se situe pas sur le dessin, mais bien sur le scénario et sa mise en scène. Et quel scénario ! J’ai été vraiment étonné de commencer la lecture de ce titre par une citation de… Dexter Morgan. Du Dexter Morgan de la série Dexter, ni plus, ni moins. Qu’en penser ? Je ne sais pas, peut être que c’était révélateur de ce que pouvait nous pondre les deux scénaristes, Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba. J’ai pu rencontrer un thème assez proche l’année dernière, avec Les Fables de l’Humpur de Pierre Bordage, mais le traitement était à des années lumières de celui qui va nous être fourni.

Il s’agit en effet ici d’une sorte de mixe entre de nombreuses idées. La première était sans doute qu’il fallait du sexe, beaucoup de sexe, pour vendre une BD. La deuxième, c’était la fin du monde. La troisième vient du mythe de l’héritier de Jésus, protégé par les templiers que l’on retrouve très souvent. Et enfin, la dernière et pas la moins cocasse: les pubs pour Orangina. Vous mélangez le tout, vous secouez pour que la pulpe ne reste pas en bas et vous obtenez Pandamonia. Mais vous vous en doutez bien, malgré ces tonnes de bonnes idées, quand on les donne à des gens qui citent Dexter Morgan, on se retrouve forcement avec quelque chose de pas bien folichon.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Notre héroïne Panda-femme est lesbienne, mais sans nul doute pour viser le public et l'imaginaire masculin. On appréciera les petits détails dans les décors.

On a alors droit à un scénario des plus stéréotypés, avec une élue qui doit rendre leur libido aux humains et les sauver d’une catastrophe certaine, une multi-nationale qui ferait pâlir l’URSS de Staline et une association d’activistes genre Attack dans le rôle des gentils. Bref, du cliché en veux tu en voilà, avec même un soupçon de romance totalement incompréhensible. Le scénario a beaucoup de zones d’ombre et ne semble pas réellement tenir, mais il est encore trop tôt pour jugé de ce point.

Le problème, c’est que l’incompréhension de se limite pas à ça. De nombreuses fois on ne comprend pas ce que font les héros, ni ce qu’il se passe. Il y a une réelle lacune dans la narration générale du titre. On ne comprend qu’après plusieurs lectures des mêmes passages, ce qui gène beaucoup lorsque la BD se veut justement dynamique. Et je ne parle pas de ces scènes qui ne servent strictement à rien mais ne sont là que pour augmenter le taux de sex dans la BD.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et Cucca

Là encore, chaque parcelle de case est utilisée au maximum.

Chaos Bestial et la série Pandamonia sont donc avant tout victimes d’un scénario qui se veut trop sérieux et mais qui ne tient pas assez la route être considéré comme tel. Une sorte de nanar géant que je me dois forcément d’assassiner en chronique.

 Chaos Bestial, Pandamonia Tome 1, de Ecuba, Lauria et CuccaMais si l’on omet ce point, Pandamonia rempli complètement son rôle, une expérience visuelle superbe, avec des personnages érotiques pour ceux dont c’est le hobby. Bien qu’il ait de nombreux défauts, que ce soit dans le scénario ou dans sa mise en scène, je ne peux me résoudre à vous déconseiller de le lire. C’est joli, ça se feuillette aisément et ça n’est pas rebutant. Mais c’est tout de même dommage que le dessin de Vincenzo Cucca et la coloration de Mirka Andolfo ne soient pas utilisés à des fins plus nobles.

En attendant, il faudrait peut être expliquer aux scénaristes que panda et sex, ça fait trois.


Wollodrïn est une BD en deux parties, dont la première vient de sortir aux éditions Delcourt. Elle est dessinée par Jérôme Lereculey et on retrouve David Chauvel au scénario. Avec sa couverture et sa police, on cerne rapidement qu’il s’agit là d’une BD d’Heroic Fantasy. Effectivement c’est un genre très populaire en ce moment dans la BD Franco-Belge. A noter que bien que les auteurs n’en soient pas à leur première BD, je n’avais jamais lu quoique ce soit de l’un ou de l’autre. J’ai reçu cette BD via l’opération Masse Critique de Babelio.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et Lereculey

Condamnés à morts, un petit groupe de prisonniers se voit offrir une occasion qui ne se refuse pas : la liberté et de l’argent contre une mission. Jouant les mercenaires, les prisonniers, de races, sexes et origines différents vont devoir s’allier pour remplir une mission périlleuse qui va les mener sur le territoire Orc. Orcs qui sont entrés en guerre.

A la lecture du résumé, on peut s’attendre au pire. Effectivement, tout est très convenu. Le principe des prisonniers s’alliant pour une mission suicide, ce n’est pas ce qui manque. Mais au delà de cela, on est aussi face à la plupart des clichés de l’Heroic Fantasy.  Le groupe des mercenaires comprend évidemment, le maraudeur, le civilisé, le nain, la fille pacifiste, le gollum, etc. Tous les personnages sont stéréotypés. L’héritage de Tolkien est palpable, un peu trop à mon avis. Les personnages rentrent bien dans les schémas, le nain drôle et bourru, les orcs méchants, etc.  C’est dommage. Tout au long de l’histoire pas une seule surprise, et pas un seul élément permettant de dire que le scénariste sa mis sa patte dans la semoule. Le scénario se fond dans la masse.

Je sais qu’en 52 pages on n’a pas la possibilité de créer forcement un univers, mais ce n’est pas une raison pour reprendre à l’identique un univers déjà exploité jusqu’à la corde. La BD ne se démarque pas de la pléthore d’œuvres surfant sur le genre qui sortent chaque année. On pensera par exemple à Dwarf de Shovel.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et Lereculey

Malheureusement, il en va de même pour le dessin de Jérôme Lereculey. Si il est techniquement correct, si les perspectives sont bonnes, et l’action bien retranscrite, il n’y a aucune personnalité. C’est du dessin de BD Franco-Belge comme on en trouve 13 à la douzaine, sans  âme. Il manque soit du style pur dans le dessin, soit de l’audace niveau cadrage. Il n’y a rien à reprocher dans l’absolu, ça manque juste de peps. Les couleurs quant à elles, de Christophe Araldi et Xavier Basset, représentent pour moi le vrai point noir de l’ouvrage. Les pages sont souvent traitées de manière très uniforme. Aucun point n’est mis en valeur, elles sont uniformément sombres, ou uniformément claires, ce qui rend la lecture difficile et empêche d’enchaîner naturellement les cases.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et LereculeyAu final, la lecture n’est pas désagréable. Wollodrïn n’étant qu’en deux partie, cela veut dire qu’il est aisé d’avoir la collection, sans attendre trop longtemps (au rythme d’un tome par an, les BD souffrent souvent du problème d’attente).

Malheureusement, cette faible durée empêche de développer quoique ce soit, et contribue au coté insipide de l’œuvre.  Cela se lit sans difficulté, et à part les couleurs, il n’y a pas de défaut majeur. Cependant, la BD manque clairement d’originalité et de personnalité. Ces points font que je la considère comme une BD à lire a la bibliothèque si l’occasion se présente , mais qui ne vaut pas l’achat à 13€.


Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri Fogolin

Serafina dans BD, Critiques, Livres le 26 octobre 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Dwarf est une BD française dont le premier tome, Wyrïmir, vient de sortir aux éditions Delcourt, dans la collection Terres de Légendes. On retrouve Shovel au dessin ainsi que pour le scénario, et Dimitri Fogolin à la couleur. J’ai reçu cette BD dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio. Elle est sortie le 1er Septembre 2010, donc c’est très récent. Comme son nom l’indique, cela parle de Nains. Synopsis ?

Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri Fogolin

Oth est un nain, il est né marqué. En pratique, cela veut dire, qu’il est désigné traitre à sa race, et qu’il doit mourir. Son père doit le tuer de ses propres mains. Sauf que le brave nain en est incapable. Il part donc de son pays pour élever son fils dans la forêt. Fils qui s’avère être l’Élu, et prétendant au Trône des Nians. Accompagné d’un crapaud et de la forêt, sa quête commence.

Au niveau de l’histoire il faut bien le dire, on est dans des clichés de l’Heroic-Fantasy de base. Il y a un élu, qui va renverser le vilain roi, et va se faire aider des peuples opprimés. Les fans apprécieront, pour ma part j’aurais préféré un scénario un poil moins conventionnel. Heureusement, le fait d’utiliser les nains comme peuple principal contrebalance un peu les choses, car les œuvres qui leur sont consacrées restent rares.

Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri Fogolin

La civilisation naine est intéressante et augure potentiellement de bonnes choses. De même, l’histoire part rapidement, on ne met pas trois tomes à savoir qu’il est l’enfant de la prophétie. Il n’y a pas de longueurs et le rythme reste soutenu d’un bout à l’autre de l’ouvrage. On note aussi quelques scènes de combat assez imposantes et bien réalisées.

Comme souvent en BD, il est difficile d’évoquer le possible relief des personnages, car ils restent somme toute assez peu développés, difficile de faire beaucoup de choses en 52 pages. On notera quand même la présence d’animaux « humoristiques » que j’ai apprécié et qui donnent un petit coté léger à l’histoire. Il y a aussi pas mal d’éléments à peine évoqués (notamment à propos des sylves, ou de la résistance) qui je n’en doute pas, seront creusés dans la suite. Le premier tome s’arrête évidemment sur une fin ouverte, vu qu’un deuxième est prévu. A mon avis cependant, la série sera courte, deux ou trois tomes, car l’histoire progresse vite.

Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri Fogolin

Le dessin de Shovel est bon, surtout au niveau des décors et des perspectives, mais je suis plus perplexe sur les personnages. Les sylves (des elfes quoi) sont quand même très masculins et assez raides. Dommage, à mon avis, des courbes et un trait plus « féminin » auraient été intéressants. La BD se lit aisément, on comprend bien les scènes, c’est fluide et le découpage est dynamique. Un petit mot aussi au niveau de la couleur, réalisée par Dimitri Fogolin. Les couleurs sont de toute beauté, et les ambiances colorées des pages sont intenses. La couleur sert vraiment l’œuvre et rattrape certaines faiblesses du dessin. Bref, il s’agit là d’un duo réussi.

Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri FogolinAu final, Dwarf c’est une bande dessinée sympathique, mais que je ne conseillerais pas forcément aux non-amateurs du genre. Le prix restant somme toute assez élevé, bien que dans la moyenne du genre, soit 13€. Le titre souffre des mêmes défauts que la plupart des BD, c’est à dire un prix somme toute élevé par rapport à d’autres médiums, comme le livre ou le manga.

Malgré ses qualités, l’histoire reste assez conventionnelle pour le moment. C’est donc une œuvre à suivre pour voir dans quel sens ca évolue…


Pour ma première participation à if is Dead, je tenais à faire part de mon dernier coup de cœur, Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh, aka Djou pour ceux qui la connaissent de son blog; ce roman graphique est édité en format souple chez Glénat pour 15€ (ce qui est assez raisonnable). Quelques mots sur Djou avant de commencer: il s’agit d’une auteur de bande dessinée/illustratrice bruxelloise (anciennement française), ouvertement gay, et qui s’était faite connaître de ma personne par son excellent et criant de vérité « pamphlet » pour la journée mondiale contre l’homophobie en 2009. Et je vous invite à aller le lire, même si vous n’aimez que le sexe opposé, parce que c’est très intéressant. C’est par ici. Synopsis ?

Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

A la première page, on découvre une jeune femme, Emma, déambulant dans les rues, le texte qui l’accompagne nous lisant sa lettre d’adieu. Et à mesure que les mots s’égrainent, nous comprenons qu’il ne s’agit pas de sa lettre, mais de celle de son amante, Clémentine. Emma est en fait en train de marcher en direction de chez la mère de sa défunte compagne pour accomplir sa dernière volonté: récupérer ses journaux intimes, Clémentine devenant alors narrateur principal, afin de comprendre, et de nous faire comprendre, le pourquoi de son adieu. 

C’est ainsi qu’on découvrira la rencontre de ces deux êtres, et leur tortueux parcours jusqu’à sa fin tragique. On en vient à explorer la plupart des étapes de l’apprentissage de l’homosexualité, de la révélation à son acception. On passe donc par le schéma classique du déni et de la douloureuse auto-persuasion, le coming-out, accidentel ou non, ses lourdes répercussions et ses conséquences directes comme le secret et le rejet social et/ou personnel, sans oublier l’obligation de devoir grandir trop vite. On découvre vaguement le milieu gay, et ses bars dédiés (nommés ici a l’anglaise, gaybars, ce qui m’a légèrement dérangé). Il y a aussi les diverses tensions et les disputes de couples pour les raisons évoquées, le prétendu manque de courage et les conflits de divergences d’esprits.

Le Bleu est une couleur chaude de Julie MarohEn bref, les thèmes habituels…? Pas tant que ça, puisque l’ordre de ces étapes n’est pas toujours le même que l’on peut croiser dans la plupart des supports traitant le sujet (que ce soient livres, films, séries, animés…), ce qui peut être surprenant, mais pas forcement déplaisant. On évite aussi les gros clichés du genre, ce qui fait énormément de bien.

Concernant l’aspect visuel du livre, ça dépend des personnages. Par exemple le visage d’Emma (l’amante) est assez dur, comme s’il avait beaucoup vécu, même quand elle est dessinée plus jeune. Alors qu’au contraire, Clémentine (la morte) a un visage très doux, celui d’une vie lisse, à peine entamée. Je m’attendais très naïvement à voir les méchants personnages plutôt moches (moi et ma manie de lire des trucs pour enfants), ce qui n’est pas du tout le cas, laissant la surprise de voir se révéler les caractères. Je sais, ça a l’air bête comme argument, mais moi je n’y suis pas habituée.

Pour le reste, c’est du Djou, c’est très agréable, très expressif, j’aime beaucoup. Les décors sont vraiment réussis, et les personnages secondaires ainsi que les figurants ne sont pas pour autant laissés pour compte. Et le contraste des couleurs renforce le tout. Car oui, ce livre a pour particularité d’être, dès qu’on entre dans le récit au passé, entièrement en noir et blanc, excepté le bleu, qui ressort, d’où le titre.

Cet aspect esthétique très travaillé permet à l’auteur de retranscrire des sentiments vraiment forts, qui se dégagent avec puissance du dessin. On ressent aisément le vécu dans ce qu’on lit, que ce soit pour l’auteur, ou pour moi même. J’ai assez rapidement reconnu certaines sensations et situations graphiquement très bien rendues, ce qui m’a plus ou moins plu, faisant remonter pas mal de bons et de très mauvais souvenirs. Mais j’ai peur que cet aspect ne concerne que moi, un hétéro ayant lu l’œuvre aurait son avis de bienvenu sur la question.

Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Ce que j’essaie de dire, c’est que certaines scènes sont vraiment très chargées, et certaines répliques, certains instants de lecture peuvent avoir énormément d’impact sur le spectateur. L’histoire est réellement prenante, le personnage de Clémentine très attachant, et l’on a vite fait de se sentir mal pour elle, d’avoir l’estomac noué à la simple idée de tourner la page, pour découvrir la suite. Ceci dit, ce n’est pas négatif pour autant, c’est au contraire un signe de qualité, que d’investir autant les sentiments du public dans ce qu’il est en train de lire.

Le Bleu est une couleur chaude de Julie MarohEt puis on lit on lit, et on finit par oublier qu’à la fin, Clémentine doit mourir, et même si cela n’arrive pas sans raison, ça reste soudain, dramatique. Je n’en ai pas honte, mais j’ai pleuré en refermant le livre, plusieurs minutes même. J’avais déjà connu ça sur d’autres supports, mais jamais une BD ne m’avait autant émue que celle ci. La fin est belle, assez triste, mais vraiment belle.

Pour conclure, Le bleu est une couleur chaude fut une excellente lecture. Oui, une très bonne et très jolie BD que j’attendais au tournant, et dont je suis loin d’être déçue. Alors certes, je suis une lectrice plutôt facile, mais je la relirais avec un immense plaisir, même s’il m’a fallu une journée entière pour m’en remettre. Pour ceux qui désirent avoir plus d’infos sur l’auteur, je vous invite à aller lire son blog.


Nemi de Lise Myhre

Serafina dans BD, Critiques, Livres le 8 décembre 2009, avec 12 commentaires
Critiques

Nemi c’est un peu la série phare du lancement du label Milady Graphics. Oui car si vous vivez dans une grotte, sachez que Milady a lancé son label graphique il y a peu, et s’apprête à publier notamment le comic Anita Blake, et est aussi à l’origine de la publication très beau Elixir, dont je vous parlerai très bientôt.  Alors Nemi c’est quoi ? La couverture annonce la couleur de ce recueil des strips de Lise Myhre: une goth ultra maquillée qui fait le signe du Metal. Votre chroniqueuse ayant plus de corsets et de résille dans ses placards que de jeans et écoutant du Metal et du Goth, il lui était impossible de passer à coté. En plus les critiques du net étaient assez unanimes: génial.

Nemi de Lise Myhre

C’est ainsi que je me retrouve avec Nemi entre mes mains. Il s’agit d’un comic strip à la base, c’est à dire que la plupart des histoires font 4 cases et sont indépendantes, et ça vient de Norvège. Nemi est un parfait produit de la sous-culture sombre. On retrouve disséminé à travers tout ce premier album de nombreuses références à des groupes célèbres, ou a des morceaux cultes : l’auteur glisse de nombreux clins d’oeils. On notera aussi un apparent bon travail d’adaptation, en effet les références ont, selon toute vraisemblance, été francisées, et  je n’ai pas buté sur des références trop norvégiennes. Certains strips sont un peu datés (comme ceux ou Nemi rêve de voir un jour une adaptation du SDA), mais ce n’est pas le cas de la majorité. Dans l’ensemble ça se lit bien, et ça n’affiche pas son age.

Lise Myhre

Lise Myhre: pas bien difficile de trouver d'où lui vient l'imagination, du coup.

Nemi est une héroïne moderne, et pas policée. Elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, même si c’est politiquement incorrect. Elle déteste les bébés, elle crache sur NRJ. Ouais, ok, une antihéros, pourquoi pas après tout, c’est plus facile pour s’y identifier.  On croise d’autres personnages, qui sont parfois stars d’un strip, mais ils n’arrivent pas à la cheville niveau développement. Le trait est… Un trait de comic-strip. Je ne trouve pas ça beau du tout, mais d’un autre coté ce n’est pas le but, non le but c’est quand même de faire rire.

Eh bien la où toutes les critiques disaient à mourir de rire, moi j’ai esquissé un ou deux sourires, et puis c’est tout. La plupart des strips tombent un peu à plat, et aucun ne m’a réellement fait rire. C’est parfois mignon, sympa, mais je n’ai pas trouvé ça drôle. En plus, faut dire que la concurrence est rude avec la tripotée de blogs dessinés qu’on peut trouver sur le net. A coté, Nemi m’a semblé très très bof. Des idées sympathiques, mais réellement rien qui vaille le coup. Je préfère carrément aller lire le blog de Florian70 ou même Garfield. C’est un peu dommage quand on voit le potentiel du personnage. Je suis pourtant assez bon public généralement, et le thème aurait du aider, mais non, ça retombe comme un soufflet.

Nemi de Lise MyhreEt je ne parle pas des strips plus « sérieux » qui eux, me sont carrément sortis par les yeux. Déjà faire un truc à morale en 4 case, c’est difficile, mais en plus quand c’est de la morale genre adolescent de 15 ans trop darkinou du type « les humain sont trop cons » « les humains me dégoutent » « la vie c’est nul« , non quoi. Ça ne passe pas. Ce genre de morale sans assez de fondements (trois cases d’un autre côté), sans développement, supposé nous faire « réfléchir » bah, comme dirait ma mère, c’est pédaler dans la semoule.

Certains strips se suivent et forment une seule et même histoire. Ceux la sont généralement pas drôle (du tout) et assez laborieux. Le découpage ne s’y prête pas, c’est pas dynamique pour un sous, ça avance par acoups, et les personnages n’ont pas les épaules assez solides pour pouvoir réellement valoir quelque chose dans ce genre d’histoire. Vous pouvez m’expliquer ce que fait Nemi à rencontrer le Père Noël ? Enfin, je n’y ai pas trouvé le moindre justificatif.

Strip de Nemi de Lise Myhre

Au final Nemi, c’est une bd sympa à lire entre deux pages de programme télé. Mais surement pas en album, les strips n’ont pas l’indépendance ou l’humour suffisant pour prendre leur réel envol dans un album. Dommage, car il y avait de bonnes idées.


Level 01: Le Dieu de la Drague est sorti le 23 septembre dernier, tout récemment donc. Il s’agit du premier tome de la série Geek & Girly, mais aussi de la première parution de la collection Strawberry, une collection Soleil. C’est ainsi qu’on se trouve avec une couverture souple et un format assez proche du manga, bien loin des stéréotypes de la BD françaises. Les pages sont glacées et colorées et tournent vers la centaine. Il s’agit d’une collection assez orienté filles, comme le montre bien le coté rose de la couverture. Enfin, ça ne m’a pas empêché de le lire, pour la simple et bonne raison que le pseudo de la dessinatrice suffisait à me donner envie. Oui parce que Nephyla (aussi connue sous le pseudo de La Petite Araignée) fait partie de ces dessinatrices que je suis depuis des années, et que j’admire depus tout aussi longtemps. C’est cependant Rutile qui est au scénario. Synopsis !

Geek & Girly de Nephyla et Rutine

Quentin est genre play-boy, dragueur, sur de lui dans ses belles fringues griffées techtonik. Jusqu’au jour où il tombe dans l’emprise du jeu. Du jeu-vidéo, et même pour être exact d’un jeu de drague virtuelle. Autour de lui, il y a Mathilde, une geek et Baptiste un snobinard genre premier de la classe. Sur fond de jeu virtuel, on suit donc les péripéties de Quentin et ses rapports avec Mathilde, qui commencent évidemment par le pur dédain, ou intérêt, genre elle peut faire ses devoirs de physique.

Geek & Girly Level 01La première chose qu’on remarque, c’est le trait. Nephyla ne fait pas partie de mes illustratrices préférées pour rien. Ses dessins sont beaux, stylés, variés. Son univers graphique est très doux et très expressif. C’est des teintes assez pastelles souvent, un line très clair, des pages entièrement colorées. Le découpage est dynamique et léger. Les plans variés, les perspectives sont diversifiées. Bref, je pourrais vous en tartiner des pages, mais en substance sachez que c’est superbe et que c’est très dynamique.

Le scénario est le point qui est le plus délicat à traiter dans cet article. D’un coté, l’idée est très sympathique, il y a de très bonnes répliques et des bons traits d’humours. Évidemment, beaucoup de blagues tournent autour de Mathilde la « geek« . On a donc droit à des « quand je te vois mon cœur bug tellement que je dois le rebooter » et autres joyeusetés. Les looks de mathilde sont aussi parfaitement géniaux entre le T-shirt BSOD et le I see dead Pixels il y a de quoi faire. La BD est d’ailleurs bourrées de références à des classiques généralement appréciés par les geeks, on pense à Cthulhu (pas le chat, hein) ou à Dune.

Mais, et là y’a un gros mais… La BD semble entretenir cette espece de mode comme quoi être geek c’est jouer à la DS et coder du HTML. Alors oui, ce ne sont que des details. Mais voir Mathilde supposément en train de coder, et voir du code genre code HTML, ou la voir emprunter à la bibliotheque un bouquin sur le CSS, non, c’est trop. Alors peut être que « tant que c’est du code, les lecteurs vont trouver que ca fait geek« , que « les acronymes sur le livre, toute manière il y en aura pas la moitié qui vont tilt« . Peut être. En attendant, cela fait criser l’informaticienne que je suis.

Geek & Girly de Nephyla et Rutine

Car non, coder du HTML n’est pas un « truc de geek« , non jouer à la DS non plus . Évidemment, la geek est très ronde et qualifiée de moche et ne fait pas attention à son apparence, bien sûr. Si il y a bien deux domaines où j’ai énormément de mal avec les stéréotypes c’est bien les geeks et les goths.  Du coup, cela me reste un peu sur le jabot si vous voyez ce que je veux dire.

C’est dommage, car à part ça, c’est drôle, c’est gai. L’humour est très présent et j’ai ris plusieurs fois. Sur ce point on peut trouver la un coté très shojo acidulé, un humour ultra-efficace. Vous noterez aussi à la fin un bonus : les pages Facebook euh… facejournal des héros, très drôles elles aussi et un test.  Nul doute aussi que vous remarquerez de nombreux clins d’oeils ou d’expressions fréquemment utilisées sur le Web, et en cela c’est plaisant. Au final, un bon tome, malgré quelques details qui me dérangent. Mais je doute que vous soyez aussi pointilleux que moi sur ce sujet. Le scénar promet un deuxieme tome tout aussi riche en rebondissements et en bonne humeur.


Camilla, Succubes Tome 1, de T.Mosdi et L.Paturaud

Serafina dans BD, Critiques, Livres le 17 juin 2009, avec 6 commentaires
Critiques

Vous vous souvenez probablement de l’opération Masse Critique organisée par Babelio. Et si il n’y avait pas énormément de choses qui nous intéressaient, il y avait quand même cette BD nommée Succubes, avec sa couverture aguicheuse (oui les brunettes à grosse poitrine, c’est difficile d’y résister quand même). Et bien figurez vous que c’est cette BD que nous avons reçue, en échange donc d’une critique. Première critique de BD de iiD au passage !

Camilla, Tome 1 de Succubes

Alors on commence par quelques données techniques. C’est un bel album cartonné de 50 pages, toutes en couleur bien entendu et vendu dans le commerce à 12.90€. Outch, oui, la BD européenne ça n’est pas donné. Il s’agit du premier tome de la série Succubes. Ceci dit chaque tome est fait pour pouvoir être lu de manière indépendante. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, car le rythme de parution étant ce qu’il est, le suspense aurait le temps de se faner. En gros l’histoire est celle ci : Depuis la nuit des temps, les succubes dirigent le monde dans l’ombre en influant sur les grands. Évidemment, comme les succubes ont de gros lolos, il est difficile de leur résister. Pour le premier tome, nous nous concentrons sur la révolution et plus précisément le régime de la terreur.

Déjà qu’il s’agit d’une période relativement complexe et très troublée, alors si on y rajoute des trips de société secrètes et de manipulation… Évidemment, le gros risque c’est de perdre le lecteur. Le risque n’est malheureusement pas évité et il y a des moments où on se demande réellement où on en est. C’est dommage, et il faut retourner en arrière pour essayer de comprendre. Enfin, je ne vais pas entrer dans la polémique BD vs Manga, mais c’est clair qu’une histoire complète en 50 pages sur un tel synopsis, c’est forcément  casse gueule.

On notera aussi un bon travail de documentation (bien qu’évidemment de nombreuses libertés soient prises) ainsi qu’au final une histoire assez crédible si on ne cherche pas à comprendre les détails.

Camilla, Tome 1 de Succubes

Bon ok, elles sont quand même dénudées de temps en temps, on a certes des gros plans sur leur poitrine, quelques scènes un peu osées... Mais sinon rien d'autres !

C’est relativement agréable à lire. Ça ne transcende pas le monde au niveau de l’histoire, mais bon, c’est pas la mort non plus. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser au vu de la couverture, la BD ne tombe pas dans le fan-service, les jeunes femmes gardant majoritairement leurs habits. Mais bon, la loi de la couverture vous connaissez.

Mais surtout c’est très agréable a regarder. Nous le savez, je suis plus portée sur le dessin. Et bien là tout ce qu’on peut en dire c’est woah. Le dessin est ultra soigné, les couleurs pareil. Les visages sont très beaux, les drapés aussi, je ne sais pas qu’est ce qu’utilise Laurent Paturaud pour mettre en couleur mais c’est superbe.  Le seul problème c’est que malgré tout, le dynamisme est très mal géré. Parfois on ne comprend l’action que grâce au mouvement des cheveux… Un peu limite quand même. Mais on a plutôt l’impression d’être face à une jolie peinture figée qu’au cœur d’une BD d’action. Heureusement pour nous, les scènes d’actions sont quand même peu nombreuses.

Camilla, Tome 1 de Succubes

Au final, ça donne une bonne BD. Pas une BD qui restera dans les annales non, pas une BD que j’aurais acheté non plus, car je ne suis pas un afficionado du genre, mais une BD agréable à lire et très jolie. Je reste en admiration devant les superbes cases.

Succubes nous a cependant tout de même assez conquis pour qu’on soit enclin à acheter sa suite, malheureusement nous n’avons aucune idée de quand sortira le second tome. Le site de Soleil n’en disant rien. A noter tout de même qu’il semblerait que la série ait été prépubliée dans Lanfeust Mag.