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Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Cela faisait très longtemps que je me disais que je devais lire To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur en FR) mais il a fallu une conjonction de circonstance assez inattendue pour que je l’ouvre enfin. Comprendre : j’ai cassé ma kobo au japon et le choix de livres en anglais sur place était plus que limité. J’ai donc entamé ce classique de la littérature américaine. Synopsis ?

Scout est une petite fille (6 ans au début du roman) qui vit en Alabama dans les années trente, avec son grand frère Jem et leur père Atticus, avocat de profession. La douce vie de tout les jours s’écoule, les enfants inventent des jeux, des pièces, des vies aux voisins mais en filigrane, c’est la vie de la campagne américaine qui nous est décrite, avec l’horreur banale de la ségrégation raciale.

Honnêtement, je n’avais aucun apriori sur le livre, j’ai été donc contente de découvrir un roman sur l’enfance, avec une narration a la première personne effectué par une Scout adulte, qui se replonge dans ses souvenirs d’enfance. Le narrateur a donc du recul par rapport aux scènes qui sont présentées, mais sans en surjouer. Scout adulte nous éclaire sur certaines choses que la Scout de 6 ans n’avait pas pu ou su comprendre. La première partie du livre est une successions de chapitres assez indépendants, qui mettent en place nos héros, leurs jeux de jardins, leurs voisins. En effet, comme tous enfants, ils imaginent que la maison toujours fermée à coté est hantée par un voisin monstrueux, ils font des farces ou massacrent les camélias de la vieille mégère. Ils sont punis, essaient de sortir le soir, bref, des enfants. C’est juste, et qu’on soit en Alabama dans les années 30 ou à St Julien sur Cher dans les années 90, les jeux sont les mêmes, on peut totalement s’identifier.

Ces petits chapitres sont étonnamment captivants, surtout qu’on comprend petit a petit qu’il se passe des choses pas très drôles dans l’Amérique de cette époque, des choses qui pèsent plus à Atticus et a Calpurnia, la femme de ménage noire, et qui sont en filligrame. Cette critique sociale prendra son importance dans une deuxième partie moins drôle et moins innocente. La dessus le livre est très bien construit, nous emmenant de l’innocence de l’enfance à la dure réalité.

To Kill a Mockingbird est paru dans les années 60 ce qui explique son succès à l’époque, puisqu’on était en pleine lutte pour les droits civiques, mais si le roman est devenu un classique c’est pour son universalité. Ce roman a marqué durablement la littérature anglo-saxonne, et du coup, sans que je ne le comprenne beaucoup de livres que je connaissaient référencaient ce classique. Si vous vous interessez à la littérature anglo-saxonne et que vous avez une envie d’un récit un brin nostalgique, vu des yeux d’une enfant sans être candide ou débilitant ne repoussez pas plus longtemps votre lecture de To Kill a Mockingbird.

Sachez cependant, si vous envisagez la VO que le niveau est soutenu. Et contrairement à ce que la librairie japonaise disait, il vous faudra bien plus que 700 au TOIEC pour comprendre, sachant que me considérant comme fluent en anglais j’ai parfois peiné. Les dialogues sont souvent en argot, et c’est clairement pas la chose la plus aisée. Cependant, le style est agréable et ça se lit bien. Je serais bien sûr incapable de vous donner un avis sur la traduction francaise.

Et vous, avez vous lu ce classique ?

 


Sword Art Online de Reki Kawahara

Tome 001 - Aincrad

illman dans Critiques, Livres le 26 avril 2017, avec aucun commentaire
Critiques

Sword Art Online de Reki Kawahara est un Light Novel illustré par abec, publié en France par Ofelbe et traduit par Rémi Buquet. Pour contextualiser, les Light Novel sont un genre de la littérature japonaise qui vise un public de lycéens et d’étudiants, plutôt jeune adulte donc (l’âge c’est dans la tête). Ils sont caractérisés par des paragraphes courts, beaucoup de dialogues, sont courts en général (je n’ai pas encore vu au dessus de 300 pages) et sont garnis d’illustrations. Celui dont je vais parler ici est sans doute l’un des plus connus. Sword Art Online (SAO) compte 19 tomes au Japon, possède 3 séries de Light Novel dérivés, a été décliné en manga (chez Ototo), en série d’animation (Wakanim, Netflix) qui a contribué à faire connaitre la série à l’internationale en 2013, en jeux vidéos sur les consoles Sony, etc…

L’édition française comprend dans son premier tome la compilation des deux premiers ouvrages japonais, l’arc Aincrad, du nom de la forteresse de SAO. Le premier livre narre les aventures de Kirito coincé dans le jeu de réalité virtuelle Sword Art Online, un jeu de rôles de fantasy sans magie. Il est avec des milliers d’autres joueurs captifs de ce monde, leur seul espoir de regagner le monde réel est de terminer le jeu qui compte 100 étages, mais tout se complique car la mort dans le jeu signifie la mort dans le monde réel.

Le second livre est une compilation de quatre nouvelles de qualité assez inégales, voire un peu hors sujet à mon gout pour celle avec la dresseuse de monstres, mais que voulez vous, il fallait introduire masse de perso féminins pour contenter le public. C’est sympathique pour prolonger l’expérience dans l’Aincrad mais l’intérêt est assez limité vu que chronologiquement, elles se passent vaguement en intercalaire dans le livre premier. Je vais faire l’impasse sur cette partie pour la suite pour ne me concentrer que sur l’histoire principale.

L’auteur a eu l’air d’avoir le cul entre deux chaises au début, s’embêtant à expliquer des principes de MMORPG qui a mon humble avis sont connaissances communes du public visé, ce qui plombe un peu le tout début de l’aventure. Une fois ce léger écueil passé, c’est du tout bon. Ça enchaîne à fond la gomme, pendant les 250 pages de l’aventure, rares sont les temps morts qui, lorsqu’il existent, servent à développer les relations entre les deux principaux protagonistes, Kirito et Asuna. Les combats sont assez jouissifs, celui du 74 étage déchire, et la menace de mort qui plane sur les personnages malgré que ce soit un jeu rajoute de la tension à ces affrontements.

Niveau univers, c’est un monde fantasy de MMO assez générique, on trouve à peu près tout ce qui fait un MMO, avec quelques particularités propres à SAO trop peu nombreuses à mon avis. Il y’a du craft, des guildes, du farm, du grinding et surtout ce qui rajoute encore un touche de piment, les PK. Dans un jeu mortel comme SAO, on trouve des Player Killer, des chasseurs de joueurs, c’est sacrément glauque et tuer des joueurs laissera sa marque sur certains protagonistes.

Les personnages principaux sont un peu typés, entre Kirito le joueur solitaire et surpuissant et Asuna, la digne représentante des épéistes de sa guilde basant ses aptitudes sur la vitesse. Les autres personnages humains se concentre en général sur un archétype de classe de MMO, le samouraï, l’artisan, chevaliers, etc… Mais en dehors de Agil et Klein ils sortent peu du lot. Disons que l’auteur s’en garde largement sous le coude pour les tomes suivants en ce qui concerne le développement des persos, cet aspect restant encore assez light ici.

Premier Light Novel que j’ai pu avoir entre les mains, j’avais de grandes attentes suite au visionnage de l’anime, je n’ai pas été déçu. Le maître mot de cette aventure, c’est certainement efficacité. J’aime le style direct inhérent au genre avec des grands morceaux de bravoure. Je suis quelque peu devenu accroc aux Light Novels, heureusement pour moi Ofelbe est spécialisée dans le domaine et propulse sur nos rayons quasiment une dizaine de référence avec bien sûr SOA en fer de lance qui vient de voir son tome 5 (regroupant les tomes 9 & 10 japonais) sortir pour démarrer l’arc le plus long de la franchise (9 tomes japonais). Une chose est sure, je vais pouvoir continuer à suivre les aventures de Kirito pendant encore un bout de temps.


Vengeance de Fabrice Colin

Peplum Vengeance

illman dans Critiques, Livres le 11 mars 2017, avec aucun commentaire
Critiques

Vengeance est un roman de fantasy de l’auteur français Fabrice Colin paru en 2001 chez Bragelonne. Acquis il y’a bien longtemps lors d’une opération de Bragelonne sur ses ebooks, il attendait bien sagement depuis une occasion de briller. Elle s’est présenté lorsque j’étais désemparé dans un coin où la technologie est taboue (le Loir-et-Cher) et est venu me sauver de mon ennui. Mais ce bouquin a t’il remplir son rôle ?

Barkhan est un orphelin recueilli par le frère de l’empereur après le massacre de son village par les monstrueux Senthaïs, créature grotesques et terrifiantes. Malheureusement la trahison s’immisce dans les couloirs du palais et lorsqu’elle frappe, Barkhan se retrouve à fuir la capitale impériale pour sauver sa vie. Il entame une fuite en avant qui le mènera sur les rails de la vengeance.

Au niveau du style de l’histoire, pour vous faire une idée un peu plus précise, c’est une sorte de mélange entre Le Comte de Monte-Cristo de Alexandre Dumas en plus rentre dedans et  Legende de David Gemmell en moins épique. Dis comme ça j’avoue que ça ne doit pas sonner folichon mais l’auteur s’en tire plutôt bien. Je trouve juste le rythme assez déséquilibré, il se passe peu de choses pendant la première moitié, puis vient une ellipse narrative et nous voilà parti à 200 à l’heure. En plus j’ai eu la désagréable impression que des trucs vraiment sympas s’était passé pendant cette fameuse ellipse et que j’aurai bien aimé en savoir plus. C’est qu’il dure 25 ans ce trou pour nous prendre au retour à moitié pour des andouilles avec des personnages qui ont des noms différents mais qu’on capte dès le premier paragraphe qui ils sont.

En fait j’ai trouvé le roman assez frustrant parce que l’auteur balance énormément de pistes de développement mais au final n’exploite pas une grande majorité d’entre elles. Sérieux, ramener les morts à la vie et ne s’en servir que pour un personnage sans envergure c’est un peu raide. C’est ça en fait, il y’a un goût de trop peu qui ressort une fois le bouquin terminé, il en faut encore.

L’univers du roman est plutôt sympa, calqué sur notre antiquité romaine. Ce n’est pas dur d’imaginer la capitale impériale comme une sorte de Rome et l’immense désert que le héros travers comme le Sahara. Franchement il manquerait juste du combat dans une arène pour compléter le tableau. En plus les « gros » méchants, les Senthaïs, créatures démoniaques au possible ont un petit gout de Huns qui s’avance inexorablement sur l’empire. Ce ne sont pas bien sûr les uniques antagonistes, mais ce sont ceux qui représentent une menace constante pendant tout le roman, la rumeur de leur venue faisant toujours partie de préoccupations des personnages. J’ai juste eu du mal à imaginer ces bestioles avec leurs montures qui crachent de l’acide et qui nécessite au moins 5 humains pour en venir à bout, les descriptions étant un poil trop vague pour ma compréhension.

Pour l’édition ebook et contrairement à d’autres portages à ce format de cet éditeur, j’ai trouvé le texte moins charcuté et à l’exception de quelques passages où on sent que le saut de page s’est transformé en simple retour à la ligne, pas grand chose à signaler. Il est à noter qu’étant donné l’âge du roman c’est soit l’occaze soit l’ebook si vous souhaitez vous pencher sur cet ouvrage pour pas trop cher. Malgré ce que j’ai pu trouver de négatif et frustrant à l’oeuvre, j’ai dévoré les plus de 300 pages de ce roman et je pense qu’il vaut largement le coup d’œil. En attendant je vais aller voir ce que cet auteur a sorti d’autre.


Le dernier lapon de Olivier Truc

Immersion dans le grand nord

Serafina dans Critiques, Livres le 4 mars 2017, avec 2 commentaires
Critiques

Dernièrement, j’avais envie de changer un peu mes lectures, et j’ai entendu à France Inter une bonne critique de ce roman policier : Le dernier Lapon de Olivier Truc. Ce polar se passe dans le nord, mais le vrai de vrai nord, à savoir la Laponie. Et il se passe dans les premiers mois de l’année alors que la nuit règne en maitre sur ces étendues glacées. Synopsis ?

Nina et Klemet sont policiers, et plus précisément membre de la Police des Rennes. Cette brigade a pour terrain assigné la Laponie, autant suédoise, finlandaise que norvégienne. Ils sont chargés de résoudre les conflits entre éleveurs de Rennes, qui représentent l’élevage traditionnel de cette région. Généralement, ils ne traitent jamais de sujets très grave, mais aujourd’hui est différent. Tout d’abord un tambour Lapon a été volé au Musée de Kautokeino, et puis surtout un éleveur est retrouvé assassiné.

Ce roman est écrit par Olivier Truc correspondant pour Le Monde dans les pays Nordiques. Cette expérience lui permet de nous proposer un polar qui traite de la question Lapone. Les Lapons (Samis en VO) sont le peuple autochtone de la Laponie, qui ont été plutôt maltraités par les Scandinaves à priori, évangélisés, et sont aujourd’hui victimes de discriminations. Ils essaient de faire perdurer leur culture unique. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’enquête de Klemet et Nina. Klemet est lapon, alors que Nina vient du sud de la Norvège, elle est donc le regard vierge par qui nous découvrons cet univers.

J’ai trouvé le coté « documentaire » très intéressant, car je ne connaissais pas ce sujet et on sent que l’auteur s’est réellement documenté sur la question en essayant de présenter avec fidélité et respect la culture lapone. Le problème c’est que c’est à peu près la seule chose que j’ai trouvée d’interessante dans le roman. D’abord le rythme est très lent, et je n’ai pas réussi a entrer dans l’intrigue. Comme dans tout bon polar de ces dernières années, nous avons plusieurs intrigues entremêlées, des héros qui ont des parts d’ombre dans leur passé, et tout fini d’une manière ou d’une autre par ce rejoindre. Le problème c’est que beaucoup de ces intrigues secondaires m’ont semblées totalement vides d’intérêt, ne faisant pas avancer l’intrigue. Nina a vécu un événement douloureux et des flashback arrivent comme un cheveux sur la soupe sans qu’on sache pourquoi, au final, cela ne sert a rien dans l’histoire. Ca ne donne même pas forcément de personnalité à la jeune femme, puisqu’elle ne semble pas réagir en fonction. Et c’est Nina, mais c’est Klemet, mais aussi Aslak l’éleveur,

De même, il est vrai que il n’y a pas énormément de population dans ces contrées reculées mais tout de même les coincidences se font nombreuses et un peu trop tirées par les cheveux, surtout quand on parle de coincidences liées à des événements qui datent de plus de 30 ans. Du coup, j’ai trouvé ça trop facile, au bout d’un moment il n’y avait plus de mystère tellement dès qu’on parlait de quelqu’un qui avait trempé dans un truc louche y’a 30 ans, j’étais sure que c’était en rapport avec un des protagonistes.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été conquise par ce polar, je n’ai pas tourné avidement les pages pour découvrir le coupable. A la fin, je me forcais à le lire pour le finir, car il m’ennuyait. Ce roman a pourtant gagner plusieurs prix, et a eu pas mal de chroniques positives, mais il n’étais clairement pas pour moi.


Pourquoi Tokyo ? de Agathe Parmentier

Serafina dans Critiques, Livres le 10 février 2017, avec aucun commentaire
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Pourquoi Tokyo ?  est un livre paru aux éditions du Diable Vauvert, qui m’a attirée au vu de son synopsis, proche de ce que je m’apprête à faire. Il raconte en effet l’année que l’auteure Agathe Parmentier a passé au Japon, avec son visa Vacance-Travail (appelé aussi PVT).  S’installant dans la capitale, dans une chambre digne d’une étudiante, elle va enchaîner les petits boulots ce qui comporte notamment le fait de jouer un cadavre dans une émission policière ou encore devoir regarder 4h de vidéo gags. Elle nous raconte là son quotidien de Gaijin au pays du soleil levant.

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Avec un tel synopsis je ne pouvais que être fane, puisque nous nous apprêtons aussi a partir en PVT l’année prochaine. J’étais intriguée et curieuse de lire comment une autre française s’en était sortie. Si Agathe avoue ne pas parler japonais du tout, elle arrive tout de même a s’en sortir et à vivre à Tokyo avec pas grand chose de fixe. C’est rassurant. Les chapitres sont fait sous la forme de billets de blogs, racontés à la première personne. Le style de l’auteur est plutôt clair et net, facile à lire.

CVT_Pourquoi-Tokyo-_9566Et c’est malheureusement là que s’arrête tout le bien que je vais dire de ce livre puisqu’en réalité, je ne l’ai pas du tout aimé. Plusieurs raisons à cela. La première c’est que c’est comme tomber sur un blog, au détour de l’internet et non un roman construit. On reste en superficie. Chaque chapitre fait rarement plus de 4 pages, écrit assez gros, et du coup, on reste clairement sur sa faim. Aucun sujet n’est creusé, on ne comprend pas bien pourquoi l’auteure décide par exemple de passer 12h dehors dans tel ou tel quartier : est-elle en mission pour un magazine ? Pour le fun ? Les chapitres n’ont pas de lien les uns avec les autres et sont plus des scénettes de vie prises séparément. Peut-être dédié aux plus néophytes que moi il faut aussi ajouter qu’on n’apprend pas grand chose sur le japon au delà des clichés. Oui ils aiment le karaoké, la bouffe est bonne, ok… La seule originalité sera de mettre en avant les SDF japonais souvent rayés de la carte (postale).

Bref, autant le format blog est sympa pour un blog, mais pour un bouquin vendu grand format à environ 15€ c’est un poil abusé, surtout que j’ai depuis réalisé que l’intégralité ou presque des articles est en ligne sur son blog perso donc. Si le style clair de l’auteur est facile à lire, j’ai eu cependant plus de mal avec son ton. La française est blasée et n’encense pas le japon, ce qui n’est pas un mal puisque tout n’est pas rose, mais on a tout de même l’impression (probablement faussée, mais on est à l’écrit) qu’elle est très condescendante voir méprisante, ce qui n’est pas très agréable comme sensation.

Les articles étant écrits de manière assez impersonnelle, il faut dire en plus qu’on ne s’attache pas beaucoup à l’auteure, on sait a peine qui elle est et ce qu’elle fait. Cela peut être volontaire de s’effacer mais dans le cas présent ça m’a totalement empêchée de rentrer dans l’intrigue ou de ressentir quoique ce soit avec le personnage. Vous l’aurez compris, cette lecture ne fut pas très passionnante malgè le fait que j’étais pourtant le public Je ne vous recommande donc pas spécialement cette lecture.


20 ans avec mon chat de Mayumi Inaba

Serafina dans Critiques, Livres le 16 janvier 2017, avec aucun commentaire
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20 ans avec mon chat est un roman de l’auteure japonaise Mayumi Inaba. Ce petit roman de 208 pages est édité aux éditions Phillipe Picquier. Je n’avais pas spécialement prévu de l’acheter ni de le lire, mais je suis tombée dessus lors de mon passage à paris et je trouvais l’illustration jolie et élégante. Bien que paru en 2014 en france, il s’agit d’un roman publié en 1999 sous le titre de Mi no inai asa  (ミーのいない朝 ) . Synopsis ?

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Inaba est une jeune femme qui travaille à Tokyo et vit avec son mari. Un soir, lors d’une ballade nocturne, elle découvre un petit chaton coincé dans le grillage.  Elle décide de le ramener avec elle, et le baptise bientôt Mi. La chatte va rester avec elle et les deux vous vivre une amitié de 20 ans, qui survivra aux séparations, aux déménagements et à l’évolution du monde.

ob_791c09_20anschatinabaQuand on voit le titre, qu’on lit le synopsis, il est évident qu’il n’y a pas grande intrigue dans ce roman. Il s’agit plus d’une tranche de vie. Nous suivons simplement le parcours de Inaba et de son chat, leur relation fusionelle et les petites péripéties de la vie. On suit l’histoire personnelle et professionnelle d’Inaba en pointillés, cette femme qui se rapproche énormément de l’auteure jusqu’à partager son prénom. Sa passion est l’écriture, elle est poète et d’ailleurs le roman est entrecoupé de poèmes qui doivent probablement mieux rendre en japonais. Bien que travaillant au début du livre dans un tout autre domaine, petit a petit, sa passion va prendre le dessus et elle va se consacrer à l’écriture, sous le regard paisible de Mi.

Mi est la véritable héroïne, une petite chatte, craintive mais avec ses habitudes, qui aime dormir sur le couvercle de la baignoire, qui aime sa petite ballade nocturne. Mi est une chatte bavarde, d’ou son nom, Mi étant son petit cri. Elle n’est pas capricieuse et suivra sa maîtresse qui passera d’une maison de campagne à un appartement a Shinagawa, quartier en pleine expansion de Tokyo. En pointillés, c’est aussi l’évolution du Japon que nous lisons, l’expansion massive de Tokyo, et le quartier qui était une porte de la ville à l’époque ou elle s’appelait encore Edo se transforme. Comme souvent dans les romans japonais, la plume est mélancolique et contemple le passage des années sans vraiment pouvoir y faire grand chose. Pas de jugement de valeur, pas de c’était mieux avant, c’est juste différent.

C’est un roman d’une grande douceur, émaillé des poèmes de l’auteur. Il se lit extrêmement bien, malgré son coté parfois contemplatif. Il s’agit d’un roman cependant très terre à terre et les scènes peuvent parfois être presque brutales tant elles sont nues. L’auteure ne fait pas dans le sentimentalisme exacerbé, mais on ressent son amour pour son chat à chaque page. Et je ne vous spoilerais pas en vous disant qu’avec un titre pareil, on connait la fin. Le titre en français étant cependant plus « pudique » que le titre japonais original si vous le comprenez. Cependant la fin est amenée toute en douceur, avec un final très lumineux. C’est un roman qui plaira aux amoureux des chats, même si il ne sera pas facile.

Vous l’aurez compris, j’ai été enchantée par ce petit roman qui fait tout juste 200 pages. Je ne peux que vous le conseiller, si vous aimez les chats, le japon ou les deux à la fois.


La Voix du Sang, Blood Song T1 de Anthony Ryan

Serafina dans Critiques, Livres le 11 janvier 2017, avec aucun commentaire
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Blood Song est une saga de Fantasy écrite par Anthony Ryan, dont le premier tome La Voix du Sang est récemment sortie chez Milady après être passée par le grand frère Bragelonne. Ayant récemment renoué avec la fantasy, je me suis lancée dans ce gros premier tome de 850 pages avec entrain. Synopsis ?

Vaelin Al Sorna est le fils du Seigneur de Guerre du Royaume Unifié. Il aurait pu succéder a son père si il n’avait été confié dès son plus jeune âge au Sixième Ordre, une sorte d’ordre monacal de guerriers. Entraîné pendant toute sa jeunesse au maniement des armes et à la survie, il découvre rapidement qu’il est un guerrier extrêmement doué et que sa destinée semble écrite dans le sang.

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Pour être tout a fait honnête, il faut reconnaître que le pitch est pour le moins classique. Un mec qui apprend a devenir un guerrier, via un ordre super strict, qui devient un guerrier ultra badass, merci, mais c’est de la fantasy que je connais. Le pitch n’est pas original, mais cependant, j’ai été plutôt charmée par la première partie du roman qui se concentre sur l’apprentissage de Vaelin. En effet, nous découvrons ce fameux Sixième Ordre, ordre guerrier, les camarades de Vaelin, et les épreuves qui vont les attendre pour pouvoir finalement achever leur formation. Les épreuves sont variées, bien étalées dans le temps, et ménagent le suspens : ils sont envoyés seuls survivre dans la nature, passent pas des épreuves de type gladiateurs, ce n’est certes pas le truc le plus original, mais c’est bien écrit et bien construit.

Le roman alterne avec des moments au présent qui se déroulent alors que Vaelin à un certain âge et raconte son histoire avec ses flashbacks. Ce procédé, déjà vu dans d’autres monuments du genre comme Le Nom Du Vent peut ajouter du relief a l’histoire, voir une tension dramatique. Cependant, ici, j’ai trouvé que les aller-retours dans le présent était plutôt confusants, et n’amenaient pas grand chose à l’histoire. Car en effet, les événements du présent sont très très éloignés de toute la première partie, et ne commencent qu’à devenir intriguants que sur la deuxième  partie soit après 400 pages.

Blood song by Anthony RyanEt malheureusement, la deuxième partie est celle qui pèche pour moi. En effet, si la première partie est un roman d’apprentissage, on suit les aventures de Vaelin sans réellement le connaitre. Bien que le narrateur soit omniscient, nous ne comprenons que peu Vaelin, celui-ci a malheureusement peu de reliefs et de traits de personnalités. Là, après avoir fermé le roman, je suis incapable de décrire le caractère de notre héros. Il répond aux événements, et il est courageux ok, mais nous découvrons dans la deuxième partie qu’il est très pieux, ce qui a peu été abordé auparavant par exemple. De ce fait, ses décisions de guerrier m’ont parfois semblé  sortir de nulle part, sans autre fondement que servir l’intrigue. Autant le fait de voir un Vaelin « suiveur » n’était pas gênant dans la première partie où il était apprenti, autant dans la deuxième partie, cela rend l’intrigue beaucoup moins palpitante. J’ai eu du mal a saisir les enjeux et comprendre les réactions de notre héros. De même ses pouvoirs et notamment cette voix du sang qui donne le titre au roman est abordé de manière très tardive et arrive un peu comme un cheveux sous la soupe.

L’univers semble assez fouillé, et je ne doute pas que l’auteur ai tout cela très clair dans sa tête, malheureusement, beaucoup de zones restent dans l’ombre, et il est difficile de comprendre réellement les tenants et aboutissements des intrigues politiques et intrigues de pouvoir.  J’ai donc plus eu l’impression de regarder un film sur cette deuxième partie que de réellement rentrer dedans et vibrer pour les héros. De ce fait malheureusement, l’essai de la première partie ne semble pas transformé et en refermant le gros premier tome, je n’avais pas spécialement hâte de lire la suite. Bien que la fin soit ouverte, je n’avais aucune anticipation par rapport à une suite potentielle. Pourtant, je ne doute pas que les aspects peu évoqués comme la magie, à peine abordée ici, y seront plus développés.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas spécialement séduite par ce premier tome. Sans être une lecture désagréable, elle n’a pas réussi à me tenir en haleine et me donner envie de continuer plus avant avec Vaelin. Son faible développement psychologique et l’univers au final assez cliché ont eu raison de mon enthousiasme. Je vous conseillerais cette saga uniquement si vous cherchez de la fantasy de base, sans plus.

 


Concours : Gagnez un recueil « Un Noël sans nom »

En partenariat avec les éditions de L'homme sans Nom

Serafina dans Livres le 3 janvier 2017, avec 1 commentaire

Un Noël sans nom est un recueil de nouvelles de 72 pages paru aux Editions de l’Homme sans Nom. Ces histoires hivernales regroupent les auteurs de la maison d’édition et de nouveaux talents. Chez nous on note surtout Oren Miller dont j’avais adoré la revisite du Comte de Monte-Christo.

La maison d’édition propose à l’un ou l’une d’entre vous de gagner un des recueils.

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Pour cela, il faut répondre à la question suivante : Quel est le nouvel auteur de la maison d’édition ? La réponse se trouve sur leur page facebook ou sur leur site web.

Le concours dure 2 semaines et est réservé à la France. Vous pouvez augmenter vos chances de gagner des manières suivantes :

  • Nous suivre sur facebook ou twitter : 1 chance de plus
  • Partager ce concours sur facebook ou sur twitter : 1 chance de plus.

J’espère que ce concours vous fera plaisir, il sera ouvert 2 semaines ! Bonne chance à tous ! Evidemment les commentaires ne seront pas validés pour éviter toute triche, donc ne vous inquietez pas de ne pas voir le votre.


La Maison des Morts de Sarah Pinborough

dabYo dans Critiques, Livres le 18 décembre 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Parmi les sorties de cette fin d’année on retrouve chez Milady un très beau petit livre relié entre le grand format et le proche, et avec une tranche toute noire. Ce n’est autre que La Maison des Morts de Sarah Pinborough, tout juste traduit par Florence Moreau. Il s’agit d’un récit à la croisée des genres, entre littérature jeunesse, science fiction, horreur et histoire d’amour. Avec un aspect général aussi travaillé, la loi des belles couvertures pouvait nous laisser craindre le pire sur son contenu, mais abrégeons le suspens car il n’en est rien. Synopsis de ce très bon roman.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough

Toby tout comme les trois autres occupant du dortoir numéro 4 attend la mort avec angoisse. Il essaye de se le cacher, mais lui aussi a peur. Ils ont tous peur, les enfants de La Maison des Morts, tous malades qui sont, enfermés là en attendant que la maladie se déclenche pour disparaitre en quelques jours comme s’ils n’avaient jamais existé. Leur vie d’avant n’a plus aucun sens depuis qu’ils ont été dépistés comme porteur du gêne déficient.

Nous allons donc suivre la vie de Toby dans ce qu’ils surnomment la Maison des Morts, une sorte d’asile fermé dans lequel sont regroupés les enfants dont les tests sanguins ont révélé la mystérieuse maladie. Nous n’avons aucune idée de ce que fait cette maladie, et les enfants ne le savent pas non plus. Tout ce qu’ils en savent, c’est qu’elle se déclenche sans préavis et qu’à ce moment là, le malheureux élu fini par disparaitre en quelques jours. Pas n’importe où, au sanatorium dont personne ne revient jamais, partant sur un brancard par l’ascenseur au centre du bâtiment et emmené par des infirmières qui ne parlent jamais.

La narration est à la première personne, c’est donc les états d’âme de Toby que nous allons connaître. Ses relations avec les autres enfants de la maison, ses connaissances sur la maladie, son état d’esprit, sa vision de la mort et de l’enfer que représente la Maison. C’est un personnage attachant mais aussi très sombre, ce qui participe en grande partie à l’ambiance du roman qui est hautement dépressive. De facto, être enfermé dans un endroit pour y attendre la mort a de quoi rendre fou, mais comme il s’agit d’enfants au développement intellectuel différent, on y voit tout un panel de réactions possibles et ce côté est plutôt très bien écrit.

Le roman de Sarah Pinborough ne vise pas le réalisme absolu, mais tient franchement la route sur ces points là. Chaque enfant qu’on apprendra à connaître à travers les yeux de Toby a une personnalité, sa façon de réagir à la situation, un comportement particulier. L’histoire ressemblerait presque à un huis-clôt et le fait qu’ils soient tous enfermés, tous se sachant condamnés, fait tout de suite monter la pression pour le lecteur. On a vraiment le sentiment que tout peut exploser à tout moment, qu’il suffit d’une étincelle pour mettre le feu à l’ensemble.

Ce sentiment augmente au fil de la lecture car Toby, initialement résigné et attendant sa mort sans vraiment se permettre de vivre, est comme réveillé par l’arrivée de nouveaux résidents. Il les avait tout d’abord copieusement ignoré, eux qui viennent déranger son train train quotidien, jusqu’à ce que l’une d’eux découvre son secret. S’engage alors l’histoire de notre roman, l’histoire d’amour entre deux adolescents. On voit tout de suite le problème d’une telle histoire quand la fin en est déjà écrite pour les deux protagonistes.

La Maison des Morts de Sarah PinboroughEt c’est là où La Maison des Morts est à la fois superbe et horriblement cruel. Cette pression qui était déjà présente s’intensifie, car on a aucune envie de voir l’histoire de Toby mal se terminer. C’est une histoire d’amour que l’on entrevoit arriver mais qui est superbement bien écrite, et qui donne forcément l’espoir au lecteur de la voir se terminer d’une heureuse façon. Cette histoire de maladie est elle vraie ? N’est il pas possible de s’enfuir ? Ne gâchons pas le plaisir de la lecture, mais ces questions poussent le lecteur dans une situation assez difficile, où l’on sait que tout risque de basculer à chaque nouvelle page, page qu’on ne peut s’empêcher d’avoir envie de tourner.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough est donc une très belle lecture, celles qui du premier abord semblent anodines mais qui finissent par vous absorber tout entier jusqu’au dénouement final. Une fin plus que réussie qui marque et laissera de la lecture du roman un souvenir marquant.

 


Souvenirs Volés est une des rares traduction parue aux Editions du Chat Noir. La maison se concentre en effet surtout à publier des auteurs français mais propose aussi des traductions de romans graphiques. Ici, c’est Selina Fenech, une illustratrice Australienne dont le premier tome est traduit par Cécile Guillot. Synopsis ?

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Memory se réveille dans le brouillard, mais au sens figuré du terme. Elle ne sait plus qui elle est, ni ou elle est. D’ailleurs Memory n’est même pas son vrai nom mais celui dont l’a affublée une jeune fille rencontrée au détour d’un bois : Eloryn. Eloryn qui se revèle être une princesse en fuite d’un royaume dévasté.

Souvenirs Volés est un roman plutôt axé Young Adult, avec un univers de fantasy de contes de fées : des princesses, des reines mortes en couche, un vilain sorcier, un beau gosse prêt à aider ses dames, on est dans un monde enchanté. On aime ou pas, mais c’est comme ça, et là dessus le roman est bien rendu. On est dans ce lieu féerique où l’on sait que tout est possible et on se laisse porter. Il n’y a pas forcément de seconde lecture plus adulte comme dans d’autres romans du genre avec des morales complexes, là on est juste dans une aventure pleine de rebondissement qui m’a fait penser au 10ème Royaume, cette mini-série de téléfilms que j’avais adoré.

selina-fenech-souvenirs-volesEt surtout, ce roman est servi par les magnifiques illustrations de Selina Fenech réalisées au crayon qui illustrent des moments clés de l’intrigue.Nous découvrons donc les personnages sous sa mine et il faut dire qu’elle a un sacré coup de crayon. Le livre est un très bel objet et les impressions rendent justice aux dessins de l’auteur. Cela aide beaucoup à visualiser l’univers et les personnages.

La traduction réalisée par Cécile Guillot met en valeur le roman, le style est simple et lisible, nous permettant facilement de comprendre ce qu’il se passe, et croyez moi il y en a des rebondissements. C’est donc une lecture agréable et les pages se tournent sans même s’en rendre compte.

Vous l’aurez compris, c’est une lecture agréable, même si la simplicité de l’intrigue et de l’univers m’ont un peu genée, question de gout, ce n’est donc pas un coup de coeur. Par contre, si vous cherchez un cadeau pour votre jeune ado, je vous le recommande totalement.