Livres
1284 832 articles

Dernièrement dans la section Livres d'if is Dead:

Les Aventures Métalliques d’Alfred von Bierstüb de Janpi

Barbus Metalliques

illman dans BD, Critiques, Livres le 26 mai 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Les Aventures Métalliques d’Alfred von Bierstüb de l’auteur français Janpi est une bande dessinée paru chez Objectif Mars Editions en 2012. Le thème comme vous l’aurez compris est le Metôl avec un grand M et comme j’ai les cheveux longs, je me le suis vu offrir à Noël. Du coup que vaut ce tome ?

Les Aventures Metalliques de Alfred von Bierstub de Janpi

Déjà c’est une bande dessinée à sketchs, chaque page est donc indépendante alors ne vous attendez pas non plus à un fil rouge, vous ne seriez que déçu. Il n’y pas de liant et pourtant il y avait moyen de faire quelque chose avec toutes les perches que l’auteur lance à propos du groupe du grand Alfred qui se verrait bien en Lemmy.

Le personnage autour duquel tourne la BD, c’est donc Alfred, un grand barbu et chevelu métalleux. Niveau look, on a affaire à un mix de thrasheux et de deatheux, pantacourt militaire de rigueur avec grosses pompes et la Kutte dès qu’il sort en concert. J’aimerai dire que c’est une caricature mais j’en connais des comme ça donc bon… Le gars prend son pied en amateur dans un groupe où l’on trouve aussi sa compagne nommée Gott, ça ne s’invente pas.

Les Aventures Metalliques de Alfred von Bierstub de Janpi

Forcément pour une BD ce qui va nous intéresser, c’est le dessin. D’abord les personnages, le style est assez épuré et peu porté sur les détails, l’auteur préfère ici quelque chose de simple pour renforcer le coté humoristique de l’ensemble. Personnellement le truc qui me gêne vient surtout de l’immonde machin censé servir de barbe à Alfred. Même constat sur les décors qui au delà des rares décors urbains ou de l’intérieur de notre métalleux nous pousseront à nous contenter d’un fond vert kaki la plupart du temps. C’est propre et tout mais pas bien passionnant de ce coté là donc.

De toutes façons on est là pour s’amuser des codes du métal. Les cornes, la Kutte, le look qui fait peur, le corpse paint, l’umlaut, etc… la plupart des éléments qui font le genre en dehors de la musique y sont. Les blagues ne sont pas forcément très subtiles mais la plupart ne marchent pas trop mal (le torticolis à force de headbang, ou encore les bonnes résolutions d’Alfred). On a droit à des vignettes sur certains styles, on pourrait citer pêle-mêle le speed metal, le glam ou encore le viking metal. Au moins l’auteur ne va pas inventer des trucs absurdes.

Les Aventures Metalliques de Alfred von Bierstub de Janpi

Concernant l’édition, je poserais un petit bémol vu que les pages glacées sont assez gondolées dans le mien et que ce n’est pas très agréable au toucher, après me connaissant j’ai juste pas eu de bol. En petit bonus de fin, l’auteur propose une playlist pour déguster sa bande dessinée, et même si on reste dans le classique, Janpi a plutôt bon goût.

Finalement ce Alfred Von Bierstüb vous occupera une bonne petite demi-heure et fera sourire les métalleux. Un ouvrage donc sympa à lire, loin d’être un indispensable certes mais qui mérite quand même qu’on y jettes un œil.


Les Lettres Ecarlates est le premier tome des aventures de Meg Corbyn, publié chez Milady cet automne. Rien ne différencie de l’extérieur ce livre des nombreuses séries de bit-lit qui ont été publiées depuis le début du label issu des éditions Bragelonne. Pourtant, il serait dommage de passer à coté. Synopsis ?

meg-corbyn,-tome-1---lettres--carlates-514710

Humains et créatures surnaturelles cohabitent tant bien que mal. Dans certaines villes des quartiers aux accès réglementés hébergent les créatures surnaturelles. Ces réserves ont leur propre loi et elles ne sont ouvertes aux humains que pour le commerce.  C’est pourtant là que Meg qui à tout l’air d’une humaine va trouver refuge pour échapper à ses poursuivants, et va se retrouver scrutée de près par Simon le chef des loups-garous.

meg-corbyn,-tome-1---lettres--carlates-514710Voila, rien qui ne différencie là non plus cette série des autres si ce n’est le monde mis en place. En effet, l’Enclos que l’on peut un peu comparer aux réserves amérindiennes est une bonne invention et permet d’avoir à la fois notre monde habituel et un monde en dehors des règles où les Autres font la loi. L’organisation de ces diverses créatures surnaturelles est très détaillée et très bien faite. L’auteur a pensé à tout, que cela soit l’approvisionnement des produits de première nécessité, la collaboration nécessaire avec les humains ainsi que la manière de régler les problèmes internes. C’est très carré, peut être un peu trop car à de nombreuses reprises l’auteur se lance dans de longues descriptions de la réserve et de son fonctionnement. Ces passages peuvent sembler long, cependant, ils ont une utilité, ils donnent une réelle existence à cette zone. J’étais dedans avec Meg et découvrais en même temps qu’elle les eus et coutumes.

L’ambiance et l’immersion sont les maitres mots de ce premier tome. On est coincé avec Meg dans la tempête de neige, on cherche avec elle à comprendre les règles non-dites de cette réserve . C’est vraiment très réaliste. Meg est une jeune femme un peu niaise, une sorte de Sookie, l’archétype de l’héroïne de bit-lit sur bien des points avec une forte tendance à s’auto-rabaisser. La ou généralement la plupart des sagas de fantasy sont vues du coté des humains, ici on est du coté des Autres. Les humains sont présentés comme vils et souvent bien plus violents et effrayants que les loup-garous, vampires ou créatures non identifiées. C’est assez original pour le coup et j’ai apprécié cette originalité.

Anne Bishop nous balance ici toutes les créatures d’un coup, vampires, loup-garous, esprits de la nature et j’en passe et des meilleures. Sa mythologie est relativement dense et développée ce qui explique la taille plutôt importante du bouquin. Ma préférence va aux corbeaux que j’ai trouvé absolument tordants et auxquels je pouvais tout à fait m’identifier. J’ai cru lire que l’auteure était plutôt une habituée des sagas de fantasy, je trouve que cela se ressent sur la précision apporté à l’Enclos ainsi qu’aux interactions entre les peuples. La présence d’un plan de l’Enclos ajoute aussi au coté fantasy du roman.

meg-corbyn,-tome-1---lettres--carlates-3868032

Les personnages sont un peu le point faible du livre. Meg est une niaise incarnée, Simon est un gros loup-garou effrayant mais protecteur, bref un archétype de loup alpha. J’ai été assez négative sur ce roman au départ à cause de ses personnages un peu trop clichés. Pourtant, je me suis attachée a eux au fil du temps. J’ai apprécié aussi le fait qu’il n’y ai pas d’histoire d’amour à la mord-moi-le-noeud. L’intrigue n’est pas traitée par dessus la jambe même si comme pour de nombreux cas de premiers tomes, elle est surtout là pour servir de support à la découverte de l’univers de la saga.

Bref, c’est un roman que j’ai lu par hasard, mais qui est une de mes meilleures découvertes bit-lit depuis un bon moment. L’univers est dense et il est facile de s’y plonger. Il me semble que le tome 2 vient de sortir, il est donc très probable que je me jette dessus dès que je le croiserais.


La série du Protectorat de l’ombrelle, je l’aime beaucoup, c’est une série à mi-chemin entre le steampunk, la bit-lit et la romance paranormale tout en ayant beaucoup d’humour. Les trois premiers tomes sont de très bonne facture et je ne pouvais donc pas résister au tome 4 qui n’est autre que l’avant dernier de la série ? Synopsis, garanti sans spoiler.

gail carriger sans honte alexia tarabotti

Bien qu’étant sujette à quelques désagréments médicaux, comme elle le dit elle même, Alexia n’en remplis pas moins ses devoirs. Du coup, quand un fantôme vient la trouver pour lui faire part d’une menace contre la reine, elle décide d’enquêter et d’empêcher le pire de se produire.

Si le tome 2 et 3 se suivaient de manière très rapprochée, ici, on a un timeskip de plusieurs mois et le bouquin est assez indépendant dans l’absolu. On retrouve bien sûr des personnages des précédents tomes, et la vie de ceux-ci continue d’avancer mais l’intrigue en elle même est bien indépendante. Comme toujours plusieurs histoires se déroulent en parallèle de cette enquête principale : Lord Maccoon doit s’occuper d’un louveteau qui a bien du mal à se faire à sa nouvelle condition, un fantôme approche de la fin de son après-vie, etc. Bref, il n’y a pas de quoi s’ennuyer.

Gail Carriger

Gail Carriger

L’univers développé par Gail Carriger est toujours génial. Nous sommes dans une Angleterre victorienne et steampunk très bien construite et les inventions les plus folles y semblent logiques. Alexia est un des rares personnages féminin de ce genre de séries qui n’est pas cliché, ni physiquement ni mentalement. C’est une femme forte et qui mène réellement l’histoire, sans l’être trop justement. L’histoire ne se prend pas réellement au sérieux, l’auteure utilisant pas mal de comparaisons farfelues et pointant les manquements à l’étiquette de ses héros.  C’est toujours une lecture très légère et amusante.

Pas de grande reflexion philosophique ici, mais ça n’a jamais été le but. Le rythme est agréable, même si comme toujours l’enquête reste relativement dans le background, l’importance allant aux péripéties d’Alexia et aux découvertes qu’elle va faire. Le voile commence aussi à être levé sur le passé de bon nombre de personnages, et il était temps, puisque nous sommes tout de même à l’avant dernier tome et que certaines interrogations datent du tout premier.

Dans l’ensemble, si vous avez aimé les tomes précédents, vous aimerez celui-ci et vice versa. Ca n’est pas l’originalité même, bien que cela soit très bien construit. On reste dans le même univers avec le même humour et les personnages sont fidèles a eux même sans pour autant qu’ils s’auto-parodient. Ici, pas ou peu de nouveaux personnages, c’est donc le moment idéal pour développer l’entourage de Lady Maccoon qui est assez nombreux à force et ce pour notre plus grand plaisir.

C’est un tome que j’ai beaucoup aimé et je suis un peu triste de voir la série se terminer prochainement. Heureusement, l’auteure à écrit d’autres romans dans ce type d’univers que je lirais très probablement après le cinquième tome des aventures d’Alexia !

 


Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan Heliot

Serafina dans Critiques, Livres le 14 mai 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Enigma est une série jeunesse écrite par Johan Heliot, un auteur qui ne vous est pas inconnu si vous lisez régulièrement nos colonnes. Ici publié par les éditions Rageot, il s’agit du premier tome d’une série orientée Thriller. Synopsis ?

Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan Heliot

Théo et Vera sont deux jumeaux. Les adolescents ont perdu leur mère et vivent avec leur père, écrivain de SF. Celui ci a l’habitude de se retirer dans les étendues sauvages des États-Unis pour écrire ses livres. Lors d’une randonnée, ils découvrent les cadavres de deux hommes qui semblaient les suivre… A partir de là, tout s’enchaine et la famille semble être prise dans un sombre engrenage.

Enigma est une série orientée Jeunesse mais on est loin des niaiseries du Young-Adult qu’on rencontre souvent. Ici, on est dans un Thriller qui a tout d’un pour adulte, si ce n’est qu’il est relativement court : 250 pages seulement, et qu’il n’y a évidemment pas de scènes sulfureuses. Mais à part ça, tous les ingrédients sont là : un style vif, une alternance de points de vues, des chapitres courts, de l’action, des rebondissements qui surprennent et une histoire menée tambour battant. Bon, peut être un peu trop tambour battant car il se passe réellement beaucoup de choses.

Évidemment, on ne pourra pas s’empêcher de trouver que les premières intuitions sont un peu trop souvent les bonnes, ou que les choses escaladent un peu rapidement. Cependant, c’est un roman jeunesse donc ce n’est pas spécialement dérangeant. J’ai trouvé le background des personnages très crédible, la profession d’auteur du père est bien rendue et sonne vraie, tout comme les deux jumeaux qui ont du apprendre très vite à être indépendants. Les héros sont bien sûr Théo et Vera, deux jumaux mais diamétralement opposés, l’une étant sportive et l’autre plutôt intellectuel. Ils forment un tandem qui fonctionne bien, se complétant et évoluant avec pas mal de naturel. J’ai apprécié le fait que pour le coup ce soit la nana qui soit sportive et physique, cela fait du bien, ce n’est pas parce qu’on fait du jeunesse qu’on doit faire dans le cliché.

Prédictions, Enigma Tome 1, de Johan HeliotLe style est agréable, allant directement au sujet tout en restant très clair et facile à comprendre. On n’en attendait pas moins de Johan Héliot. On trouve ici une organisation secrète qu’on croise à priori dans pas mal d’autres romans de l’auteur, montrant qu’il construit là une sorte d’univers de romans certes indépendants en apparence mais tout de même lié. De quoi encourager les plus jeunes à la lecture des autres tomes.

Prédictions est donc un premier tome qui s’avère être une lecture très rapide pour un adulte, puisque j’ai du mettre une après midi, mais qui reste agréable. A recommander à vos jeunes ados où aux jeunes un peu plus âgés, c’est un bon roman grand public qui tire partie du genre Thriller tout en étant très facile à lire.

 


La Rivière Noire de Arnaldur Indridason

Serafina dans Critiques, Livres le 13 mai 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Pour continuer ma lecture des Arnaldur Indridason , j’ai lu La Rivière Noire, ( Myrká en VO), un roman sorti en français en 2011. Il fait partie de la saga d’Erlendur, même si comme nous allons le voir, il est particulier sur ce point. Synopsis ?

riviere noire arnaldur

Erlendur est parti en vacances pour une durée indéterminée suite aux événements d’Hypotermie. Cependant, les crimes ne s’arrêtent pas, et ce coup-ci un meurtre particulièrement grave est découvert à Reykjavik. Un homme est retrouvé égorgé dans son salon, il avait en sa possession une certaine dose de Rohypnol, la drogue du viol.

Vous l’aurez compris, dans ce livre, Erlendur est totalement absent. C’est son adjointe Elinborg qui est donc l’héroïne de l’enquête. C’est un procédé que je trouve plutôt appréciable, cela permet le temps d’un livre de changer totalement de style d’enquête et de personnages. Elinborg est une mère de famille, assez agréable, et passionnée de cuisine. Elle a un style très différent d’Erlendur : elle n’est pas bougon, elle n’est pas non plus désenchantée. Cela donne un roman un peu moins noir que les précédents. Pourtant, c’est un des plus lourds au niveau de la thématique. Non seulement c’est un meurtre et non un suicide ou une disparition, et la présence du rohypnol oriente rapidement l’enquêtrice vers des cas de viol.

la riviere noire arnaldur

Bref, on est face à un cas qu’on pourrait très bien trouver dans une série américaine. La résolution elle va être typiquement Islandaise et conditionnée au fait que le coté tout petit du pays fait qu’il est possible d’inspecter par exemple la liste de toutes les admissions pour fracture dans les 6 derniers mois sur le pays. C’est marrant et en même temps réaliste, l’auteur tire partie des spécificités de son pays.

L’enquête cependant stagne un peu vers le milieu, et les passages de plusieurs pages sur la passion d’Erlinborg pour la cuisine m’ont un peu refroidie. Heureusement, le début et la fin remontent le niveau et même si on sent certaines choses avant l’enquêtrice c’est bien amené et plutôt crédible.

Comme toujours, le style est simple, assez facile à lire, les chapitres sont courts et c’est une lecture divertissante qui sait distiller suffisamment de suspens pour nous faire tourner les pages. Ce n’est pas mon roman préféré de l’auteur mais il a le mérite de changer par rapport au reste de la série. On est loin des enquêtes d’Erlendur qui sont souvent sur des cold cases et où le héros est un solitaire bougon. Cela permet aussi de mieux comprendre le personnage d’Erlinborg déjà croisé dans la série.

Bref, ce n’est pas le roman par lequel je vous conseille de commencer, mais il a son importance dans la série. De même que le suivant La Muraille de Lave, qui met en scène Sigurdur Oli pendant l’absence d’Erlendur. Cela reste une lecture sympathique mais il ne m’aura pas spécialement marqué.


Le Roi Sombre de Oren Miller

Serafina dans Critiques, Livres le 10 mai 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Le Roi Sombre de Oren Miller est une des dernières parutions des Editions de l’Homme Sans Nom  chez qui j’avais découvert l’excellent Rose Morte. Du coup, lorsque je l’ai reçu je l’ai quasiment directement entamé, il faut dire que la jolie couverture d’Emile Denis  n’était pas innocente dans l’affaire. Synopsis ?

Le Roi Sombre de Oren Miller

Ed est un étudiant plutôt brillant, dédié à une belle carrière dans les hautes sphères de l’administration. Seulement, il se retrouve accusé d’implication dans une affaire terroriste et fini condamné à la prison à vie à Ikaros Filaki, la prison la plus dure aux confins de la galaxie. Il reste à espérer qu’il meure vite… Sauf qu’il ne meurt pas, et est bien décidé à se venger.

Avec un synopsis pareil, je parie que vous n’êtes pas capable de savoir si on est dans une fiction réaliste de nos jours ou pas, bien que la couverture vous ferait peut être penser à de la Fantasy. C’est le seul point qui m’a dérangé du roman, pendant les premières dizaines de pages, je ne savais pas du tout dans quel espace-temps se situait l’histoire. Bon, lorsque j’ai vu que la prison de notre héros nécessitait l’utilisation d’un vaisseau spatial, j’ai compris qu’on était dans de la SF, contrairement à ce que je pensais lire. Ça tombe bien, ça faisait un moment que j’avais pas lu de SF.

Oren Miller

Oren Miller

L’univers mis en place par l’auteure est plutôt classique, on retrouve nos marques si on lit des livres du genre : des planètes, des stations spatiales qui sont devenues des cités dans l’espace, avec leurs politiciens corrompus, leurs strates sociétales, bref, de la SF comme on aime quoi. Sauf qu’il n’y a pas besoin d’aimer le genre pour retomber sur nos pattes avec ce roman. C’est étonnant car je suis une vraie brune pourtant, mais je n’ai compris qu’à la page 50 que comme pour Insatiable, lu juste avant, et pour lequel j’avais aussi tilté très tard, nous étions là dans la réécriture d’un monument de la littérature.

Reprenons. Ed est accusé à tort, est envoyé dans une prison au large des terres civilisées, une prison qu’on abrège souvent en IF. Oh bah voyons, et si nous parlions d’un Château d’If et d’un Edmond Dantès ? Eh oui, c’est bien le Comte de Monte-Cristo qu’on lit en filigrane. Honte sur moi, je n’ai jamais lu l’original, mais je connais l’histoire pour avoir regardé Gankutsuou qui est un anime de SF-mécha basé sur la même histoire.

Mais Oren Miller ne fait pas que de l’hommage et son histoire a sa propre personnalité, ses propres personnages absolument tous trop classes. Je sais que c’est Jatalan le contrebandier de l’espace qui a les faveurs des critiques, mais moi je suis une fane de Ed (ou Hisham comme il se fait appeler par la suite) qui est juste absolument trop classe avec sa sagesse à toute épreuve et ses catch phrases profondes et qui transpirent le charisme par tous les pores. Hisham est tellement classe que j’ai décidé d’aller me commander une jolie édition du bouquin de Dumas pour vérifier si le vrai Edmond est aussi bishi ou pas.

Le Roi Sombre de Oren MillerBien qu’inspiré du roman de Dumas, l’intrigue est tout de même très personnelle et plutôt actuelle. En effet, il me semble avoir lu que l’auteure a fait des études de droit ce qui se ressent dans la première partie du roman et dans les passages de garde à vue. De plus, les intrigues tournent beaucoup autour du coté financier des cités-état ce qui est totalement dans l’air du temps. Notre Comte utilise en effet des montages financiers pour arriver à ses fins. Il est en prime entouré d’une sorte de hackeuse que j’ai beaucoup aimée.

Bref, vous l’aurez compris, Le Roi Sombre de Oren Miller est un réel coup de coeur, ce n’est pas qu’une réecriture c’est une aventure très bien écrite et bien adaptée avec sa propre personnalité. Comme c’est un one-shot, je ne peux que vous le recommander. Il a tout ce qu’il faut : rebondissements, panel vaste de personnages à fortes personnalités, un style agréable et un rythme à la fois haletant et posé. Décidément les éditions de L’Homme sans Nom font du sans faute avec moi en ce moment.


Insatiable de Meg Cabot

Serafina dans Critiques, Livres le 24 avril 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Insatiable de Meg Cabot aux éditions le Livre de Poche avait tout pour que je ne l’ouvre jamais. Un titre qui évoquait plus Harlequin qu’autre chose, une nana parfaite en robe de soirée en couverture, et un pieu. J’adore les vampires hein, mais le combo vampire, Harlequin et décolleté, j’en ai lu jusqu’à l’overdose. Et pourtant j’aurais bien eu tort de le louper, synopsis ?

Insatiable de Meg Cabot

Meena Harper a un job qui fait rêver, elle écrit des scénarios pour une série très populaire : Insatiable. Une sorte de Feux de l’Amour. Elle vit à New York et son frérot Jon crèche chez elle. Sa voisins, Mary Lou essaie de la maquer avec un cousin de son mari. Sauf que celui-ci n’est pas si mal que cela…

Je devais être particulièrement fatiguée lorsque j’ai commencé ce bouquin, car je n’ai tilté sur le nom et prénom de l’héroine qu’une fois rendue à la page 300. Pourtant, c’est gros comme le nez au milieu de la figure ! En prime, chaque chapitre commence daté et situé comme une lettre. Sérieux, je me taperais de pas avoir tilté plus tôt ! Du coup, toute l’histoire est une vague parodie du roman de Bram Stoker. Jon est le frère de Meena et est au chomage, la Garde Palpatine n’est évidemment pas sans rappeler l’organisation de Van Hellsing ! Evidemment, ses références ne vous feront sourire que si comme moi vous connaissez Dracula par coeur. J’ai lu pas mal de chroniques négatives sur Insatiable qui n’avaient pas du tout fait le lien. Il faut dire qu’il n’est pas indiqué dans le résumé.

Mais bon, au delà de ce clin d’œil, le livre est à mille lieux des histoires de Bit-Lit moisies que j’ai pu lire et c’est rafraichissant. Déjà, on est à New York, pas en Louisiane, Mina est une nana active et qui n’a -presque- aucun super pouvoir. Elle a un travail qui la ferait plutôt figurer dans Gossip Girl qu’un bouquin de vampires. C’est d’ailleurs hilarant de la voir réfléchir à ce qui pourrait être le prochain scénario de Plus Belle La Vie, avec tout ce que cela veut dire d’illogismes. Bien sur, elle râle quand ses chefs veulent lui faire intégrer des vampires dans le scénario.

Insatiable de Meg CabotLe style est enlevé et la traduction est à la hauteur, c’est bourré de références à la pop-culture, cela se lit comme du petit lait. La plume est légère, malgré quelques traductions que je n’ai pas trop comprises. Pourquoi écrire « Omondieu » et pas « Ohmondieu » par exemple… Seul autre bémol, certains personnages n’ont pas réellement de personnalité, je pense notamment à Lucien ou Alaric qui ne m’ont pas forcément convaincue en temps que personnages. Cependant, c’est bien géré, le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas du tout tout au long des 620 pages que compte ce premier tome. L’histoire est somme toute crédible, pas de Deus ex Machina ni de personnages qui acceptent trop vite l’inacceptable.

Bref, vous l’aurez compris, Insatiable de Meg Cabot est un très bon divertissement. C’est sûr, c’est pas la saga qui vous fera réfléchir sur la terre et l’univers mais c’est un bon moment, avec des personnages attachants, un rythme qui ne faiblit pas et ce qu’il faut de références. Si vous en avez marre des resucées d’Anita, c’est le moment de passer à Insatiable !


C’est Lundi, que lisez vous ? #165

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

dabYo dans Actualités, Livres le 20 avril 2015, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

black mambo editions du chat noirAprès avoir fini Kushiel de Jacqueline Carey que j’ai pu quelque peu défoncer dans une chronique, je me suis lancé dans un recueil de nouvelles: Black Mambo des éditions du Chat Noir. Ces mêmes éditions qui ont sorti récemment Montres Enchantées une authologie Steampunk qui m’avait beaucoup plu.

Je lis donc la première nouvelle, il y en a trois ici, de Vanessa Terral. Celle ci se déroule au Maghreb où une jeune fille semble être possédée par un Djinn. Nous allons la suivre et je dois dire que le côté possession est vraiment bien foutu, malsain au possible, et pour le moment j’apprécie vraiment.

Serafina

J’ai terminé Insatiable de Meg Cabot qui reste vraiment pas mal jusqu’au bout. Une bonne découverte et j’avais des aprioris négatifs qui n’étaient pas justifiés.

J’ai ensuite commencé Les Yeux Amethystes de Enamorte, un roman graphique aux éditions du Chat Noir. Pour le moment, le début commence un poil too much, donc j’attends de voir pour me prononcer.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


A force de faire du lobbying pour la série Kushiel de Jacqueline Carey, Serafina a fini par me convaincre de commencer son premier tome dont vous pouvez lire la chronique ici. La Marque est donc le début de cette série de Fantasy aux couvertures faisant la part belle aux courtisanes et laissant songer aux intrigues de cour. Publié tout d’abord en grand format relié chez Bragelonne, il est depuis plusieurs mois disponible en poche aux éditions Milady, synopsis ?

La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

Phèdre est l’élève de Delauney depuis que ce dernier l’a racheté à la cour des nuits pour une bouchée de pain. Car c’est bien là la seule personne qui ait eu les connaissances suffisantes pour s’apercevoir que la tache dans l’œil de Phèdre n’est pas une déformation mais un don de dieu, qui fait d’elle une descendante directe de Kushiel, une véritable anguissette. Évidemment, à 10 ans, Phèdre ne sait pas encore ce que veut dire être une anquissette.

Par où commencer la critique de ce pavé de neuf cents pages ? C’est bien difficile, tant le livre est découpé en longues phases dont l’intrigue se distingue. Il faut sans doute en premier revenir sur le personnage de Phèdre, car il est finalement assez rare de voir un livre dont le héros est une esclave, une esclave du sexe qui plus est. Phèdre nous raconte ici son histoire à la première personne des années plus tard après, notamment comment elle en est venue à devenir une esclave de la maison des plaisirs, véritable institution de la Terre d’Ange. Bon, on va vite s’apercevoir que cette condition est loin d’être son statut final puisque l’auteur nous rappellera que son maître Delauney lui offrira la possibilité de choisir. Mais nous sommes tout de même fasse à une héroïne qui se prostitue et qui a été élevée dans ce but, ce qui est rare et n’est pas sans faire penser aux geishas.

La Marque s’avère en effet être de ce côté là une sorte de melting pot entre Fantasy à l’occidentale habituelle, intrigues de cour et enfin, la tradition asiatique des geishas qui sont des femmes cultivées qui peuvent de temps à autre pratiquer la prostitution. Ce mélange est assez troublant je dois l’avouer, notamment parce que j’ai trouvé que le fait d’avoir une héroïne prostituée n’apportait finalement pas grand chose à l’intrigue générale du roman. On pourrait à la base penser qu’il s’agit pour Jacqueline Carey d’une façon de faire passer un message ou une revendication, et pourtant je n’ai vraiment pas eu l’impression que c’était le cas. Du coup, je reste totalement perplexe sur ce sujet sur lequel l’auteur insiste à de très nombreuses reprises et reste d’une « candeur » désarmante, comme si le sujet était banal… J’ai eu l’impression que l’auteur ne faisant pas de différence entre prostitution et amour libre, et c’était vraiment très dérangeant là dessus. La prostitution chez les bisounours, en somme.

La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

A côté de ça, l’ensemble du roman est de la Fantasy complètement standardisée et stéréotypée. Celle où l’on se trouve en Europe mais dont les noms des pays, des peuples, et des villes ont été légèrement modifiés pour donner l’impression d’en avoir créé un nouveau monde. Franchement, je suis perplexe pour la simple raison qu’on s’y perd tant il y a de termes propres à la série. Je ne suis vraiment pas certain que mettre autant de noms qui ne disent rien ait fait gagner en immersion. D’autant que certains sont à peine évoqués, ou se ressemblent tellement qu’ils laissent le lecteur dans un flou pas franchement artistique.

Et pourtant, avec 900 pages et toutes les explications que l’auteur nous a servi, on aurait pu s’attendre à maitriser un peu plus cet univers. La mythologie qui règne sur les terres d’Elua, pays dans lequel se déroule notre histoire, est quant à elle très bien expliquée, mais presque trop. On aura souvent les mêmes explications dans une tentative d’y faire une certaine morale. Là dessus, ça ressemble un peu aux vikings qui sont persuadés que leur destin est déjà écrit. On peut cependant saluer le fait que les Terres d’Ange prennent vraiment vie, qu’on est fasse à une civilisation qui semble bien tenir et qui est reconnaissable. L’immersion reste donc bonne de ce côté là.

Le roman peut être divisé en plusieurs grandes parties, dont la première est peut être la moins intéressante, mais qui finalement passe mieux que d’autres car il y a encore la découverte de l’univers. La plus intéressante, sans aucun doute celle qui m’a donné envie de finir le roman, dure deux bonnes centaines de pages et est vraiment passionnante. Rien que pour celle ci, je ne regrette pas de m’être lancé dans La Marque. Le problème c’est qu’après avoir mis la barre très haute et avoir proposé une histoire peu linéaire, le roman s’enfonce dans près de cinq cents pages d’une banalité mortelle.

La Marque Kushiel Tome 1 de Jacqueline Carey MiladyExit l’aspect intéressant, on dit tous bonjour à Phèdre la Marysue des Terres d’Ange. C’en est tellement cliché, tellement marysuesque que c’est dégoutant et désespérant. Dans ces cinq cents pages, Jacqueline Carey n’évite aucun des clichés et stéréotypes que l’on peut connaître aux épopées de Fantasy. On s’ennuie ferme, on roule des yeux, on se dit que non ce n’est pas possible… Quel dommage ! On atteint des sommets dans le cliché avec une fin mortellement plate et ennuyeuse.

Au final La Marque de Jacqueline Carey m’a vraiment laissé perplexe. Il y a eu un très bon moment certes, mais cela me parait être plutôt l’exception que la norme. Avec ce premier tome de Kushiel, j’ai eu l’impression de renouer avec les pires moments de la Fantasy, et c’est d’autant plus dommage qu’en dehors de cela le roman est très bien écrit. Serafina s’étant laissée tenter par le deuxième tome L’Elue qu’elle a beaucoup aimé, j’hésite tout de même à continuer malgré ce premier tome en demi teinte…


C’est Lundi, que lisez vous ? #164

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

dabYo dans Actualités, Livres le 13 avril 2015, avec aucun commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

La Marque Kushiel Carey

Je suis en train de lire La Marque, le premier tome de la série Kushiel de Jacqueline Carey. Au cours de la lecture des six cents premières pages, je dois avouer que je suis passé par différentes étapes. Les deux cents premières m’ont laissé relativement de marbre. On y suit une enfant qui apprend les arts des plaisirs pour devenir une prostituée de luxe. Ce n’est clairement pas passionnant, ni dans l’intrigue, ni dans la façon de le narrer.

Viennent ensuite près de trois cents pages qui sont vraiment géniales et là dessus, La Marque obtient ses lettres de noblesse. C’est bien raconté, passionnant, on y prend du plaisir et on a vraiment envie de continuer de lire. Et puis, après ce passage vraiment génial, on tombe dans les travers de la Fantasy avec des moments complètement aberrant et beaucoup trop gros… Quel dommage.

Il me reste près de deux cents pages de lecture, mais j’ai bien peur que les meilleurs moments soient passés et qu’il me faille lire des moments bien plus plats…

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?