Ceci n’est pas un jeu est un roman de Walter Jon Williams, paru en 2009 sous le titre This is not a game. Il vient de sortir en français, aux éditions l’Atalante, traduit par Jean-Daniel Brèque. Le livre se présente sous une jolie couverture brillante avec une magnifique illustration de Frédéric Perrin. Il s’agit d’un Thriller un brin futuriste et pourrait être qualifié de Thriller Informatique. Synopsis ?

Dagmar travaille dans le domaine des ARG, pour jeux à réalité alternée (Alternative Reality Game), des jeux multimédia qui entretiennent une barrière très floue entre la réalité et le jeu. Si vous ne connaissez pas, je vous renvoie à la page Wikipédia sur les ARG. Dagmar est donc chargée de créer des scénarios pour ces jeux. Mais quand la frontière entre le jeu et la réalité devient inexistante, quand Dagmar se trouve mêlée à des meurtres et quand le monde semble en danger, que faire ?
Voila pour le synopsis. Le roman est un thriller, cela a tendance à être péjoratif dans ma bouche, mais pas ici. Nous avons en effet affaire à des chapitres très courts comme le veut le genre, mais un seul point de vue, pas de gore gratuit, ni de sexe gratuit. Bref, un Thriller qui reprend les codes à sa manière sans être un énième copier-coller du schéma à la mode. Les personnages sont plutôt hauts en couleurs, hormis l’héroïne qui apparaît assez fade. Je n’ai pas réussi à m’attacher à elle plus que cela. Mais certains des personnages secondaires, notamment des joueurs sont vraiment sympas.

Walter Jon Williams
L’idée est bonne, le scénario est plutôt haletant. L’univers des ARG est un univers évidemment passionnant et permet de nombreux retournements de situations et des dénouements originaux. Cela offre beaucoup de possibilités et l’auteur en profite bien. Je n’avais jamais lu de Thriller dans cet univers, je ne sais donc pas si je peux parler d’originalité, mais en tout cas, j’ai aimé l’univers et le concept. Je regretterais seulement le fait que la communauté de joueurs n’ai pas été exploitée à fond, j’aurais préféré une immersion du jeu dans la vrai vie plus importante. Le rythme est soutenu, et on ne s’ennuie pas un seul instant.
Un des points discutable, c’est la date à laquelle se passe ce roman. En effet, certaines technologies apparaissent comme beaucoup plus avancées que la notre (turbines pour téléphone, abonnement internet à l’échelle mondiale) mais à coté, niveau informatique, on utilise toujours les mêmes choses (Google, l’HTML…). Ce point m’a vraiment semblé bizarre car on sait à quel point les technologies de l’information évoluent vite !
Mais ce n’est rien comparé au vrai point noir. Un point noir qui consiste plus en l’identité de la lectrice qu’autre chose à vrai dire. J’ai une formation d’informaticienne. Et là, forcément, j’ai un regard très critique sur ce que le roman nous sort. Les dialogues entre programmeurs à propos de leurs programmes ne sont absolument pas naturels, ça sonne faux. Est-ce à cause de la traduction ? Je ne sais pas, mais dans tous les cas, ça choque l’oreille de l’informaticienne que je suis. Mais si il n’y avait que ça ! Mais non: ils programment en HTML. A aucun autre moment on ne mentionne un autre langage. Sauf que voilà, si vous ne le saviez pas, on ne peut pas programmer en HTML. C’est un langage de mise en forme de documents, et rien d’autre. Alors quand un nouveau programmeur demande des logiciels dernier cri pour bosser, on lui file quoi ? Un éditeur HTML et un client FTP ! Des technologies vieilles de plusieurs années déjà… Ça donne à peine l’impression que l’auteur n’y connaît absolument rien et a sauté sur les premiers termes trouvés sur Internet. En tout cas, il y a un gros problème de documentation à ce niveau. Je ne citerais évidemment pas la réplique « Le HTML est sensible à la casse » parce qu’on atteint des niveaux de honte absolument innommables.
Ce manque flagrant de documentation rend impossible l’immersion, et dérange plus qu’autre chose. Je dirais même que cela m’a passablement agacée. Le roman est bourré de références sympas de la sous-culture geek (Dune, Minus et Cortex, Star Wars, etc) ce qui aurait pu être plaisant. Cependant, les approximations et les erreurs aberrantes sur l’informatique donnent un arrière goût de superficiel et de vide.
Bref, si vous êtes informaticien, je ne vous recommande pas ce livre car il vous agacera probablement. Sinon, c’est sans le moindre doute une lecture très agréable que nous fourni Williams, un Thriller de bonne facture, dans un contexte passionnant et réaliste qui devrait vous plaire, surtout si vous aimez le monde du jeu.


Les intrigues politiques mises en place dans ce tome par 

La relation entre Damen et Ever met beaucoup de temps à s’installer, et plusieurs fois le même schéma se répète (Damen fait un premier pas, Ever est contente, puis un truc bizarre arrive, Damen se barre/disparaît, Ever doute et pense qu’il ne l’aime pas). Bon, ok, une fois, mais au delà, on commence quand même à tourner en rond. Le coté Je t’aime moi non plus est un peu longuet.

Nos héros sont dans une quête sans fin de pouvoir, de puissance, de techniques de combat, ce qui fait finalement plus penser à un jeu vidéo comme je le disais, ou même à un manga. J’ai trouvé que cela rendait le déroulement des choses linéaire. Le fait que les combats ne soient que retranscris par l’écrit, sabre un peu leur suspens. A aucun moment je n’ai suspecté la possibilité pour les héros de mourir, et l’enchaînement de nombreux combats ne fait que renforcer cette opinion. Bon, bien entendu, ce genre de sentiment fini fatalement par donner une petite surprise, ce qui est loin d’être déplaisant !



J’avoue avoir tout particulièrement été sous le charme des biones. Ces entités peuvent servir à tout, il y’a des biones d’espionnage, des biones de regie, etc. Aurore est spécialisée dans l’éducation des biones difficile (oui parce qu’ils sont conscients si on peut dire), du coup, elle en a toute une panoplie. Sur le coup, je me suis dit que moi aussi je voudrais bien des biones, ca a l’air génial. De même, les orchestrations d’Aurore sont juste des petites merveilles de narration, ca donne vraiment envie d’y être, d’en faire. Bref, l’univers technologique m’a totalement conquis, à la fois rétro et futuriste, c’est du grand art, et 
Le grand thème du livre dans une simple citation, chaque partie de la phrase représentant une partie du récit. Pourrions nous renoncer à une invention qui nous est bénéfique ? Resterions nous aveugles à ses dangers à cause de cela ? Ce roman est une lutte contre la bêtise et l’entêtement mâtiné d’un exquis nappage de 


Je parlais des gros seins de l’infirmière et c’est le deuxième point négatif. C’est fan-service à mort. Je ne compte même pas le nombre de plan culottes qu’il peut y avoir dans ce premier tome. Sans parler des seins en obus qui bougent de manière déniant toute physique. Bon évidemment, les filles sont constamment aspergées de sueur avec la bouche ouverte en cul-de-poule. Ouais. Ce coté fan-service m’est plutôt désagréable, je trouve ça très vite trop lourd. Alors certes je suis une fille, ceci explique cela.


Au final, ce premier tome me semble plus être une introduction qu’autre chose. On y place le décor, et le mystère est plus un prétexte qu’autre chose, c’est une lecture agréable, mais clairement typée jeunesse. Il n’y a pas dans ce premier tome de différents niveaux de lecture comme on peut le trouver dans d’autres oeuvres de 