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Outlander est une série de Diana Gabaldon auparavant parue en France sous le titre Le Chardon et le Tartan. A l’occasion de l’adaptation en série télévisée, J’ai Lu a réédité la saga avec le découpage originel et sous son titre anglophone, du coup. Ce premier tome avait en effet été découpé en deux auparavant. Synopsis ?

Outlander de Diane Gabaldon

Claire a été infirmière pendant la seconde guerre. Elle en a vu des vertes et des pas mures, du coup, elle n’est pas mécontente de partir enfin en lune de miel avec son mari épousé juste avant la guerre. Mais voilà, se promenant dans l’Écosse autour du cercle de pierre du coin, un mini Stonehenge, elle se retrouve parachutée en … 1743 au cœur de la lutte entre écossais et anglais.

Avec un synopsis pareil, moi qui kiffe à mort les voyages temporels et les fictions historiques, j’étais très emballée par le résumé. Et tout aussi emballée par le début du livre. Claire et son mari sont des personnages vifs, érudits, qui aiment voyager. Avec la passion pour la généalogie du mari et les connaissances médicales de Claire, on est face à des personnages forts, avec des dialogues pleins d’humour et d’entrain. Claire n’est pas une héroïne neuneu et ça, ça fait plaisir.

Malheureusement, tout ce bon début se retrouve rapidement gâté lorsqu’on aborde le cœur du bouquin : le voyage dans le temps. A partir de là, on va aller de plus en plus loin dans le n’importe quoi. Déjà, la crédibilité des personnages en prend un coup. Je sais pas vous, mais moi, si je me retrouvais parachutée y a 200 ans, je serais vachement angoissée et ferait n’importe quoi pour rentrer chez moi, retrouver mon mari, l’eau courante, l’électricité. Là, notre héroïne se laisse gentiment balader, acceptant un travail au château du coin, et tissant des amitiés. Bien sûr, pour la forme, elle essaie une ou deux fois de s’enfuir, mais c’est clairement pas la priorité dans sa tête. Je passerais sur la crédibilité du grand méchant, prêt à libérer des vilains espions pour les fesses d’un beau gosse.

Le Chardon et Le Tartan de Diana Gabaldon

Et puis surtout, contrairement à ce que le résumé me laissait penser, il ne s’agit pas réellement d’un roman Fantastique, mais avant tout d’une romance historique. En réalité le fait que Claire vienne du futur n’a quasiment aucun impact, ça aurait pu être une naufragée amnésique en 1743 ça aurait été à peu près la même chose. Non, c’est surtout centré sur l’histoire d’amour entre Claire et Jamie, beau gosse en kilt de son état. Bon, déjà, je suis pas super bon public pour ce genre de choses, mais là, j’ai trouvé Jamie totalement détestable. Okay, c’est un mec de l’époque, mais il est rustre, n’hésite pas à battre sa femme quand elle lui désobéit, bref, c’est pas du tout un mec qui me ferait rêver, donc a partir de là, leur romance m’a laissé de marbre.

Outlander de Diane GabaldonAu niveau de l’histoire, j’ai parfois eu du mal à suivre les événements, ce qui est un comble car le bouquin n’est pas petit avec ses 850 pages. Les personnages changent parfois d’avis en deux pages, surtout sur la fin, tellement que je me suis demandée si dans mon ennui je n’avais pas sauté des pages. Cependant, certaines scènes sont traitées rapidement, des événements n’apportent pas grand chose à l’intrigue et on est plutôt baladé. Bon nombre d’événements n’ont au final que peu d’impact et je n’ai jamais eu peur pour les héros, faut dire qu’après être passé 4 fois à coté de la mort, la 5ème fois ne fait plus le même effet.

Bref, une histoire qui est un prétexte, une héroïne peu crédible, un beau gosse qui fout des coups de ceinture à sa nana, des scènes pas facile à suivre… Faut bien l’avouer, cette fin d’année n’est pas la plus heureuse pour moi niveau littéraire. Ce premier tome d’Outlander de Diana Gabaldon ne m’a clairement pas convaincu et je ne lirai sans doute pas sa suite.


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C’est Lundi, que lisez vous ? #147

Serafina dans Actualités, Livres le 27 octobre 2014, avec 1 commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

Serafina

Outlander de Diane GabaldonJ’ai terminé cette semaine Outlander de Diana Gabaldon. La dernière fois que je vous en ai parlé, j’étais plutôt positive. Malheureusement, le soufflé est retombé : il s’agit en réalité purement de romance historique, avec un fantastique qui ne sert que de pretexte. Sauf que le beau gosse de l’histoire est un rustre qui bat l’héroïne (mais c’est pas grave, c’est l’époque… sic) avec des scènes bien violentes qui sortent de nulle part et des personnages un peu difficiles à cerner. Bref, ma critique parait demain, et n’est pas rose.

J’ai ensuite (re)commencé Lestat le Vampire de Anne Rice. Il ne s’agit même pas de me préparer à la sortie de Prince Lestat (car je ne sais pas quand j’aurais le temps de le lire) mais de chercher des citations pour les lectures de textes lors de ma cérémonie de mariage. Lestat étant a peu près amoureux fou toutes les 40 pages, je pense y trouver des textes sympas (ou pas !). Sur le reste, c’est un réel plaisir de le retrouver, mais bon, c’est la dixième fois que je le lis, c’est donc prévisible.


Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Punk Rock Jesus de Sean Murphy

illman dans Comic, Critiques, Livres le 24 octobre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Punk Rock Jesus est l’une des dernières contributions au monde du comics paru à ce jour du dessinateur Sean Murphy. J’avoue avoir une certaine passion pour le trait du monsieur et ses précédentes œuvres, notamment une run sur Hellblazer et American Vampire Legacy chroniqués précédemment ici. C’est pourquoi lorsque Urban Comics s’est proposé d’éditer ce Punk Rock Jesus, au titre qui sonne déjà provocateur, j’ai immédiatement sauté sur l’occasion. Cette fois-ci Sean Murphy s’est aussi occupé du scénario.

Punk Rock Jesus de Sean Murphy

Une maison de production a l’idée du siècle pour une télé-réalité : filmer la vie d’un Jésus cloné à partir de traces d’ADN du Saint Suaire sur l’île de J2. Dans une Amérique fanatisée et pourrie par l’argent, le jeune Chris sera bien le prophète mais pas celui qu’ils attendent. Et c’est au travers de la musique punk et sous la protection de Thomas McKael, ancien membre de l’IRA qui cherche la rédemption auprès de ce nouveau messie, que Chris veut entamer sa révolution.

Ça c’est pour les grandes lignes sans en être l’unique histoire étant donné que la jeunesse de Thomas va prendre une grande place dans ce livre aussi en s’entremêlant avec. Car au-delà d’une histoire qui nous change de nos habitudes, ce sont les personnages qui la portent qui font toute la différence. Les deux personnages principaux sont Chris et Thomas. Le comics s’ouvre d’ailleurs sur une scène marquante dans la vie du alors jeune Thomas McKael et qui va conditionner le personnage alors qu’on le retrouve 25 ans plus tard assurant la sécurité de J2. Véritable armoire à glace, le bougre est un motard ultra badass. On aura droit à des flashbacks le long du livre pour nous expliquer comment il en est arrivé là et pour creuser ce personnage au passé trouble.

Punk Rock Jesus de Sean Murphy

Puis vient Chris, notre nouveau Jésus Christ. L’idée est ici de le suivre de son immaculée conception (insémination artificielle) puis au travers des étapes importantes de sa vie. C’est un enfant coupé du monde qui va subir un retour à la réalité particulièrement violent dans son adolescence, et c’est là qu’il part en sucette. Une véritable rébellion naît en lui le poussant vers le mouvement punk, symbole d’anti-conformisme le plus aisément reconnu. L’ado propre sur lui qui se transforme en apache anarchiste, ça a forcément tout pour plaire.

A travers lui transpire le thème principal du comics, la place de la religion dans la société américaine et la vision qu’on en a. Pour l’auteur, elle est un moyen pour les marchands du temple de s’enrichir tout en contrôlant les masses incultes, de véritables fanatiques qui ont commencé à monter en puissance sous Reagan. Un rapide rappel d’histoire des États-Unis est d’ailleurs au programme lorsque Chris parvient à désactiver les filtres bénis oui-oui du « wikipedia » auquel il a accès. Pour moi ce n’est pas une critique de la religion, mais une de ce que les dirigeants, les médias et finalement les brebis égarées bêlantes qui y adhèrent en ont fait, une machine à fric dépravée et complètement asservie à une industrie du divertissement à la dérive.

Punk Rock Jesus de Sean Murphy

Le trait de Sean Murphy est précis, détaillé et incisif. Les personnages qui en découlent sont fins et anguleux ce qui donnent un chara-design immédiatement reconnaissable. Les planches sont sombres, l’encrage met dans l’ambiance. Graphiquement, l’œuvre m’a particulièrement convaincue, comme tout ce que dessine Murphy d’ailleurs.

Punk Rock Jesus de Sean MurphyLe comics contient quelques bonus. On retrouve une postface où l’auteur explique son passage de catholique pratiquant vers l’athéisme et l’influence que cela a eu sur la BD. L’auteur propose une tracklist a écouter pendant la lecture du livre allant du Punk (Stiff Little Finger,…) au Metal (White Zombie, Marylin Manson). Bien évidemment on trouve des artworks dont les couvertures des six serials, des illustrations inédites et du matériel promotionnel. La traditionnel biographie de l’auteur légèrement plus étoffée que d’habitude est aussi de la partie.

Punk Rock Jesus de Sean Murphy est tout simplement une tuerie dans le monde du comics et de facto un incontournable de toute BDthèque qui se respecte. Le label Vertigo prouve une nouvelle fois qu’il renferme de véritables pépites et Urban Comics montre son bon goût en nous le proposant. A lire sans modération.


Shining de Stephen King

dabYo dans Critiques, Livres le 21 octobre 2014, avec 1 commentaire
Critiques

Il y a des gens qui n’ont jamais lu Stephen King et j’en faisais partie pendant de nombreuses années. On est peu nombreux certes, mais ça va, on survit. Enfin, ça c’était avant que je ne me décide à lire Shining, sans doute le roman le plus populaire de l’auteur. N’ayant jamais vu le film, jamais lu de King et ne connaissant de cet auteur que le film Dreamcatcher, je n’attendais rien d’autre qu’un roman vaguement lié à l’Horreur. On peut sans doute dire que j’ai été servi. Un synopsis est il nécessaire ? Boah, faisons le.

Shining de Stephen King

Jack Torrance est un ancien enseignant, alcoolique, qui a été viré de son établissement suite à une altercation avec un élève. Sous l’emprise de l’alcool, il devient violent et sa famille en a plus que pâti. Pour se racheter, il écrit une pièce de théâtre et a trouvé un nouveau travail: gardien d’un Hôtel en haute montagne qui se retrouve complètement isolé par la neige pendant de longs mois d’hiver. Idéal donc pour venir y vivre avec sa femme Wendy et son fils Danny, et pourquoi pas enfin terminer sa pièce…

Un hôtel coupé de toute communication pendant de nombreuses semaines par la neige, un personnage alcoolique repenti sous pression, Stephen KingWhat could go wrong ? Il est évident qu’à la lecture des premières pages de ce roman, si l’auteur devait surprendre son lecteur, c’est avec un roman de 650 pages pendant lesquelles il ne se passerait aucun drame. Bon, sur le coup, vous vous doutez que je ne m’étendrais pas trop mais que cela ne vas pas forcément être le pays des bisounours, hein. On fait de l’Horreur, il va donc bien falloir que quelque chose se passe non ?

Carrie - Salems Lot - The Shining de Stephen King

J’ai bien envie d’acheter cette magnifique collection d’oeuvres de Stephen King du coup

On découvre une situation qui donne à chaque page l’impression que tout peut exploser à n’importe quel moment. C’est évidemment volontaire de l’auteur et il faut bien avouer que le saligaud se débrouille à merveille. Combien de fois on est à la limite terrorisé d’avancer dans notre lecture, on ferme les yeux de peur de voir que ça y est, tout a dérapé et le pire est arrivé. On tourne les pages motivé par cette curiosité morbide de savoir si cela va bien se terminer, tout en étant convaincu que non, ça ne va pas bien se passer.

Nos personnages occupent un hôtel mystérieux où des choses horribles se sont passées, et nous allons passer ces quelques mois d’hiver enfermé en leur compagnie. Je n’avais beau pas être au milieu du blizzard, je ressentais ce froid, cet isolement, cette terreur. L’auteur arrive vraiment à son but, celui de donner une vie au lieu, à rendre présente la malédiction qui semble l’entourer et qui nous fait comprendre que le pire est à venir. On découvre l’histoire de l’hôtel par des bribes de flashback et quelques recherches de notre héros. C’est passionnant et glaçant. J’ai encore quelques frissons à y repenser.

Shining est un roman d’Horreur à n’en pas douter, et je dois bien avouer que j’ai été horrifié. Les frissons me sont venus à de nombreuses reprises pendant ma lecture, mes poils se hérissent rien qu’en écrivant cette chronique et en me souvenant de certains passages que je lisais à la seule lumière de ma petite lampe de chevet.

Jack Torrance suscite à la fois la compassion et la colère tout au long de notre lecture. C’est un personnage qui ne laisse pas de marbre, mais qui est vraiment à double face. Son fils, que l’on va suivre de près lors de la narration parle avec son propre langage, ce qui en rend le suivi vraiment très réaliste.

Shining de Stephen KingAvec ses quelques 600 pages, c’est un long roman et Stephen King prend son temps pour construire cette ambiance. Cela peut parfois paraître un peu long mais ça va lui permettre de matérialiser l’ambiance, de faire monter petit à petit la pression. Un peu comme si l’on était devant une cocotte sur le feu, mais que cette dernière n’avait pas de quoi évacuer la pression. Le lecteur est donc là, impuissant, forcé de regarder arriver l’inévitable: l’explosion.

Shining de Stephen King est un classique d’Horreur, sans doute le roman le plus célèbre de l’auteur américain et on peut dire que son succès n’est pas usurpé. Avec de nombreux passages à vous glacer le sang, une construction méticuleuse et appliquée, l’auteur met son lecteur dans la position du spectateur impuissant avec une grande classe. A lire si ce n’est toujours pas fait.


22-11-63 de Stephen King

dabYo dans Critiques, Livres le 18 octobre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Quand on est marqué par certains livres on a très envie que d’autres le lisent, et c’est comme ça que Serafina a fini par me convaincre de me lancer dans la lecture de 22-11-63 de Stephen King. Le roman de l’auteur best-seller frôle les 1000 pages et était sorti il y a près d’un an pour l’anniversaire de l’assassinat du président Kennedy à Dallas. Tout juste édité en poche par Le Livre de Poche, il était donc temps que je me lance. Synopsis.

22-11-63 de stephen king

Jake Epping est un américain enseignant l’Anglais au lycée à la vie toute ordinaire (divorcé, ex-femme alcoolique, pas d’enfant) et ce qu’il y a de plus banal pour l’Amérique profonde. Mais voilà, c’est sans compte ce que son « pote » Al Templeton va lui faire découvrir dans l’arrière salle de son bouiboui. Car si les burgers d’Al sont si peu chers, ce n’est pas parce qu’il s’agit de viande de chat comme le veut les rumeurs, mais tout simplement parce qu’il se se fourni en viande en 1958. Et tout le monde sait que la viande était franchement moins cher en 1958.

C’est donc de retour dans le temps que le roman de Stephen King traite. La couverture, la quatrième couverture et le titre du roman ne laissent aucun doute sur l’intrigue générale du roman: comment Jake en retournant dans le passé va-t-il bien pouvoir sauver Kennedy et l’empêcher d’être assassiné par un certain Oswald. Tout un programme en effet, qui pourrait être traité de bien des manières, politique, espionnage, fantastique, on en passe des vertes et des pas mures.

Stephen King

Stephen King

Là dessus, il faut bien avouer que Stephen King a un certain côté Stephen King: c’est à travers des personnages de l’Amérique profonde que l’on va vivre toute cette aventure. Jake, le héros, évidemment, mais aussi Al, Saddie et d’autres personnages hauts en couleurs, du passé ou du présent, qui vont faire irruption dans notre histoire et qui ont souvent été marqués par une vie pas franchement facile.

A la base, je dois bien avouer que je m’attendais à une Aventure, celle avec un grand A, comme Aventure et aussi comme Action. Mais c’est sur les personnages et leur psychologie que nous allons nous concentrer. Le roman va en effet tout autant traiter de l’histoire de l’Amérique, de cet assassinat soudain et cruel, que de notre personnage principal et de ses émotions. Comment passe-t-on plusieurs années dans le passé ? Peut on se contenter d’attendre des années en se tenant à l’écart de la société de l’époque ?

En effet, si notre héros débarque autant d’années avant l’assassinat (5), ce n’est pas pour rien et Stephen King va en profiter. Pour dépeindre l’Amérique de l’époque, pour dépeindre les tragédies de la vie aussi. On va retrouver de nombreux thèmes chers à l’auteur, des motifs qu’on retrouve fréquemment dans ses romans et qui l’obsèdent. L’alcool évidemment, vous vous en doutez, les drames familiaux, les colères subites dont les traces restent indélébiles, la violence « banale » de la société en somme.

Nous allons voyager avec le personnage. A nous la découverte de l’Amérique des années 60. Je crois que je n’ai que rarement autant ressenti le dépaysement avec un livre. J’avais vraiment l’impression d’y être, bien plus qu’en regardant un film sur l’époque. J’étais avec Jake dans sa belle caisse qu’il a acheté pour une poignée de dollars américains. Je découvrais l’Amérique de la ségrégation, les esprits encore complètement opposés à l’égalité raciale, où les blancs avaient droit aux toilettes confortables tandis que les noirs devaient se contenter de la rivière.

22-11-1963

Le tout avec un fil rouge, celui du temps et une théorie: ce dernier ne souhaite pas être changé. C’est un aspect très important du roman sur lequel Jake, qui narre son aventure à la première personne, va insister à de très nombreuses reprises. Parfois un peu trop je trouve, comme si le fait de le répéter allait créer l’effet scénaristique, alors que c’est plutôt les péripéties qui devraient le s’en charger.

Au rayon des reproches, on pourra tout de même citer la fin. Car le roman est vraiment bon, et malgré qu’il ne relate qu’une vie au quasi jour le jour d’un type tout à fait banal (bon, il est dans le passé quand même), il est passionnant du début à la fin. Stephen King arrive à rythmer ses chapitres malgré une histoire qui, objectivement, ne l’est pas franchement. Elle traite de la vie de tout les jours, et pourtant, on est captivé. Il y a du coup quelques paroxysme où la tension dramatique et émotionnelle est vraiment très haute.

22-11-63 de stephen kingMais du coup, la fin, sans doute l’aspect le plus difficile à écrire, m’a vraiment laissé sur ma faim. Avec un tel déroulement, il fallait une fin d’un haut niveau et ce n’est clairement pas ce que j’ai pu lire. La fin m’a fait l’effet d’une sorte de soufflé, sans tension aucune, ce qui après plus de 900 excellentes pages est quelque peu frustrant. Dommage, vraiment, car l’auteur avait entre ses mains de nombreuses façon de terminer son roman et de mettre à son lecteur un dernier coup dans la gueule.

Avec son style agréable à lire, une intrigue de qualité qui exploite de façon intéressante les principes du voyage temporel, ce roman de Stephen King est un très long et très agréable voyage dans l’Amérique de l’époque. On est dépaysé au fil des pages, on vit au pays de l’oncle Sam pendant de très longues pages et c’est un réel plaisir. Bien que déçu par sa fin que je n’ai pas trouvée à la hauteur, 22-11-63 reste une perle que je ne regrette pas d’avoir lue, qui vous marque et que je recommande chaudement.


Go To Hell Tome 1 de Oxanna Hope

Serafina dans Critiques, Livres le 11 octobre 2014, avec 3 commentaires
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Oxanna Hope fait partie de ces auteurs de Bit-Lit françaises qui ont débutés dans une petite maison d’édition indépendante, ici Nergal, pour être ensuite republiée dans une grande maison. Cette fois, ce sont les éditions J’ai Lu qui ont récupéré le bébé, ceux qui ont fait la même chose avec Georgia Caldera. Du coup, j’étais plutôt intriguée par ce premier Go To Hell, le transfuge a t’il été profitable ? Synopsis.

Go To Hell de Oxanna Hope

Cassie a 18 ans et a beaucoup voyagé. Quand elle arrive au lycée dans une petite ville un peu paumée, elle ne connait personne mais se fait rapidement une réputation. Sa grande gueule et ses réactions extrêmes se font vite remarquer. En réalité, elle fuit son passé pas si « normal » et la rencontre avec son professeur de philo Damian ne va pas arranger les choses.

Bon, il faut l’avouer directement, ce premier tome de Go To Hell ne m’a absolument pas convaincu, tellement que je ne sais pas trop réellement par quoi commencer. Le moins pire est probablement le style d’Oxanna Hope: assez simple mais qui a le mérite d’être assez clair à comprendre. Le seul point noir étant l’orthographe employée pour écrire les grolles de l’héroïne : elle y porte des « docks« . On notera aussi le prologue de 4 pages qui est a peu près repris tel quel en plein milieu du roman, qui donne un peu l’impression d’une solution de facilité.

Cassie est un personnage à peu près insupportable : hautaine, qui réagit au quart de tour et qui s’en fiche un peu de blesser les gens qu’elle côtoie. On ne peut pas réellement dire que cela soit une héroïne à laquelle on s’attache. Elle cache un lourd passé, on sait qu’elle a fuit, mais à la fin du premier tome, on ne sait réellement toujours pas qui elle est – ni même ce qu’elle est – ni réellement pourquoi elle est poursuivie. Le bouquin nous laisse avec a peu près autant de questions qu’au départ. Pour les autres personnages, Damian, le prof n’agit pas du tout comme un professeur, il semble avoir une mission, mais là encore à la fin du premier tome on n’a toujours pas réellement compris ce qu’il venait faire ici.

Go To Hell de Oxanna HopeIl n’y a pas réellement d’intrigues dans ce tome, on suit l’arrivée de Cassie, et sa rencontre avec son prof et le frère de celui-ci. La première moitié du livre ne sert à peu près à rien, et ensuite une sorte d’intrigue se met en place, on sort les esprits et les méchants fantômes du chapeau. Bref, c’est comme si l’intrigue était concentrée sur les 50 dernières pages et pas du tout préparée.

Vous l’aurez compris, j’ai réellement eu du mal avec ce roman. Je ne sais pas à quel point il a été retravaillé entre la parution chez Nergal et chez J’ai Lu, mais clairement il n’est pas à la hauteur par rapport aux autres publications du même genre. On ne comprend pas réellement ce que sont les héros – sans compter que l’héroïne est à baffer – et on reste totalement sur notre faim après ce premier tome. Mais pas genre le cliffhanger qui nous donne trop envie de continuer, non, plutôt l’impression de s’être faite balader sans fil conducteur. J’ose espérer que le deuxième tome de Go To Hell relève le niveau mais je ne pense pas que je le lirais.

 

 


C’est lundi, que lisez vous ? #146

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 6 octobre 2014, avec aucun commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

Serafina

Outlander de Diane GabaldonJ’ai entamé depuis la semaine dernière Outlander de Diane Gabaldon, premier tome de la saga Le Chardon et le Tartan. Le plot est le suivant : au sortir de la Seconde Guerre, Claire se retrouve propulsée au XVIIIème siècle, dans les Highlands. Du voyage dans le temps, avec une héroïne plutôt pas mal, et en prime un point de vue historique assez documenté,  pour le moment, la recette marche. Évidemment, on sent un peu la romance aussi mais pour le moment c’est vraiment sympa.

J’ai aussi profité de mes trajets en train pour finir Reine des Orages de Marion Zimmer Bradley, deuxième tome de Ténébreuse. Il n’y a pas à dire c’est du M.Z. Bradbley sur toute la ligne : un écrit qui utilise la Fantasy pour passer ses idées, des personnages parfois à baffer, et des fins rarement heureuses. On aime ou pas, moi je fais partie de ceux qui aiment. D’autant plus que l’auteur met là en place un monde totalement différent du premier tome (400 ans séparent les deux), avec sa mythologie et ses rites. Bref, je lirais très probablement le prochain !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


L’éternité dans une heure de Daniel Tammet

Serafina dans Critiques, Livres le 1 octobre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Je vous ai déjà chroniqué un bouquin de Daniel Tammet : le très bon Je suis né un jour bleu où l’auteur raconte sa vie d’autiste asperger. J’avais bien aimé ce livre et du coup, j’ai commencé la dernière production littéraire de l’auteur qui vient d’arriver en poche aux éditions J’ai Lu avec enthousiasme. L’éternité dans heure est une collection de petites histoires ou de petits essais sur la poésie des nombres et des mathématiques, il n’y aura donc pas de synopsis !

L'éternité dans une heure de Daniel Tammet

L’auteur aborde donc les mathématiques en les mettant en relation avec des thèmes aussi philosophiques que l’éternité, la vie, la mort, ou encore des expressions artistiques comme des auteurs connus ou l’art contemporain. Chaque petite histoire part d’une anecdote personnelle bien souvent, avant d’en tirer un rapport aux maths puis d’élargir ou de prendre des exemples parlants. Bon, l’idée n’est pas mauvaise, il s’agit de mettre les maths en application de manière ludique et compréhensive. Cela peut être une bonne méthode d’appréhender des concepts aussi abstraits que les limites, l’infini et tant d’autres. Le bouquin reste tout de même accessible, on ne s’intéresse pas tellement aux maths de haut niveau, c’est donc tout à fait lisible par un lycéen.

Et c’est peut être là le problème. D’une part, j’aime bien les maths, j’en ai fait, beaucoup. Je n’ai donc pas réellement qu’on utilise d’analogies pour m’expliquer ce que c’est qu’une suite qui tend vers 0 ou ce qu’est l’infini en maths, ou encore les probabilités et permutations d’ensembles. J’ai été donc assez hermétique aux simplifications de l’auteur et à ses efforts pour rendre ces concepts compréhensibles vu que je les comprenais déjà. Ensuite, j’ai trouvé la lecture assez difficile car les histoires sont petites et ne vont pas du tout en profondeur. Heureusement que j’ai des connaissances en mathématiques ou en japonais pour comprendre les analogies de l’auteur.  A trop survoler, on frustre les personnes qui voudraient réellement comprendre ce dont parle l’auteur. C’est sans doute très clair dans sa tête mais pour nous, il faut quand même essayer de voir où il veut nous emmener et ça c’est loin d’être clair.

L'éternité dans une heure de Daniel TammetAprès, certaines analogies m’ont semblées un peu tirées par les cheveux, comme si l’auteur voulait trouver des liens aux mathématiques où il n’y en a pas réellement ou alors très très lointaines. Je sais que les nombres régissent tout, mais à un moment, il faut pas non plus exagérer leur influence.

Bref, vous l’aurez compris, je suis plus que circonspecte sur ce bouquin qui a quelques bonnes idées mais qui me semble bien trop survolé pour m’intéresser. Peut être par contre que ceux qui ont été allergiques au maths à l’école y trouveront leur bonheur, car c’est plein d’applications concrètes. Mon problème au final, c’est peut être que je ne suis pas le public ciblé par ce bouquin.


Corvus de Paul Kearney

illman dans Critiques, Livres le 23 septembre 2014, avec aucun commentaire
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Parfois, tomber sur des bons bouquins tient simplement de la chance. Que je sois rentré dans cette librairie avec la ferme intention d’en ressortir pourvu d’un bouquin quel qu’il soit et que j’apprécie ce roman est donc un hasard. Peut-être que ce qui m’a décidé c’est la couverture de LGF Studio qui faisait Empire Romain ou bien le nom de Robert Silverberg en bas de couverture ou encore le titre énigmatique en un seul mot. Toujours est-il que je l’ai lu et que j’y ai pris plaisir, direction le synopsis pour commencer à en voir les raisons.

Corvus de Paul Kearney

Après tant d’années à vendre ses services dans les conflits du continent, Rictus n’a qu’une envie donner les rênes de ses têtes de chiens, sa troupe de mercenaire, à un autre pour pouvoir passer sa retraite de guerrier à cultiver la terre auprès de sa famille. Évidemment cela ne va pas durer alors qu’enfle la rumeur d’un jeune général nommé Corvus qui aurait déjà conquis une partie du pays.

Bon j’avoue, dis comme ça c’est loin de vendre du rêve, on dirait le pitch d’un David Gemmell bas du front. Ce en quoi c’est différent, c’est dans la manière de traiter les personnages. Ici point de grands héros légendaires qui démontent tout sur le champ de bataille mais plutôt des hommes dont la renommée est peut-être un peu exagérée. La où  l’on a souvent du mec qui va défourailler le big boss d’en face pendant les mêlées, le coté martial et discipline est extrêmement mis en avant dans Corvus. Par ce que notre troupe de mercenaires, elle est reconnue pour ne pas faillir dans ses charges, pour être inébranlable, pas pour les hauts faits d’armes d’un de ses constituants, même s’ils sont aussi aidés par des cuirasses un peu « magiques ». Il règne un esprit de corps dans la vie de ces soldats et c’est sans doute ce coté uni qui m’a plu.

Paul Kearney

Paul Kearney

Les affrontements sont de fait très plaisants à lire. D’une part la stratégie y a une grande place grâce à Corvus qui se donne tout les moyens en son pouvoir pour conquérir cet empire des Macht décadent. Comme c’est un étranger, il a apporté des manières différentes de faire la guerre dans un pays où les conflits entre les cités étaient codifiés au point d’en devenir ridicule. J’ai trouvé un coté assez jouissif à ce que son armée mette des peignées aux oisifs et prétentieux Macht. D’autre part les engagements sont extrêmement violents, ils sont bien retranscrits et on sent l’impact lorsque les forces en présences se rentrent dedans, il y’a un paquet de cadavres qui traîne dans la boue quand les épées se taisent. Une percée par-ci, une charge de cavalerie par-là, le moral des troupes vacille au cours de la bataille et entraîne une fin rapide des combats sans s’embourber dans des combats peu réalistes.

Le contexte géopolitique mis en place par Paul Kearney est aussi intéressant. Car même si l’action se passe uniquement dans cet empire composé d’un maillage de cités-états, on entend un peu parler d’autres lieux et surtout d’un autre temps. Celui où les Macht avait lancé une grande campagne dans un empire voisin et où le personnage principal Rictus s’était distingué. Tout ça mis bout à bout donne un univers cohérent inspiré principalement de l’antiquité, fait relativement rare, et plaisant à lire sans doute dû aussi à la traduction de Jean-Pierre Pugi.

Corvus de Paul KearneyL’auteur nous permet aussi de voir l’envers du décor en nous narrant les agissements d’un tribun de la capitale Macht, Karnos. La présence de ce personnage est important car elle nous délivre d’un manichéisme sommaire qui aurait pu s’installer autrement. Ce personnage est plus cérébrale que combattant et c’est haranguant la foule, fomentant des plans et en mobilisant les armées qu’on le retrouvera principalement.

Corvus a été pour moi une excellente lecture. Paul Kearney a un talent certains pour mener son récit avec concision, rapidité et justesse, quasiment pas de temps mort pendant ces presque 500 pages chez Orbit en poche. Je conseille sans problème aux amateurs de Fantasy.


J’avais dévoré le premier tome de Requiem pour Sascha de Alice Scarling il y’a quelques mois qui malgré quelques défauts était quand même une de mes meilleures lectures Bit-Lit de l’année. Je n’ai donc pas tardé à entamer le tome 2, Dies Irae, qui vient de sortir aux éditions Milady toujours. Synopsis ?

Dies Irae Requiem pour Sascha Tome 2 de Alice Scarling

Suite aux événements du tome 1, Sascha a totalement changé de vie : nouvel endroit, nouvelles relations et tant d’autres choses. Alors que son ancienne vie s’efface, elle appréhende un peu mieux le rôle qui lui est dévolu tout en découvrant ce que c’est d’avoir une famille.

Alice Scarling

Alice Scarling

Difficile de vous faire un résumé tant il est compliquer de ne pas spoiler. Ce tome est bien différent du précédent. Après un début de série se déroulant dans notre monde, voici un tome qui se déroule … en enfer, rien que cela. Alice Scarling s’est donc surtout inspirée d’élements assez religieux, qui ne sont pas sans rappeler Angel Sanctuary de Kaori Yuki pour la fangrill que je suis. On retrouve des anges, des démons, une hiérarchie, des généraux trop classes, bref, c’est assez original pour de la Bit-Lit. Très clairement, ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendait en débutant le tome 1, mais ça n’est pas plus mal ! C’est pas un domaine que j’ai beaucoup vu abordé dans la Bit-Lit, on pensera à une série de Vanessa Terral.

Si Sascha n’a pas perdu de sa superbe et si sa narration est toujours aussi agréable, on a évidemment perdu les références goth qui nous faisaient nous reconnaître dans sa vie (enfin surtout moi). Mais tant pis, Sascha est attachante, et les nouveaux personnages aussi. Ce coup ci, les loup-garous ont plus de place, là ou le précédent tome mettait plus l’accent sur les vampires.

Le plus gros défaut de Sascha, à savoir penser avec ses ovaires, est bien corrigé, elle n’est plus totalement obsédée par la chose, et apprend à maitriser ses pulsions, cela rend quand même l’intrigue beaucoup plus crédible à mon goût, elle n’a pas vraiment le temps de penser à tout cela.

Dies Irae de Alice ScarlingL’histoire est menée sans temps morts et le style d’Alice est toujours très agréable, clair avec pas mal de dialogues et donc le livre se lit réellement très vite. Ce n’est pas un livre prise de tête mais il n’est pas pour autant décérébré. Cela fait plaisir de voir un bel équilibre à ce niveau.

Vous l’aurez compris, ce deuxième tome Dies Irae me convainc encore plus que le précédent : les défauts de Sascha sont estompés et surtout, l’histoire prend une tournure que je n’aurais pas imaginée mais qui est plutôt bien trouvée et bien menée. Je suis réellement curieuse de savoir ce qui va bien pouvoir émerger du troisième tome !