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Supergod est le dernier volet du triptyque sur les surhommes de Waren Ellis, dont j’ai déjà chroniqué les deux autres volets, Black Summer et No Hero. Cette fois-ci point de Juan Jose Ryp au dessin, mais Garrie Gastonny que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. D’un autre coté j’ai entendu beaucoup de bien de ce volume, est-ce que mes attentes de passer un bon moment comme à chaque fois avec Ellis à la plume seront encore récompensée ? Direction le synopsis pour un premier élément de réponse.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

L’homme et la science ne font pas forcément bon ménage, surtout lorsque ces derniers cherchent à se rassurer avec un dieu voire à s’en créer un avec tout les moyens possibles. Malheureusement cela ne se passe jamais comme on le prévoit et tout va déraper et devenir hors de contrôle. Les surhommes ne suivent que leur propre ligne de conduite et vont lâcher l’enfer sur Terre. Simon Reddin, un scientifique britannique va nous conter le cheminement de l’humanité le long de la route qui mène vers l’apocalypse.

Franchement l’histoire de Supergod est excellente et Ellis s’est fait plaisir à mettre en scène notre destruction. Sans trop en révéler il a eu quelques idées bien intéressantes et surprenantes, même si bon il y a quand même un peu de déjà-vu. Une chose est sûr, le terreau était fertile pour nous pondre des passages bien glauques avec une narration plutôt sympathique. Car le seul personnage « humain » que l’on va identifier et aussi le narrateur de l’histoire, Reddin, va nous raconter comment l’humanité en est arrivé là tout au long d’une conversation téléphonique avec un collègue scientifique américain. On va donc écouter cet homme étrange assis au bord d’une Tamise en feu, qui nous révèle les évènements tel qu’il les aura perçu, par la presse, ses contacts et les services secrets. J’ai trouvé l’approche plutôt sympathique, camouflant élégamment ce qui, en extrayant tout ces artifices, est quasiment un monologue.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

Au rayon de la thématique, le mix Science – Religion, pourtant carrément assumé par la couverture, est plutôt peu développé, c’est à la fois dommage et pas plus mal, l’idée ayant déjà était usée jusqu’à la corde ailleurs. Les surhommes sont bien sûr toujours au centre du débat et les élever au rang de déité est par contre  plutôt original. En plus, ces méta-humains ont tous des particularités bien différentes et on a jamais l’impression d’être devant des ersatz de chez  Marvel ou DC. Cela révèle aussi un fort penchant des états pour la course à l’armement qui est tout à fait dérangeant, surtout si l’on compare ces surhommes à des armes atomiques et que l’on transpose, avec un peu trop de facilité, à notre monde moderne.

Ryp me manque un peu, non pas que Gastonny ne soit pas à la hauteur mais certains aspects de son art me laisse perplexe. Je trouve qu’il se lâche beaucoup trop sur les ombres, même si ça peut influer sur le coté glauque de l’histoire, et que du coup c’est plutôt en phase avec le thème. Il y a un autre domaine où le sieur se débrouille, c’est le gore et vu l’intrigue ça va saigner sec. Vous voulez voir un Chtulhu constitué de morceaux d’humains, des monceaux de cadavre et des explosions à gogo ? Vous allez être servi, une apocalypse sans ces éléments, ce ne serai pas une apocalypse. Après, certains choix de couleurs me laissent un peu de marbre, mais bon ce n’est pas du fait de Gastonny, en tout cas pas totalement, la colorisation ayant échue à Digikore Studios.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

La publication de Milady Graphics n’a toujours pas à rougir face à ses voisines dans ma bibliothèque, couverture glacée et pages bien collées. Ce point peut paraître anodin mais les comics ont une plutôt bon taux de relecture et quand je vois mes Batman de chez Panini Comics qui coûtaient bien cher et dont les pages se barrent pour certains, c’est un détail sur lequel je fais attention maintenant. Par contre, détail agaçant sur la continuité de la série, l’éditeur a changé la tête de son logo de tranche entre No Hero et ce Supergod, je ne trouve pas ça très classe.

Malgré quelques défauts, Supergod se révèle être un très bon comics avec de sérieux atouts dans sa manche. Je vous le conseille tout autant que les autres œuvres où Ellis est impliqué. Et puis, si vous cherchez une alternative aux histoires de super-héros des gros éditeurs, son triptyque comblera surement vos attentes. Vous pouvez relire mes chroniques des deux autres, Black Summer et No Hero, aux éditions Milady Graphics eux aussi.


C’est Lundi, que lisez vous ? #45

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 21 mai 2012, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

Serafina

Malgré une semaine surtout faite de travaux et de peinture (le genre aplat sur les mur, pas le genre aquarelle à jupons) j’ai pris le train, ce qui a été l’occasion de terminer ma relecture de l’Intégrale Tome 2 du Trône de Fer. Et certaines scènes sont toujours aussi bonnes à la relecture. Je pense notamment à une scène qui avait définitivement fait de Jaime mon personnage préféré, qui est toujours aussi prenante et qui fait se réveiller la fangrill. La première scène je crois où son humour, son coté saligaud, et sa classe ultime sont vraiment mis en valeur. Enfin, on me dira que je ne suis pas objective je suppose.

L'Horloge Nucléaire, Doctor Who, de Oli SmithJ’ai aussi entamé une novélisation du Dr Who, L’horloge nucléaire de Smith Oli. Sachant que je ne regarde pas la série, ce choix peut vous surprendre, mais il faut dire que Tara que j’avais vu ce jour là me l’a filé pour que je découvre. Et effectivement j’ai découvert de quoi renforcer mes aprioris sur les novélisations de séries et ceux sur la série du Doctor Who en elle même. L’intrigue est simpliste mais pas dénuée d’intérêt, c’est surtout l’impression de lire en scénar simpliste ou une fanfic le problème : peu ou pas de pov, des phrases sujet-verbe-complément, du cabotinage à foison. On ne peut pas dire que j’ai accroché, mais par contre, ça se lit très vite. La moitié de mon trajet a suffit à m’enfiler les 192 premières pages des 230 que compte l’ouvrage.

dabYo

Nos rendez-vous ont tous été manqués la semaine dernière, puisque nous sommes en plein déménagement. L’occasion d’ailleurs de comprendre quel peut être l’intérêt de la lecture numérique quand vient le moment de mettre ses livres en cartons (on en a pas assez, d’ailleurs). Bref, j’ai tout de même profité de quelques pauses pour finir le premier tome de La Loi des Mages de Henry Lion Oldie, enfin. Vous pouvez en lire ma chronique puisqu’elle a déjà été publiée.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


La Loi des Mages est un roman de Fantasy qui nous vient d’une contrée assez peu représentée par chez nous, la Russie. Publié en deux tomes par les éditions Mnémos, il est écrit sous le pseudonyme énigmatique de Henry Lion Oldie par quatre mains, celles des deux auteurs ukrainiens Oleg Ladyjenski et Dmitri Gromov. La littérature russe ne fait pas partie de celles que je connais le plus, et en dehors du récent Metro 2033, je n’en connais quasiment aucun. Mais voilà, c’est quelque chose que j’avais envie de découvrir, et la superbe illustration de Christophe Dubois qui sert de couverture au roman a fini par me convaincre de me lancer dans ce dépaysement des plus total. Synopsis.

La Loi des Mages, Tome 1, de Henry Lion Oldie

Drouts et Rachka, respectivement Valet de Pique et Dame de Carreau, ont subi le bagne avant d’être déportés dans une lointaine contrée de Russie, perdue, où le climat est aride, la vie dure et les villageois peu nombreux. S’ils ont été condamnés à ce traitement, c’est parce que tout deux étaient des mages légaux et qu’ils se sont fait prendre pour exercice de magie. Car s’ils ont bien respecté la Loi, personne ne peut s’y soustraire, c’est celle des mages, et non celle d’une Russie qui interdit l’utilisation de la magie. Et les Barbares, unité de rafle, veillent à ce que cette interdiction soit bien respectée.

La critique de La Loi des Mages va être ardue, car il y a d’excellents points et d’autres qui viennent réellement ternir le tableau. Comme si il n’était pas possible pour le duo Henry Lion Oldie d’écrire un roman qui soit dans la norme, de se compromette pour le seul confort du lecteur. Quelque soit le terrain, nous sommes dans l’exubérance, dans le choix pleinement assumé et exécuté. C’est parfois une excellente qualité, et d’autres fois, un terrible défaut qui pourra laisser certains lecteurs sur le carreau. Mais il est difficile de reprocher aux deux auteurs d’avoir voulu aller au bout de leur idée, d’autant que certains défauts sont avant tout dus à notre grande différence de culture.

Autant le dire tout de suite, La Loi des Mages est un roman difficile. Difficile à lire, difficile à suivre, difficile à comprendre. Comme le synopsis le laisse entendre, nous allons suivre deux points de vue différents, celui de Princesse et celui du Valet. Ce sont des mages qui suivent une Loi toute particulière, Drouts est un rom, et tout deux ont une certaine mentalité, une certaine attitude qui se ressent directement dans la narration, faite à la première personne. Les deux personnages ne racontent pas leur histoire de la même façon, nous sommes en quelque sorte dans leur tête, et la manière d’amener les informations et de les présentations varie énormément en fonction du personnage. Du coup, il manque aussi parfois du contexte à ce qu’ils nous racontent, à ce qu’ils voient. Aucune introduction n’est faite lorsqu’ils se mettent à halluciner ou à se remémorer des souvenirs, ce qui rend la compréhension d’autant plus complexe.

Les choses se corsent encore un peu plus avec la culture russe. Le roman nous vient directement de cette littérature éloignée, et il est aussi très imprégné dans sa zone géographique. Les us et coutumes de là bas y sont très fortes, la façon de penser aussi, et bien entendu, la façon de s’exprimer. Les noms, les surnoms que l’on donne aux choses là bas, ou dans les camps de roms y sont fortement utilisés et le traducteur, pour nous aiguiller, s’est vu obligé d’ajouter un nombre conséquents de notes, près de 100, que l’on ne comprend pas toujours… Retenir les mots à chaque fois et comprendre lorsqu’ils sont réutilisés est tout simplement inhumain ! La traduction est vraiment bonne, et on sent que Viktoriya et Patrice Lajoye avaient à cœur de la réussir. Mais voilà, du coup, le texte est sur certains passages assez lourds à lire.

Maintenant, il est aisé de comprendre que ce sont là des choix assumés. Et ces choix donnent vraiment vie à notre monde, à nos personnages. Nous sommes catapultés dans cette Russie du XIXème, je suppose assez réaliste, laquelle connaît des mages qui ont des pouvoirs. Leur statut au sein de la société est difficile à cerner, notamment parce qu’ils sont appelés les mages légaux, mais finissent généralement envoyés dans des camps de travail, voire déportés dans une région pour être réinsérés, comme l’ont été nos deux héros. La rafle, dirigée par un charismatique Monsieur le Lieutenant-Colonel les traque, ombre du roman, apporte parfois un troisième point de vue et s’étend peu à peu sur l’histoire.

Les personnalités de nos principaux protagonistes sont vraiment très développées. Comme les personnages narrent à la première personne et y laissent passer une part d’eux, ils prennent vraiment vie. Princesse est sans doute la plus charismatique de la bande, car elle reste une ombre insaisissable, un personnage aux réactions difficiles à prévoir et qui ne laisse jamais vraiment le brouillard qui l’entoure se dissiper. A l’inverse notre valet, Drouts, est plus facile à appréhender, à cerner, et du coup, devient vite le pilier du roman pour le lecteur. Il a son franc parler, sa carrure. On sent que la vie a été dure avec cet homme condamné pour vol de cheval, et qui n’avait sans doute pas eu le choix.

La Loi des Mages nous fait donc suivre la vie deux repris de justice, déportés au su et vu de tout un village qui va devoir les accueillir. Mais leurs anciens délits ne sont pas réellement mis en avant, et on ne sait pas vraiment si ils étaient coupables. Il faut dire qu’il est vraiment difficile de ne pas s’attacher aux personnages, tant on comprend vite qu’ils ont animés d’une étique de vie, d’une ferveur pour la justice, et qu’ils ont sans doute eu à agir contre leur volonté. Ce roman est un peu le récit d’une minorité, qui pour survivre est obligée de s’avilir contre son gré. Ce sentiment est vraiment très bien retranscrit, est nous laisse dans une situation assez oppressante d’ailleurs.

La Loi des Mages, Tome 1, de Henry Lion OldieLes péripéties qui vont s’ensuivre, à chaque fois pour pouvoir survivre vont nous emmener dans une machination un peu plus grande, et nous permettre de découvrir un peu plus les contrées éloignées. Malheureusement, c’est vite rattrapé par la difficulté de compréhension et les descriptions très sporadiques que l’on peut retrouver au gré des narrations. Espérons que tout s’éclaire dans le second tome.

J’ai mis longtemps pour lire ce premier tome de La Loi des Mages, il est difficile, et il faudra au lecteur beaucoup d’attention pour le faire. Souvent, il faut accepter de ne pas tout comprendre, de remettre la compréhension à plus tard et du coup, je le conseillerai plus aux amateurs du genre, à ceux qui cherchent quelque chose qui sorte de l’ordinaire, qui ait une certaine personnalité. Car à ce niveau là, l’écrit de Henry Lion Oldie est une réussite complète, un roman différent, proposant un dépaysement des plus complets et qui va vous plonger dans une monde injuste, hostile, et difficile. Celui de Drouts et Rachka.


Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Le comic où j'ai paumé la frontière entre gentils et méchants

illman dans Comic, Critiques, Livres le 16 mai 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Black Summer fait partie du triptyque sur les surhommes du scénariste Warren Ellis, qu’on ne présente plus. On retrouve au dessin Juan Jose Ryp avec lequel il collaborera plusieurs fois, notamment sur No Hero déjà chroniqué ici. C’est chez Milady Graphics en 2009 que nous est arrivé ce tome avec pour éditeur en version originale Avatar Press. Qu’en est il de cette production de mon scénariste préféré ? Direction le synopsis.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Quand on combat pour le bien, jusqu’où peut-on aller ? Il existe un groupe de défense civile composé d’êtres augmentés pour l’attaque, les Armes. Aujourd’hui, John Horus, l’un de ses membres, décide de rendre la justice en supprimant l’autorité suprême qu’il juge corrompue, il assassine le président des États-Unis. S’en suit une chasse à l’homme contre lui et ses anciens compagnons alors que les fantômes du passé ressurgissent.

On est donc face à une histoire de super-héros complexe qui dépasse le basique de la surenchère de what the fuck comme d’autres éditeurs savent le faire, Marvel par exemple. Comme à son habitude, Ellis réussit encore une fois à surprendre avec cette fable sur la justice et le bien. Fidèle à lui même, il y dénonce les maux de la société moderne sans pour autant être aussi incisif qu’il le sera dans d’autres de ces œuvres.Il lève ici des questions morales dont je suis bien loin d’avoir la réponse, et les réponses qu’apportent les différents personnages ne satisferont pas tout le monde. Et les personnages, leur passé, motivations, sont bien le point fort de Ellis.

Mettre en scène une équipe de super héros névrosés complétement addict à leur pouvoir, ou se réveillant d’un long séjour en compagnie d’une bouteille, n’est pas chose aisée. Mais Ellis va réussir à seulement mouiller les pieds dans le domaine des stéréotypes, et s’en tire plutôt très bien en centrant son récit sur une ancienne Arme, unijambiste et alcoolique mais qui cache bien son jeu et est plus complexe qu’il n’y paraît. Bien sur les autres personnages constituant cette équipe seront aussi développés, mais c’est forcément un peu succinct vu l’épaisseur du bouquin. L’auteur aura pour cela recours au traditionnel flashback pour nous en apprendre plus sur ses Armes, en gardant bien sûr quelques secrets qui feront divaguer les fans comme le destin de Laura, personnage absent mais au combien central.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp Planche

En ce qui concerne le dessin, Black Summer est antérieur à No Hero sorti la même année. C’est légèrement plus brut ici avec un niveau équivalent. Le dessin de certains personnages est un peu faibles dans certaines cases, mais rien de sérieux et ils sont loin d’être transcendants sur l’ensemble sans leur costumes, à part peut-être Tom Noir. On retrouve aussi la désagréable manie de Ryp de faire une sorte d’effet purée mousseline sur certains mouvements, c’est moche mais moins choquant que dans No Hero. L’histoire fait aussi la part belle à un déchainement de violence graphique qui fait que ce n’est pas encore pour toutes les mains, même si ça reste plutôt décent et pas trop gore par rapport à d’autres productions que j’ai vu passer ces derniers temps. Les scènes de baston sont fourmillantes mais sans être brouillonnes. Le sieur peine un petit peu sur sa mise en scène, j’ai trouvé le découpage et la dynamique de l’ensemble un peu fade, conventionnels. Les couvertures alternatives en fin de volume sont par contre de toute beauté.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp CouverturePour ce qui est de l’édition de Milady Graphics, elle est toujours très classe en softcover avec une couverture qui met tout de suite dans l’ambiance pour la suite de ses 192 pages. Au rang des ragots, une option pour une adaptation en film a été prise sur ce bouquin.

Black Summer propose peut-être l’une des plus faibles histoire scénaristiquement pour Warren Ellis, pas forcément soutenue par le dessin d’un Juan Jose Ryp pas au top. Cela n’en reste pas moins au dessus de la moyenne et j’ai pris grand plaisir à lire ce premier tome. C’est donc une valeur sûre comme la majorité du temps avec Ellis aux commandes.


Dame de lune, Fée des brumes, est une anthologie parue aux éditions du Chat Noir et qui regroupe pas mal d’auteurs déjà connus pour faire partie du collectif des Enfants de Walpurgis: Ambre Dubois, Aline Finley, Angélique Ferreira, Céline Guillaume, Malaïka Macumi, Stéphane Soutoul, Vanessa Terral et Lia Vilorë. Un très bon augure donc, pour cette anthologie, dont la couverture ne m’attirait pas du tout du tout. Chacune des nouvelles de ce recueil est illustré par Cécile Guillot, qui a aussi dirigé l’anthologie.

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat Noir

On trouve donc 8 nouvelles qui tournent autour des femmes, souvent fatales, qui touchent toutes de près ou de loin à la magie. Parfois blanche, parfois noire. Pour moi qui aime la sorcellerie, cela ne pouvait mieux tomber ! On passe donc aux nouvelles.

L’étrange histoire du luthier amoureux de Stéphane Soutoul

Dans cette histoire, Stéphane Soutoul nous emmène du coté de Kalistran, ville imaginaire et paisible où la musique est quasiment sacrée. Il raconte une histoire d’amour très belle mais aussi très triste. L’auteur change un peu ses habitudes au niveau des lieux, fini les froids châteaux et les forêts, passons à de belles villes chaudes. On retrouve toute sa poésie, sa manière d’écrire est certes un peu plus direct, mais il sait toujours aussi bien amener des ambiances mélancoliques et sombres. Inutile de vous dire que j’ai été charmée.

Ravln de Vanessa Terral

Ce que j’apprécie chez Vanessa Terral, c’est sa culture énorme et sa capacité à lier sorcellerie et mythologie. Que ça soit du vaudou (dans l’anthologie Sorcières et Sortilèges) ou de la sorcellerie spatiale (dans Ghost Stories). Parfois on accroche, parfois pas, mais c’est toujours impressionnant. Ici, on mêle mythologie nordique et Bit-lit, un mélange très bien dosé, avec une héroïne attachante chargée de garder un espèce de mausolée. J’ai trouvé que l’action avait quelques longueurs cependant.

La légende du Dragon d’Ambre de Céline Guillaume

Céline Guillaume nous emmène au Moyen-Âge, au 12ème siècle dans une région terrorisée par un dragon. L’écriture très poétique et très belle de Céline Guillaume est toujours la même. Pour une fois, l’histoire est assez développée et je l’ai plutôt appréciée. Je regrette cependant son court nombre de pages…

Mademoiselle Hida de Malaïka Macumi

Malaïa Macumi m’avait séduite avec son recueil Les Anges de l’Ombre aux éditions du Petit Caveau. Là, elle s’intéresse à la sorcière et avec rien de moins qu’un style absolument sublime digne des romans gothiques du XIXème. Pour moi qui adore, forcément, c’est un pur bonheur. A vrai dire, c’est surtout pour moi une nouvelle contemplative, on la lit surtout pour l’ambiance. Et  l’atmosphère mise en place est captivante, sombre, malsaine, onirique, bref c’est une nouvelle que j’ai adoré. Voilà qui la confirme comme auteur à suivre !

La maison de la sorcière de Aline Finley

Dans cette nouvelle, Aline Finley, que je ne connaissais pas, mêlé passé et présent avec une héroïne moderne, qui découvre une vie antérieure où elle fut accusée de sorcellerie. On est donc dans une nouvelle assez traditionnelle, mais efficace. Typiquement le genre de nouvelles que j’aime, bien menée et les alternances entre passé et présent sont bien menés.

Vanité ou destinée ? d’Ambre Dubois

On continue avec les héroïnes modernes avec cette jolie nouvelle d’Ambre Dubois. Avec son héroïne adolescente tête à claque, elle nous emmène dans un monde féerique mais pas si gentil. J’ai particulièrement aimé les références aux légendes (notamment anglo-saxonnes, avec les unseelies, etc). Cristina, l’héroïne est bien gérée et réaliste. Le fait qu’il y ait une certaine morale renforce le coté féerique d’ailleurs.

La toile de Liadan de Lia Vilore

Retour au Moyen-Âge avec l’histoire d’un chevalier tombé amoureux d’une fée bien solitaire. Cette histoire s’inscrit dans la droite lignée de l’amour courtois de l’époque, avec des épreuves, de la chevalerie, et une belle insaisissable. C’est un mélange qui est non seulement bien mené mais très efficace. L’ambiance est aussi très bonne, les passages avec la fée frôlent l’onirisme alors que les quêtes sont bien plus terre à terre. Si le récit peut sembler un peu classique, personnellement, j’ai adoré.

Dame Astrea de Angélique Ferreira

C’est sans doute la plus longue histoire de l’anthologie, avec près de 50 page. L’histoire d’une fée, prête à tout pour sauver son prince. J’avoue que c’est aussi la nouvelle avec laquelle j’ai eu le plus de mal. La cour des fées est conforme aux clichés (on chevauche des insecte, il y a de jolis palais, une famille royale, etc), ce qui déjà ne m’a pas vraiment conquise. J’ai trouvé qu’il y avait à la fois trop d’informations et de péripéties pas toujours utiles pour une nouvelle, et à la fois pas assez pour en faire un roman. Bref, une histoire à la limite entre les deux et qui du coup ne m’a pas convaincue. Il y a un peu trop de péripéties pour des personnages pas assez nuancés à mon goût, on sait finalement assez peu de la personnalité des deux protagonistes. Du coup, j’ai peiné à la lire, et c’est dommage, car c’est elle qui achève le recueil.

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat NoirLe recueil des éditions du Chat Noir est aussi accompagné par des illustrations internes, elles aussi réalisées par Cécile Guillot. Je les ai apprécié pour la plupart bien que j’aurais préféré que l’une d’entre elles soit choisie pour couverture.

Dans l’ensemble Dame de lune, Fée des brumes est une anthologie on ne peut plus variée : de la faërie anglo-saxonne à des mondes plus modernes en passant par de la mythologie nordique, il y en a pour tous les goûts, et chacun pourra y trouver son bonheur. Il confirme aussi certains auteurs comme à suivre de près : Malaïka Macumi, Ambre Dubois ou Stéphane Soutoul.


La Route de Cormac McCarthy

C'est l'histoire de deux mecs qui marchent

illman dans Critiques, Livres le 11 mai 2012, avec 4 commentaires
Critiques

La Route de Cormac McCarthy est un roman paru à l’origine en 2006, qui a raflé le Pulitzer en 2007, et qui a été adapté au cinéma en 2009 avec Viggo Mortensen dans le rôle principal. L’édition que j’ai lu est celle de Points, avec une traduction de François Hirsch et comme couverture l’affiche du film. J’étais curieux de lire ce livre qui s’était hissé dans des tops littéraires de Fantasy-SF et qui avait eu l’honneur du grand écran, je reste toutefois sur un avis assez mitigé après lecture. Synopsis.

La Route de Cormac McCarthy

Dans un monde post-apocalyptique fait de cendres et de froid, typique d’un hiver nucléaire, un père et son fils marchent le long de la route vers la côte pour trouver un environnement moins hostile. Ils devront éviter les embûches qui les attendent le long de la route pour parvenir à leur fin.

Premier constat, il ne faut pas lire La Route si l’on veut vivre une grande histoire ou une épopée, l’histoire est plutôt lente et calme. Mais l’intérêt de notre roman n’est pas là, ici, on mise sur l’ambiance et sur les personnages, très peu nombreux, pour instiller une atmosphère et nous transporter dans un nouvel enfer.

Les personnages sont donc au nombre de deux, le père et le fils, simplement anonymes. Ils croiseront pendant quelques pages d’autres pauvres hères le long de la route, des rencontres souvent riches en émotions, la peur en général. La candeur et la naïveté dont fait preuve l’enfant à leur égard torture l’esprit du père, car le long de la route, il éduque son fils. Il lui répète sans cesse qu’ils sont les gentils et que les autres sont les méchants. C’est complètement manichéen, mais cela représente parfaitement le monde qu’ils traversent. Ces rencontres fugaces ne seront d’ailleurs pas les seuls antagonistes du roman, l’environnement sera aussi contre eux. Le froid, la maladie et la faim seront des ennemis tout aussi cruels et ajoutent à l’ambiance de fin du monde déjà pesante.

The Road de Cormac McCarthy

Au rayon des apocalypses inexpliquées mais dévastatrices, on trouvera celle de La Route, vu que l’on ne sait rien, on ne peut s’empêcher de spéculer. Forcément un monde avec des cendres à perte de vue, dépeuplé et où l’on ne sent pas la mort à 100mètre, juste le vide et le silence de la neige cendreuse, c’est intriguant. J’ai rarement lu un bouquin avec une ambiance aussi lourde, à retenir son souffle avec les personnages, et avoir envie de baffer le gamin pour qu’il la ferme dans les moments critiques.

Coté narration et mise en page, c’est assez inhabituel. On a affaire à des paragraphes assez courts, qui dépassent rarement la page, instaurant une sorte de malaise, comme un souffle court au récit. Autre élément très important dans un récit, les dialogues, ils sont ici particuliers et contribuent très fortement à l’ambiance du livre. Ils sont en effet réduits à leur plus simple expression, dépouillés de ponctuation comme les tirets ou encore les guillemets. Cela donne une sorte d’impression d’être un troisième protagonistes qui observe la scène, plutôt glauque. On se détache peu à peu de la barbarie qui émaille ce livre, le plus souvent suggéré, certains passages pourront peut être choquer les plus sensibles. Le tout pour une simple raison: l’auteur restera constamment dans le factuel pour décrire ses situations, aussi cruelles et moralement discutables qu’elles soient. Et après tout, il n’a pas spécialement besoin d’en faire plus.

La Route de Cormac McCarthySi l’ambiance est forte, il y a tout de même un réel point noir, qui m’a mis un peu sur les fesses, et c’est la fin de cette histoire. Quand tu ferme le livre à la dernière page, et que ta première phrase se résume à l’idée tout ça pour ça, on ne peut pas s’empêcher d’être déçu. Mais d’un autre coté, vu l’épaisseur narrative de l’ensemble, j’aurai du m’en douter.

Difficile de se passionner pour La Route, c’est un bouquin où il n’y a pas vraiment d’histoire et où tout est plat, laissant en quelque sorte un arrière-goût de cette cendre issue de l’apocalypse. Niveau ambiance, Cormac McCarthy est maître de son œuvre et met la pression avec son univers sans espoir, ambiance parfaitement retranscrite par la traduction. Mais une curiosité plus qu’un réel grand livre pour moi, à chacun de se faire son opinion, m’est avis qu’il y en a qui vont y chercher des explications philosophiques interminables et inintéressantes, je suis d’ailleurs tombé sur certaines critiques hallucinantes, ou hallucinées, au choix.


La sortie tant attendue de la suite du Trône de Fer outre Atlantique, A Dance with Dragons, est l’occasion de lire ou de relire ce qui est pour moi la meilleure saga de Fantasy. Ce tome 10 en édition française correspond au premier tiers du 4ème tome en version anglaise, titrée unilatéralement Le Chaos. Oui ça s’appelle du tronçonnage, et c’est ce que nous allons bientôt retrouver avec la sortie du tome 13, Le Bûcher d’un Roi, au début de cette année 2012. dabYo, à l’époque de son marathon Trône de Fer, n’en avait pas fait la critique ici, c’est donc moi qui répare cette erreur. Pas de synopsis pour des raisons évidentes, donc pas de spoils non plus.

Le Chaos commence directement après la fin du tome précédent, La Loi du Régicide. Il est cependant important de préciser que tout au long de A Feast For Crows, donc 10, 11 et 12 en français, certains personnages ne seront pas du tout évoqués. Notamment Jon, Daenerys ou encore Tyrion. De ce fait, les chapitres se concentrent sur les autres personnages, et si certains nouveaux sont très intéressants, la plupart n’arrivent pas à la cheville des absents, du moins dans Le Chaos. On découvre cependant de nouvelles terres, pleines de promesses.

Suite aux énormes coups de théâtre qu’on avait pu lire dans les tomes 8 et 9, il était a prévoir que la suite serait plus calme, histoire de replacer les pions avant de repartir. Et c’est le cas. Le problème majeur, c’est que malheureusement après de telles surenchères, de tels retournement de situation, et bien, cette première partie du 4ème tome apparait surtout comme bien molle.  Ce ne sont que de petites actions, et le torrent impétueux s’est transformé en douce rivière.

Difficile donc de réellement s’accrocher et les pages se tournent bien moins vite que pour les tomes précédents. Je dois dire que si je n’avais pas pu enchainer directement avec la suite et que je devais attendre que Pygmalion la traduise, je pense que j’aurais abandonné ce tome en plein milieu, car ça manque de piment.

Attention, cela ne veux pas dire que c’est mauvais. Le style, grandement dû à la traduction décriée de Jean Sola, est toujours très agréable à la lecture, on retrouve avec plaisir certains de nos personnages, les descriptions très visuelles permettent de bien se représenter l’action, et on a envie de vivre à Westeros. Juste que voilà, Le Chaos souffre malheureusement de la comparaison avec ses prédécesseurs qui avaient placés la barre tellement haut qu’il ne peut malheureusement que décevoir.

Il faut dire qu’en prime le découpage français n’aide pas réellement, faisant d’une introduction molasse un tome à part entière. Je ne saurais que trop vous conseiller de lire avec le découpage originel. Personnellement, c’est ce que je fais avec l’Intégrale Tome 4 du Trône de Fer, dans le but avoué de commencer bientôt A Dance with Dragons, voir au pire d’enchaîner avec Le Bûcher d’un Roi.


Chaos Bestial était le premier tome de Pandamonia, une série BD éditée par Drugstore dont le dessin et les couleurs m’avaient complètement bluffé. Le deuxième tome, nommé A l’Aubre d’un Nouveau Monde, vient tout juste de sortir, j’en ai donc profité pour donner une seconde chance à la série. Pour rappel, il s’agit d’une histoire dans laquelle nous suivons une héroïne humanoïde-panda… Qui vit dans un monde futuriste où les humains se sont injecté de l’ADN d’animal pour retrouver leur libido. Oui oui, vous avez bien lu. N’hésitez pas à lire ma chronique du premier tome pour un synopsis plus détaillé.

L'Aube d'Un Nouveau Monde, Pandamonia Tome 2, de Ecuba, Lauria et Cucca

La première chose qui ressort de ce deuxième tome, c’est que les scénaristes ont enfin décidé de nous montrer pourquoi ils avaient besoin d’être deux… Bon, ça veut pas dire que le scénario est bien hein, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Cependant, il est beaucoup plus présent et mis en avant que dans Chaos Bestial. On y découvre donc des histoires sur plusieurs niveaux, le tout se complexifie et donne quelques explications sur des personnages que l’on n’avait pas du tout cerné dans le précédent tome.

Pandamonia Tome 2 Cover Aube Nouveau Monde de Ecuba Lauria CuccaCela vient compléter les zones d’ombres que j’avais souligné et explique les liens entre les personnages. Là dessus, j’avoue avoir été surpris, même si l’idée de base et les différents coups du sort sont tout sauf originaux.

Mais ça ne change pas les problèmes de stéréotypes: quand on part avec une élue qui doit sauver l’humanité mais qui n’est au courant de rien, des grandes entreprises sans aucun scrupule qui martyrisent les gens et des rebelles au grand cœur proches des anars, on ne peut pas être bien crédible. Cependant, on peut aller plus loin. On peut y rajouter une église qui veut profiter de l’occasion pour asservir l’humanité ! Eh oui,  Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba n’ont peur de rien. Mais bon, au moins, c’est un peu plus clair et compréhensible que dans le tome précédent.

Le problème, c’est que la narration du tout est vraiment très chaotique. Comme les scénaristes ont laissé le scénario de côté dans le premier tome, il y avait fort à faire. Du coup, on se retrouve avec plusieurs planches d’affilée qui ne servent qu’à l’explication, avec de longs dialogues dans d’énormes bulles inintéressantes et difficiles à assimiler. On est face à un flot de texte et on a qu’une envie: que ça s’arrête. D’autant qu’il a lieu avec des personnages que l’on avait jamais vu, dans des endroits pas forcément passionnants et complètement statiques. Un laboratoire avec les mêmes décors sur plusieurs pages, ou un sous marin. Bref, pas la panacée.

Pandamonia Tome 2 Planche Aube Nouveau Monde de Ecuba Lauria Cucca

C’est d’autant plus dommage qu’encore une fois, les dessins de Vincenzo Cucca sont simplement superbes. Il y a bien entendu des cases dont le niveau est un peu plus bas que les autres, avec des personnages somme tout très banals, comme les rhinocéros. Mais la plupart des moments importants sont superbes. Notre héroïne, humanoïde-panda, est vraiment bien dessinée, jolie. Après, le ton est très érotique, et ce avec ou sans scène de sexe d’ailleurs. Les formes sont toujours mises en avant, les habits régulièrement déchirés, histoire de quoi.

L'Aube d'Un Nouveau Monde, Pandamonia Tome 2, de Ecuba, Lauria et CuccaAprès, ce qui est clair, c’est qu’on a encore et toujours notre dose de sexe ambiant. L’histoire ayant pris le pas sur l’action sur une bonne partie de ce tome, à n’importe quelle ouverture on nous balance notre dose: tournage d’un film porno, combat sadomaso, ou soumission par le viol, tout est une bonne excuse… Du coup, on a quand même l’impression qu’il y a une réelle fracture entre ces deux parties.

Bon et du coup, que faut il penser de ce second tome ? Bonne question. On est plus complètement sur la même optique de lecture. Alors que le précédent tome était vraiment léger, celui ci s’embourbe dans des explications qui prennent des pages et rendent la lecture difficile, limite barbante.

Quel dommage quand même, car les moments légers auraient bien réussis à me convaincre. Joli dessin, situations dynamiques, c’est agréable à feuilleter. Mais si je veux bien désactiver mon cerveau le temps d’une lecture, c’est ici impossible puisqu’on nous demande de suivre de longs dialogues qu’on pourrait qualifier de compliqués. Dommage…


C’est Lundi, que lisez vous ? #44

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 7 mai 2012, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

Serafina

L'Invincible Forteresse, Le Trône de Fer Tome 5, de George RR MartinJ’avance toujours ma relecture de l’Intégrale 2 du Trône de Fer en parallèle de notre visionnage de la série, que vous pouvez suivre chaque semaine avec Silence. J’ai donc terminé l’équivalent du tome 4 français L’Ombre Maléfique et je suis actuellement au cinquième, L’Invincible Forteresse. L’occasion de remarquer que cette saison prend des largesses par rapport aux livres, et je suis assez perplexe à ce sujet. Enfin, le livre en lui-même reste excellent !

J’ai aussi continué l’excellent recueil d’Anthelme Hauchecorne, Baroque’n'Roll dont je suis à la page 200. C’est excellent, les nouvelles flirtent entre la caricature, l’horreur, le gore et l’humour avec beaucoup de talent.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Wicked Game est le premier tome du Sang du Rock écrit par Jeri Smith-Ready paru pour dans sa langue originale en 2008, où la série se nomme WVMP Radio series. Ce premier tome vient d’arriver dans nos contrées chez Milady grâce à une traduction de Sébastien Baert, et parmi les nombreuses sorties de paranormal romance du label, Wicked Game m’a tout de suite tapé dans l’œil : sa rebelle en couverture, les couleurs noir/rouges et le mot rock. Le synopsis a fini de m’achever.

Wicked Game, Le Sang du Rock Tome 1, de Jeri Smith-Ready

Ciara (à prononcer « kira ») est issue d’une famille d’arnaqueuse. Entre deux magouilles, elle étudie la communication, et comme tout étudiante, doit trouver un stage. Elle en dégote un chez WVMP Radio, une station indépendante et locale qui passe de la musique alternative, allant du reggae au goth en passant par le grunge, où elle est chargée de l’image de la radio, des plans de com’, etc. Son passé un peu trouble ne semble pas poser problème au directeur de la radio… Il faut dire qu’il a l’habitude de contourner un peu la loi : ses DJ sont morts. Enfin, plus exactement ce sont des vampires.

Jeri Smith-Ready

Jeri Smith-Ready

Honnêtement, comment résister à un pitch pareil ? Des vampires DJ et une community-manager à la limite de la légalité ? Moi je signe immédiatement. En réalité le premier mot qui me vient à l’esprit c’est « rafraichissant ». On est loin des nombreux copycat de Twilight ou d’Anita. L’héroïne est pas investie d’une super mission, elle a même pas de super pouvoirs. Et la manière choisie par les vampires pour se camoufler, en devenant DJ et en passant de la musique de leur époque, est plus qu’originale, en rappelant quelque peu le Lestat d’Anne Rice.

En parlant de musique, cette dernière est au cœur de l’histoire et ce pour mon plus grand plaisir. On le sent dès le titre Wicked Game, qui n’est autre qu’un titre de Chris Isaak que je connaissais surtout pour avoir été reprise par HIM. L’auteur propose au début de son roman une playlist (que j’ai tant bien que mal refaite sur Spotify), et chaque titre de chapitre est un titre d’un morceau. On tape majoritairement dans le Rock et dans des grands classiques, que personnellement je connais très bien.

Chaque vampire a une mouvance musicale de prédilection, et est resté ancré dans celle-ci : on a la goth batcave, le hippie, le gosse grunge dépressif, etc. J’ai particulièrement aimé le fait que les vampires aient tous une personnalité très forte. Pour le moment, le grunge et la goth sont les plus développés mais je suppose que chacun aura son heure de gloire. L’héroïne n’est pas en reste, surtout car elle est ultra moderne et donc très crédible. J’ai plusieurs copines qui font un peu le même taf qu’elle, du coup, j’ai trouvé son job et sa manière de s’occuper de la visibilité de la radio très crédible et je n’ai eu aucun mal à rentrer dans l’histoire.

Wicked Game, Le Sang du Rock Tome 1, de Jeri Smith-ReadyL’humour enfin est loin d’être absent. Pour être honnête, je lis entre midi et deux, à mon bureau, et je me suis retrouvée plusieurs fois à devoir expliquer à mes collègues pourquoi je me marrais toute seule. L’héroïne qui achète une bougie à la pizza dans l’espoir qu’il y ai de l’ail pour éloigner les vampires, le directeur qui taille ses crayons comme des pieux, etc. On est dans un humour très absurde qui n’est pas sans rappeler l’humour des  mangas comme Parmis Eux, ou de la Bit-Lit Jeunesse comme Vampire Kisses: bête mais terriblement efficace.

Vraiment, Le Sang du Rock est définitivement une série à suivre tant ce premier tome est une vraie perle. La traduction est de très bonne facture, ce qui va vous permettre d’apprécier toutes les références et de les saisir. Si vous aimez la musique, si vous aimez les vampires et l’humour vous ne serez absolument pas déçus. C’est pour moi une révélation au même titre que Vampire Kisses et je vous le conseille fortement.