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Saito San de Masahiro Fukuma

dabYo dans Films, Séries le 14 juillet 2016, avec aucun commentaire

On continue notre incursion dans le monde des Drama japonais avec Saito San, une série de onze épisodes écrite par Masahiro Fukuma et diffusée en 2008 par NTV. Après les hôtesses de l’air ou encore le yakuza qui se fait passer pour un lycéen pour obtenir le bac, c’est cette fois vers les mères de famille qui emmènent leur enfant à l’école maternelle que nous allons nous tourner. Oui oui, vous avez bien lu. Synopsis.

Saito San de Masahiro Fukuma

Mano Wakaba est la mère de Takeru et vient tout juste d’emménager avec son mari dans un nouveau quartier. C’est pour son fils que le changement est le plus difficile, il s’est fait exclure de son ancienne école maternelle pour violence envers les autres enfants, et Mano a peur que cette information circule parmi les autres mères d’enfants de l’école… Une de ses voisines, Saito, a son enfant dans la même classe et n’est pas très populaire auprès du quartier. Au lieu de faire profil bas, elle est toujours à rappeler qu’on ne jette pas les bouteilles de verre le mercredi et dès qu’une injustice a lieu, elle ne peut s’empêcher de s’en mêler pour rétablir le droit. Qu’est ce qu’elle est embêtante !

Depuis que nous regardons des Drama japonais je dis souvent dans ces colonnes que c’est une très bonne façon d’en découvrir les us et coutumes. En France une bonne partie des femmes travaillent, qu’elles soient ou non mères d’enfants. Mais s’il y a encore du travail pour garantir la parité chez nous, on est bien loin de l’état pitoyable de celle-ci au Japon, où une grande partie des mères deviennent mère au foyer et ont pour principale occupation l’éducation de leur enfant, comme principal cadre de vie celui qu’elle partage avec les mères des camarades de classe de leur enfant. C’est sur cet univers qu’est centré Saito-San.

Saito San de Masahiro Fukuma Gym

On découvre donc cet univers impitoyable dans lequel vivent les femmes japonaises, qui s’épient, se jugent, commèrent, le tout dans le respect du joug de la culture japonaise. Cette culture qui les poussent à tout intérioriser, à fuir le conflit, à accepter les humiliations pour ne pas faire de vagues pendant que les rares profiteurs jubilent impunément. Une sorte d’ambiance complètement toxique donc, qui met en exergue l’injustice chronique de la société japonaise, un vrai challenge à regarder tant cela peut être désespérément injuste pour le spectateur. Le second personnage principal, Mano, est obnubilée par ce que peuvent penser les autres mères, elle n’a qu’une peur c’est d’être exclue de leur groupe à cause des agissements de son fils Takeru. Du coup, plutôt que de se concentrer sur ce dernier, elle fait tout pour être bien vue quitte à délaisser ses réels besoins. Dans une même optique, plutôt que de chercher à résoudre les causes d’injustices, tout est fait pour qu’elles puissent perdurer, mais sans faire trop de vagues. Dur de se dire que c’est réellement réaliste, même si quelques connaissances japonaises semblent abonder dans ce sens.

Face à cet océan de conformisme et d’injustices, Saito-San notre personnage principal fait office de héros pour le spectateur, et la société japonaise dans son ensemble. Plutôt que de laisser les jeunes gens prendre les places des personnages âgées dans le train sans jamais se bouger, elle ira le leur reprocher. Icône japonaise d’après la professeure de Serafina -oula les références-, c’est donc une sorte de justicier à visage découvert, qui ose se heurter au conformisme de la société japonaise tout en sachant pertinemment qu’elle va plus en pâtir qu’autre chose. Combien d’épisodes nous montreront que finalement, ce sont les gens qu’elle veut aider qui le lui reproche le plus, par peur de faire des vagues. C’est du coup très dur à regarder, les injustices étant centrées autour d’enfants qui sont incapables de se prendre en main malheureusement.

Saito San de Masahiro Fukuma Gym

Ah ces enfants qui font du vélos sans être alignés !!!

Les épisodes passent et on s’accroche très vite aux personnages, Mano est tout simplement géniale. Avec son caractère qui passe de la joie complète à la tristesse et au stress total, c’est vraiment un personnage attachant dans lequel on peut tous un peu se reconnaître. Certes, c’est une personnalité bien loin de celles que l’on retrouve ici en France, mais on sait que ça peut exister, on la comprend. Saito quant à elle est tout simplement géniale, on ne peut que l’admirer. Les autres personnages sont eux aussi très « japonais », en tout cas donnent cette impression, avec de superbes références et cet esprit grégaire exacerbé.

Le rythme de la saison est assez lent au début, concentré sur des problem of the week à régler pour Saito, souvent quelque chose de centrer autour d’un problème d’une classe maternelle. Untel a volé un jeu, la kermesse doit être organisée, etc… Autour de ces problématiques l’histoire évolue entre les différents personnages de manière lente, mais prenante. J’ai vraiment apprécié les épisodes malgré une thématique (les enfants) qui ne me passionne vraiment pas.

Saito San de Masahiro Fukuma Family

Saito San est peut être l’héroïne du japon, mais c’est bien autour de Mano qu’est centrée la série, personnage dans lequel l’audience peut se projeter

Saito San est un Drama et vraiment, la façon dont les épisodes sont filmés et mis en scène le fait clairement ressentir. De nombreux moments sont très bien construits pour faire monter la détresse des situations et leur aspect dramatiques. Que ce soit via la musique très bien écrite et prenantes ou avec des montages de scènes exemplaires. La pression monte et on est pris au jeu.

Avec ces quelques épisodes, Saito San fini par nous convaincre de rester avec ces quelques enfants innocents dont est fait peu de cas. La série n’est pas sans défaut, et au final le personnage de Saito San représente tout de même un grand conformisme pour nous autres européens. Mais pas de quoi empêcher d’en profiter pour découvrir le Japon au travers d’une série très bien réalisée.


Death Note (Drama) de Ryūichi Inomata

dabYo dans Films, Séries le 27 janvier 2016, avec 1 commentaire

Alors que le manga Death Note écrit par Tsugumi Ōba et dessiné par Takeshi Obata va bientôt fêter les dix ans de la sortie de son chapitre final, une nouvelle adaptation a vu le jour en 2015. Pas de film cette fois ci, ni d’anime, mais un Drama de onze épisodes dirigé par Ryūichi Inomata et diffusé sur NTV, simulcasté un peu partout dans le monde notamment par Crunchyroll en France. Synopsis.

Death Note Drama

Light Yagami est un étudiant japonais fils d’enquêteur de police, tout ce qu’il y a de plus normal, jusqu’au jour où il entre en possession d’un livre noir bien étrange: le Death Note. D’après ce qu’il y est écrit, si l’on y inscrit le nom d’une personne alors celle-ci mourra de crise cardiaque 40 secondes plus tard. Ce pouvoir de tuer sans trace est effrayant, mais Light Yagami sait qu’avec les grands pouvoirs incombe de grandes responsabilités, et la sienne est de créer un monde sans criminel. Après quelques essais pour découvrir les limites du livre, il se lance dans une mission très discutable: celle de châtier tous les criminels en les tuant dès qu’ils sont condamnés par la justice.

Dans les grandes lignes on va retrouver une histoire relativement similaire à celle du manga dans cette adaptation en Drama, bien que pour des raisons de facilité de nombreuses modifications aient été apportées. Le nombre de personnages secondaires a été largement réduit et certaines simplifications ont été effectuées sur les intrigues du début du Drama. Il faut dire que l’histoire de Death Note est complexe à lire, cela aurait été d’autant plus difficile à suivre en action. La simplification est parfois subtile, mais d’autres fois on a tout de même l’impression de passer derrière un découpage fait à la truelle et sans anesthésie.

Death Note Drama Ryuku

Ayant relu la série Death Note récemment en manga, j’ai donc pu apprécier les changements (ou les détester c’est selon), et constater qu’ils étaient tout de même bien foutus. Reste que la fin de la série, qui correspond à la deuxième partie du manga, est vraiment expédié manu-militari et laisse très perplexe. Que les auteurs n’aient pas pu s’arrêter comme ils le souhaitaient en manga était déjà bizarre, mais ce prolongement de quelques épisodes en Drama l’est encore plus.

Les personnages ont eux aussi été impactés, et face au Light très intelligent du manga, celui joué par Masataka Kubota passe quant à lui pour un imbécile heureux. Loin d’être à l’origine de coup de génie, on le sent plutôt complètement largué et soumis à ses propres émotions. Vraiment, c’est très loin du personnage original et il semble complètement out of character. Côté L et Misa, c’est plutôt cette fois très proche de l’intrigue principale, Kento Yamazaki étant parfait dans son côté détaché et complètement bishi. J’ai aussi beaucoup apprécié le jeu insouciant de Hinako Sano pour le personnage de Misa.

Death Note Drama Misa

La réalisation de ce drama Death Note est plutôt bien réalisée, les effets spéciaux sont peu nombreux, le plus gros du travail étant réalisés sur les shinigamis. Ces dieux de la mort liés à un Death Note sont plutôt réussis et Ryuku, le shinigami mangeur de pommes, est complètement déjanté. Comme dans le manga en gros, ce qui est un bon point.

Au final, cette adaptation récente de Death Note est sympathique mais bien loin d’égaler le manga. Le scénario tronqué est de moins bonne qualité, le jeu des acteurs est plutôt bon mais ne vient pas pour autant compenser des personnalités bien moins réussies que celles des mangas. On la réservera donc aux personnes qui le connaissent déjà bien et qui l’ont au moins lu.


Densha Otoko de Nakano Hitori

dabYo dans Films, Séries le 20 janvier 2016, avec aucun commentaire

C’est sur de très sages conseils que nous avons commencé à regarder Densha Otoko, un Drama japonais diffusé en 2005 par Fuji TV. Littéralement L’Homme du Train, cette série de 13 épisodes est l’adaptation d’une histoire supposée vraie ayant pris court sur l’internet japonais via le forum 2Channel. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs et commençons par un petit synopsis.

Densha Otoko de Nakano Hitori

Yamada Tsuyoshi est un otaku de 23 ans qui a tout du stéréotype que nous connaissons des otakus japonais. Il est timide, bafouille, n’a jamais adressé la parole à une femme et n’aura sans doute jamais de copine. Heureusement, il peut compter sur ses amis otakus et les animes/mangas et autres joyeusetés pour se réfugier de la dureté du monde. Un jour, alors qu’il prend le train, un homme ivre s’en prend à une jeune femme qui ne sait pas comment se protéger. Après de longues minutes d’hésitation et de lutte intérieure, Yamada arrive enfin à trouver le courage pour lui dire d’arrêter…

Ce ne serait pas mentir que de présenter Densha Otoko comme une série sur l’amour, on pourrait même s’arrêter là et ne présenter que les péripéties successives qui vont venir mettre des battons dans les roues de cette histoire naissante. Mais là n’est pas le principal intérêt de ce Drama bien particulier. Car il vient en effet à la croisée de plusieurs thématiques qui peuvent beaucoup nous toucher ici à la rédaction, et sans doute vous aussi chers lecteurs.

Densha Otoko screenshot

Densha est un otaku et donc on va retrouver un gros melting pot entre l’univers otaku japonais, la culture nippone, les jeux vidéos et autres animés. Les figurines d’animés, les interview publique de seiyuus, les sorties de jeux vidéo, tout ceci est abordé en fond de la série sans jamais prendre le pas sur l’histoire. On pourrait donc penser qu’il s’agit d’une histoire d’amour sur fond geekesque, mais on serait loin du compte. Car Densha ne sait pas parler aux femmes, mais il ne va pas pour cela demander conseil à ses amis -ce sont des otakus aussi hein-, pour cela, il va… se confier sur un forum internet ! Et ça change tout !

Car on se retrouve ici avec une histoire d’amour impossible, celle de la grenouille et de la princesse; avec une touche très moderne où il n’y a pas d’ami physique, mais simplement une liaison internet. Densha est perdu, ne sait pas quoi faire, panique pour un oui pour un rien, mais il raconte ses problèmes à des inconnus qui à leur tour lui prodiguent leurs conseils. Ces inconnus sont comme lui, des otaks exclus du monde, l’un est fan des trains, l’autre des clubs de football, un autre ne sort jamais de chez lui, etc. Chacun a ses petites lubies, ses problèmes d’interactions sociales, et se sent bien mieux derrière un ordinateur.

Des personnages que le spectateur entrevoit à chaque fois qu’une réponse est envoyée à Densha sur le forum, mais que Densha lui même ne rencontrera jamais. Il ne les connait que par internet, par message interposé. Un principe que peu de monde peut comprendre, mais qui prend tout son sens pour nous autres adeptes d’internet et amis de nombreuses personnes par ce moyen.

Densha Otoko SurfDensha Otoko s’avère en fait être une sorte d’hommage émouvant à ce moyen de mettre en relation des inconnus, une façon de faire comprendre à ceux qui n’ont pas eu l’occasion de créer des liens de cette manière que si le moyen de communication est virtuel, la relation humaine n’en reste pas moins véritable.

Véritable pierre angulaire de l’ensemble du scénario, on peut dire que la série tire là sa grande force. On va vivre des moments complètement épiques, avec Densha seul devant son écran. Enfin, seul physiquement, évidemment. Car ils sont nombreux à être avec lui, à le supporter et à partager ses peurs. C’est tout bonnement génial et jouissif, les personnages qui interagissent avec lui ayant leurs propres personnalités souvent complètement extraverties.

A côté de ça on découvre une histoire d’amour avec des personnages relativement pudiques, peu enclins aux relations sociales et avec leurs problèmes personnels. C’est à la fois délicat et amusant, souvent très émouvant à de nombreuses reprises. Les péripéties sont évidemment liées aux quiproquo que causent ces manques de maîtrise des relations sociales, mais ça ne fait pas grossier, bien au contraire. Le tout m’a semblé très bien écrit, allant à l’encontre de certains aspects sexistes et très conformistes de la société japonaise.

Densha Otoko otakus

Densha Otoko est une série qui aligne au début les clichés pour se construire très intelligemment au fil des épisodes. Savoureux mélange de la culture japonaise et des possibilités que les nouveaux moyens de communication ont offert aux personnes peu à l’aise avec les autres. Vous avez l’habitude de trainer sur les forums, vous vous êtes attachés à des personnes avant même de les avoir rencontrer dans la « vraie vie » ? Cette série est faite pour vous.


Ikebukuro West Gate Park de TBS

dabYo dans Films, Séries le 21 décembre 2015, avec 1 commentaire

Ikebukuro West Gate Park fait partie de cette liste de grands classiques des Drama Japonais que nous sommes actuellement entrain de regarder. Il s’agit de l’adaptation en série du roman du même nom écrit par Ira Ishida, il se déroule dans Ikebukuro, véritable ville dans la ville de Tokyo, quartier sulfureux où toutes les traditions japonaises viennent s’entrechoquer avec la modernité, le grand banditisme et la détresse des habitants. Diffusé en 2000, les onze épisodes ont un petit goût de daté bien charmant. Synopsis.

Ikebukuro West Gate Park

Makoto a 21 ans, pas de copine, pas de travail, pas d’études, bref, à part zoner dans le West Gate Park, Makoto ne fait pas grand chose de ses journées. Quand il a quelques yens de côté il va faire du bowling ou essaye de trouver des filles avec lesquelles trainer. Mais quand son pote devient le King des G-Boys, un groupe d’adolescents délinquants qui impose sa loi sur Ikebukuro, les embrouilles se mettent soudain à arriver par paquet de vingt. Entre meurtres, kidnapping, yakuza et policiers véreux, Makoto ne sait pas franchement où donner de la tête.

Ikebukuro West Gate ParkLes premières minutes d’Ikebukuro West Gate Park mettent tout de suite dans le ton, on est face à une série trash qui veut nous montrer la réalité des adolescents et/ou jeunes adultes japonais. Ceux qui vivent dans ce qu’on appellerait ici des cités, qui trainent sans but, n’ont pas de vrai lien avec le reste de la société. Bref des paumés qui sont à deux doigts de passer du mauvais côté, qui ont plus de respect pour leurs propres règles que pour celles d’une société dont les seules marques de présence sont celles de policiers incompétents dans le meilleur des cas, corrompus dans les autres.

On suit donc Makoto qui est joué ici par Tomoya Nagase, un acteur dont on avait déjà vanté les mérites dans My Boss, My Hero. Il tient ici une fois de plus le grand rôle, portant une bonne partie de la série sur ses épaules. Charismatique, il est le seul « non aligné » d’Ikebukuro, entre les flics, les membres des gangs de gamins et les yakuzas qui essayent d’étendre leur influence sur la ville. Du coup, ils font tous appel à lui pour les aider dans des affaires qui mêlent souvent tous les acteurs pré-cités.

Ikebukuro West Gate Park

Dans Ikebukuro West Gate Park la loi a rarement le dernier mot, la morale non plus, et c’est souvent la jungle. Les personnages sont crus dans tous les sens du terme, au niveau des dialogues, des thématiques, de leurs actes, rien n’est censuré et c’est souvent très explicite. Trash à souhait, même la mère de Makoto, super personnage par ailleurs, a une morale qu’on pourrait qualifier de minimaliste. Pour le coup, elle participe à un système pyramidale à la limite de la légalité et n’hésiteras pas à recruter de nouveaux membres.

Ikebukuro West Gate ParkDu coup, la série est vraiment violente et n’est pas à mettre entre toutes les mains. Il y a des moments crus où la violence physique est très forte et vraiment dérangeante. On peut difficilement regarder les choses et ne pas se sentir mal en voyant le manque de justice dans lequel évoluent les habitants d’Ikebukuro. Cette sensation est-elle vraie ? Peut être bien. Il y a maintenant un mois nous étions pendant une semaine dans cette ville en tant que touristes, nous n’y avons certes pas vue cette violence et ces gangs, mais la prostitution et les clubs vraiment bizarres y étaient légion…

Le rythme de la série est assez inégal, certaines fois on aura vraiment du mal à comprendre où le tout nous mène. Il n’y a pas de réelle intrigue sur l’ensemble des épisodes au début, même si certains éléments vont revenir peu à peu. La guerre des gangs prend en effet de plus en plus d’importance et les derniers épisodes se concentrent sur cela. Le reste du temps, ce sont des épisodes relativement indépendants où Makoto va aider une connaissance ou quelqu’un qui est dans une mauvaise passe. C’est sympa, mais c’est principalement l’ambiance de la série et la découverte du Japon mal famé qui va motiver le visionnage. Car à ce niveau là, on est plutôt servi. Ikebukuro West Gate Park nous plonge vraiment dans ce quartier et fait découvrir les mœurs des jeunes japonais comme on peut difficilement les percevoir en tant que touristes.

Ikebukuro West Gate Park

Au final Ikebukuro West Gate Park est une série coup de poing qui est vraiment dépaysante. Non sans faire penser à un The Wire, cette plongée dans le monde urbain et injuste de la ville dans la ville est vraiment prenante. Des personnages attachants qui font que les onze épisodes passent tout de même très rapidement malgré son rythme assez bizarre et lent.


Au rayon des Drama -séries japonaises- qui traitent de tout et n’importe quoi, après les microbes et le yakuza qui passe le bac, je demande maintenant la formation au métier d’hôtesse de l’air ! Attention Please est une adaptation d’un manga de Chieko Hosokawa datant de 1970 qui traite donc du métier d’hôtesse de l’air, réalisée par Kyodo Television et diffusée en 2006 sur Fuji TV, mais toujours pas licencé ni traduit en France. Synopsis.

Attention Please de Kyodo Television

Yōko Misaki est une jeune fille pleine d’énergie, chanteuse de rock et boutentrain notoire qui sous le coup de son enthousiasme légendaire, postule pour devenir hôtesse de l’air. Et miracle, elle passe la sélection et obtient sa place pour suivre la formation. La voilà donc quittant sa campagne pour rejoindre Tokyo et plus particulièrement l’aéroport Haneda afin de faire partie de ces femmes super classes qui parcourent le ciel dans leur uniforme. Ce qu’elle avait oublié, c’est sans doute qu’elle parle comme un charretier, s’habille n’importe comment, ne connaît pas la politesse et n’a aucune patience. Pas gagné donc, pour correspondre aux hauts standards de Japan Air Lines !

Jamais je n’aurai pensé regarder un jour une série centrée sur une formation pour devenir hôtesse de l’air. Vraiment, il n’y avait aucune raison pour que cela arrive. Jamais je n’aurai non plus pensé qu’une série sur ce type de formation n’existe un jour. Non, jamais. Vous non plus j’en suis certain, mais voilà, le Japon est ce qu’il est, et nous avons donc voulu laisser une chance à ce Drama.

Attention Please Ueto Aya

Il faut dire que tout commence très bien, Yōko Misaki -ici interprétée par Aya Ueto– est le genre de personnage capable de porter toute une série sur ses épaules. Ça tombe bien puisque ce sera le cas. Le personnage de Yōko n’a vraiment rien d’une hôtesse de l’air, elle a une très forte personnalité, refuse l’autorité et la sécurité, n’aime pas faire la carpette devant les clients qui l’énervent, bref. Tout le début de la série va évidemment tourner autour de la grande différente entre notre héroïne et les autres candidates dans la formation.

On va la voir se rétamer lorsqu’il va falloir parler poliment, faire des courbettes en fonction de ce que l’on souhaite dire, ou encore s’habiller de manière sobre et classe. C’est très drôle sur le moment et aussi assez dur à voir tant les efforts qu’elle déploie sont rarement récompensés au début. On est donc face à l’habituel tragicomique où notre personnage se démène pour faire le bout-en-train mais montre sa fragilité dans l’intimité.

Attention Please de Kyodo Television

Évidemment Yoko se fait des ennemis genre vipères

Là dessus, le jeu d’Aya Ueto est vraiment très fort. Elle joue très bien son rôle, elle est rayonnante et éclipse vraiment toutes les autres actrices de la série. Avec un jeu de scène à mourir de rire, des intonations qui sonnent juste, elle fait aussi très crédible au moment de jouer des passages plus émotionnels où seules expressions peuvent faire passer l’émotion. Vraiment, j’ai trouvé son jeu excellent, une bouffée d’air frais avec une spontanéité que je n’ai jamais franchement retrouvé dans les séries ou films occidentaux.

A côté de cette héroïne on retrouve des personnages sans grande profondeur. En dehors de sa tutrice interprétée par Miki Maya, la plupart sont assez ternes, sans doute car éclipsée par l’actrice principale. La formation occupe une grande part de l’histoire, qui va nous faire découvrir le monde de l’aviation vu des hôtesses de l’air. Peut on dire que leur métier est passionnant et mérite vraiment une série de onze épisodes ? Pas franchement pour autant. Les japonais aiment surjouer des scènes qu’on considérerait ici normale, faisant passer la préparation du thé dans un avion pour quelque chose de complètement ouf. On se retrouve alors avec des moments qui paraissent banals comme pas possible mais qui sont filmés d’une manière supra héroïque, c’est fun.

Attention Please de Kyodo Television

On s’accroche très vite à notre héroïne rockeuse et j’ai énormément aimé la série, mais je ne peux m’empêcher d’y voir quelques problématiques. Le Japon est un pays qui me semble être horriblement sexiste, et cette série en est l’illustration parfaite. C’est simple, il n’y a que des femmes chez les hôtesses de l’air pendant qu’il n’y a que des hommes chez les mécaniciens et les pilotes d’avion, qui sont représentés comme des semi-dieux. Ce n’est pas du sexisme insultant, mais plutôt le vicieux que l’on ne remarque pas si l’on ne se pose pas de question. Et ça, c’est vraiment dommage.

Certes le sexisme dans l’aviation est encore très présent, et admettons que la plupart des hôtesses de l’air soient des femmes, pourquoi pas. On peut aussi accepter qu’il n’y a quasiment que des femmes pour le réalisme. Mais tout de même, le sujet n’est même pas effleuré ou abordé. Il n’y a aucun élément qui remet en cause cet état de fait complètement catastrophique, où même le chef des formatrices est un homme ! C’est vraiment désespérant.

A cela se rajoute l’évolution du personnage de Yōko qui pour devenir une hôtesse de l’air fini quasiment par complètement renier toute sa personnalité. Elle reste gaï certes, mais c’est comme si elle abandonnait peu à peu la joie de vivre pour passer du côté obscur. Je suis certain qu’on peut travailler sans pour autant gommer complètement sa personnalité. Là aussi, c’est une sorte de message non dit que je trouve dommage.

Attention Please Training

Attention Please est un Drama fun et amusant qui vous fera presque oublié qu’on suit ici une formation pour devenir hôtesse de l’air. Aya Ueto arrive à incarner un personnage complètement délirant, amusant et attachant à souhait. Elle porte la série avec succès sur ses épaules et on passe vraiment un bon moment en la regardant.


Le Drama Moyashimon réalisé par Iwamoto Akira est l’adaptation du manga du même titre de
Ishikawa Masayuki en onze épisodes de 20 minutes. Diffusé en 2010 par Fuji TV, il a pour thématique la vie en lycée agricole au Japon, et a été diffusé en France par Kaze TV, avec un premier épisode visible sur Youtube. Mais pas n’importe laquelle, celle centrée sur le département de fermentation, un procédé apprécié des japonais que ce soit pour le sauce soja, le saké ou encore le natto. Synopsis.

Moyashimon: Tales of Agriculture de Iwamoto Akira

Tadayasu Sawaki est un nouvel étudiant dans un lycée agricole où il a rejoint l’équipe du professeur Keizō Itsuki. Ce dernier est en effet au courant du pouvoir spécial de Sawaki, celui de voir les bactéries/microbes et de pouvoir leur parler. Eh ouais, rien que ça. Le domaine de prédilection du professeur étant la fermentation et les moisissures, ça peut aider de voir quelles bactéries sont actuellement présentes. Des fréquentables saké et sauce de Soja au Nattô et autres poissons moisis, c’est un véritable festival d’aliments plus dégoûtant les uns que les autres que Sawaki va découvrir.

Nous allons donc suivre les aventures de Sawaki dans un lycée agricole, et surtout, dans ce qu’il y a de plus dégueulasse dans la cuisine japonaise et mondiale. En effet, comme il peut voir et parler avec bactéries, ce sont les étudiants et professeurs recherchant dans les moisissures et autres fermentations qui sont les plus intéressés par son pouvoir. On va donc y découvrir tout un florilège de ces spécialités de cuisine qui sont issus de bactéries. Comme nous ne sommes pas en France, on aura point le droit au roquefort, mais on y verra tout de même un paquet d’éléments.

Moyashimon: Tales of Agriculture de Iwamoto Akira

Maintenant, en dehors de ces facultés, Moyashimon est avant tout un drama où on suit un petit groupe de personne sans réel scénario en dehors des péripéties qui leur arrivent. Sawaki est un héros sans grande saveur, il est entouré de deux étudiants crados qui cherchent à se faire de l’argent par tous les moyens. Enfin, son presseur Itsuki a un petit nombre d’étudiants, dont une domina habillée de manière très sexuelle, une goth loli, une alcoolique et une fille lamba. Bref un petit monde qui va inter-agir et être le sujet de la plupart des épisodes. Car il n’y a pas de réelle trame scénaristique sur l’ensemble de ces derniers, ni même de caractéristique autre que les microbes qui permettrait de donner une touche particulière au drama. C’est vraiment dommage.

Du coup, les onze épisodes que compte le Drama se regardent sans difficulté, mais sans réel éclat pour autant. Les scénarios des épisodes laissent de marbre, et le tout fini en longue histoire sur quatre épisodes complètement incompréhensible et sans cohérence.

Moyashimon: Goth Loli de Iwamoto Akira

Au final, je pense que j’oublierai très vite que j’avais regardé le drama Moyashimon tant il s’est avéré être sans réel personnalité. Passé le look de deux de ses personnages, l’étudiante habillée en domina et celle qui s’est vêtue en goth-loli, et les caractéristiques de Sawaki, on est sur quelque chose de relativement banal aux accents comédie pas si drôles que ça. Dommage car le principe était fun, peut être que c’est mieux rendu en manga finalement.


My Boss, My Hero de Mika Omori

dabYo dans Films, Séries le 21 octobre 2015, avec 1 commentaire

Après une phase de visionnage intensif de films Bollywood nous sommes repartis sur une autre particularité géographique qui n’a rien à envier aux États-Unis, celle des Drama asiatiques. Je vous parlais de Nihonjin no Shiranai Nihongo il y a quelque temps, c’est maintenant au tour d’une autre série récente mais déjà culte: My Boss, My Hero. C’est 10 épisodes de 50 minutes diffusés en 2006 sur le réseau Nippon TV, il s’agirait d’un remake du film coréen My Boss, My Teacher, lui même séquelle d’un autre film coréen, My Boss, My Hero. Comme d’habitude, c’est incompréhensible pour les néophytes, mais heureusement on a pas eu besoin de comprendre le contexte pour l’apprécier, synopsis.

My Boss My Hero

Makio Sakaki est un yakuza de 27 ans, respecté de tous, fils du parrain des Sharp Fang, une organisation mafieuse originaire du Kansai. Il a tout pour reprendre les rennes des Sharp Fang et devenir le troisième boss de l’organisation. Mais voilà, quand on arrive pas à savoir si trente est au dessus ou en dessous de dix-sept, il peut devenir délicat de mener des négociations de prix. Exaspéré par la stupidité de son fils, son père le deuxième boss met une condition à sa succession: il doit d’abord passer un an au lycée et obtenir son bac.

Il suffit de lire le synopsis pour comprendre qu’on est là face à une histoire typiquement japonaise qui a tout du bon Shojo de derrière les fagots. Sakaki-kun a 27 ans mais va devoir se faire passer pour un lycéen normal, les yakuzas étant là bas complètement refusés par la population. Si son identité venait à être découverte, alors il n’aurait pas son diplôme, si il ne pourrait pas devenir le boss. Or si il y a bien quelque chose que veut Sakaki dans la vie, c’est de devenir le boss. Pourquoi ? Il ne sait pas trop, il est idiot ! La série utilise évidemment ce point en premier afin de se lancer et d’être drôle pour captiver son audience. Et c’est un pari réussi puisque dès le premier épisode c’est très drôle et les situations complètement absurdes qu’entrainent un yakuza camouflé dans un lycée sont géniales.

my boss my hero dance

Si Sakaki arrive en retard le matin, il est obligé de faire la danse de la bonne humeur

Forcément, Sakaki est une vraie brute dans sa vie de gangster, mais face aux petites choses de la vie, c’est encore un enfant de 10 ans qui ne sait pas toujours comment réagir. Sa maturité émotionnelle est proche du néant et on va le voir murir tout au long de la série. Mais en attendant, que faire quand on se fait racketter et qu’on ne peut pas utiliser sa vraie force sous peine de ne pas avoir son diplôme ? Comment fumer en douce ? Qu’est ce qu’un lapin et pourquoi Sakaki n’arrive-t-il pas à l’attraper ? Mais surtout: comment écrire son prénom ?

Si le Drama met l’accent sur l’aspect comique des situations -et dieu sait que c’est vraiment très réussi-, il y a derrière cela des vraies thématiques de société. La première d’entre elle est sans doute l’échec scolaire et l’exclusion sociale que cela provoque. Sakaki est un idiot, ou en tout cas, il est tellement persuadé de l’être qu’il n’arrive plus à trouver la motivation pour tenter de comprendre. Et évidemment, plutôt que de l’aider la réaction naturelle de sa classe -où il faut absolument réussir les examens pour entrer en université- va être de le railler, le ridiculiser, et jamais de l’aider. Ces moments sont très déstabilisants en tant que spectateur. Très durs aussi.

my boss my hero sakaki

La vente de pudding est sacrée !

La thématique des yakuzas est elle aussi largement traitée, on pourrait en effet croire que la série les mets en avant, il faut dire qu’ils sont bien habillés et ont l’air très cools. En tout cas, au début. On s’en doute évidemment, il y a là une petite morale qui laisse tout de même à réfléchir sur comment ils sont devenus ces rebuts de la société, obligés de régner par la violence et souvent sans autre issue. C’est plus subtil que l’échec scolaire, mais c’est bien là en fil rouge. Sans être idéaliste, My Boss, My Hero laisse bien à réfléchir sur le sujet et surtout ne va pas éviter de l’aborder. On met les pieds dans le plat avec des épisodes très durs sur le sujet où la cruauté de la vie et des situations va nous déchirer. Pour le coup, c’est bien un drame. Même si la réalité des mafieux est tout de même édulcorée.

La sauce ne prendrait certes pas si les personnages n’étaient pas aussi bien écrits, mais le jeu des acteurs est aussi là pour leur rendre hommage. On est ici loin des stéréotypes qu’on avait pu avoir concernant les Drama, Tomoya Nagase qui joue notre héros porte sur ses épaules une grande responsabilité dans la qualité du tout. Son jeu est vraiment génial, passant du comique au tragique sans difficulté. Avec ses expressions bizarres du visage, on a presque l’impression de se retrouver dans un manga. Les deux lycéens principaux sont bien joués mais aussi beaucoup plus classiques. Enfin, petit coup de cœur, le jeune yakuza qui n’a d’yeux que pour son maitre est joué par un très bon Koki Tanaka.

my boss my hero sakaki hikari

A la fois drôle et dramatique, My Boss, My Hero vous prend aux tripes de très nombreuses fois. Cette série a le don de faire passer son audience du rire aux larmes en très peu de temps, avec cette boule au ventre si caractéristique des situations qui ne peuvent que se terminer mal. Parmi les 10 épisodes il n’y a pas de temps mort et on regretterait presque que cela se termine si vite. Un Drama qui ne peut d’ailleurs que plaire aux fans de Great Teacher Onizuka qui peut certes y faire penser mais ne tombera jamais dans la copie ni l’imitation.


Il y a des trucs vraiment bizarres au Japon, et on peut dire que le drama Nihonjin no Shiranai Nihongo de Yasuhiro Taketsuna fait partie de ces bizarreries. Littéralement Les Japonais ne connaissent pas le Japonais, il s’agit d’une mini-série en 12 épisodes sortie en 2010 qui nous raconte le quotidien d’une classe d’élèves apprenant le japonais. Mais pas n’importe quels élèves, non, des Gaijins. Synopsis !

Nihonjin no Shiranai Nihongo de Yasuhiro Taketsuna

Haruko Kano rêve de devenir professeur de japonais dans un lycée huppé, mais en attendant de trouver une place, elle travaille comme vendeuse de prêt-à-porter pour jeunes filles dans le quartier de Shibuya. Jusqu’à ce qu’une de ses anciennes professeurs l’appelle pour faire un remplacement dans une école. C’est trop tard qu’elle va s’apercevoir qu’elle ne va pas apprendre le japonais à des lycéens, mais à des étrangers qui souhaitent tous réaliser leur rêve et s’installer définitivement sur l’archipel.

Le Japon est un pays relativement raciste et dont la population aime moyen moyen les étrangers, qu’ils qualifient de Gaijins. Ce terme, quiconque trempant un peu dans la japanimation l’a déjà entendu être utilisé. On imagine pas toujours qu’il s’agit d’un terme utilisé de manière relativement péjorative. Les japonais ne comprennent pas les étrangers, les trouvent trop bruyants, mal élevés, feignants car ils ne savent pas parler leur langue, etc. Et c’est l’axe que va utiliser les scénaristes de Nihonjin no Shiranai Nihongo pour faire en quelque sorte une auto critique du peuple japonais vis à vis de leur propre culture, en inversant tout simplement le paradigme: le Japon est il si logique que cela ? Les japonais font ils eux même les efforts qu’ils exigent des étrangers ?

Nihonjin no Shiranai Nihongo de Yasuhiro Taketsuna

Si vous connaissez quelqu’un qui a tenté d’apprendre le japonais, vous connaissez des morceaux de réponses. Il y a les trois syllabaires différents tout d’abord, puis les Kanjis qui ont un sens différent chez les japonais et les chinois ensuite. Des mots qui ont la même prononciation mais des sens complètement différents, d’autres qui changent complètement de signification suivant le contexte, et évidemment, le top du top, la façon de compter qui change en fonction de ce que l’on compte.

Les épisodes sont donc centrés sur un point de la langue japonais et/ou culture japonaise qui peut être source de confusion et de malentendus pour les étrangers. Il y a neuf élèves dans la classe et l’un d’eux est le centre de l’épisode et va servir de fil conducteur. On a par exemple celui qui rêve d’ouvrir son restaurant de ramens et qui a du mal à connaître le nom de tous les ustensiles, le business-man qui souhaite maîtriser le langage poli que même les japonais ne maîtrisent pas, ou encore la fane de mangas qui veut rencontrer des ninjas.

Nihonjin no Shiranai Nihongo de Yasuhiro Taketsuna

C’est haut en couleurs, c’est très drôle, et c’est génial pour en apprendre plus sur la culture japonaise. Les personnages sont tous too much et les scénarios sont complètement décalés. Cela surf évidement sur l’humour tout au long des épisodes, à l’aide de quiproquos, de personnages aux passions complètement loufoques mais si proches des « fans du Japon » comme on peut en connaître. L’aspect second degré est à la fois présent côté des japonais mais aussi des étrangers. Les enseignants de l’école pour étrangers sont eux aussi complètement barrés, le sous-directeur étant tout bonnement génial.

On pourra certes émettre quelques réserves sur certains aspects qui laissent perplexes dans la façon de traiter les étrangers. Ces derniers restent tout de même assez rabaissés par rapport aux japonais, mais c’est difficile de dire si cela est volontaire ou juste une impression diffuse.

Nihonjin no Shiranai Nihongo de Yasuhiro Taketsuna

Dans tous les cas, si vous aimez le Japon et en appréciez la culture, je ne peux que vous conseiller de regarder Nihonjin no Shiranai Nihongo. Vous apprendrez plein de détails qu’il est finalement assez difficile de découvrir sans le savoir et sans en apprendre la langue. Des éléments qui rappellent que le monde est peut être connecté, il reste de très nombreuses différences parmi les coutumes.


Quand Serafina m’a proposé de regarder une série adaptant un roman d’Emile Zola, je ne peux pas vraiment dire que j’étais emballé. L’auteur français me rappelle plutôt les bancs de l’école, les cours de français longs et ennuyeux, les lectures de romans soporifiques. On a cependant décidé de laisser une chance à cette adaptation d’Au Bonheur des Dames dans une Angleterre victorienne dépeinte par Bill Gallagher et la BBC. Synopsis.

The Paradise Saison 1

Pour gagner sa vie la jeune campagnarde fraichement débarquée en ville qu’est Denise Lovett postule dans le plus grand magasin de la région, The Paradise. Dirigé par John Moray, c’est le paradis pour les femmes aisées qui souhaitent acheter des robes, de la soie, et d’autres objets de grandes valeurs et raffinés. Mais ce magasin n’est pas vraiment du goût des commerçants du quartier, qui favorisent tradition et savoir faire, mais se font voler toute leur clientèle par le Paradise. Manque de pot, Denise y travaille mais est aussi la nièce d’un de ces artisans…

Nous allons donc suivre la vie d’un nouveau type de magasin à l’époque d’une Angleterre victorienne qui est en pleine révolution industrielle. Avec d’énormes rayons, des dizaines d’employés, il s’agit d’une sorte de grande famille où nous suivons vendeuses, patron, chef des employés et certains personnes qui leur sont liés dans le quartier. Bref, une sorte de suivi au jour le jour de cette petite révolution dans le commerce qui est sur le point de mettre sur la paille la plupart des artisans traditionnels de la ville.

The Paradise Saison 1

Denise et Mister Moray seront nos deux héros. La première jouée par Joanna Vanderham est une jeune vendeuse fraichement embauchée qui déborde d’idées sur le commerce, comment améliorer les ventes, faire plaisir au client, etc. En bas de l’échelle hiérarchique, on va pouvoir grâce à son point de vue vivre les restrictions que va lui imposer une vieille acariâtre craignant pour son pouvoir. Vous vous en doutez, plus les épisodes passent et plus cette vieille femme va s’ouvrir et voir son personnage approfondi.

De l’autre côté, Mister Moray est joué par Emun Elliott et est vraiment très charismatique. Commerçant visionnaire, un peu fou pour son époque, opportuniste, il a tout pour plaire et peu de défauts. Il donne très clairement un côté positif aux commerçant et capitalistes de cette époque, avec une vision du marché mais aussi un aspect paternaliste pour les personnages qui travaillent avec lui. Sans doute une version édulcorée et rêvée de ce genre de personnage, mais ça colle avec The Paradise: une sorte de version compte de fée de ces premiers grands magasins.

The Paradise Saison 1

Chaque épisode quasiment a sa petite intrigue d’épisode, mais l’ensemble de la saison suit une trame narrative bien définie passé les premiers épisodes. On se prend donc très vite au jeu et on apprécie suivre le train train quotidien du magasin The Paradise qui n’est jamais de tout repos. Les personnages secondaires notamment ne sont pas en reste et sont assez intéressants. Évidemment, la base de Zola étant déjà énorme, il n’y avait plus qu’à piocher.

Au final, la première saison de The Paradise vu une très bonne surprise. Bien réalisée, avec des costumes d’époque de très bonne qualité et des personnages attachants, on devient très vite accro. Malgré l’apparence limitée d’un magasin, les épisodes arrivent à se renouveler et on arrive à la fin de la première saison bien plus vite que prévu. Quel dommage que la troisième saison ait été annulée…


Mini révolution dans le monde des séries américaines lors de sa sortie, vous avez sans aucun doute entendu parler et peut être vu House of Cards en 2013. Il faut dire que la plateforme de VOD Netflix a osé faire ce qui donnerait des sueurs froides à HBO: diffuser tous les épisodes de l’une de ses séries phares en une seule fois, sans compte sur les cliffhangers pour prolonger le plaisir et pousser les abonnés à le rester. Deux ans plus tard, est ce que la série valait le coup en dehors de ce petit buzz ? Synopsis.

House of Cards

Frank Underwood est un démocrate à la chambre des représentants des États-Unis où il est coordinateur des élus et vieille au grain lorsque ceux ci ne suivent pas la consigne du parti. Grâce à cette position et sa capacité de requin du milieu, il aide Garrett Walker à conquérir la maison blanche en l’échange d’une promesse de nomination, celle de secrétaire d’état aux affaires étrangères. Sauf que voilà, Garrett Walker avait peut être l’intention de tenir sa promesse à une époque, ce n’est pas ce qu’il fait une fois bien confortablement installé.

Nous sommes donc face à une série qui va mélanger politique, manigances et thriller pour le rythme. On suit Frank Underwood ici incarné par Kevin Spacey qui va tenter de rattraper les choses après le camouflet que vient de lui infliger le président fraichement élu. Les politiques intéressés par la course au pouvoir sont réputés pour être des tueurs, des requins, dont le seul objectif est leur réussite personnelle. Et c’est bien sur cet aspect que la série va construire son intrigue, car Frank Underwood ne rechigne devant rien pour arriver à ses buts.

House of Cards - Bonnie and Clyde

Il est pour cela accompagné par sa femme Claire Underwood interprétée par Robin Wright qui est lobbyiste et qui sert parfois de marche pied à son mari. Une sorte de Bonny and Clyde façon politique, un couple qui est prêt à toutes les manipulations pour atteindre la gloire.

Cette première saison amène donc son lot de sous intrigues, de revers et de victoires pour le politicien et ses différentes manœuvres. Le rythme est assez soutenu et il y a de très nombreux retournements de situations, aussi comme la politique est un métier assez long, il y a de nombreuses ellipses de quelques semaines à plusieurs mois. C’est plutôt bien réalisé de ce côté là, on est jamais vraiment perdu dans le temps et l’on a pas l’impression que les choses soient accélérées. Il n’y a pas de publicité sur Netflix aussi les épisodes n’ont pas besoin d’avoir des mini cliffhangers toutes les dix minutes, ce qui a une certaine influence sur le rythme des épisodes, souvent assez lent.

Autre particularité, la façon dont Frank fait des confidences à son spectateur. Il va en effet nous parler directement, en commentant souvent ce qui est entrain de se passer. Une façon pour nous de découvrir ce que le personnage pense vraiment, afin de lui donner plus de corps en quelque sorte. Évidemment, il ne révèle jamais ses plans sur le long terme, simplement des commentaires souvent acerbes qui viennent contredire ce qu’il est entrain de dire à d’autres personnes pendant la scène. Comme si nous rentrions dans ses pensées qui méprisent la personne avec laquelle il s’entretient, tout en lui faisant croire le contraire.

House of Cards - Screenshot

Frank et Claire sont un peu le même stéréotype ambulant, la personne qui ne pense qu’à sa gueule, qui est un vrai connard et qui ne reculera devant rien. Là dessus, la série joue assez peu la frange des remords et l’aseptisation des personnages pour les rendre plus humains. On regrettera simplement les quelques divagations qu’a Claire sur son manque d’enfant, elle qui aurait pu devenir un personnage très féministe mais qui de part ce sujet des enfants et le fait qu’elle serve de marche pied à son mari semble de plus en plus se profiler comme un personnage féminin bien trop habituel…

A côté de ce couple on retrouve deux personnages secondes assez présents, une journaliste qui en veut et un politicien à la trentaine pommé et au bord de l’alcoolisme. Les deux sont les gentils de cette série, deux personnages dont on a constamment peur qu’ils soient brisés par les héros de la série… Tout est fait pour qu’on les prenne en affection, transformant la série en une sorte de masochisme.

Le scénario à rebondissements est assez bien conçu il faut bien l’avouer, c’est sur qu’il aurait eu un impact bien plus fort si la cruauté de Game of Thrones n’était pas déjà passé par là, mais c’est d’un niveau plutôt bon. Certes, on pourra rester quelque peu perplexe sur la facilité qu’a Frank pour ses différentes manigances. La fin de la série notamment me laisse encore perplexe, mais je lui laisse pour le moment le bénéfice du doute.

House of Cards - Peter Russo

Bien construite, pas trop longue, cette première saison de House of Cards n’entrera sans doute pas dans mon panthéon des séries, mais vaut tout de même le détour. La qualité des épisodes et le rythme sont sympathiques, idéal pour patienter entre deux saisons de The Good Wife par exemple. Bon, ok, la pique était facile.