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Dernièrement dans la section Films d'if is Dead:

L’inspecteur Harry de Don Siegel

dabYo dans Critiques, Films le 11 avril 2009, avec 2 commentaires
Critiques

Après avoir fait quelques uns des classiques de la carrière de réalisateur de Clint Eastwood, en passant par Impitoyable, Gran Torino et Million Dollar Baby, il fallait bien que je passe tôt ou tard par la case Inspecteur Harry. Car oui, une fois de plus, c’est un des classiques que je n’avais jamais vu jusqu’à présent. Est ce que contrairement à Impitoyable, j’ai cette fois bien aimé la performance de Clint ? Hmm.

Dirty Harry: Clint Eastwood

Dirty Harry, de son surnom en version original, est un inspecteur de la police de San Francisco dont les pratiques sont quelques peu « hors normes » pour l’époque. Il ressemble en quelques sortes aux héros que présente Michael Connelly dans ses romans, et ce n’est donc pas surprenant que l’auteur soit suivi avec attrait par Clint Eastwood. Bref, je m’égare. Harry, et San Francisco tout entier, fait face à l’arrivée d’un tueur en série fou, le Scorpion, qui tuera chaque jour un citoyen jusqu’à ce que cent milles dollars lui soient fournis. Hm.

Autant le dire tout de suite, si, replacé dans son époque, Dirty Harry a une très certaine classe, on n’est loin du compte avec notre méchant. Stéréotypé à mort, mais d’une mauvaise façon, ce psychopathe de bac à sable vous fera plus rire que pleurer, et on se demande vraiment à chaque fois qu’on le voit pourquoi un type ne va pas simplement lui enfoncer son poing dans la gueule. Mais bon, il faut peut être se replacer dans l’époque pour pouvoir l’apprécier, comme une grande partie du film.

Dirty Harry: Clint Eastwood

Soyons honnête, les bonus ont beau dire, l’Inspecteur Harry a tout de même sacrément vieilli et nous montre à quel point le film est plus proche des anciens Western que de ce que donneront ses enfants. Avec des scènes très statiques et des échanges de tir qui ne font jamais mouche, on ne peut pas dire qu’on se rapproche de la crème de l’action. Certes, aujourd’hui aussi les acteurs doivent échanger des chargeurs en pagaille avant de tuer quoi que ce soit, mais bon. De même, l’intrigue, ou plutôt son absence, ne laisse place à aucun suspens. On sait ce qu’il va se passer à l’avance, on se demande juste lorsque cela va -enfin- se passer. Je parlerai d’ailleurs plus facilement de Tension que de Suspens.

Cela dit, ce n’est pas parce que le film a vieilli qu’il en est devenu mauvais, et la réalisation reste tout de même excellente. Le jeu d’acteur de Clint Eastwood est vraiment bon, et la classe qu’il donne à son personnage mémorable. Pas étonnant qu’aux États Unis ses répliques soient devenues aussi cultes que celles d’un Dark Vador. Malheureusement, il faut avouer que le doublage français est vraiment mauvais, et qu’il cassent quasiment toute la qualité des répliques. Le côté qui va nous faire plaisir en somme.

Scorpio dans Dirty Harry

J’avoue que je ne peux m’empêcher de préciser que je n’aime ce film que par ce que je le replace dans son contexte. Contrairement à un Dictateur de Chaplin, je ne peux pas l’apprécier sans ça. Il a la classe, mais il n’en a pas assez pour ne pas vieillir. Il est à la fois trop éloigné et à la fois trop proche des films d’actions / policier / etc que l’on peut aujourd’hui voir. Je lui accorde bien entendu d’avoir créé le genre, de l’avoir révolutionner, mais contrairement à un livre par exemple, un vieux film qui révolutionne un genre ne pourra pas en rester indéfiniment le meilleur.

Alors est ce que je suis blasé, ou est ce que c’est vous qui avez gardé une pointe de nostalgie pour un long métrage vu alors que vous êtiez bien trop jeune pour être objectif ? Ma foi, je ne sais pas. En tout cas, on est bien loin du mauvais film, mais tout aussi loin d’un excellent Gran Torino.


Impitoyable de Clint Eastwood

dabYo dans Critiques, Films le 1 avril 2009, avec 3 commentaires
Critiques

Après avoir vu Appaloosa d’Ed Harris, j’avoue avoir été plutôt intéressé par les Western, un genre dont je n’ai quasimenet vu aucun film. Ca c’était avant d’avoir vu Impitoyable de Clint Eastwood, film faisant parti des meilleurs du genre. Car oui, autant le dire tout de suite, je n’ai pas été conquis par le Western de l’américain. Ca casse un peu tout le suspens de ma critique, mais bon. Synopsis.

Affiche d'Impitoyable, de Clint Eastwood

William Munny est un ancien hors la loi qui s’est reconverti suite à la naissance de ses enfants et de la mort de sa femme dans l’élevage de cochons. Du moins si j’ai bien compris. Un jour, alors que les cochons sont sur le point de mourrir de la grippe-du-cochon, et qu’il a l’air de ne plus avoir beaucoup d’argent, un jeune cow-boy lui propose de devenir son partenaire pour récupérer une prime sur meurtre. Il s’agit en fait de venger une prostituée dont le visage s’est fait lacéré par un jeune homme. Bref, après environ dix minutes de réflexion dans le film, pendant lesquelles on va voir le héros se casser la gueule dans la boue en essayant de bouger des cochons, Clint Eastwood, enfin, Wiliam quoi, décide d’accepter le Job. Pour cela, il fera appel à son ancien partner, aussi connu sous le nom de Morgan Freeman.

Bref, un bon non-scenario pour un bon Western, soit un film d’action plein de non-action. Autant vous le dire tout de suite, les deux heures que dure le film passent lentement. Pour ne pas améliorer les choses, nous avions eu l’idée de le voir en version originale… Et ce fut là une très mauvaise idée. Avec des accents à couper au couteau pour de nombreux personnages, les dialogues anglais sont très dures à comprendre, alors forcement quand le film lui même ne vous convint pas réellement, vous ne faites plus l’effort pour tout comprendre. A dire vrai il y a peu à comprendre, mais bon. Puis, doucement vos paupières se font lourdes, et vous ne devez votre salut qu’à des grands coups de tonnerre.

Clint Eastwood et Morgan Freeman dans Impitoyable

Je dois l’avouer, si je ne m’étais pas concentré j’aurai viré dans le monde des songes et me serait fait traiter comme du poisson pourri quand Serafina s’en serrait rendu compte. Mais j’ai réussi à tenir la première heure, puis la deuxième ne fut pas si horrible. Le scénario est toujours absent, mais l’action se fait un peu plus ressentir. Le jeu des acteurs n’est pas mauvais loin de là, et on fini par apprécier (un peu) certains des personnages. Il est d’ailleurs attachant de voir le héros qu’incarne Clint avoir du mal pour monter sur son cheval, pour faire chacun des actes qu’il devra faire dans le film. On sent que l’acteur se sent vieux lors du tournage et qu’il cherche à le faire ressentir.

A vrai dire, si je devais analyser le film, je dirai que Clint Eastwood voulait mettre en image les difficultées que peuvent ressentir les personnes d’un certain âge lorsqu’elles se rendent compte des nouvelles limites de leur corps. Plus lent, Clint n’en reste pas moins le brigant d’antan, et la fin de notre film expliquera bien des choses sur le titre du film. Enfin, j’ai tout de même trouvé que certaines scènes assez violentes étaient très gratuites, même pour stigmatiser une sorte de méchant. Dommage.

Clint Eastwood dans Impitoyable

Bref, un classique dont je n’ai vraiment pas vu le moindre intérêt. Je ne le mettrai pas dans Bouse, puisque Serafina l’a adoré. Heureusement, depuis la visualisation du film, j’ai pu voir le magnifique Gran Torino, ainsi que Million Dollar Baby. Clint est sauf !

Et vous, vous l’avez vu ? Aimé ? J’ai vraiment raté quelque chose ?


Gran Torino de Clint Eastwood

Serafina dans Critiques, Films le 19 mars 2009, avec 4 commentaires
Critiques

Gran Torino est un film américain de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, sorti en 2009. Il nous raconte l’histoire de Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de corée, bougon, raciste, au franc parler mémorable, qui vit dans un quatier envahi par les hmmongs (tribu contre laquelle il s’est justement battu lors de la guerre). Et le jour où il sauve (un peu malgré lui) son voisin Thao d’un gang, il découvre qu’il a peut être plus en commun avec les hmmongs qu’avec sa propre famille.

Gran Torino de Clint Eastwood

Dit comme cela, ca ne donne pas très envie, je dois l’avouer. Et si le film n’avait pas eu un tel buzz (des affiches partout à Paris, notamment) et que les critiques n’avaient pas été aussi bonne, nous ne serions probablement pas allés au cinéma pour le voir. Et nous aurions eu grand tort. Car autant vous le dire tout de go, ce film est juste excellent.

Tout d’abord, parlons de celui qu’il faut immanquablement évoquer : Clint Eastwood. A 78 ans, il s’offre le grand rôle du film. Et il est clair qu’il l’a écrit pour lui: ça lui colle juste comme un gant. Un inspecteur Harry, vieilli, assagi aussi par certains cotés, désanchanté aussi. On retrouve là les grands themes chers au  Monsieur: la famille, la vieillesse, la vengeance aussi. Le tout avec son légendaire franc parler, son argot, sa voix eraillée. Oui parce que je vous conseille clairement la VO sous titrée. La voix originale est bien mieux que celles qu’ils lui ont collé en français. Eastwood est un de ces rares acteurs a pouvoir, à 78 ans, sortir une carabine en lancant un « dégage de ma pelouse » sans avoir l’air ridicule. Quand on pense que Harrison Ford, 10 ans de moins, n’a pas réussi à convaincre autant avec son retour de fouet.

Gran Torino de Clint Eastwood

Eastwood est un grand acteur. Mais c’est aussi un grand réalisateur. Vous le savez, il existe des sortes de règles du cadrage. Certains les ont innées, d’autres les apprennent. Je ne sais pas comment fonctionne Eastwood (même si au vu des articles, je pense qu’il s’agit là d’inné). Mais tous les plans du film sont excellents, c’est bien cadré, c’est bien filmé, il n’y a rien à reprocher, pas d’accroc, pas de scènes enigmatique. C’est propre et c’est carré.

A coté, les autres acteurs sont bons, mais ne se démarquent pas réellement, à l’exception de Sue, la jeune voisine hmmong. Il faut dire que pour ce film, Eastwood ne voulait que des acteurs réellement hmmong, et que ceci fut apparement difficile à trouver. Pourtant ils sont loin de s’en sortir mal, au contraire. Sue est assez attachante, dans son rîle de jeune fille qui n’a pas froid au yeux et qui finira par faire sortir Kowalski de ses retranchements.

Gran Torino de Clint Eastwood

C’est peut etre pour cette raison que la fin est aussi touchante. Il est difficile, quand on regarde un tel film et qu’on connait la filmographie d’Eastwood, de ne pas faire certains rapprochements. Comme je l’ai dit précédemment, Kowalski n’est pas sans rappeler un certain Dirty Harry. Quand au final, eh bien si vous connaissez Impitoyable (Unforgiven en VO), il vous sera dur de ne pas voir là le même schéma. Car en effet, la scène finale est préparée de maniere très similaire. Eastwood a vieilli, et c’est probablement sur cette scène là qu’on voit le mieux cette évolution. A 20 ans près, il nous sortait une fin diamétralement opposée. Je ne saurais vous dire « celle ci est mieux que l’autre ». Mais ce que je sais, c’est que la scene finale d’Impitoyable m’a toujours étonnament émue. Je la trouve juste majestrale. (mais j’en connais un qui n’est pas de cet avis).

Le final de Gran Torino est tout aussi magistral,  si ce n’est plus. Le plan final est l’un des plus efficaces du film. Il ne montre rien, ou presque, mais on comprend tout. Et c’est le moment le plus émouvant du film.

Je ne sais même pas quoi reprocher au film. Je suis en train de vous produire, contrairement à mes habitudes un pur encensement, une critique unanimement favorable. Mais le film le mérite. Et allez le voir, vous ne serez pas déçus. Peu importe vos préjugés, sur l’histoire, sur le réalisateur. Le film surprend, étonne, et surtout il réussit le tour de force de mériter les critiques toutes plus flatteuses de la presse.


Constantine de Francis Lawrence

dabYo dans Critiques, Films le 11 mars 2009, avec 8 commentaires
Critiques

Constantine est un film qui fait peur. Non pas dans le sens propre du terme, mais tout simplement parce qu’il fait parti de ces navets à haut budget que vous préféreriez ne jamais croiser à l’écran. Manque de pot pour nous, nous adorons voir ces daubes, c’est donc avec plaisir que l’on a pu le regarder en mangeant une bonne pizza alsacienne. Vous savez, celle avec plein de crème fraîche et de lardons. Miam.

Constantine avec Keanu Reeves

Constantine, de prénom John pour être exact, est ce que l’on peut appeler un exorciste. Mais un vrai, pas un de pacotille hein. Lui, les démons il connaît, même que depuis qu’il a fait un saut en enfer, il adore les y envoyer. Sauf que voilà, à s’en fumer une entre chaque exorcisation (ça se dit ?), il a choppé le cancer, et comme il est un ancien suicidé, il ne peut pas espérer que les portes du paradis s’ouvrent à lui. Bref, en fait, ça, on s’en fou carrément, et c’est vraiment pas l’intrigue principale, car il n’y en a pas vraiment. Ah si, le fils du diable veut faire du monde des humains son repaire. Bouh, ça fait peur.

En fait, Constantine semble être l’adaptation, plutôt inexacte, de De bons présages de Terry Pratchett et Neil Gaiman, un livre que je vous avais présenté il y a de ça à peine quelques semaines. Certes, le scénario n’a pas grand chose à voir, mais le principe et l’univers sont les mêmes: autour du monde des vivants gravitent les repaires de Dieu et du Diable, et les anges ou démons y influent tout en respectant certaines règles. Ici, il s’agit de ne jamais s’intégrer au sens propre dans le monde humain. Sauf que le fils du diable, en cachette, tente de se taper l’incruste. Bref, ça n’a rien à voir avec le livre mais les similitudes sont tout de même choquantes, surtout lorsqu’on vient de le lire. Connaissons Terry Pratchett nous nous sommes demandés si il ne s’agissait pas là d’une carricature de la part des deux anglais, mais non, Constantine est sorti quelques années plus tard.

On oublie, cela dit, le côté décalé pour entrer dans un film qui se veut très noir. Les personnages ont tous l’air déprimé et le film tente de donner une impression de morne et tragique. La façon de filmer, plutôt réussite, augmente cette impression en filmant chaque scène depuis des angles auxquels on ne s’attendait pas, un peu comme si son seul but était de nous prendre à contrepied. L’effet n’est pas mauvais, et contrairement à ce que l’on peut penser au début, on ne fini pas par vomir, au contraire. Le tout donne un dynamisme à des scènes qui ne le sont pas vraiment.

Extrait de Constantine

Coucou, je suis le réalisateur de Constantine et je viens d'apprendre que l'on peut découper des personnages pour les coller sur un bitmap sans que ça se voit !

Keanu Reeves oblige, on se croirait tout de même un peu dans Matrix, avec un acteur qui semble jouer une fois de plus le rôle de Neo, le chapelet en plus. Exit les gros flingues et le sabre, on parle maintenant de crucifix et d’armes qui tirent des balles en or. Bref, voir l’acteur commencer avec des armes à feu pour finir avec son crucifix à prononcer les paroles de Notre Père, ça vaut quand même son paquet de cacahuètes. Mention spéciale à l’arme ultime du film: la chaise. Le pire, c’est qu’on nous en parle au moins trois ou quatre fois avant de découvrir ses capacités très spéciales…

Est ce donc un bon ou un mauvais navet ? Honnêtement, je m’attendais à un film bien moins bon. Bon est un grand mot, mais Constantine n’est pas le navet annoncé. Certes, le film est totalement plat, et je ne me rappelle presque plus de ce que j’ai vu à peine une semaine plus tard, mais il n’empêche que nous sommes loin des mauvaises productions hollywoodiennes habituelles. Et puis, entre un Matrix 2 et ce Constantine, je ne saurai pas lequel choisir. C’est quand même une bouse, hein.


La Vague (Die Welle) de Dennis Gansel

Serafina dans Critiques, Films le 9 mars 2009, avec 8 commentaires
Critiques

La Vague (Die Welle) est un film allemand de Dennis Gansel sorti en 2008 en contrée germanique, et le 4 mars 2009 en France. Ce film s’inspire d’une expérience qui aurait été menée en 1976 par un professeur d’histoire en Californie : La troisième vague. Les avis divergent sur cette expérience, et je vous renvoie pour cela à l’article Wikipédia qui est assez bien fait.  Il ne sera pas question ici de savoir si oui ou non la Troisieme vague a existé.

Affiche de La Vague (Die Welle)

Le film se passe donc dans un lycée allemand, appelé Gymnasium, le niveau supérieure de l’académie allemande. Pour rappel, les jeunes allemands ne sont pas orientés après la 3ème mais dès la 6ème dans trois types d’écoles différentes et de niveau différent. Le lycée organise pendant une semaine un gand projet. Les élèves doivent choisir leur cours. Les cours sont axés sur des méthodes de gouvernement spéciales : Anarchie, Autocratie… Nous allons suivre le cours d’Autocratie, donné par le Pr Rainer Wenger. Sauf que faire un cours sur l’Autocratie en Allemagne… On sait tous sur quoi cela dérive. La jeunesse allemande semble en avoir marre de se faire rabacher depuis leur naissance les erreurs de leur pays 50 ans plus tôt. Et ils le font rapidement savoir à Wenger. Celui ci, décide alors d’employer une méthode plus originale : la vague.

Il commence par prôner la discipline, l’ordre, et bientôt l’uniforme, le salut particulier… Vous l’aurez compris, le film nous montre peu a peu comme il est facile de manipuler des gens. Et comme il est aisé de se laisser enrôler dans un mouvement fascisant. Alors oui cela paraît très moraliste comme cela. Ca l’est après tout. L’expérience menée en californie l’était aussi. Heureusement le film ne s’arrête pas à cela. La réalisation tout d’abord est bonne. On sent parfaitement la montée en puissance et l’on voit peu à peu la situation échapper aux mains du professeur, ou même à celles des élèves. La vague prend peu à peu de l’ampleur, et on commence à se demander comment tout cela va finir.

Extrait de la Vague (Die Welle)

La bande annonce est étonnament sympathique, très rock. Et ça colle vachement bien. Les acteurs jouent bien. J’ai vu le film en VO sous titrée (vivant avec un allemand, je n’ai pas trop eu le choix), donc je ne sais pas ce que vaut le doublage francais. Et oui, il semblerait que l’Allemagne sache tourner autre chose que Derrick ! Ces acteurs d’ailleurs, adolescents pour la plupart comme leurs personnages, sont aussi une bonne démonstration de ce que sont les jeunes allemands d’aujourd’hui, handicapés par un passé qu’il n’ont pas connu.

La dépréciation de leur pays à ce propos ne semble pas être facile à vivre. Ceci dit, ce point là, est probablement celui qui pose le plus de doutes sur la cohérence du film. Comment, dans un pays comme l’Allemagne, qui n’a toujours pas digeré son vécu, une telle expérience pourrait-elle prendre dans un lycée sans que quiconque ne tique ? Pas même les parents d’élèves ? Que les jeunes en aient marre et du coup oublient les leçon, oui. Mais les autres ?

Mais, d’un autre coté, je ne vois pas comment un autre pays que l’Allemagne aurait pu être mieux placé pour tourner ça.

Logo de la Vague (Die Welle)

Bon, la fin est leur seul réel point noir pour moi, il n’y avait pas besoin de terminer comme cela. Je ne vais pas vous spoiler, mais j’ai l’impression que le film n’avais pas besoin de ce drama pour finir en beauté. Non, vraiment pas.

Au final, un bon film, qui aurait probablement pu être meilleur, mais qui est quand même fort agréable à regarder. On se laisse prendre par la vague. Et je ne saurais que vous le conseiller.


Capitaine Alatriste de Agustín Díaz Yanes

Serafina dans Critiques, Films le 8 février 2009, avec 3 commentaires
Critiques

Capitaine Alatriste est un film espagnol de 2006. Il est sorti en France au cinéma durant l’été 2008, de manière tout a fait confidentielle et dans un nombre de salles très réduit. C’est du coup seulement en Fevrier 2009 que le film se révèle au grand public à l’occasion de sa sortie en DVD. Je n’avais absolument aucune idée de quoi parlait le film. A vrai dire, la seule chose qui m’a decidée à le voir fut le nom de l’acteur principal : Viggo Mortensen. Ce nom ne vous est pas inconnu je suppose, probablement plus pour sa prestation d’Aragorn que pour son rôle dans Appaloosa. Mais voila, Viggo Mortensen est un de mes acteurs favoris alors forcément…

capitaine alatriste

Ca fait un peu "retour du roi" là quand même...

Capitaine Alatriste est en faite l’adaptation d’une serie de romans de Arturo Pérez-Reverte, très populaire en Espagne. Ces romans nous content l’histoire de Alatriste, un soldat de sa majesté Phillipe IV d’Espagne. De guerres en missions d’assassinat pas très glorieuses, nous suivons ce « D’artagnan » espagnol et son fils adoptif Inigo dans le cadre d’un pays en décadence. Il s’agit en effet de l’Espagne sous le règne d’un monarque faible, corruptible. C’est l’avant dernier des rois de la maison d’Autriche en Espagne et cette atmosphere de décadence, de « tout fout le camp », est très bien rendue au fil du film. On voit peu à peu le pays sombrer.

Dès les premières scènes nous pouvons être sûr d’une chose: nous ne sommes pas dans une production américaine. C’est dingue comme cela saute un minimum aux yeux. Pas de mouvements exotiques de caméra lors des batailles, pas ce petit truc dans la manière de filmer. Je ne saurais pas l’expliquer. Peut être que je le remarque encore une fois car je suis plus portée sur le graphisme que d’autres, mais en tout cas c’est visible. Et ce n’est pas un mal loin de là.

A vrai dire, la manière de filmer, et la cadence du film (souvent très lent, voir contemplatif entre deux scènes de combats plus effrénées) n’est pas sans rappeler le Western. Alors certes, nous ne sommes pas dans l’ouest américain et le film se passe quelques centaines d’années trop tôt. Mais pourtant, il est impossible pour un amateur de Western de ne pas sentir la petite touche Spaghetti.

capitaine alatriste

Si Cervantes de Soul Calibur devait être incarné, Alatriste serait parfait.

Car en effet, Alatriste n’a ni la droiture ni le sens de l’honneur de D’Artagnan. Pauvre comme pas deux, à la moralité achetable, volontier désabusé. Exactement le genre de héros que le Western affectionne. De plus, ce rôle est parfait pour Viggo Mortensen qui semble taillé pour. Le mercenaire un peu pouilleux, taciturne, vieillissant, qui en a trop vu, il le joue à merveille. Il n’est pas spécialement beau, non, mais il a ce petit quelque chose qui lui donne un charisme certain dans ce genre de personnages. Il transpire la classe sous ses habits dépenaillés et ses cheveux sales, et on s’attendrait presque à l’entendre sortir un « voyageons leger » en attachant son épée. Dans tous les cas, il porte le film sur ces épaules et l’empêche de sombrer.

Car en effet malgré sa plastique indéniable, ses costumes excellents, son ambiance extrémement bien retranscrite et un jeu d’acteur fort bon, le film pâtit d’un très gros défaut. Il emprunte un peu à chacun des cinq livres d’Alatriste, et en 2h30, il n’y a pas le temps pour expliquer toutes les intrigues: on saute du coq à l’âne. Des personnages arrivent, trop en trop peu de temps, on ne comprend pas toujours ce qu’il se passe ni qu’est ce qu’on fout là en pleine bataille, et contre qui ? Il aurait probablement été préférable de faire plusieurs films que de tout condenser de cette manière. Ou alors de ne cibler qu’une seul livre… Parce que forcément on n’a pas le temps de tout comprendre, ni même de réaliser qui se bat contre qui. Il en suit donc une narration totalement hachée, voir inexistante.

capitaine alatriste

C’est dommage, car avec peut être moins d’intrigues et en se concentrant sur un peu moins de livres, le film aurait pu se révéler excellent. Ce n’est pas mauvais non, les acteurs et la plastique sont agréables et au final, bien que très long, on ne s’ennuie pas.  Mais le film manque de clarté pour être bon. Enfin, Viggo Mortensen suffit à lui seul comme raison pour voir le film. Il semble quand même important de noter, que depuis Aragorn, il enchaîne les Westerns, Appaloosa le Western spaghetti, Hidalgo le Western couscous, et puis Capitaine Alatriste. Serait-il l’espoir d’un genre moribond ?

Sachez enfin que les cind romans du Capitaine Alatriste sont édités en France par Points en version poche. Et personnellement ils me tentent assez.


S’il y’a bien un film dont vous ne pouvez pas ne pas avoir entendu parler en ce début d’année c’est l’adaptation de Fascination, le premier livre de la série Twilight de Stephenie Meyer dont vous pouvez lire notre critique ici. En effet, le film squatte les premières places du box office, français ou étrangers. Même si en réalité il est sorti depuis plus de deux mois aux US, au Canada et en Belgique par exemple, c’est seulement mercredi dernier que notre héxagone a été mordu.

Affiche Twilight: Fascination

Oui mordu. Quiconque s’attardera un minimum sur l’affiche ci dessus, comprendra. Oui parce que les graphistes n’ont pas fait dans la dentelle. Oh Edward est un Vampire ? Et si on désaturait sa peau ? Et si on tirait ses traits par des jeux d’ombre? Histoire de faire vraiment méchant quoi. Au final, l’affiche est moche et la retouche à Photosop est tout… sauf bonne. Mais je ne suis pas là pour parler de l’affiche. Non, derrière l’affiche, il y a le mur. Mais outre ces considérations matérialistes, il y’a le film.  Et rien qu’à l’affiche on peut prédire le film à midinettes. La nouvelle idole des adolescentes s’appelle Edward. Billy de Tokio Hotel, c’est passé de mode. Il est supposément beau, il a les dents blanches, lavées avec Colgate, il veut pas de sexe avant le mariage, et accessoirement, il est vampire. Le gendre idéal.

Sauf que, ce n’est pas une histoire de vampire. Les graphistes ont du mal comprendre. Le vampirisme c’est juste une excuse. On ne parle pas de pourquoi ni de comment, Bella découvre en deux secondes qu’il est vampire (alors qu’elle vient d’arriver, ceux qui cotoient Edward depuis perpet’ sont vraiment nazes), n’a même pas peur de se transformer en viande. Et pouf, le coté vampire ne servira plus qu’à rendre leur amour impossible: « Non chérie, on peut vraiment pas faire ça ! Quand je suis excité j’ai un truc qui grossit et devient tout dur. Non ! Pas CA ! Mes canines ! ». Ok, il va aussi pouvoir servir d’excuse pour utiliser le budget effets spéciaux: courses à toute allure, escalades démentielles, vampire qui brille dans le soleil etc… Des effets spéciaux qui nous feraient presque regretter l’époque où on faisait voler des assiettes en carton pour mimer un certain Faucon.

Billy dans Twilight

Billy de Tokio Hotel était pressenti pour le rôle principal. Officiellement la production avait peur qu'il fasse passer son maquillage en notes de frais. Officieusement, on peut se demander s'il n'a pas un peu de goûts...

Le gros du scénar (c’est vite dit…), c’est la relation entre Edward et Bella, leur amour, si fort, si pur, si… Je ne trouve pas les mots tellement c’est… Alors autant dans un bouquin de 500 pages il y a largement le temps d’amener l’histoire de manière presque crédible. Mais dans un film… Bella arrive. Croise le regard d’un mec trop beau. Croise le mec en classe. Est amoureuse. Lui aussi, bref. Telescopé, et du coup, peu crédible. Et vu que tout le film repose sur leur amour… Ce dernier n’ayant aucune originalité, puis la fille banale, qui tombe amoureuse du beau mec du lycée… Bien qu’il soit vampire, pas besoin de faire Science Po’ pour l’imaginer. On a un peu l’impression de regarder le vide pendant 2h. Vous ajoutez le surmaquillage… Ah que c’est joli le fond de teint blanc.. Manque de pot ils ont oublié de maquiller les cous… Les couleurs bleutées et vous obtenez ce… Truc.

J’ai oublié de vous parler du casting. Bella est une inconnue du nom de Kristen Stewart. Edward, joué par Robert Pattinson, est connu pour son rôle monosyllabique dans Harry Potter, et où il se fait butter comme une bouse. Les autres sont tout aussi inconnus. Seule la maman de Bella, Sarah Clarke rappellera quelque chose aux fans de 24 vu qu’il s’agit de la diabolique Nina.

Edward qui court dans Twilight, Fascination

Clou du spectacle et de la Romance d'aujourd'hui, l'organisation d'un Cross par le lycée de nos deux amoureux. Court Edward court !

En soit, des inconnus, ca ne gène pas, si cela peut faire découvrir de nouveaux talents. Le problème c’est que ca ne révèle surtout que des nouveaux mauvais. Bella n’est pas crédible. Elle a beau être jolie et coller parfaitement -physiquement- au personnage, ça sera tout. Niveau émotions, j’ai vu mieux. Elle parle mal, n’articule pas. Comme dirait un personnage connu, elle a le quotient émotionnel d’une cuillère à dessert. Edward est trop maquillé, ses sourires sont trop stéréotypés, trop « Salut, chui méga evil, on boit un verre baby ? ». Et on peut pas dire que ses dialogues soient mirifiques. Les autres personnages ne sont pas assez présents pour qu’on les note. Enfin, on se demande pourquoi les vampires ont besoin de se mettre en postures bestiales et de se renifler pour se défier maiiis bon.

Allez, on soulignera quand même quelques points positifs, la scène de Baseball est ridicule, mais bien filmée. Par contre, Alice, jouée par Ashley Greene, m’a surprise en bien. J’aime bien son jeu et elle colle tout à fait au personnage. Quant à la bande sonore, prise seule, elle n’est réellement pas mauvaise. Le truc c’est qu’elle est intégrée au film avec la délicatesse d’un marteau piqueur groggy. Trop forte, pas assez, jamais adaptée… C’est super quand les personnages chuchotent et qu’il y a la musique super fort. Du coup on ne comprend rien, et déjà qu’il n’y a pas grand chose à comprendre…

Faites un geste pour votre intellect, n’allez pas voir ce film. Voilà Céline, tu sais ce que cela donne.


Las Vegas parano de Terry Gilliam

dabYo dans Critiques, Films le 16 janvier 2009, avec 3 commentaires
Critiques

Difficile de présenter et d’expliquer ce qu’est Las Vegas parano. Encore plus d’essayer d’en faire la critique. Ce film est tout simplement… pas simple.

Las Vegas parano

Raoul Duke, joué par Johnny Depp, est un journaliste chargé de couvrir une course de moto hyper-populaire dans la région de Las Vegas, tout frais payé, suite d’hôtel comprise. Dr Gonzo, son avocat joué par Benicio Del Toro, va l’accompagner pour ce voyage qui lui fera traverser les Etats Unis post années 60 en voiture. Heureusement pour eux, et pour notre plus grand plaisir, ils ne seront pas seuls puisqu’ils décident de se faire accompagner par une armada de drogues en tout genre. De l’ether à la coke, tout y passe. Dans les veines et les narines de nos deux compatriotes bien entendu.

Las Vegas parano est donc un film qui nous embarque dans le très long trip de nos deux compères et qui va permettre à Terry Gilliam, ex membre des Monty Python, de nous servir des scènes plus cocasses et hallucinées les unes que les autres. On citera notamment le bar rempli de reptiles, la recherche desespérée de la porte de la suite, le drogué suicidaire du combo baignoire-musique, ou plus simplement les chauve-souris pourchassant la voiture de nos deux héros en plein jour dans le désert américain. Gears of War s’en serait il inspiré ?

Las Vegas parano baignoire

S’il y a un réel scénario, je ne l’ai pas vraiment compris. Les couvertures d’évènements pour la presse sont tout de suite déclarés comme prétextes par les deux héros pour se faire un trip road. Et de toute façon, Raoul, défoncé tout au long du film, n’en verra pas grand chose. S’il y a une morale, ici aussi je ne l’ai pas comprise. Comme à chaque fois je suis passé par Wikipedia pour tenter de voir si ma clairvoyance me faisait défaut. Mais il ne semblerait pas. Peut être une vision ironique du début des années 70 qui allaient à l’opposée complète des dix années qui avaient précédées.

Las Vegas parano est donc un film à prendre tel quel, un merveilleux trip, constamment hillarant, notamment grâce aux commentaires en voix off de Johnny Depp qui, sobre, accentue le côté cocasse de chacune des scènes et nous éclaire sur ce qu’il se passe dans le cerveau du héros. Car oui, si cet acteur est d’habitude très expressif au niveau des pensées de son personnage, on ne peut pas dire qu’il révèle bien ce que pense le héros. S’il pense. Par contre, il fait admirablement bien le mec défoncé.

Las Vegas parano Johnny Deep

Un beau tableau donc, mais avec un sacré point noir. Si le film démarre au quart de tour, la sauce, surprenante au début, s’essouffle au fur et à mesure de la progression du film. Le trip finirait presque par lasser, peu à peu. A ce niveau là, c’est dommage. Mais ça n’en reste pas moins un très bon film.

A noter tout de même qu’il s’agit de l’adaptation d’un livre de Hunter S. Thompson et non d’un film original. Il faudra que je le lise tiens.


Le Fantôme de l’Opéra de Joel Schumacher

Serafina dans Critiques, Films le 31 décembre 2008, avec 3 commentaires
Critiques

Le Fantôme de L’Opera (The Phantom of the Opera en VO) est un film de Joel Schumacher sorti en 2004. Il s’agit de l’adaptation en film de la comédie musicale du même nom par Andrew Llyod Weber. Comédie Musicale elle même adaptation du roman de Gaston Leroux datant de 1910. Fiou. Vous suivez toujours ?

L’histoire se passe au XIXème siecle à l’opéra de Paris. Christine Daaé est une jeune soprano sur la voie de la gloire. Son succès est dû, outre à sa voie, aux conseils qu’elle reçoit d’un certain « ange », un « fantôme », le fantôme de l’opéra. Mais quand Raoul entre dans la vie de Christine, le fantôme n’apprécie pas.

Le Fantôme de l'Opera

Le décor est sublime (ah l’opéra de paris…), les costumes le sont tout autant. Le XIXème siecle dans toute sa splendeur, les décors, les cimetières sont absolument magnifiques. Le film est un véritable bonheur pour les yeux… Tellement que je me souviens en être ressortie avec des idées de dessins plein la tête.

Les musiques de Llyod Weber sont respectées assez fidèlement, quelques petits changements niveau accompagnements mais rien de très notable. Certes Emmy Rossum n’a pas le coffre d’une Sarah Brightmann mais elle a un très joli filet de voix, très clair et très agréable.

Le Fantôme de l'Opera

Il s’agit d’un film comédie musicale, les chansons ont donc une très grande place dans le film, vu qu’elles content une bonne partie de l’histoire. Du coup évidemment, elles ont été traduites en francais pour notre beau pays… La jolie voix d’Emmy Rossum -qui a une voix magnifique – est remplacée par celle de Cecilia Cara et celle de Patrick Wilson par Damien Sargue.

Si vous êtes assez agés ces noms devraient vous dire quelque chose… Oui oui, vous vous rappelez la comédie musicale Romeo et Juliette… Oui oui, vous pouvez halluciner. Je n’ai vu le film qu’en VO, mais apres avoir regardé quelques videos sur Youtube il semblerait que finalement ce ne soit pas un massacre mais plutot une honorable réussite. (Ci dessous la version francaise du titre phare).

Ma présentation vous a donné envie ? Eh bien le film passe en français Jeudi 1erJanvier sur la 3. Jettez y un oeil et une oreille !


The Crow de Alex Proyas

Serafina dans Critiques, Films le 14 décembre 2008, avec 2 commentaires
Critiques

dabYo est probablement masochiste. Il est fréquent (voir pire) que les films que je choisisse de nous faire regarder se révèlent des daubes sans nom. Ceci dit, il continue d’accepter mes propositions. Et une fois n’est pas coutume, le film était plus que bon, et c’est pour cela que je fais ce post.

Vous n’êtes probablement pas sans connaitre The Crow, à moins que comme dabYo vous ayez vécu dans une grotte toute votre vie (reliée au net quand même la grotte, faut pas abuser). Qu’on ait ou non vu le film, le personnage d’Eric Draven est plus que reconnaissable. Quitte à ce que vous m’accusiez de petite joueuse, je n’avais jamais vu le film, celui de 1994 par Alex Proyas. Ceci dit, j’ai suivi avec assiduité la série The Crow, Stairway to Heaven qui passait sur M6 au début des années 2000. Série que j’ai évidemment adorée, et dont je garde un excellent souvenir. Probablement la peur d’être déçue m’a longtemps retenue de voir le film. Mais il faut bien essayer un jour…

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Brandon Lee dans le rôle d'Eric Draven

L’histoire reste la même , Eric Draven et sa fiancée Shelly Webster sont assassinés la nuit de Halloween. Un an plus tard, Eric revient grâce au corbeau d’entre les morts pour se venger. Le scénario  n’est probablement pas d’une extrême originalité soyons honnête. Néanmoins, les personnages sont attachants, notamment feu Brandon Lee qui se révèle très bon, déjanté à souhait, un peu fou sur les bords, parfaitement classieux pour résumer. Même si son personnage n’échappe pas à des moments clichés, les poses de dark devant la célèbre fenêtre ronde, la scéance de maquillage, il reste plus qu’attachant.

Les personnages secondaires sont du coup plus effacés, on notera quand même la petite Sarah qui assure en quelque sorte le lien entre Eric et sa vie passée. Puis le sergent Albrecht, qui était présent lors de cette néfaste nuit d’Halloween et qui aidera Eric. Coup de coeur quand même pour le look de Top Dollar et son amante de demi-soeur Myca. Oui parce que parler de The Crow sans parler de l’aspect visuel serait une hérésie.

Tout d’abord la ville, sombre et controlée par des gangs, ainsi que les scènes sur les toits ne sont pas sans rappeler un certain Blade Runner (un de mes films cultes, un), voir Sin City d’après dabYo. Le film pioche allégrement dans l’imagerie de la Culture Gothique. En effet il s’agit quand même là d’un film d’amour et de mort. Deux thèmes associés régulièrement au mouvement. Malgré ses allures de gros rentre dedans, le film reste extrémement romantique. L’amour entre Eric et Shelly est si fort que même la mort ne le brisera pas. Et la évidemment, l’impossible romantique (et pleureuse) que je suis n’a pas pu retenir ses larmes lors de la dernière scène. Et pourtant je la connaissait la fin… Mais voilà, c’est diablement efficace. Leur histoire est belle, malgré la mort, malgré les atrocités.

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It can't rain all the time

C’est peut être ce qui rend Eric aussi attachant. Il n’est pas un justicier, il ne veux pas faire régner l’ordre et la loi. Il n’est pas le bon héros.  Il n’a pas demandé à l’être il faut dire. Il veut juste se venger et repartir en paix. Et ce n’en est que plus crédible. Il veut venger son amour, et peu importe pour les autres.  De ce fait l’identification au personnage est forcement facilitée.

S’il est un sujet que je ne peux de ce fait qu’évoquer ici, c’est la tragédie qui a frappé le film, et qui l’a élevé en partie au rang de culte. En effet, Brandon Lee, aka Eric Draven, a trouvé la mort sur le tournage. Un pistolet qui devait tirer des balles àblanc qui au final a tiré une vraie balle. Lee est mort, 20 ans après son père, dans les dernières semaines du tournage. Evidemment, le mystère et l’impression de malédiction n’ont fait qu’attiser son lien avec son personnage. Le film fut cependant fini, l’équipe ayant recours à la numérisation et ayant dû refaire une partie du script (majorairement les flashs backs), doublant là son budget.

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Il est fort probable que ce tragique accident ait joué un role très positif dans le succès du film. Film qui engendrera trois ou quatre sequelles ainsi qu’une série télévisée de 22 épisodes avec Mark Dacascos.

Mission suivante ? Retrouver la série, pour la revoir.