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Le bon, la brute et le truand par Sergio Leone

Serafina dans Critiques, Films le 1 juin 2009, avec 10 commentaires
Critiques

Après l’échec d’Impitoyable, il me fallait taper fort pour convertir dabYo au Westerns. Quoi de mieux que le meilleur Western de tous les temps pour cela ? C’est ainsi qu’après de nombreux messages subliminaux j’ai réussi à lui faire voir Le bon, la brute, et le truand.

Le bon, la brute et le truand (The good, the bad and the ugly en V.O.) est un film de Sergio Leone sorti en 1966, il s’agit du troisième épisode de la Trilogie du Dollar bien que chronologiquement parlant il se situe avant les deux autres. De toute manière la cohérence n’étant pas le point fort de cette magnifique trilogie, il n’y a pas réellement d’ordre pour les regarder.

Le bon la brute et le truand

Ce film se déroule donc dans l’ouest américain, durant la guerre de Secession. Comme vous vous en doutez, il y a trois héros: Tuco (le truand), Blondin (le bon) et Sentenza (la brute). Les trois sont à la rechercher d’un chargement d’or qui a été dérobé et serait enterré dans un cimetière. Tuco connaît le cimetière, Blondin la tombe, Sentenza lui ne connaît rien au départ mais est bien décidé à trouver l’or. Les deux ont donc besoin l’un de l’autre, mais ils ont aussi des comptes à régler (surtout Tuco envers Blondin en fait) ce qui amène une relation très tendue entre les deux personnages mais aussi ce qu’on appellerait dans les réseaux de Pétri un point de tangence. Si l’idée est intéressante, elle met quand même un certain temps à se révéler comme ligne directrice du film. La première partie est plus une présentation relativement longue des personnages et de leur relations.

Toujours est il que le trio fonctionne bien, très bien même. Il doit énormément aux acteurs il faut le reconnaître, et surtout à un certain Clint Eastwood qui interprète ici Blondin, un chasseur de prime arrogant, flegmatique et taciturne, bref absolument classe. Sentenza joue à merveille le saligaud méchant et sans scrupule, il s’agit d’un mercenaire, d’un professionnel et prêt à tout. Seul Tuco reste un peu en retrait, servant plus de faire valoir aux deux autres. Il faut dire que Blondin et Sentenza partageaient déjà la vedette dans l’épisode précédent (qui se déroule après !) Et pour quelques dollars de plus….

Bien évidemment, de bons acteurs, ce n’est rien sans une bonne réalisation. Et là nous n’avons pas de bonne réalisation, mais une excellente réalisation. Sergio Leone était un grand metteur en scène, ses personnages sont très fouillés, il n’y a au final aucun noir ou blanc, même Blondin qui apparaît au départ sans cœur, se révèle finalement plus sensible qu’on ne le croirait lorsqu’il visite un camp Nordiste. La guerre est un sujet important dans le film et les deux compères que sont Blondin et Tuco la trouvent stupide et sans but. La mise en scène de la guerre la rend stupide et sans but, ce qui est probablement le message que Leone voulait transmettre.

Le bon la brute et le truand

Malgré la gravité des sujets abordés,  l’humour est très présent. Nous sommes dans un western spaghetti, ne l’oublions pas.  Que cela soit l’absurdité de certaines scènes (telles que Tuco dans la baignoire, la piste des cigares, l’apothéose étant l’histoire du pont) ou encore les remarques acerbes de Blondin, le film n’a pas l’air de se prendre au sérieux. Les dialogues sont très forts, et même aujourd’hui, 40 ans plus tard, certaines répliques sont restées cultes : Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses !.

Et encore, je ne parle pas des plans ! Leone avait une manière de cadrer relativement particulière. Vous savez les gros plans sur les yeux devenus clichés des Westerns ? Eh bien on les lui doit. L’utilisation de la plongée et de la contre-plongée est très fréquente et permet de dynamiser des scènes qui pourtant sont totalement statiques. Évidemment, le clou de ce dynamisme n’est autre que la scène dite du trio. Cinq minutes de face à face totalement immobile, des plans de plus en plus courts et de plus en plus serrés, permettant d’arriver à une tension rarement atteinte depuis. Et évidemment le tout sur l’air de Il triello de Ennio Morricone, un des plus grand compositeur du XXème siècle qui signe ici l’une des B.O. les plus reconnaissables de sa carrière.

La musique d’Ennio Morricone a sans nul doute joué un très grand rôle dans le succès de ce film. Une ligne directrice originale et très facilement identifiable, déclinée en des tonalités aussi différentes que possibles pour coller soit à une course poursuite, soit à un passage d’espionnage, soit à une course effrénée parmi les tombes.

Le bon la brute et le truand

Au final, Le bon la brute et le truand est pour moi le meilleur Western, vous le savez. Si vous ne deviez en voir qu’un, voyez au moins celui ci. Laissez vous porter par la bande son, et par le flegme de Blondin. Pas d’effets spéciaux, pas de grosse action, non loin de là. Le film date de 1967 et pour faire exploser un pont, on le faisait vraiment exploser, pas de trucages numériques. Il en ressort un coté peut être désuet mais bien plus réaliste et simple qu’un film américain actuel. Même si il y a eu les moyens financiers, il ne faut pas oublier que les décors restent relativement simples, ils servent de support et c’est tout. Mais d’un autre coté nous sommes dans l’ouest américain, donc ça ne choque pas du tout. Les dialogues ne sont pas toujours synchros ce qui est du a de nombreuses raisons, mais majoritairement parce que le film fut tourné en beaucoup de langues. Anglais pour les acteurs principaux, Italien ou Espagnol pour les second rôles et sur le plateau on parlait français. Tout a donc été redoublé quelques mois plus tard.

Toujours est-il que le film fut un immense succès. Il généra plus de 25 millions de dollars, un résultat encore jamais égalé par un réalisateur européen. Le film est très régulièrement cité lors des rétrospectives les meilleurs films de tous les temps. Bref vous devez le voir.

Enfin, sachez que ce film fut une inspiration majeure, notamment pour Stephen King qui commença à écrire le premier volume de la Tour Sombre: le Pistolero après avoir vu Le bon, la brute et le truand. Enfin, ceci dit, son Roland n’arrive même pas à la cheville de Blondin.


Millenium, le film de Niels Arden Oplev

Serafina dans Critiques, Films le 18 mai 2009, avec 11 commentaires
Critiques

J’ai pu lire il y a quelque temps le premier tome de la série Millénium. Juste à temps pour pouvoir voir le film quoi. Ce dernier est a l’origine un téléfilm produit par une chaîne suédoise (entre autres), il dure 2h30 et a été réalisé par Niels Arden Oplev (à vos souhaits) et à pour têtes d’affiches: Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre. Bref que des noms qui fleurent bon le fjord. Et avec des noms pareils, on est en droit de s’attendre à une adaptation très fidèle et non policée, ce qui est habituel pour faire rentrer les revenus dans les salles et engraisser les producteurs hollywoodiens. Oui j’exagère je sais, mais l’idée est là. C’est une adaptation suédoise, d’un bouquin suédois qui se passe en Suède. Ouf.

Je ne vous ferais pas l’affront de vous rappeler les bases de l’histoire, vous êtes je n’en doute pas, de fidèles lecteurs et si vous ne l’êtes pas je vous renvoie à ma critique des hommes qui n’aimaient pas les femmes, car évidemment les bases sont les mêmes, et pas seulement à vrai dire.

Millénium le film

Bon, ça fait un peu serie télé française là...

Il est difficile de voir une adaptation sans avoir à l’esprit le livre originel. Surtout quand la lecture est très récente, il est alors encore plus ardu de faire abstraction. Et puis il est des adaptations qu’on attend au tournant, et où les fans passent leur temps à chipoter sur « mais non Hermione elle s’habille pas en rose« , « mais non machin…« . Ce n’est pas le cas ici. C’est une des adaptations les plus fidèles que j’ai pu voir. Bien entendu certaines scènes sont coupées, d’autres changent d’ordre, mais ça sert vraiment bien le film et le livre est très bien respecté.

Et surtout il n’est pas aseptisé, ce qui aurait probablement été le cas dans une production américaine ou même française. En effet, certaines scènes sont dures, violentes mais il n’y a pas de voyeurisme, comme dans le livre quoi. Ces scènes justifient amplement l’interdiction aux moins de 12 ans, même si personnellement j’aurais plutôt mis moins de 16. J’aurais vu les scènes en question à 12 ans je pense que j’aurais été clairement traumatisée.

Mais bon, ces scènes ne sont pas gratuites, et il ne faudrait pas se méprendre sur Millénium. C’est un thriller très immersif. Les beaux paysages suédois nous plongent immédiatement au cœur de Hededstat, et les passages se déroulants dans la Suède civilisée sont aussi relativement bien foutus. Ils sont d’ailleurs quasiment tous en pleine nuit. Eh oui ça tombe tôt la nuit là bas. A ce propos le contraste entre les parties se déroulant en ville et celles dans la nature à Hededstat est saisissant. L’île apparaît comme un véritable havre de paix, pourtant, à un endroit comme à l’autre, la violence et l’horreur sont présentes.

Quant aux acteurs, ils sont vraiment bons. Évidemment, la palme revient à Noomi Rapace, qui incarne ici une Lisbeth Salander plus vraie que nature, totalement convaincante. La hackeuse punkette est celle qui en impose le plus à l’écran. Et surtout le personnage est bien traité, à cet effet une scène du tome 2 serait introduite ici, et je ne peux qu’approuver ce choix car le personnage en sort encore plus intéressant. De même, elle ne perd pas son coté non-politiquement-correct. Blomkvist (Michael Nyqvist) aussi est bon, il a un petit air du dernier James Bond mêlé à un inspecteur de PJ, vous savez la série sur France 2. Il est convaincant, mais éclipsé par la prestance de Lisbeth. Ceci dit, dabYo n’étant pas d’accord avec moi, il est aussi possible que je sois influencé par mon fanatisme pour Lisbeth.

Millenium le film

En bonus : l'autopsie d'un mac !

Bon, bon, je parle je parle, mais le principal, je l’oublie. Car Millénium c’est avant tout une enquête. Si elle est relativement simplifiée pour tenir en 2h30, elle reste suffisamment tordue pour que vous ne vous ennuyiez pas. De plus, même si vous n’avez pas lu le bouquin, vous pourrez tout à fait suivre, et comprendre ce que font les héros. Certes, parfois les textes affichés en suédois ne sont pas traduits, ce qui est un peu gênant. De même quand les héros se servent de Photoshop, nous nous reconnaissons parce que Photoshop, on l’utilise à longueur de journée, mais je pense que pour le grand public, traduire ça aurait aidé (mettre Contraste à la place de Kontrastirien par exemple). Bon ce n’est pas handicapant, mais un peu gênant tout de même. En tout cas, dabYo n’avait pas lu et a tout a fait pu suivre l’évolution de l’enquête.

Le film est relativement dynamique, même si il s’essouffle un peu sur la fin. Et encore, ils ont vachement charcuté l’espèce d’épilogue qui clôt Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Ce n’est pas un mal, car une fois l’enquête résolue, il n’est pas facile de passer à une autre aventure…

Au final, un vraiment bon film, que je vous conseille, que vous ayez ou pas lu Millénium. Pour un téléfilm, c’est bien meilleur que bon nombre de soit disant films…


Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki

Serafina dans Critiques, Films le 9 mai 2009, avec 9 commentaires
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Ponyo sur la falaise (崖の上のポニョ, Gake no ue no Ponyo?) c’est le dernier né du studio Ghibli. Il a été écrit et réalisé par Hayao Miyazaki qui n’est je pense plus à présenter. Malgré le nombre d’affiches que nous avons pu voir au restaurant universitaire, la sortie français fut très confidentielle, et dans le département il n’est sorti que dans une salle (d’art et d’essai : Les Lobis à Blois). Je vous avoue qu’au vu de l’affiche enfantine je n’avais pas spécialement plus envie de le voir que ca. Mais voila, j’ai gagné deux places chez Kameyoko (qu’on remercie très fort et dont vous pouvez lire la critique du film ici) pour aller voir Ponyo. On ne s’est donc pas fait prier.

Affiche française de Ponyo sur la falaise

Un petit point cela dit. Miyazaki a beau être culte pour quiconque s’intéresse à la japanim, je ne connais pas grand chose à l’oeuvre du monsieur. J’ai du voir un ou deux de ses films et je n’en garde pas un grand souvenir. Vous ne trouverez donc pas ici de comparaison avec ses précédents œuvres.

Ponyo sur la falaise c’est l’histoire d’une petite fille poisson rouge, découverte par un petit garçon, Sosuke, qui habite sur une falaise au bord de la mer et qui ne tarde pas à s’attacher au petit poisson. Inutile de vous en dire plus et de toute manière le scénario n’est pas le plus important. Le premier point à noter dans ce film c’est qu’il est totalement réalisé de manière traditionnelle. Alors que la 3D a quasiment enfoncé dans le tombeau le dessin animé traditionnel, ce film navigue à contre-courant. Tout est « à l’ancienne », Cellulos et arrière plans peints. Cela a un certain charme à n’en pas douter. Mais si vous recherchez la prouesse technique et les derniers rendus 3D vous pouvez passer. Pour ma part, je reste une fervente partisante de la 2D, je ne pouvais donc qu’apprécier.

Course poursuite Ponyo sur la falaise

De plus, il n’y a pas à dire, le niveau de l’animation est excellent. Des scènes comme la course de Ponyo sur les vagues ou bien les scènes de conduite de la maman de Sosuke montrent le grand savoir faire du studio. C’est fluide, c’est vif, c’est vivant. Et ça, la 3D est loin de l’avoir atteint. -ouais je passe pour une vieille aigrie je sais, mais chut-.

Par contre ce coté « à l’ancienne » est aussi présent sur le style du dessin. Clairement les personnages font très « années 80 ». Ca peut un peu choquer au départ, et j’avoue que je ne suis pas vraiment fane du style graphique. De plus le charadesign n’est pas spécialement original, mention du mauvais goût à celui du sorcier qui me fait penser à Johnny Depp maquillé pour la gay pride. Ceci dit, c’est un détail car au final le film nous fait vite oublier cela.

Méchant de Ponyo sur la falaise

Les personnages de Sosuke ou Ponyo sont attachants, et toute la première partie du film est géniale. C’est mignon, c’est enfantin, oui. Mais c’est terriblement bien foutu et on y succombe. Ponyo nous fait sourire, nous surprend ou même nous émeut. C’est un très joli film, plein de bons sentiments oui, mais des fois ça fait du bien de tomber sur un gentil film totalement niais. J’ai pu lire ce commentaire à propos du film et je suis relativement d’accord. C’est niais. Mais ce n’est pas une insulte dans ma bouche, car des fois la niaiserie a du bon. Ponyo et Sosuke sont très émouvants, et ont réussi à me foutre les larmes aux yeux à plusieurs moments du film. Même en étant un peu réticent au départ, je me suis laissée prendre rapidement à cette histoire.

Le seul gros problème c’est la deuxième partie. Un pseudo scénar catapulté (Ponyo a libéré des pouvoirs et le chaos va régner sur le monde !), des péripéties qui n’en terminent pas, des personnages sortis de nulle part, des scènes qu’on se demande à quoi ca sert. Un « méchant » qui nous sort un discours super convenu sur la méchanceté des hommes. Ok c’est pour les enfants, mais nul moyen d’utiliser un marteau piqueur, et ce plusieurs fois dans le film. Surtout qu’à coté, le méchant parle d’ADN et autres, ce à quoi les plus petits ne capteront évidemment rien. Il faut choisir… Soit on fait un discours « dédié aux petits », auquel cas, ok pour l’utilisation du marteau piqueur, mais dans ce cas on zappe l’ADN. Soit on dédie le film plus « à toute la famille » et auquel cas le marteau piqueur risque d’ennuyer les plus grands. Mais bon.

Les soeurs de Ponyo dans Ponyo sur la falaise

En fait, j’ai trouvé la deuxième partie, celle qui comporte un scénar autre que l’amour entre Sosuke et Ponyo totalement ratée par rapport à la première. La magie n’est plus aussi présente, et le coté engagé gâche beaucoup. Je l’ai trouvé relativement trop long aussi. C’est fort dommage, car vous n’êtes pas sans ignorer que c’est souvent la dernière impression qui l’emporte. J’aurais préféré que le film s’arrête après la tempête, ce centrant seulement sur l’histoire entre Ponyo et Sosuke.

Au final Ponyo sur la falaise est probablement un bon film pour les petits, mais un mauvais film pour toute la famille. Là ou d’autres studios ont réussi à faire des films pour enfants à plusieurs niveaux de lecture afin de plaire aussi aux parents, ici Ghibli pèche pour les plus grands.


Les Trois Royaumes de John Woo

aka oni dans Critiques, Films le 13 avril 2009, avec 9 commentaires
Critiques

Aux alentours du troisième siècle après Jésus-Christ, la Chine antique est en proie au soulèvement populaire, ce qu’on appelera la révolte des Turbans Jaunes. Plusieurs chefs de guerre sont envoyés mater l’insurrection, et ainsi se dégagèrent les futurs héros qui gouverneraient le pays.

Affiche des Trois Royaumes de John Woo

Rassurez-vous, j’arrête ici la leçon d’histoire. Toujours est-il que durant cette période agitée de la Chine antique, il y eut de très nombreux héros, politiques, militaires et stratégiques, un fourmillement de talents assez incroyable. C’est pourquoi aujourd’hui, cette période est « populaire » en Chine, et c’est aussi pourquoi Koei édite régulièrement de nouveaux opus de sa série phare se rapportant à cette période, le Beat Them All Dynasty Warriors. Normal qu’on ait donc fini par en tirer un film. Enfin, remarquez que ce n’est pas le premier, mais là, c’est John Woo qui s’y colle, et ça donne du bon.

Premièrement, sachez que ce film est la version courte, 2h30. Oui, la version longue fait plus de cinq heures. Il faut, honnêtement, au moins ça pour couvrir cette période de guerres. La version européenne ne se focalise donc que sur une seule bataille, peut-être la plus importante, en tout cas une des plus fameuses de l’époque, la bataille de Chi Bi [T’Che Pi], fidèlement mais stupidement traduite par « Bataille de la Falaise Rouge », ce qui enlève du charme, tout de même. Bref. On sent que c’est la version tronquée vu qu’en termes de départ sur les chapeaux de roue, on fait pas mieux. Les personnages ayant été introduits dans la partie précédente… Enfin bon, on entre tout de suite dans le vif du sujet, il n’est pas ici question de reconstitution historique totalement fidèle, mais plus d’un film de combats justement dans l’esprit de Dynasty Warriors. Combats épiques et scènes d’actions joliment tournées au rendez-vous, donc. Les fameux ralentis de John Woo et les plans impeccablement tournés ne peuvent que plaire ; du point de vue purement cinématographique, c’est une réussite. Malgré le fait que l’on ait raté le début (et que l’on ratera la fin), on rentre plutôt facilement dans l’histoire, bien narrée, et à un rythme d’enfer, il faut bien le dire, car pour ceux qui ont lu le livre, quand cent pages passent en dix minutes, c’est un peu rageant, mais durée oblige…

Les Trois Royaumes de John Woo

Pour ceux qui ont lu le livre, justement, ce seront les libertés prises avec l’histoire qui dérangeront, parce que là, Woo ne fait pas dans la demi-mesure. La bataille est narrée d’un point de vue ultra manichéen, le méchant-bête contre les gentils-malins, et c’est franchement énervant. Ajoutons par-dessus une simplification énervante de certains aspects – des personnages très importants occultés, comme Pang Töng par exemple – et la légendaire stratégie qui fut employée pour vaincre T’sao T’sao (et pas Cao Cao comme dans le jeu…), qui paraîtra brillante bien qu’un peu simpliste aux néophytes, fut en réalité beaucoup, beaucoup plus complexe et beaucoup, beaucoup plus intelligente. On regrettera aussi le passage ultra rapide sur la manière dont le stratège Zhuge Liang (appelé par son nom taoïste Kong Ming dans le film) convainc le roi du royaume du Wu de partir en guerre, car c’est l’occasion de découvrir l’incroyable rhétorique de ce personnage dans le livre. Pas dans le film…

Parmi les pièces d’histoire changées du film, plus que tout cela et quelques autres éléments, on retiendra surtout l’amitié artificielle que John Woo fait naître entre les deux stratèges, qui vont jusqu’à se jurer une amitié éternelle après la bataille. Sans vouloir faire la fine bouche, l’un d’entre eux a quand même envoyé un assassin régler son compte au second après la bataille… Ce n’est pas exactement la même chose.

Les Trois Royaumes de John Woo

Malgré ces libertés prises avec l’Histoire, et peut-être un peu aussi grâce à elle, j’attends avec impatience la sortie en DVD de la version complète… Parce que malgré tout, le film reste très bon. Le jeu des acteurs est plutôt convaincant, les décors sont splendides et les effets spéciaux pour la flotte de T’sao T’sao est très impressionnant. Le doublage… Heu, allez voir la V.O., elle est très bien. La V.F., regardez simplement le trailer et cela vous convaincra que la France est décidément nulle à chialer pour doubler les films…

Enfin, on signalera que la sortie du film a été l’occasion d’une réédition complète du livre, le grand classique Histoire des Trois Royaumes par Luo Kwan-Tchong, un des quatre grands classiques de la littérature chinoise, ce qui est un excellent à-côté du film, vu que le bouquin était épuisé et que me le procurer il y a quelques années a tenu de l’exploit… Enfin bref, ça permettra en plus à tout le monde de connaître le déroulement réel des événements en plus de lire un vrai bon bouquin.

En conclusion, un avis plutôt positif, vous l’aurez compris, et vous auriez tort de passer à côté d’une bonne pièce de cinéma comme celle-ci.


L’inspecteur Harry de Don Siegel

dabYo dans Critiques, Films le 11 avril 2009, avec 2 commentaires
Critiques

Après avoir fait quelques uns des classiques de la carrière de réalisateur de Clint Eastwood, en passant par Impitoyable, Gran Torino et Million Dollar Baby, il fallait bien que je passe tôt ou tard par la case Inspecteur Harry. Car oui, une fois de plus, c’est un des classiques que je n’avais jamais vu jusqu’à présent. Est ce que contrairement à Impitoyable, j’ai cette fois bien aimé la performance de Clint ? Hmm.

Dirty Harry: Clint Eastwood

Dirty Harry, de son surnom en version original, est un inspecteur de la police de San Francisco dont les pratiques sont quelques peu « hors normes » pour l’époque. Il ressemble en quelques sortes aux héros que présente Michael Connelly dans ses romans, et ce n’est donc pas surprenant que l’auteur soit suivi avec attrait par Clint Eastwood. Bref, je m’égare. Harry, et San Francisco tout entier, fait face à l’arrivée d’un tueur en série fou, le Scorpion, qui tuera chaque jour un citoyen jusqu’à ce que cent milles dollars lui soient fournis. Hm.

Autant le dire tout de suite, si, replacé dans son époque, Dirty Harry a une très certaine classe, on n’est loin du compte avec notre méchant. Stéréotypé à mort, mais d’une mauvaise façon, ce psychopathe de bac à sable vous fera plus rire que pleurer, et on se demande vraiment à chaque fois qu’on le voit pourquoi un type ne va pas simplement lui enfoncer son poing dans la gueule. Mais bon, il faut peut être se replacer dans l’époque pour pouvoir l’apprécier, comme une grande partie du film.

Dirty Harry: Clint Eastwood

Soyons honnête, les bonus ont beau dire, l’Inspecteur Harry a tout de même sacrément vieilli et nous montre à quel point le film est plus proche des anciens Western que de ce que donneront ses enfants. Avec des scènes très statiques et des échanges de tir qui ne font jamais mouche, on ne peut pas dire qu’on se rapproche de la crème de l’action. Certes, aujourd’hui aussi les acteurs doivent échanger des chargeurs en pagaille avant de tuer quoi que ce soit, mais bon. De même, l’intrigue, ou plutôt son absence, ne laisse place à aucun suspens. On sait ce qu’il va se passer à l’avance, on se demande juste lorsque cela va -enfin- se passer. Je parlerai d’ailleurs plus facilement de Tension que de Suspens.

Cela dit, ce n’est pas parce que le film a vieilli qu’il en est devenu mauvais, et la réalisation reste tout de même excellente. Le jeu d’acteur de Clint Eastwood est vraiment bon, et la classe qu’il donne à son personnage mémorable. Pas étonnant qu’aux États Unis ses répliques soient devenues aussi cultes que celles d’un Dark Vador. Malheureusement, il faut avouer que le doublage français est vraiment mauvais, et qu’il cassent quasiment toute la qualité des répliques. Le côté qui va nous faire plaisir en somme.

Scorpio dans Dirty Harry

J’avoue que je ne peux m’empêcher de préciser que je n’aime ce film que par ce que je le replace dans son contexte. Contrairement à un Dictateur de Chaplin, je ne peux pas l’apprécier sans ça. Il a la classe, mais il n’en a pas assez pour ne pas vieillir. Il est à la fois trop éloigné et à la fois trop proche des films d’actions / policier / etc que l’on peut aujourd’hui voir. Je lui accorde bien entendu d’avoir créé le genre, de l’avoir révolutionner, mais contrairement à un livre par exemple, un vieux film qui révolutionne un genre ne pourra pas en rester indéfiniment le meilleur.

Alors est ce que je suis blasé, ou est ce que c’est vous qui avez gardé une pointe de nostalgie pour un long métrage vu alors que vous êtiez bien trop jeune pour être objectif ? Ma foi, je ne sais pas. En tout cas, on est bien loin du mauvais film, mais tout aussi loin d’un excellent Gran Torino.


Impitoyable de Clint Eastwood

dabYo dans Critiques, Films le 1 avril 2009, avec 3 commentaires
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Après avoir vu Appaloosa d’Ed Harris, j’avoue avoir été plutôt intéressé par les Western, un genre dont je n’ai quasimenet vu aucun film. Ca c’était avant d’avoir vu Impitoyable de Clint Eastwood, film faisant parti des meilleurs du genre. Car oui, autant le dire tout de suite, je n’ai pas été conquis par le Western de l’américain. Ca casse un peu tout le suspens de ma critique, mais bon. Synopsis.

Affiche d'Impitoyable, de Clint Eastwood

William Munny est un ancien hors la loi qui s’est reconverti suite à la naissance de ses enfants et de la mort de sa femme dans l’élevage de cochons. Du moins si j’ai bien compris. Un jour, alors que les cochons sont sur le point de mourrir de la grippe-du-cochon, et qu’il a l’air de ne plus avoir beaucoup d’argent, un jeune cow-boy lui propose de devenir son partenaire pour récupérer une prime sur meurtre. Il s’agit en fait de venger une prostituée dont le visage s’est fait lacéré par un jeune homme. Bref, après environ dix minutes de réflexion dans le film, pendant lesquelles on va voir le héros se casser la gueule dans la boue en essayant de bouger des cochons, Clint Eastwood, enfin, Wiliam quoi, décide d’accepter le Job. Pour cela, il fera appel à son ancien partner, aussi connu sous le nom de Morgan Freeman.

Bref, un bon non-scenario pour un bon Western, soit un film d’action plein de non-action. Autant vous le dire tout de suite, les deux heures que dure le film passent lentement. Pour ne pas améliorer les choses, nous avions eu l’idée de le voir en version originale… Et ce fut là une très mauvaise idée. Avec des accents à couper au couteau pour de nombreux personnages, les dialogues anglais sont très dures à comprendre, alors forcement quand le film lui même ne vous convint pas réellement, vous ne faites plus l’effort pour tout comprendre. A dire vrai il y a peu à comprendre, mais bon. Puis, doucement vos paupières se font lourdes, et vous ne devez votre salut qu’à des grands coups de tonnerre.

Clint Eastwood et Morgan Freeman dans Impitoyable

Je dois l’avouer, si je ne m’étais pas concentré j’aurai viré dans le monde des songes et me serait fait traiter comme du poisson pourri quand Serafina s’en serrait rendu compte. Mais j’ai réussi à tenir la première heure, puis la deuxième ne fut pas si horrible. Le scénario est toujours absent, mais l’action se fait un peu plus ressentir. Le jeu des acteurs n’est pas mauvais loin de là, et on fini par apprécier (un peu) certains des personnages. Il est d’ailleurs attachant de voir le héros qu’incarne Clint avoir du mal pour monter sur son cheval, pour faire chacun des actes qu’il devra faire dans le film. On sent que l’acteur se sent vieux lors du tournage et qu’il cherche à le faire ressentir.

A vrai dire, si je devais analyser le film, je dirai que Clint Eastwood voulait mettre en image les difficultées que peuvent ressentir les personnes d’un certain âge lorsqu’elles se rendent compte des nouvelles limites de leur corps. Plus lent, Clint n’en reste pas moins le brigant d’antan, et la fin de notre film expliquera bien des choses sur le titre du film. Enfin, j’ai tout de même trouvé que certaines scènes assez violentes étaient très gratuites, même pour stigmatiser une sorte de méchant. Dommage.

Clint Eastwood dans Impitoyable

Bref, un classique dont je n’ai vraiment pas vu le moindre intérêt. Je ne le mettrai pas dans Bouse, puisque Serafina l’a adoré. Heureusement, depuis la visualisation du film, j’ai pu voir le magnifique Gran Torino, ainsi que Million Dollar Baby. Clint est sauf !

Et vous, vous l’avez vu ? Aimé ? J’ai vraiment raté quelque chose ?


Gran Torino de Clint Eastwood

Serafina dans Critiques, Films le 19 mars 2009, avec 4 commentaires
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Gran Torino est un film américain de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, sorti en 2009. Il nous raconte l’histoire de Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de corée, bougon, raciste, au franc parler mémorable, qui vit dans un quatier envahi par les hmmongs (tribu contre laquelle il s’est justement battu lors de la guerre). Et le jour où il sauve (un peu malgré lui) son voisin Thao d’un gang, il découvre qu’il a peut être plus en commun avec les hmmongs qu’avec sa propre famille.

Gran Torino de Clint Eastwood

Dit comme cela, ca ne donne pas très envie, je dois l’avouer. Et si le film n’avait pas eu un tel buzz (des affiches partout à Paris, notamment) et que les critiques n’avaient pas été aussi bonne, nous ne serions probablement pas allés au cinéma pour le voir. Et nous aurions eu grand tort. Car autant vous le dire tout de go, ce film est juste excellent.

Tout d’abord, parlons de celui qu’il faut immanquablement évoquer : Clint Eastwood. A 78 ans, il s’offre le grand rôle du film. Et il est clair qu’il l’a écrit pour lui: ça lui colle juste comme un gant. Un inspecteur Harry, vieilli, assagi aussi par certains cotés, désanchanté aussi. On retrouve là les grands themes chers au  Monsieur: la famille, la vieillesse, la vengeance aussi. Le tout avec son légendaire franc parler, son argot, sa voix eraillée. Oui parce que je vous conseille clairement la VO sous titrée. La voix originale est bien mieux que celles qu’ils lui ont collé en français. Eastwood est un de ces rares acteurs a pouvoir, à 78 ans, sortir une carabine en lancant un « dégage de ma pelouse » sans avoir l’air ridicule. Quand on pense que Harrison Ford, 10 ans de moins, n’a pas réussi à convaincre autant avec son retour de fouet.

Gran Torino de Clint Eastwood

Eastwood est un grand acteur. Mais c’est aussi un grand réalisateur. Vous le savez, il existe des sortes de règles du cadrage. Certains les ont innées, d’autres les apprennent. Je ne sais pas comment fonctionne Eastwood (même si au vu des articles, je pense qu’il s’agit là d’inné). Mais tous les plans du film sont excellents, c’est bien cadré, c’est bien filmé, il n’y a rien à reprocher, pas d’accroc, pas de scènes enigmatique. C’est propre et c’est carré.

A coté, les autres acteurs sont bons, mais ne se démarquent pas réellement, à l’exception de Sue, la jeune voisine hmmong. Il faut dire que pour ce film, Eastwood ne voulait que des acteurs réellement hmmong, et que ceci fut apparement difficile à trouver. Pourtant ils sont loin de s’en sortir mal, au contraire. Sue est assez attachante, dans son rîle de jeune fille qui n’a pas froid au yeux et qui finira par faire sortir Kowalski de ses retranchements.

Gran Torino de Clint Eastwood

C’est peut etre pour cette raison que la fin est aussi touchante. Il est difficile, quand on regarde un tel film et qu’on connait la filmographie d’Eastwood, de ne pas faire certains rapprochements. Comme je l’ai dit précédemment, Kowalski n’est pas sans rappeler un certain Dirty Harry. Quand au final, eh bien si vous connaissez Impitoyable (Unforgiven en VO), il vous sera dur de ne pas voir là le même schéma. Car en effet, la scène finale est préparée de maniere très similaire. Eastwood a vieilli, et c’est probablement sur cette scène là qu’on voit le mieux cette évolution. A 20 ans près, il nous sortait une fin diamétralement opposée. Je ne saurais vous dire « celle ci est mieux que l’autre ». Mais ce que je sais, c’est que la scene finale d’Impitoyable m’a toujours étonnament émue. Je la trouve juste majestrale. (mais j’en connais un qui n’est pas de cet avis).

Le final de Gran Torino est tout aussi magistral,  si ce n’est plus. Le plan final est l’un des plus efficaces du film. Il ne montre rien, ou presque, mais on comprend tout. Et c’est le moment le plus émouvant du film.

Je ne sais même pas quoi reprocher au film. Je suis en train de vous produire, contrairement à mes habitudes un pur encensement, une critique unanimement favorable. Mais le film le mérite. Et allez le voir, vous ne serez pas déçus. Peu importe vos préjugés, sur l’histoire, sur le réalisateur. Le film surprend, étonne, et surtout il réussit le tour de force de mériter les critiques toutes plus flatteuses de la presse.


Constantine de Francis Lawrence

dabYo dans Critiques, Films le 11 mars 2009, avec 8 commentaires
Critiques

Constantine est un film qui fait peur. Non pas dans le sens propre du terme, mais tout simplement parce qu’il fait parti de ces navets à haut budget que vous préféreriez ne jamais croiser à l’écran. Manque de pot pour nous, nous adorons voir ces daubes, c’est donc avec plaisir que l’on a pu le regarder en mangeant une bonne pizza alsacienne. Vous savez, celle avec plein de crème fraîche et de lardons. Miam.

Constantine avec Keanu Reeves

Constantine, de prénom John pour être exact, est ce que l’on peut appeler un exorciste. Mais un vrai, pas un de pacotille hein. Lui, les démons il connaît, même que depuis qu’il a fait un saut en enfer, il adore les y envoyer. Sauf que voilà, à s’en fumer une entre chaque exorcisation (ça se dit ?), il a choppé le cancer, et comme il est un ancien suicidé, il ne peut pas espérer que les portes du paradis s’ouvrent à lui. Bref, en fait, ça, on s’en fou carrément, et c’est vraiment pas l’intrigue principale, car il n’y en a pas vraiment. Ah si, le fils du diable veut faire du monde des humains son repaire. Bouh, ça fait peur.

En fait, Constantine semble être l’adaptation, plutôt inexacte, de De bons présages de Terry Pratchett et Neil Gaiman, un livre que je vous avais présenté il y a de ça à peine quelques semaines. Certes, le scénario n’a pas grand chose à voir, mais le principe et l’univers sont les mêmes: autour du monde des vivants gravitent les repaires de Dieu et du Diable, et les anges ou démons y influent tout en respectant certaines règles. Ici, il s’agit de ne jamais s’intégrer au sens propre dans le monde humain. Sauf que le fils du diable, en cachette, tente de se taper l’incruste. Bref, ça n’a rien à voir avec le livre mais les similitudes sont tout de même choquantes, surtout lorsqu’on vient de le lire. Connaissons Terry Pratchett nous nous sommes demandés si il ne s’agissait pas là d’une carricature de la part des deux anglais, mais non, Constantine est sorti quelques années plus tard.

On oublie, cela dit, le côté décalé pour entrer dans un film qui se veut très noir. Les personnages ont tous l’air déprimé et le film tente de donner une impression de morne et tragique. La façon de filmer, plutôt réussite, augmente cette impression en filmant chaque scène depuis des angles auxquels on ne s’attendait pas, un peu comme si son seul but était de nous prendre à contrepied. L’effet n’est pas mauvais, et contrairement à ce que l’on peut penser au début, on ne fini pas par vomir, au contraire. Le tout donne un dynamisme à des scènes qui ne le sont pas vraiment.

Extrait de Constantine

Coucou, je suis le réalisateur de Constantine et je viens d'apprendre que l'on peut découper des personnages pour les coller sur un bitmap sans que ça se voit !

Keanu Reeves oblige, on se croirait tout de même un peu dans Matrix, avec un acteur qui semble jouer une fois de plus le rôle de Neo, le chapelet en plus. Exit les gros flingues et le sabre, on parle maintenant de crucifix et d’armes qui tirent des balles en or. Bref, voir l’acteur commencer avec des armes à feu pour finir avec son crucifix à prononcer les paroles de Notre Père, ça vaut quand même son paquet de cacahuètes. Mention spéciale à l’arme ultime du film: la chaise. Le pire, c’est qu’on nous en parle au moins trois ou quatre fois avant de découvrir ses capacités très spéciales…

Est ce donc un bon ou un mauvais navet ? Honnêtement, je m’attendais à un film bien moins bon. Bon est un grand mot, mais Constantine n’est pas le navet annoncé. Certes, le film est totalement plat, et je ne me rappelle presque plus de ce que j’ai vu à peine une semaine plus tard, mais il n’empêche que nous sommes loin des mauvaises productions hollywoodiennes habituelles. Et puis, entre un Matrix 2 et ce Constantine, je ne saurai pas lequel choisir. C’est quand même une bouse, hein.


La Vague (Die Welle) de Dennis Gansel

Serafina dans Critiques, Films le 9 mars 2009, avec 8 commentaires
Critiques

La Vague (Die Welle) est un film allemand de Dennis Gansel sorti en 2008 en contrée germanique, et le 4 mars 2009 en France. Ce film s’inspire d’une expérience qui aurait été menée en 1976 par un professeur d’histoire en Californie : La troisième vague. Les avis divergent sur cette expérience, et je vous renvoie pour cela à l’article Wikipédia qui est assez bien fait.  Il ne sera pas question ici de savoir si oui ou non la Troisieme vague a existé.

Affiche de La Vague (Die Welle)

Le film se passe donc dans un lycée allemand, appelé Gymnasium, le niveau supérieure de l’académie allemande. Pour rappel, les jeunes allemands ne sont pas orientés après la 3ème mais dès la 6ème dans trois types d’écoles différentes et de niveau différent. Le lycée organise pendant une semaine un gand projet. Les élèves doivent choisir leur cours. Les cours sont axés sur des méthodes de gouvernement spéciales : Anarchie, Autocratie… Nous allons suivre le cours d’Autocratie, donné par le Pr Rainer Wenger. Sauf que faire un cours sur l’Autocratie en Allemagne… On sait tous sur quoi cela dérive. La jeunesse allemande semble en avoir marre de se faire rabacher depuis leur naissance les erreurs de leur pays 50 ans plus tôt. Et ils le font rapidement savoir à Wenger. Celui ci, décide alors d’employer une méthode plus originale : la vague.

Il commence par prôner la discipline, l’ordre, et bientôt l’uniforme, le salut particulier… Vous l’aurez compris, le film nous montre peu a peu comme il est facile de manipuler des gens. Et comme il est aisé de se laisser enrôler dans un mouvement fascisant. Alors oui cela paraît très moraliste comme cela. Ca l’est après tout. L’expérience menée en californie l’était aussi. Heureusement le film ne s’arrête pas à cela. La réalisation tout d’abord est bonne. On sent parfaitement la montée en puissance et l’on voit peu à peu la situation échapper aux mains du professeur, ou même à celles des élèves. La vague prend peu à peu de l’ampleur, et on commence à se demander comment tout cela va finir.

Extrait de la Vague (Die Welle)

La bande annonce est étonnament sympathique, très rock. Et ça colle vachement bien. Les acteurs jouent bien. J’ai vu le film en VO sous titrée (vivant avec un allemand, je n’ai pas trop eu le choix), donc je ne sais pas ce que vaut le doublage francais. Et oui, il semblerait que l’Allemagne sache tourner autre chose que Derrick ! Ces acteurs d’ailleurs, adolescents pour la plupart comme leurs personnages, sont aussi une bonne démonstration de ce que sont les jeunes allemands d’aujourd’hui, handicapés par un passé qu’il n’ont pas connu.

La dépréciation de leur pays à ce propos ne semble pas être facile à vivre. Ceci dit, ce point là, est probablement celui qui pose le plus de doutes sur la cohérence du film. Comment, dans un pays comme l’Allemagne, qui n’a toujours pas digeré son vécu, une telle expérience pourrait-elle prendre dans un lycée sans que quiconque ne tique ? Pas même les parents d’élèves ? Que les jeunes en aient marre et du coup oublient les leçon, oui. Mais les autres ?

Mais, d’un autre coté, je ne vois pas comment un autre pays que l’Allemagne aurait pu être mieux placé pour tourner ça.

Logo de la Vague (Die Welle)

Bon, la fin est leur seul réel point noir pour moi, il n’y avait pas besoin de terminer comme cela. Je ne vais pas vous spoiler, mais j’ai l’impression que le film n’avais pas besoin de ce drama pour finir en beauté. Non, vraiment pas.

Au final, un bon film, qui aurait probablement pu être meilleur, mais qui est quand même fort agréable à regarder. On se laisse prendre par la vague. Et je ne saurais que vous le conseiller.


Capitaine Alatriste de Agustín Díaz Yanes

Serafina dans Critiques, Films le 8 février 2009, avec 3 commentaires
Critiques

Capitaine Alatriste est un film espagnol de 2006. Il est sorti en France au cinéma durant l’été 2008, de manière tout a fait confidentielle et dans un nombre de salles très réduit. C’est du coup seulement en Fevrier 2009 que le film se révèle au grand public à l’occasion de sa sortie en DVD. Je n’avais absolument aucune idée de quoi parlait le film. A vrai dire, la seule chose qui m’a decidée à le voir fut le nom de l’acteur principal : Viggo Mortensen. Ce nom ne vous est pas inconnu je suppose, probablement plus pour sa prestation d’Aragorn que pour son rôle dans Appaloosa. Mais voila, Viggo Mortensen est un de mes acteurs favoris alors forcément…

capitaine alatriste

Ca fait un peu "retour du roi" là quand même...

Capitaine Alatriste est en faite l’adaptation d’une serie de romans de Arturo Pérez-Reverte, très populaire en Espagne. Ces romans nous content l’histoire de Alatriste, un soldat de sa majesté Phillipe IV d’Espagne. De guerres en missions d’assassinat pas très glorieuses, nous suivons ce « D’artagnan » espagnol et son fils adoptif Inigo dans le cadre d’un pays en décadence. Il s’agit en effet de l’Espagne sous le règne d’un monarque faible, corruptible. C’est l’avant dernier des rois de la maison d’Autriche en Espagne et cette atmosphere de décadence, de « tout fout le camp », est très bien rendue au fil du film. On voit peu à peu le pays sombrer.

Dès les premières scènes nous pouvons être sûr d’une chose: nous ne sommes pas dans une production américaine. C’est dingue comme cela saute un minimum aux yeux. Pas de mouvements exotiques de caméra lors des batailles, pas ce petit truc dans la manière de filmer. Je ne saurais pas l’expliquer. Peut être que je le remarque encore une fois car je suis plus portée sur le graphisme que d’autres, mais en tout cas c’est visible. Et ce n’est pas un mal loin de là.

A vrai dire, la manière de filmer, et la cadence du film (souvent très lent, voir contemplatif entre deux scènes de combats plus effrénées) n’est pas sans rappeler le Western. Alors certes, nous ne sommes pas dans l’ouest américain et le film se passe quelques centaines d’années trop tôt. Mais pourtant, il est impossible pour un amateur de Western de ne pas sentir la petite touche Spaghetti.

capitaine alatriste

Si Cervantes de Soul Calibur devait être incarné, Alatriste serait parfait.

Car en effet, Alatriste n’a ni la droiture ni le sens de l’honneur de D’Artagnan. Pauvre comme pas deux, à la moralité achetable, volontier désabusé. Exactement le genre de héros que le Western affectionne. De plus, ce rôle est parfait pour Viggo Mortensen qui semble taillé pour. Le mercenaire un peu pouilleux, taciturne, vieillissant, qui en a trop vu, il le joue à merveille. Il n’est pas spécialement beau, non, mais il a ce petit quelque chose qui lui donne un charisme certain dans ce genre de personnages. Il transpire la classe sous ses habits dépenaillés et ses cheveux sales, et on s’attendrait presque à l’entendre sortir un « voyageons leger » en attachant son épée. Dans tous les cas, il porte le film sur ces épaules et l’empêche de sombrer.

Car en effet malgré sa plastique indéniable, ses costumes excellents, son ambiance extrémement bien retranscrite et un jeu d’acteur fort bon, le film pâtit d’un très gros défaut. Il emprunte un peu à chacun des cinq livres d’Alatriste, et en 2h30, il n’y a pas le temps pour expliquer toutes les intrigues: on saute du coq à l’âne. Des personnages arrivent, trop en trop peu de temps, on ne comprend pas toujours ce qu’il se passe ni qu’est ce qu’on fout là en pleine bataille, et contre qui ? Il aurait probablement été préférable de faire plusieurs films que de tout condenser de cette manière. Ou alors de ne cibler qu’une seul livre… Parce que forcément on n’a pas le temps de tout comprendre, ni même de réaliser qui se bat contre qui. Il en suit donc une narration totalement hachée, voir inexistante.

capitaine alatriste

C’est dommage, car avec peut être moins d’intrigues et en se concentrant sur un peu moins de livres, le film aurait pu se révéler excellent. Ce n’est pas mauvais non, les acteurs et la plastique sont agréables et au final, bien que très long, on ne s’ennuie pas.  Mais le film manque de clarté pour être bon. Enfin, Viggo Mortensen suffit à lui seul comme raison pour voir le film. Il semble quand même important de noter, que depuis Aragorn, il enchaîne les Westerns, Appaloosa le Western spaghetti, Hidalgo le Western couscous, et puis Capitaine Alatriste. Serait-il l’espoir d’un genre moribond ?

Sachez enfin que les cind romans du Capitaine Alatriste sont édités en France par Points en version poche. Et personnellement ils me tentent assez.