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Captain America: The First Avenger de Joe Johnston

dabYo dans Critiques, Films le 29 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Marvel continue de nous abreuver d’adaptations de ses franchises avec cette fois-ci Captain America: The First Avenger réalisé par Joe Johnston. Il faut savoir que ces adaptations sont d’une manière générale très inégales, on peut tomber sur du bon comme Iron Man, notamment grâce au jeu de Downey Jr, ou du très mauvais avec l’adaptation de Thor et son absence de scénario abyssale. Du coup, difficile de savoir lorsqu’on rentre dans la salle obscure si l’on a payé pour du bon grain, ou de l’ivraie. Synopsis.

Captain America: The First Avenger

Steve Rogers est petit, maigrichon, et pour couronner le tout, il a de l’asthme. Autant dire que même si son pays est en guerre contre la puissance militaire d’Hitler, l’US Army n’est pas près de l’enrôler. Et multiplier les tentatives en changeant son nom et ses origines ne semble pas fonctionner,à son grand désarroi. Enfin, jusqu’au jour où le docteur Abraham Erskine est intrigué par sa ténacité, et qu’il le recrute pour participer à un programme expérimental destiner à transformer des soldats en sur-hommes pour luter contre l’Hydra, la section scientifique des nazis.

Bon, je dois avouer que si le personnage de Captain America ne m’avait pas séduit dans Civil War, je ne serai sans doute jamais allé voir cette nouvelle adaptation. Et sans le côté combat contre les nazis, promesse d’un « Ach ! Ch’ai touchours aimé les blindés« , je pense que Serafina n’y serai jamais allée non plus. Mais qu’à cela ne tienne, nous y voilà. Captain America: The First Avenger se divise en deux parties, la genèse du personnage, et une sorte de guerre pendant laquelle il fera ses premiers faits d’armes, face à l’Hydra de Red Skull.

Nazis dans Captain America: The First Avenger

Ach ! Ch'ai touchours aimé les blindés

Super héros à vocation patriotique de son état, pour cette adaptation de Captain America le studio Marvel a mis les bouchées double derrière la production, et cela se voit tout de suite. Les décors sont travaillés, on se croit plutôt bien dans les années 40, et le côté uchronique des technologies utilisées, que ce soit chez les américains où dans les rangs de l’Hydra est vraiment bien réalisé. Je dois avouer que j’ai été charmé esthétiquement parlant par les modifications apportées aux costumes des nazis, bien qu’on puisse tout de même considérer leur technologie comme un poil trop avancée pour être crédible. Ça colle bien en tout cas, et leur confère une image encore plus inhumaine qu’était la réalité.

A ce niveau là d’ailleurs, le film ne prend aucun risque. Car s’il se déroule pendant la seconde guerre mondiale, l’Hydra n’a de nazi que quelques éléments, et tout le film va se dérouler bien loin des préoccupations historiques. Pas de guerre directement avec les armées américaines, et pas d’évocation de camps.

Nazis dans Captain America: The First Avenger

Finalement, on dirait plutôt des Power Rangers...

Ce Captain America est réellement divisé en deux différentes parties, une qu’on pourrait qualifier de scénarisée, et une autre avec uniquement de l’action pure et dure. Si le constat final n’est pas négatif, il faut avouer que la première et la seconde partie manquent chacune de ce dont l’autre regorge. Le début est un tantinet longuet, tandis que la suite est assez monotone, et à part un petit couac prévisible, sans réelle surprise. Le combat final opposant Captain America à notre Redskull ne présentant lui même quasiment aucun intérêt. Seul les effets spéciaux et les conditions de combat, dans les airs ou dans la neige à toute vitesse, viennent compenser ce manque. Le tout manque cruellement de suspens, le film est simplement convenu.

Et ce n’est pas le jeu des acteurs qui va compenser le tout. Certes, j’ai beaucoup apprécié le personnage joué par Hayley Atwell, qui incarne le personnage féminin à fort taux de sex-appeal du film l’est sans pour autant tomber dans le vulgaire, bien loin de Scarlett Johanson dans Iron Man 2 par exemple. Mais côté masculin, c’est vraiment le minimum syndical. Chris Evans dans son rôle de héros a le charisme d’une huitre, et les rares personnages secondaires sont inintéressants. Alors certes, ça fait plaisir de voir Sebastian Stan en dehors de Gossip Girl, et Hugo Weaving jouer aussi bien les détraqués mentaux allemands, mais voilà, ça ne suffit pas à compenser.

Atwell Haylay dans Captain America: The First Avenger

Bon là, c'est raté pour le seks apeal, mais en général ça rend bien

Au final, Captain America: The First Avenger n’est pas un mauvais film. On est bien loin de Thor, mais on est aussi bien loin du film à voir. Si vous aimez le personnage, il est évident qu’en faire l’impasse est impensable. Sinon, et bien, en DVD, un jour où vous n’avez pas grand chose d’autre à faire, pourquoi pas. Un peu comme la majorité des films de Marvel, en somme.


Cowboys et Envahisseurs de Jon Favreau

dabYo dans Critiques, Films le 7 septembre 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Je dois avouer que je ne sais pas trop comment commencer cette chronique de Cowboys et Envahisseurs. Réalisé par Jon Favreau à qui l’on doit par exemple Iron Man 2, ce blockbuster hollywoodien allie deux thématiques que nous aimons beaucoup ici, le Western tout d’abord, et les extra-terrestres et leur côté Science-Fiction ensuite. Avec un casting dans lequel on retrouve Harrison Ford, le film a à priori tout pour plaire. Mais peut on réellement allier deux thématiques aussi éloignées sans y laisser quelques plumes ? Synopsis.

Cowboys et Envahisseurs

Quand Jake se réveille, il est étendu dans le désert d’Arizona, blessé et il semble bien avoir perdu complètement la mémoire. En plus de ne même pas se souvenir de son nom, il n’a aucune idée du pourquoi de sa blessure, ni d’où peut bien sortir le bracelet incassable qui enserre son poignet gauche. S’est il évadé d’une prison ? Qu’importe, il rejoint le bled du coin où le fils de l’éleveur joue à l’enfant gâté et tyrannise les commerçants, abusant de la position de son père.

Bon, vous vous en doutez, si le titre du film parle d’envahisseurs, c’est bien parce que des aliens tout moches vont finir par pointer le bout de leur nez. Et que le bracelet de notre héros n’y est sans doute pas totalement étranger. Mélanger deux thématiques aussi éloignées, que ce soit par les époques purement historiques, ou par les genres au cinéma, n’est pas une chose aisée. Pour le réussir, il faut non seulement une bonne réalisation, de bons acteurs, mais surtout un scénario crédible.

Daniel Craig dans Cowboys et Envahisseurs

Je dois avouer que la réalisation générale de Cowboys et Envahisseurs est plutôt réussie. Les plans ne sont pas spécialement géniaux, mais corrects, et l’ambiance du far-ouest américain est vraiment bien retranscrite. Les premières scènes, très Western, sont réussites bien que modernes, les décors sont léchés. On allie quelque peu le côté statique d’antan à des scènes plus musclées. A ce background « historique » s’ajoute bien entendu les effets spéciaux, qui sont là encore, plutôt bien dosés. Il n’y a pas de cheap d’une manière générale, et l’effort a été fait pour que les aliens fassent crédibles. Je dois d’ailleurs dire qu’ils sont plutôt réussis, ces derniers étant agréablement repoussants et dégoutants.

Olivia Wilde dans Cowboys et Envahisseurs

Le défis était de taille: incarner deux clichés en même temps. Arriverez vous à les deviner avant d'avoir vu le film ?

Le côté authentique est plutôt bien renforcé par le jeu de Daniel Craig, qui fait très bien le baroudeur. Malheureusement, s’il rempli bien sa tâche, il faut bien avouer qu’il reste assez transparent comme acteur et qu’il ne marque pas en tant que héros, et encore moins en tant que « bad boy ». Harrison Ford avec qui il partage l’affiche nous fait du Harrison Ford, une sorte de vieux roc, personnage qui a gagné le respect à la force de ses bras. Mais là encore, c’est sans réelle étincelle. Il n’y a pas de faux pas, mais rien de transcendant. Sa meilleure scène étant son introduction, clin d’œil aux débuts des Indiana Jones qui ravira les fans. On termine le casting des acteurs principaux avec une Olivia Wilde qui incarne parfaitement son personnage… insipide à souhait. Sorte de mary-sue des Western qu’elle joue parfaitement et sans doute inconsciemment. Juste imbuvable. En fait, elle incarne en même temps dans ce film les deux types de filles insupportables qu’on retrouve dans les Western et dans les films de Science-Fiction. Un coup de maître.

Mais bon, peut on réellement lui reprocher un personnage aussi raté ? Car si tout semble correct sans réellement briller, c’est aussi parce que ce qui aurait du faire corps et transformer l’essai en bon film est complètement absent. Le scénario manque de punch, il est d’un classicisme exaspérant, aux rebondissements prévisibles comme pas deux. Du coup, même si cette petite invasion alienne est plutôt bien justifiée, avec un prétexte et un background plus ou moins crédibles, le tout en devient affreusement nanar-esque. Quel dommage, car peut être qu’un peu plus de folie aurait aidé et permis de réunir ces univers tellement différents. C’en est vraiment ridicule.

Cette impression est sans aucun doute renforcée par le côté très premier degré de Cowboys et Envahisseurs. Il n’y a aucun élément qui laisse penser qu’il y a plusieurs lectures des scènes, et certaines sont bien trop sérieuses pour ne pas prêter à rire devant un tel ridicule. La plupart des histoires en parallèle de l’invasion sont beaucoup trop pathétiques pour passer. Des scènes qui n’arriveront même pas à nous faire réellement rire, juste nous exaspérer.

Harrison Ford dans Cowboys et Envahisseurs

J'ai cherché des images drôles, mais j'en ai pas trouvé.

Au final, je suis très perplexe sur ce Cowboys et Envahisseurs. Le film est à la fois trop réussi et trop peu. Trop réussi pour être marrant et fun à regarder, mais trop classique pour ne pas être ennuyant à mourir. Avec ses presque deux heures de « spectacle », il faut vraiment s’accrocher pour ne pas avoir envie de passer à autre chose. Heureusement, le prix du ticket m’en a dissuadé.


Après avoir lu Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos, et vu mon amour pour le Black Metal old school, il était logique que je regarde le film-documentaire Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell sorti en 2009 aux États-Unis, et en début d’année 2010 en international. Ce documentaire traite lui aussi des origines du Black Metal, en Norvège notamment, mais aussi des dérives plus ou moins douteuses qui ont marqué le mouvement. Les églises brulées quoi.

Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Le documentaire se centre très clairement autour de deux personnages : Fenriz de Darkthrone et  Varg Vikernes de Burzum. Ces deux figures importantes du mouvement interviennent à de nombreuses reprises dans le documentaire, et sont plutôt bien choisies pour montrer les deux visions totalement opposées du Black Metal. Le premier se clame apolitique, se consacre à sa musique et c’est tout (la clope et la binouse aussi) tandis que Varg affiche clairement des opinions politiques extrêmes.

En toute honnêteté, j’ai cependant du mal à voir réellement quelle est la cible du documentaire, pour les fans, il n’y a rien de bien nouveau. Bon, Fenriz est un gars fun et charmant, et on aime bien l’entendre parler et se foutre de tout mais ce n’est pas nouveau. On aime bien les délires de Varg mais là aussi rien de nouveau. Par contre, à l’opposé, les faits et le genre sont présentés très très succinctement, et je pense que les néophytes n’ont pas les clés pour comprendre réellement de quoi cela parle.

Fenriz dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Fenriz de Darkthrone

Le récit est lui assez décousu, à peu près aussi embrumé que l’esprit des deux protagonistes. Alors certes, on ne peut pas attendre d’un documentaire la clarté d’une encyclopédie, mais quand on compare au très bon Le metal expliqué à ma mère il n y a pas photo… On passe d’un artiste qui peint des métalleux à Varg qui nous parle de comment il aime ses cornflakes pour finir sur un squat à Oslo où Fenriz a acheté un dictaphone pour 10 couronnes …

Contrairement au roman Le Black Metal Satanique: les seigneurs du chaos, j’ai trouvé le documentaire plus orienté. En effet, il n’y a pas réellement de discours contradictoires et le reportage ne présente qu’un seul son de cloche sur pas mal de points. Alors il y a certes une petite apparition d’Abbath et Demonaz d’Immortal qui portent un regard un peu plus externe et neutre sur certains événements, amenant un autre son de cloche, mais d’une manière générale, les dires des protagonistes principaux ne sont pas contredits.  On pourra aussi reprocher le fait qu’il manque quand même pas mal de sujets et de groupes fondateurs dans sce documentaire. Les bonus du DVD compensent un peu sur ce point en proposant de plus longues interviews.

Varg Vikernes dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Varg Vikernes en prison pour le meutre de Euronymous

Cela reste cependant un document agréable à regarder pour la fane de Black Metal que je suis, avec un bon nombre de vidéos d’archives (pas d’inédits cependant), et d’époque. Outre les documents, le film se repose beaucoup sur les épaules de Fenriz qui est bien souvent drôle, mais qui parfois, nous fait part d’analyses pas bêtes du tout sur l’environnement qui a vu naitre le Black Metal, la Norvège et son confort, le comparant à l’art bourgeois et décadent de la fin du XIXème. Et bien évidemment, vous vous en doutez, la BO est juste géniale.

Au final, Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell est un documentaire sympathique si vous appréciez le genre, mais qui ne vous apprendra pas grand chose (hormis que Varg aime ses cornflakes crispy et pas Fenriz) mais qui se regarde. Si vous n’êtes pas forcément familier avec le genre et les protagonistes, c’est sans doute instructif, mais attention à bien prendre des pincettes.


Mad Men, Saison 1, de Matthew Weiner

dabYo dans Critiques, Films le 12 août 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Mad Men est une série dont la popularité a explosé l’année dernière en France, pour une raison que j’ignore totalement. Toujours est il qu’elle nous avait jusqu’alors échappé, et que ce n’est qu’à ce moment là que nous nous y sommes intéressés. Créée par Matthew Weiner, la série a été diffusée pour la première fois en 2007 et compte actuellement quatre saisons. C’est à la première saison que nous allons nous intéresser. Synopsis.

Mad Men, Saison 1, de Matthew Weiner

Pendant les années 60, Don Draper est directeur créatif de l’agence publicitaire Sterling Cooper, qui a pignon sur Madison Avenue à Manhattan, New York. Plutôt bien placé et respecté de ses collègues, Don essaie tout simplement de se maintenir dans cette vie qui lui a apporté une grande maison, une voiture, une femme et es enfants. Sa vie est majoritairement remplie par le travail, avec quelques relations extraconjugales lorsque le traintrain familiale l’ennuie.

Comme le synopsis vous l’indique, c’est la vie du personnage principal Don Draper que nous allons suivre. Toute la série tourne quasiment autour de lui et des quelques personnages qui lui sont reliés : sa femme, ses collègues de travail, les femmes avec qui il a des aventures. Cependant, il ne faut pas s’attendre là à une vie rythmée avec de nombreux évènements, on en est bien loin. Le rythme de Mad Men est en effet très lent, presque contemplatif. Il ne se passe relativement rien pendant tous les épisodes de cette première saison. Du travail, des campagnes publicitaires, et quelques petits aléas.

Don Draper dans Mad Men, Saison 1, de Matthew Weiner

Et pourtant, malgré cette absence d’évènement, cette absence de rythme, on se prend au jeu. On aime ce côté lent, posé, complètement contemplatif, et on fini par s’attacher aux personnages. A Don bien entendu, qui malgré son assurance semble de loin être le plus perdu de tous, à sa femme Betty avec laquelle on souffre. Mad Men a un très large panel de personnages, de nombreux ne vont pas vraiment être creusés, mais ceux qui le sont prennent vraiment toute leur ampleur.

Betty dans Mad Men, Saison 1, de Matthew WeinerSi l’ambiance est très réussie, c’est aussi parce que la série arrive à parfaitement retranscrire l’ambiance des années 60. On admire ces mad mens qui enchaînent verre de Whisky sur verre de Whisky tout au long de la journée, qui s’en grillent une avec classe dans leur costard noir. Les costumes et les décors sont tout simplement superbes. Je ne suis pas expert de l’époque, peut être est ce un peu enjolivé, mais on s’y croit carrément. Et puis, quelle classe lorsque Betty allume sa cigarette, ou que Don se sert son verre du matin ! Il faut quand même dire que les acteurs qui sont derrière jouent très bien. Jon Hamm transpire la confiance, Elisabeth Moss fait très bien la fille timide mais qui en veut, January Jones qui joue la parfaite femme au foyer, et bien entendu, celle qui est considérée comme la plus emblématique, Christina Hendricks.

Par contre, je dois avouer que lorsqu’on regarde pour la première fois Mad Men, il est difficile de ne pas être choqué. Choqué par ces changements dans notre vie, dans nos vies. Choqués de se dire que la vie était comme ça. Aujourd’hui, quiconque verrait une femme enceinte fumer irait lui dire d’arrêter. Qu’elle fume comme ça devant ses enfants, avec ses enfants. On ne verrait pas des employés commencer à travailler en se servant un Whisky. La série retranscrit fidèlement l’ambiance, que ce soit au travail où les femmes sont considérées comme des cruches juste bonnes pour un coup, ou à la maison, où elles sont complètement infantilisées.

Acteurs de Mad Men, Saison 1, de Matthew Weiner

Christina Hendricks incarne le fantasme de la secrétaire

Au final, après avoir fini cette première saison, je ne comprends pas comment nous avons pu mettre un an pour la terminer. Les acteurs sont bons, l’absence d’histoire est prenante, l’ambiance réaliste, historiquement intéressante, bref, les ingrédients sont là pour avoir une bonne série. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Mad Men fait partie de ces rares séries qui ont un gros succès sans pour autant miser ni sur l’humour, ni sur l’action, ni sur les enquêtes. Et ça, ça fait vraiment plaisir.


Après une première partie plutôt réussie, Harry Potter et David Yates repartent pour un dernier tour dans les salles obscures du monde entier avec Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2. Il s’agit donc de la suite de l’adaptation du roman du même nom, écrit par J.K. Rowling et sorti il y a près de 4 ans maintenant. Le petit sorcier va apparaître pour la dernière fois sur les grands écrans, et il bien prêt à en découdre avec Voldemort. Synopsis.

Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2, de David Yates

Harry, Ron et Hermione ont décidé de se mettre seuls à la poursuite des Horcruxes de Voldemort, ces objets magiques qui garantissent au magicien noir de ne pas mourir définitivement lorsqu’il est défait. Ils ont réussi tant bien que mal à en détruire un avec l’épée de Griffondor, mais pour le reste, ils sèchent grave. Et qui peuvent ils bien aller voir pour obtenir un peu de soutient, alors que les mangemorts ont pris le contrôle du ministère, et que même Poudlard est sous leur emprise.

Si vous nous suivez depuis plusieurs années, vous devez savoir que la série de J.K. Rowling fait partie de nos références, qu’elle a bercé notre enfance, puis notre adolescence, et enfin, avec les films, notre vie de jeunes adultes. Quitter Harry en livre une fois la dernière page lue était une épreuve, là, il s’agit de le quitter définitivement. Fini les excuses pour se « refaire » un tome. Mais revenons en aux films, nous étions plutôt satisfaits du travail de David Yates sur la série depuis son arrivée pour l’Ordre du Phénix. Bien qu’omettant certains passages jugés importants avec Le Prince de Sang-Mêlé, il nous a plutôt contentés, la première partie des Reliques de la Mort nous avait ravis sur de nombreux points.

Ginnie dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2, de David Yates

Ginnie réussie encore une fois parfaitement son rôle de potiche

Cette seconde partie reprend directement sur la dernière scène de la première, c’est d’ailleurs assez déstabilisant, tant cela donne quand même l’impression de payer deux fois pour un seul film. Enfin soit, on se doute bien qu’un film de quatre heure quarante aurait eu du mal à satisfaire le grand public, et ça rallonge un peu l’expérience. Le tournage ayant été fait d’une seule traite, le jeu des acteurs est égal à lui-même, plutôt bon. Bien entendu, certains personnages sont toujours là pour nous rappeler les erreurs de casting, Lupin étant en première ligne.

Si le film sera sans doute jugé correct par les néophytes, je dois avouer que j’ai eu assez de mal à l’apprécier autant que la première partie. Est-ce que cela vient de la coupure ? Aucune idée, mais le fait est que certains passages de l’histoire, qui m’avaient déjà dérangés en bouquin, le sont encore plus dans le film. La coupure de la gare est un très bon exemple, elle brise tout le rythme et semble être la seule pirouette que Rowling ait trouvée pour nous fournir quelques explications supplémentaires. Bizarre.

Dragon de Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2, de David Yates

Il a l'air moche là, mais animé c'est plutôt bon

Ce dernier épisode a eu je pense droit au meilleur traitement de toute la série en ce qui concerne les effets spéciaux. Nous l’avons vu en normal, sans 3D et lunettes donc, mais on en a quand même pris plein les mirettes. Le retour à Gringotts de nos héros est tout simplement superbe et spectaculaire, que ce soit de par la descente en chariots ou encore ce qui les attend là bas. De même, la grande scène finale, qui est une bataille qui se veut épique, a vraiment eu le droit à un traitement particulier et le résultat est juste superbe. On aura du mal à ne pas y voir une tentative d’y reproduire les grandes batailles de l’adaptation du Seigneur des Anneaux cela dit.

On ne pourra pas s’empêcher d’être déçu de certaines tournures malheureusement. L’absence totale d’explications sur l’histoire de Dumbledore était prévisible, mais reste vraiment regrettable. De même, certaines scènes et dialogues qui se veulent sérieux frôlent affreusement le ridicule, je ne sais pas si cela venait de la version française ou pas, mais on s’était déjà fait la même remarque pour la première partie. Enfin, depuis quand McGonagall propose de mettre des élèves aux cachots ? Cette phrase m’a vraiment choqué.

Voldemort dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2, de David Yates

Mais pourquoi est il si méchant ?

Serafina, qui est bien plus une fangrill que moi a été moins décue. Bien que choquée aussi par la phrase de McGonnagall et triste de l’absence de l’histoire de Dumbledore, le film ayant fait la part belle à Severus Rogue et a ses souvenirs, cela a compensé. En effet, ce passage qui était pour pas mal de fans, un des moments les plus importants du 7ème tome a été rendu de manière très fidèle, au mot pour mot. Elle ne vous dira pas qu’elle a pleuré, mais on connait bien la vérité. Enfin, comme le précédent, le film fournit son lot de bishi très agréables à regarder, du beau Lucius au beau rafleur Scabior.

Au final, je ne peux m’empêcher d’être un peu déçu de ce dernier Harry Potter. J’ai une sensation d’inachevé et de retombée comme un soufflet qui m’empêche d’être satisfait. Peut être qu’une vision des deux parties l’une à la suite me réconciliera avec ce Harry Potter et les Reliques de la Mort Partie 2. Quel nom à rallonge, quand même, hein ? Si vous avez vu les précédents, il est évident que vous devez le voir, au moins pour clore cette aventure. Y aura-t-il un jour un phénomène de cette ampleur ? J’en doute.


The Social Network de David Fincher

dabYo dans Critiques, Films le 21 juin 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Il y a bien longtemps que je voulais voir The Social Network réalisé par David Fincher à qui l’on doit entre autres le cultissime Fight Club. Mais, je ne sais pourquoi, Serafina était complètement contre l’idée. Le côté polémique ? Le sujet, Facebook et généralement tout ce que la technologie apporte de mauvais aux films lorsqu’on s’y connaît : approximations, contre-sens, hérésies… Bref, toujours est-il que malgré une bande originale réalisée par Nine Inch Nails, impossible d’aller le voir au cinéma. Heureusement, il a fini par arriver. Synopsis.

The Social Network de David Fincher

Mark Zuckerberg est un adolescent fraichement accepté à Harvard. Comme tout autre étudiant de l’université, il a grosso modo tout réussi avec le meilleur score, et se demande ce qu’il pourrait faire pour se démarquer de ses camarades et pouvoir intégrer la fraternité qu’il vise. Lorsqu’il en fait part à sa petite-amie, la conversation tourne court, Mark étant sans le vouloir de nature très imbuvable. Vexé de se faire larguer comme cela, il va chercher à se venger de toutes les filles du campus.

Un lien vers la page Wikipedia de l’histoire du premier réseau social mondial aurait peut être été aussi bon que ce synopsis nauséabond. Mais bon, cela me permet tout d’abord de situer le contexte : The Social Network va nous raconter ce que David Fincher, son équipe et le monde en général a pu dégoter sur la genèse de Facebook, de sa création jusqu’au moment de l’écriture du scénario. Et donc naturellement, Mark Zuckerberg, son fondateur, en est le personnage principal et les éléments avancés ne prendront pas en compte les derniers évènements des différentes affaires. Tout le film va tourner autour de son créateur, à part deux ou trois scènes, il est toujours présent et joue le rôle central. C’est donc d’autant plus important que le film dure près de deux heures.

Justin Timberlake dans The Social Network de David Fincher

Un tag Justin Timberlake sur if is Dead ? Gosh

Heureusement pour nous, Jesse Eisenberg arrive à assurer le rôle et incarne vraiment bien le personnage, qui semblerait presque être taillé pour lui. Son jeu semble des plus naturels. Contrairement à ce qu’on pourrait initialement penser, Mark Zuckerberg n’est pas vraiment présenté comme un être frustré et inhumain. Je dirai même qu’au contraire, The Social Network nous présente un personnage qui pourrait presque devenir attachant, et qui n’est pas sans rappeler un personnage du même genre, Sheldon dans The Big Bang Theory. Certes, il a un comportement parfois imbuvable, mais on est loin de l’être machiavélique, et David Fincher dans sa réalisation va d’ailleurs très souvent laisser le doute et au spectateur le soin de se faire son opinion. Est-ce des précautions prises par la production pour ne pas être attaqué en justice pour diffamation ? Aucune idée, mais on a presque l’impression de se retrouver face à une reconstitution des évènements faite pour un reportage documentaire.

Le film tirerait d’ailleurs presque plus du film documentaire et scénarisé que d’un film à part entière. On va revivre certains passages clefs de la création du réseau social, les évènements et passages étant liés par les conséquences et par des procès. Au lieu d’user d’une construction linéaire dans le temps, David Fincher a fait le choix de sauter de flashback en flashback, avec entre chacun d’entre eux des courts dialogues entre les avocats de Mark Zuckerberg et ceux des plaignants. C’est donc ici que se trouve le « présent » du film, alors que le site a déjà été créé, les flashbacks équivalant aux retranscriptions de mails et autres souvenirs des personnages impliqués par les procès, qui sont au nombre de deux.

Procès dans The Social Network de David Fincher

Ici un des procès auxquels Mark doit assister

Le sujet étant la création d’un site internet, une tâche qui n’est pas spécialement palpitante, surtout lorsqu’il s’agit de retranscrire une réalité, vous vous doutez bien que les scènes d’actions ne seront pas très nombreuses. Pas de course-poursuite, quasiment pas de grande scène de hacking, non, du normal. Du coup, il était difficile de rendre intéressantes ces deux heures qui ne sont qu’une suite interminable de faits. Et pourtant, le pari est réussi. Pour cela, on a un rythme très soutenu dans les dialogues, notamment Mark Zuckerberg, qui a tendance à répondre très vite et au tac au tac. Ça pourra en agacer certains, d’autant que le flux continu de paroles est vraiment conséquent, mais j’ai adoré. A cela est ajouté quelques phrases comiques, et du comique de répétition avec le côté imbuvable du personnage.

Finalement, le seul gros point noir que j’ai pu trouver au film, c’est son but et son intérêt. Si je savais à quoi m’en attendre, je pense que certains spectateurs ont pu être déçus par le manque de position de l’équipe de production. Comme je le disais, Mark n’est pas jugé, loin de là. David Fincher nous fait parvenir des scènes, et nous sommes contraints de nous faire notre propre avis. En soit, ce n’est pas spécialement dérangeant, juste inhabituel.

The Social Network de David Fincher

Quelle scène palpitante

S’il n’est pas le meilleur film de son réalisateur, The Social Network a tout de même le mérite de nous faire passer un bon moment, et ce de façon original. Que ce soit dans sa structure avec le coup des procès, de son absence de jugement ou tout simplement de son sujet. Sujet qui doit d’ailleurs être le premier à voir un film lui être dédié si peu après sa création, par une entité indépendante.


Thor de Kenneth Branagh

Serafina dans Critiques, Films le 20 mai 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Thor est la dernière adaptation au grand écran d’une de ses franchises de Marvel. Cette fois, c’est son comic The Mighty Thor qui y passe, avec une réalisation par Kenneth Branagh, plus connu pour ses rôles d’acteur shakespearien et son interprétation du Pr Lockheart dans Harry Potter. Pas franchement emballés par les diverses bandes annonces, nous avions des tickets cinéma à écouler et nous nous sommes donc rendus dans les salles obscur pour aller voir Thor, sans grand enthousiasme, ni espoir. Synopsis ?

Thor

Seulement deux personnages ont un quelconque intérêt sur cette affiche: saurez vous les trouver ? Ok je déconne, y en a aucun.

Thor, fils d’Odin, vit au royaume d’Asgard, entouré de ses amis et de son frère Loki. Il est très puissant, mais aussi fort arrogant. Et quand il manque de déclarer une guerre à cause de son impétuosité, papa Odin décide de le bannir du royaume et de l’envoyer sur Terre. Thor, privé de ses pouvoirs, atterri donc sur terre, et plus précisément contre la vitre de la voiture de Jane Foster, physicienne spécialiste de la cosmologie.

Thor est le premier héros non-terrestre de Marvel à être mis en scène. Là où Iron Man, X-Men et autres Hulk se passaient relativement dans notre monde, Thor amène le concept d’autres planètes et d’autres mondes. Le monde d’Asgard est relativement bien réalisé , et m’a beaucoup fait penser à Coruscant de Star Wars. Les graphistes ont fait un bon travail, et la réalisation est gorgée de beaux effets de plongée, de rotations et autres pour nous présenter Asgard comme majestueux et imposant. Bon, outre la réalisation graphique impeccable, je reste perplexe sur les choix graphiques eux même, le Bifrost fait un peu cheap et la ville un peu trop moderne pour une Asgard, mais soit. Malheureusement, je suis aussi perplexe sur les choix graphiques des méchants, les Géants de Glace, les méchants de l’histoire sont assez moches, et font, eux aussi, très cheap.

Thor

Mec, ma Xbox a freezé, j'ai la haine, tavu

La réalisation du film est très classique, malgré de nombreux cadrages « penchés », chose qui m’a fait tiquer un peu, mais que les personnes qui m’ont accompagnée n’ont pas noté. Il n’y a pas réellement grand chose à dire, avec pas mal de travelling, c’est fluide, les scènes sont compréhensibles, bagarres omises, avec quelques angles de vues originaux. D’un autre côté, on attend pas forcement d’un blockbuster de prendre des risques, l’intérêt s’il existe est ailleurs. Bref, la réalisation de Thor est tout à fait honorable. Les effets spéciaux ne sont pas trop gros, bien qu’il y ait une réelle surenchère à certains moments qui flirte avec le ridicule, tant ces derniers seraient tout à fait dispensable.

Le premier problème de Thor, et comme on pouvait l’attendre, c’est bien le scénario. Ce dernier flirte entre la facilité et l’inexistence, ne se donne même pas la peine d’être consistant. Le traitre de l’histoire se repère dès ses premières secondes d’apparition, ne laissant aucun suspens. On a aussi un peu l’impression qu’il n’y a pas réellement de scénario, on est baladé, sans trop connaître le but de l’histoire, si tant est qu’il y en est un. Bien sûr, là encore, on n’attend pas de grande complexité dans le scénario dans un blockbuster, Iron Man 2 en est la preuve par exemple. Mais il faut une ligne directrice, bref, quelque chose. Alors certes, il fini par y avoir une intrigue, mais gravite autour tellement de scènes sans rapport et sans intérêt que ça en devient ridicule.

Thor tout nu

Cette fois, saurez vous trouver la tête de l'acteur ?!

Aucun personnage n’est réellement fouillés, et à part Thor et Odin, et encore. Certes, Chris Hemsworth qui joue Thor fait très bien le benêt musclé, mais ses performances s’arrêtent là. On s’interroge d’ailleurs sur l’utilité des plans le montrant dénudé, à part pour jouer sur la corde de la fane de Twilight qui bave sur les pecs de Jacob. Outre ces deux personnages, quasiment tous ne font que de la figuration, même Natalie Portman qui joue Jane Foster ne sert finalement à rien pas grand chose. Mention spéciale aux compagnons de Thor dont je n’ai pas retenu le nom qui n’ont aucun relief malgré leurs jolies armures et leurs quelques apparitions. En fait, on se demande même ce qu’ils foutaient dans le film. On passera sur les personnages du Shield, qui ne sont là que pour faire des références à d’autres Marvel, et à brouiller la trame principale en rajoutant à notre héros quelques difficultés complètement hors de propos.

En dehors du comique de répétition autour de l’arrivée de Thor sur Terre, l’humour n’est pas vraiment présent contrairement à un Iron Man qui fait quand même beaucoup sourire. Il y ‘a seulement Darcy, la fille qui accompagne Jane et jouée par Kat Dennings, qui fait des remarques un peu bébêtes. L’humour se résume à faire passer les personnages (Thor ou Darcy en l’occurrence) pour des benêts stupides. Dommage.

Shield dans Thor

Afin de respecter le quota de scènes sans intérêt du film, nous insérons une image sans intérêt. On aurait pu rajouter une image Hors Sujet, aussi.

Finalement, ces défauts sont juste un poil plus présents que dans les blockbusters habituels, mais ça n’en ferait pas forcément un film long et ennuyant s’il n’y avait pas un dernier point négatif. Le point négatif pour être exact. Alors qu’on nous promet de l’action, on se retrouve finalement avec un titre mou du genou. Oui, il y a quelques bagarres, plus ou moins bien réalisées, mais elles n’ont rien d’épique. Pour qu’un combat ait un intérêt, il faut au moins que le film fasse semblant que son issue soit inconnue. Thor ne s’en donne jamais la peine. Rendues fouillis par la surenchère d’effet spéciaux, elles n’ont aucun intérêt et ne sont pas spectaculaires pour un sous. Une passe d’arme d’un Pirate des Caraïbes vaut l’ensemble des scènes d’action mises bout à bout. Dommage.

Au final, malgré de très nombreuses longueurs, ça se regarde. A chaque instant, on se demande si on ira encore plus bas. Les personnages sont creux, le suspens est inexistant. Thor prépare beaucoup Avengers, mais dans l’absolu je pense qu’il est totalement dispensable, et je ne vous le conseille pas au cinéma, ni même en DVD. Un film qu’on oubliera, vite.


Scott Pilgrim de Edgar Wright

dabYo dans Critiques, Films le 8 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Scott Pilgrim est l’adaptation du comic du même nom au cinéma par Edgar Wright. Malgré l’enthousiasme général pour le film, c’est à reculons que nous avons finalement décidé d’aller enfin voir cet « icône » de la « culture geek« , déjà promu « film culte ». Faut dire que le tapage autour de cette adaptation d’Edgar Wright, semblable à celle entourant Kick-Ass, nous a plutôt refroidit, ayant peur de tomber sur quelque chose utilisant bêtement quelques références pour être dans le coup. A la base déjà il fallait beaucoup de chance pour pouvoir aller voir un film qui a été diffusé dans quelques salles à peine en France. Mais au final, qu’en est il ? Scott Pilgrim vaut il réellement le coup, ou est ce un film qui surfe bêtement sur les références de la « culture geek » ? Synopsis.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Scott a 22 ans et une vie « passionnante ». Parmi ses hobbies, on retrouve la musique et son groupe de Rock, Sex Bo-omb, pour lequel il joue de la basse. Alors qu’il vient tout juste de commencer à sortir avec une lycéenne de 17 ans -la honte- pour oublier sa précédente rupture, il fait la rencontre de la fille de ses rêves, Ramona Victoria Flowers. De ses rêves au sens propre du terme bien entendu, puisqu’il en avait justement rêvé la veille. S’ensuit alors toute une aventure pour la conquérir.

Je ne pensais pas que ce film serait celui pour lequel j’aurai le plus de mal à écrire un synopsis, et pourtant, si. Il faut dire que Scott Pilgrim est un film assez particulier, car l’intégration de la culture geek ne va pas s’arrêter à quelques répliques placées par là, du « je suis ton père » qui devient une vanne entre deux geeks. Non non, rien à voir. Le film qui est donc l’adaptation d’un comic en cours de parution chez Milady Graphics pour l’adaptation française, va en effet piocher directement dans les mécanismes du jeu vidéo pour s’étoffer et illustrer son scénario. Certes, ça passe d’abord par des gimicks inutiles, comme la présence d’une barre d’urine à la Sims, au monde de l’arcade et du jeu de combat. Car pour conquérir Ramona, Scott va devoir affronter la ligue maléfique des exs de la demoiselle, en combat singulier.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Le blond du milieu est doté de super pouvoirs car végétalien

Oui, dit comme ça, ça donne pas forcement envie, et pourtant. Avec son synopsis bidon, Scott Pilgrim se veut être un film pour adolescents à l’esprit décalé, un peu l’alter-ego de American Pie, mais version « geek » cette fois. Et contrairement à ce que je craignais à la base, la pilule passe plutôt bien. Quand on a fait des études en informatique, ça nous fait fortement penser à des attitudes et autres qu’ont pu avoir nos amis, voir camarades, et l’identification fait le reste. Les scènes comiques du film sont plutôt bonnes et agréables, on sourit rapidement et se laisse emporter par le côté déjanté, et la « connerie blasée » ambiante qui ressort des personnages principaux.

La barre d’urine n’est pas le seul élément qui fait référence aux jeux vidéo, et outre les combats entre nos héros et les différents exs de Ramona, on retrouve tout un tas d’éléments. Cela va des pièces qui tombent lorsqu’un adversaire est battu, aux petits effets visuels très « interface de jeu », voir aux transition des scènes. Bien entendu, il y a sur-enchère dans les pouvoirs des différents combattants qui vont permettre d’avoir droit à véritable spectacle lors des échanges de castagnes. Du coup, il faut bien entendu justifier ces pouvoirs, et là encore, on se retrouve face aux caricatures du jeu vidéo, allant de l’épée de l’amour à la surpuissance due à la mouvance vegan. Bref, du tout bon.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Pour parfaire cet état d’esprit très « blasé », on retrouve des acteurs dont le jeu est vraiment très « réussi ». Un poil nanar, un poil sérieux, et un poil amateur, j’ai vraiment beaucoup aimé les différents dialogues entre les personnages. Chacun va très bien jouer son « rôle », stéréotypé à mort, que ce soit notre héros complètement pommé joué par Michael Cera, ou encore la groupie lycéenne pot de colle qu’incarne Ellen Wong. Seule Ramona, jouée par Mary Elizabeth Winstead, m’a semblée un peu fade, beaucoup trop sérieuse. Une mention spéciale pour la quasi totalité des personnages secondaires, dont chaque intervention est accompagnée d’un fou rire.

Si la présentation de l’histoire est très déjantée et originale, les thèmes restent assez classiques. L’amour, la recherche de soi, l’amitié, bref, les banalités habituelles qui n’auront pas spécialement droit à des morales originales non plus. Mais ce côté ne gâche en rien le film.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Cette image parle d'elle même

Au final, Scott Pilgrim a été pour moi une sacrée surprise. Savant mélange de nanar, avec des effets visuels réussis et un aspect « film amateur » agréable, il vous fera passer un agréable moment. En amenant les codes du jeux vidéo dans le cinéma, il s’inscrit pour moi dans cette mouvance que l’on peut aussi retrouver plus récemment avec Sucker Punch. Même s’il ne mérite pas réellement son statut de film culte, le voir vous fera passer un très bon moment, et vous ne le regretterez surement pas.


Sucker Punch de Zack Snyder

Serafina dans Critiques, Films le 31 mars 2011, avec 7 commentaires
Critiques

Sucker Punch est un film de Zack Snyder, sorti en mars 2011. Le réalisateur, à qui on doit notamment 300 et Watchmen, était attendu de pied ferme notamment par la sphère fane de jeux vidéo et comics, deux univers dont le film semblait clairement s’inspirer. Descendu par les critiques, avec des scores d’audience extrêmement faibles aux États-Unis pour sa semaine de sortie, nous nous attendions au pire lorsque nous nous sommes rendus au cinéma. Film incompris, ou véritable navet ? Synopsis.

Sucker Punch de Zack Snyder

Notre héroïne est une jeune fille d’une vingtaine d’année, enfermée dans un asile par son beau père soucieux de récupérer l’héritage suite à la mort de sa mère, celle ci ayant légué tous ses biens à ses filles. Moyennant une petite somme, l’arrangement avec un des médecins de l’hôpital était de lobotomiser la demoiselle le plus tôt possible. Sauf que Baby Doll ne l’entend pas de cette oreille et compte bien s’évader. Elle va alors se réfugier dans des mondes imaginaires où l’asile est un cabaret, et les filles des danseuses séquestrées.

En réalité le synopsis est plus compliqué à expliquer qu’il n’y paraît. En fait, on pourrait dire qu’il y a une certaine plongée dans la folie, avec des mondes imaginaires, dans lesquels l’héroïne peut à nouveau s’évader vers d’autres mondes imaginaires avant d’y revenir. Du Inception version Schizophrénie en somme. De ce fait, les mondes sont très différents, de l’asile typé années 50, au cabaret début XXème, à un monde imaginaire mélange de Science-Fiction, de mechas et de Steampunk. Visuellement, le film est une vrai claque quelque soit l’univers. L’image est léchée, les ambiances sont très bien retranscrites, les couleurs sont belles, tout est beau. Même les effet spéciaux s’intègrent plutôt pas mal.

Cabaret dans Sucker Punch de Zack Snyder

Une bonne partie du film se déroule dans un cabaret... Et pourtant, aucune scène hot, ce qui est assez étonnant aujourd'hui.

Toute cette ambiance est renforcée par la musique, ultra présente dans le film, bien qu’un peu forte. Cette musique joue un rôle très important, car c’est elle qui permet de passer d’un monde à l’autre. Les scènes d’introduction sur Sweet Dreams ou de combat sur Army of Me sont ultra synchronisées. Contrairement à ce que j’avais pu dire à l’écoute de la Bande Originale de Sucker Punch lors de ma chronique, elle est en fait totalement adaptée. Les choix trip-hop sont justifiés, les combats sont loin de ceux d’un Iron Man et beaucoup plus mélancoliques. Enfin, même le morceau de rap est bien intégré et passe tout seul dans le film, une vraie réussite et un des moments les mieux réalisés d’ailleurs.

Comme je le pressentais, du combat, il y a en, et du spectaculaire. Snyder abuse toujours des ralentis mais moins que dans 300. Les ennemis sont variés, et sont pour le réalisateur un moyen de faire de nombreux clins d’œils aux mondes de l’imaginaire. L’idée de base étant que dans un monde imaginaire, tout est possible, vous vous doutez bien que les situations vont être assez folles. Comme débarquer au milieu d’un remake de la bataille du gouffre de Helm en hélicoptère, ou encore affronter des zombies nazi après être sorti des tranchées de 14-18, ou même d’affronter les robots de I-Robot. Difficile de croire à des coïncidences, tant les références sont évidentes. On nous en met plein la vue, avec des explosions, des cascades et des combats ultra chorégraphiés dans tous les sens, et un armement de premier choix pour nos héroïnes.

Nazis dans Sucker Punch de Zack Snyder

Qui y a t'il sous un casque de nazi mort régénéré par un savant fou ? Un orc venu du Mordor. Et ouais, fallait le savoir, merci le brainstorming !

Là dessus, Sucker Punch apparait clairement  comme un délire de fan, ultra graphique et ultra léché. Il est important de souligner l’influence « Jeux Vidéo » tellement on a l’impression de voir la caricature des missions d’un Beat em all dans le « monde des combats » du film. Zack Snyder sort là une version digérée de pas mal d’influences, du visuel japanime, aux jeux vidéo en passant par du clip, et un coté Tarantino. Avec le même principe qu’un Inception et les mêmes délires qu’un Scott Pelgrim, tous trois montrent clairement que le jeu vidéo commence à faire son entrer dans les codes du cinéma.

Malgré tout ces délires, le scénario, bien que pas forcément très très recherché lorsqu’on lui soutire les scènes de combat, se tient et est somme toute logique et bien ficelé. Il en laissera plus d’un perplexe sur la fin, avec notamment un fil rouge assez discutable et peu intéressant, mais cela reste suffisant pour ne pas nuire au film. Les dialogues eux sont proche de l’inexistence, ce qui va permettre aux actrices de s’en sortir plutôt bien, sans jamais pour autant ressortir.

Affiche Pin-up Sucker Punch de Zack Snyder

Hmm hmm...

Le côté délire de fan et actrices combattantes en mini-jupe, très japonais, pouvait d’ailleurs faire redouter la présence de fan-service à foison, d’autant que Sucker Punch avait une promotion où la plastique des actrices était plutôt mise en avant.

Et bien que neni, on restera dans le soft, à peine suggestif. Malgré les mini jupes et porte-jarretelles des héroïnes, que ce soit lors des combats où des phases du cabaret, le film n’est à aucun moment vulgaire et ne joue jamais sur le fan-service. Et ça, c’est bien, une très agréable surprise.

Le fait que j’adore les histoires se déroulant dans un asile psychiatrique joue probablement en la faveur du film de Zack Snyder. Mais ce thème ne suffit pas à faire d’un film un bon moment dans les salles obscures. Sucker Punch s’avère être une excellente surprise et fut un vrai moment de plaisir. Visuellement, ca envoie dans tous les sens, musicalement aussi, et le reste est tout à fait honorable. A voir donc, quoiqu’on vous en dise !


Inception de Christopher Nolan

dabYo dans Critiques, Films le 10 mars 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Avec Avatar de James Cameron, la Science Fiction est presque revenue à la mode dans les salles obscures, mais surtout dans le cœur du public. Du coup, quand l’engouement autour du dernier film avec Leonardo DiCaprio est arrivé jusqu’à nos oreilles, nous avons plus pensé à un effet éphémère qu’à un film avec de réelles qualités. C’est ainsi qu’à force de retarder notre descente au cinéma pour aller voir Inception, nous l’avons carrément loupé. Mais le film de Christopher Nolan valait-t’il le coup ? Synopsis.

 Inception de Christopher Nolan

Dans un monde assez proche du notre existe une science qui permet de pénétrer les rêves de ceux qui dorment. Celui qui rêve, appelé l’hôte est alors celui dont le sub-conscient peuple le monde, et l’un des intrus celui qui en fait l’architecture. Avec de telles possibilités, il est évident que l’Extraction, le fait de voler des informations à quelqu’un en pénétrant ses rêves a très vite proliféré. Ce sont formées des équipes dont le but est de pénétrer les rêves de riches hommes d’affaires ou d’hommes de pouvoir pour leur soutirer à leur insu des secrets ou informations capitales. Et Dom Cobb est connu pour être le meilleur de tous les extracteurs. Fugitif, un riche homme d’affaire lui propose de faire en sorte qu’il ne soit plus recherché en l’échange d’une dernière mission, une Inception.

Peut être que si on avait lu le synopsis du film avant d’avoir vu le film nous serions allé le voir. Car le film, bien plus que celui de James Cameron sent la bonne Science Fiction. Celle avec des concepts intéressants qui, s’ils sont bien utilisés, peuvent donner un film de qualité, voir marquer. Le genre de film qui pousse à vous poser des questions, à admettre ses règles pour ensuite établir des hypothèses. L’année dernière, je disais qu’Avatar ne resterait pas dans la postérité, et l’absence d’éléments de ce genre est pour moi une des causes majeures. Car si le film de James Cameron présentait quelques principes, notamment celui des avatars, cela n’était pas du tout exploité par la suite. Il y avait un peu de « SF », mais pas trop, histoire de rester grand public.

Inception à Paris, de Christopher Nolan

Crédit d'impôts oblige, une partie du film se déroule dans les beaux quartiers de Paris. L'occasion pour avoir droit à de superbes effets spéciaux sur l'architecture des bâtiments.

Dans Inception, le principe des rêves est au cœur même du film, de l’intrigue, et ses particularités ont de réelles influences. Ainsi, on va apprendre les principes, comment notre sub-conscient les gère, ce qu’il s’y passe, les règles du jeu, et comment cela peut être exploité. Aux scénaristes de faire en sorte que nous autres geeks n’y trouvions pas de failles, d’incohérences, et de laisser des indices pour que le fandom se créé de lui même. Mais revenons au film, on découvre donc Cobb, incarné par Leonardo DiCaprio, lors d’une opération où il tente dans un rêve de soustraire des informations à un riche homme d’affaires. Le tout avec une réalisation grandiloquente où les catastrophes et autres effets apocalyptiques ont lieu dès que le monde des rêves est en danger.

Car ce qu’il y a de génial avec ce principe de rêve, et comme je le disais dans le synopsis, d’architecture, c’est qu’il va permettre à Christopher Nolan de nous en mettre plein la vue, tout en restant crédible. Quand un film d’action banal a tout le mal du monde à trouver une excuse justifiée par un scénario pour passer de l’Afrique du Nord aux pentes de l’Himalaya, notre réalisateur n’a aucune difficulté: il suffit de changer de rêve ! C’est ainsi que l’on va passer d’univers en univers: monde japonisant, gigantesque mégapole occidentale, montagnes enneigées, et je passe sur les univers complètements inventés et loufoques. On va ainsi pouvoir vivre pas mal de clin d’œil à des classiques de films d’action: combat dans un dojo japonais, ou encore course poursuite en moto-neige… Le monde des rêves n’a pas de limites, et Inception n’en a pas plus. La scène grandiloquente des boulevards parisiens en sera la preuve.

Inception de Christopher Nolan

Certains ont créé la Matrice pour justifier des combats ahurissants, Nolan a trouvé un autre moyen, tout aussi original.

Mais le film ne se contente pas d’effets spéciaux en tout genre, il est aussi basé sur un scénario qui va pleinement mettre à profit les théories citées au dessus, et presque réussir à nous faire travailler les méninges. Alors, si vous ne l’avez pas encore vu, et que vos amis disent n’y avoir rien compris, ne vous inquiétez pas, il suffit de suivre le film pour le comprendre parfaitement. Mais voilà, le scénario est plus complexe que pour un grand nombre de films, notamment parce qu’il faut assimiler les principes pour comprendre les situations, et beaucoup de « téléspectateur » n’y sont pas habitués. Je ne dirai pas qu’il est plein de rebondissement, ni génialissime, ce sont les rouages qui le sont et leur utilisation est plutôt très juste. Il tient la route, et nous montre ce qu’Inception a dans le ventre.

Toujours est il qu’il n’y a pas de film sans personnage et acteur. J’avoue que c’est pour moi l’un des plus gros points faibles, car en dehors de Leonardo DiCaprio et de la frenchie Marion Cotillard, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la main. Les comparses de Cobb sont biens joués, mais leurs personnages respectifs ne sont pas très intéressants. Ils sont là pour compléter le casting, et rien de plus. C’est quelque part dommage, et un poil préjudiciable au film puisqu’il tient alors uniquement sur les épaules du duo. Heureusement, ces deux là jouent plutôt bien. Leur relation, encore une fois grâce aux principes, est originale et déroutante, et donne un air dramatique à l’ensemble du film, qui devient alors clairement oppressant et angoissant. Et là encore, Christopher Nolan se sert magnifiquement des règles qu’il a établit pour nous faire vivre des scènes plutôt très stressantes. Dommage que Marion Cotillard soit une fois de plus coltinée au rôle de « femme de », qu’elle rempli à merveille cela dit.

Meme Inception de Christopher Nolan

L'une des nouvelles caracteristiques à avoir pour passer à la postérité: les Memes.

C’est en arrivant à la fin de la chronique qu’on se dit qu’il serait dommage de laisser ces principes au placard et qu’on aimerait bien les retrouver dans une série. C’est exactement les principes qu’il nous faudrait pour faire un mélange de policier et de thriller. La fin d’ailleurs, nous laisse en suspend et pleins de questions. Une fin digne d’un Blade Runner.

Au final, Inception est un grand film de Science-Fiction. Si vous ne l’avez pas encore vu car comme nous, vous craignez l’effet de hype, je peux vous rassurer, il le mérite amplement. Avec une réalisation à la hauteur des ambitions de l’idée originale, c’est assurément un film qu’il faut avoir vu. Je n’aurai qu’un seul regret: ne pas l’avoir vu dans les salles obscures.