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Happy New Year de Farah Khan

Serafina dans Critiques, Films le 17 avril 2015, avec aucun commentaire
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Nous inaugurons aujourd’hui la rubrique de chroniques de films Bollywood. ifisDead a toujours été multi-thématique, mais je ne suis pas sure que vous vous attendiez à celle là. Pourtant, oubliez tous vos aprioris, car Happy New Year de Farah Khan est un vrai coup de cœur. Synopsis ?

Happy New Year de Farah Khan

Charlie souhaite venger son père injustement accusé de vol dans un coffre fort qu’il avait lui même construit. Et pour cela, quoi de mieux que de voler Charan Grover, celui qui à causé la chute paternelle et changé sa vie à jamais, en dérobant les diamants bruts que son père avait soit disant volé des années plus tôt. Afin de casser la salle des coffres, Charlie monte une équipe très spéciale qui a pour but de s’infiltrer dans un concours international de danse à Dubaï.

Happy New Year de Farah KhanVous dites que vous ne voyez pas de rapport ? Ce n’est pas grave, ici c’est Bollywood ! La démesure est la règle, les coïncidences n’en sont jamais vraiment, et même si c’est cousu de fil blanc, c’est pas le plus important. On ne regarde pas ce film pour la subtilité. On regarde ce film pour le reste. A la base, mon seul argument pour nous faire regarder ce film était le morceau Manwha Laage dont j’avais appris la chorégraphie lors d’un stage de danse. Je n’en avais jamais entendu parler avant.

En réalité, le film a été un sacré succès en Inde, il a une distribution plutôt pas mal et Farah Khan en directrice/chorégraphe déjà reconnue pour d’autres films. Évidemment, c’est Shahrukh Khan la superstar du cinéma indien que l’on retrouve pour incarner Charlie. Le film est vraiment très beau, si vous avez des idées négatives sur les films indiens, jetez un œil au trailer : les couleurs sont belles, les reliefs sont intéressant, ça abuse du grand angle et des nouvelles technologies de traitement de l’image, mais visuellement c’est magnifique. Vraiment.

Le film comporte bien sûr son nombre de chorégraphies, oui c’est un film Bollywood, donc il y a des chansons, mais il ne faut pas que cela vous repousse car ici, elles ont une raison d’être (puisque c’est un concours de danse) et surtout elles sont très drôles. Ce ne sont pas des chansons nian nian d’amour, mais de joyeux délires. India Waale, le morceau titre, a réussi à me rester dans la tête pendant un bon moment. C’est de la pop très occidentalisée comme vous le verrez dans la vidéo et qui n’a rien à envier à ce qu’on entend sur nos radios.

Happy New Year de Farah KhanSi le sujet de l’histoire est tragique et qu’il contient les moments de pathos habituels des films indiens, Happy New Year reste avant tout une comédie, qui abuse de situations Too Much, mais totalement assumées. La dream-team de Charlie est composée d’un mec dont la spécialité est de vomir, un ado hacker, un épileptique dont les crises font 30 secondes top chrono et un poseur de bombe à moitié sourd. Ça ne se prend absolument pas au sérieux, se moquant autant des films Bollywood que des films européens. Cela semble être une signature de Farah Khan, mais le film est aussi truffé de pas mal de références pop, à la manière d’un Tarantino.

C’est de la comédie qui ne fait pas dans la dentelle, mais qui ne se prend absolument pas au sérieux et qui du coup nous a fait beaucoup rire. Les personnages sont tellement caricaturaux que c’en est caricatural, et le film est parfois tellement fan-service que c’en est hilarant. Oui, en Inde, les combats de boue pour mettre les muscles du héros en valeur, c’est normal. Évidemment, les personnages sont clichés et l’histoire d’amour obligatoire du genre n’est clairement pas le point fort du film.

Happy New Year de Farah Khan

Je sais, ce sera difficile de vous convaincre si vous grimacez rien qu’à la lecture du mot « Bollywood ». Mais détrompez vous, et faites moi confiance. Regardez au moins 20 minutes de Happy New Year de Farah Khan, je suis certaine que vous ne l’arrêterez pas avant la fin ! Même dabYo l’a aimé, et pourtant, lui non plus n’est pas un fan à la base.


Imitation Game de Morten Tyldum

dabYo dans Critiques, Films le 20 février 2015, avec aucun commentaire
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Alors que le projecteur médiatique est braqué sur Cinquante nuances de Grey, c’est un autre film qui a eu toute notre attention en ce mois de février 2015: Imitation Game de Morten Tyldum. Il s’agit d’un Biopic sur Alan Turing, émérite mathématicien et cryptologue britannique que l’on considère comme étant le fondateur de l’informatique. Du coup, forcément, on était vachement intéressés. Synopsis.

Imitation Game de Morten Tyldum

Londres 1939, le Royaume Uni est entrain de perdre la guerre qui l’oppose à l’Allemagne nazi. Ces derniers ont une supériorité militaire indéniable, s’échangeant des messages radios à tout que les anglais peuvent écouter sans problème mais restent dans l’incapacité de les comprendre: ils sont chiffrés. Pour essayer de retourner le cours de la guerre, un projet à Bletchley Park est mis en place, celui de casser la machine Enigma qu’utilisent les allemands pour chiffrer ces messages. Si les anglais y parvenaient, ils pourrait alors comprendre tous les échanges allemands, prévoir leurs mouvements, et les contrer. Le jeune universitaire Alan Turing postule pour intégrer ce programme militaire top secret…

Avec un tel sujet, forcément, on était assez dubitatif sur ce qu’un film hollywoodien allait bien pouvoir donner. Car l’histoire que devait suivre ce Biopic est celui d’un cassage de chiffrement, de la crypto, des mathématiques, bref, des choses qui demandent de la matière grise et du temps, et qui n’ont rien à voir avec de l’action. Alors comment allait on bien pouvoir rendre tout cela dynamique ? En général, on y met du romantisme, des problèmes de personnes…

Imitation Game de Morten Tyldum

Pour cela, Morten Tyldum va un peu s’arranger avec l’histoire, d’abord en faisant d’Alan un autiste/asperger qui a tout du Sherlock Holmes de la BBC. Cela tombait bien puisque c’est Benedict Cumberbatch qui joue les deux, et qui fait ce genre de personnage avec un certain talent. Cet aspect de la personnalité de l’Alan du film, qui semble tout de même être un peu forcé par rapport à la réalité, va permettre la mise en place de comique de répétition sur son aspect déficient en relations sociales, forcément. Évidemment, c’est assez drôle et il y aura quelques reparties du personnage très bien placées, qui feront rire aux éclats. On rajoute une certaine animosité avec ses collègues et on a un élément supplémentaire pour rajouter du rythme et mettre quelques moments de doutes.

Pour donner la réplique à Alan on retrouve une autre actrice qui semble être faite pour jouer les personnalités peu à l’aise socialement: Keira Knightley. Après son apparition dans Freud, la voilà de nouveau à jouer ce type de rôle de femme mal dans sa peau. Et si la bande d’annonce faisait penser à une romance hollywoodienne, on en est loin et cela passe très bien.

Imitation Game de Morten Tyldum

En fait, Imitation Game est une très bonne surprise dans la mesure où il a réussi le tour de force de ne pas nous décevoir. Ce n’est peut être pas un film à la hauteur de la réussite du projet Bletchley Park, certes, mais c’est tout de même un bon film, rythmé, avec de bons acteurs et qui met à l’honneur les hommes de l’ombre de la seconde guerre mondiale et les débuts de l’informatique. Certes, il y a quelques lacunes propres aux films du genre, et on regrettera notamment l’aspect superficiel des interventions de l’armée. Mais diantre, c’était quand même bon.

Le film ne se contentera pas de nous raconter l’histoire du cassage d’Enigma, mais va entremêler les histoires pour nous compter aussi l’histoire -et la fin tragique- d’Alan Turing. Et là dessus, il faut avouer que lorsqu’on est pas prêt, qu’on n’en connait pas la réalité, on risque d’être choqué et estomaqué. C’est bien que le sujet n’ait pas été passé sous silence, qu’on y ait quand même vu comment a pu finir sa vie, et comment des gens normaux, des gens qui faisaient partie du camp des vainqueurs, du camp des gentils, pouvaient traiter les homosexuels sans se poser la moindre question.

Benedict Cumberbatch dans Imitation Game

Imitation Game n’est pas le film du siècle, mais il est loin de la catastrophe qu’on aurait pu redouter et vous fera passer un très bon moment au cinéma. Si vous touchez à l’informatique et que vous ne connaissez pas la vie d’Alan Turing, c’est un must en attendant d’aller en lire une biographie. Et pour les autres, c’est l’occasion de découvrir un pan de la seconde guerre mondiale qui est encore trop méconnu car sorti du secret défense il y a moins de 20 ans…


Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Ceci n'est pas un film sur le BDSM

Malicia dans Critiques, Films le 14 février 2015, avec aucun commentaire
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Cinquante nuances de Grey, réalisé par Sam Taylor-Wood, fait partie des films de 2015 très attendus puisqu’il adapte un des derniers gros hits de la littérature pour adulte. Je l’attendais moi-même au tournant… Une bonne raison (ou pas) de courir le voir dès sa sortie en salles… Bref, ce soir, je vous dévoile tout !

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Cinquante nuances de Grey est l’adaptation éponyme du roman de E.L. James qui n’en finit pas de faire le bonheur des libraires et de leur rayon « porno chic ». Ou plus précisément, le film est l’adaptation du tome 1, il y en aura sûrement deux autres. Dans Cinquante nuances de Grey, Anastasia Steele, étudiante en littérature, rencontre le richissime Christian Grey lors d’une interview dans le cadre de ses études. Très vite, Anastasia craque sur Christian… qui lui révèle avoir des goûts « très particuliers ». Soit un goût prononcé pour le SM, en tant que dominant. C’est le début d’une initiation à l’univers du SM pour Anastasia… mais aussi celui d’une relation conflictuelle entre Christian et Anastasia.

Je vous le dis tout de suite, j’avais cordialement détesté le livre de E.L. James. Entre les « putain » toutes les trois lignes, les « ma déesse intérieure« , les « Oh Christian est un dieu du sexe« , c’était nunuche à souhait. Et ne parlons pas de la représentation du sado-maso donnée… Le livre a certes trouvé son public mais c’est pour moi une imposture.

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Mais comme on ne parle pas du livre ici, parlons du film. Si au début, je regardais ça d’un œil sceptique, j’avoue m’être vite laissée prendre dans l’histoire. Dans les faits, le livre est bien adapté mais dans la forme, le film propose une version édulcorée… et c’est justement ce qui fait que je l’ai aimé. Dans le livre, j’avais l’impression de retrouver un mauvais bouquin érotique qui prétend être une histoire romantique et une représentation du SM, et qui n’est ni l’un ni l’autre. Dans le film, oui, je peux le dire, j’ai vu d’abord une histoire d’amour. Clairement, Anastasia et Christian sont quasi omniprésents à l’écran, les autres personnages ne sont que des figurants avec très peu de profondeur. Et sur tout le film, on voit davantage des échanges, des moments à deux que des scènes de sexe (qui font en tout 20 minutes sur le film à priori).

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood photo 3Et le SM alors ? Pour moi, dans le film, on ne retrouve pas du BDSM, mais une nuance de BDSM (vous remarquerez l’effort pour ce jeu de mots). Christian Grey est clairement quelqu’un qui a des problèmes, des blessures, des difficultés à gérer son passé et le SM représente pour lui un exutoire. Certaines personnes reproduisent dans le SM des traumatismes, ce n’est pas sain, mais ça existe. On ressent très bien cette contradiction dans la dernière scène SM du film, c’est la seule qui m’a mise mal à l’aise pour cette raison. La violence avait pris le pas sur le plaisir. A l’inverse, tous les pratiquants SM n’ont pas eu une enfance compliquée, un passé tumultueux. Et justement, cela n’est pas présent dans le film comme la représentation d’une pratique, mais comme une partie de Christian Grey. Attention, je ne dis pas que j’approuve tout ce qui est montré. A plusieurs moments, Grey va carrément au delà du cadre et agit de manière inacceptable à cause de ses névroses. Mais justement, c’est pour ça que selon moi, il faut voir ça comme « Le SM selon Christian Grey » et non pas comme « LE SM, toute la vérité« .  De manière générale, le sexe est bien moins présent dans le film que dans le livre et les scènes sont réalisées sans vulgarité et c’est tant mieux.

Et les acteurs ? Alors là, j’ai deux avis contraires. Du côté de Anastasia, nous retrouvons une Dakota Johnson… excellente. Très vraie, drôle là où la Anastasia du roman me faisait vomir, joyeuse, humaine, expressive, touchante. Vraiment, je pensais la détester et je l’ai adorée. Par contre, dans le rôle de Christian Grey, nous retrouvons Jamie Dornan… et là, je n’accroche pas. Je l’avais pourtant aimé dans Once Upon A Time mais ici, ça ne prend pas. Je l’ai trouvé rigide, manquant de charisme, maladroit dans ses postures, ce qui crée un certain décalage entre certaines phrases qu’il dit (censées être super excitantes) et l’effet que ça produit (des rires dans la salle). Bon, quand on pense qu’à la base, E.L. James voulait Robert Pattinson, ceci explique peut-être cela… mais c’est quand même vachement dommage.

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Alors bon, je suis bon public et il y a un paquet de choses que je pourrais pointer (dont les nombreux clichés du genre) mais je l’avoue, j’ai passé un bon moment, d’autant plus que la bande son est aussi canon. Donc si vous allez voir Cinquantes Nuances de Grey, mes deux conseils seraient : oubliez le livre dont il est adapté, n’y allez pas en pensant voir un film sur le SM.


Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman

dabYo dans Critiques, Films le 2 janvier 2015, avec 2 commentaires
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Au rayon des Disney sortis récemment et que nous n’avions pas vu figure Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman à qui l’on doit le scénario. Il s’agit encore une fois d’un film d’animation des studios Pixar, avec bande  d’annonce assez inhabituelle pour une des productions du groupe: une princesse qui semblait aller à l’encontre des standards et des habitudes pour une princesse: le prince, le mariage, tout ça. Bref, synopsis.

Rebelle de Pixar Disney

Mérida est la fille du roi d’Écosse, elle aime par dessus tout le tir à l’arc, chevaucher et l’exploration. Bref, rien de qui conviendrait à une fille de son rang: princesse. Du coup, sa mère la reine, veille au grain et ne manque pas un instant de la vie de la jeune fille pour lui rappeler les devoirs qui lui incombent: couture, maintien, bonne éducation, musique et des plus vertes encore. Le moment tant attendu par sa mère et tant redouté par la jeune fille finit par arriver… celui du tournoi pour déterminer lequel des fils des clans d’Écosse aura sa main…

Le pitch du film est plutôt sympa et change de l’habituelle princesse que l’on retrouve éternellement dans les animés de Disney. On s’en doute du coup dès le début, l’intrigue principale se retrouve dans la volonté de Mérida de ne pas être mariée de force, de pouvoir choisir ce qu’elle veut devenir, c’est à dire autre chose qu’une princesse potiche qui ne sert à rien. On est donc en plein dans la crise d’adolescence mais pour le coup, ce n’est pas exaspérant et ce côté là est plutôt bien fait.

Non, ce qui va plutôt poser problème dans Rebelle, c’est le rythme assez décousu et surtout, l’incohérence totale du scénario. Il y a quelques éléments qui vont pousser Mérida à s’éloigner temporairement de sa famille, plusieurs jours, sans que cela n’ait aucun impact sur sa famille… Euh ?

Rebelle de Pixar Disney

De même, en dehors du personnage de Mérida, aucun autre protagoniste ne va sortir du lot, c’est un peu le néant complet. Il n’y a pas de construction des personnages, à peine celui de sa mère qui du coup est l’alter égo du personnage. Mais c’est vraiment très peu, les rares passages essayant de lui donner de la profondeur sont plus là pour montrer que sa mère n’est pas une potiche elle non plus. Une façon, en quelque sorte, de ne pas non plus jeter toutes les princesses des autres films aux orties.

Mais bon, en dehors de ces petits points, Rebelle se regarde assez facilement et l’animation y est sans doute pour quelque chose. Les paysages reproduits d’Écosse sont franchement sympa avec des combats très dynamiques et des mises en scènes plutôt réussi. Les clans du royaume sont assez originaux, stéréotypés certes, mais ils ont le bon côté d’être relativement variés. On devra forcément parler des cheveux de l’héroïne qui, il faut bien l’avouer, donnent l’impression d’avoir eu tout le budget de la réalisation. En dehors de l’aspect fun, ils perdent vite leur intérêt.

Rebelle de Disney Pixar

Au final, Rebelle aurait pu être une bouffée de fraicheur concernant cette remise en question de la place de la princesse. Sauf que voilà, j’ai du mal à m’en convaincre au final. Car que retiendrons les enfants ? Sans doute qu’en s’écartant du chemin tracés par ses parents, on provoque des malheurs pour sa famille. Si on craindra tout au long de l’aventure que la jeune princesse finisse par être embrigadée, se résigne par amour pour sa mère, cela n’aura pas lieu. A aucun moment cela ne sera dit de manière explicite. Reste que les faits qui marquent sont les non dits, et que de ce côté là, je suis plus que perplexe.

Avec près de 50% de fréquentation en moins que La Reine des Neiges, on peut aisément voir que le chemin est encore bien long avant que les Disney sortent des stéréotypes. L’argent, ça compte.

 


Les Indestructibles de Brad Bird

dabYo dans Critiques, Films le 31 décembre 2014, avec aucun commentaire
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Le premier Disney que nous avions vu cette année 2014, La Reine des Neiges, nous avait laissé avec un arrière goût de très mauvais. Du coup, on avait franchement envie de terminer l’année avec un bon Disney. Et parmi les prétendants qui pouvait faire l’affaire et que nous n’avions pas encore vus, il y avait Les Indestructibles. Bon, ce n’est pas un Disney à proprement parlé puisqu’il a été réalisé par les studios Pixar avant leur intégration complète. Bref, synopsis.

Les Indestructibles de Brad Bird

Robert Parr est un assureur, il conseille ses sociétaires aussi bien qu’il le peut et sans l’accord de sa hiérarchie qui le trouve bien trop gentil. Robert Parr aime aider les gens, chose assez contradictoire avec le le business plan capitaliste de son entreprise, car avant d’être un petit assureur bureaucrate, c’était Monsieur Indestructible. Un super héros à la retraite depuis qu’il est interdit de sauver les gens, contraint de vivre une vie normale avec sa petite famille… pas très normale.

Je connaissais l’aura des Indestructibles mais je n’en connaissais pas la raison avant de commencer à le regarder. Un film de plus de deux heures pour un Disney, c’est carrément rare. Mais j’étais loin de m’attendre à être face à quelque chose d’aussi… adulte. Le film commence en effet sur la vie bien déprimante de Robert, contraint de vivre la vie futile et sans but que bon nombre d’entre nous vivons chaque jour. Ce n’est clairement pas quelque chose que l’on voit souvent dans des films à destination des enfants, et là dessus, c’est plutôt bien fait. Cela pourrait être une petite phase de cinq minutes du film, mais non, cela va durer un long moment. Surprenant.

Le scénario est construit autour de cette idée, avec évidemment une petite touche enfant pour la suite, mais sans renier cette première impression. C’est donc plutôt très rafraichissant et j’ai clairement été séduit. On est à des années lumières du scénario de La Reine des Neiges par exemple. Alors certes, la fin reste assez basique, et il y a quelques petits raccourcis, mais on peut y voir clairement deux champs de lecture, et c’est du tout bon.

Les Indestructibles de Brad Bird

Le film est blindé de petits clins d’œil, de références, qui font qu’on y passe un très bon moment. L’humour est évidemment omniprésente et je l’ai trouvé plutôt très réussi, car pour une fois il n’y a pas eu besoin d’intégrer le personnage rigolo souvent très casse gueule. Je pense au bonhomme de neige de La Reine des Neiges par exemple, ou aux deux enfants de Rebelle, le bébé ours de Frère des Ours… Du coup, ça donne des personnages certes un poil stéréotypés comme Flèche, mais pas pour autant insupportables, juste dosé. J’ai aussi aimé Violette, bien qu’elle reste elle aussi très classique.

Bien que Les Indestructibles soit déjà sorti il y a plus de 10 ans maintenant, j’ai trouvé que l’animation avait très bien vieillie. C’était à l’époque l’un des premiers films d’animation avec des humains et seulement des humains, mais on ne peut pas dire que le tout ait été fait au ras des pâquerettes. Il y a vraiment de très nombreux éléments variés dans les différents paysages rencontrés, cela va de la ville à la jungle, en passant par de la lave. Les combats ne manquent pas de dynamisme et sont assez réalistes, bon, ça reste des super héros hein.

Les Indestructibles de Brad Bird

Au final, Les Indestructibles n’avait rien pour nous conquérir, et j’avais vraiment de très mauvais aprioris. Ce n’est clairement pas une thématique que retrouver chez Disney m’intéressait. Et pourtant, avec une très bonne animation, une prise de position osée concernant le déroulement général du film, on peut dire que la mission est plus qu’accomplie. Clairement un de mes films d’animation préférés. Une suite vient d’ailleurs d’être annoncée pour les 10 ans du film.


Pacific Rim de Guillermo del Toro

dabYo dans Critiques, Films le 8 avril 2014, avec aucun commentaire
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Pour le retour du Japon en avion, nous avions décidé de jeter un œil à Pacific Rim, le blockbuster de Guillermo del Toro qui avait tout du fantasme geek. Des godzillas contre des mechas pour le retour du pays de Gundam et des gunplas, il n’y avait sans doute pas mieux. Alors, est ce que son statut culte auprès de la sphère geek était mérité ? Hmm, synopsis.

Pacific Rim

En 2025, l’humanité est proche d’être submergée par les vagues de kaijus, d’énormes bestioles qui sortent de l’océan Pacifique depuis maintenant 12 ans et viennent détruire la civilisation humaine. Pour se protéger, l’humanité avait d’abord parié sur des jaegers, des robots énormes pilotés par deux humains et qui avaient les capacités pour faire face aux monstres. Suite à d’énormes revers et défaites, les gouvernements ont changé de stratégie et coupé les investissements dans les robots, pour miser dans la construction d’énormes murs autour des villes. Jusqu’à présent complètement inefficaces.

Nous sommes donc avec un univers tout ce qu’il y a de plus catastrophique, pas particulièrement original à mon sens, mais qui a le mérite de réaliser le fantasme de pas mal de gens. Les kaijus ressemblent comme deux gouttes d’eau à notre cher Godzilla, tandis que les mechas sont relativement communs, un mélange entre Gundam et les effets spéciaux qu’Iron Man a usé jusqu’à la moelle. Bref, en tout cas, clairement une belle base pour faire des effets spéciaux qui en mettent plein la vue et donner un côté graphique époustouflant.

Pacific Rim Kaiju

Et là dessus c’est vraiment réussi. Graphiquement Pacific Rim nous en met plein la vue, passé sur un grand écran (et plus le tout petit de l’avion revenant du Japon), les couleurs sont superbes, les effets sont géniaux. L’animation est vraiment réussie et on ressent parfaitement le gigantisme des éléments qui vont s’entre-choquer. C’est un des films qui a le mieux réussi ce genre d’animation de géantes bestioles. Le bestiaire des kaijus et des différents robots est sympathique, plutôt varié et permet quelques tricks bien sympathiques. Certains volent, d’autres sont rapides, etc.

Le film a de vraies allures de jeu vidéo et le regarder m’a donné des sensations similaires. C’est un peu bizarre je dois bien l’avouer, mais on est vraiment projeté à la place des pilotes de l’énorme robot. Un peu comme quand on joue, en quelque sorte. L’immersion est du coup vraiment bonne et donne quelque suspens au film.

Pacific Rim Acteurs

Car si ces points là sont très réussis, Pacific Rim est vraiment passable sur tout le reste. Le casting tout d’abord est particulièrement ridicule. Les acteurs ne font pas vraiment preuve d’un grand sens du jeu, avec des similis d’émotions plutôt pathétiques. Il faut dire qu’ils ne sont ni aidés par le scénario, plat à souhait, ni par le charisme de leurs personnages, stéréotypés à souhait. Bref, rien qui ne puisse de ce niveau sauver l’intérêt que pourrait porter le spectateur à qui entoure les combats.

On ne peut pas nier que ce soit sans doute là un choix de Guillermo del Toro, tant certains aspects paraissent clairement comme parodiques. Mais ça n’empêche que c’est relativement décevant. Au moins, il évite l’écueil d’essayer de nous faire un scénario à pseudo rebondissements intelligents. Le scénario est simple, on évite une partie des passages chiants.

Pacific Rim Robot

Pacific Rim est donc un blockbuster sympathique, qui se regarde avec un certain intérêt. Mais comme on pouvait le prévoir, on est loin du statut de film exceptionnel et il va sans dire qu’on l’oubliera très rapidement. Ce n’est clairement pas un film que j’aurai envie de revoir. Un seul regret: ne pas l’avoir vu au cinéma, cela devait être une sacrée expérience et justifie sans doute un certain engouement à l’époque de sa sortie.


Gravity de Alfonso Cuaron

Serafina dans Critiques, Films le 2 avril 2014, avec aucun commentaire
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Toujours dans l’avion, après le désastreux La Reine des Neiges, après avoir voulu continuer dans le suicide cinématographique en regardant le début de Thor 2, nous avons décidé de voir Gravity. J’avais refusé d’aller le voir au cinéma, boycottant Cuaron depuis qu’il a (à mon avis) massacré le meilleur roman de tous les temps : Le prisonnier d’Azkaban. Mais bon. Synopsis ?

Gravity de Alfonso Cuaron

Ryan Stone est astronaute en mission spatiale et est ce jour là occupée à réparer un équipement de la station spatiale quand des débris viennent heurter l’engin. La propulsant seule dans l’immensité de l’espace. Lui reste à retrouver un moyen de rentrer chez elle, si elle le veut vraiment.

Gravity est un film qui se passe dans l’espace, et avec très peu d’acteurs. La plupart du temps, c’est juste Sandra Bullock, seule à l’écran, avec George Clooney en deuxième rôle. A part cela, nada. On pouvait s’attendre un peu au pire, Sandra Bullock bien que populaire n’étant pas à mon avis une actrice sur qui j’oserais faire reposer mon film, mais finalement, elle s’en sort plutôt bien. Elle est crédible en nana paumée dans sa vie, dépassée par les événements.

Sandra Bullock dans Gravity de Alfonso Cuaron

Si il n’y a que peu d’acteurs, il y a aussi fort peu de musique, ce qui peu sembler étonnant de la part de Cuaron, qui a tendance à en mettre beaucoup et fort (dans Les Fils de l’homme et dans Le prisonnier d’Azkaban notamment), mais ici, il a du juger que cela ne servirait pas l’histoire, et c’est plutôt vrai. Le vide de l’espace est du coup bien retranscrit par le vide sonore. La première heure est angoissante et oppressante de silence. Je suis plus réservée sur la fin et sur le chemin mental de Ryan à propos de sa fille, mais bon.

Le film a été pensé pour a 3D mais, bien que je l’ai vu en 2D et sur une minuscule écran d’avion, il est tout à fait agréable à regarder. Je pense notamment que c’est un des rares films où la 3D pouvait apporter quelque chose dans cette immensité de l’espace.

Explosion dans Gravity de Alfonso Cuaron

Sans être un de mes films préférés de l’univers, Gravity est un film sympathique qui se regarde très bien, probablement un des meilleurs des films catastrophiques se passant dans l’espace (je reverrais bien Appollo 13 pour savoir si il est aussi bon que dans mes souvenirs), bien géré, pas ennuyant ni claustrophobique malgré son minimalisme apparent. Et évidemment, les trous d’air et variation de pression de l’avion n’ont que pu augmenter l’immersion du film !


La Reine des Neiges de Walt Disney

Serafina dans Critiques, Films le 29 mars 2014, avec 3 commentaires
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Frozen ou La Reine des Neiges en France est le dernier Disney, un film d’animation qui comme Raiponce n’est pas réalisé par Pixar. On l’avait laissé filer au cinéma, mais dernièrement, on a pris l’avion pour un long vol vers le Japon. Et bien qu’on pensait dormir, décoller à 13h n’aide pas vraiment, nous avons donc profité des films proposés par Air France pour le voir. Synopsis ?

La Reine des Glaces de Disney

Elsa va être couronnée reine du royaume d’Arendelle. Mais voilà, elle cache depuis son enfance un lourd secret : ce qu’elle touche peut se transformer en glace si elle ne contrôle pas suffisamment son pouvoir. Elle camoufle cette faculté en portant des gants, mais par malheur un gant lui est arraché et son pouvoir est révélé. Elle pète un câble, plonge le royaume en hiver éternel et s’enfuit dans la forêt. Sa sœur va tout faire pour la ramener à la raison.

Comme le titre français le laisse à supposer, il s’agit d’une adaptation du compte d’Andersen, même si on est encore plus éloigné de l’original que dans la Petite Sirène, et pourtant, ce dernier était déjà un exemple d’une adaptation plus que libre. Cependant, l’histoire en soit n’est pas pire qu’un autre Disney. Non, le problème c’est que j’ai eu l’impression d’un bout à l’autre de voir le studio s’auto-parodier avec plus ou moins de succès.

Frozen de Disney

Dans ce Disney, les chansons sont très présentes, ce qui personnellement me plait à la base, mais les mélodies sont faibles, les scènes aussi, on a l’impression de les avoir déjà vues et entendues. Tout sonne creux, comme des redites entendues milles et une fois. Ne parlons pas de la traduction française avec des paroles lamentables. Pourtant Disney nous avait quand même habitué à mieux que ce déplorable « libérée, délivrée »… D’un autre côté il faut avouer que le niveau des paroles de base n’est pas super haut.

Le character design ne relève pas la sauce, Elsa n’étant qu’une Raiponce avec des cheveux moins longs, et je ne sais pas si je dois réellement parler du bonhomme de neige. Non, je laisse l’image parler pour moi. Les sidekicks voulus drôles on en a toujours eu dans Disney, mais des pareils, je ne suis pas sure…

Elsa de Frozen de Disney

Ne me méprenez pas, j’adore Disney, et depuis Raiponce je suis même d’un apriori positif sur les films en image de synthèse. Mais là, c’est plat, mou, déjà vu, les chansons sont horripilantes et sans intérêt, le plot plus ou moins absent ou improbable. L’animation m’a semblée faible à part dans la scène de création du palais de Glace. Sérieux, pondre ça après Raiponce, faut pas exagérer.


La vie devant ses yeux de Vadim Perelman

Un film percutant (sans mauvais jeu de mots...)

Malicia dans Critiques, Films le 22 février 2014, avec aucun commentaire
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La vie devant ses yeux est un film sorti en 2008 qui a fait partie de la sélection officielle du festival de Deauville. Réalisé par Vadim Perelman et adapté du roman homonyme de Laura Kasischke, il fait partie de la longue lignée de films qui se sont inspirés de près ou de loin de la tuerie de Columbine. Synopsis.

La vie devant ses yeux de Vadim Perelman

Les premières images nous transportent dans un lycée américain, Briar Hill, dans lequel on suit Diana et Maureen, deux amies. Après quelques scènes quotidiennes, l’impensable se produit, des cris, des détonations, les deux jeunes filles comprennent qu’une fusillade est en train de se dérouler à quelques mètres d’elles. Quelques secondes après, le tueur, un de leurs camarades de classe, entre dans la pièce où elles se trouvent…

Et nous retrouvons Diana, quinze ans plus tard, alors que la ville rend hommage « aux victimes et aux survivants ». Elle est maintenant mariée à un professeur, elle a une petite fille, Emma, et souffre toujours du drame qui la hante. Tout au long du film, des flashbacks interviennent et nous permettent de comprendre la relation d’amitié entre Maureen et Diana, leur quotidien, leur rencontre… mais aussi les préludes du drame. Très vite, on devine que ce n’est pas un simple drame, qu’il y a quelque chose de mystérieux, une composante qui nous échappe.

Cela fait longtemps que je voulais voir ce film et je n’ai pas été déçue. Le jeu des actrices principales, Uma Thurman et Evan Rachel Wood, dans le même rôle, est plutôt bien fait, même s’il n’est pas toujours facile de faire le rapprochement entre la Diana d’avant et celle qu’elle est devenue. J’ai trouvé qu’il y avait d’ailleurs parfois quelques longueurs dans les scènes montrant l’adolescente et ses errances, une redondance qui semble n’être présente que pour insister sur ce point. C’est aussi le cas pour la Diana adulte, on a du mal à la suivre parfois.

La vie devant ses yeux de Vadim Perelman

Cependant, les scènes d’amitié entre Diana et Maureen, jouées cette fois par Evan Rachel Wood et Eva Amurri, ont un côté plus authentique, plus « paisible », qui équilibre bien la narration. Quelque part, ça nous laisse une base simple, un élément important de l’intrigue qui ne nous perd pas.

Il y a vraiment une atmosphère dans ce film que j’ai apprécié. Une question au spectateur qui revient comme un écho : qu’aurais-tu fait à sa place ?

Si on oublie les quelques fioritures et maladresses qui l’handicapent, ce film laisse tout un tas de questions plus personnelles. Le passé, le présent, les questions qu’on se pose, celles qu’on s’est posées, celles qu’on ne voudrait pas avoir à se poser, l’ensemble se mélange et nous montre un drame dont on pourrait presque se sentir les acteurs.

La vie devant ses yeux de Vadim Perelman

Mais peut-être aussi suis-je un peu trop « empathique » devant le sujet des fusillades en milieu scolaire qui me laisse cet énorme sentiment d’incompréhension face à l’impensable. En tout cas, pour ma part, je n’ai pas regretté ce film que je vous conseillerais, même si le style reste particulier et ne plaira pas à tout le monde.


Tout le monde se moque de moi depuis que j’ai fait une chronique d’un jeu de simulation de camions, mais tout le monde semble oublier avec quoi j’ai commencé sur ce site: Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. Un roman graphique dont on a beaucoup entendu parler il y a quelques mois, suite à la sortie du film La vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2 dont il est librement inspiré. Je reviens donc aujourd’hui à mes premiers amours en vous livrant la chronique. Synopsis.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

L’histoire se centre autour du personnage d’Adèle, une jeune fille qui va au lycée, est relativement bonne élève, qui a des amies, et des garçons qui lui tournent autour. La vie classique d’adolescente. Sauf que quelque chose cloche, mais elle ne parvient pas à mettre le doigt dessus. Un jour, alors qu’elle traverse la rue, elle croise le regard d’une jeune femme aux cheveux bleus, et à partir de cet instant, elle ne parviendra plus à penser à autre chose. Une histoire qui nous conte l’amour, la découverte, l’affirmation, et le passage à l’âge adulte.

Réalisé par Abdellatif Kechiche, il est sorti en 2013 et a reçu la Palme D’or du Festival de Cannes de cette même année. Les deux interprètes principales sont les françaises Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, il y a aussi des seconds rôles comme par exemple Jérémie Laheurte, mais très clairement, on les oublie vite et ils ne font office que de décor.

Le film se veut réaliste au possible, et ça fonctionne. Les ados parlent mal, mangent la bouche ouverte, on s’y croirait. Un peu trop même, c’est souvent assez écœurant, très vite, vous maudirez les pâtes bolognaises. Sur le papier notre histoire devait traiter de la découverte de soi, mais en pratique, le film m’a semblé être une succession de scènes qui racontent vaguement une histoire, et bourré de plans parfaitement inutiles (du genre ceux où Adèle dort), et entrecoupées assez fréquemment de scènes d’amour.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

Nombre des scènes du film m’ont laissée perplexe de leur prétendue utilité. Alors oui, si on commence à sur-analyser, elles ont quasiment toutes une utilité. Mais certaines sont plus évidentes que d’autres. Pour les besoins de la chronique, j’ai commencé par prendre des notes pendant que la lecture continuait, et j’ai fini par arrêter d’en prendre, parce que c’était parfaitement inutile. Le film en fait des caisses pour justifier son côté « on est un film sérieux nous », mais ça ne fonctionne pas. Du moins, pas sur moi.

Je voulais tout de même faire un petit point sur les scènes « d’amour », je ne peux pas en dire tout ce que je voudrais, sinon dabYo va me censurer, donc je vais rester soft. Il n’y a que 3 scènes du genre qui sont justifiées, les autres sont tout simplement gratuites. Sans rentrer dans les détails un peu sal(ac)es, ce n’est pas crédible une seule seconde. Je ne sais pas qui a chorégraphié ces scènes, mais il n’y connaissait rien en amour lesbien (Des ciseaux ? Vous êtes sérieux là?). Ça dépasse largement la frontière du dérangeant, outre l’absence de nécessité des scènes, il n’y a pas la moindre bande son, juste leurs voix à elles. Et l’une de ces scènes fait 6 min 15 (j’ai chronométré), c’est beaucoup trop. Ce qui est au départ vaguement émoustillant finit vite par nous faire nous sentir mal. J’ai même du baisser le son de peur que mes voisins puissent penser que je regardais un film pour adultes. Bref, ça devient très vite une surexposition froide et crue de fesses et de seins. C’était vraiment pas obligatoire.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

Est-ce que le film est réellement une adaptation de Le bleu est une couleur chaude ? Je dirais que non. Ce fut probablement une source d’inspiration, mais ils ont retiré l’âme de l’histoire, jusqu’au titre et aux noms de certains personnages, en passant par la fin. De toute façon dès qu’un film estampillé gay est encensé par la critique, c’est souvent une bouse infâme, je me rappelle avec douleur de Brokeback Moutain, j’ai rarement vu un film aussi chiant.

Pour finir, j’ai une petite pensée pour ceux qui ont claqué 10€ pour voir ça au cinéma. Non parce que, 3h tout de même, fallait se les enquiller. A choisir, investissez les plutôt dans Le bleu est une couleur chaude, qui lui est de qualité.