Lorsqu’on tient un webzine consacré entre autres à la Fantasy, c’est qu’il y a de grandes chances que l’on soit fan de l’univers de Tolkien. Et si nous avions un peu oublié la Terre du Milieu ces dernières années, la sortie du premier épisode de l’adaptation par Peter Jackson de son roman Le Hobbit a complètement réveillé notre fibre. Après avoir fait un marathon de la trilogie du Seigneur des Anneaux samedi dernier, nous nous sommes précipités sur l’avant première d’Un voyage inattendu, un certain 12/12/12 à 00h02 précisément. Alors, toutes ces années valaient-t-elle l’attente ou la magie d’une adaptation proche de la perfection s’est elle envolée ? Synopsis pour une chronique spoiler-less, évidemment.
Bilbo Sacquet est un hobbit sans histoires qui vit dans la Comté, et comme tous les hobbits ce n’est pas un grand voyageur, ni un aventurier, mais un bon vivant qui aime bien que sa petite vie soit bien ordonnée et ses repas bien chauds, servis à l’heure dite. Un jour, Gandalf, le magicien gris vient chez lui et lui propose une aventure. C’est ainsi que débute une grande épopée, impliquant un certain nombre de nains décidés à reconquérir leur terre perdue, jadis envahie par le dragon Smog, jamais délogé depuis lors.
Après le monumental succès de sa première trilogie, Peter Jackson commence donc une seconde, basée cette fois sur les faits relatés dans Le Hobbit, grand frère au rayon Jeunesse du Seigneur des Anneaux. Cette fois, l’histoire du livre est découpée en deux films, et un troisième opus est prévu où l’on devrait se concentrer sur les appendices du Seigneur des Anneaux, transformant cette trilogie Le Hobbit en une sorte de prélude. Contrairement aux trois gros volumes que sont La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi, Le Hobbit de JRR Tolkien est un tout petit bouquin destiné aux enfants. Aussi, nous étions très perplexe à l’idée de découper en deux longs métrages de 3h les quelques 350 pages et l’histoire de base assez simpliste qu’il renferme.
La tâche était d’autant moins aisée que le probable casting n’avait rien de très Hollywoodien: que peut on bien faire d’un héros poltron, à l’apparence assez peu charismatique et qui est accompagné de 13 nains ? Des nains dont l’esthétique avancée par l’adaptation du Seigneur des Anneaux était somme toute relativement disgracieuse et bien loin des canons de la beauté de notre monde. En faire émerger des personnages comme Aragorn ou Legolas relevait du casse-tête, voire était complètement impossible. Et Guillermo Del Toro avait peut être eu du flair en abandonnant la réalisation de cette adaptation.
Disons le tout de suite, si Peter Jackson a réussi à faire une trilogie magnifiquement bien adaptée au cinéma à partir de trois volumes bien trop longs pour ce support, avec ce premier opus de Le Hobbit il semble cette fois réaliser l’exact opposée. En partant d’un livre court mais bien rythmé, il s’apprête pour le moment à nous livrer une trilogie plate, au rythme incertain et à la substance intéressante étalée sur une bien trop longue tartine.
L’histoire originale regroupe finalement ce qui est devenu le fameux cliché de la Fantasy : un dragon, un trésor et une compagnie hétéroclite (magicien, hobbit et nains ici). Évidemment, on peut trouver à ce niveau l’intrigue un peu simpliste mais il faut se rappeler que c’est le matériau de base qui veut ça et que son auteur était précurseur, et que Le Seigneur des Anneaux était lui aussi un beau mélange de clichés. Ça n’en fait pas pour autant un mauvais film. On est loin des 6 heures annoncées, aussi les scénaristes vont-ils s’atteler à la tâche de trouver de quoi faire le reste. Et c’est le drame.
Un voyage inattendu est truffé d’éléments qui ne sont pas de l’histoire originale. Parfois, cela passe plus ou moins bien, et le fan de la saga se verra ravi de voir quelques éléments des nombreux écrits de l’auteur. Et parfois, c’est simplement horrible. Pourquoi fallait-il nous servir ce méchant annexe digne de l’adaptation jeu vidéo d’une série B ? Peter Jackson s’est il enamouré de Gears of War pour oser nous pondre ce simili de boss qui ne sert que de joint de bas de gamme entre différentes scènes ? Avait il vraiment besoin de ces flash backs à la qualité honteuse pour lier tout ce beau monde ?
Non, bien évidemment. Et c’est là aussi l’un des autres points bien négatifs de ce premier épisode. La grande majorité des scènes du film manquent leur cible. Quand elles veulent faire de l’action et provoquer la peur de la mort des héros chez les spectateurs, elle n’obtient que son ennui. Quand ce sont des scènes de bravoure, c’est sa consternation. Et enfin, quand vient le temps des scènes de bons sentiments, c’est son exaspération la plus complète. A aucun moment on retrouvera les sentiments si forts qu’a pu nous faire vivre la première trilogie. Vous vous souvenez des gobelins remontants les mines de la Moïra au rythme des tambours ? On en frissonne encore. Mon sang se glace rien qu’au souvenir de l’attaque du mont venteux.
Il n’y a rien de comparable dans ce film. Les scènes d’actions sont plates, on ne craint jamais pour la vie de nos amis nains, et ce n’est pas faute d’essayer. De l’orque tout moche en voici en voilà, des trolls, des gobelins et on aura même le droit à d’autres petites choses. Mais… Mais rien qui ne nous prenne. La musique, mal rythmée, bien trop présente, vient souvent casser toute tentative. Et c’est pareil pour le reste. Il ne suffit pas de mettre la musique étiquetée musique émouvante pour qu’une scène le devienne.
Alors tout est-il bon pour la poubelle ? Non. Il y a de belles scènes. Le début est bien mené, et même si l’on sent que l’on s’y attarde un brin pour allonger le tout, c’est tout de même agréable de voir toutes ces références rondement placées. De même, l’entrevue entre notre ami schizophrène et notre Bilbo est tout de ce qu’il y a de plus réussi. Réellement terrifiante, réellement bien filmée, réellement bien rythmée et réellement bien sonorisée. Elle est parfaite. Mais c’est bien faible quand on parle d’un film de près de trois heures.
Les efforts étaient pourtant là, l’une des nouveautés du Hobbit, c’est qu’il est filmé en HFR: il y a 48 images par seconde au lieu des 24 standards. Le résultat n’est pas un film plus fluide, en tout cas pas pour nous puisque je pense l’avoir vu en 24 images par seconde, mais l’image est beaucoup plus lumineuse, plus claire, un peu comme du HDR en photo. Cela surprend dès les premières minutes du film : les couleurs sont très très vives, les visages sont plus lisses, etc. Je sais que cela pourra déranger certaines personnes, mais moi j’aime énormément cette technique et le rendu. Je trouve cela parfaitement adapté à Bilbo qui est bien moins sombre que la trilogie du Seigneur des Anneaux.

Alors qu’on pouvait aisément citer les noms des membres de la Compagnie de l’Anneau en sortant du cinéma, ici le doute m’envahit: mais qui sont ils ?
De même, les effets spéciaux et les éléments recréés pour ces films sont plutôt de bonne facture. Ils l’étaient déjà pour la première trilogie, mais pas au niveau de ce que l’on a pu entrapercevoir dans les mines des nains, ou dans celles des gobelins par exemple. Un vrai travail au niveau de l’univers a été réalisé, Erebor sous l’emprise des nains est tout simplement superbe. Ce travail est plus que louable. Malheureusement, Un voyage inattendu ne prend pas le temps de nous les faire découvrir. Ironiquement, alors que le scénario semble avoir été étalé sur une tartine bien trop grande, tout va trop vite. Jackson ne prend pas le temps de nous faire voyager avec ses personnages.
Ces derniers se déplacent constamment, et le focus du spectateur n’a jamais le temps de se poser. On passe d’un point de vue à l’autre, sans arrêt, nous empêchant de voyager avec les personnages. Nous empêchant de les découvrir. Ces derniers ne se parlent jamais entre eux, il n’y a pas de confrérie, il n’y a pas d’ambiance et il n’y aucune synergie. 13 nains à développer c’est beaucoup, c’est sans aucun doute trop et peut être aurait il mieux valu, pour le bien du film, en omettre certains. On se retrouve au final avec presque 11 anonymes et un prince nain qui a tout du stéréotype tête à claque.
Changer son apparence, le rendre beau et en faire un sosie d’Aragorn ne suffit pas pour créer un personnage charismatique et attachant. Faut il encore savoir lui faire dire autre chose que des répliques convenues. Ça n’a sans doute l’air de rien, mais c’est parfois en leur faisant faire des actes totalement inutiles, balancer une pomme par exemple, qu’on arrive à créer un personnage, à lui faire prendre vie. Thorin n’a strictement rien d’intéressant, il est juste exaspérant.
Il est peut être trop tôt pour se prononcer définitivement sur la trilogie Le Hobbit, mais ce qu’il en ressort pour le moment n’est pas vraiment encourageant. Un voyage inattendu n’a que peu en commun avec ses grands frères, si ce n’est de se dérouler dans le même univers et de nous faire revoir certains de ses personnages. Mais c’est tout. Dans sa structure, dans sa narration et dans sa mise en scène, il a beaucoup plus en commun avec un Narnia ou un Eragon: une ombre, une veine tentative d’arriver à recréer le filon doré. Et voir que Peter Jackson himself n’arrive pas à faire mieux que de se singer dix ans plus tard est peut être encore plus déprimant. La Désolation de Smaug sort en 2013, mais le rendez-vous est loin d’être déjà pris.






























Si l’ambiance est très réussie, c’est aussi parce que la série arrive à parfaitement retranscrire l’ambiance des années 60. On admire ces mad mens qui enchaînent verre de Whisky sur verre de Whisky tout au long de la journée, qui s’en grillent une avec classe dans leur costard noir. Les costumes et les décors sont tout simplement superbes. Je ne suis pas expert de l’époque, peut être est ce un peu enjolivé, mais on s’y croit carrément. Et puis, quelle classe lorsque Betty allume sa cigarette, ou que Don se sert son verre du matin ! Il faut quand même dire que les acteurs qui sont derrière jouent très bien. 













