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Imitation Game de Morten Tyldum

dabYo dans Critiques, Films le 20 février 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Alors que le projecteur médiatique est braqué sur Cinquante nuances de Grey, c’est un autre film qui a eu toute notre attention en ce mois de février 2015: Imitation Game de Morten Tyldum. Il s’agit d’un Biopic sur Alan Turing, émérite mathématicien et cryptologue britannique que l’on considère comme étant le fondateur de l’informatique. Du coup, forcément, on était vachement intéressés. Synopsis.

Imitation Game de Morten Tyldum

Londres 1939, le Royaume Uni est entrain de perdre la guerre qui l’oppose à l’Allemagne nazi. Ces derniers ont une supériorité militaire indéniable, s’échangeant des messages radios à tout que les anglais peuvent écouter sans problème mais restent dans l’incapacité de les comprendre: ils sont chiffrés. Pour essayer de retourner le cours de la guerre, un projet à Bletchley Park est mis en place, celui de casser la machine Enigma qu’utilisent les allemands pour chiffrer ces messages. Si les anglais y parvenaient, ils pourrait alors comprendre tous les échanges allemands, prévoir leurs mouvements, et les contrer. Le jeune universitaire Alan Turing postule pour intégrer ce programme militaire top secret…

Avec un tel sujet, forcément, on était assez dubitatif sur ce qu’un film hollywoodien allait bien pouvoir donner. Car l’histoire que devait suivre ce Biopic est celui d’un cassage de chiffrement, de la crypto, des mathématiques, bref, des choses qui demandent de la matière grise et du temps, et qui n’ont rien à voir avec de l’action. Alors comment allait on bien pouvoir rendre tout cela dynamique ? En général, on y met du romantisme, des problèmes de personnes…

Imitation Game de Morten Tyldum

Pour cela, Morten Tyldum va un peu s’arranger avec l’histoire, d’abord en faisant d’Alan un autiste/asperger qui a tout du Sherlock Holmes de la BBC. Cela tombait bien puisque c’est Benedict Cumberbatch qui joue les deux, et qui fait ce genre de personnage avec un certain talent. Cet aspect de la personnalité de l’Alan du film, qui semble tout de même être un peu forcé par rapport à la réalité, va permettre la mise en place de comique de répétition sur son aspect déficient en relations sociales, forcément. Évidemment, c’est assez drôle et il y aura quelques reparties du personnage très bien placées, qui feront rire aux éclats. On rajoute une certaine animosité avec ses collègues et on a un élément supplémentaire pour rajouter du rythme et mettre quelques moments de doutes.

Pour donner la réplique à Alan on retrouve une autre actrice qui semble être faite pour jouer les personnalités peu à l’aise socialement: Keira Knightley. Après son apparition dans Freud, la voilà de nouveau à jouer ce type de rôle de femme mal dans sa peau. Et si la bande d’annonce faisait penser à une romance hollywoodienne, on en est loin et cela passe très bien.

Imitation Game de Morten Tyldum

En fait, Imitation Game est une très bonne surprise dans la mesure où il a réussi le tour de force de ne pas nous décevoir. Ce n’est peut être pas un film à la hauteur de la réussite du projet Bletchley Park, certes, mais c’est tout de même un bon film, rythmé, avec de bons acteurs et qui met à l’honneur les hommes de l’ombre de la seconde guerre mondiale et les débuts de l’informatique. Certes, il y a quelques lacunes propres aux films du genre, et on regrettera notamment l’aspect superficiel des interventions de l’armée. Mais diantre, c’était quand même bon.

Le film ne se contentera pas de nous raconter l’histoire du cassage d’Enigma, mais va entremêler les histoires pour nous compter aussi l’histoire -et la fin tragique- d’Alan Turing. Et là dessus, il faut avouer que lorsqu’on est pas prêt, qu’on n’en connait pas la réalité, on risque d’être choqué et estomaqué. C’est bien que le sujet n’ait pas été passé sous silence, qu’on y ait quand même vu comment a pu finir sa vie, et comment des gens normaux, des gens qui faisaient partie du camp des vainqueurs, du camp des gentils, pouvaient traiter les homosexuels sans se poser la moindre question.

Benedict Cumberbatch dans Imitation Game

Imitation Game n’est pas le film du siècle, mais il est loin de la catastrophe qu’on aurait pu redouter et vous fera passer un très bon moment au cinéma. Si vous touchez à l’informatique et que vous ne connaissez pas la vie d’Alan Turing, c’est un must en attendant d’aller en lire une biographie. Et pour les autres, c’est l’occasion de découvrir un pan de la seconde guerre mondiale qui est encore trop méconnu car sorti du secret défense il y a moins de 20 ans…


En 2010 débarquait aux éditions Kana le manga Bakuman, dernière création des deux illustres mangakas Tsugumi Ōba et Takeshi Obata, auteurs de Death Note. Serafina ne tarissait pas d’éloges à son propos lors de la chronique du premier tome. C’est quasiment à la même époque qu’au Japon commençait la diffusion de son adaptation en anime par Kenichi Kasai et Noriaki Akitaya du studio J.C. Staff. Ça tombe bien, car c’est un manga qui parle de créateurs de mangas qui veulent être adaptés en anime… Vous avez tout suivi ? Non ? Synopsis.

Bakuman Anime

Alors que Moritaka Mashiro ne sait pas trop quoi faire de sa vie après sa troisième année de collège, le premier de la classe Akito Takagi lui propose un pari fou: devenir mangakas ! Ce dernier ne sait pas dessiner, mais il a vu tout le talent de Mashiro alors qu’il dessinait son amour de toujours, Miho Azuki qu’il aime en secret sans avoir jamais osé lui parler. Et c’est dans un élan totalement asocial que les trois vont se promettre de réaliser leurs rêves -Miho rêvant d’être doubleuse pour animes-.

Bakuman Anime

L’anime est rythmé par l’attente du résultat des comités éditoriaux

Nous allons donc suivre deux gamins qui rêvent de devenir des mangakas, d’être publiés dans un hebdomadaire du genre pour atteindre le Graal: être adapté en anime afin que Miho puisse y doubler l’héroïne. En fait, Bakuman est l’histoire de gamins qui ont des rêves et qui vont se confronter au monde des adultes pour tenter de les atteindre. Bien entendu, rassurez vous, nous ne sommes pas face à un scénario qui va les voir s’écraser lamentablement devant l’establishment et l’âge adulte, mais contrairement à ce qu’on pourrait redouter pour une histoire de manga, celle-ci est relativement réaliste et dure.

Je n’avais pas lu le manga avant de commencer son adaptation en anime, aussi n’en ferais je pas de comparaison. Cette anime est en tout cas très bien construit autour de son histoire, qu’on comprendra aisément et suivra avec intérêt. L’histoire est vraiment très dense, d’une manière générale, contrairement à l’adaptation de pas mal de Shônen, celle-ci ne va pas être étirée en long et en large pour augmenter le nombre d’épisodes. C’est même presque le contraire, on regrettera que certains aspects de l’aventure de Mashiro et Takagi ne soit pas plus fouillée et détaillée lors d’épisodes.

L’histoire est donc riche et va nous permettre de découvrir le monde de l’édition de manga au Japon. Je ne sais pas à quel point cette découverte correspond à la réalité, mais je suppose qu’on peut faire confiance à deux mangakas pour bien parler de leur métier. C’est en tout cas sur ce point complètement passionnant et cela ouvre le spectateur à des pans qu’il n’aurait jamais soupçonné sur ce monde obscur. Pourquoi parfois les mangas évoluent bizarrement, à quel point les lecteurs ont tout pouvoir sur l’histoire des mangas au Japon, etc. Ce sont des éléments complètement passionnants et il faut bien avouer que le manga et l’anime arrivent au tour de force de rendre la création de manga dynamique et super intéressante.

Découpé en trois saisons, Bakuman est donc complètement addictif et nous l’avons terminé en une seule traite. Je l’ai dit déjà, l’histoire est vraiment passionnante et donne envie de connaître la suite pour les quatre personnages principaux, mais pas seulement. Car un Shônen c’est aussi un rival et malgré le thème, le manga respecte bien cette règle avec sans doute l’un des meilleurs rivaux que j’ai pu voir, Eiji Niizuma. Vous vous en doutez, il s’agit là aussi d’un mangaka, et nous allons en suivre un petit paquet, de mangakas. Tous veulent atteindre le succès et voir leur série gagner le gros lot, et c’est sans aucun doute l’une des ficelles que les auteurs ont utilisé pour rendre cette série si addictive.

Bien animée d’une manière générale, la série n’est pas non plus un cador du genre et ce n’est clairement pas de ce côté là que l’on va lui trouver le plus de points forts. Le dessin est assez dynamique cela dit et ce malgré la thématique qui n’est pas très dynamique elle, encore une fois. C’est donc là aussi un bon point. On rajoutera aussi que, vu qu’il s’agit d’un manga sur les mangas, l’anime va aussi nous faire découvrir des animes fictifs… Vous suivez ? Ce sera notamment l’occasion de découvrir d’autres univers où l’on ressent bien que les dessinateurs se sont bien fait plaisir, un régal.

Niizuma Eiji

Bakuman c’est donc trois saisons presque trop courtes qui vont vous faire découvrir l’univers du manga au Japon. Comment sont créées les histoires qui ont bercé votre enfance -tout du moins la notre- et dans quelles conditions ? Un rythme soutenu tout au long des épisodes, des personnages attachants et des adversaires charismatiques, quand on est lecteur de manga il n’y a aucune raison de ne pas se jeter dessus, en anime ou en manga, évidemment.


Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Ceci n'est pas un film sur le BDSM

Malicia dans Critiques, Films le 14 février 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Cinquante nuances de Grey, réalisé par Sam Taylor-Wood, fait partie des films de 2015 très attendus puisqu’il adapte un des derniers gros hits de la littérature pour adulte. Je l’attendais moi-même au tournant… Une bonne raison (ou pas) de courir le voir dès sa sortie en salles… Bref, ce soir, je vous dévoile tout !

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Cinquante nuances de Grey est l’adaptation éponyme du roman de E.L. James qui n’en finit pas de faire le bonheur des libraires et de leur rayon « porno chic ». Ou plus précisément, le film est l’adaptation du tome 1, il y en aura sûrement deux autres. Dans Cinquante nuances de Grey, Anastasia Steele, étudiante en littérature, rencontre le richissime Christian Grey lors d’une interview dans le cadre de ses études. Très vite, Anastasia craque sur Christian… qui lui révèle avoir des goûts « très particuliers ». Soit un goût prononcé pour le SM, en tant que dominant. C’est le début d’une initiation à l’univers du SM pour Anastasia… mais aussi celui d’une relation conflictuelle entre Christian et Anastasia.

Je vous le dis tout de suite, j’avais cordialement détesté le livre de E.L. James. Entre les « putain » toutes les trois lignes, les « ma déesse intérieure« , les « Oh Christian est un dieu du sexe« , c’était nunuche à souhait. Et ne parlons pas de la représentation du sado-maso donnée… Le livre a certes trouvé son public mais c’est pour moi une imposture.

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Mais comme on ne parle pas du livre ici, parlons du film. Si au début, je regardais ça d’un œil sceptique, j’avoue m’être vite laissée prendre dans l’histoire. Dans les faits, le livre est bien adapté mais dans la forme, le film propose une version édulcorée… et c’est justement ce qui fait que je l’ai aimé. Dans le livre, j’avais l’impression de retrouver un mauvais bouquin érotique qui prétend être une histoire romantique et une représentation du SM, et qui n’est ni l’un ni l’autre. Dans le film, oui, je peux le dire, j’ai vu d’abord une histoire d’amour. Clairement, Anastasia et Christian sont quasi omniprésents à l’écran, les autres personnages ne sont que des figurants avec très peu de profondeur. Et sur tout le film, on voit davantage des échanges, des moments à deux que des scènes de sexe (qui font en tout 20 minutes sur le film à priori).

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood photo 3Et le SM alors ? Pour moi, dans le film, on ne retrouve pas du BDSM, mais une nuance de BDSM (vous remarquerez l’effort pour ce jeu de mots). Christian Grey est clairement quelqu’un qui a des problèmes, des blessures, des difficultés à gérer son passé et le SM représente pour lui un exutoire. Certaines personnes reproduisent dans le SM des traumatismes, ce n’est pas sain, mais ça existe. On ressent très bien cette contradiction dans la dernière scène SM du film, c’est la seule qui m’a mise mal à l’aise pour cette raison. La violence avait pris le pas sur le plaisir. A l’inverse, tous les pratiquants SM n’ont pas eu une enfance compliquée, un passé tumultueux. Et justement, cela n’est pas présent dans le film comme la représentation d’une pratique, mais comme une partie de Christian Grey. Attention, je ne dis pas que j’approuve tout ce qui est montré. A plusieurs moments, Grey va carrément au delà du cadre et agit de manière inacceptable à cause de ses névroses. Mais justement, c’est pour ça que selon moi, il faut voir ça comme « Le SM selon Christian Grey » et non pas comme « LE SM, toute la vérité« .  De manière générale, le sexe est bien moins présent dans le film que dans le livre et les scènes sont réalisées sans vulgarité et c’est tant mieux.

Et les acteurs ? Alors là, j’ai deux avis contraires. Du côté de Anastasia, nous retrouvons une Dakota Johnson… excellente. Très vraie, drôle là où la Anastasia du roman me faisait vomir, joyeuse, humaine, expressive, touchante. Vraiment, je pensais la détester et je l’ai adorée. Par contre, dans le rôle de Christian Grey, nous retrouvons Jamie Dornan… et là, je n’accroche pas. Je l’avais pourtant aimé dans Once Upon A Time mais ici, ça ne prend pas. Je l’ai trouvé rigide, manquant de charisme, maladroit dans ses postures, ce qui crée un certain décalage entre certaines phrases qu’il dit (censées être super excitantes) et l’effet que ça produit (des rires dans la salle). Bon, quand on pense qu’à la base, E.L. James voulait Robert Pattinson, ceci explique peut-être cela… mais c’est quand même vachement dommage.

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Alors bon, je suis bon public et il y a un paquet de choses que je pourrais pointer (dont les nombreux clichés du genre) mais je l’avoue, j’ai passé un bon moment, d’autant plus que la bande son est aussi canon. Donc si vous allez voir Cinquantes Nuances de Grey, mes deux conseils seraient : oubliez le livre dont il est adapté, n’y allez pas en pensant voir un film sur le SM.


Black Butler est un manga de l’auteur Yana Toboso publié en France par les éditions Kana. Il s’agit en théorie d’un Shônen, mais de très nombreux codes des Shojo y sont respectés, avec notamment un duo en héros qui a tout de celui que l’on avait pu découvrir dans God Child de Kaori Yuki. Aussi, Serafina en était très fane et nous avons donc fini par en voir l’adaptation -chaotique- qui en a été fait en animation. Synopsis.

Black Butler - Book of Circus de Noriyuki Abe

Le conte Ciel Phantomhive est connu pour être le chien de la Reine, un noble qui navigue dans les basfonds de l’Angleterre de la reine Victoria pour y faire les sales besognes qui permettront de tranquilliser le royaume. Affaires de meurtres, trafic d’enfants, disparitions, tout y passe et c’est souvent peu reluisant. Bref, on pourrait s’attendre à un vieux roublard et c’est pourtant un jeune prépubère qui occupe le poste, Shojo oblige. A ses côtés à tout moment se trouve Sebastien Michaelis, un diable de majordome.

Bon, si vous êtes habitués des Shojo, la relation complètement anxiogène et pas très catholique qui lie nos deux héros, vous la voyez venir à des milliers de kilomètres. Il faut bien avouer que là dessus, on va subir du fanservice en veux tu en voilà pendant les huit petits épisodes de cette série. Car c’est là dessus que la popularité de Black Butler est bâtie, et on peut dire que l’anime n’y échappe pas avec de très nombreux passages réservés pour les fans… Sebastien Michaelis est en effet une sorte de beau gosse et nous aurons droit à de nombreux passages lancinants.

Black Butler - Book of Circus de Noriyuki Abe

Sebastian Michaelis

Book of Circus n’est pas le début de l’adaptation du manga en anime, puisque il y a eu auparavant deux autres saisons, une première relativement bien fichue mais qui part en trip total sur sa fin, et une deuxième complètement épileptique. Cette troisième saison qui débarque plusieurs années plus tard se veut donc être assez indépendante et on aura de très cours rappels de l’histoire globale lors du premier épisode. Il y a donc évidemment des chances pour que certains détails échappent aux profanes, mais qu’ils ne s’inquiètent pas: il n’y a strictement rien à comprendre sur ces huit épisodes.

Black Butler - Book of Circus de Noriyuki Abe

Franchement, il faut bien avouer qu’en dehors du fanservice il n’y a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent. L’histoire qui fait fil rouge entre les épisodes est tout bonnement étirée comme pas possible, au point qu’elle se termine au septième épisode et que le dernier ne sert… strictement à rien. L’intrigue tient sur un post-it, il n’y a aucun suspens, bref. En dehors des fans, cet arc sera surtout une grosse frustration de ce côté là.

L’animation par contre elle est superbe et il faut bien avouer qu’elle fait honneur aux références suscitées. Les personnages très Kaoriyukiesques sont très bien animés et le charadesign est plutôt bien respecté. On appréciera le côté très sombre des paysages qui va donc bien avec l’histoire. Il y a quelques notes de 3D mais celle ci est diffusée avec parcimonie ce qui ne choque donc pas vraiment, cela vient principalement dynamiser l’opening qui est accompagné d’une musique bien sympathique.

Reste qu’à côté de ça on a quelques passages assez marrants qui viennent quelque peu relancer l’intérêt et vous empêcher d’abandonner définitivement. Mais plus à regarder pour passer le temps que pour réellement en profité, en somme.

Black Butler: Book of Circus de Noriyuki Abe

Book of Circus est donc un arc de Black Butler qui se regarde si l’on en attend pas grand chose, ou que l’on est un gros fan des mangas. On regrettera tout de même que l’histoire soit si étirée et qu’il n’y ait pas plus de rebondissements intéressants.


Mini révolution dans le monde des séries américaines lors de sa sortie, vous avez sans aucun doute entendu parler et peut être vu House of Cards en 2013. Il faut dire que la plateforme de VOD Netflix a osé faire ce qui donnerait des sueurs froides à HBO: diffuser tous les épisodes de l’une de ses séries phares en une seule fois, sans compte sur les cliffhangers pour prolonger le plaisir et pousser les abonnés à le rester. Deux ans plus tard, est ce que la série valait le coup en dehors de ce petit buzz ? Synopsis.

House of Cards

Frank Underwood est un démocrate à la chambre des représentants des États-Unis où il est coordinateur des élus et vieille au grain lorsque ceux ci ne suivent pas la consigne du parti. Grâce à cette position et sa capacité de requin du milieu, il aide Garrett Walker à conquérir la maison blanche en l’échange d’une promesse de nomination, celle de secrétaire d’état aux affaires étrangères. Sauf que voilà, Garrett Walker avait peut être l’intention de tenir sa promesse à une époque, ce n’est pas ce qu’il fait une fois bien confortablement installé.

Nous sommes donc face à une série qui va mélanger politique, manigances et thriller pour le rythme. On suit Frank Underwood ici incarné par Kevin Spacey qui va tenter de rattraper les choses après le camouflet que vient de lui infliger le président fraichement élu. Les politiques intéressés par la course au pouvoir sont réputés pour être des tueurs, des requins, dont le seul objectif est leur réussite personnelle. Et c’est bien sur cet aspect que la série va construire son intrigue, car Frank Underwood ne rechigne devant rien pour arriver à ses buts.

House of Cards - Bonnie and Clyde

Il est pour cela accompagné par sa femme Claire Underwood interprétée par Robin Wright qui est lobbyiste et qui sert parfois de marche pied à son mari. Une sorte de Bonny and Clyde façon politique, un couple qui est prêt à toutes les manipulations pour atteindre la gloire.

Cette première saison amène donc son lot de sous intrigues, de revers et de victoires pour le politicien et ses différentes manœuvres. Le rythme est assez soutenu et il y a de très nombreux retournements de situations, aussi comme la politique est un métier assez long, il y a de nombreuses ellipses de quelques semaines à plusieurs mois. C’est plutôt bien réalisé de ce côté là, on est jamais vraiment perdu dans le temps et l’on a pas l’impression que les choses soient accélérées. Il n’y a pas de publicité sur Netflix aussi les épisodes n’ont pas besoin d’avoir des mini cliffhangers toutes les dix minutes, ce qui a une certaine influence sur le rythme des épisodes, souvent assez lent.

Autre particularité, la façon dont Frank fait des confidences à son spectateur. Il va en effet nous parler directement, en commentant souvent ce qui est entrain de se passer. Une façon pour nous de découvrir ce que le personnage pense vraiment, afin de lui donner plus de corps en quelque sorte. Évidemment, il ne révèle jamais ses plans sur le long terme, simplement des commentaires souvent acerbes qui viennent contredire ce qu’il est entrain de dire à d’autres personnes pendant la scène. Comme si nous rentrions dans ses pensées qui méprisent la personne avec laquelle il s’entretient, tout en lui faisant croire le contraire.

House of Cards - Screenshot

Frank et Claire sont un peu le même stéréotype ambulant, la personne qui ne pense qu’à sa gueule, qui est un vrai connard et qui ne reculera devant rien. Là dessus, la série joue assez peu la frange des remords et l’aseptisation des personnages pour les rendre plus humains. On regrettera simplement les quelques divagations qu’a Claire sur son manque d’enfant, elle qui aurait pu devenir un personnage très féministe mais qui de part ce sujet des enfants et le fait qu’elle serve de marche pied à son mari semble de plus en plus se profiler comme un personnage féminin bien trop habituel…

A côté de ce couple on retrouve deux personnages secondes assez présents, une journaliste qui en veut et un politicien à la trentaine pommé et au bord de l’alcoolisme. Les deux sont les gentils de cette série, deux personnages dont on a constamment peur qu’ils soient brisés par les héros de la série… Tout est fait pour qu’on les prenne en affection, transformant la série en une sorte de masochisme.

Le scénario à rebondissements est assez bien conçu il faut bien l’avouer, c’est sur qu’il aurait eu un impact bien plus fort si la cruauté de Game of Thrones n’était pas déjà passé par là, mais c’est d’un niveau plutôt bon. Certes, on pourra rester quelque peu perplexe sur la facilité qu’a Frank pour ses différentes manigances. La fin de la série notamment me laisse encore perplexe, mais je lui laisse pour le moment le bénéfice du doute.

House of Cards - Peter Russo

Bien construite, pas trop longue, cette première saison de House of Cards n’entrera sans doute pas dans mon panthéon des séries, mais vaut tout de même le détour. La qualité des épisodes et le rythme sont sympathiques, idéal pour patienter entre deux saisons de The Good Wife par exemple. Bon, ok, la pique était facile.


Knights of Sidonia, Saison 1, de Polygon Pictures

Netflix perdu dans l'espace

illman dans Animes, Films le 27 janvier 2015, avec 3 commentaires

Knights of Sidonia est une série d’animation japonaise en 12 épisodes qui fait partie des Netflix Originals, une collection de contenus exclusifs à la plate-forme (ou presque vu que ça concerne l’exploitation hors japon ici). C’est ici une adaptation du manga éponyme de Tsutomu Nihei produite par Polygon Pictures, un studio spécialisé dans l’animation en CG 3D. Je vais tenter de vous convaincre de la regarder en commençant par le synopsis.

Knights of Sidonia Anime Saison 1

Nagate vivait dans les souterrains avec son grand-père jusqu’à la mort de ce dernier. Pour tuer le temps, il s’entraînait sur un simulateur de vol sur lequel il a fini par battre tout les highscores. Mais voilà, ça ne nourrit pas son homme, et lorsque la faim le pousse à la surface de Sidonia, il se fait pincer à voler du riz. A partir de là, il va devoir s’adapter à la vie à la surface à l’intérieur du gigantesque vaisseau Sidonia, tout en combattant les monstrueux Gaunas à bord d’un robot géant, une sentinelle.

Vous auriez tort de penser que le scénario est simpliste, les ramifications sont nombreuses et les révélations qui seront amenées aux cours des épisodes rajoutent une sacré dose d’interrogations et maintiennent le spectateur suspendu à l’histoire, c’est aussi pour ça que je suis resté succinct dans le synopsis pour ne pas spoiler. Les douze épisodes ne sont d’ailleurs pas de trop et on aurait aimé que ça ne s’arrête pas là car apparemment la série ne couvre que les 6 premiers volumes, il existe 11 tomes pour l’instant en France. Heureusement une saison 2 est sur les rails et un film compilant la première saison est aussi prévu pour ceux qui ne survivraient pas au visionnage de douze petits épisodes.

Tsutomu Nihei est un des maîtres du cyberpunk en manga, c’est quand même le gars qui a fait Blame et Biomega. Du coup c’est loin d’être le genre à faire du grand public, et pourtant… Knights of Sidonia donne dans la Science-Fiction avec des mechas mais tant qu’à faire, il y a mis les formes et surtout le fond. Déjà niveau décors de la série on sent que c’est lui qui en est à l’origine, c’est massif mais aussi détaillé bien que moins industriel que dans ses précédentes œuvres. On a une impression d’un grand usage que ce soit dans les bâtiments ou dans les objets du quotidien comme les vêtements, les uniformes ont l’air d’avoir été portés des milliers de fois par exemple, ces petits détails rajoutent à la tension palpable.

L’univers de la série est sombre. L’humanité n’a jamais été aussi proche du gouffre et le Sidonia est tel une arche parcourant l’inconnu. Leur système politique est assez spécial avec une sorte de conseil dirigé par une militaire qui garde une flopée de secrets. Manipulation génétique, hybridation entre espèces (il y a une femme-ours dans le cast) et autres joyeusetés trans-humanistes sont au programme, des fois c’est un peu glauque. Le design des méchants, les Gaunas, très organo-crado avec leur couche externe que les protagonistes appellent du placenta sont pas mal dans le genre, en plus d’avoir des tentacules, hirk.

Knights of Sidonia, Saison 1, de Polygon Pictures

Coté personnage, on retrouve donc Nagate, il a vécu seul avec son grand-père dans les souterrains alors il n’a qu’une vague idée de la manière d’interagir avec les gens. Ici on a le bon goût de ne pas aller dans la surenchère de l’embarras comme on a tant pu le voir ailleurs dans des tentatives désespérées de créer un ressort comique. Il est résolu et il va arrêter d’être naïf très vite après avoir été confronté à l’adversité. Ses interactions avec le cast féminin et neutre constitue une sous-intrigue qui se développe tranquillement au fil des épisodes. Le temps est pris pour poser les personnages principaux sans trop se précipiter, c’est appréciable. Par contre, il m’a fallu 2-3 épisodes pour bien différencié des personnages féminins et je ne parle même pas du cas de celle qui a onze clones avec trois qui sont nommés. De ce coté là le chara-design est un peu faible, dommage.

On pourrait sans problème avoir des doutes sur le fait qu’une très grande majorité de la série soit en CG 3D. De mon coté je me suis fait une raison, ils font ça pour baisser les coûts et le rendu n’est pas si mal au final. Pour ceux qui ont vu la série Freedom de Katsuhiro Otomo, c’est un peu le même genre de rendu 3D mais en beaucoup plus beau et surtout en mieux animé. Les animations des personnages sont toutefois parfois un peu rapides et/ou rigides mais rien de bien grave. Par moment, lorsque l’on a un arrière-plan bien classe dessiné avec les personnages qui se déplacent à l’intérieur de ce décor, on oublie ce coté 3D. Quelques passages sont aussi magnifiques, par exemple dans le second épisode, il y a une collision avec un astéroïde de glace que j’ai trouvé superbe.

Un bémol concernant la réalisation concernerait la musique. Ce n’est pas très épique dans les moments d’action et très discret dans les autres. Ça reste correct mais c’est clair que l’OST ne fera pas le tour des lecteurs MP3.

Knights of Sidonia, Saison 1, de Polygon Pictures

Tous ça pour dire que j’ai littéralement dévoré les 12 épisodes qui constituent cette saison. Knights of Sidonia est largement au dessus de la majorité des séries d’animations de Science-Fiction à mechas, presque au même niveau qu’un Macross ou un Gunbuster pour moi, on a affaire à un classique en devenir. J’ai très hâte de voir la suite et je pense même que je vais commencer le manga.


Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman

dabYo dans Critiques, Films le 2 janvier 2015, avec 2 commentaires
Critiques

Au rayon des Disney sortis récemment et que nous n’avions pas vu figure Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman à qui l’on doit le scénario. Il s’agit encore une fois d’un film d’animation des studios Pixar, avec bande  d’annonce assez inhabituelle pour une des productions du groupe: une princesse qui semblait aller à l’encontre des standards et des habitudes pour une princesse: le prince, le mariage, tout ça. Bref, synopsis.

Rebelle de Pixar Disney

Mérida est la fille du roi d’Écosse, elle aime par dessus tout le tir à l’arc, chevaucher et l’exploration. Bref, rien de qui conviendrait à une fille de son rang: princesse. Du coup, sa mère la reine, veille au grain et ne manque pas un instant de la vie de la jeune fille pour lui rappeler les devoirs qui lui incombent: couture, maintien, bonne éducation, musique et des plus vertes encore. Le moment tant attendu par sa mère et tant redouté par la jeune fille finit par arriver… celui du tournoi pour déterminer lequel des fils des clans d’Écosse aura sa main…

Le pitch du film est plutôt sympa et change de l’habituelle princesse que l’on retrouve éternellement dans les animés de Disney. On s’en doute du coup dès le début, l’intrigue principale se retrouve dans la volonté de Mérida de ne pas être mariée de force, de pouvoir choisir ce qu’elle veut devenir, c’est à dire autre chose qu’une princesse potiche qui ne sert à rien. On est donc en plein dans la crise d’adolescence mais pour le coup, ce n’est pas exaspérant et ce côté là est plutôt bien fait.

Non, ce qui va plutôt poser problème dans Rebelle, c’est le rythme assez décousu et surtout, l’incohérence totale du scénario. Il y a quelques éléments qui vont pousser Mérida à s’éloigner temporairement de sa famille, plusieurs jours, sans que cela n’ait aucun impact sur sa famille… Euh ?

Rebelle de Pixar Disney

De même, en dehors du personnage de Mérida, aucun autre protagoniste ne va sortir du lot, c’est un peu le néant complet. Il n’y a pas de construction des personnages, à peine celui de sa mère qui du coup est l’alter égo du personnage. Mais c’est vraiment très peu, les rares passages essayant de lui donner de la profondeur sont plus là pour montrer que sa mère n’est pas une potiche elle non plus. Une façon, en quelque sorte, de ne pas non plus jeter toutes les princesses des autres films aux orties.

Mais bon, en dehors de ces petits points, Rebelle se regarde assez facilement et l’animation y est sans doute pour quelque chose. Les paysages reproduits d’Écosse sont franchement sympa avec des combats très dynamiques et des mises en scènes plutôt réussi. Les clans du royaume sont assez originaux, stéréotypés certes, mais ils ont le bon côté d’être relativement variés. On devra forcément parler des cheveux de l’héroïne qui, il faut bien l’avouer, donnent l’impression d’avoir eu tout le budget de la réalisation. En dehors de l’aspect fun, ils perdent vite leur intérêt.

Rebelle de Disney Pixar

Au final, Rebelle aurait pu être une bouffée de fraicheur concernant cette remise en question de la place de la princesse. Sauf que voilà, j’ai du mal à m’en convaincre au final. Car que retiendrons les enfants ? Sans doute qu’en s’écartant du chemin tracés par ses parents, on provoque des malheurs pour sa famille. Si on craindra tout au long de l’aventure que la jeune princesse finisse par être embrigadée, se résigne par amour pour sa mère, cela n’aura pas lieu. A aucun moment cela ne sera dit de manière explicite. Reste que les faits qui marquent sont les non dits, et que de ce côté là, je suis plus que perplexe.

Avec près de 50% de fréquentation en moins que La Reine des Neiges, on peut aisément voir que le chemin est encore bien long avant que les Disney sortent des stéréotypes. L’argent, ça compte.

 


Les Indestructibles de Brad Bird

dabYo dans Critiques, Films le 31 décembre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Le premier Disney que nous avions vu cette année 2014, La Reine des Neiges, nous avait laissé avec un arrière goût de très mauvais. Du coup, on avait franchement envie de terminer l’année avec un bon Disney. Et parmi les prétendants qui pouvait faire l’affaire et que nous n’avions pas encore vus, il y avait Les Indestructibles. Bon, ce n’est pas un Disney à proprement parlé puisqu’il a été réalisé par les studios Pixar avant leur intégration complète. Bref, synopsis.

Les Indestructibles de Brad Bird

Robert Parr est un assureur, il conseille ses sociétaires aussi bien qu’il le peut et sans l’accord de sa hiérarchie qui le trouve bien trop gentil. Robert Parr aime aider les gens, chose assez contradictoire avec le le business plan capitaliste de son entreprise, car avant d’être un petit assureur bureaucrate, c’était Monsieur Indestructible. Un super héros à la retraite depuis qu’il est interdit de sauver les gens, contraint de vivre une vie normale avec sa petite famille… pas très normale.

Je connaissais l’aura des Indestructibles mais je n’en connaissais pas la raison avant de commencer à le regarder. Un film de plus de deux heures pour un Disney, c’est carrément rare. Mais j’étais loin de m’attendre à être face à quelque chose d’aussi… adulte. Le film commence en effet sur la vie bien déprimante de Robert, contraint de vivre la vie futile et sans but que bon nombre d’entre nous vivons chaque jour. Ce n’est clairement pas quelque chose que l’on voit souvent dans des films à destination des enfants, et là dessus, c’est plutôt bien fait. Cela pourrait être une petite phase de cinq minutes du film, mais non, cela va durer un long moment. Surprenant.

Le scénario est construit autour de cette idée, avec évidemment une petite touche enfant pour la suite, mais sans renier cette première impression. C’est donc plutôt très rafraichissant et j’ai clairement été séduit. On est à des années lumières du scénario de La Reine des Neiges par exemple. Alors certes, la fin reste assez basique, et il y a quelques petits raccourcis, mais on peut y voir clairement deux champs de lecture, et c’est du tout bon.

Les Indestructibles de Brad Bird

Le film est blindé de petits clins d’œil, de références, qui font qu’on y passe un très bon moment. L’humour est évidemment omniprésente et je l’ai trouvé plutôt très réussi, car pour une fois il n’y a pas eu besoin d’intégrer le personnage rigolo souvent très casse gueule. Je pense au bonhomme de neige de La Reine des Neiges par exemple, ou aux deux enfants de Rebelle, le bébé ours de Frère des Ours… Du coup, ça donne des personnages certes un poil stéréotypés comme Flèche, mais pas pour autant insupportables, juste dosé. J’ai aussi aimé Violette, bien qu’elle reste elle aussi très classique.

Bien que Les Indestructibles soit déjà sorti il y a plus de 10 ans maintenant, j’ai trouvé que l’animation avait très bien vieillie. C’était à l’époque l’un des premiers films d’animation avec des humains et seulement des humains, mais on ne peut pas dire que le tout ait été fait au ras des pâquerettes. Il y a vraiment de très nombreux éléments variés dans les différents paysages rencontrés, cela va de la ville à la jungle, en passant par de la lave. Les combats ne manquent pas de dynamisme et sont assez réalistes, bon, ça reste des super héros hein.

Les Indestructibles de Brad Bird

Au final, Les Indestructibles n’avait rien pour nous conquérir, et j’avais vraiment de très mauvais aprioris. Ce n’est clairement pas une thématique que retrouver chez Disney m’intéressait. Et pourtant, avec une très bonne animation, une prise de position osée concernant le déroulement général du film, on peut dire que la mission est plus qu’accomplie. Clairement un de mes films d’animation préférés. Une suite vient d’ailleurs d’être annoncée pour les 10 ans du film.


True Detective est une série de HBO commencée au début de cette année 2014 et dont la première saison compte 12 épisodes. Le format habituel de la chaîne américaine, avec une thématique à laquelle on est plus trop habitué. Le Policier n’est clairement pas notre tasse de thé, les enquêtes, tout ça, ça ne nous passionne pas. Alors un titre qui annonce autant la couleur, true detective, vous vous en doutez qu’on ne l’avait même pas vue passer lors de sa sortie. Et pourtant, on lui a laissé une chance. Synopsis.

True Detective Saison 1 de Nic Pizzolatto

Rust et Martin sont deux inspecteurs de la Louisiana State Police, spécialisés dans la résolution des homicides. Enfin, spécialisés, le mot est un peu fort, Martin est avant tout un flic bouseux qui se contente de clore comme il peut les dossiers, Rust est un psychopathe renfermé sur lui même que personne ne cerne vraiment. Et un jour, il tombe sur la grosse affaire: le meurtre d’une femme, mis en scène sur les bois d’un cerf en plein milieu d’un champ, devant un arbre et entouré de petits effets qui ont l’air sataniques…

Bon, ça, c’est qu’une partie de l’histoire, car True Detective va nous montrer deux axes de narration. Le premier se déroule dans les années 90, il s’agit de l’enquête sur ce fameux meurtre. Le second est à notre époque, car les deux enquêteurs sont justement entrain d’être interrogés sur la résolution de la dite affaire de meurtre. En gros, nous revivons leur enquête à l’aide de flashbacks, les deux enquêteurs nous racontant l’histoire à l’occasion d’un interrogatoire… fait par d’autres enquêteurs. Tout à fait le genre de mélange présent/passé génial et jouissif.

True Detective Saison 1

La série va grandement s’appuyer sur cet effet narratif pour garder une partie de l’intrigue et titiller son spectateur. Franchement là dessus, avec vous vous en doutez des si vous saviez et autres indices qui nous font penser au pire, la réalisation nous nargue et on a vite envie d’en connaître la suite. On sait qu’il s’est passé quelque chose de grave, mais les épisodes nous laissent mijoter et mourir d’impatience.

True Detective Saison 1 CrimeL’effet est bien là, mais heureusement, la série ne compte pas que sur ça, sans quoi l’effet prendrait rapidement fin. C’est aussi sur un scénario en béton que l’on peut compter pour nous tenir en haleine jusqu’à la fin de la saison. Un mélange de crime, de glauque qui n’est pas sans faire penser à Hannibal, le tout enrobé avec le sentiment de paranoïa qu’on nos enquêteurs. Des enquêteurs qui portent très bien sur leurs épaules l’intérêt de la série.

Le duo est plutôt complémentaire, bien que cela va se ressentir par une présence très masculine sur l’ensemble de la saison, pas de place pour les personnages féminins. On a d’un côté le stéréotype du père de famille joué par Woody Harrelson qui flanque tout en l’air, et de l’autre, Rust, le psychopathe qui ne croit en rien et qui envoie tout le monde chier. Un vrai régal celui là, un stéréotype certes, mais très bien joué par Matthew McConaughey.

Avec une narration assez particulière et deux personnages qui portent très bien cette première saison, True Detective se regarde comme on boit du petit lait. On est tout de suite happé par le mystère de l’enquête qu’ont mené les deux inspecteurs. La construction lente et progressive fait petit à petit monter la sauce, bien que cette saison soit ponctuée de très nombreux effets explosifs. A voir.


Devious Maids, Saison 1 de Marc Cherry

Malicia dans Séries le 24 juillet 2014, avec 2 commentaires

Diffusée dernièrement sur M6, la série Devious Maids produite par Marc Cherry tarde à trouver son public. Pourtant, derrière ses airs de copie de Desperate Housewives (la série est par ailleurs produite par Eva Longoria, aussi connue pour son rôle en tant que Gabrielle Solis), elle pourrait bien être l’un de mes coups de cœur de l’année. Aperçu.

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La série Devious Maids nous plonge en plein quartier résidentiel de Beverly Hills aux côtés de quatre domestiques d’origine hispanique : Rosie, Carmen, Valentina et Zoila. Lorsque Flora, leur amie et également domestique, est poignardée en pleine soirée mondaine, leur quotidien se retrouve totalement bouleversée. Entre trahisons, coups d’éclat, amitiés, disputes et réconciliations, la série nous emmène au cœur de leurs efforts pour résoudre le mystère de la mort de Flora mais aussi de leurs rapports avec leurs employeurs.

4 filles et amies. Dans un quartier résidentiel. Dont le quotidien est bouleversé par la mort d’une de leurs proches. Mais… ce n’est pas un peu le pitch de départ de Desperate Housewives ça ? C’était un peu mon problème au départ avec cette série, je n’étais pas trop tentée car je pensais retrouver un pastiche de Desperate à la sauce hispanique. Et puis M6 a rediffusé la série… et je m’en suis entichée.

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Au final, si Devious Maids part avec une recette similaire, ce que la série nous montre est différent. Certes, la série reste légère, frivole par moments, et si vous n’avez pas aimé Desperate, il est probable que vous n’aimerez pas non plus Devious Maids. Mais je trouve qu’elle réussit bien à montrer les rapports entre domestiques et employeurs et combien les rapports peuvent être différents, passant pour certaines domestiques de rapports presque amicaux à très malsains pour d’autres. On découvre des relations tout en nuances, et pas les riches d’un côté, les pauvres de l’autre. Les uns et les autres ont leurs secrets, leurs problèmes et leurs faiblesses.

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De plus, il met en avant la communauté latino’, ce qui est assez rare dans des séries de ce genre. Les rôles secondaires ne sont pas en reste et les employeurs de ces devious maids ont également des personnages particulièrement bien travaillés. J’avoue avoir un petit faible pour le couple Evelyn / Adrian et leur côté complètement détraqué.  Au fur et à mesure, j’ai vraiment fini par accrocher à Devious Maids et même si je n’en suis pas dingue, je pense que c’est une série qui vaut tout de même le détour. En plus, pour ceux qui connaissent, j’ai été très contente d’y retrouver Ana Ortiz (alias Hilda, soeur de Betty dans Ugly Betty) et Judy Reyes (Carla dans Scrubs).

Au final, je ne regrette pas cette découverte et il me tarde de me mettre à la saison 2 qui nous promet encore de sacrés rebondissements !

Et vous, l’avez vous vue ?