Rose-Aimée est une série de romans Jeunesse en deux tome de Béatrice Bottet sortie aux éditions du Matagot. Le roman de 500 pages est servi par une fort jolie couverture de Rolland Barthélémy. Je ne connaissais jusqu’à présent ni l’auteur ni la maison d’édition donc je partais sans aprioris. Synopsis ?

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice Bottet

San Francisco, 1851 en pleine ruée vers l’or, Martial, marin français, rencontre un bien étrange vieil homme qui lui confie une mission. Retrouver sa nièce, chanteuse dans un cabaret, et surtout son manuscrit.  Martial retourne donc en France et se rend à Paris, où il découvre le cabaret des 3 Anges Blancs et Fifi la chanteuse. Sauf que la belle n’est pas facile à approcher et on dit qu’elle porte malheur.

Tout d’abord, chapeau aux éditions du Matagot, car ils ont fait un très beau boulot sur ce roman : couverture en relief, entêtes de chapitres ornées et même dessins et croquis dans les annexes. Les pages sont épaisses et l’écriture assez grosse. C’est un très bel objet et vraiment agréable à lire.

Comme je disais, je partais sans aprioris, mais il faut bien dire que la deuxième partie du XIXème siècle fait clairement partie de mes périodes historiques préférées. Dans ce premier tome la plus grosse partie de l’action se passe à Paris, celui qui n’est pas encore Haussmanisé, assez sombre et fort pittoresque. J’ai trouvé que Béatrice Bottet réussissait particulièrement bien à retranscrire les ambiances. On entre très vite dans le roman et tout est très visuel.

J’ai aussi beaucoup aimé le solide socle historique du roman. En effet, on sent que l’auteur est calée dans le domaine et les annexes du livre apportant des précisions sur certains points historiques le montrent bien. Du coup c’est vraiment plaisant à lire et très réaliste. Le style est fluide et se lit bien.

Les relations entre les personnages, et comme vous vous en doutez, l’amour naissant entre Martial et Fifi sont brossées avec finesse et beaucoup de réalisme. Même si certains retournements sont « entendus », dans l’ensemble les personnages sont psychologiquement crédibles et il est assez facile de s’identifier à eux. C’est clairement une des grosses forces du livre, les héros sont des gens comme tout le monde avec leurs défauts et leurs qualités. On s’attache à eux, et on a du mal à les laisser à la fin de ce 1er tome.

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice BottetL’intrigue met cependant un peu de temps à réellement démarrer, et certains événements étaient prévisible 150 pages avant qu’ils n’arrivent pour de vrai. L’auteur laisse des indices parfois un peu trop gros et c’est rageant de voir les personnages s’engager sur une mauvaise voie alors qu’on sait pertinemment que cela n’aboutira pas. Ceci dit, c’est un défaut fréquent dans les romans Jeunesse, je ne lui en tiendrais donc pas trop compte. A noter que malgré le titre, le Fantastique est assez peu présent, c’est par petites touches et très bien intégré, c’est donc lisible par tous, même si ce n’est pas votre genre de prédilection.

Au final j’ai vraiment été très agréablement surprise par cette lecture de La belle qui porte malheur. Je m’attendais à un bon bouquin, mais pas à ce point. Je ne saurais que vous le recommander. La deuxième partie de Rose-Aimée, Le Marin perdu dans la brume, est déjà sortie et je vais sans nul doute bientôt la lire.


Après avoir lu Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos, et vu mon amour pour le Black Metal old school, il était logique que je regarde le film-documentaire Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell sorti en 2009 aux États-Unis, et en début d’année 2010 en international. Ce documentaire traite lui aussi des origines du Black Metal, en Norvège notamment, mais aussi des dérives plus ou moins douteuses qui ont marqué le mouvement. Les églises brulées quoi.

Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Le documentaire se centre très clairement autour de deux personnages : Fenriz de Darkthrone et  Varg Vikernes de Burzum. Ces deux figures importantes du mouvement interviennent à de nombreuses reprises dans le documentaire, et sont plutôt bien choisies pour montrer les deux visions totalement opposées du Black Metal. Le premier se clame apolitique, se consacre à sa musique et c’est tout (la clope et la binouse aussi) tandis que Varg affiche clairement des opinions politiques extrêmes.

En toute honnêteté, j’ai cependant du mal à voir réellement quelle est la cible du documentaire, pour les fans, il n’y a rien de bien nouveau. Bon, Fenriz est un gars fun et charmant, et on aime bien l’entendre parler et se foutre de tout mais ce n’est pas nouveau. On aime bien les délires de Varg mais là aussi rien de nouveau. Par contre, à l’opposé, les faits et le genre sont présentés très très succinctement, et je pense que les néophytes n’ont pas les clés pour comprendre réellement de quoi cela parle.

Fenriz dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Fenriz de Darkthrone

Le récit est lui assez décousu, à peu près aussi embrumé que l’esprit des deux protagonistes. Alors certes, on ne peut pas attendre d’un documentaire la clarté d’une encyclopédie, mais quand on compare au très bon Le metal expliqué à ma mère il n y a pas photo… On passe d’un artiste qui peint des métalleux à Varg qui nous parle de comment il aime ses cornflakes pour finir sur un squat à Oslo où Fenriz a acheté un dictaphone pour 10 couronnes …

Contrairement au roman Le Black Metal Satanique: les seigneurs du chaos, j’ai trouvé le documentaire plus orienté. En effet, il n’y a pas réellement de discours contradictoires et le reportage ne présente qu’un seul son de cloche sur pas mal de points. Alors il y a certes une petite apparition d’Abbath et Demonaz d’Immortal qui portent un regard un peu plus externe et neutre sur certains événements, amenant un autre son de cloche, mais d’une manière générale, les dires des protagonistes principaux ne sont pas contredits.  On pourra aussi reprocher le fait qu’il manque quand même pas mal de sujets et de groupes fondateurs dans sce documentaire. Les bonus du DVD compensent un peu sur ce point en proposant de plus longues interviews.

Varg Vikernes dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Varg Vikernes en prison pour le meutre de Euronymous

Cela reste cependant un document agréable à regarder pour la fane de Black Metal que je suis, avec un bon nombre de vidéos d’archives (pas d’inédits cependant), et d’époque. Outre les documents, le film se repose beaucoup sur les épaules de Fenriz qui est bien souvent drôle, mais qui parfois, nous fait part d’analyses pas bêtes du tout sur l’environnement qui a vu naitre le Black Metal, la Norvège et son confort, le comparant à l’art bourgeois et décadent de la fin du XIXème. Et bien évidemment, vous vous en doutez, la BO est juste géniale.

Au final, Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell est un documentaire sympathique si vous appréciez le genre, mais qui ne vous apprendra pas grand chose (hormis que Varg aime ses cornflakes crispy et pas Fenriz) mais qui se regarde. Si vous n’êtes pas forcément familier avec le genre et les protagonistes, c’est sans doute instructif, mais attention à bien prendre des pincettes.


C’est Lundi, que lisez vous ? #15

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 29 août 2011, avec 5 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Soeur Onden, La Fraternité du Panca Tome 4, de Pierre BordageJe n’ai pas réussi à quitter le quatrième tome de La Fraternité du Panca de Pierre Bordage le temps de finir ma lecture en cours, du coup, j’ai fini cette semaine Soeur Onden. Ce tome m’a séduit, son histoire est juste belle, elle a des côtés très paganistes, et j’ai vraiment été ravi de le lire. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression que l’auteur ne prend plus de risques. C’est beau, j’adore, mais Pierre Bordage me semble jouer la corde de la facilité. J’ai hâte de lire le dernier tome de la série.

J’ai continué Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou et le dénouement de ce roman qui semble relater les méandres de la folie humaine que peuvent causer le monde moderne est vraiment prenant. Il me reste une centaine de pages.

illman

Durant cette semaine, j’ai pu finir de lire le background et les règles de Metal Adventures. L’univers décrit est plutôt sympa et au-dessus de ce à quoi je m’attendais. Pour le système de jeu, le noyau est assez simple, mais certains mécanismes de jeu comme le Metal Faktor et ses 50 dés me font redouter le pire en cours de partie. Une chronique est en cours d’écriture et vous aurez aussi un compte rendu de partie jouée par l’équipe d’iiD.

J’ai commencé à lire Enfin la nuit de Camille Leboulanger, les premières pages m’ont laissé un peu perplexe, mais cela s’améliore assez rapidement et je trouve ça vraiment sympa là où j’en suis.

Serafina

J’ai terminé le premier tome de Rage de Dents de Marika Gallman, dont il me restait 150 pages. Si le roman se révèle être très sympa et sans temps morts, je reste un peu sur ma faim. Je n’ai pas vraiment su rentrer dedans, et sur certains points j’ai plus l’impression d’être face à une longue novella qu’à un roman, on manque de « background », mais on en reparlera.

Le Cimmérien, Conan Intégrale Tome 1, de Robert E. HowardJ’ai aussi fini La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick dont les derniers chapitre sont les meilleurs: on y trouve des endroits sympa à visiter (cimetières hantés …).

Et enfin, afin de me rafraichir les idées avant d’en voir le film, j’ai entamé le 1er tome de l’intégrale Conan de Robert E. Howard aux éditions Bragelonne. J’en ai lu 100 pages, et je dois dire que j’adore, évidemment. J’avais déjà lu quelques nouvelles de Conan par ci par là, mais cette fois c’est une vraie immersion et c’est génial.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVey

Serafina dans Critiques, Livres le 23 août 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Depuis que je suis lycéenne, je me fais régulièrement traiter de sataniste , en partie à cause de mon attrait certain pour les habits noirs. Plusieurs années après, je ne suis dit qu’il était temps de parfaire ma culture générale et de lire La Bible Satanique, livre fondateur de l’église de Satan, connue sous les expressions de satanisme moderne ou Laveyien.  Ça tombe bien car depuis 2006 elle est traduite en français par Sébastien Raizer et éditée chez Camion Noir, le pendant aux relents de souffre de Camion Blanc. Pas de synopsis du coup.

La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVey

Le bouquin a été écrit dans les années 70 par Anton-Szandor LaVey, et bénéficie d’une préface le remettant dans le contexte: années 70, rébellions, révolution sexuelle, etc. A vrai dire, si on ressent sur certains points -et notamment les rituels- la mode new age de l’époque, le reste est fortement intemporel. Et notamment les remarques de LaVey sur notre société, où l’on aurait presque l’impression qu’elles concernent principalement la crise de 2008. Comme quoi, l’histoire est cyclique. La Bible Satanique se découpe pour moi en deux parties plutôt distinctes: la première explique ce qu’est le Satanisme, et surtout ce qu’il n’est pas, et la seconde s’étend sur la magie satanique, les rituels, etc.

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Anton-Szandor LaVey

La première partie est celle que j’ai trouvé la plus intéressante. Elle démystifie le satanisme et le présente comme une philosophie plutôt qu’une religion. En gros, on a surtout l’impression que cela s’appelle Satanisme par provoc’ plus qu’autre chose. On retrouve clairement un certain nombre d’idées Nietzschéennes notamment. En gros, le satanisme serait une philosophie en accord avec la nature humaine profonde, clamant que les autres religions n’ont fait que censurer nos instincts. Le satanisme appelle à une indulgence (et non une compulsion) envers nos instincts primaires. Il propose un certain nombre de lignes de conduites, que cela soit au niveau du choix de ses amis, ou de sa vie sexuelle, tout en prônant le respect des autres.

En soit, on accroche ou pas, mais c’est bien présenté, bien expliqué. Malheureusement, une grosse part de cette première partie s’attache surtout à démolir les religions (judéo-chrétiennes majoritairement), démontrant à quel point ces religions sont fausses et corrompues. Je suppose que ces passages là avaient du sens en Amérique, et surtout dans les années 70, mais aujourd’hui en France où moins de la moitié de la population croit en dieu si on en croit les dernières études, c’est un peu de l’enfonçage de portes ouvertes.

Bref, on se retrouve surtout avec un essai philosophique, qui profite beaucoup de l’aide de la part des grands noms de la philo, et se révèle être pour une bonne part de la philosophie de comptoir. Il y a là à boire et à manger. Le problème c’est plutôt la deuxième partie qui se concentre sur la magie. J’ai un peu du mal à comprendre comment on peut d’abord dire que le satanisme n’est qu’une philosophie de vie, pour ensuite venir parler de rituels magiquesavec tout plein de décorum à la gloire de Satan. Pour moi il y a là un sacré manque de cohérence, et cela confirme mon impression de « comptoir où il y a à boire et à manger ».

La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVeyEnfin, les 120 dernières pages sont les clés énochiennes, des petits textes d’un paragraphe ou deux, mais entourées d’une page de présentation de 2 lignes et d’une traduction en énochien. Autant dire que c’est vite lu.

Au final, je dois dire que je ne suis pas vraiment conquise par cette lecture des écrits d’Anton-Szandor LaVey. La Bible Satanique m’apparait surtout être du vent, malgré le bon sens évident de sa première partie. Je ne suis pas sure que ça soit la grande révolution annoncée, mais si vous prévoyez d’enregistrer un album de Black Metal et que vous cherchez de l’inspiration, la deuxième partie devrait vous plaire. Bref, un livre à lire pour sa culture générale, mais c’est tout.


C’est Lundi, que lisez vous ? #14

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 22 août 2011, avec 6 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Cette semaine, j’ai continué ma lecture Science-Fiction du moment, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou, et je dois dire que j’aime beaucoup la tournure des évènements. Les deux histoires se sont enfin « rencontrées » et c’est à la hauteur de mes attentes.

Soeur Onden, La Fraternité du Panca Tome 4, de Pierre BordageCeci dit, comme je partais en week-end dans le sud pour voir la famille, j’ai pris un autre roman avec moi: Soeur Onden de Pierre Bordage. Il s’agit du quatrième tome de La Fraternité du Panca, une série que si vous nous suivez depuis longtemps vous devriez déjà connaître. Ce Space-Opera est toujours aussi agréable à lire, avec ses destins d’hommes et de femmes anonymes qui sont sans le savoir des éléments d’un grand engrenage à l’échelle de l’univers. Si le début m’avait donné l’impression de lire encore une fois le même schéma, je dois avouer que ce dernier est toujours aussi addictif et que l’auteur français y excelle.

Il ne me reste que deux chapitres pour chaque personnage, autant dire que j’en suis au dénouement et que je n’ai qu’une hâte: le lire.

illman

Cette semaine, j’ai principalement lu… le manuel de ma tour et de ma carte mère. Mais sinon, j’ai aussi continué ma lecture du manuel du joueur de Metal Adventures, un jeu de rôles très « pirates de l’espace » aux éditions du Matagot.

Serafina

Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika GallmanJe n’ai pas beaucoup avancé cette semaine, du fait d’un emploi du temps assez chargé.

J’ai continué Rage de dents de Marika Gallman. Ce premier tome de la série de Maeve Regan en cours de publication chez Le Petit Caveau se profile comme un bon bouquin, et qui n’a en tout cas rien à envier aux gros titres anglo-saxons.

J’ai aussi continué La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick qui est encore pire que ce que je pressentais la semaine dernière. L’auteur mélange tout et n’importe quoi autour du goth, ne parle quasiment pas de la musique (pourtant base du mouvement), et en prime la traduction est réalisée en dépit du bon sens : 23inchs deviennent 23cm (ce qui pour un tour de taille n’a aucun sens), Alienor d’Aquitaine est appelée par sa version anglaise Eleanor et j’en passe et des meilleures.

J’ai hâte d’en finir, et j’émets de gros doutes sur le travail fourni par Camion Noir pour cette édition française.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?

Cette semaine, j’ai lu le manuel de ma tour et de ma carte mère. J’ai aussi commencé à lire le manuel du joueur de Metal Adventure, un jeu de rôles très « pirates de l’espace »

Je vous avais parlé l’année dernière avec énormément d’enthousiaste de la série Vampire Kisses de Ellen Schreiber. Depuis, la série a été traduite en français et distribuée en librairie sous le label Castelmore de Bragelonne. A l’occasion de la sortie de la sortie en France du tome 2, Cercueil Blues, j’ai décidé de le relire en version française pour vous en parler. Il est sorti en 2005 en version originale et est composé d’à peine 200 pages. Nous conservons la même couverture que la version originale, et c’est tant mieux car elle est plutôt jolie. Synopsis ?

Cercueil Blues, Vampire Kisses Tome 2, de Ellen Schreiber

Alexander, le petit ami vampire de Raven, a disparu. Cette dernière décide évidemment de se lancer à sa recherche. Sa quête la mènera notamment à HipsterVille et lui permettra de mieux connaitre les lourds secrets de son vampire adoré.

Bon, pardon pour le synopsis, mais vous vous doutez bien qu’avec 200 pages et un style jeunesse, ce n’est pas forcément le roman qui a le scénario le plus recherché. En effet, plus ou moins comme dans le premier tome, l’histoire est plutôt linéaire, les intuitions de Raven souvent bonnes et on trouve un certain nombre de grosses coïncidences qui arrangent bien l’histoire. Soit. Vampire Kisses n’a jamais été très intellectuel et on le sait bien.

Cependant, là où le premier tome multipliait les références à la culture sombre, celui ci se concentre surtout sur des références à un film, imaginaire, Cercueil Blues. Dans la version originale, le film s’appelle Kissing Coffins, et je ne sais pas du tout pourquoi cela a été modifié. Je regrette d’ailleurs que le film soit imaginaire, car je l’aurais sans doute aimé. Ceci dit Raven est toujours aussi légère et agréable.

Cercueil Blues est un roman se lit très vite, il n’y a aucun temps mort. Raven n’est jamais à court d’idée et ne se décourage pas. Il faut dire que cela fait plaisir de lire une héroïne de Bit-Lit qui ne se morfond pas sur elle-même et qui ne passe pas trois plombes en monologues intérieurs. Forcément, l’effet de surprise est passé, et ce tome est d’ailleurs un peu plus classique que le premier, mais reste dans l’ensemble une lecture très agréable.

Cercueil Blues, Vampire Kisses Tome 2, de Ellen SchreiberCependant, je tiens à mettre un gros bémol sur la traduction française de Nenad Savic que j’ai trouvé assez moyenne : des mots sont traduits de manière un peu littérale et sans garder le sens (Goulish goth devient goul-goth…). Il y a une nombre assez ahurissant de répétitions : « mon amoureux gothique » doit être employé 20 fois alors que cela ne m’avait absolument pas gênée en version originale et auraient peut être dû être modifiées en français.

Au final, Cercueil Blues est surtout une excuse pour révéler l’histoire d’Alexander et les prémices de la mythologie vampirique de l’auteur. Le final du roman laisse cependant présager du meilleur pour le troisième tome. En résumé, ce tome est en deçà du premier, espérons que ça ne soit qu’une baisse de régime temporaire. Le troisième tome, Vampireville, promet d’être bien plus palpitant, il sort le mois prochain en français et j’ai quand même bien hâte de le lire.


Black Metal Satanique : Les Seigneurs du Chaos est une étude de Michael Moynihan et Didrik Soderlind parue en 1998 en langue anglaise, puis révisée en 2003 avec ajout de matériel et corrections. Elle a été traduite en français par Sylvia Rochonnat et éditée par la maison Camion Noir. Il s’agit d’une plongée dans le monde du Black Metal, et des exactions qui lui ont été associées, comme les incendies d’églises ou les meurtres dans les années 90. A l’aide de documents d’époques et d’interviews des protagonistes, les auteurs proposent une vision d’ensemble de ce milieu si particulier.

Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos de Moynihan et Soderlind

Vous devez probablement le savoir si vous nous suivez, le Black Metal fait partie de mes péchés mignons, péché souvent incompris et méprisé par mon entourage direct (les autres membres de la rédaction notamment) au même titre que mon amour du Doom. Soit. Toujours est-il que je connaissais relativement bien l’histoire du mouvement et les groupes majeur du genre. Je pense que s’il est plus agréable d’avoir une petite connaissance de ce style avant de lire le document, cela ne sera pas un gros handicap si ce n’est pas le cas, tant que vous connaissez un minimum le Metal.

En effet, la première partie du roman propose un historique du genre musical, des influences fondatrices, jusqu’aux premiers albums enregistrés dans des caves, en passant par l’influence d’Euronymous sur la scène norvégienne, et par les scandales qui ont suivi la montée en puissance du genre. En effet, le Black Metal est né en Norvège, pays riche, au niveau de vie enviable, où les jeunes en quête de sensations fortes ont crée cette musique violente, crade et aux influences sulfureuses. Cette première partie est plutôt bien faite et instructive, et ce même en en connaissant les grandes lignes. Seul point noir, il y a un certain nombre de fautes d’orthographe, notamment au niveau des noms propres. Je ne sais pas si c’est lié à la traduction ou non.

Burzum Church Tour 92

On peut lire sur cette affiche d'époque "Coming soon to a church near you, Burzum tour '92"

Le document est un mélange entre études et analyses de la part des auteurs, mais aussi d’interviews des protagonistes de l’époque. Les interviews ont soit été réalisées pour le livre, soit été extraites de magasines ou de fanzine de l’époque. En effet, un certain nombre des protagonistes impliqués à dans le mouvement sont décédés depuis, on pense évidemment à Euronymous et à Death.

A ce sujet, les interviews ne sont pas censurées, ni pondérées, il convient donc de prendre du recul et de comparer les différentes interviews des personnes – qui ont des versions différentes souvent – pour se faire sa propre idée.  Il est important de noter que malgré les opinions très discutables de Moynihan, j’ai eu l’impression que le document était assez neutre et si je n’avais pas lu sa biographie dans un autre bouquin, je n’aurais jamais deviné son orientation extrémiste.

Cela dit, il faut dire que certains propos peuvent choquer par leur racisme, leur homophobie ou tout simplement leur haine. Si ces paroles reflètent sans aucun doute les pensées des personnes interviewées, elles ne doivent pas être prises au pied de la lettre, et il faut garder en tête qu’il s’agit là d’une étude. Personnellement j’ai apprécié le fait justement qu’il n’y ai pas de censure, ni de jugement, laissant chacun libre de comparer ce que disent les différentes sources. Bref, l’analyse n’est pas totalement pré-mâchée et sur certains points, les auteurs évitent soigneusement de s’engager.

Comme je le disais, le tout est illustré avec des photos d’époque, mais aussi de flyers et affiches. Certains des flyers sont très drôles, comme ce Burzum Tour. Bien que s’intéressant majoritairement à la « grande époque du Black », celle des églises profanées quoi, le livre traite aussi de l’évolution du mouvement, et du passage du satanisme adolescent à des revendications plus païennes. Les derniers chapitres sont consacrés au Black Metal dans les autres pays d’Europe, notamment l’Allemagne, l’Angleterre et la France.

Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos de Moynihan et SoderlindLe document était aussi mon premier bouquin de chez Camion Noir, sorte de pendant documentaire de Camion Blanc, éditeur connu et respecté pour ses biographies musicales. Force est de constater qu’ils font ici un très bon travail, même pour un prix relativement élevé. Le papier est de bonne qualité, le texte aéré et les photos en noir et blanc bien imprimées.

Au final, Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos est un livre documentaire très intéressant, avec de nombreux témoignages, et sans trop de parti-pris. Les auteurs sont assez neutres, nous fournissent de très nombreuses informations qui vont permettre au lecteur de mieux comprendre ce mouvement, et surtout de se forger sa propre opinion sur les légendes du Black Metal. Il est évidemment un peu dommage que le document ne soit pas complètement à jour, mais avec les rajouts de 2003, on reste tout de même assez proche de la scène actuelle. Je ne peux que vous le recommander très chaudement si vous vous intéressez à cette musique de près ou de loin.


C’est Lundi, que lisez vous ? #13

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 15 août 2011, avec aucun commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Du Paganisme à Nietzsche de Nicolas WalzerJe suis toujours en plein Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou, mon avis reste le même: c’est un excellent bouquin. J’en suis à un peu plus de la moitié, et je commence à peine à entrevoir où veut en venir l’auteur. Très addictif.

A côté de cela, j’ai commencé moi aussi une lecture du Camion, mais du Camion Blanc cette fois: Du paganisme à Nietzsche, que ma offert Serafina. Il s’agit d’une étude de Nicolas Walzer sur la mouvance paganiste au sein de la communauté du Metal en France, qui d’après l’auteur prend peu à peu le pas sur le satanisme. J’en ai trop peu lu pour le moment, mais j’ai hâte.

Serafina

J’ai terminé le premier tome de Rose Aimée de Béatrice Bottet aux éditions du Matagot. Le roman confirme ce que j’en pensais depuis le début, est donc très bon jusqu’au bout. J’ai hâte de lire le deuxième tome et de savoir comment tout cela va se terminer.

J’ai ensuite commencé Rage de Dents de Marika Gallman, la dernière parution du Petit Caveau, de la Bit-Lit version frenchie. Et pour le moment, bien qu’il ne soit pas exempt de certains défauts, c’est un très bon bouquin, léger, qui se lit bien. J’en ai lu 120 pages sur 300 et l’histoire commence à démarrer. Bref, à suivre.

La Bible Gothique de Nancy KilpatrickEn parallèle, après avoir terminé La Bible Satanique de LaVey dont la chronique ne devrait pas tarder, j’ai commencé La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick et pour le moment, je suis partagée entre la perplexité et la consternation.

J’ai vraiment l’impression que l’auteur mélange tout et n’importe quoi, relie des trucs de manière bizarre, quand elle ne fait carrément pas des affirmations fausses. Et je pense que la traduction n’aide pas. Bref, pour le moment je ne vous le recommande pas, à voir si ça s’améliore au fil des pages.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


MdM#31: War On Terror de MaYaN

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

Serafina dans Actualité, Musique le 14 août 2011, avec 2 commentaires

MaYaN est un super groupe, composé de membres d’Epica et d’After Forever entre autres. Le projet, initié par Mark Jansen a sorti son premier album il y a quelques semaines déjà, et il faut dire que l’accueil critique n’était pas au rendez-vous. Malheureusement, comme beaucoup de super-groupes, musicalement ce n’est pas à la hauteur et leur Death Metal Symphonique était plutôt insipide. On connaissait le compositeur principal d’Epica pour son côté engagé, et sur l’album de MaYaN figure War On Terror, un titre qui comme prévu parle de guerre. Le clip aussi.

Il y aurait énormément à dire sur le clip, car si la musique est banale, tirant dans le mauvais sans être inécoutable, le clip lui est un ramassis des pires clichés possibles. Les soldats, ils sont méchants, ils clopent et ils violent les pauvres irakiennes. A coté, MaYaN joue dans le désert, observé et menacé par un hélico. Deux hélicos ça coutait trop cher. Je peux comprendre qu’on soit contre la guerre, mais de la à faire un truc aussi conventionnel que ce clip, cette scène de viol aussi pathétique qu’inutile et ces clichés sur les militaires, j’ai du mal…

Sinon, on vous a dit qu’on trouvait ça mauvais ?


Zombie Thérapie de Jesse Petersen

Serafina dans Critiques, Livres le 9 août 2011, avec 10 commentaires
Critiques

Zombie Thérapie est un roman de Jesse Petersen sorti il y a peu aux éditions Milady et paru en 2010 aux États-Unis, et que j’ai reçu via un partenariat avec Livraddict et Milady que je remercie au passage. Il faut dire que avec sa couverture en aplat ultra-girly de Noémie Chevalier, l’aspect à priori-second degré et « fun », c’est un roman qui me tentait énormément. Un peu de dérision dans le monde trop sérieux de la Bit-Lit ? Dans la même veine qu’un Vampire Kisses ? Synopsis.

Zombie Thérapie de Jesse Petersen

Sarah et David sont un couple au bord du divorce. Ce jour là ils se rendent chez leur thérapeute… Mais ils trouvent cette dernière en train de bouffer le couple précédent. En effet, une épidémie de zombie est apparue à Seattle, et Sarah et David vont devoir se battre pour leur vie ! Ce qui pourrait bien sauver leur couple au passage.

Typiquement, on est dans un roman qui mixe zombies et Chick-Lit. Le résumé me donnait envie, et je m’attendais à un roman absurde et plein d’humour. Le problème c’est qu’entre l’espoir du quatrième de couverture et la réalité, il y a tout un monde. Zombie Thérapie est un roman écrit à la première personne, par Sarah donc. Le style de Jesse Petersen est très simple et direct. De ce fait, le roman se lit très rapidement, j’ai à peine mis un jour pour en venir à bout. Sarah n’est pas une lumière, donc le style est à son image, simpliste avec du vocabulaire de base et des références à la pop-culture. Au passage, la traduction m’a semblée plutôt bonne, on n’est pas perdu dans les références.

L’action est là, non-stop, on passe par toutes les étapes des survies en cas d’attaque zombie : recherche d’armes, de nourriture, et autres clichés. On ne s’ennuie pas une seule seconde et les obstacles s’enchaînent les uns après les autres, ce qui fait que la lecture avance sans le moindre temps mort.

Zombie Thérapie de Jesse PetersenL’idée de base est bonne, et fun pour de la Bit-Lit. Le problème c’est que passé les premières scènes plutôt sympathiques, on arrive dans un roman on ne peut plus conventionnel, où tous les clichés des films de zombie sont respectés à la lettre, et l’auto-dérision des premières pages cède vite la place à plus de sérieux, et il faut le dire beaucoup moins de fun.

Du fait de l’action non-stop on ne peut pas dire que les personnages soient très développés, à vrai dire, j’ai trouvé les deux personnages totalement interchangeables et ils ne me marqueront pas du tout. Les situations sont prévisibles de bout en bout et souvent c’en est agaçant de deviner les trucs avant les personnages.

Au final, je ne dirais pas que Zombie Thérapie est un roman désagréable. Le roman de Jesse Petersen se lit bien, et sans prise de tête, mais il n’est pas à la hauteur de ce que j’attendais et est totalement dispensable. A lire si vous n’avez rien de mieux à lire quoi, mais vu la concurrence du moment sur le secteur de la Bit-Lit, ça m’étonnerait. A noter qu’il existe une suite, mais je ne compte pas la lire.