J’avais adoré Le Cri du Loup, premier tome de Alpha & Omega, une série spin-off de Mercy Thompson écrite par Patricia Briggs. De ce fait, partant en formation à Paris et ayant beaucoup de trajets à faire, j’ai vite embarqué le tome 2 avec moi. Servi par une jolie couverture violette,Terrain de Chasse fait environ 300 pages et est disponible chez Milady depuis quelques mois maintenant. Synopsis ?

Terrain de Chasse, Alpha & Omega Tome 2, de Patricia Briggs

Bran le Marrok a pour projet de révéler l’existence des loups-garou au grand public. A cet effet, il réunit à Seattle les représentants des loups européens. Son fils Charles est chargé de leur présenter le plan de Bran et de les convaincre de s’y soumettre. Il emmène avec lui Anna, l’Omega. Comme il faut s’en douter, tous les loups ne voient pas cette idée d’un très bon œil et Anna pourrait bien être la cible d’attaques.

L’histoire de la révélation des loups au grand public avait déjà été abordée dans la série Mercy Thompson, mais il est du coup très intéressant de découvrir ce qui s’est déroulé avant cette décision et comment elle a été prise. Cet événement permet de bien relier les deux séries, sans pour autant les rendre dépendantes l’une de l’autre. L’arrivée des loups européens dans la partie est l’occasion de s’intéresser un peu à ces derniers, au fonctionnement un peu différent des loups américains. On va notamment y trouver deux personnalités hautes en couleurs, dont je ne vous en dirais pas plus. On ne revoit malheureusement pas Asil, le personnage qui m’avait tant plu dans le tome précédent, mais Arthur, l’alpha Britannique, est un personnage que j’ai adoré.

Ce deuxième tome comporte beaucoup de politique, ce qui n’est pas désagréable, pour assez peu d’action. En réalité, c’est l’un des réels avantages de la série. Si Mercy est aux prises avec des loups individuels et doit régler des problèmes relativement personnel, Charles, étant le bras armé du Marrok est impliqué dans des problèmes d’un tout autre niveau, concernant tous les loups. De ce fait, il en connait aussi beaucoup plus sur le monde des loups-garou (la magie de la meute, etc). Cela rend le roman passionnant du coup. Patricia Briggs a créée là un univers complexe, profond, et qui se démarque clairement de toutes les autres productions Bit-Lit. Si Anita Blake a été l’instigatrice et a posé de nombreuses bases, l’univers de Mercy Thompson est de ce que j’ai pu lire, l’un des plus complets, complexes et cohérents.

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Adapté en comic, le précédent tome (Le Cri du Loup) n'a malheureusement pas eu un très bon accueil critique

Les tractations tout au long des négociations sont pleines de suspens et de tension. Charles se révèle un héros sympathique et Anna n’est pas en reste, ils ne sont pas trop caricaturaux ni stéréotypés, de ce fait il est assez facile de rentrer dans l’histoire, même si ce n’est pas forcément leur personnalité qui marquera le plus le lecteur, au contraire de certains personnages secondaires. J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que la romance ne prenne jamais le pas sur l’histoire, c’est souvent un travers des romans du genre, et là pas du tout, pas de triangle à la con, nada. C’est tant mieux et pourvu que cela reste ainsi. Je sais, je le répète à chaque chronique, mais c’est tellement courant dans le genre que le signaler est presque indispensable.

Terrain de Chasse, Alpha & Omega Tome 2, de Patricia Briggs Le style de Patricia Briggs est toujours aussi fluide et très facile à comprendre, ni trop neuneu ni trop complexe. Il sert l’histoire voilà tout, mais ne sera pas non plus inoubliable. La traduction d’Eléonore Kempler est de bonne facture, je n’ai pas grand chose à y redire.

Au final, Terrain de Chasse est vraiment un très bon tome et fait office de confirmation. La série Alpha & Omega est d’excellente facture et je la placerai même au dessus de Mercy Thompson que j’apprécie déjà tout particulièrement. C’est le dernier tome actuellement paru, la suite étant prévue pour Janvier 2012 aux États-Unis, il va donc falloir prendre son mal en patience.

Mais je ne suis pas vraiment sûre de réussir à attendre la sortie française…


Après un troisième tome, Frissons d’Outre-Tombe, qui s’était révélé excellent j’ai très rapidement entamé Secrets d’Outre-Tombe, quatrième opus de cette série mêlant Bit-Lit et Policier écrite par Charlaine Harris. Ce tome est le dernier écrit, il a été publié en 2009 dans la langue de Shakespeare, et vient d’arriver chez nous grâce à J’ai Lu et la traduction de Sophie Dalle. La couverture reste dans la droite lignée des précédentes même si je l’ai trouvée un peu moins jolie. Synopsis ?

Secrets d’Outre-Tombe, Harper Connelly Tome 4, de Charlaine Harris

Harper a un contrat dans les environs de Dallas, la région où elle a grandit, elle et son demi-frère comptent en profiter pour revoir leurs deux jeunes sœurs qui ont été placées. Une richissime femme fait en effet appel à ses talents pour connaître les conditions de décès de son grand-père mais aussi et surtout par curiosité envers le pouvoir de la jeune femme. Sauf que ce que découvre Harper n’est pas réellement ce qui était attendu. Qui a provoqué la crise cardiaque du papy et surtout qui est cette femme morte en couches ?

Ce quatrième tome suit un chemin différent des autres, Harper n’étant pas impliquée à proprement parler dans l’enquête (vu que la famille ne décide pas de contacter la police). Du coup elle est très externe à l’intrigue. L’auteur choisi cette histoire comme excuse pour plonger dans la famille un peu trouble de Harper et son demi-frère Tolliver. On y rencontre donc pas mal de personnes qui ont été évoquées dans les tomes précédents. Entre les petites sœurs, le beau-père qui sort de prison, Harper et Tolliver ont fort à faire, mais au final, l’action est plutôt diluée et du coup, on se sent baladé, et on ne sait pas trop où l’auteur veut nous emmener.

Secrets d’Outre-Tombe, Harper Connelly Tome 4, de Charlaine Harris

Les personnages restent égaux à eux mêmes, assez sympathiques, sans être pour autant inoubliables. Harper est une héroine sympa et proche de nous, elle n’est pas exceptionnelle, et du coup il est facile de rentrer avec elle dans l’histoire. Le style de Charlaine Harris est encore une fois oubliable, direct et assez simple.

Secrets d’Outre-Tombe, Harper Connelly Tome 4, de Charlaine HarrisCependant, l’action revient dans les 100 dernières pages, et avec elle le suspens et la tension. Je l’ai fini d’un trait alors que j’étais fatiguée à en mourir sur place, pour vous dire. Et au vu de la fin du roman, je m’interroge sérieusement. Il me semble n’avoir lu nulle part que Les Mystères de Harper Connelly étaient terminés, mais ce tome là a vraiment toutes les allures d’une fin de série. J’ai donc été un peu déroutée par la fin, car je ne m’attendais pas à ce que la série se finisse, mais en soit pourquoi pas. On évite ainsi d’avoir une série trop longue et que la qualité baisse au fil du temps. Tout comme Vicki Nelson, on est donc dans une courte série d’enquêtes à la qualité plutôt constante, dont le meilleur tome est à mon avis le troisième.

Secrets d’Outre-Tombe est donc un tome qui conclut en beauté la série, malgré un début un peu difficile. Harper Connelly est définitivement une série de Policier Fantastique que je vous recommande très fort. Je ne sais pas si d’autres tomes sont prévus, mais j’aimerais bien un spin off avec le personnage de Manfred, le punk médium qui apparait régulièrement depuis le tome 2 et qui à mon avis a un magnifique potentiel.


C’est Lundi, que lisez vous ? #25

Serafina dans Critiques, Livres le 28 novembre 2011, avec 5 commentaires
Critiques

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

J’ai tout d’abord rapidement fini le recueil Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme Noirez que j’ai franchement adoré et qui restera un excellent souvenir. La chronique est en route.

Les Tangences Divines de Franck FerricJe me suis ensuite lancé dans la lecture du dernier roman de Franck Ferric, Les Tangences Divines récemment sorti aux éditions du Riez. C’est mon premier roman de l’auteur, que l’on avait notamment apprécié pour La Loi du Désert ou encore son recueil de nouvelles Marches Nocturnes. Il s’agit cette fois d’un roman Fantastique aux influences assez variées, mais qui de part son intrigue m’a rappelé Les Petits Dieux de Terry Pratchett. Le ton est désabusé, le scénario est assez fou, et après avoir eu un peu de mal à me lancer dedans, je dois avouer que je suis pris au piège et que j’ai envie de savoir ce qu’il va bien pouvoir arriver à Théodule, notre héros égoutier.

Serafina

Frey, Tome 1, de Chris WoodingCette semaine, retournant sur Paris, j’ai emporté Frey avec moi. J’en suis à 350 pages sur 550 et le roman continue sur sa lignée d’excellence. De l’action sans temps mort, alliée à des personnages ultra charismatiques et beaucoup d’humour, je crois qu’on est sur la piste d’un des favoris de l’année. L’univers que nous offre Chris Wooding est passionnant.

J’ai aussi lu The Dirt, la biographie de Mötley Crüe aux éditions Camion Blanc. Cette dernière croise les témoignages des quatre membres du groupe que l’on adore et de son entourage direct (manager, etc). C’est super intéressant, notamment de voir comment ils ont pu monter aussi haut à partir de rien. Mais si vous rechercher des infos sur la manière de composer de Nikki Sixx ou ce qu’il y a derrière tel ou tel morceau, il faudra plutôt aller lire The Heroin Diaries. Là c’est une enfilade de scènes surréalistes et mêlés aux déchirements internes. Ceci dit, difficile d’en décrocher.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


En me déplaçant sur Paris pendant une semaine pour des raisons professionnelles, le destin semblait vouloir que nous allions voir Evanescence qui passait le 16 Novembre 2011 à l’Olympia de Paris. Qui sommes-nous pour résister au destin ? Places en main nous nous sommes dirigés vers la salle en question, située près de l’Opéra Garnier. C’était la première fois que nous mettions les bottes dans cette jolie salle, très bien équipée, d’une capacité d’un peu moins de 2000 places. Salle dont on notera la ponctualité, les concerts commencent à l’heure indiquée sur les tickets, contrairement à d’autres où l’horaire sur le ticket correspond à l’ouverture des portes. Donc à prendre en compte si vous ne voulez pas louper la première partie.

Evanescence, Tournée Evanescence, à l’Olympia de Paris

En première partie, Me, un groupe de rock australien qui a remplacé un peu au pied levé Fair To Midland, initialement prévus mais contraints à l’annulation suite au désistement de leur bassiste. Les petits gars n’ont pas encore d’album, mais quelques morceaux écoutables sur Facebook. Dans l’ensemble ils sont très dynamiques, et leur rock est très efficace. Le chanteur a une plutôt bonne amplitude vocale, et il faut dire qu’ils sont plein d’énergie sur scène. Malheureusement leur set est à mon avis trop long. Certains morceaux sont bien travaillés et très efficaces, mais certains semblent encore nécessiter du travail et sonnent assez chaotiques en live (l’avant dernier notamment)… Du coup toute la bonne impression qu’on a pu avoir au début est noyée sur la longueur. Quelques problèmes techniques seront à déplorer dont la sangle de la basse qui ne tenait pas et a obligé le bassiste à jouer à genou. Un peu dommage, quand on sait qu’il fait aussi les chœurs. Cependant, c’est un groupe à suivre, et qui promet pour le futur. J’ai hâte de voir ce que donnera leur premier album ! (et au passage, mention spéciale au guitariste, super bishi).

Mais bon, ce que tout le monde attendait, c’était  évidemment Evanescence. L’époque où ils remplissaient le Zénith de Paris est révolue, et c’est du coup plutôt plaisant d’être dans cette petite salle. Sans surprise, le groupe entame sur What You Want, le premier single extrait de leur dernier album éponyme. Le fond est simplement leur logo, mais aura droit à diverses projections lumineuses tout au long de la soirée. Honnêtement, je redoutais surtout la prestation vocale de leur frontwoman, Amy Lee qui est surtout réputée pour chanter affreusement mal en live.

Amy Lee, Evanescence, Tournée Evanescence, à l’Olympia de Paris

Et bien, que nenni. A part sur certains morceaux, les notes sont tenues, c’est juste et elle a sacrément de la puissance vocalement parlant. Même la partie très haute de Weight of the World sera tenue et impeccablement (les refrains suivants par contre…). En réalité les morceaux sont moins faciles à chanter qu’il n’y parait, mais elle a du souffle, et il semblerait que l’époque des lives desastreux soit bel est bien derrière le groupe. Tant mieux ! En prime, c’est une sacrément bonne frontwoman, elle est très dynamique, très active, quitte à en éclipser les autres musiciens, même le batteur des Black Label Society. On est loin, très loin d’une Sharon par exemple, ou d’une Simone qui jouent un peu trop les princesses.

La setlist fait la part belle au nouvel album Evanescence, bien sûr, avec neuf morceaux de ce dernier (sur un album de 12 morceaux, ce qui est plutôt énorme, seules Swimming Home, Erase This et The End of the Dream ne seront pas jouées) et huit autres morceaux équitablement répartis entre Fallen et The Open Door. Évidemment, les immanquables, Going Under, Bring Me To Life et My Immortal seront joués, mais on notera Imaginary, vraiment excellent en live. Certes, j’aurais préféré plus de morceaux de l’époque Fallen (Whisper, Tourniquet, notamment) mais bon, dans l’ensemble c’est un concert quasiment sans faute au niveau des morceaux. Même si le fait de sortir le Piano à queue oblige les trois ballades Lost in Paradise, My Heart is Broken et Lithium à se suivre.

Evanescence, Tournée Evanescence, à l’Olympia de Paris

En plus d'un piano à queue, Amy Lee jouait sur un synthé

Au final, le show que nous a servi Evanescence est rodé, très carré, très pro, mais apparait bien moins froid que la prestation de Within Temptation vu le mois précédent. Comme quoi, il suffit de peu. Le concert ne durera qu’1h30 ce qui est quand même assez peu quand on compare à d’autres, Therion et Anathema en tête, mais ça reste pratique lorsqu’on a un train à prendre après. En tout cas, je ne regrette pas d’être allée à ce concert, et si vous aviez peur d’être déçus par les prestations d’Amy Lee, je ne peux que vous détromper et vous encourager à y aller. Je ne sais pas si d’autres concert seront prévus en France, mais sait-on jamais.


C’est Lundi, que lisez vous ? #24

Serafina dans Actualités, Livres le 21 novembre 2011, avec 9 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après quelques semaines sans notre rendez vous hebdomadaire à cause de nos emplois du temps, en voilà le retour.

dabYo

Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme NoirezAyant eu à prendre le train, j’ai commencé la lecture d’un poche, Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme Noirez. Décidément, je suis abonné aux dernières sorties (du moins en poche) de l’auteur, et ce dernier ne me déçoit pas. C’est un recueil de 12 nouvelles accompagnées de trois 3 contes pour enfants morts-nés qui, il faut le dire, dégage une sacrée ambiance, souvent morbide. Si certaines, rares, m’ont laissé perplexes et semblent avoir été écrites sous acides, la plupart sont excellentes et certaines me marqueront, soit par l’univers rapidement développé, soit par leur côté décalé. Son Grand Prix de l’Imaginaire 2010 est loin d’être usurpé.

Ce que je craignais a fini par arriver et voilà que ma lecture de Chronique du Soupir, le dernier roman de Mathieu Gaborit s’enlise. La fuite en avant du groupe des héros ne m’intéresse presque pas, notamment parce que je ne me suis pas attaché aux personnages. Leurs personnalités font peut être un peu trop superficielles, je ne sais pas, mais ça ne colle pas. Du coup, je dois avouer que leur destin m’importe peu. Le tout est sans doute dû à la volonté de nous décrire un univers trop ambitieux en trop peu de pages. Je vais quand même le finir, mais je reste perplexe.

Serafina

Terrain de Chasse, Alpha et Omega Tome 2, de Patricia BriggsLa semaine dernière a été assez particulière, vu que j’étais en formation à Paris, rentrant tous les soirs, j’avais à peu près 4h de transports par jour. De ce fait, entre deux sommes à l’arrache, j’ai beaucoup lu, Direct Matin, Fluide G, et autres, mais surtout des livres. Tout d’abord Terrain de Chasse, Alpha et Omega tome 2, de Patricia Briggs, que j’ai dévoré et qui est une très bonne suite pour un très bon premier tome, passionnante et qui tient réellement en haleine. Mention spéciale encore aux personnages secondaires.

Pour rester dans les séries Bit-Lit qui sont bien, j’ai continué avec Harper Connelly Tome 4 de Charlaine Harris , qui m’a un peu dérouté, car c’est apparemment la fin de la série (ce que j’ignorais). Du coup, l’intrigue est bien plus diluée que dans le précédent tout en restant sympathique. Au final, beaucoup de choses se résolvent, mais des petites choses, il n’y a pas d’intrigue globale au premier plan, du moins pendant une bonne partie du roman.

J’ai ensuite commencé le tome 1 de Frey de Chris Wooding, un roman de SF paru chez Bragelonne qui vient d’arriver en poche chez Milady. On est dans de l’aventure à mi-chemin entre Star Wars et Firefly , pleine d’humour, de personnages marquants et sans temps mort. J’adore totalement.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Puisque je suis dans ma période Camion Noir, dabYo m’a offert Ian Curtis et Joy Division: L’histoire d’une vie, la biographie de Ian Curtis écrite par sa femme, Deborah Curtis traduite en français aux éditions Camion Blanc. Pour les incultes, c’était le charismatique leader de Joy Division, initiateur de la Cold Wave et donc influence importante de la culture goth. Ian Curtis s’est suicidé, à 23 ans, à la veille de leur première tournée américaine. Cette mort en pleine gloire l’a forcément érigé en légende.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah Curtis

Si je connaissais la légende ainsi que la musique de Joy Division, à vrai dire je n’en savais pas grand chose sur l’homme. La biographie qu’a écrit sa femme s’intéresse surtout à ce dernier, à celui qui fut son mari, même si bien évidemment son histoire est indissociable de celle de son groupe. La biographie évolue chronologiquement, bien qu’on connaisse déjà la fin évidemment et est illustrée de photos d’archives en noir et blanc.

La bio évoque bien sur la scène post-punk de Manchester, mais sans entrer dans le détail, le but n’étant pas de documenter cette scène. Personnellement je ne la connais que peu, via un ou deux groupes emblématiques dont Joy Division, mais je pense que c’est un sujet sur lequel je me documenterais dans le futur.

Le roman est facile à lire , les photos bien intégrées, et on le termine très vite. En effet, les 150 dernières  pages sont exclusivement consacrées aux paroles des chansons du groupe, ainsi qu’aux paroles inutilisées laissées par Ian Curtis après sa mort, et à la discographie du groupe. Si cela est sans doute très intéressant pour les fans, bien qu’avec un accès au net trouver les paroles ne soit pas bien dur, je dois avouer que je ne les ai pas lues.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah Curtis

Image tiré de Control, l'adaptation du roman en livre par Anton Corbijn

Du coup, le récit en lui même se lit très vite. Deborah Curtis est je trouve assez objective et plusieurs années après les faits, elle a pu gagner pas mal de recul pour son écrit. Elle ne montre pas que les bons cotés du chanteur, mais pas non plus que les mauvais, ce n’est clairement pas du règlement de compte contrairement à ce qu’on aurait pu penser au vu de leur relation. La culpabilité ressentie par l’auteur est cependant assez palpable plus on s’approche de la fin.

On suit d’abord avec passion Joy Division récolter la reconnaissance et finalement des contrats, souvent grâce au culot de Ian Curtis. Et puis c’est totalement impuissant qu’on assiste peu à peu à la spirale auto-destructrice dans laquelle il va être entrainé, ses tendances suicidaires ayant toujours été présentes mais exacerbées suite à la déclaration de son épilepsie. En effet, Ian Curtis était épileptique et la fin de sa vie aura été fortement marquée par ses crises qui affecteront notamment sa présence scénique.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah CurtisJe suppose que le récit ici présent n’intéressera guère que les fans du groupe culte, mais je ne peux quand même que vous le conseiller même si ce n’est pas votre cas. Ian Curtis fait, et pas seulement pour moi, partie des légendes du rock et a été une inspiration importante pour de nombreux autres groupes par la suite. Son histoire est touchante et mérite d’être connue.

Il est à noter que ce livre a servi de base à Control, un film biographique qui retrace une bonne partie de ce qu’on peut lire dans le récit de Deborah et que je compte bientôt voir. Nous reparlerons sans doute dans un prochain article.


Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent

Serafina dans Critiques, Livres le 15 novembre 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Dans la liste des ouvrages de Camion Noir qui m’attirent, il y avait ce Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent, qui comme son nom l’indique traite de la Comtesse Bathory. Cette dernière est quasiment devenue une figure légendaire au sujet de laquelle on raconte un peu tout et, surtout, n’importe quoi. Il n’y a pas énormément de livres à son sujet qui ne soient pas soit énormément romancés, soit complètement fantasmés. Cet essai désire donc apporter un éclairage moins romancé et plus réaliste à celle qui fut appelée par tous les noms et qui, au final, n’est peut être même pas coupable.

Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent

Avant d’avancer dans la critique, je tiens tout de même à rappeler quelques informations sur le personnage historique qu’était Erzebeth Bathory. Femme du conte, à sa mort elle hérite de son domaine et de ses nombreuses terres. Quelques temps après son veuvage, elle est accusée avec quatre autres personnes de torture et des meurtres de jeunes filles. Elle sera jugée coupable et assignée à résidence dans une seule pièce de son château, jusqu’à sa mort.

Si le livre s’attarde notamment sur son enfance et son mariage, il n’y aura ni rappel de cette affaire pour éclairer les novices, ni réellement d’informations sur le procès en lui même. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, le procès n’est que rapidement évoqué et très peu de documents du-dit procès ne sont dévoilés. Ce qui rend le livre un peu incomplet pour un lecteur lambda qui chercherait ici à découvrir Erzebeth Bathory. Pour l’initié, universitaire de surcroit, cette remarque n’est pas à prendre en compte.

Jacques Sirgent s’intéresse au procès, mais plus sur ce qui tourne autour, et ne va pas clairement statuer sur la culpabilité ou non de Erzsebeth. Ce n’est pas possible compte tenu des éléments. Par contre, il va amener de nombreux faits et aussi des hypothèses qui lui semblent crédibles. De même les hypothèses fréquemment reprises dans l’imaginaire populaire sont analysées, et parfois réfutées. J’ai énormément aimé cette approche, qui permet à chacun de se faire sa propre idée sur ce personnage historique. On sent par moment la conviction personnelle de l’auteur mais il ne l’impose pas comme du roc.

Si j’ai apprécié l’approche et les nombreuses analyses très intéressantes, j’ai cependant été déçue par le contenu et par le style. Parlons de ce dernier tout d’abord, il faut l’avouer, ce n’est que rarement la panacée dans les essais. Ici, j’ai trouvé l’écriture assez confuse, avec beaucoup de répétitions. En soit, cela ne me gêne pas réellement, le vrai problème c’est que le contenu ne semble pas réellement rattraper les choses.

En effet, sur un livre de 300 à 400 pages, les 100 premières pages sont en réalité consacrées à un historique du sexisme et des violences faites au femmes. Si ce sujet est évidemment intéressant, et permet d’expliquer en partie le procès d’Erzsebeth (qui était une veuve , donc libre d’elle même et possédait de nombreuses terres), il prend une place un peu trop importante : plus du quart du livre.

Erzsebeth Bathory de Jacques SirgentLes pages suivantes vont réellement s’intéresser à Bathory, et sont parsemées de citations ou de références d’époque. Jacques Sirgent s’attarde surtout à démontrer les contradictions entre les croyances populaires qu’on attribue au personnage et ce que l’on sait de sa vie. Il semble assez évident à la lecture du livre que bon nombre de faits ont été exagérés. Cependant, pour quelqu’un qui ne connait pas bien la légende, on est parfois perdu, par exemple plusieurs paragraphes démontrent le fait que Bathory n’était probablement pas épileptique alors que j’ignorais totalement qu’on le disait d’elle. Je pense qu’un résumé de ce que la légende en a fait aurait été profitable même pour ceux qui cernent de loin le personnage.

Au final, Erzebeth Bathory de Jacques Sirgent est une lecture sympathique, assez honnête , mais qui ne traite pas assez la totalité du personnage à mon goût pour satisfaire le lecteur lambda. Pour lui, je pense qu’il aurait été intéressant de creuser plus sur le pourtour de certains détails, notamment du procès et récapituler ce qui se dit autour du personnage.


J’avais énormément aimé les deux premiers tomes des Mystères de Harper Connelly, la nouvelle série de Charlaine Harris actuellement en cours de publication en France et qui mêle des genres que j’apprécie, Bit-Lit, Fantastique et Policier. Ayant été charmée par les histoire et les personnages, je n’ai pas attendu bien longtemps avant d’entamé Frissons d’Outre-Tombe, troisième tome paru récemment chez J’ai Lu. Synopsis.

Frissons d’Outre Tombe, Harper Connelly Tome 3, de Charlaine Harris

Harper Connelly sent les morts. Après avoir été appelée par les familles de garçons récemment disparus, tout porte à penser que ces derniers ont été tués par un serial-killer. Harper se voit donc confier la mission de retrouver les corps. Sauf que le tueur en question est peut-être encore en exercice, et qu’il pourrait bien s’en prendre à elle afin de couvrir ses traces…

Pour cette troisième aventure, on plonge dans l’univers sordide des tueurs en série. Harper a l’habitude de travailler avec des morts dont les dernières minutes ne se sont pas toujours passées dans de bonnes conditions, mais ce qu’elle va découvrir est au comble de l’horreur. Du coup l’atmosphère est bien plus lourde que lors des précédents tomes. On ne tombe pas forcément dans les longues descriptions, mais c’est suffisamment présent pour le ressentir. L’atmosphère de la petite ville où elle a été appelée est dense, pesant.

L’intrigue qu’a imaginé Charlaine Harris est une fois de plus bien menée, on est vraiment très proche d’une enquête policière, et du coup Harper Connelly me fait de plus en plus penser à une autre série du genre, Vicky Nelson de Tanya Huff, qui était d’ailleurs parue dans la même collection J’ai Lu, Darklight, et avait été un de mes coups de cœur de l’an dernier. C’est un roman qu’on classerait bien dans Bit-Lit mais qui est bien plus large que cela, se concentrant plus sur son coté Policier-Fantastique qu’autre chose. Et c’est tant mieux car c’est bien plus passionnant. Les 300 pages ont été dévorées en moins de trois jours.

An Ice Cold Grave, Harper Connelly, Charlaine Harris

Alors effectivement, les relations entre les protagonistes, Harper et son « frère » Tolliver évoluent dans ce tome, exactement comme on pourrait s’y attendre, mais pour le moment cela ne prend absolument pas le pas sur l’histoire et l’intrigue du tome, qui restent au centre des préoccupations. Il n’y a pas de satané triangle amoureux et les héros ne passent pas leur temps a ressasser leurs histoires de cœur.

Frissons d’Outre Tombe, Harper Connelly Tome 3, de Charlaine HarrisComme pour la plupart des romans de Charlaine Harris que j’ai pu lire jusqu’à présent, le style est assez simpliste et très direct. L’auteur, ou sa traductrice Sophie Dalle, utilise un vocabulaire courant, et adapté au plus grand nombre. Cela ne porte pas préjudice à l’histoire mais clairement, le style n’est pas quelque chose qui me marquera.

Les Mystères de Harper Connelly continue donc, égale à elle même. C’est une lecture très distrayante, qui se révèle agréable, à l’intrigue bien menée et aux personnages attachants. Cette série est bien partie pour entrer dans mon top de l’année au vu de sa qualité générale. On évite tous les pièges de la majorité de la production actuelle et le coté Policier-Fantastique est rondement mené. Si vous n’avez pas encore fait connaissance avec Harper, n’attendez plus.


J’avais lu lors du précédent read-a-thon la novella qui sert de tome 0 à la série Alpha & Omega de Patricia Briggs. Je l’avais adorée, et du coup pour partir en Hollande j’ai emmené le premier tome dans mes bagages. Ouvrant officiellement cette seconde série de Bit-Lit se déroulant dans l’univers de Mercy Thompson, il a été publié en 2008 aux États-Unis, et cette année chez Milady, servi par une sublime couverture de Daniel Dos Santos et est traduit par Eléonore Kempler. Synopsis ?

Le Cri du Loup, Alpha & Omega Tome 1, de Patricia Briggs

Suite aux événements du tome précédent, Anne, louve depuis 3 ans part en direction de la meute du Marrok, l’alpha le plus puissant des États-Unis. En effet, son compagnon Charles doit mener à bien une mission pour son père et les talents particuliers d’Anne pourraient bien être utiles. Il semblerait qu’un loup solitaire soit à l’œuvre dans une foret voisine, tuant sans pitié.

Ce premier tome prend directement place après la novella, rendant le début du récit totalement incompréhensible si on n’a pas lu le précédent, qui a été publié par Milady… après. Cependant, l’histoire prend réellement son essor lorsque Anna se rend dans la meute du Marrok, lequel n’est autre que le père de son compagnon. C’est évidemment l’occasion de découvrir les personnages qui forment cette meute et dont on entendra sans doute parler dans les prochains tomes, bref, une introduction à l’univers. Les personnes ayant lu l’autre série de Patricia Briggs, Mercy Thompson, comprendront sans mal les clins d’œils à cette dernière, le personnage de Mercy étant évoqué plusieurs fois, mais dans l’absolu je ne pense pas qu’avoir lu l’histoire de la coyote soit une nécessité pour lire Le Cri du Loup, voire la série en elle même.

Le Cri du Loup, Alpha & Omega Tome 1, de Patricia Briggs

Tout comme Mercy Thompson, la série est en passe d'adaptation en comic.

Pour le reste, disons le tout de suite, cette série est sans aucun doute ma meilleure de Bit-Lit de l’année. Tout y est bien amené, les personnages ou bien la psychologie des héros. Je suis notamment tombée totalement fane de Asil et de son histoire, qui est profondément torturée mais tellement passionnante. C’est clairement un de mes personnages préférés de tout l’univers. Pour ce qui est des héros, si Charles et Anna sont « compagnons », ils doivent pour autant s’apprivoiser, ce qui change quand même pas mal des autres univers Bit-Lit ou l’héroïne a souvent le feu aux fesses. Ici, non, Anna blessée par son passé est loin d’être une fille accessible, et cela la rend bien plus « vraie » et plus touchante. Pour le moment, Anna est un personnage agréable, pas trop forte, pas trop faible, bref, une bonne héroïne mais qui n’a pas encore le charisme d’une Mercy.

Le Cri du Loup, Alpha & Omega Tome 1, de Patricia BriggsL’histoire permet d’en apprendre plus sur les loups-garou et notamment leurs travers, leurs accès de folie. L’histoire se centre rapidement autour de l’enquête pour trouver le loup solitaire. Et l’enquête, c’est souvent le point faible des romans de Bit-Lit car généralement très mal exploité. Ici ce n’est pas le cas, elle n’est ni trop évidente ni trop compliquée et le suspens se fait rapidement sentir. Pour tout dire j’ai totalement dévoré le roman en moins de trois jours tellement j’avais envie de connaitre la suite.

Après une introduction sympathique, Patricia Briggs entame avec ce premier tome de Alpha & Omega une série qui parait plus que prometteuse. L’univers autour des loups-garou est toujours aussi promettant et a pour avantage de ne pas être parasité par des histoires de triangles amoureux. Les personnages sont très attachants, Anna et Asil en tête. J’espère d’ailleurs vraiment qu’on reverra ce dernier dans la suite, Terrain de Chasse.


Il y a des nouvelles qu’on a du mal à croire. Quand on m’a dit que la Chibi Japan Expo était morte et remplacée par une Japan Expo à Orléans, je vous laisse imaginer la tête que j’ai fait. Car Orléans, c’est un peu chez nous, et pas vraiment un coin ou nous pensions un jour voir une Japan Expo. C’est au Parc des Expos de la ville que cette première édition s’est déroulée.

Japan Expo Centre, première édition

Au programme, comme pour chaque édition : cosplay, dédicaces, karaokés, concours de dessins et stands de goodies. Mais en plus petit. Beaucoup plus petit. Située dans un des halls, avec une mezzanine pour certaines activités et une salle de conférence pour les défilés/concerts/etc, la Japan Expo Centre a attiré 10 000 visiteurs soit 3 fois moins que pour la Chibi ou la JE Sud. Or évidemment, ce coté « petit » a eu des répercussions directes, notamment au niveau des invités : deux mangakas, deux groupes japonais et quelques auteurs français. Pas énorme. Mais le bon coté, c’est qu’au vu de la taille tout à fait raisonnable de la convention, il était bien moins dur d’obtenir des dédicaces. J’ai donc pu faire dédicacer mon tome 1 d’Elinor Jones par Aurore et mon tome 2 de Lost Souls par Liaze et Moemai.

Les stands pour acheter des goodies étaient présents comme pour toutes les conventions du genre. Rien d’original sous les néons, mais j’ai quand même ramené deux mangas et un panda, on ne se refait pas. Le choix n’est pas aussi grand qu’à Paris, mais relativement suffisant. Les cosplays étaient assez nombreux et il y en avait pas mal de réussis. Dans l’ensemble les cosplayers étaient venus de toute la France. Les fanzines et créateurs étaient aussi présents. Il y avait assez peu de stands amateurs, une vingtaine tout au plus et dans le fond du salon, mais je les ai tout de même trouvé mieux placés qu’à Paris. On fait très rapidement le tour de la convention et après il reste les activités. Si on aime les karaokés et autres défilés, on trouvera de quoi faire, sinon, je ne sais pas.

Cosplay Black Buttler à Japan Expo Centre

Outre la taille relativement petite, le majeur problème de cette convention sont les stands de nourriture. Comme toute sortie était définitive pour les visiteurs, il fallait manger sur place où étaient proposés des Okonomiyaki qui semblaient absolument délicieux. Mais dès midi la queue était énorme et totalement disproportionnée, dépassant l’heure. Étant donné que nous avions des badges presse, nous sommes sortis manger à Quick mais pour les visiteurs, ça devait réellement être ennuyeux.  Pour la prochaine édition, je pense qu’il faut absolument plus de stands de nourriture.

Au final, cette Japan Expo Centre s’en est sortie honorablement pour sa première édition, malgré des problèmes logistiques évidents (au niveau des stand de nourriture surtout). La « taille réduite » de la convention avait ses inconvénients, mais aussi ses avantages rendant plus abordables les auteurs en dédicace.