C’est Lundi, que lisez vous ? #28

Serafina dans Actualités, Livres le 9 janvier 2012, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après une semaine de Rétrospective 2011, nous voilà de retour !

dabYo

En Mission Honor Harrington de David Weber Tome 1J’ai continué ma lecture du premier tome de En Mission de David Weber aux éditions l’Atalante. Cet arc est le 11ème que compte sa série Honor Harrington, et bien que je n’en ai lu qu’un seul jusqu’à présent, et encore, dans son univers étendu, je n’ai pas été trop perdu.

Il faut avouer qu’il faut aimer le genre pour accrocher, mais le début de cet arc est vraiment génial. Je l’ai terminé tout juste hier et j’ai du me faire violence pour ne pas enchaîner directement. La coupure est pile poile au bon endroit et le suspens était vraiment à son paroxysme. Je commence vraiment à comprendre pourquoi une série si technique a réussi à se maintenir en vie si longtemps.

Serafina

Le Cinquième Jour de Maud TabachnikCette semaine j’ai lu Le Cinquième Jour de Maud Tabachnik, un Thriller qu’un collègue m’a prêté. Ça traite de tueur en série cannibale, alors forcement je me suis jetée dessus. Je dois dire que j’ai vraiment beaucoup aimé, l’intrigue est bien menée, haletante et surprenante jusqu’au bout. Bref, une très bonne surprise. J’espère en lire d’autre de cette auteur française.

J’ai aussi continué Strange Angels de Lili St Crow, un roman jeunesse aux éditions Castlemore qui réussi a ne pas virer dans le Mary Sue ni dans les ficelles grossières. L’héroïne est très sympathique, et je dois dire que le bouquin se lit vraiment très bien. Il semblerait que je ne commence l’année qu’avec de bonnes choses.

J’ai aussi un peu avancé dans l’intégrale tome 4 du Trône de Fer, afin d’avoir les idées claires et de pouvoir commencer A Dance with Dragon ! Pour le moment, je viens de terminer ce qui correspond au dixième tome de la version découpée, Le Chaos et j’ai entamé Les Sables de Dorne.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


MdM: Lost de Vision of Atlantis

Serafina dans Actualité, Musique le 8 janvier 2012, avec aucun commentaire

Vision of Atlantis fait partie de cette pléthore de groupes de Metal à chanteuses nés dans les années 2000. Sans être spécialement géniaux, ni original, c’était un groupe sympathique que nous avons pas mal écouté ici à l’époque. Si on vous en parle aujourd’hui, c’est que la chanteuse Nicole Bogner qui a chanté sur leurs deux premiers albums et leur démo est décédée à l’âge de 27 en ce début d’année d’une longue maladie.

Une bien triste nouvelle, donc. Le clip ci-dessous Lost est tiré de leur deuxième album Cast Away, sorti en 2004. Leur Speed/Power Metal est d’ores et déjà reconnaissable, bien que j’ai toujours eu beaucoup de mal avec la voix du chanteur. Quoiqu’il en soit RIP Nicole :( .

Connaissiez vous Vision of Atlantis ? Vous aimez ?


Pour le premier trimestre 2012 est prévu la sortie du RPG Game of Thrones . Celui-ci est adapté par Cyanide (un developpeur Francais). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agira pas de suivre le fil du premier tome : en effet, avec l’aide de George R R Martin, ils ont mis au point un scénario qui permet de suivre de manière parallèle les événements du premier tome. En gros, on pourra par exemple jouer un personnage de la garde de nuit, ou de l’ordre des prêtres rouges, des personnages pas vus dans les romans ou à peine entrapercu.

Toujours est-il que cela sera disponible sur PC,Xbox et PS3, et que le trailer est sorti y’a quelques jours, alors , joyeux Noël !

Au passage, ifisDead va prendre ses congés pour la semaine, en espérant revenir avec une V3.


Frey, Frey Tome 1, de Chris Wooding

Serafina dans Critiques, Livres le 21 décembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Frey est un roman de Chris Wooding qui a été tout d’abord publié en grand format chez Bragelonne avant d’être réédité il y a peu chez Milady. Au format poche et donc au prix attractif pour ses 550 pages, il s’agit en fait du premier tome de la série Tales of the Ketty Jay en version originale. Servi par une très jolie illustration de Miguel Coimbra, je me suis précipitée dessus, alléchée par le côté PiratesScience-Fiction annoncé dans son résumé. D’ailleurs synopsis ?

Frey, Tome 1, de Chris Wooding

Frey, capitaine de la Ketty Jay, est un pirate comme il se doit, mêlant binouze et affaires louches. Alors quand on lui parle d’un coup à 50 000 pièces d’or, il n’hésite pas bien longtemps avant d’entrainer son équipage disparate avec lui. Sauf que malheureusement, tout est trop beau pour être vrai et de terribles choses l’attendent.

Frey est une série qui fait forcément beaucoup penser au cador du genre, Firefly ou encore à Metal Adventures: des pirates de l’espace, un mélange entre l’univers terriblement 17ème de la piraterie, et un univers ultra futuriste de multiples planètes à la Star Wars. Si vous avez vu la série de Joss Whedon, vous retrouverez immédiatement vos marques, et pourrez donc super facilement imaginer l’univers et l’esthétique du bouquin. Un vrai régal donc, pour tous les amoureux de ces deux domaines, mais surtout très bien mené et qui fonctionne  très bien. Il peut donc du coup être conseillé à des personnes qui ne sont pas forcément habitués de la Science-Fiction. Personnellement, c’est un mélange que j’adore.

Le roman est le premier d’une série qui en compte pour le moment trois, le tome 2 venant de paraître chez Bragelonne, du coup, la bonne première partie du roman sert surtout à introduire les personnages. L’univers n’est pas forcément traité en détails, on sait qu’il y a un ordre établi (des ducs) et qu’il y a eu des guerres, mais c’est tout. On est catapultés dedans, et dans l’absolu on n’a pas forcément besoin d’en savoir plus. Je suppose qu’on en apprendra davantage dans les prochains tomes, mais en réalité, les personnages sont tellement bons, qu’ils éclipsent totalement l’univers.

Frey, Frey Tome 1, de Chris Wooding

L’éventail des personnages est surtout composé par l’équipage de la Ketty Jay. Un équipage pour le moins bariolé, mais Chris Wooding réussit très rapidement à donner vie à ses héros. J’ai particulièrement aimé Frey, le capitaine, qui n’est pas sans rappeler Han Solo par bien des points, et Crake, démoniste et personnage torturé tout en secrets. Mais il y en a pour tous les goûts, et je serais étonnée que vous ne trouviez pas votre chouchou.

En plus de ces personnages forts et très vivants, l’auteur propose là un tome sans le moindre temps mort. En réalité, il n’y a même pas d’introduction, on est directement plongé en pleine scène d’action, sans nous présenter les personnages. C’est quelque chose qui, lorsque c’est bien mené, permet de directement entrer dans le bouquin, et là, c’est le cas. L’action est menée tambour battant, il n’y a que peu d’atermoiement, et l’équilibre entre complots et baston est très bien mené. On ne s’ennuie pas une seule seconde et du coup les 550 pages se dévorent à toute allure.

Frey, Tome 1, de Chris Wooding Au final, ce premier tome de Frey se suffit à lui même, l’histoire évoquée se termine à la fin et ne vous force pas à tout de suite vous précipiter sur la suite, même si au vu de la qualité  de ce premier tome, je pense que vous ne tarderez pas à succomber à la suite. Je ne vois  pas un seul reproche à faire à ce premier tome, pas même au niveau de la traduction de Laurent Queyssi ou au niveau de l’édition.

C’est un sans faute, Chris Wooding nous offre là un univers passionnant, un roman à la qualité constante et haletant, une galerie de personnages riche et haute en couleurs. Bref, précipitez vous dessus, vous ne serez pas déçus !


Réminiscences est le premier volume de la trilogie Les Larmes Rouges de Georgia Caldera et qui est paru le mois dernier aux éditions Chat Noir. Ce premier tome fait 540 pages, pour un format assez gros, ce qui le rend malheureusement un peu délicat à transporter. Il est servi par une très jolie illustration de l’auteure elle même, représentant l’héroïne du roman. Synopsis ?

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia Caldera

Cornelia, jeune fille mal dans sa peau, tente de se suicider en sautant d’un pont. Elle est sauvée in-extremis par un passant. Son père décide de s’occuper d’elle et l’emmène dans la maison familiale en Touraine pour que la jeune fille puisse se ressourcer. C’est sans compter le voisin, le châtelain De Maltombe, qui jouit d’une mauvaise réputation et qui semble avoir un comportement assez étrange… Comme celui de préférer la nuit pour sortir, ou encore ne pas manger…

Tout d’abord, c’est le premier roman que je lis aux éditions du Chat Noir, je n’avais auparavant lu qu’un recueil de nouvelles, Le Lamento des Ombres, qui était d’ailleurs excellent. Le papier est de bonne qualité,  assez épais et facile à lire. Par contre il faut dire que c’est assez dense, les  titres de chapitres sont dans la même taille ou presque que le texte, et il n’y a pas beaucoup d’aération. Cela s’explique car le roman aurait été bien plus gros (et donc plus cher) sans cela, mais cela rend aussi la lecture moins agréable. Il faut néanmoins saluer ce point, car il est rare que les jeunes auteurs français publiés dans de petites maisons prennent le risque de proposer un gros livre.

Le style de Georgia Caldera est cependant très agréable. Son univers et ses personnages sont très bien décrits, mais sans tomber dans les répétitions ou les lourdeurs. Le style est précis et permet de facilement visualiser l’univers. Visualisation qui est aussi aidée par les nombreuses illustrations qu’elle a publié sur son site internet. Le roman se déroule en Touraine, ce qui n’est pas très loin de là où j’habite, et cela aussi ça aide énormément pour imaginer le roman et son univers.

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia Caldera

Un artbook avec des illustrations de l'auteur pour la sortie est aussi disponible

L’histoire se démarque de la plupart des productions actuelles. On est dans un roman de vampires assez traditionnel, et même si on sent vite venir la relation amoureuse, on est plus proche d’un Anne Rice que d’un Stephenie Meyer, ce qui a tout pour me plaire. L’auteur ne lésine d’ailleurs pas sur les scènes gores, qui sont traitées sans détour. Du coup, bien que j’ai vu le roman être placé dans le rayon jeunesse de ma librairie, je ne le recommanderai pas forcément aux plus jeunes.

Ce premier tome prend le temps de placer les choses, et notamment les relations de Cornelia avec son étrange voisin. En réalité on alterne entre des événements qui se sont passés plusieurs siècles auparavant, et le présent. Sauf que comme souvent dans ce genre d’histoires sur deux périodes, il y en a une qui est plus intéressante que l’autre. Et ici le passé est plus interessant que le présent, ce dernier, notamment dans le milieu du livre ayant tendance à tirer en longueur, pour ne pas paraître trop précipité. Cependant l’intrigue n’est pas laissée de coté et cette dernier est maitrisée de bout en bout. Pas de pirouettes ou d’incohérence, le monde et l’intrigue sont cohérents, et la pression monte petit à petit. Georgia Caldera réussi à retranscrire les atmosphères légères et de la vie courante comme les scènes d’horreur et d’angoisse. Le roman oscille d’ailleurs fréquemment entre onirisme et horreur.

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia CalderaLes personnages prennent  le temps de se dévoiler, et j’ai particulièrement apprécié la justesse du personnage de Cornelia. 19 ans, un peu rebelle et un peu suicidaire, c’est un type de personnage casse-gueule mais l’auteur s’en sort extrêmement bien, la jeune femme est crédible et il est facile de s’identifier à elle. Je suis un peu plus réservée sur De Maltombes qui lui colle plus au stéréotype du vampire. Les personnages secondaires sont presque inexistants dans la première partie du roman, puis sont introduits petit à petit, et je dois dire que certains sont fort intéressants.

Au final, ce premier tome des Larmes Rouges est un livre ambitieux et dense, qui augure du meilleur pour la suite. Si vous aimez les vampires, mais pas ceux qui brillent au soleil, je ne peux que vous le recommander. L’univers assez sombre et onirique de l’auteur devrait plaire aux déçus des dernières productions vampiriques. M’est avis qu’on reparlera très bientôt de cette série dans nos colonnes.


C’est Lundi, que lisez vous ? #27

Serafina dans Actualités, Livres le 19 décembre 2011, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après une semaine de vide, nous voilà de retour !

dabYo

Chien du Heaume de Justine NiogretJ’ai tout d’abord commencé et terminé Chien du Heame de Justine Niogret, Prix des Imaginales 2010 que Serafina avait particulièrement apprécié l’année dernière. J’ai profité de sa sortie en poche chez J’ai Lu et je dois dire que je n’ai pas été déçu. C’est un très agréable mélange des genres, entre la Fantasy classique et l’image que je me fais des contes d’antan, en passant par la tragédie du plus pur effet. Les déboires de Chien et la palette haute en couleurs des personnages est un vrai plaisir.

J’ai ensuite enchainé sur un Honor Harrington, le tome 11 pour être exact, qui est la première partie de l’arc En Mission. J’avais déjà fait une incursion dans l’univers de Hard Science-Fiction de David Weber avec l’Ombre de Saganami , et le mélange entre Space Opera, politique et batailles navales m’avait bien plu. Toujours aussi précis mais déroutant, je suis pour l’instant très enthousiaste sur l’histoire.

Serafina

Cette semaine, j’ai terminé le premier tome de Frey, la série pirates-SF de Chris Wooding, et j’ai adoré. Le roman est d’excellente qualité du début à la fin, plein d’action, de rythme, d’humour et tout. Les personnages ne sont pas en reste et j’ai vraiment hâte de lire le tome 2. Bref, un must-read.

Journal de Kurt CobainJ’ai aussi laissé libre cours à mon amour des auto-biographies de rockstars héroïnomanes en lisant le Journal de Kurt Cobain, paru aux éditions 10-18. Entre paroles de chansons, brouillons d’articles et autres réflexions philosophique, ce n’est pas forcément aisé à lire, le défunt leader de Nirvana passant du coq à l’âne, les journaux n’étant pas datés, et le bouquin ne replaçant pas dans le contexte.

Ceci dit, c’est un recueil très intéressant, qui permet de découvrir l’icône sous un autre jour, engagé, véhément, et très lucide. Faudra que je me lise une biographie du groupe un de ces quatre.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


The Heroin Diaries, sous titré A Year in the Life of a Shattered Rock Star est un roman autobiographique de Nikki Sixx, bassiste et mastermind de Mötley Crüe, aidé sur le coup par Ian Gittins. Le bouquin regroupe les journaux que la rock star a tenu durant l’année 1987, entrecoupés d’interventions des protagonistes de l’époque regroupés pour l’occasion par Ian Gittins. On y retrouve bien sur les autres membre du groupe, mais aussi les petites amies, les managers, les agents de sécurité et d’autres membres de la scène de L. A. des années 80, notamment un certain guitariste à chapeau, qui apportent un regard plus externe aux scènes décrites dans le journal.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian Gittins

Il y a un an, vous m’auriez proposé le livre, je n’aurais sans doute pas été intéressée, Mötley Crüe est un groupe que j’aime beaucoup oui, que j’ai vu au Hellfest 2009, mais les autobiographies, je m’en méfie comme la peste. Surtout lorsqu’elles incluent des parties supposément écrites il y a des années. Il peut sembler assez étrange d’imaginer une rock star connue pour ses paroles sur le sexe et la drogue, habillé en cuir et ultra maquillé écrire dans une sorte de journal intime, mais après tout on n’est pas à une exubérance près. Je ne suis pas une douce utopiste et je suppose que pas mal des journaux ont été retravaillés et  c’est pour cela que je me méfiais, m’attendant à trouver une soupe sans intérêt.

Et puis, à force de suivre le compte de la star sur Tumblr et Twitter, je me suis rendue compte que Nikki Sixx avait l’air loin d’être con, et qu’il était en prime un vrai artiste. Vous y ajoutez une belle couverture et une édition anglaise sur papier glacé absolument magnifique, et voila, j’étais partie. Car en effet, la première chose à dire, c’est que l’objet est magnifique. Un soin particulier a été apporté aux polices, très grungy, ainsi qu’aux pages en elles même tour à tour rouges, blanches ou noires, avec des éclaboussures. Il y a aussi des petites illustrations de Paul Brown, dans un style très dark-punk, des illustrations de seringues, de junkies, etc. Bref, c’est un réel plaisir à feuilleter.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian Gittins

A ce propos, je pense que pour ce livre, il est préférable d’avoir un tant soit peu de connaissances sur l’histoire de Mötley Crüe. Si le livre est très agréable à lire, plein d’humour, etc, sans les bases, vous passerez à coté de pas mal de trucs. Le musicien ne revient absolument pas sur l’historique du groupe ou quoique ce soit, on est catapultés en 87 et vogue la galère. Il est aussi important de signaler que le roman est très cru et pourra potentiellement choquer les âmes sensibles.

Le style d’écriture est plutôt agréable. Je l’ai lu en VO, et l’écriture est fluide, la difficulté de compréhension est quant à elle un peu élevée, notamment parce qu’il utilise énormément l’argot, autour des drogues en particulier, et que je ne possédais pas ce vocabulaire. Je ne sais pas ce que vaut la traduction française, opérée par les éditions Camion Blanc, mais je pense que si vous n’avez pas forcément un bon niveau en anglais il faudra plutôt vous diriger vers celle-ci.

The Heroin Diaries de Sixx:Am

Le roman est accompagné d'un album Soundtrack du group Sixx A.M.

Le journal commence à Noël 1986 et se termine à peu près à la même époque en 1987. Et le choix de le centrer sur l’année 87 n’est pas anodin. Outre le fait que cela soit l’année de naissance de votre servante, c’est surtout celle de la sortie de l’album Girls, Girls Girls et de la tournée qui s’ensuivit, véritable succès mais aussi tournée de déchéance la plus totale au niveau éthylique. Une véritable descente aux enfers pour celui qui sera notre héros dans le livre, vu qu’il terminera avec une overdose et sera déclaré cliniquement mort avant d’être réanimé à coup d’adrénaline dans le cœur. Un mal pour un bien, car cela donnera l’excellent KickStart My Heart. De ce fait, c’est une année passionnante, et riche en péripéties. On suit le quotidien de « Rock Star », avec ses cotés pas toujours glam.

Pendant cette année, Nikki Sixx écrit régulièrement dans ses carnets qu’il appelle son journal, racontant sa vie, ses petites anecdotes, mais aussi ses (bad) trips. Car il est junkie et pas qu’un peu. L’héroïne le rend totalement paranoïaque, et il n’est pas rare qu’il passe trois jours enfermés dans un coin de sa maison car il est persuadé qu’il y a des mexicains dans la cour. La drogue cachant une dépression assez importante, l’écriture n’est pas celle de quelqu’un de sain mentalement, et sur bien des points les journaux puent l’authenticité.

On n’invente pas ce genre de choses, c’est le genre de situations mentales qui ne permettent pas de tricher. Alors oui, il y a sans doute eu du gros re-travail, mais ça m’a donné l’impression d’être face à des écrits sincères et véridiques. Et du coup pas forcément très drôles. Les passages où Nikki est au plus bas sont très sombres, très dépressifs, et vous touchent beaucoup.

Mötley Crüe

Nikki Sixx (au fond au centre) avait pas vraiment l'air de tenir un journal intime

Cependant, à coté de cela, il y a aussi le délire de la vie de rock star, notre « héros » passant d’un extrême à l’autre. Certaines situations décrites dans le livre sont proprement hallucinantes, comme quand Nikki et Tommy Lee, le batteur, shootés à mort, s’injectent du Jack Daniel’s dans les veines car il ont simplement oublié qu’on pouvait « boire », ou ses remarques sur l’absence totale de douche depuis trois semaines, la liste des fringues qu’il emporte en tournée (en tout et pour tout, un pantalon en cuir), etc. Les passages sont involontairement drôles mais quand même, il m’est arrivé de rire à plusieurs reprises. Du coup, on alterne entre rires et dépression, sans temps mort.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian GittinsAu final, j’ai adoré The Heroin Diaries. Les moments de dépression me parlent énormément, les passages drôles m’ont beaucoup fait rire, un humour absurde mais je suis bon public. Cela permet aussi de donner un éclairage différent sur ce grand groupe de rock et ses relations avec les autres groupes de l’époque, Guns N’ Roses notamment. Le fait de faire intervenir 20 ans après les protagonistes permet aussi d’avoir un avis un peu plus objectif. Il s’agit évidemment d’une bio à prendre avec des pincettes , mais extrêmement intéressante et passionnante.

Si vous aimez un tant soit peu Mötley Crüe, je vous recommande chaudement ce roman dont la traduction a été publiée par Camion Blanc au début de l’année.


Imaginaerum de Nightwish

Serafina dans Critiques, Musique le 7 décembre 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Après Dark Passion Play qui m’avait plutôt convaincue et l’arrivée d’Anette Olzon au chant à la place de Tarja Turunen, Nightwish aura mis 4 ans pour sortir son nouvel album, Imaginaerum. Pour ce deuxième album post-Tarja, le groupe a vu grand, et prévoit notamment de faire un film autour de cet album qui a été composé comme une bande originale. C’est donc un concept-album sorti le 30 novembre en Finlande qui vient d’arriver dans l’hexagone.

 Imaginaerum de Nightwish

La pochette reste très classique, bleue et dans la droite lignée de celle de Dark Passion Play, c’est surchargé et à la limite du kitch mais on a l’habitude. Elle est réalisée par Janne « Toxic Angel » Pitkänen à qui l’on devait celle de l’album précédent et des singles qui en ont été tirés. Il se compose de 13 morceaux pour une durée d’une heure quinze. Contrairement aux habitudes, l’album commence par une réelle introduction, parlée, totalement en finlandais qui explique probablement le concept.

Dans l’ensemble les habitués des derniers Nightwish ne seront pas dépaysés, on sent clairement la patte du claviériste-compositeur Holopainen, dans les riffs très nightwishiens, et dans la conception même des morceaux : les chœurs d’enfants sur plusieurs morceaux, les breaks symphoniques un peu chargés. Bref, c’est une suite assez logique du précédent. Cependant, contrairement à ce qu’on a pu reprocher à certains albums précédents, celui ci ne fait pas dans la facilité, et qu’on aime ou pas, il est impossible de ne pas saluer les risques pris par le groupe pour Imaginaerum, qui se transforme en un gigantesque melting-pot. Cela est probablement dû au coté concept-album: un vieil homme redevenant enfant dans un monde onirique, vivant du coup pas mal de choses, les chansons en elles même n’ont pas tant d’unité que cela. Enfin, si, mais par lot. Mais entre l’ABBA-esque Storytime, l’avant-gardiste Ghost River et la ballade celtique Turn Loose the Mermaids, il y a d’énormes gouffres.

Imaginaerum de Nightwish

Au niveau du chant, cette fois ci, les textes ont été écrits pour la voix d’Anette, de ce fait elle est beaucoup plus à l’aise sur la majorité des titres. Si on perd évidemment quelque chose avec le départ de la soprano Tarja, qu’on aime ou non, la nouvelle chanteuse fait son propre style, plus enlevé et aérien que la précédente. Elle montre d’ailleurs une sacré palette entre le coté jazzy sur Slow Love Slow, le coté très pop suédoise de Storytime, des vocaux plus agressifs, ou plus nasillards (que je n’aime pas du tout) sur Scaretale. Elle est très versatile, et sa voix a quelque chose de très expressif. Le deuxième vocaliste, Marco Hietala reste lui égal à lui même, efficace. Il en résulte des lignes de chant originales et super entrainantes notamment sur le refrain de I Want My Tears Back ou Ghost River.

Pas mal de morceaux montrent une réelle originalité, et surtout des inspirations très variées. Inspirations cabaret, avant-garde ou Burtonniennes en premier. Scaretale est une pièce de 7 minutes, extrêmement théâtrale avec son dialogue et son coté « cabinet des horreurs » aux accents cauchemardesques, qui flirte avec le burlesque et ferait penser à des groupes Steampunk, alors que Arabesque fait dans l’orientalisant symphonique avec des bouts de Ennio Morricone dedans. Nightwish montre là aussi une patte beaucoup plus Folk avec notamment de la cornemuse sur plusieurs titres, qu’on retrouvera par exemple dans le très bon Ghost River, piste assez énervée au refrain très très sympa et qui n’est pas sans rappeler Diablo Swing Orchestra. Turn Loose the Mermaids fait beaucoup penser à une ballade celtique, c’est d’ailleurs la ballade la plus réussie de l’album, à mon avis.

Imaginaerum de NightwishNightwish a toujours été un groupe qui osait le mélange des genres, et c’est encore plus le cas ici, son Metal est mélangé au symphonique, avec du folk, de l’avant garde, de la BO, et même du piano-bar. Malheureusement, avec une palette aussi large, on ne peut pas plaire à tout le monde… Personnellement, je ne supporte pas Slow Love Slow que je trouve mièvre et sans intérêt, et je zappe les passages parlés du morceau Song of Myself (long de 14 minutes, dont la moitié consiste en poèmes récités par les proches du groupe) car ils m’ennuient, tandis que Rest Calm, trop classique, m’indiffère. De même, j’ai tendance à zapper le dernier morceau, Imaginaerum, qui bien qu’il ait donné son titre au CD est en fait un résumé instrumental reprenant les main riffs des autres morceaux. Tuomas déclare l’avoir imaginé comme le générique de fin d’un film, le moment où défilent les crédits, et oui c’est exactement cela, mais ça ne m’intéresse pas vraiment.

Imaginaerum recèle cependant de réelles perles, originales, où Nightwish et particulièrement Tuomas ont osé et semblent s’être fait plaisir. Ces morceaux, Scaretale, Ghost River, Last Ride of the Day en tête, rendent magistralement bien et justifient largement l’acquisition ou en tout cas l’écoute de l’album. Le coté concept-album est ambitieux et amène malheureusement des écueils avec lui, comme pour toute BO d’ailleurs, mais qui sont relativement bien contrebalancés par de très bons morceaux. Ça me donnerait même envie qu’ils passent au Hellfest 2012.


C’est Lundi, que lisez vous ? #26

Serafina dans Actualités, Livres le 5 décembre 2011, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Un rendez-vous manqué avec l’ophtalmo m’a permis de terminer plus rapidement que prévu Les Tangences Divines, le dernier roman de Franck Ferric. Ce fut une lecture agréable qui m’a vraiment fait penser au mélange d’un roadmovie avec du Fantastique, un peu de religieux et beaucoup de trip. Finalement, je n’aurai que peu de reproches à lui faire, si ce n’est quelques tournures et un présent qui me laissent perplexe. Un roman original et rafraichissant en tout cas.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de King, Snyder et AlbuquerqueJ’ai aussi lu Sang Neuf, le premier tome d’American Vampire, un comic créé par Scott Snyder, co-scénarisé par Stephen King pour ses premiers chapitres et mis en image par Rafael Albuquerque.

Je dois avouer que c’est d’abord ce premier point qui m’a plu, car le style graphique est tout bonnement sublime. Mais avec un mélange vraiment intéressant de vampires et de Western et une narration excellente, ce coup d’essai m’a convaincu de continuer la série et de lui donner sa chance.

Et puis les personnages, bien qu’un poil caricaturaux, restent très charismatiques.

Serafina

Cette semaine j’ai terminé The Dirt, l’autobiographie de Mötley Crüe. Après une excellente première partie, la deuxième de cette dernière est moins fun, le groupe étant englué dans ses problèmes personnels, relationnels et d’égo. Cependant le coté descente dans l’oubli est très intéressant.

Dommage cependant que la bio s’arrête à 2001 et donc ne traite pas de la reformation, ni de la période de composition de l’excellent Saints of Los Angeles.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


J’avais adoré Le Cri du Loup, premier tome de Alpha & Omega, une série spin-off de Mercy Thompson écrite par Patricia Briggs. De ce fait, partant en formation à Paris et ayant beaucoup de trajets à faire, j’ai vite embarqué le tome 2 avec moi. Servi par une jolie couverture violette,Terrain de Chasse fait environ 300 pages et est disponible chez Milady depuis quelques mois maintenant. Synopsis ?

Terrain de Chasse, Alpha & Omega Tome 2, de Patricia Briggs

Bran le Marrok a pour projet de révéler l’existence des loups-garou au grand public. A cet effet, il réunit à Seattle les représentants des loups européens. Son fils Charles est chargé de leur présenter le plan de Bran et de les convaincre de s’y soumettre. Il emmène avec lui Anna, l’Omega. Comme il faut s’en douter, tous les loups ne voient pas cette idée d’un très bon œil et Anna pourrait bien être la cible d’attaques.

L’histoire de la révélation des loups au grand public avait déjà été abordée dans la série Mercy Thompson, mais il est du coup très intéressant de découvrir ce qui s’est déroulé avant cette décision et comment elle a été prise. Cet événement permet de bien relier les deux séries, sans pour autant les rendre dépendantes l’une de l’autre. L’arrivée des loups européens dans la partie est l’occasion de s’intéresser un peu à ces derniers, au fonctionnement un peu différent des loups américains. On va notamment y trouver deux personnalités hautes en couleurs, dont je ne vous en dirais pas plus. On ne revoit malheureusement pas Asil, le personnage qui m’avait tant plu dans le tome précédent, mais Arthur, l’alpha Britannique, est un personnage que j’ai adoré.

Ce deuxième tome comporte beaucoup de politique, ce qui n’est pas désagréable, pour assez peu d’action. En réalité, c’est l’un des réels avantages de la série. Si Mercy est aux prises avec des loups individuels et doit régler des problèmes relativement personnel, Charles, étant le bras armé du Marrok est impliqué dans des problèmes d’un tout autre niveau, concernant tous les loups. De ce fait, il en connait aussi beaucoup plus sur le monde des loups-garou (la magie de la meute, etc). Cela rend le roman passionnant du coup. Patricia Briggs a créée là un univers complexe, profond, et qui se démarque clairement de toutes les autres productions Bit-Lit. Si Anita Blake a été l’instigatrice et a posé de nombreuses bases, l’univers de Mercy Thompson est de ce que j’ai pu lire, l’un des plus complets, complexes et cohérents.

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Adapté en comic, le précédent tome (Le Cri du Loup) n'a malheureusement pas eu un très bon accueil critique

Les tractations tout au long des négociations sont pleines de suspens et de tension. Charles se révèle un héros sympathique et Anna n’est pas en reste, ils ne sont pas trop caricaturaux ni stéréotypés, de ce fait il est assez facile de rentrer dans l’histoire, même si ce n’est pas forcément leur personnalité qui marquera le plus le lecteur, au contraire de certains personnages secondaires. J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que la romance ne prenne jamais le pas sur l’histoire, c’est souvent un travers des romans du genre, et là pas du tout, pas de triangle à la con, nada. C’est tant mieux et pourvu que cela reste ainsi. Je sais, je le répète à chaque chronique, mais c’est tellement courant dans le genre que le signaler est presque indispensable.

Terrain de Chasse, Alpha & Omega Tome 2, de Patricia Briggs Le style de Patricia Briggs est toujours aussi fluide et très facile à comprendre, ni trop neuneu ni trop complexe. Il sert l’histoire voilà tout, mais ne sera pas non plus inoubliable. La traduction d’Eléonore Kempler est de bonne facture, je n’ai pas grand chose à y redire.

Au final, Terrain de Chasse est vraiment un très bon tome et fait office de confirmation. La série Alpha & Omega est d’excellente facture et je la placerai même au dessus de Mercy Thompson que j’apprécie déjà tout particulièrement. C’est le dernier tome actuellement paru, la suite étant prévue pour Janvier 2012 aux États-Unis, il va donc falloir prendre son mal en patience.

Mais je ne suis pas vraiment sûre de réussir à attendre la sortie française…