C’est Lundi, que lisez vous ? #33

Serafina dans Actualités, Livres le 13 février 2012, avec 9 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

Serafina

Je suis toujours et encore sur Ghost Stories, et j’ai l’impression de pas m’en sortir. J’approche de la fin et heureusement car pour le moment, à part les deux nouvelles citées les semaines précédentes aucune ne m’a vraiment accrochée. Il faut croire qu’écrire une histoire de fantôme dans un recueil de fantôme ne soit pas un exercice facile. Comme on s’attend à un fantôme, on est sur nos gardes et du coup les 3/4 des twists préparés par les auteurs tombent à l’eau, la surprise et l’effet escomptés ne sont pas au rendez-vous.

Le Dernier Vampire de Jeanne Faivre d’ArcierEn parallèle je lis Le Dernier Vampire de Jeanne Faivre d’Arcier, auteur française éditée chez Bragelonne. Pour le moment je dois dire que j’aime énormément.

On est dans une vraie histoire de vampires, sorte de mélange de Sire Cédric époque polar, de Fred Saberhagen pour les références à la révolution française, et un peu de Anne Rice pour le coté très sensuel des vampires. Je dois dire que je suis conquise par ce roman qui se lit très vite.

J’en suis au tiers et je pense l’avoir terminé la semaine prochaine !

dabYo

Ma lecture de Matricia de Charlotte Bousquet est maintenant bientôt terminée. Il me reste grosso modo une cinquantaine de pages, et j’ai vraiment hâte de les lire. La pression du duel que se livrent les deux sorciers est bien montée au fil des chapitres, des souvenirs évoqués autour du jeu des cartes. Un vrai régal et une belle maîtrise du côté dramatique des récits, désespérés à souhait.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Parmi les dernières sorties des éditions Camion Blanc se trouvait l’Abécédaire des musiciens en galère – et de ceux qui les voient ramer de Nicolas Muller. J’attendais la sortie de ce livre depuis son annonce. En effet, Nicolas Muller, batteur de Metal français connu sous le pseudo de Ranko, se proposait de nous montrer un peu ce qu’il y a de l’autre coté de la scène, dans les coulisses, nous entrainer dans le quotidien de milliers de musiciens. Le fait qu’il soit français et (ex-)membre de formations françaises reconnues mais loin des superstars promettait une analyse somme toute plus réaliste du quotidien de musicien que les bouquins de Nikki Sixx.

Abécédaire pour les musiciens en galère - et ceux qui les voient ramer

Le roman se découpe en plusieurs grandes thématiques, Les débuts, Les premières scènes, Le chemin vers la gloire, etc. Chacune des partie comporte donc 27 termes : définitions, anecdotes, conseils en tout genre, pour la plupart tirées de l’expérience personnelle de l’auteur, ou de personnes qu’il a côtoyé au long de sa carrière.

Nicolas Muller alias Ranko

Nicolas Muller alias Ranko

Le style tout d’abord est vif, direct, mais non dénué d’humour. En effet on rit pas mal à la lecture de ce livre, pas forcément de la manière voulue par l’auteur. Du comique de situation, de l’absurdité ou le surréalisme de certaines scènes notamment. On voit l’auteur nous expliquer par a+b quels sont les meilleurs endroits pour piquer un roupillon avant un concert (pas derrière le camion, si on en croit les récents accidents). Ce n’est pas vraiment le genre de choses que l’on trouve dans n’importe quel livre, avouons le. L’auteur écrit bien, c’est fluide, et son ton n’est ni paternaliste ni trop défaitiste.

Mais le plus important c’est le contenu. Et celui ci est excellent, vraiment. Tout d’abord, on sent la vérité, on sent l’expérience, les galères des plans foireux, les tournées éprouvantes, l’hygiène déplorable. Ce qu’on connait de loin quand on traine avec des gens du milieu, ou qu’on soupçonne quand on réfléchi deux secondes, est bien traité, sans complaisance, sans trop de partis pris. Tous ces petits détails qui font d’un métier ce qu’il est, toutes ces petites choses auxquelles on ne pense pas.

Le livre est utile pour les jeunes musiciens, car il permet d’éviter certains écueils et Nicolas Muller donne des conseils pratiques, facile à mettre en œuvre, sur des points auxquels on ne pense pas forcément quand on débute. C’est comme quand on va à son premier Hellfest, si personne ne nous le dit, on ne pense pas aux bottes de pluie, ni à se faire une robe en sac poubelle. Les situations à éviter pour avoir un line-up stable, les premiers concerts sont des chapitres truffés de bons conseils à mettre dans toutes les mains.

Abécédaire pour les musiciens en galère - et ceux qui les voient ramerMais c’est aussi un bouquin utile pour les amis, les potes qui comprennent pas toujours, ou bien les petits chroniqueurs, comme nous. Car on n’est pas dans le même monde, il y a des choses qu’on ne peut pas deviner si on ne l’a pas vécu. Et c’est passionnant, c’est parfois cru, mais c’est un bouquin à lire absolument si on s’intéresse de près ou de loin au milieu du Metal en France. L’auteur n’a pas de tabou et est très réaliste sur le marché et l’absence de reconnaissance du genre dans notre contrée. Quelque part, c’est limite déprimant, d’ailleurs.

En tout cas, cet Abécédaire des Musiciens en Galère, français, au style  agréable, bourré d’humour et de réalisme est un livre que je vous recommande plus que chaudement, quelque soit votre connaissance du milieu vous en apprendrez toujours. Et vous rigolerez aussi, beaucoup. Une excellente publication des éditions Camion Blanc.


C’est Lundi, que lisez vous ? #32

Serafina dans Actualités, Livres le 6 février 2012, avec 13 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Matricia de Charlotte BousquetJe suis toujours dans les premiers chapitres de Matricia de Charlotte Bousquet, bien que mon rythme de lecture soit désormais bien plus rapide. Et pour cause, puisque le roman de l’auteur française est vraiment passionnant. On retrouve la même ambiance que dans ses autres récits concernant l’Archipel des Numinées, avec en plus une structure narrative très sympathique qui va être l’habile occasion pour l’auteur de nous faire découvrir le passé de deux personnages charismatiques. Très prenant.

C’est d’autant plus agréable lorsqu’on se rend compte que Matricia vient parfaitement s’appuyer sur la nouvelle que j’ai lu dans l’anthologie Victimes et Bourreaux, et qui me donne envie de découvrir celle qu’elle avait écrit pour Magiciennes et Sorciers.

Serafina

Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha LevetJ’ai continué le recueil de nouvelles Ghost Stories, mais sans grand enthousiasme. A part les deux nouvelles que j’évoquais la semaine dernière, aucune ne m’a réellement marquée, et certaines m’ont même agacée à cause de leurs similitudes trop marquées avec d’autres nouvelles du même recueil. Un peu dommage sur 17 nouvelles de se retrouver avec deux nouvelles sur le même thème et le même twist final. Il me me reste que 150 pages et j’espère que je préfèrerais la fin.

J’ai aussi lu Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran par Natacha Levet, un écrit assez universitaire de 200 pages sur le mythe Sherlock : sa naissance, son gain rapide de popularité et ses différentes adaptations. Natacha Levet s’intéresse aussi aux réécritures du mythe et à l’importance du Canon. Une étude passionnante, qui coïncide bien entendu parfaitement avec la sortie de Sherlock Holmes 2: Jeu d’Ombres de Guy Ritchie, que je comptais aller voir ce week-end mais que j’ai du annuler pour cause de neige.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Le Mal en la Demeure, premier tome du cycle des Âmes Déchues de Stéphane Soutoul avait été un de mes coups de cœurs de l’année 2010. J’avais adoré ce premier opus et de ce fait, j’étais très enthousiaste à l’idée de lire Le Sacrifice des Damnés, deuxième tome sorti il y a quelques semaines aux éditions du Petit Caveau. Illustré lui aussi par Cécile Guillot, ce roman de 180 pages ne m’a pas résisté bien longtemps. Synopsis ?

Le Sacrifice des Damnés de Stéphane Soutoul

Paul de Lancarme revient après de longues errances au domaine familial, celui des Lancarme, chasseurs de vampires renommés. Cependant il retrouve l’endroit à feu et à sang. Pire encore, sa sœur Leonore est portée disparue. Cette dernière et son fiancé Norman ont en effet été enlevée par une organisation pas très recommandable qui a de près affaire avec des vampires.

Bien que pouvant se lire totalement indépendamment du premier tome Le Mal en la Demeure, je ne peux que vous conseiller de lire d’abord celui ci. Il s’achevait en effet sur une présentation de Leonore, et effectivement cette dernière est cette fois au centre de l’intrigue. Bien qu’étant une suite assez directe, Le Sacrifice des Damnés s’en démarque sur plusieurs points. Si le premier tome était très contemplatif, ici on a un roman beaucoup plus rythmé, notamment grâce aux alternances de points de vue qui rendent le bouquin beaucoup plus haletant.

Stéphane Soutoul

Stéphane Soutoul

Les atmosphères sont toujours très agréables et jolies, mais on est moins dans la langueur et le mélancolique. Le style de Stéphane Soutoul est très agréable, et là encore, se lit très bien. Même si j’ai été enchantée du style de l’auteur dès ses premières nouvelles, l’amélioration est notable, avec une écriture toujours un peu désuète, mais plus fluide à la lecture.

Passer à un tome d’action n’est souvent pas un exercice aisé, cependant Stéphane Soutoul s’en sort plutôt bien. Le rythme ne faiblit pas et du coup le roman se lit très vite. Si le premier n’avait que très peu de protagonistes, celui ci en a beaucoup plus, et la plupart sont très réussis, je pense à Paul, à Leonore, à Norman son fiancé ou à Selene notamment. Seul point noir, le personnage de Sofia qui m’a joyeusement insupporté, correspondant trop à mon gout au stéréotype de la femme trop belle, qui sait trop bien se battre mais meurtrie. Elle est beaucoup moins en nuances que les autres, dommage.

C’est aussi l’occasion de voir l’auteur préciser sa version du mythe vampirique, qui est à la fois classique et originale. Le roman sent aussi les relents de sorcellerie, de démoniste, qui ne peuvent que me réjouir. Évidemment, 180 pages c’est assez court, donc tout n’est pas creusé en profondeur. On va à l’essentiel et ne se perd pas en chemin. Les événements relatés se déroulant d’ailleurs sur un laps de temps très court.

Le Sacrifice des Damnés de Stéphane SoutoulEn réalité le roman se compose de 150 pages qui constituent l’intrigue principal, puis une partie d’une trentaine de pages, qui permet de nous présenter ce qui sera sans doute le héros du prochain tome du cycle. Sans trop vous en dévoiler, je dois dire que j’ai été totalement enchantée par la tournure que semblent prendre les événements !

Encore une fois, cette publication de Stéphane Soutoul est une très bonne lecture, que je vous conseille fortement. Si vous avez aimé Le Mal en la Demeure, ou si vous aimez les vampires qui ne brillent pas au soleil, je ne peux que vous conseiller de découvrir la famille de Lancarme. Le Sacrifice des Damnés est un très agréable moment de lecture, que vous ne pourrez lâcher avant la fin.


Strange Angels est une série qui compte actuellement 5 tomes de Lili St. Crow, que vous connaîtrez peut être pour ses écrits Bit-Lit sous le nom de Lilith Saintcrow. Le premier tome, titré au nom de la série donc, est sorti en France juste avant les fêtes de fin d’années aux éditions Castelmore. Pour être honnête, la couverture ne me plaisait pas trop, un peu trop « ado », et le résumé officiel ne m’avait pas vraiment palpitée, mais j’avais eu de très bons retours de cette auteure. Elle officie cette fois dans le Young Adult. Synopsis.

Dru de Strange Angels de Lili St Crow

Dru sillonne les États-Unis avec son père. Ce dernier a une activité un peu spéciale, vu qu’il est chasseur de vampires. Le surnaturel est donc ancré depuis longtemps dans la vie de Dru, et elle n’est pas étonnée d’avoir des prémonitions, ou autres. Sauf que ce jour là, la prémonition dramatique se réalise et elle se retrouve seule. Enfin, pas vraiment, vu qu’elle embarque avec elle un camarade de classe rebelle et goth. Entre vampires, détresse, adolescence et lycanthropes, Dru va avoir fort à faire.

Je vais commencé par un point sur l’emballage. Le résumé ne correspond pas à la réalité du livre, et en prime spoile des éléments qui ne se passent pas avant le dernier quart du livre, vous pouvez carrément vous dispenser de le lire. De plus, la citation de Richelle  Mead sur la couverture parle d’une héroïne « sexy, mystérieuse et dangereuse« . Si elle est un peu mystérieuse, Dru n’est ni dangereuse, ni sexy. Surement pas sexy d’ailleurs, c’est juste une gosse de 15 ans totalement paumée. Peut être que cela change dans la suite.

Lili St Crow

Lili St Crow

D’ailleurs, le fait que Dru soit au final une fille comme les autres m’a bien plu. La couverture, bien qu’agréable à regarder, fait surtout penser à une Mary Sue, mais il n’en est rien. J’ai trouvé le traitement du personnage très réaliste et crédible. Je ne dirais pas que c’est un personnage vraiment marquant, mais elle est crédible, ce qui est un gros plus. Les autres personnages ne sont pas vraiment nombreux, mais je dois dire que j’aime beaucoup Graves, le goth trimballé malgré lui dans cette affaire.

Le surnaturel est très présent dans Strange Angels, et particulièrement dans la seconde partie du roman, où l’on va avoir beaucoup de termes peu ou pas expliqués : svetocha, djhampir, schola… Ca m’a rapidement fait penser à Vampire Academy que j’ai commencé, mais toujours pas avancé, je ne saurais donc pas me prononcer, mais je suppose que tout cela va être expliqué dans la suite.

En effet bien que cela soit le premier tome d’une série, on ne peut pas réellement dire que l’auteur prenne le temps de mettre l’univers en place. Non, on est balancé directement dans l’histoire, dans un monde qui semble établi, en tout cas pour Dru. C’est le personnage de Graves qui apprend en même temps que nous plus de choses sur ce monde, qui sert en quelque sorte d’excuses aux explications. Pour moi c’est un point plutôt positif, car au moins le rythme est élevé, sans trop de temps morts et du coup le roman se lit vite. On pourra quand même reprocher un nombre important de répétitions, notamment au niveau de ce que ressent Dru lors de ses pressentiments.

Strange Angels de Lili St CrowBien qu’orienté plutôt ado, le ton est assez adulte, et ne prend pas les gens pour des neuneu, on sent que Lili St Crow a l’habitude d’écrire pour adultes. De ce fait lire ce roman à l’age adulte n’est pas réellement un problème.

Au final, je dois dire que c’est une bonne découverte. L’univers de Strange Angels semble dense, les personnages sont plutôt sympathiques et on échappe à toute Mary Sue. Il est évidemment un peu tôt pour se prononcer sur l’ensemble de la série, mais ce premier tome augure du bon, et je lirais la suite, c’est certain.


C’est Lundi, que lisez vous ? #31

Serafina dans Actualités, Livres le 30 janvier 2012, avec 1 commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Matricia de Charlotte BousquetFin de La Première Mort de Patrick Eris pour moi cette semaine, avec deux derniers chapitres plutôt bienvenus.

J’ai donc continué ce début d’année en commençant Matricia de Charlotte Bousquet aux éditions Mnémos. Il s’agit de la suite plus ou moins directe du Cytheriae de l’auteur française, un roman qui m’avait largement séduit il y a quelque temps déjà, grâce à son univers posé à l’ambiance si particulière. Il est pour l’instant trop tôt pour me prononcer, n’ayant lu que le premier chapitre, mais je suis content d’être revenu dans l’Archipel des Numinées !

Serafina

Comme prévu j’ai terminé le Sacrifice des Damnés, le tome 2 du cycle des Âmes Déchues de Stéphane Soutoul. J’ai adoré ce deuxième tome, et la fin me fait encore plus attendre le troisième ! Cela s’annonce très très bon, ma chronique sera publiée dans la semaine.

Ghost Stories aux éditions AsgardJ’ai ensuite entamé Ghost Stories, un recueil récemment paru aux éditions Asgard et servi par une superbe couverture. J’en suis au tiers, voir un peu plus et pour le moment je suis perplexe car seules deux nouvelles m’ont vraiment plu jusqu’à présent, celle de David Bry et Claude Bolduc. Les autres étant soit trop convenues, soit trop prévisibles à mon gout, j’attends cependant la suite avec impatience notamment pour celles de Lionel Davoust et Vanessa Terral, deux auteurs qui jusqu’à présent ne m’ont jamais déçue. On pourra reprocher aussi plusieurs petites coquilles malheureusement.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Mon premier article sur cette superbe nouvelle version sera donc un article de fangrill, pour vous faire partager le nouveau trailer de la saison 2 de Game of Thrones l’adaptation télévisuelle de la sage du Trône de Fer de George R. R. Martin, attendue pour début avril (le 1er, non, ce n’est pas une blague) sur HBO. On avait d’ores et déjà pu voir un teaser de 30 petites secondes, mais ce trailer nous met encore plus l’eau à la bouche si cela est possible.

L’occasion de découvrir Mélisandre entre autres et de retrouver nos personnages favoris (Jon notamment !). C’est dingue, mais rien qu’en moins d’une minute j’ai déjà envie de baffer Joffrey, pas vous ?


Anachromie de Kells

Serafina dans Critiques, Musique le 27 janvier 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Après deux premiers albums plutôt bons dans leur genre, classé dans un Neo-Metal à chanteuse aux cotés d’un Lacuna Coil ou d’un Evanescence, et une réputation scénique qui n’est plus à faire, Kells sort en ce début d’année un troisième opus. Avec une sublime pochette monochrome, c’est cette fois sous le label français Season of Mist, présage de qualité s’il en est. Alors que vaut donc Anachromie, disponible depuis le 20 Janvier ?

Photo Promo de Anachromie de Kells

Contrairement aux précédents, pas d’introduction dans cet album, on arrive directement sur Bleu, dont le premier couplet est murmuré. Une entrée directe dans le vif du sujet qui va bien symboliser le reste de l’album. Après avoir été dans un premier temps catalogué de Evanescence à la francaise, puis rangé dans le rang Metal à chanteuse, Kells semble au fur et a mesure réussir à se débarrasser de cette image, proposant un Metal oui, à chanteuse, oui, mais qui lorgne plus du coté d’Angela que de Simone. Le changement qui se voyait déjà dans les concerts du groupe, leur chanteuse n’hésitant pas à se jeter dans la foule par exemple, se ressent fortement à l’écoute.

Si Virginie chante toujours très bien avec sa voix claire, de sa manière si particulière (phrases découpées un peu bizarrement, mots étirés) elle n’hésite pas non plus à hurler sur plusieurs pistes, ce qu’elle avait déjà fait sur La Sphère du précédent album en duo avec, Candice d’Eths. Qu’on aime ou pas, je ne peux que saluer cette initiative qui diffère de la production actuelle française et qui montre que les femmes dans le Metal ne servent pas qu’à faire leur princesse. Personnellement, je dois avouer que si les passages gueulés m’ont surprise, je les trouve plutôt bien amenés et réussis. Les cris font « vrai », pas forcément parfait, mais ils sont crédibles, et efficaces.

Photo Promo de Anachromie de Kells

Musicalement, on est dans la lignée de Lueurs, la patte Kells en plus énervée, plus violente, alors que Lueurs était plus atmosphérique. Plus direct, plus sombre aussi, le groupe semble prendre le contre-pied de la tendance actuelle, à savoir l’adoucissement. Les orchestrations symphoniques se font de moins en moins présentes, et à vrai dire, ce n’est pas forcément un mal. La plupart des morceaux n’en ont juste pas besoin. Emmurés avec ses cordes et ses chœurs est d’ailleurs sans doute un des morceaux que j’apprécie le moins, la faute aux orchestrations pas forcément nécessaires. Cependant, les ambiances ne sont pas en reste : boites à musiques sur Bleu, ambiances horrifiques sur Le Manège Déchanté, ambiances arabisantes sur l’Illusion d’une Aire.

Cover Anachromie de KellsLe groupe chante toujours en français, les paroles sont plus compréhensibles que précédemment mais personnellement j’ai quand même besoin du livret pour savoir de quoi tout cela parle. A noter que l’album contient les versions anglaises de deux morceaux, destinés sans doute à percer sur le marché étranger.

Au final, je ne peut que saluer ce nouvel album qu’est Anachromie. On aimera ou pas l’orientation de Kells, mais on ne peut surement pas leur reprocher de s’être vendu au grand capital. Là où la plupart des groupes s’assagissent, le combo lyonnais a choisi de prendre le contrepied et c’est tant mieux. Le groupe tournera tout d’abord en première partie de Eths au printemps, et si ils passent ensuite en solo dans la région, j’irais les revoir avec plaisir.


My Heart is Broken de Evanescence

Serafina dans Actualité, Musique le 24 janvier 2012, avec 2 commentaires

Le groupe mené par Amy Lee vient de sortir le clip de leur deuxième single extrait de leur CD éponyme, Evanescence, sorti en septembre 2011. C’est My Heart is Broken qui a été choisi, morceau un peu plus calme que What You Want, je vous laisse découvrir le clip.



Personnellement, j’ai toujours beaucoup aimé les clips d’Evanescence, or celui ci, pas du tout. Les effets spéciaux avec la lumière apparaissent tellement gros et tellement cheap qu’ils me donnent plus envie de rire qu’autre chose… Accessoirement, je trouve le refrain surjoué et la robe jaune pas vraiment jolie. Par contre, j’apprécie beaucoup les passages au piano, avec la jolie fourrure verte (non ceci n’est pas ironique).

Non, vraiment les groupes de Metal devraient arrêter de mettre du fantastique dans leurs clips. Dommage pour Evanescence qui nous avait habitué à sacrément mieux. Décidément, entre ça et la sortie de Dark Adrenaline le nouveau Lacuna Coil, les fans de Metal à chanteuse pour ados darkinous ont de quoi se réjouir.

Et vous, appréciez vous ce clip ?


Dark Adrenaline de Lacuna Coil

Serafina dans Critiques, Musique le , avec 3 commentaires
Critiques

Lacuna Coil est un groupe italien actif depuis 1994, évoluant à l’origine dans une mélange de Gothic, Rock, et Metal fort sympathique. J’ai découvert le groupe il y a bientôt une dizaine d’année à l’occasion de la sortie de Comalie, qui reste à mon avis leur meilleur album, et que j’ai tellement écouté que je le connais par cœur. Un sans faute. Et puis. Et puis Karmacode. Et puis Swallow Life. Des albums calibrés pour percer sur le marché des États-Unis, pompant des riffs Neo Metal, perdant pour moi leur âme, suivant le même chemin discutable que Within Temptation. La sortie de Dark Adrenaline n’avait pas grand chose pour m’enthousiasmer à la base, mais les interviews parlant d’un retour aux sources m’ont attirée. Alors que vaut ce Dark Adrenaline ?

Dark Adrenaline de Lacuna Coil

Tout d’abord, la couverture est assez spéciale, avec son coté médical, on pense plus à un album de Neo pouvant potentiellement annoncer le pire. D’un autre côté, la couverture de Comalies était un tournesol et celle de Swallow Life une grenade… Il existe apparemment une couverture alternative, représentant une gamine en train de pleurer en noir et blanc, plus axée darkinou . Et la différence entre ces deux couvertures augure tout l’album.

Sans parler réellement de retour aux sources, on retrouve sur ce morceau un certain nombre d’éléments qui avaient fait ma joie au moment de Comalies et In a Reverie: des lignes de chants étirées, des passages mélodiques et un peu atmosphériques, notamment sur les refrains de Kill The Light et son « I don’t know what to do » qui font furieusement penser à la belle époque, et plus précisément à Self Deception. On notera aussi l’introduction et le pont de Give Me Something More, qui n’auraient pas dépareillé sur Comalies, le refrain lui, étant bien plus Neo.

Cristina Scabbia chante toujours aussi bien avec sa voix angélique, même si elle se tire plutôt bien des passages plutôt graves. On regrettera quand même que sa voix ait un petit coté nasillard sur Upside Down. Andrea Ferro qui lui donne comme d’habitude la réplique, est supportable sans être réellement génial. Il faut dire qu’il ne l’a jamais réellement été de toute manière, mais cela démarque tout de même Lacuna Coil des autres formations du genre.

Alternative Cover de Dark Adrenaline de Lacuna Coil

La supposée couverture alternative de Dark Adrenaline

Au cours des 42 minutes, on pourra cependant reprocher une certaine linéarité, sans trop de surprise. Car oui, malgré les 12 titres, l’album est plutôt court, les morceaux ne dépassant que rarement les 4 minutes, bien calibrés pour la radio, avec des constructions très linéaires. Alors oui les refrains sont catchy, les lignes de chant maitrisées, et ça rentre un peu rapidement dans la tête, mais malheureusement trop de morceaux sont sur le même moule. On notera cependant une jolie power ballad, la seule de l’album ou presque, dans End of Time, mignonne, mais 4 fois le même refrain en 3 minutes, c’est un peu trop malheureusement. Seule exception, le final de 5 minutes, ballade doomesque en hommage à Peter Steele de Type O Negative.

Cover de Dark Adrenaline de Lacuna CoilMais si on retrouve de nombreux passages qui rappellent les débuts du groupe, les années Neo Metal ne sont pas oubliées avec un ou deux titres qui auraient clairement pu faire partie des deux albums précédents, comme I Don’t Believe In Tomorrow. Upside Down avec les riffs classiques sans réelle originalité aussi, sans parler des reprises douteuses non plus avec ce que j’appellerais un massacre de Loosing My Religion de REM. Alors certes, le morceau est totalement retravaillé, mais il est loin d’égaler l’original.

Dans l’ensemble ce Dark Adrenaline est donc un pont entre Comalies et Karmacode, sans être totalement orienté Goth ni Neo, l’équilibre entre les deux périodes du groupe semble enfin être atteint. Comme si Lacuna Coil avait enfin considéré qu’il était possible de tenter le grand public sans perdre toute sa spécificité. Sans réellement être la révélation de l’année, cet album me convainc plus que les deux précédents. Si l’époque Comalies est belle et bien terminée, cet album est reste honorable, moins « vendu » et moins mauvais que les précédents et relativement agréable à l’écoute.