Affiche du Hellfest 2012Les 15, 16 et 17 Juin 2012 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2012.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2012. C'est notre Highway to Hellfest 2012.

Il y a des groupes, parfois, qu’on est un peu surpris de retrouver au Hellfest. C’est le cas de Blue Öyster Cult, un groupe des années 70 à mi-chemin entre Rock Psyché et Heavy Metal. Pour être tout a fait honnête, la discographie du groupe m’est quasiment inconnue, les rares fois où j’ai tenté de les écouter, je n’ai pas réussi à m’y intéresser suffisamment pour en garder souvenir. Ceci, à une exception près, leur magistral et cultissime (Dont Fear) The Reaper sorti en 76 avec l’album Agents of Fortune, aux lignes de chants reconnaissables entre mille, à l’arpège unique et surtout, aux paroles marquantes, qui fait partie de mes chansons préférées de la terre et de l’univers.

Disons que le clip accuse son age et que ce n’est pas forcément le genre de clip que j’aurais imaginé pour cette magnifique chanson. Blue Öyster Cult est programmé pour le dimanche et dernier jour du Hellfest 2012, sur la MainStage01, juste avant le Crüe et il y a peu de chances que nous le loupions. Mais voilà, comme pour les autres groupes du genre, tels Europe, Kiss ou encore Scorpions, on les regardera de loin, en ne se levant guère que pour le fameux titre. Dommage, mais c’est souvent comme ça, pour ces vieux groupes cultes, victimes du succès phénoménal d’un seul et unique titre dans la sphère Metal.

A moins qu’ils passent en même temps que Vulture Industries, évidemment.


Vous mélangez une couverture de toute beauté à une promesse de nouvelles de fantômes, et pouvez être sur que je me jetterais dessus, c’est comme ça qu’il me fallait absolument lire ce premier volume de Ghost Stories des éditions Asgard. Les fantômes, c’est un sujet qui me fascine, j’en ai peur, mais je ne peux m’empêcher de lire tout plein de livres dessus. 17 auteurs francophones ont donc été réunis dans cette anthologie dirigée par Thomas Riquet et Peggy van Peteghem. Au sommaire des noms connus par ici, Lionel Davoust et Jeanne-A Debats pour ne citer qu’eux, et d’autres moins. J’ai donc commencé la lecture avec beaucoup d’enthousiasme.

Ghost Stories aux éditions Asgard

Malheureusement, outre la belle couverture, les premières impressions ne sont pas forcément positives. Chaque nouvelle est précédée d’une photo en négatif et noir-et blanc de l’auteur. Si l’idée de transformer la photo des auteurs en fantôme pouvait être sympa, je dois dire que la mise en page et le rendu final de ces photos donne un coté un peu amateur qui m’a malheureusement déplu… De plus chaque nouvelle est encadrée par de micro-nouvelles (de 5 ou 6 lignes) qui la plupart du temps m’ont semblé hors-contexte et sans grand intérêt, donnant plus l’idée d’un résumé à développer qu’autre chose.

La première nouvelle de David Bry ouvre très fort les hostilités. L’auteur organise en effet une sorte de Star Ac’ pour fantômes, où le grand gagnant peut retourner sur terre hanter les vivants. Un traitement décalé du thème et plein d’humour qui m’a totalement séduite. Jusqu’au twist final, inattendu mais terriblement bien trouvé.

Peggy Van Peteghem

Peggy Van Peteghem

Le problème c’est que malheureusement les nouvelles qui vont suivre ne vont pas me plaire autant. En effet, il est plus difficile qu’il n’y parait d’écrire une histoire de fantômes dans une anthologie spéciale fantômes pour une simple raison: le lecteur est sur ses gardes. Comme on est dans une nouvelle, le nombre de personnage n’est pas bien grand et on repère vite les anomalies. Du coup, baser son final sur la découverte du fantôme pour créer un twist est plutôt casse gueule, et c’est malheureusement ce que vont faire les trois quarts des nouvelles qui suivront. La plupart, sans être mauvaises, ont glissé sur moi comme de l’eau, sans retenir mon attention, sans m’émouvoir, à cause de ficelles trop faciles surtout. On reprochera aussi que sur 17 nouvelles, deux traitent exactement du même type de fantôme lié a un accident de la route… avec la même révélation finale dans les deux cas !

Dans ses nouvelles du milieu, la seule à m’avoir réellement convaincue est celle de Claude Bolduc, auteur canadien que je ne connaissais pas, qui a réussi à faire une nouvelle à l’ambiance très forte, très visuelle et qui n’est pas sans rappeler le Maître de Providence, compliment s’il en est. Sa nouvelle est toute en ambiance, en sous entendus et dégage une atmosphère palpable. Bref, cette nouvelle là ne m’a pas séduite par son histoire mais bien par la qualité de la plume et ce charme si lovecraftien.

Jeanne-A Debats

Jeanne-A Debats

En réalité j’ai failli abandonner ce recueil à de nombreuses reprises après cette nouvelle. Et puis il y a eu la nouvelle de Jeanne-A Debats, Memorial. Avec 30 pages, c’est la nouvelle la plus longue du recueil, mais du coup l’auteure a le temps de développer ses personnages, et surtout son héroïne, magrébine, arrivée tout droit du Maroc, mariée à un homme de 10 ans son ainé et irrémédiablement attirée par ce monument en bas de sa tour.

Sa manière de brosser les personnages est criante de vérité, et la nouvelle est tellement encrée dans notre monde, dans notre vie, qu’on est rapidement proche de son héroïne, différente de nous mais si contemporaine. Le thème abordé n’est pas celui qu’il parait, n’est pas bien drôle, mais traité avec une sensibilité et une intelligence rare. Cette nouvelle la justifie à elle seule la lecture du recueil. Enfin, elle et puis celle qui suit.

Car Simbad de Lionel Davoust est aussi une des nouvelles spectaculaires de ce recueil. Une prise d’otage, dans une usine menacée de fermeture, des apparitions étranges, et un lourd passif, voici les ingrédients de cette nouvelle qui ne m’a pas laissée intacte. Car celle ci aussi est ancrée dans notre monde, et aussi, pour moi ancrée à une des choses auxquelles je tiens le plus au monde. Car moi aussi j’ai mon Simbad. Le traitement est tellement juste que la nouvelle en devient intense, bien plus que toutes celles que j’ai lu dans le roman. Cette nouvelle m’a faite pleurer,  et si vous me connaissez, vous savez que c’est le plus grand compliment que je puisse faire à une nouvelle.

Ghost Stories aux éditions AsgardAu final, malheureusement sur les 17 nouvelles que ce Ghost Stories propose, seules quatre m’ont réellement plu. C’est un bien faible score, auquel on ajoute une mise en page discutable et des micro-nouvelles étranges. C’est dommage, car je pense qu’avec un écrémage plus important, il n’y avait pas besoin de 2 nouvelles sur le même thème par exemple, en visant la sobriété plutôt que l’immersion fantomatique via des photos en négatif, le recueil avait un beau potentiel.

Du coup, je suis partagée car si le global ne m’a pas convaincu, il serait dommage de passer à côté des excellentes nouvelles de Jeanne-A Debats, Lionel Davoust, Claude Bolduc et David Bry. J’espère que ces quelques problèmes seront corrigés pour le second volume !


Captain Swing de Warren Ellis et Raulo Caceres

Serafina dans Comic, Critiques, Livres le 2 mars 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est un comic récemment paru en français aux éditions Milady Graphics. Jusqu’à maintenant, illman ne nous avait dit que du bien de Warren Ellis, auteur entre autres de Transmetropolitan et No Hero, lui aussi aux mêmes éditions. Alors quand j’ai vu ce one-shot du scénariste, je n’ai pas tenu bien longtemps avant de me mettre à le lire. Il faut dire que visuellement, la couverture donne envie avec son coté un peu Steampunk. Synopsis ?

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Dans le Londres pré-Victorien de 1830, Charlie est un bobby, un des premiers agents de police de la ville. Une nuit, il voit quelque chose qu’il n’était pas censé voir. Un bateau volant, mu par cette chose étrange qu’est l’électricité et mené par un capitaine révolutionnaire, Spring-heeled Jack, aussi connu sous le nom de Captain Swing.

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Les planches sont entrecoupées d'interludes narrées par Captain Swing

Le dessin de Raulo Caceres est assez particulier, tout d’abord très sombre, la plupart des planches étant dominées de très loin par le noir. Mais il est aussi très dynamique et les scènes d’actions sont réellement bien rendues. Du coup la lecture est fluide, on n’est jamais perdu. Alors certes en échange les visages ne sont pas forcément les plus beaux qu’on ait pu voir… mais le design de Captain Swing a particulièrement la classe. La coloration, réalisée par Digikore Studios, se démarque notamment sur les pages où l’électricité est présente. Ces éclairs bleus électriques sur des dominantes de noir rendent parfaitement bien.

Comme je le disais plus haut, le design de Captain Swing est particulièrement réussi. Il faut dire que la grosse partie de ce one-shot repose uniquement sur ses épaules. C’est un pirate, mais comme on les aime, au grand cœur, avec de l’honneur, et comme il fait aussi office de voix off dans les pages d’interludes, on s’attache très rapidement à ce personnage, contrairement à celui de Charlie qui est plus « passe-partout ».

Si le comic est surtout orienté vers l’action, il n’est pas creux pour autant. En effet, Captain Swing est un révolutionnaire, mais surtout un défenseur des opprimés, et ses réflexions sur le monde sont loin d’être exemptes d’intérêt. J’ai cité Steampunk dans l’introduction, mais ce n’est pas vraiment cela, vu qu’il s’agit en fait d’un steampunk à l’envers, avec l’introduction de l’électricité dans ce monde à vapeur. Bref, on nage en pleine Science-Fiction. Et le mélange est plutôt bien dosé.

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo CaceresTout d’abord parce que Warren Ellis réussi très bien a caser cette distorsion de la réalité, notamment grâce à des pages écrites au milieu de l’histoire dessinée, où Captain Swing explique un peu plus son histoire. Cela contribue à mettre en place l’histoire et surtout le contexte socio-culturel de l’époque. En effet le scénario du comic lui ne se déroule qu’en deux ou trois jours, il est donc nécessaire d’avoir recours à une « voix off » pour placer les choses dans leur contexte.

Au final Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est une lecture fort sympathique et aussi une bonne porte d’entrée dans l’univers de Warren Ellis. Avec un joli dessin, une histoire bien ficelée et un héros emblématique, je ne peut que vous le conseiller. L’univers crée au cours de ces quelques pages est très vite crédible, et c’est bien dommage que cela ne soit qu’un one-shot car il y a de quoi faire !


Neverworld’s End de Xandria

Serafina dans Critiques, Musique le 29 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Après plusieurs années d’absence, Xandria a créé la surprise avec leur dernier single Valentine, tiré de Neverworld’s End, prenant un tournant radicalement plus Metal que dans leurs derniers albums. Ils prennent là à contre pied la plupart des autres groupes de Metal Symphonique, qui s’orientent peu à peu dans la pop mielleuse pleine de ballades à l’image de Within Temptation. Xandria fait l’exact chemin inverse et tape dans le lyrique, pompeux comme du Nightwish de l’époque Tarja, lourd et violent, bref du vrai Metal Symphonique. Enfin, en tout cas c’est l’impression que laissait ce premier single. Le reste est-il au même niveau ?

Neverworld's End de Xandria Promo

Il y a des groupes pour lesquels il faudrait accompagner le changement de chanteuse par un changement de nom. Et c’est le cas de Xandria, car à part sur les quelques ballades de l’album il ne reste plus rien de ce qu’a été la formation allemande pendant quatre albums. J’éviterais donc les comparaisons aux anciens opus, et considèrerais qu’il s’agit de groupes différents, car on est tellement éloigné lorsqu’on s’intéresse un minimum au genre que de telles comparaisons seraient stériles.

Manuela Kraller de Xandria

Manuela Kraller remplace Lisa Middelhauve pour ce nouvel album

Musicalement, on est très proche du Power, avec un tempo assez élevé sur tout l’album, et ce n’est pas Soul Crusher aux riffs acérés qui viendra me contredire, avec son coté symphonique surtout présent grâce à des cordes et des chœurs, majoritairement féminins, qui répondent à la voix de leur chanteuse. La batterie est étonnamment présente et mise en avant , plutôt agressive et concentrée en double pédale, comme par exemple sur The Lost Elysion, ce qui renforce le coté rentre-dedans de cet opus. Ce qu’il faut aussi avouer c’est que la production est plutôt bien foutue, aucun intrument n’est oublié, la voix n’est pas trop mise en avant, on entend bien la guitare, bref, c’est un mix équilibré, qui du coup est très efficace.

Niveau structure, la plupart des morceaux ne dépassent pas les cinq minutes, et obéissent aux standards du genre, couplets, refrains à chœurs et pont. Ceci dit, cela reste très bien dosé et sans tomber dans l’excès ou la caricature.  L’album comporte malheureusement quelques ballades à l’intérêt limité, comme The Dream Is Still Alive, à la composition sans trop d’intérêt, au chant qui n’en a pas vraiment plus, Manuela ne montant pas plus dans les aigus que dans les autres morceaux, un morceau en somme dont je me serais volontiers passée. On retrouve cependant dans ces ballades certains éléments de l’ancien Xandria comme les flutes celtiques. En parlant de flutes celtiques, on notera les violons très Folk sur Call of the Wind, qui est très agréable et n’est pas sans faire penser à du Lyriel. C’est d’ailleurs un des seuls morceaux à vraiment se démarquer justement grâce a ce coté folk.

Manuela Kraller, la chanteuse sur cet opus, n’est pas sans rappeler Tarja ou une Floor, pour le coté soprano à la voix assez sombre. Vocalement elle tient très bien la route, avec une voix agréable, des jolies notes hautes notamment sur A prophecy of World, bien tenues, et justes. Je ne sais pas si elle tient en live, mais je pense qu’elle vaut le détour, étant donné qu’elle a officié dans Haggard, formation Allemande de Metal Symphonique assez réputée. Malheureusement, sa voix reste relativement interchangeable, et je ne suis pas sure que contrairement à une Simone je saurais la reconnaitre si on ne me disait pas c’est Xandria.

Neverworld's End de Xandria Promo

Et cette impression va malheureusement valoir pour tout l’album. Neverworld’s End est un très bon opus de Metal Symphonique. Objectivement, il n’y a rien à redire. C’est efficace, c’est carré, c’est bien composé, c’est juste. Mais voilà. Ce n’est pas original. Tous les clichés du genre sont là. Bien menés et bien dosés oui, mais clichés quand même. Et si c’est quasiment irréprochable, c’est diablement fade. Je n’ai ressenti aucune émotion, aucune tension dramatique, bref, c’est plat. Cet album serait sorti en 2005, ça aurait peut être simplement été « un album à chanteuse de plus ».

Neverworld's End de Xandria CoverAlors oui, maintenant que le Metal Symphonique est une scène morte-vivante, c’est sur, cela fait plaisir de voir qu’il reste des groupes qui font autre chose que de la pop mielleuse, qu’il existe encore des groupes avec de l’orchestration, de la soprano et du power, mais c’est tout.

Pour un groupe comme Xandria qui revient d’aussi loin, Neverworld’s End est un très bon album. mais l’absence d’originalité font que cet album n’a pas su m’accrocher. Il faut dire aussi qu’il est passé après Helvetios d’Eluveitie, dont le genre n’est pas diamétralement opposé. Ceci dit, je suivrais avec attention la suite du combo maintenant qu’ils vont dans une direction que j’apprécie.


C’est Lundi, que lisez vous ? #35

Serafina dans Actualités, Livres le 27 février 2012, avec 13 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

La Loi des Mages, Tome 1, de Henry Lion OldieJe continue mes lectures chez les éditions Mnémos avec cette fois le premier tome de La Loi des Mages de Henry Lion Oldie sortie en octobre dernier. Pour l’instant je n’ai pu feuilleter que les premières pages de ce roman de Fantasy qui nous vient de l’Est, Ukraine pour être exacte et écrit en Russe.

Mais déjà le style de la narration très particulier se fait ressentir, et l’univers aussi. Il faut avouer qu’il est nécessaire de s’accrocher sur le début, tant les termes inconnus et relatif au folklore de la région sont nombreux.

Serafina

Comme prévu, j’ai terminé Les Gaulois, les fiers ennemis de Rome de Jean-Louis Brunaux. Le livre est très interessant bien qu’assez court. Je pense que c’est une bonne entrée dans l’univers de ce peuple un peu mystérieux. Je chercherais sans doute des livres plus complets et peut-être plus denses un de ces quatre car je trouve cela très interessant.

J’ai aussi continué Dames de Lune, Fées des brumes, l’anthologie des éditions du Chat Noir que pour le moment j’apprécie toujours beaucoup. Je suis proche de la fin, il ne me reste plus que trois nouvelles je devrais donc finir cette semaine.

The Hunger Games, Tome 1, de Suzanne CollinsVous le savez, je suis faible, je ne résiste que difficilement aux sirènes du buzz, et profitant d’un bon Amazon, j’ai commencé le premier tome de la série Hunger Games de Suzanne Collins, en version originale du coup. J’en suis à la moitié du premier tome et je dois dire que je suis très perplexe. Le monde n’est pas énormément développé, ni les personnages secondaires, l’héroïne est une Mary Sue en puissance, pas encore insupportable mais en tout cas très cliché,  le style n’est pas mirobolant… Bref, j’attends de voir, mais pour le moment, je suis assez hermétique à cette histoire pas franchement originale.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Le Journal de Kurt Cobain

Serafina dans Actualité, Critiques, Livres, Musique le 25 février 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Après avoir lu The Heroin Diaries de Nikki Sixx, lire les journaux de Kurt Cobain était un peu une suite logique. Paru en poche aux éditions 10-18 sans doute pour des raisons purement pécuniaires, ce recueil regroupe des extraits des nombreux « carnets » que le défunt leader de Nirvana a rempli de son vivant, où se mêlent paroles de chansons, idées de vidéoclip, réflexions sur son statut, délires sous drogues, liste de compilations musicales, et j’en passe et des meilleures. Une polémique avait entouré la parution de ce recueil, sur son bien-fondé, je n’y rentrerai pas car je n’ai pas réellement d’opinion sur ce point.

Le Journal de Kurt Cobain

Les journaux couvrent la grande partie de la vie de Nirvana: de l’adolescence d’un lycéen paumé, au début de groupe, aux changements de line-up, jusqu’à la gloire et la fin qu’on connait tous. Le début est particulièrement intéressant. Kurt Cobain entretient à l’époque une correspondance assez soutenue avec d’autres groupes de l’époque, comme les Melvins, et ces lettres parlent de l’état de la scène, des groupes qui montent. Bref, c’est une plongée dans le Seattle du début des années 90, qui transpire la déprime et la haine du « heavy metal chevelu du Sunset Strip« , autrement dit, les Mötley Crüe et autres Guns N’ Roses.

Les journaux sautent réellement du coq à l’âne, certaines pages s’arrêtent en plein milieu d’une phrase, et d’autres font référence à des faits (interviews, tournées) qui ne sont pas expliquées dans les notes. Du coup c’est une lecture assez chaotique, bien que ce soit en quelque sorte logique puisque les écrits ne sont pas retravaillés. Cobain a un style d’écriture assez particulier : il invente beaucoup de mots, il a pas mal d’humour et écrit sur une palette assez large : engagement politique, haine des médias, réflexion sur la culture musicale et sur les radios, sur l’émergence du Punk Rock. Étonnamment il se livre assez peu et le terme de journal n’est peut être pas bien choisi, on est plus face à des carnets de travail qu’à un journal. Là où Nikki Sixx racontait vraiment sa vie sur le mode introspection, Kurt finalement, ne parle que rarement de lui.

Le Journal de Kurt Cobain

Cependant ses réflexions trahissent l’état d’esprit d’une époque, d’une génération, et sont sacrément véridiques, même maintenant. C’est son engagement (féminisme, défense des homosexuels) qui ressort surtout, mais aussi sa haine. Sa haine contre le système, contre le conformisme. Sa description de l’héroïne et des conséquences de sa consommation de marijuana sont criantes de vérité et feront plus d’effet que n’importe quel pamphlet anti-drogue, parce que c’est vrai, parce que c’est cru.

Au passage, le journal est aussi très intéressant pour ceux qui aiment le groupe, car il n’est pas rare de trouver les premières versions des futurs hits de Nirvana, les premiers jets de Smells sont présentés par exemple, et c’est toujours intéressant de suivre le cheminement d’une chanson.

Le Journal de Kurt CobainLes journaux sont organisés par ordre chronologique, avec souvent d’un coté, la copie du carnet manuscrit et en anglais, et de l’autre la traduction en français réalisée par Laurence Romance. La traduction est d’ailleurs plutôt bonne, avec de nombreuses notes dus aux jeux de mots et néologismes souvent intraduisibles. Malheureusement, les journaux ne sont pas datés vu que Kurt ne le faisait pas, cependant pour le confort du lecteur et pour pouvoir situer à quel moment de la vie du personnage et du groupe se situent les écrits, je pense qu’il aurait été intéressant de les dater au moins à la louche, car du coup, on est un peu perdu.

Au final, Le Journal de Kurt Cobain m’a malheureusement donné l’impression d’un livre sorti à la va-vite, pour l’appât du gain. Certes intéressant, le tout aurait mérité un plus gros travail de remise en contexte et de datation des carnets. Cependant, je le conseille quand même aux curieux de tout genre, curieux de comprendre réellement ce qu’était cet écorché vif, d’où il venait, comment est né Nirvana. Cependant, cela ne remplacera pas une biographie, et le recueil en lui même ne se suffit pas.


L’année dernière, le Printemps de Bourges avait créé la stupeur à la rédaction. Le festival si souvent inintéressant pour nous proposait en effet une affiche digne de la folie pure : une soirée Metal, avec rien de moins que Eluveitie, Epica, Kamelot, Septic Flesh, Punish Yourself et Dagoba. De quoi baver. Alors pour la première fois depuis des années on attendait avec impatience l’annonce de la programmation du festival 2012.

La mascotte du Printemps de Bourges 2012

Et.

Et Rien.

Pas de soirée Metal cette année.  Le reggae a sa soirée, le rock aussi, le rap aussi, les musiques du monde, la chanson française, mais les metalleux sont encore une fois oubliés de l’affiche d’un festival grand public. Et c’est dommage, car la soirée de l’année dernière s’était fort bien déroulée (pas de problèmes, ça semblait bien rempli, etc). Alors pourquoi une telle absence ? Aucune idée pour le moment.

Il y a certes Shakaponk qu’on aime bien qui passe, donc on y fera peut être un tour mais on ne peut s’empêcher ici d’être bien déçus de cette absence. C’est tellement triste de voir encore une fois ce genre de musique delaissé, alors pourtant que tant de bons CD sortent et que des groupes jouent dans d’autres régions à guichets fermés.

Le programme est consultable sur le site officiel


Ici, on chronique des livres, des films et autres médias. Sauf qu'on ne parle aussi que trop rarement de leur accessibilité. En effet, malgré les avancées technologies, aujourd'hui seul 5% des livres sont accessibles aux mal voyants ou aux aveugles. Ce qui est fortement dommage, car du coup l'accès à la culture devient difficile. Les livres ne sont pas les seuls touchés évidemment, les films en audiodescription sont rares, peu de salles de cinéma sont equipées. Les sites web ne sont pas non plus toujours utilisables.

Lire la suite de l’article Pétition AVH, pour une société plus accessible


La sortie du deuxième volet de l’adaptation de Sherlock Holmes par Guy Richie coïncide avec la deuxième saison du Sherlock de la BBC, autant dire que ce début d’année sera Sherlock ou ne sera pas. Et pour couronner le tout est sorti aux éditions Autrement l’essai Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha Levet, professeure d’université à Limoge et spécialiste du roman noir. Cette dernière s’intéresse ici à la figure mythique crée par Arthur Conan Doyle et son folklore (Watson, Moriarty, etc…) à travers plusieurs thèmes : sa genèse, les influences de la formation de médecin de l’auteur sur le détective, les adaptations sur divers médias, les réécritures, la force de Sherlock dans l’imaginaire populaire etc…

Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha Levet

Il n’est pas nécessaire de connaitre l’univers de Sherlock sur le bout des doigts pour lire cette étude, elle est même relativement accessible aux néophytes. En suivant une progression à peu près chronologique, l’auteur ne nous perd pas, et permet de comprendre petit à petit comment le personne a pu acquérir ce statut. Il est cependant évidemment préférable d’avoir des connaissances de bases, et d’avoir lu un ou deux écrits pour réellement apprécier la lecture et ses références aux enquêtes majeures du héros. Pour ceux qui ne le connaissent guère que par les dernières adaptations télévisuelles et cinématographiques, ce sera là l’occasion de revenir aux racines.

Le style est agréable, et malgré les nombreuses références et notes de bas de page, la lecture est fluide et agréable. Natacha Levet propose ici un travail très intéressant sur cette figure emblématique et lève certains points d’ombres peu connus des néophytes. Par exemple, non, Conan Doyle n’a jamais écrit la célèbre réplique « élémentaire mon cher Watson ». L’auteur évoque aussi le principe de Canon, si important dans la mythologie Holmesienne. On alterne des passages très accessibles, comme celui sur l’arrivée des attributs vestimentaires propre au personnage (le manteau cape, la pipe, etc), et des passages beaucoup plus universitaires comme la structure du récit ou l’étude du nombre d’éditions des écrits par pays et par année. Cependant, je pense que personne ne sera perdu.

Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha LevetC’est une lecture qui permet de mieux comprendre l’attrait pour ce personnage mythique, qui a su redevenir à la mode au XXIème siècle alors qu’on est pourtant fort éloigné de l’atmosphère victorienne. Et c’est encore plus vrai quand on voit la campagne « I believe in Sherlock » qui a récemment envahi les murs de Paris, ou l’attrait pour Sherlock sur Tumblr ! C’est tout bonnement fascinant cet attrait pour un personnage pourtant crée il y a si longtemps.

Si vous êtes intéressés par le personnage ou tout simplement par les grands personnages de la littérature, ne passez pas à coté de Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran. Je sais que le coté universitaire peut faire peur, mais il n’en est rien, l’essai de Natacha Levet est très abordable, avec juste ce qu’il faut de notes et de références, accessible à tous et qui devrait vous en apprendre beaucoup et vous faire voir cette effervescence Sherlockienne sous un œil un peu plus analytique.

 


C’est Lundi, que lisez vous ? #34

Serafina dans Actualités, Livres le 20 février 2012, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

N’ayant pas la chance de pouvoir lire dans le train alors que j’y ai pourtant passé une bonne quinzaine d’heures, cette semaine m’aura seulement permis de lire les derniers chapitres de Matricia de Charlotte Bousquet. Et qu’en dire, si ce n’est que j’ai complètement adoré ce roman du début jusqu’à sa fin, et que j’ai très hâte de continuer mon périple au sein de l’Archipel des Numinées ?

Serafina

J’ai terminé Ghost Stories, et heureusement pour moi, les dernières nouvelles sont les meilleures. Celles de Jeanne A. Debats et de Lionel Davoust m’ont énormément plu et touchée, ce qui me permet de finir cette anthologie sur une bonne impression, malgré ses longueurs et les nouvelles du milieu qui ne m’ont pas spécialement bottée.

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat NoirPrenant le train, Le Dernier Vampire était un peu lourd à trimballer, alors j’ai commencé Dames de Lune, Fées des brumes, une autre anthologie, mais aux éditions du Chat Noir cette fois ci, dirigée et illustrée par Cécile Guillot. Si la couverture n’est pas ma préférée de cet éditeur, les illustration intérieures elles sont vraiment très jolies. J’en suis à la moitié, et sans surprise j’ai beaucoup aimé celles que j’ai lues, le recueil est diversifié et avec des ambiances très sympathiques. Mention spéciale à celle de Stéphane Soutoul que j’ai vraiment adorée

Et puisque je suis devenue une fangrill du nouvel Eluveitie, Helvetios, j’ai honteusement entamé Les Gaulois, les fiers ennemis de Rome de Jean-Louis Brunaux que j’avais offert à dabYo à Noël. Ce livre documentaire n’est vraiment pas beau et les illustrations de très piètre qualité, mais l’histoire et les particularités de ce peuple que je connaissais fort peu sont bien expliquées.  Le livre tort le cou à un certain nombre de préjugés, ce qui n’est pas plus mal puisque l’Histoire, telle qu’enseignée à l’école ne m’a jamais passionnée, et que du coup ma seule référence gauloise était Asterix.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?