Thor de Kenneth Branagh

Serafina dans Critiques, Films le 20 mai 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Thor est la dernière adaptation au grand écran d’une de ses franchises de Marvel. Cette fois, c’est son comic The Mighty Thor qui y passe, avec une réalisation par Kenneth Branagh, plus connu pour ses rôles d’acteur shakespearien et son interprétation du Pr Lockheart dans Harry Potter. Pas franchement emballés par les diverses bandes annonces, nous avions des tickets cinéma à écouler et nous nous sommes donc rendus dans les salles obscur pour aller voir Thor, sans grand enthousiasme, ni espoir. Synopsis ?

Thor

Seulement deux personnages ont un quelconque intérêt sur cette affiche: saurez vous les trouver ? Ok je déconne, y en a aucun.

Thor, fils d’Odin, vit au royaume d’Asgard, entouré de ses amis et de son frère Loki. Il est très puissant, mais aussi fort arrogant. Et quand il manque de déclarer une guerre à cause de son impétuosité, papa Odin décide de le bannir du royaume et de l’envoyer sur Terre. Thor, privé de ses pouvoirs, atterri donc sur terre, et plus précisément contre la vitre de la voiture de Jane Foster, physicienne spécialiste de la cosmologie.

Thor est le premier héros non-terrestre de Marvel à être mis en scène. Là où Iron Man, X-Men et autres Hulk se passaient relativement dans notre monde, Thor amène le concept d’autres planètes et d’autres mondes. Le monde d’Asgard est relativement bien réalisé , et m’a beaucoup fait penser à Coruscant de Star Wars. Les graphistes ont fait un bon travail, et la réalisation est gorgée de beaux effets de plongée, de rotations et autres pour nous présenter Asgard comme majestueux et imposant. Bon, outre la réalisation graphique impeccable, je reste perplexe sur les choix graphiques eux même, le Bifrost fait un peu cheap et la ville un peu trop moderne pour une Asgard, mais soit. Malheureusement, je suis aussi perplexe sur les choix graphiques des méchants, les Géants de Glace, les méchants de l’histoire sont assez moches, et font, eux aussi, très cheap.

Thor

Mec, ma Xbox a freezé, j'ai la haine, tavu

La réalisation du film est très classique, malgré de nombreux cadrages « penchés », chose qui m’a fait tiquer un peu, mais que les personnes qui m’ont accompagnée n’ont pas noté. Il n’y a pas réellement grand chose à dire, avec pas mal de travelling, c’est fluide, les scènes sont compréhensibles, bagarres omises, avec quelques angles de vues originaux. D’un autre côté, on attend pas forcement d’un blockbuster de prendre des risques, l’intérêt s’il existe est ailleurs. Bref, la réalisation de Thor est tout à fait honorable. Les effets spéciaux ne sont pas trop gros, bien qu’il y ait une réelle surenchère à certains moments qui flirte avec le ridicule, tant ces derniers seraient tout à fait dispensable.

Le premier problème de Thor, et comme on pouvait l’attendre, c’est bien le scénario. Ce dernier flirte entre la facilité et l’inexistence, ne se donne même pas la peine d’être consistant. Le traitre de l’histoire se repère dès ses premières secondes d’apparition, ne laissant aucun suspens. On a aussi un peu l’impression qu’il n’y a pas réellement de scénario, on est baladé, sans trop connaître le but de l’histoire, si tant est qu’il y en est un. Bien sûr, là encore, on n’attend pas de grande complexité dans le scénario dans un blockbuster, Iron Man 2 en est la preuve par exemple. Mais il faut une ligne directrice, bref, quelque chose. Alors certes, il fini par y avoir une intrigue, mais gravite autour tellement de scènes sans rapport et sans intérêt que ça en devient ridicule.

Thor tout nu

Cette fois, saurez vous trouver la tête de l'acteur ?!

Aucun personnage n’est réellement fouillés, et à part Thor et Odin, et encore. Certes, Chris Hemsworth qui joue Thor fait très bien le benêt musclé, mais ses performances s’arrêtent là. On s’interroge d’ailleurs sur l’utilité des plans le montrant dénudé, à part pour jouer sur la corde de la fane de Twilight qui bave sur les pecs de Jacob. Outre ces deux personnages, quasiment tous ne font que de la figuration, même Natalie Portman qui joue Jane Foster ne sert finalement à rien pas grand chose. Mention spéciale aux compagnons de Thor dont je n’ai pas retenu le nom qui n’ont aucun relief malgré leurs jolies armures et leurs quelques apparitions. En fait, on se demande même ce qu’ils foutaient dans le film. On passera sur les personnages du Shield, qui ne sont là que pour faire des références à d’autres Marvel, et à brouiller la trame principale en rajoutant à notre héros quelques difficultés complètement hors de propos.

En dehors du comique de répétition autour de l’arrivée de Thor sur Terre, l’humour n’est pas vraiment présent contrairement à un Iron Man qui fait quand même beaucoup sourire. Il y ‘a seulement Darcy, la fille qui accompagne Jane et jouée par Kat Dennings, qui fait des remarques un peu bébêtes. L’humour se résume à faire passer les personnages (Thor ou Darcy en l’occurrence) pour des benêts stupides. Dommage.

Shield dans Thor

Afin de respecter le quota de scènes sans intérêt du film, nous insérons une image sans intérêt. On aurait pu rajouter une image Hors Sujet, aussi.

Finalement, ces défauts sont juste un poil plus présents que dans les blockbusters habituels, mais ça n’en ferait pas forcément un film long et ennuyant s’il n’y avait pas un dernier point négatif. Le point négatif pour être exact. Alors qu’on nous promet de l’action, on se retrouve finalement avec un titre mou du genou. Oui, il y a quelques bagarres, plus ou moins bien réalisées, mais elles n’ont rien d’épique. Pour qu’un combat ait un intérêt, il faut au moins que le film fasse semblant que son issue soit inconnue. Thor ne s’en donne jamais la peine. Rendues fouillis par la surenchère d’effet spéciaux, elles n’ont aucun intérêt et ne sont pas spectaculaires pour un sous. Une passe d’arme d’un Pirate des Caraïbes vaut l’ensemble des scènes d’action mises bout à bout. Dommage.

Au final, malgré de très nombreuses longueurs, ça se regarde. A chaque instant, on se demande si on ira encore plus bas. Les personnages sont creux, le suspens est inexistant. Thor prépare beaucoup Avengers, mais dans l’absolu je pense qu’il est totalement dispensable, et je ne vous le conseille pas au cinéma, ni même en DVD. Un film qu’on oubliera, vite.


2 avis, donnez le votre !

Neverwhere de Neil Gaiman

Serafina dans Critiques, Livres le 16 mai 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Neverwhere est un roman de Neil Gaiman écrit en 1996, qui est en fait l’adaptation en livre d’une mini-série de 6 épisodes diffusée sur la BBC et scénarisée par… Neil lui même. Le roman se situe dans la catégorie Urban Fantasy et a acquis une sorte de statut culte. En effet, initialement traduit par Au Diable Vauvert, puis édité en poche par J’ai Lu, il a été pendant quelques années introuvables, en faisant une sorte de St Graal de l’amateur de Fantasy… Il a récemment était réédité en grand format par son traducteur, puis de nouveau en poche par J’ai Lu au début de cette année 2011. Du coup, l’attente était forte quand j’ai entamé ce bouquin, et j’avais extrêmement peur d’être déçue. Synopsis ?

Neverwhere de Neil Gaiman

Richard Mayhew vit à Londres, une petite vie sans histoire, une jolie fiancée, bref, la vie d’un londonien lambda. Mais un jour, il sauve la vie d’une jeune fille : Porte.  Sans le savoir, Richard vient de faire basculer sa vie, il va tout perdre, et découvrir le Londres d’En Bas.

Je ne vous en dirais pas plus, mais je vais vous dire une chose : Neverwhere est à la hauteur de son aura et bien plus encore. Tellement qu’il est très difficile de commencer cette chronique. Neil Gaiman nous propose ici une histoire dans le plus pur style d’Urban Fantasy avec un monde qui cohabite avec le notre, se croisant parfois, mais que nous ignorons : bref, comme le monde des sorciers dans Harry Potter. Nous suivons Richard, totalement novice, qui découvre peu à peu le monde dans lequel il est tombé, et c’est l’occase pour nous de le découvrir aussi. En toute honnêteté, le personnage principal, donc Richard, est assez transparent, ce n’est pas forcément un personnage auquel on s’attache au contraire des personnages secondaires. Richard est juste là pour nous permettre de rentrer dans le monde via ses yeux.

Et quel monde fascinant. On retrouve le Neil Gaiman à l’humour corrosif et si souvent absurde qu’on avait pu apprécier dans De Bons Présages par exemple. Le roman est rempli de perles d’humour et de jeux de mots. Cependant, comme pour Stardust que j’ai lu il y a plusieurs années, le livre est très très fortement ancré dans la culture anglaise, et il est clair que si vous n’avez jamais été à Londres vous passerez à coté d’un certain nombre de références. Pour ma part je l’ai commencé dans l’Eurostar, car je trouvais que c’était l’occasion et j’avais bien raison. Certains jeux de mots sont carrément intraduisibles et expliqués avec des notes du traducteur, Patrick Marcel, en bas de page.

Neverwhere de Neil Gaiman

Couverture de la réédition du Diable Vauvert

Malgré cela, le roman est un vrai plaisir. Il développe un certain nombre de concepts absolument géniaux et qui ne donnent qu’une envie, descendre dans le Londres d’En Bas. Les personnages secondaires sont pour la plupart assez loufoques, et certains sont très attachants notamment une petite Parle Au Rat ou même Porte. L’histoire est assez proche d’un récit initiatique, et Richard se fait balader à la suite des personnages du Londres d’En Bas, mêlé à une sombre affaire de meurtre.

Neverwhere de Neil Gaiman Cependant, le récit atteint une certaine intensité, et au final, il est très dur de s’en décoller, jusqu’à la fin, qui vous laisse un poil abasourdi. Et triste aussi, de quitter ce monde merveilleux.

Neverwhere me faisait un peu peur, mais au final, c’est un livre qui vaut sa réputation, et qui m’a marquée comme peu de livres ont pu le faire. On ne s’ennuie pas une seconde et on alterne entre humour et passages très tristes, voir sombre. La mythologie mise en œuvre est tellement dense qu’on ne peut que regretter qu’il n’y ai pas de suite. Je ne serais pas loin de le placer au niveau d’un A La Croisée des Mondes, ce qui pour moi n’est pas rien. Il est à nouveau assez facile à trouver, vous n’avez donc aucune excuse pour ne pas lire ce bijou.


Malédiction du Sang de Celia Rees

Serafina dans Critiques, Livres le 9 mai 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Malédiction du Sang est un roman jeunesse de Celia Rees édité aux éditions du Seuil au début de cette année avec une traduction de Anne-Judith Descombey. Celia Rees a écrit beaucoup de romans jeunesse du genre Fantastique, mais je n’en avais lu aucun avant celui-ci. Bien que servi par un titre un peu cliché et une couverture assez moyenne, voir mauvaise avec son montage assez grossier et mal fini, cela a été ma première lecture du Read-a-Thon d’Avril 2011. Synopsis ?

Malédiction du Sang de Celia Rees

Ellen est gravement malade. Une maladie du sang assez obscure qui laisse les médecins perplexes. Elle séjourne chez sa grand-mère qui habite à Londres près de l’hôpital. En convalescence, la jeune fille explore la maison et notamment le grenier où elle découvre les journaux intimes d’une aïeule, fille d’un médecin en pleine époque Victorienne.

Le roman va donc alterner entre présent et passé, et les destins parallèles des deux héroïnes. C’est un procédé assez intéressant, qui a l’avantage d’être bien mené. Les passage dans le présent sont bien écrits, Ellen est une héroïne touchante. Mais j’ai préféré les passages dans le Londres Victorien , cela ne vous étonne probablement pas, l’aïeule est une fille forte, élevée dans l’ambiance des hôpitaux populaires et entourée de superstitions. Ce découpage a évidemment un effet simple, on a tellement envie de savoir la suite que cela se lit super vite.

Le style d’écriture de Celia Rees est fluide et simple, assez quelconque. Je l’ai trouvé neutre, et agréable, cela se lit bien, pas de problèmes à signaler, mais c’est pas franchement un style marquant. L’intrigue quant à elle est assez simple, je ne vous étonnerais pas en vous disant qu’il y vampire sous coussin. En même temps avec une telle couverture difficile de vous surprendre. J’ai rapidement deviné la résolution de l’intrigue, mais pour un livre jeunesse, ça ne me gène pas, cela ravira sans doute une personne plus jeune, et ce n’est pas trop niais pour que l’adulte soit agacée. Bref, un bon équilibre.

Malédiction du Sang de Celia Rees

Bien que parlant de vampires, nous sommes plus proches de ceux à la Carmilla ou Dracula que d’un Edward de Twilight. La partie Victorienne du roman parle notamment des avancées scientifiques (et des inconnues) autour du sang humain, et des épidémies de fièvres roumaines qui ont en partie forgé le mythe. Ce retour aux origines est grandement appréciable. Par contre, je reste assez perplexe sur la dimension scientifique qui est peut être difficilement compréhensible pour le public jeune. Je pense notamment aux incompatibilités de groupes sanguin, ou de rhésus qu’une jeune lectrice de 12 ans ne comprendra peut être pas. Ceci dit, cela peut être l’occasion de l’apprendre en en parlant avec un adulte.

Malédiction du Sang de Celia ReesLe roman est fortement imprégné par la ville de Londres, comme j’y suis allée il y a peu, cela m’a fortement aidée pour m’immerger. Cependant, il y ‘a de nombreux points discutables géographiquement parlant : la grand-mère habite apparemment vers Hyde Park (et plus précisément Nothing Hill), mais en même temps en face de Highgate Cemetery… Bon les quartiers ne sont pas explicitement cités, laissant un flou, mais cela gène un peu au niveau de l’exactitude.

Au final, Malédiction du Sang de Celia Rees est une excellente surprise. Que cela soit pour les deux histoires en parallèle, ou les vampires plus « fidèles » au mythe. Évidemment, l’ambiance Victorienne est un gros plus. Je recommande ce livre, peut être plus pour un public adolescent, mais un adulte aimant les vampires saurait y trouver son compte.


Le Printemps de Bourges est un festival musical qui se déroule à deux pas de ma ville natale. Ce festival a non seulement mauvaise réputation (agression, etc) mais en plus ne programme généralement absolument rien qui puisse nous intéresser. Et pourtant, parfois, les programmateurs peuvent nous surprendre. Comme cette année, où nous avons découvert une affiche de dingues : Dagoba, Septic Flesh, Punish Yourself, Eluveitie, Epica et Kamelot, le même soir, en région centre. Évidemment, nous avons vite pris notre billet, et le 22 Avril venu, sommes partis direction Bourges. Pas de photos personnelles pour ce report, les appareils étant interdits.

Soirée Metal au Printemps de Bourges 2011

Le concert débute à 18h tapantes, nous sommes tellement habitués aux concerts à la bourre, qu’on arrive tout juste à l’heure, et on rate le premier morceau de Dagoba. En tout honnêteté, ce n’est pas bien grave. A noter que la ponctualité sera un point fort de cette soirée, avec des pauses de 20 minutes à tout péter entre deux groupes. Ce n’est pas le concert d’Eletric Wizard. Seul la pause entre Eluveitie et Epica prendra du temps, sans doute pour mettre les ventilateurs. Le palais d’Auron propose 2400 places, dont la moitié dans la fosse et l’autre dans des gradins. Nous, on est des trues, on va dans la fosse.

Dagoba

On commence donc avec Dagoba, un groupe de Metal venant du sud de la France, nous les avions vu au Hellfest 2009, et somme toute le constat est le même : le groupe est communicatif, il a visiblement la pêche, ca fait plaisir de les entendre parler en français, mais musicalement c’est très moyen, efficace, mais sacrément soupe. Leur style semble avoir évolué, le chanteur chante maintenant pour de vrai, ce qui nous fait beaucoup penser à Stone Sour.

Septic Flesh

Arrive ensuite le premier groupe que j’attendais vraiment de la soirée, à savoir Septic Flesh. Le groupe grec propose un Death Metal très Black et très Goth en même temps : nappes de notes, ambiances lugubres, grunts sur chant féminins et chœurs en backing. C’est la première date de leur tournée The Great Mass, leur dernier album qui est absolument excellent au passage.

Septic Flesh - The Great Mass

Visuellement, c’est assez cliché, sombre, les musiciens sont vêtus d’ armures, le tout entouré des oeuvres sublimes de Seth Shiro Anton, bassiste/chanteur mais aussi graphiste. Pas mal de morceaux de The Great Mass seront joués, pour mon plus grand bonheur : Vampire from Nazareth, A great Mass of Death ou encore Pyramyd God si ma mémoire est exacte. Niveau ambiance c’est tout aussi sombre et lugubre. Le jeu de scène, lui est proche de l’inexistant, c’est très statique, mais en même temps vu la musique cela ne me choque pas. J’ai adoré, par contre dabYo est resté de marbre.

Punish Yourself

Les toulousains de Punish Yourself sont les suivant. Ce groupe fait de l’electro-indus aux grands relents Punk. Le combo est extrêmement respecté dans la scène indus, cependant, à coté des groupes de Death et autres Sympho, on ne peut s’empecher de les trouver un poil dépareillés. Qu’à cela ne tienne, les frenchies vont nous délivrer le show le plus intense de cette soirée.

Connus pour leurs show spectaculaires, ils tiendront leurs promesses : les membres sont intégralement peints de peintures fluos, il y’a des lasers verts devant la scène, un danseur/pyrotechnicien/performeur officie sur certains titres. Y a pas à dire, Punish en met plein la vue. Musicalement, c’est un déluge de beats, un martèlement constant, et une apothéose dont on se souviendra longtemps sur Gay boys in gay bondage.

Eluveitie

Le groupe de Folk Eluveitie prend la suite. Nous avions vu le groupe en Juin au Hellfest 2010 et c’est un des groupes favoris de dabYo. Nombreux sur scènes, près de dix personnes, le groupe utilise des vieux instruments traditionnels pour lesquels la sono avait été moyenne voire décevante au Hellfest. C’est réparé ici avec un réel son, et tous les instruments s’entendent bien.

Eluveitie au Printemps de Bourges

Malheureusement, c’est assez statique, et passer après Punish Yourself n’était pas la meilleure configuration pour le groupe. Même Thousandfold, pourtant l’un de leurs morceaux les plus énervés et agressifs fait pale figure, mou.  Cependant, cela reste bon, avec une setlist similaire à celle du festival, mettant en valeur les deux derniers albums. Et surtout Slania’s song sera jouée, le morceau qui m’avait manqué au Hellfest.

La performance scénique du groupe est aussi plus agréable, le chanteur ayant arrêté de chercher constamment à organiser des circle pits. Cependant, il faudrait dire à la demoiselle qui fait le chant qu’essayer de faire chanter au public un refrain entier en suisse ancien n’est que rarement une réussite. Le groupe organisera un circle pit, qui je pense fut le plus violent de la soirée.

Epica

Enfin, Epica arrive, et arrive pour moi la partie la plus douloureuse de ce report. J’aime Epica, leur second album, Consign to Oblivion est un de mes albums cultes, et c’était la 5ème fois qu’on les voyait. J’avais entendu des critiques sur leur dernière tournée, mais sans plus. Je me disais que taper sur le groupe était la mode. Et puis, et puis, il y’a eu Bourges. Et là, je ne sais par quel bout commencer.

Epica au Printemps de Bourges 2011

Le groupe est rodé, contrairement à Therion qui se sont renouvelés à chaque tournée, c’est les mêmes gimmicks, les mêmes sorties de scène aux mêmes moments, et ce depuis 2007. Le changement de line-up a aussi dû jouer, car le groupe a du mal à faire penser à une « unité », le nouveau restera à l’ecart toute la soirée.

Vocalement, si les grunts sont honorable, Simone peine, et n’est pas aidée par la sono trop forte sur sa voix. Elle ne tient pas ses notes, elle ne les a probablement jamais tenues mais cela était compensé par l’énergie et l’impression de joie d’être là. Sauf qu’ici Epica, c’est froid, c’est mecanique. Bref, dommage.

Kamelot

Kamelot est le petit dernier. Rajouté au dernier moment, le groupe devait jouer ce jour là à l’Elysée Montmartre à l’origine. Le Printemps de Bourges semble avoir été une solution de remplacement, mais il n’y a eu aucune publicité autour de leur venue, du coup une bonne partie de la salle ignorait qu’il y avait un 6ème groupe, la fosse était donc désertée. Nous sommes allés dans les gradins, car soyons honnête Kamelot, ca ne me palpite pas des masses.

Et là, surprise. Ce n’est pas Roy Khan sur scène ! Le lendemain paraitra le communiqué sur le départ officiel de Roy du groupe, il était remplacé pas le chanteur de Rhapsody of Fire. Alors, bon, il s’en tire pas trop trop mal niveau voix, mais Kamelot, c’est Roy quand même. Le groupe a une installation scénique qui me fait penser à Therion, avec des estrades pour les choristes (une fille et un gars). La choriste d’ailleurs est fort agréable à regarder, et contrairement à ce que j’avais pu penser, ce n’est pas Simone. Le reste du groupe est assez statique, et somme toute, ça ne me passionne pas. Bien qu’étant sur la tournée du dernier album pas mal de morceaux du Black Halo sont joués.

Au final, les deux derniers groupes n’ont pas été à la hauteur de ce qui était proposé précédemment. Le trio gagnant est sans nul doute Septic Flesh, Punish Yourself et Eluveitie, qui ont assuré jusqu’au bout. L’ajout de Kamelot était on ne peut plus discutable, surtout que son ajout a forcé les groupes à raccourcir leurs sets. Mais vu le prix du billet d’entrée, ça valait franchement le coût.


Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia Briggs

Serafina dans Critiques, Livres le 27 avril 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Alpha & Omega est le nom de la seconde série de Bit-Lit de Patricia Briggs. Elle se déroule dans le même monde que sa série Mercy Thompson, que nous avons beaucoup aimé et dont vous pouvez retrouver les chroniques de dabYo. Ce tome 0 est en fait une nouvelle, parue dans un recueil US nommé On The Prowl en 2007, qui a tellement plu que cela a donné naissance à cette seconde série. Les éditions Milady viennent de la traduire et de la publier en France sous le titre Origine, avec une traduction de Éléonore Kempler. Synopsis ?

Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia Briggs

Charles, fils du Marrok des États-Unis, c’est à dire le loup-garou le plus puissant, est envoyé à Chicago pour faire le tri parmi une meute de loups garou qui semble poser problème. Pour cela, il doit rencontrer et protéger, Anna, une jeune louve maltraitée par sa meute.

Un petit point sur l’édition avant toutes choses. Les éditions Milady ont sorti le tome 1 de la série Alpha & Omega avant ce tome 0. Mais des échos que j’ai pu avoir, notamment illman, il est vraiment nécessaire de lire le 0 avant le 1, sous peine d’être totalement perdu. Et vu que c’est indispensable et que le premier tome était déjà publié, Milady publie donc le tome 0 « seul », tome de 120 pages à tout casser, à 6 euros. Ce qui est quand même un poil scandaleux ! Mais bon, money is money. En prime, la couverture de Maurizio Manzieri est plutôt très moche.

Cependant, contexte éditorial mis à part, il faut quand même dire que cette nouvelle est vraiment très bonne. Grâce à son format, on est directement projeté dans le vif du sujet. J’ai particulièrement apprécié ce point, j’ai lu ce roman dans le cadre du Read-a-Thon et du coup c’est idéal, il n’y a pas de temps mort. Patricia Briggs nous présente rapidement les deux personnages principaux, qui sont relativement fouillés pour des personnages de nouvelle. Nous avions croisé Charles dans la série Mercy, mais il est beaucoup développé ici. Je pense que la nouvelle est accessible aux néophytes, c’est à dire ceux qui n’ont pas lu Mercy Thompson, mais il y aura un certain temps d’adaptation, des termes comme Marrok, ou Alpha sont expliqués assez succinctement. L’univers tourne ici exclusivement autour des loups garous. Pas d’autres créatures surnaturelles en vue pour le moment.

Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia BriggsDe son côté, l’histoire ‘est assez basique, nouvelle oblige, mais plutôt bien menée. On s’intéresse notamment à une partie de la vie des loups garous qu’on n’avait pas vue dans Mercy, mais je ne peux pas vous en dire plus. Ce tome sert avant tout  à introduire les personnages que son Charles et Anna, ainsi que la spécificité d’Anna, qui est une louve assez spéciale, elle n’a en effet pas d’instinct de bagarre comme les autres loups. C’est une particularité très importante qui va je n’en doute pas, être réutilisée dans la série. En plus la jeune fille est attachante, car très peu sûre d’elle et toujours sur la défensive. On est assez loin de Mercy. De même, apparemment, il n’y a pas de triangles amoureux qui se profile, pour notre plus grand bonheur. Les dilemmes sentimentaux étant un des points noirs de l’autre série.

Au final, ce tome introductif Origine donne surtout envie de commencer la série. L’histoire est bien menée et directe, il n’y a que peu de tergiversations contrairement à certains tomes que l’on pouvait trouver dans l’autre série. Anna est une héroïne intéressante. Bien que se déroulant dans l’univers de Mercy Thompson, Alpha & Omega s’annonce assez différente, et j’ai déjà acheté le premier tome.


A l’ombre des pleurs de Cécile Guillot

Serafina dans Critiques, Livres le 15 avril 2011, avec aucun commentaire
Critiques

A l’ombre des pleurs est un recueil de nouvelles de Cécile Guillot que j’avais notamment découverte dans l’anthologie Sorcières et Sortilèges. Elle propose là son premier recueilli de 7 histoires : 6 nouvelles et une novella, le tout servi par une superbe illustration de Anna Marine. Le tout est édité par une jeune maison d’édition, les éditions Cauchemars. Comme pour tout recueil, pas de synopsis.

A l’ombre des pleurs de Cécile Guillot

Cécile Guillot propose ici 7 nouvelles, ancrées dans le monde moderne. A une exception près, les nouvelles se déroulent à notre époque dans notre monde, majoritairement en France, malgré une incursion en Jamaïque. Le style de l’auteur est très doux, mais aussi très poétique. Elle fait partie de cette génération de jeunes auteurs qui non seulement manient bien notre langue mais en plus ont une écriture fluide et se lisent aisément.

Enfin, intéressons nous plutôt aux nouvelles :

De larmes et de sang

Le roman commence directement par cette novella d’une cinquantaine de pages. On suit une jeune femme, qui a décidé de laisser tomber la pollution parisienne pour s’installer en Auvergne. Sauf que la maison qu’elle emménage ne va pas lui procurer le repos escompté, enfin, surtout son voisin. Cette novella est assez fouillée, l’histoire se développe à son rythme, et surtout se lit très bien. Les chapitres sont très courts (3-4 pages maximum) ce qui donne une certaine intensité.

Les personnages, peu nombreux, ne sont pas caricaturaux. Seul reproche: j’avoue être très perplexe sur le choix de l’avoir placé en premier. La fin de la novella est une « vrai » fin, et il est difficile d’enchainer directement sur la suite.

Roadways

La lecture continue avec cette nouvelle qui nous propose de suivre une fugueuse Lisa, qui fait la rencontre d’une jolie goth sur son chemin vers la « liberté ». Cette nouvelle, est je pense, ma préférée. J’aime particulièrement les nouvelles qui ont un twist final assez inattendu.

L’auteur nous ballade, nous intrigue, et le final est à la hauteur. Je ne vous en dis pas plus.

L’appel du loup

L’appel du loup est une nouvelle très courte, de trois pages. Elle est très onirique et très envoutante. On est probablement plus proche la d’une nouvelle à la Mélanie Fazi, le coté ennuyeux en moins.

Cœur de Crystal

Cœur de Crystal avait été publiée dans Sorcières et Sortilèges et chroniqué à cette occasion, je vous invite donc à revoir cet article… et à découvrir l’anthologie, géniale au demeurant.

La fille aux Barbelés

Cette nouvelle est l’exception dont je parlais plus haut. Nous sommes ici en plein monde « post-apo » voir Cyberpunk. Un monde parfait, où toutes les choses endommagées sont jetées. Un rebelle essaie de braver l’ordre pour récupérer la poupée abimée de sa sœur.

Malgré un sujet assez éloigné des autres nouvelles, elle s’intègre bien, notamment grâce à la douceur du style. L’univers est fascinant, et j’aimerais lire d’autres écrits sur celui-ci !

Nuits d’Obsidienne à Montego Bay

A l’ombre des pleurs de Cécile GuillotNuits d’Obsidienne à Montego Bay se déroule en Jamaïque, un couple y passe des vacances qui vont mal tourner. Cette nouvelle assez longue est totalement immergée dans la culture jamaïcaine, et la sorcellerie « traditionnelle ». Comme vous le savez c’est typiquement ce que j’adore. La sorcellerie est trop souvent délaissée au profit des vampires, et pourtant …

Liberame

Liberame clos le recueil sur une touche d’onirisme assez proche de L’appel du loup.


Chimères d’Albatre de Stéphane Soutoul

Serafina dans Critiques, Livres le 12 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Chimères d’Albatre est un recueil de nouvelles autour du vampire écrites par Stéphane Soutoul. Le livre est paru aux éditions Cauchemars en début d’année et est servi par une couverture de Cécile Guillot. Stéphane Soutoul est un auteur français que j’apprécie beaucoup, je vous avais déjà recommandé sa série aux éditions du Petit Caveau, Les Âmes Déchues. Il n’y a donc pas de synopsis vu la nature de recueil.

Chimères d’Albatre de Stéphane Soutoul

Ce recueil comporte 14 nouvelles qui traitent donc toutes du vampire, sous diverses formes et dans diverses époques. Cependant les nouvelles ont toutes comme point commun d’être très visuelles. Stéphane Soutoul a un style d’écriture qui fait que l’on visualise immédiatement les scènes. Il est très descriptif sans en faire trop. Il ne faut que peu de lignes avant de rentrer dans l’ambiance. Ambiance qui varie de notre monde moderne, à la période trouble de la seconde guerre mondiale. Point intéressant, de nombreuses nouvelles se déroulent dans des endroits bien réels : le Languedoc, Montpellier, la Lozère qui rendent plus facile l’immersion. Car on a beau lire des livres sur la Nouvelle Orléans, quand on n’y a pas été c’est pas aussi facile à imaginer que l’Auvergne. Cet ancrage dans le pays est vraiment plaisant.

Aux qualités, il faut ajouter la plume de Stéphane Soutoul. Je vous le dit à chaque fois que je chronique une de ses nouvelles, mais cet auteur a un style excellent. Un poil suranné, ce qu’il faut de torturé, avec un réel amour des mots, le lire est un vrai plaisir. C’est dans ces cas là où on se rend compte qu’une bonne maitrise de la langue est un vrai plus pour un romancier, et c’est le cas ici. On sent une vrai influence romantique, très 19ème, si vous aimez l’époque, vous aimerez les nouvelles. Et ce, malgré quelques coquilles par-ci par-la dans la deuxième partie du recueil qui rendent parfois certaines phrases difficiles à lire… Une petite sélection de mes nouvelles favorites :

Dans les bras de la mort

La particularité de cette nouvelle c’est qu’elle se déroule au beau milieu de la France occupée, commençant avec la fuite d’une femme devant une horde de SS. J’avoue que c’est avant tout ce mélange qui m’a séduite. Mais la course poursuite haletante est aussi tellement bien décrite qu’on rentre tout de suite dans le vif du sujet.

Vampire cherche victime désespérément

C’est une petite nouvelle de moins de 10 pages sur un vampire qui essaie d’utiliser les nouvelles technologies (Internet quoi) pour trouver sa proie. J’aime ce genre de nouvelles qui dépoussièrent l’image du vampire. Et en plus, c’est très drôle.

Slasher in the night

Ce dernier choix est en fait une nouvelle relativement longue avec pas loin de 50 pages. Il s’agit typiquement d’un film d’horreur, à la Blair Witch, mais écrit et avec du vampire dedans. La galerie de personnage est là, les traits sont croqués avec beaucoup de réalisme, l’histoire se déroule de manière fluide. Et du coup le style aussi se modernise. Un peu de thriller dans ce monde romantique en fait.

Chimères d’Albatre de Stéphane SoutoulBien que le mythe du vampire soit un mythe qui a été énormément exploité, l’auteur nous propose là d’excellentes surprises, avec des mélanges assez étonnants. Il n’y a pas a dire, le vampire reste un thème extrêmement vaste, et ces 14 nouvelles nous le prouvent.

Évidemment, je serais tentée de toutes les citer, mais les trois ci-dessus montrent la diversité et la richesse du recueil.

Vous l’aurez compris, Chimères d’Albatre a été une lecture très agréable, et je vous recommande chaudement cet ouvrage de Stéphane Soutoul.


Read-A-Thon d’Avril 2011, le bilan

Serafina dans Actualités, Livres le 9 avril 2011, avec 5 commentaires
Actualités

Nous l’avions fait en Novembre dernier, nous avons réitéré. De quoi est ce que je parle ? Du Read-A-Thon, une initiative tenant à lire d’affilée pendant 12 à 24h. Nous avions initialement prévu de participer au 24h, mais les microbes ont eu raison de nous et c’est comme la fois précédente, un Read-A-Thon de 12h de 10h à 22h que nous avons participé. Etait-ce aisé ? Qu’avons nous lu ?

de_fievre_et_de_sang_sire_cedric_1.jpg

Aisé, oui , et non. Comme je l’ai dit, nous étions un peu malades, donc, de toute manière , lire est ce que nous aurions fait de toute manière. Cependant, comme dabYo qui n’a pas pour habitude  de lire rapidement à été encore plus « lent ». Comme la dernière fois, c’est deux livres qui sont passés entre ses mains.

Il a tout d’abord terminé Jack Barron et l’éternité de Norman Spinrad, dont il lui restait 350 pages. Une critique de société qui bien que publiée dans les années 70 n’a pas pris une ride, plongée dans le monde sans pitié des médias en pespective. Le roman semble lui avoir beaucoup plu, je pense donc que vous en entendrez parler très prochainement. Il a ensuite lu Le Volcryn de George R. R. Martin, un petit livre de 150 pages, qui lui aussi fut une très bonne lecture. En même temps, vu l’auteur cela ne m’étonne pas. Et pourtant ce n’est pas forcément ce à quoi il s’attendait, car nous sommes là en présence d’un croisement entre du Asimov et du King !

Enfin, pour la dernière heure, il a lu 2 nouvelles soit 40 pages de l‘anthologie Fiction tome  12 des Moutons Electriques. Dans l’ensemble , c’est 540 pages qui ont été lues, mais surtout ce ne furent que des bonnes lectures. il faut croire que pour dabYo les Read-A-Thon ce n’est que du bon !

Pour ma part, cela fut presque une orgie, car j’ai lu 1015 pages, réunies en 3 livres et demi, puis une nouvelle. Le premier livre fut Malediction du Sang de Celia Rees, un roman jeunesse mais très bien écrit et surtout qui traite du vampire de manière respectueuse. Une bonne surprise. J’ai ensuite enchainé avec une valeur sure : la novella Alpha et Omega : Les Origines de Patricia Briggs, dont j’avais adoré les Mercy Thompson, et je ne fut pas déçue. J’ai même regretté de ne pas avoir acheté la suite.

Ensuite, le plus gros des livres, et prévu de longue date ne fut autre que De Fièvre et de Sang de Sire Cédric, un thriller bourré de reférences au monde de la nuit qui, sans surprise, fut une excellente lecture, et mon vrai coup de coeur de cette session.

Enfin, ayant été séduite par Alpha et Omega j’ai décidé de rattraper mon retard dans sa série phare Mercy Thompson, avec le tome 4. Le problème c’est que l’histoire ne commence que vers la page 150 et que je n’ai eu le temps d’en lire que 178, du coup, ce fut assez long et ennuyeux, voir déprimant. Enfin dabYo m’a fait lire une des nouvelles de Fiction tome 12, mais je l’ai detestée, l’ayant trouvée trop cruelle et méchante.

Au final, ce fut encore une très bonne édition du RAT. Lire des romans d’une traite est toujours une expérience intéressante, surtout quand il s’agit de romans comme ceux de Sire Cedric, de vrais thrillers haletants qui prennent toute leur dimension en les lisant d’un traite.

Et vous, avez vous participé ?


L’Épreuve de l’Ange de Anne Rice

Serafina dans Critiques, Livres le 6 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

L’Épreuve de l’Ange est le second tome de la série des anges d’Anne Rice. Série qui ne comporte que 2 tomes à l’heure actuelle. Ce deuxième tome est sorti en 2010 aux États-Unis et vient d’être traduit par Pascal Loubet pour les éditions Michel Lafon. J’avais lu le premier tome l’année dernière plus ou moins à la même époque, que j’avais assez apprécié, je n’ai donc pas tardé à entamer le deuxième. Synopsis ?

L'épreuve de l'Ange de Anne Rice

Toby O’Dare est un ancien tueur à gage. Repenti, il travaille désormais avec Malchiah, un séraphin, et tâche d’exaucer les prières des âmes tourmentées dans ce qu’ils appellent « L’Heure de l’Ange », une Heure qui permet de voyager entre les époques, et qui l’amènera notamment à Rome en pleine renaissance.

Tout comme pour le premier tome, il faut saluer le travail des éditions Michel Lafon, qui proposent encore une fois un très beau livre, très agréable à lire, avec des petites ailes d’anges en début de chapitre, bref, un beau travail d’édition. C’est un livre qu’on prend plaisir à lire, enfin, presque. Le style et la narration restent les mêmes que dans L’heure de l’Ange : Première personne, pas mal de descriptions, un style toujours très bon.

A la lecture du synopsis, il paraît évident que la religion occupe une place centrale. C’était déjà le cas dans le premier tome, sauf que ce dernier était assez soft et n’apparaissait pas comme une propagande éhontée pour la religion. Le problème c’est que L’Épreuve de l’Ange est beaucoup plus proche de la propagande. Dieu et la religion chrétienne y sont beaucoup trop présents à mon gout. Je ne suis pas spécialement anti-religion et avoir des héros croyants ne me gêne pas, sauf quand leur foi devient le point central du livre. Car ici, c’est le cas. Dans le premier tome, la mission de Toby dans l’Heure de l’Ange occupait une part importante du roman et était plus construite comme une aventure. Là, non.

Of Love And Evil from Anne Rice

La couverture de la V.O. est beaucoup plus conotée religion

D’un bout à l’autre on suit la rédemption de Toby, sa foi, il nous rabâche l’omniprésence de Dieu, sa bonté, son amour. Et quand évidemment le roman se transforme en propagande contre les relations sexuelles hors mariages (qui viendraient « souiller » la fille qu’il aime) et en apologie de l’Église en tant qu’organisation, j’avoue que j’ai eu énormément de mal à continuer.

L’Épreuve de l’Ange n’est que cela, acclamation de Dieu, enfilage de bons préceptes conformes à la foi catholique. Alors oui il y a une petite aventure, de 60 pages sur 200, qui se passe dans la Rome de la renaissance et qui s’intéresse aux injustices faites aux juifs. Mais elle aussi tourne pas mal autour de la religion, et les mystères sont assez évidents et résolus en deux ou trois pages, ne restant plus qu’une excuse pour que Toby nous exprime son amour de Dieu. Il faut cependant dire que Anne Rice s’est pas mal renseignée sur l’époque et nous présente l’état des juifs dans la Rome de la renaissance, état que je ne connaissais pas réellement, et qui est donc assez intéressant.

Le livre est effectivement très court : 200 pages, écrit gros, il se lit très vite, mais ce peu de page est suffisant pour m’avoir agacé à de nombreuses reprises par son prosélytisme. A coté de cela, on retrouve Toby, qui est toujours fasciné par la beauté, comme a pu l’être un Lestat, mais Toby est très passif. Il est baladé d’un endroit à l’autre, au bon vouloir des anges, sans vraiment se remettre en question. Les personnages secondaires sont réduits à de simples noms, car il n’y a pas réellement assez de pages pour les développer.

L'épreuve de l'Ange de Anne RiceEn deux cents pages, notre histoire n’avance quasiment pas par rapport au premier tome qui laissait espérer d’en apprendre plus sur les anges et leurs interactions. Le livre nous laisse sur notre faim, et tous les espoirs que j’avais eu en lisant le premier tome ont été anéantis.

Au final, L’Épreuve de l’Ange me laisse une très mauvaise impression, et si sa suite parait un jour je ne pense pas que je le lirais. Enfin, il faut dire que la suite est fort compromise, vu que Anne Rice a déclaré partir de l’église catholique en 2010… Je la vois donc difficilement écrire une suite qui parle autant en bien de l’Église… Mais en tout cas, je ne vous recommande absolument pas ce livre. L’histoire est laissée bien trop de côté.


Mercy Thompson, c’est une série de Bit-Lit écrite par Patricia Briggs et que nous avons beaucoup appréciée ici, vous pouvez notamment retrouver les chroniques du premier et deuxième tome par dabYo. J’avais lu les premiers en VO avant que Milady ne les édite en France. Et fort du succès de la saga, Milady Graphics nous propose le comic tiré de la série. Il s’agit d’une histoire inédite se déroulant avant même le début de la saga des bouquins. Ce comic est paru en 2009 en VO et vient d’être édité chez nous, avec une traduction de Philippe Touboul il se compose de 126 pages couleurs. Synopsis ?

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Mercy vient d’arriver dans les Tri-cities à la recherche d’un travail d’enseignante. Malheureusement elle ne décroche pas le poste convoité, et se retrouve attaquée par des loups garous, qui endommagent gravement sa voiture, une Wolswagen. Elle se rend donc dans un garage spécialisé, tenu pour le moment par Tad, gamin de 9 ans, dont le père semble avoir quelques problèmes.

Évidemment, l’identité du garage est bien connue pour ceux qui ont lu la série. Je ne suis d’ailleurs pas certaine que le comic soit forcément intéressant pour ceux qui n’en connaissent pas l’univers. En effet, de nombreuses notions (celle de meute, de mâle alpha, etc) sont balancées sans trop d’explications.  C’est une petite histoire qui répond à pas mal d’interrogations des fans, comment Mercy a rencontré Zee, Adam et les autres, etc.

Le comic se découpe en 4 chapitres et malheureusement, le dessinateur change en plein milieu: Tsai laissant place à Woo. Je déteste vraiment les changements d’illustrateurs en plein milieu, ce qui est malheureusement fréquent dans les comics. Le trait de Tsai est de toute beauté, très net, aux perspectives superbes, avec de beaux effets de texture, son dessin est assez irréprochable. Alors certes, ses personnages féminins sont bien en chair, classique du comic, mais il y a une aisance et une fluidité.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Aisance et fluidité qui, malheureusement, ne sont pas réellement présents dans les chapitres de Woo. Bien qu’elle ait taché de conserver l’ambiance et le style du début, il y a une énorme marche de différence entre les deux, ses perspectives sont d’une manière générale foirées, les mains ne sont pas son fort, et sa colorisation est extrêmement brouillonne. Dommage du coup, car le comic devient du coup fort inégal.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia WooAu niveau de la narration, on note quelques ellipses pas évidentes, notamment celle du début de chapitre deux, et une narration assez brouillonne dans les deux derniers chapitres. Un chaos sans doute dû à la coloration chaotique de Woo, ainsi qu’à une ou deux « blagues » que je n’ai pas comprises, faute de culture ou de traduction, que sais-je. Ceci dit, dans l’ensemble cela se lit bien. Évidemment, faire face à une adaptation d’un roman qu’on a lu n’est pas chose aisée, mais ici , le design de Mercy par exemple, reprend directement  celui des couvertures des romans. Dans l’ensemble tout est assez bien respecté, sans doute grâce à l’implication de Patricia Briggs dans ce comic.

Au final, Retour Aux Sources est un prélude qui m’a surtout donné envie de continuer la saga des Mercy Thompson, car j’en ai deux en retard. D’une manière générale, le dessin de Tsai et Woo est bon, l’histoire de Daniel Lawrence aussi, et je pense que si vous aimez bien la saga vous pouvez acheter ce comic sans crainte.