Les sentinelles des blés de Chi Li

Serafina dans Critiques, Livres le 19 janvier 2010, avec 3 commentaires
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Il y a des moments où l’on est tellement au fond du gouffre littéraire qu’on lirait n’importe quoi. Vraiment. Comme ce numéro de Geo en allemand sur la table basse de ma belle-mère. Seul bémol, et de taille, je ne lis pas l’allemand. Je ne le parle pas non plus. Alors je me suis rabattue sur ce petit livre des éditions Actes Sud, à la très belle couverture, toute en douceur. Il s’agit du roman Les sentinelles des blés de Chi Li. Un roman chinois, à mille yards de mes habitudes littéraires, mais comme je vous l’ai dit, au fond du gouffre, on prend le premier venu.

Les Sentinelles des Blés de Chi Li

Les sentinelles des Blés c’est l’histoire de Mingli, la mère adoptive de Rongong. Rongrong qui a disparu depuis trois mois maintenant. Contre l’avis de son mari, elle se rend à Pékin pour essayer de la retrouver, et de comprendre. Le synopsis est léger, c’est sur. Le roman est plutôt court, à peu près 150 pages. Le roman a un rythme assez lent et contemplatif, pourtant on ne s’ennuie pas. Est ce que c’est une caractéristique courante dans la littérature asiatique ? J’avais déjà fait cette remarque pour Le coupeur de roseaux. C’est très particulier et j’aurais du mal à le décrire.

Le roman est centré autour de Mingli. Cette chinoise quadragénaire est plutôt effacée dans sa vie professionnelle. Mingli est considérée comme une femme naïve et un peu simplette. Bref, c’est n’importe quelle chinoise, on peut aisément s’identifier à elle, car ce n’est pas une personne exceptionnelle, non, c’est juste n’importe qui.

Cependant, elle cache bien son jeu, elle réfléchit beaucoup et certaines de ses réflexions sont très profondes. L’auteur alterne entre scènes tes simples, banales, et digressions plus recherchées, sur le sens de la vie et autres. Bon, dit comme cela, ça fait un peu halluciné, pourtant, c’est amené avec douceur et intelligence.  Le voyage vers Pékin peut être vu comme un voyage initiatique. Certes, il est bien tardif, pourtant, ce voyage va lui permettre de se poser des questions existentielles et de prendre conscience. Prendre conscience du fossé qui la sépare de sa fille adoptive, mais aussi prendre conscience de son pays.

Les Sentinelles des Blés de Chi LiLa Chine pourrait presque être vue comme un personnage à part entière de l’histoire. La Chine en pleine mutation joue son rôle, le régime politique est souvent cité. J’ai malheureusement dû louper de nombreuses références car je ne suis pas très calée dans ce domaine. Un lexique à la fin essai d’expliciter certaines références, mais c’est très succin et c’est limite le minimum syndical. J’aurais apprécié un petit dossier sur la Chine, ou quelque chose dans ce domaine pour mieux comprendre.

Toujours est-il qu’on suit Mingli dans sa quête , mais aussi dans ses divagations personnelles. Son passé, ses souvenirs tout cela sera passé en revue, avec une approche très intime. Mingli fait de nombreux allers retours entre passés et présent, le moindre petit truc est l’occasion de faire ressurgir d’anciens souvenirs. La construction est très réaliste, on a vraiment l’impression d’être dans la tête du personnage. Dans ses associations de pensées très personnelles et sans logique apparente. On s’attache au personnage, et on boit ses paroles.

Dans tous les cas, le style est très poétique et étonnamment lyrique. Le style est simple, dépouillé, mais il en ressort une grâce très propre et très personnelle. Ce n’est pas un livre d’aventure, c’est un livre intime, plein d’émotions, et de lyrisme, et ceci même dans les événements d’une banalité étonnante qui y sont décrits. Chi Li est décrit comme appartenant au mouvement néo-réaliste chinois, et je veux bien les croire. C’est la vie de tous les jours qui est contée ici, avec pudeur et sensibilité.

J’ai beaucoup apprecié ce roman, et pourtant, ma critique est bien maladroite. Je ne saurais que vous le conseiller, malgré son prix un peu élevé pour la durée de lecture. Peut-être devriez vous regarder du coté des bibliothèques ?


Soeur des Cygnes, Tome 2, de Juliet Marillier

Serafina dans Critiques, Livres le 17 janvier 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Je vous avais déjà parlé du premier tome de Soeur des Cygnes. Ce deuxième en est la suite directe. Il faut savoir que dans la version anglaise ça n’est qu’un seul et unique tome. Du coup on retrouve l’histoire pile là où on l’avait laissée et c’est reparti. Je vous renverrais à ma critique du premier tome pour le synopsis, vu qu’il ne change pas. On suit toujours Sorcha une jeune fille dont les frères ont été transformés en cygnes. Pour les délivrer de cette malédiction, elle doit tisser pour chacun une chemise en ortie et garder le silence. Vous aurez reconnu le célèbre conte de Grimm dont ce roman est une adaptation.

Soeur des Cygnes Tome 2 de Juliet Marillier

Ce tome est donc la suite directe du précédent, avec les mêmes qualités. Le style de Juliet Marillier est très agréable,  ou bien sa traduction faite par Hélène Bury, je ne sais pas, et on est très vite transporté dans l’histoire. Ici le récit continue sa visée initiatique. Sorcha n’est plus dans le même genre d’endroits et doit assumer son choix de garder le silence y comprit en présence d’autres personnes et face à des injustices. Elle ne peut que se taire. Plus de quiproquos dans ces pages donc, des quiproquos, certes prévisibles, qui m’ont fait un peut penser au deuxième tome des Enfants de la Terre, mais en mieux , je vous rassure. C’est mignon. Oui, car malheureusement pour les messieurs qui veulent de la testostérone, on assiste à un début de romance, plutôt bien conté, plutôt réaliste et évidemment qui sera très poignant pour les romantiques. Je suis romantique, donc autant dire que j’ai été happée par cette histoire d’amour, ses non-dits, ses quiproquos et que j’ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois.

On peut aussi saluer la psychologie des personnages que Marillier développe bien et avec réalisme. Après ce qu’a vécu Sorcha dans le premier tome, elle n’est plus pareille et cet événement continue de la hanter même plusieurs années. Ça change des héroïnes qui passent l’éponge sur les pires atrocités comme celle de la Symphonie des Siècles par exemple… Les événements douloureux sont traités avec noirceur, comme il se doit, rendant toute l’horreur que l’humain peut accomplir à ses semblables. C’est justement ce qui manquait récemment à Immortel par exemple. L’impact des épreuves qu’a vécu Sorcha est réaliste,  et ça, je ne peux que le saluer.

Soeur des Cygnes Tome 2 de Juliet Marillier

La couverture anglaise est nettement moins réussie, dommage.

Entre le lieu où cela se passe, l’époque où cela se passe, le coté légendaire, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer ce roman aux Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley. Et sachez que c’est un compliment. Sorcha est tout aussi attachante que les héroïnes de la série précitée et j’ai refermé ce tome avec ce même genre d’émotion. Une fébrilité, et des rêves dans les yeux. Soeur des Cygnes c’est un roman magique et enchanteur. Du coup, les défauts du livre sont passés comme une lettre à la poste. Oui, parce qu’il y ‘en a quand même.

C’est assez manichéen, les méchants sont méchants, les gentils gentils, c’est dommage. Heureusement, j’ai trouvé ce coté manichéen compensé par les réactions de certains personnages en fin d’ouvrage, je n’en dirais pas plus. J’ai aussi trouvé qu’on virait trop au pathétique par moment. Pourquoi vouloir toujours faire souffrir Sorcha encore plus. Certaines réactions sont un peut étonnantes et difficilement compréhensibles.

Soeur des Cygnes Tome 2 de Juliet MarillierMais voilà, je n’en ai que faire, je suis tombée sous le charme, et ca ne s’explique pas. Ca n’est pas rationnel. J’ai trouvé ce dernier tome charmant, cette histoire d’amour émouvante et du coup, c’est un coup de coeur, c’est tout. J’ai été happé dans ce récit romantique à souhait, ni trop, ni pas assez. Je ne saurais que le conseiller à tous ceux qui ont aimé les Dames du Lac, qui aiment les contes, ou tout simplement ceux qui sont sensibles au fond de leur coeur tout mou.

Un titre à lire sans aucun doute, sans parler du fait que sa couverture de Benjamin Carré est superbe.


Les animaux fantastiques de J. K. Rowling

Serafina dans Critiques, Livres le 12 janvier 2010, avec 6 commentaires
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Les animaux fantastiques est un petit livre écrit par J. K. Rowling en 2001. Les bénéfices sont intégralement reversés à Comic Relief une association humanitaire. Ce petit ouvrage a été réedité il y a peu par Gallimard Jeunesse avec son compagnon, Le quiditch à travers les ages. Bien que fane de Harry Potter je n’avais jamais lu ces petits livres. Autant dire que quand j’ai vu ces titres en partenariat sur Livraddict, j’ai sauté dessus ! C’est ainsi que j’ai reçu Les animaux fantastiques. Le livre est très court : 120 pages.

Les animaux fantastiques de J.K. Rowling

Il s’agit du célèbre livre de Newt Scamander que vous connaissez forcément si vous avez lu les HP. A travers ce livre, on découvre de nombreux animaux, classés par ordre alphabétique. Chaque animal a droit à une classification suivant sa dangerosité (allant de ennuyeux à tueur) et une description. La description rassemble généralement la description physique, mais aussi où le trouver, comment s’en débarrasser ou que faire lorsqu’on est mis en sa présence. En plus de cela, le livre est annoté par Harry ou Ron, qui font des petits commentaires dont certains sont absolument hilarants (enfin, pour moi, mais on ne va pas revenir sur mon humour).

Le livre est clair, facile à lire, pour tout age. Il est évidemment bardé d’humour, que cela soit via les annotations, mais aussi via les descriptions qui sont parfois cocasses. Ce livre est évidemment lisible si vous n’avez jamais lu ou vu HP (ça existe encore ?) mais vous louperez sans doute de nombreuses références et je pense que vous vous ennuierez. De plus, je pense qu’il faut voir cela comme un complément à cette série, et non comme un livre indépendant.

Les animaux fantastiques de J.K. RowlingPour moi qui suis une fane depuis la parution du tome 1, je dois dire que ce fut un réel plaisir de me replonger dans le monde de mon sorcier préféré. On trouve de nombreux clins d’oeil et on en apprend un peu plus sur certains animaux seulement évoqués dans les livres. C’est retrouver la magie de Rowling, et du coup, forcément, ça fait plaisir.  C’est à lire je pense pour tout fan de la série, quelque soit l’age. J K Rowling sait nous enchanter et ce n »est pas ce livre qui prouvera le contraire. On regrettera que certains animaux ne soient pas mentionnés bien qu’ils apparaissent dans les romans, notamment les Scrouts à Pétard (qui auraient mérité le qualificatif ennuyeux).

J’avais été plutôt déçue des contes de Beedle le barde, mais la ce ne fut pas le cas. Les annotations ne sonnent pas fausses, et même l’introduction par Dumbledore passe bien. J’aurais aimé lire ce livre à l’époque ou j’écrivais des fanfics. C’est un petit dictionnaire animalier très intéressant et bardé d’informations utiles pour découvrir un peu plus le monde de Harry.

Évidemment, vous le savez, je ne suis pas objective, je suis une fane. Mais bon, je pense que ce livre s’adresse avant tout aux fans et qu’ils ne seront pas décus. Si vous n’avez pas encore lu ce livre et que vous aimez la saga, alors n’hesitez plus. Personnelement, je compte me procurer le Quidditch à travers les ages. Pourtant je n’aime pas réellement le sport, haha.


Aether Shanties de Abney Park

Serafina dans Critiques, Musique le 9 janvier 2010, avec 1 commentaire
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Honte sur nous, nous ne faisons pas assez souvent d’articles musicaux. Je ne peux donc pas vous convertir comme il se doit à mes coups de cœur, souvent fulgurants, démesurés, et parfois carrément chelous. Mais aujourd’hui, perdons les mauvaises habitudes, et parlons d’un album sorti très récemment : Aether Shanties de Abney Park.

Aether Shanties de Abney Park

Intéressons nous d’abord au groupe. Il s’agit d’un groupe Américain, de Seattle plus précisément. Ils sont cinq, Robert Brown (dit Captain Robert) à la voix, au Darbuka, à l’accordéon et à l’harmonica, puis Kristina Erickson aux claviers, Nathaniel Johnstone à la guitare, au violon, à la mandoline et au bouzouki, Daniel Cederman à la basse et à la guitare acoustique et Jody Ellen à la voix féminine.

Ils se sont formés en 1997. Le groupe au départ évoluait dans un style plutôt gothique. Et puis, pour leur septième album, le groupe vira au Steampunk, vous savez cette mode à vapeur délicieusement rétro qui gagne en popularité outre atlantique et même  dans l’hexagone. Le groupe développe un background, des identités fictives,  bref un concept. Lost Horizons sort en 2008, et ce fut un de mes énormes coups de cœur pour l’année 2009. Autant dire que j’attendais de pied ferme Aether Shanties.

Musicalement, Abney Park, c’est de la dance, de la musique industrielle, de la musique du monde, quelques racines goths, un cocktail détonnant, bien mené, et terriblement efficace. Mais bon, le groupe ne se prend pas la tête, alors on ne va pas se prendre la tête au niveau classification: c’est du Steampunk. Certes ça n’a réellement aucun lien avec le mouvement littéraire par exemple, mais pourquoi s’en faire.

Abney ParkAether Shanties s’inscrit dans la lignée directe de Lost Horizons. Onze morceaux, relativement courts pour mes habitudes de métaleuse. La majorité des morceaux sont très dansants, avec notamment l’utilisation de l’accordéon ou des instruments folks. On retrouve le son particulier d’Abney Park, et le chant spécifique. Une voix assez basse, avec un phrasé reconnaissable entre mille. Une nouvelle chanteuse les rejoint pour cet album, il s’agit de Jody Ellen qui possède une voix assez nasillarde, et très enfantine. Je n’ai pas spécialement accroché à la première écoute, mais au final, le contraste qu’elle forme avec la voix très basse du capitaine est très intéressant et ajoute un coté décalé (non pas qu’ils en avaient besoin). Cela fait aussi penser à des groupes comme Diablo Swing Orchestra, du coup.

C’est donc la suite des Airship Pirates. Et niveau ambiance, là où le précédent invitait au voyage, celui ci est carrément plus gai, plus chantant. Bref, plus pirate. Cette joyeuse ambiance où le rhum vous délie la langue est présente tout au long de l’album. On notera plus précisément Throw them Overboard qui sonne comme une chanson à boire et Derelict qui est une reprise d’une chanson de pirate plutôt connue, vu qu’immortalisée dans le roman de Stevenson que je ne vous ferais pas l’affront de présenter. (L’île au trésor, pour les incultes)

De nombreux instruments du folkore du monde sont utilisés, et on voyage beaucoup. Normal, vu qu’on suit des baroudeurs du ciel. On trouvera des mélodies orientales ou encore des mélodies très années 20 et un petit coté cabaret sur Until the Day you die.En fait, beaucoup de variété, pour un album qu’on ne se lasse pas d’écouter et qui vous met sacrement de bonne humeur le matin.

Aether Shanties de Abney Park

Ceci dit Abney Park ce n’est pas que de la joie. Et la chanson la plus calme de l’album, Victoria, nous le rappelle bien. Outre le thème très dur, la mort de la petite Victoria Climbe, le piano et la voix magistrale ont de quoi donner la chair de poule et vous faire monter les larmes aux yeux. Le couplet est assez bouleversant (oui, je sais, je suis une petite nature).

Bref, ce groupe, c’est mon premier coup de coeur de l’année 2010, le groupe emblématique de la scene Steampunk a transformé l’essai, et j’avoue rêver d’une date à Paris. J’espere que vous aimerez vous aussi. On vous laisse leur myspace, dont les morceaux sont très bien choisis.


Petits Arrangements avec l’éternité est le premier roman d’Eric Holstein, un chroniqueur actif sur ActuSF entre autres, sorti en 2009 aux éditions Mnémos. Ce premier roman comporte à peu près 300 pages, et porte sur les vampires comme la couverture le laisse supposer. Un petit Synopsis ?

On suit trois vampires résolument modernes, Eugene éveillé à la Belle époque, Grace éveillée dans les années 30 et Slawomir clodo de son état. Grace vit de ses charmes, Eugene squatte les maisons abandonnées par leurs propriétaires pour les vacances et Slawomir cuve son vin sous les ponts. Pas très jobard comme équipe de tête. Surtout quand Grace les attire dans la mouise en révélant son secret à un amant de passage.  S’en suit évidemment une aventure palpitante. Enfin, du moins c’est ce qu’on nous promet.

Petits arrangements avec l'éternité de Eric Holstein

Pour palpiter, l’aventure va palpiter. Une fois l’intrigue lancée on enchaîne les bastons, les fuites, les courses poursuites dans Paris. Cette impression de rapidité est renforcée par un découpage en chapitres très très courts: deux à trois pages à tout casser. On peut cependant regretter un peu cette frénésie, car du coup on passe à coté de choses qui auraient pu être très intéressantes.

Tout d’abord, les vampires de Holstein, ce sont des vampires psychiques. C’est à dire qu’ils ne se nourrissent pas de notre sang mais de nos émotions. Ce point aurait mérité d’être un peu plus creusé. Et puis bon, les vampires qui nous voient entourés d’une aura colorée, ou chaque couleur correspond à une émotions, c’est quand même un brin simpliste. De plus, cette faculté ne servira en rien dans le déroulement du roman. Cette capacité ne sera pas mise en œuvre pour résoudre quoique ce soit, c’est dommage, car il y avait du potentiel.

Petits arrangements avec l'éternité de Eric HolsteinLes personnages sont dans l’ensemble un brin stéréotypés. Eugene le petit malfrat, cynique et désabusé, Grace la poule de luxe mais qui cache de profondes blessures, et bien évidemment le clodo qui… Non je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous spoiler. Je dois dire que je n’ai pas du tout réussi à accrocher aux personnages. Et du coup, comme le bouquin tient beaucoup sur les épaules de Eugene… Faut dire que le style ne m’a pas aidé.

Narré à la première personne, le roman est écrit comme parlerait Eugene. C’est à dire, dans un mélange d’argot du début du XXème siècle, un style très oral, et un registre très familier. Trop, sans doute. Dans beaucoup de critiques que j’ai pu lire sur le web, le style a été salué. Eh bien, moi, je n’ai pas du tout apprécié. Je l’ai trouvé très vulgaire, très surfait et très difficile à lire. Oui parce que l’argot, je ne le parle pas couramment, et qu’il n’y a aucun lexique. Du coup, j’ai passé des phrases sans en comprendre le sens (désolée je n’avais pas emmené mon dico d’argot en vacances). Ce qui est assez rageant, et frustrant. Alors certes, dans certains cas on devine, dans d’autres… En plus, c’est vulgaire et  j’en ai eu vite ras le bol. Vraiment pas mon genre. Après, je le conçois, c’est une question de goûts.

L’intrigue en elle même n’est pas mirobolante. On a cependant des éléments assez intéressants, comme la communauté des vampires. Dommage qu’on tombe vite dans la démesure. Disons que j’ai l’impression que pour donner du relief à ses vampires, il faut forcement que cela soit des grands noms. Eiffel, Da Vinci, etc, quel intérêt d’en faire des vampires ? Pourquoi ne pas inventer les personnages ? C’est comme si il n’y avait que les grands noms qui pouvaient être de grands vampires. Ce n’est pas le premier bouquin où ce procédé est utilisé et il me laisse perplexe à chaque fois.

Enfin, les retournements de situations sont dans l’ensemble prévisibles, et le final est vraiment trop grand-guignolesque. C’est basiquement n’importe quoi, et ça ne m’a pas du tout convaincue.

Au final, un livre qui se lit, sans trop d’énormes défauts, mais pas suffisant pour me captiver et m’intéresser. Encore un livre dont je ne garderai pas grand souvenir, au potentiel inexploité et noyé sous l’action répétitive et les ficelles parfois énormes ou mal amenées.


Ce que l’on a écouté en 2009

Serafina dans Musique, Rétrospective le 4 janvier 2010, avec 1 commentaire

Nous voici de retour pour un article retrospectif sur l’année 2009. Eh oui, vous allez en manger toute la semaine ! Cela veut aussi dire que mes beaux articles que j’ai écrit avec tout plein d’amour attendrons la semaine. Avant de découvrir quels ont été nos livres préférés de l’année, nous allons nous attarder sur ce que l’on a le plus écouté cette année. Je pensais qu’on n’avait pas publié grand chose de musical cette année, et je me trompais. Car il y a 25 articles étiquettés musique en 2009. Certes, c’est rien comparé aux bouquins, mais bon.

Rétrospective if is Dead

Le top littéraire de 2009
Le flop littéraire de 2009
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2009

Rétrospective des films et séries de 2009
Retrospective musicale de 2009

Hellfest 2009

Nous y étions, et nous avons aimé. Mais si, vous savez le festival métal de Nantes, qui dure trois jours et qui acceuillait Mötley Crüe, Manowar et Manson. Ce fut sans conteste notre événement musical de l’année, bien que nous ayons été à d’autres concerts cette année, que nous avons rarement chroniqués d’ailleurs. Nous retiendrons surtout les performances de Mötley Crüe, d’Epica, et puis d’Anthrax.  Près de 6 mois après, on peut ainsi voir quels concerts nous ont réellement marqués.

Hellfest 2009

Et je crois que je me souviendrais très très longtemps de l’euphorie qui m’a gagnée quand j’ai entendu le début de Saints of Los Angeles en live. Dieu que c’était bon. Tout comme les frissons quand j’ai entendu l’ouverture d’une des meilleurs chansons du métal à chanteuse, je parle évidemment de Chasing the Dragon des hollandais d’Epica. 7 minutes et 41 secondes de pur bonheur. Sachant qu’ils ne la jouent plus en live désormais…

Bon évidemment, tout un public de métalleux qui se lève et qui entame « It’s the finaaal countdown » c’est aussi très fort. Bref, le Hellfest 2009 mérite sa place dans cet article et pas qu’un peu. On y retournera bien entendu cette année !

Anathema, Nine Inch Nails, Mötel Crüe, Abney Park, et Emilie Autumn

Niveau chroniques d’albums on a été un peu radins cette année. Faut dire, autant, chroniquer des livres, je le fais naturellement et sans mal, autant pour les albums, j’ai quand même plus de mal. Je ne m’y connais pas des masses, je ne trouve pas forcement les mots justes, bref c’est compliqué. Ce qui fait qu’en faite, on ne vous a chroniqué quasiment aucun de nos coups de cœur de cette année. Et c’est ça le plus drôle.

Design Your Universe de EpicaCertes, on vous a parlé du CD Miskolc Experice de Therion, qui était très bien (en plus il y a Mats Leven), Design Your Universe d’Epica mais ceux ci, bien que bons ne m’ont pas tant marquée que cela. Pour tout vous dire, je ne me rappelle même plus de la dernière fois ou je les ai écoutés.

Par contre on a chroniqué le dernier Diablo Swing Orchestra, un album absolument génial qui restera dans les coups de cœur de l’année. Décalé, original et diablement efficace, les membres de ce groupe hors du commun ont réussi à faire encore mieux que leur premier album et ce n’était pas une mince affaire. Toujours dans le côté décalé on retrouve bien entendu Emilie Autumn, The Dresden Dolls, toujours au rendez vous bien qu’ils n’aient pas sorti de nouvel album cette année…

Sauf que voilà, du coup on ne vous a pas encore parlé de la plupart de nos autres coups de cœur:

  • Anathema et son Alternative 4, un album tout simplement génial. Empty passe en boucle depuis que je l’ai découvert par hasard dans un compile de morceaux goth… Leur myspace.
  • Abney Park, de la musique Steampunk tout simplement excellente dont le huitième album vient de sortir. Leur myspace en attendant notre chronique.
  • Nine Inch Nails, que nous n’avions jamais vraiment écouté ! Honte sur nous, depuis que The Hand That Feeds You est passé sur Rock Band, on ne s’en lasse plus !
  • Mötley Crüe, découvert par hasard. Bien entendu, on connaissait largement leurs morceaux, sans savoir que cela venait d’eux. Mais comme ils étaient au Hellfest, on est tombé sur Saints of Los Angeles, qui fut le déclic.
  • Emilie Autumn, découverte l’année d’avant encore, mais qui reste toujours autant sur notre playlist ! Son myspace.
  • Wildpath qui ont sorti leur second album tout récemment, et dont on vous parlera bientôt puisqu’on a réussi à se le procurer. Leur myspace est disponible et vous présentera une superbe reprise de Poker Face de Lady Gaga qu’ils ont sortie pour Noël… et qui aura tourné en boucle pendant les vacances !
  • Fields of the Nephilim notamment pour leur superbe morceau intitulé Laura ! Leur myspace ici.
  • Black Sabath et leur Paranoid, coup de coeur grandement dû à Rock Band une nouvelle fois.
  • Sonata Arctica, que nous avons vraiment commencer à apprécier cette année… Une année où ils changent totalement d’orientation musicale ! Qui ne nous plaît plus, du coup. Leur myspace ne reflète donc pas vraiment ce qu’on aime chez eux.
  • Elvenking et leur album Wyrd, le groupe que vous pouvez écouter en boucle tout en ayant l’impression de n’avoir entendu qu’un seul morceau… Lien vers leur myspace qui ne met pas vraiment en avant leurs meilleurs morceaux…
  • Et on fini avec Ennio Morricone dont nous adorons les morceaux composés pour le Western ! (re)Découvert après avoire regardé Le Bon, la Brute et le Truand !

Qu’avez vous écouté en 2009 ?

Et du coup, on fini sur l’éternelle rengaine, qu’est ce qui tournait dans votre lecteur CD en 2009 ? Enfin, sur votre lecteur MP3 colle sans doute mieux mais bon ! On espère vous avoir converti à Diablo Swing Orchestra !


Dreamworld de Sire Cedric

Serafina dans Critiques, Livres le 26 décembre 2009, avec 1 commentaire
Critiques

Dreamworld est un recueil de nouvelles de Sire Cédric. Il est paru pour la première fois en 2007 aux éditions Nuit d’Avril, aujourd’hui défuntes, qui avaient déjà publié son premier recueil, Déchirures, et son premier roman, Angemort. Bon, vous le savez, on a déjà lu ces deux titres précités, et on a beaucoup aimé. Dreamworld vient d’être réédité par le Pré aux Clercs, qui ont déjà édité L’enfant des cimetières du même auteur. L’occasion de découvrir ce recueil relativement ardu à trouver auparavant. Et je dois dire que je ne me suis pas faite prier !

Dreamworld de Sire Cédric

Bon entre nous, je n’aime pas vraiment la couverture de la nouvelle édition. Elle est certes bien trouvée, le visage qui donne l’impression d’étouffer annonce la couleur, mais je ne trouve pas la couverture attirante…

Donc Dreamworld c’est quoi ? C’est un recueil de neuf nouvelles. La plupart ont pour fil rouge le monde des rêves, ou plutôt des cauchemars et leur influence dans la réalité. Bon, évidemment ce n’est pas tout et on retrouve les éléments assez propre aux autres écrits de Sire Cédric, du sang, du cul, du gore, des cimetières, de l’hémoglobine, du sexe, de l’automutilation, de la différence et de l’incompréhension. Les personnages ? Des enfants qui font des cauchemars, des hommes plus ou moins mal dans leur peau, des femmes superbes et castratrices. Si vous êtes allergiques à ce genre de cocktail, vous pouvez passer votre chemin.

Alors certes, certains thèmes sont délicieusement clichés. Je ne compte plus le nombre de bracelets d’entailles relevés au fil du roman. Sauf que la force de l’auteur c’est de faire passer ses clichés en tout simplicité, sans tomber dans l’excès, même quand il force la démesure. Je ne sais pas si je suis claire.

Dreamworld de Sire Cédric

Le recueil est foncièrement moins trash que Angemort. Bon, hein, on trouve toujours la dose niveau sexe et violence, mais dans l’ensemble c’est moins poussé. Plus accessible diront certains, mais peut être plus mature aussi. En effet, sur plusieurs nouvelles j’ai beaucoup apprécié les ficelles scénaristiques, avec des fins parfois géniales, qui vous prennent à contre-pied et vous laissent sur le cul. On se fait mener en bateau,et pour de bon.

Le style est agréable,  poétique et sombre. J’apprécie le style de l’auteur, ce n’est pas nouveau. On est très vite pris dans l’histoire. Les personnages jouent aussi. Ils ne sont certes pas tous très développés, en effet, dans une nouvelle d’une vingtaine de pages, c’est assez dur. Mais ils sont attachants. Leurs histoires, souvent tristes, touchent le lecteur, et on se prend d’affection pour ces personnages qui n’ont pas toujours eu de chance. Ils sont proches de nous. Quelque soit leur age. On se retrouve dans cet adolescent qui décide de suivre sa voie, d’aller en fac, contre l’avis de ses parents, mais on se retrouve aussi dans ses enfants. On retourne à l’époque où on croyait aux monstres sous notre lit, où on croyait réellement que la route bougeait quand on ne la regardait pas.

C’est une des forces de ces nouvelles, elles nous parlent. Le monde des rêves, le passage de l’enfance à l’adolescence est particulièrement bien retranscrit. Les peurs, les doutes, l’incompréhension des adultes, on l’a tous vécu après tout.

Dreamworld de Sire CédricLe niveau est assez égal, flirtant avec le très très bon. Une seule nouvelle à mon avis se trouve être en deçà des autres, il s’agit de la dernière, Sangdragon.  Une histoire de Dragons, mais pas comme vous le pensez. Si aux premières lignes on peut croire à de l’Heroic Fantasy, ça n’en est pas. La cryptozoologie aurait pu être plus exploitée, et dans l’ensemble je pense que cette nouvelle souffre de son nombre de pages. De même Elfenblut qui est très intéressante (très Urban Fantasy d’ailleurs, j’oserais même le terme Bit-Lit car l’héroïne m’a fait pensé à Anita, non pas de tomates s’il vous plaît…) aurait mérité plus de pages.

Je vous propose de regarder de plus près quelques nouvelles qui m’ont particulierement plu :

Cauchemars

Cette nouvelle fait 70 pages, ce qui en fait la plus longue du receuil. On y suit un enfant aux yeux violets qui a la faculté de capter les rêves et de les peindre. En soit, j’ai trouvé la nouvelle  trop courte. Certains personnages, dont le policiers arrivent d’on ne sait où, et l’histoire prend parfois des raccourcis un peu trop rapides.

Ceci dit, cette nouvelle ressemble beaucoup au roman L’enfant des Cimetières sur de nombreux points : l’enfant étrange, le policier… Je pense donc qu’on pourrait voir cette nouvelle comme une première version du roman. Juste une impression, mais en tout cas, avec cette longue nouvelle, on se dit quand même que c’est dommage que les histoires de Sire Cédric ne soient pas plus longues.

Requiem

Cette nouvelle est probablement la plus poétique du recueil. On y suit l’ange du suicide et son histoire d’amour.  Quand je vous parlais de stéréotypes… Mais, c’est traité de telle manière, la romance entre l’ange et son élue est traitée avec tellement de romantisme, que je suis tombée sous le charme de cette nouvelle, de la sensualité, du sang, de la mort, bref, le cocktail ultime (haha, c’est le cas de le dire…).

Cross-Road

Il s’agit de la première nouvelle  et qui m’a laissé totalement sur les fesses à la fin. Peut être parce que je suis bon public. En tout cas, on suit deux enfants, qui croient à l’autre monde, celui des rêves, celui où les lapins ne meurent jamais. Onirique et étrange, cette nouvelle en est presque effrayante. A ne pas lire le soir. Cette nouvelle est d’ailleurs exempte de sexe et de violence, mais n’en est pas moins forte. C’est la claque en début de recueil, celle qui donne envie de dévorer le reste.

Bon, évidemment, les autres aussi sont bien, mais ces trois nouvelles m’ont particulièrement plues. Bon j’aurais aussi pu parler de Conscience qui m’a passionnée. Évidemment, vous vous doutez que je vous conseille très fort ce recueil. Plus accessible qu’un Angemort, tout aussi fort, des ficelles scénaristiques qui valent le coup, une prose riche et agréable.

Et puis, serieusement, un lapin nommé Burzum, ca vous suffit pas comme argument ?


Un chant de Noël de Charles Dickens

Serafina dans Critiques, Livres le 24 décembre 2009, avec 3 commentaires
Critiques

En ce 24 décembre, j’ai décidé de publier un article spécial Noël. C’est notre manière de fêter Noël sur if is Dead. Je vais donc vous parler du petit roman Un chant de Noel écrit par Charles Dickens en 1843. En VO on parle de A Christmas Carol, et en français, le roman a été traduit sous les titres Cantique de Noël ou Chanson de Noël, et sans doute d’autres encore. Ce roman est un grand classique de la littérature anglaise, et il est très populaire. On ne compte plus les adaptations au cinéma, au théâtre, à la télé de ce petit conte.  Et vous le savez, vu que vous avez du voir les affiches pour Le Drôle de Noël de Scrooge qui est sorti il y a peu au cinéma. Synopsis ?

Un Chant de Noël de Charles Dickens

Scrooge est un vieil avare. Il vit seul et méprise Noël. Jusqu’à ce qu’il reçoive la visite du fantôme de son ancien associé du moins. Scrooge va rencontrer trois fantômes qui vont le faire réfléchir sur lui même et l’amener à changer.

Bon, c’est un conte, et on ne peut pas dire que le suspens soit forcément au rendez vous. On connaît la fin dès le début, et de toute manière, il y a toutes les chances que vous connaissiez sans le savoir l’histoire de Scrooge vu les nombreuses adaptations. En tout cas, non, on ne lit pas ce conte pour le suspens.

Par contre, on le lit pour le style. Le style de Dickens, certes un peu daté, est absolument excellent. Des phrases à rallonge, mais des descriptions très vivantes. Et bien que le nombre de pages soit assez faible, les personnages ont du reliefs. Oui ils sont stéréotypés, mais ils sont en tout cas attachants. On s’attache à eux, et on ne peut s’empêcher d’avoir mal pour eux quand une mauvaise chose leur arrive. Mais ce n’est pas la seule chose que Dickens a réussi à parfaitement retranscrire :  l’ambiance du Londres Victorien à la veille de Noël est réaliste, on s’y croirait. On sent la joie dans les rues, et même l’odeur des oies qui cuisent chez le boulanger. C’est la magie de Noël, cette ambiance si particulière, qui est matérialisée sous nos yeux. Je me suis plongée dans l’histoire et je n’ai eu aucun mal à suivre l’histoire ni a m’en imprégner.

Un Chant de Noël de Charles Dickens

Dickens ne lésine pas sur les détails et c’est une véritable plongée dans les Noëls victoriens que nous lisons là. Évidemment, ça a un charme fou. Que cela soit le Noël Bourgeois ou le Noël du pauvre Bob, tous sont merveilleux et magiques.

Le roman est ancré dans son époque. Les coutumes victoriennes transparaissent, notamment dans le style. Dickens

utilise de nombreux sous-entendus pour exprimer certains sujet que la pudeur victorienne cherche à cacher. On ne dira pas qu’une femme attend un enfant, on nous dira juste qu’elle ne peut par son état pas jouer à Colin-Maillard. Mais plus que cela, le conte est une véritable dénonciation envers la société victorienne. On croise à plusieurs reprise des personnages pauvres, dans des conditions de vie aberrantes. Et Dickens trouve toujours à faire dire à un de ses personnages une remarque contre le gouvernement, qui crée les asiles pour les pauvres, ou qui veut interdire les boulangers le dimanche. C’est un conte engagé, véritablement, et je pense que cela explique en partie son impact.

Un Chant de Noël de Charles DickensOn sent dans tous les cas que Dickens sait de quoi il parlait et à de nombreuses reprises, on sent que c’est l’auteur lui même qui est mis en scène, notamment lors des scènes de jeunesse de Scrooge.

L’histoire est très moralisatrice. Cela pourra en gêner certains, mais moi j’ai trouvé cela normal. Après tout c’est un conte, il ne faut pas l’envisager comme n’importe quel roman. Ce n’est pas la même chose. La morale est prévisible, mais n’en est pas moins forte. La morale insiste sur ce qui fait l’esprit de Noël. En cela, utiliser un conte de Noël est d’après moi une excellente chose.

Une lecture que je vous conseille, mais à condition de la lire en décembre, le soir, en regardant la neige tomber. J’ai passé un excellent moment avec ce livre, et je vous le recommande.

Et puis Joyeux Noël à vous tous, ainsi qu’à vos proches !


Or et Sang – Anthologie du Petit Caveau

Serafina dans Critiques, Livres le 17 décembre 2009, avec 9 commentaires
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Or et Sang est la première anthologie de la maison d’édition du Petit Caveau, qui est je vous le rappelle une maison d’édition spécialisée dans les créatures à dents longues tenu entre autres par Ambre Dubois que nous avions interviewée. Cette anthologie se compose de seize textes de longueurs variables pour un total de 260 pages. La plupart des auteurs sont des jeunes auteurs, c’est même pour certains leur première publication. La couverture est fort jolie, bien que l’impression ait un peu rougi les teintes jaunes comme la peau, mais dans l’ensemble, l’anthologie se présente bien et donne envie.

Anthologie Or et Sang

Au menu, 16 nouvelles par les auteurs suivants: Bettina Nordet, Gwenaelle Durand, Elodie Lemaire, Franck Ferric, Line D Rey, Henri Bé, Stéphane Soutoul, Lia Vilorë, Alazaïs Clénié, André Samie, Elie Darco, Aurélie Wellenstein, Cecile Duquenne, David Osmay, Audrey Herreman, Lucile Garrigoux.

Les seize textes ont leur propre personnalités, et le thème (Or et Sang) est traité sous toutes les coutures. On passe en effet de l’antiquité à notre époque avec un détour par le Moyen-Age ou la renaissance. Ces textes ont pour mérite d’être loin de la Bit-Lit, voire très très loin pour certaines nouvelles. On y retrouve des vampires, des vrais, qui mordent. Certains sont plus gentils que d’autres, mais nous sommes en présence de vampires comme on pouvait les attendre avant la déferlante Twilight.

Évidemment, les auteurs ne se sont pas privés pour ajouter leur petite touche à ces créatures de la nuit. Certains les voient comme pourvus de pouvoirs psychiques, d’autres feront le portrait des vampires tourmentés par la perte de leur âme. On notera notamment une hiérarchie de vampires assez intéressante : 5 Ombres au service du Maître, le premier Vampire dans la nouvelle de Gwenaelle Durant : Ombre et Or. Les genres sont plutôt variés. On passe d’un style série américaine policière avec la très bonne nouvelle de Lia Vilore à une nouvelle sombrement romantique et très émouvante avec celle de Stephane Soutoul, un des rédacteurs de notre confrèrele blog  Vampirisme que nous saluons au passages. Les ambiances ne sont pas en reste, car on voyage dans tous les continents, Amérique du Sud, Europe, Égypte sont présents dans l’anthologie.

Anthologie Or et Sang

Cependant je dois tout de même déplorer le nombre de nouvelles sur le même thème: l’alchimie et la civilisation Maya revenant quand même dans une bonne partie des nouvelles. On fini tout de même par un peu saturer de tomber toujours sur les mêmes ressorts. Surtout que évidemment les auteurs ont des visions parfois contradictoires, on se mélange un peu, on ne sait plus quel auteur a dit quoi, c’est dommage. De même on peut reprocher le manque d’héroïnes, car il n’y a quasiment que des hommes dans cet ouvrage. Certes, les héroïnes sont devenues systématiquement ou presque associées à la Bit-lit, mais quand même. Ambre Dubois a su montrer dans le Manoir des Immortels qu’on pouvait très bien écrire un roman avec pour héros une vampire. De même les vampires restent relativement classiques, et on a assez peu de relecture du mythe, quelques touches d’originalité par ci par là, mais rien de plus. C’est regrettable quelque part.

Bien que je ne compte pas faire une critique nouvelle par nouvelle, je vous propose de nous pencher sur certaines nouvelles qui m’ont marquées, en bien ou en mal:

Le sacrifice du Sang de Bettina Nordet

J’ai énormément souffert au début de cette anthologie, à cause du premier texte de Bettina Nordet, que j’ai trouvé assez mauvais. Bourré de stéréotype, télescope, et s’engonçant dans un romantisme mièvre. N’est pas Poppy Z Brite qui veut.  Heureusement la suite remonte largement la pente !

Le transformateur de Franck Ferric

Le transformateur de Franck Ferric touche à l’alchimie. L’introduction est pour le moins originale, et le style est évidement très bon. Ceci dit, ce n’est pas étonnant, vu que j’avais adoré son roman La loi du Désert. Aucun reproche à faire à cette nouvelle qui est pour moi l’une des meilleures du receuil. De nombreux details historiques sont là, le vieux Paris un peu crade est parfaitement décrit.

Confessions Nocturne de Stéphane Soutoul

Confessions Nocturne de Stéphane Soutoul est la nouvelle la plus romantique du recueil. Mais pas n’importe quel genre de romantisme. Un romantisme très sombre, triste aussi, qui a su parler à mes veines goths. Cette nouvelle est un bijou finement décrit, plein de poésie et de douceur. C’est la première fois que je lisais un écrit de cet auteur et sa nouvelle m’a totalement conquise. A noter qu’il publiera son premier roman aux éditions du Petit Caveau en juin 2010 et cela s’appellera Le mal en la demeure. Je compte bien le lire dès sa sortie.

La mine du Querns de David Osmay

La mine du Querns de David Osmay surprend de bout en bout. Une ambiance Western, l’époque des chercheurs d’or, déjà rien que cela c’est bon pour me plaire. Le style est agréable et la fin surprenante à souhait. J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle qui m’a un peu fait penser à Riverdream de G.R.R. Martin, dans le très bon sens !

Impair et Manque de Aurélie Wellenstein

Je dois désormais citer Impair et Manque de Aurélie Wellenstein. En effet, cette nouvelle bourrée d’humour met en scène un vampire accro au jeu ! Une idée innovante et un traitement très efficace font de cette nouvelle un point fort de cette anthologie. Encore une auteur que je ne connaissais pas, mais que je ne manquerais pas de suivre !

Mercenaires, Larmes divines et Ex-petites amies rancunières de Lucile Garrigoux

Cette nouvelle est l’avant dernière du recueil. Et quelle nouvelle ! Anti-héros totalement barré, humour parfois plus que douteux, non-sens et folie douce, cette nouvelle m’a fait plusieurs fois éclater de rire. C’est léger, c’est frais et c’est absolument hilarant. Une nouvelle qui vaut son pesant d’or et c’est pas son héros qui me contredira.  Une vision très intéressante des vampires qui pulvérise tous les clichés.

Anthologie Or et SangVoila pour les points importants de cette anthologie, il y en a d’autre, mais qui m’ont moins plu tout en restant quand même tres bon.  Si ce n’est peut être pas la meilleure anthologie vampirique qui existe, cette anthologie permet de mettre sous le projecteur des auteurs francais prometteurs. On ne s’ennuie pas, et dans l’ensemble le niveau est bon. Cela se lit bien, et certaines nouvelles sont de vraies perles. Comme quoi, la France a plus de bons auteurs qu’on le croit ! Pour confirmer mes dires, je finirais par dire que 9 des 16 nouvelles ont été nominées au Prix Merlin, ce qui n’est pas rien. On y retrouve notamment celles de Soutoul, de Ferric, de Garrigoux mais aussi celle de Nordet bien que je ne l »ai pas du tout aimée. Comme quoi.

En tout cas, les trois précédentes que je viens de citer valent à elles seules le coup de se procurer l’anthologie !

maison d’

Homo Vampiris de Fabien Clavel

Serafina dans Critiques, Livres le 15 décembre 2009, avec 12 commentaires
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Homo Vampiris est un roman de Fabien Clavel qui est paru en août 2009 aux éditions Mnémos. Le vampire est à la mode, et on nous propose ici une œuvre française avec des vrais vampires, c’est a dire des vampires non végétariens et qui ne brillent pas au soleil (…). Bref du vrai de vrai, ceux qu’on aime. Mais avant d’aller plus loin un petit synospsis s’impose.

Homo Vampiris de Fabien Clavel

Nous sommes dans un 21ème siècle assez sombre. Les catastrophes se sont multipliées sur la planète et l’environnement a bien changé. Au milieu de cela, on suit plusieurs histoires entrecroisées : celle d’un patient qui s’est enfui d’une clinique assez particulière, celle d’une étudiante londonienne qui a soif d’un liquide rouge, et l’assassinat d’un éminent religieux musulman… Évidemment tout est lié, et fait partie d’une intrigue encore plus vaste que nous découvrirons petit à petit.

Homo Vampiris de Fabien ClavelNous sommes donc là face à un Thriller au traitement tout ce qu’il y a de plus classique. En effet, les codes du genre sont quasiment tous là: narrations alternées, sexe sulfureux, violence, gore, machinations politiques, mystère autour d’un des héros. Bref tout ce qu’on croise dans les Thrillers qui se vendent, les Da Vinci Code, les Evangiles selon Satan et même les Dracula l’Immortel . Il est quand même dommage qu’on n’arrive plus à faire de thriller sans utiliser ces codes éculés, tellement déjà-vus qu’ils en deviennent lassant. Quel est l’intérêt de faire un thriller à la française si c’est pour piller tous les stéréotypes du genre ? Après ça a du succès ce genre de narration, ça marche même plutôt bien, mais je prends plutôt ça pour un manque d’originalité quelque part. Ça doit faire une dizaine de livres que je lis cette année qui appliquent cette recette quasiment à la lettre, ça devient lassant…

Et c’est dommage. Car l’auteur à coté de cela fourmille de bonnes idées. Tout d’abord sa vision du vampirisme est très intéressante. Ils n’ont pas les caractéristiques qu’on leur prête généralement : ils ne dorment pas dans un cercueil, ils n’ont pas peur de l’ail, etc. De plus ils sont traités de manière médicale et biologique avec beaucoup d’innovation. Le vampire n’est plus une créature mystérieuse et maléfique,  la biologie peut l’expliquer. C’est passionnant et innovant. Certains autres auteurs avaient déjà envisagé cette voie, mais j’avoue avoir trouvé que Clavel est allé plus loin, plus précisément dans la nature intrinseque du vampirisme.

De plus, l’univers en lui même, la vision du futur est sombre et pourrait presque passée pour engagée, on n’est pas très loin des romans de SF post-apocalyptique qui font réfléchir et dénoncent les travers de l’humanité. Malheureusement, ce monde ne joue quasiment pas dans l’intrigue, et cela aurait pu se passer à notre époque que cela n’aurait rien changé. C’est regrettable car là aussi il y avait de bonnes idées, je pense notamment à la version de la Chine de l’auteur.

Fabien Clavel

Fabien Clavel

Oui, la Chine, car on voyage. De Londres à Pékin en passant par la Roumanie, on parcours le monde et ma foi, les ambiances sont vraiment bien rendues. Les voyage en trains à travers la Toundra nous ferait presque ressentir le  froid qui y règne (ou alors c’est juste que mes fenêtres laissent passer l’air, au choix). On voyage aussi dans le temps lors de flash backs expliquant le passé des personnages. On s’intéresse à des époques et des lieux assez peu fréquents dans les romans vampiriques. Vous en avez souvent lu vous des vampires qui complotent contre le Tsar ? Fallait oser quand même !

L’intrigue est assez complexe, presque trop. On est à plusieurs fois baladés. Si certains retournement de situations sont très prévisibles, d’autres m’ont plutôt carrément surprise. Bon, je ne suis même pas sure d’avoir totalement compris la fin, mais c’est une autre affaire. Le livre est assez court, deux cents cinquante pages, ce qui n’aide peut être pas. Je pense qu’une telle intrigue aurait mérité plus de pages. Cette densité rend les personnages un peu creux, et j’ai eu du mal à m’attacher à eux. De plus l’auteur se débarrasse un peu vite de certains.

Bref, Homo Vampiris est donc un roman dont je ne garderai sans doute pas grand souvenir et qui ne m’a pas spécialement plus en dépit de sa superbe couverture. Ca se lit vite, c’est plutôt haletant, avec plein de bons éléments mais le mode de narration trop stéréotypé et un certain manque de profondeur contrebalancent malheureusement ces bons points. En plus de cela, le livre est bourré de coquilles : fautes de grammaire, fautes de frappe au menu… Bizarre. Une chose à vérifier avant d’acheter donc, car les livres ont peut être déjà été remplacé en librairie.