C’est Lundi, que lisez vous ? #19

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Critiques, Livres le 3 octobre 2011, avec 7 commentaires
Critiques

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Il n’y a pas eu de c’est Lundi la semaine dernière car nous étions à l’étranger, if is Dead était alors en mode automatique. On reprend les bonnes petites habitudes.

dabYo

L'Empire Invisible de Jérôme NoirezVu qu’il me fallait voyager léger, j’ai dû mettre de côté ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade pour ne prendre que des livres de poche. Mes choix se sont donc portés sur une première valeur sûre: La Rose Blanche, le troisième tome des Annales de la Compagnie Noire de Glen Cook. Cette série de Dark Fantasy a une fois de plus réussi à m’enchanter, et j’ai déjà hâte de lire la suite. Ah, la Dame.

Sachant que je dévorerai le bouquin en quelques jours, j’avais prévu d’en prendre un second: L’Empire Invisible de Jérôme Noirez. Assez court, deux cents pages, je l’ai tout simplement dévoré lui aussi. Cette histoire se déroulant du temps de l’esclavagisme aux États-Unis est vraiment déchirante.

Enfin, à court de lecture à Amsterdam, je suis passé dans une librairie anglaise (et superbe), pour commencer le premier tome de Dreamsongs: A RRetrospective. Il s’agit de pas moins de 600 pages de nouvelles écrites par George R.R. Martin tout au long de sa carrière d’écrivain, que nous allons revivre. Les nouvelles sont organisées en grandes catégories, chacune d’elle commence par un texte de l’auteur nous expliquant pourquoi et comment il les a écrit, et comment cela a influencé sa carrière. Juste passionnant, d’autant que dès ses premières nouvelles, l’auteur est exceptionnel.

Serafina

Pendant les deux dernières semaines, j’ai d’abord terminé Merry Gentry Tome 6 de Laurell K. Hamilton. Comme je le sentais, le tome est de loin le meilleur depuis le premier. L’histoire avance, et pour de vrai. J’ai même vraiment hâte de lire la suite.

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen SchreiberJ’ai ensuite commencé Vampire Kisses Tome 3 de Ellen Schreiber, dont je suis à la moitié. Si on retrouve avec plaisir la pétillante Raven, je dois déplorer qu’il y a de moins en moins de références à la culture sombre…

Pour mon départ en Hollande, j’ai emporté Jeux d’Ombres, premier tome de Ghostwalkers de Christine Feehan. Publié chez Milady, le roman change pas mal de la Bit-Lit traditionnelle vu qu’on se retrouve avec un thriller fantastique d’espionnage avec des bouts de romance dedans. A vrai dire, on aurait pu carrément supprimer la romance qui n’apporte rien à l’histoire, mais tout le reste est vraiment très bon.

J’ai ensuite lu le premier tome de Alpha & Omega de Patricia Briggs, dont j’avais lu le tome 0 au début d’année. Et ce premier tome fait plus que remplir ses attentes. Le roman est très bien mené, nous tiens très bien en haleine, aborde de nombreux points passionnants sur les loups garous et surtout propose une galerie de personnages très variée et bien développée. Je suis devenue réellement fane de Axis et j’espère vraiment le revoir.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Le Lamento des Ombres des Enfants de Walpurgis

Serafina dans Critiques, Livres le 23 septembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Le Lamento des Ombres est un recueil de nouvelles de huit auteurs différents, Les Enfants de Walpurgis aux éditions du Chat Noir. L’an dernier, le collectif nous avait proposé Sorcières et Sortilèges, un autre recueil autour de la sorcellerie. Très varié et d’excellente qualité, ce livre était directement entré dans mon top de l’année. Cette fois ci, Les Enfants de Walpurgis s’intéressent à la musique sous toutes ses formes et nous proposent donc des nouvelles sur le thème, pour 300 pages. Recueil oblige, pas de synopsis.

Le Lamento des Ombres des Enfants de Walpurgis

Avant d’analyser les nouvelles unes à unes, un petit mot sur l’objet en lui même, édité aux éditions du Chat Noir dont c’est la première publication, on a un roman imprimé sur du papier assez épais, écrit assez gros, et du coup fort agréable à lire. L’ouvrage est agréablement illustré par Cécile Guillot qui signe d’ailleurs une des nouvelles du recueil. Chaque nouvelle est précédée d’une petite biographie de l’auteur.

Maudite Sonate de Stéphane Soutoul

Certains dirons que je ne suis pas objective, mais ce n’est pas un secret j’aime énormément le style de cet auteur. Comme toujours Stéphane Soutoul signe là une très belle histoire, des protagonistes tout en nuances mis en valeur par sa plume très romantique et très empreinte du XIXème siècle. La musique est ici abordée sous l’angle d’un compositeur très doué, trop même car il a réussi à charmer la mort. L’ambiance est à la fois sombre, hantée mais terriblement empreinte de beauté. J’ai été extrêmement surprise et touchée par le final de la nouvelle qui vous prend littéralement aux tripes. Je ne pouvais pas imaginer meilleur début pour ce recueil et meilleur augure pour sa qualité.

Requiem pour un songe de Céline Guillaume

Je n’ai jamais été conquise par les écrits de Céline Guillaume, du coup je partais avec un léger apriori négatif. Cependant, force est de dire que cette très courte nouvelle de 5 pages est très charmante. On suit un violoniste immortel, comprenant petit à petit ce qui l’a amené à cet état. La plume de Céline Guillaume est peut être un peu moins alambiquée qu’elle a pu l’être précédemment, et je trouve qu’elle y gagne en clarté, tout en conservant son coté poétique.

That’s a long way to hell de Marianne Gellon

Cette nouvelle là est de très loin la plus grosse surprise de ce recueil, d’une part car je ne connaissais que peu l’auteur, mais surtout son univers est très étonnant et merveilleusement mené. On sombre dans l’Uchronie, la Science-Fiction, avec une sauce de guerre froide, pas du tout ce que j’aurais attendu dans ce recueil. On suit un groupe de rock  dans une Allemagne quasi-anéantie. Les références à la culture rock ne manquent pas, et l’univers très visuel est juste addictif. J’espère très sérieusement relire de cet auteur dans le futur. Si j’ai aimé toutes les autres nouvelles, celle ci est de loin ma favorite.

Song to the Siren de Cecile Guillot

Cécile Guillot nous plonge ici dans l’univers du Metal à voix féminine. Difficile de ne pas sentir la passion et la connaissance du sujet dans chacune des lignes de la nouvelle. Des références aux standards du genre, aux clichés associés, le connaisseur retrouvera ses marques. Et comme j’en fais partie, j’ai forcément accroché. On suit Aysun et son groupe dans l’ascension vers la gloire. Ascension qui tournera évidemment au cauchemar. L’histoire est très bien écrite entre délicatesse et mélancolie.

Les flutes enchantées de Vanessa Terral

Vanessa Terral m’avait enchantée dans le recueil de l’an dernier avec son histoire vaudou. Cette fois ci, elle s’intéresse à la magie irlandaise traditionnelle, et que dire, c’est tout aussi génial. J’admire tout particulièrement le niveau de documentation de l’auteur qui maîtrise parfaitement son sujet. Elle met en scène Helianthe, une enquêtrice spécialisée dans le paranormal, personnage récurrent apparemment, chargée d’enquêter sur de mortelles flutes. La mythologie est très intéressante, et on sent l’univers d’Helianthe très fouillé. J’ai hâte de voir l’auteur sortir un roman ou recueil consacré à cette enquêtrice pas comme les autres. J’ai malheureusement moins accroché au personnage d’Inch’allah, femme turbulente qui tente d’amener un peu d’humour… qui ne m’a pas atteint.

La Chorale du Temps d’Ambre Dubois

Il est difficile de vous parler de cette nouvelle d’Ambre Dubois, car toute sa qualité tient à son final, surprenant, inattendu et parfaitement génial. On suit un jeune homme invité à jouer de la musique pour ce qui semble être un riche excentrique. Évidemment, comme toujours avec Ambre Dubois, on a une narration limpide, des dialogues très réalistes et des héros très charismatiques. Sans trop en dire, c’est aussi une de mes nouvelles préférées du recueil.

Salve Regna Stellarum de Angelique Ferreira

Cette nouvelle est l’une des plus longues du recueil, une soixantaine de pages, on avoisine donc la novella. Cette nouvelle fait la part belle à l’Heroic Fantasy avec son héros, elfe qui préfère la musique au combat et décide de s’enfuir pour vivre son rêve. L’univers est très bien retranscrit, le coté elfique et son genre de Fantasy est une vraie originalité dans le recueil. Malheureusement, j’ai l’impression que le nombre de pages est à la fois trop et trop peu. La romance se met en place un peu rapidement, et je pense que l’auteur aurait gagné à faire plus long, ou à raccourcir certaines étapes pour mieux développer ses personnages. Cela reste une nouvelle très agréable à lire mais comparé aux précédentes, c’est celle que j’aime le moins.

La Clef Musicale de Bettina Nordet

La dernière nouvelle est elle aussi très longue. Elle met en scène une étrange amitié entre l’Ange de la Mort et un inventeur bien connu. J’ai souvent du mal avec les histoires mettant en scène des personnages connus, mais ici cela passe très bien. La nouvelle suit en réalité deux histoires séparées de plusieurs siècles, qui comme vous vous en doutez, se rejoignent. L’auteur prend le temps de développer ses personnages et sentiments, devenant très touchante par moments. L’histoire est très originale et vraiment bien trouvée. Les époques sont très bien redues, et on sent que l’auteur a un solide bagage historique. Bettina Nordet est aussi une auteur dont j’aimerais lire un roman ou un recueil.

Le Lamento des Ombres des Enfants de WalpurgisAu final, Le Lamento des Ombres est un sans faute ou presque et m’a convaincu. Le nouveau recueil des Enfants de Walpurgis tient ses promesses et bien plus encore, ce collectif semble devenir une de ces valeurs sûres que l’on peut suivre sans crainte, et je ne peux que vous encourager à vous procurer ce recueil ainsi que le précédent qui ne vous décevront pas.

Cela sera aussi l’occasion peut être de découvrir des auteurs français plus que prometteurs et dont je n’attends souvent qu’une choses: mettre les mains sur leur premier roman. Quand ils ne m’ont pas déjà conquise.


Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika Gallman

Serafina dans Critiques, Livres le 20 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Rage de Dents de Marika Gallman est un roman paru très récemment aux éditions du Petit Caveau. Donc, forcément il parle de vampires, mais pour une fois, on nous propose de la Bit-Lit. Il s’agit du premier tome de la série Maeve Regan. Joliment illustré par Fleurine et ne connaissant pas l’auteur, je suis partie sans apriori. Synopsis ?

 Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika Gallman

Maeve Regan est une jeune femme comme tant d’autres : la fac de temps à autre, des rencontres d’un soir, et un groupe d’amis. La jeune femme est orpheline et a été élevée par son grand-père, sauf qu’il semblerait que ce dernier ne lui ait pas tout dit, et lui ait caché un point important sur son géniteur…

Difficile de faire un synopsis sans vous en révéler un peu trop, en fait, et la quatrième de couverture n’y réussit pas mieux vu que les événements décrits n’arrivent qu’à la page 150, soit la moitié du livre. Comme dans beaucoup de séries et notamment de séries Bit-Lit, ce premier tome sert surtout à placer les personnages, le monde et les créatures qui vont peupler les tomes suivants. Du coup l’intrigue se résout un peu vite et facilement, la majorité de l’histoire étant autour des révélations sur le passé de l’héroïne et sur les créatures surnaturelles qui l’entourent.

La narration à la première personne est très fluide et le personnage principal, Maeve, est plutôt attachant. C’est une femme forte, et indépendante à la répartie agréable, sans tomber dans les clichés agaçants que l’on retrouve souvent. A vrai dire, c’est même un personnage très agréable, elle ne réfléchit pas pendant des plombes, pas plus qu’elle ne joue à la sainte-nitouche, c’est une fille comme les autres, une digne descendante d’une Buffy.

Le style de Marika Gallman est très direct et incisif, il y a assez peu de descriptions et l’action est menée tambour battant. Ceci est une des forces du roman, car on ne s’ennuie pas une seule seconde, mais c’est malheureusement aussi l’une des faiblesses. En effet, à l’exception de l’héroïne et du beau-gosse du roman (oui on est dans de la bit-lit, il en faut un), les personnages secondaires sont très très peu développés. Surtout au niveau des amis de Maeve en fait, ces derniers sont caractérisés par une ou deux traits de caractère… Et c’est tout.

Un autre problème qui m’a dérangé, plus personnel cette fois ci, c’est qu’on n’a aucune idée d’où est-ce que l’action se passe. L’auteur étant francophone, j’en avais déduit que c’était en France, mais les prénoms très anglo-saxon m’ont fait douter et l’endroit de l’action n’est précisé nulle part dans le roman. Ces deux points empêchent de réellement rentrer dans le récit et de le visualiser.

 Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika GallmanLes fans de Bit-Lit y retrouveront très vites leurs marques : narration à la première personne, triangle amoureux en vue et héroïne à laquelle il est plutôt aisée de s’identifier. Cependant, le traitement du vampire et des autres races est assez original, et se démarque vraiment du reste de la production.

Maeve Regan est à mon avis une des premières héroïnes de Bit-Lit francophone depuis le retour de cette littérature, et elle s’en sort vraiment bien. Son auteur a su trouver le juste équilibre entre fantastique, romance, et vie courante. A ce propos il est agréable de remarquer qu’on échappe à toute scène de cul contrairement à certains titres phares (qui a dit Anita ?).

Au final si vous aimez le genre, je ne peux que vous conseiller ce Rage de Dents. Vous y trouverez là une héroïne forte et agréable, un univers intéressant et des dialogues bien tournés. Évidemment, ce premier tome n’est pas exempt de tout reproche, mais c’est un des meilleurs début de série Bit-Lit que j’ai lu ces derniers temps, je ne peux donc que vous le conseiller.


C’est Lundi, que lisez vous ? #18

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 19 septembre 2011, avec 7 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Du Paganisme à Nietzsche de Nicolas WalzerCette semaine, très peu de choses de mon côté, et pour cause: Gears of War 3 a déboulé dans notre Xbox 360. Du coup, les séances lecture se sont transformées en séances de défarouillage de Lambents et autres parias. Enfin bon, tout le monde n’a pas eu cette chance dans l’équipe, aussi, je me contenterai de parler de mes lectures.

J’ai principalement continué l’essai Du paganisme à Nietzsche de Nicolas Walzer aux éditions Camion Noir. L’introduction étant terminée, on passe dans le cœur du sujet. J’ai tout de même l’impression que l’auteur privilégie énormément la tendance Black du Metal, et ce même lorsqu’il parle de domaines où les autres genres devraient être majoritaires. Préférant la branche Folk du Pagan, forcément, ça me dérange un peu.

illman

J’ai commencé Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac aux éditions Mnémos, un auteur français dont le nom est si long qu’il a fallu baisse la taille de police pour qu’il tienne sur la couverture. Pour le moment, ce bouquin de Science-Fiction est plutôt sympa.

Serafina

Cette semaine, tout comme dabYo je n’ai pas lu énormément, mon week-end ayant surtout été consacré à faire exploser du Locuste. J’ai tout de même avancé un poil le sixième tome de Merry Gentry de Laurell K. Hamilton dans la salle d’attente du médecin.

Erzsebeth Bathory de Jacques SirgentCependant, comme je partais en déplacement professionnel et que je ne me voyais pas trop lire ce bouquin devant les collègues, j’ai commencé les Contes Méphitiques, recueil parut aux éditions J’ai Lu regroupant des contes Fantastiques et horrifiques du XIXème siècle. J’ai beaucoup aimé les deux nouvelles lues.

J’ai ensuite terminé Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent qui me laisse un peu sur ma faim: le livre est trop court et le procès est trop survolé. Dommage. J’ai ensuite commencé Anthropologie du Metal extrême de Nicolas Walzer aux éditions Camion Blanc. Malheureusement, j’arrive au même constat que dabYo: cet auteur se centre énormément sur le Black, qui est mon genre préféré mais j’aurais préféré quelque chose de plus large (Death, Core…). A voir pour la suite.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


MdM#33: What you Want de Evanescence

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

Serafina dans Coup de Coeur, Musique le 18 septembre 2011, avec aucun commentaire

D’habitude les MdM commencent par une présentation du groupe. Je ne vais pas vous faire l’affront de vous présenter celui-ci. Si je devais faire mon top 5 absolu des albums qui m’ont marqué, il y aurait, assez haut, un certain Fallen. Peut être par nostalgie, peut être pas, Evanescence reste un de mes groupes favoris, et les premiers albums repassent régulièrement dans ma playlist.

Autant vous dire que lorsque que leur 3ème (ou 4ème si vous comptez Origin) album a été annoncé, la fangrill s’est réveillée. Et si le premier single tiré de l’album Evanescence, What You Want, est disponible depuis début août, le premier clip, lui, n’est sorti que mardi.



Pour ce qui est du single, il est très catchy, très calibré, mais ça reste du Evanescence reconnaissable à 20 mètres. Je l’aime bien, mais ce n’est pas mon morceau préféré de ce nouvel album (dont je vous ferais la chronique  bientôt). Le clip par contre me laisse relativement perplexe. Evanescence nous a habitué a mieux, a des clips plus travaillés et plus oniriques (Lithium ou Immortal notamment). La c’est quand même très basique avec des scènes so clichés digne d’une couverture de Bit-Lit,

Et vous, que pensez vous du Evanescence cru 2011 ?


Soleil Noir de Nicholas Goodrick-Clarke

Serafina dans Critiques, Livres le 14 septembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Soleil Noir est un essai de Nicholas Goodrick-Clarke, professeur anglais spécialisé dans l’ésotérisme, publié en 2002 et traduit par les éditions Camion Noir. Avec une roue solaire sur fond noir en couverture, les initiés auront vite compris qu’il s’agit d’un livre s’intéressent au nazisme, et plus exactement aux cultes plus ou moins occultes y ayant été associés, souvent à postériori. C’est un sujet qu’il faut évoquer avec attention, et il est évident qu’il s’agit là d’une étude purement universitaire. Il arrive parfois que ces lectures soient tristement rattrapées par la réalité, et ce fut mon cas puisque les récents attentats d’Oslo ont eu lieu à ce moment là.

Soleil Noir de Goodrick-Clarke Nicholas

Dans un premier temps l’étude s’intéresse aux mouvements néo-nazis de par le monde et leurs caractéristiques propres. En effet, bien que ces groupuscules extrémistes puissent avoir des contacts, ils sont très différents suivant que l’on soit aux États-Unis, en Angleterre ou dans les pays nordiques. On peut y découvrir un historique de ces mouvements, leurs leaders, leurs discours, les divers faits notables et souvent violents (attentats, manifestations) et comment les gouvernement locaux les ont ou non tolérés. Il s’agit tout de même de résumés assez rapides, un chapitre par région géographique, et du coup, il y a énormément d’informations à assimiler en peu de pages. A ce niveau, il y a des livres qui s’y intéressent plus en détails, et qui permettent de mieux cerner ces groupuscules.

Vient ensuite la partie qui nous intéresse plus: les mythes occultes associés au nazisme. Il s’agit à la fois des mythologies occultes qui étaient là avant la montée du nazisme des années 30, et qui ont été plus ou moins réutilisées par la suite, ainsi que les mythologies apparues après la fin de la deuxième guerre mondiale. Ces doctrines occultes développent pour la plupart le mythe de la « supériorité aryenne », en y mêlant du pangermanisme et de l’ésotérisme. Les doctrines post-guerre développent aussi des excuses ou des raisons à la défaite de l’Allemagne nazie, quand cette défaite n’est carrément pas niée.

Il faut savoir que ces doctrines sont assez nombreuses, souvent assez disparates et incohérentes. On croisera donc la « société de Thulé » dont étaient membres un certain nombre de dignitaires nazis, des relents d’odinisme, la religion cathare, etc… Nicholas Goodrick-Clarke s’intéresse notamment aux doctrines développées dans la fin du XIXème siècle. Bien que très intéressants, il manque je pense une remise en situation (par rapport à l’époque, au colonialisme, etc) pour bien comprendre certains points, et notamment la fascination envers l’Inde. La lecture n’est donc pas forcément aisée pour un néophyte. Les mouvements sont nombreux, les personnalités aussi et je pense qu’un arbre généalogique des doctrines n’aurait pas été un luxe.

Soleil Noir de Goodrick-Clarke NicholasPour ce qui est des doctrines post-guerre, on y découvre des personnes voyant Hitler comme un « avatar », représentation de « Dieu » sur terre dans la mythologie indienne, mais aussi des croyances sur des bases militaires nazies en Antarctiques ou encore des ovnis lancés par des nazis.

Certaines doctrines sont clairement ancrées dans leur décennie (comme celle des ovnis par exemple) et du coup un peu surannées mais tout en restant intéressant à lire. Les doctrines plus modernes montrent l’évolution de la pensée néo-nazie et ses divers liens avec des mouvements païens comme l’Asatru.

Soleil Noir peut donc être vu comme un document catalogue, qui va permettre de comprendre certains mouvements extrémistes, ainsi que remettre les pendules à l’heure sur certaines « théories du complot » utilisées dans les œuvres cinématographiques et littéraires. En effet de nombreux livres « sensationnels » sont parus sur l’occultisme nazi, et ces derniers sont plus ou moins démontés par l’auteur, notamment pour leur ignorance crasse et leurs allégations mensongères.

Au final, cet essai de Nicholas Goodrick-Clarke est un livre intéressant qui permet notamment de faire la lumière sur les on-dits et autres rumeurs entourant la relation qu’entretenait le nazisme avec l’ésotérisme. J’aurais tendance à le recommander pour votre culture générale, mais je ne sais pas si c’est le plus abordable des écrits de l’auteur pour commencer. Son premier essai, Les racines occultes du Nazisme pourrait être un meilleur point de départ, on en reparlera sans doute ici.


C’est Lundi, que lisez vous ? #17

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 12 septembre 2011, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Le Secret des Masques, Coeur de Jade Tome 1, de Kristoff VallaJ’ai continué ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade, Le Secret des Masques de Kristoff Valla. J’en ai lu près de 100 pages et je dois avouer que je suis de plus en plus perplexe. Le titre semble avoir les mêmes défauts que le premier tome d’Ellana de Pierre Bottero et j’avoue que cela me fait peur. Je n’arrive pas à être happé par ce monde où le vocabulaire et très dense et l’action tout autant. A voir.

A côté de ça, j’ai lu les deux premiers tomes de Zombillénium d’Arthur de Pins. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une série de BD nous racontant les tribulations des employés vampires, zombies ou démons de Zombillénium, un parc d’attractions horrifique. C’est joli et surtout très drôle.

Enfin, j’ai continué l’essai Du paganisme à Nietzsche de Nicolas Walzer. J’ai enfin fini la sorte d’état de l’art, et vais pouvoir entrer dans le sujet. J’avoue avoir du mal avec le caractère universitaire du bouquin, avec une introduction qui est très dure à comprendre pour les profanes.

illman

La semaine dernière, j’ai lu Le destin des orphelins de Robert Buettner chez les éditions Eclipse, qui est la suite de Les Orphelins précédemment chroniqué ici. J’accroche totalement au style de l’auteur, ça se lit facilement et c’est excellent. J’ai aussi commencé Le Huitième Sortilège de Terry Pratchett sur la plage, je n’avais pas trop accroché au précédent mais je trouve celui-ci bien meilleur.

Serafina

Mordre le Bouclier de Justine NiogretJ’ai lu la semaine dernière Mordre le Bouclier de Justine Niogret. Le fait que je l’ai terminé en moins de cinq jours vous donne une idée d’à quel point j’ai apprécié la suite de son premier roman, Chien du Heaume. Il est différent de ce dernier, moins classique et plus introspectif, mais toujours aussi bien écrit.

J’ai donc commencé le sixième tome de Merry Gentry de Laurell K. Hamilton, dont j’ai lu une centaine de pages. Je suis assez contente car pour une fois l’histoire avance et il n’y a pas de scènes de cul. La série reprendrait-elle du poil de la bête ? Je l’espère.

J’ai aussi commencé Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent, un essai sur la célèbre comtesse publié aux éditions Camion Noir. L’essai se veut réaliste et évite de verser dans les raccourcis faciles. Pour le moment, j’en suis à la moitié, et j’aime beaucoup, mais je trouve que la première partie sur le sexisme à travers les ages a pris quand même beaucoup de place pour un sujet qui ne touche pas directement à la comtesse, bien que très intéressant.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


C’est Lundi, que lisez vous ? #16

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 5 septembre 2011, avec 2 commentaires
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Ça y est, j’ai enfin terminé ma lecture de Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou. Je dois avouer que jusqu’à la dernière minute, je me demandais vraiment comment tout cela pouvait se terminer. J’avais peu que cela retombe tel un soufflet, et heureusement, on en est loin. Une fin très appréciable après cette longue descente en enfer.

Dragon de Glace de George R.R. MartinVu que j’avais une petite heure à tuer dans le train, j’ai décidé de lire Dragon de Glace de George R.R. Martin, récemment édité par les éditions ActuSF. J’avais apprécié ma lecture de Le Volcryn et notamment la qualité que nous offraient les éditions, avec une mise en page travaillée et une superbe couverture. Je dois avouer par contre avoir été surpris lorsque je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles, et non d’un roman. Mais vous vous en doutez, Martin ne fait pas partie de mes auteurs préférés pour rien. J’y reviendrai dans ma chronique.

Enfin, j’ai commencé Le Secret des Masques de Kristoff Valla. Il s’agit du premier tome de sa trilogie Coeur de Jade aux éditions du Matagot, une série de romans se déroulant dans un monde asiatique imaginaire, à destination de la jeunesse. Son style est vraiment très agréable à lire, rapide et direct. Il présente quelques défauts que l’on retrouve dans la littérature jeunesse, mais sans être dérangeant pour autant. A voir avec la suite.

Serafina

Le Lamento des Ombres des enfants de WalpurgisPuisque la dernière adaptation de Conan ne passe de toute manière plus en salle, j’ai fait une pause dans la lecture de mon intégrale des nouvelles de Howard pour lire Le Lamento des Ombres, recueil de nouvelles Fantastique aux éditions du Chat Noir par le collectif des Enfants de Walpurgis. Vous vous souvenez peut être de ce collectif qui était derrière l’excellent recueil Sorcières et Sortilèges. Encore une fois, les huit nouvelles sont excellentes et toutes très variées avec de vrais et gros coups de cœur. J’ai hâte de vous en parler plus en détail mais je peux déjà vous conseiller d’y aller les yeux fermés.

J’ai aussi lu Ian Curtis & Joy Division : l’histoire d’une vie, la biographie du chanteur de Joy Division écrite par celle qui fut la femme de son leader, Deborah Curtis. La biographie est passionnante et le destin torturé de Curtis l’est tout autant. Une très bonne surprise donc pour cette biographie éditée par Camion Blanc et dont je n’attendais rien de spécial.

Cette semaine je commence un roman des éditions Mnémos, Mordre le Bouclier de Justine Niogret. Suite de Chien du Heaume que j’avais adoré et qui a remporté quelques prix depuis.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Rose-Aimée est une série de romans Jeunesse en deux tome de Béatrice Bottet sortie aux éditions du Matagot. Le roman de 500 pages est servi par une fort jolie couverture de Rolland Barthélémy. Je ne connaissais jusqu’à présent ni l’auteur ni la maison d’édition donc je partais sans aprioris. Synopsis ?

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice Bottet

San Francisco, 1851 en pleine ruée vers l’or, Martial, marin français, rencontre un bien étrange vieil homme qui lui confie une mission. Retrouver sa nièce, chanteuse dans un cabaret, et surtout son manuscrit.  Martial retourne donc en France et se rend à Paris, où il découvre le cabaret des 3 Anges Blancs et Fifi la chanteuse. Sauf que la belle n’est pas facile à approcher et on dit qu’elle porte malheur.

Tout d’abord, chapeau aux éditions du Matagot, car ils ont fait un très beau boulot sur ce roman : couverture en relief, entêtes de chapitres ornées et même dessins et croquis dans les annexes. Les pages sont épaisses et l’écriture assez grosse. C’est un très bel objet et vraiment agréable à lire.

Comme je disais, je partais sans aprioris, mais il faut bien dire que la deuxième partie du XIXème siècle fait clairement partie de mes périodes historiques préférées. Dans ce premier tome la plus grosse partie de l’action se passe à Paris, celui qui n’est pas encore Haussmanisé, assez sombre et fort pittoresque. J’ai trouvé que Béatrice Bottet réussissait particulièrement bien à retranscrire les ambiances. On entre très vite dans le roman et tout est très visuel.

J’ai aussi beaucoup aimé le solide socle historique du roman. En effet, on sent que l’auteur est calée dans le domaine et les annexes du livre apportant des précisions sur certains points historiques le montrent bien. Du coup c’est vraiment plaisant à lire et très réaliste. Le style est fluide et se lit bien.

Les relations entre les personnages, et comme vous vous en doutez, l’amour naissant entre Martial et Fifi sont brossées avec finesse et beaucoup de réalisme. Même si certains retournements sont « entendus », dans l’ensemble les personnages sont psychologiquement crédibles et il est assez facile de s’identifier à eux. C’est clairement une des grosses forces du livre, les héros sont des gens comme tout le monde avec leurs défauts et leurs qualités. On s’attache à eux, et on a du mal à les laisser à la fin de ce 1er tome.

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice BottetL’intrigue met cependant un peu de temps à réellement démarrer, et certains événements étaient prévisible 150 pages avant qu’ils n’arrivent pour de vrai. L’auteur laisse des indices parfois un peu trop gros et c’est rageant de voir les personnages s’engager sur une mauvaise voie alors qu’on sait pertinemment que cela n’aboutira pas. Ceci dit, c’est un défaut fréquent dans les romans Jeunesse, je ne lui en tiendrais donc pas trop compte. A noter que malgré le titre, le Fantastique est assez peu présent, c’est par petites touches et très bien intégré, c’est donc lisible par tous, même si ce n’est pas votre genre de prédilection.

Au final j’ai vraiment été très agréablement surprise par cette lecture de La belle qui porte malheur. Je m’attendais à un bon bouquin, mais pas à ce point. Je ne saurais que vous le recommander. La deuxième partie de Rose-Aimée, Le Marin perdu dans la brume, est déjà sortie et je vais sans nul doute bientôt la lire.


Après avoir lu Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos, et vu mon amour pour le Black Metal old school, il était logique que je regarde le film-documentaire Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell sorti en 2009 aux États-Unis, et en début d’année 2010 en international. Ce documentaire traite lui aussi des origines du Black Metal, en Norvège notamment, mais aussi des dérives plus ou moins douteuses qui ont marqué le mouvement. Les églises brulées quoi.

Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Le documentaire se centre très clairement autour de deux personnages : Fenriz de Darkthrone et  Varg Vikernes de Burzum. Ces deux figures importantes du mouvement interviennent à de nombreuses reprises dans le documentaire, et sont plutôt bien choisies pour montrer les deux visions totalement opposées du Black Metal. Le premier se clame apolitique, se consacre à sa musique et c’est tout (la clope et la binouse aussi) tandis que Varg affiche clairement des opinions politiques extrêmes.

En toute honnêteté, j’ai cependant du mal à voir réellement quelle est la cible du documentaire, pour les fans, il n’y a rien de bien nouveau. Bon, Fenriz est un gars fun et charmant, et on aime bien l’entendre parler et se foutre de tout mais ce n’est pas nouveau. On aime bien les délires de Varg mais là aussi rien de nouveau. Par contre, à l’opposé, les faits et le genre sont présentés très très succinctement, et je pense que les néophytes n’ont pas les clés pour comprendre réellement de quoi cela parle.

Fenriz dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Fenriz de Darkthrone

Le récit est lui assez décousu, à peu près aussi embrumé que l’esprit des deux protagonistes. Alors certes, on ne peut pas attendre d’un documentaire la clarté d’une encyclopédie, mais quand on compare au très bon Le metal expliqué à ma mère il n y a pas photo… On passe d’un artiste qui peint des métalleux à Varg qui nous parle de comment il aime ses cornflakes pour finir sur un squat à Oslo où Fenriz a acheté un dictaphone pour 10 couronnes …

Contrairement au roman Le Black Metal Satanique: les seigneurs du chaos, j’ai trouvé le documentaire plus orienté. En effet, il n’y a pas réellement de discours contradictoires et le reportage ne présente qu’un seul son de cloche sur pas mal de points. Alors il y a certes une petite apparition d’Abbath et Demonaz d’Immortal qui portent un regard un peu plus externe et neutre sur certains événements, amenant un autre son de cloche, mais d’une manière générale, les dires des protagonistes principaux ne sont pas contredits.  On pourra aussi reprocher le fait qu’il manque quand même pas mal de sujets et de groupes fondateurs dans sce documentaire. Les bonus du DVD compensent un peu sur ce point en proposant de plus longues interviews.

Varg Vikernes dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Varg Vikernes en prison pour le meutre de Euronymous

Cela reste cependant un document agréable à regarder pour la fane de Black Metal que je suis, avec un bon nombre de vidéos d’archives (pas d’inédits cependant), et d’époque. Outre les documents, le film se repose beaucoup sur les épaules de Fenriz qui est bien souvent drôle, mais qui parfois, nous fait part d’analyses pas bêtes du tout sur l’environnement qui a vu naitre le Black Metal, la Norvège et son confort, le comparant à l’art bourgeois et décadent de la fin du XIXème. Et bien évidemment, vous vous en doutez, la BO est juste géniale.

Au final, Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell est un documentaire sympathique si vous appréciez le genre, mais qui ne vous apprendra pas grand chose (hormis que Varg aime ses cornflakes crispy et pas Fenriz) mais qui se regarde. Si vous n’êtes pas forcément familier avec le genre et les protagonistes, c’est sans doute instructif, mais attention à bien prendre des pincettes.