Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

Serafina dans Critiques, Livres le 5 février 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Le cinquième tome de la série Vicki Nelson, nommé Dette de Sang, est aussi le dernier. C’est avec un petit pincement au cœur que j’ai entamé cet opus, publié pour la première fois en 1997, soit 4 ans après le tome 4. Contrairement au reste de la série qui vient tout juste d’être réédité par les éditions J’ai Lu, en format semi-poche, il s’agit là de la première publication en France du titre, avec une traduction de Patricia Lavigne. Vicki Nelson de Tanya Huff est jusqu’à présent une série qui ne m’a jamais déçu, a-t-elle réussi le sans faute ? Synopsis.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

L’histoire prend place deux ans après la fin des événements du tome précédent. Les choses ont bien changé, mais Henri se retrouve visité par un fantôme. Fantôme aux mains coupées et qui semble réclamer justice. Incapable de résoudre cela seul, il décide de contacter Vicki Nelson pour une enquête très spéciale.

Nous retrouvons là tous les protagonistes pour ce qui semble bien être un « baroud d’honneur », une dernière histoire. Ou une envie de l’auteur de retrouver ses personnages. Car au vu de l’histoire et du délai entre les tomes 4 et 5, on peut vraiment dire que la série s’est arrêtée avec le 4ème tome, et qu’il n’y avait pas forcément besoin d’une suite. Cependant pour un retour, ce tome n’est pas mauvais du tout. On retrouve tous les ingrédients des premiers, une histoire très terre à terre, si on omet le fantôme et le vampire, des personnages aux fortes personnalités.

D’ailleurs ce roman m’a fait énormément penser à Anne Rice ou à Poppy Z. Brite, pour le personnage de Tony, un jeune gars de la rue, et l’ambiance d’un été nocturne à Vancouver qui m’a fait pensé à la Nouvelle Orléans, et qui m’a donné envie d’être en été (ce qui est un sacré record pour moi). J’ai eu l’impression que le style s’était bonifié avec le temps, l’écriture de Tanya Huff rendant beaucoup mieux les ambiances.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

Couverture de la version originale, titrée Blood Debt

Malheureusement, on n’apprendra dans ce Dette de Sang pas grand chose sur les vampires, et surtout pas sur Henri. J’en reviens donc au même constat que celui que j’avais fait la dernière fois, c’est vraiment dommage que le personnage n’ai pas droit à son « spin-off » racontant son passé, car j’aurai adoré. Le roman se concentre donc sur l’enquête, qui va nous trainer dans des traffics médicaux pas très nets. Le sujet est d’actualité, vu que cela à rapport avec la difficulté de trouver une greffe, mais malheureusement reste assez peu creusé. Cette absence de profondeur en soit rend le roman vierge de tout temps mort. Ça s’enchaîne vite et bien, on est tenu en haleine tout au long des 300 pages. Le roman réussit à nous détendre, et a se faire dévorer.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya HuffL’humour est présent et malgré les thèmes abordé, le roman reste léger. Bien que j’ai adoré le lire, je reste un peu sur ma faim concernant la série Vicki Nelson d’une manière générale. Il y a un arrière-goût de trop peu, j’aurais aimé en savoir plus, que cela soit sur le mythe des vampires ou même sur les fantômes. On est vraiment dans la mode du « monster of the week » de l’époque, en bouquins, et quelque part c’est assez dommage. Un peu le même symptôme que la Saison 1 de Buffy, sortie quelques années plus tard.

Ceci dit, cela ne m’empêche pas de classer cette série dans les meilleures séries de Bit-Lit que j’aie pu lire pour sa qualité constante, son absence de temps mort et son absence d’érotisme inutile. J’espère que les autres romans de Tanya Huff sortiront, notamment la série Smoke and Shadows qui met en scène Tony.


La deuxième longue série de Bit-Lit de Laurell K. Hamilton ne m’ayant toujours pas convaincue, j’ai entamé ce quatrième tome de Merry Gentry sans trop d’espoir. A noter la couverture, toujours faite à base de photo retouchée, est tout de même très jolie, la plus belle de la réédition par J’ai Lu de la saga à mon goût. Gentiment nommé Les Assauts de la Nuit, ce quatrième tome est encore une fois un beau pavé de 600 pages. Synopsis ?

Les Assauts de la Nuit, Merry Gentry Tome 4, de Laurell K. Hamilton

Le roman se déroule juste après le troisième tome. Toujours à la Féerie pour diverses affaires politiques, Merry se retrouve chargée d’un double meurtre : une Fey et un journaliste ont été tués à l’intérieur même du territoire féerique. Désirant faire appel à la science humaine, Merry prend contact avec la police et supervise l’enquête. Sauf qu’il semblerait que certains auraient fort intérêt à ne jamais laisser entrer les policiers.

Et là, j’avoue que j’ai été surprise. Une histoire de meurtre ? Ou plutôt, une histoire ? C’est quand même assez rare dans cette série. Et en effet, dans la première partie du pavé nous avons une vraie histoire, un meurtre, l’intervention de la police humaine, etc. J’ai beaucoup aimé cette partie que j’ai lu assez rapidement. J’ai eu, à de nombreuses reprises, l’impression d’être dans un Anita Blake: Merry a le même genre de remarques, réagit de la même manière sur les lieux de crime que l’héroïne de cette autre série. Bref que du positif, malgré tout. Il est très intéressant de voir les méthodes d’enquêtes féeriques confrontées aux méthodes purement humaines.

La magie naissante de Meredith est une nouvelle fois au centre de toutes les attentions, et on en découvre peu à peu sur la magie Sidhe, comment ils l’ont perdue, et combien elle était puissante. Je sais, je le dis à chaque fois, mais le monde imaginé par Hamilton est vraiment très fouillé et intéressant.Malheureusement, comme dans les autres tomes, la deuxième partie de l’histoire casse un peu le tout, car on revient  à nouveau à de la partie de jambe en l’air entre Merry et ses gardes. Je me vois difficilement évaluer une scène de cul, cependant, il est quand même amusant de noter que bien que soit disant sulfureux, les Sidhes sont bien légers et bien en accord avec la morale américaine. Au final, on a surtout du sexe hétéro avec deux ou trois positions et pratiques moralement acceptables pour les puritains. Ce qui rend la chose d’autant plus ennuyeuse que c’est tout le temps la même chose.

Les Assauts de la Nuit, Merry Gentry Tome 4, de Laurell K. HamiltonJe prévoyais dans le tome précédent un surnombre de personnages secondaires, et contrairement à mes suppositions, l’auteur a trouvé le moyen de se débarrasser d’un ou deux d’entre eux. En fait, au final elle semble surtout se concentrer sur les « grands favoris ». Ce n’est pas plus mal, d’autant que ces favoris sont inspirés de dieux celtiques, et que chacun raconte peu à peu son histoire.

Au final, malheureusement, l’enquête est effectivement éclipsée dès la moitié du roman, et fini par être résolue en claquant des doigts. Ca me laisse le même sentiment d’inachevé que j’ai pu avoir sur certains Anita Blake. Et pourtant  il y en a du potentiel…  Au final, à la fin du livre on se rend compte que l’on n’a pas réellement avancé dans l’histoire de Merry, ni dans les complots …

Pour conclure, j’ai l’impression de dire toujours la même chose à chaque tome: on sent le truc qui décolle, et puis non ça retombe. Et ca c’est vraiment mais alors vraiment dommage. A noter que le tome 5, Sous le Souffle de Mistral ne fait que 300 pages … et que je compte bien le lire.


Emily The Strange est un personnage bien connu des (go)goths et autres assimilés. Et pour cause, la petite fille maussade, à la base née sur un sticker, a depuis une BD et bon nombre de produits dérivés à son effigie. Ici c’est d’un livre dont nous allons parler, le premier d’une série de quatre, titré Les Jours Perdus et écrit par Rob Reger. Sorti en été 2009 aux États-Unis il est sorti il n’y a pas très longtemps ici et évidemment je l’ai lu. Synopsis ?

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob Reger

Une jeune fille se réveille sur un banc à Blackrock, amnésique. Ses seules possessions sont de quoi écrire et un lance-pierre. Fort étrange. Dans son exploration de la ville, elle va découvrir pas mal de choses étranges, tout en essayant de retrouver la mémoire, entre deux réparations de machine à café.

Je suis généralement perplexe sur ce genre de livres, typés produits dérivés, des livres autour d’un personnage déjà bien installé… Mauvais apriori qui heureusement n’a pas duré bien longtemps. Il faut reconnaitre qu’ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller côté édition chez Michel Lafon. Intégralement en noir et rouge, le livre est copieusement annoté et illustré par Emily qui tient au jour le jour (parfois même heure par heure) son journal, de peur de tout oublier. C’est un très bel objet et du coup c’est très agréable à lire. Les 250 pages se lisent bien plus vite qu’on ne le croirait.

Il faut cependant avouer que l’histoire n’est pas le point fort. Le scénario est totalement tarabiscoté, on saute du coq à l’âne, les idées saugrenues d’Emily sont toujours bonnes, etc. Et pourtant, on accroche quand même. Tout simplement car ce scénario colle totalement à l’univers de la petite fille décalée. C’est sombre, c’est un peu fou.

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob Reger

On est dans un monde à la Burton, doucement onirique, ce qui excuse un certain nombre de grosses ficelles. Je pense qu’il faut le lire pour l’ambiance, pour le monde autour et pour l’objet plutôt que pour y rechercher une histoire. Les plus jeunes pourront à la limite être intéressés par le scénario, mais je pense que pour les adultes, c’est même pas la peine d’essayer. Les adultes du coté sombre trouveront la aussi un certain nombre de références à la culture gothique.

Les jours perdus, Emily The Strange Tome 1, de Rob RegerEn réalité le livre doit tout à l’univers et à son coté loufoque. C’est un journal intime écrit par Emily, et à travers la plus de Rob Reger, elle a énormément d’humour. De plus elle aime beaucoup les listes, qui sont généralement hilarantes à chaque fois. J’ai été très surprise par le style, certes très simple mais bourré d’humour et de fraicheur. C’est typiquement ce qui colle au personnage. Les illustrations ne sont pas forcément superbes, mais c’est là encore dans la lignée d’Emily, un peu SD, un peu Burton aussi. Tous les éléments sont là de sa satanée robe à son amour pour les chats.

Si vous aimez le personnage vous aimerez le roman, et si vous ne le connaissez pas encore c’est le moment de le découvrir. C’est un roman comme j’aimerai en lire plus souvent, c’est frais, c’est mignon, tout en étant ce qu’il faut de sombre pour ne jamais tomber dans le niais. Il y a un réel potentiel, et je vous le conseille fortement. Nul doute que je lirais la suite.


Après avoir vu Therion le mois précédent, nous sommes revenus vers la salle CCM John Lennon de Limoges pour un nouveau concert de Metal. Il s’agissait ici du Festival de Noël, sorte de tradition limougeoise, qui pour cette année 2010 regroupait trois gros noms du genre: Finntroll, Samael, Rotting Christ, ainsi que deux groupes moins connus : Metsatöll et Nothnegal.

Nothnegal en concert à Limoges

Le bassiste de Nothnegal

Nothnegal

Le premier groupe à assurer le show est Nothnegal.  Il est a signaler que ce groupe vient des Maldives, ce qui est quand même suffisamment rare pour être noté.  Le groupe n’a pour le moment sorti d’un EP, leur premier album étant prévu pour 2011.

Ils servent un Death Metal assez sympathique, bien que non transcendant. Ils sont six sur scène, et sont malheureusement un peu trop statiques. C’est une brave première partie, mais à revoir peut être avec plus d’expérience, l’accueil du public n’était pas vraiment au rendez-vous. On avait un peu de peine en voyant le chanteur qui essayait désespérément de faire participer le public.

En vain.

Metsatöll

Longs cheveux blonds, habits en peau de bête, aucun doute Metsatöll font du Folk.  Du Folk Estonien parlant d’obscurs événements datant du XIIIème siècle pour être exacte. Autant dire que de toute manière on n’y comprendra rien. Contrairement à Finntroll, les éléments folks ne sont pas limités aux claviers, et un de leur membres, Lauri Varulven Õunapuu, s’occupe exclusivement de manier la cornemuse, la flute, la cithare et autres instruments folkloriques. Le groupe intègre une dimension assez shamanique, avec des chants à capella, en canon, etc, bref du chant de guerrier viril dans les froides plaines estoniennes. On retiendra surtout le dernier morceau qui était excellent, à la fois très traditionnel et très métal. Un groupe découverte donc, dont nous avons acheté un CD à la sortie, et qu’on vous conseille.

Metsatöll en concert à Limoges

Rotting Christ

Les choses sérieuses commencent. Rotting Christ, un des rares groupes de Metal grecs, arrive sur scène. Bien que classés dans du melodic black metal, leur musique est assez universelle pour plaire à une grande partie des metaleux. Et ça commence très fort. Le groupe est très énergique, et sert une platée de titres très incisifs qui vous remuent les cervicales. J’avoue que je n’avais jeté qu’une oreille évasive au groupe avant ce concert… Et honte sur moi.

Les différentes compositions sont efficaces, avec des passages mélodiques très bien gérés. Une fougue certaine, des changements de rythme fort sympathiques, et des morceaux avec un vrai développement, notamment quelques passages assez atmosphériques. Le groupe dégage une vraie ambiance, limite malsaine. Évidemment, dans la foule cela s’échauffe, et on sera vite reflué vers l’arrière au vu du déchainement de la fosse. Un set très énergique nous est servi là, bien qu’un peu trop court. A revoir dans tous les cas, et à réécouter attentivement !

Rotting Christ en concert à Limoges

Samael

C’était la deuxième fois que nous voyions le groupe Suisse, le baptême s’étant déroulé au Hellfest 2009. Leur prestation au Hellfest nous avait d’ailleurs plutôt bien convaincu. Bien qu’ayant des origines Black, Samael, aujourd’hui c’est surtout de l’electro-indus, et il faut dire que malgré tout l’amour qu’on a pour leur musique, ils faisaient un peu hors sujet.

Pendant leur set, le public s’est nettement calmé. Cependant, leur prestation est l’une des plus énergiques de la soirée. Vorph, avec ses gestuelles très martiales emmène très bien le groupe, mais le bassiste, guitariste et batteur ne sont pas en reste.  La musique est servie par des vidéos projetée sur la toile de fond. Ça donne envie de danser, et cela nous confirme l’impression du Hellfest. La setlist est assez éclectique et couvre pas mal d’albums. Évidemment, Slavocracy et Into the Pentagramm seront jouées, pour notre plus grand plaisir. On notera aussi Sol Invictus, un morceau de leur prochain album.

Samael en concert à Limoges

Un excellent concert, malgré des lumières un poil épileptiques. Enfin, instant chauvin, ca fait plaisir d’avoir un groupe francophone !

Finntroll

Les troll finlandais sont donc le clou du spectacle. Nous les avons vus il y a moins de 6 mois, au Hellfest 2010, et évidemment, c’est la même tournée, donc mêmes tenues, même intro, etc. Cependant, le son du Hellfest avait rendu inaudible les claviers, choses réparée ici. C’est sacrément autre chose, surtout quand on sait que tout le Folk dans Finntroll est assuré aux claviers ! Les lumières sont moins changeantes que pour Samael, et la toile de fond affiche seulement l’artwork Nivelfind, leur dernier album.

Le chanteur est toujours très énergique, ce qui ne lui fait toujours pas perdre ses abdos kro.  Au niveau de la setlist, la plupart des titres viennent du dernier album Nivelfind, qu’on aime beaucoup ici. Cependant les classiques, dont Trollhammaren, ne seront pas oubliés. Le public est très présent, même si c’est moins intense qu’au Hellfest, ça pogote, ca fait du wall of death, y’a du mec bourré, bref, un concert de Metal quoi. Leur pèche est communicative, et les morceaux dansants côtoient les morceaux plus brutaux.

Bref c’était un concert de Finntroll, un joyeux déchainement dont on ressort tout content.

Finntroll en concert à Limoges

Au final, une très belle affiche pour cette petite salle de Limoges. Nul doute qu’on y retournera avec plaisir, probablement pour les concerts qui sont déjà programmés pour mars-avril !


Fils de l’Ombre, Tome 2, de Juliet Marillier

Serafina dans Critiques, Livres le 26 décembre 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Ce deuxième tome de Fils de l’Ombre clos le deuxième volume de la Trilogie de Septenaigue, la trilogie de Juliet Marillier commencée avec Sœur des Cygnes, qui fut lui aussi coupé en deux en France. La couverture de Benjamin Carré est, à mon avis, la moins jolie de la saga, à cause de l’incrustation douteuse des tatouages. Cependant, comme j’ai adoré les trois autres tomes et qu’on ne juge pas un bouquin à sa couverture, je ne pouvais pas résister bien longtemps et j’ai rapidement commencé ce tome. Étant donné qu’il s’agit de la deuxième partie d’un même roman, je ne ferais pas de synopsis, et vous renvoie à ma chronique du premier tome.

Fils de l’Ombre, Tome 1, de Juliet Marillier

Le premier tome finissait de manière assez abrupte et pour cause, c’est une coupe arbitraire, au milieu d’un tome. Je ne suis pas fane de cette pratique, mais heureusement les éditions l’Atalante sortent les deux parties de manières rapprochée qui nous permet ainsi d’enchainer. Je vous déconseille de trop attendre entre les deux livres, c’est dommage, car on reprend exactement là où l’on s’était arrêté.

L’intrigue évolue doucement, et l’on retrouve les personnages de la première partie. Personnellement j’ai beaucoup apprécié Liadan, bien qu’elle soit fort différente de Sorcha. En effet, Liadan est un peu trop parfaite, et très intérieure. Elle pense beaucoup, agit peu ou prudemment. Cela pourrait être une Mary Sue, mais Juliet Marillier évite cet écueil en grande partie grâce à son style très agréable. Les personnages secondaires sont loin d’être laissés en rade et on a un panel assez attachant et émouvant.

Marillier semble cependant prendre le même chemin qu’avait emprunté Marion Zimmer Bradley, avec une Fantasy très féminine, voire féministe. Les hommes n’ont pas vraiment le beau rôle dans ce roman. On est encore assez éloigné de la caricature de Bradley, mais le roman est assez nettement engagé. Ce qui en ferait une littérature plutôt dédiée aux femmes, bien que les hommes pourront apprécier et trouver à la fois bien injuste leur image.

Son Of The Shadows Juliet Marillier

Une des multiples couvertures en V.O.

Nous sommes toujours dans une sorte de fantasy celtique, même si ce tome est bien moins riche en éléments fantastiques. On est très proche d’une histoire « plausible », et ce n’en est que mieux.  Le côté conte de fées est totalement absent de l’histoire. Si le premier Sœur des Cygnes était une réécriture d’un conte de Grimm, ici on est sur une histoire, apparemment, bâtie de zéro. Et je trouve que Marillier ne s’en sort pas mal du tout, son histoire est intéressante, et elle n’a pas besoin de background typé Fantasy pour être convaincante.

Fils de l’Ombre, Tome 1, de Juliet MarillierCependant, le rythme long, les nombreux passages de réflexion, les résolutions parfois convenues pourront rebuter certains lecteurs exigeants. Dont je n’ai pas fait partie. Je me suis peut être moins attachée à Liadan, il faut dire qu’elle ne vit pas les mêmes épreuves que sa mère, mais le livre reste d’un très bon niveau.

Ce tome clôt donc la deuxième partie de la Trilogie de Septenaigue. La dernière partie, elle aussi coupée en deux, sortira logiquement l’année prochaine aux éditions l’Atalante, et aucun doute que je me jetterais dessus. Pour le moment la série semble être de bonne facture, et je ne saurais que vous la conseiller. A coup sur dans les meilleurs romans que j’ai pu lire cette année.


La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

Serafina dans Critiques, Livres le 18 décembre 2010, avec 9 commentaires
Critiques

La Vampire de Christopher Pike est une assez vieille série autour des vampires, puisque son premier tome titré La Promesse date de 1993. Il s’agit, tout comme pour Les aventures de Vicki Nelson, d’une réédition par J’ai Lu d’une série proche du courant Bit-Lit devenue introuvable. Servi par une très belle couverture violette, une sorte de photo-montage très réussi, le roman m’a tout de suite attirée. En plus, il ne fait que 180 pages, ce qui promettait une lecture rapide. Je me trompais. Mais on va d’abord commencer avec le synopsis.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

Alisa Perne est une vampire, depuis 5000 ans. Convoquée par un détective privé, elle comprend que quelqu’un la recherche, quelqu’un qui est prêt à payer très cher et qui semble en savoir long sur elle. Alisa n’a plus qu’à trouver de qui il s’agit, et régler définitivement le problème.

Je suis désolée de ce synopsis court et assez bateau, mais pourtant il résume à peu près bien le contenu du livre. L’histoire est on ne peut plus basique, et le scénario truffé d’incohérences et de facilités, avec une mention spéciale pour le « super plan » final. L’histoire n’est ici qu’une excuse pour présenter le personnage et les relations qu’elle peut entretenir, le tout dans l’objectif d’avoir des bases pour la suite de la série.  Malheureusement pour nous l’héroïne est une pétasse pimbêche insupportable.

Tout comme l’héroïne de Witchling, Alisa passe son temps à nous dire combien elle est trop belle, trop bonne, trop forte, trop douée. La narration à la premier personne la rendant parfaitement antipathique. Alors certes, c’est une vampire, certes elle est bien plus gâtée que la plupart des mortels, mais est-ce nécessaire de nous rappeler à chaque fois qu’elle a une bonne vue, une bonne ouïe et qu’elle s’y connaît en ordinateurs ? Car oui, elle s’y connaît en ordinateurs… Du coup, on a le plaisir de découvrir qu’en 1993, on pouvait trouver sur des ordinateurs domestiques des fichiers qui font 2CD-rom, et qu’on grave en 5 minutes. Mais bien sûr. J’ai fini par lire les passages informatiques à haute voix à dabYo, tellement c’est du collector. Ça vaut presque le « HTML sensible à la casse » de Ceci n’est pas un jeu.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher Pike

La couverture originale

Évidemment, le tout est servi par un style d’écriture digne d’une fanfiction lycéenne. Première personne, très simpliste. Je crois que même une fanfiction serait mieux écrite. Vous pouvez d’ailleurs en juger par vous même en vous rendant sur le site de l’éditeur pour lire le premier chapitre. De ce fait, les 50 premières pages furent une torture. J’ai même inconsciemment oublié le livre au bureau. Cependant, et c’est là la grande surprise, le livre recèle une excellente surprise. Sa vision des vampires.

La Promesse, La Vampire Tome 1, de Christopher PikeEn effet, les vampires viennent dans cette histoire de la vieille Inde, de l’Inde de l’époque de Krishna. L’héroïne a en effet des flashbacks, qui reviennent sur cette période  On y découvre donc les divinités indiennes, et tout le charme de l’ »Inde Mystique ». Le style s’y fait même oublier. Bien que l’idée ne soit pas du tout nouvelle, c’est rafraichissant. En effet, pour fonder le mythe du vampire, nous avons ici un démon Indien qui prend possession du « premier vampire ». Cela fait bien entendu penser aux Chroniques des Vampires de Anne Rice, dans lesquelles nous avons un démon égyptien qui prend possession du « premier vampire ». Heureusement, le coté religieux, lié à Krishna et semblant dicter les actes des vampires, est lui assez original.

Dommage que ces bonnes idées ne forment que trois chapitres dans le livre. Le reste étant totalement dispensable et inintéressant : les relations se forment en deux secondes, les intrigues sont résolues en claquant des doigts. Je lirai peut être le deux, surtout si il est court, pour voir si il y’a une évolution, mais pour le moment je ne vous conseille absolument pas cette série. Si La Vampire de Christopher Pike se révélait peut être intéressant à lire en 1993, aujourd’hui, il y a vraiment mieux à lire.


L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Serafina dans Critiques, Livres le 17 décembre 2010, avec 9 commentaires
Critiques

Dans ma très haute pile à lire se trouvait L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman que m’avait offert dabYo à Noël dernier. The graveyard book en V.O. est un roman paru en 2008, et traduit en 2009 par Valérie Le Plouhinec pour éditions Albin Michel. Il s’agit d’un roman jeunesse, en partie illustré à l’intérieur par Dave McKean et avec une très sympathique couverture de Laurent Besson. Il a reçu le prix Hugo et le prix Locus. Avec ça, on peut s’attendre au mieux. Synopsis ?

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Une nuit, le Jack décime une famille. Les parents et la fille succombent, mais un petit enfant de 2 ans parvient à s’échapper et aller jusqu’au cimetière. Cimetière où il sera adopté et surnommé Nobody Owens, Owens étant le nom de famille du couple qui l’adopte. L’enfant grandit, entre les fantômes et Silas, son « éducateur ». Relativement protégé dans son cimetière, il ignore qu’à l’extérieur, le Jack est bien décidé à terminer son travail.

Nous sommes donc en présence d’un roman jeunesse à l’ambiance très sombre dans du pur Fantastique mais surtout, aux thématiques très Burtonniennes. Il est difficile de ne pas faire le parallèle entre les deux, d’autant plus que les illustrations sont très tourmentées, « à la Burton« . Un soin tout particulier est d’ailleurs apporté au roman, de sa superbe couverture glacée aux illustrations intérieures, nous sommes vraiment en présence d’un bel objet et on ne peut que souligner le travail de l’éditeur qui signe un roman très soigné.

Comme on peut le pressentir, il s’agit d’un roman sur l’enfance, et sur la passage de l’enfance à l’age adulte. Le récit commence comme un Harry Potter, le héros découvre le monde du cimetière, les personnages… Personnages qui ne sont d’ailleurs pas en reste, bien que comme dans beaucoup de romans jeunesse, ils soient assez caricaturés. Ils sont traités avec beaucoup d’humour et on s’y attache très rapidement. Cependant, malgré le traitement jeunesse, ils sont loin d’être tous tout blanc ou tout noir, et on est a mille lieues des clichés qu’on aurait pu trouver dans le premier tome d’Ellana ou plus récemment, Doregon.

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

On retrouve un assez grand nombre d'illustration en noir et blanc de Dave McKean

Le conte prend ensuite un tournant plus initiatique, et est pétri de bonnes morales mais c’est effectué de manière assez délicate, et de ce fait cela ne devient pas agaçant pour les vieillards que nous sommes. Par bonne morale, j’entends par exemple la fois où lorsque Nobody désobéit, il lui arrive ensuite un malheur. Évidemment, certaines situations sont cousues de fil blanc, et assez « simples » notamment au niveau de leur résolution. Cependant, bien que destiné à la jeunesse, le livre est aussi un poil angoissant, notamment avec ces Jack organisés, et près à surgir à chaque coin de rue. Je pense que le coté horrifique est un point trop souvent délaissé dans la littérature jeunesse, pourtant, les plus jeunes aiment frissonner, comme en atteste le succès sans équivoque de la collection Chair de Poule. Je pense que cette peur littéraire est une bonne chose, bien que le livre puisse donner quelques cauchemars aux plus jeunes.

L’étrange vie de Nobody Owens de Neil GaimanLa plume de Neil Gaiman, et sa traduction par Valérie Le Plouhinec, est toujours aussi succulente… Tout comme pour Stardust, il y a cependant de nombreuses références à la culture anglo-saxonne, bien que Nobody Owens soit beaucoup plus accessible que le livre su-cité. Mais les clins d’œils à des comptines enfantines sont intraduisibles et nécessitent des notes en bas de page. Je suppose que là, malheureusement, la barrière de la culture nous fait louper plusieurs traits d’humours. Car le bouquin n’en est pas dépourvu. Comme dans Burton, on oscille entre humour et noirceur.

Au final, ce roman de Neil Gaiman est clairement un de mes chouchous de l’année, je l’ai dévoré en un allez-retours à Paris, et je n’en suis pas déçue. Je vous le conseille sans hésiter, que vous soyez adultes, ou pour offrir cette année aux plus jeunes. Pour moi dès l’âge de 10 ans le roman peut plaire, bien qu’un poil effrayant. Et encore plus si vous aimez les contes gothiques, courrez !


Les Portes de Doregon est le premier tome de la saga de Doregon, écrit par Carina Rozenfeld. L’auteur française est publiée dans la collection jeunesse de l’Atalante, et son roman est enrobé d’une couverture sublime de Benjamin Carré. Il faut dire que cette couverture de toute beauté a fortement joué sur mon envie de lire le roman, d’autant que je n’avais jusqu’à présent jamais pu lire de travaux de l’auteur. Synopsis ?

Les portes de Doregon de Carina Rozenfeld

Mia est une étudiante au beaux-arts qui peint depuis toujours un monde fantastique : Doregon. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle apprend que ce monde existe réellement, qu’elle est désignée pour être le Veilleur de ce monde et que des milliers d’autres mondes existent ! Elle ne résiste pas à partager cette découverte à Josh, son amour, et Moone son frère. Sauf qu’une ombre plane sur Doregon, et en les faisant entrer dans ce monde, elle a peut être bien scellé leur destin.

Alors là, si vous êtes un tant soit peu familier du  roman jeunesse, vous redoutez un peu que l’on tombe dans le vu et re-vu. En effet, niveau cliché, on est pas loin de la totale. Le monde parallèle, le frère darkinou, les dessins qui permettent de voyager… Arg. Heureusement, le roman a quelques bonnes idées qui permettent d’adoucir tout ces clichés. En effet, en plus de voyager entre les mondes, Mia peut voyager dans les lignes du temps, et notamment changer le cours de l’histoire, même si c’est à priori interdit.

Carina Rozenfeld

Carina Rozenfeld aux Imaginales

Du coup, Les Portes de Doregon va nous proposer deux versions de l’histoire, « ce qui se passe » et « ce qui aurait du se passer« . J’ai trouvé le principe très intéressant et prometteur. Malheureusement, le tout est assez mal équilibré : on a 4 chapitres de « ce qui se passe » et plus de trente qui se centre sur « ce qui aurait du se passer« . Cette grande différence nous ferait presque oublier le principe, et je pense qu’il aurait pu être pertinent d’avoir les deux en parallèle, car je dois avouer que je n’ai pas trouvé que l’histoire de « ce qui aurait du se passer » brille d’originalité.

Malheureusement, ce n’est pas non plus les personnages qui vont relever le niveau. D’une manière générale, je les ai trouvé très plats et sans vrai relief.  Je trouve qu’il manque sérieusement de profondeurs. Je sait on est dans la littérature jeunesse, il est donc logique d’avoir des personnages aux personnalités plus lisses et moins marquées, Ewilan l’un des « best seller » du genre n’est pas mieux par exemple; mais j’ai trouvé cela dommage. Mia et Josh dont l’histoire d’amour va pourtant être très forte ne m’ont pas touchés une seule seconde, alors que vous le savez, je suis terriblement bon public.

A cela s’ajoute le style de l’auteur avec lequel j’ai eu beaucoup de mal, et ses dialogues que j’ai trouvé trop sur-joué, ça sonne tout sauf naturel. La lecture donne assez souvent des impressions de répétition, avec parfois des mots « savants » qui sont répétés à tord et à travers dans la même page, pour parler d’un objet qui finalement n’a que peu d’importance. Je pense notamment d’un passage où un synonyme pour « parquet » est utilisé cinq fois dans la même page, était-il nécessaire d’en parler tant ?

Les portes de Doregon de Carina RozenfeldAu final , j’ai beaucoup peiné à lire Les Portes de Doregon car je ne suis pas du tout rentrée dedans. L’intrigue et les univers sont assez convenus, et le principe de voyage temporel n’est que trop peu exploité. J’ai l’impression d’être passée totalement à coté et pour tout dire je me suis beaucoup ennuyée. J’ai du intercaler un autre livre au milieu pour finalement revenir finir ce premier tome de Doregon.

Le livre reste sympathique et plaira sans doute aux plus jeunes. Cependant, contrairement à Mal-Morts de Jean-Marc Ligny ou à La Quête d’Espérance de Johan Heliot, je ne pense pas qu’il soit à conseiller pour une personne plus agée ou ayant déjà beaucoup lu, dommage.


Pacte Sanglant, Vicki Nelson Tome 4, de Tanya Huff

Serafina dans Critiques, Livres le 1 décembre 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Quand je disais que j’allais enchainer le tome 3 et 4 de Vicki Nelson, je ne mentais pas. Ce quatrième roman, titré Pacte Sanglant, est l’avant dernier de la série de Tanya Huff et honnêtement, la bonnasse en couverture ne le sert pas vraiment. Même après avoir lu les trois cents pages que comporte le roman, je ne comprends toujours pas l’intérêt d’avoir mis une fille en mini-jupe sur la couverture. Bref, c’est parti, synopsis ?

Pacte Sanglant, Vicki Nelson Tome 4, de Tanya Huff

Vicki râle souvent à propos de sa mère, qui l’appelle trop souvent, qui s’immisce dans sa vie privée, mais est dévastée lorsqu’elle apprend le décès soudain de cette dernière. Et comme si cela n’était pas assez compliqué, sa dépouille a été dérobée ! Notre héroïne va heureusement pouvoir compter sur l’aide de Mick et Henri pour mener à bien cette enquête qui s’annonce particulièrement douloureuse.

Pacte Sanglant est loin d’être le roman le plus gai de cette courte série qu’est Vicki Nelson. Jusqu’à présent, Tanya Huff nous avait habitué à un grand réalisme, notamment avec la maladie de Vicki, mais cette fois ci c’est sur la perte d’un être cher que l’auteur va se concentrer. Et ceci de manière réaliste et sans complaisance. Vicki a beau enquêter sur des loups-garou, cela ne l’immunise pas contre l’épreuve qu’est la mort. Et pour une fois, l’enquête n’est pas surnaturelle. Comme le dit Mike à un moment, cette enquête aurait pu être gérée par un commissariat normal.

Le réel point surnaturel ici est la présence de Henri le vampire. Et malheureusement, ce que je redoutais depuis quelques temps semble se produire, soit la non-utilisation complète des passés de nos personnages. En effet, par exemple, à un moment, Henri se rappelle les femmes qu’il a aimées, et une partie de son passé. Or le tout est traité en deux pages, et n’est absolument pas détaillé. Je sais que des histoires de vampire il y en a des tonnes, et je ne demande pas un niveau similaire à un Lestat le Vampire, mais tout de même, le passé du personnage n’est pas du tout assez exploité à mon sens. Il ne manque pas de potentiel, et pourtant… Il ne reste qu’un tome, j’ai du mal à me dire que ça va se finir comme ça… Nous verrons.

Pacte Sanglant, Vicki Nelson Tome 4, de Tanya Huff

L’intrigue en elle même est assez basique, mais traite de sujets forts et là encore bien loin des préoccupations habituelles de la Bit-Lit. Les personnages évoluent assez peu. D’un coté c’est bien, car du coup l’intrigue n’est pas que centrée sur les préoccupations au jour le jour de nos héros, mais on a un peu l’impression de suivre des personnages assez figés depuis le premier tome ! Peu ou pas d’évolution, ni dans le caractère, ni dans les relations … c’est dommage.

Pacte Sanglant, Vicki Nelson Tome 4, de Tanya HuffLe réel point marquant de ce quatrième tome, c’est sa fin. En effet, le final m’a pris totalement par surprise, je ne m’y attendais pas du tout et marque un réel tournant dans la série. A voir comment cela sera géré par la suite, mais j’en suis très curieuse. Le cinquième tome, Dette de Sang, risque d’être fort différent des précédents, en plus d’être le dernier.

Au final, Pacte Sanglant est dans la droite lignée du précédent tome, et rend encore plus incompréhensible la parution dans une collection connoté Harlequin. Les aventures de Vicki Nelson est et reste une série de policier Fantastique, bien menée, mais qui aurait probablement gagné à développer plus en profondeur ses personnages. Le dernier tome est d’ores et déjà sur mes étagères et devrait très bientôt passer entre mes mains.


Me voici avec la lourde tache de vous chroniquer Harry Potter et les Reliques de la Mort Partie 1, de David Yates, qui vient tout juste de sortir au cinéma. Je suis une fane du petit sorcier depuis mes 11 ans, donc, forcément j’attendais le film avec une certaine impatience. Pas autant que j’avais attendu la sortie du livre qui allait clore la saga, mais tout de même. Sachez que j’ai relu le livre avant de voir le film. Toujours est-il que ce dernier roman est découpé en deux parties, sans doute pour des raisons bassement pécuniaires mais c’est aussi la promesse pour le fan de voir enfin un roman de Harry Potter qui ne soit pas tronqué à la scie sauteuse. Après un très bon Harry Potter et le Prince de Sang-Melé, David Yates a t’il réussi à réitérer la performance ? Synopsis.

Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 1, de David Yates

La guerre a commencé, Harry, Ron et Hermione ne retourneront pas à Poudlard. Une dernière mission leur a été confiée par feu Albus Dumbledore : retrouver les Horcruxes (morceaux d’âmes pour faire simple) de Voldemort et les détruire afin d’avoir ensuite une chance d’éliminer à jamais le seigneur des ténèbres. Pour cela, ils ne pourront compter que sur eux même, le ministère est corrompu et ils sont pourchassés.

Le synopsis annonce bien ce que le film (et le livre) est, et rappelle qu’il sera difficile pour ceux qui n’ont pas vu tous les films de tout saisir. Une fuite en avant, nos héros seuls contre tous, face à une tache de grande ampleur dont ils n’ont qu’une vague idée. L’ambiance de guerre est vraiment bien rendue. Le ministère corrompu, clamant « Magic is Might« , l’atmosphère de suspicion et du danger qui peut arriver à tout moment. Yates a continué dans la ligne de l’Ordre du Phoenix avec le design très nazi  des pamphlets anti-moldus. Cette similarité entre le régime Voldemort et le régime Hitlérien était déjà présent dans le livre, via les statuts du sang, etc, mais c’est bien mis en scène et bien retranscrit.

Le film se centre sur le trio de héros composé d’Harry, Ron et Hermione. Si la première partie du film fait apparaitre d’autres personnages, la plupart du film ne tient que sur leurs frêles épaules. Et je m’attendais un peu au pire. Pourtant, et contrairement à ce qu’on avait pu jouer de leur jeu d’acteur au cours des précédents épisodes, et bien, c’est un non. J’ai trouvé les acteurs bien moins insupportables que précédemment. En effet, même les passages têtes à claques de Ron qui m’avaient un peu agacée dans le livre passent bien, et Hermione joue sacrément bien, alors qu’elle n’a pas un rôle facile.

Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 1, de David Yates

Les mangemorts réunis pour l'attribution de l'award du méchant le plus ridicule de l'année... Pas de chance, c'est Voldemort qui raffle le prix cette année !

Évidemment, des scènes ou des informations importantes sont oubliées. En effet, quand le livre accordait une grande place au passé très trouble de Dumbledore, le film l’évoque à peine, et on est très loin de casser l’image de saint de Dumbledore. Je doute que cela soit évoqué dans la prochaine partie. J’ai trouvé ça fort dommage, cela apportait un peu de nuances dans le livre. De même, pour rester dans le trip reproches de détails de fans bidon, j’ai trouvé la scène de Godric’s Hollow assez foirée. La scène est émotionnellement très forte dans le roman, et m’a encore fait pleurer il y a deux jours, alors que le film l’expédie et nous pond quelque chose à l’émotionnalité d’une petite cuillère. Dommage, vraiment car j’attendais énormément de cette scène. Dans le même registre le discours de Dobby avant la fin est absolument risible. Je ne sais pas si c’est la VF ou quoi mais …

Mais ce sont là les seuls reproches que je ferais au film, c’est bien joué, et si on perd l’ambiance huis-clos du roman, on y gagne des paysages grandioses. En effet, les décors étant majoritairement dans la nature, Harry étant en fuite, on a droit a des scènes magnifiques, que cela soit montagne, lacs ou foret.  J’admire aussi les scènes chez les Mangemorts dans la demeure des Malfoy, c’est superbe, que ce soient les couleurs ou l’ambiance. Et bien sur Lucius est absolument superbe, le mangemort en disgrâce a oublié de se raser pour mon plus grand plaisir. Bon il n’est pas le seul, le rafleur joué par Chase Ermitage ou Gellert Grindelwald joué par James Campbell Bower sont très agréables à regarder. Je dirais qu’en général, le film est rempli de bishis en tout genre. Mais que Lucius a ma préférence pour toujours ! Un petit mot enfin sur Bellatrix, la mangemort timbrée, qui est à l’honneur dans la dernière partie. Elle est toujours parfaitement interprétée par Helena Bonham Carter qui joue à merveille son rôle.

Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 1, de David Yates

En plus d'avoir un chara-design archi moche, Voldemort se tappe une voix nasillarde en français. Pas étonnant qu'il ait envie de tuer tout le monde après ça...

Bien que toutes les scènes du livre ne soient pas conservé, il est très agréable de voir que l’on a droit à un découpage très intelligent. On perd certes le passé tendancieux de Dumbledore, mais on gagne en compréhension et en rythme. Là où le livre avait peut être un peu tendance à trainer, le film donne l’impression d’une vraie cavale. Il n’y a pas de l’action en continu, mais le choix des passages retenus a été fait de sorte à ce qu’on se sent proches des héros. Les évènements s’enchainent, et on est vraiment la proie des mangemorts. La scène se déroulant à l’intérieur du ministère de la magie étant tout simplement excellente: à la fois cocasse, et très pesante.

Le film se termine à la cabane aux coquillages et laisse présager du meilleur pour la suite. J’ai très très hâte de voir la deuxième partie de cet épisode final. On sent que David Yates est parvenu à maîtriser l’œuvre et sa patte ne se ressent que pour le meilleur. L’avoir placé à la réalisation est sans doute la meilleure chose qu’il soit arrivé à la saga cinématographique. Les trois derniers épisodes sont cohérents, plus adultes aussi. Vivement l’année prochaine !