Le Pouvoir, Léviathan Tome 3, de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 5 juillet 2013, avec aucun commentaire
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Léviathan : Le pouvoir est le troisième et dernier volet de Léviathan, triptyque Thriller de Lionel Davoust sorti aux éditions Don Quichotte. Après avoir eu quelques réserves concernant le premier volume que vous pouvez retrouver ici, et une adoration du deuxième volume, ce dernier tome m’a comblé, répondant à mes attentes. Vu qu’il s’agit d’une suite qui commence directement après la fin du titre précédent, pas de synopsis.

Le Pouvoir, Léviathan Tome 3, de Lionel Davoust

L’histoire reprend et se poursuit dans la même veine des précédents tomes sur une bonne moitié, voir plus du livre. Sauf qu’après La nuit, j’ai trouvé que cela faisait un peu redondant, qu’on reprenait ce qui faisait la force de ce dernier pour le re-transposé sur Le pouvoir. L’histoire alterne entre les protagonistes mais change aussi régulièrement de rythme. On n’arrête pas d’alterner entre des phases de fuites rapides et des phases plus posées, ce qui casse un peu le tempo sur l’ensemble du livre. Lionel Davoust continue de nous donner au compte-goutte les petits secrets, nous forçant à réfléchir et à faire des suppositions sur les énigmes de l’histoire nous entraînant davantage dans la quête de la vérité.

On retrouve ici les mêmes personnages que dans les tomes précédents. Il n’y a ici aucun nouveau visage. Cela permet ainsi de se concentrer sur ceux que l’on connait déjà et permet à l’auteur d’approfondir. Leur caractère s’affirme, permettant de donner ainsi une vraie identité à chaque protagoniste.

Le Pouvoir, Léviathan Tome 3, de Lionel Davoust

Le style d’écriture reste très fluide. Le rythme de l’histoire reste très proche du premier volume. Je n’ai pas retrouvé l’esprit de poursuite et de fuite en avant du deuxième tome. Chaque personnage possède un rythme propre et l’alternance entre les personnages casse un peu le rythme. Ce rythme plus calme permet une diffusion plus douce des secrets et de ne pas tout apprendre en une seule fois, permettant ainsi une meilleure compréhension et intégration des éléments. Les scènes restent très bien détaillées. Il devient très facile de se les représenter. Les scènes d’actions, plus présentes, deviennent de plus en plus surnaturelles, donnant ainsi une dimension plus épique par rapport aux volumes précédents.

Cette fois, l’auteur ne nous fait pas voyager au travers de paysages atypiques ou contradictoires, mais reste concentré sur la même zone. Le dépaysement n’est donc pas au rendez-vous de volume, contrairement aux précédents mais les décors sont différents et détaillés, évitant ainsi une monotonie au cours du récit. On alterne ici entre les rues d’une petite ville, sa forêt environnante et comme d’habitude, la mer est aussi très présente, l’élément étant le lien conducteur de toute cette série. Lionel Davoust  arrive aussi à nous faire vivre les différents environnements, il est donc très simple de se plonger dans l’histoire car l’immersion est très rapide.

Le Pouvoir, Léviathan Tome 3, de Lionel DavoustAu final, j’ai malheureusement été légèrement déçu par cette conclusion. J’ai trouvé qu’il manquait quand même un peu d’action, malgré une bonne histoire et des personnages attachants et très différents. J’attendais peut être beaucoup plus, beaucoup trop de ce livre que ce qu’a écrit Lionel Davoust.

Malgré tout, cela reste un très bon livre et fait de Léviathan une excellente trilogie. Toutes les intrigues sont résolues et cela permet d’éviter un dernier sentiment de frustration. Cette série est vraiment réussie et il serait dommage de passer à côté. Je remercie Lionel Davoust de m’avoir envoyé cet exemplaire  dédicacé. Cela fait toujours plaisir d’avoir un livre personnalisé par un auteur qu’on j’apprécie beaucoup.


Et vous, votre avis ?

La Nuit, Léviathan Tome 2, de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 12 juin 2012, avec aucun commentaire
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Léviathan : La Nuit est le deuxième volet de la trilogie Léviathan de Lionel Davoust, sorti aux éditions Don Quichotte. J’avais émis quelques réserves concernant le premier volume de cette série de Thriller, à cause d’un petit manque d’action et d’une mise en place des éléments qui m’avait paru un peu longuette, sans être rédhibitoire pour autant. Ce tome me remettra t’il sur le droit chemin, moi qui ait osé douter du maître Davoust ?

La Nuit, Léviathan Tome 2, de Lionel Davoust

La Nuit est la suite directe de La Chute. Je n’en dévoilerai donc pas le synopsis afin d’éviter de spoiler les personnes qui n’ont pa encore sauté dans Léviathan. L’histoire ne reprend que quelques jours à peine après la fin du tome précédent. L’intrigue se poursuit et s’accélère au fur et à mesure du livre. Contrairement au tome précédent, je n’ai trouvé vraiment aucun point négatif à cette suite, et vous allez le voir au long de la chronique.

N’étant plus dans une optique où l’auteur doit poser son univers, les secrets se dévoilent petit à petit et on commence à prendre la mesure de l’univers qu’il avait commencé à nous décrire. Lionel Davoust nous distribue les indices ou secrets au compte-goutte et nous laisse supposer du reste. Rien n’est jamais certain, on se raccroche à chaque parcelle de connaissance et de secret afin de démêler le vrai du faux et de connaitre enfin le fin mot de cette histoire.

Lionel Davoust

Lionel Davoust

Dans ce tome, de nouveaux protagonistes sont introduits, s’intégrant parfaitement à l’histoire. Pour la première fois, la Main Droite fait son apparition. La guerre que se portent les membres des deux voies, la Main Droite et la Main Gauche, n’est plus une simple évocation mais prend réalité.

Les personnages deviennent plus profonds au fur et à mesure que leur histoire se développe. Leurs dilemmes tout au long du récit les rendent plus attachants et plus humains. Le personnage principal, Michaël, change et à la fin du livre on sent en lui une réelle volonté de connaitre son passé. Comme souvent, chaque personnage passe par des phases de remise en question, les forçant à s’adapter rapidement face aux difficultés qu’ils rencontrent. Le rythme de l’histoire s’accélère, on passe assez rapidement d’un personnage à un autre, donnant une impression de vitesse au récit.

Les combats sont rythmés et laissent peu de place à l’ennui. Assez longs quand même, ils sont très détaillés, permettant au lecteur de se représenter très clairement les scènes. Bien que peu nombreuses, ces scènes d’actions permettent de donner plus d’intensité à l’histoire et de changer de rythme de narration. Le livre nous entraîne là aussi dans plusieurs lieux au paysage différent. On retrouve l’Antarctique et ses contrées désertes, jusqu’à la ville de Los Angeles et ses banlieues.

La Nuit, Léviathan Tome 2, de Lionel DavoustLe rythme du livre étant tout de même très élevés, alternant rapidement entre les phases de combat et les phases plus calmes, cela donne peu de place aux pauses. Il devient alors très difficile de se séparer de La Nuit. Les pages s’enchaînent et au bout du compte, alors que les pages défilent, il est de plus en plus rageant de voir arriver la fin. Car, comme lors de la lecture du premier tome, la divulgation des intrigues par les indices que nous laisse Lionel Davoust, ne nous comblent pas, il en faut toujours plus.

La Nuit, second tome de Léviathan m’a donc laissé sur un sentiment de frustration. Non pas à cause d’un manque d’intérêt pour le livre, mais au contraire, parce que je suis frustré de devoir attendre la suite, de devoir attendre les miettes d’indices permettant de dénouer l’intrigue. Lionel Davoust, nous montre ici, qu’il sait maîtriser aussi bien l’écriture sur des formats courts que sur plusieurs romans. Ce tome comble pour moi les quelques lacunes du premier et place Léviathan au rang des séries qui valent le coup d’être lues.


Dans l’Antre des Esprits de Olivier Bidchiren

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 24 février 2012, avec aucun commentaire
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Dans l’Antre des Esprits est un recueil de nouvelles écrites par Olivier Bidchiren et publié l’année dernière en poche aux éditions Lokomodo. L’ouvrage avait été précédemment publié aux défuntes éditions Nuit d’Avril, comme d’autres romans très appréciés ici, comme Angemort ou Marches Nocturnes. Olivier Bidchiren regroupe ici dix nouvelles, passant de la Science Fiction au Fantastique, en faisant des petits détours vers les mythes ancestraux, le tout illustré par Sébastien Bermès. Pas de synopsis, recueil oblige.

Dans l'Antre des Esprits de Olivier Bidchiren

On retrouve donc dans ce livre des nouvelles très différentes. Aucune ne se ressemble, tant par le style que dans l’histoire. Au final on arrive à un livre assez varié mais qui possède plusieurs points noirs. Car bien que l’auteur arrive à se renouveler à chaque histoire, je dois bien avouer qu’aucune ne m’a vraiment marqué. Je n’ai pas retrouvé ce soupçon d’émerveillement que je retrouve lorsque je lis de livres de nouvelles, surtout de Fantasy et de Science-Fiction.

A la fin de chaque nouvelles, je me suis demandé ce qui c’était passé, où avait voulu en arriver l’auteur. Chaque fin apporte une part de réflexion, que je trouve peut être un peu trop grande. Je ne dis pas qu’il doit tout expliquer au lecteur, mais je trouve qu’il laisse trop de choses inexpliquées et qui auraient peut être permis de mieux apprécier ces histoires.

De ce fait j’ai vraiment eu du mal à lire et finir Dans l’Antre des Esprits. Comme je l’ai dit auparavant, rien ne m’a marqué et malheureusement, je ne pense pas qu’il restera longtemps dans ma mémoire. Voila une sélection des nouvelles les plus intéressantes:

Les Conquérants de la foi

Une personne s’en va voir un marabout afin de régler ses « petits » problèmes. Incapable de les résoudre, il va finir par devenir l’instrument de puissances supérieures, ce qui ne sera pas sans rappeler au lecteur d’autres auteurs.

Voila la première nouvelle du livre, et je l’ai choisie car je trouve  qu’elle montre le ton de tout ce que l’on va retrouver après, et de ce que je reproche au recueil. On est face à une histoire bien structurée, mais manquant de développement et apportant une fin qu’on pourrait qualifier de bizarre, incompréhensible pour mon pauvre petit cerveau et qui m’a laissé en quelque sorte sur le carreau.

Parole silencieuse

Knut Amundsen est un peintre vivant à côté de la dernière demeure de Léonard de Vinci. Il doit réaliser une réinterprétation de la Cène, mais son inspiration lui fait défaut. Alors quand comme par magie, Jésus l’aide par l’intermédiaire de messages envoyés sur son ordinateur, il ne peut qu’accepter l’honneur qui lui est fait de prendre sa place pendant quelques heures et ainsi finir son œuvre.

Alors vu comme ça, l’histoire peut paraître assez bizarre, mais pourtant c’est l’une de celle que je préfère. Olivier Bidchiren arrive à se jouer du personnage et de nous en même temps d’une très belle manière. C’est peut être celle aussi qui est la plus compréhensible et dont les points négatifs que j’ai déjà raconté sont les moins prononcés. Le genre de nouvelles qui me frustre d’autant plus puisque j’ai l’impression d’être passé à côté des autres.

Dans l'Antre des Esprits de Olivier BidchirenAu final, vous l’aurez compris, j’ai été déçu par Dans l’Antre des Esprits. Bien qu’amateur de recueil et en lisant plutôt beaucoup dans le genre Fantastique ou Science-Fiction, celui ci n’a pas réussi à m’inspirer et j’ai vraiment eu du mal à le finir.

J’aurai trouvé plus intéressant de développer un peu plus les histoires et de moins pousser à la réflexion. Je trouve dommage d’avoir une mauvaise impression alors que les idées sont quand même là, et je me dis qu’il en manquait pour que j’apprécie bien plus.


La Chute, Léviathan Tome 1, de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 6 décembre 2011, avec aucun commentaire
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La Chute est le premier tome de Léviathan, une trilogie écrite par Lionel Davoust, sorti à la rentrée de cette année aux éditions Don Quichotte. L’auteur français sort cette fois des rangs de l’imaginaire pour lesquels je le connaissais, la Fantasy avec La Volonté du Dragon en premier, et réalise un roman de type Thriller. D’aspect noir et plutôt sobre, la couverture est signée Alexandre Fort. Passons au synopsis.

La Chute, Léviathan Tome 1, de Lionel Davoust

Michael Petersen est un océanographe qui a eu une enfance difficile. Ayant perdu ses parents lors d’un naufrage, il est traumatisé et a une peur bleue de la mer. Mer qui pourtant le fascine au plus haut point. C’est cette fascination qui l’amène à accepter une mission de trois mois en Antarctique. Dans le même temps, une organisation secrète suivant la Voie de la Main Gauche compte bien l’empêcher de s’y rendre, pour des raisons inconnues.

On va donc suivre tout au long du livre notre héros Michael, comment il va se préparer psychologiquement, ses doutes, ses angoisses. D’un autre côté, nous suivons aussi les membres de la Voie de la main Gauche. L’auteur nous dit très peu de choses sur cette société secrète. Elle s’oppose à ce qu’on appelle « la Voie de la main Droite« , une voie seulement évoquée dans le livre. Ces deux voies s’opposent non pas dans le sens du bien et du mal mais dans le sens où chacune prônent une philosophie différente et diamétralement opposée. En résumé, la Main Gauche prône l’être en tant que propre maître de sa volonté, alors que la Main Droite quant à elle privilégie l’être divin en tant que maître suprême. Nous sommes donc sur le terrain d’une lutte, ancienne et toujours d’actualité, entre deux entités.

Lionel Davoust

Lionel Davoust

Le style est agréable à lire, comme a pu nous habituer Lionel Davoust avec ses précédents écrits. Cependant, il faut quand même souligner qu’avec  Léviathan il change radicalement de style, Thriller oblige. Les chapitres, s’ils ne sont pas spécialement courts comme le genre le fait souvent, changent très rapidement de points de vue, alternant d’un personnage à l’autre, ce qui donne une certaine dynamique. J’ai malheureusement trouvé que l’histoire mettait du temps à prendre sa place, une sorte de lenteur qui est le principal point faible de ce premier tome.

Ceci dit, cette lenteur permet de développer et de voir l’évolution du personnage principal au travers de son voyage.  Ainsi, comme on pouvait s’en douter, La Chute sert principalement d’introduction à la saga Léviathan. L’auteur introduit, met en place les différentes intrigues de l’histoire, tel un joueur plaçant patiemment ses pions sur un échiquier. Le lecteur se fait balader de bout en bout, tout en en apprenant aussi peu que possible. Une sorte de culte du secret, l’auteur ne distillant des informations qu’au compte goutte, nous laissant dans le flou le plus total sur beaucoup de points abordés dans l’histoire. D’une certaine façon il nous met dans une position identique à celle de certains des sbires de la société secrète de la voie de la Main Gauche: une recherche de la vérité.

La Chute va nous faire voyager dans des paysages très variés, de la banlieue américaine au désert glacé de l’Antarctique, en passant par des bas-fonds mexicains. Le dépaysement est total à chaque fois, on s’immerge complètement dans les différents environnements. Si les personnages semblent caricaturaux au début, ils s’étoffent et prennent une véritable profondeur au fil des pages.

La Chute, Léviathan Tome 1, de Lionel DavoustOn retrouvera aussi un petit message écologique derrière l’histoire, surtout concernant l’écologie marine. Quand on sait que l’auteur porte à cœur ce sujet, ça n’a rien de très étonnant. Il arrive cependant à le mettre au second plan et ne le rend pas lourd ni moralisateur.

En fin de compte ce premier tome de la série Léviathan est un bon livre. Si l’action se fait un peu attendre, avec une mise en place de l’histoire assez longue, on pardonnera ce manque par la qualité de la mise en place des éléments et de ce qu’il nous laisse entrevoir pour le futur. Étant le premier livre de la trilogie, l’auteur nous promet plus de révélations et d’actions dans la suite. Pour ma part je lirais volontiers La Nuit, le deuxième tome prévu pour printemps 2012.


Enfants de la Conquête, Tome 1, de Celia S. Friedman

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 12 octobre 2011, avec aucun commentaire
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Enfants de la conquête est un roman écrit par Celia S. Friedman en 1986 et traduit de l’anglais par Marie Surgers. Premier tome d’une diptyque de Science-Fiction aux fortes tendance Space Opera nommée Braxi-Azea, il est coupé en deux romans dans sa version francophone. Avec une jolie couverture signée Miguel Coimbra, les deux sont sortis en août dernier aux éditions l’Atalante.

Les Enfants de la Conquête de Celia S. Friedman

Zatar est un Braxanà, arrogant, dominateur, pur produit de sa race et ne vivant que pour la gloire. Anzha lyu est quand à elle une télépathe douée mais qui ne cherche qu’à se venger du meurtrier de ses parents. La guerre menée par leur deux peuples les mènera à se rencontrer et à devenir leur plus grand ennemi.

L’auteur nous fait donc suivre deux héros appartenant aux deux factions principales, les Braxanà et les Azéens. Chaque race a une culture assez différentes, la première ne cherchant qu’à se développer au travers de la guerre tandis que la seconde semble plus posée. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont pas de points commun. Chacune des deux cultures prône un eugénisme différent, Braxanà par une pureté raciale passant par un soupçon de consanguinité, Azéa par plusieurs génération de manipulations génétiques aboutissant à l’éclosion de pouvoirs télépathiques.

On va pouvoir suivre dans ce premier tome d’Enfants de la conquête l’éclosion du conflit entre ces deux puissances par l’intermédiaire des deux personnages principaux. Leur évolution se fait l’un après l’autre. Chaque chapitre permet de suivre l’un des deux, seul la fin de ce volume voit vraiment leur chemin se croiser. De ce fait, le scénario est sans rebondissement. L’auteur ne cherche pas à nous faire suivre vraiment l’issue des combats, mais elle nous fait plutôt suivre l’évolution des deux personnages pour nous montrer comment ils en sont arrivés là. Cela apporte de la profondeur aux personnages et évite qu’ils soient creux et sans intérêt.

In Conquest Born de Celia S. Friedman

Couverture de la réédition en version originale

L’univers de ce tome reprend bien les caractéristiques du Space Opera. Bien que la guerre entre les deux clans soit passé au second voir troisième plan de l’histoire, on ressent que les répercussions toucheront un univers entier et pas seulement un pays ou une planète. Les cultures aliens très différentes sont habilement décrites, sans se plonger dans les détails, l’auteur les retranscrit parfaitement et nous fait visiter les différentes planètes de l’histoire.

Un aspect intéressant du livre est que pendant une bonne partie (environ les trois quarts), le suivi des deux personnages se fait au travers des yeux de personnage secondaires. D’un côté cela rajoute un univers plus concret avec des planètes et des mœurs différentes, mais d’un autre côté on s’attache moins aux héros.

La dualité de la narration rend très difficile de se choisir et de soutenir un camp. Même si Braxanà passe pour les méchants dans l’histoire, il est difficile de les haïr. Je n’ai pu m’empêcher d’être admiratif devant leur façon de comploter. L’auteur évite toutes scènes sanglantes et immorales qui pourraient nous faire choisir un camp, aussi bien l’un que l’autre.

Les Enfants de la Conquête de Celia S. FriedmanFinalement, le plus gros point noir du livre est sa chronologie. Il n’y a aucun calendrier, même fictif, qui pourrait aider le lecteur à s’y retrouver. On peut passer ainsi plusieurs années entre deux chapitres et ne s’en rendre compte plusieurs pages après. C’est assez gênant sachant que ça arrive plusieurs fois tout au long du livre.

J’ai été agréablement surpris par ce premier volume d’Enfants de la conquête de Celia S. Friedman. Je m’attendais, je ne sais trop pourquoi, à un livre moins abouti. Cette découpe n’étant pas prévu dans la version originale, la fin de ce premier tome n’apporte pas de conclusion satisfaisante. Espérons juste que le deuxième volume soit aussi bien que le premier et apporte une fin digne des plus grands livres du genre. C’est en tout cas bien parti.


La Volonté du Dragon de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 24 août 2011, avec 2 commentaires
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La Volonté du Dragon est un roman écrit par Lionel Davoust, un auteur français que nous apprécions beaucoup sur ifisDead et que nous avions interviewé l’année dernière. C’est un court roman de Fantasy, publié en 2010 aux éditions Critic et orné d’une très belle couverture de Cyrielle Alaphilippe et parsemé de petites illustrations de Frédéric Navez. Ce texte reprend et étoffe le monde d’Evanégyre que l’on pouvait découvrir dans la nouvelle Bataille pour un souvenir du recueil L’importance de ton regard, précédemment chroniqué ici. Passons au synopsis.

La Volonté du Dragon de Lionel Davoust

Le général Vasteth, général du plus grand empire d’Evanégyre, celui d’Asreth, n’a qu’une simple mission à accomplir. Rallier le petit royaume du Qhmarr, jusque là jamais conquis. Cet étrange royaume gouverné par un enfant roi qui semble n’être qu’une marionnette et pratiquant du Lâh. Avec l’arrivée du général, la guerre semble vite inévitable, et les deux flottes vont s’affronter tandis que Vasteth et le roi disputerons un étrange jeu dont l’enjeu se confond peu à peu avec l’issue du conflit.

Le roman étant assez court, 165 pages, l’action va se dérouler assez rapidement. On alterne tout au long entre deux phases, celle de la bataille et celle du jeu, une sorte de jeu d’échecs à l’échelle cosmique que se dispute le petit Roi et notre général. Le rythme du livre change radicalement entre ces deux phases. Nous passons de la tempête de la bataille, au calme du sanctuaire dans lequel se déroule la partie. Dans les phases de bataille, nous ne suivons que les membres d’équipage de La Volonté du Dragon, vaisseau amiral de la flotte de l’empire, tandis que dans l’autre il n’y a que le général, l’enfant roi et un de ses conseillers.

La lecture de La Volonté du Dragon est donc très aisée, le style d’écriture de Lionel Davoust y est pour beaucoup. Simple et très agréable à lire, les phases d’action sont vives et bien détaillées, on ne s’y perd pas. J’avais pu entrapercevoir l’univers d’Evanégyre dans L’importance de ton regard. Bien qu’il ait pris beaucoup d’envergure, l’univers est resté très cohérent. On y retrouve les mêmes ingrédients que précédemment, même si les histoires ne sont pas reliées, enfin presque pas. Il mélange les genres du Steampunk et de la Fantasy avec brio, nous plongeant dans un univers dont on a envie d’en apprendre toujours plus.

La Volonté du Dragon de Lionel DavoustLes personnages sont plutôt réussis pour la taille du roman. Chacun a une personnalité qui lui propre, qui est souvent due à son rang. Mais il n’est pas dérangeant de voir que le général Vasteth est confiant dans ses capacités, avec la longue carrière qu’il a derrière lui. Ou que l’amiral de La Volonté du Dragon est bouffé d’orgueil, alors que les machinistes, au contraire, émettent plus de réserves et plus de peur puisqu’ils sont en première ligne. L’impression est la même pour l’autre côté, le conseiller du roi essayant de faire comprendre à l’envahisseur comme à des enfants, l’importance du Lâh, véritable philosophie du royaume. Cette philosophie est d’ailleurs au centre du livre et de la partie d’échecs car toute action réalisée durant le jeu est le reflet exact de la bataille. Les personnages influent sur son cours. Du coup la victoire revient seulement à remporter la partie. Cette diversité dans les personnages rend le tout crédible et ajoute un plus à l’histoire.

Lionel Davoust arrive avec ce livre à nous faire douter, et il est vraiment difficile durant cette lecture de prendre parti pour l’un des deux camps. Il arrive à nous faire sympathiser avec les deux, à tour de rôle, et nous fait ainsi comprendre l’intérêt des deux de défendre leurs positions. On ne retrouve plus alors le cliché du méchant envahisseur face au gentil qui doit défendre son pays, ou l’inverse. La fin est de toute beauté même si j’avoue avoir eu un peu de mal à l’assimiler et à la comprendre.

Vous l’aurez compris, La Volonté du Dragon de Lionel Davoust est un livre de Fantasy que j’ai trouvé très sympathique, avec un rythme entrainant, une histoire intéressante, et des personnages crédibles. Je ne peux que vous conseillez de le lire, ainsi que le reste des œuvres de l’auteur, tant qu’à faire.


La Triste Histoire Des Frères Grossbart est roman de Jesse Bullington assez atypique, et surtout différent de ce que je lis d’habitude. Publié en 2009 en langue originale, il est sortie cette année aux éditions Eclipse dans leur collection Horreur, avec une traduction de Laurent Philibert-CaillatSynopsis.

La Triste Histoire Des Frères Grossbart de Jesse Bullington

Les jumeaux Manfried et Hegel sont deux membres de la famille Grossbart, famille connue pour leurs méfaits, vivants dans un petit village du saint empire germanique. Un jour ils décident de partir en Egypte, où leur grand père aurait soi-disant trouvé fortune. Après avoir réglé une petite affaire, entrainant la mort d’une famille, ils quittent leur village natal et partent sur les routes trouver leur destin, et bien plus encore.

Nous suivons donc les deux frères durant leur voyage à travers une partie de l’Europe. Dès le début on se doute qu’il ne va pas être de tout repos. Jesse Bullington nous fait traverser des paysages très différents. Ainsi nous suivrons les deux frères à travers les denses forêts et les villages enneigés de l’Allemagne, ainsi que Venise, les marais et les cités Égyptiennes. L’ambiance de chaque paysage est assez bien retranscrite, les descriptions ne sont pas vraiment nombreuses mais plantent bien le décor.

L’un des atouts de ce livre est son style. L’auteur a réussi à copier le style propre aux contes de fées, à se l’approprier. Tous les codes des contes des frères Grimm se retrouvent dans ce livre. On a ainsi une sorcière vivant dans la forêt, des démons et d’autres monstres. La seule chose qui diffère vraiment, c’est que cette fois-ci ce n’est pas une petite fille qui se perd, mais plutôt deux tueurs qui n’ont pas peur de se salir les mains.

Car en effet, bien qu’ils soient supposément les héros de ce livre, le lecteur n’arrive jamais vraiment à ressentir de l’empathie pour eux. Dès que la plus petite once de sympathie, l’auteur nous rappelle que se sont de véritables ordures. Si bien qu’à la fin on ne voit plus de réelle différence entre eux et les monstres qu’ils rencontre. On aurait presque envie de les voir échouer afin qu’ils soient punis pour le mal qu’ils ont fait. Mais les monstres sont eux aussi très violents. La sorcière mange les personnes égarées, les démons propagent la peste et d’autres atrocités sont présentes. La violence est donc omniprésente, il n’y a pas un chapitre où il n’y a pas un mort ou une bagarre. Le récit est ponctué de nombreux flashback sur les personnages secondaires qui croisent la route des jumeaux. Cela permet de leur ajouter plus de profondeur et de moins les faire passer au second plan.

La Triste Histoire Des Frères Grossbart de Jesse BullingtonComme toujours avec les éditions Eclipse, le livre est de bonne qualité. La couverture en illusion d’optique réalisée par Istvan Orosz est pour moi tout bonnement magnifique et lui ajoute un charme indéniable. Le style d’écriture est agréable à lire, les phrases ne sont pas trop longues, les descriptions sont aussi brèves mais décrivent parfaitement les paysages. Les dialogues, surtout entre les deux frères, font parfois sourire lorsqu’ils utilisent des expressions et qu’ils se trompent dans leur formulation.

Au final, La triste histoire des frères Grossbart est un livre qui m’a surpris. Le style change grandement de ce que je peux lire d’habitude, ce qui est très agréable. Cette première traduction d’un roman de Jesse Bullington mérite qu’on s’attarde dessus, d’autant plus si on cherche une forme originale pour les contes des frères Grimm.


Marches Nocturnes de Franck Ferric

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 2 juin 2011, avec aucun commentaire
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Marches Nocturnes est un recueil de nouvelles écrites par Frank Ferric qui vient tout juste de sortir aux éditions Lokomodo. Il s’agit de la réédition en format poche du même recueil sorti en 2007 aux feu éditions Nuit d’Avril, petite maison indépendante dont le catalogue était rempli de nombreuses pépites. Pour l’occasion, il a été enrichi de plusieurs autres textes, ce qui fait qu’il comporte maintenant 17 nouvelles de Fantastique, assez courtes, entre 10 et 30 pages chacune.

Marches Nocturnes de Franck Ferric

La couverture réalisée par Bastien Lecouffe-Deharme est très sobre et reflète très bien le style de ce livre. Très orienté Fantastique, les nouvelles du recueil mélangent les genres et les univers, passant du Paris des années de la révolution à une ville post-apocalyptique, de la violence pure à une histoire simple, presque d’amour, le tout avec brio. Les histoires s’enchaînent et ne se ressemblent pas.

Pourtant il existe un lien entre toutes ces nouvelles, une sorte de dénominateur commun, et on pourrait toutes les qualifier de noire, désespérées. Franck Ferric nous fait vivre les penchants sombres de l’être humain. On croise alors le cannibalisme, mais aussi l’abandon de ses rêves, la désillusion… Chaque histoire a un petit quelque chose de dérangeant, aucune ne se terminant sur ce qu’on pourrait qualifier de « happy-end ». Toutes nous laissent un arrière-goût amer, nous empêchant par là même d’être heureux de leur fin.

Dans la majeur partie de ses nouvelles, l’auteur ne nous donne que peu d’élément sur l’univers. On se rend alors compte de l’époque ou de la réalité à travers de petits détails disséminés ici et là, petit à petit. Ce n’est pas gênant et rajouter plus d’éléments ne contribuerait pas à une meilleure compréhension, mais ralentirait plutôt le rythme. Il est très difficile de parler en détails des nouvelles vu leur longueur, de même que de faire un choix parmi celles ci, vu que je les ai toutes appréciées. Mais il a bien fallu que j’en choisisse, alors voilà un petit florilège.

Nain Rouge

Joseph est un policier, mais un policier qui commence à se faire vieux. Son chef voudrait le remplacer, sa femme le prend pour un moins que rien, il n’est plus aussi bon qu’avant et des rumeurs de pots-de-vin commencent à circuler sur son compte, ce qui n’est pas tout à fait faux. Jusqu’au jour où il rencontre un nain roux qui lui propose un marché. Il règle tous ses problèmes en échange d’un petit payement à régler plus tard. Joseph va alors se rendre compte que tout ce qui est trop beau pour être vrai l’est  et chaque chose a un prix à payer.

L’univers de Nain Rouge, sans être très détaillé, est vraiment immersif. La plupart du temps, l’action se passe de nuit, ce qui renforce la noirceur du récit. La fin est pour moi de toute beauté, la principale raison pour laquelle j’ai particulièrement aimé la nouvelle.

La part des Cendres

La ville est tombée aux mains des Cendres, des paramilitaires violents, prenant un malin plaisir à faire souffrir les gens. C’est grâce à ça qu’elle a pu s’enfuir de chez elle avec son frère lorsqu’ils sont arrivés chez elle. Maintenant que son frère est mort lui aussi, il ne lui reste qu’une chose à faire: s’enfuir de la ville.

Dans cette nouvelle, nous suivons l’héroïne qui reste anonyme pendant toute l’histoire. Franck Ferric nous raconte comment elle a survécu dans cette ville apocalyptique. Le fait qu’elle parle à la première personne tout en restant anonyme nous permet de s’immerger et de s’identifier à elle. La fin n’est pas vraiment surprenante mais laissera un sentiment de malaise. C’est une des choses que j’ai aimé dans la plupart des nouvelles, d’ailleurs.

Des ailes pour tomber

Dans une ville futuriste, le dernier prince d’un peuple venant d’une autre dimension s’est enfui de sa prison afin de retourner chez lui. Son objectif est le dernier arbre de la ville où il était retenu prisonnier. Mais les Séraphins, militaires d’élites du clergé le poursuivent. Le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit.

Cette nouvelle se déroule dans un univers futuriste. Le fanatisme religieux du personnage principal nous pousse à le détester. Comme pour les deux histoires précédentes, la fin sans être triste n’est pas non plus une « happy-end », mais plutôt un mélange, qui nous fait réfléchir.

Marches Nocturnes de Franck FerricAu final, j’ai particulièrement apprécié Marches Nocturnes. J’ai toujours trouvé que les univers sombres collaient parfaitement avec ce genre d’histoires. Les nouvelles se renouvellent et on ne s’ennuie à aucun moment.

Tout le monde n’appréciera peut être pas l’ambiance qui elle change peu au fil des nouvelles, mais si vous aimez les histoires glauques, dérangeantes, je vous le conseille fortement.

Et si vous ne connaissez pas encore l’auteur, je vous invite à lire son interview publié sur if is Dead à l’occasion de la sortie de La Loi du Désert, son premier roman.


L’Enjomineur, 1792 est le premier roman de la trilogie l’Enjomineur de Pierre Bordage, initialement publié en 2004 aux éditions l’Atalante, et récemment sorti en format poche chez J’ai Lu. Ayant entendu plusieurs critiques, aussi bien positives que négatives, sur les autres livres écrits par cet auteur que je n’avais jamais lu, j’ai essayé de lire ce livre sans aucun apriori. Il s’agit d’un roman qui mêle Fantasy et réalité historique, servi par une superbe couverture de Vincent Madras. Synopsis.

L'Enjomineur, 1792, L'Enjomineur Tome 1, de Pierre Bordage

Emile est un jeune homme qui fut élevé par un prêtre. Il est réputé pour être le fils de la fée Mélusine, ce qui donne une bonne raison aux personnes de se méfier de lui. Préférant rester neutre entre les  deux factions se combattant au nom du roi de France ou de la République, sa vie va basculer le jour où il rencontre le « petit peuple », et Perette, dont il va tomber amoureux. En parallèle, nous suivons Cornuaud, un homme rustre, enjominé, ou envouté par une sorcière vaudou, après un viol sur un négrier. Sa seule motivation étant de trouver un remède à la malédiction pesant sur lui.

Comme vous l’aurez compris, nous suivons ici deux personnages bien distinct l’un de l’autre, tant au niveau physique qu’au niveau psychologique. Les deux protagonistes sont totalement indépendants dans ce volume. Emile se trouve en Vendée tandis que Cornuaud passe de Nantes à Paris. C’est l’un des regrets que j’ai eu en lisant ce livre. La trame principale n’est pas assez mise en avant. On se retrouve à suivre ces deux personnages sans savoir pourquoi, sans voir véritablement un lien entre eux. Cela aurait pu être acceptable sur une partie du livre mais c’est malheureusement sur l’intégralité de ce premier volume. On se rend compte à la fin que ce n’est en fait qu’une introduction de plus de 400 pages. Alors certes elle est nécessaire pour planter le décor, mais ça reste long, surtout pour une trilogie.

L’histoire se passe donc en 1792. La révolution française a eu lieu 3 ans avant et la situation dans le pays n’est pas ce que l’on pourrait appeler idyllique. Pierre Bordage a réussi à créer une atmosphère de tension qu’il nous fait ressentir à chaque instant. Que ce soit quand les deux factions, royalistes et républicains, se rencontrent ou lors des mises à sacs des maisons bourgeoises ou du palais royal. On a l’impression de vraiment s’y trouver. Tout ça grâce aux nombreuses recherches que l’auteur a faite sur cette époque. Le travail fourni pour recréer les évènements de cette époque permet une immersion complète dans l’univers et c’est, je trouve, le point fort du livre.

L'Enjomineur, 1792, L'Enjomineur Tome 1, de Pierre Bordage

Couverture de la version grande chez l'Atalante, là aussi par Vincent Madras

L’action est donc séparée par les deux personnages principaux mais aussi par les lieux. Cette séparation permet à l’auteur d’exposer des visions différentes de la révolution. En campagne, se sont les royalistes qui la mettent à feu et à sang, tandis qu’en ville ce sont plutôt les républicains. Pierre Bordage nous montre par ce fait la séparation entre les deux milieux. Cela est accentué par les dialogues, où lors des passages en Vendée, la plupart des personnages parle en vieux patois. C’est très déconcertant au début mais on arrive très vite à s’y faire. Au contraire de la ville où le langage, sans être distingué, est plus soutenu.  Il est à noter que l’auteur, afin d’accentuer l’immersion du lecteur, n’a utilisé que des mots et des expressions utilisaient à cette époque. Ce n’est pas la première fois qu’il joue sur ce registre, il l’avait déjà fait avec Les Fables de l’Humpur.

L’action est elle aussi divisée entre les deux héros. Il est rare de voir, du moins au début, des scènes de violences avec Emile, tandis qu’avec le second, on assiste aux combats sanglants qui régnaient à cette époque, entre les rafles chez la noblesse et la prise des Tuileries.

L'Enjomineur, 1792, L'Enjomineur Tome 1, de Pierre BordageIl est difficile de cataloguer le style du livre. Sans être un recueil cherchant à être précis sur les différents points historiques, il ajoute des éléments fantastiques avec maîtrise. Ainsi donc la magie existe mais reste à l’abri des regards. Toujours dans l’ombre, les sorts se font dans le sang, en pleine nuit. Les guérisseuses sont traitées en paria, mais tout le monde va les voir. De même, les créatures magiques sont traitées en tant que légendes. L’auteur utilise ces éléments comme on s’attend à ce que les personnes les traitent à cette période de l’Histoire. Tous ces éléments permettent au lecteur de s’intégrer à l’univers facilement.

L’Enjomineur, 1792 est pour moi un livre assez moyen. Alors que l’univers, l’Histoire, recréés pour l’occasion par Pierre Bordage nous donne envie, l’histoire du roman en lui même a énormément de mal à se mettre en place, elle semble un peu longue. Les personnages principaux, bien que sans défauts apparents, manquent de liens entre eux. Seul le style de l’écriture m’a fait continuer ce livre. Je lirai tout de même le second tome, L’Enjomineur, 1793 afin de voir s’il arrive à concrétiser cette longue introduction.


Minecraft de Mojang

LuxtExMachina dans Critiques, Jeu Vidéo le 18 mai 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Minecraft est un jeu PC développé par un nouveau studio indépendant, Mojang. Il fait partie de ces ovnis vidéo-ludiques dont on aurait jamais prédit leur réussite. Le jeu a tout d’abord été lancé en version alpha en mai 2010, où il était possible de l’acheter pour une modique somme tout en ayant la garantie de pouvoir télécharger la version définitive par la suite. La beta est sorti en fin d’année 2010 et la version finale sera commercialisée le 11 novembre 2011, histoire de faire comme une grosse partie des productions de cette année. Minecraft s’est déjà vendu à plus de 2 millions d’exemplaires, uniquement par le bouche à oreille. Synopsis.

Minecraft Logo

Vous incarnez Steeve, un mec ressemblant à un mexicain qui se réveille sur une sorte d’île-continent et… c’est tout. En fait il n’y a aucune histoire dans Minecraft. Pas de monde à sauver ou d’enquête ou de n’importe quoi d’autre. Car il faut avant tout savoir que le titre est un jeu de type Sandbox dans lequel vous allez évoluer plus ou moins librement pour crafter.

A chaque fois que vous créez une partie, un nouveau monde aléatoire est entièrement généré. Ce monde est presque infini. Presque parce que l’algorithme créant le monde a besoin de plus en plus de mémoire au fil de l’exploration, ce qui finira par planter le jeu si vous allez trop loin. Mais pour arriver à ce point le créateur du jeu, Notch, explique qu’il faudrait marcher pendant plusieurs jours réels. Le monde passe d’un cycle jour / nuit en 10 minutes environ, soit 20 minutes pour une journée complète.

Les mondes générés sont cohérents, vous ne trouverez jamais d’eau flottant toute seule dans les airs, même si sur certaines parties des îles flottantes existent. Mais cela n’est au contraire pas gênant et l’immersion dans la partie est d’autant plus grande que les paysages semblent naturels. Bien sûr, on pourrait dire que la tâche était aisée au vue de la qualité des graphismes produite par le moteur, car il faut savoir que le monde construit sur des cubes qui sont bien plus visibles que d’habitude. Nous y reviendrons.

Minecraft

Mais alors que fait-on dans ce jeu si il n’y a pas d’histoire me direz vous ? Et bien comme le dit le nom du jeu, on mine, ce qui nous permet de récolter des ressource, et on crafte de nouveaux objets. Comme je le disais, le monde est composé de blocs, le joueur peut les détruire et les récupérer pour ensuite s’en servir de matière première. Soit comme élément d’une recette pour créer un nouvel objet, ce nouvel sera alors à son tour considéré comme de la matière première, soit pour servir comme bloc de construction. Car c’est ça Minecraft: creuser et construire… Que ce soit son abri dans une montagne, une maison, voir carrément un building, ou n’importe quoi. Les possibilités sont énormes.

Il existe à l’heure actuelle une bonne centaine de blocs et d’objets réunis. Cela va du cube de terre, à la pierre et au sable, sans compter les objets utiles à l’exploration, à la récolte et aux constructions telle la torche, la pioche et bien d’autres encore. Il serait trop long de faire toute la liste des matériaux, mais si cela vous intéresse de les connaitre, sachez qu’il y a de nombreux wiki sur le sujet. Deux types de blocs sont pour l’instant soumis à la gravité. C’est-à-dire que si vous les posez, ils tomberont jusqu’à arriver sur un autre bloc. Les autres peuvent quand à eux voler dans les airs. Vous ne pourrez pas toutefois les poser comme ça, en hauteur, il faudra d’abord partir du sol, puis une fois votre bloc à la bonne hauteur, supprimer le reste et ne garder que ceux qui volent. Voila vous venez de créer une base pour une île flottante.

Quand au craft, il nécessite que  vous ayez des les ressources nécessaires pour créer de nouveaux objets. Chaque objet que vous pouvez créer nécessite la combinaisons de certaines matières premières. Vous êtes initialement limité dans le nombre de matières que vous pouvez utiliser, mais en créant un établit par exemple, vous pouvez alors mélanger plus de matières et accéder à de nouveaux objets et recettes. Ces dernières sont assez intuitives. Il suffit de représenter simplement ce que vous voulez, pour obtenir l’objet que vous désirez. Par exemple, pour fabriquer une pelle, il suffit de poser sur un établi 2 bâtons de bois l’un au dessus de l’autre, et de rajouter, un bloc de planche, de pierre ou de fer, selon le type de pelle que vous voulez, au dessus de des bâtons. Les outils possèdent une barre d’usure. Il vous faudra donc en faire plusieurs pour partir à l’aventure, ou miner dans des grottes. Sachant que plus le minerai que vous utilisez est rare, plus votre équipement devient résistant. Ainsi, vous serez obligé de commencer par des outils en bois, puis passer à des outils en pierre pour arriver à la fin à des outils en diamant, l’une des ressource les plus rares.

Minastirith Minecraft

Mais le jeu ne serait pas aussi intéressant s’il n’y avait que ça. C’est pour cela que le studio a intégré une partie survie en ajoutant des monstres qui sortent la nuit. Leur seul but est de vous faire mourir dans d’atroces souffrances, vous faisant perdre ainsi les précieux minerais que vous aviez fini par récupérer. Il vous faudra alors vous défendre avant qu’ils n’arrivent, en craftant quelques objets: armures, épées, ou encore flèches. A moins d’aller se réfugier dans sa cabane du départ. Tout dépend alors de votre position et de vos ressources au moment donné.

Squelette Araignée dans Minecraft

Les monstres ne réhaussent pas le niveua graphique du titre

Les monstres apparaissent principalement lorsque le nuit tombe ou dans les grottes, bref dans n’importe quel endroit mal éclairé. On retrouve cinq types différents, chacun ayant des caractéristiques propres: apparition uniquement de nuit ou non, rapidité, combativité, etc. On retrouve alors zombies, araignées, creepers (véritables ninjas), squelette et pour finir, cauchemar de joueurs de Minecraft même s’il n’a qu’1% de chance d’apparaitre, l’archer squelette chevauchant une araignée. Alliant la rapidité de l’araignée et la précision du squelette, vous devrez déployer tous vos talents pour les tuer.

Bien qu’il ne soit encore qu’au stade de la bêta, Minecraft est régulièrement mis à jour. De même de nouvelles améliorations devraient faire leur apparition une fois la version finale sortie. Ces mise à jour permettent souvent, outre de corriger des bugs, de rajouter de nouveaux éléments, augmentant ainsi les possibilités de création. De nombreux modes de jeu existent aussi. Vous pouvez jouer gratuitement au mode Classic à partir de votre navigateur internet, ou acheter le jeu pour moins de 15€ pour l’instant. Le mode Classic consiste seulement à de l’exploration et de la construction, vos blocs étant infinis, tandis que la beta vous immerge plus dans un mode de survie. De plus un mode multi-joueurs existe aussi pour ceux qui voudraient partager leur expérience ou tout simplement jouer à plusieurs.

Le dernier point que je citerais est la communauté lié à Minecraft. Celle ci est assez énorme, aussi bien française qu’internationale. De nombreux serveurs existent, tous plus impressionnant les uns que les autres, permettant de jouer à plusieurs. De nombreuses vidéos existent afin de faire connaitre le jeu, d’apprendre ses mécaniques ou encore de montrer ses réalisations. Enfin, de nombreux mods créés par les fans sont déjà disponibles, notamment des packs de textures, mais aussi d’autres améliorations qui peuvent apporter de nouveaux éléments au jeu.

Minecraft Creeper

Il y en a pour tous les goûts dans Minecraft, que vous préfériez explorer, construire ou combattre, chaque personne peut y trouver une raison. Le seul point négatif que je trouve au jeu, est qu’il est extrêmement addictif. Ne vous inquiétez pas si jamais après avoir commencé à jouer, tous vos rêves sont composés de blocs et que votre seule préoccupation soit de tout empilez, ou les personnes de votre entourage vous entende marmonner à longueur de journée : « Encore un dernier bloc, encore un dernier bloc, encore un dernier », telle une prière faite au grand dieu qu’est Minecraft. D’ailleurs il est temps que j’y aille, je l’entends m’appeler du fin fond de mon pc.

Mais le jeu ne serait pas aussi intéressant s’il n’y avait que ça. C’est pour cela que le studio a intégré une partie survie en ajoutant des monstres qui sortent la nuit. Leur seul but est de vous faire mourir dans d’atroces souffrances, vous faisant perdre ainsi les précieux minerais que vous aviez fini par récupérer.