Kick-Ass est une série de comics créée par le scénariste Mark Millar, illustrée par John Romita Jr, le tout mis en couleurs par Dean White. Publiée depuis avril 2008 aux États-Unis chez Marvel, le dit comic n’arrivera que très tard en France, et sous la forme de recueils de quatre chapitres (ou “issues” en V.O.), notamment grâce à la sortie dans les salles obscures d’une adaptation. C’est chez Panini Comics qu’on peut désormais les retrouver. Synopsis.
- Année:2010
- Coloriste:White Dean
- Dessinateur:Romita John Jr
- Editeur:Panini Comics
- Genre:Comic, Action, Drame, Humour
- ISBN:9782809409994
- Scénariste:Millar Mark
- Série:Kick-Ass
- Titre:Kick-Ass
- Titre V.O.:Kick-Ass

Dave Lizewski est un ado de 17 ans fan de comics, qui décide un beau jour, après une énième agression, de devenir un super héros lui même, plus poussé par l’ennui de son quotidien que par réelle conviction. Après quelques séances d’entrainement au gymnase de son lycée, il se décide et se lance dans sa première « correction » de voyous. Sans trop en dire, l’issue se révèle assez dramatique… et douloureuse.
Kick-Ass part donc d’un principe de base assez simple: les super-héros dans la vraie vie, sans aucun pouvoir surnaturel, juste des humains normaux, avec un peu d’entraînement au combat. A partir de là, le scénariste place subtilement un cartel mafieux, de sombres affaires de drogue, et beaucoup de malchance. On mélange bien, et on laisse le tout dégénérer joyeusement. Et ce qui aurait pu rapidement tourner à la tempête dans un verre d’eau, est au final une vraie réussite.
Le panel de personnage est plutôt varié. Outre Dave, on retrouve son meilleur ami Todd, et l’amour-de-sa-vie-qui-ne-lui-rend-absolument-pas, Katie Deauxma. Ces deux derniers remplissent correctement leurs rôles quelque peu clichés. Katie en jeune demoiselle en détresse, et Todd en bon copain qui sert à rien. Ils ne sont pas particulièrement insipides, mais leur intérêt reste encore à prouver. Il y a bien entendu d’autres personnages, que ce soit les super-héros Big Daddy et Hit Girl, réelle trouvaille du comics, ou encore le “big bad guy” John Genovese, et sa famille qui prendra aussi part au règlement de comptes…

Le style du dessin de Romita Jr est, je dois le dire, très particulier. J’ai pour ma part eu un peu du mal au début notamment sur les visages des protagonistes, leurs bouches ont un je ne sais quoi qui dérange. Mais c’est comme pour tout, les pages défilent et on finit par s’y faire. C’est je pense avant tout une histoire d’appréciation du style, car sur le plan technique, c’est très joli, les couleurs sont belles, et le trait est précis, mais cela demandera peut-être un peu d’habitude avant de pleinement apprécier. La découpe de l’action est assez classique, des cases ou des pleines pages, rarement de tentatives avant-gardistes, on suit aisément l’ordre des choses.
Si Kick-Ass a l’air bon enfant de par son idée originale, on ne le précisera jamais assez, cette série n’est en aucun cas un comic pour enfants, ni pour âmes sensibles en règle générale. Alors que le film est déjà assez violent, dites vous bien qu’il a été édulcoré. La violence de certaines scènes est parfois dure à encaisser, d’autant qu’elle est exacerbée par son côté « réaliste ». La vulgarité ambiante, avec des f- words à tout va, n’y est pas non plus étrangère.
Je dois d’ailleurs dire que la traduction assurée par Alex Nikolavitch a fait du bon boulot de ce coté là. Il n’a pas lésiné sur le fleuri langage, et la variété de vulgarité que peut nous offrir le français est un vrai bonheur quand on a lu l’œuvre en version originale.
Au final, Kick-Ass est une série de comics que l’on peut lire même en ayant vu le film, puisque la fin n’est pas la même, et que le plaisir est complétement différent. Je vous le conseille chaudement, vous vous en doutez.


On pourrait penser que tout ceci est dans le but de nous faire passer un message. Mais ce qui m’embête, c’est que je n’ai jamais réussi à comprendre si c’était vraiment le cas. Y a t’il réellement une morale quelconque à en retirer, ou autre chose de ce type ? Du moins, autre que le fait que la vie, ben c’est souvent un peu n’importe quoi.
En bref, les thèmes habituels…? Pas tant que ça, puisque l’ordre de ces étapes n’est pas toujours le même que l’on peut croiser dans la plupart des supports traitant le sujet (que ce soient livres, films, séries, animés…), ce qui peut être surprenant, mais pas forcement déplaisant. On évite aussi les gros clichés du genre, ce qui fait énormément de bien.
Et puis on lit on lit, et on finit par oublier qu’à la fin, Clémentine doit mourir, et même si cela n’arrive pas sans raison, ça reste soudain, dramatique. Je n’en ai pas honte, mais j’ai pleuré en refermant le livre, plusieurs minutes même. J’avais déjà connu ça sur d’autres supports, mais jamais une BD ne m’avait autant émue que celle ci. La fin est belle, assez triste, mais vraiment belle.



